On n'est pas des moutons

Mot-clé: terrorisme


Richard Labévière : Daech et le terrorisme indispensables au capitalisme

Richard Labévière est jour­nal­iste et écrivain. Ancien rédac­teur en chef à RFI (licen­cié de RFI en 2008 par Chris­tine Ock­rent pour diver­gence d’options édi­to­ri­ales), chef du ser­vice étranger, puis édi­to­ri­al­iste ; créa­teur et présen­ta­teur du mag­a­zine géopoli­tique L’envers des cartes en 2003, il est aujourd’hui rédac­teur en chef de Proche et Moyen-Orient.ch/Observatoire géos­tratégique.. Dans cet entre­tien pub­lié hier (24/06/15) sur le site du quo­ti­di­en libanais L’Orient-Le Jour,  il analyse le change­ment de pos­ture des États-Unis dans le traite­ment des ques­tions liées au ter­ror­isme. Son analyse se pro­longe sur les rap­ports entre ter­ror­isme et cap­i­tal­isme, indis­so­cia­bles com­plices dans la course folle à la mon­di­al­i­sa­tion par l’argent.

p010-1_425945_909973_large

Daech, néces­saire au “chaos con­struc­tif”.

• Vous con­sid­érez que le « ter­ror­isme » est devenu le stade suprême de la mon­di­al­i­sa­tion, cette évo­lu­tion dans le traite­ment du phénomène serait selon vous liée à la trans­for­ma­tion du sys­tème cap­i­tal­iste ?
– Oui, le ter­ror­isme rap­porte et s’inscrit dans la logique de la mon­di­al­i­sa­tion économique parce que la lutte con­tre le ter­ror­isme génère des mil­lions d’emplois dans les indus­tries d’armement, de com­mu­ni­ca­tion, etc. Le ter­ror­isme est néces­saire à l’évolution du sys­tème cap­i­tal­iste lui-même en crise, mais qui se recon­fig­ure en per­ma­nence en gérant la crise. Cette idée de ges­tion sans réso­lu­tion est con­sub­stantielle au redé­ploiement du cap­i­tal. Dans un bril­lant essai, La Part mau­dite, Georges Bataille avait expliqué à l’époque, en 1949, que toute recon­fig­u­ra­tion du cap­i­tal néces­site une part de gaspillage qu’il appelle la con­suma­tion et aujourd’hui on peut dire que le ter­ror­isme est cette part de « con­suma­tion » organique­ment liée à l’évolution du cap­i­tal­isme mon­di­al­isé. Si Daech n’existait pas, il faudrait l’inventer. Ça per­met de main­tenir une crois­sance du bud­get mil­i­taire, des mil­lions d’emplois de sous-trai­tance dans le com­plexe mil­i­taro-indus­triel améri­cain, dans la com­mu­ni­ca­tion, dans l’évolution des con­trac­tors [société mil­i­taire privée, Ndlr], etc. La sécu­rité et son main­tien est dev­enue un secteur économique à part entière. C’est la ges­tion du chaos con­struc­tif. Aujourd’hui des grandes boîtes, comme Google par exem­ple, sup­plantent l’État et les grandes entre­pris­es en ter­mes de moyens financiers pour l’investissement et la recherche dans le secteur mil­i­taire améri­cain en finançant des pro­jets de robots et de drones mar­itimes et aériens. Tout cela trans­forme le com­plexe mil­i­taro-indus­triel clas­sique et rap­porte beau­coup d’argent. Pour cette trans­for­ma­tion le ter­ror­isme est une absolue néces­sité, Daech n’est donc pas éradiqué mais entretenu parce que cela sert l’ensemble de ces intérêts. Et là nous ne tombons pas dans la théorie du com­plot, c’est une réal­ité quand on exam­ine l’évolution de l’économie.

• Quelles sont les con­séquences de cette logique ?
C’est surtout qu’on encour­age les caus­es et les raisons sociales de l’émergence du ter­ror­isme. On ne dit pas suff­isam­ment que ceux qui aujourd’hui s’engagent dans les rangs de Daech et reçoivent un salaire provi­en­nent des lumpen pro­lé­tari­at de Tripoli ou autres zones où les gens vivent dans une extrême pau­vreté parce que l’évolution du cap­i­tal­isme affaib­lit les États, les poli­tiques sociales, et les class­es les plus défa­vorisées sont dans une sit­u­a­tion de survie de plus en plus com­plexe. Sans réduire le phénomène à une seule cause, le mau­vais développe­ment et la déglingue économique con­stituent tout de même une rai­son impor­tante de l’expansion de Daech. Face à cela, les États-Unis ont entretenu la sit­u­a­tion de fail­lite des États de la région sah­e­lo-sahari­enne et favorisé la créa­tion de micro-États mafieux. Cette logique de traite­ment sécu­ri­taire mon­tre que l’argent est devenu le fac­teur prin­ci­pal des rela­tions inter­na­tionales aujourd’hui. La rai­son pour laque­lle l’Arabie saou­dite, le Qatar sont devenus des parte­naires telle­ment impor­tants pour les pays occi­den­taux c’est parce qu’ils ont de l’argent et dans leur logique de Bédouins, les Saou­di­ens pensent que l’on peut tout acheter. L’argent a sup­plan­té l’approche poli­tique des rela­tions inter­na­tionales, c’est la don­née prin­ci­pale et la direc­tion de la ges­tion des crises. D’où ce poids totale­ment démesuré de l’Arabie saou­dite, du Qatar, des Émi­rats, du Koweït, dans la ges­tion des crises du Proche et Moyen-Ori­ent. Quand on voit que les Saou­di­ens arrosent d’argent le Séné­gal, et que ce dernier envoie 200 sol­dats au Yémen on sent le poids de l’argent. On voit aus­si com­ment cette course à l’argent explique la nou­velle diplo­matie française.

• C’est- à-dire ?
– Du temps du général de Gaulle et de François Mit­ter­rand, on par­lait d’une poli­tique arabe de la France, aujourd’hui on par­le d’une poli­tique sun­nite de la France. La diplo­matie française colle aujourd’hui aux intérêts saou­di­ens, parce que la France vend de l’armement, des Air­bus à Riyad, aux Émi­rats, au Koweït… Ça représente 35 mil­liards de dol­lars lourds pour le Cac 40. C’est une diplo­matie de bou­tiquier où la vision stratégique de l’intérêt nation­al et de la sécu­rité nationale est sup­plan­tée par la course à l’argent. Les élites admin­is­tra­tives et poli­tiques ne par­lent plus de la défense de l’intérêt nation­al mais de la défense de leurs intérêts per­son­nels. L’argent explique leur démis­sion et leur trahi­son des élites. Dans ce con­texte-là, la lib­erté d’expression s’est réduite à une sim­ple alter­na­tive être ou ne pas être Char­lie. S’exerce aujourd’hui une « soft » cen­sure qui fait que dans les médias main­stream on peut dif­fi­cile­ment faire des enquêtes ou cri­ti­quer l’Arabie saou­dite ou le Qatar. La diplo­matie est gérée par une école néo­con­ser­va­trice française qui a sub­sti­tué à la poli­tique et l’approche inter­na­tionale, une morale des droits de l’homme qui est un habil­lage à la course à leurs intérêts financiers.

Pro­pos recueil­lis par Lina Ken­nouche | OLJ

Lire tout l’entretien : « Si Daech n’existait pas, il aurait fal­lu l’inventer »

😉 Un mois exacte­ment que « C’est pour dire » n’a rien dit… et per­son­ne pour s’en plain­dre. Un hymne à l’humilité – salu­taire – et qui n’empêche pas la per­sévérance…


Des cathédrales au nucléaire. « Cette Ascension sans fin qu’on appelle aussi le Progrès… »

Entre­tien avec John Mac­Gre­gor, chercheur au MIT

John Mac­Gre­gor, vieux com­plice améri­cano-cana­do-écos­sais, chercheur au MIT (Mass­a­chu­setts Insti­tute of Tech­nol­o­gy — Cam­bridge, Etats-Unis), soci­o­logue des médias et astro­physi­cien, le type qui lit à la fois dans les gazettes & dans les étoiles… Tout comme il goûte le pure-malt & le mon­tra­chet (ou le sauternes, mais pas en même temps). Un éner­gumène dans son genre, qui a bien labouré notre hexa­gone et en remon­tr­erait à plus d’un Gaulois. Il passe quelques jours à la Jazz­ine où il dérouille le piano à coups de Scri­abine et d’Oscar Peter­son, se goin­frant aus­si de notre télévi­sion et de nos canards. Bref, de quoi causer – et on ne s’en prive pas !

• Comme nul n’est prophète en son pays, je prends tou­jours un malin plaisir à écouter tes ruades et coups de coeur con­cer­nant la France. Ton prisme, cette fois, passe par la chaîne de télé Arte et le quo­ti­di­en Le Monde, que nous avons regardés ensem­ble. Et tu en prof­ites pour effectuer un grand écart entre deux épo­ques, deux lieux, deux rap­ports au monde : les cathé­drales et les cen­trales nucléaires… Des expli­ca­tions s’imposent.

John Mac­Gre­gor : Je n’aurais pu faire les mêmes obser­va­tions aux États-Unis ! En tout cas pas à par­tir de la télé. Sous ses cou­verts mul­ti-eth­niques, l’empire état­sunien est totale­ment eth­no­cen­tré sur lui-même, si je peux me per­me­t­tre ce pléonasme… J’ai été sub­jugué par Arte, chaîne inimag­in­able out­re-Atlan­tique : ce mélange osé de cul­tures, alle­mande et française, et aus­si, il est vrai, cette propen­sion à attein­dre le fameux « point God­win » avec ses sujets très récur­rents autour du nazisme, de l’Occupation, de la ques­tion juive. Deux soirées m’ont par­ti­c­ulière­ment éton­né par le pont qu’elles ont per­mis entre deux stades de nos civil­i­sa­tions au sens large. Je veux par­ler de la soirée du same­di 23 (avril) avec ce film excep­tion­nel, « Les Cathé­drales dévoilées »*. J’y ai appris plein de choses sur la con­struc­tion, les matéri­aux, l’architecture et les prob­lèmes ren­con­trés il y a huit siè­cles pour édi­fi­er de tels chefs d’œuvre ! Et trois jours après, à la même heure, la même chaîne dif­fu­sait « Tch­er­nobyl for­ev­er »** ques­tion­nant de manière pro­fonde l’avenir du nucléaire à tra­vers ses enjeux post-cat­a­stro­phes. Huit siè­cles, dira-t-on un peu vite, de « civil­i­sa­tion » ; à con­di­tion toute­fois d’exclure toute vision de con­ti­nu­ité, voire d’évolutionnisme.

Comme la défaite d’une idée de la Beauté…

 

… au prof­it, si on ose dire, de la Dis­grâce absolue”

• Certes, ces siè­cles ont été des plus chao­tiques. Mais il s’agit tout de même de « notre » civil­i­sa­tion, enfin celle dont nous sommes les héri­tiers…

– Oui ! Il y eut bien les cathé­drales et, par la suite, la « sainte inqui­si­tion », les guer­res de reli­gion, et toutes sortes de mas­sacres précé­dant les guer­res tech­niques, je veux dire à tech­nic­ité spé­ci­fique, celles des armes effi­caces jus­ti­fi­ant ce qu’on fini­ra par nom­mer le pro­grès. Car les guer­res ont précédé les « paci­fi­ca­tions » – par déf­i­ni­tion, on ne peut faire la paix qu’après la guerre. De même qu’on impose l’atome « civ­il » après avoir décidé d’abord de sa ver­sion mil­i­taire : la bombe a précédé et annon­cé les cen­trales, aux États-Unis d’abord, puis notam­ment en France quand De Gaulle a opté pour l’arme atom­ique comme gage d’indépendance. De Gaulle voy­ait dans la bombe atom­ique un instru­ment de dis­sua­sion au ser­vice de la paix. C’était juste à une époque où seuls quelques rares pays – qua­tre ou cinq –  pos­sé­daient de tels arme­ments. Depuis, la matière nucléaire s’est presque banal­isée, à l’image de l’industrie  nucléaire civile. Elle est dev­enue un objet de dis­sémi­na­tion et représente ain­si un dan­ger phénomé­nal dans ce champ nou­veau qu’est aujourd’hui le “grand ter­ror­isme” par lequel la notion de guerre s’est ain­si déplacée. La guerre, rap­pelons les fon­da­men­taux, con­stitue à l’origine le moyen d’instaurer des dom­i­na­tions d’un groupe sur un autre et de faire main basse sur les biens de l’« enne­mi » en annex­ant son ter­ri­toire, sa main d’œuvre, sa force de pro­duc­tion, de repro­duc­tion aus­si et bien sûr de con­som­ma­tion – en un mot ses richess­es, ou ce qu’on appelle l’économie. L’économie, du grec oikos, la « mai­son » dont on a fait une sci­ence d’allure paci­fique, alors qu’elle pour­suit cette guerre ances­trale de dom­i­na­tion ou, égale­ment, de rival­ités – affron­te­ments dans le but de s’approprier la rive de l’autre, l’ennemi. La « sci­ence de la mai­son », c’est la manière pro­prette de pro­longer les guer­res – on par­le bien, d’ailleurs et sans se gên­er, de guerre économique.

• Mieux vaut quand même ces guer­res économiques que les ter­ri­bles mas­sacres…

– Mieux vaut aus­si un match de foot qu’une émeute… Mais on peut aus­si avoir les deux… ce qui qui se pro­duit par­fois d’ailleurs. Je pour­su­is mon idée : ce que j’appelle le grand ter­ror­isme a changé la donne en ce sens notam­ment que son but guer­ri­er n’est plus de domin­er sur le plan économique, mais d’affaiblir l’ennemi au point même de l’anéantir par la vio­lence – but suprême ! – selon des moyens incon­nus jusque là, alliant à la fois tech­nolo­gie de base et fanatisme politi­co-religieux. Les atten­tats du 11 sep­tem­bre en sont la “quin­tes­sence”… Les reli­gions ont toutes, peu ou prou dans l’Histoire, été ten­tées par ce genre d’extrémisme, ce néga­tion­nisme niant l’altérité con­sid­érée comme héré­tique. En ce moment, ce sont les islamistes qui por­tent ce fanatisme à son plus haut point, con­séquence d’une dés­espérance eco­nom­i­co-poli­tique et expres­sion de la mar­ty­rolo­gie religieuse qui glo­ri­fie les atten­tats-sui­cides con­tre lesquels il n’est guère vrai­ment de parades. Telle est la nou­velle guerre aujourd’hui, qui pour­rait trans­pos­er dans la “rou­tine” ter­ror­iste les bombes d’Hiroshima et Nagasa­ki.

Écar­tons toute­fois ces hypothès­es apoc­a­lyp­tiques (ne gâchons pas notre soirée quand même!) pour en rester à l’ordinaire mon­di­al­isé… Le « pro­grès » viendrait, à la lim­ite, du fait que les morts “ordi­naires”, quo­ti­di­ennes et en général les vic­times économiques appa­rais­sent de façon moins vis­i­bles que jadis, ou plus présenta­bles, ce qui relève du rôle des médias et de la mise en spec­ta­cle du monde. De même que le ray­on­nement atom­ique est invis­i­ble, ses vic­times le sont aus­si du fait de leur dilu­tion dans le temps et même dans l’espace. Les vic­times de Tch­er­nobyl n’ont pas été compt­abil­isées réelle­ment, elles ne fig­urent sur aucun reg­istre offi­ciel, elles sont comme trans­par­entes…

• C’est bien ce qu’on appelle un pro­grès en trompe l’œil…

– Ton expres­sion est presque un pléonasme. Qu’est-ce donc que le pro­grès, dès lors qu’on n’oublie rien sur les deux plateaux, posi­tif et négatif, de la bal­ance ?… Main­tenant, si on étab­lis­sait un bilan glob­al, mon­di­al, des morts par con­flits et des sur­vivants à la mis­ère dom­i­nante, et si on pou­vait le rap­porter au temps des cathé­drales et établir un ratio, juste­ment, je ne pari­erais pas cher sur le degré de notre pro­grès ain­si mesuré… Des his­to­riens ont sans doute tra­vail­lé sur ces ques­tions, je l’ignore. En tout cas, ne serait-ce que de manière sym­bol­ique, esthé­tique, morale et je dirais même, moi qui ne suis ni religieux ni croy­ant, en ter­mes d’espérance, ces sept, huit siè­cles qui sépar­ent la cathé­drale d’Amiens ou de Beau­vais du sar­cophage de Tch­er­nobyl relèvent d’une ter­ri­ble régres­sion. Comme la défaite d’une idée de la Beauté au prof­it, si on ose dire, de la Dis­grâce absolue. Cette régres­sion se lit douloureuse­ment sur les vis­ages si tristes, si défaits, des Ukrainiens, Bélaruss­es et Russ­es, adultes et enfants croisés par les caméras du film d’Arte. C’est une déso­la­tion totale qui atteint toute une pop­u­la­tion, plusieurs pays grave­ment touchés par le nuage radioac­t­if et un ter­ri­toire grand comme la Suisse à jamais ren­du inviv­able. Et cette réal­ité-là serait con­sid­érée nég­lige­able ? Nous sommes face à une mon­stru­osité, un déni du pri­mat de l’humain sur la tech­nique.

Le « risque zéro n’existe pas »,

mais le risque maxi, oui !

En tant que sci­en­tifique, dis­cu­tant avec des col­lègues, je me suis par­fois pris à douter ; je veux dire que j’ai pu croire à la doxa d’une fia­bil­ité raison­née, raisonnable, d’un nucléaire « maîtrisé ». La cat­a­stro­phe de Fukushi­ma est venu nous remet­tre devant l’évidence du con­tre­sens nucléaire et la réal­ité inéluctable des acci­dents majeurs. Leur prob­a­bil­ité ne pou­vant jamais être nulle, les acci­dents se pro­duiront de manière inéluctable – d’ailleurs ils se sont pro­duits de façon spec­tac­u­laire, impos­si­bles à cacher comme tant d’autres jugés mineurs, voire « nor­maux », ceux dont sont ordi­naire­ment vic­times les tra­vailleurs intéri­maires, par exem­ple… L’occasion ici de remet­tre à sa place le cre­do « tarte à la crème » des nucléaristes : leur fameux « risque zéro qui n’existe pas », pour excuser par avance toutes les « bavures » à venir. A quoi on se doit de leur rétor­quer avec le « risque maxi » comme véri­ta­ble dan­ger du nucléaire. Ce n’est pas une chimère, il s’appelle Tch­er­nobyl et Fukushi­ma – entre autres.

• En com­para­nt des cathé­drales et des cen­trales nucléaires, on va te reprocher à tout coup, et à juste titre, de pro­duire un raison­nement non sci­en­tifique à base de carpes et de lap­ins…

– Mais je ne com­pare pas, puisque ce n’est com­pa­ra­ble en rien ! Si elles ont pu « fonc­tion­ner » comme une sorte de réac­teur religieux qui aurait pro­duit de l’espérance, sinon du mieux-vivre, les cathé­drales ne pro­dui­saient évidem­ment pas des calo­ries trans­formables en joules et donc en tra­vail. Mon pro­pos porte sur les épo­ques et leurs rap­ports à la notion de pro­grès liée à l’irruption de la tech­nique mod­erne. On peut dater de cette fin du Moyen âge, puis du début de la Renais­sance – le mot le dit assez ! – l’accélération du pro­grès tech­nique.

Le film d’Arte mon­tre bien à quel point l’édification des cathé­drales a pu être liée aux évo­lu­tions tech­niques qui ont elles-mêmes per­mis cette audace archi­tec­turale sans précé­dents dans l’Histoire, y com­pris dans l’histoire de l’Égypte anci­enne – je par­le bien d’audace tech­nique, pas des don­nées sym­bol­iques, esthé­tiques, ou quan­ti­ta­tives. A vrai dire, il s’agit là encore de deux mon­des non com­pa­ra­bles, d’ailleurs sans rela­tions ni con­ti­nu­ité entre eux. Je ne suis pas spé­cial­iste de ces ques­tions, encore moins égyp­to­logue, je tâche de reli­er mes inter­ro­ga­tions per­son­nelles et pour par­tie sci­en­tifiques à l’état du monde actuel, à son his­toire et à son devenir. Je note ain­si, comme  l’a mon­tré le film en ques­tion, que les bâtis­seurs de cathé­drales ont large­ment eu recours à la métal­lurgie du fer et de l’acier, précé­dant et annonçant huit siè­cles plus tard les grat­te-ciel des mégapoles – méga­lopoles devrait-on plutôt dire…

• Si je te suis bien, tu dirais que les cathé­drales – et peut-être aus­si les pyra­mides d’Égypte trois mil­lé­naires avant ! – prédis­ent, ou annon­cent l’ère mod­erne et même la nôtre ?

– Elles le con­ti­en­nent dans ce que j’appellerais la geste religieuse par laque­lle le bâtis­seur et ses com­man­di­taires entrent en com­péti­tion avec un maître (Dieu) qu’ils veu­lent à la fois hon­or­er et aus­si défi­er. Cette ten­ta­tion d’aller vers le haut, et même le Très-Haut, n’est pas sans rap­port avec ce qui ne cessera dès lors de car­ac­téris­er la moder­nité par la tech­nique : la dom­i­na­tion et la maîtrise de la Nature par l’Homme adoubé par les divinités. Dès lors, il n’y avait plus d’autre lim­ite que tech­nique à cette Ascen­sion sans fin qu’on appelle aus­si le Pro­grès… N’oublie pas de bien met­tre des majus­cules à tous ces mots-là, car ce ne sont pas de « petites choses » !

• Je ne l’oublierai pas ! Ain­si, selon toi, avec sa majus­cule, le Pro­grès ne se sent plus…, je veux dire, il s’envole tel Icare au risque de se brûler les ailes trop près du soleil…

– Ah ! que tu fais bien de rap­pel­er ce mythe grec, qui nous ramène tout droit au nucléaire où l’on va aus­si crois­er cette autre fig­ure mythologique : Prométhée le voleur du feu divin, auquel les hommes aiment telle­ment s’identifier ! C’est le patron du nucléaire ! Icare, lui, rap­pelons-le s’était échap­pé du Labyrinthe en se fab­ri­quant des ailes col­lées à la cire selon une idée de son père Dédalus, l’architecte même du labyrinthe ! Dédalus, c’est l’ingénieux, l’ingénieur, celui qui annonce aus­si l’ère de la tech­nique et des tech­ni­ciens. On lui doit l l’invention du GPS – le fil d’Ariane… – et aus­si l’avion, avec les ailes d’Icare, et les cat­a­stro­phes annon­cées : la cire qui fond trop près du soleil, car Icare c’est l’inconscient pré­ten­tieux, du genre du directeur de Tch­er­nobyl ; c’est l’imprévoyant face au séisme et au tsuna­mi qui étouf­fent les réac­teurs de Fukushi­ma et font fon­dre l’uranium.

• Je crois me sou­venir qu’à la cathé­drale de Chartres, et en tout cas à celle d’Amiens j’en suis sûr, des labyrinthes ont été dess­inés dans le pave­ment de la nef…

– Oui ! On le voit bien dans la par­tie du film con­sacrée à Amiens. On pour­rait par­ler des heures et des heures sur ces thèmes pas­sion­nants, toute la sym­bol­ique, celle de l’élévation, de la lumière avec les baies et leurs vit­raux cen­sés men­er vers le ciel et l’infini… Une autre his­toire dont nous pour­rions aus­si par­ler longue­ment, elle con­cerne l’esprit de com­péti­tion qui sévit avec l’édification de ces mon­u­ments. C’est à qui, quel évêque, quel archi­tecte don­nerait nais­sance au plus beau, plus grand, plus auda­cieux, plus-plus… Ça aus­si c’est toute la moder­nité « entre­pre­neuri­ale », la con­quête des marchés, des for­tunes, de la puis­sance de dom­i­na­tion, l’avidité des rich­es… Et la plus puis­sante des cen­trales nucléaires, certes.

Et là encore, nous avions été aver­tis ! La cathé­drale de Beau­vais devait être la plus grande de toutes. Elle aurait dû s’enorgueillir d’exhiber le plus haut chœur goth­ique au monde, près de cinquante mètres. Mais des cat­a­stro­phes ruinent cette pré­ten­tion : en 1284, une par­tie du chœur s’effondre, et en 1573, alors que les fidèles sor­tent de la célébra­tion de l’Ascension…, la flèche haute de 153 mètres et les trois étages du clocher s’effondrent à leur tour ! D’aucuns y ver­ront un aver­tisse­ment de leur dieu. Ou un lâchage… Et depuis la cathé­drale qui devait être la plus-plus de toute la chré­tien­té est resté inachevée ! Com­ment là encore ne pas penser aux ruines de Tch­er­nobyl ?

Sarkozy-Berlusconi : L’obscénité de deux « travelos »

politiciens qui s’exhibent en public

• Et puis tu t’es jeté sur un numéro du Monde, celui du mar­di 26 avril, pour le dépecer à ta façon…

– Je pra­tique sou­vent ce genre d’autopsie en voy­age, par prélève­ment d’organes vitaux en quelque sorte. Le Monde en est un, mais j’aurais pu pren­dre aus­si La Provence – ce qui aurait ren­du l’exercice plus déli­cat, en rai­son de la vacuité rel­a­tive, et en tout cas appar­ente, de ce type de presse locale. De plus, n’étant pas autochtone, j’aurais man­qué de finesse d’analyse et de légitim­ité. Tan­dis que Le Monde me regarde davan­tage, comme pour­rait l’être pour toi le New York Times ou le Wash­ing­ton Post. Dis­ons que pour un uni­ver­si­taire, ce quo­ti­di­en con­stitue un plat de choix assez ten­tant.

En feuil­letant à nou­veau cet exem­plaire du Monde, je vais m’arrêter sur des pas­sages, ceux que j’ai envie de faire par­ler. Et le plus par­lant pour moi, c’est cette pho­to qui tient la moitié de la page 8 : le bais­er de Berlus­coni à Sarkozy. La légende indique bien qu’il s’agit des « mamours » de 2009, tan­dis que l’image veut illus­tr­er l’actualité des rela­tions entre Rome et Paris. La pho­to est on ne peut plus appro­priée, surtout avec le titre qu’elle sur­plombe : « La France et l’Italie s’aiment-elles encore ? » Ce que dit l’image est lais­sé à l’appréciation de cha­cun – c’est sa force –, selon qu’on y voit l’affection de deux copains, d’ailleurs si sem­blables à bien des égards ; ou bien l’obscénité de deux « trav­e­los » politi­ciens qui s’exhibent en pub­lic, sci­em­ment, avec osten­ta­tion, devant les caméras du monde ; ou encore un remake du bais­er de Judas ; ou…

• … une par­o­die de Felli­ni peut-être…

– Oui ! D’autant que Felli­ni a tou­jours pris soin de dépass­er le dis­cours poli­tique du ciné­ma engagé, sachant mon­tr­er la face ordi­naire du fas­cisme mus­solin­ien sans pass­er par les analy­ses ou l’idéologie démon­stra­tive. Felli­ni, c’est la mon­stra­tion des mon­stres. Tout comme cette pho­to, que j’aime beau­coup pour sa richesse poly­sémique – à plusieurs lec­tures, même si le lecteur type du Monde n’hésitera pas à la lire d’une manière cer­taine…

• Tu ne t’es pas arrêté sur le dessin de une, « le regard de Plan­tu », très prisé pour­tant par le lec­torat du jour­nal…

– De même que je ne lis guère les édi­tos, genre trop prévis­i­ble, bal­ance­ments entre pour, con­tre et peut-être. Ce type de dessin est d’une com­préhen­sion sim­ple, facile aus­si pour un Améri­cain en rai­son de son principe binaire d’associations con­traires et du ren­verse­ment de sens qui se pro­duit. Nous avons aus­si de nom­breux dessi­na­teurs de ce style que je dirais « à texte », c’est-à-dire  dont le trait suit le sens au lieu de l’exprimer. C’est une ten­dance assez générale et plutôt sim­pliste, et au fond régres­sive. Comme si le dessin, per­dant de son autonomie séman­tique, était devenu sec­ondaire, illus­tratif, au prof­it de la bulle et du texte alors dom­i­nants.

• Revenons à la pho­to et, en l’occurrence, celle de la page 4, grand for­mat aus­si.

– Elle est en noir et blanc et c’est tout indiqué puisqu’elle se trou­ve sous le titre « La vie rav­agée des “liq­ui­da­teurs” de Tch­er­nobyl ». Chaque vis­age de cette pho­to, chaque main lev­ée sont autant d’histoires de vie frap­pée au coin du drame… Cela rejoint ce que nous disions ci-dessus. Cela souligne aus­si le tra­vail icono­graphique du Monde dont la nais­sance avait été placée sous l’interdit de l’image – sans doute à cause du côté protes­tant de son fon­da­teur, Hubert Beuve-Méry pour qui l’image devait relever de l’iconoclastie… Belle revanche !

Dans cette lignée, je saute à la page 16, elle aus­si très riche­ment illus­trée – je n’insiste pas davan­tage. Ce « Dossier Guan­tanamo » me saute à la gueule en tant que Nord-Améri­cain, et cela depuis plusieurs années et même dès après les atten­tats du 11 sep­tem­bre 2001 quand W. Bush a trans­for­mé cette base en goulag yan­kee. Les deux pages du Monde soulig­nent encore plus cet aspect, ren­dant du même coup tout aus­si insup­port­able l’attitude d’Obama à cet égard. Mal­gré les raisons, dis­ons objec­tives, ren­dant la fer­me­ture de Guan­tanamo com­pliquée, Oba­ma a renié sa parole et, dis­ons-le, a man­qué de couilles. Il y aurait beau­coup à dire aus­si sur le fait que cette base soit instal­lée dans l’île des Cas­tro, tan­dis que Cuba n’est au fond rien d’autre qu’un goulag des Caraïbes mis en scène depuis un demi-siè­cle selon les règles du Spec­ta­cle, au sens que dénonçait si puis­sam­ment les sit­u­a­tion­nistes.

• Tu pens­es peut-être à ses met­teurs en scène qui ont porté le régime cubain sur la scène inter­na­tionale à force d’en faire leur mar­tyr, relayés en cela par leur homo­logues cubains, Fidel Cas­tro dans le tout pre­mier rôle. Ne nous égarons pas… J’aimerais t’entendre sur la page 18, signée Edgar Morin…

– … « Nuages sur le print­emps arabe ». Très beau et fort texte au titre tem­péré par une météo opti­miste à terme et un appel à soutenir « pleine­ment l’aventure démoc­ra­tique ». Car toute révo­lu­tion demeure une aven­ture… et meurt avec elle. J’ai évo­qué ce sujet en ter­mes plutôt philosophiques et sci­en­tifiques dans un texte de 1990 que tu as pub­lié en par­tie sur ton blog à l’occasion de l’actualité des révo­lu­tions arabes [Réflex­ions cos­miques sur les événe­ments d’Égypte et autres révo­lu­tions].

• Morin mon­tre bien aus­si à quel point les proces­sus révo­lu­tion­naires de l’Histoire ont été sec­oués par des soubre­sauts et des régres­sions avant de men­er à des démoc­ra­ties tou­jours frag­iles. C’est impor­tant de le rap­pel­er et d’en appel­er au sou­tien aux révo­lu­tions en cours, et même plutôt à la sol­i­dar­ité avec elles et leurs courageux acteurs.

– La portée des réflex­ions de Morin tranche évidem­ment avec celles du con­seiller de Sarkozy – Hen­ri Guaino, l’auteur du « dis­cours de Dakar ». Celui-ci par­le de fer­me­ture et l’autre d’aventure. L’un est aux manettes et aux fron­tières, l’autre à la pen­sée et à l’élévation : deux univers dont on attend tou­jours, ici et partout dans le monde, une con­cil­i­a­tion vertueuse. De la même manière que, dans cette même page, on trou­ve jux­ta­posés des réflex­ions sur Tch­er­nobyl et la néces­sité de sor­tir de l’impasse nucléaire, et le point de vue du pre­mier min­istre japon­ais annonçant la résur­rec­tion du Japon comme une sorte d’épiphanie tech­ni­ci­enne ahuris­sante. Pour M. Nao­to Kan, il s’agit de répli­quer à ce qu’il dénomme sci­em­ment une « cat­a­stro­phe naturelle », nous ramenant ain­si au début de notre entre­tien où nous évo­quions l’obsessionnel désir de dom­i­na­tion de l’homme sur la nature, ain­si d’ailleurs que les textes bibliques le lui enjoignent depuis des mil­lé­naires… Si le séisme et le tsuna­mi sont en effet des phénomènes naturels, leurs con­séquences, elles, sont bien « civil­i­sa­tion­nelles » ; elles relèvent de choix économiques, des formes de développe­ment, du dogme de la crois­sance infinie, de la reli­gion du pro­grès illim­ité, de la toute puis­sance tech­nique, etc. Nier cela ou l’ignorer me fait penser à une for­mule d’un auteur français qui fai­sait mer­veille pour dénon­cer l’absurdité de l’anthro­pocen­trisme mal­adif chez l’homme dit civil­isé. Il s’agit d’Hen­ry Mon­nier et de son fameux Joseph Prud­homme aux célèbres apho­rismes dont celui-ci, je cite de mémoire : « Ren­dons grâce au génie de la nature qui a fait pass­er les fleuves au milieu des villes »… A pro­pos du génie de la nature, la télé de ce soir nous en apporte un fla­grant et ter­ri­ble démen­ti : la grêle a détru­it 60% du vig­no­ble de Sauternes

• Cer­tains y ver­ront une preuve de plus de l’inexistence de Dieu !

• Comme pour la chute de la flèche de la cathé­drale de Beau­vais pen­dant la messe de l’Ascension… Mais la destruc­tion du raisin de sauternes, est-ce donc une cat­a­stro­phe « naturelle », s’agissant d’un breuvage aus­si divine­ment cul­turel ?

Entre­tien avec Gérard Pon­thieu

––––––

  • « Les Cathé­drales dévoilées », de Chris­tine Le Goff et Gary Glass­man, 2010.

** « Tch­er­nobyl for­ev­er », d’Alain de Halleux, 2011.

Du même auteur, sur ce blog, une étude de 2004 sur l’avenir de la presse et des jour­nal­istes : « BONNE NOUVELLE. Les jour­naux sont fou­tus, vive les jour­nal­istes ! »


Mort de Ben Laden : Chat ne changera rien

Édi­to­r­i­al par l’image.  Minette est formelle : chat ne chang­era rien. Surtout pas ses habi­tudes de regarder le 20 heures à dis­tance dans le reflet de la fenêtre. Y com­pris et surtout un soir comme celui-ci où le monde (infan­tile) fes­toie après l’assassinat d’un assas­sin. Par­don­nons aux vio­lents qui gou­ver­nent, ils ne savent pas ce qu’ils font…


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet. » Bossuet

  • Traduire :

  • Twitter — Gazouiller

  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Philippe Casal, 2004 - Centre national des arts plastiques - Mucem, Marseille

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexualité / politique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl”

    Comme un nuage, album photos et texte marquant le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986). La souscription étant close (vifs remerciements à tous les contributeurs !) l'ouvrage est désormais en vente au prix de 15 euros, franco de port. Vous pouvez le commander à partir du bouton "Acheter" ci-dessous (bien préciser votre adresse postale !)

    tcherno2-2-300x211

    Il s'agit d'un album-photo de qualité, à tirage soigné et limité, 40 p. format A4 "à l'italienne". Les photos, prises en Provence et notamment à Marseille, expriment une vision artistique sur le thème d’« après le nuage ». Cette création rejoignait l’appel à l’organisation de "1.000 événements culturels sur le thème du nucléaire", entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fukushima) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • « C’est pour dire » de Gérard Ponthieu, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification (3.0 France). Photos, dessins et documents mentionnés sous copyright © sont protégés comme tels.
    Licence Creative Commons

  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

  • Catégories d’articles

  • Salut cousin !

    Je doute donc je suis - gp

  • Fréquentation de « C’est pour dire »

    • 0
    • 981
    • 152
    • 4 810
    • 35 483
    • 1 621
    • 3 748
  • Calendrier

    janvier 2018
    lunmarmerjeuvensamdim
    « Déc  
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
    293031 
    Copyright © 1996-2017 C’est pour dire. Tous droits réservés – sauf selon la license Creative Commons.
    iDream theme by Templates Next | Turbiné par WordPress