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Chine-Areva. Combien de milliards la vente d’une usine nucléaire… va coûter à la France ?

Par Stéphane Lhomme
Directeur de l’Observatoire du nucléaire

Incor­ri­gi­bles, de nom­breux médias célèbrent la pré­ten­due vente à la Chine par Are­va — et surtout par son VRP Emmanuel Macron — d’une usine de traite­ment de déchets nucléaires, alors que le passé a mon­tré que ce genre d’annonce n’est suivi d’aucune con­créti­sa­tion… ou alors de lour­des pertes finan­cières pour la France !

Rappelons d’abord qu’il est de tra­di­tion que des annonces « fra­cas­santes » soient faites lors des déplace­ments prési­den­tiels, le cham­pi­on toutes caté­gories étant incon­testable­ment M. Sarkozy qui a pré­ten­du­ment ven­du des dizaines de réac­teurs (y com­pris à M. Kad­hafi en 2007) ou autres instal­la­tions nucléaires partout dans le monde, pour un résul­tat bien heureuse­ment égal à zéro.

macron-arevaRien de nou­veau avec M. Macron, la « vente » d’une usine de retraite­ment de déchets nucléaires étant par­faite­ment fic­tive à ce jour, rem­placée par la sig­na­ture d’un fumeux « mémoran­dum pour un accord com­mer­cial ».

Les Chi­nois sont de gens polis qui lais­sent leurs invités se van­ter, mais ils sont aus­si par­faite­ment infor­més des ter­ri­bles décon­v­enues et incom­pé­tences affichées par Are­va et EDF ces dernières années, du flop gigan­tesque des EPR (en Fin­lande et à Fla­manville) au scan­dale inouï des mil­liers de pièces défectueuses pro­duites dans les usines Are­va du Creusot… dont les deux cuves instal­lées dans les EPR actuelle­ment en chantier à Taïshan.

De fait, si les Chi­nois achè­tent vrai­ment l’usine annon­cée, ce qui reste à démon­tr­er, ce sera en imposant à Are­va des con­di­tions léonines qui fer­ont que ce seront les Français qui cou­vriront les pertes finan­cières éventuelles… ou plutôt inévita­bles lorsque l’on con­sid­ère les « exploits » d’Areva et EDF sur tous leurs chantiers.

Pour mémoire, l’EPR a été bradé à 3 mil­liards aux Fin­landais en 2004 pour une fac­ture finale de plus de 10 mil­liards et un chantier de près de 15 ans au lieu de 4 ans et demi annon­cés (!) : la France va sous peu être lour­de­ment con­damnée en jus­tice inter­na­tionale et devoir vers­er des mil­liards aux Fin­landais.

Pour mémoire aus­si, les deux EPR « ven­dus » à la Chine en 2008 ont en réal­ité été eux aus­si totale­ment bradés : le mon­tant du con­trat a été annon­cé à 8 mil­liards mais il com­por­tait la livrai­son de com­bustible (sans qu’il soit mon­tré en quoi Are­va y aurait gag­né de l’argent) : c’est en réal­ité à 3,66 mil­liards les deux que les EPR ont été bradés.

Il est évi­dent que cette opéra­tion a coûté et coûte encore fort chez à la France, ce qui n’a pas empêché qu’elle soit qual­i­fiée de façon dithyra­m­bique de « marché du siè­cle » par de nom­breux médias qui se gar­dent bien d’enquêter sur le résul­tat financier réel.

Aujourd’hui encore, se dépêchant d’oublier leurs pro­pres erre­ments, les mêmes voix se gar­garisent à nou­veau d’un pré­ten­du « grand suc­cès » de l’industrie nucléaire française, annonçant même qu’il va « sauver Are­va ». En réal­ité, l’industrie nucléaire mon­di­ale est en décon­fi­ture générale et irréversible, comme le mon­trent les désen­gage­ments des groupes alle­mands RWE et E.ON et la fail­lite de l’américain West­ing­house.

Pour sa part, la France est plom­bée par ses boulets Are­va et EDF qui sont plus que jamais en déroute indus­trielle et finan­cière mal­gré de ruineuses recap­i­tal­i­sa­tions déjà opérées…   et d’autres encore à venir. Sans que leur avis ne soit jamais sol­lic­ité, les citoyens de France vont devoir cou­vrir des pertes colos­sales qui vont être encore aggravées par les pro­jets absur­des de deux EPR en Grande-Bre­tagne et d’une usine en Chine.

Loin d’un « renou­veau de la poli­tique », le macro­nisme con­siste à con­tin­uer et même aggraver les erreurs passées et faire pay­er le tout par la pop­u­la­tion en pro­tégeant les priv­ilégiés et les lob­bies les plus nuis­i­bles comme celui de l’atome.


A Touch of Sin”. Quand la Chine explosera

Chine. A Touch of Sin Un grand film : A Touch of Sin, du Chi­nois Jia Zhanh-Ke – va fal­loir appren­dre le man­darin, au moins comme l’anglais, à l’à-peu-près. Où l’on com­prend que la Chine aus­si est mal bar­rée, tout comme le monde, et acces­soire­ment la France. Pris qu’ils sont dans la frénésie pro­duc­tiviste et con­som­ma­toire, les Chi­nois n’ont mis que quelques décen­nies à sauter dans le précipice du « Pro­grès ». Mao se déplace en Fal­con pour effectuer, mieux et plus vite, le Grand bond en avant dans le cap­i­tal­isme de choc. La Chine perd son âme dans la reli­gion du ren­de­ment, du cynisme, de la cor­rup­tion. Donc de la vio­lence de plus en plus sauvage. C’est le sujet du film.

Quatre tableaux comme les qua­tre saisons d’un nou­veau cli­mat, ter­ri­fi­ant. La Chine, désor­mais, pro­duit aus­si des tomates hors-sol, cal­i­brées et insipi­des ; sa cam­pagne va s’agglutiner aux mon­stru­osités urbaines (j’apprends par Téléra­ma que six périphériques entourent Pékin, qui grossit chaque année de 250.000 voitures !) ; sa jeunesse « fout le camp », absorbée par les modes et les codes occi­den­taux ; le béton bouffe la terre, les paysages, les hommes, avilis par le pognon et la sex­u­al­ité marchande. De même, les ani­maux souf­frent, sont exploités, tor­turés – cette scène ter­ri­ble du cheval four­bu et bat­tu sauvage­ment, qui fait penser à Niet­zsche et au Cheval de Turin [Pourquoi Niet­zsche aujourd’hui ?].

Les ultimes et dérisoires résis­tants appa­rais­sent sur une estrade de comé­di­ens-forains jouant dans la rue une scène d’opéra tra­di­tion­nel. Évidem­ment, si le seul traite­ment pos­si­ble de cette gan­grène est la révolte indi­vidu­elle à coups de fusil, de pis­to­let, de couteau, de sui­cide… on ne donne pas cher de l’avenir du monde dit civil­isé. Ce Soupçon de péché bute sur un réal­isme nour­ri de pes­simisme. Le Titan­ic d’aujourd’hui est un de ces porte-con­teneurs géants [Voir mon reportage de 2006 à bord du « Debussy » : Sale temps, mon­di­al­i­sa­tion : Et vogue le car­go] que n’effarouchent plus les ice­bergs (ils auront tous fon­du !) et qui, à cha­cune de leurs escales débar­quent l’imparable camelote d’un monde en train de crev­er la gueule ouverte. Alors, l’espoir…

A-Touch-of-Sin-Stills-Da-Hai-Jiang-Wu-06-Copyright-Xstream-Pictures-Beijing

Un goût de Taran­ti­no made in Chi­na, le mes­sage poli­tique en plus. Le film n’est tou­jours pas sor­ti en Chine… Les DVD y cir­cu­lent pour­tant et la pop­u­lar­ité du réal­isa­teur y est très forte.


De la Chine, de Châteauroux, de la mondialisation…

Hier soir, ain­si, le 20 heures de France 2 m’apprend que les Chi­nois s’apprêteraient (con­di­tion­nel jour­nal­is­tique « de rigueur ») à envahir (« péril jaune »), tenons-nous bien, l’ancienne base aéro­por­tu­aire de l’OTAN à Château­roux (De Gaulle, à nous !)…

Le sujet vient en « illus­tra­tion » à la vis­ite de Hu Jin­tao, prési­dent de la Chine pop­u­laire et sig­nataire d’un chèque clairon­né de plus de 10 mil­liards d’euros. On y voit donc un indus­triel chi­nois, inter­rogé sur le pro­jet de Château­roux, expos­er com­ment seraient ain­si créés 4 000 emplois, dont « seule­ment » 800 cadres chi­nois. On y importerait par avion des pro­duits chi­nois, évidem­ment, mais qui obtiendraient en pas­sant le « label France » ce qui per­me­t­traient de les ven­dre plus cher…

Le maire de Château­roux et l’industriel chi­nois. Tous deux ravis.

Et nous, ma fiancée et moi, devant la télé, à se dire : Ça y est les ex-colonisa­teurs sont désor­mais colonisés… Revanche amère et vaine des Africains de l’ancien temps, tan­dis que les actuels s’apprêtent, eux aus­si et en même temps, à pass­er sous dom­i­na­tion chi­noise…

Et aujourd’hui, je lis le reportage de Philippe Ridet dans Le Monde [4/11/10] inti­t­ulé « Made in Italy à la chi­noise », ain­si cha­peauté : « Une forte com­mu­nauté d’immigrants venus du Wen­zhou s’est implan­tée à Pra­to, bas­tion toscan de l’industrie tex­tile. Ils fab­riquent des vête­ments de piètre qual­ité, qui béné­fi­cient du pré­cieux label d’origine ital­i­enne. Au grand dam des indus­triels locaux. » L’article démarre ensuite : « Il fal­lait que cela arrive ici. Comme pour ajouter l’ironie à la plus grande con­quête économique de la Chine en Europe. En Ital­ie, pays de la mode et de Mar­co Polo. Au coeur de la Toscane ” rouge “, longtemps dom­inée sans partage par le Par­ti com­mu­niste puis par le cen­tre gauche. »…

Avouons qu’il y a de quoi être plus que trou­blé, désori­en­té, paumé, désolé, sidéré, inter­pel­lé, inter­loqué… Et révolté ? Alors là pas sûr. Un rap­port de cause à effet est sans doute établi dans les con­sciences de nos conci­toyens entre la désin­dus­tri­al­i­sa­tion de ce vieux pays de France (et de l’Europe en général) et la défer­lante « asi­a­tique ». Mais n’est-ce pas au prix d’un fatal­isme des plus pes­simistes entraî­nant les replis indi­vid­u­al­istes et dés­espérés ? D’où ces con­flits à base de fer­me­tures de boites se ter­mi­nant en négo­ci­a­tions pour les « primes de départ », et après nous le déluge. Et quelle espérance, dites, quand 8 mil­lions de Français vivent en France avec moins de 908 euros par mois ?

A Château­roux donc, la télé nous mon­tre son maire venu accueil­lir son « sauveur » chi­nois, tout comme, deux min­utes avant on avait vu Sarkozy, sourire plein pot, ten­dre la louche com­merçante à son com­père Hu Jin­tao. À dada sur les Droits de l’homme, ils arrivent comme des messies, achè­tent des Air­bus, promet­tent la lune à court terme. Tou­jours ça de pris, pense le prési­dent ravi, espère le maire ébaubi… Mais dans les con­trats il y a aus­si les plans et autres secrets indus­triels des avions, des cen­trales nucléaires qu’ils ont pro­gram­mé de venir nous ven­dre, comme à Château­roux, dans la décen­nie qui suit…

Cou­ple de Château­roux à France 2 : “On pense que ce serait pas mal du tout, hein…”

Alors, nous restera-t-il seule­ment notre pinard et notre cal­en­dos? Tan­dis qu’en Provence, ce même jour au même JT, tel paysan arrache ses poiri­ers pas assez con­cur­ren­tiels… Ain­si passe la mon­di­al­i­sa­tion, lourde comme un porte-con­teneurs géant faisant la navette chaque mois entre Shang­hai, Le Havre, Ham­bourg…

Château­roux, ville mau­dite ? Je me sou­viens y avoir séjourné deux ou trois jours fin 1988… Un soir, dans un coin du sin­istre Hôtel de la gare, j’y lapais un brou­et insipi­de en voisi­nage de mil­i­taires irakiens, des avi­a­teurs venus charg­er des armes pour ali­menter la guerre avec l’Iran. C’était au temps d’une cer­taine « cohab­i­ta­tion » avec Sad­dam Hus­sein dans la cohab­i­ta­tion Mit­ter­rand-Chirac… et du fructueux et mor­bide com­merce de l’armement français : mis­siles Exo­cet, Mirage F1 pour l’Irak, et pour l’Iran, de manière secrète et cynique, 450 000 obus d’artillerie ain­si que des pièces détachées pour des mis­siles sol-air.

Ce soir là donc, on livrait pour l’Irak. Château­roux, le patelin où je jeune Gérard Depar­dieu trompait l’ennui dans les mau­vais coups ; où un autre Mit­ter­rand (cousin ?) tenait bou­tique ; où un cou­ple de Libanais ayant fui Bey­routh et la guerre étaient venus s’installer, y ouvrant un restau­rant, parce que c’était « l’endroit le plus au cen­tre de la France », où ils se sen­taient le plus pro­tégés…

Château­roux, cen­tre du monde mon­di­al­isé.


Les Nouvelles de Pékin censuré pour avoir publié une photo de Tiananmen

Le gou­verne­ment chi­nois a cen­suré jeu­di le site Inter­net du quo­ti­di­en Xin Jing Bao (Les Nou­velles de Pékin). Le jour­nal papi­er avait pub­lié une pho­to (repro­duite ici, au risque de la cen­sure chi­noise…) mon­trant des jeunes blessés durant la répres­sion du mou­ve­ment démoc­ra­tique de la place Tianan­men en 1989. D’autres sanc­tions sont à crain­dre. Cette affaire illus­tre le raidisse­ment du gou­verne­ment chi­nois, tan­dis qu’attentats et pol­lu­tion pèsent sur la tenue toute prochaine des JO.

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(AP Photo/Liu Heung Shing)

Les médias chi­nois sont tenus de pass­er sous silence les fameux événe­ments. Le quo­ti­di­en a-t-il cru déjouer la cen­sure en pub­liant la pho­to sans légende ?… pour illus­tr­er l’interview de Liu Xiangcheng, un ancien pho­tographe d’Associated Press, lau­réat du prix Pulitzer en 1992 pour son tra­vail sur la chute de l’Union sovié­tique. Ce qui n’a pas trompé l’œil des censeurs. Lesquels vont cepen­dant devoir s’attaquer à inter­net où l’on retrou­ve l’image sac­rilège, cette fois avec sa légende indi­quant claire­ment que les jeunes gens ensanglan­tés, allongés à l’arrière d’un cyclopousse de trans­port, sont des vic­times du 4 juin 1989.

Des exem­plaires du jour­nal-papi­er ont égale­ment été rap­pelés des kiosques, rap­porte ven­dre­di le quo­ti­di­en hongkon­gais Ming Pao.

Selon Asso­ci­at­ed Press et l’AFP, Les Nou­velles de Pékin a la répu­ta­tion d’être une voix libérale dans le paysage médi­a­tique chi­nois, mais les raisons qui ont poussé le jour­nal à pub­li­er cette pho­to restent obscures. Fin 2005, le titre avait fait l’objet d’une reprise en main par le départe­ment de la pub­lic­ité (ex-pro­pa­gande) du Par­ti com­mu­niste chi­nois. En juin 2007, plusieurs respon­s­ables d’un autre jour­nal du sud-ouest de la Chine, le Cheng­du Evening News, avaient été limogés après la paru­tion d’une pub­lic­ité qui rendait un hom­mage déguisé aux vic­times de 1989.


CHINE. Pour un journalisme olympien

Sauf con­trar­iété extrême de dernière minute, il va y aller. Cou­ru d’avance, au nom de la real-poli­tik, donc des impérat­ifs économiques. De même que les JO sont aus­si vitaux pour le nou­v­el expan­sion­nisme chi­nois, la présence poli­tique de la France s’impose à son omni-prési­dent. Les économies cap­i­talis­es – fussent-elles « com­mu­nistes » ou « libérales » – se tien­nent par la bar­bi­chette des affaires. D’où les ter­ri­bles pres­sions portées à l’encontre des empêcheurs de traiter en rond, ces trublions que sont cer­tains jour­nal­istes, voire cer­tains politi­ciens comme Daniel Cohn-Ben­dit à la langue encore bien pen­due – même s’il a fail­li se la bouf­fer l’autre fois à la tri­bune du Par­lement européen. Mais le plus impor­tant, c’est encore que des jour­nal­istes dignes de ce nom se ren­dent en Chine et témoignent. Qu’il con­courent, en somme, pour un jour­nal­isme debout et d’élévation, un jour­nal­isme olympi­en.

Exem­ple his­torique : 1927, dix­ième anniver­saire de la Révo­lu­tion d’Octobre. Céré­monies fastueuses, invi­ta­tions d’innombrables fig­ures de l’intelligentsia inter­na­tionale. Panaït Istrati, con­sid­érable écrivain roumain de langue française, fuit les cortèges et céré­monies offi­ciels, s’enfonce dans la Russie pro­fonde, touche du doigt la réal­ité ter­ri­fi­ante du bolchévisme. Ce sera « Vers l’autre flamme, Con­fes­sion pour vain­cus », pub­lié en 1929 – témoignage reten­tis­sant dénonçant les ger­mes du stal­in­isme – avant Staline…

Pour la Chine, le casse-tête est vrai­ment chi­nois : faire sem­blant d’accueillir la presse mon­di­ale et, en même temps, canalis­er ce flux si dan­gereuse­ment impétueux dans ses pos­si­bles débor­de­ments.

Quelle est donc l’actuelle sit­u­a­tion à un mois à peine de l’ouverture des Jeux de Pékin ? Pas bril­lante, c’est le moins qu’on puisse dire !

Cent jour­nal­istes et cyber-dis­si­dents chi­nois se trou­vent tou­jours en prison. Des jour­nal­istes étrangers sont blo­qués et men­acés en dépit des promess­es répétées de Pékin de leur don­ner « entière lib­erté » avant les Olympiques — tant au Tibet que dans les zones du Sichuan frap­pées par le trem­ble­ment de terre. Cen­sure con­stante, en ligne et ailleurs. Alors qu’il ne reste que trois semaines avant l’ouverture des Jeux, les mem­bres de l’IFEX (asso­ci­a­tion de défense de la libre expres­sion, basée à Toron­to au Cana­da) deman­dent aux jour­nal­istes de faire mon­ter la pres­sion.

De son côté, Reporters sans fron­tières (RSF) main­tient son appel aux dirigeants et chefs d’État, à com­mencer par Sarkozy, pour qu’ils boy­cottent les céré­monies d’ouverture. RSF veut organ­is­er des rassem­ble­ments le 8 août, jour d’ouverture des JO, devant les ambas­sades de Chine. Les Inter­nautes pour­ront se ren­dre en ligne à la cyber-man­i­fes­ta­tion de RSF via http://www.rsf.org

RSF et d’autres mem­bres de l’IFEX comme le Comité pour la pro­tec­tion des jour­nal­istes (CPJ) et la Fédéra­tion inter­na­tionale des jour­nal­istes (FIJ) se sont déjà joints à l’appel mon­di­al en faveur de la remise en lib­erté des « Huit PO » (Pris­on­niers d’opinion) chi­nois avant le jour J des jeux. Les mem­bres de l’IFEX ont fait cam­pagne en faveur de tous les huit, et en par­ti­c­uli­er de Shi Tao et de Hu Jia.

C’est le moment de pro­test­er en écrivant à l’ambassadeur ou au con­sul de Chine le plus proche. Voir la vidéo d’appel et téléchargez des let­tres déjà pré­parées à:

On peut aus­si :
– écouter le poème « Juin », de Shi Tao, traduit en plus de 90 langues, y com­pris le tibé­tain: http://www.penpoemrelay.org/

– aller voir la cam­pagne du PEN Inter­na­tion­al « We Are Ready for Free­dom of Expres­sion » (Nous sommes prêts pour la lib­erté d’expression) et lire les noms des 44 jour­nal­istes et écrivains incar­cérés.

Plus de 30 000 jour­nal­istes étrangers sont atten­dus aux Jeux — trois par ath­lète…. C’est pourquoi la FIJ fait équipe avec « Play the Game » (Jouer le jeu), une organ­i­sa­tion poli­tique qui suit la scène sportive, afin de lancer « Play the Game for Open Jour­nal­ism » (Jouer le jeu du jour­nal­isme ouvert), un site web pour les reporters qui se ren­dent en Chine et qui ne savent pas quel degré de lib­erté ils auront pour faire leur tra­vail. Obtenez des con­seils et des trucs (y com­pris de la part de jour­nal­istes locaux!) sur la façon de réalis­er des reportages à Pékin, depuis les sujets déli­cats et la façon de les abor­der, jusqu’au tra­vail avec des assis­tants locaux et à la pro­tec­tion de vos sources. Vous avez des con­seils à partager? Assurez-vous de les télécharg­er sur le site dans les forums de dis­cus­sion. Tout cela se trou­ve à: http://www.playthegameforopenjournalism.org

Con­scients que la con­nais­sance des droits est essen­tielle et que l’accès aux sites web peut être cen­suré, Human Rights Watch et le CPJ ont pub­lié un guide de survie en for­mat poche - idéal pour votre voy­age. Si vous n’avez pas le temps de le com­man­der, le « Reporters’ Guide to Cov­er­ing the Bei­jing Olympics » (Guide du reporter qui cou­vre les Olympiques de Pékin) peut être téléchargé gra­tu­ite­ment à: http://china.hrw.org/ et sera aus­si bien­tôt disponible en alle­mand, en espag­nol, en français et en japon­ais. Le Guide com­prend les ver­sions anglais­es et chi­noise des règles tem­po­raires, que les reporters peu­vent présen­ter aux offi­ciels qui les inter­rogeront sur le ter­rain.

La FIJ met en place, du 20 juil­let au 31 août, une per­ma­nence télé­phonique d’urgence et des con­seils, notam­ment à l’usage des quelque 10.000 jour­nal­istes qui devraient affluer à Pékin sans accrédi­ta­tion. Numéro : + 32 475 76 13 92.

Les obser­va­teurs des droits de l’homme esti­ment que la sit­u­a­tion de la libre expres­sion en Chine s’est détéri­orée de manière telle­ment sub­stantielle depuis un an « sous les yeux de la com­mu­nauté inter­na­tionale », qu’il y a main­tenant plus d’écrivains et de jour­nal­istes dans les pris­ons chi­nois­es qu’il y en avait il y a sept mois.

A con­sul­ter :

Human Rights Watch :
http://hrw.org/reports/2008/china0708/.

– « Fail­ing to Deliv­er: An Olympic-Year Report Card on Free Expres­sion in Chi­na » (Man­quer à sa parole: Bul­letin de notes de l’année olympique) sur la libre expres­sion en Chine » :
http://www.pen.org/chinareport

– « Falling Short », qui souligne la fail­lite de la Chine face à ses engage­ments sur la ques­tion des médias: http://www.cpj.org/Briefings/2007/Falling_Short/China/index.html

L’Association mon­di­ale des jour­naux (AMJ) dis­pose de tout un tas d’histoires, de dessins, de graphiques et de pho­tos sur le Défi Olympique de libér­er la presse en Chine. On peut s’en servir gra­tu­ite­ment à:
http://worldpressfreedomday.org/


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet. » Bossuet

  • Traduire :

  • Twitter — Gazouiller

  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Philippe Casal, 2004 - Centre national des arts plastiques - Mucem, Marseille

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexualité / politique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl”

    Comme un nuage, album photos et texte marquant le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986). La souscription étant close (vifs remerciements à tous les contributeurs !) l'ouvrage est désormais en vente au prix de 15 euros, franco de port. Vous pouvez le commander à partir du bouton "Acheter" ci-dessous (bien préciser votre adresse postale !)

    tcherno2-2-300x211

    Il s'agit d'un album-photo de qualité, à tirage soigné et limité, 40 p. format A4 "à l'italienne". Les photos, prises en Provence et notamment à Marseille, expriment une vision artistique sur le thème d’« après le nuage ». Cette création rejoignait l’appel à l’organisation de "1.000 événements culturels sur le thème du nucléaire", entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fukushima) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

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    Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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