On n'est pas des moutons

Archive for juillet, 2006

Au Liban et ailleurs, plus ça prie plus ça meurt

Je
me couche le samedi avec un cau­che­mar de marée noire sur les plages
liba­naises. Les infos n’en ont que pour le dimanche noir pré­dit
par Bison futé… Dimanche, le réveil est autre­ment dou­lou­reux : ces
dizaines de morts à Cana lors d’un bom­bar­de­ment israélien.T
ris­tesse à pleu­rer,
rage impuis­sante. Écrire, déjà, pour dénon­cer, ça sera mon com­bat du
jour, un dimanche où des croyants auront beau prier… Même à la Mai­son
Blanche, ils prient tous les matins, avant cha­cune de leurs réunions
qui décident du Bien et du Mal dans le monde. Ils prient aussi à
Jéru­sa­lem. Et encore à Bey­routh. Et à Téhé­ran, à Damas, à Bag­dad. Dans
tout le Proche-Orient. Et ailleurs-partout dans le monde entier. Plus
ça prie, plus ça meurt !

Prière mati­nale à la Mai­son Blanche

Dimanche 30 juillet 2006. Hier soir, jus­te­ment, j’ai scruté à la loupe le remar­quable film de William Karel, Le Monde selon Bush.Tandis
qu’un déluge de bombes s’abattait sur Cana, comme la radio me
l’apprenait ce matin. Les théo­cra­ties à l’ouvrage, pêle-mêle. Avec
l’onction état­su­nienne. Et pas que de l’eau bénite. Cette dépêche
d‘hier soir, aussi, m’a révolté :

Nou­velles escales en Ecosse d’avions amé­ri­cains à des­ti­na­tion d’Israël.

« AFP 29.07.06 | 22h10
«
Deux avions-cargo amé­ri­cains à des­ti­na­tion d’Israël devaient faire
escale dans la nuit de samedi à dimanche à l’aéroport écos­sais de
Prestwick-Glasgow après avoir reçu cette fois le feu vert de Londres, a
annoncé l’autorité de l’aviation civile bri­tan­nique (CAA).

«
Les deux 747 gros por­teurs, qui effec­tuent une escale de ravi­taille­ment
en Ecosse entre le Texas et Tel-Aviv, trans­portent « des maté­riels
dan­ge­reux » pour les­quels ils ont reçu les auto­ri­sa­tions, a indi­qué la
CAA sans pré­ci­ser la nature exacte des maté­riels embarqués.

«
Les appa­reils devaient faire escale res­pec­ti­ve­ment tard samedi soir et
tôt dimanche matin à Prestwick-Glasgow, a pré­cisé un porte-parole de la
CAA.

«
« Il s’agit de vols de trans­port de maté­riaux dan­ge­reux, ce qu’ils
trans­portent est consi­déré comme étant d’une nature dan­ge­reuse », a-t-il
déclaré. »

La dépêche apporte aussi cette insou­te­nable pré­ci­sion :
•••  Lire tout l’article

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Le beau mariage de La Provence et du pipole

Le samedi, je ne prends pas La Pro­vence pour cause de vente for­cée d’hebdos à la noix. Le lundi non plus, sur­dose de sport (encore plus que dab !). Les autres jours c’est selon que je passe devant un mar­chand et que la Une me parle un mini­mum. Quant au jour­nal du dimanche, il est fabri­qué le samedi…

Mais ce dimanche-ci, j’ai fait un effort, fran­chis­sant ma col­line en plein cagnard, dépas­sant le Café… des sports et son haleine au pas­tis. Au su du mariage du siècle, enfin presque, de Jean Reno (avec une femme, c’est d’un banal…), aux Baux-de-Provence, je m’attendais à ce qu’à Mar­seille mes confrères se sur­pas­sassent. Ils ne m’ont pas déçu, ça sur­clas­sait même l’imparfait du sub­jonc­tif : cinq col’ à la une et la der plein pot sur l’événement. Un envoyé spé­cial et deux pho­to­graphes, on a les moyens. En auront-ils laissé à ron­ger aux autres canards du pro­prio Lagar­dère, à France-Dimanche, Ici-Paris, Entre­vue, Ohla !, Paris Match, Télé 7 Jours, et cætera ?

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Enfin, voyez vous-même à quoi est réduite la presse dite d’information (payante : 0,90 euro pour ça !). « Le beau mariage de Jean Reno et Zofia ». Entre « Records de pol­lu­tion par l’ozone » et « Liban. Tou­jours plus de vio­lence », ces mariés en blanc vir­gi­nal, c’en est tou­chant de fraîcheur.

Soit, admet­tons, il faut bien ten­ter de vendre ce qui est déjà inven­dable depuis des années. Soit, admet­tons, un zeste de pipole pour le pipole, ce peuple qu’on méprise, au fond… Car, tout de même, cette marée noire au Liban, en plus de l’anecdotique « tou­jours plus de vio­lences », c’est juste en face de Mar­seille, là, de l’autre côté de la grande bleue (fémi­nin du Grand bleu cher au même Jean Reno !) On peut bien se lan­cer, à l’occasion d’un col­loque quel­conque, sur l’ « espace médi­ter­ra­néen » ou je ne sais quelle envo­lée fumeuse… On peut bien y aller de ses édi­tos pom­peux… mais 15.000 tonnes de mazout (l’Erika en a déversé 20.000 tonnes sur le côtes bre­tonnes) dans la mer – depuis le 14 juillet ! –, ça ne vaut pas un pet à la Une ! Y a rien sur les plages du Prado, au moins ?

Atter­rant. Les mots m’en tombent. Pan­toufles et tongs n’y pour­ront rien, l’humour deve­nant déplacé.

On se conso­lera rela­ti­ve­ment avec ma petite revue de presse gla­née sur la toile. Comme quoi la diver­sité existe encore un peu, selon les lieux, les jours. Et, sur­tout, selon qu’il y a des jour­na­listes en non-vacance.

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   Depeche_d20060730  Estrep_d20060730  Gso_d20060730  Indep_d20060730  Marseill_d20060730

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Les Bons­hommes sont bien arri­vés, par Faber ©
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D’où l’expression : Y a rien dans l’ journal !

Le Monde, 27/07/06, page 1 et Le Monde, 27/07/06, page 4                                                               

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(… Vous m” direz :  » Y a rien non plus dans l” blog »…) 

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Le Proche-Orient pour les nuls

par Sin­di­bad

Sous la signa­ture de Sin­di­bad et sous le titre repris ici, la Coor­di­na­tion des Appels pour une Paix Juste au Proche-Orient (CAPJPO) publie sur son site – « en forme de satire » –, un texte déca­pant. Il pose en par­ti­cu­lier la ques­tion du trai­te­ment par la plu­part des médias domi­nants de l’actualité du Proche-Orient. Bien des jour­na­listes pour­raient se sen­tir visés.

Depuis près de six ans, le gou­ver­ne­ment israé­lien tue par semaine entre 10 et 20 Pales­ti­niens, enlève les hommes et les femmes par dizaines, détruit les habi­ta­tions, les champs et les infra­struc­tures, enferme et empêche les habi­tants de Gaza et de Cis­jor­da­nie de cir­cu­ler libre­ment chez eux. Alors, quand un groupe de résis­tants, « ter­ro­ristes » pour les israé­liens, « acti­vistes » pour les autres, cap­ture un sol­dat chargé de sur­veiller la grande pri­son à ciel ouvert qu’est Gaza, l’Occident, l’Europe, la France et sa presse indé­pen­dante trouvent que c’en est trop pour Israël. Cet État « seule démo­cra­tie au Proche-Orient » est éga­le­ment le seul État à avoir le droit de tuer des civils, d’enlever des ministres et des dépu­tés élus démo­cra­ti­que­ment, dans un pays en lam­beaux, seule démo­cra­tie sous occu­pa­tion dans le monde.

Il y a quelque chose d’irréel dans ce monde libre voulu par Bush et Blair. On se frotte les yeux et on tend les oreilles pour réa­li­ser que c’est bien la réa­lité. Celle des bombes puis­santes qui pul­vé­rise les réfu­giés liba­nais sur la route de l’exode. Celle d’une télé­vi­sion qui choi­sit de ne pas mon­trer ce qu’on ne doit pas voir. On se dit alors, que nous n’avons rien com­pris. Le malaise qu’on éprouve devant notre poste de télé­vi­sion vient de notre inca­pa­cité à com­prendre les nou­velles règles du jeu. Ces règles sont cer­tai­ne­ment écrites quelque part dans les cer­veaux des édi­to­ria­listes de Libé­ra­tion, du Monde ou de France Inter.

Il n’y a qu’à écou­ter et regar­der ces jour­na­listes, envoyés très spé­ciaux, ten­tant de nous vendre la ver­sion d’un conflit dont les forces en pré­sence seraient symé­triques, entre l’une des armées les mieux équi­pées du monde, qui en plus est sou­te­nue par la pre­mière puis­sance mon­diale, et d’un pays dépourvu d’armée digne de ce nom.

Depuis le début de l’Intifada, les Israé­liens morts suite à des tirs de roquettes pales­ti­niennes se comptent sur les doigts de la main. Autant dire qu’un Israé­lien a plus de risques de mou­rir de la foudre que vic­time d’une roquette du Hamas. Pour­tant on a fini par croire que les roquettes Aze­dine Alquas­sam met­taient en péril l’existence d’Israël, état dit tan­tôt « hébreu », tan­tôt « démo­cra­tique, sur­tout quand ça l’arrange.

On croyait, nous les naïfs, qu’un homme en valait un autre. On avait tort, preuve qu’on n’avait rien com­pris aux règles du jeu. Ce sont ces règles qui font que la vie d’un sol­dat israé­lien n’a pas de prix. Un sol­dat Israé­lien cap­turé, jus­ti­fie que 300 Arabes soient assas­si­nés et qu’un pays tout entier soit dévasté, sans qu’on y trouve rien à redire.

Voici, en exclu­si­vité, ces règles que tout le monde doit avoir à l’esprit lorsqu’il regarde le JT le soir, ou quand il lit son jour­nal le matin. Tout devien­dra simple.

Règle numéro 1 : Au Proche-Orient, ce sont tou­jours les Arabes qui attaquent les pre­miers et c’est tou­jours Israël qui se défend. Cela s’appelle des repré­sailles.

Règle numéro 2 : Les Arabes, Pales­ti­niens ou Liba­nais n’ont pas le droit de tuer des civils de l’autre camp. Cela s’appelle du ter­ro­risme.

Règle numéro 3 : Israël a le droit de tuer les civils arabes. Cela s’appelle de la légi­time défense.

Règle numéro 4 : Quand Israël tue trop de civils, les puis­sances occi­den­tales l’appellent à la rete­nue. Cela s’appelle la réac­tion de la com­mu­nauté internationale.

Règle numéro 5 : Les Pales­ti­niens et les Liba­nais n’ont pas le droit de cap­tu­rer des mili­taires israé­liens, même si leur nombre est très limité et ne dépasse pas trois soldats.

Règle numéro 6 : Les Israé­liens ont le droit d’enlever autant de Pales­ti­niens qu’ils le sou­haitent (envi­ron 10.000 pri­son­niers à ce jour dont près de 300 enfants). Il n’y a aucune limite et ils n’ont besoin d’apporter aucune preuve de la culpa­bi­lité des per­sonnes enle­vées. Il suf­fit juste de dire le mot magique « terroriste ».

Règle numéro 7 : Quand vous dites « Hez­bol­lah », il faut tou­jours rajou­ter l’expression « sou­tenu par la Syrie et l’Iran ».

Règle numéro 8 : Quand vous dites « Israël », Il ne faut sur­tout pas rajou­ter après : « sou­tenu par les Etats-Unis, la France et l’Europe », car on pour­rait croire qu’il s’agit d’un conflit dés­équi­li­bré.

Règle numéro 9 : Ne jamais par­ler de « Ter­ri­toires occu­pés « , ni de réso­lu­tions de l’ONU, ni de vio­la­tions du droit inter­na­tio­nal, ni des conven­tions de Genève. Cela risque de per­tur­ber le télé­spec­ta­teur et l’auditeur de France Info.

Règle numéro 10 : Les Israé­liens parlent mieux le fran­çais que les Arabes. C’est ce qui explique qu’on leur donne, ainsi qu’à leurs par­ti­sans, aussi sou­vent que pos­sible la parole. Ainsi, ils peuvent nous expli­quer les règles pré­cé­dentes (de 1 à 9). Cela s’appelle de la neu­tra­lité journalistique.

Règle numéro 11 : Si vous n’êtes pas d’accord avec ses règles ou si vous trou­vez qu’elles favo­risent une par­tie dans le conflit contre une autre, c’est que vous êtes un dan­ge­reux antisémite.

••• CAPJPO-Euro-Palestine, 16 bis rue d’Odessa 75014 Paris.
http://www.europalestine.com • infos@europalestine.com


À la télé couleur, un Noir vaudrait un Blanc ?

Le direc­teur de l’information de TF1 est inter­rogé par Le Monde [17/07/06] à pro­pos du nou­veau pré­sen­ta­teur du 20 heures. Bizarre refor­mu­la­tion d’une question…

Ques­tion : Est-il des­tiné à suc­cé­der un jour à Patrick Poivre d’Arvor ?

Réponse de Robert Namias : Si la ques­tion est : peut-on ima­gi­ner un pré­sen­ta­teur noir régu­liè­re­ment au 20 heures de TF1 ? La réponse est oui ! [ouf !] Cela étant, nous n’avons nul­le­ment l’intention de rem­pla­cer nos pré­sen­ta­teurs actuels. [Re-ouf !]

Un Noir serait donc un homme comme un autre…

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Liban. Images de guerre, images de propagande

Les trois pho­tos ci-contre – com­ment les qua­li­fier ? Inqua­li­fiables ? – cir­culent sur inter­net sous l’intitulé « Good mor­ning Bey­routh ». Il s’agit d’images de guerre. Et aussi d’images de pro­pa­gande. Leur seul rap­pro­che­ment fait sens, comme on dit. Pas n’importe quel sens, sur­tout si, par sa charge émo­tion­nelle, il trouble le sens critique.

Les deux pre­mières pro­viennent de l’agence Asso­cia­ted Press, accompa– gnées de la légende : « Israeli girls write mes­sages on a shell at a heavy artillery posi­tion near Kiryat Shmona, in nor­thern Israel, next to the Leba­nese bor­der, Mon­day, July 17, 2006. (AP Photo/Sebastian Scheiner)

Ces deux pho­tos sont titrées, en anglais « Des enfants israé­liens envoient des cadeaux à des enfants liba­nais ». Titre lui-même suivi de celui-ci, qui accom­pagne la troi­sième photo : « Les enfants liba­nais les reçoivent »

La source de cette troi­sième photo n’est pas bien énon­cée. De la même agence AP ?  Et alors, dira-t-on , pour­quoi pinailler? Car – hélas ! –, elle ne semble pas tru­quée et il s’agit bien d’un enfant mort. Seule­ment on ne peut savoir dans quelles cir­cons­tances exactes : pas de lieu annoncé, ni de date.

Même s’il est pro­bable que cet enfant ait été vic­time d’un acte de guerre, au sens strict de l’exactitude des faits, l’image seule ne dit rien des cir­cons­tances. C’est le dis­cours – de pro­pa­gande – qui éta­blit un lien impli­cite, comme évident, entre les obus sur les­quelles écrivent des fillettes israé­liennes et la petite victime.

Qu’importe !, dira-t-on encore, puisque toute guerre, donc celle-ci, est hor­rible. Jus­te­ment, elle l’est assez sans besoin d’en rajou­ter à l’horreur. La guerre résulte d’une défaite de la rai­son. Une défaite de l’humanité pen­sante, aveu­glée par les débor­de­ments émotionnels.


Liban_o_1_© andré faber


Avignon off. Balade-ballade en théâtre musical

On dira, bête­ment (comme mézigue), c’est pas du théâtre. Puisque ça s’appelle « La Rive gauche en chan­tant ». Titre un peu tarte, certes. Mais exac­te­ment juste : une balade-ballade à déam­bu­ler dans une qua­ran­taine de caba­rets pari­siens, les plus fameux des années 50–70. Donc, rem­bal­ler d’urgence ses a priori et fon­cer voir-entendre ces deux comédiens-chanteurs de beau talent.

Impos­sible de ne pas cra­quer, même hors nos­tal­gie, même si on a vingt balais. Pour le peu, du moins, qu’on ait l’âme bien née, prompte à s’émouvoir de cette mira­cu­leuse conjonc­tion mêlant poé­sie, rire, satire, géné­ro­sité. Eux, c’est Yves Pignot (ex de la Comé­die fran­çaise) et Emma­nuel Depoix (de plus excellent pia­niste). Et eux-les autres, per­met­tez : Fanon, Dimey, Seri­zier, Arnulf, Gou­gaud, Laf­forgue, Ricet-Barrier, Ferré…

Une virée comme une résur­rec­tion, ponc­tuée de quelques canons (de rouge-saint-esprit). Alors on s’envole avec eux deux, hors du temps, ou alors en plein dedans, comme dans ce chef d’œuvre de Jacques Debron­ckart, « J’suis heu­reux », ter­rible pam­phlet de trois minutes.

D’ailleurs une chan­son, quand elle atteint au genre majeur, c’est toute l’humanité qu’elle contient. Pas besoin de tra­lala, une scène, trois projo. Un salon d’une mai­son avi­gnon­naise, un caba­ret, quoi. Mais tout de même un mystère.

••• Jusqu’au 29 juillet à 16 heures, à La Paren­thèse (Lieu dédié au théâtre musi­cal : on y entre par un garage qui ouvre sur un des « jar­dins secrets d’Avignon). 18, rue des Études (06 13 22 61 93).

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Zidane_ok© andré faber

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Zéro but à encaisser

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Manu à la gratte, José aux « pal­mas ». Éton­nants Gitans. La Coupe, ils la chantent, quoi qu’il advienne. Posés sur un banc, à trois cents mètres des écrans criards, ils ont ras­sem­blé tout leur public : trois minettes dégour­dies, deux ados peu assu­rés. Le foot, ouais, sans plus. Un des gars s’est tout de même enroulé dans le dra­peau tricolore.

Ça joue depuis une demi-heure, là-bas et ici, en deux mondes dis­tincts. En visant Peyrolles-en-Provence, 3942 habi­tants enchâs­sés dans les vieilles pierres de la Durance, je pen­sais à sa place, à ses trois bis­trots, le Midi, le Com­merce et les Sports. Pour la Fête de la musique, deux sonos s’étaient dis­puté le tin­touin. J’en espé­rais l’ambiance. Que dalle. Vers sept heures déjà, les Sports rem­pi­laient ses chaises, le Midi ser­vait ses der­nières mousses.

Repli der­rière le châ­teau : grande pelouse en cas de. Ils ne dépas­se­ront guère la cin­quan­taine. Can­nettes et mer­guez en pro­por­tion. Le pre­mier but déclenche l’explosion, rabrouée bien­tôt par l’égalisation. Le cou­chant jette son or sur les flancs du village.

Mi-temps. Retour vers le ber­cail, halte gitane incon­grue. Ils jouent aussi, autre­ment. Des joueurs dans l’âme. Sans enjeu. Aucun. Pour le plai­sir et pour cinq jeunes, comme devant le monde entier. Zéro but à encais­ser. Ni gagnants ni per­dants. Un monde en-chantant.

2peyrolles9_07_06••• D’autres pho­tos de Peyrolles-en-Provence, si ça vous dit… Et même un petit bout de film.

 

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Le syndrome Domenech de Villepin, allégorie Mondialo-politique

Pour­quoi les poli­ti­ciens dans la débine misent-ils tant sur le Mon­dial ? A cause des médias, pardi. Et de leur ver­sa­ti­lité, ainsi que de celle de l’opinion. De l’enfantillage tout ça. D’ailleurs c’est bien une his­toire de bal­lon dans une cour de récré. Donc si cer­tains poli­ti­ciens rêvent – on peut tou­jours rêver, hein ! – de se refaire une santé sur les stades d’Allemagne, c’est à cause du, ou grâce au « syn­drome Aimé Jac­quet » ver­sion Domenech.

Ces entraî­neurs ont par­tagé le même « des­tin » – enfin, jusqu’à ces jours-ci. D’abord hon­nis, voués aux gémo­nies, pro­mis aux pires suppppp­plices, cloués au pilori du trou­peau jour­na­lis­tique – à com­men­cer par L’Équipe si prompt à l’anathème fouet­tard. Puis subi­te­ment encen­sés, magni­fiés, déi­fiés, sta­tu­fiés, et tout et tout !

D’où – ça se com­prend, hein ? – le rêve d’un Chi­rac, d’un Vil­le­pin – Dome­nech de Vil­le­pin –,dont l’amour du bal­lon rond se fait aussi gros-sier que l’orgueil qui les gonfle (et moi avec en pas­sant). Enfin voilà : c’était ma contri­bu­tion à l’épistémologie footballistico-médiatico-politique. Et vlan ! Avec images pieuses du jour.

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La protection des sources des journalistes malmenée par des magistrats

Le siège du quo­ti­dien Midi Libre, à Saint-Jean-de-Vedas, près de Mont­pel­lier, a été per­qui­si­tionné pen­dant plus de cinq heures, ce mer­credi 5 juillet. La veille, c’était au tour de Nice Matin. Le 24 juin, des­cente de police dans les locaux de France 3 à Orléans, pour récu­pé­rer les cas­settes d’un repor­tage sur un fau­chage anti-OGM et  inter­ro­ga­toire de deux jour­na­listes. Le 17 juin déjà, deux jour­na­listes de La Répu­blique du Centre (Orléans) et une de France 3 avaient été enten­dus par la gen­dar­me­rie de Mon­tar­gis et priés de livrer leurs sources et leurs images concer­nant le même sujet.

Or donc, que signi­fient ces saillies judi­ciaires contre des jour­naux et journalistes ?

Ainsi dans le Loi­ret, les fau­cheurs anti-OGM ne sont plus les seuls à ris­quer des pour­suites. Les jour­na­listes qui relatent leurs actions peuvent donc aussi être inquié­tés. C’est une atteinte au droit à l’information du public et à la pro­tec­tion des sources des journalistes.

La police est inter­ve­nue trois jours avant l’arrêt de la cour d’appel d’Orléans condam­nant quarante-neuf fau­cheurs volon­taires d’OGM qui avaient été relaxés en pre­mière ins­tance par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel en décembre 2005. Le par­quet avait aus­si­tôt réagi et les fau­cheurs s’étaient retrou­vés ren­voyés en appel les 15 et 16 mai. Ce qui avait amené Xavier Naize, jour­na­liste à France 3 Centre à un com­men­taire : « La cour d’appel est com­po­sée d’un pré­sident et de deux magis­trats… Mais il paraît que dans les minis­tères à Paris on s’intéresse de très près à l’arrêt qu’ils vont prendre et ils ne seront peut-être pas si seuls, fina­le­ment… » Pro­pos de lèse magis­trats rele­vés en ces termes par Ger­vaise Taf­fa­leau, pro­cu­reure géné­rale de la cour d’Appel d’Orléans : « Vous com­pre­nez que cela ne fasse pas plai­sir et que cela ait cho­qué les magis­trats ici ». Car cha­cun sait que les gens de jus­tice ne subissent jamais de pres­sion et ne reçoivent pas davan­tage d’instructions de leurs tutelles politiques.

À Mont­pel­lier, le juge d’instruction Sté­phane Tama­let, six offi­ciers de la divi­sion cri­mi­nelle du SRPJ et un expert infor­ma­tique, ont fouillé plu­sieurs bureaux de jour­na­listes et celui du direc­teur de la rédac­tion, Roger Antech. Ils ont saisi docu­ments et blocs-notes, posé des scel­lés sur diverses pièces et copié les disques durs de cinq ordi­na­teurs. Audi­tion­nés un peu plus tard dans la jour­née au com­mis­sa­riat de Mont­pel­lier, quatre jour­na­listes ont recou­vré la liberté en fin d’après-midi, sans exclure une mise en exa­men. Là encore, c’est la pro­tec­tion des sources d’information qui est en jeu.

L’affaire est très poli­tique, par­tant d’une plainte pour « vio­la­tion et recel du secret pro­fes­sion­nel » dépo­sée par le séna­teur UMP Jacques Blanc, ancien pré­sident du conseil régio­nal du Languedoc-Roussillon de 1986 à 2004. Midi Libre, en octobre 2005,  avait publié des extraits d’un « rap­port d’observations pro­vi­soires » de la chambre régio­nale des comptes du Languedoc-Roussillon révé­lant de mul­tiples magouilles pra­ti­quées par ledit Blanc au titre de « dépenses de com­mu­ni­ca­tion » de la Région.

L’autre per­qui­si­tion concerne une infor­ma­tion judi­ciaire ouverte à Dra­gui­gnan pour «atteinte à la vie pri­vée», après la publi­ca­tion en 2003 d’une photo de deux mineurs vic­times dans un fait divers. Un pho­to­graphe de Var Matin (filiale du groupe Nice Matin), mis en garde à vue lundi, a été remis en liberté mardi soir. Le PDG du groupe, Michel Com­boul, a dénoncé la « per­qui­si­tion mus­clée (…) à la limite de la cour­toi­sie », menée par la juge d’instruction de Dra­gui­gnan Domi­nique Gui­raud, accom­pa­gnée de deux gen­darmes et d’un expert en informatique.

L’affaire semble d’une autre nature, disons plus ordi­naire et ne met­tant pas for­cé­ment en cause les néces­si­tés de l’information, mais peut-être plu­tôt un man­que­ment à la légis­la­tion sur la pro­tec­tion des mineurs en matière de presse. D’ailleurs, la pro­tes­ta­tion de ce patron de presse régio­nale porte sur la forme. Tant d’impolitesse, sinon d’ingratitude… Comme s’il y avait rup­ture dans le pacte tacite de conni­vence entre pou­voirs locaux – cette cala­mité du devoir d’informer.

L’éventail de l’actuelle rela­tion justice-médias à tra­vers ces affaires semble donc très ouvert. Il appelle d’autant à la vigi­lance que les enjeux poli­tiques – liés aux échéances élec­to­rales proches – ravi­gotent les vieux (et jeunes) démons.

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Importants changements à la direction du Monde

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Au Monde, la nou­velle for­mule a aussi entraîné le reloo­kage du per­son­nel mas­cu­lin. Colom­bani vient ainsi de recru­ter son nou­veau staff. Culottes courtes et idées de même, telle est désor­mais la tenue de rigueur chez les bito­niaux de choc. L’article [04/07/06] qui, lui aussi, habille les images ne dit pas s’il s’agit de tech­no­cadres ou de jour­na­listes, ou bien des deux. Bof, du moment qu’ils passent inaper­çus. En par­ti­cu­lier les jour­na­listes de « ter­rain », sur­tout dans les manifs et  les ban­lieues. L’essentiel étant qu’ils rap­portent de la bonne info, ce que sug­gèrent puis­sam­ment le duduche mis en avant. Le gilet négli­gem­ment débou­tonné dénote l’audace dans le rap­port à l’actu, et le cabas type « ména­gère de plus de 50 ans » pro­met de fortes pro­vi­sions de niouzes. Ce jeune frin­gant aux longues échasses semble nour­rir de grandes ambi­tions. Il y a comme du Galou­zeau sous la tignasse four­nie et pas encore argen­tée. Il y a aussi quatre ingambes aux regards sombres qui lui filent le train. Bref, tout est en place et le Monde peut conti­nuer de tourner.

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  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • iceberg

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)
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  • ouah__la_poilade_-_
    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances
    (Ber­trand Russel)
  • Un récent et com­pli­qué chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Les reverra-t-on un jour ? Hmmm…

    1emmen
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