On n'est pas des moutons

Mot-clé: sexo-politique

Harcèlement sexuel. S’il fallait « jeter la pierre » à Denis Baupin…

L’affaire Bau­pin. Exci­ta­tion géné­ra­le, à base média­ti­que… J’écris « exci­ta­tion » sciem­ment, avec ses conno­ta­tions ner­veu­ses et sexuel­les. L’affaire en ques­tion exci­te en pro­por­tion des enjeux et des consé­quen­ces autant poli­ti­cien­nes que poli­ti­ques ; elle exci­te aus­si sur le regis­tre du voyeu­ris­me qui ali­men­te ou même pro­lon­ge le pro­blè­me que cer­tains vou­draient dénon­cer. Com­ment a-t-il fait « ça » ? Et envoyez les détails, svp ! Je vois donc là-dedans ce jeu trou­ble qui met en cau­se l’ambiguïté des humains autour de la sexua­li­té et du pou­voir – dont la poli­ti­que serait l’expression raf­fi­née, ou seule­ment « civi­que ».

Ainsi, l’affaire en cours me sem­ble-t-elle haus­ser d’un cran de plus, dans sa ver­sion « moder­ne », actuel­le, la fon­da­men­ta­le ques­tion de la sexo-poli­ti­que 1. À savoir, ce qui met en jeu, en oppo­si­tion et, j’ose dire, en bran­le 2 le bio­lo­gi­que & le rai­son­né, le pul­sion­nel & le ration­nel – et pour finir l’individu & la socié­té.

Autant dire qu’une fois de plus, dans une naï­ve­té désar­man­te autant que ques­tion­nan­te, l’animal humain redé­cou­vre, en quel­que sor­te, l’origine du mon­de… social. Mes trois points de sus­pen­sion en disent long, fai­sant ici le pont entre le fameux tableau de Cour­bet 3, c’est-à-dire « la cho­se », et les démê­lés de l’élu éco­lo­gis­te. Il s’agit bien du point de pas­sa­ge entre le sexe et la poli­ti­que, vu cet­te fois sous l’angle du Spec­ta­cle – S majus­cu­le – qui magni­fie la cho­se en même temps que sa répro­ba­tion. 4

N’y a-t-il pas, der­riè­re ce flot d’indignations aux moti­va­tions hété­ro­cli­tes, une hypo­cri­sie magis­tra­le visant à dis­si­mu­ler, sinon à nier, la dou­ble com­po­san­te de l’homme, et de la fem­me évi­dem­ment, en tant qu’ani­mal humain ? L’expression déplaît enco­re. Notam­ment en ce qu’elle déran­ge les mora­les éta­blies, et spé­cia­le­ment les reli­gions – tou­tes les reli­gions. 5

N’est-elle pas là, pré­ci­sé­ment, l’origine du mon­de… refou­lé, frus­tré, vio­lent, de la domi­na­tion, de la cupi­di­té, du meur­tre du vivant et de la liber­té d’être ? N’est-il pas là, le véri­ta­ble har­cè­le­ment sexuel : tapi dans son ombre de confes­sion­nal, sous l’obscurité du voi­le ou dans les noi­res injonc­tions « divi­nes » anti-vie ; s’en pre­nant aux enfants, tout spé­cia­le­ment, afin de per­pé­tuer ce meur­tre jus­que dans les plus ter­ri­bles guer­res ?

Qui sont les « machos » ori­gi­naux, sinon ceux qui ont injec­té leurs trop-pleins d’oestrogènes dans les tex­tes dits « sacrés », décré­tant des lois de domi­na­tion, des inter­dits, des infan­ti­li­sa­tions qui sévis­sent enco­re, ou en tout cas, s’opposent sans ces­se au mou­ve­ment de la vie libre ?

Qui a déni­gré la fem­me, l’a rabais­sée et conti­nue à le fai­re en la jetant dans des cachots, sous le voi­le, ou dans les arriè­re-mon­des ?

Extraits :

Le Nou­veau Tes­ta­ment. (1 Cor 11, 3) :  « Le Christ est le chef de tout hom­me, l’homme est le chef de la fem­me, et Dieu le chef du Christ » .

(1 Tim 2, 12-14) :  « Je ne per­mets pas à la fem­me d’enseigner, ni de fai­re la loi à l’homme, qu’elle se tien­ne tran­quille. C’est Adam en effet qui fut for­mé le pre­mier, Eve ensui­te. Et ce n’est pas Adam qui se lais­sa sédui­re, mais la fem­me qui sédui­te, a déso­béi. ».

Le Coran. (II, 228) :  « Les maris sont supé­rieurs à leurs fem­mes ». (IV, 38) :  « Les hom­mes sont supé­rieurs aux fem­mes à cau­se des qua­li­tés par les­quel­les Dieu a éle­vé ceux-là au des­sus de cel­les-ci, et par­ce que les hom­mes emploient leurs biens pour doter les fem­mes. Les fem­mes ver­tueu­ses sont obéis­san­tes et sou­mi­ses. »

L’Ancien tes­ta­ment. (Genè­se 3, 16) :  « Le Sei­gneur dit ensui­te à la fem­me: « Je ren­drai tes gros­ses­ses péni­bles, tu souf­fri­ras pour met­tre au mon­de tes enfants. Tu te sen­ti­ras atti­rée par ton mari, mais il domi­ne­ra sur toi » » .

La Torah :  « Sois béni, Sei­gneur notre Dieu, Roi de l’Univers, qui ne m’as pas fait fem­me » , une des priè­res que tout bon juif doit pro­non­cer cha­que matin.

Et je m’arrêterai ici aux por­tes du boud­dhis­me, de l’hindouisme et d’autres reli­gions, mono ou poly­théis­tes qui, sans excep­tions, pla­cent la fem­me au second rang.

Pour finir sur ce cha­pi­tre sans fin, je rap­pel­le­rai à quels points de récents sou­bre­sauts de nos socié­tés dites éclai­rées ont été – plu­tôt plus que moins – « ins­pi­rées » par ces pré­cep­tes reli­gieux qui sont deve­nus notre fond cultu­rel.

On ne pour­rait les renier, mais autant en être conscient ; qu’il s’agisse des confron­ta­tions autour des notions de famil­le (« pour tous » ou pas), de gen­res sexuels (oppo­si­tions Nature/culture, la natu­re étant éle­vée à hau­teur divi­ne) ; qu’il s’agisse tout autant de la mar­chan­di­sa­tion des attraits fémi­nins, en par­ti­cu­lier par la publi­ci­té raco­lant sur la voie média­ti­que ; qu’il s’agisse de tout ce jeu social aus­si com­plexe qu’ambigu entre séduc­tion et conquê­te, entre fri­vo­li­té et vio­len­ce. Autant de consi­dé­ra­tions – non de jus­ti­fi­ca­tions – per­met­tant d’expliquer cet­te dou­ble com­po­san­te de l’animal humain face à ses pro­gram­mes inter­nes, bio­lo­gi­ques et cultu­rels : se repro­dui­re, per­pé­tuer l’espèce et s’élever jusqu’à « fai­re socié­té ». Il n’est pas dit qu’il y arri­ve jamais !


Dix cas de sexis­me en poli­ti­que par libe­zap

Voi­là pour­quoi je ne « jet­te­rai pas la pier­re » (Bible) à Denis B.

Notes:

  1. Concept notam­ment déve­lop­pé par Wil­helm Rei­ch dans ses ana­ly­ses des struc­tu­res carac­té­riel­les de l’humain refou­lé
  2.  « Le mon­de n’est qu’une bran­loi­re péren­ne. Tou­tes cho­ses y bran­lent sans ces­se. » (Mon­tai­gne, Essais, III)
  3. Tableau qui fut un temps la pro­prié­té de Jac­ques Lacan.
  4. On ne peut alors que pen­ser à Bos­suet : « Dieu se rit des hom­mes qui déplo­rent les effets dont ils ché­ris­sent les cau­ses. »
  5. Que l’homme ne soit pas le sum­mum de la créa­tion de Dieu, voi­là ce que les reli­gions n’ont tou­jours pas par­don­né à Dar­win et sa théo­rie de l’évolution.

Cologne, suite. L’écrivain algérien Kamel Daoud  « fatwatisé » par des intellectuels français

Une deuxiè­me fat­wa vient de frap­per l’écrivain et jour­na­lis­te algé­rien Kamel Daoud [voir ici et ], à pro­pos de son ana­ly­se des vio­len­ces sexuel­les du Nou­vel an à Colo­gne. Cet­te nou­vel­le condam­na­tion éma­ne d’une sor­te de sec­te laï­que ras­sem­blant une poi­gnée d’« intel­lec­tuels auto­pro­cla­més » à qui Le Mon­de a prê­té ses colon­nes.

Les signa­tai­res du « Col­lec­tif  »Nou­red­di­ne Ama­ra (his­to­rien), Joel Bei­nin (his­to­rien), Hou­da Ben Hamou­da (his­to­rien­ne), Benoît Chal­land (socio­lo­gue), Joce­ly­ne Dakh­lia (his­to­rien­ne), Sonia Dayan-Herz­brun (socio­lo­gue), Muriam Haleh Davis (his­to­rien­ne), Giu­lia Fab­bia­no (anthro­po­lo­gue), Dar­cie Fon­tai­ne (his­to­rien­ne), David Theo Gold­berg (phi­lo­so­phe), Ghas­san Hage (anthro­po­lo­gue), Laleh Kha­li­li (anthro­po­lo­gue), Tris­tan Leper­lier (socio­lo­gue), Nadia Mar­zou­ki (poli­tis­te), Pas­cal Méno­ret (anthro­po­lo­gue), Sté­pha­nie Poues­sel (anthro­po­lo­gue), Eli­za­be­th Shak­man Hurd (poli­tis­te), Tho­mas Ser­res (poli­tis­te), Seif Sou­da­ni (jour­na­lis­te).

Dans l’édition du 12 février, sous le titre « Les fan­tas­mes de Kamel Daoud », ce « col­lec­tif » lan­çait son ana­thè­me, excluant de son céna­cle « cet huma­nis­te auto­pro­cla­mé ». Le mépris de l’expression dévoi­lait, dès les pre­miè­res lignes de la sen­ten­ce, l’intention mal­veillan­te des juges. Les lignes sui­van­tes confir­maient une condam­na­tion sans appel : « Tout en décla­rant vou­loir décons­trui­re les cari­ca­tu­res pro­mues par  » la droi­te et l’extrême droi­te « , l’auteur recy­cle les cli­chés orien­ta­lis­tes les plus écu­lés, de l’islam reli­gion de mort cher à Ernest Renan (1823-1892) à la psy­cho­lo­gie des fou­les ara­bes de Gus­ta­ve Le Bon (1841-1931). »

Que veu­lent donc dire, ces socio­lo­gi­sants ensou­ta­nés, par leur atten­du si tran­chant ? 1) Que Daoud rejoint « la droi­te et l’extrême droi­te »… 2) …puisqu’il « recy­cle les cli­chés orien­ta­lis­tes les plus écu­lés, de l’islam reli­gion de mort »… 3) cli­chés anciens « chers » à Renan et Le Bon… 4)… ces vieille­ries datées (dates à l’appui) et donc obso­lè­tes… 5)… tan­dis que leur « socio­lo­gie » à eux, hein !

Nos inqui­si­teurs repro­chent au jour­na­lis­te algé­rien d’essen­tia­li­ser « le mon­de d’Allah », qu’il rédui­rait à un espa­ce res­treint (le sien, décrit ain­si avec condes­cen­dan­ce : « Cer­tai­ne­ment mar­qué par son expé­rien­ce durant la guer­re civi­le algé­rien­ne (1992-1999) [C’est moi qui sou­li­gne, et même deux fois, s’agissant du mot expé­rien­ce, si déli­ca­te­ment choi­si] Daoud ne s’embarrasse pas de nuan­ces et fait des isla­mis­tes les pro­mo­teurs de cet­te logi­que de mort. »), selon une « appro­che cultu­ra­lis­te ». En cela, ils rejoi­gnent les posi­tions de l’essayiste amé­ri­ca­no-pales­ti­nien Edward Saïd pour qui l’Orient serait une fabri­ca­tion de l’Occident post-colo­nia­lis­te. Com­me si les cultu­res n’existaient pas, jusqu’à leurs dif­fé­ren­ces ; de même pour les civi­li­sa­tions, y com­pris la musul­ma­ne, bien enten­du.

"Que se cache donc derrière le mysticisme des fascistes, ce mysticisme qui fascinait les masses ?" W. Reich

« Que se cache donc der­riè­re le mys­ti­cis­me des fas­cis­tes, ce mys­ti­cis­me qui fas­ci­nait les mas­ses ? » W. Rei­ch

À ce pro­pos, reve­nons aux com­pè­res Renan et Le Bon, en effet contem­po­rains et nul­le­ment arrié­rés com­me le sous-enten­dent nos néo-aya­tol­lahs. Je gar­de les meilleurs sou­ve­nirs de leur fré­quen­ta­tion dans mes années « sex­po­lien­nes » – sexo-poli­ti­ques et rei­chien­nes –, lors­que l’orthodoxie mar­xis­te se trou­va fort ébran­lée, à par­tir de Mai 68 et bien au-delà. Pour un peu je reli­rais cet­te Vie de Jésus, d’Ernest Renan, dont Rei­ch s’était notam­ment ins­pi­ré pour écri­re Le Meur­tre du Christ ; de même, s’agissant de Psy­cho­lo­gie des fou­les, de Gus­ta­ve Le Bon, dont on retrou­ve de nom­breu­ses tra­ces dans Psy­cho­lo­gie de mas­se du fas­cisme du même Wil­helm Rei­ch. Les agres­sions de Colo­gne peu­vent être ana­ly­sées selon les cri­tè­res rei­chiens du refou­le­ment sexuel et des cui­ras­ses carac­té­riel­le et cor­po­rel­le pro­pi­ces aux enrô­le­ments dans les idéo­lo­gies fas­cis­tes et mys­ti­ques. Ces cri­tè­res – avan­cés à sa maniè­re par Kamel Daoud – ne sont pas uni­ques et ne sau­raient nier les réa­li­tés « objec­ti­ves » des condi­tions de vie – elles se ren­for­cent mutuel­le­ment. Tan­dis que les accu­sa­teurs de Daoud sem­blent igno­rer ces com­po­san­tes psy­cho-sexuel­les et affec­ti­ves.

Trai­té com­me un arrié­ré, Daoud est ain­si accu­sé de psy­cho­lo­gi­ser les vio­len­ces sexuel­les de Colo­gne, et d’« effa­cer les condi­tions socia­les, poli­ti­ques et éco­no­mi­ques qui favo­ri­sent ces actes ». Lamen­ta­ble retour­ne­ment du pro­pos – selon une argu­men­ta­tion qui pour­rait se retour­ner avec per­ti­nen­ce !

Enfin, le jour­na­lis­te algé­rien se trou­ve taxé d’isla­mo­pho­bie… Accu­sa­tion défi­ni­ti­ve qui, en fait, à reli­re ces com­pè­res, se situe à l’origine de leur atta­que. Ce « sport de com­bat » désor­mais à la mode, inter­dit tou­te cri­ti­que de fond et clôt tout débat d’idées.

Le « dou­ble fat­wa­ti­sé » pour­ra cepen­dant trou­ver quel­que récon­fort dans des arti­cles de sou­tien. Ain­si, celui de Michel Guer­rin dans Le Mon­de du 27 février. Le jour­na­lis­te rap­pel­le que Kamel Daoud a déci­dé d’arrêter le jour­na­lis­me pour se consa­crer à la lit­té­ra­tu­re. « Il ne chan­ge pas de posi­tion mais d’instrument. » « Ce retrait, pour­suit-il, est une défai­te. Pas la sien­ne. Cel­le du débat. Il vit en Algé­rie, il est sous le coup d’une fat­wa depuis 2014, et cela don­ne de la chair à ses convic­tions. Du res­te, sa vision de l’islam est pas­sion­nan­te, hors nor­mes, car elle divi­se la gau­che, les fémi­nis­tes, les intel­lec­tuels. Une gran­de par­tie de la socio­lo­gie est contre lui mais des intel­lec­tuels afri­cains saluent son cou­ra­ge, Libé­ra­tion l’a défen­du, L’Obs aus­si, où Jean Daniel retrou­ve en lui “tou­tes les gran­des voix fémi­nis­tes his­to­ri­ques”. […] Ain­si va la confré­rie des socio­lo­gues, qui a le nez rivé sur ses sta­tis­ti­ques sans pren­dre en comp­te “la chair du réel”, écrit Aude Lan­ce­lin sur le site de L’Obs, le 18 février. »

Ain­si, cet­te remar­qua­ble tri­bu­ne de la roman­ciè­re fran­co-tuni­sien­ne Faw­zia Zoua­ri, dans Libé­ra­tion du 28 février, rétor­quant aux accu­sa­teurs :

« Voi­là com­ment on se fait les alliés des isla­mis­tes sous cou­vert de phi­lo­so­pher… Voi­là com­ment on réduit au silen­ce l’une des voix dont le mon­de musul­man a le plus besoin. »

 


Faw­zia Zoua­ri : « Il faut dire qu’il y a un... par fran­cein­ter


Dans « le cochon » DSK, tout est bon

Mar­ce­la Iacub, qui se dit « Juris­te et spé­cia­lis­te de la phi­lo­so­phie des mœurs », offi­cie dans le Libé du same­di. De fin jan­vier à aoüt 2012, elle a pous­sé le sacri­fi­ce en offrant son corps à un DSK post-Sofi­tel, ain­si qu’à à la scien­ce de la cho­se, un cran au-des­sus, gen­re méta-sexo­po­li­ti­que. Il en résul­te un nou­vel épi­so­de au feuille­ton DSK, fort bien embal­lé pour une pro­pul­sion média­ti­co-mar­chan­de qui com­men­ce par un bou­quin « ver­ti­gi­neux » – dixit  l’interviewer, enivré – et, panur­gis­me aidant, devrait enva­hir le Spec­ta­cle : radio, télé, ciné. Sans par­ler des réseaux dits sociaux et même des blogs, jusqu’à celui-ci. On n’y é-chap-pe pas !

Dom­ma­ge pour les fras­ques à l’Élysée…

Bel­le et Bête, ça s’intitule. Devi­nez qui est quoi… Elle tient donc le beau rôle, cel­le d’une (bel­le ?) char­cu­tiè­re de luxe, qui ne jet­te rien des bas mor­ceaux de celui qu’elle nom­me « le cochon ». On sait bien qu’un cochon som­meille en cha­que hom­me. Cet­te cochon­ne-là n’a pas dû avoir à tra­vailler beau­coup la vian­de pour l’attendrir. Une bon­ne bête, cer­tes pas halal – et je ne me ris­que­rai pas à une autre auda­ce du gen­re, j’ai déjà don­né – mais dans laquel­le « tout est bon », enten­dez com­me matiè­re (gras­se) à scan­da­le.

Un tel coup édi­to­rial, tout de même : cha­peau ! Sens aigu du biz­ness, art des coups four­rés – c’est bien le mot –, relais chez les édi­teurs pois­seux, auprès des canards boi­teux, des jour­na­leux tor­dus : tout un mon­de, tout un im-mon­de, qui n’est pas don­né à tout le mon­de. Il faut pour ça être doué, ou bien né. Les deux, c’est l’idéal.

Le Nou­vel Obs a tou­jours mani­fes­té quel­que atti­ran­ce pour la per­ver­sion. Mais, atten­tion, la per­ver­sion pro­pre, si on ose l’oxymore, cel­le qui peut s’habiller en Pra­da, qui s’allonge sur les divans, qui titille Œdi­pe et Tha­na­tos, aime à bor­du­rer l’inceste ou le viol en adu­lant le « divin mar­quis » ou ses épi­go­nes moder­nis­tes. Cet­te per­ver­sion « chic » aux bour­ses bien rem­plies – c’est enco­re le mot, et on pour­rait aus­si s’en fou­tre ! – n’ayant jamais connu le vide des fins de mois. Cet­te per­ver­sion volon­tiers ados­sée au Pou­voir, ce pou­voir qui lui est aus­si néces­sai­re que le furent pour Sade les « bon­bons à la can­tha­ri­de »… Un via­gra dopé, dosa­ge FMI, tes­té chez Ber­lus­co­ni.

Pen­ser à invi­ter Clin­ton…

On pour­rait s’en fou­tre, sauf que ces ban­des-là (déci­dé­ment), ça nous regar­de. « Nous » com­me citoyens d’une Répu­bli­que si ver­tueu­se… « Nous » qui, com­me cer­tains, ont jadis ques­tion­né la sexo-poli­ti­que, du temps où un Gis­card de pré­si­dent ne dédai­gnait pas le cul de la cré­miè­re, tan­dis qu’un sien minis­tre, de l’Intérieur, inter­di­sait la Revue Sex­pol (Ponia­tows­ki) ; du temps où un car­di­nal connais­sait la mort par épec­ta­se dans les bras d’une pros­ti­tuée (Danié­lou) ; bien après qu’un Félix Fau­re eut per­du « sa connais­san­ce » à l’Élysée même ; peu avant qu’un autre pré­si­dent eut mené dou­ble-vie (Mit­ter­rand)… Ou aux temps post-soixan­te-hui­tards où d’autres pères-la-pudeur, au nom de Mao et de la Révo­lu­tion, pra­ti­quaient sans ver­go­gne le bien machis­te repos du guer­rier (July, Geis­mar…, in Sex­pol n°3, « À poil les mili­tants ! »)

 

Char­lie a flai­ré la truf­fe.

 

Et Libé donne dans le panneau.

Oui, ça nous regar­de d’autant que cet im-mon­de là se tar­gue aus­si de gou­ver­ner le mon­de selon de stricts prin­ci­pes, en appe­lant si faci­le­ment aux mots de rigueur, aus­té­ri­té, efforts, jus­ti­ce, mora­le…

Nous voi­là ain­si entrés dans l’ère du cochon, après le Ser­pent  du nou­vel an chi­nois,  le cir­que du bœuf-che­val, l’annonce du futur poi­chon (pois­son nour­ri au cochon). Tris­te ména­ge­rie que ce mon­de et ses drô­les de zèbres. Au secours, Éso­pe et La Fon­tai­ne, ils sont deve­nus fous !


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­pren­dre que les cho­ses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fi­que, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croi­re les cho­ses par­ce qu’on veut qu’elles soient, et non par­ce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lip­pe Casal, 2004 - Cen­tre natio­nal des arts plas­ti­ques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­fes­te.
    (Clau­de Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­ti­que), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la gra­ce de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquet­te cou­leur et boî­tier rigi­de ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Com­me un nua­ge, album pho­tos et tex­te mar­quant le 30e anni­ver­sai­re de la catas­tro­phe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant clo­se (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en ven­te au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adres­se pos­ta­le !)

    tcherno2-2-300x211

    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tira­ge soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, pri­ses en Pro­ven­ce et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­ti­que sur le thè­me d’« après le nua­ge ». Cet­te créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thè­me du nucléai­re », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de tou­tes nos croyan­ces. (Ber­trand Rus­sel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­tai­gne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramas­se un frag­ment et dit que tou­te la véri­té s’y trou­ve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • « C’est pour dire » de Gérard Pon­thieu, est mis à dis­po­si­tion selon les ter­mes de la licen­ce Crea­ti­ve Com­mons : Attri­bu­tion - Pas d’Utilisation Com­mer­cia­le - Pas de Modi­fi­ca­tion (3.0 Fran­ce). Pho­tos, des­sins et docu­ments men­tion­nés sous copy­right © sont pro­té­gés com­me tels.
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    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le mon­de chan­ge »

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