On n'est pas des moutons

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EPR-Flamanville. Un couvercle de poids scelle la non-Autorité de non-Sûreté nucléaire

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[/wpmem_logged_in]« ASN » veut dire « Auto­ri­té de Sureté Nucléaire », enfin vou­lait dire. En vali­dant une cuve de réac­teur – pièce mai­tresse d’une ins­tal­la­tion nucléaire – non conforme aux exi­gences de sûre­té, cette ins­ti­tu­tion dénie tout sens à son « auto­ri­té » et, du même coup, à la notion de « sûre­té nucléaire » qui lui est consti­tu­tive. Ain­si, la cuve de la cen­trale nucléaire « EPR » de Fla­man­ville n’est pas conforme aux exi­gences de l’« art » nucléaire ; mais elle est tout de même vali­dée ! Du moins pour sept ans… Pour­quoi sept ? Chiffre magique peut-être ? – sept jours, sept pla­nètes, sept pétales de la rose… Au-delà de 2024, bah, on ver­ra bien ! 

La déci­sion n’est tou­te­fois pas encore défi­ni­tive ; il s’agit d’un pre­mier avis – son avis final sera ren­du d’ici fin octobre après « consul­ta­tion publique ». Quelle consul­ta­tion ? Mys­tère. À moins qu’il s’agisse d’une éven­tuelle prise de posi­tion de Nico­las Hulot, le nou­veau ministre de la chose « tran­si­toire » ; car le nucléaire se trouve bien à un croi­se­ment de route, dou­blé qu’il est désor­mais par les éner­gies renou­ve­lables dont les coûts sont deve­nus moindres que ceux de l’électricité nucléaire ; dou­blé aus­si par l’abandon pro­gres­sif de cette éner­gie si dan­ge­reuse, ain­si la Suisse qui vient de tran­cher la ques­tion par référendum.

Donc, le « gen­darme de l’atome » a renon­cé à sa mis­sion, dou­blé éga­le­ment par EDF et Are­va. En effet, les défauts de fabri­ca­tion de cette fameuse cuve avaient été poin­tés et signa­lés dès 2005 chez Creu­sot-Loire 1. Mais l’enjeu étaient tel pour EDF et Are­va, dans la panade finan­cière, que la com­mande a été main­te­nue et, sur­tout, la cuve ins­tal­lée, pla­çant l’ASN devant le fait accom­pli. Ce qui explique tout l’ambiguïté de sa posi­tion. Inva­li­der cette cuve – déjà ins­tal­lée, der­rière le dôme de béton – retar­de­rait la mise en route de l’EPR de plu­sieurs années, en l’alourdissant de plu­sieurs mil­liards dus aux tra­vaux de démo­li­tion et de recons­truc­tion par­tielles ain­si qu’à la perte d’exploitation. 2 L’enjeu est donc tel que la sûre­té a été sacri­fiée au nom des inté­rêts éco­no­miques. Ain­si en est-il des indus­tries du tout-libé­ral, et du nucléaire tout par­ti­cu­liè­re­ment, y com­pris là où il a gra­ve­ment « péché » : en Ukraine, en Rus­sie, au Japon et aux Etats-Unis – sans par­ler des nom­breux inci­dents et acci­dents, en France, mino­rés par leurs responsables.

À Fla­man­ville, l’ASN a donc dû pac­ti­ser avec « son » diable : va pour cette fois, mais EDF devra sur­veiller la « bête » malade et l’opérer fin 2024, en chan­geant le cou­vercle liti­gieux – d’ailleurs déjà com­man­dé au Japon : un aveu !

Jouer avec l’atome, quoi qu’en pré­tende les nucléo­crates et autres ado­ra­teurs des dogmes tech­no­lo­giques, est autre­ment plus incon­sé­quent que tout man­que­ment indus­triel hors nucléaire. Les acci­dents, on ne le sait que trop, sont sans appel, expo­sant des popu­la­tions entières à la mala­die, condam­nant à jamais des régions entières. Mais les Doc­teur Fola­mour demeurent inébran­lables, sauf en cas d’accident, et pour un temps seule­ment, ce temps du rejet puis de la méfiance qui passe si vite en vidant les mémoires col­lec­tives – le sys­tème média­tique s’y emploie.

La France est cham­pionne du monde dans la caté­go­rie de ces néo-néga­tion­nistes – l’histoire poli­tique, mili­taire, indus­trielle, finan­cière et tech­no­cra­tique se trouve tota­le­ment figée et imbri­quée dans cette sorte de reli­gio­si­té. Il fau­dra brû­ler beau­coup beau­coup de cierges pour la cin­quan­taine de réac­teurs hexa­go­naux tiennent bon, à com­men­cer par le cou­vercle de Flamanville.

 

Contre les apprentis-sorciers

L’AFFRANCHI JARDINIER

Cest dans les années 70 que Yves Gil­len et Annick Ber­trand posent leur rou­lotte sur un ter­rain en lisière de marais. Leur rêve : vivre en autar­cie et dépendre le moins pos­sible de la socié­té de consom­ma­tion. Plus de 40 ans plus tard, l’affranchi jar­di­nier fait tou­jours avec les moyens du bord pour sub­ve­nir à ses besoins fon­da­men­taux avec le sou­ci de pré­ser­ver l’environnement et d’embellir son cadre de vie. Jar­din pota­ger, pan­neaux pho­to­vol­taïques, mini-éolienne, cui­seur solaire, récu­pé­ra­tion d’eau de pluie, éolienne de pom­page, « douche du futur », machine à laver recy­clée et cus­to­mi­sée... À plus de 70 ans, Yves ne manque pas d’énergie et d’imagination pour conti­nuer à vivre comme il l’entend ! Un révo­lu­tion­naire rare, dans les actes.

Notes:

  1. Entre­prise tom­bée dans l’escarcelle de Bol­lo­ré, adepte du tout pro­fit – éga­le­ment pro­prié­taire de Canal +, qui rechigne à payer les auteurs…
  2. En cause éga­le­ment, l’EPR en construc­tion inter­mi­nable en Fin­lande, deux autres en Chine, et enfin les deux pré­vus à Hink­ley Point, en Angle­terre.

Nucléaire. Voyage au pays des forçats de l’atome, une enquête du Monde

En France, 22 000 sous-trai­tants effec­tuent les trois quarts des opé­ra­tions de main­te­nance des dix-neuf cen­trales EDF – cin­quante-huit réac­teurs. Ces tra­vailleurs sont les plus expo­sés à la radio­ac­ti­vi­té. On les appelle les for­çats de l’atome – ce qu’ils sont en effet, ain­si que le montre l’enquête menée par Rémi Bar­roux, que vient de publier Le Monde sous le titre : « Nucléaire : voyage au pays des for­çats de l’atome ».

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La ques­tion de ces tra­vailleurs est aus­si vieille que l’industrie nucléaire, dif­fé­rente des autres acti­vi­tés indus­trielles du fait de ses spé­ci­fi­ci­tés liées à la radio­ac­ti­vi­té. L’exposition aux rayons ioni­sants pré­sente au moins deux types de risques sur la san­té : d’une part un risque per­ma­nent – cer­taines inter­ven­tions ont lieu sans pro­tec­tion pos­sible – et éga­le­ment acci­den­tel (risques tech­niques et humains) ; d’autre part un risque cumu­la­tif : le corps absorbe les rayons dont les effets s’additionnent et, avec eux, les risques de lésions des tis­sus, notam­ment sous forme de cancers.

L’exploitant nucléaire, EDF, a vite pris la mesure des incon­vé­nients d’exposer son propre per­son­nel à de tels risques, à cause des obli­ga­tions légales et – on y revient tou­jours – des coûts engen­drés par les soins, indem­ni­tés et pour­suites judi­ciaires. D’où l’idée – géniale, géné­reuse, phi­lan­thro­pique – de recou­rir à des socié­tés de sous-trai­tants avec leurs per­son­nels exté­rieurs sous contrats pri­vés ou inté­ri­maires, taillables et corvéables.

C’est notam­ment ce que dénonce cette belle enquête jour­na­lis­tique, repre­nant par les faits et témoi­gnages ce que le film de Rebec­ca Zlo­tows­ki, Grand Cen­tral [extrait], a trai­té récem­ment (2013), racon­tant la vie de ces sous-trai­tants du nucléaire. « C’est un com­bat contre la dose, inco­lore, inodore, invi­sible, elle est par­tout », lance l’acteur Oli­vier Gour­met au nou­vel arri­vant inter­pré­té par Tahar Rahim. Plus tard, dans le film, un des sala­riés planque son dosi­mètre pour pou­voir conti­nuer de tra­vailler. Exces­sif, cari­ca­tu­ral ! objec­te­ront les nucléo­crates. Ah oui ? s’est deman­dé le jour­na­liste du Monde en allant à la source, comme il se devait.

Extraits :

En trente secondes, tu prends entre 100 et 200 mil­li­rems . On s’entraînait beau­coup pour ne pas perdre de temps et on décou­pait l’action pour répar­tir la dose entre nous. En deux ans, j’avais pris 250 mil­li­sie­verts. Entre nous, on s’appelait les sau­cisses à griller.

« De fait, le fos­sé est grand entre ceux qui assurent les « ser­vi­tudes nucléaires », rebap­ti­sées « logis­tique » par EDF, ceux qui sont char­gés de l’entretien, du tri des déchets ou de la décon­ta­mi­na­tion des pis­cines, entre ceux qui posent les tabliers de plomb pour per­mettre à d’autres d’intervenir en étant mieux pro­té­gés, et les tra­vaux plus qua­li­fiés. Cette divi­sion se tra­duit par des ten­sions sur le ter­rain. « Il n’y a pas de rai­son que l’on fasse 80 % de l’activité, que l’on prenne 80 % de la dose et qu’on n’ait pas les mêmes avan­tages que ceux d’EDF », pro­teste Charles Rumaux, 50 ans, lui aus­si chez Essor.

« Aux vexa­tions des inéga­li­tés de sta­tut, comme ces res­tau­rants d’entreprise ou ces par­kings inter­dits aux sous-trai­tants, s’ajoute l’incompréhension de voir de jeunes agents EDF venir contrô­ler un tra­vail qu’ils ne connaissent pas. « Il y a beau­coup de jalou­sie, de frus­tra­tion par rap­port à nous, recon­naît Eli­sa­beth Poz­zi, d’EDF, res­pon­sable SUD-Ener­gie à la cen­trale de Dam­pierre-en-Bur­ly (Loi­ret). J’ai même vu des graf­fi­tis “EDF encu­lés” dans les vestiaires.

« Après avoir été l’une des pre­mières femmes en France à grim­per aux poteaux élec­triques pour l’entreprise publique, Eli­sa­beth Poz­zi, 46 ans, est entrée dans les géné­ra­teurs de vapeur pour poser les « bou­chons » – qui obturent les tuyaux reliant le géné­ra­teur au réac­teur. « Jum­per », c’est le poste le plus expo­sé. L’opération ne doit pas durer plus de deux minutes, tant l’irradiation est forte. « En trente secondes, tu prends entre 100 et 200 mil­li­rems . On s’entraînait beau­coup pour ne pas perdre de temps et on décou­pait l’action pour répar­tir la dose entre nous, raconte-t-elle. En deux ans, j’avais pris 250 mil­li­sie­verts. Entre nous, on s’appelait les sau­cisses à griller. »

En prin­cipe, on peut lire l’enquête de Rémi Bar­roux en ligne à par­tir de ce lien :

Nucléaire : voyage au pays des forçats de l’atome

[clear-line]• Pour la sixième année consé­cu­tive, la Fon­da­tion Coper­nic, repré­sen­tée par Michel Bian­co, orga­nise à Venelles (Bouches-du-Rhône) une ren­contre dans le cadre de la « Jour­née mon­diale de la sécu­ri­té et de la san­té au tra­vail », ini­tiée par l’Organisation Inter­na­tio­nale du Tra­vail (OIT) en 2003, et qui porte, cette année, sur « la sécu­ri­té et la san­té dans l’utilisation des pro­duits chi­miques au tra­vail ». Sur ce thème, la Fon­da­tion Coper­nic a déci­dé, en par­te­na­riat avec la mai­rie, une opé­ra­tion de sen­si­bi­li­sa­tion à la pro­tec­tion des tra­vailleurs et de l’environnement en direc­tion du grand public et des médias locaux, sur le mar­ché de Venelles ce same­di 26 avril 2014 de 8 h à 12 h.

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Lire aus­si : 


Nucléaire. Greenpeace franchit la sécurité de Tricastin

L’époque est aux lan­ceurs d’alertes : cli­mat, fli­cages numé­riques, cor­rup­tions en tous genres. Et nucléaire ce lun­di avec les aler­teurs de Green­peace. Une fois de plus, ils ont fait leur bou­lot de démons­tra­tion par la preuve. EDF, l’ASN et les pou­voirs publics peuvent bien ten­ter de mini­mi­ser l’opération de cette nuit à la cen­trale de Tri­cas­tin en pré­ten­dant que les aler­teurs  de Green­peace ne sont pas par­ve­nus dans la zone ultime de contrôle. Espèrent-ils  qu’un groupe de ter­ro­ristes fassent « mieux » ?… Ain­si, au lieu de les féli­ci­ter pour orga­ni­ser gra­tui­te­ment et gran­deur nature un exer­cice de crise, ils vont les pour­suivre en justice !

Le site de Tri­cas­tin accueille la plus impor­tante concen­tra­tion d’industries nucléaires et chi­miques de France. C’est aus­si le site nucléaire le plus éten­du de France, devant l’usine de retrai­te­ment de La Hague. Le site regroupe de nom­breuses acti­vi­tés liées à la fabri­ca­tion et l’exploitation du com­bus­tible nucléaire. Les pre­mières ins­tal­la­tions sont entrées en fonc­tion­ne­ment au cours des années 1960 pour enri­chir de l’uranium à des fins mili­taires. Actuel­le­ment, plus de 5 000 employés tra­vaillent au Tri­cas­tin dans un impor­tant réseau d’entreprises.

Les deux tiers de l’électricité pro­duite par les quatre réac­teurs de 900 MW sont consom­més sur place, notam­ment par l’usine voi­sine d’enrichissement Euro­dif. Il est pré­vu que le der­nier tiers ali­men­te­ra l’expérimentation d’ITER, quand ce réac­teur à fusion nucléaire sera opé­ra­tion­nel – s’il le devient – dans quinze ou vingt ans, à Cada­rache (Bouches-du-Rhône).

En exploi­ta­tion à par­tir de 1960, la cen­trale de Tri­cas­tin est presque aus­si vieille que celle de Fes­sen­heim – que Fran­çois Hol­lande s’est enga­gé à fer­mer. Ce que lui rap­pelle Green­peace en actua­li­sant cette pro­messe et en l’étendant aux ins­tal­la­tions de Tri­cas­tin, éga­le­ment situées sur une zone sis­mique. Par leurs pro­jec­tions d’images sur les murailles de béton, en par­ti­cu­lier la repré­sen­ta­tion appuyée d’une fis­sure, l’ONG éco­lo­giste appuie aus­si sur une réa­li­té : à savoir que la plu­part des enceintes de confi­ne­ment des réac­teurs – même épaisses d’un mètre de béton – sont plus ou moins fis­su­rées et non étanches !

Les popu­la­tions voi­sines se sont le plus sou­vent, et dans l’ensemble, habi­tuées et rési­gnées face aux dan­gers qui les menacent au quo­ti­dien. Comme dans d’autres ins­tal­la­tions nucléaires, mais à Tri­cas­tin plus par­ti­cu­liè­re­ment, des inci­dents se sont suc­cé­dés ces der­nières années. L’Auto­ri­té de sûre­té se veut tou­jours ras­su­rante en clas­sant ces inci­dents dans le bas de l’échelle des risques.

N’oublions pas non plus qu’EDF finance les col­lec­ti­vi­tés locales à hau­teur de 14 mil­lions d’euros par an au titre de la taxe pro­fes­sion­nelle. Là plus qu’ailleurs c’est l’économie qui com­mande. Jusqu’à ce qu’un acci­dent grave pré­sente sa fac­ture. Mais les acci­dents, on le sait, ça n’arrive qu’ailleurs : Three Miles Island (USA), Tcher­no­byl, Fuku­shi­ma

 

Lire aus­si :

TRICASTIN. Et Mme Areva but l’eau du lac…

 


Le magma nucléaire de Fukushima, foyer de la confusion du monde

Sar­ko­zy, m’apprend la radio, serait désor­mais équi­pé d’un super-para­pluie seyant mieux, si on peut dire, à sa super fonc­tion. Un para­pluie blin­dé (en kev­lar et tout) comme un gilet pare-balles et qui, non seule­ment pour­rait pro­té­ger de la pluie, mais le met­trait aus­si à l’abri du mécon­ten­te­ment à son égard des 80% de citoyens son­dés… En ces mau­vais temps de météo plus qu’incertaine, le pré­sident fait donc un cro­chet par le Japon, his­toire de tes­ter le fameux pébroc sur ses capa­ci­tés para-pluies radioactives.

 

Ce n’est en tout cas pas à Fuku­shi­ma que se sera ren­du l’homme au(x) pépin(s). Mata­more, certes, sui­ci­daire, non ! Il en est de même pour le trio fran­co-nucléaire « invi­té » là-bas, mais pas trop près non plus, pour livrer leur botte secrète aux diri­geants de la cen­trale et de Tep­co. Ain­si Madame Are­va et mes­sieurs CEA et EDF vont-ils s’efforcer d’apporter aux Nip­pons leurs vacillantes lumières. Et ten­ter sur­tout de redo­rer leurs bla­sons res­pec­tifs et uni­fié face à l’adversité qui ter­nit sacré­ment leur ave­nir irradieux.

 

© Tep­co (et mer­ci pour la qua­li­té de l’image !)

Madame Are­va sur­tout, car, blin­dée de sa haute suf­fi­sance, elle voit s’écrouler la mon­tagne de men­songes accu­mu­lés de haute lutte durant ces 25 années de com’ éhon­tée qui ont sui­vi la catas­trophe de Tcher­no­byl. Vrai­ment dom­mage, ain­si que l’a déplo­ré la pré­si­dente du Medef, Lau­rence Pari­sot : « Tout ceci tombe très mal, ça se passe à un moment où l’économie mon­diale com­men­çait tout juste à repar­tir. » [Le Monde, 19/3/11]. D’autant plus, en effet, que l’affolement du cli­mat venait appuyer l’idée de cette radieuse éner­gie « propre », sinon « verte » – voir le vidéo-clip d’Areva et son détour­ne­ment ci-contre =>

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Quand France 2 et Pujadas passent les plats (tièdes) du nucléaire (brûlant)

Avec Mme Are­va, France 2, 15/3/11

Tout finit par s’expliquer (quand on n’a pas com­pris tout de suite), et on pige ain­si pour­quoi Sar­ko­zy affec­tionne David Puja­das pour ses entre­tiens solen­nels… Ques­tions pro­prettes, yeux écar­quillés, sou­rire de ravi. Tout ça on l’avait remar­qué, et pas qu’avec le pré­sident. Confir­ma­tion en l’occurrence avec le trai­te­ment du volet nucléaire des catas­trophes au Japon. C’est Samuel Gon­thier qui fait état, dans Télé­ra­ma [25/3/11] des rele­vés de comp­teur sus­pects s’agissant du nucléaire et des invi­tés de France 2 au jour­nal de 20 heures. Par­fait « relais des com­mu­ni­qués offi­ciels », la chaîne publique n’aurait invi­té « que des repré­sen­tants des auto­ri­tés com­pé­tentes », soit, dans l’ordre :

 

L’horizon se dégage…

« Natha­lie Kos­cius­ko-Mori­zet (ministre de la Pro­tec­tion de l’environnement nucléaire), Claude Allègre (ancien ministre de la Recherche nucléaire), Anne Lau­ver­geon (pdg d’Areva, numé­ro un mon­dial du nucléaire), André-Claude Lacoste (pré­sident de l’Autorité de sûre­té nucléaire), Jean-Marc Jan­co­vi­ci (repré­sen­tant de l’immense masse des éco­lo­gistes pro-nucléaires), Thier­ry Charles (de l’Institut de radio­pro­tec­tion et de sûre­té nucléaire), Fran­çois Fillon (Pre­mier ministre). Dans un louable sou­ci de conte­nir « l’émotion» des popu­la­tions, pas un de ces irres­pon­sables éco­lo­gistes catas­tro­phistes ne fut convié en stu­dio. En revanche, dès le lun­di 14 mars, David Puja­das prend de la hau­teur avec un grand débat: « Est-ce vrai­ment le moment de rou­vrir un débat sur le nucléaire main­te­nant ? » Pour res­pec­ter la digni­té des Japo­nais, ne fau­drait-il pas l’organiser au mois d’août 2012, pen­dant la finale du 100 mètres des jeux Olympiques ? »

 

 

Man­ga japo­nais. « Dor­mez, dor­mez, petits pigeons… »


Comment le nucléaire marque le clivage entre productivisme et humanisme

Quand il se fait pré­di­ca­teur de l’Apocalypse, ce n’est pas ce que j’aime le plus chez Paul Viri­lio, ce pen­seur de la tech­no­lo­gie alliée à la vitesse. C’est sans doute à cause du ton, par trop péremp­toire. Pour­tant, lorsqu’il pré­dit que tout ce qui peut arri­ver finit par arri­ver il est impa­rable et nous plonge le nez dans l’actualité la plus « radieuse ». Ain­si, je résume en sub­stance, en inven­tant le che­min de fer, l’homme a inven­té le déraille­ment. De même pour l’auto et les pla­tanes, l’avion et les crashes, les cen­trales nucléaires et Fuku­shi­ma ou Tchernobyl.

 

Mer­ci donc, Paul V. d’avoir fait de ces évi­dences l’un des pivots de nos moder­ni­tés infernales.

 

S’agissant du nucléaire, nous nous voyons pro­je­tés dans un autre registre que celui de l’accident, même le moins banal. Ain­si devons-nous nous attendre, hélas, aux 600 ou même 800 cadavres qu’il fau­dra dénom­brer du crash « annon­cé » d’un A-380 – l’appareil pro­ba­ble­ment van­té dans les pros­pec­tus comme « le plus sûr du monde ». On sait : il en fut de même du Concorde, …jusqu’à son der­nier vol. On repar­le­ra une autre fois de l’épopée fatale du Tita­nic.

 

Mais le nucléaire… Ici, nous chan­geons tota­le­ment de registre puisque, même en ayant déjà décré­té les actuelles ins­tal­la­tions comme les « plus sûres du monde », cette pré­ten­tion-slo­gan se fra­casse contre la ter­rible « loi » de Paul V. Et aujourd’hui, la ter­ri­fiante et déso­lante actua­li­té oblige les tech­no­crates – au sens strict : « qui gou­verne par la tech­nique » – à ajou­ter une couche sup­plé­men­taire à ladite sûre­té prise en défaillance. Madame Are­va s’est ain­si dépê­chée, au troi­sième jour de l’Apocalypse japo­naise, de pro­mou­voir le super-modèle déjà en maga­sin sous l’appellation magique de « EPR ». Si les Japo­nais, eut-elle l’outrecuidance d’énoncer en sub­stance, avaient été équi­pés de cen­trales EPR, ils n’en seraient pas là ! 

 

Madame Are­va, dans la caté­go­rie géné­rique des tech­no­crates, fait par­tie de la sous-espèce dite des « nucléo­crates » – ceux qui gou­vernent par le nucléaire. Il s’agit de têtes d’œuf, donc « bien faites et bien pleines » des dogmes de l’infaillibilité de la chose ato­mique. Tel­le­ment bour­rées de ladite chose qu’il n’y a plus, dans ces cer­veaux ain­si satu­rés, la moindre place pour quelques réflexions et connais­sances qui limi­te­raient leurs orgueilleuses pré­ten­tions et les ouvri­raient, sinon vers une franche huma­ni­té, du moins vers un sens authen­tique du bien commun.

Madame Are­va : « Nous, les ensei­gne­ments on les a déjà tirés dans tous nos « desi­gns » (sic)

 

Pas­sa­gè­re­ment secoués par la catas­trophe de Tcher­no­byl, ils ne man­quèrent pas de se rem­plu­mer lors de ce der­nier quart de siècle, qui vit aus­si l’émergence d’une relève de géné­ra­tion toute neuve, pim­pante, sûre d’elle et conquérante…

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  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bossuet

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  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Marseille

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sexpol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse postale !) 

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl). 
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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