On n'est pas des moutons

Mot-clé: extrême-droite

Président. « Dieu est avec nous » : pourvu qu’il ne nous oublie pas !

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© faber - 2017

Le jeu­ne hom­me bien éle­vé s’est éle­vé au som­met. Il lui a fal­lu un beau culot, une confian­ce en soi confi­nant à un état supé­rieur, à une qua­si-mys­ti­que. Ce regard bleu et droit recè­le de l’élan, une foi, pour ne pas dire une cer­tai­ne trans­cen­dan­ce, ingré­dients indis­pen­sa­bles à tout conqué­rant du pou­voir. Ver­tu viri­le, donc plu­tôt mâle, qui sied moins aux dames – l’Histoire en témoi­gne, jusqu’à ses rares excep­tions. Dans cet­te caté­go­rie res­trein­te, son oppo­san­te en aura sans dou­te trop démon­tré dans sa mâli­tu­de, là où elle n’a pas su / pu jouer dans une fines­se plu­tôt acco­lée à la fémi­ni­tu­de. Nous som­mes là, pour une part, dans les sté­réo­ty­pes du gen­re – mais pour une part seule­ment, sinon qu’en serait-il de nos pré­cieu­ses dif­fé­ren­ces fem­me / hom­me et de « cel­les-zé-ceux » du nou­vel élu ?

Certes, je pré­fè­re avoir ici taillé ce por­trait que celui de sa concur­ren­te (qui a bien pro­pul­sé son adver­sai­re en tant que repous­soir…) Nous n’en som­mes pas quit­tes pour autant : dix mil­lions d’électeurs ont voté pour l’extrême-droite ! Cet­te bana­li­sa­tion « du mal » recou­vre le déla­bre­ment d’un « sys­tè­me » igno­rant les inéga­li­tés crian­tes et nour­ris­sant les extrê­mes. Le cri ne serait-il donc pas enco­re assez puis­sant qu’il faille atten­dre le pro­chain coup ? Pour m’en tenir à ma zone géo­gra­phi­que, en PACA et en Cor­se, l’extrême-droite a recueilli la plu­part du temps un vote sur deux ! Même à Vitrol­les où ils avaient pour­tant déjà « essayé » les Mégret (1995), avec le désas­tre qui s’ensuivit ! Et mal­gré – ou à cau­se – les deux man­da­tu­res socia­lis­tes sui­van­tes… Tel est le défi, pro­ba­ble­ment ulti­me, qu’aura à rele­ver le nou­veau pré­si­dent : redon­ner un conte­nu à ce qu’on appel­le enco­re la Répu­bli­que – en mar­che, ou en pha­se ter­mi­na­le.

Il l’a donc rem­por­té, ce valeu­reux guer­rier, ambi­tieux, volon­ta­ris­te et vain­queur. Ne le sur­es­ti­mons cer­tes pas, sans pour autant nier cet­te farou­che puis­san­ce de com­bat­tant, quel­que cho­se de nietz­schéen chez ce gos­se de nan­tis, nan­ti lui-même de cet­te volon­té de puis­san­ce rare­ment four­nie avec la « cuiller d’argent » de la nais­san­ce – et qui fait les chefs autant que les tyrans.

Le beau gos­se, de sur­croît, a aus­si connu la grâ­ce de la Pro­vi­den­ce, ça ne s’invente pas : ain­si s’appelle ce bahut catho joux­tant la Cité sco­lai­re d’Amiens, lycée public où j’ai pas­sé mon bachot. Nous ne ris­quions donc pas de nous croi­ser, indé­pen­dam­ment de nos âges res­pec­tifs : les grilles de cet­te mai­son jésui­ti­que en pier­re de taille tenaient her­mé­ti­que­ment de murs de clas­ses.

Le nou­vel élu, jamais autre­ment élu, et cepen­dant élu « des dieux » : celui du catho­li­cis­me « pro­vi­den­tiel », depuis le col­lè­ge même ; celui du pro­tes­tan­tis­me du phi­lo­so­phe Paul Ricœur auprès duquel il dit d’être frot­té ; celui, plus maté­ria­lis­te, de l’héritage fami­lial – parents méde­cins qui lui offri­ront au Tou­quet la vil­la du cou­ple (esti­mée à 1,4 mil­lions d’euros, finan­cée éga­le­ment par Bri­git­te, l’épouse et héri­tiè­re des renom­més cho­co­la­tiers amié­nois).

Catho, pro­to, fri­qué… Le jeu­ne hom­me a beau être héri­tier – on ne choi­sit pas ses ori­gi­nes – il a aus­si du talent, qua­triè­me pilier de son édi­fi­ca­tion. D’abord de l’entregent – c’est-à-dire cet­te for­me appli­quée de la séduc­tion –, qui pro­pul­se notre Ras­ti­gnac picard vers les tem­ples du pou­voir : Scien­ces Po’ 1, l’ENA, à défaut de Nor­mal Sup’ où il a buté par deux fois. Ces for­ma­li­tés accom­plies, il n’est pas bien dif­fi­ci­le de frap­per aux por­tes des ban­ques et, tant qu’à fai­re, chez cel­le de Roth­schild, la plus emblé­ma­ti­que, voi­re cari­ca­tu­ra­le : frac, haut de for­me et ciga­re…

Pour le « res­te », quel­ques coups de pis­ton – Minc, Atta­li, Hol­lan­de, etc. – et hop ! voi­là com­ment se fabri­que, ou se révè­le, un « Ima­nou El » qui en hébreu veut dire « dieu avec nous » – tant qu’à fai­re.

Notes:

  1. Com­me pour l’économie, his­ser la poli­ti­que au rang de scien­ce m’a tou­jours fait mar­rer !


IVG. Bompard, dernier rempart

L’Assem­blée natio­na­le a adop­té ce mer­cre­di par 143 voix contre 7 une pro­po­si­tion de réso­lu­tion réaf­fir­mant le droit fon­da­men­tal à l’interruption volon­tai­re de gros­ses­se en Fran­ce, en Euro­pe et dans le mon­de. Ce tex­te, non contrai­gnant, a été adop­té le jour anni­ver­sai­re du démar­ra­ge des débats sur la loi de Simo­ne Veil, le 26 novem­bre 1974. Gil­bert Col­lard s’est abs­te­nu, sept dépu­tés ne l’ont pas voté, cinq UMP, un UDI, et l’ancien FN, mai­re d’Orange et dépu­té d’extrême droi­te du Vau­clu­se, Jac­ques Bom­pard. Son homé­lie, sur le modè­le hol­lan­dien de l’anaphore ( « Moi pré­si­dent »…), consti­tue un ramas­sis des cli­chés qu’on aurait pu croi­re d’un autre âge. Au moins res­te-t-il fidè­le à son par­cours poli­ti­que : OAS, Occi­dent, Ordre nou­veau, Front natio­nal, Ligue du Sud… Il a été réélu mai­re d’Orange en 2014 au pre­mier tour avec 60% des voix…


« Les Juifs » selon Pierre Desproges, un fossé de vingt ans avec Dieudonné

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Des­pro­ges: « On me dit que des Juifs se sont glis­sés dans la sal­le? » « On ne m’ôtera pas de l’idée que, pen­dant la der­niè­re guer­re mon­dia­le de nom­breux Juifs ont eu une atti­tu­de car­ré­ment hos­ti­le à l’égard du régi­me nazi. » (dr)

Quand Pier­re Des­pro­ges – il y a une ving­tai­ne d’années – s’est com­mis avec son fameux sket­ch inti­tu­lé « Les Juifs », la Fran­ce n’en fut nul­le­ment retour­née. Aujourd’hui que Dieu­don­né a mis le feu aux pou­dres, les meu­tes anti­sé­mi­tes se lâchent. Elle déver­sent des ton­nes d’immondices sur Day­li­mo­tion qui héber­ge les sket­ches de Des­pro­ges. Au point que le site a dû fer­mer le robi­net des com­men­tai­res.

Que s’est-il pas­sé durant ces deux décen­nies ? À l’évidence, le contex­te a chan­gé. Exten­sion des com­mu­nau­ta­ris­mes, notam­ment reli­gieux ; atten­tats du 11 sep­tem­bre 2001, guer­res d’Afghanistan, du Pro­che et Moyen Orient ; impas­se pales­ti­nien­ne sur­tout et colo­ni­sa­tion israé­lien­ne. Autant de faits réels, objec­tifs, pour­tant déniés dans la plu­part des débats actuels autour de ces ques­tions. Ce fut enco­re le cas hier lors de l’émission de Fré­dé­ric Tad­deï  « Ce soir ou jamais » où, dès le début, le mot « Pales­ti­ne  » déclen­chait  hos­ti­li­té et cli­va­ge entre les inter­ve­nants.

Cer­tes, Des­pro­ges et Dieu­don­né s’opposent com­me le jour et la nuit. Le pre­mier pra­ti­que une dis­tan­cia­tion humo­ris­ti­que affir­mée – à condi­tion tou­te­fois d’adhérer à ses codes et à cet­te dis­tan­ce ; en quoi le ris­que exis­te tou­jours. L’autre, à l’inverse, bar­bot­te dans l’ambiguïté, joue sans ces­se dans ses allers-retours entre le pre­mier et le ixiè­me degré. Quand il ne som­bre pas car­ré­ment dans l’abjection. Ain­si, dans une tel­le confu­sion, son public trou­ve  assez « à boi­re et à man­ger » pour ne pas s’embarrasser d’un quel­con­que dis­tin­guo entre anti­sio­nis­me et anti­sé­mi­tis­me.

Quoi qu’il en soit, et pour mesu­rer cet écart qui mar­que pesam­ment deux épo­ques, revoi­ci donc « Les Juifs » par Pier­re Des­pro­ges, ver­sion vidéo, ou audio.


Les Juifs par pier­re­des­pro­ges

Clip audio : Le lec­teur Ado­be Fla­sh (ver­sion 9 ou plus) est néces­sai­re pour la lec­tu­re de ce clip audio. Télé­char­gez la der­niè­re ver­sion ici. Vous devez aus­si avoir JavaS­cript acti­vé dans votre navi­ga­teur.


Pourquoi l’« affaire Dieudonné » empoisonne notre vivre ensemble

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Ce ges­te, dit de la que­nel­le, deve­nu sym­bo­le de la « Dieu­do­sphè­re », Dieu­don­né l’exécute dès mai 2009 sur une affi­che de la lis­te « anti­sio­nis­te » qu’il conduit aux euro­péen­nes.

L” « affai­re Dieu­don­né » est en pas­se d’empoisonner notre espa­ce du « vivre ensem­ble ». Cet­te bel­le idée – illu­soi­re ? – mon­tre bien sa fra­gi­li­té face à la bru­ta­li­té des croyan­ces, des cer­ti­tu­des et autres convic­tions – ces convic­tions que Nietz­sche dénon­çait com­me « des enne­mis de la véri­té plus dan­ge­reux que les men­son­ges. » Anti­sio­nis­te reven­di­qué, anti­sé­mi­te mas­qué, Dieu­don­né pro­vo­que et, tout à la fois, révul­se et atti­re. Ses pro­pos lui valent plus enco­re de répro­ba­tions mora­les que de condam­na­tions péna­les, tan­dis que ses spec­ta­cles font sal­les com­bles (quand elles ne lui sont pas refu­sées), en dépit d’une omer­ta média­ti­que dont il fait l’objet. Com­me si deux visions du mon­de s’affrontaient autour de sa per­son­ne, de ses pres­ta­tions et de ses fré­quen­ta­tions – Fau­ris­son, Le Pen, Soral, Meys­san, Cha­vez, Ahma­di­ne­jad… Alors pour­quoi ? Ten­ta­ti­ves d’explications autour de quel­ques ques­tions dont cel­le-ci, sans répon­se, lan­cée à la radio par le direc­teur du Nou­vel Obser­va­teur, Lau­rent Jof­frin : « Qu’est-ce que les Juifs ont fait à Dieu­don­né ? »

À cau­se du petit mou­ton contra­riant qui pré­si­de aux des­ti­nées de ce blog… je suis ame­né à reve­nir sur ce qu’on peut désor­mais appe­ler « l’affaire Dieu­don­né ». Affai­re qui ris­que d’enfler enco­re bien davan­ta­ge, ain­si que s’y emploient les poli­ti­ciens et les médias – jusqu’à ce blog… Cepen­dant, petit mou­ton obli­ge, je vou­drais y reve­nir à contre-cou­rant de la marée domi­nan­te. Ce qui n’est pas sans ris­ques, tant ce ter­rain s’avère miné à l’extrême – aux extrê­mes, pour être plus pré­cis. Donc, ven­dre­di matin, dans le pos­te (Fran­ce Cultu­re), j’entends Lau­rent Jof­frin (du Nou­vel Obs, qui fait sa cou­ver­tu­re sur qui ?) résu­mer l’affaire à sa façon, selon son habi­tuel ton débon­nai­re, frap­pé au coin du bon sens et par­fois de la cour­te vue. Ain­si : « Dieu­don­né, lui, a la hai­ne des Juifs. Pour­quoi ? Com­me ça. Qu’est-ce que les Juifs ont fait à Dieu­don­né ? Rien, évi­dem­ment, ils s’en fou­tent […] Ils ont pro­tes­té quand Dieu­don­né a fait un sket­ch anti­sé­mi­te. C’est ça le cri­me ini­tial. » n-obs-dieudonneOn dira qu’en qua­tre minu­tes de chro­ni­que, on peut à pei­ne plus finas­ser qu’en cent qua­ran­te signes sur Twit­ter… Pas une rai­son pour sau­ter à pieds joints sur des ques­tions fon­da­men­ta­les qu’appellent des sujets de socié­té fon­da­men­taux. Et Jof­frin enjam­be allé­gre­ment la faille de sa cour­te pen­sée : « Dieu­don­né, lui, a la hai­ne des Juifs. Pour­quoi ? Com­me ça. » Il mini­mi­se en fait, tout en y recou­rant, l’importance de cet adver­be fon­da­men­tal : pour­quoi ? N’est-ce pas le sel-même du jour­na­lis­me et, au delà, de tou­te soif de com­pren­dre. Alors : pour­quoi Dieu­don­né a-t-il la hai­ne des Juifs ? Pour­quoi l’antisémitisme ? Qu’est-ce qu’ils lui ont fait, les Juifs ? « Rien, évi­dem­ment » répond Jof­frin. L’évidence, c’est bien le contrai­re du dou­te. Dès lors, tirons l’échelle, tout est dit. Et rien n’est dit, puis­que rien n’est expli­qué – dé-com­pli­qué. J’aimerais pas­ser un moment avec Dieu­don­né [Arti­cle docu­men­té sur Wiki­pe­dia]. Sûre­ment pas pour lui fai­re la cour­te-échel­le, mais bien pour lui poser quel­ques « pour­quoi ? ». Des ques­tions qui tour­ne­raient autour de cel­le-ci, en effet fon­da­men­ta­le : Qu’est-ce qu’ils vous ont fait les Juifs ? Mais ques­tion que je me gar­de­rais de lui oppo­ser au préa­la­ble com­me une pique pro­vo­can­te. Il y a chez Dieu­don­né, bien sûr, « matiè­re à creu­ser » : depuis son enfan­ce, cer­tes, et même depuis sa nais­san­ce, mère bre­ton­ne, père came­rou­nais. Un métis, ce cou­sin du métè­que. Un frus­tré sans dou­te, un révol­té, voi­re un indi­gné, com­me tant de jeu­nes pei­nant à se per­ce­voir com­me Fran­çais à part entiè­re, à cau­se de la dis­cri­mi­na­tion socia­le et du racis­me. À cau­se aus­si de l’Histoire et du pas­sé colo­nial dont il a fini par pren­dre fait et cau­se. Une pri­se de conscien­ce qui l’a sans dou­te fon­dé dans son deve­nir d’humoriste – un rôle qui impli­que, pour le moins, un regard cri­ti­que pou­vant aller jusqu’à l’acidité et la méchan­ce­té. De l’ironie à la hai­ne, la voie est par­fois étroi­te. Puis le suc­cès de scè­ne, l’adulation d’un public séduit, pas tou­jours « édu­qué » car socia­le­ment mar­gi­na­li­sé, récep­tif aux idées cour­tes, pour­vu qu’elles soient « drô­les » ; son allian­ce pour la scè­ne avec le juif Élie Semoun dans un duo poli­ti­que­ment « équi­li­bré »; leur rup­tu­re ensui­te ; ses déboi­res liés à ses déri­ves, puis la radi­ca­li­sa­tion dans laquel­le le res­sen­ti­ment tient lieu d’argument idéo­lo­gi­que, à preu­ve cet « anti­sio­nis­me » dont l’ambivalence d’usage (dou­ble dimen­sion : his­to­ri­que et séman­ti­que, dans un jeu per­fi­de mas­quant sa natu­re anti­sé­mi­te) per­met d’euphémiser le rejet des Juifs com­me fau­teurs uni­ver­sels, cau­se de tous les maux du mon­de des reje­tés et sur­tout des frus­trés. D’où le recours à l’antienne du « lob­by juif, » puis à la théo­rie du Com­plot qui per­met d’« expli­quer bien des cho­ses cachées et des mys­tè­res » et d’alimenter cet­te filan­dreu­se notion de « sys­tè­me » qu’on retrou­ve aux extrê­mes, gau­che et droi­te, des idéo­lo­gies. (Lire la sui­te…)


Sarkozysme. Le putsch verbal et fascisant de Maryse Joissains, maire d’Aix-en-Provence

par Cyril Di Méo

A Aix-en-Pro­ven­ce, les par­ti­sans de Fran­çois Hol­lan­de  se font trai­ter de « zou­lous », les lea­ders de droi­te mena­cent de « lever une armée » si Hol­lan­de est élu... .et la per­ma­nen­ce du PS se fait défon­cer lors de défai­tes UMP... Tan­dis que la mai­re, Mary­se Jois­sains, se sur­pas­se – elle a l’habitude de ce gen­re de som­mets – avec des pro­pos à tona­li­té put­schis­te et  fas­cis­te. Socia­lis­te, ancien mem­bre des Verts d’Aix et ancien conseiller muni­ci­pal d’opposition, Cyril Di Méo adres­se cet­te let­tre ouver­te à ses conci­toyens :

Amis zoulous…

C’est avec joie que l’on voit un pré­si­dent qui a cli­vé et divi­sé la Fran­ce rem­pla­cé par un pré­si­dent qui sou­hai­te ras­sem­bler les dif­fé­rents fran­çais der­riè­re un idéal de jus­ti­ce socia­le. N’en déplai­se à cer­tains lea­ders de droi­te qui jugent Fran­çois Hol­lan­de « illé­gi­ti­me », c’est à une net­te majo­ri­té du peu­ple, avec 51,6 %, que Fran­çois Hol­lan­de a été élu pré­si­dent de la Répu­bli­que.

Sur Aix, Sar­ko­zy fait 53,1 % des voix contre 46,9% pour Hol­lan­de. Aix res­te une vil­le de droi­te. Mais c’est une for­te régres­sion de la droi­te sar­ko­zys­te. Ain­si Sar­ko­zy perd 4632 voix par rap­port à 2007 (37124 voix contre 41756 en 2007). Et le can­di­dat de gau­che connait une for­te pro­gres­sion pas­sant de 42,7% à 46,9% plus de 4 points sup­plé­men­tai­res et gagne plus de 1724 voix.

En répon­se à cet­te pro­gres­sion des for­ces oppo­sées à cet­te droi­te dure, notre vil­le connaît aujourd’hui une déri­ve inquié­tan­te de la droi­te vers l’extrême droi­te. Mary­se Jois­sains a ain­si pu envoyer quel­ques jours avant le scru­tin un tract hal­lu­ci­nant, en appe­lant aux élec­teurs du Front Natio­nal en ces ter­mes : « Élec­teurs du Front natio­nal. Je par­ta­ge une par­tie de vos  inquié­tu­des et vos enga­ge­ments : l’élue que je suis l’a prou­vé. » Pous­sant la hai­ne et la récu­pé­ra­tion du vote extrê­me à son com­ble, elle écrit  : « Élec­teurs du Front natio­nal, êtes-vous prêts à subir le vote des immi­grés, l’immigration mas­si­ve, la régu­la­ri­sa­tion des sans papier, la per­te de notre modè­le social et sur­tout le pié­ti­ne­ment de nos valeurs répu­bli­cai­nes. Pour vous et pour nous, […] la démo­cra­tie, l’identité fran­çai­se […] ont un sens. Alors, si au nom de nos dif­fé­ren­ces réci­pro­ques, nous ne pou­vons fai­re allian­ce, défen­dons ensem­ble l’Etat fran­çais contre le pire. »

Let­tre hai­neu­se et ordu­riè­re dont voi­ci l’intégralité :

http://www.rue89.com/sites/news/files/assets/document/2012/05/lettre-une-republique-en-danger.pdf?tw_p=twt

Ce ton et cet­te déma­go­gie se sont aus­si retrou­vés dans l’interview don­née par Mada­me Jois­sains à un média local où elle contes­te la « légi­ti­mi­té de l’élection de Hol­lan­de ». Elle affir­me que « Même si M. Hol­lan­de est pro­cla­mé pré­si­dent de la Répu­bli­que, je ne pen­se pas qu’il soit légi­ti­me, par­ce qu’il y arri­ve après un com­bat anti-démo­cra­ti­que com­me on ne l’a jamais vu dans ce pays. » Pro­pos qui on l’espère amè­ne­ra à un rap­pel à la loi et où elle trai­te aus­si les élec­teurs de Hol­lan­de de « ban­de de rigo­los » et de « zou­lous ». Et consi­dè­re ain­si que  « Fran­çois Hol­lan­de est un dan­ger pour la Répu­bli­que. Cet hom­me n’a jamais fait la démons­tra­tion qu’il ait fait quel­que cho­se dans sa vie. Je ne le crois pas com­pé­tent, ni capa­ble. En tout cas phy­si­que­ment. Il ne don­ne­ra pas l’image d’un pré­si­dent de la Répu­bli­que. J’aurais aimé d’un pré­si­dent qu’il ait plus de pres­tan­ce et pas qu’il agi­te ses petits bras com­me il le fait dans tous ses mee­tings par­ce que ça me paraît extrê­me­ment ridi­cu­le. ». C’est vrai que vu son sty­le et sa pres­tan­ce Mary­se Jois­sains peut don­ner des leçons… 🙂

Voi­ci la vidéo qui n’est pas un gag…. hélas c’est notre dépu­tée mai­re

http://www.citylocalnews.com/aix/2012/05/07/maryse-joissain-francois-hollande-est-illegitime

C’est dans ce cli­mat de pro­fon­de hos­ti­li­té et de ton poli­ti­que d’une extrê­me viru­len­ce que la vitri­ne de la per­ma­nen­ce aixoi­se du Ps a été fra­cas­sée diman­che soir après de nom­breu­ses dégra­da­tions com­mi­ses tout au long de la semai­ne ayant pré­cé­dé le scru­tin.

http://cyril-dimeo.over-blog.com/article-l-ambiance-politique-aixoise-104748551.html

Chers amis « zou­lous » et assi­mi­lés, Aix connaît depuis 10 ans une anor­ma­li­té poli­ti­que en ayant à sa tête com­me mai­re, pré­si­den­te de la CPA et dépu­tée un tel per­son­na­ge aus­si réac­tion­nai­re et vul­gai­re qui est une hon­te pour tout démo­cra­te et répu­bli­cain. J’espère que com­me moi vous aide­rez Gaël­le Len­fant et Jean David Ciot, (au pre­mier ou au deuxiè­me tour selon votre sen­si­bi­li­té), à met­tre un ter­me au man­dat de Mada­me Jois­sains.

Cyril Di Méo

Blog http://cyril-dimeo.over-blog.com


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­pren­dre que les cho­ses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fi­que, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croi­re les cho­ses par­ce qu’on veut qu’elles soient, et non par­ce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lip­pe Casal, 2004 - Cen­tre natio­nal des arts plas­ti­ques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­fes­te.
    (Clau­de Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­ti­que), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la gra­ce de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquet­te cou­leur et boî­tier rigi­de ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Com­me un nua­ge, album pho­tos et tex­te mar­quant le 30e anni­ver­sai­re de la catas­tro­phe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant clo­se (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en ven­te au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adres­se pos­ta­le !)

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tira­ge soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, pri­ses en Pro­ven­ce et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­ti­que sur le thè­me d’« après le nua­ge ». Cet­te créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thè­me du nucléai­re », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de tou­tes nos croyan­ces. (Ber­trand Rus­sel)

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    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­tai­gne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramas­se un frag­ment et dit que tou­te la véri­té s’y trou­ve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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