On n'est pas des moutons

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André Brahic dans le cosmos

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[Ph. dr]

« C’est un feu d’artifice qui vous hyp­no­tise  » a-t-on pu dire de lui 1 :  astro­nome et astro­phy­si­cien, André Bra­hic est mort d’un can­cer ce 15 mai à Paris, où il était né il y a 73 ans. Un grand bon­homme, comme on peut le dire avec fami­lia­ri­té pour expri­mer admi­ra­tion et sym­pa­thie. Je ne l’ai pas connu mais j’en ai eu l’impression, tant il me sem­blait proche à cha­cune de ses inter­ven­tions à la radio – plus rare­ment à la télé. Son enthou­siasme, son sens de la répar­tie, de l’humour et de l’improvisation dans ses expli­ca­tions cepen­dant rigou­reuses, étayées par un art de la méta­phore… tout cela fai­sait d’André Bra­hic un remar­quable vul­ga­ri­sa­teur scientifique.

Pas­sion­né par le cos­mos et ses mys­tères, éti­rant son insa­tiable curio­si­té entre le big-bang et l’infinité des mondes, il fut aus­si le décou­vreur des anneaux de Nep­tune, dont il était un spé­cia­liste, ain­si que de Saturne.

Il avait aus­si par­ti­ci­pé à la mis­sion Cas­si­ni, dont la sonde du même nom fut lan­cée le 15 octobre 1997 en direc­tion de Saturne pour arri­ver aux alen­tours du 1er juillet 2004. La mis­sion, ini­tia­le­ment pré­vue pour une durée de quatre ans, a été pro­lon­gée jusqu’en 2019, compte tenu de la richesse des pre­mières obser­va­tions. Ain­si André Bra­hic devait-il être membre de la com­mu­nau­té Cas­si­ni jusqu’en 2021, mis­sion qu’il ne pour­ra hono­rer. Son nom a été don­né à un astéroïde.

Comme tous les épris de connais­sance, il savait ques­tion­ner l’inconnu avec phi­lo­so­phie. Ain­si cette idée selon laquelle les mythes sont néces­saires aux hommes : ils leur per­mettent de se soli­da­ri­ser, de se sen­tir ensemble… Jusqu’à se faire la guerre !

André Bra­hic est notam­ment l’auteur de livres comme Enfants du Soleil et De Feu et de glace (Éd. Odile Jacob).

Notes:

  1. « André Bra­hic, super­star ! », La Marche des sciences, d’Aurélie Luneau, France Culture, octobre 2014.

Dans le jardin du botaniste Jean-Marie Pelt, qui vient de mourir

Bota­niste, huma­niste, éco­lo­giste – ou peut-être d’abord éco­logue, éru­dit de la mai­son Nature… Jean-Marie Pelt est mort à 82 ans d’un infarc­tus dans la nuit du 23 décembre 2015. Ce Lor­rain enra­ci­né fut aus­si maire-adjoint de Metz, où il a fon­dé et pré­si­dé l’Institut euro­péen d’écologie.

On l’entendait chaque semaine sur France Inter dans l’émission de Denis Cheys­sou, CO2 mon amour. Un soir de Noël 2011, ce der­nier était allé à sa ren­contre, dans son jar­din en Lor­raine, et en avait tiré un très bel enre­gis­tre­ment que voi­ci à nouveau :

 

Proche de Pierre Rabhi et de Corinne Lepage, Jean-Marie Pelt lut­tait contre le dan­ger des OGM, l’hyper pro­duc­ti­visme et la socié­té de consom­ma­tion. Dès 1977, dans L’Homme re-natu­ré (Le Seuil), il écri­vait : « Il paraît chaque jour plus évident que la crois­sance éco­no­mique ne se pour­suit qu’au prix d’une décrois­sance éco­lo­gique, tout comme une tumeur can­cé­reuse ne s’alimente qu’au détri­ment de l’organisme qu’elle épuise : dans les deux cas, le bilan final est désastreux. »

Chré­tien, Jean-Marie Pelt déplo­rait le fait que l’augmentation de la culture scien­ti­fique se tra­duise par une dimi­nu­tion de la foi et, tout en condam­nant le créa­tion­nisme, regret­tait que l’enseignement du dar­wi­nisme passe par le pos­tu­lat de l’athéisme. Dua­liste sur le plan phi­lo­so­phique, il esti­mait que science et foi sont deux domaines dif­fé­rents, la pre­mière lui per­met­tant de com­prendre la nature, et sa foi de « répondre aux ques­tions ultimes ».

Débat aus­si éter­nel que la mort demeure sans retour…


Pour saluer Rosetta & Philae

Tout ou presque a été dit depuis hier sur l’exploit que consti­tue la balade cos­mique de Roset­ta et Phi­lae, en passe de deve­nir des héros modernes, des « per­son­nages concep­tuels  » comme aurait dit Gilles Deleuze. Par delà l’éblouissante per­for­mance humaine et tech­nique, com­ment com­prendre l’engouement qui semble avoir accom­pa­gné cette déam­bu­la­tion contrô­lée des deux machines ? Serait-ce que la Terre est deve­nue trop petite pour nos besoins d’Aventure ? Que les films hol­ly­woo­diens, même en 3D, manquent d’exotisme ? Que la Route du rhum n’enivre plus assez ? Certes, l’Atlantique en sept jours, ça fait petit bras par rap­port à ces espaces fri­sant l’infinité des mondes. Voi­là qui peut encore nous faire rêver. Car ici-bas…

Atten­dons d’autres images de cet Ailleurs de glace et de pous­sières d’étoiles dont nous sommes peut-être les des­cen­dants. Tan­dis qu’en remon­tant cette immense échelle du temps nous allons tutoyer nos ori­gines, ou pour cer­tains cha­touiller Dieu sous sa plante des « pieds ».

© ESA


Amputé après la chute d’un crucifix, un Américain porte plainte

« NEWBURGH, N.Y.

« Un homme qui avait dû être ampu­té d’une jambe après la chute d’un cru­ci­fix de 273 kg a por­té plainte contre l’église. Le pro­cès doit avoir lieu en jan­vier 2013, a annon­cé Me Kevin Kit­son, son avocat.

 

« La vic­time, David Jime­nez, avait prié devant le cru­ci­fix pla­cé à l’extérieur de l’église Saint-Patrick à New­burgh, dans l’État de New York, car un can­cer des ovaires avait été diag­nos­ti­qué à son épouse. Après la gué­ri­son de cette der­nière, David Jime­nez avait vou­lu mon­trer sa gra­ti­tude en net­toyant la croix. En mai 2010, le cru­ci­fix s’était écra­sé sur sa jambe droite, qui avait ensuite dû être cou­pée, a racon­té Me Kitson.

 

« David Jime­nez demande trois mil­lions de dol­lars à l’église, qui affirme ne pas être responsable. »

 

Cette dépêche d’Asso­cia­ted Press, reprise sans com­men­taires par La Presse de Mont­réal du 7 novembre 2012, laisse en effet sans voix. Je n’y aurais rien ajou­té non plus si ça ne me gra­touillait pas autant…

 

Comme la foudre qui s’abat sur un clo­cher, ça ne laisse d’interpeller, non ? Et cette his­toire de la vieille tante du copain : par­tie vaillante en train pour un pèle­ri­nage à Lourdes, la voi­là qui revient sur une civière. Son pied avait rou­lé sur un cierge. L’anti-miracle, ça arrive aussi.

 

Doublée des meilleures intentions et de l'esprit… pratique, cette pieuse image datant de feu "Hara Kiri", paix à son âme, m'a été adressée par frère Daniel, un saint homme et ami de longue date.

Dou­blée des meilleures inten­tions et de l’esprit… pra­tique, cette pieuse image datant de feu « Hara Kiri », paix à son âme, m’a été adres­sée par frère Daniel, un saint homme et ami de longue date.

J’en pro­fite pour pas­ser au rayon Sciences. J’écoutais hier avec grand inté­rêt les pro­pos radio (France inter) d’Etienne Klein, phy­si­cien, phi­lo­so­phie des sciences. « Pen­ser l’origine » (du monde, ajou­te­rait Gus­tave Cour­bet, qui voyait « la chose » à courte dis­tance cos­mique, quoique…), une sorte d’impasse dont on ne peut même pas ima­gi­ner le bout. Pen­ser la fin, c’est ima­gi­ner le non-être, en défi­nir les contours et les pro­prié­tés, qu’il ne sau­rait avoir… car ce ne serait alors plus le néant. Une apo­rie, comme on dit en haute sphère.

 

On ne peut voir le bout du tun­nel et il en va de même de l’entrée. Klein remet « en cause » le fameux big bang, non pas comme hypo­thèse, mais en tant que « point zéro ». Qu’y avait-il donc avant l’instant dit « zéro » ? Quid de la matière et de l’énergie « noires » – invi­sibles et pour­tant pro­bables ? Et si la théo­rie de la rela­ti­vi­té géné­rale demeure valable, elle ne s’appliquerait qu’à la seule éner­gie de la gra­vi­ta­tion, et pas aux trois autres connues : élec­tro­ma­gné­tique, nucléaire faible, nucléaire forte. La ques­tion de l’origine est donc, par excel­lence, ce qu’on appelle une ques­tion ouverte. Grande ouverte sur l’in-connaissance. Une ivresse. Comme celle de la foi des croyants ?

Tou­jours est-il que les sciences m’enivrent. À la nôtre !


Cosmodiversité. Un message de l’infinie banlieue…

Salut les Ter­riens ! Voi­là : le 30 décembre der­nier, en l’an MMX donc, j’ai reçu un mes­sage d’un site astro­no­mique. Il annon­çait que cinq nou­velles exo­pla­nètes venaient d’être décou­vertes grâce au téles­cope Kepler et que ce serait les der­nières de l’année. J’en dédui­sais inci­dem­ment que les astro­nomes devaient être des gens comme vous et moi et qu’ils ne tra­vaille­raient pas le der­nier jour de l’année. Ce qui ne chan­ge­rait rien à la valse magis­trale des astres, ni à la nôtre, nous les pous­sières d’étoiles. Quoique. 

Car n’avons-nous pas, dès les pre­mières décou­vertes astro­no­miques, chan­gé notre rap­port au monde et, avec lui, notre regard sur l’univers, les dieux et les hommes ? En fait, les vraies pre­mières décou­vertes de ce type, ce sont celles que connaît tout humain levant les yeux au ciel. « Ma théo­rie à moi » sur la ques­tion (je me la valide tout seul… même si elle a été émise des mil­lions de fois depuis la nuit des temps…), c’est de situer là l’origine de l’humanité pen­sante. C’est là, oui, que je vois sur­gir la conscience chez l’animal humain pei­nant à se tenir debout et à lever le nez vers l’inconnu astral.

Je pense aus­si (donc je suis 😉 ) que les ani­maux qui tentent un regard vers le ciel, au-des­sus d’eux, pas seule­ment devant et au loin, che­minent insen­si­ble­ment vers la prise de conscience. Comme Dar­win, je pense que les ani­maux domes­ti­qués par l’Homme, ont pro­fi­té de ce rap­pro­che­ment « péda­go­gique » et que, peu à peu, leur regard s’est levé vers le ciel, ne serait-ce que par brefs ins­tants. Voi­là pour­quoi aus­si nous com­mu­ni­quons avec eux, ayant cela en par­tage : ce sen­ti­ment dif­fus d’appartenir à l’immensité, à l’inconnu magistral.

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© André Faber 2011

 

 

Ain­si, de toutes les nou­velles reçues en fin d’année, celle-là me fut la plus belle. Elle me disait : T’as le bon­jour de cinq pla­nètes jusque là inexis­tantes, puisque pas détec­tées, même pas nom­mées. Une his­toire de rois mages, moins le mythe – qui cache. Ici, la science et la tech­nique de l’homme, m’annoncent une nais­sance – des quin­tu­plées –, m’adressent un faire-part sans magie vou­lue, mais magique dans son effet, dans sa levée d’un petit coin de voile sur le grand mys­tère de l’infini.

Le mes­sage disait que les pla­nètes avaient été non pas dénom­mées mais bap­ti­sées « 4b, 5b, 6b, 7b et 8b » –  certes on aurait pu craindre le pire, genre : Jes­si­ca, Débo­rah, Jen­ni­fer, Loa­na, Chia­ra… Mais tout de même, cette idée et le mot lui-même de bap­tême… On n’en sort pas de la fange ecclé­siale, de cette tête pesante qui tou­jours retombe vers les pieds, le bas, le tré­fonds, la noir­ceur et les peurs ances­trales bien sûr liées à la mort. C’est ainsi.

À moi, cette nou­velle m’a don­né l’ivresse du ver­tige. Une exo­pla­nète, c’est un astre en dehors de notre sys­tème solaire, mais tou­jours dans notre galaxie – notre ban­lieue en somme, à peine de l’autre côté du périph’. D’autres téles­copes ont déjà détec­té 415 exo­pla­nètes… la pre­mière l’ayant été en 1995 depuis l’observatoire de Saint-Michel-de-Pro­vence, ma ban­lieue à moi… Et dire qu’on dénombre (pro­vi­soi­re­ment je pré­sume…) quelque 234 mil­liards d’étoiles (de soleils) dans notre seule galaxie, laquelle « voi­sine » avec 130 mil­liards de « sem­blables ». Ça, je l’ai piqué à la radio le jour de l’an neuf, sur France Inter quand Denis Cheys­soux (CO2 mon amour) phi­lo­sophe sur la « cos­mo­di­ver­si­té » en com­pa­gnie de Jean-Marie Pelt, dans la nuit et la neige de son jar­din de Moselle. C’est un grand moment, que j’ai repi­qué ici même. Les meilleurs vœux qu’on puisse entendre sur les ondes, nous les « tout petits, tout petits, tout petits ». Un quart d’heure, l’éternité.

[audio:https://c-pour-dire.com/wp-content/audio/1JMPelt20110102 1506.1.mp3|titles=JM Pelt & D Cheyssoux/France inter|autostart=no]

PS : Après-demain, j’enterre un cher vieil oncle, rap­pe­lé au cos­mos. Ça se passe tout près, vrai­ment tout près de Saint-Michel-l’Observatoire, en Haute-Pro­vence. « C’est la vie ».


Paysages de la Durance. Découvertes et philosophie au ras de l’eau vive et du temps ralenti

Tel Ham­let, l’homme inter­roge le galet qu’il vient de ramas­ser. Sa voix, si douce, porte à peine, entre les rafales de l’autoroute et le chuin­te­ment conti­nu de la rivière. Pas n’importe laquelle : la Durance. Et nous ne sommes pas n’importe où mais juste là devant Manosque, sous le souffle épique de Gio­no, à l’écoute du Chant du monde. La rivière, jadis somp­tueuse et impé­tueuse à la fois, roule encore ses flots immé­mo­riaux et avec eux, la mémoire de la Terre et de l’univers.

Ber­nar­do Sec­chi, archi­tecte urba­niste mila­nais, fait cercle autour de lui, une tren­taine d’ombres et de visages fon­dus dans la nuit, veillés par des guir­landes de lam­pions, les uns assis sur des cous­sins, les autres à même la calade sau­vage, par­fois enve­lop­pés dans une cou­ver­ture. Entre le nais­sant quar­tier de lune et Ura­nus, la voûte céleste – c’est bien le mot. Et, ici-bas, au ras des flots inces­sants, cet étrange cénacle à l’allure de secte. Ni gou­rou ni ado­ra­teurs, que nen­ni ! mais une admi­rable ren­contre entre des étu­diants et leurs ensei­gnants. C’était lun­di soir, un 14 sep­tembre en Haute-Pro­vence, jour de ren­trée universitaire…

École natio­nale supé­rieure du pay­sage – oui, ça existe (la preuve) ancrée à Mar­seille et… à Ver­sailles (ou l’inverse plu­tôt). La Région Paca l’a mis­sion­née pour ques­tion­ner la Durance et son bas­sin, donc pour inter­ro­ger l’avenir de ce qui s’appelle un « grand ter­ri­toire ». Grand à plein de sens : rela­ti­ve­ment à l’espace par­cou­ru au long de ses plus de 300 kilo­mètres, entre le som­met des Anges, dans les Alpes, et le Rhône, au sud d’Avignon. On ne le dirait pas, à voir son ardeur, mais ses géo-his­to­riens lui donnent dans les 12 mil­lions d’années. D’où cette gran­deur abso­lue, pour en avoir tant vu de toute sa vie de rivière, sous les yeux de tous les Jean Gio­no de cette terre, pour avoir tant char­rié de roches et de pierres, telle un Sisyphe des­cen­dant – cette fois – sans cesse de sa mon­tagne. Et aus­si d’avoir tant cham­bou­lé les pay­sages et, avec eux, la vie des humains – la dure vie des hommes à la vie dure. Dure Durance au nom plein de poé­sie – Duren­ça en pro­ven­çal – et de drames mêlés, sous la fougue de ses débor­de­ments torrentiels.

Mais aujourd’hui, cette vieille divi­ni­té ter­rienne, a été domp­tée, matée comme une bête sau­vage et mau­vaise. Élec­tri­ci­té de France, Canal de Pro­vence lui ont mis le grap­pin des­sus, la garce, et l’ont fait tapi­ner au nom des ren­de­ments agri­coles et de l’économie avide. La voi­ci héris­sée de bar­rages, de tun­nels et autres gaines mou­lantes – cana­li­sée donc, sauf en ses quelques per­mis­sions de sor­tie sau­vage où elle s’écoule dans un lit défait, en des plis incer­tains – limons, gra­viers et gra­vières ; emprises agri­coles et même industrielles.

 

École du pay­sage donc. N’est-ce pas for­mi­dable, vrai­ment, que cela existe ? Et qu’une dizaine d’étudiants (trop peu dira-t-on) aient ain­si été dépê­chés en aven­ture : cinq jours à pied et sac à dos, à arpen­ter le lit de la si vieille rivière pro­ven­çale, à confron­ter leurs savoirs de facul­té à la connais­sance du ter­ri­toire. Les livres et la vie, deux faces d’un même uni­vers tour­nant autour d’un axe dénom­mé « Pour­quoi ? ». « Walk on the river, retrou­ver la rivière Durance », tel est l’intitulé, bilingue, de leur expé­di­tion par­tie de Saint-Paul-lez-Durance, près de Cada­rache, pour atteindre les envi­rons de Sis­te­ron. Ici, on ne parle pas en kilo­mètres mais en jours de marche, comme du temps loin­tain d’Hérodote.

Ce lun­di était leur pre­mier jour, avec point de ren­dez-vous à hau­teur de Manosque, là où les atten­dait donc un aréo­page d’une bonne poi­gnée de curieux atten­tifs, sinon envieux, venus savou­rer leurs pre­mières impres­sions. On les a ain­si vu appa­raître au cou­chant dans l’horizon loin­tain et les ombres allon­gées. Mais le buf­fet répa­ra­teur et triom­phal avait été dres­sé sur la rive droite et eux che­mi­naient sur la gauche, à devoir trou­ver le pas­sage à gué sans trop se trem­per. Quelques verres de vin plus loin, la sérieuse veillée pou­vait commencer…

« Racon­tez-nous cette par­tie de ter­ri­toire. Ne dites pas que le pay­sage était “ très beau ”, mais essayez de dire pour­quoi il est beau, ce qu’il y a de beau ? » Ber­nar­do Sec­chi engage l’échange. L’une relève la para­doxale séche­resse obser­vée… L’autre s’étonne du contraste entre l’aspect sau­vage s’opposant brus­que­ment à la « civi­li­sa­tion » – car­rières, auto­route, bruits inat­ten­dus… Une vision de « cou­lisse »… Éton­ne­ment aus­si d’un monde insoup­çon­né, de l’isolement au moins visuel du reste du monde – « L’impression que nous étions les der­niers hommes sur Terre… » –, de la décou­verte de la len­teur du dépla­ce­ment et de la sen­sa­tion de grande liber­té, de la com­plexi­té sous l’apparente simplicité…

C’est là où nous avions lais­sé le pro­fes­seur-archi­tecte, pre­nant la hau­teur du sage réflé­chis­sant à voix presque basse sur les notions de durée et de temps, tan­dis que nous calons nos fesses sur les fos­siles caillou­teux du temps géo­lo­gique pro­fond. « Il y a deux ima­gi­naires décrits et peut-être avons-nous aujourd’hui per­du celui de la dimen­sion du temps lent et de notre rap­port avec le ter­rain. » Il ques­tionne son galet : « Je le regarde, l’interroge…, son his­toire, sa forme, sa cou­leur, lui qui vient des mon­tagnes, qui nous conte des his­toires d’espace et de temps… » Regards atten­tifs, écoute concen­trée. Et la rivière qui coule, qui coule.

Pao­la Viga­no est aus­si archi­tecte-urba­niste dans le même stu­dio mila­nais que son col­lègue. Elle sou­ligne dans cette expé­rience ce qu’elle appelle « la grande échelle » par laquelle se trouve reliés le caillou char­rié par la rivière et la mon­tagne d’où il pro­vient, et qui l’a appor­té jusqu’au pied de l’autoroute…  « Vous tou­chez ces deux aspects ».

Pay­sa­giste éga­le­ment enga­gé dans l’étude com­man­dée par la Région, Ber­trand Fol­léa se plaît à évo­quer la « per­son­na­li­té d’un ter­ri­toire », à la fois unique et divers, donc com­plexe – comme une per­sonne. Ici, c’est l’eau qui déter­mine tout. « Aujourd’hui, elle n’est plus qu’une part infime : un qua­ran­tième seule­ment de ce qu’elle repré­sen­tait il y a cin­quante ans ! Tout le reste a été détour­né. Gio­no a dit au len­de­main du bar­rage sur la Durance, ” la Durance est morte “. C’est un grand débat encore aujourd’hui. Quelle part d’eau va-t-on ou non redon­ner à la rivière ? De même pour les galets : en qua­rante ans, on a pré­le­vé l’équivalent de 200 ans de “livrai­son” de cailloux appor­tée par la Durance. C’est une his­toire qui s’est brus­que­ment accé­lé­rée alors qu’on a appri­voi­sé la Durance durant 800 ans, à par­tir de la construc­tion du pre­mier canal Saint-Julien, vers Cavaillon, en 1171… C’était alors un tor­rent violent, consi­dé­ré comme méchant car il pre­nait la terre que par ailleurs il fer­ti­li­sait avec ses limons ».

Le temps, la nuit et sa fraî­cheur appe­laient trop tôt au retour, sauf pour la dizaine d’heureux bivoua­queurs pro­mis à quatre jour­nées de nou­velles décou­vertes entre carte des savoirs et ter­ri­toire de la connais­sance, un par­cours de rêve éveillé vers la riche com­plexi­té d’une rivière.

Cette Durance en a tant vu…. Et comme si l’homme ne lui avait pas encore infli­gé assez de sévices, voi­là que filant vers le sud par l’autoroute… et tour­nant le dos à la leçon de phi­lo­so­phie au ras de l’eau vive et du temps ralen­ti, voi­là que le chan­tier d’Iter, nous pro­met­tant les étoiles, s’attaque à son tour aux flancs de la mon­tagne, là où le défi­lé de Can­te­per­drix étreint la si vieille et belle Duran­ça.

Texte et photos Gérard Ponthieu

Allègre s’estime diffamé par Politis, qu’il attaque en justice

L’ancien ministre Claude Allègre s’estime dif­fa­mé par une tri­bune parue dans Poli­tis le 18 juin 2009. Le texte por­tait les signa­tures de huit per­son­na­li­tés du monde uni­ver­si­taire, scien­ti­fique ou asso­cia­tif. L’hebdo lance une péti­tion de sou­tien.

Les auteurs de la tri­bune qui dérange Allègre, ain­si que le direc­teur de la publi­ca­tion, ont été mis en exa­men pour « dif­fa­ma­tion publique envers un fonc­tion­naire public ». Ledit fonc­tion­naire n’est autre que Claude Allègre, dont Patrick Piro brosse le por­trait dans le numé­ro en cours.

«Nous n’aimons guère l’adjectif « contro­ver­sé », écrit Denis Sief­fert, le rédac­teur en chef, Mais s’il s’applique à quelqu’un, c’est bien à Claude Allègre. L’homme est de nou­veau, aujourd’hui, au cœur d’une contro­verse qu’il a lui-même pro­vo­quée en contes­tant vio­lem­ment les tra­vaux des cli­ma­to­logues qui nous mettent en garde contre les consé­quences de cer­taines acti­vi­tés humaines sur l’avenir de la pla­nète. Il est entré dans ce débat comme tou­jours, sans être trop regar­dant sur les moyens ni les argu­ments. Comme un mau­vais rug­by­man dans la mêlée : en pié­ti­nant ses adver­saires. Contrai­re­ment à la pré­sen­ta­tion que l’on fait de lui dans cer­tains médias com­plai­sants, il n’est pas un « scep­tique ». Le scep­ti­cisme ne peut pas plus s’appliquer aujourd’hui aux conclu­sions des cli­ma­to­logues du monde entier qu’à la roton­di­té de la terre. Ce que M. Allègre appelle impro­pre­ment scep­ti­cisme, c’est l’incrédulité de l’ignorance. Et pire encore : l’exploitation de cette incré­du­li­té par quelqu’un qui sait.

«Mais, en juin 2009, lorsqu’est paru sous le titre « Claude Allègre : ques­tion d’éthique » le texte de Poli­tis, l’important per­son­nage avait une autre actua­li­té. On par­lait de lui comme minis­trable dans le gou­ver­ne­ment Fillon. Il s’apprêtait à deve­nir dans le domaine des sciences et de l’éducation ce qu’Éric Bes­son, ancien socia­liste comme lui, est à la soli­da­ri­té et aux droits de l’homme. Aurions-nous, mal­en­con­treu­se­ment, inter­fé­ré dans ce calen­drier ? Serait-ce la cause de la colère de Claude Allègre à notre égard ? Quoi qu’il en soit, nous vou­lons dire ici que, ce texte, nous sommes fiers de l’avoir publié et nous l’assumons plei­ne­ment aux côtés de nos sept amis – sept, hélas, et non pas huit, puisque Jean-Yves Bar­rère, empor­té par la mala­die, nous a quit­tés depuis. Ce texte, il peut se lire comme un bilan cri­tique de toute une car­rière. Mais aus­si comme pré­mo­ni­toire de la polé­mique sur le cli­mat. Preuve de sa double actualité.»

»> Voir aus­si : Allègre, GIEC, curés pédo­philes. Science et reli­gion dans le plus obs­cur climat


Allègre, GIEC, curés pédophiles. Science et religion dans le plus obscur climat

Malaise dans nos civi­li­sa­tions. Civi­li­sées, le sont-elles, d’ailleurs, autant qu’elles le pro­clament ? Où que l’on tourne le regard, le doute nous sai­sit. Quels repères, quels sens trou­ver qui indiquent direc­tion, espoir. « Le monde est pour­ri, la vie est belle », j’aime bien cette parole de Claire, une copine, qui ajou­tait aus­si, d’une convic­tion entière, « On fait ce qu’on peut ». Ça res­semble à du banal. Ce n’en est pas, non. Qui, en effet, peut pré­tendre ici-bas accom­plir tout son pos­sible ? Vrai­ment tout le pos­sible… C’était ma minute phi­lo qui m’entraîne dans la patau­geoire que nous appe­lons aus­si « actua­li­té », là où tout le pos­sible n’est jamais épui­sé. J’en prends deux bouts, les deux extré­mi­tés d’un bâton bien merdique : 

– D’un côté des curés per­vers, pas­sant à l’acte sur des enfants qu’ils ont mis­sion de gui­der… ; dans cette lignée, un appa­reil, celui du pou­voir reli­gieux ecclé­sias­tique et sa cohorte éco­no­mique et hié­rar­chique, sous-papes et pape, l’État vati­ca­nesque, ses suc­cur­sales mon­dia­li­sées pro­pa­geant la « bonne parole » – tu parles, oui !

– De l’autre, une ten­ta­tive de poli­ti­sa­tion de la science par le tru­che­ment de deux illu­sion­nistes média­ti­sés, Vincent Cour­tillot et sur­tout Claude Allègre cumu­lant, lui, la fonc­tion com­plé­men­taire d’escamoteur et chantre du libé­ra­lisme « décomplexé ».

Il s’agit bien d’un seul et même tenant, celui de la dis­si­mu­la­tion, de la fal­si­fi­ca­tion, formes visibles de cet obs­cu­ran­tisme reve­nant à l’offensive sau­vage dans nos temps en perte de lumières. 

Les reli­gions – depuis le temps ! – ont impré­gné toutes les strates de nos socié­tés, condi­tion­nant jusqu’à nos incons­cients, notre lan­gage, nos com­por­te­ments. Comme les sys­tèmes tota­li­taires, elles ont aus­si sécré­té leurs ordres poli­ciers, déployé des agents d’inquisition, enfon­cé « leur main noire jusque dans le ventre des hommes » – Panaït Istra­ti en 1927 à pro­pos du sta­li­nisme. Plus encore, elles ont acquis cette sorte de sta­tut recon­nu d’agent cultu­rel, paten­té, celui du medium selon la ter­mi­no­lo­gie de Régis Debray qui s’interroge sur leur sens pro­fond et les ques­tion­ne­ments que l’animal humain y place dans la durée de son histoire.

Par­tout dans le monde débous­so­lé, les reli­gions se sont ins­crites comme des mani­fes­ta­tions « natu­relles » de don­nées émi­nem­ment cultu­relles : les croyances et les super­sti­tions. Dar­win, pour com­men­cer, puis ses conti­nua­teurs dont les plus actuels – entre autres, Patrick Tort en France et Richard Daw­kins en Grande-Bre­tagne – ont inté­gré les com­por­te­ments reli­gieux dans les pro­ces­sus de l’évolution natu­relle. Je passe ici sur leur argu­men­ta­tion, for­cé­ment com­plexe, pour plu­tôt faire res­sor­tir les dif­fi­cul­tés énormes que semble affron­ter le genre humain dans son immense majo­ri­té à pour­suivre son évo­lu­tion en direc­tion d’une ratio­na­li­té affir­mée, et pour autant non dénuée de spi­ri­tua­li­té – au contraire !

Certes, il fau­drait ici en appe­ler aux plus amples déve­lop­pe­ments ; ce n’est pas le lieu et je n’en ai pas non plus la pré­ten­tion. Je ne fais donc que frô­ler cette pro­blé­ma­tique à l’occasion des affaires de pédo­phi­lie ecclé­sias­tique qu’on peut consi­dé­rer sous deux angles.

Le pre­mier ne serait qu’anecdotique s’il ne tou­chait à une cri­mi­na­li­té et à ses vic­times ; il montre que les curés, condam­nés à la névrose et au refou­le­ment sexuel au nom du dogme le plus absurde selon lequel l’amour « nor­mal », sexua­li­té com­prise, contre­vien­drait au « dévoue­ment au Sei­gneur »… Faut-il avoir par­cou­ru toute une chaîne de patho­lo­gies mul­tiples pour accou­cher d’une telle héré­sie. Héré­sie elle-même fon­da­trice du code géné­ral de défi­ni­tions et dénon­cia­tions de toutes les autres, au nom du Dieu, bien sûr, et plus encore du Dogme cano­nique. Ain­si boucle-t-on des sys­tèmes tota­li­taires, en reli­gion comme en poli­tique, ou plus géné­ra­le­ment en idéo­lo­gie. Si on admet que les curés ne sau­raient être moins névro­sés que le reste de la popu­la­tion – c’est l’argument qui sert de défense à l’Église –, outre que cela donne matière à objec­tion, rap­port au fameux « vœu de chas­te­té », il ne faut pas oublier que ces « ser­vi­teurs » sont cen­sés se pré­sen­ter en paran­gon de Ver­tu, et se pré­tendent tels ! On a donc beau et faux jeu que de mini­mi­ser leurs crimes au pré­texte qu’ils ne seraient pas moindres de ceux des autres ber­gers de la socié­té, comme les ins­ti­tu­teurs de la laïque, sui­vez mon regard. L’argument me ren­voie à celui par lequel on oppose le régime cas­triste de Cuba à une pseu­do démo­cra­tie capi­ta­liste. Il s’agit bien de dic­ta­tures, mais l’un pré­tend avoir mené son peuple au Para­dis socia­liste. Ce qui n’excuse nul­le­ment l’autre !

Second angle : Ces « ani­croches » cor­res­pon­draient en somme à d’ordinaires ano­ma­lies concer­nant des bre­bis éga­rées. Il suf­fit de les remettre dans le droit che­min et tout ira bien et même mieux qu’avant. Un petit coup de « plai­der cou­pable », quelques contri­tions – vous savez ces séances publiques, bien média­ti­sées, de par­don­nage impu­dique et en larmes de cro­co­diles, même les poli­ti­cards en raf­folent, les patrons bri­gands encore plus, du moment que ça fait pas­ser les pilules du len­de­main… Moyen­nant quoi tout repart comme avant et, pour ce qui est des sys­tèmes d’aliénation reli­gieuse, tout rentre dans l’ordre ecclé­sial et sur­tout sécu­lier. Amen !

Deuxième bout du même bâton, donc. Il touche à la démarche ration­nelle, à la science, à la ten­ta­tive de l’homo sapiens, s’étant mis debout, de voir au delà de la seule chan­delle qu’il porte. La pen­sée construite – c’est-à-dire argu­men­tée et contrée avant vali­da­tion et pour­suite vers l’étape sui­vante – spé­ci­fique de l’ani­mal humain [je tiens cette judi­cieuse expres­sion de Wil­helm Reich], vaut par sa capa­ci­té à éclai­rer son deve­nir ; elle implique une idée de mieux-être, d’avancée dans une huma­ni­té en marche et sou­cieuse de n’abandonner rien de ce qui est humain et de ce qui y contri­bue. Sa rup­ture d’avec l’irrationalité reli­gieuse repose sur l’ancrage pré­ci­sé­ment ter­restre et non céleste, tem­po­rel et non éter­nel, réel et non contingent.

Elle s’écarte aus­si de la foi, soit en l’excluant comme hypo­thèse non ration­nelle, soit en la relé­guant au monde de l’intime. Savoir et croire, ça fait deux. Deux états qui se confrontent aus­si au quo­ti­dien, notam­ment dans le champ de la (dif­fi­cile) com­mu­ni­ca­tion entre per­sonnes, notam­ment aus­si dans l’établissement de ce qu’on appelle réa­li­té ou véri­té. Entre paren­thèses, le métier de jour­na­liste se trouve pré­ci­sé­ment à la croi­sée de ces états selon les­quels se consti­tuent, pour tout un cha­cun, son propre rap­port au monde.

La Science, quant à elle et moins que toute acti­vi­té humaine, ne sau­rait s’exclure de la sépa­ra­tion de ces états. Elle part de là et c’est de là aus­si que sur­git un cli­vage, voire un schiste : uni­fier savoir et croyance par éli­mi­na­tion « natu­relle » de la der­nière ; ou bien sépa­rer les deux domaines, consi­dé­rer qu’ils peuvent fonc­tion­ner sépa­ré­ment, voire collaborer.

Que le doute se sai­sisse du monde scien­ti­fique, ou l’interpelle comme on dit, je n’y vois qu’avantage et néces­si­té. Trop de « cer­ti­tudes » ou de « véri­té » ne peut que nuire à l’établissement des don­nées de la com­plexi­té. Mais un soup­çon même de croyance, n’entache-t-elle pas l’ensemble de la démarche scien­ti­fique – point d’interrogation.

Pour en reve­nir aux deux « contre­ve­nants » s’opposant au Groupe d’experts inter­gou­ver­ne­men­tal sur l’évolution du cli­mat (GIEC), je ran­ge­rais Cour­tillot dans la pre­mière caté­go­rie – celle des semeurs de doute quant à la Véri­té cli­ma­tique, sous réserve de vali­di­té de l’argumentation, bien sûr –, et Allègre dans la seconde, évi­dem­ment, celui des mani­pu­la­teurs déli­bé­rés dont les visées peuvent, pour le moins, être sus­pec­tées d’intentions « impures » quant à la démarche scien­ti­fique. Les 400 cli­ma­to­logues qui lui volent dans les plumes [Le Monde, 2/4/10] semblent pos­sé­der de solides argu­ments. Je dis « semblent » car ils en pré­parent une pré­sen­ta­tion pro­chaine. Mais indé­pen­dam­ment, il y a le per­son­nage même d’Allègre, for­te­ment émet­teur d’antipathie – tant de suf­fi­sance ubuesque ! tant d’arrivisme poli­tique ! Il y a aus­si et sur­tout son atti­tude de faus­saire l’ayant ame­né à fal­si­fier des don­nées scien­ti­fiques et des courbes – ce qu’il a recon­nu en « rai­son » d’« un choix édi­to­rial ». Et ce qui l’exclut du champ scien­ti­fique. De même lorsqu’il conclut son débat avec un éco­lo­giste [Yan­nick Jadot, France Inter, 31/03/10] par, en sub­stance, « De toutes façons, la Nature répare tou­jours les dégâts des hommes »… – ce qui était déjà, dans les même termes, le cre­do libé­ral d’un Made­lin, ou des néo-conser­va­teurs états-uniens. Dès lors, il ne reste plus qu’à tirer l’échelle sous ce Nostra­da­mus à la manque et à le ren­voyer à ses pré­dic­tions vol­ca­niques et autres délires sur l’amiante.


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bossuet

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  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Marseille

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sexpol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse postale !) 

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl). 
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

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    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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