On n'est pas des moutons

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Nucléaire. Pour effacer un lourd passé industriel… et médiatique, Areva devient Orano…

Par Stéphane Lhomme
Directeur de l’Observatoire du nucléaire

areva-devient-oranoAreva devient donc Orano. Changer de nom, une bonne vieille méthode utilisée depuis qu’existent la corruption, les faillites, les échecs industriels. Le nucléaire en a d’ailleurs souvent usé : en Grande-Bretagne, après un très grave accident en 1957, le site de Windscale est devenu Sellafield. En Corée du Sud, en 2013, deux centrales ont changé de nom pour moins nuire à l’économie locale.

En France, en 2001les noms sulfureux de Framatome et Cogéma ont été effacés au profit d’une trouvaille d’agence de com, Areva, sous la houlette d’une «grande prêtresse» de l’atome, Anne Lauvergeon. En 15 ans, cette dame a probablement battu tous les records en matière de désastre industriel et financier. Pour ne pas lasser, nous n’évoquerons ici que les plus fameux de ses «exploits».

En 2003, celle que la majorité des médias vénèrent brade pour 3 milliards à la Finlande un réacteur de type EPR, assurant le construire en 4 ans et demi. Nous sommes en 2018 et le chantier ne voit toujours pas son terme, la facture dépasse les 10 milliards et la justice internationale s’apprête à condamner la France à rembourser plusieurs milliards aux Scandinaves.

En 2005, Areva lance à grands frais aux USA la construction d’usines pour fabriquer les composants des «nombreux» EPR qui vont «sous peu» être vendus aux Américains. Des dépenses ruineuses pour rien : aucun EPR vendu.

En 2007, Mme Lauvergeon fait acheter pour 3 milliards par Areva la désormais fameuse Uramin, une entreprise propriétaire de mines d’uranium… sans uranium. Aujourd’hui, la dame et son mari, M. Fric le bien nommé, sont mis en examen dans cette tentaculaire affaire de corruption.

En 2011«Atomic Anne» est exfiltrée d’Areva, le soin d’annoncer la faillite de l’entreprise étant laissé à ses successeurs. Pourquoi le président Sarkozy a-t-il pris soin de dédouaner Mme Lauvergeon de son bilan catastrophique ? Et pourquoi l’affaire Uramin traine-t-elle en longueur ? Assurément parce que la dame en sait long sur beaucoup de turpitudes et menace d’entrainer du beau monde dans son éventuelle chute…

Aujourd’hui, Areva a été scindée en trois parties :

• l’une a été renommée (ironiquement ?) Framatome et bradée à EDF ;

• la deuxième est une structure de défaisance sur le modèle du fameux consortium qui a autrefois repris la dette abyssale du Crédit Lyonnais : une fois encore, ce sont les citoyens qui vont honorer la douloureuse facture ;

• la troisième se voit donc désormais appeler Orano pour tenter d’enterrer le sulfureux passé industriel d’Areva.

Lourde responsabilité de nombreux médias

Anne_Lauvergeon

Anne Lauvergeon, 2012 ©© Tangi Bertin

Mais il est une corporation qui se dépêche aussi d’enterrer Areva pour faire oublier ses propres errements, il s’agit de ce que l’on appelle «les médias». Bien sûr, tous les journalistes et tous les médias n’ont pas été complices d’Anne Lauvergeon et d’Areva mais, pendant 15 ans, beaucoup l’ont été et certains de façon plus que dithyrambique. Voici d’ailleurs un petit florilège très loin d’être exhaustif :

Challenges1er janvier 2004
Anne Lauvergeon, l’énergie du nucléaire
Sous sa féminité, qui a séduit la gauche comme la droite, une poigne de fer au service d’un pari : la relance de l’industrie atomique française.

Le Figaro du 11 novembre 2004
Anne Lauvergeon, de l’Élysée à Areva
Les pionnières qui ont marqué le XXe siècle

Les Echos04/11/2005
Anne Lauvergeon, femme puissante
Anne Lauvergeon, quarante-six ans, la présidente du groupe nucléaire, reste bien la femme d’affaires la plus puissante dans le monde, hors Etats-Unis

Le Monde07.07.06 — Jean-Michel Bezat
Anne Lauvergeon, la forte tête du nucléaire
Tout la sert, son passé de sherpa, ses voyages réguliers avec le président de la République, son rôle d’ambassadrice du nucléaire made in France.

L’expansion01/01/2008
Anne Lauvergeon, l’électron libre
Fonceuse et obstinée, la dirigeante d’Areva n’a besoin de personne pour bâtir un géant mondial du nucléaire. A bon entendeur…

Challenges28.02.2008
Comment « Atomic Anne » a imposé Areva
Regrouper les acteurs au nucléaire français dans une même entité ? Le pari était osé. Retour sur ce tour de force d’Anne Lauvergeon, aujourd’hui à la tête du groupe français le plus prometteur.

Télégramme30 octobre 2008
Anne Lauvergeon, la reine de l’atome
Présidente d’Areva depuis 1999, « Atomic Anne », comme la surnomme la presse américaine, a réussi à rendre le nucléaire respectable.

Les Echos25 février 2009
Le mystère Lauvergeon
Adulée par les uns, détestée par les autres, cette femme à poigne, qui présente aujourd’hui les résultats de son groupe, confirme qu’elle est une figure à part du patronat français.

TF120 août 2009
Anne Lauvergeon, Française la plus puissante du monde !

Le Parisien10 mars 2010
Un jour avec…Anne Lauvergeon, PDG du groupe AREVA
Une pression que l’ancienne sherpa de François Mitterrand, saluée comme l’une des femmes les plus influentes du monde dans les palmarès internationaux, absorbe avec flegme et distance.

Marianne21 mai 2011
Anne Lauvergeon, la femme que personne n’arrive à atomiser
Portrait de la reine de l’atome.

La palme pour Dominique Seux…

La palme revient très certainement à l’inénarrable Dominique Seux, éditorialiste ultra-libéral des Echos qui bénéficie de façon inexplicable, et depuis de longues années, de l’antenne du service public (France Inter) pour infliger son idéologie partisane aux auditeurs, sans personne pour le contredire.

Le plus incroyable est que, au nom justement de son idéologie ultra-libérale, il devrait condamner le nucléaire qui ne (sur)vit que sous perfusion d’argent public, de recapitalisations par l’Etat, etc. Or M. Seux a été depuis le début du siècle l’un des plus fidèles zélateurs d’Areva et d’Anne Lauvergeon, allant jusqu’à écrire des choses stupéfiantes comme

«L’Etat doit tenir compte du fait que dans la durée Areva est une vraie réussite qui a un carnet de commandes plein et qu’Anne Lauvergeon a un charisme assez exceptionnel.» (Les Echos, 19 janvier 2010).

Hélas le ridicule — dans la durée ! — ne tue pas et du coup M. Seux, loin de faire amende honorable, est encore là et entonne aujourd’hui exactement le même refrain, comme s’il ne s’était pas déjà tant trompé et déconsidéré. Ainsi, lors de la récente visite de M. Macron en Chine, comme au bon vieux temps de Sarkozy et Lauvergeon, il a célébré la prétendue vente d’une usine de retraitement des déchets radioactifs le 10 janvier sur France Inter. Voyez un peu :

«Pour Areva, ce sont 10 à 12 milliards d’euros garantis, c’est beaucoup», «ces contrats, quoi que l’on pense du nucléaire, sont la reconnaissance de la qualité des ingénieurs français», «on espère bien sûr que les autorités de sûreté nucléaire chinoises sont aussi sérieuses qu’en France».

En réalité, comme annoncé le jour même par l’Observatoire du nucléaire, et confirmé par Le Monde le 23 janvier, la vente de cette usine est plus que virtuelle et n’a servi qu’à égayer la visite de M. Macron (les Chinois sont des ôtes prévenants… avant d’être des négociateurs intraitables).

Il n’y a donc aucune reconnaissance d’une prétendue «qualité des ingénieurs français» dans le nucléaire alors que, faut-il le rappeler, les désastres des chantiers des EPR de Finlande et Flamanville et le scandale des milliers de pièces défectueuses produites pendant des décennies par Areva au Creusot ont démontré la nullité de l’industrie nucléaire française et l’incompétence (ou la complicité) de l’Autorité de sûreté nucléaire qui n’a rien vu (ou rien dit) de ces malfaçons.

… désormais dépassé par Axel de Tarlé

Mais, malgré son zèle, Dominique Seux est assurément dépassé par un concurrent plus jeune et plus ridicule encore, Axel de Tarlé (Europe 1) qui, toujours le 10 janvier 2018, a battu tous les records comme vous pouvez le constater :

«La France est le pays de l’excellence en matière nucléaire et les Chinois le prouvent. «, «Le fameux EPR que nous avons du mal à faire démarrer, en Chine il fonctionne», «Et puis surtout, il y a eu ce méga-contrat de 10 milliards d’euros pour une usine de retraitement des déchets», les Chinois sont en train de sauver cette filière française aussi bien sur le plan financier que dans nos têtes».

Or personne ne peut prouver que la France serait «le pays de l’excellence nucléaire» puisqu’elle est au contraire celui du ridicule et de l’incompétence atomique, les Chinois ne sauvent rien puisqu’ils n’achètent pas cette usine (et s’ils l’achètent finalement, cela coûtera des milliards… à la France !), quant à l’EPRil ne fonctionne pas plus en Chine qu’en France ou en Finlande et présente là aussi des milliards de surcout, des années de retard et des cuves défectueuses (car livrées par Areva !).

A défaut de changer de nom comme leur chère (très chère !) Areva, MM Seux et de Tarlé devraient être renvoyés à l’école de journalisme 1, et M. Fric et Mme Lauvergeon relogés à Fleury-Mérogis.

Stéphane Lhomme
Directeur de l’Observatoire du nucléaire
http://www.observatoire-du-nucleaire.org

Notes:

  1. Axel de Tarlé est issu de l’École supérieure de commerce de Toulouse, ceci expliquant peut-être cela… Note de GP.

Chine-Areva. Combien de milliards la vente d’une usine nucléaire… va coûter à la France ?

Par Stéphane Lhomme
Directeur de l’Observatoire du nucléaire

Incorrigibles, de nombreux médias célèbrent la prétendue vente à la Chine par Areva — et surtout par son VRP Emmanuel Macron — d’une usine de traitement de déchets nucléaires, alors que le passé a montré que ce genre d’annonce n’est suivi d’aucune concrétisation… ou alors de lourdes pertes financières pour la France !

Rappelons d’abord qu’il est de tradition que des annonces « fracassantes » soient faites lors des déplacements présidentiels, le champion toutes catégories étant incontestablement M. Sarkozy qui a prétendument vendu des dizaines de réacteurs (y compris à M. Kadhafi en 2007) ou autres installations nucléaires partout dans le monde, pour un résultat bien heureusement égal à zéro.

macron-arevaRien de nouveau avec M. Macron, la « vente » d’une usine de retraitement de déchets nucléaires étant parfaitement fictive à ce jour, remplacée par la signature d’un fumeux « mémorandum pour un accord commercial ».

Les Chinois sont de gens polis qui laissent leurs invités se vanter, mais ils sont aussi parfaitement informés des terribles déconvenues et incompétences affichées par Areva et EDF ces dernières années, du flop gigantesque des EPR (en Finlande et à Flamanville) au scandale inouï des milliers de pièces défectueuses produites dans les usines Areva du Creusot… dont les deux cuves installées dans les EPR actuellement en chantier à Taïshan.

De fait, si les Chinois achètent vraiment l’usine annoncée, ce qui reste à démontrer, ce sera en imposant à Areva des conditions léonines qui feront que ce seront les Français qui couvriront les pertes financières éventuelles… ou plutôt inévitables lorsque l’on considère les « exploits » d’Areva et EDF sur tous leurs chantiers.

Pour mémoire, l’EPR a été bradé à 3 milliards aux Finlandais en 2004 pour une facture finale de plus de 10 milliards et un chantier de près de 15 ans au lieu de 4 ans et demi annoncés (!) : la France va sous peu être lourdement condamnée en justice internationale et devoir verser des milliards aux Finlandais.

Pour mémoire aussi, les deux EPR « vendus » à la Chine en 2008 ont en réalité été eux aussi totalement bradés : le montant du contrat a été annoncé à 8 milliards mais il comportait la livraison de combustible (sans qu’il soit montré en quoi Areva y aurait gagné de l’argent) : c’est en réalité à 3,66 milliards les deux que les EPR ont été bradés.

Il est évident que cette opération a coûté et coûte encore fort chez à la France, ce qui n’a pas empêché qu’elle soit qualifiée de façon dithyrambique de « marché du siècle » par de nombreux médias qui se gardent bien d’enquêter sur le résultat financier réel.

Aujourd’hui encore, se dépêchant d’oublier leurs propres errements, les mêmes voix se gargarisent à nouveau d’un prétendu « grand succès » de l’industrie nucléaire française, annonçant même qu’il va « sauver Areva ». En réalité, l’industrie nucléaire mondiale est en déconfiture générale et irréversible, comme le montrent les désengagements des groupes allemands RWE et E.ON et la faillite de l’américain Westinghouse.

Pour sa part, la France est plombée par ses boulets Areva et EDF qui sont plus que jamais en déroute industrielle et financière malgré de ruineuses recapitalisations déjà opérées…   et d’autres encore à venir. Sans que leur avis ne soit jamais sollicité, les citoyens de France vont devoir couvrir des pertes colossales qui vont être encore aggravées par les projets absurdes de deux EPR en Grande-Bretagne et d’une usine en Chine.

Loin d’un « renouveau de la politique », le macronisme consiste à continuer et même aggraver les erreurs passées et faire payer le tout par la population en protégeant les privilégiés et les lobbies les plus nuisibles comme celui de l’atome.


Nucléaire. Une fois de plus, Greenpeace fait voler en éclats le dogme sécuritaire d’EDF

En s’introduisant ce jeudi matin à l’intérieur du périmètre de la centrale nucléaire de Cattenom, en Moselle, pour y déclencher un feu d’artifice, des militants de Greenpeace ont une fois de plus dénoncé, en les démontrant, la fragilité et l’accessibilité de ces installations hautement radioactives. En l’occurrence, il s’agissait de la piscine d’entreposage du combustible nucléaire usé, bâtiment particulièrement vulnérable puisque construit selon des normes ordinaires d’entrepôts industriels.

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Cette opération vient tout à propos illustrer un rapport d’experts indépendants 1 qui met en cause la sécurité des installations nucléaires françaises et belges en pointant du doigt leur vulnérabilité face aux risques d’attaques extérieures. Ces experts sont particulièrement inquiets concernant certaines installations des centrales françaises : les piscines d’entreposage des combustibles nucléaires usés. Alors qu’elles peuvent contenir le volume de matière radioactive le plus important au sein des centrales, ces piscines sont très mal protégées ; elles constituent une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes.

En cas d’attaque extérieure, si une piscine est endommagée et qu’elle perd son eau, le combustible n’est plus refroidi et c’est le début d’un accident nucléaire : de la radioactivité s’échappe massivement dans l’atmosphère, avec des conséquences radiologiques très graves.

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Le point faible des centrales, les piscines d’entreposage du combustible. Ici, à Fessenheim – la plus vieille du parc nucléaire français. (Cliquer pour agrandir).

En France, niveau 4 atteint

Le nucléaire 100 % sûr est un mythe. Même si les accidents sont relativement rares, leurs impacts sur la population, l’environnement et l’économie d’un pays sont effroyables. La France n’est pas à l’abri. Les accidents les plus graves jamais enregistrés sont ceux de Tchernobyl (26 avril 1986) et de Fukushima (11 mars 2011). Ils étaient de niveau 7. Mais d’autres accidents ont eu lieu aux États-Unis et au Royaume-Uni par exemple.

Les accidents nucléaires les plus graves en France (niveau 4) ont eu lieu à la centrale de St-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher) en octobre 1969 et en mars 1980. Dans les deux cas, des combustibles ont fusionné dans un des réacteurs de la centrale. D’autres accidents nucléaires aussi graves ont été évités de justesse dans d’autres centrales.

Certes, les incidents de niveau 2 ou 3 sont relativement rares en France : l’incendie d’un silo de stockage à La Hague en 1981, une mauvaise vis dans le système de protection de Gravelines en 1989, l’inondation de la centrale du Blayais en 1999, la perte de plutonium à Cadarache en 2009, etc. Mais l’Autorité de sûreté nucléaire, chargée du contrôle du nucléaire en France, reconnaît que plusieurs centaines d’écarts de niveau 0 et une centaine d’anomalies de niveau 1 ont lieu chaque année. Les incidents qui se sont produits sur les sites du Tricastin en 2008 et de Gravelines en 2009 relèvent, officiellement, de cette catégorie 1.

Vu le nombre de réacteurs nucléaires en France (58) et d’installations nécessaires à leur fonctionnement, tous les Français sont concernés par ce risque, mais aussi les habitants des pays voisins, en raison de l’emplacement de certaines centrales nucléaires proches des frontières : Gravelines et Chooz à côté de la Belgique, Fessenheim proche de l’Allemagne et de la Suisse (elle-même aussi sous la menace du Bugey) ou encore Cattenom en Lorraine, à deux pas du Luxembourg.

Avec un parc nucléaire vieillissant et mal protégé, la production d’électricité est aujourd’hui synonyme de danger en France. Greenpeace, toutefois, ne se voudrait pas fataliste. L’organisation écologiste veut croire (ou fait semblant) qu’EDF peut encore faire le choix de se passer du nucléaire et de développer les énergies renouvelables. « Plutôt que d’investir des dizaines de milliards dans le rafistolage de vieux réacteurs, estime Greenpeace, et de produire des déchets qui resteront radioactifs pendant des centaines de milliers d’années, EDF peut décider d’investir dans des énergies qui sont sûres, propres et désormais bon marché. Demandons à EDF de sortir du risque nucléaire, une bonne fois pour toutes. » 2

La réponse, les nucléocrates d’EDF l’ont à nouveau répétée hier dans les médias, dès la publication du rapport de Greenpeace. Ils ont ressorti leur dogme – infaillible par définition – selon lequel l’électricien ne cesse de renforcer ses systèmes sécuritaires autour de ses centrales. 3 Le feu d’artifice de ce matin fait voler en éclats spectaculaires ces pieuses et inconséquentes certitudes.

Notes:

  1. « La sécurité des réacteurs nucléaires et des piscines d’entreposage du combustible en France et en Belgique, et les mesures de renforcement associées », octobre 2017. Contributeurs du rapport : Oda Becker (Allemagne), Manon Besnard (France), David Boilley (France), Ed Lyman (États-Unis), Gordon MacKerron (Royaume-Uni), Yves Marignac (France), et Jean-Claude Zerbib (France). Rapport commandé par Greenpeace France.
  2. Greenpeace lance une pétition en direction d’EDF. On peut la signer ici.
  3. EDF dit avoir engagé un montant de 700 millions d’euros pour renforcer la surveillance des installations. On voit leur efficacité… Quant à protéger réellement les piscines de stockage, cela se chiffrerait en plusieurs dizaines de milliards. Déjà dans le rouge financier, EDF n’en a pas les moyens et se trouve littéralement dans l’impasse.

EPR-Flamanville. Un couvercle de poids scelle la non-Autorité de non-Sûreté nucléaire

[wpmem_logged_in]
This displays when logged in
[/wpmem_logged_in]« ASN » veut dire « Autorité de Sureté Nucléaire », enfin voulait dire. En validant une cuve de réacteur – pièce maitresse d’une installation nucléaire – non conforme aux exigences de sûreté, cette institution dénie tout sens à son « autorité » et, du même coup, à la notion de « sûreté nucléaire » qui lui est constitutive. Ainsi, la cuve de la centrale nucléaire « EPR » de Flamanville n’est pas conforme aux exigences de l’« art » nucléaire ; mais elle est tout de même validée ! Du moins pour sept ans… Pourquoi sept ? Chiffre magique peut-être ? – sept jours, sept planètes, sept pétales de la rose… Au-delà de 2024, bah, on verra bien !

La décision n’est toutefois pas encore définitive ; il s’agit d’un premier avis – son avis final sera rendu d’ici fin octobre après « consultation publique ». Quelle consultation ? Mystère. À moins qu’il s’agisse d’une éventuelle prise de position de Nicolas Hulot, le nouveau ministre de la chose « transitoire » ; car le nucléaire se trouve bien à un croisement de route, doublé qu’il est désormais par les énergies renouvelables dont les coûts sont devenus moindres que ceux de l’électricité nucléaire ; doublé aussi par l’abandon progressif de cette énergie si dangereuse, ainsi la Suisse qui vient de trancher la question par référendum.

Donc, le «gendarme de l’atome» a renoncé à sa mission, doublé également par EDF et Areva. En effet, les défauts de fabrication de cette fameuse cuve avaient été pointés et signalés dès 2005 chez Creusot-Loire 1. Mais l’enjeu étaient tel pour EDF et Areva, dans la panade financière, que la commande a été maintenue et, surtout, la cuve installée, plaçant l’ASN devant le fait accompli. Ce qui explique tout l’ambiguïté de sa position. Invalider cette cuve – déjà installée, derrière le dôme de béton – retarderait la mise en route de l’EPR de plusieurs années, en l’alourdissant de plusieurs milliards dus aux travaux de démolition et de reconstruction partielles ainsi qu’à la perte d’exploitation. 2 L’enjeu est donc tel que la sûreté a été sacrifiée au nom des intérêts économiques. Ainsi en est-il des industries du tout-libéral, et du nucléaire tout particulièrement, y compris là où il a gravement « péché » : en Ukraine, en Russie, au Japon et aux Etats-Unis – sans parler des nombreux incidents et accidents, en France, minorés par leurs responsables.

À Flamanville, l’ASN a donc dû pactiser avec « son » diable : va pour cette fois, mais EDF devra surveiller la « bête » malade et l’opérer fin 2024, en changeant le couvercle litigieux – d’ailleurs déjà commandé au Japon : un aveu !

Jouer avec l’atome, quoi qu’en prétende les nucléocrates et autres adorateurs des dogmes technologiques, est autrement plus inconséquent que tout manquement industriel hors nucléaire. Les accidents, on ne le sait que trop, sont sans appel, exposant des populations entières à la maladie, condamnant à jamais des régions entières. Mais les Docteur Folamour demeurent inébranlables, sauf en cas d’accident, et pour un temps seulement, ce temps du rejet puis de la méfiance qui passe si vite en vidant les mémoires collectives – le système médiatique s’y emploie.

La France est championne du monde dans la catégorie de ces néo-négationnistes – l’histoire politique, militaire, industrielle, financière et technocratique se trouve totalement figée et imbriquée dans cette sorte de religiosité. Il faudra brûler beaucoup beaucoup de cierges pour la cinquantaine de réacteurs hexagonaux tiennent bon, à commencer par le couvercle de Flamanville.

 

Contre les apprentis-sorciers

L’AFFRANCHI JARDINIER

Cest dans les années 70 que Yves Gillen et Annick Bertrand posent leur roulotte sur un terrain en lisière de marais. Leur rêve : vivre en autarcie et dépendre le moins possible de la société de consommation. Plus de 40 ans plus tard, l’affranchi jardinier fait toujours avec les moyens du bord pour subvenir à ses besoins fondamentaux avec le souci de préserver l’environnement et d’embellir son cadre de vie. Jardin potager, panneaux photovoltaïques, mini-éolienne, cuiseur solaire, récupération d’eau de pluie, éolienne de pompage, «douche du futur», machine à laver recyclée et customisée… À plus de 70 ans, Yves ne manque pas d’énergie et d’imagination pour continuer à vivre comme il l’entend ! Un révolutionnaire rare, dans les actes.

Notes:

  1. Entreprise tombée dans l’escarcelle de Bolloré, adepte du tout profit – également propriétaire de Canal +, qui rechigne à payer les auteurs…
  2. En cause également, l’EPR en construction interminable en Finlande, deux autres en Chine, et enfin les deux prévus à Hinkley Point, en Angleterre.

Nucléaire. Voyage au pays des forçats de l’atome, une enquête du Monde

En France, 22 000 sous-traitants effectuent les trois quarts des opérations de maintenance des dix-neuf centrales EDF – cinquante-huit réacteurs. Ces travailleurs sont les plus exposés à la radioactivité. On les appelle les forçats de l’atome – ce qu’ils sont en effet, ainsi que le montre l’enquête menée par Rémi Barroux, que vient de publier Le Monde sous le titre : « Nucléaire : voyage au pays des forçats de l’atome ».

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La question de ces travailleurs est aussi vieille que l’industrie nucléaire, différente des autres activités industrielles du fait de ses spécificités liées à la radioactivité. L’exposition aux rayons ionisants présente au moins deux types de risques sur la santé : d’une part un risque permanent – certaines interventions ont lieu sans protection possible – et également accidentel (risques techniques et humains) ; d’autre part un risque cumulatif : le corps absorbe les rayons dont les effets s’additionnent et, avec eux, les risques de lésions des tissus, notamment sous forme de cancers.

L’exploitant nucléaire, EDF, a vite pris la mesure des inconvénients d’exposer son propre personnel à de tels risques, à cause des obligations légales et – on y revient toujours – des coûts engendrés par les soins, indemnités et poursuites judiciaires. D’où l’idée – géniale, généreuse, philanthropique – de recourir à des sociétés de sous-traitants avec leurs personnels extérieurs sous contrats privés ou intérimaires, taillables et corvéables.

C’est notamment ce que dénonce cette belle enquête journalistique, reprenant par les faits et témoignages ce que le film de Rebecca Zlotowski, Grand Central [extrait], a traité récemment (2013), racontant la vie de ces sous-traitants du nucléaire. « C’est un combat contre la dose, incolore, inodore, invisible, elle est partout », lance l’acteur Olivier Gourmet au nouvel arrivant interprété par Tahar Rahim. Plus tard, dans le film, un des salariés planque son dosimètre pour pouvoir continuer de travailler. Excessif, caricatural ! objecteront les nucléocrates. Ah oui ? s’est demandé le journaliste du Monde en allant à la source, comme il se devait.

Extraits :

En trente secondes, tu prends entre 100 et 200 millirems . On s’entraînait beaucoup pour ne pas perdre de temps et on découpait l’action pour répartir la dose entre nous. En deux ans, j’avais pris 250 millisieverts. Entre nous, on s’appelait les saucisses à griller.

« De fait, le fossé est grand entre ceux qui assurent les « servitudes nucléaires », rebaptisées « logistique » par EDF, ceux qui sont chargés de l’entretien, du tri des déchets ou de la décontamination des piscines, entre ceux qui posent les tabliers de plomb pour permettre à d’autres d’intervenir en étant mieux protégés, et les travaux plus qualifiés. Cette division se traduit par des tensions sur le terrain. « Il n’y a pas de raison que l’on fasse 80 % de l’activité, que l’on prenne 80 % de la dose et qu’on n’ait pas les mêmes avantages que ceux d’EDF », proteste Charles Rumaux, 50 ans, lui aussi chez Essor.

« Aux vexations des inégalités de statut, comme ces restaurants d’entreprise ou ces parkings interdits aux sous-traitants, s’ajoute l’incompréhension de voir de jeunes agents EDF venir contrôler un travail qu’ils ne connaissent pas. « Il y a beaucoup de jalousie, de frustration par rapport à nous, reconnaît Elisabeth Pozzi, d’EDF, responsable SUD-Energie à la centrale de Dampierre-en-Burly (Loiret). J’ai même vu des graffitis “EDF enculés” dans les vestiaires.

« Après avoir été l’une des premières femmes en France à grimper aux poteaux électriques pour l’entreprise publique, Elisabeth Pozzi, 46 ans, est entrée dans les générateurs de vapeur pour poser les « bouchons » – qui obturent les tuyaux reliant le générateur au réacteur. « Jumper », c’est le poste le plus exposé. L’opération ne doit pas durer plus de deux minutes, tant l’irradiation est forte. « En trente secondes, tu prends entre 100 et 200 millirems . On s’entraînait beaucoup pour ne pas perdre de temps et on découpait l’action pour répartir la dose entre nous, raconte-t-elle. En deux ans, j’avais pris 250 millisieverts. Entre nous, on s’appelait les saucisses à griller. »

En principe, on peut lire l’enquête de Rémi Barroux en ligne à partir de ce lien :

Nucléaire : voyage au pays des forçats de l’atome

[clear-line]• Pour la sixième année consécutive, la Fondation Copernic, représentée par Michel Bianco, organise à Venelles (Bouches-du-Rhône) une rencontre dans le cadre de la «Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail», initiée par l’Organisation Internationale du Travail (OIT) en 2003, et qui porte, cette année, sur «la sécurité et la santé dans l’utilisation des produits chimiques au travail». Sur ce thème, la Fondation Copernic a décidé, en partenariat avec la mairie, une opération de sensibilisation à la protection des travailleurs et de l’environnement en direction du grand public et des médias locaux, sur le marché de Venelles ce samedi 26 avril 2014 de 8 h à 12 h.

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Lire aussi : 


Nucléaire. Greenpeace franchit la sécurité de Tricastin

L’époque est aux lanceurs d’alertes : climat, flicages numériques, corruptions en tous genres. Et nucléaire ce lundi avec les alerteurs de Greenpeace. Une fois de plus, ils ont fait leur boulot de démonstration par la preuve. EDF, l’ASN et les pouvoirs publics peuvent bien tenter de minimiser l’opération de cette nuit à la centrale de Tricastin en prétendant que les alerteurs  de Greenpeace ne sont pas parvenus dans la zone ultime de contrôle. Espèrent-ils  qu’un groupe de terroristes fassent «mieux» ?… Ainsi, au lieu de les féliciter pour organiser gratuitement et grandeur nature un exercice de crise, ils vont les poursuivre en justice !

Le site de Tricastin accueille la plus importante concentration d’industries nucléaires et chimiques de France. C’est aussi le site nucléaire le plus étendu de France, devant l’usine de retraitement de La Hague. Le site regroupe de nombreuses activités liées à la fabrication et l’exploitation du combustible nucléaire. Les premières installations sont entrées en fonctionnement au cours des années 1960 pour enrichir de l’uranium à des fins militaires. Actuellement, plus de 5 000 employés travaillent au Tricastin dans un important réseau d’entreprises.

Les deux tiers de l’électricité produite par les quatre réacteurs de 900 MW sont consommés sur place, notamment par l’usine voisine d’enrichissement Eurodif. Il est prévu que le dernier tiers alimentera l’expérimentation d’ITER, quand ce réacteur à fusion nucléaire sera opérationnel – s’il le devient – dans quinze ou vingt ans, à Cadarache (Bouches-du-Rhône).

En exploitation à partir de 1960, la centrale de Tricastin est presque aussi vieille que celle de Fessenheim – que François Hollande s’est engagé à fermer. Ce que lui rappelle Greenpeace en actualisant cette promesse et en l’étendant aux installations de Tricastin, également situées sur une zone sismique. Par leurs projections d’images sur les murailles de béton, en particulier la représentation appuyée d’une fissure, l’ONG écologiste appuie aussi sur une réalité : à savoir que la plupart des enceintes de confinement des réacteurs – même épaisses d’un mètre de béton – sont plus ou moins fissurées et non étanches !

Les populations voisines se sont le plus souvent, et dans l’ensemble, habituées et résignées face aux dangers qui les menacent au quotidien. Comme dans d’autres installations nucléaires, mais à Tricastin plus particulièrement, des incidents se sont succédés ces dernières années. L’Autorité de sûreté se veut toujours rassurante en classant ces incidents dans le bas de l’échelle des risques.

N’oublions pas non plus qu’EDF finance les collectivités locales à hauteur de 14 millions d’euros par an au titre de la taxe professionnelle. Là plus qu’ailleurs c’est l’économie qui commande. Jusqu’à ce qu’un accident grave présente sa facture. Mais les accidents, on le sait, ça n’arrive qu’ailleurs : Three Miles Island (USA), Tchernobyl, Fukushima

 

Lire aussi :

TRICASTIN. Et Mme Areva but l’eau du lac…

 


Le magma nucléaire de Fukushima, foyer de la confusion du monde

Sarkozy, m’apprend la radio, serait désormais équipé d’un super-parapluie seyant mieux, si on peut dire, à sa super fonction. Un parapluie blindé (en kevlar et tout) comme un gilet pare-balles et qui, non seulement pourrait protéger de la pluie, mais le mettrait aussi à l’abri du mécontentement à son égard des 80% de citoyens sondés… En ces mauvais temps de météo plus qu’incertaine, le président fait donc un crochet par le Japon, histoire de tester le fameux pébroc sur ses capacités para-pluies radioactives.

 

Ce n’est en tout cas pas à Fukushima que se sera rendu l’homme au(x) pépin(s). Matamore, certes, suicidaire, non ! Il en est de même pour le trio franco-nucléaire « invité » là-bas, mais pas trop près non plus, pour livrer leur botte secrète aux dirigeants de la centrale et de Tepco. Ainsi Madame Areva et messieurs CEA et EDF vont-ils s’efforcer d’apporter aux Nippons leurs vacillantes lumières. Et tenter surtout de redorer leurs blasons respectifs et unifié face à l’adversité qui ternit sacrément leur avenir irradieux.

 

© Tepco (et merci pour la qualité de l’image !)

Madame Areva surtout, car, blindée de sa haute suffisance, elle voit s’écrouler la montagne de mensonges accumulés de haute lutte durant ces 25 années de com’ éhontée qui ont suivi la catastrophe de Tchernobyl. Vraiment dommage, ainsi que l’a déploré la présidente du Medef, Laurence Parisot : « Tout ceci tombe très mal, ça se passe à un moment où l’économie mondiale commençait tout juste à repartir. » [Le Monde, 19/3/11]. D’autant plus, en effet, que l’affolement du climat venait appuyer l’idée de cette radieuse énergie « propre », sinon « verte » – voir le vidéo-clip d’Areva et son détournement ci-contre =>

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Quand France 2 et Pujadas passent les plats (tièdes) du nucléaire (brûlant)

Avec Mme Areva, France 2, 15/3/11

Tout finit par s’expliquer (quand on n’a pas compris tout de suite), et on pige ainsi pourquoi Sarkozy affectionne David Pujadas pour ses entretiens solennels… Questions proprettes, yeux écarquillés, sourire de ravi. Tout ça on l’avait remarqué, et pas qu’avec le président. Confirmation en l’occurrence avec le traitement du volet nucléaire des catastrophes au Japon. C’est Samuel Gonthier qui fait état, dans Télérama [25/3/11] des relevés de compteur suspects s’agissant du nucléaire et des invités de France 2 au journal de 20 heures. Parfait « relais des communiqués officiels », la chaîne publique n’aurait invité « que des représentants des autorités compétentes », soit, dans l’ordre :

 

L’horizon se dégage…

« Nathalie Kosciusko-Morizet (ministre de la Protection de l’environnement nucléaire), Claude Allègre (ancien ministre de la Recherche nucléaire), Anne Lauvergeon (pdg d’Areva, numéro un mondial du nucléaire), André-Claude Lacoste (président de l’Autorité de sûreté nucléaire), Jean-Marc Jancovici (représentant de l’immense masse des écologistes pro-nucléaires), Thierry Charles (de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), François Fillon (Premier ministre). Dans un louable souci de contenir « l’émotion» des populations, pas un de ces irresponsables écologistes catastrophistes ne fut convié en studio. En revanche, dès le lundi 14 mars, David Pujadas prend de la hauteur avec un grand débat: « Est-ce vraiment le moment de rouvrir un débat sur le nucléaire maintenant ? » Pour respecter la dignité des Japonais, ne faudrait-il pas l’organiser au mois d’août 2012, pendant la finale du 100 mètres des jeux Olympiques ? »

 

 

Manga japonais. «Dormez, dormez, petits pigeons…»


Comment le nucléaire marque le clivage entre productivisme et humanisme

Quand il se fait prédicateur de l’Apocalypse, ce n’est pas ce que j’aime le plus chez Paul Virilio, ce penseur de la technologie alliée à la vitesse. C’est sans doute à cause du ton, par trop péremptoire. Pourtant, lorsqu’il prédit que tout ce qui peut arriver finit par arriver il est imparable et nous plonge le nez dans l’actualité la plus « radieuse ». Ainsi, je résume en substance, en inventant le chemin de fer, l’homme a inventé le déraillement. De même pour l’auto et les platanes, l’avion et les crashes, les centrales nucléaires et Fukushima ou Tchernobyl.

 

Merci donc, Paul V. d’avoir fait de ces évidences l’un des pivots de nos modernités infernales.

 

S’agissant du nucléaire, nous nous voyons projetés dans un autre registre que celui de l’accident, même le moins banal. Ainsi devons-nous nous attendre, hélas, aux 600 ou même 800 cadavres qu’il faudra dénombrer du crash « annoncé » d’un A-380 – l’appareil probablement vanté dans les prospectus comme « le plus sûr du monde ». On sait : il en fut de même du Concorde, …jusqu’à son dernier vol. On reparlera une autre fois de l’épopée fatale du Titanic.

 

Mais le nucléaire… Ici, nous changeons totalement de registre puisque, même en ayant déjà décrété les actuelles installations comme les « plus sûres du monde », cette prétention-slogan se fracasse contre la terrible « loi » de Paul V. Et aujourd’hui, la terrifiante et désolante actualité oblige les technocrates – au sens strict : « qui gouverne par la technique » – à ajouter une couche supplémentaire à ladite sûreté prise en défaillance. Madame Areva s’est ainsi dépêchée, au troisième jour de l’Apocalypse japonaise, de promouvoir le super-modèle déjà en magasin sous l’appellation magique de « EPR ». Si les Japonais, eut-elle l’outrecuidance d’énoncer en substance, avaient été équipés de centrales EPR, ils n’en seraient pas là !

 

Madame Areva, dans la catégorie générique des technocrates, fait partie de la sous-espèce dite des « nucléocrates » – ceux qui gouvernent par le nucléaire. Il s’agit de têtes d’œuf, donc « bien faites et bien pleines » des dogmes de l’infaillibilité de la chose atomique. Tellement bourrées de ladite chose qu’il n’y a plus, dans ces cerveaux ainsi saturés, la moindre place pour quelques réflexions et connaissances qui limiteraient leurs orgueilleuses prétentions et les ouvriraient, sinon vers une franche humanité, du moins vers un sens authentique du bien commun.

Madame Areva : «Nous, les enseignements on les a déjà tirés dans tous nos «designs» (sic)

 

Passagèrement secoués par la catastrophe de Tchernobyl, ils ne manquèrent pas de se remplumer lors de ce dernier quart de siècle, qui vit aussi l’émergence d’une relève de génération toute neuve, pimpante, sûre d’elle et conquérante…

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  • © Ch.- M. Schulz

    « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, 1925
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    • Énigme

      Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

      Philippe Casal, 2004 - Centre national des arts plastiques - Mucem, Marseille

    • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

      La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
      (Claude Lévi-Strauss)

    • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

      Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexualité / politique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
    • «Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl»

      Comme un nuage, album photos et texte marquant le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986). La souscription étant close (vifs remerciements à tous les contributeurs !) l'ouvrage est désormais en vente au prix de 15 euros, franco de port. Vous pouvez le commander à partir du bouton "Acheter" ci-dessous (bien préciser votre adresse postale !)

      tcherno2-2-300x211

      Il s'agit d'un album-photo de qualité, à tirage soigné et limité, 40 p. format A4 "à l'italienne". Les photos, prises en Provence et notamment à Marseille, expriment une vision artistique sur le thème d’« après le nuage ». Cette création rejoignait l’appel à l’organisation de "1.000 événements culturels sur le thème du nucléaire", entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fukushima) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl).
    • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

      L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

    • montaigne

      Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

      La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

    • « C’est pour dire » de Gérard Ponthieu, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification (3.0 France). Photos, dessins et documents mentionnés sous copyright © sont protégés comme tels.
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    • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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