On n'est pas des moutons

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EPR-Flamanville. Un couvercle de poids scelle la non-Autorité de non-Sûreté nucléaire

« ASN » veut dire « Auto­ri­té de Sureté Nucléaire », enfin vou­lait dire. En vali­dant une cuve de réac­teur – pièce mai­tresse d’une ins­tal­la­tion nucléaire – non conforme aux exi­gences de sûre­té, cette ins­ti­tu­tion dénie tout sens à son « auto­ri­té » et, du même coup, à la notion de « sûre­té nucléaire » qui lui est consti­tu­tive. Ain­si, la cuve de la cen­trale nucléaire « EPR » de Fla­man­ville n’est pas conforme aux exi­gences de l’« art » nucléaire ; mais elle est tout de même vali­dée ! Du moins pour sept ans… Pour­quoi sept ? Chiffre magique peut-être ? – sept jours, sept pla­nètes, sept pétales de la rose… Au-delà de 2024, bah, on ver­ra bien ! 

La déci­sion n’est tou­te­fois pas encore défi­ni­tive ; il s’agit d’un pre­mier avis – son avis final sera ren­du d’ici fin octobre après « consul­ta­tion publique ». Quelle consul­ta­tion ? Mys­tère. À moins qu’il s’agisse d’une éven­tuelle prise de posi­tion de Nico­las Hulot, le nou­veau ministre de la chose « tran­si­toire » ; car le nucléaire se trouve bien à un croi­se­ment de route, dou­blé qu’il est désor­mais par les éner­gies renou­ve­lables dont les coûts sont deve­nus moindres que ceux de l’électricité nucléaire ; dou­blé aus­si par l’abandon pro­gres­sif de cette éner­gie si dan­ge­reuse, ain­si la Suisse qui vient de tran­cher la ques­tion par réfé­ren­dum.

Donc, le « gen­darme de l’atome » a renon­cé à sa mis­sion, dou­blé éga­le­ment par EDF et Are­va. En effet, les défauts de fabri­ca­tion de cette fameuse cuve avaient été poin­tés et signa­lés dès 2005 chez Creu­sot-Loire 1. Mais l’enjeu étaient tel pour EDF et Are­va, dans la panade finan­cière, que la com­mande a été main­te­nue et, sur­tout, la cuve ins­tal­lée, pla­çant l’ASN devant le fait accom­pli. Ce qui explique tout l’ambiguïté de sa posi­tion. Inva­li­der cette cuve – déjà ins­tal­lée, der­rière le dôme de béton – retar­de­rait la mise en route de l’EPR de plu­sieurs années, en l’alourdissant de plu­sieurs mil­liards dus aux tra­vaux de démo­li­tion et de recons­truc­tion par­tielles ain­si qu’à la perte d’exploitation. 2 L’enjeu est donc tel que la sûre­té a été sacri­fiée au nom des inté­rêts éco­no­miques. Ain­si en est-il des indus­tries du tout-libé­ral, et du nucléaire tout par­ti­cu­liè­re­ment, y com­pris là où il a gra­ve­ment « péché » : en Ukraine, en Rus­sie, au Japon et aux Etats-Unis – sans par­ler des nom­breux inci­dents et acci­dents, en France, mino­rés par leurs res­pon­sables.

À Fla­man­ville, l’ASN a donc dû pac­ti­ser avec « son » diable : va pour cette fois, mais EDF devra sur­veiller la « bête » malade et l’opérer fin 2024, en chan­geant le cou­vercle liti­gieux – d’ailleurs déjà com­man­dé au Japon : un aveu !

Jouer avec l’atome, quoi qu’en pré­tende les nucléo­crates et autres ado­ra­teurs des dogmes tech­no­lo­giques, est autre­ment plus incon­sé­quent que tout man­que­ment indus­triel hors nucléaire. Les acci­dents, on ne le sait que trop, sont sans appel, expo­sant des popu­la­tions entières à la mala­die, condam­nant à jamais des régions entières. Mais les Doc­teur Fola­mour demeurent inébran­lables, sauf en cas d’accident, et pour un temps seule­ment, ce temps du rejet puis de la méfiance qui passe si vite en vidant les mémoires col­lec­tives – le sys­tème média­tique s’y emploie.

La France est cham­pionne du monde dans la caté­go­rie de ces néo-néga­tion­nistes – l’histoire poli­tique, mili­taire, indus­trielle, finan­cière et tech­no­cra­tique se trouve tota­le­ment figée et imbri­quée dans cette sorte de reli­gio­si­té. Il fau­dra brû­ler beau­coup beau­coup de cierges pour la cin­quan­taine de réac­teurs hexa­go­naux tiennent bon, à com­men­cer par le cou­vercle de Fla­man­ville.

 

Contre les apprentis-sorciers

L’AFFRANCHI JARDINIER

Cest dans les années 70 que Yves Gil­len et Annick Ber­trand posent leur rou­lotte sur un ter­rain en lisière de marais. Leur rêve : vivre en autar­cie et dépendre le moins pos­sible de la socié­té de consom­ma­tion. Plus de 40 ans plus tard, l’affranchi jar­di­nier fait tou­jours avec les moyens du bord pour sub­ve­nir à ses besoins fon­da­men­taux avec le sou­ci de pré­ser­ver l’environnement et d’embellir son cadre de vie. Jar­din pota­ger, pan­neaux pho­to­vol­taïques, mini-éolienne, cui­seur solaire, récu­pé­ra­tion d’eau de pluie, éolienne de pom­page, « douche du futur », machine à laver recy­clée et cus­to­mi­sée... À plus de 70 ans, Yves ne manque pas d’énergie et d’imagination pour conti­nuer à vivre comme il l’entend ! Un révo­lu­tion­naire rare, dans les actes.

Notes:

  1. Entre­prise tom­bée dans l’escarcelle de Bol­lo­ré, adepte du tout pro­fit – éga­le­ment pro­prié­taire de Canal +, qui rechigne à payer les auteurs…
  2. En cause éga­le­ment, l’EPR en construc­tion inter­mi­nable en Fin­lande, deux autres en Chine, et enfin les deux pré­vus à Hink­ley Point, en Angle­terre.

Le magma nucléaire de Fukushima, foyer de la confusion du monde

Sar­ko­zy, m’apprend la radio, serait désor­mais équi­pé d’un super-para­pluie seyant mieux, si on peut dire, à sa super fonc­tion. Un para­pluie blin­dé (en kev­lar et tout) comme un gilet pare-balles et qui, non seule­ment pour­rait pro­té­ger de la pluie, mais le met­trait aus­si à l’abri du mécon­ten­te­ment à son égard des 80% de citoyens son­dés… En ces mau­vais temps de météo plus qu’incertaine, le pré­sident fait donc un cro­chet par le Japon, his­toire de tes­ter le fameux pébroc sur ses capa­ci­tés para-pluies radio­ac­tives.

 

Ce n’est en tout cas pas à Fuku­shi­ma que se sera ren­du l’homme au(x) pépin(s). Mata­more, certes, sui­ci­daire, non ! Il en est de même pour le trio fran­co-nucléaire « invi­té » là-bas, mais pas trop près non plus, pour livrer leur botte secrète aux diri­geants de la cen­trale et de Tep­co. Ain­si Madame Are­va et mes­sieurs CEA et EDF vont-ils s’efforcer d’apporter aux Nip­pons leurs vacillantes lumières. Et ten­ter sur­tout de redo­rer leurs bla­sons res­pec­tifs et uni­fié face à l’adversité qui ter­nit sacré­ment leur ave­nir irra­dieux.

 

© Tep­co (et mer­ci pour la qua­li­té de l’image !)

Madame Are­va sur­tout, car, blin­dée de sa haute suf­fi­sance, elle voit s’écrouler la mon­tagne de men­songes accu­mu­lés de haute lutte durant ces 25 années de com’ éhon­tée qui ont sui­vi la catas­trophe de Tcher­no­byl. Vrai­ment dom­mage, ain­si que l’a déplo­ré la pré­si­dente du Medef, Lau­rence Pari­sot : « Tout ceci tombe très mal, ça se passe à un moment où l’économie mon­diale com­men­çait tout juste à repar­tir. » [Le Monde, 19/3/11]. D’autant plus, en effet, que l’affolement du cli­mat venait appuyer l’idée de cette radieuse éner­gie « propre », sinon « verte » – voir le vidéo-clip d’Areva et son détour­ne­ment ci-contre =>

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Quand France 2 et Pujadas passent les plats (tièdes) du nucléaire (brûlant)

Avec Mme Are­va, France 2, 15/3/11

Tout finit par s’expliquer (quand on n’a pas com­pris tout de suite), et on pige ain­si pour­quoi Sar­ko­zy affec­tionne David Puja­das pour ses entre­tiens solen­nels… Ques­tions pro­prettes, yeux écar­quillés, sou­rire de ravi. Tout ça on l’avait remar­qué, et pas qu’avec le pré­sident. Confir­ma­tion en l’occurrence avec le trai­te­ment du volet nucléaire des catas­trophes au Japon. C’est Samuel Gon­thier qui fait état, dans Télé­ra­ma [25/3/11] des rele­vés de comp­teur sus­pects s’agissant du nucléaire et des invi­tés de France 2 au jour­nal de 20 heures. Par­fait « relais des com­mu­ni­qués offi­ciels », la chaîne publique n’aurait invi­té « que des repré­sen­tants des auto­ri­tés com­pé­tentes », soit, dans l’ordre :

 

L’horizon se dégage…

« Natha­lie Kos­cius­ko-Mori­zet (ministre de la Pro­tec­tion de l’environnement nucléaire), Claude Allègre (ancien ministre de la Recherche nucléaire), Anne Lau­ver­geon (pdg d’Areva, numé­ro un mon­dial du nucléaire), André-Claude Lacoste (pré­sident de l’Autorité de sûre­té nucléaire), Jean-Marc Jan­co­vi­ci (repré­sen­tant de l’immense masse des éco­lo­gistes pro-nucléaires), Thier­ry Charles (de l’Institut de radio­pro­tec­tion et de sûre­té nucléaire), Fran­çois Fillon (Pre­mier ministre). Dans un louable sou­ci de conte­nir « l’émotion» des popu­la­tions, pas un de ces irres­pon­sables éco­lo­gistes catas­tro­phistes ne fut convié en stu­dio. En revanche, dès le lun­di 14 mars, David Puja­das prend de la hau­teur avec un grand débat: « Est-ce vrai­ment le moment de rou­vrir un débat sur le nucléaire main­te­nant ? » Pour res­pec­ter la digni­té des Japo­nais, ne fau­drait-il pas l’organiser au mois d’août 2012, pen­dant la finale du 100 mètres des jeux Olym­piques ? »

 

 

Man­ga japo­nais. « Dor­mez, dor­mez, petits pigeons… »


Comment le nucléaire marque le clivage entre productivisme et humanisme

Quand il se fait pré­di­ca­teur de l’Apocalypse, ce n’est pas ce que j’aime le plus chez Paul Viri­lio, ce pen­seur de la tech­no­lo­gie alliée à la vitesse. C’est sans doute à cause du ton, par trop péremp­toire. Pour­tant, lorsqu’il pré­dit que tout ce qui peut arri­ver finit par arri­ver il est impa­rable et nous plonge le nez dans l’actualité la plus « radieuse ». Ain­si, je résume en sub­stance, en inven­tant le che­min de fer, l’homme a inven­té le déraille­ment. De même pour l’auto et les pla­tanes, l’avion et les crashes, les cen­trales nucléaires et Fuku­shi­ma ou Tcher­no­byl.

 

Mer­ci donc, Paul V. d’avoir fait de ces évi­dences l’un des pivots de nos moder­ni­tés infer­nales.

 

S’agissant du nucléaire, nous nous voyons pro­je­tés dans un autre registre que celui de l’accident, même le moins banal. Ain­si devons-nous nous attendre, hélas, aux 600 ou même 800 cadavres qu’il fau­dra dénom­brer du crash « annon­cé » d’un A-380 – l’appareil pro­ba­ble­ment van­té dans les pros­pec­tus comme « le plus sûr du monde ». On sait : il en fut de même du Concorde, …jusqu’à son der­nier vol. On repar­le­ra une autre fois de l’épopée fatale du Tita­nic.

 

Mais le nucléaire… Ici, nous chan­geons tota­le­ment de registre puisque, même en ayant déjà décré­té les actuelles ins­tal­la­tions comme les « plus sûres du monde », cette pré­ten­tion-slo­gan se fra­casse contre la ter­rible « loi » de Paul V. Et aujourd’hui, la ter­ri­fiante et déso­lante actua­li­té oblige les tech­no­crates – au sens strict : « qui gou­verne par la tech­nique » – à ajou­ter une couche sup­plé­men­taire à ladite sûre­té prise en défaillance. Madame Are­va s’est ain­si dépê­chée, au troi­sième jour de l’Apocalypse japo­naise, de pro­mou­voir le super-modèle déjà en maga­sin sous l’appellation magique de « EPR ». Si les Japo­nais, eut-elle l’outrecuidance d’énoncer en sub­stance, avaient été équi­pés de cen­trales EPR, ils n’en seraient pas là ! 

 

Madame Are­va, dans la caté­go­rie géné­rique des tech­no­crates, fait par­tie de la sous-espèce dite des « nucléo­crates » – ceux qui gou­vernent par le nucléaire. Il s’agit de têtes d’œuf, donc « bien faites et bien pleines » des dogmes de l’infaillibilité de la chose ato­mique. Tel­le­ment bour­rées de ladite chose qu’il n’y a plus, dans ces cer­veaux ain­si satu­rés, la moindre place pour quelques réflexions et connais­sances qui limi­te­raient leurs orgueilleuses pré­ten­tions et les ouvri­raient, sinon vers une franche huma­ni­té, du moins vers un sens authen­tique du bien com­mun.

Madame Are­va : « Nous, les ensei­gne­ments on les a déjà tirés dans tous nos « desi­gns » (sic)

 

Pas­sa­gè­re­ment secoués par la catas­trophe de Tcher­no­byl, ils ne man­quèrent pas de se rem­plu­mer lors de ce der­nier quart de siècle, qui vit aus­si l’émergence d’une relève de géné­ra­tion toute neuve, pim­pante, sûre d’elle et conqué­rante…

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Fukushima. Mais nos séismes ne sont pas les mêmes…

© faber

Encore un jour noir, ajou­té aux pré­cé­dents, si char­gés de mal­heur. Le Japon et son peuple frap­pés dou­ble­ment : par les élé­ments, impa­rables, ter­ri­fiants ; et par l’œuvre humaine, à recon­si­dé­rer pour le moins, sinon à revoir. Je suis bou­le­ver­sé, et aus­si en révolte – un sujet de plus contre lequel batailler pour faire adve­nir un monde meilleur, pas par­fait, non. La révolte ne vaut que si elle est por­tée par un espoir, une sorte de croyance en ce mieux pos­sible. Je me garde d’écrire espé­rance, ce n’est pas de mon registre. Il y a assez à faire ici et main­te­nant. Com­ment donc mani­fes­ter une soli­da­ri­té active avec les Japo­nais ? Ques­tion que beau­coup se sont posée, tel mon ami et voi­sin, Denis G. (il ne vou­drait pas être comme sta­tu­fié, même sur ce blog…), qui a pris l’initiative, ici chez nous dans les Bouches-du-Rhône, de lan­cer same­di l’idée d’une manif’ le len­de­main, dimanche, devant le site nucléaire de Cada­rache. Ain­si fûmes-nous une bonne cen­taine, comme une sorte de « force tran­quille » face à des grilles fer­mées, ren­fer­mant de cette force aveugle qui, là-bas à Fuku­shi­ma, a échap­pé à la toute puis­sance du démiurge à tête de nucléo­crate. La soli­da­ri­té oui, c’était bien le moins, que de l’opposer ain­si à l’orgueilleuse et pré­ten­due maî­trise de tout et en toutes choses, pro­por­tion­née à l’avidité des pro­fits espé­rés – une solide espé­rance, celle-là, qui aus­si­tôt fait plon­ger les bourses, si bour­sou­flées encore la veille.

Soli­da­ri­té d’abord, révolte dans l’élan face à la parole fausse, déver­sée comme les mau­vaises radia­tions de Fuku­shi­ma, et pour­tant à leur pro­pos, en essayant encore – ultime ten­ta­tive ? – de ren­ta­bi­li­ser un pas­sage à la radio : Éric Bes­son, en avant-garde blin­dée, néga­tion­niste du lob­by nucléaire ; ou à la télé : Anne Lau­ver­geon, égé­rie d’Areva, van­tant le savoir-faire nucléaire supé­rieur et natio­nal, comme avant elle – dans un autre registre mais quand même –  une cer­taine MAM l’avait osé d’une main secou­rable et poli­cière offerte à son ami Ben Ali.

Et que dire de l’« indé­cence » de Ségo­lène Royal trou­vant que l’heure n’était pas au débat « polé­mique ». Non, l’heure reste à la poli­tique et à sa crasse pour un par­ti en proie au syn­drome de Fuku­shi­ma, au bord de la défla­gra­tion sur l’autel du pro­duc­ti­visme, de la crois­sance, de la peti­tesse – gauche et droite com­mu­niant à l’Assemblée, cet après-midi, dans leurs applau­dis­se­ments mêlés en écho à Fran­çois Fillon clai­ron­nant: « …Il est tout aus­si absurde d’affirmer que le nucléaire est  condam­né par cet acci­dent que d’affirmer qu’il ne nous concerne pas ».

Absurde ? Indé­cent ? Trop tôt ? On va véri­fier tout ! Nos séismes ne sont pas les mêmes (Fes­sen­heim, Bugey, Saint-Alban, Cruas, Tri­cas­tin, Chi­non, Civaux – toutes cen­trales en zones sis­miques). Tsu­na­mi n’est pas un mot fran­çais. Même sur les côtes de la Manche (Gra­ve­lines, Pen­ly, Paluel, Fla­man­ville) ou de l’Atlantique (Blayais).

La ques­tion n’est pas de vou­loir igno­rer les coûts d’une catas­trophe en la ren­dant impro­bable. Car après l’accident nucléaire, les dégâts – irré­mé­diables – pré­sentent tou­jours des fac­tures que jamais les éva­lua­teurs de risques n’avaient osé ima­gi­ner.


Fukushima mon amour. « Vos bagnoles électriques, vous pouvez vous les carrer dans l’oignon ! »

Par « Super­No » *

Nom de Zeus ! Regar­dez-moi ça! Explo­sion d’une des deux cen­trales nucléaires japo­naises de Fuku­shi­ma !

Sous nos yeux éba­his, le mythe de la crois­sance infi­nie, la solu­tion ultime des scien­tistes pour four­nir de l’énergie ad vitam aeter­nam, est en train de s’écrouler, au sens propre comme au sens figu­ré. Ce film est ter­ri­fiant !

C’est dra­ma­tique et c’était en direct : suite au ter­rible trem­ble­ment de terre qui a dévas­té hier une par­tie du Japon, tué des mil­liers de gens (quoique consi­dé­ra­ble­ment moins que dans d’autres trem­ble­ments de terre, les archi­tectes japo­nais étant mani­fes­te­ment bien meilleurs (et plus riches) que leurs col­lègues Haï­tiens, Turcs ou Indo­né­siens), plu­sieurs cen­trales nucléaires sont en per­di­tion, et les scien­ti­fiques qui s’en occupent en ont mani­fes­te­ment per­du le contrôle.

Le Japon est sans doute en train de vivre son Tcher­no­byl (dont, hasard funeste, on s’apprête ici à fêter le 25e anni­ver­saire) Peut-être bien pire encore, car le Japon est sur­peu­plé, et Tokyo n’est qu’à 250 km ! Des mil­lions de per­sonnes vont peut-être à nou­veau se faire irra­dier, ter­rible iro­nie de l’histoire dans un pays qui a déjà dû subir la folie des hommes, des scien­ti­fiques, des mili­taires, en se pre­nant sur la gueule il y a 65 ans deux bombes ato­miques.

Il y a peut-être même des sur­vi­vants d’Hiroshima et Naga­sa­ki qui vont être frap­pés à nou­veau !

Quand c’est arri­vé en 1986 en Ukraine, on nous a dit : Bah, ce ne sont quand même que des popoffs, des com­mu­nistes, ha ha ha, des mecs tout juste bons à fabri­quer des Lada et des Iliou­chine, ce genre de truc ne pour­rait ja-mais arri­ver chez nous !

Sauf là, c’est au Japon, qui est sans doute le pays le plus avan­cé au monde en matière tech­no­lo­gique.

Pire, on décèle chez les com­mu­ni­cants du nucléaire japo­nais les mêmes men­songes, les mêmes faux-sem­blants, les mêmes arti­fices que chez Are­va ou EDF. C’est bien simple, un com­mu­ni­qué éma­nant d’un « offi­ciel du nucléaire », que ce soit en France, au Japon ou ailleurs, est à peu près aus­si cré­dible qu’une décla­ra­tion de Xavier Ber­trand…

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Séisme et catastrophe nucléaire au Japon. Le rêve brisé d’Areva sur les ruines de Fukushima

Séismes tel­lu­riques, séismes poli­tiques… Com­ment va le monde, môs­sieur ? La for­mule fai­sait rire au théâtre jadis. Il n’y a guère pour­tant. Mais le monde va si vite aus­si. Croit-on. Un coup à l’endroit, deux à l’envers. Et pour ce qui est de l’endroit (révo­lu­tions, entonnent les chœurs) il fau­drait aus­si ne pas trop s’enivrer à bon compte, gar­der la tête froide. Mais « ça chauffe » de toutes parts, le niveau monte… Celui des mers ou celui du prix à la pompe ? Les deux, hélas. Et on prétend(ait) que le nucléaire seul pou­vait nous sau­ver – des eaux, de la fin de l’or noir. Du désastre. Or le voi­là qu’il a sur­gi, au pays du Soleil levant, naguère déjà frap­pé par la foudre ato­mique et aujourd’hui par Zeus à la main lourde, trem­bleuse, comme ven­ge­resse.

Pays de la sur­pro­duc­tion tech­no­lo­gique, le Japon est aus­si par­mi les plus équi­pés en nucléaire civil – ceci explique cela : 55 réac­teurs avant l’accident. La France en compte 58 ! Plus l’EPR en construc­tion à Fla­man­vile, juste en bord de mer, tout comme celles de Dun­kerque, Pen­ly, Paluel, Blayais. Sans oublier La Hague, la colos­sale usine de retrai­te­ment des déchets radio­ac­tifs, elle aus­si les pieds dans l’eau, à por­tée de raz-de-marée donc.

 

Une cen­taine de mani­fes­tants se sont ras­sem­blés dimanche (13/3/11) devant le centre nucléaire de Cada­rache (Bouches-du-Rhône). à l’appel du mou­ve­ment Europe Eco­lo­gie Les Verts, et de l’association Médiane qui prône la sor­tie du nucléaire. Pour Denis Guen­neau, à l’initiative de ce ras­sem­ble­ment, il s’agit d’être « soli­daire envers le peuple japo­nais, qui non seule­ment doit affron­ter les catas­trophes natu­relles que sont les trem­ble­ments de terre et les tsu­na­mis, mais doit aus­si subir les catas­trophes nucléaires pro­vo­quées par les choix incon­sé­quents de « déci­deurs poli­tiques » . La France n’est pas mieux pré­pa­ré à ce type d’incident que ne l’est le Japon, Cada­rache est aus­si sur une faille sis­mique. »

 

La pro­pa­gande nucléa­riste elle aus­si pro­cède par vagues. Pre­nons seule­ment les crêtes des « grands » acci­dents nucléaires. Trois cas d’accidents majeurs, pour s’en tenir à ceux-là sur les dizaines, voire des cen­taines d’autres plus ou moins graves et connue (voir plus pré­ci­sé­ment la liste des acci­dents nucléaires sur Wiki­pe­dia) :

– 28 mars 1979, Three Mile Island, Penn­syl­va­nie. Suite à une panne des pompes d’alimentation en eau du cir­cuit secon­daire de l’un des réac­teurs, un enchaî­ne­ment de défaillances méca­niques, d’erreurs humaines et de défauts de concep­tion, entraîne la fusion du cœur. L’enceinte de confi­ne­ment étant res­tée intègre, le relâ­che­ment de pro­duits radio­ac­tifs dans l’environnement est res­té faible. L’accident de Three Mile Island est clas­sé au niveau 5 sur l’échelle inter­na­tio­nale des évé­ne­ments nucléaires (INES).

– 26 avril 1986, catas­trophe de Tcher­no­byl, en Ukraine. Acci­dent de niveau 7 selon l’échelle INES. Suite à une série d’erreurs humaines et en rai­son de défauts de concep­tion, le réac­teur n°4 subit une fusion du cœur puis une explo­sion pro­vo­quant la libé­ra­tion de grandes quan­ti­tés de radioi­so­topes dans l’atmosphère. Les auto­ri­tés éva­cuent envi­ron 250 000 per­sonnes de Bié­lo­rus­sie, de Rus­sie et d’Ukraine. Plu­sieurs cen­taines de mil­liers d’ouvriers (600 000 envi­ron), les « liqui­da­teurs » sont venus d’Ukraine, de Bié­lo­rus­sie, de Let­to­nie et de Rus­sie pour pro­cé­der à des net­toyages.

– 30 sep­tembre 1999, Tokai­mu­ra, à 160 km de Tokyo au Japon. Acci­dent de niveau 4 sur l’échelle INES. L’introduction dans une cuve de décan­ta­tion, suite à une erreur de mani­pu­la­tion, d’une quan­ti­té anor­ma­le­ment éle­vée d’uranium (16,6 kg) dépas­sant très lar­ge­ment la valeur de sécu­ri­té (2,3 kg), est à l’origine de la réac­tion de cri­ti­ci­té. Cet acci­dent de cri­ti­ci­té a expo­sé plus de 600 rive­rains à des radia­tions importantes[réf. néces­saire] et tué au moins deux des ouvriers de la cen­trale ; à 21h, soit 11 heures après le début de l’accident, les auto­ri­tés décrètent le confi­ne­ment des popu­la­tions dans un rayon de 10 km. L’enquête sur l’accident de Tokai­mu­ra a mon­tré que les ouvriers de l’usine, gérée par l’entreprise JCO, vio­laient de façon régu­lière les pro­cé­dures de sécu­ri­té, par exemple en mélan­geant l’uranium dans des bas­sines pour aller plus vite (AFP, 27/04/2000).

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  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse pos­tale !)

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Rus­sel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • « C’est pour dire » de Gérard Pon­thieu, est mis à dis­po­si­tion selon les termes de la licence Crea­tive Com­mons : Attri­bu­tion - Pas d’Utilisation Com­mer­ciale - Pas de Modi­fi­ca­tion (3.0 France). Pho­tos, des­sins et docu­ments men­tion­nés sous copy­right © sont pro­té­gés comme tels.
    Licence Creative Commons

  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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  • Salut cousin !

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