On n'est pas des moutons

mon OEil

Les Actualités” de 1946. “C’était Noël quand même…”

En ces temps-là, l’actualité pas­sait par les écrans de ciné­ma. Avec l’impayable ton pleur­nichard du spiqueur et son prêche à deux balles, “Les Actu­al­ités” impo­sait en dix min­utes une vision du monde pour le moins étriquée. Au menu, pour ce 25 décem­bre 1946 : Saut à ski au trem­plin de See­grube dans le Tyrol autrichien, catch salle Wagram, mort de Paul Langevin, inno­va­tion : le cais­son chirur­gi­cal, étude des rayons cos­miques, retour des bag­nards de Cayenne à l’île de Ré, fouilles à Carthage, ves­tiges de la civil­i­sa­tion aztèque au Mex­ique, images de Noël 1946, Boxe : match Cer­dan con­tre Char­ron… (privé d’images). On ne craig­nait pas le mélange des gen­res dans une hiérar­chie des sujets plus que rel­a­tive. C’était il y a soix­ante-dix ans. Pas de quoi être nos­tal­gique. [© Doc­u­ment Ina]


Enfin de la pub, de la vraie, sur les radios du service public !

hara_kiri_pubSur l’autel de (feue) la gauche, ce gou­verne­ment ne recule devant aucun sac­ri­fice. Ce matin au réveil, j’apprends dans le poste qu’un décret paru aujourd’hui même au Jour­nal offi­ciel autorise la pub­lic­ité sur les ondes de Radio France !

Le tout-pognon aura encore sévi, empor­tant sur son pas­sage les restes d’éthique auquel on croy­ait encore pou­voir s’accrocher. Tu croy­ais, naïf, que les radios du ser­vice pub­lic te met­taient à l’abri des sail­lies de « pub qui rend con – qui nous prend pour des cons »… Macache ! Finies les débil­ités lim­itées aux seules « oui qui ? Kiwi ! » et autres « Mat­mut » à en dégueuler. On est passé au tout-Macron, mon vieux ! Tu savais pas ? Vive le tout-libéral, l’indécence com­mune et la vul­gar­ité marchande ! Les enzymes glou­tons sont de retour, et les bag­noles à tout-va, les chaussée-au-moine, les justin-bridoux, les mars-et-ça-repart – autant dire que le bon­heur nous revient en splen­deur, avec ses trou­vailles enchanter­ess­es, la vie facile, enfin !

Manque tout de même à ce gou­verne­ment qui, lui aus­si, nous prend pour des cons, un min­istre à la hau­teur. Je ne vois que Séguéla. Un Séguéla, sinon rien ! Et au com­plet, avec sa rolex et sa con­ner­ie.

Nous restera à fer­mer le poste. On mour­ra moins con (« oui mais, on mour­ra quand même ! »).

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Pendaison publique, place de l’Opéra à Marseille

Pendue

© gp

On croy­ait ces temps révo­lus, révo­lus comme la Révo­lu­tion et comme la peine de mort… C’était sans compter sur l’exception mar­seil­laise. Non pas celle des autres exé­cu­tions publiques, il y a dix jours encore, devant ce même opéra munic­i­pal, à coup de bas­tos. Non, une vraie de vraie, par pendai­son. Plus économique que la guil­lo­tine, telle­ment moins san­guino­lente. Un gibet, une corde, un bour­reau, une con­damnée à mort, et hop ! Le tout devant un pub­lic recueil­li et même une classe de petits écol­iers – c’était mer­cre­di. Il faut bien édi­fi­er les mass­es face au Crime éter­nel, que le châ­ti­ment, pour­tant, jamais ne tar­it…

Il y avait de la fas­ci­na­tion dans le regard du peu­ple ain­si assem­blé. Oui, des lueurs de défi, une cer­taine jouis­sance dans les prunelles avides. Il faut dire que la crim­inelle irra­di­ait lit­térale­ment, sous sa longue robe écar­late et son regard de braise, sous ses ultimes paroles en appelant à la vie, à la révolte de la vie. Que lui reprochait-on à cette Char­lotte Cor­day mar­seil­laise ?

À enten­dre son cri, on com­prend que c’est la Femme, fatale pécher­esse, qui devait ici expi­er son crime d’exister. Dans la suite inin­ter­rompue des muti­la­tions his­toriques infligées à toutes les femmes de la planète en perdi­tion : battues, exploitées, méprisées, répudiées, trompées, humil­iées, excisées, lapidées, ignorées ou même adulées – exé­cutées. La sup­pli­ciée : « Regarde mon corps mon trou ma tombe mes yeux mes seins mon sexe. L’os pelé de l’amour la clef des larmes. Je brûle d’une flamme nue… ». Et il est des pays où de telles scènes ne sont pas fic­tives. Tant de sauvagerie partout ! Jusque “dans l’ombre de la démoc­ra­tie”, ain­si que le souligne l’auteur du spec­ta­cle.

La dra­maturgie a joué à plein, dans le dénue­ment du lieu et de la sit­u­a­tion. La comé­di­enne, poignante, boulever­sante au bout de sa corde. Son bour­reau intraitable. Cela eut lieu entre les coups de sirène de midi et midi dix, sous la plainte trou­blante d’un saxo, face au soleil cru, bal­ayé de mis­tral. Magie du théâtre.

C’était hier, comme en chaque pre­mier mer­cre­di du mois, depuis 2003 que Lieux publics s’approprie le parvis de l’opéra mar­seil­lais pour une scène de rue jamais anodine. Cela s’appelle Sirènes et midi net. Un beau nom de ren­dez-vous.

Pendue

© gp

Pen­due, de la com­pag­nie Kumu­lus, une adap­ta­tion du spec­ta­cle Les Pen­dus, de Barthéle­my Bom­pard, écrit par Nadège Prug­nard„ inter­prété par Céline Dam­iron et Barthéle­my Bom­pard,
accom­pa­g­nés par Thérèse Bosc au sax­o­phone. Tech­nique : Djamel Djer­boua, son : Nico­las Gen­dreau.


« Charlie ». Retour sur images, appel aux Lumières

Un 11 jan­vi­er bien sûr mémorable. Quelques images ci-dessous (cli­quer dessus pour les agrandir) comme matière à ques­tions, pour ne pas tomber dans l’angélisme lié aux grandes com­mu­nions et à leurs lende­mains désen­chan­tés – on se sou­vient des « Blacks-Blancs-Beurs » portés par l’utopie foot­balleuse de la Coupe du monde (1998), retombée comme un souf­flé. Seize ans après, l’intégration des immi­grés demeure plus que prob­lé­ma­tique : ghet­tos des BANLIEUES, instal­la­tion du Front nation­al, islamisme, anti­sémitisme, désar­roi des enseignants, impuis­sance des poli­tiques. Le tout sur fond de mon­di­al­i­sa­tion libérale dévas­ta­trice avec ses ter­ri­fi­ants corol­laires : chô­mage galopant, guer­res de reli­gion et guer­res tout court, l’économie aux mains des financiers, abîmes entre rich­es tou­jours plus rich­es et pau­vres tou­jours plus pau­vres, pil­lage éhon­té des ressources naturelles, déséquili­bres écologiques et affole­ment du cli­mat plané­taire, men­aces gran­dis­santes sur les espèces végé­tales et ani­males – jusqu’à l’espèce humaine. Seul, ou presque, l’obscurantisme se porte bien. Le pes­simisme aus­si, quand « les bras nous en tombent ». Ce ne fut pas le cas ce dimanche 11 jan­vi­er, pen­dant ces quelques heures où, pour quelques mil­lions d’humains, « le ciel était tombé sur terre ». Sur terre où il s’agit bien de redescen­dre et d’y allumer les Lumières.


« Je suis Charlie ». Sophia Aram se demande…


L’hommage de Sophia Aram à Char­lie Heb­do sur France Inter

Et Dieu dans tout ça ?”, s’interroge Sophia Aram, toute dubi­ta­tive après la perte de ses copains de Char­lie. Notons, à pro­pos de la célèbre inter­pel­la­tion,  que si  son auteur, Jacques Chan­cel, a été épargné par les fous d’Allah c’est parce qu’il a préféré mourir avant leurs accès de char­ité islamiste. Encore que, ne faisant pas par­tie de cette bande de mécréants désor­mais décimée, il aurait sans doute été épargné. Pourquoi Allah n’aurait-il pas eu des bon­tés envers un croisé comme lui, si médi­a­tique et chré­tien, ami des grands de ce monde, de Nico­las Sarkozy et de Car­la ?


« Je suis Charlie ». Non, Dieu n’est pas grand *

Des mil­liers de citoyens ont man­i­festé hier leur sol­i­dar­ité avec les douze vic­times de l’affreux car­nage de ce 7 jan­vi­er à Char­lie Heb­do, jour noir pour la France, la démoc­ra­tie, la lib­erté d’expression, l’humanité digne de ce nom. Que ces meurtres affreux aient été per­pétrés au nom d’Allah mérite pour le moins de s’interroger sur la grandeur de ce dieu et de ses “servi­teurs”. D’où ces quelques remar­ques et réflex­ions pour ten­ter d’éclairer nos lanternes vac­il­lantes…

Dernier Charb. Prémonitoire…

Dernier Charb. Pré­moni­toire…

Inutile de pren­dre des gants : cet atten­tat est signé. Il l’est d’abord par sa cible : un jour­nal libre et lib­er­taire, icon­o­claste jusqu’à la provo­ca­tion, irréligieux sinon anti-religieux. Un jour­nal qui s’en pre­nait tout spé­ciale­ment aux inté­gristes musul­mans et avait trans­gressé (du point de vue de l’islam) l’interdit de la représen­ta­tion imagée de Mahomet. Signé, cet atten­tat l’est aus­si claire­ment par les proféra­tions ver­bales de ses auteurs rap­portées par des témoins proches, con­fir­mées par les déc­la­ra­tions du pro­cureur de la République.

Le car­ac­tère religieux de ces actes est donc indé­ni­able, quelles que soient les déné­ga­tions des représen­tants offi­ciels des trois monothéismes et de leurs vari­antes. Ceux-ci s’emploient dans le même empresse­ment et la même una­nim­ité à se désol­i­daris­er des auteurs de l’odieux atten­tat qu’ils n’hésitent pas à qual­i­fi­er de « bar­bares ». Dont acte. Com­ment pour­rait-il en être autrement ?

Mais les clergés – je souligne : les appareils religieux, pas les croy­ants – ont une évi­dente urgence à se dédouan­er de leurs respon­s­abil­ités his­toriques en matière de bar­baries passées, qui ne sont pas que loin­taines dans l’Histoire. Les guer­res de reli­gion en France valaient bien, dans leur genre, celles des schismes musul­mans actuels. Les hor­reurs d’Al Quaï­da, d’Aqmi, de l’« État islamique » n’ont rien à envi­er à la « sainte inqui­si­tion ». Autres lieux, autres temps, mêmes mœurs sur l’air de l’intolérance obscu­ran­tiste, la sauvagerie sadique, la tor­ture des plus faibles, femmes et enfants, jusqu’aux pires per­ver­sions sex­uelles.

J’entendais dans le poste ce matin Axel Kahn, émi­nent spé­cial­iste de la bio-éthique, affirmer qu’il ne voy­ait pas en quoi les dérives meur­trières des islamistes, tout comme celles de tel fana­tique juif impli­quaient leurs reli­gions respec­tives. Vrai­ment ? Et d’ajouter, en sub­stance : je voudrais prou­ver qu’on tue autant au nom de Dieu que de pas Dieu. Oui, dit de cette manière. Il en va autrement si on étend cette notion de Dieu à celle de croy­ance qui, dès lors, per­met de ranger sous une même ban­nière les « reli­gions » du nazisme et du stal­in­isme. Obser­vons leurs rites, leurs cre­dos, leurs prêtres, tem­ples – et leur satanées obses­sions anti-vie, et leurs « mains noires enfon­cées dans le ven­tre des hommes » (Panaït Istrati, retour d’URSS). Et j’étendrais volon­tiers la liste à la reli­gion du foot­ball !

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Dessin de Wolin­s­ki

Maints obser­va­teurs, anthro­po­logues et autres, affir­ment que l’être humain serait « par essence » un être croy­ant. J’ai ten­dance à le penser aus­si. Tout en en déduisant la néces­sité, dans un proces­sus d’évolution, d’œuvrer con­tre soi-même, au besoin, à s’alléger du poids des­dites croy­ances, de s’élever autant que pos­si­ble, comme « un enfant jouant au bord de la mer » pour repren­dre cette expres­sion d’un New­ton (qui était déiste). Rien d’original en cela, s’agissant de pro­longer – mais ce n’est pas si sim­ple – ce pro­fond mou­ve­ment engagé au XVI­I­Ie siè­cle et que, pré­cisé­ment on a dénom­mé Lumières, par oppo­si­tion à l’obscurantisme dom­i­nant jusque là toute la planète – à l’exception notable de l’Antiquité grecque et romaine avec leurs admirables philosophes et penseurs.

S’alléger de ses croy­ances, à mon sens, ne sig­ni­fie pas pré­ten­dre s’en défaire totale­ment – d’autant qu’il en est d’utiles, quand elles aident à vivre ou a sur­vivre face à l’adversité et à la dés­espérance, ou quand elles sont néces­saires à la com­mu­nauté humaine pour lui assur­er, lui cimenter sa cohé­sion, comme en ce moment par exem­ple où des valeurs sacrées se trou­vent piét­inées. Le sacré, au sens laïque, étant ce qui est devenu non négo­cia­ble pour une société ; ain­si pour les Français, la Fra­ter­nité, l’Égalité, la Lib­erté. Je les mets exprès dans cet ordre inverse à l’officiel, par urgence et pri­or­ité. J’y ajoute bien sûr la Laïc­ité, qua­trième pili­er de notre « chose publique », la res pub­li­ca, dont on décou­vre les si fortes ver­tus en ce moment d’ébranlement des valeurs morales. Car c’est bien cette Laïc­ité qui nous per­met jusqu’à main­tenant, depuis 1905 avec la sépa­ra­tion des églis­es et de l’État, et non sans dif­fi­cultés péri­odiques, de main­tenir les Lumières allumées, dont pré­cisé­ment celles de la presse, libre jusqu’à la satire, la par­o­die, la car­i­ca­ture, l’irrévérence – bref, ce néces­saire con­tre-pou­voir, ce vac­cin con­tre l’obscur.

Voilà sans doute ce que la tragédie du 7 jan­vi­er 2015 aura réveil­lé dans les con­sciences par­fois ramol­lies de notre vieux pays, con­sciences ramol­lies peut-être, mais donc pas vrai­ment éteintes. Et là, je songe au vieil Hugo, allez savoir pourquoi : « Et l’on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens, / Mais dans l’œil du vieil­lard on voit de la lumière. » [Booz endor­mi] Je dois songer au tuilage néces­saire des généra­tions : Cabu, Hon­oré, Wolin­s­ki, les sep­tuas bien entamés, & Charb, Tig­nous, jeunes quadras.

Qu’est-ce qui con­stitue un ciment pour nos société plus ou moins éclairées, par­fois assom­bries ? Un liant com­mun qui per­me­tte un con­sen­sus, lequel étant sou­vent pas­sager, puis fluc­tu­ant, avant de se déliter.

Hier, aujourd’hui, c’est le « Je suis Char­lie » – comme il y eut avec des for­tunes divers­es « Nous sommes tous des juifs alle­mands » ou « Nous sommes tous des Améri­cains »… Une sit­u­a­tion, un drame, un mot der­rière lesquels cha­cun se recon­naît, ou croit se recon­naître sous des valeurs com­munes. En fait, sous ces général­i­sa­tions abu­sives, cha­cun garde ses croy­ances, à l’occasion ren­for­cées, venant réchauf­fer ses cer­ti­tudes dans la fer­veur de la masse, la com­mu­nion – la messe. Ce fris­son d’église qu’on peut con­naître dans les man­i­fs, où notre utopie sem­ble à portée de ban­deroles et de slo­gans, de catéchismes.

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Dessin de Wolin­s­ki

Qu’y a-t-il donc der­rière chaque petite pan­car­te « Je suis Char­lie » ? Pour repren­dre une for­mule célèbre (le bouquin de Badiou sur Sarkozy ) « De quoi Char­lie est-il le nom ? » Quelles inten­tions sous ten­dues der­rière l’indignation, sous la sincérité appar­ente. Entre l’anti-Arabe de base, le sion­iste déguisé, l’allumé(e) de la Manif pour tous, le gauchiste de ser­vice, les politi­ciens en quête de bla­son à redor­er, des lecteurs de Houelle­becq et Zem­mour, paumés comme eux, enfin la Le Pen et sa guil­lo­tine, on trou­vera cinquante autres nuances de grisâtre et autres matières à ren­forcer son sys­tème de valeurs.

Une de ces nuances cepen­dant mérite qu’on s’y arrête ; c’est celle de l’islamophobie, sans doute par­mi les plus répan­dues car elle répond :

– D’une part directe­ment à l’actualité nour­rie et entretenue, de fait par les événe­ments, de Char­lie à Mehra, du Mali au Pak­istan, de la Libye à l’Indonésie en pas­sant par la Soma­lie, le Yémen, la Syrie, l’Irak, l’Iran, Israël, la Pales­tine, le Liban, jusqu’à l’Afghanistan et j’en passe. Il y a là tout un arc géo-poli­tique (ne pas oubli­er l’islamisme chi­nois !) qui s’est amal­gamé à par­tir du pét­role saou­di­en et per­sique, pour s’étendre telle une pol­lu­tion plané­taire dou­blée de pétro-dol­lars et appelant à un sur­croît de big­o­terie coranique des­tinée à racheter, en apparence, la richesse coupable.

– D’autre part, cette islam­o­pho­bie présente un autre avan­tage non nég­lige­able : en désig­nant les affreux islamistes, elle délivre un blanc seing aux par­ties présenta­bles des monothéismes. Une opéra­tion de blanchi­ment, en quelque sorte, con­cer­nant tout le vaste champ des opi­acées légal­isées à l’intention des Peu­ples… Ce qu’une belle astuce graphique exprime ain­si, alléluia ! :
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Coexist-ence pacifique ?

Coex­ist-ence paci­fique ?

Peut-être com­pren­dra-t-on mieux ain­si la hâte appliquée à faire appa­raître les ter­ror­istes islamistes comme des « loups soli­taires », des anom­alies dans le flot nor­mal des bonnes reli­gions bien sol­idaires. Une reli­gion étant une secte qui a réus­si – un peu comme le garage de Steve Jobs est devenu la multi­na­tionale d’Apple… si je puis me per­me­t­tre cet anachro­nisme –, elle se rad­i­calise en devenant monop­o­lis­tique, avant d’éclater en divers­es con­ces­sions à la douce mod­estie retrou­vée. Etc. Ain­si s’autoproclament le bon chris­tian­isme, le bon judaïsme, le bon islam…

Opéra­tion de passe-passe avec retour vers l’obscur où se com­plaisent les marchands d’illusion, les spécu­la­teurs de l’au-delà et, au bout du compte, les fous de Dieu et autres hal­lu­cinés des arrière-mon­des pour qui une insulte con­tre leur foi est une infrac­tion plus grave que l’assassinat de douze êtres humains.

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Philippe Geluck

Mais pourquoi cette vio­lence meur­trière ? Autre et vaste sujet que je ne saurais épuis­er ici (avant d’épuiser le lecteur !). On reviendrait néces­saire­ment au principe d’Égalité, bafoué partout dans le monde et comme coag­ulé en un point focal appelé Pales­tine où la sagesse et la rai­son – les lumières pour tout dire – vien­nent se fra­cass­er con­tre le mur noir des mytholo­gies nour­ries d’antiques super­sti­tions.

Répudiés, tor­turés, assas­s­inés pour rien, les Galilée, Gior­dano Bruno, Cheva­lier de la Barre ? Pour que des siè­cles et des années plus tard rejail­lisse le spec­tre du total­i­tarisme théocra­tique ? Le dernier mot, pro­vi­soire, à Bertrand Rus­sell, Pourquoi je ne suis pas chré­tien,1927 : « Un monde humain néces­site le savoir, la bon­té et le courage; il ne néces­site nulle­ment le culte et le regret des temps abo­lis, ni l’enchaînement de la libre intel­li­gence à des paroles proférées il y a des siè­cles par des igno­rants. »

–––

* Dieu n’est pas grand. Com­ment la reli­gion empoi­sonne tout. Christo­pher Hitchens, éd. Bel­fond, 2009. Traduit de l’américain par Ana Nes­sun. Extrait : “Si vous con­sid­érez pourquoi vous avez choisi une (forme de) reli­gion par­mi toutes celles qui exis­tent, en élim­i­nant toutes les autres, alors vous com­pren­drez peut-être pourquoi moi, je les ai toutes élim­inées.”


Desproges, Dubout et Morel vous présentent mes vœux…

…et ça devrait suf­fire pour tenir jusqu’à 2016 ! 

L'œil de Dubout…

L’œil de Dubout…

…et le coup de patte de Desproges (merci à Christine Genin)

…et le coup de pat­te de Desprog­es (mer­ci à Chris­tine Genin)

 


Les voeux de courage de François Morel – Mer­ci à Medi­a­part


La typo, art du caractère, secret de la police

Les typogra­phies ne vien­nent pas de nulle part: inspirées par un mou­ve­ment cul­turel ou artis­tique, aspirées par l’Histoire, con­traintes par des besoins, et mar­quées par le prag­ma­tisme et la fan­taisie de leurs créa­teurs. C’est ce que racon­te Sacrés Car­ac­tères, une remar­quable web­série imag­inée par Thomas Sipp, pro­duite par Les Films d’Ici et Radio France, et mise en ligne sur le site de France Cul­ture.

En douze épisodes d’à peine trois min­utes, la web­série racon­te la nais­sance, l’histoire et la postérité des typos Auri­ol, Bodoni, Hel­veti­ca ou encore Times New Roman, à l’aide d’une ani­ma­tion futée. Et d’une voix-off effi­cace, lue par Chiara Mas­troian­ni: «Chaque typogra­phie fonc­tionne comme une voix, avec son pro­pre tim­bre, son reg­istre, et ses inflex­ions».


Sacrés car­ac­tères — Mis­tral par francecul­ture

Sacrés Car­ac­tères mon­tre à quel point leur créa­tion est liée aux inno­va­tions: au développe­ment de l’imprimerie (Times New Roman), de l’informatique (Com­ic Sans), de la presse (Bodoni), de l’édition (Auri­ol) ou de la pub­lic­ité et la com­mu­ni­ca­tion de masse (Coop­er Black).

Les typogra­phies dis­ent beau­coup de leur péri­ode de con­cep­tion. Futu­ra par exem­ple, née de l’avant-garde alle­mande du début du XXe siè­cle, voulait «créer l’écriture de son temps». Mise au plac­ard par les nazis, qui la jugeaient «bolchévique» et lui préféraient les car­ac­tères goth­iques, elle fit un grand retour après-guerre pour devenir la typo favorite de la pub­lic­ité du monde entier.

Ou la Suisse Hel­veti­ca, autre police pour pub­ards, influ­encée par le Bauhaus. Elle est donc la «typo objec­tive, hégé­monique», décrit la web­série, qui racon­te l’expérience d’un graphiste qui a ten­té de pass­er une journée sans Hel­veti­ca — il a dû se con­tenter de manger une pomme et de boire de l’eau du robi­net. Impos­si­ble de pren­dre les trans­ports, fumer une clope, ou même de s’habiller: Hel­veti­ca est partout.

Omniprésentes sur papi­er ou sur écran, dans l’art, les enseignes des mag­a­sins ou sur les pan­neaux de sig­nal­i­sa­tion, démod­ées puis recy­clées, les typogra­phies répon­dent sou­vent à des com­man­des. Ain­si Gotham, issu des let­trages de vieilles bou­tiques et d’abri-bus new-yorkais, a été remise au goût du jour pour devenir la typo de GQ lors d’une nou­velle for­mule, puis la police de car­ac­tères offi­cielle de la cam­pagne d’Obama.

Hon­nie par de nom­breux inter­nautes, util­isée à tort et à tra­vers pen­dant des années, la fameuse Com­ic Sans a été créée au milieu des années 90 pour être la typo de Rover, le chien de Microsoft, qui jusque-là par­lait en Times New Roman (un comble !). Elle est une réin­ter­pré­ta­tion des car­ac­tères des comics améri­cains.

Quant au Mis­tral, son nom l’indique, il est porté par un souf­fle provençal et même mar­seil­lais, depuis la fonderie Olive en emprun­tant la Nationale 7.

[Avec Libé, L’Obs et France Cul­ture]


Atlas élémentaire d’anatomie (moderne)

Cette vidéo n’est donc pas visible, désolé, et excuses pour le dérangement.

[Hypothèse : trop dérangeant pour les chirurgiens remodeleurs de la femme ?]


Super­vénus par ARTEplus7
Par Frédéric Doazan


Exclusif. On a retrouvé le fils caché de Tintin !

Tintin a un fils ! La nou­velle est d’autant plus sen­sa­tion­nelle qu’on ne con­nais­sait d’aventures au célèbre héros belge, ni même d’ailleurs d’activité sex­uelle – ni au Con­go, ni chez les sovi­ets. Rien non plus avec la Castafiore, pas davan­tage avec les Dupontd. Pour­tant ce fils, Pierre D.  l’a retrou­vé. Le voici, dans un boulever­sant doc­u­ment de 1982.

  • La minute néces­saire de Mon­sieur Cyclopède, France 3. Réal­isa­teur : Jean-Louis Fournier. Inter­prète : Pierre Desprog­es. © Ina

Profiter du 14 mars : Journée internationale pour la défense des apostats et des blasphémateurs

Ne pas croire la moin­dre sor­nette. Ne jamais renon­cer à l’esprit cri­tique. User du scep­ti­cisme comme d’un grand cru revig­o­rant. Voilà bien des lib­ertés aus­si men­acées que rarement pra­tiquées – cela expli­quant ceci.

Car la lib­erté ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. Elle devrait être “fac­ul­ta­tive­ment oblig­a­toire” dès l’école, avec travaux pra­tiques réguliers, sou­tien ren­for­cé aux vic­times de mau­vais traite­ments parentaux (enfants de pas­teurs, rab­bins, curés et autres tal­ibans), séjours gra­tu­its en Utopie,  colonies de vacances en alti­tude morale, intel­lectuelle et lib­er­taire. Et caetera.

On peut (et on doit) rêver, car le rêve porte la poésie “comme la nuée porte l’orage”. Là, je m’égare…

Pour revenir au sujet du jour, à savoir la Journée inter­na­tionale pour la défense des apos­tats et des blas­phé­ma­teurs – ne sachant qui l’a décrétée et fixée au 14 mars„ qu’importe : l’ivresse se suf­fit à elle-même, et prof­i­tons-en avec se petit sor­tilège gen­ti­ment blas­phé­ma­toire.

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Civil­i­sa­tion occi­den­tale et chré­ti­enne” Ren­con­tres pho­tographiques d’Arles, 2010. Pho­to © gp

León Ferrari, blasphémateur et artiste argentin

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León Fer­rari

Cet arti­cle de cir­con­stance est dédié à l’artiste argentin mort en 2013, León Fer­rari, fon­da­teur du Club des imp­ies, héré­tiques, apos­tats, blas­phé­ma­teurs, athées, païens, agnos­tiques et infidèles. Il avait été, dès 1965, cen­suré en Argen­tine pour son œuvre Civil­i­sa­tion occi­den­tale et chré­ti­enne où il représen­tait un Christ cru­ci­fié sur les ailes d’un bom­bardier améri­cain au Viet­nam. Andrés Duprat, com­mis­saire de l’exposition des Ren­con­tres d’Arles 2010 se réjouira de la voir exposée dans un endroit priv­ilégié, le choeur de l’église Sainte-Anne. « Jamais dans son his­toire cette remar­quable pièce n’a été mon­trée dans un endroit aus­si sig­ni­fi­catif et per­ti­nent que celui-ci. » [Pho­to ci-dessus].

León Fer­rari avait été qual­i­fié de blas­phé­ma­toire par Jorge Bergoglio, futur pape François. Celui-ci n’était encore qu’archevêque lorsque, en 2004, il avait qual­i­fié une rétro­spec­tive de ses œuvres de honte pour Buenos Aires. À quoi León Fer­rari répli­qua stoïque­ment : “Es una especie de favor que me hizo Bergoglio” [C’est une sorte de faveur que m’a faite Bergoglio].

La reli­gion a une grande influ­ence sur notre cul­ture, une influ­ence néfaste. La reli­gion est d’une intolérance extrême, qui se trans­met à toute notre cul­ture, sans oubli­er que les exter­mi­na­tions ont une orig­ine religieuse”, déclarait León Fer­rari en 2008.

León Fer­rari a dû s’exiler au Brésil sous la dic­tature (1976–1983) au cours de laque­lle son fils Ariel fit par­tie des mil­liers de dis­parus. Son œuvre témoigne évidem­ment de cette noire péri­ode avec des mon­tages de pho­tos et de dessins ou tableaux. Les rap­proche­ments entre mil­i­taires argentins et Hitler sont évi­dents. Mais est aus­si claire­ment mis en scène le rôle des prélats argentins. Ain­si du Car­di­nal Anto­nio Quar­ra­ci­no, dont les lunettes reflè­tent le vis­age de Videla.


Alain Resnais, ciné-graphiste

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Cou­ver­ture du livre de Jean-Luc Douin (Ed. de la Mar­tinière)

Tout a été dit sur Alain Resnais, depuis sa mort, same­di. Un grand par­mi les grands du ciné­ma, en effet. Ces images ci-dessous – affich­es de quelques-uns de sa cinquan­taine de films – pour soulign­er le sens graphique d’un artiste du ciné­ma­to-graphe. Car l’adepte de l’image en mou­ve­ment en était un aus­si de l’image fixe (pro­jetée 24 fois par sec­onde, au nom de l’illusion de la réal­ité) et sin­gulière­ment de l’image dess­inée. Alain Resnais fut un artiste de la forme, un for­mal­iste pour qui la forme, pré­cisé­ment, est con­sti­tu­tive du fond ; elle se doit aus­si d’apparaître comme telle, selon cette dis­tan­ci­a­tion brechti­enne assumant l’artifice de l’art, l’art comme inter­pré­ta­tion délibérée et vis­i­ble d’une réal­ité. La bande dess­inée illus­tre – c’est bien le mot – tout à fait cette démarche; tout comme l’ont égale­ment prôné et pra­tiqué des écrivains comme Alain Robbe-Gril­let, Mar­guerite Duras, Claude Simon, Georges Perec et tout le courant du Nou­veau roman. De lui, je retiens notam­ment ce mot : “Les hommes se ressem­blent par ce qu’ils mon­trent et dif­fèrent par ce qu’ils cachent”.

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Les affich­es d’Enki Bilal (entre­tien dans Le Figaro) pour Mon oncle d’Amérique et La Vie est un roman.

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Photographie. Le siècle de Cartier-Bresson

Dix ans après sa mort, Hen­ri Carti­er-Bres­son est de retour en célébra­tion. Le Spec­ta­cle marc­hand se nour­rit de ces cycles pro­mo­tion­nels. Il est des « pro­duits » plus avar­iés. Autant prof­iter de celui-là, qui le vaut, ô com­bi­en ! Le Cen­tre Pom­pi­dou à Paris a rassem­blé quelque 400 pho­tos de “HCB” dans une expo­si­tion ouverte jusqu’au 9 juin 2014. 

(© Hen­ri Carti­er-Bres­son / Mag­num Pho­tos, cour­tesy Fon­da­tion Hen­ri Carti­er-Bres­son)

Le Siè­cle de Carti­er-Bres­son est un doc­u­men­taire de Pierre Assouline dont voici un extrait [ci-dessous] fourni par  l’Ina. Ce film est con­stru­it sur un mon­tage de pho­tos et d’extraits de films retraçant le par­cours de Carti­er-Bres­son. Il racon­te com­ment il a appris le méti­er de pho­tographe, remer­cie André Lhote, par­le de sa ren­con­tre avec Max Ernst, André Bre­ton, Pablo Picas­so, Hen­ri Matisse. Il par­le de sa manière de pren­dre les pho­tos, son regard, évoque ses pre­miers voy­ages en Afrique, sa prise de con­science des con­di­tions de tra­vail très dif­fi­ciles pour les Africains.

  • pro­duc­teur ou co-pro­duc­teur : Insti­tut nation­al de l’audiovisuel, Cinétévé – réal­isa­teur Pierre Assouline

 

« La tête, l’œil et le cœur sur la même ligne de mire »

Le pho­tographe s’est expliqué sur son art et même plutôt sur sa vision du monde. Ain­si dans l’ouvrage De qui s’agit-il ? Hen­ri Carti­er-Bres­son (Gal­li­mard, 2003) accom­pa­g­nant l’exposition du même nom, qui s’est tenue à la BNF du 29 avril au 31 juil­let 2003 :

« Il y a ceux qui font des pho­togra­phies arrangées au préal­able et ceux qui vont à la décou­verte de l’image et la sai­sis­sent.  L’appareil pho­tographique est pour moi un car­net de cro­quis, l’instrument de l’intuition et de la spon­tanéité, le maître de l’instant qui, en ter­mes visuels, ques­tionne et décide à la fois.

« Pour sig­ni­fi­er le monde, il faut se sen­tir impliqué dans ce que l’on découpe à tra­vers le viseur. Cette atti­tude exige de la con­cen­tra­tion, de la sen­si­bil­ité, un sens de la géométrie. C’est par une économie de moyen et surtout un oubli de soi-même que l’on arrive à la sim­plic­ité d’expression.

« Pho­togra­phi­er : c’est retenir son souf­fle quand toutes nos fac­ultés con­ver­gent pour capter la réal­ité fuyante ; c’est alors que la saisie d’une image est d’une grande joie physique et intel­lectuelle.

« Pho­togra­phi­er : c’est dans un même instant et une frac­tion de sec­onde recon­naître un fait et l’organisation rigoureuse des formes perçues visuelle­ment qui expri­ment et sig­ni­fient ce fait.

« Pho­togra­phi­er, c’est met­tre sur la même ligne de mire la tête, l’oeil et le coeur.

« En ce qui me con­cerne, pho­togra­phi­er, est un moyen de com­pren­dre qui ne peut se sépar­er des autres moyens d’expression visuelle. C’est une façon de crier, de se libér­er, non pas de prou­ver ni d’affirmer sa pro­pre orig­i­nal­ité. C’est une façon de vivre. »

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La tombe du pho­tographe, dans le petit cimetière de Mon­tjustin, Alpes de Haute-Provence, 2007. Pho­to © Gérard Pon­thieu

Le Musée d’art de Toulon abrite un fonds pho­tographique de près de 400 œuvres, signées Edward Ste­ichenMan RayHen­ri Carti­er-Bres­sonWilly Ronis.


Marseille-Provence 2013. Fin de capitale

Mar­seille — Cap­i­tale européenne de la Cul­ture”, c’est fini.  Elle s’est donc achevée ce 31 décem­bre par une super-pro­duc­tion pyrotech­nique et audio-visuelle. Un spec­ta­cle éblouis­sant, c’est le cas de le dire, par­ti­c­ulière­ment réus­si.

Ne gâtons pas ce plaisir. Pour autant, s’agissant de ce genre de célébra­tions grandios­es des­tinées à dynamiser une ville et une région tout au long d’une année, le bilan est évidem­ment mit­igé. En par­ti­c­uli­er selon les points de vue, à par­tir des pôles extrêmes : l’économique et le cul­turel, deux domaines qui peinent à se crois­er en har­monie. Et, là encore, ce sont les grandes struc­tures qui auront tiré leurs mar­rons du feu – enten­dez la grosse part des sommes dépen­sées.

Il est à cet égard symp­to­ma­tique que le sat­is­fecit relayé par La Provence de ce 1er jan­vi­er,  porte surtout sur des don­nées chiffrées : nom­bres de vis­i­teurs enreg­istrés ça et là, de spec­ta­cles pro­duits, de nuitées d’hôtel ; pour­cent­ages d’augmentation de ceci-cela… Un bilan-compt­able donc, tel qu’aiment en présen­ter les patrons de la Cham­bre de com­merce et d’industrie, des gross­es entre­pris­es, des gross­es struc­tures de spec­ta­cles.

Bref, les gros sont con­tents d’avoir bien mangé. Pour les autres, habitués aux miettes, espérons que l’ardoise de 2013 – et ses ral­longes – ne les met­tra pas à la diète selon le vieux principe : pri­vati­sa­tion des prof­its — social­i­sa­tion des pertes. En quoi l’année-vérité sera celle de 2014.

En atten­dant, voici un petit flo­rilège de la belle soirée finale.


Mar­seille-Provence 2013 — Spec­ta­cle final 31/12… par ger­ard-pon­thieu-9


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet. » Bossuet

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  • Twitter — Gazouiller

  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Philippe Casal, 2004 - Centre national des arts plastiques - Mucem, Marseille

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexualité / politique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl”

    Comme un nuage, album photos et texte marquant le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986). La souscription étant close (vifs remerciements à tous les contributeurs !) l'ouvrage est désormais en vente au prix de 15 euros, franco de port. Vous pouvez le commander à partir du bouton "Acheter" ci-dessous (bien préciser votre adresse postale !)

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    Il s'agit d'un album-photo de qualité, à tirage soigné et limité, 40 p. format A4 "à l'italienne". Les photos, prises en Provence et notamment à Marseille, expriment une vision artistique sur le thème d’« après le nuage ». Cette création rejoignait l’appel à l’organisation de "1.000 événements culturels sur le thème du nucléaire", entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fukushima) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • « C’est pour dire » de Gérard Ponthieu, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification (3.0 France). Photos, dessins et documents mentionnés sous copyright © sont protégés comme tels.
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  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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  • Salut cousin !

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