On n'est pas des moutons

Archive for juillet, 2010

Confession d’un blogueur ayant mille fois péché

– Bon ça va mon vieux, dépê­chons ! Y a la demoi­selle qui s’impatiente…

Impa­rable : le tableau de bord de mon blog indique « 999 ». C’est le nombre des articles publiés sur « C’est pour dire » depuis le 13 décembre 2004, date historique…

Même s’il n’y a pas de quoi en faire un fro­mage (quoique). C’était juste pour vous signa­ler que ce que vous lisez fait pas­ser le comp­teur à 1.000, ce qui va vous faire aussi une belle jambe – ah, le mys­tère de ces savou­reuses expressions !

Quant à la confes­sion annon­cée et au mil­lier de péchés atte­nant, vous repas­se­rez – dans six ans par exemple, au retour de la comète, si elle n’a pas changé de trajectoire.

Là-dessus, l’impénitent va s’offrir une pause hors-blog. A plus tard !


Abolition des Roms et autres vagabonds. Hommage à la Sarkozie !

« C’était un temps dérai­son­nable »… Ils avaient voulu les exter­mi­ner. Juifs, homos, tzi­ganes. Je sais c’est gros, on n’en est pas là. Mais l’esprit rôde, dirait-on, à pas feu­trés, de ce chuin­te­ment des pan­toufles, plus inquié­tant par­fois que le bruit des bottes. Par­fois l’un annonce l’autre. Je n’aime pas ça du tout, j’ai peur et honte. Peur pour les vic­times à venir, déjà dans le col­li­ma­teur. Honte pour « mon pays », ce qu’il repré­sente et que j’aime à repré­sen­ter avec lui, en cette somme de per­sonnes, de « bonnes per­sonnes », tant qu’à s’identifier à un ensemble. « Vivre ensemble », la belle expres­sion deve­nue sub­stan­tif, au nom de l’idéal, jamais atteint tou­jours espéré.

« Gens du voyage »… La méta­phore est aussi belle que trom­peuse. Quels gens ? Ou bien « quelles ». Mot à genre bizarre, entre mas­cu­lin sin­gu­lier et fémi­nin plu­riel (comme orgue et amour…) Et sur­tout quel « voyage » ? Là, dans l’infinité des dis­tin­guos, on touche à autant de visions du monde. Pour­quoi les Roms et les nomades en géné­ral voyagent-il de par le monde ? C’est une ano­ma­lie bien anor­male. Et pour­quoi les homos sont-ils homo­sexuels, et les Juifs juifs ? Le monde est bien bizarre.

Pas inté­grable, les Roms. Donc ache­ver de les dés­in­té­grer : flics, com­man­dos, pro­cès, PV, expul­sions. Et cas­sons le ther­mo­mètre plu­tôt que de trai­ter la grippe. Quelle grippe, au fait ? Celle d’un sys­tème grippé, et même pire : un régime aux abois, sans vision poli­tique, sinon de myope ou d’aveugle même. Un « fait divers », une « bavure », voilà ce qui tient lieu de cap à ces démo­lis­seurs achar­nés !

Les mêmes sont aussi à la basse manœuvre loca­le­ment. J’en ai un dans ma com­mune en la per­sonne du maire, adepte du tout libé­ral mâtiné d’écolo-gadgetisme, aussi social que les patrons de Neuilly. Venelles, Bouches-du-Rhône, 8.000 habi­tants, compte même moins de loge­ments sociaux (en pour­cen­tage) que Neuilly ! Venelles enfreint aussi la loi en n’ayant tou­jours pas amé­nagé de ter­rain d’accueil des­tiné aux gens du voyage – que son maire fait chas­ser à l’occasion à coups de ren­forts policiers… *

Bien sûr que les Roms posent quelques pro­blèmes. Même les « gens biens » s’en posent entre eux, et par­fois des autre­ment mégas ! Oui, les Roms vivotent de com­bines et même de lar­cins, se foutent de l’écologie comme de la bouffe bio, dégueu­lassent leurs cam­pe­ments, etc. Mais bien moins que chez les Bettencourt-Woerth, non ? Euh… sauf peut-être pour ce qui est des cam­pe­ments, ici et là, selon les îles pri­vées ou les havres dans quelque para­dis fiscal…

Et c’est alors qu’un bon fait divers arrive à point nommé pour faire diver­sion. Un bon coup der­rière la tête de ces boucs émis­saires sans défenses, si ce n’est leurs déri­soires cornes face au bou­clier éta­tique. Un bon coup de poing sur la table du pou­voir à la dérive, selon la recette pub « un Mars et ça repart ! » Ouais… En poli­tique aussi la pub (ou la com’, c’est tout comme), ça rend gros et con – et dangereux.

––––––––

* Exemple de pro­pos publics : « Madame, Mon­sieur, vous avez pu obser­ver et, pour cer­tains d’entre vous subir, la pré­sence de gens du voyage ins­tal­lés sur un ter­rain privé proche de la rési­dence des Ver­gers de Venelles. […] J’ai été immé­dia­te­ment informé et j’ai demandé à la Police muni­ci­pale d’engager, dans le dia­logue, des mesures fermes pour leur départ dans les meilleurs délais. […] Il est anor­mal que dans une démo­cra­tie, des mino­ri­tés imposent leur style de vie à la majo­rité paci­fique qui peuple notre Pays. […] Je vous prie de bien vou­loir noter le numéro de télé­phone por­table de la Police muni­ci­pale de Venelles qui inter­vient 24 h sur 24 : 06 09 95 12 79. » Jean-Pierre Saez, maire UMP de Venelles (13), vice-président de la Com­mu­nauté d’agglomérations du Pays d’Aix, 15/05/02


Abolition des corridas. Hommage à la Catalogne !

Le vote est-il pur de toute arrière-pensée sépa­ra­tiste ? Pas sûr… Tou­jours est-il que le Par­le­ment régio­nal de Cata­logne s’est pro­noncé hier pour l’interdiction des cor­ri­das sur son ter­ri­toire à par­tir du 1er jan­vier 2012, par 68 voix pour et 55 contre [AFP]. On sait à quel point les cli­vages peuvent être tran­chés dans cette que­relle de reli­gion oppo­sant afi­cio­na­dos et adver­saires de cette ances­trale cou­tume. Pour ma part j’en suis un adver­saire résolu, pour des tas de raisons.

A com­men­cer par la pre­mière, cette seule cor­rida à laquelle j’aie assisté. C’était en 1967 à Béziers (j’étais jeune jour­na­liste sta­giaire au Midi Libre) dont les arènes s’enorgueillissaient, c’est bien le mot, de la pré­sence du fameux El Cor­do­bés. Heming­way n’y a rien pu en ce qui me concerne : ce sinistre spec­tacle pro­vo­qua chez moi un haut-le-cœur. A la fois en rai­son de la souf­france « gra­tuite » (une gra­tuité de gros biz­ness), cette cruauté infli­gées aux ani­maux : tau­reaux bar­dés de ban­de­rilles – des har­pons, oui ! –, poi­gnar­dés à coups de dagues par les pica­dores, ren­dus fous et exsangues par le mata­dor, ce tueur déguisé en pois­son comme disait Coluche ; che­vaux aux yeux ban­dés à qui on vou­drait épar­gner le ter­rible stress – autre­fois, sans pro­tec­tion, ils étaient très sou­vent encorné et éventrés.

Madrid, Plaza de Toros Las Ven­tas, octobre 2005. © Manuel Gonzá­lez Olae­chea y Franco [Wikipedia

Deuxième rai­son : la lâcheté des spec­ta­teurs rabais­sés aux com­por­te­ments de leurs ancêtres des jeux du cirque. Les hur­le­ments de la foule ; je n’aime pas la foule en délire et ses hys­té­ries jus­ti­cières me glacent d’effroi, là plus encore que dans les autres stades, où les com­por­te­ments sont pour­tant sem­blables : pré­do­mi­nance des cer­veaux rep­ti­liens, hur­le­ments, com­mu­nion de trou­peaux, odeur de lyn­chage… Certes, le tau­reau a rem­placé l’esclave – quel progrès !

Troi­sième rai­son : la morgue du torero, cet amas d’orgueil, d’arrogance, ce concen­tré de l’Homme qui se croit tout puis­sant – sauf devant Dieu, qu’il implore lâche­ment de sur­croît lors de chaque « com­bat ». J’y vois le pan­tin rigide, engoncé dans sa suf­fi­sance, repré­sen­ta­tif du « sur­homme » vou­lant aussi mater (de matar, tuer) la nature, prendre son contrôle jusqu’à l’asservir. C’est le pro­to­type du « bat­tant » qui consi­dère la vie comme une arène, un lieu de spec­tacle pour s’y adon­ner au dar­wi­nisme social – abhorré par Dar­win lui-même, faut-il le rap­pe­ler, et sans cesse dénoncé par ses conti­nua­teurs évo­lu­tion­nistes. Le mata­dor moderne porte un cos­tard moins tapa­geur mais col­porte des valeurs de com­pé­ti­tion et de domi­na­tion sour­cées dans l’entreprise et l’économie néolibérale.

Et qu’on ne me parle pas du « cou­rage » du torero ! Au nom de quelle valeur supé­rieure – sinon celle de son ego déme­suré – et de quelle néces­sité altruiste va-t-il donc pro­vo­quer (« affron­ter ») une bête à qui il n’a rien demandé – et qui lui en demande encore moins ?! Accom­plir un acte ris­qué, gra­tuit et géné­reux, voilà ce qui me semble aller de pair avec la notion de cou­rage – c’est plus rare et précieux.

Les objec­tions des par­ti­sans me semblent de bien peu de poids. En par­ti­cu­lier celle met­tant en avant cruauté des éle­vages et des abat­toirs d’animaux. Les deux com­bats pour le res­pect des bêtes ne sont nul­le­ment contra­dic­toires. De plus, on ne sau­rait jus­ti­fier une pra­tique en invo­quant les pires. La guerre étant la pire d’entre toutes, elle ne jus­ti­fie pas pour autant les gué­rillas, prises d’otages, lapi­da­tions reli­gieuses, assas­si­nats et autres bar­ba­ries « ordinaires »…

Autre objec­tion, celle de la tra­di­tion, de la culture, etc. Alors, il fau­drait réta­blir les com­bats de coqs (ils sont inter­dits en Europe mais demeurent clan­des­tins) de même que les com­bats de gla­dia­teurs – les uns et les autres étant des mani­fes­ta­tions émi­nem­ment culturelles.

Si la culture est l’expression de l’état d’une civi­li­sa­tion à un ins­tant donné, elle n’est aussi qu’un moment entre deux avan­cées qui lui donnent un sens. Je veux le croire !

D’où cet « hom­mage à la Cata­logne » en clin d’œil au grand jour­na­liste et huma­niste que fut George Orwell ; c’est sous ce titre en effet que furent publiés le recueil de ses repor­tages sur la guerre d’Espagne. C’est de lui aussi qu’on retient le concept de « décence com­mune » dans laquelle se recon­naît l’humanité fra­ter­nelle et bien­veillante – y com­pris avec les ani­maux et leurs souffrances.

Prime : La Cor­rida, pam­phlet de et par Fran­cis Cabrel

Fran­cis Cabrel — La Cor­rida
envoyé par Qua­rouble. — Regar­dez la der­nière sélec­tion musicale.


McCoy Tyner à La Roque-d’Anthéron. Même les astres vieillissent


« Sois fier, ouvrier ! » Ph. Gérard Tissier

Une fois le tra­vail fini, l’ouvrier ramasse sa musette, la passe à l’épaule et file vers son des­tin. Qu’y a-t-il donc dans la musette de McCoy Tyner, Alfred de son inusité pré­nom, ame­née avec lui hier [lundi 26 juillet 2010] à son concert du fes­ti­val de La Roque d’Anthéron ? Il a gagné la scène à petits pas comp­tés de retraité. Soixante-douze ans, pas si vieux pour­tant. Mais c’est qu’il en a compté des pas, et des notes donc, par mil­liers de mil­lions ! Cet aristo du jazz a tout du prolo magis­tral, et sa cas­quette on ne sait si elle sort d’un green de golf ou d’un bis­trot à tiercé. S’en fout. Donc, il pose sa pré­cieuse musette au pied du Stein­way ; elle est pleine, jouf­flue, fer­mée : des sou­ve­nirs, des his­toires, pleine d’images, de sons, de par­toches ? Elle reste muette la musette et le voilà à  l’ouvrage, l’ouvrier. Il la connaît sa machine, depuis le temps. Il l’aime et la caresse. Pas la moindre bru­ta­lité. Tout dans la tête et en voi­ture les copains.

Soit Joe Lovano au ténor, à l’avant, place du mort. C’est-à-dire celle du grand, du géant, du com­man­deur à l’ombre tuté­laire. Avec Col­trane, McCoy aura joué presque une dizaine d’années, dont cinq ou six au plus près (60–65), les plus grandes, les glo­rieuses, l’épopée. On n’en fini­rait pas d’égrener enre­gis­tre­ments et concerts, par cen­taines, dont celui de 60, à l’Olympia, où ils furent sif­flés, mécham­ment, par d’ignares braillards, arrière-gardistes à la ramasse. Des réacs en fait, des peine à jouir en quête de ras­su­rance : entendre ce qu’on connaît, c’est mieux pour chan­ton­ner ou fan­fa­ron­ner. On dira que ça vaut les snobs, ô Gudule… Mais la musique, le jazz, revenons-y.

Hier donc, ça se pas­sait à Rognes, près d’ Aix-en-Provence et de la Roque d’Anthéron, vous savez le grand fes­ti­val de piano. Rognes, dans les anciennes car­rières de la pierre du même nom qui pare les belles mai­sons de riches. L’endroit est comme on dit « magique » : un trou taillé à l’équerre dans la roche du plus bel ocre. En fond de scène, cette muraille avec son Nia­gara de lierre éme­raude. Ne me dites pas que ça ne s’entend pas ! Néces­saire écrin aux notes célestes. Pour­quoi croyez-vous qu’on par­coure tant de lieues pour com­mu­nier en musique ? : Vienne et son théâtre antique, Nice et ses cor­niches, Vitrolles et ses pla­tanes, La Seyne-sur-mer et son Fort Napo­léon – j’en passe. Pour­quoi pré­fé­rer le décor d’un res­tau­rant à celui de sa cui­sine ? Reste tou­jours la ques­tion des plats, évi­dem­ment. Pas ques­tion de tam­bouille ou d’arnaque à la frime.

Ph. Gérard Tissier

Et hier, jus­te­ment, pas la moindre trace de notes fre­la­tées. Lovano, donc, le gendre idéal pour noces bien tenues. Aucun débor­de­ment dans le pro propre. Mais du solide, de l’assuré, jusque dans la déli­ca­tesse soyeuse. Au volant, Alfred suit sa route, « négo­cie » ses courbes, assure les reprises ; main gauche main droite en pleine vélo­cité. Aux places arrière, le mou­lin de la ryth­mique, cor­recte aussi, plus ou moins – un bat­teur qui bat (Eric Kamau Gra­vatt, passé par Wea­ther Report) sans plus ; un contre­bas­siste qui pulse de même (Gerald Can­non, appuyé, démonstratif).

On aura par­couru la grande route du jazz en 90 minutes : du modal et même du swing ancien et de la racine (Blues on the Cor­ner en rap­pel). Mais plus de folie free. Même les astres vieillissent. Plus ou moins vite. Celui-là prend son temps, sur­tout depuis que le Soleil s’est éloi­gné. Même si « les gens » per­sistent à voir en lui « l’homme qu’a vu l’ours » – ce « pia­niste de John Col­trane », alias J-C, vous savez dans le sys­tème ado­ra­tif des fans, ceux qui croient aux miracles, qui croient croire et qui coassent, comme raillait Pré­vert, et qui se pros­ternent au pas­sage de l’ « icône vivante » – ova­tion debout, à l’aller de la scène comme au retour, car ils étaient venus à la car­rière de Rognes comme à la grotte de Lourdes, croyant au miracle  qui n’a pour­tant pas eu lieu. Mais c’était bien assez pour hono­rer le culte du jazz, cette reli­gion – en prin­cipe – barbare.

Ci-dessous, en prime, deux extraits sai­sis dans la car­rière de Rognes :
[fla­sh­vi­deo file=http://f.lovisolojob.free.fr/video/11maccoy.flv /]

[fla­sh­vi­deo file=http://f.lovisolojob.free.fr/video/22maccoy.flv /]

–––––––––––

Ph. Gérard Tissier

PS 1 – Mon cama­rade Gérard Tis­sier, autre fondu de jazz et néan­moins pho­to­graphe avait hier un plan « Rognes » : offrir à Alfred McCoy Tyner la photo qu’il prit de lui… en 1963 au Blue Note à Paris où il avait déboulé avec ses potes après le concert salle Pleyel du quar­tet de John Col­trane. Il y avait là Jimmy Gar­ri­son (c-basse) et Elvin Jones (bat­te­rie) qui enta­mèrent le bœuf, à la suite du concert de l’organiste Lou Benett, ori­gi­naire de Phi­la­del­phie tout comme McCoy…

Ces deux pho­tos attestent aussi de l’impossibilité pour le jeune pho­to­graphe d’alors de bou­ger et donc de pou­voir, dans ce club si exigu (dis­paru depuis) cadrer ensemble les trois musiciens…

Mais hier, le temps de gagner la sor­tie de la car­rière (pas le tout d’y entrer…) et les vedettes avaient été aspi­rées par la limou­sine de ser­vice. Gérard a gardé ses deux pho­tos dans sa… musette. Avec le bon­jour d’Alfred !

PS 2 – Mort de Willem Breu­ker. Cour­riel de Gérard Ter­ro­nès : […] « Notre ami Willem Breu­ker nous a quit­tés hier ven­dredi [23 jui­let]. J’ai eu le grand pri­vi­lège de pou­voir pro­gram­mer ce com­po­si­teur, saxo­pho­niste et lea­der du Willem Breu­ker Kol­lek­tief dans mes dif­fé­rents jazz clubs, concerts et fes­ti­vals pari­siens, de l’enregistrer sur mon label Marge et aussi d’être son com­pa­gnon de route durant dix-huit ans (1975–1993) dans de mul­tiples aven­tures à tra­vers toute la France.

« Artiste brillant, il fut l’un des pères des musiques impro­vi­sées euro­péennes vers  le milieu des années 1960. Créa­teur et agi­ta­teur musi­cal très inven­tif, vir­tuose et plein d’humour, il com­posa aussi pour le cinéma et le théâtre. Il mani­festa une indé­pen­dance cer­taine dans la jungle des jazz et mit en pra­tique son choix de fonc­tion­ne­ment poli­ti­que­ment auto­nome en dénon­çant dans ses œuvres toutes les injus­tices et misères du monde, mais éga­le­ment par sa démarche en auto­ges­tion et ges­tion directe de son Kol­lek­tief et de son label (BVHAAST).

« Je suis effon­dré d’apprendre le décès de ce com­bat­tant ami de longue date, dis­pa­ri­tion qui repré­sente une grande perte pour tous ses proches et admi­ra­teurs, mais aussi pour le jazz et toutes les musiques impro­vi­sées actuelles. »

http://futuramarge.free.fr


À Michel Germaneau, mort au nom de l’Homme, victime du fanatisme

Ni un tou­riste, ni un jour­na­liste ou un « huma­ni­taire » au sens patenté. Un huma­niste sans doute. Un homme avant tout. Michel Ger­ma­neau a fini sa vie dans le désert nigé­rien, vic­time de fana­tiques reli­gieux et assas­sins – ça va si sou­vent de pair. Ancien ingé­nieur élec­tri­cien, il avait 78 ans et souf­frait du cœur. Une mala­die et des élans pour un même homme, debout, qui a su don­ner du sens à sa vie, jusqu’à la fin. Un homme, comme on aime en rencontrer.

La sinistre mise en scène d’Al Qaïda au Magh­reb islamique

Il était d’abord venu dans cette région si déshé­ri­tée du Sahel pour y admi­rer le ciel à l’occasion d’une éclipse. Il aurait pu res­ter tou­riste émer­veillé, mais le cœur en a décidé autre­ment. Il s’entiche de ses amis de ren­contre, s’engage à les aider, et revien­dra de mul­tiples fois à In-Abangharet, un vil­lage à 280 km au nord-ouest d’Agadez où il avait aidé à mon­ter une école.

Aga­dez, une ville et une région dou­ble­ment désta­bi­li­sés : une pre­mière fois lors de la grande séche­resse des années 70 qui pro­vo­qua un exode mas­sif des Toua­regs vers Aga­dez même et vers Nia­mey, la capi­tale nigé­rienne, où ils furent des plus mal accueillis, c’est peu dire. Une seconde fois avec la décou­verte et la mise en exploi­ta­tion du gise­ment d’uranium d’Arlite, devenu un enjeu politico-économique entre l’état nigé­rien et la France d’Areva, dont les popu­la­tions locales ne rece­vaient que des miettes tout en étant exclues des prises de déci­sions les concer­nant. Un bon ter­reau pour les extrémistes.

Qu’il s’agisse de la forêt ou du cacao, du pétrole, des dia­mants, du cuivre, du col­tan et plus encore de l’uranium, les richesses de l’Afrique n’ont pour ainsi dire jamais pro­fité à leurs popu­la­tions. Voyez la Côte d’ivoire, le Congo, les pays des Grands lacs, le Dar­four et le Tchad, l’Algérie. Et que dire de l’Afrique du Sud, au delà du mon­dial de foot ? Car l’Afrique, c’est le règne de la pré­da­tion, d’une éco­no­mie entiè­re­ment détour­née vers les inté­rêts privés.

Alors un Michel Ger­ma­neau là-dedans, bah, tout juste une pièce de gibier pour fous d’Allah ! Ils lui ont donc volé la vie, ses élans et ses illu­sions, au pro­fit des leurs, si ter­ribles et démentes, infes­tées des pires pul­sions mor­bides et mortifères.

Michel Ger­ma­neau ne sera pas mort dans un hos­pice, ce qui est déjà beau. Il ne se sera pas rési­gné à la petite vie de retraité pépère,ce qui est aussi remar­quable. Le pire serait tout de même qu’il mou­rût comme un chien dans une meute de hyènes. Ce qui est hélas probable.


Devinette à base de charabia juridico-médiatique concernant Michel Drucker et nonobstant extensible à d’autres affaires

Trou­vée sur le site Orange.fr, cette perle de cha­ra­bia juridico-médiatique. De quoi ali­men­ter un petit jeu-devinette ouvert aux meilleurs logi­ciens. Les­quels pour­ront aussi ten­ter, par anti­ci­pa­tion, de  trans­po­ser ladite logique aux algé­briques affaires en cours genre « LB + EW + FW + etc. »

Voici la chose :

« Le Conseil d’Etat a confirmé une ordon­nance du juge des réfé­rés du tri­bu­nal admi­nis­tra­tif de Mar­seille sus­pen­dant une déci­sion du maire d’Eygalières (Bouches-du-Rhône), qui avait refusé de reti­rer un per­mis de construire accordé à l’animateur Michel Dru­cker, a-t-on appris mer­credi auprès du Conseil. »

Vos réponses :

1 - Dru­cker l’a dans le pétch”, son per­mis est refusé

2 - Au contraire, il obtient son per­mis et se fait construire sa mai­son de rêve dans un lieu de rêve théo­ri­que­ment protégé

3 - P’têt” ben qu’oui, p’têt” ben qu’non


L’honneur des journalistes. Ce « deuil des convictions » porté à la boutonnière

L’ordre napo­léo­nien de la Légion d’honneur reste tou­jours… à l’honneur. Il peut s’avérer riche d’enseignements d’aller consul­ter les listes pério­diques des pro­mus. Et, par exemple, se ras­su­rer en consta­tant qu’on ne fait pas par­tie du lot. Ou en se délec­tant de ce mot de Jules Renard dans son Jour­nal : « En France, le deuil des convic­tions se porte en rouge et à la bou­ton­nière. » Liste copieuse à l’appui, Acri­med a reco­pié les noms de la caté­go­rie « Légion d’honneur et Ordre du Mérite pour jour­na­listes et diri­geants de médias », et cela de 2005 à cette année, der­nier cru du 14-juillet. On com­prend  mieux, « en direct », tout l’intérêt des monarques à s’allier les médias et leurs ser­vants. Ainsi gros­sit, en ses vagues suc­ces­sives, l’obèse répu­blique des élites et des émules, des copains et des coquins.

Ouvrez le ban ! :

I. Légion d’honneur

- Décret du 2 avril 2010 :
Au grade de com­man­deur
– Phil­lipe Labro, offi­cier du 8 jan­vier 2002, écri­vain, jour­na­liste
Au grade d’officier
– Anne-Marie Cou­derc, che­va­lier du 26 sep­tembre 2000, ex-directrice géné­rale du groupe Hachette Fili­pac­chi, aujourd’hui direc­trice délé­guée de Lagar­dère Active.
– Jean Ama­dou, chan­son­nier, pro­duc­teur, ani­ma­teur d’émissions.
– Mireille Dumas, pro­duc­trice et pré­sen­ta­trice.
– Denise Fabre, ancienne pré­sen­ta­trice d’émissions télé­vi­sées.
– Odile Got­lieb, Che­va­lier du 28 octobre 2001, édi­trice, pré­si­dente des Édi­tions Odile Jacob.
Au grade de che­va­lier
– Domi­nique Durand, jour­na­liste, rédac­teur en chef de revues scien­ti­fiques, pré­sident de l’Association fran­çaise Buchenwald-Dora et Kom­man­dos.
- Décret du 31 décembre 2009 :
Au grade de com­man­deur
– Edmonde Charles-Roux, Offi­cier du 1er avril 2003, écri­vaine, pré­si­dente de l’Académie Gon­court, ancienne jour­na­liste à Elle, ancienne rédac­trice en chef de l’édition fran­çaise de Vogue.
– Jean-Claude Narcy, Offi­cier du 9 juillet 2002, jour­na­liste, ancien pré­sen­ta­teur du jour­nal télé­visé.
Au grade d’officier
– Jean-Luc Hees, Che­va­lier du 29 novembre 2001, pré­sident du groupe Radio-France.
Au grade de che­va­lier
– Axel Duroux, jour­na­liste, ex-président du direc­toire du groupe RTL entre 2005 et 2009, direc­teur géné­ral de TF1 (2009)
– Régis Fau­con, ancien jour­na­liste à FR3, TF1, aujourd’hui jour­na­liste indé­pen­dant.
– Alexan­dra d’Arnoux, jour­na­liste.
– Danièla Lum­broso, pro­duc­trice de télé­vi­sion, jour­na­liste et pré­sen­ta­trice.
– Syl­vie Ody, jour­na­liste.
– Thé­rèse Torre, pro­duc­trice d’émissions télé­vi­sées.
– Jean-Pierre Vignolle, direc­teur géné­ral de l’Agence France-Presse.
- Décret du 14 juillet 2009 :
Au grade de che­va­lier
– Denise Ammoun, jour­na­liste, écri­vaine (Égypte).
– Jean Ayzac, jour­na­liste, ancien vice-président d’un conseil géné­ral.
– Gene­viève Bri­sac, édi­trice, écri­vaine.
– Alain Elkann, jour­na­liste, conseiller spé­cial du ministre ita­lien de la Culture.
– Charles Ender­lin, jour­na­liste, chef du bureau d’une chaîne de télé­vi­sion à Jéru­sa­lem.
– Marie-Claire de La Gran­dière, jour­na­liste, direc­trice de la rédac­tion d’un maga­zine et écri­vaine.
– Patrick Fores­tier, jour­na­liste, écri­vain
– Rug­gero De Pas, jour­na­liste, pré­sident du centre d’accueil de la presse étran­gère à Paris.
– Didier Pillet, jour­na­liste
Au grade d’officier
– Antoine Sfeir, écri­vain, jour­na­liste, direc­teur des Cahiers de l’Orient.
– Phi­lippe Tes­son, jour­na­liste.
– Phi­lippe Vas­seur, « ancien ministre, pré­sident d’une fédé­ra­tion d’entreprises », dixit le décret. Mais M. Vas­seur est un ancien jour­na­liste éco­no­mique de TF1, des Echos, du Figaro, pré­sident de l’Ecole Supé­rieure de Jour­na­lisme de Lille depuis sep­tembre 2008.
- Décret du 10 avril 2009 :
Au grade de che­va­lier
– Emile Picy, jour­na­liste par­le­men­taire.
– Henri Pigeat, pré­sident du conseil d’administration du Centre de for­ma­tion des jour­na­listes.
– Hélène Piro­non, jour­na­liste.
– Emma­nuel Hoog, ex-président-directeur-général de l’Institut Natio­nal de l’Audiovisuel, pré­sident de l’agence France-Presse.
– Didier Quillot, pré­sident de Lagar­dère Active.
- Décret du 31 décembre 2008 :
Au grade de che­va­lier
– Marie Holz­man, écri­vaine, jour­na­liste, pré­si­dente de l’association Soli­da­rité Chine.
– Caro­line Sinz-Deleau, jour­na­liste, grand repor­ter au ser­vice « Enquêtes et repor­tages » de France 3.
Au grade d’officier
– Didier Fran­çois, sous-directeur de l’édition, de la pro­duc­tion et de l’information à la Direc­tion des Jour­naux offi­ciels.
– Marie-Claude Bros­sol­let, Che­va­lier du 16 novembre 1998, président-directeur géné­ral des édi­tions Belin.
- Décret du 13 juillet 2008 :
Au grade de com­man­deur
– Joseph Crampes, dit Jacques Chan­cel, jour­na­liste, écri­vain, admi­nis­tra­teur du groupe Canal+.
Au grade de che­va­lier
– Ruth Elkrief, jour­na­liste, pré­sen­ta­trice.
– Michèle Leloup, jour­na­liste spé­cia­li­sée « Archi­tec­ture » à L’Express.
– Phi­lippe Rein­hard, jour­na­liste (Le Télé­gramme de Brest, L’Éclair des Pyré­nées…), écri­vain.
– Héloise Lefevre d’Ormesson, écri­vain, édi­trice (édi­tions Héloise d’Ormesson).
- Décret du 21 mars 2008 :
Au grade de com­man­deur
– Jean-René Four­tou, Offi­cier du 14 avril 1997, pré­sident du conseil de sur­veillance du groupe Vivendi.
– Patrick Le Lay, Offi­cier du 27 février 2003, ancien pré­sident du conseil d’administration de TF1.
– Eliane Vic­tor, Offi­cier du 28 mars 1991, écri­vaine, ancienne jour­na­liste à Elle, pro­duc­trice de l’émission « Quo­ti­dien­ne­ment vôtre » sur TF1.
Au grade d’officier
– Rémy Saut­ter, Che­va­lier du 9 mars 1993, président-directeur-général du groupe RTL.
– Hervé Cha­ba­lier, Che­va­lier du 20 juin 1996, ani­ma­teur, jour­na­liste, pro­duc­teur.
– Eve Rug­gieri, Che­va­lier du 25 octobre 1990, pro­duc­trice, pré­sen­ta­trice.
– John Vino­cur, édi­to­ria­liste de l’International Herald Tri­bune.
– Robert Menard, jour­na­liste, ex-secrétaire géné­ral de Repor­ters Sans Fron­tières.
Au grade de che­va­lier
– Yves Mes­sa­ro­vitch, ancien jour­na­liste rédac­teur en chef au Figaro, ancien direc­teur du groupe Expan­sion, ancien jour­na­liste à L’Express.
- Décret du 30 jan­vier 2008 :
Au grade de che­va­lier
– Jean Guillard, jour­na­liste hono­raire.
– Carole Bel­le­mare, jour­na­liste, chef de ser­vice dans un quo­ti­dien (Le figaro éco­no­mie).
– Chan­tal Doumic-Nerot, ancienne jour­na­liste
– Marie-Louise Schaef­fer, jour­na­liste, grand repor­ter
Au grade d’officier
– Arlette de Beu­ve­rand de la Loyère, direc­trice de rédac­tion dans un groupe de presse.
Au grade de che­va­lier
– Cathe­rine Cey­lac, pro­duc­trice et ani­ma­trice de télé­vi­sion sur France 2.
– Isa­belle Dor, jour­na­liste.
– Patri­cia Mar­tin, jour­na­liste, ani­ma­trice d’émissions radio­pho­niques sur France Inter.
- Décret du 13 juillet 2007 :
Au grade de Com­man­deur
– Jean Lacou­ture, jour­na­liste, écri­vain. Offi­cier du 8 février 1993.
Au grade de che­va­lier
– Patrick Buis­son, ancien jour­na­liste, direc­teur géné­ral de la chaine His­toire.
– Fran­çois Gault, jour­na­liste, cor­res­pon­dant per­ma­nent de Radio France en Pologne.
– Elise Lucet, jour­na­liste, pré­sen­ta­trice du jour­nal de 13h (France 2).
– Eric Revel, jour­na­liste éco­no­mique.
– Daniel Ron­deau, écri­vain, jour­na­liste.
- Décret du 6 avril 2007 :
Au grade de che­va­lier
– Véro­nique Saint Olive, née Mis­soffe, jour­na­liste (France 2). A l’époque, Arrêt sur images était revenu sur sa nomi­na­tion.
– Henri Tincq, jour­na­liste spé­cia­lisé dans les affaires reli­gieuses à La Croix, puis au Monde.
– Patrick Lamm, jour­na­liste éco­no­mique, rédac­teur en chef (Les Echos).
– Chris­tian Brin­court, jour­na­liste, grand repor­ter à Paris Match.
– Phi­lippe Goul­liaud, jour­na­liste poli­tique au Figaro.
– Jean-Paul Pigasse, jour­na­liste.
- Décret du 31 décembre 2006 :
Au grade de che­va­lier
– Isa­belle Dath, jour­na­liste à RTL.
– Anita Haus­ser, écri­vaine, jour­na­liste, ancienne chef du ser­vice poli­tique de LCI, rédac­trice en chef adjointe du ser­vice poli­tique du quo­ti­dien Le Soir.
– Armelle Héliot, jour­na­liste, grand repor­ter puis rédac­trice en chef du ser­vice culture du Figaro.
– Syl­vie Pierre-Brossolette, jour­na­liste, rédac­trice en chef du ser­vice de poli­tique inté­rieure de l’hebdomadaire Le Point.
– Randa Takied­dine, jour­na­liste, chef du bureau de Dar Al Hayat à Paris.
– Gérard Klein, comé­dien, ani­ma­teur d’émissions télé­vi­sées.
– Eli­sa­beth Ker­var­rec, jour­na­liste pour « Fran­çais du Monde » et secré­taire géné­rale de l’Association Démo­cra­tique des Fran­çais à l’Etranger.
– Fran­çois Lubrina, méde­cin vété­ri­naire, jour­na­liste (Canada).
Au grade d’officier
– Thierry Des­jar­dins, Che­va­lier du 19 août 1997, jour­na­liste au Figaro.
– Jean-Pierre Elkab­bach, Che­va­lier du 10 décembre 1998, jour­na­liste à Europe 1.
- Décret du 13 juillet 2006 :
Au grade d’officier
– Alain Duples­sis de Pou­zil­hac, pré­sident du direc­toire de la chaîne d’information France 24, PDG de la Société de l’Audiovisuel Exté­rieur de la France (SAEF).
– Marianne Berard-Quelin, présidente-directrice-générale de la Société Géné­rale de Presse.
Au grade de che­va­lier
– Jean-Jacques Bour­din, journaliste-rédacteur en chef de RMC info, ani­ma­teur.
– Ladis­las de Hoyos, ancien jour­na­liste pour TF1 puis France 2 et France Inter.
– Patrick Fau­con­nier, grand repor­ter, fon­da­teur du maga­zine Chal­lenges, jour­na­liste au Nou­vel Obser­va­teur.
– Henri Lau­ret, jour­na­liste, chro­ni­queur et édi­to­ria­liste à France Info, direc­teur géné­ral et codi­rec­teur de la rédac­tion de France Soir.
– Fré­dé­ric Fer­ney, écri­vain, jour­na­liste et cri­tique au Point.
– Renaud Le Van Kim, pro­duc­teur de télé­vi­sion, patron de KM pro­duc­tions et conseiller à TF1.
– William Ley­mer­gie, pro­duc­teur, pré­sen­ta­teur.
– Jacques Lou­vet, pré­sident de la Fédé­ra­tion natio­nale de la presse spé­cia­li­sée.
– Pierre Fulla, jour­na­liste spor­tif.
- Décret du 31 décembre 2005 :
Au grade d’officier
– Jean-Pierre Caillard, Che­va­lier du 17 sep­tembre 1994, ancien jour­na­liste et direc­teur de la publi­ca­tion du quo­ti­dien La Mon­tagne, président-directeur géné­ral de la chaîne de télé­vi­sion Cler­mont Pre­mière, Pré­sident du grou­pe­ment des grands régio­naux.
– Michèle Cotta, Che­va­lier du 10 juin 1996, jour­na­liste, ancienne pré­si­dente de Radio-France, ancienne direc­trice de l’information à TF1.
– Robert Namias, Che­va­lier du 19 novembre 1997, jour­na­liste, ancien repor­ter à RTL, ancien chro­ni­queur à Europe 1, ancien direc­teur de la rédac­tion de TF1, édi­to­ria­liste sur la chaîne d’information I-télé.
Au grade de che­va­lier
– Fran­çoise Laborde, jour­na­liste, ancienne rédac­trice en chef adjointe de TF1, ancienne pré­sen­ta­trice des JT du week-end sur France 2, nom­mée au Conseil Supé­rieur de l’Audiovisuel par Nico­las Sar­kozy en jan­vier 2009.
– Vic­tor Malka, ani­ma­teur sur France Culture.
– Jean-Manuel Bour­gois, direc­teur géné­ral d’une mai­son d’édition.
– Isa­belle Gal­li­mard, présidente-directrice géné­rale de la mai­son d’édition Gal­li­mard.
– Antoine Schwarz, pré­sident de la chaîne radio­pho­nique RFI.
– Marc Tes­sier, ancien pré­sident de France Télé­vi­sion (1999–2005).
- Décret du 14 juillet 2005 :
Au grade de Com­man­deur
– Pierre Weill, ancien PDG de la Sofres, pré­sident de Weill Conseil et du comité stra­té­gique de TNS Sofres.
Au grade d’officier
– Michel Bou­ti­nard Rouelle, admi­nis­tra­teur d’Havas, ancien pré­sident d’Havas Media Com­mu­ni­ca­tion et ancien PDG d’Avenir Havas Media SA.
– Albert Mal­let, ancien pré­sident de Radio Sha­lom.
– Jean-François Revel, écri­vain, membre de l’Académie fran­çaise, édi­to­ria­liste au Point.
Au grade de che­va­lier
– Daniel Bou­det, pré­sident de la mis­sion sur la télé­vi­sion numé­rique ter­restre.
– Louis-François Caillaud, direc­teur dépar­te­men­tal de La Nou­velle Répu­blique.
– Ber­nard Lecomte, direc­teur de col­lec­tion aux édi­tions Jean-Claude Lat­tès, ancien jour­na­liste (La Croix, L’Express…), écri­vain.
– Oli­vier Poivre, dit Poivre d’Arvor, écri­vain
– Viviane Rebes­chini, rédac­trice en chef
– Domi­nique War­lu­zel, avo­cat, concep­teur et pro­duc­teur de maga­zines télé.
– Henri Made­lin, ancien rédac­teur en chef de la revue Etudes.
– Daniel Bila­lian, jour­na­liste, direc­teur des sports de France Télé­vi­sions.
– Laure Adler, ancienne direc­trice de France Culture, écri­vain.
– Jean-Jacques Gabut, ancien direc­teur au groupe Le Pro­grès.
– Ber­trand Méheut, PDG de Canal Plus.
– Richard Ducous­set, vice-président d’Albin Michel, gérant de Canal Plus Edi­tions et des édi­tions Filipacchi-Albin Michel.
– Nico­las Duha­mel, direc­teur géné­ral délé­gué de La Poste, ancien direc­teur géné­ral adjoint d’Havas, ancien direc­teur géné­ral de l’Office d’annonces (ODA).
– Ber­trand Fabre, direc­teur de la rédac­tion du Moni­teur des tra­vaux publics et du bâti­ment, direc­teur des rédac­tions du groupe Le Moni­teur.
– Fabrice Larue, pré­sident de la Finan­cière Fabrice Larue, pré­sident de Datem (ex-Presse Infor­ma­tique), ancien PDG du Groupe Des­fos­sés Inter­na­tio­nal SA.

II. Ordre Natio­nal du Mérite

- Décret du 15 mai 2010 :
Au grade d’officier
– Gabriel Milési, gérant de société, jour­na­liste éco­no­mique. Che­va­lier du 10 mars 1988.
– Fabienne Servan-Schreiber (épouse Weber), présidente-directrice géné­rale d’une société de pro­duc­tion audio­vi­suelle. Che­va­lier du 31 mars 2000.
Au grade de che­va­lier
– Béa­trice Garette (née Dabet), direc­trice géné­rale de (Sipa-presse).
– Sofia Ben­gana, direc­trice géné­rale de presse numé­rique dans une société (Groupe Le Figaro)
– Henri Néron, jour­na­liste (Guyane).
– Jacques Jublin, rédac­teur en chef d’I-télé.
– Frédérick-Louis Bou­lay, jour­na­liste, direc­teur des pro­grammes de TV5.
– Charles-Henry Dubail, direc­teur de publi­ca­tion.
– Pas­cale Marie (épouse Boun­four), direc­trice d’un syn­di­cat de presse.
– Cathe­rine Nayl (épouse Per­rot), jour­na­liste, direc­trice de la rédac­tion de TF1.
– Noël Quidu-Tronscorff, grand repor­ter, pho­to­graphe.
– Chris­tine Kelly (née Tigif­fon), jour­na­liste, membre du CSA.
- Décret du 13 novembre 2009 :
Au grade de com­man­deur
– Jacques Oure­vitch, Offi­cier du 13 avril 1988, ancien jour­na­liste à Europe 1.
Au grade d’officier
– Patrick Poivre d’Arvor, Che­va­lier du 17 jan­vier 2001, écri­vain, jour­na­liste, pré­sen­ta­teur.
– Robert Wer­ner, jour­na­liste, ancien rédac­teur en chef de l’Unité Patri­moine à TF1, ancien chro­ni­queur sur Radio France.
Au grade de che­va­lier
– Jean-Pierre Caf­fin, direc­teur géné­ral du groupe Prisma-Presse.
– Eva Bet­tan, jour­na­liste.
– Syl­vie Blum, pro­duc­trice audio­vi­suel et médias, INA.
– Maryse Bru­gière, direc­trice de pro­grammes du Conseil Supé­rieur de l’Audiovisuel.
– Alfred Hidalgo, jour­na­liste, édi­teur, direc­teur du « dépar­te­ment chan­son » chez Fayard.
– Yves Calvi, jour­na­liste, ani­ma­teur et pré­sen­ta­teur.
– Pierre Lepape, jour­na­liste et cri­tique lit­té­raire.
- Décret du 15 mai 2009 :
Au grade de com­man­deur
– Sophie Andrieu, édi­trice. Offi­cier du 30 juin 1995.
– André Tubeuf, pro­duc­teur d’émissions radio­pho­niques.
Au grade de che­va­lier
– Yan­nick Durand de Pré­mo­rel, direc­teur délé­gué d’un groupe de presse, audi­teur à l’Institut des hautes études de défense natio­nale.
– Nilou­far Soyeux du Cas­tel, direc­trice d’un groupe de com­mu­ni­ca­tion.
Au grade d’officier
– Monique Garnier-Lançon, jour­na­liste
– Oli­vier Pognon, jour­na­liste par­le­men­taire. Che­va­lier du 19 juin 2001.
– Paul Wer­mus, jour­na­liste. Che­va­lier du 21 novembre 1995.
– Fran­çoise Attaix, épouse Van­dame, jour­na­liste.
– Caro­line Dequet, direc­trice géné­rale d’une chaîne de télé­vi­sion.
– Cen­drine Domin­guez, jour­na­liste.
– Ber­nard Gick, concepteur-réalisateur d’émissions radio­pho­niques.
– Oli­vier de Lagarde, jour­na­liste.
– Marie-Thérèse Litz­ler, direc­trice régio­nale d’une chaîne de télé­vi­sion.
– Syl­vie Mali­gorne, jour­na­liste.
– Jean Ribet , jour­na­liste.
– Phi­lippe Rous­seau, rédac­teur en chef de quo­ti­diens.
– Daniel Schick, chro­ni­queur, pro­duc­teur et ani­ma­teur de radio et télé­vi­sion.
- Décret du 14 novembre 2008 :
A la dignité de Grand Offi­cier
– Claude Lanz­mann, jour­na­liste, cinéaste.
Au grade de Com­man­deur
– Pierre Dumayet , jour­na­liste. Offi­cier du 21 octobre 1993.
Au grade de che­va­lier
– Andrée Ampi­gny, comé­dienne, jour­na­liste, auteur. conseillère muni­ci­pale du Dia­mant ( Mar­ti­nique ).
– Gene­viève de Cazaux, jour­na­liste, grand repor­ter.
– Jean-Michel Danet, admi­nis­tra­teur natio­nal, direc­teur d’une revue.
– Edouard Maret, jour­na­liste.
– Jean Claude Pons, jour­na­liste en Poly­né­sie fran­çaise.
– Béa­trice Tau­pin, jour­na­liste spé­cia­li­sée en éco­no­mie.
– Marie-Hélène Loaëc, rédac­trice en chef d’un heb­do­ma­daire spé­cia­lisé
- Décret du 16 mai 2008 :
Au grade d’officier
– Fran­çois Biessy, jour­na­liste repor­ter d’images. Che­va­lier du 23 avril 1988.
Au grade de che­va­lier
– Ghis­laine Chenu, jour­na­liste et pro­duc­trice d’Envoyé Spé­cial sur France 2.
– Valé­rie Expert, rédac­trice en chef d’une chaîne de télé­vi­sion.
– Phil­lipe Levrier, pré­sident d’un grou­pe­ment audio­vi­suel.
– Maryse Bur­got, jour­na­liste (France 2).
– Gérard Ernault, direc­teur de rédac­tion de France Foot­ball.
– Chris­tophe Hon­de­latte, jour­na­liste (France 2, RTL).
– Hugues Huet, grand repor­ter.
– Xavier Lam­bert, direc­teur de RFO.
– Marie-Christine Meyer, direc­trice adjointe de France Inter.
– Fré­dé­ric Mou­nier, jour­na­liste (La Croix).
– Domi­nique Qui­nio, direc­trice de La Croix.
– Natha­lie de Senneville-Leenhardt, rédac­trice en chef de Réforme.
– Cyril Viguier, pro­duc­teur de télé­vi­sion.
– Marthe Vial­le­font (née Por­ta­lier), ancienne ani­ma­trice, jour­na­liste (L’Auvergnat de Paris).
– Syl­vie Le Cal­vez (née Fou­cher), jour­na­liste (Ouest-France), pré­si­dente d’un col­lec­tif de pro­tec­tion de la nature.
– Jean-Paul Cha­pel, jour­na­liste (France 2).
– Cathe­rine Cha­ti­gnoux, jour­na­liste (Les Echos).
– Béa­trice Had­jaje, jour­na­liste au ser­vice « étran­ger » de RTL.
- Décret du 30 jan­vier 2008 :
Au grade de com­man­deur
– Claude Imbert, direc­teur d’un heb­do­ma­daire.
Au grade de che­va­lier
– Manuel Bur­rus, écri­vain, jour­na­liste, cri­tique lit­té­raire.
– Constance Ponia­towski, jour­na­liste, membre de l’Observatoire de la parité.
– Hoda Bara­kat, jour­na­liste, écri­vaine.
– Michel Camino, secré­taire géné­ral d’une société de presse.
– Claude Hem­mer, direc­teur de sta­tions radio­pho­niques.
– Mar­tine Vas­let, épouse Paris, direc­trice des res­sources humaines de RFI.
– Anne Wicker (née Schmitt), jour­na­liste, direc­trice de la rédac­tion d’un maga­zine.
- Décret du 7 mai 2007 :
Au grade d’Officier
– Jean-Charles Blon­del, jour­na­liste, écri­vain. Che­va­lier du 21 décembre 1998.
– Jacques Pes­sis, jour­na­liste, écri­vain, pro­duc­teur et réa­li­sa­teur. Che­va­lier du 8 novembre 1995.
– Raoul Tour­rette, ancien jour­na­liste, membre actif d’associations et confé­ren­cier.
Au grade de Che­va­lier
– Mat­thieu Aron, rédac­teur en chef dans une sta­tion radio­pho­nique.
– Marie-Pierre Bou­li­gaud, direc­trice géné­rale et rédac­trice en chef d’un heb­do­ma­daire.
– Patrice Costa, jour­na­liste et consul­tant sur l’environnement.
– Patrick Charles, jour­na­liste.
– Odile Meu­vret, ancienne jour­na­liste.
– Pas­cal Pin­ning, rédac­teur en chef, res­pon­sable du ser­vice évé­ne­ments d’une chaîne de télé­vi­sion.
–Fre­de­ric Richard, ani­ma­teur d’émissions télé­vi­sées.
– Gene­viève Galey, jour­na­liste, rédac­trice en chef d’un jour­nal télé­visé.
- Décret du 14 novembre 2006 :
Au grade d’Officier
– Claude Dufresne, jour­na­liste, écri­vain
– Cathe­rine Nay, jour­na­liste, direc­trice adjointe de la rédac­tion d’une chaîne radio­pho­nique
– Alexandre Adler, jour­na­liste, uni­ver­si­taire
Au grade de che­va­lier
– Fran­çoise Nys­sen, édi­trice
– Fran­çois Bachy, jour­na­liste, Direc­teur adjoint de l’information, en charge du pôle poli­tique sur TF1.
– Guy Del­court, édi­teur.
– Pierre Louty ( Pierre, Léo­nard ), édi­teur, écri­vain.
– Moha­med Meb­toul, réa­li­sa­teur de télé­vi­sion.
– Fre­de­ric Morel, direc­teur géné­ral d’une mai­son d’édition.
– Didier Pillet, jour­na­liste.
– Chris­tian Vion, direc­teur géné­ral d’une chaîne télé­vi­sée.
- Décret du 15 mai 2006 :
Au grade de com­man­deur
– Phi­lippe Labro, Offi­cier du 18 novembre 1992, jour­na­liste, écri­vain.
– André Brin­court, jour­na­liste, écri­vain.
Au grade de che­va­lier
– Thierry d’Athis, ancien jour­na­liste et vice-président d’une asso­cia­tion pro­fes­sion­nelle de jour­na­listes de l’aéronautique et de l’espace.
– Jacques Esnous, direc­teur de l’information d’une chaîne radio­pho­nique.
– Jean louis Beau­car­not, jour­na­liste, écri­vain.
– Oli­vier Bétourné, édi­teur.
– Patrice Cave­lier, secré­taire géné­ral à la pré­si­dence d’une chaîne radio­pho­nique.
– Domi­nique Jameux, pro­duc­teur d’émissions radio­pho­niques.
– Jean-Luc Mano, jour­na­liste, écri­vain.
– Denis Maraval-Hutin, édi­teur.
– Muriel Rosé, direc­trice des uni­tés maga­zines et docu­men­taires d’une chaîne de télé­vi­sion.
– Pierre Taille­fer, direc­teur de l’information d’une agence de presse.
- Décret du 14 novembre 2005 :
Au grade de Com­man­deur
– Jean Narcy, jour­na­liste, pré­sen­ta­teur de télé­vi­sion. Offi­cier du 18 décembre 1997.
Au grade de Che­va­lier
– Jean-Yves Vif, jour­na­liste
– Pas­cale Kufus, jour­na­liste ( Alle­magne )
– Pierre Com­bes­cot, écri­vain, jour­na­liste
– Gilles Cos­taz, jour­na­liste, écri­vain, auteur
– Denise Epote, jour­na­liste, res­pon­sable d’une chaîne télé­vi­sée
– Rémi Le Goff, jour­na­liste, grand repor­ter en Nouvelle-Calédonie

C’est long, hein ? Bien plus que la liste des « refuz­niks », que voici. Gloire à eux !

Refus de la décoration

liste publiée par Wiki­pe­dia

* Le curé d’Ars, saint Jean-Marie Vian­ney, reçut la croix de che­va­lier de la Légion d’honneur en 1855, à son insu : la demande en avait été faite par le sous-préfet de Tré­voux et le pré­fet de l’Ain. Il la refusa au motif que la croix ne rap­por­te­rait pas d’argent pour les pauvres. Mal­gré ce refus, la chan­cel­le­rie de la Légion d’honneur lui envoya la croix sans deman­der l’argent. En défi­ni­tive, il ne la porta jamais mais elle fut posée sur son cer­cueil.
* Jean Vic­tor Marie Moreau se moquait de l’institution de la Légion d’honneur. Quelqu’un lui disait qu’on avait des­sein de don­ner la croix, non-seulement à ceux qui se seraient dis­tin­gués par la gloire des armes, encore à ceux qui se seraient fait remar­quer par leur mérite et par leur savoir. Il s’écria : « Eh bien ! Je vais deman­der la croix de com­man­deur de l’ordre pour mon cui­si­nier, car il a un mérite supé­rieur dans l’art de la cui­sine. » (O’Meara.)
* Les col­la­bo­ra­teurs du Canard enchaîné se sont donné depuis tou­jours comme règle de refu­ser les déco­ra­tions, au pre­mier rang des­quelles la Légion d’honneur (Pierre Scize, jour­na­liste, fut ren­voyé du jour­nal en 1933 pour l’avoir accep­tée bien qu’elle lui fut décer­née à titre mili­taire.)
* Ils refu­sèrent la déco­ra­tion : le dra­ma­turge Népo­mu­cène Lemer­cier refu­sant de prê­ter ser­ment à l’Empereur et à sa dynas­tie, La Fayette, le poète Jean-François Ducis (qui pré­fé­rait « por­ter des haillons que des chaînes », Mgr Mau­rice de Bro­glie, Gérard de Ner­val, Nadar, George Sand (qui écri­vit au ministre qui lui pro­po­sait la croix : « Ne faites pas cela cher ami, je ne veux pas avoir l’air d’une vieille can­ti­nière ! »), Honoré Dau­mier (qui déclara : « Je prie le gou­ver­ne­ment de me lais­ser tran­quille ! »), Émile Lit­tré, Gus­tave Cour­bet, Guy de Mau­pas­sant, Mau­rice Ravel (qui refuse immé­dia­te­ment cette dis­tinc­tion, sans don­ner de jus­ti­fi­ca­tion), Pierre et Marie Curie (Pierre, à qui l’on pro­po­sait la croix, rétor­qua sim­ple­ment : « Je n’en vois pas la néces­sité »), Claude Monet, Georges Ber­na­nos, Eugène Le Roy, Jean-Paul Sartre, Simone de Beau­voir, Albert Camus, Antoine Pinay, Bri­gitte Bar­dot (qui est déco­rée en 1985 mais refuse d’aller la cher­cher), Cathe­rine Deneuve, Clau­dia Car­di­nale.
* Hec­tor Ber­lioz, auquel l’État désar­genté vou­lait payer une messe de Requiem avec le ruban rouge au lieu de ver­ser les 3 000 francs pro­mis, s’écria : « Je me fous de votre croix. Donnez-moi mon argent ! ».
* Des poètes anar­chistes comme Jacques Pré­vert, Georges Bras­sens qui en fit une chan­son ou Léo Ferré, qui a bro­cardé « ce ruban mal­heu­reux et rouge comme la honte ».
* Gene­viève de Fon­te­nay, la pré­si­dente du Comité Miss France qu’un séna­teur de Savoie vou­lait pro­po­ser, l’a aussi refu­sée pour des rai­sons inverses : « C’est vrai­ment désa­cra­li­ser le ruban que de le dis­tri­buer à n’importe qui… comme des médailles en cho­co­lat. »
* Dis­tin­gué fin décembre 1997, l’écrivain Ber­nard Cla­vel a fait savoir qu’il refu­sait de rece­voir la Légion d’honneur, pré­fé­rant res­ter « dans le clan de ceux qui l’ont refu­sée ». Il a ajouté que son oncle Charles Cla­vel l’avait reçue parce qu’il avait abon­dam­ment versé son sang pour son pays dans une ter­rible guerre : « Je pense qu’il se retour­ne­rait dans sa tombe en me voyant por­ter le même ruban que lui. » C’est éga­le­ment le cas de Phi­lippe Séguin, dont le père est mort sans la rece­voir.
* En 1949, le minis­tère de l’Éducation natio­nale pro­pose la déco­ra­tion à Mar­cel Aymé. La réponse don­née par l’écrivain est res­tée célèbre. Il ter­mine son article par ces mots : « […] pour ne plus me trou­ver dans le cas d’avoir à refu­ser d’aussi dési­rables faveurs, ce qui me cause néces­sai­re­ment une grande peine, je les prie­rais qu’ils vou­lussent bien, leur Légion d’honneur, se la car­rer dans le train, comme aussi leurs plai­sirs ély­séens. »
* Le sculp­teur résis­tant René Iché, décoré comme che­va­lier pour 1914–1918, refusa la pro­mo­tion d’officier en 1947 esti­mant que cette déco­ra­tion per­dait tout sens s’il la rece­vait en tant qu’artiste ou en tant que résis­tant pion­nier de 1940.
* Cer­taines per­sonnes choi­sissent d’accepter la déco­ra­tion mais refusent de la por­ter, par exemple Jean d’Ormesson, de l’Académie fran­çaise qui décla­rait : « Les hon­neurs, je les méprise, mais je ne déteste pas for­cé­ment ce que je méprise ».
* Erik Satie écrit à pro­pos du refus de la déco­ra­tion par Mau­rice Ravel : « Ravel refuse la Légion d’honneur, mais toute sa musique l’accepte. »
* De même, lorsque Ara­gon la refuse, Jacques Pré­vert, fei­gnant la sévé­rité, lui dit : « C’est très bien de la refu­ser, mais encore faudrait-il ne pas l’avoir méri­tée. »
* Edmond Maire la refusa en décla­rant : « Ce n’est pas à l’État de déci­der ce qui est hono­rable ou pas. »
* Le 16 octobre 2006, le pré­sident de l’organisation d’Éducation supé­rieure turque et ancien rec­teur de l’université Gala­ta­sa­ray, prof. Erdo­gan Teziç, a rendu la Légion d’honneur qu’il avait reçue le 17 sep­tembre 2004 pour pro­tes­ter contre l’adoption de la loi par l’Assemblée natio­nale fran­çaise visant à péna­li­ser la néga­tion du géno­cide armé­nien.
* Le 2 jan­vier 2009, Michèle Audin, mathé­ma­ti­cienne, fille du mathé­ma­ti­cien Mau­rice Audin (1932–1957), refuse le grade de che­va­lier de la Légion d’honneur au motif de l’absence de réponse du pré­sident Sar­kozy à la lettre ouverte envoyée par sa mère deman­dant que soit éclairci le mys­tère de la dis­pa­ri­tion de son mari en Algé­rie et que la France assume sa res­pon­sa­bi­lité.
* Le 5 jan­vier 2009, les jour­na­listes poli­tiques Fran­çoise Fres­soz (Le Monde) et Marie-Eve Malouines (France Info) ont annoncé refu­ser la déco­ra­tion : « Rien, dans mon par­cours pro­fes­sion­nel, ne jus­ti­fie pareille dis­tinc­tion. Je pense en outre que, pour exer­cer libre­ment sa fonc­tion, un jour­na­liste poli­tique doit res­ter à l’écart des hon­neurs. Pour ces rai­sons, je me vois dans l’obligation de refu­ser cette distinction[27]. »
* Jean Kreit­mann, écri­vain évan­gé­liste suisse refusa le titre de che­va­lier de la Légion d’honneur sous la pré­si­dence de Fran­çois Mit­ter­rand.
* Jean Guillou, orga­niste, l’a refusé en juillet 2010 par­lant de la légion d’honneur comme un acces­soire honorifique.


Henri Montant, alias Arthur. Journaliste, satiriste, écologiste

Ph. Le Télégramme

J’apprends par mon pote Lan­glois, dans Panouille, son blog, la mort d’Henri Mon­tant. Celui qui se fai­sait appe­ler Arthur sous ses billets acé­rés, sauf dans Le Monde, où ça n’aurait pas fait sérieux. Arthur, le barbu à la pipe et au regard plissé, comme pour aug­men­ter la pro­fon­deur du champ, sur­tout celui si étendu de la conne­rie. Il fut donc de la bande à Charlie-Hebdo (de l’époque Cho­ron) et plus encore de celle de La Gueule Ouverte (de Four­nier et Isa­belle Cabut), au temps où l’on pas­sait de l’ « envi­ron­ne­ment » à l’écologie, y com­pris et sur­tout au sens poli­tique (can­di­da­ture de René Dumont à la pré­si­den­tielle de 74).

On le retrou­vera plus tard dans les feuilles libres et liber­taires comme La Grosse Ber­tha, CQFD, Siné Hebdo et Bakchich.

Nos routes se sont sou­vent croi­sées, notam­ment au temps où nous pas­sions le flam­beau, au Centre de for­ma­tion des jour­na­listes, à Paris.

Il n’est pas mort de la Légion d’honneur, mais d’un can­cer samedi en Bre­tagne, à 70 ans.

Ber­nard Lan­glois lui rend le bel hom­mage, que des lec­teurs enri­chissent, notam­ment Isa­belle Cabut. Le mieux est d’y aller voir.

On lira aussi un beau por­trait de lui par Jacques Chan­teau, dans Le Télé­gramme du 27 mars 2009, alors qu’il pré­si­dait à Mor­laix le jury d’un fes­ti­val de films, «Court mais bref».


« Comment j’ai affronté les pires périls de la faune amazonienne ». Témoignage exclusif

Évi­dem­ment, c’était plu­tôt tordu comme plan, com­plè­te­ment mégalo… Que j’en sois revenu, j’en reviens tou­jours pas… Depuis des siècles, je rêvais de me rendre à Manaus, en pleine Ama­zo­nie, et pré­ci­sé­ment sur le fleuve Ama­zone… J’en rêvais sur­tout après avoir entendu la dif­fu­sion sur France Culture, dans les années 90, d’une série d’émissions sur cette ville bré­si­lienne si mys­té­rieuse, ren­due encore plus envoû­tante par la voix non moins ensor­ce­lante de cette comé­dienne à l’accent étrange étran­ger dont le nom ne me remonte pas… Elle avait vécu là bas sa jeu­nesse ou une par­tie et y reve­nait comme en pèlerinage…

Bref, en bor­dure du mythe et du fan­tasme, la déci­sion fut prise de ris­quer l’aventure… C’était peu pré­dire… D’autant que, pour diverses rai­sons éco­no­miques et fan­tai­sistes, je m’étais mis en tête de par­tir de la Guyane fran­çaise. (Pas­sons sur le fait qu’un des mes ancêtres soit mort et enterré à l’ïle du Salut). De là, péné­trer dans la jungle ama­zo­nienne, fran­chir la sierra Tumuc-Humac et cho­per au pas­sage le rio Paru qui, d’un coup de pirogue, me jet­te­rait dans le plus grand fleuve du monde. Presque pas mégalo, donc.

Je ne vais pas tout vous racon­ter ici puisque j’ai déjà plus de cinq cents pages sous le coude et que plu­sieurs édi­teurs sont à l’affût… Je veux dire aussi que je ne dois pas me lais­ser dis­traire de cette colos­sale entre­prise que consti­tue un tel récit. Je me bor­ne­rai ici à vous en don­ner quelques amuse-gueule, notam­ment photographiques.

Je ne vous dis pas non plus com­ment tout ça s’est achevé – ce n’est d’ailleurs pas le terme appro­prié, car vous pen­sez bien qu’un tel exploit demeure à jamais sans fin… sinon celle de son auteur.

Or donc, voici quelques pho­tos légendes rela­tives à mes pre­miers pas, pour ainsi dire, dans les mys­tères amazoniens.

Photo 1. Juste un aperçu de mon ins­tal­la­tion som­maire et de la faune d’insectes sur­gis­sant aus­si­tôt ma lampe allumée…

Photo 2. Nuit noire, tan­dis que sous ma tente de for­tune je me crois à l’abri des pires bes­tioles volantes et piquantes, sans avoir pu fer­mer l’œil, ni l’autre, je suis intri­gué par des bruits pour le moins inquié­tants. Pas fier, j’invoque la pru­dence extrême et décide d’envoyer mon appa­reil photo en explo­ra­tion. J’ouvre 15 cm de la fer­me­ture éclair, passe l’objectif (un grand angle) et déclenche (sans flash bien sûr !)… Je rentre le boî­tier et découvre le résul­tat, stu­pé­fiant (approchez-vous de l’écran) :

Bon sang ! que faire ? L’image est noire, et pour cause, mais je dis­tingue bien un bout de monstre, genre iguane géant, bref une bête mahousse peu enga­geante… En plus ça s’agite, ça gra­touille, ça couine et sur­tout ça fouette en tous sens de sa puis­sante queue… Je suis pétri­fié… Puis, enfin, un lourd silence, rompu par d’autres inquié­tants bruis­se­ments de bran­chages foulés…

Photo 3. Je change de boî­tier et sai­sit celui à infra­rouge. Pareil, je le passe pru­dem­ment par la fente de la fer­me­ture à peine entrou­verte…  Et là, que ne vois-je, tout en vert :

Une espèce de cha­rango énorme, ou une variété de tatou, gros comme un rhi­no­cé­ros, qui se met à gama­hu­cher dans la toile de tente ! C’est plus fort que moi, je tape un coup de godasse sur la forme qui s’avance, pro­vo­quant un cri aigu mons­trueux,  entre celui d’une truie qu’on égorge ou d’un élé­phant prêt à char­ger ! Je me recule, téta­nisé ; dehors, ça cavale et paraît s’éloigner. Je reprends mes esprits, trempé de sueur, n’osant plus faire un geste. Cette fois, c’est au-dessus de la tente que ça se met à vibrer tan­dis que se font entendre d’affreux sif­fle­ments de vieille loco à vapeur.

Photo 4. Je vise à l’aveugle avec mon pre­mier boî­tier, poussé à 6400 iso (pour les connais­seurs). Et voilà le travail :

Ouah ! Je me demande si ce n’est pas la pre­mière bes­tiole du plio­cène qui serait reve­nue à la charge par le haut…, sus­pen­due à la branche à laquelle j’avais cru malin d’arrimer le piquet cen­tral de la tente… Ça gratte, ça siffle, on dirait du Spiel­berg, mais en vrai et en direct… Purée… Dans quel pétrin je me suis fourré ! Je ne bouge plus d’un poil, et tout semble rede­ve­nir nor­mal… La lune s’est levée, jetant une lumière blan­châtre et assez vive ; je risque un œil. La vache :

Photo 5.

Il me renifle de son énorme blair. Mais c’est un porc-épic ! Tout le zoo va défi­ler devant ma tente, ma parole ! Je ne croyais pas si bien dire, tan­dis qu’un ter­rible feu­le­ment fen­dait l’atmosphère aussi moite que dra­ma­tique. Dire que j’ai pris ce risque insensé de tendre une fois de plus mon objec­tif et de déclen­cher à nou­veau. Bien m’en prit en fait car le déclic fit l’effet d’un Moser 90 (je ne garan­tis pas la réfé­rence du chas­seur) et le monstre – car c’en était un – s’évanouit dans la nuit, me lais­sant sa magni­fique empreinte visuelle, inou­bliable, sous ce regard unique d’une des der­nière pan­thères d’Amazonie orientale…

Photo 6.

Ouf, que de stress ! De quoi tom­ber car­diaque, non ?

Mais subi­te­ment, la nuit avait comme baissé son rideau ani­ma­lier, comme si la faune ama­zone en avait fini avec sa séance du soir… Le stress subi m’avait comme assommé, anes­thé­sié et je m’effondrai bien­tôt, empa­queté dans mon duvet tro­pi­cal, comme une momie terrifiée.

Je m’endormis donc, éton­nam­ment apaisé… Jusqu’à ce que je crus entendre comme une voix fémi­nine ; est-ce que je rêvais à  ma comé­dienne de Manaus et son étrange voix de charme ? Oui, c’était bien elle, mais ver­sion Lucy ou sa soeur, éga­rée de ce côté-ci de la frac­ture tectonique.

Photo 7.

Voilà, pour aujourd’hui… Suite dans l’édition papier. His­toire de vous mettre l’eau à la bouche pour le pro­chain best-seller – qui sera for­te­ment annoncé ici-même, ça va de soi.*

–––––

* Enfin, si j’obtiens les droits liés à cette très belle expo consa­crée à la Bio­di­ver­sité, mon­tée par le Musée d’histoire natu­relle d ‘Aix-en-Provence, avec l’IRD (Ins­ti­tut de recherche pour le déve­lop­pe­ment) de Mar­seille. Les pho­tos (prises à l’expo) et l’idée du récit sont de mon fis­ton, Fran­çois, un drôle de zèbre.

« Bio­di­ver­sité, mon trésor »

Du 10 juillet au 01 novembre 2010

Cha­pelle des Péni­tents Blancs, à Aix en Provence.

Ouver­ture : Tous les jours de 10h à 12h et de 13h à 17h.
Ouvert les same­dis, dimanches et jours fériés.

http://www.museum-aix-en-provence.org/exposition_temporaire.htm


Le bouclier et les cacahuètes de Bettencourt – ou le grand bluff fiscal de Sarkozy

Sur son blog «Déchif­frages», Jean-François Cou­vrat, montre com­ment Sar­kozy a chaussé lundi à la télé ses plus gros sabots de bluf­feur. Sous le titre «Sar­kozy, plus c’est gros, plus ça passe «, le blo­gueur relève que Nico­las Sar­kozy s’est une fois de plus féli­cité qu’en France, « per­sonne ne paie plus de 50% de ce qu’il a gagné » (en impôts). Et une fois de plus, il a dési­gné son modèle : « Le bou­clier fis­cal existe en Alle­magne depuis plus de vingt ans »…

«Il a répété cela avec un aplomb décon­cer­tant. Ignorerait-il encore, tant le sujet lui tient à cœur, que cette dis­po­si­tion fis­cale a dis­paru outre-Rhin depuis 2006, en même temps que l’impôt sur la for­tune, auquel elle s’appliquait exclusivement ?»

Puja­das n’y a vu que du feu et il n’aura pas été le seul. De même s’agissant de l’impôt payé par Mme L’Oréal, la pauv’ petite fille riche qui, dixit Sar­kozy en s’étranglant de com­pas­sion sur France 2, verse à l’Etat « plu­sieurs mil­lions d’euros par mois ! »

« […] Voilà une for­tune, relève Jean-François Cou­vrat, qui assure à Mme Bet­ten­court un revenu annuel de 700 mil­lions d’euros. Pour ceux que l’accumulation de zéros décon­certe, disons que cela cor­res­pond à plus de deux lotos gagnants par semaine. Ce qui étonne, ce n’est donc pas que la dame paie des impôts, c’est qu’elle en paie aussi peu. 40 mil­lions, rap­por­tés à revenu de 700 mil­lions, cela fait un taux d’imposition de 5,7%.»

On est donc loi de la «moi­tié du vison» de la dame. Et quand bien même en paierait-elle la moi­tié que l’autre moi­tié res­tante – et appa­rente, pour ne pas par­ler des reve­nus «éva­sifs» ou éva­dés – demeu­re­rait un affront à la misère. Or, Mme Bet­ten­court ne paie que des caca­huètes ! « Le com­mun des mor­tels peine en tous cas, conclut Cou­vrat, à admettre que c’est à cette femme, troi­sième for­tune fran­çaise, que le Tré­sor public a remis l’an der­nier un chèque de 30 mil­lions d’euros au titre du bou­clier fis­cal. »


Woerth-Bettencourt. « La rapacité et le cynisme mis à nu », estime Attac

Je l’aurais peut-être dit autre­ment, mais sûre­ment pas mieux que ce com­mu­ni­qué d’Attac en réac­tion à l’onction sar­ko­zienne déver­sée hier soir. Voilà com­ment ils résument la situa­tion, les gens de l’altermondailisation de la taxe Tobin et de la lutte contre les para­dis fis­caux – des orfèvres :

Affaire Woerth-Bettencourt : refu­ser l’affaissement démocratique

 » Nico­las Sar­kozy a vai­ne­ment tenté hier soir de clore l’affaire Woerth-Bettencourt, à la veille de l’adoption du pro­jet de réforme des retraites par le Conseil des ministres. En s’appuyant sur des hauts fonc­tion­naires aux ordres, une jus­tice au pas et des inter­vie­weurs com­plai­sants, il espère faire oublier le scan­dale pour lais­ser Eric Woerth et le gou­ver­ne­ment impo­ser la réforme des retraites.

 » Pour­tant la page Woerth-Bettencourt sera dif­fi­cile à tour­ner. Car elle rend ter­ri­ble­ment concrète aux yeux de dizaines de mil­lions de citoyens une réa­lité que seuls des chiffres peu com­pré­hen­sibles démon­traient jusqu’alors. Entre 2000 et 2010, les poli­tiques de moins-disant fis­cal ont réduit de 100 mil­liards d’euros les recettes de l’Etat (d’après Gilles Car­rez, rap­por­teur UMP du bud­get à l’Assemblée). Niches fis­cales pour les riches, exo­né­ra­tions pour les entre­prises, on a creusé sciem­ment les défi­cits, le tout au nom de la « com­pé­ti­ti­vité » et de « l’emploi ». La réforme des retraites, c’est encore 20 mil­liards d’euros éco­no­mi­sés pour les action­naires au détri­ment des ouvriers, des sala­riés pré­caires et des femmes, dont beau­coup devront attendre 67 ans pour une retraite à taux plein.

 » Ils nous serrent la cein­ture pour enri­chir encore leurs amis et spon­sors mil­liar­daires : voilà ce que révèle crû­ment l’affaire Woerth-Bettencourt aux yeux de la popu­la­tion. La crise de la finance avait affai­bli les argu­ments d’intérêt géné­ral sur la « com­pé­ti­ti­vité » et « l’emploi » qui ser­vaient à jus­ti­fier ces poli­tiques. Mais avec cette affaire, c’est main­te­nant la rapa­cité et le cynisme des classes diri­geantes qui sont mis à nus. On ne peut plus s’étonner de la com­plai­sance envers les para­dis fis­caux, de la liberté totale lais­sée aux spé­cu­la­teurs, des décla­ra­tions ron­flantes mais jamais sui­vies d’effets sur la taxa­tion de la finance…

 » Une véri­table crise de régime est ouverte, qui pose la ques­tion de sa légi­ti­mité démo­cra­tique. La réforme des retraites devient aujourd’hui plus qu’une lutte entre patro­nat et sala­riat sur la répar­ti­tion des richesses. Elle concerne l’ensemble des citoyens car elle met en jeu le sens même de la  démo­cra­tie : peut-on lais­ser ces gou­ver­nants, élus sur des pro­messes non tenues et qui gou­vernent par le men­songe, conti­nuer à impo­ser les inté­rêts de leur caste ? La mobi­li­sa­tion popu­laire contre la réforme des retraites doit per­mettre d’entraîner toute la société pour refu­ser cet affais­se­ment de la démo­cra­tie dans notre pays. Attac s’y emploiera en tout cas avec toute son éner­gie dans les semaines à venir.« 
Attac France,
Mon­treuil, le 13 juillet 2010


Borloo, ami, bienfaiteur, protecteur des gros 4 x 4

À mes yeux (révul­sés), et je ne dois pas être seul, les 4 x 4 repré­sentent un double affront : à la misère du monde et à la souf­france de la pla­nète. Or, que n’apprends-je à la der­nière page du Canard ? Que Bor­loo, le gusse des Gre­nelle et autres fal­ba­las du déve­lop­pe­ment «durable», a signé en mai 2009 – on l’apprend plus d’un an après ! – un arrêté accor­dant, dixit le Canard, «de beaux avan­tages fis­caux» aux gros 4 x 4.

En effet, par ce décret,  les entre­prises peuvent les faire homo­lo­guer comme véhi­cules uti­li­taires et ainsi échap­per au malus éco­lo­gique et à la fis­ca­lité anti-monoxyde de car­bone ! Aux construc­teurs et pachas recon­nais­sants : Bravo le ministre des éco­no­mies d’énergie de pognon !

Selon une note interne de BMW, très concerné et réjoui, l’économie fis­cale se monte à 31 863 euros sur quatre ans pour un modèle vendu 64 000 euros – soit la moi­tié du prix d’achat du monstre ! Oui, vous vous frot­tez les yeux… Nous, citoyens impo­sés, payons la moi­tié de cet engin de luxe qui pue le fric, nous pompe l’air, nous nargue et nous condamne à nous ser­rer les cein­tures des retraites et des ser­vices publics !

De même que nous cas­quons pour offrir à la Bet­ten­court son île pri­vée aux Seychelles !

On dira que les riches bagno­lards pour­ront se rache­ter une bonne conscience (s’ils en ont une mau­vaise…) en signant un chèque « com­pen­sa­tion car­bone » – à l’ordre de BP, tant qu’à faire !

Alors Bor­loo, qu’est-ce qu’on dit de ça ? Ben, euh… que c’est pas moi mais l’Europe et ses direc­tives… Bla­bla habi­tuel. Parce que si ce grand résis­tant à la tech­no­cra­tie bruxel­loise s‘était opposé à pareil méfait, on l’aurait peut-être su.

Et dire que les fonds de l’État sont si bas qu’on doive immo­ler sur l’autel  de la Vertu exem­plaire deux minis­trions ama­teurs de grand luxe… Vrai­ment, comme dit l’empereur, « dans quelle époque vivons nous !? » Et com­bien de temps lui donnons-nous à cette mer­veilleuse époque ?

Nos docu­ments exclusifs :

1) Jean-Louis Bor­loo étren­nant son tout nou­veau gros 4x4 et écra­sant du même coup la prime carbone…

2) Le véhi­cule de rem­pla­ce­ment du ministre, dans la cour de l’Élysée, garé juste devant celui du maître.

Merci Tati, merci Mon oncle !


Les médias italiens se baîllonnent contre la «loi-baîllon», cadeau à la maffia et au système Berlusconi

Tan­dis que la droite fran­çaise – plus pré­ci­sé­ment l’UMP, on le com­prend –, lâche sa meute contre les jour­na­listes des «pires moments de l’Histoire»: tan­dis que les fameux «élé­ments de lan­gage» clai­ronnent du «fas­cisme» ou du «trots­kisme» à tout va… Eh bien, l’ensemble des médias ita­liens font aujourd’hui entendre un bruyant silence. Cela pour pro­tes­ter contre une «loi-baîllon» qui doit en faire rêver plus d’un dans la France du «woerthgate».

Radios, télé­vi­sions, sites et jour­naux de la pénin­sule se sont mis en grève de l’information. Ils ont décrété une «jour­née de silence» afin de pro­tes­ter contre la trop ber­lus­co­nienne «loi-bâillon» pré­voyant d’interdire la retrans­crip­tion des écoutes télé­pho­niques dans la presse… Un rêve de loi que doivent aussi cares­ser, de ce côté-ci des Alpes, un régi­ment de poli­ti­ciens plus qu’écornés par l’affaire Woerth-Bettencourt

Pour aler­ter sur les dan­gers de ce pro­jet, La Repub­blica a pris l’habitude de signa­ler par des post-it les articles qui ne pour­raient plus paraître après appro­ba­tion de la loi.

Dans son édito titré «Le Sens du silence», La Repub­blica sou­ligne que «cela peut sem­bler contra­dic­toire [de se taire] face à une loi qui entrave la liberté d’information, mais en réa­lité c’est un geste de res­pon­sa­bi­lité pour atti­rer l’attention des citoyens sur une mesure qui porte atteinte à la pro­tec­tion du droit, à la lutte contre la cri­mi­na­lité et la libre cir­cu­la­tion de l’information.»
Les quo­ti­diens Il Cor­riere della Sera, La Stampa, Il Sole — 24 Ore et même La Gaz­zetta dello Sport se sont joints au mouvement.
Déjà adop­tée par le sénat, cette «loi-bâillon» sera exa­mi­née par l’assemblée fin juillet. Elle inquiète aussi vive­ment les magis­trats car elle limite leur capa­cité à ins­truire des dos­siers sen­sibles. Dans L’Espresso, Roberto Saviano la qua­li­fie de «cadeau à la mafia».

D’Inter à Europe 1. Le pied de nez de Demorand à Val

Et vlan ! pour Val et Hees : Demo­rand passe sur Europe 1. Comme au foot, le jeu des trans­ferts a com­mencé dans les radios. Si la gué-guerre des radios a frappé plus tôt cette année, c’est qu’une vraie guerre l’avait amor­cée à France Inter. Mais en l’occurrence le fric n’aurait pas été déter­mi­nant – si l’on en croit la direc­tion d’Europe 1: « Il gagnera le même salaire qu’à Inter. » (Com­bien au fait ?)

C’est le cli­mat délé­tère régnant dans la sta­tion publique qui aurait décidé Demo­rand à quit­ter le navire. Il n’a pas appré­cié de s’être vu traité de « traître » sur une machine à café de la Mai­son ronde. Rap­pe­lons que Nico­las Demo­rand, Ber­nard Guetta, Tho­mas Legrand et Phi­lippe Lefé­bure, au « Grand Jour­nal » de Canal+, avaient désa­voué en chœur Didier Porte au len­de­main de sa chro­nique jugée offen­sante pour Sar­kozy. Lâchage que des jour­na­listes d’Inter n’avaient pas vrai­ment appré­cié. A son tour , la Société des jour­na­listes (SDJ) de France Inter estime aujourd’hui que Demo­rand a « trahi le camp qui l’a fait roi sans som­ma­tion et sans en avoir informé ceux qui lui fai­saient aveu­glé­ment confiance ».

Coup dur sup­plé­men­taire pour Val de plus en plus contesté.

Rai­son de plus pour signer la péti­tion


Cuba va libérer 52 de ses 170 prisonniers politiques. Une pétition « accuse le gouvernement cubain »

La pres­sion inter­na­tio­nale, notam­ment euro­péenne, ajou­tée à la déplo­rable situa­tion éco­no­mique de l’île,  semble conduire la dic­ta­ture cas­triste à lâcher du lest. Le régime cubain s’apprêterait en effet à libé­rer 52 pri­son­niers poli­tiques* incar­cé­rés depuis 2003 (on en dénombre envi­ron 170). L’Espagne a joué un rôle impor­tant dans ce jeu de pres­sion auprès de La Havane, à la fois sur le plan diplo­ma­tique et aussi en accep­tant d’accueillir les pri­son­niers à leur libération.

* L’annonce a été faite à l’issue d’une réunion entre le car­di­nal cubain Jaime Ortega et le pré­sident Raul Cas­tro, en pré­sence du ministre espa­gnol des affaires étran­gères, Miguel Angel Moratinos.

De son côté, un comité inter­na­tio­nal s’est consti­tué et a lancé une péti­tion ayant déjà recueilli plus de 50.000 signa­tures – ce qui déplaît for­te­ment aux Cas­tro.  Ce comité s’est inti­tulé #OZT, repre­nant les ini­tiales de Orlando Zapata Tamayo, le maçon mort en pri­son le 23 février der­nier après 85 jours de grève de faim. Aus­si­tôt, Guillermo Fariñas, psy­cho­logue et jour­na­liste de 48 ans, entâ­mait à son tour une grève de la faim. Il se trouve en grand dan­ger vital et cette libé­ra­tion annon­cée met­tra peut-être fin à son action.

Ce n’est donc pas le moment de relâ­cher la pres­sion ni la soli­da­rité. Voici le texte de l’appel à péti­tion lancé par #OZT.


#OZT: J’accuse le gou­ver­ne­ment cubain

- Aidez-nous à dou­bler le plus de 49.000 signa­tures obte­nues pour la libé­ra­tion des pri­son­niers poli­tiques cubains.

- Soyez des nôtres lors de la remise des signa­tures du 18 au 23 juillet 2010

Nous vou­lons recueillir 100 000 signa­tures d’ici le 15 juillet et aug­men­ter ainsi l’appui à la demande de libé­ra­tion des pri­son­niers poli­tiques et au res­pect des droits de l’homme à Cuba. Nous pou­vons réus­sir avec votre sou­tien! Voici ce dont nous avons besoin :

Envoyez un cour­riel à vos contacts en leur deman­dant de signer la Décla­ra­tion de la cam­pagne. Soyez bref! Par exemple, écrivez-leur : « Je vous invite à signer cette Décla­ra­tion pour la libé­ra­tion des pri­son­niers poli­tiques cubains. Ceci est très impor­tant pour moi. » N’oubliez pas d’inclure l’hyperlien (http://firmasjamaylibertad.com/ozt)
Invi­tez vos amis sur Face­book, Twit­ter et autres réseaux sociaux à signer la Décla­ra­tion.
Les remises de signa­tures auront lieu du 18 au 23 juillet à Cuba, à l’OEA et à l’ONU même qu’aux sièges du gou­ver­ne­ment cubain à l’étranger. De grandes mani­fes­ta­tions et de petites céré­mo­nies de remise sont pré­vues selon les endroits. Si vous habi­tez près d’une ambas­sade, d’un consu­lat ou tout autre lieu offi­ciel du gou­ver­ne­ment cubain et que vous sou­hai­tez par­ti­ci­per, s’il vous plaît, contactez-nous.
Merci de faire par­tie de cette campagne!

#OZT: J’accuse le gou­ver­ne­ment cubain

——————————————

E s p a ñ o l

De #OZT: Yo acuso al gobierno cubano

- Ayú­da­nos a dupli­car las más de 49,000 fir­mas reci­bi­das por la liber­tad de los pre­sos polí ticos cubanos

- Par­ti­cipa con noso­tros en la entrega de las fir­mas entre el 18 y el 23 de julio próximos

Que­re­mos lle­gar a 100,000 fir­mas antes del 15 de julio y dupli­car así  el apoyo a la demanda por la excar­ce­la­ción de los pre­sos polí ticos y el respeto a los dere­chos huma­nos en Cuba. Con tu ayuda, pode­mos lograrlo. Esto es lo que necesitamos:

Enví a a tus contac­tos un email invitán­do­los a fir­mar la Decla­ra­ción de la cam­paña. Algo muy breve. Por ejem­plo: « Te invito a fir­mar esta Decla­ra­ción por la liber­tad de los pre­sos polí­ti­cos cuba­nos. Para mí  es muy impor­tante. » No olvides incluir el enlace (http://firmasjamaylibertad.com/ozt).
Invita a tus ami­gos en Face­book, Twit­ter y otras redes sociales a fir­mar la Decla­ra­ción.
La entrega de las fir­mas la rea­li­za­re­mos entre el 18 y 23 de julio en las sedes del gobierno cubano alre­de­dor del mundo. Tam­bién en Cuba, la OEA, la ONU… Frente a algu­nas sedes del gobierno cubano rea­li­za­re­mos una concen­tra­ción; en otras, una pequeña cere­mo­nia de entrega. Si vives cerca de una emba­jada, consu­lado o sede ofi­cial cubana y estás dis­puesto a par­ti­ci­par, contáctanos.

Gra­cias por ser parte de esta campaña.

#OZT: Yo acuso al gobierno cubano


  • Twitter — Gazouiller

  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • iceberg

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)
  • Archives

  • Catégories

  • ouah__la_poilade_-_
    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances
    (Ber­trand Russel)
  • Un récent et com­pli­qué chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Les reverra-t-on un jour ? Hmmm…

    1emmen
  • Copyright © 1996-2010 C’est pour dire. All rights reserved.
    iDream theme by Templates Next | Powered by WordPress