On n'est pas des moutons

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EPR-Flamanville. Un couvercle de poids scelle la non-Autorité de non-Sûreté nucléaire

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[/wpmem_logged_in]« ASN » veut dire « Autorité de Sureté Nucléaire », enfin voulait dire. En val­i­dant une cuve de réac­teur – pièce maitresse d’une instal­la­tion nucléaire – non con­forme aux exi­gences de sûreté, cette insti­tu­tion dénie tout sens à son « autorité » et, du même coup, à la notion de « sûreté nucléaire » qui lui est con­sti­tu­tive. Ain­si, la cuve de la cen­trale nucléaire « EPR » de Fla­manville n’est pas con­forme aux exi­gences de l’« art » nucléaire ; mais elle est tout de même validée ! Du moins pour sept ans… Pourquoi sept ? Chiffre mag­ique peut-être ? – sept jours, sept planètes, sept pétales de la rose… Au-delà de 2024, bah, on ver­ra bien !

La déci­sion n’est toute­fois pas encore défini­tive ; il s’agit d’un pre­mier avis – son avis final sera ren­du d’ici fin octo­bre après « con­sul­ta­tion publique ». Quelle con­sul­ta­tion ? Mys­tère. À moins qu’il s’agisse d’une éventuelle prise de posi­tion de Nico­las Hulot, le nou­veau min­istre de la chose « tran­si­toire » ; car le nucléaire se trou­ve bien à un croise­ment de route, dou­blé qu’il est désor­mais par les éner­gies renou­ve­lables dont les coûts sont devenus moin­dres que ceux de l’électricité nucléaire ; dou­blé aus­si par l’abandon pro­gres­sif de cette énergie si dan­gereuse, ain­si la Suisse qui vient de tranch­er la ques­tion par référen­dum.

Donc, le “gen­darme de l’atome” a renon­cé à sa mis­sion, dou­blé égale­ment par EDF et Are­va. En effet, les défauts de fab­ri­ca­tion de cette fameuse cuve avaient été pointés et sig­nalés dès 2005 chez Creusot-Loire 1. Mais l’enjeu étaient tel pour EDF et Are­va, dans la panade finan­cière, que la com­mande a été main­tenue et, surtout, la cuve instal­lée, plaçant l’ASN devant le fait accom­pli. Ce qui explique tout l’ambiguïté de sa posi­tion. Invalid­er cette cuve – déjà instal­lée, der­rière le dôme de béton – retarderait la mise en route de l’EPR de plusieurs années, en l’alourdissant de plusieurs mil­liards dus aux travaux de démo­li­tion et de recon­struc­tion par­tielles ain­si qu’à la perte d’exploitation. 2 L’enjeu est donc tel que la sûreté a été sac­ri­fiée au nom des intérêts économiques. Ain­si en est-il des indus­tries du tout-libéral, et du nucléaire tout par­ti­c­ulière­ment, y com­pris là où il a grave­ment « péché » : en Ukraine, en Russie, au Japon et aux Etats-Unis – sans par­ler des nom­breux inci­dents et acci­dents, en France, minorés par leurs respon­s­ables.

À Fla­manville, l’ASN a donc dû pactis­er avec « son » dia­ble : va pour cette fois, mais EDF devra sur­veiller la « bête » malade et l’opérer fin 2024, en changeant le cou­ver­cle litigieux – d’ailleurs déjà com­mandé au Japon : un aveu !

Jouer avec l’atome, quoi qu’en pré­tende les nucléocrates et autres ado­ra­teurs des dogmes tech­nologiques, est autrement plus incon­séquent que tout man­que­ment indus­triel hors nucléaire. Les acci­dents, on ne le sait que trop, sont sans appel, exposant des pop­u­la­tions entières à la mal­adie, con­damnant à jamais des régions entières. Mais les Doc­teur Folam­our demeurent inébran­lables, sauf en cas d’accident, et pour un temps seule­ment, ce temps du rejet puis de la méfi­ance qui passe si vite en vidant les mémoires col­lec­tives – le sys­tème médi­a­tique s’y emploie.

La France est cham­pi­onne du monde dans la caté­gorie de ces néo-néga­tion­nistes – l’histoire poli­tique, mil­i­taire, indus­trielle, finan­cière et tech­nocra­tique se trou­ve totale­ment figée et imbriquée dans cette sorte de reli­giosité. Il fau­dra brûler beau­coup beau­coup de cierges pour la cinquan­taine de réac­teurs hexag­o­naux tien­nent bon, à com­mencer par le cou­ver­cle de Fla­manville.

 

Contre les apprentis-sorciers

L’AFFRANCHI JARDINIER

Cest dans les années 70 que Yves Gillen et Annick Bertrand posent leur roulotte sur un ter­rain en lisière de marais. Leur rêve : vivre en autar­cie et dépen­dre le moins pos­si­ble de la société de con­som­ma­tion. Plus de 40 ans plus tard, l’affranchi jar­dinier fait tou­jours avec les moyens du bord pour sub­venir à ses besoins fon­da­men­taux avec le souci de préserv­er l’environnement et d’embellir son cadre de vie. Jardin potager, pan­neaux pho­to­voltaïques, mini-éoli­enne, cuiseur solaire, récupéra­tion d’eau de pluie, éoli­enne de pom­page, “douche du futur”, machine à laver recy­clée et cus­tomisée… À plus de 70 ans, Yves ne manque pas d’énergie et d’imagination pour con­tin­uer à vivre comme il l’entend ! Un révo­lu­tion­naire rare, dans les actes.

Notes:

  1. Entre­prise tombée dans l’escarcelle de Bol­loré, adepte du tout prof­it – égale­ment pro­prié­taire de Canal +, qui rechigne à pay­er les auteurs…
  2. En cause égale­ment, l’EPR en con­struc­tion inter­minable en Fin­lande, deux autres en Chine, et enfin les deux prévus à Hink­ley Point, en Angleterre.

Le magma nucléaire de Fukushima, foyer de la confusion du monde

Sarkozy, m’apprend la radio, serait désor­mais équipé d’un super-para­pluie seyant mieux, si on peut dire, à sa super fonc­tion. Un para­pluie blindé (en kevlar et tout) comme un gilet pare-balles et qui, non seule­ment pour­rait pro­téger de la pluie, mais le met­trait aus­si à l’abri du mécon­tente­ment à son égard des 80% de citoyens sondés… En ces mau­vais temps de météo plus qu’incertaine, le prési­dent fait donc un cro­chet par le Japon, his­toire de tester le fameux pébroc sur ses capac­ités para-pluies radioac­tives.

 

Ce n’est en tout cas pas à Fukushi­ma que se sera ren­du l’homme au(x) pépin(s). Mata­more, certes, sui­cidaire, non ! Il en est de même pour le trio fran­co-nucléaire « invité » là-bas, mais pas trop près non plus, pour livr­er leur botte secrète aux dirigeants de la cen­trale et de Tep­co. Ain­si Madame Are­va et messieurs CEA et EDF vont-ils s’efforcer d’apporter aux Nip­pons leurs vac­il­lantes lumières. Et ten­ter surtout de redor­er leurs bla­sons respec­tifs et unifié face à l’adversité qui ter­nit sacré­ment leur avenir irradieux.

 

© Tep­co (et mer­ci pour la qual­ité de l’image !)

Madame Are­va surtout, car, blind­ée de sa haute suff­i­sance, elle voit s’écrouler la mon­tagne de men­songes accu­mulés de haute lutte durant ces 25 années de com’ éhon­tée qui ont suivi la cat­a­stro­phe de Tch­er­nobyl. Vrai­ment dom­mage, ain­si que l’a déploré la prési­dente du Medef, Lau­rence Parisot : « Tout ceci tombe très mal, ça se passe à un moment où l’économie mon­di­ale com­mençait tout juste à repar­tir. » [Le Monde, 19/3/11]. D’autant plus, en effet, que l’affolement du cli­mat venait appuy­er l’idée de cette radieuse énergie « pro­pre », sinon « verte » – voir le vidéo-clip d’Areva et son détourne­ment ci-con­tre =>

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Quand France 2 et Pujadas passent les plats (tièdes) du nucléaire (brûlant)

Avec Mme Are­va, France 2, 15/3/11

Tout finit par s’expliquer (quand on n’a pas com­pris tout de suite), et on pige ain­si pourquoi Sarkozy affec­tionne David Pujadas pour ses entre­tiens solen­nels… Ques­tions pro­prettes, yeux écar­quil­lés, sourire de ravi. Tout ça on l’avait remar­qué, et pas qu’avec le prési­dent. Con­fir­ma­tion en l’occurrence avec le traite­ment du volet nucléaire des cat­a­stro­phes au Japon. C’est Samuel Gonthi­er qui fait état, dans Téléra­ma [25/3/11] des relevés de comp­teur sus­pects s’agissant du nucléaire et des invités de France 2 au jour­nal de 20 heures. Par­fait « relais des com­mu­niqués offi­ciels », la chaîne publique n’aurait invité « que des représen­tants des autorités com­pé­tentes », soit, dans l’ordre :

 

L’horizon se dégage…

« Nathalie Kosciusko-Morizet (min­istre de la Pro­tec­tion de l’environnement nucléaire), Claude Allè­gre (ancien min­istre de la Recherche nucléaire), Anne Lau­ver­geon (pdg d’Areva, numéro un mon­di­al du nucléaire), André-Claude Lacoste (prési­dent de l’Autorité de sûreté nucléaire), Jean-Marc Jan­covi­ci (représen­tant de l’immense masse des écol­o­gistes pro-nucléaires), Thier­ry Charles (de l’Institut de radio­pro­tec­tion et de sûreté nucléaire), François Fil­lon (Pre­mier min­istre). Dans un louable souci de con­tenir « l’émotion» des pop­u­la­tions, pas un de ces irre­spon­s­ables écol­o­gistes cat­a­strophistes ne fut con­vié en stu­dio. En revanche, dès le lun­di 14 mars, David Pujadas prend de la hau­teur avec un grand débat: « Est-ce vrai­ment le moment de rou­vrir un débat sur le nucléaire main­tenant ? » Pour respecter la dig­nité des Japon­ais, ne faudrait-il pas l’organiser au mois d’août 2012, pen­dant la finale du 100 mètres des jeux Olympiques ? »

 

 

Man­ga japon­ais. “Dormez, dormez, petits pigeons…”


Comment le nucléaire marque le clivage entre productivisme et humanisme

Quand il se fait prédi­ca­teur de l’Apocalypse, ce n’est pas ce que j’aime le plus chez Paul Vir­ilio, ce penseur de la tech­nolo­gie alliée à la vitesse. C’est sans doute à cause du ton, par trop péremp­toire. Pour­tant, lorsqu’il prédit que tout ce qui peut arriv­er finit par arriv­er il est impa­ra­ble et nous plonge le nez dans l’actualité la plus « radieuse ». Ain­si, je résume en sub­stance, en inven­tant le chemin de fer, l’homme a inven­té le déraille­ment. De même pour l’auto et les pla­tanes, l’avion et les crash­es, les cen­trales nucléaires et Fukushi­ma ou Tch­er­nobyl.

 

Mer­ci donc, Paul V. d’avoir fait de ces évi­dences l’un des piv­ots de nos moder­nités infer­nales.

 

S’agissant du nucléaire, nous nous voyons pro­jetés dans un autre reg­istre que celui de l’accident, même le moins banal. Ain­si devons-nous nous atten­dre, hélas, aux 600 ou même 800 cadavres qu’il fau­dra dénom­br­er du crash « annon­cé » d’un A-380 – l’appareil prob­a­ble­ment van­té dans les prospec­tus comme « le plus sûr du monde ». On sait : il en fut de même du Con­corde, …jusqu’à son dernier vol. On repar­lera une autre fois de l’épopée fatale du Titan­ic.

 

Mais le nucléaire… Ici, nous changeons totale­ment de reg­istre puisque, même en ayant déjà décrété les actuelles instal­la­tions comme les « plus sûres du monde », cette pré­ten­tion-slo­gan se fra­casse con­tre la ter­ri­ble « loi » de Paul V. Et aujourd’hui, la ter­ri­fi­ante et désolante actu­al­ité oblige les tech­nocrates – au sens strict : « qui gou­verne par la tech­nique » – à ajouter une couche sup­plé­men­taire à ladite sûreté prise en défail­lance. Madame Are­va s’est ain­si dépêchée, au troisième jour de l’Apocalypse japon­aise, de pro­mou­voir le super-mod­èle déjà en mag­a­sin sous l’appellation mag­ique de « EPR ». Si les Japon­ais, eut-elle l’outrecuidance d’énoncer en sub­stance, avaient été équipés de cen­trales EPR, ils n’en seraient pas là !

 

Madame Are­va, dans la caté­gorie générique des tech­nocrates, fait par­tie de la sous-espèce dite des « nucléocrates » – ceux qui gou­ver­nent par le nucléaire. Il s’agit de têtes d’œuf, donc « bien faites et bien pleines » des dogmes de l’infaillibilité de la chose atom­ique. Telle­ment bour­rées de ladite chose qu’il n’y a plus, dans ces cerveaux ain­si sat­urés, la moin­dre place pour quelques réflex­ions et con­nais­sances qui lim­it­eraient leurs orgueilleuses pré­ten­tions et les ouvri­raient, sinon vers une franche human­ité, du moins vers un sens authen­tique du bien com­mun.

Madame Are­va : “Nous, les enseigne­ments on les a déjà tirés dans tous nos “designs” (sic)

 

Pas­sagère­ment sec­oués par la cat­a­stro­phe de Tch­er­nobyl, ils ne man­quèrent pas de se rem­plumer lors de ce dernier quart de siè­cle, qui vit aus­si l’émergence d’une relève de généra­tion toute neuve, pim­pante, sûre d’elle et con­quérante…

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Fukushima. Mais nos séismes ne sont pas les mêmes…

© faber

Encore un jour noir, ajouté aux précé­dents, si chargés de mal­heur. Le Japon et son peu­ple frap­pés dou­ble­ment : par les élé­ments, impa­ra­bles, ter­ri­fi­ants ; et par l’œuvre humaine, à recon­sid­ér­er pour le moins, sinon à revoir. Je suis boulever­sé, et aus­si en révolte – un sujet de plus con­tre lequel batailler pour faire advenir un monde meilleur, pas par­fait, non. La révolte ne vaut que si elle est portée par un espoir, une sorte de croy­ance en ce mieux pos­si­ble. Je me garde d’écrire espérance, ce n’est pas de mon reg­istre. Il y a assez à faire ici et main­tenant. Com­ment donc man­i­fester une sol­i­dar­ité active avec les Japon­ais ? Ques­tion que beau­coup se sont posée, tel mon ami et voisin, Denis G. (il ne voudrait pas être comme statu­fié, même sur ce blog…), qui a pris l’initiative, ici chez nous dans les Bouch­es-du-Rhône, de lancer same­di l’idée d’une manif’ le lende­main, dimanche, devant le site nucléaire de Cadarache. Ain­si fûmes-nous une bonne cen­taine, comme une sorte de « force tran­quille » face à des grilles fer­mées, ren­fer­mant de cette force aveu­gle qui, là-bas à Fukushi­ma, a échap­pé à la toute puis­sance du démi­urge à tête de nucléocrate. La sol­i­dar­ité oui, c’était bien le moins, que de l’opposer ain­si à l’orgueilleuse et pré­ten­due maîtrise de tout et en toutes choses, pro­por­tion­née à l’avidité des prof­its espérés – une solide espérance, celle-là, qui aus­sitôt fait plonger les bours­es, si bour­sou­flées encore la veille.

Sol­i­dar­ité d’abord, révolte dans l’élan face à la parole fausse, déver­sée comme les mau­vais­es radi­a­tions de Fukushi­ma, et pour­tant à leur pro­pos, en essayant encore – ultime ten­ta­tive ? – de rentabilis­er un pas­sage à la radio : Éric Besson, en avant-garde blind­ée, néga­tion­niste du lob­by nucléaire ; ou à la télé : Anne Lau­ver­geon, égérie d’Areva, van­tant le savoir-faire nucléaire supérieur et nation­al, comme avant elle – dans un autre reg­istre mais quand même –  une cer­taine MAM l’avait osé d’une main sec­ourable et poli­cière offerte à son ami Ben Ali.

Et que dire de l’« indé­cence » de Ségolène Roy­al trou­vant que l’heure n’était pas au débat « polémique ». Non, l’heure reste à la poli­tique et à sa crasse pour un par­ti en proie au syn­drome de Fukushi­ma, au bord de la défla­gra­tion sur l’autel du pro­duc­tivisme, de la crois­sance, de la petitesse – gauche et droite com­mu­ni­ant à l’Assemblée, cet après-midi, dans leurs applaud­isse­ments mêlés en écho à François Fil­lon clairon­nant: « …Il est tout aus­si absurde d’affirmer que le nucléaire est  con­damné par cet acci­dent que d’affirmer qu’il ne nous con­cerne pas ».

Absurde ? Indé­cent ? Trop tôt ? On va véri­fi­er tout ! Nos séismes ne sont pas les mêmes (Fes­sen­heim, Bugey, Saint-Alban, Cruas, Tri­c­as­tin, Chi­non, Civaux – toutes cen­trales en zones sis­miques). Tsuna­mi n’est pas un mot français. Même sur les côtes de la Manche (Grav­e­lines, Pen­ly, Paluel, Fla­manville) ou de l’Atlantique (Blayais).

La ques­tion n’est pas de vouloir ignor­er les coûts d’une cat­a­stro­phe en la ren­dant improb­a­ble. Car après l’accident nucléaire, les dégâts – irrémé­di­a­bles – présen­tent tou­jours des fac­tures que jamais les éval­u­a­teurs de risques n’avaient osé imag­in­er.


Fukushima mon amour. « Vos bagnoles électriques, vous pouvez vous les carrer dans l’oignon ! »

Par « Super­No » *

Nom de Zeus ! Regardez-moi ça! Explo­sion d’une des deux cen­trales nucléaires japon­ais­es de Fukushi­ma !

Sous nos yeux ébahis, le mythe de la crois­sance infinie, la solu­tion ultime des sci­en­tistes pour fournir de l’énergie ad vitam aeter­nam, est en train de s’écrouler, au sens pro­pre comme au sens fig­uré. Ce film est ter­ri­fi­ant !

C’est dra­ma­tique et c’était en direct : suite au ter­ri­ble trem­ble­ment de terre qui a dévasté hier une par­tie du Japon, tué des mil­liers de gens (quoique con­sid­érable­ment moins que dans d’autres trem­ble­ments de terre, les archi­tectes japon­ais étant man­i­feste­ment bien meilleurs (et plus rich­es) que leurs col­lègues Haï­tiens, Turcs ou Indonésiens), plusieurs cen­trales nucléaires sont en perdi­tion, et les sci­en­tifiques qui s’en occu­pent en ont man­i­feste­ment per­du le con­trôle.

Le Japon est sans doute en train de vivre son Tch­er­nobyl (dont, hasard funeste, on s’apprête ici à fêter le 25e anniver­saire) Peut-être bien pire encore, car le Japon est surpe­u­plé, et Tokyo n’est qu’à 250 km ! Des mil­lions de per­son­nes vont peut-être à nou­veau se faire irradier, ter­ri­ble ironie de l’histoire dans un pays qui a déjà dû subir la folie des hommes, des sci­en­tifiques, des mil­i­taires, en se prenant sur la gueule il y a 65 ans deux bombes atom­iques.

Il y a peut-être même des sur­vivants d’Hiroshima et Nagasa­ki qui vont être frap­pés à nou­veau !

Quand c’est arrivé en 1986 en Ukraine, on nous a dit : Bah, ce ne sont quand même que des popoffs, des com­mu­nistes, ha ha ha, des mecs tout juste bons à fab­ri­quer des Lada et des Iliou­ch­ine, ce genre de truc ne pour­rait ja-mais arriv­er chez nous !

Sauf là, c’est au Japon, qui est sans doute le pays le plus avancé au monde en matière tech­nologique.

Pire, on décèle chez les com­mu­ni­cants du nucléaire japon­ais les mêmes men­songes, les mêmes faux-sem­blants, les mêmes arti­fices que chez Are­va ou EDF. C’est bien sim­ple, un com­mu­niqué émanant d’un “offi­ciel du nucléaire”, que ce soit en France, au Japon ou ailleurs, est à peu près aus­si crédi­ble qu’une déc­la­ra­tion de Xavier Bertrand…

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Séisme et catastrophe nucléaire au Japon. Le rêve brisé d’Areva sur les ruines de Fukushima

Séismes tel­luriques, séismes poli­tiques… Com­ment va le monde, môssieur ? La for­mule fai­sait rire au théâtre jadis. Il n’y a guère pour­tant. Mais le monde va si vite aus­si. Croit-on. Un coup à l’endroit, deux à l’envers. Et pour ce qui est de l’endroit (révo­lu­tions, enton­nent les chœurs) il faudrait aus­si ne pas trop s’enivrer à bon compte, garder la tête froide. Mais « ça chauffe » de toutes parts, le niveau monte… Celui des mers ou celui du prix à la pompe ? Les deux, hélas. Et on prétend(ait) que le nucléaire seul pou­vait nous sauver – des eaux, de la fin de l’or noir. Du désas­tre. Or le voilà qu’il a sur­gi, au pays du Soleil lev­ant, naguère déjà frap­pé par la foudre atom­ique et aujourd’hui par Zeus à la main lourde, trem­bleuse, comme ven­ger­esse.

Pays de la sur­pro­duc­tion tech­nologique, le Japon est aus­si par­mi les plus équipés en nucléaire civ­il – ceci explique cela : 55 réac­teurs avant l’accident. La France en compte 58 ! Plus l’EPR en con­struc­tion à Fla­manvile, juste en bord de mer, tout comme celles de Dunkerque, Pen­ly, Paluel, Blayais. Sans oubli­er La Hague, la colos­sale usine de retraite­ment des déchets radioac­t­ifs, elle aus­si les pieds dans l’eau, à portée de raz-de-marée donc.

 

Une cen­taine de man­i­fes­tants se sont rassem­blés dimanche (13/3/11) devant le cen­tre nucléaire de Cadarache (Bouch­es-du-Rhône). à l’appel du mou­ve­ment Europe Ecolo­gie Les Verts, et de l’association Médi­ane qui prône la sor­tie du nucléaire. Pour Denis Guen­neau, à l’initiative de ce rassem­ble­ment, il s’agit d’être “sol­idaire envers le peu­ple japon­ais, qui non seule­ment doit affron­ter les cat­a­stro­phes naturelles que sont les trem­ble­ments de terre et les tsunamis, mais doit aus­si subir les cat­a­stro­phes nucléaires provo­quées par les choix incon­séquents de “décideurs poli­tiques” . La France n’est pas mieux pré­paré à ce type d’incident que ne l’est le Japon, Cadarache est aus­si sur une faille sis­mique.”

 

La pro­pa­gande nucléariste elle aus­si procède par vagues. Prenons seule­ment les crêtes des « grands » acci­dents nucléaires. Trois cas d’accidents majeurs, pour s’en tenir à ceux-là sur les dizaines, voire des cen­taines d’autres plus ou moins graves et con­nue (voir plus pré­cisé­ment la liste des acci­dents nucléaires sur Wikipedia) :

– 28 mars 1979, Three Mile Island, Penn­syl­vanie. Suite à une panne des pom­pes d’alimentation en eau du cir­cuit sec­ondaire de l’un des réac­teurs, un enchaîne­ment de défail­lances mécaniques, d’erreurs humaines et de défauts de con­cep­tion, entraîne la fusion du cœur. L’enceinte de con­fine­ment étant restée intè­gre, le relâche­ment de pro­duits radioac­t­ifs dans l’environnement est resté faible. L’accident de Three Mile Island est classé au niveau 5 sur l’échelle inter­na­tionale des événe­ments nucléaires (INES).

– 26 avril 1986, cat­a­stro­phe de Tch­er­nobyl, en Ukraine. Acci­dent de niveau 7 selon l’échelle INES. Suite à une série d’erreurs humaines et en rai­son de défauts de con­cep­tion, le réac­teur n°4 subit une fusion du cœur puis une explo­sion provo­quant la libéra­tion de grandes quan­tités de radioiso­topes dans l’atmosphère. Les autorités évac­uent env­i­ron 250 000 per­son­nes de Biélorussie, de Russie et d’Ukraine. Plusieurs cen­taines de mil­liers d’ouvriers (600 000 env­i­ron), les « liq­ui­da­teurs » sont venus d’Ukraine, de Biélorussie, de Let­tonie et de Russie pour procéder à des net­toy­ages.

– 30 sep­tem­bre 1999, Tokaimu­ra, à 160 km de Tokyo au Japon. Acci­dent de niveau 4 sur l’échelle INES. L’introduction dans une cuve de décan­ta­tion, suite à une erreur de manip­u­la­tion, d’une quan­tité anor­male­ment élevée d’uranium (16,6 kg) dépas­sant très large­ment la valeur de sécu­rité (2,3 kg), est à l’origine de la réac­tion de crit­ic­ité. Cet acci­dent de crit­ic­ité a exposé plus de 600 riverains à des radi­a­tions importantes[réf. néces­saire] et tué au moins deux des ouvri­ers de la cen­trale ; à 21h, soit 11 heures après le début de l’accident, les autorités décrè­tent le con­fine­ment des pop­u­la­tions dans un ray­on de 10 km. L’enquête sur l’accident de Tokaimu­ra a mon­tré que les ouvri­ers de l’usine, gérée par l’entreprise JCO, vio­laient de façon régulière les procé­dures de sécu­rité, par exem­ple en mélangeant l’uranium dans des bassines pour aller plus vite (AFP, 27/04/2000).

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  • © Ch.- M. Schulz

    « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet. » Bossuet

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  • Twitter — Gazouiller

  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Philippe Casal, 2004 - Centre national des arts plastiques - Mucem, Marseille

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexualité / politique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl”

    Comme un nuage, album photos et texte marquant le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986). La souscription étant close (vifs remerciements à tous les contributeurs !) l'ouvrage est désormais en vente au prix de 15 euros, franco de port. Vous pouvez le commander à partir du bouton "Acheter" ci-dessous (bien préciser votre adresse postale !)

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    Il s'agit d'un album-photo de qualité, à tirage soigné et limité, 40 p. format A4 "à l'italienne". Les photos, prises en Provence et notamment à Marseille, expriment une vision artistique sur le thème d’« après le nuage ». Cette création rejoignait l’appel à l’organisation de "1.000 événements culturels sur le thème du nucléaire", entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fukushima) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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