On n'est pas des moutons

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Syrie. Guerre et paix, l’éternel conflit des hommes

La paix entre États, com­me la paix civi­le, sont d’universels sym­bo­les de la paix du coeur. Ils en sont aus­si les effets.(Che­va­lier-Gheer­brant, Dic­tion­nai­re des sym­bo­les)

La ter­ri­ble ago­nie d’Alep et de sa popu­la­tion tou­che l’humanité entiè­re. Ou, du moins, devrait-elle la tou­cher – ce qui chan­ge­rait peut-être la face du mon­de. Mais son atro­ci­té ren­voie à ses cau­ses, sou­vent incom­pré­hen­si­bles. Des paral­lè­les sont ten­tées avec l’Histoire récen­te : cer­tains voient en Syrie une guer­re civi­le sem­bla­ble à la guer­re d’Espagne (1936-1939) qui fut le pré­lu­de au deuxiè­me conflit mon­dial. Issa Goraieb, édi­to­ria­lis­te au quo­ti­dien fran­co­pho­ne de Bey­rou­th, L’Orient-Le Jour, ten­tait ce rap­pro­che­ment l’an der­nier :

« Les avions et pilo­tes rus­ses dépê­chés à l’aide d’un Bachar el-Assad en mau­vai­se pos­tu­re ne sont autres, en effet, que la légion Condor qu’offrait Hit­ler au dic­ta­teur Fran­cis­co Fran­co. À l’époque, l’Italien Mus­so­li­ni se char­geait, lui, d’expédier des com­bat­tants ; c’est bien ce que font aujourd’hui en Syrie les Ira­niens et leurs sup­plé­tifs du Hez­bol­lah, qui s’apprêteraient à lan­cer une offen­si­ve ter­res­tre majeu­re pour conso­li­der la Syrie uti­le de Bachar. Quant aux bri­ga­des inter­na­tio­na­les, for­mées de volon­tai­res venant de divers points de la pla­nè­te pour prê­ter main-for­te aux répu­bli­cains espa­gnols, c’est évi­dem­ment Dae­ch qui en décli­ne actuel­le­ment une réédi­tion des plus sul­fu­reu­ses. » [L’Orient-Le Jour, 03/10/2015]

« Sul­fu­reu­se », c’est peu dire, sinon mal­adroit. De son côté, Jean-Pier­re Filiu, ana­lys­te de l’islam contem­po­rain, insis­te aus­si sur ce paral­lè­le his­to­ri­que, mar­quant bien une dif­fé­ren­ce tran­chée :  «Si la Syrie est notre guer­re d’Espagne, ce n’est pas du fait d’une assi­mi­la­tion fal­la­cieu­se des dji­ha­dis­tes aux bri­ga­dis­tes, mais bien en rai­son de la non-inter­ven­tion occi­den­ta­le». [Media­part, 7/08/2016] Enco­re fal­lait-il le rap­pe­ler et le sou­li­gner : s’engager pour un idéal de libé­ra­tion poli­ti­que dif­fè­re fon­ciè­re­ment du renon­ce­ment dans le fana­tis­me et l’asservissement reli­gieux.

Pour Ziyad Makhoul, lui aus­si édi­to­ria­lis­te à L’Orient-Le Jour : « Ce n’est plus une ten­dan­ce, ou un glis­se­ment pro­gres­sif. C’est une nou­vel­le réa­li­té. Le mon­de régres­se à une vites­se insen­sée, que ce soit à cau­se des vicis­si­tu­des de la glo­ba­li­sa­tion, de la tri­ba­li­sa­tion des esprits, ou de la résur­rec­tion de l’hyperreligieux. Ce mon­de qui est enco­re le nôtre s’obscurcit, se recro­que­ville dans ses pho­bies (de la lumiè­re, de l’autre...) et se cal­feu­tre dans une bar­ba­rie (et une reven­di­ca­tion et une bana­li­sa­tion de cet­te bar­ba­rie) fon­ciè­re­ment moyen­âgeu­se. » [15/12/16]

« Moyen­âgeu­se »…  pas­sons sur cet ana­chro­nis­me mal­heu­reux (l’histoire du Moyen Âge exi­ge la nuan­ce… his­to­ri­que). Mais soit, il y a de l’irrationnel dans la folie guer­riè­re des hom­mes à l’humanité rela­ti­ve… D’où vient, en effet, cet­te tare frap­pant l’homo pour­tant sapiens – ain­si le décrit-on – inca­pa­ble d’instaurer la paix com­me mode de rela­tion entre ses congé­nè­res ? Cet espè­ce-là, bien dif­fé­ren­ciée des autres espè­ces ani­ma­les en ce qu’elle est si capa­ble de détrui­re ses sem­bla­bles, et sans dou­te aus­si de s’autodétruire. J’entendais, dans le pos­te ce matin, Jean-Clau­de Car­riè­re s’interroger sur le sujet et pré­ci­sé­ment sur la Paix, avec majus­cu­le 1. Car l’Histoire (grand H) et tou­tes les his­toi­res, pres­que tou­tes, qui nour­ris­sent notam­ment la lit­té­ra­tu­re, le ciné­ma, les arts…, s’abreuvent à la guer­re. On y voit sans dou­te un effet du poi­son vio­lent qui tour­ne­bou­le les hom­mes, les mâles : la tes­to­sté­ro­ne. Peu les fem­mes-femel­les qui en fabri­quent bien moins, ou qui le trans­for­ment mieux, en amour par exem­ple – sauf excep­tions, bien enten­du, dans les champs de com­pé­ti­tion de pou­voir, poli­ti­que et autres. Ce qui se tra­duit, soit dit en pas­sant, par des pri­sons peu­plées d’hommes à 90 pour cent…

Le même Jean-Clau­de Car­riè­re rele­vait aus­si que l’empi­re romain avait éta­bli la paix pen­dant plu­sieurs décen­nies sur l’ensemble de son immen­se domai­ne. « Pour­quoi ? Il accueillait tou­tes les croyan­ces.  » 2 C’est bien l’objectif de la laï­ci­té – du moins dans le strict esprit de la loi fran­çai­se de 1905. On peut y voir une répli­que poli­ti­que et posi­ti­ve à la folie humai­ne, vers son édi­fi­ca­tion et sa lon­gue mar­che vers la Paix. On en est loin, pour en reve­nir à la guer­re en Syrie. Pou­ti­ne a su mon­trer et démon­trer « qu’il en a » [de la tes­to­sté­ro­ne…], en quoi il est sou­te­nu et admi­ré par d’autres [qui en ont aus­si !], com­me Jean-Luc Mélen­chon, pour ne par­ler que de lui.

Des nuan­ces inté­res­san­tes, du point de vue poli­ti­co-diplo­ma­ti­que, ont été appor­tées hier soir [15/12/16] sur Fran­ce 2 qui consa­crait une lon­gue soi­rée à Vla­di­mir Pou­ti­ne « des ori­gi­nes à nos jours ». Nuan­cée, donc, l’analyse de l’ancien minis­tre des Affai­res étran­gè­re, Hubert Védri­ne, fai­sant res­sor­tir l’inconséquence mépri­san­te des « Occi­den­taux » face à la Rus­sie post-sovié­ti­que, en quê­te de recon­nais­san­ce inter­na­tio­na­le – ce que l’Europe lui a refu­sé ! D’où, aus­si, les pous­sées de l’hormone en ques­tion… gran­de four­nis­seu­se de guer­res et de morts.


Jean-Clau­de Car­riè­re : « Je vou­drais bien que... par fran­cein­ter

Notes:

  1. Il vient de publier La Paix (Ed. Odi­le Jacob)
  2. Du même Ziyad Makhoul (L’Orient-Le Jour), cet­te note :  » Jac­ques Le Goff savait que l’Occident médié­val était né sur les rui­nes du mon­de romain, qu’il y avait trou­vé appui et han­di­cap à la fois, que Rome a été sa nour­ri­tu­re et sa para­ly­sie. Ce qui naî­tra des rui­nes et des cada­vres d’Alep(-Est) ris­que d’être infi­ni­ment moins fas­ci­nant. Ter­ri­ble­ment plus mor­tel. »

Syrie. Alep ou la mort tombée du ciel

par Tho­mas Clu­zel (Fran­ce Cultu­re)

Consa­crée à l’agonie d’Alep et de sa popu­la­tion, la revue de pres­se de Tho­mas Clu­zel ce matin ( 25/11/16 ) sur Fran­ce Cultu­re expri­mait avec for­ce l’insoutenable folie meur­triè­re des hom­mes, cet­te étran­ge espè­ce, la seule qui s’acharne à la mort de ses sem­bla­bles et, plus au-delà enco­re, à son auto­des­truc­tion. Tan­dis que la « clas­se poli­ti­que et média­ti­que »  glo­se sur le com­bat de coqs télé­vi­suel de la veille, qui n’en sem­ble que plus déri­soi­re. Pour­tant, le ger­me de la guer­re n’est-il pas déjà tapi dans cet­te cour­se au pou­voir ? Com­ment pas­ser de la com­pé­ti­tion à la coopé­ra­tion, de l’injustice à l’entraide, de l’indifférence à la soli­da­ri­té ? Réflexion en pas­sant, pour en reve­nir au mar­ty­re d’Alep :

Sur une vidéo publiée sur le site du New York Times, une fem­me racon­te que le bruit d’un avion annon­ce qu’une bom­be est sur le point de s’écraser sur la vil­le. Les secon­des s’écoulent. Elle anti­ci­pe l’explosion qui ne tar­de­ra plus. Et redou­te qu’un mur ou même un bâti­ment entier ne s’effondre sur elle. Elle ima­gi­ne le pire, la mort. Et puis ouvre les yeux, pour se ren­dre comp­te qu’elle est tou­jours vivan­te. Un immeu­ble vient pour­tant, en effet, de s’écrouler. Celui d’à côté. Dans cet­te vidéo de près de trois minu­tes et inti­tu­lée « à la recher­che des bom­bes dans le ciel d’Alep », des rési­dents de la vil­le assié­gée racon­tent, un à un, au quo­ti­dien amé­ri­cain, leurs impres­sions lors­que le bruit d’un avion vient à se rap­pro­cher jusqu’au moment de déchi­rer, lit­té­ra­le­ment, le ciel.

Quand un pro­fes­seur avoue que ses sens lui jouent par­fois des tours, que dans ses oreilles réson­nent, par moment, des bruits de moteur qui n’existent pas et qu’il lui arri­ve même, quand c’est le cas, de se moquer de lui-même et d’en rire, d’autres, à l’instar de cet­te infir­miè­re, racon­tent que les bom­bar­de­ments, les des­truc­tions, les cris des habi­tants effrayés fuyant par­tout où ils le peu­vent, sont deve­nus leur rou­ti­ne quo­ti­dien­ne. Tous décri­vent la ter­reur qui les sai­sit, à cha­que fois qu’ils voient l’un de ces engins de mort tra­ver­ser le ciel d’Alep.

En publiant ces témoi­gna­ges, le site du New York Times vient ain­si nous rap­pe­ler, de la plus poi­gnan­te des maniè­res, que si le week-end der­nier (tan­dis que les Nations Unies ten­taient, une nou­vel­le fois, de négo­cier un arrêt du conflit) les bom­bar­de­ments ont dimi­nué, en revan­che, dès lun­di (à pei­ne acté l’échec des négo­cia­tions de la veille) ils ont aus­si­tôt repris avec une inten­si­té dra­ma­ti­que. Ces atta­ques sont aujourd’hui les plus vio­len­tes enre­gis­trées depuis deux ans, pré­ci­se tou­jours le quo­ti­dien amé­ri­cain, avant d’ajouter : désor­mais les bom­bes d’Alep lais­sent 250 000 per­son­nes vivre en enfer. Hier enco­re, au moins 32 civils, dont cinq enfants, ont péri dans ces bom­bar­de­ments, pré­ci­se ce matin le site d’Al Ara­biya. Il s’agit de l’un des bilans les plus éle­vés, sur une seule jour­née, depuis le début de la vio­len­te cam­pa­gne menée par l’armée syrien­ne sur le sec­teur de la deuxiè­me vil­le du pays, tenu par les insur­gés.

En un peu plus d’une semai­ne, ce ne sont pas moins de 300 per­son­nes qui ont trou­vé la mort à Alep. Il faut dire qu’aux mis­si­les, aux obus, aux barils d’explosifs et aux bom­bes incen­diai­res s’ajoutent, éga­le­ment, des atta­ques chi­mi­ques à la chlo­ri­ne. Sans comp­ter que de vio­lents com­bats se dérou­lent, à pré­sent, au sol. La semai­ne der­niè­re, les for­ces loya­lis­tes sont entrées pour la pre­miè­re fois dans un quar­tier au nord-est de la vil­le. Le régi­me a éga­le­ment chas­sé les insur­gés d’une ancien­ne zone indus­triel­le.

« Alep, un assaut contre l’humanité », c’est le titre, cet­te fois-ci, de cet édi­to à lire dans les colon­nes du Temps de Lau­san­ne. Le jour­nal y racon­te, notam­ment, com­ment sur pla­ce habi­tants et secou­ris­tes conti­nuent de fil­mer les scè­nes, plus insou­te­na­bles les unes que les autres : ces bébés pré­ma­tu­rés, dans un hôpi­tal en flam­mes, extir­pés de leur cou­veu­se par des infir­miè­res pani­quées et posés à même le sol, où ils fini­ront vrai­sem­bla­ble­ment par suc­com­ber ; ou bien enco­re cet hom­me, visi­ble­ment pro­che de la folie, qui exhi­be en plei­ne rue un mem­bre arra­ché par une bom­be (celui d’un voi­sin, d’un pro­che, ou d’un incon­nu) et qui n’en finit plus de hur­ler.

L’enfer s’est abat­tu sur Alep. Au point que les Alep­pins, eux-mêmes, en vien­nent à regret­ter désor­mais les semai­nes pré­cé­den­tes, lors­que les flam­mes n’étaient enco­re qu’intermittentes. A Genè­ve, un méde­cin suis­se (ori­gi­nai­re d’Alep), l’un des fon­da­teurs de l’Union des orga­ni­sa­tions syrien­nes de secours médi­caux, est à court de mots : « Il res­te aujourd’hui moins d’une tren­tai­ne de méde­cin, dit-il, et il n’y a plus le moin­dre bloc opé­ra­toi­re qui fonc­tion­ne ». Les der­niers témé­rai­res qui ont ten­té, il y a quel­ques semai­nes, de for­cer les bar­ra­ges, afin de fai­re entrer du maté­riel médi­cal dans les quar­tiers rebel­les de la vil­le, ont été pris pour cible par des avions et ont échap­pé à la mort de jus­tes­se. Depuis, l’étau s’est enco­re res­ser­ré. Ici com­me ailleurs. Dans les ban­lieues sud de Damas, éga­le­ment aux mains de la rébel­lion, là-bas ce sont les ambu­lan­ces qui sont tra­quées par les dro­nes rus­ses, expli­que tou­jours le méde­cin. « Lorsqu’ils arri­vent à loca­li­ser l’endroit où ces ambu­lan­ces conver­gent, l’aviation frap­pe. C’est ain­si qu’ils détrui­sent les der­niers hôpi­taux. »

En début de semai­ne, devant le Conseil de sécu­ri­té des Nations Unies, le chef des opé­ra­tions de l’ONU (Ste­phen O’Brien) avouait : les der­niè­res rations ali­men­tai­res ont été dis­tri­buées le 13 novem­bre der­nier. Et tan­dis que l’eau pota­ble et l’électricité sont de plus en plus rares, la fami­ne sera bien­tôt géné­ra­le. Ou dit autre­ment, si les res­pon­sa­bles des Nations-Unies se disent aujourd’hui « à court de mots » pour décri­re ce qui se pas­se à Alep, sous les bom­bes, les Alep­pins sont, eux, à court de vivres. Dans les der­niers tracts lar­gués par les héli­co­ptè­res du régi­me, les habi­tants qua­li­fiés de « chers com­pa­trio­tes » sont appe­lés à « s’abstenir de sor­tir dans les rues ». En d’autres ter­mes, il n’y est même plus ques­tion de les enjoin­dre à quit­ter la zone rebel­le, mais seule­ment à se ter­rer sous le délu­ge.

Pen­dant ce temps et en dépit des condam­na­tions à l’étranger, la com­mu­nau­té inter­na­tio­na­le, elle, sem­ble plus que jamais impuis­san­te à contre­car­rer la déter­mi­na­tion de Damas et de ses alliés (rus­se et ira­nien) à recon­qué­rir l’ensemble de la vil­le. D’où, d’ailleurs, cet­te décla­ra­tion déses­pé­rée d’un mem­bre de l’un des conseils locaux admi­nis­trant l’opposition à Alep, à lire dans les colon­nes du Iri­sh Times. « Au mon­de entier, nous vou­lons dire sim­ple­ment deux cho­ses : arrê­tez de pré­ten­dre vous sou­cier de notre sort et agis­sez ; ou alors lan­cez sur nous l’une de vos bom­bes nucléai­res, que nous puis­sions mou­rir et quit­ter enfin cet enfer, une bon­ne fois pour tou­te ».

Tho­mas CLUZEL

Ver­sion audio ici :


Syrie. Alep bientôt rayée de la carte, comme Homs ?

L’offensive du régi­me syrien et de son allié rus­se dans la pro­vin­ce d’Alep a pro­vo­qué l’exode de plu­sieurs dizai­nes de mil­liers de Syriens vers la Tur­quie. Près de 60 000 sont mas­sés à la fron­tiè­re tur­que res­tée fer­mée. Un afflux qui fait crain­dre une aggra­va­tion de la cri­se des réfu­giés, que ce soit en Tur­quie qui en accueille déjà 2,5 mil­lions, ou en Euro­pe.

En Syrie, qui comp­tait quel­que 23 mil­lions d’habitants avant le conflit, 13,5 mil­lions de per­son­nes sont affec­tées ou dépla­cées par la guer­re, selon les der­niers chif­fres de l’ONU. Par­mi eux, envi­ron 8 mil­lions se trou­vent tou­jours en Syrie. Car tous n’ont pas quit­té le pays : en fait, la majo­ri­té des per­son­nes jetées sur les rou­tes par la guer­re sont dépla­cées à l’intérieur des fron­tiè­res syrien­nes. Elles ont fui les vio­len­ces et les bom­bar­de­ments.

La vidéo ci-des­sous est hal­lu­ci­nan­te. Elle mon­tre un champ de rui­nes. C’est tout ce qu’il res­te de Homs, la troi­siè­me vil­le syrien­ne meur­trie par cinq années de conflit. Cet­te vidéo a été réa­li­sée par un dro­ne rus­se, pro­ba­ble­ment à des fins de pro­pa­gan­de pour légi­ti­mer l’intervention rus­se en Syrie. Quel­le légi­ti­mi­té pour­rait enco­re émer­ger de ces décom­bres ? Alep pour­rait subir le même sort que Homs, bien que pour le moment les affron­te­ments soient limi­tés à un quar­tier.

Peu­plée de près d’un mil­lion d’habitants, Homs a sou­vent été consi­dé­rée com­me le bas­tion des rebel­les dès le début du conflit, en 2011. Ce n’est que le 1er décem­bre 2015 qu’un accord de capi­tu­la­tion a été signé, sous l’égide de l’ONU.


Journalistes-otages, héros modernes et sacralisés

« Nos » qua­tre jour­na­lis­tes-ota­ges sont donc ren­trés de Syrie. C’est bien. Mais plein de cho­ses me gênent et, main­te­nant qu’ils ont été si célé­brés, je me lâche. Car tant de célé­bra­tions, jusqu’à l’indécence, m’ont en effet incom­mo­dé. Sur­tout, cet éta­la­ge cor­po­ra­tis­te des « pro­fes­sion­nels de la pro­fes­sion », com­me on dit avec iro­nie. Je reprends l’expression à mon comp­te, en y ajou­tant… quoi ? Du dépit, de la hon­te (pour la « confrè­rie »), de la gêne plu­tôt, au nom de tous ceux qui, face à cet­te sacra­li­sa­tion impu­di­que, ne peu­vent que se tai­re.

C’en est deve­nu un rituel, en effet, avec ses enjeux poli­ti­co-média­ti­ques : le jour­na­lis­te com­me héros moder­ne, hélas par­fois haus­sé au rang du mar­tyr, tom­bé au champ d’honneur de l’Information et de la Liber­té, rapa­trié en héli­co, tar­mac mili­tai­re, pré­si­dent de la Répu­bli­que, et tout et tout. Et pour bien fai­re entrer ces qua­tre héros au pan­théon moder­ne du tout-info, il aura fal­lu bien les pres­su­rer devant tant de micros et de camé­ras :

Dites, au moins, vous avez beau­coup souf­fert !…, « ils » ont été méchants, hein !…, et ces simu­la­cres d’exécution !…

– Ben… pas tant que ça… enfin un peu quand même…

J’ai été de cet­te cor­po­ra­tion…, en ayant tou­jours res­sen­ti le besoin d’une dis­tan­ce. Avec des ques­tion­ne­ments per­son­nels et en géné­ral : Qu’est-ce qui pous­se tel ou tel à deve­nir jour­na­lis­te ? Quid du nar­cis­sis­me « pro­fes­sion­nel », du voyeu­ris­me, du roman­tis­me, de l’ « héroïs­me » et de la vani­té ?

Un pro­fes­sion­nel, c’est quelqu’un… qui fait son bou­lot, de son mieux ; plus ou moins contraint ; en échan­ge d’un salai­re, plus ou moins gros. Un jour­na­lis­te aus­si. Si son chan­tier se trou­ve en Syrie, et qu’il a, plus ou moins, accep­té de le rejoin­dre, il doit œuvrer à la même tâche : com­pren­dre et fai­re com­pren­dre, témoi­gner aus­si. Bou­lot ris­qué, dans un pays en guer­re. Y être pris en ota­ge fait par­tie des dan­gers dudit métier. Acci­dent du tra­vail. C’est heu­reux, bien sûr, qu’il soit libé­ré. Que l’accidenté en réchap­pe et gué­ris­se. Nor­mal, là enco­re, c’est le bou­lot.

otages mali

Ota­ges au Mali depuis 2011 et 2012

Mais l’un et l’autre de ces tra­vailleurs ne connaî­tront pas le même « trai­te­ment ». Tout com­me pour Ser­ge Laza­re­vic et Gil­ber­to Rodri­guez Leal, enle­vés au Mali, res­pec­ti­ve­ment depuis novem­bre 2011 et novem­bre 2012. Ils ne sont pas jour­na­lis­tes, les pau­vres. Dou­ble pei­ne ! De même pour Phi­lip­pe Ver­don, 53 ans, retrou­vé en juillet 2013, au Mali, assas­si­né d’une bal­le dans la tête.

Je ne veux pas cra­cher dans cet­te sou­pe qui m’a nour­ri, et dont je me suis d’ailleurs réga­lé. Mais l’outrance de ces célé­bra­tions me font dire qu’elle cache trop de non-dits et d’enjeux qui n’ont rien à voir avec le spec­ta­cle exhi­bé. Ou bien si : ils ont à voir, par contras­te, avec la réa­li­té vrai­ment et autre­ment dra­ma­ti­que de l’état du mon­de. Avec les vrais héros de ce mon­de en souf­fran­ce extrê­me. Ces héros de la vie ordi­nai­re, quo­ti­dien­ne ; ceux qui souf­frent au jour le jour ; qui se lèvent dans la dou­leur, sans désir car cet­te socié­té ne les regar­de pas, ne les voit même pas ; car ils ne sont que don­nées abs­trai­tes dans la macro-éco­no­mie mon­dia­li­sée. Tous ces héros non ren­dus assez visi­bles par tant de jour­na­lis­tes assis, ayant déser­té les ter­ri­toi­res de la gran­de misè­re ordi­nai­re.

Si aucun jour­na­lis­te n’a enco­re été pris en ota­ge et gar­dé dans une cave obs­cu­re d’un quar­tier de Fran­ce, c’est peut-être qu’aucun jour­na­lis­te (ou pres­que) ne s’y rend, pré­fé­rant, sans dou­te, de « vrais » ter­ri­toi­res de guer­re.

• Sur Wiki­pe­dia, la noti­ce Ota­ge

• Sur lemonde.fr : La fille de l’otage fran­çais rete­nu au Mali dénon­ce une inéga­li­té de trai­te­ment

• sur Ota­ges-du-mon­de : LES 3 FRANÇAIS OTAGES DANS LE MONDE (dont RODOLFO CAZARES, FRANCO-MEXICAIN AU MEXIQUE depuis le 9 juillet 2011 - LE PLUS ANCIEN OTAGE FRANCAIS)

• Pas si à côté du sujet - lemonde.fr : Faut-il libé­rer les orques en cap­ti­vi­té ?


Au Répu, ça pue !

Un hono­ra­ble et ami­cal cor­res­pon­dant de Lor­rai­ne (mer­ci Domi­ni­que) m’envoie cet­te pho­to (trou­ble, à cau­se de l’odeur) de son quo­ti­dien local dénom­mé Répu­bli­cain lor­rain, alias Le Répu.

Le Républicain lorrain, 24/9/13

Le Répu­bli­cain lor­rain, 24/9/13

On a beau être, com­ment dire ? tolé­rant, sou­ple, com­pré­hen­sif, bien­veillant, etc. il y a quand même des coups de pied au cul qui se per­dent. Quand la cras­se men­ta­le rejoint la jour­na­lis­ti­que, le Gui­ness des records n’y suf­fi­rait plus. C’est pour­tant « dans le jour­nal », celui daté du 24/9/13. Pour­vu qu’il y ait enco­re plus d’invendus que d’habitude !


Adresse aux jeunes peut-être futurs journalistes et autres rêveurs romanesques

Jeu­nes peut-être futurs jour­na­lis­tes, pos­tu­lants ou appren­tis des si nom­breux lieux de for­ma­tion, rêveurs roma­nes­ques qui s’identifient à la pim­pan­te gran­de repor­ter et redres­seu­se de torts des films hol­ly­woo­diens et des séries télé, …

… il est enco­re temps de bien ques­tion­ner votre voca­tion et pour cela, …

…plus enco­re, de vous impré­gner de la réa­li­té d’aujourd’hui du métier d’informer.

Ce n’est pas l’ancien de la pro­fes­sion qui lan­ce sa pro­phé­tie de vieux schnok,

c’est que les condi­tions d’exercice dudit métier ont tel­le­ment chan­gé, à l’image de la pla­nè­te mon­dia­li­sée et de l’information déma­té­ria­li­sée.

Et si en pri­me vous fan­tas­mez sur les héros « des grands conflits qui font les grands repor­ters »,

lisez en prio­ri­té le témoi­gna­ge d’une jeu­ne et cou­ra­geu­se pigis­te ita­lien­ne, Fran­ces­ca Bor­ri, que sa pré­sen­ce sur le front de la guer­re civi­le en Syrie a lit­té­ra­le­ment trans­for­mée – tout autant d’ailleurs que l’indifférence plus ou moins char­gée de mépris oppo­sée par ses confrè­res. Et aus­si par le public.

Son arti­cle a été publié le 1er juillet 2013, sur le site de la “Colum­bia Jour­na­lism Review”, Il est repris sur le site du Nou­vel Obs sous le titre

« Lettre d’une pigiste perdue dans l’enfer syrien ».

Là non plus, on ne pour­ra pas dire « je ne savais pas ».

 

• Voir aus­si :

BONNE NOUVELLE. Les journaux sont foutus, vive les journalistes !


Olivier Voisin. Le photographe mort à la guerre

Photo AFP

Pho­to AFP

Oli­vier Voi­sin pho­to­gra­phiait la Syrie en guer­re. Il en est mort, à 38 ans, atteint par des éclats d’obus. Je viens de lire son der­nier cour­riel [ci-des­sous], adres­sé à une amie. Très beau et émou­vant témoi­gna­ge, par­ce que luci­de aus­si. Lui non plus n’était pas obli­gé d’y aller. Jus­te­ment, il y était. Pour­quoi ? Quel­le néces­si­té l’avait pous­sé là, au tris­te milieu de la folie humai­ne ? Le savait-il lui-même ? au delà d’un « des­tin », de la néces­si­té de croû­ter (à pas bien cher, quand on y pen­se, au prix de la peau du repor­ter), puis ren­du addict à l’adrénaline, cet­te dro­gue auto-pro­dui­te par un corps mena­cé de mort.

Dans la pres­se, le sta­tut d’indépendant – free lan­ce –, vue de l’extérieur, se paie de beau­coup d’illusions. On y est libre que selon la lan­gueur de la chaî­ne qui rat­ta­che au mar­ché de l’information, cyni­que­ment for­mu­lé par le slo­gan de Paris-Mat­ch : « le poids mots, le choc des pho­tos ». Une for­mu­le aujourd’hui rame­née au pas grand cho­se de cet­te infla­tion par laquel­le  la nou­vel­le s’est rédui­te au potin, l’information au tout-spec­ta­cle.

Un ami pho­to­gra­phe d’Olivier Voi­sin, Antoi­ne Vit­ki­ne, rap­pel­le cet­te réa­li­té, écri­vant à son pro­pos :

« Indé­pen­dant, il devait sans ces­se four­nir des pho­tos aux agen­ces pour pou­voir vivre de son métier. Cet­te pres­sion éco­no­mi­que le tenaillait. Il pre­nait des pho­tos magni­fi­ques, qui sou­vent n’intéressaient pas les agen­ces, pas assez «news» sans dou­te, et qu’il ne cher­chait guè­re à fai­re connaî­tre, hap­pé qu’il était par les conflits qu’il cou­vrait, pen­sant déjà à son pro­chain repor­ta­ge. »

Voi­ci donc le tex­te du cour­riel envoyé par Oli­vier Voi­sin à une amie ita­lien­ne, Mimo­sa Mar­ti­ni, la veille du jour où il a été bles­sé. Cel­le-ci l’a ren­du public sur Face­book. Com­me écrit de son côté Antoi­ne Vit­ki­ne, « ce tex­te doit être lu. Il est pas­sion­nant, bou­le­ver­sant, il lui res­sem­ble et il témoi­gne de l’horreur, de l’impasse du conflit syrien. Il racon­te aus­si ce qu’est la vie d’un pho­to­gra­phe de guer­re indé­pen­dant, et plus enco­re, il racon­te l’homme qu’était Oli­vier Voi­sin. »

 On peut voir cer­tai­nes de ses pho­tos sur son site web.

Syrie, 20 février 2013

Enfin j’ai réus­si par pas­ser! Après m’être fait refu­sé le pas­sa­ge à la fron­tiè­re par les auto­ri­tés tur­ques, il a fal­lu pas­ser la fron­tiè­re illé­ga­le­ment de nou­veau. Un pas­sa­ge pas très loin mais à tra­vers le no man’s land avec quel­ques mines à gau­che et droi­te et le paie­ment de 3 sol­dats. Me voi­là tout seul à pas­ser par le lit d’une riviè­re avec à peu prêt deux kilo­mè­tres à fai­re tout en se cachant pour ne pas se fai­re remar­quer par les mira­do­res. Putain, j’ai eu la trouille de me fai­re pin­cer et de fai­re le mau­vais pas. Et puis d’un coup le copain syrien qui m’attend et que je retrou­ve com­me une libé­ra­tion. Le sac et sur­tout les appa­reils pho­tos fai­saient à la fin 10000kg sur les épau­les.

La Voi­tu­re est là avec les mecs de la sec­tion de com­bat que je rejoins au nord de la vil­le de Hamah, deux heu­res de rou­te nous atten­dent et on arri­ve tous feux éteints pour ne pas se fai­re voir. Les mecs m’accueillent for­mi­da­ble­ment bien ! et sont impres­sion­nés par le pas­sa­ge tout seul de la fron­tiè­re plus tôt.

Les pre­miers tirs d’artillerie se font enten­dre au loin. J’apprends que les for­ces loya­lis­tes tien­nent plus de 25 km au nord de Hamah et que la ligne de front est repré­sen­tée plu­tôt par les démar­ca­tions entre ala­wi­tes et sun­ni­tes. Alors les for­ces d’Assad bom­bar­dent à l’aveugle et ils res­tent très puis­sants. Par chan­ce les avions n’attaquent plus tant le temps est pour­ri!

Les condi­tions de vie ici sont plus que pré­cai­res. C’est un peu dure. La bon­ne nou­vel­le, je pen­se que je vais per­dre un peu de ven­tre mais au retour je vais avoir besoin de 10 dou­ches pour rede­ve­nir un peu pré­sen­ta­ble!

Aujourd’hui je suis tom­bé sur des famil­les qui vien­nent de Hamah et qui ont per­dues leur mai­son. Ils vivent sous ter­re ou dans des grot­tes. Ils ont tout per­du. Du coup ça rela­ti­vi­se de sui­te les condi­tions de vie que j’ai au sein de cet­te com­pa­gnie.

Je fais les pho­tos et je suis même pas sûr que l’afp les pren­nent.

Il fait très froid la nuit. Heu­reu­se­ment que je me suis ache­té un col­lant de fem­me en Tur­quie du coup c’est pour moi un peu plus sup­por­ta­ble.

L’artillerie tire tou­tes les 20 minu­tes à peu prêt et le sol trem­ble sou­vent.

Le pro­blè­me j’ai la sen­sa­tion qu’ils tirent à l’aveugle et ont quand même des canons assez puis­sants pour cou­vrir une ving­tai­ne de kilo­mè­tres.

Il y a peu de com­bats directs. Les mecs ont besoin d’à peu prêt 20000 us $ pour tenir en muni­tions entre 2 à 4 heu­res de bas­ton. Du coup ils se bat­tent peu. Ils font rien du coup la jour­née. Je me deman­de com­ment ils peu­vent gagner cet­te guer­re. Ca confir­me ce que je sen­tais. La guer­re va durer très long­temps. Alors le chef du chef vient par­fois en rajou­ter une cou­che, appor­te un mou­ton pour man­ger, les mecs vont alors cou­per du bois dans la forêt aux alen­tours. Il appor­te aus­si des car­tou­ches entiè­res de ciga­ret­tes et le soir fait prier tout son mon­de ! Cer­tains sont très jeu­nes. Ils ont per­du déjà une ving­tai­nes de leurs cama­ra­des, d’autres sont bles­sés mais sont quand même pré­sents et je pen­se sur­tout à Abou Ziad, qui a per­du un oeil et c’est lui qui confec­tion­ne les roquet­tes mai­son pour les balan­cer durant les com­bats. Il est bra­ve et cou­ra­geux. Tou­jours devant, tou­jours le pre­mier à tout, pour aider, pour cou­per le bois, don­ner des ciga­ret­tes, se lever. Avec quel­ques mots d’arabes on essaie de se par­ler. Evi­dem­ment les dis­cus­sions tour­nent sou­vent sur la reli­gion mais eux ne se consi­dè­rent pas sala­fis­tes. Entre nous si c’était le cas je serais plus vivant. J’aime être avec lui. Quand les autres me deman­dent des trucs -évi­dem­ment avec le maté­riel appor­té- c’est tou­jours lui qui les « dis­pu­tent » et de me fou­tre la paix!

(Lire la sui­te…)


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­pren­dre que les cho­ses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fi­que, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croi­re les cho­ses par­ce qu’on veut qu’elles soient, et non par­ce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lip­pe Casal, 2004 - Cen­tre natio­nal des arts plas­ti­ques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­fes­te.
    (Clau­de Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­ti­que), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la gra­ce de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquet­te cou­leur et boî­tier rigi­de ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Com­me un nua­ge, album pho­tos et tex­te mar­quant le 30e anni­ver­sai­re de la catas­tro­phe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant clo­se (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en ven­te au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adres­se pos­ta­le !)

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tira­ge soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, pri­ses en Pro­ven­ce et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­ti­que sur le thè­me d’« après le nua­ge ». Cet­te créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thè­me du nucléai­re », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de tou­tes nos croyan­ces. (Ber­trand Rus­sel)

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    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­tai­gne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramas­se un frag­ment et dit que tou­te la véri­té s’y trou­ve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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