On n'est pas des moutons

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L’Alberta en flammes. Fracture hydraulique, fracture écologique

Les catas­tro­phes suc­cè­dent aux catas­tro­phes. On s’y « fait », on s’habitue à tout. Voyez l’Alberta, au Cana­da. Ça fait de bel­les ima­ges avec des flam­mes « gran­des com­me des immeu­bles ». Voyez cet exo­de, 100 000 per­son­nes, com­me en 40. Des armées de pom­piers recu­lant devant l’ennemi. Et ces forêts par­ties en fumée, quin­ze, vingt fois plus gran­des que Paris ! La télé se lamen­te, les com­men­ta­teurs déplo­rent, les bras bal­lants, à cours de super­la­tifs. La fata­li­té.

On implo­re la pluie. On brû­le­rait… des cier­ges. Et que nous dit-on de plus, sinon des pro­pos pétai­nis­tes : pac­ti­ser pour ne pas capi­tu­ler. Le Feu com­me le Dia­ble. Ah oui, un dia­ble ex machi­na, sur­gi de nul­le part ou des élé­ments déchaî­nés, des folies de Dame Natu­re ?

L’Alberta, région de la ruée vers l’or noir, ver­sion schis­tes bitu­meux. On y vient trai­re cet­te vieille vache érein­tée, sur­nom­mée Ter­re, qui gar­de de beaux res­tes, si on détour­ne les yeux de cer­tains lieux com­me ceux-là. À pei­ne recon­naît-on que « c’est la fau­te au cli­mat », com­me si les humains avi­des n’y étaient pour rien. Et la « frac­tu­ra­tion hydrau­li­que », c’est jus­te une fan­tai­sie esthé­ti­que, une aima­ble chi­rur­gie béné­fi­que… Oui, béné­fi­que, tout est là, en dol­lars « verts », en pro­fits insa­tia­bles, à engrais­ser l’obèse Dow Jones.

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Nan­cy Hus­ton : « Fort McMur­ray est une vil­le ter­ri­fian­te par­ce qu’elle est là pour l’argent. C’est com­me la ruée vers l’or à la fin du XIXe ou au début du XXe siè­cle. »

Tan­dis que s’assèchent les nap­pes phréa­ti­ques pom­pées à mort sous tout un État grand com­me la Fran­ce ; que la ter­re aus­si s’assoiffe, devient brû­lan­te et s’enflamme. Tan­dis que les com­pa­gnies pétro­liè­res, en exploi­tant les immen­ses réser­ves de sables bitu­mi­neux, rasent les forêts, pol­luent les sols, détrui­sent la fau­ne et la flo­re. C’est un ter­ri­toi­re gou­ver­né par le pétro­le et l’argent au mépris de la natu­re, des peu­ples. Au mépris de l’humanité.

Un témoi­gna­ge à ne pas man­quer, celui de l’écrivaine cana­dien­ne Nan­cy Hus­ton que publie l’excellent site Repor­ter­re : En Alber­ta, « l’avènement d’une huma­ni­té... inhu­mai­ne »

À lire aus­si :

• Brut. La ruée vers l’or noir, David Dufres­ne, Nan­cy Hus­ton, Nao­mi Klein, Meli­na Labou­can-Mas­si­mo, Rudy Wie­be, Lux Edi­teur, 112 pages, 12,00 €

• L’incendie de l’Alberta, para­bo­le de l’époque, édi­to de Her­vé Kempf.


Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl

Nous avons – mon fils Fran­çois et moi-même – sai­si au vol cet­te sug­ges­tion d’un ami : mar­quer le 30e anni­ver­sai­re de la catas­tro­phe de Tcher­no­byl (26 avril 1986) par la publi­ca­tion d’un album pho­tos et tex­te. D’autant que cet­te idée rejoint l’appel à l’organisation de 1 000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thè­me du nucléai­re, entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril (30 ans après Tcher­no­byl).

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Nous nous som­mes donc lan­cés dans l’ouvrage, qui est prêt – du moins «sur les écrans ». Nous avons jus­te un peu modé­ré l’élan avant de pas­ser au papier d’édition…D’où cet appel à sou­te­nir l’initiative. D’où cet­te sous­crip­tion afin recueillir les fonds néces­sai­res à la publi­ca­tion puis la dif­fu­sion dans le cadre de cet­te cam­pa­gne anti-nucléai­re.

Vous pou­vez par­ti­ci­per en cli­quant sur le lien d’une cagnot­te élec­tro­ni­que sécu­ri­sée :

https://www.leetchi.com/c/30-ans-apres-tchernobyl

Vous pou­vez aus­si adres­ser un chè­que ou un billet à mon adres­se : Gérard Pon­thieu, 102, rue Jules-Mou­let 13006 Mar­seille.

En contri­buant pour 20 euros, vous rece­vrez l’album chez vous en avant pre­miè­re (nous vous deman­de­rons alors votre adres­se pos­ta­le par cour­riel).

Si vous don­nez plus, vous rece­vrez autant d’exemplaires que de tran­ches de 20 euros. Vous figu­re­rez aus­si dans la lis­te des sous­crip­teurs et serez tenus au cou­rant des éta­pes de fabri­ca­tion, puis de dif­fu­sion de cet album.

À par­tir du lien ci-des­sus, vous trou­ve­rez plus d’information sur cet­te créa­tion de qua­li­té, à tira­ge limi­té. Les pho­tos, pri­ses en Pro­ven­ce et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­ti­que sur le thè­me d’« après le nua­ge ».

Mer­ci d’avance pour votre sou­tien !

Fran­çois et Gérard Pon­thieu


Fukushima, quatre ans après – le désastre sans fin

Same­di 14 mars, réac­tion en chaî­ne humai­ne dans la val­lée du Rhô­ne - Pro­ven­ce-Alpes-Côte d’Azur

Pour la tran­si­tion éner­gé­ti­que sans nucléai­re !

Pro­gram­me et iti­né­rai­re :

http://chainehumaine.fr/trajet-previsionnel-de-la-chaine-humaine-du-14-mars-2015/ 

Sinis­tre anni­ver­sai­re que ce qua­triè­me mar­quant la catas­tro­phe de Fuku­shi­ma. À 14 h 46, ce ven­dre­di 11 mars 2011, un trem­ble­ment de ter­re d’une magni­tu­de 9 se pro­duit, endom­ma­geant la cen­tra­le nucléai­re de Fuku­shi­ma Dai­ni dès ce moment. À 15 h 30, une vague de 15 mètres géné­rée par le séis­me atteint la cen­tra­le de Fuku­shi­ma Daii­chi, construi­te à une hau­teur de 6,5 à 10 m au-des­sus du niveau de la mer. Pour Fuku­shi­ma-Dai­ni, l’exploitant Tep­co avait construit un mur qui ne pou­vait résis­ter qu’à un tsu­na­mi de 5,7 mètres de haut maxi­mum. Trois des six réac­teurs se met­tent à l’arrêt auto­ma­ti­que. Tan­dis que les sys­tè­mes de refroi­dis­se­ment tom­bent en pan­ne, ain­si que les grou­pes élec­tro­gè­nes de secours.

Et c’est la catas­tro­phe majeu­re : fusion des réac­teurs, explo­sions ou incen­dies des encein­tes 1 à 4, dis­per­sions radio­ac­ti­ves dépas­sant 300 fois la nor­me admis­si­ble, conta­mi­na­tion sur un rayon de plus de 80 km, dépla­ce­ment de mil­liers de rive­rains, rejet d’eau for­te­ment radio­ac­ti­ve dans le Paci­fi­que, situa­tion incon­trô­la­ble de l’ensemble des ins­tal­la­tions – et nul­le­ment sta­bi­li­sée aujourd’hui. Tan­dis que des mil­liers de tra­vailleurs ont depuis été ame­nés sur pla­ce – dans des condi­tions cri­ti­ques, et très cri­ti­quées – pour ten­ter de « col­ma­ter les brè­ches » d’un chan­tier désor­mais sans fin, sans hori­zon. Voi­ci un ins­tan­ta­né concer­nant la situa­tion des « lqui­da­teurs » de Fuku­shi­ma, tel­le que rap­por­tée par le blog Fuku­shi­ma 福島第 consa­cré entiè­re­ment à la catas­tro­phe nucléai­re et à ses réper­cus­sions au Japon et dans le mon­de.

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L’étendue du sinis­tre

Le 19 jan­vier, à la cen­tra­le nucléai­re n°1 de Fuku­shi­ma, un tra­vailleur est tom­bé du bas­sin et il est mort, et à la cen­tra­le nucléai­re n° 2, le 20 jan­vier, un autre tra­vailleur est mort éga­le­ment, écra­sé sous une machi­ne. En 2014, jusqu’à fin novem­bre, 40 tra­vailleurs ont été bles­sés. Ce chif­fre est trois fois plus impor­tant que l’année der­niè­re.

Main­te­nant, dans la cen­tra­le nucléai­re n°1, tra­vaillent cha­que jour 6.000 per­son­nes. Il man­que non seule­ment des for­ces de tra­vail, mais aus­si la qua­li­té du tra­vail. Un tra­vailleur témoi­gne :  « Il man­que cer­tes des tra­vailleurs, mais tout aus­si gra­ve est le man­que de tra­vailleurs expé­ri­men­tés. Déjà sont par­tis la plu­part des ouvriers expé­ri­men­tés qui tra­vaillaient avant l’accident, car leur nor­me d’exposition était dépas­sée. Main­te­nant, la poli­ti­que de Tep­co est que nous finis­sions le tra­vail don­né  le plus rapi­de­ment pos­si­ble et à moin­dre coût. Sa poli­ti­que axée sur le seul pro­fit engen­dre des acci­dents. »

Extrait d’un arti­cle paru dans le jour­nal Fuku­shi­ma Min­jū le 11 décem­bre 2014 :

«Je suis sans famil­le, donc je peux sub­ve­nir à mes besoins, mais si j’avais  de la famil­le, il me serait dif­fi­ci­le de la nour­rir », a décla­ré un hom­me de 50 ans qui tra­vaille à la cen­tra­le n°1 depuis trois ans déjà. Aupa­ra­vant, il s’occupait d’enlèvement de déchets et de construc­tion de réser­voirs pour l’eau conta­mi­née, mais main­te­nant il trans­por­te l’eau conta­mi­née qui s’est accu­mu­lée sous les bâti­ments des réac­teurs. Son salai­re est de 200.000 yens  (1.500 euros) par mois.

« La radio­ac­ti­vi­té dans la cen­tra­le est enco­re si for­te qu’il por­te un vête­ment de pro­tec­tion et un mas­que qui lui cou­vre tou­te la tête. Il est si lour­de­ment cou­vert qu’il ne peut pas se dépla­cer faci­le­ment, c’est pour­quoi un tra­vail d’une heu­re et demie est sa limi­te mais, en rai­son de la lon­gueur des pro­cé­du­res pour péné­trer dans l’usine et en sor­tir et à cau­se des pré­pa­ra­tifs, il prend la rou­te à 5 heu­res du matin, depuis son appar­te­ment à Iwa­ki, à 40 km de la cen­tra­le, et il ren­tre chez lui seule­ment dans la soi­rée. Il par­ta­ge sa cham­bre avec quel­ques per­son­nes. […]

« Au cours du der­nier mois, il a été expo­sé à 1,8 mil­li­sie­vert de radio­ac­ti­vi­té. Il est léga­le­ment per­mis aux tra­vailleurs d’être expo­sés à un maxi­mum de 50 mil­li­sie­verts par an, cepen­dant de nom­breu­ses entre­pri­ses ont leur pro­pre nor­me par exem­ple de 20 mil­li­sie­verts, donc s’il tra­vaille et se trou­ve expo­sé à ce ryth­me, il devra quit­ter son lieu de tra­vail au bout d’un an. «Je sens que le public a com­men­cé  à se dés­in­té­res­ser de l’accident nucléai­re, mais des tra­vaux plus dan­ge­reux se mul­ti­plie­ront cer­tai­ne­ment dans les bâti­ments des réac­teurs. Je sou­hai­te que l’on puis­se connaî­tre ce fait « . »

Craintes de maladies

« Tep­co a enquê­té chez 4.587 tra­vailleurs à la cen­tra­le nucléai­re n°1 en août et sep­tem­bre 2014. 2.003 tra­vailleurs (43,7%) ont peur en rai­son du tra­vail à la cen­tra­le, et leur plus gran­de crain­te était l’éventualité d’une mala­die due à la radio­ac­ti­vi­té. Le minis­tè­re a fait savoir que les tra­vailleurs des cen­tra­les ont davan­ta­ge de ris­ques de can­cers de la ves­sie, du pou­mon et du pha­rynx lorsqu’ils sont expo­sés à plus de 100 mil­li­sie­verts.

« Cepen­dant il est étran­ge que l’Autorité de régu­la­tion nucléai­re pré­voit d’aug­men­ter la nor­me maxi­ma­le d’exposition des tra­vailleurs, en pas­sant de  100 à 250 mil­li­sie­verts. Le res­pon­sa­ble a dit:  « La nor­me inter­na­tio­na­le est com­pri­se entre 250 et 500 mil­li­sie­verts par an, mais plus le niveau est bas mieux c’est. S’il arri­ve un acci­dent de même niveau qu’à Fuku­shi­ma, les tra­vailleurs pour­ront s’occuper des répa­ra­tions avec une expo­si­tion maxi­ma­le de 250 mil­li­sie­verts. »

Prolifération des déchets contaminés

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L’étendue des déchets

« Main­te­nant, on a com­men­cé à déman­te­ler les qua­tre réac­teurs de la cen­tra­le nucléai­re n°1. Tous les déchets, tels que mor­ceaux de béton des réac­teurs détruits et arbres abat­tus pour fai­re pla­ce aux réser­voirs sont for­te­ment radio­ac­tifs. On n’a pas le droit de les trans­por­ter à l’extérieur, de sor­te que tous les déchets s’accumulent sur le  site. Tep­co  pré­voit que jusqu’à 2027 s’amasseront 560.000 ton­nes de déchets conta­mi­nés. Déjà 200.000 ton­nes de déchets ont com­men­cé à arri­ver, qui occu­pent 60% de l’espace de sto­cka­ge.

« Les tra­vailleurs des cen­tra­les por­tent un cas­que, un vête­ment de pro­tec­tion, des gants et plu­sieurs autres effets. On réuti­li­se casques,masques et chaus­su­res, mais on jet­te les autres arti­cles. On les met  dans de gran­des cais­ses et on en fait des mon­ti­cu­les à huit endroits sur le ter­rain. Tep­co pré­voit de les brû­ler et d’en rédui­re la quan­ti­té, mais n’y par­vien­dra pas, car le nom­bre de tra­vailleurs est de plus en plus grand. »


Fukushima. Le système de décontamination d’eau ne fonctionne plus

Le sys­tè­me de décon­ta­mi­na­tion d’eau de la cen­tra­le de Fuku­shi­ma est arrê­té depuis hier, 18 mars. Selon Tep­co, l’EDF japo­nais, une des trois lignes de décon­ta­mi­na­tion du sys­tè­me a arrê­té de fonc­tion­ner nor­ma­le­ment lun­di, ce qui a conduit la com­pa­gnie à la stop­per puis à sus­pen­dre aus­si par pré­cau­tion les deux autres. Ce sys­tè­me, bap­ti­sé ALPS, est cen­sé fonc­tion­ner depuis plu­sieurs mois, mais dans les faits il ne ces­se de ren­con­trer des pro­blè­mes divers. Cet équi­pe­ment déve­lop­pé avec le grou­pe Toshi­ba est pour­tant pré­sen­té com­me un roua­ge-clé pour résou­dre le pro­blè­me d’eau conta­mi­née dont regor­ge la cen­tra­le acci­den­tée.

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Quand c’est plein, ça débor­de. [Docu­ment Tep­co]

Plus de 435 000 m3 d’eau conta­mi­née sont actuel­le­ment sto­ckés dans plus d’un mil­lier de gigan­tes­ques réser­voirs mon­tés à la hâte. Tep­co conti­nue d’en fai­re ins­tal­ler entre vingt et qua­ran­te par mois pour ten­ter de sui­vre le ryth­me du flux conti­nu de liqui­de souillé pro­ve­nant des sous-sols du site et des arro­sa­ges per­ma­nents des réac­teurs rava­gés. La pol­lu­tion de l’océan Paci­fi­que est en pas­se de s’aggraver ; à la fois par les fui­tes d’eau détec­tées en de mul­ti­ples endroits sur les rui­nes des cen­tra­les, mais aus­si par­ce que l’eau actuel­le­ment sto­ckée fini­ra tôt ou tard dans l’océan. Et cela, même si cet­te eau aura été « décon­ta­mi­née » par le sys­tè­me ALPS – car elle contien­dra enco­re au moins du tri­tium.

Le direc­teur de la cen­tra­le, Aki­ra Ono, a recon­nu récem­ment se sen­tir dému­ni face à ces dif­fi­cul­tés, et espé­rer que les efforts menés avec les auto­ri­tés per­met­tront d’en venir à bout. 

La priè­re com­me der­nier rem­part contre la radio­ac­ti­vi­té.

[Sour­ces : AFP, Le Mon­de]

 

Pendant ce temps, à Fessenheim…

…« L’Association « Fes­sen­heim, notre Ener­gie » (ASFNE) s’insurge contre le coup de for­ce de ce jour per­pé­tré par des mili­tants de Green­pea­ce et condam­ne vive­ment cet­te action. Contrai­re­ment à ce qui est dit, il s’agit bien d’une action vio­len­te puisqu’il y a effrac­tion déli­bé­rée avec des moyens impor­tants de type ter­ro­ris­te, un véri­ta­ble choc pour le per­son­nel au tra­vail. 

« L’ASFNE esti­me qu’il est tota­le­ment dis­pro­por­tion­né de recou­rir à des métho­des de com­man­dos pour fai­re pas­ser un mes­sa­ge quel qu’il soit. Et il est inac­cep­ta­ble qu’EELV, dont deux mem­bres figu­rent au gou­ver­ne­ment, ait pu féli­ci­ter ce matin Green­pea­ce pour cet­te action illé­ga­le et anti-démo­cra­ti­que. Il est évi­dent que l’absence de réel­les sanc­tions dis­sua­si­ves, après les actions simi­lai­res pré­cé­den­tes,encou­ra­ge Green­pea­ce dans cet­te voie.
« Il faut rap­pe­ler enfin que Fes­sen­heim a été décla­rée sûre par l’Autorité de Sûre­té Nucléai­re, la seule auto­ri­té com­pé­ten­te. Des cen­tai­nes de mil­lions d’euros ont été inves­tis ces der­niè­res années pour en fai­re une des 1ère cen­tra­les de Fran­ce dont la sûre­té a été moder­ni­sée et mise aux der­niers stan­dards inter­na­tio­naux du moment. Une usi­ne ne vieillit pas com­me les humains ; quand un maté­riel nedon­ne plus satis­fac­tion, on le répa­re ou le rem­pla­ce !
« Sou­hai­tons-nous vrai­ment vivre dans notre pays ce que subis­sent les Alle­mandsaprès la déci­sion radi­ca­le de fer­me­tu­re de son parc nucléai­re, tant sur le plan duprix du kWh que vis-à-vis des for­tes attein­tes envi­ron­ne­men­ta­les ? La pol­lu­tion atmo­sphé­ri­que de ces der­niers jours, en par­tie due aux émis­sions des cen­tra­les au char­bon alle­man­des, est un exem­ple qui impac­te tous leurs voi­sins. A contra­rio, la Fran­ce fait par­tie des meilleurs pays euro­péens pour ses fai­bles émis­sions de CO2… grâ­ce à son éner­gie nucléai­re ! »

Nucléaire. À Fessenheim, Greenpeace interpelle Hollande et Merkel sur la transition énergétique

Ce mar­di 18 mars, une soixan­tai­ne de mili­tants de Green­pea­ce, venus de Fran­ce, d’Allemagne, des Pays-Bas, de Bel­gi­que, d’Italie ou de Polo­gne ont « inves­ti » à leurs maniè­res  la plus vieille cen­tra­le fran­çai­se, cel­le de Fes­sen­heim, en Alsa­ce. Ain­si, deux jours avant le som­met des chefs d’Etat euro­péens qui doit déci­der ce jeu­di 20 mars de l’avenir de l’énergie en Euro­pe, ces citoyens euro­péens deman­dent à Fran­çois Hol­lan­de et Ange­la Mer­kel d’engager leur pays et l’Europe entiè­re dans une vraie tran­si­tion éner­gé­ti­que, débar­ras­sée du ris­que nucléai­re et basée sur les renou­ve­la­bles. 

D’autre part, par une tel­le action, l’organisation éco­lo­gis­te démon­tre une fois de plus la vul­né­ra­bi­li­té des sys­tè­mes de sécu­ri­té des ins­tal­la­tions nucléai­res et, pas consé­quent, des sys­tè­mes de sûre­té s’agissant d’éventuelles (et pos­si­bles) actions ter­ro­ris­tes.

Green­pea­ce pour­suit sa voca­tion de lan­ceur d’alerte dans le domai­nes des ris­ques humains et éco­lo­gi­ques. Par ses actions répé­tées, l’ONG démon­tre en même temps la vani­té des nucléo­cra­tes et de leurs tech­ni­ciens adep­tes du culte de l’infaillibilité – ou pré­ten­dant s’en appro­cher, plan­qués qu’ils sont der­riè­re leur fameux dog­me du « risque-zéro-qui-n’existe-pas », et grâ­ce auquel ils comp­tent se dédoua­ner de tout acci­dent ou catas­tro­phe à venir. Qu’ils aillent tenir leurs bali­ver­nes auprès des popu­la­tions lour­de­ment éprou­vées de Tcher­no­byl et de Fuku­shi­ma !

 
Lire aus­si, entre autres, sur« C’est pour dire »  :

Fukushima : 4 mois de catastrophe

Par Green­Pea­ce Fran­ce

Quatre mois se sont écoulés depuis le tremblement de terre et le tsunami qui ont dévasté le Japon. À 14 h 46 (heure locale), le 11 mars, un séisme de magnitude 9 se produit à une centaine  de kilomètres au large de Miyagi, dans le nord-est de l’archipel. La secousse est suivie d’un tsunami, des vagues de quatorze mètres de haut ravagent le littoral. Samedi 12 mars, a lieu la première explosion dans la centrale nucléaire de Fukushima n°1, à 220 km au nord-est de Tokyo. La première étape d’une catastrophe qui n’est toujours pas terminée.

Pho­to xtcbz (Fli­ckr)

 

L’état des réac­teurs dif­fi­ci­le à connaî­tre : l’information se dégra­de

Il est de plus en plus dif­fi­ci­le de fai­re un état des lieux de l’état pré­cis de cha­que réac­teur. Les sour­ces d’informations se font de plus en plus rares… A ce jour, le com­bus­ti­ble de trois des cœurs des réac­teurs a fon­du, au moins par­tiel­le­ment. Dans le réac­teur n°1, la fusion du cœur est tota­le et le corium (mag­ma résul­tant de la fusion des élé­ments du cœur d’un réac­teur nucléai­re, consti­tué du com­bus­ti­ble nucléai­re, des élé­ments de l’assemblage com­bus­ti­ble et des divers élé­ments du cœur avec les­quels il ren­tre en contact.) se répand dans la par­tie bas­se de la cuve du réac­teur, et ce depuis les pre­miers jours qui ont sui­vis le séis­me.
Pour la pis­ci­ne du réac­teur n°2, Tep­co a mis en pla­ce, début juin, un sys­tè­me de refroi­dis­se­ment. La mise en pla­ce de ce sys­tè­me est pré­vue pour les pis­ci­nes des réac­teurs n°1, 3 et 4. Mais, pour la pis­ci­ne n°4, un conso­li­da­tion de son sou­tè­ne­ment avec des piliers en acier est néces­sai­re au préa­la­ble.

La der­niè­re mise à jour de l’Agen­ce Inter­na­tio­na­le à l’Énergie Ato­mi­que sur le sujet date du … 2 juin.
Les der­niè­res infor­ma­tions four­nies par l’opérateur de la cen­tra­le, Tep­co, man­quent elles aus­si de pré­ci­sions les der­niè­res mises à jour por­tant sur l’évacuation des eaux de refroi­dis­se­ment conta­mi­nées, l’état des réac­teurs n’étant pas modi­fié, par exem­ple, pour l’unité 1 depuis le 7 avril !

La note « fina­le » d’information publiée par l’IRSN date quant à elle, du 8 juin. Une note d’information a néan­moins été mise en ligne le 8 juillet, dans laquel­le l’Institut, repre­nant les élé­ments four­nis par Tep­co, évo­que une « sta­bi­li­sa­tion de la situa­tion des réac­teurs »… Alors que l’Autorité de Sûre­té Nucléai­re fran­çai­se elle même intro­duit son com­mu­ni­qué de pres­se en décla­rant : « L’injection d’eau dou­ce dans les réac­teurs 1 à 3 et les pis­ci­nes d’entreposage du com­bus­ti­ble 1 à 4 se pour­suit en cir­cuit ouvert. La sûre­té ne peut être consi­dé­rée com­me sta­bi­li­sée tant que cet­te situa­tion per­sis­te. ». Les deux ins­tan­ces exper­tes en Fran­ce ne sem­blent donc pas tota­le­ment en pha­se dans leurs ana­ly­ses…

Ce com­mu­ni­qué de pres­se n°31 de l’ASN relè­ve éga­le­ment que : « L’injection d’eau dou­ce dans les réac­teurs 1 à 3 et les pis­ci­nes d’entreposage du com­bus­ti­ble 1 à 4 se pour­suit en cir­cuit ouvert. La sûre­té ne peut être consi­dé­rée com­me sta­bi­li­sée tant que cet­te situa­tion per­sis­te. Les der­niè­res ana­ly­ses japo­nai­ses mon­trent que le com­bus­ti­ble des réac­teurs 1 à 3 a fon­du rapi­de­ment après le début de l’accident. Le com­bus­ti­ble fon­du peut se retrou­ver en fond de cuve, ce qui ris­que d’entrainer leur per­ce­ment. »

Une conta­mi­na­tion très éten­due …. qui va durer

Les der­niè­res mesu­res effec­tuées dans la vil­le de Fuku­shi­ma, située à soixan­te kilo­mè­tres de la cen­tra­le, sont fran­che­ment inquié­tan­tes.

Les mesu­res de ter­rain et ana­ly­ses de sol effec­tuées par le labo­ra­toi­re de la CRIIRAD indi­quent que les retom­bées de césium 134 et 137 radio­ac­tif sont de plu­sieurs cen­tai­nes de mil­liers de Bq/m2 : 490 000 Bq/m2 sur la pelou­se de l’école pri­mai­re Moriai ; plus de 700 000 Bq/m2 dans le quar­tier Wata­ri. Cet­te irra­dia­tion ne dimi­nue­ra que très len­te­ment. Elle est due en effet prin­ci­pa­le­ment au césium 137 et au césium 134 dont les pério­des phy­si­ques sont lon­gues (30 ans et 2 ans res­pec­ti­ve­ment). Cela signi­fie que la radio­ac­ti­vi­té du césium 137 sera divi­sée par 2 dans 30 ans. On peut esti­mer que dans les dou­ze mois à venir, la radio­ac­ti­vi­té du césium 134 ne sera abais­sée que de 30 % et cel­le du césium 137 de 3%.

Pour la pre­miè­re fois une très for­te conta­mi­na­tion au césium a été déce­lée dans de la vian­de de bœuf qui vien­drait de la pré­fec­tu­re de Fuku­shi­ma au Japon. Une aler­te qui confir­me que les zones les plus conta­mi­nées ne sont pas néces­sai­re­ment dans la zone inter­di­te des 20 km autour de la cen­tra­le acci­den­tée. Cet­te conta­mi­na­tion ali­men­tai­re vient s’ajouter à l’irradiation exter­ne reçue par les habi­tants

La popu­la­tion est trop expo­sée aux radia­tions !

En l’état actuel des cho­ses, les habi­tants de la vil­le de Fuku­shi­ma pour­raient subir dans les dou­ze mois à venir une irra­dia­tion exter­ne de plu­sieurs mil­li­Sie­verts alors que la dose au-delà de laquel­le le ris­que de can­cer mor­tel est jugé inac­cep­ta­ble par la CIPR (Com­mis­sion Inter­na­tio­na­le de Pro­tec­tion Radio­lo­gi­que) est de 1 mil­li­Sie­vert par an.

À la deman­de de citoyens japo­nais, l’ACRO (Asso­cia­tion pour le Contrô­le de la Radio­ac­ti­vi­té dans l’Ouest) a ana­ly­sé les uri­nes des enfants de Fuku­shi­ma et les résul­tats sont sans ambi­guï­té : tou­tes les uri­nes contien­nent du césium 134 et césium 137 à des concen­tra­tions allant de 0,4 à 1,3 bec­que­rel par litre.

Cela signi­fie que ces enfants, âgés de 6 à 16 ans, sont tous conta­mi­nés en césium 134 et césium 137 et qu’ils l’ont pro­ba­ble­ment aus­si été par d’autres élé­ments radio­ac­tifs à vie cour­te, com­me l’iode 131 (ces der­niers élé­ments dis­pa­rais­sent plus vite et ne sont donc déjà plus détec­ta­bles).

Les mesu­res pri­ses par les pou­voirs publics ne sont pas à la hau­teur

Les auto­ri­tés japo­nai­ses ont déci­dé, fin juin, d’équiper 40 000 enfants de la région de Fuku­shi­ma de dosi­mè­tres indi­vi­duels. Ces dosi­mè­tres sont char­gés de mesu­rer la dose de radio­ac­ti­vi­té reçue par les enfants durant leur jour­née d’école. Pas de pré­ve­nir ces doses, pas de les éviter…seulement de les mesu­rer. Le rayon de 20 kilo­mè­tres d’évacuation tota­le n’a tou­jours pas été modi­fié. Dans les 10 kilo­mè­tres sui­vants, la popu­la­tion est cen­sée à la fois « res­ter confi­née » et vivre nor­ma­le­ment, envoyant les enfants à l’école, munis d’un déri­soi­re mas­que de papier et de leur dosi­mè­tre.

Il fau­drait éva­cuer les popu­la­tions sur un péri­mè­tre beau­coup plus lar­ge que la zone rou­ge actuel­le qui est de 20 km. L’ensemble des ali­ments doi­vent être contrô­lés et les mesu­res de radio­ac­ti­vi­té bien plus fré­quen­tes. L’élargissement de la zone est essen­tiel, et l’évacuation des enfants et des fem­mes encein­tes notam­ment est plus que néces­sai­re !


Fukushima: Les autorités instrumentalisent la culture japonaise pour maintenir la population dans l’ignorance

Par Michè­le Riva­si, dépu­tée euro­péen­ne Euro­pe Eco­lo­gie-les Verts, fon­da­tri­ce de la CRIIRA

michele-rivasi-japon

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17 juin 2011 – De retour du Japon, Michè­le Riva­si a pu consta­ter l’impact de la catas­tro­phe nucléai­re de Fuku­shi­ma sur le quo­ti­dien et la men­ta­li­té des Japo­nais. Invi­tée par le puis­sant Sei­kat­su Club, union des consom­ma­teurs for­te de 22 mil­lions de mem­bres, et les Verts japo­nais elle est notam­ment allée à la ren­con­tre des famil­les de pay­sans affec­tés par la catastrophe.Elle revient effa­rée et révol­tée par ce qu’elle a pu consta­ter dans les ter­ri­toi­res conta­mi­nés où la popu­la­tion conti­nue de vivre expo­sée à des for­tes doses d’irradiation. Trois mois après la catas­tro­phe, le cau­che­mar ne fait mal­heu­reu­se­ment que com­men­cer.

« Je res­te de plus en plus convain­cue que là où com­men­ce le nucléai­re s’arrête la démo­cra­tie. Quand les auto­ri­tés ne font pas de la dés­in­for­ma­tion, elles pêchent tout sim­ple­ment par man­que d’information: aucu­ne pré­cau­tion n’est pri­se pour pro­té­ger la san­té des popu­la­tions vivant en zone conta­mi­née qui conti­nuent de consom­mer les ali­ments conta­mi­nés, au péril de leur san­té et de leur vie. J’ai appris que lors de la catas­tro­phe, la dis­tri­bu­tion de pas­tilles d’iodure de potas­sium n’avait même pas été effec­tuée: on peut donc s’attendre à une for­te haus­se du nom­bre de can­cers, sur­tout chez les enfants.

« Qui plus est, aucu­ne solu­tion n’est appor­tée aux réfu­giés de la radio­ac­ti­vi­té, ces popu­la­tions exclues du péri­mè­tre des 20 kilo­mè­tres entou­rant la cen­tra­le. La plu­part d’entre eux trou­vent refu­ge auprès de pro­ches, dans le péri­mè­tre de la zone d’évacuation volon­tai­re. Aucu­ne indem­ni­té n’ayant enco­re été ver­sée et aucun relo­ge­ment n’ayant été effec­tué, les fem­mes et les enfants sont envoyés ailleurs pen­dant que les hom­mes conti­nuent d’exercer leurs acti­vi­tés agri­co­les dans des zones conta­mi­nées. Les vil­la­geois n’arrivent pas à croi­re que la natu­re qui fleu­rit et bour­geon­ne est une natu­re mor­te: ils ten­tent d’éviter ain­si ce que l’on appel­le com­mu­né­ment le ‘stress radio­lo­gi­que’ qui peut mener à des trou­bles psy­cho­lo­gi­ques sérieux.

« Cet état de fait est faci­li­té par la cultu­re japo­nai­se, une cultu­re de sou­mis­sion qui pous­se les gens à conte­nir leurs émo­tions: ils s’interdisent d’exprimer leur désar­roi publi­que­ment, ter­ras­sés par la fata­li­té. Leur colè­re inter­ne se mani­fes­te sous la for­me d’une rési­gna­tion tota­le. En consé­quen­ce, les auto­ri­tés pro­fi­tent de cet­te fai­bles­se cultu­rel­le pour impo­ser une omer­ta inquié­tan­te faci­li­tée par l’absence de contre-pou­voirs.

« Heu­reu­se­ment, des grou­pes aidés par la CRIIRAD vien­nent d’être créés et visent à contrô­ler le niveau de radio­ac­ti­vi­té de ali­ments consom­més: c’est un pre­mier pas salu­tai­re dans la lut­te contre la dés­in­for­ma­tion. Pour­tant la catas­tro­phe res­te per­ma­nen­te: l’irradiation res­te tel­le­ment for­te que les tra­vaux dans la cen­tra­le pei­nent à évo­luer et le ris­que d’explosion par hydro­gè­ne dans les réac­teurs endom­ma­gés res­te impor­tant. Le pire peut tou­jours sub­ve­nir. »

Site de Michè­le Riva­si : http://www.michele-rivasi.eu/


Fukushima. Autres nouvelles, nouvelles inquiétudes

Res­tes du bâti­ment réac­teur III - 12 mai 2011

Res­tes du bâti­ment réac­teur IV - 12 mai 2011

Ain­si que je le pré­ci­se en post scrip­tum de l’article pré­cé­dent sur la nou­vel­le explo­sion enre­gis­trée à la cen­tra­le en rui­nes de Fuku­shi­ma, c’est le réac­teur IV et non le III qui serait concer­né. La dif­fé­ren­ce est impor­tan­te puisqu’elle por­te sur le char­ge­ment en MOX du réac­teur III, et le ris­que de rejet de plu­to­nium par­ti­cu­liè­re­ment toxi­que. Le pro­blè­me – qui remon­te aux ori­gi­nes mêmes de la catas­tro­phe – tient au blo­ca­ge de l’information offi­ciel­le, et même aux omis­sions et men­son­ges éma­nant de ces sour­ces offi­ciel­les, tant le gou­ver­ne­ment japo­nais que l’exploitant Tep­co.

Une autre vue de l’explosion est visi­ble ici : entre 0:16 et 0:18. (Docu­ment Tep­co).

Autres nou­vel­les, peu ras­su­ran­tes :

– 6 400 ton­nes d’eau radio­ac­ti­ve dans le sous-sol du réac­teur III. Les employés de Tep­co ont bra­vé la très hau­te conta­mi­na­tion radio­ac­ti­ve du réac­teur III (100 milliseverts/heure) pour explo­rer le sous-sol du bâti­ment dans lequel ils ont confir­mé la pré­sen­ce de 6400 ton­nes d’eau hau­te­ment radio­ac­ti­ve. (51 milliseverts/heure en sur­fa­ce du volu­me d’eau qui fait près de 6 mètres de pro­fon­deur).

– Pas de chan­ce pour Are­va (exit sa patron­ne) et pour Tep­co, qui devaient com­men­cer le 15 juin les tra­vaux de décon­ta­mi­na­tion de plus de 100 000 ton­nes d’eau conta­mi­née : le sys­tè­me ne fonc­tion­ne pas car Tep­co vient de décou­vrir 10 fui­tes dans des val­ves et autres tuyau­te­ries.

Le Mon­de du 17/6/11. Com­me si l” « empri­se » n’était déjà pas éco­no­mi­co-poli­ti­que… Ou com­ment le spec­ta­cle poli­ti­que prend le pas sur les faits, l’opérette de salon sur le jour­na­lis­me de ter­rain.

Soyons posi­tifs et admet­tons que le sys­tè­me Are­va puis­se décon­ta­mi­ner à 100 % plus de 100 000 ton­nes d’eau, à ce jour, et une autre bor­dée de 100 000 ton­nes d’ici la fin de l’année 2011 et d’autres bor­dées sub­sé­quen­tes de 100 000 ton­nes et plus, tous les six mois, au fil des années. Que fai­re du concen­tré toxi­que géné­ré par ce pro­ces­sus de « décon­ta­mi­na­tion » ? Selon Tep­co, ce concen­tré contien­drait 100 mil­lions de bec­que­rels de sub­stan­ces radio­ac­ti­ves par cen­ti­mè­tre cube. Tep­co esti­me que ce seront 2 000 mètres cubes de concen­tré toxi­que qui seront géné­rés d’ici la fin de l’année 2011. Or, Tep­co ne dis­po­se que d’une capa­ci­té de 1 200 mètres cubes sur le site de Fuku­shi­ma. De plus, Are­va a concé­dé qu’ils n’ont aucu­ne expé­rien­ce dans la ges­tion de concen­trés toxi­ques issues d’eau radio­ac­ti­ves et titrant plus de 1 000 millisieverts/heure.

– Extrê­me radio­ac­ti­vi­té dans la par­tie est de Tokyo. Sui­te à la pres­sion d’une asso­cia­tion de parents (Koto Asso­cia­tion to Pro­tect Chil­dren), le gou­ver­ne­ment japo­nais a enfin recon­nu ses men­son­ges quant à la radio­ac­ti­vi­té de l’air ambiant aux alen­tours du cen­tre de retrai­te­ment des boues d’épuration de Nan­bu Ota-ku, Tokyo. Depuis com­bien de semai­nes l’incinérateur est-il en train de conta­mi­ner cet­te zone de Tokyo ? Cet­te asso­cia­tion de parents, aidée par un pro­fes­seur de l’Université de Kobé, a sol­li­ci­té les ser­vi­ces de l’ONG fran­çai­se, Asso­cia­tion pour le Contrô­le de la Radio­ac­ti­vi­té dans l’Ouest, et a mis en valeur des taux extrê­me­ment éle­vés de radio­ac­ti­vi­té dans le ter­rain de sports et dans le parc pour enfants situés tous deux à moyen­ne proxi­mi­té du cen­tre de trai­te­ment incri­mi­né: par exem­ple, le parc pour enfants est à 8 km de dis­tan­ce.

Le parc est enco­re plus conta­mi­né que le ter­rain de sport avec un taux de césium 137 de 3 050 becquerels/kilo de sol et un taux de césium 134 de 2 850 becquerels/kilo de sol. Le taux de tel­lu­rium 129 y est de 580 becquerels/kilo de sol.

– Quel­le serait la quan­ti­té de com­bus­ti­ble à Fuku­shi­ma-Dai­chi en atten­te de dilu­tion dans l’atmosphère, les nap­pes phréa­ti­ques et l’océan? Selon Asso­cia­ted press, 3 400 ton­nes de com­bus­ti­ble usa­gé seraient accu­mu­lées dans les pis­ci­nes de sto­cka­ge et 877 ton­nes de fuel actif dans les coeurs des réac­teurs, ou ce qu’il en res­te. A savoir en tout 4 277 ton­nes de com­bus­ti­ble. Par com­pa­rai­son, il y en avait 30 ton­nes à Three Miles Island aux USA en 1979 et 180 ton­nes à Tcher­no­byl en 1986.

– Deux balei­nes ont été décou­ver­tes fin avril à 650 km de Fuku­shi­ma, avec des niveau de radia­tion de 31 et 24 bec­que­rels de césium par kilo de vian­de. Le Mari­ne Bio­lo­gi­cal Labo­ra­to­ry, basé à Woods Hall dans le Mas­sa­chu­setts, a com­men­cé à éva­luer le niveau de conta­mi­na­tion radio­ac­ti­ve dans l’Océan Paci­fi­que. Et selon Arnie Gun­der­sen, le MBL a déjà décla­ré que la conta­mi­na­tion radio­ac­ti­ve dans l’Océan Paci­fi­que pro­ve­nant de Fuku­shi­ma est dix fois supé­rieu­re à cel­le de la Mer Noi­re ayant éma­né de Tcher­no­byl.

– La cen­tra­le nucléai­re de Fort Cal­houn, à Oma­ha dans le Nebras­ka (États-Unis) est assié­gée (vidéo ici) par l’eau du Mis­sou­ri qui mon­te et qui va enco­re mon­ter de quel­ques mètres d’ici l’été. Pas de sou­cis, l’ingénierie nucléai­re a déployé tout son savoir fai­re pour endi­guer les ris­ques radio­ac­tifs : des murs de sacs de sable.

La cen­tra­le nucléai­re de Fort Cal­houn, pho­to­gra­phiée le 14 juin, mena­cée par la mon­tée régu­liè­re des eaux du Mis­sou­ri. (Ph. Cryp­to­me)

Voir d’autres pho­tos.

 

 

 

Autres infor­ma­tions sui­vies : http://www.kokopelli-blog.org/


Fukushima. Nouvelle explosion sur un réacteur

Une nou­vel­le explo­sion s’est pro­dui­te dans les rui­nes de la cen­tra­le nucléai­re de Fuku­shi­ma Daii­chi dans la nuit du 13 à 14 Juin à 00h43. Com­me on peut le voir sur un enre­gis­tre­ment vidéo (ci-des­sous) de l’opérateur nucléai­re Tep­co, l’explosion – très impres­sion­nan­te – a affec­té le réac­teur III, par­ti­cu­liè­re­ment dan­ge­reux car il contient du com­bus­ti­ble MOX char­gé de plu­to­nium.

Selon Green­pea­ce, c’est un signe patent que le noyau en fusion de com­bus­ti­ble MOX est acti­ve­ment dan­ge­reux. Vrai­sem­bla­ble­ment, il y a eu une explo­sion cau­sée par le contact des maté­riaux du cœur fon­du avec de l’eau. Avec une tel­le explo­sion un relâ­che­ment de gran­des quan­ti­tés radio­ac­ti­ves dans l’environnement est à crain­dre.

Tou­jours selon Green­pea­ce, qui a ren­du publi­que l’information, les niveaux de radio­ac­ti­vi­té mesu­rés près des rui­nes de l’enceinte de confi­ne­ment du réac­teur I attei­gnent 260 sie­vert. Selon l’expert Shaun Bur­nie, de Green­pea­ce, cela confir­me que les par­ties fon­dues du cœur ont per­cé le fond de la cuve du réac­teur.

L’événement paraît visi­ble à par­tir de la 2e minu­te de l’enregistrement.

D’autre part, les Japo­nais pro­jet­tent de recou­vrir les rui­nes des réac­teurs par des sar­co­pha­ges… en plas­ti­que – cela afin de limi­ter les infil­tra­tions d’eau et les rejets de matiè­res radio­ac­ti­ves. La maquet­te de ces sar­co­pha­ges a été mon­trée ce 16 juin au JT de 20 heu­res sur Fran­ce 2.

[Sour­ces : Col­lec­tif anti­nu­cléai­re 13, Green­pea­ce; Tep­co]

Post scrip­tum 17/6/11 : Il s’agirait plu­tôt du réac­teur IV. C’est ce qu’indiquent diver­ses sour­ces tel­les que :
– le site du jour­nal Hawaï News Dai­ly http://hawaiinewsdaily.com/2011/06/apparent-explosion-and-fire-at-fukushima-4/
– le site de l’association Koko­pel­li, qui suit de très près la situa­tion à Fuku­shi­ma : http://www.kokopelli-blog.org/?p=916
La situa­tion res­te des plus gra­ves à Fuku­shi­ma, mais cet­te pré­ci­sion exclu­rait le ris­que de dif­fu­sion atmo­sphé­ri­que du plu­to­nium conte­nu dans le com­bus­ti­ble MOX qui ali­men­te le réac­teur III.


Samedi 11 juin, « Carton rouge au nucléaire » sur toute la France

 

nucleaire© faber

Mani­fes­ta­tions et débats sont annon­cés ce samedi 11 juin devant les mai­ries de France et de Navarre. Qu’on ne nous fasse plus prendre des centrales nucléaires pour des lanternes !


Nucléaire. La France n’a pas « l’électricité la moins chère d’Europe »

Par défi­ni­tion, les cli­chés ont la peau dure. Sur­tout s’ils sont en per­ma­nen­ce réac­ti­vés par des bon­nes âmes très inten­tion­nées…  Ain­si en est-il spé­cia­le­ment de cet­te Fran­ce à l” »élec­tri­ci­té la moins chè­re ». Et grâ­ce à qui, hein ? En ces temps de catas­tro­phe nucléai­re au Japon, les pro­mo­teurs de l’atome ne ces­sent de répé­ter que, « grâ­ce au nucléai­re », la Fran­ce béné­fi­cie­rait des tarifs d’électricité « les plus bas d’Europe », voi­re du mon­de ! D’où l’intérêt de ce détour ins­truc­tif par l’Obser­va­toi­re du nucléai­re et quel­ques don­nées édi­fian­tes :

 

D’abord, on ne voit pas en quoi cela jus­ti­fie­rait de vivre avec la pers­pec­ti­ve d’une catas­tro­phe simi­lai­re ou pire que cel­le en cours à Fuku­shi­ma. Mais, sur­tout, cet­te affir­ma­tion est tota­le­ment faus­se. Il suf­fit pour s’en convain­cre de se repor­ter aux chif­fres offi­ciels publiés par l’Union euro­péen­ne. Voi­ci les don­nées consul­ta­bles, por­tant sur 2007 (qui ne tien­nent donc pas comp­te du fait que, depuis, EDF a entam­mé une pol­ti­que de for­tes aug­men­ta­tions du prix de l’électricité ven­du en Fran­ce) :

Étude complète consultable ici : http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_OFFPUB/KS-SF-07-080/FR/KS-SF-07-080-FR.PDF

On consta­te que, dans 12 pays de l’Union euro­péen­ne, les ména­ges paient moins cher qu’en Fran­ce. Dans deux pays, le tarif est com­pa­ra­ble, et dans qua­tor­ze pays, il est plus éle­vé qu’en Fran­ce. Les tarifs en Fran­ce sont donc à peu près dans la moyen­ne. La Fran­ce est en des­sous de la moyen­ne de l’UE car cer­tains pays com­me le Dane­mark ont choi­si de taxer très for­te­ment l’électricité pour éli­mi­ner les gas­pilla­ges (ce qui n’empêche pas de met­tre en pla­ce des tarifs sociaux pour la consom­ma­tion de base des ména­ges modes­tes).

Les tarifs étaient plus avan­ta­geux en Fran­ce pour les entre­pri­ses mais, depuis, de for­tes aug­men­ta­tions ont eu lieu. Qui plus est, EDF a annon­cé de très for­tes aug­men­ta­tions (au moins 30% !) tant pour les ména­ges que les entre­pri­ses, et ce pour finan­cer la pro­lon­ga­tion de la durée de vie des réac­teurs nucléai­res.

Il est donc temps que les citoyens de Fran­ce com­pren­nent qu’ils sont abu­sés depuis des années par une com­mu­ni­ca­tion trom­peu­se : non, la Fran­ce n’a pas les tarifs d’électricité les plus bas d’Europe, et elle sera bien­tôt par­mi les pays où l’électricité est la plus chè­re...

Mais il y a enco­re pire : si le tarif de l’électricité est res­té moyen­ne­ment modé­ré pen­dant deux décen­nies, c’est du fait d’un véri­ta­ble dum­ping, un report dans le temps des véri­ta­bles coûts de l’électricité nucléai­re : bien­tôt, il fau­dra acquit­ter des fac­tu­res incom­men­su­ra­bles pour déman­tè­ler les ins­tal­la­tions nucléai­res et pour s’occuper (pen­dant des mil­lé­nai­res !) des déchets radio­ac­tifs.

Les Fran­çais ont donc man­gé leur pain blanc (ou consom­mé leur « élec­tri­ci­té  blan­che » !), l’heure des comp­tes appro­che.


 


Nucléaire. La probabilité d’un accident en France serait de 50% pour le parc actuel

Sur la base du constat des acci­dents majeurs sur­ve­nus dans l’industrie nucléai­re ces tren­te der­niè­res années, on devrait sta­tis­ti­que­ment connaî­tre un acci­dent de ce type dans l’Union euro­péen­ne au cours de la vie du parc actuel, avec une pro­ba­bi­li­té de 50% de voir cet acci­dent majeur se pro­dui­re en Fran­ce. C’est en tout cas ce que démon­trent Ber­nard Lapon­che, phy­si­cien nucléai­re, expert en poli­ti­ques de l’énergie, et Ben­ja­min Des­sus, ingé­nieur et éco­no­mis­te, dans un arti­cle publié sur le site de Glo­bal Chan­ce. Cet­te asso­cia­tion regrou­pe des scien­ti­fi­ques et des experts convain­cus qu’un déve­lop­pe­ment mon­dial plus équi­li­bré peut et doit résul­ter de la pri­se de conscien­ce crois­san­te des mena­ces qui pèsent sur l’environnement glo­bal. Ce tex­te a déjà été publié dans Libé­ra­tion et dans Poli­tis. Il est assez impor­tant pour méri­ter une lar­ge dif­fu­sion.

Accident nucléaire : une certitude statistique

Le ris­que d’accident majeur dans une cen­tra­le nucléai­re a été consi­dé­ré com­me la com­bi­nai­son d’un évé­ne­ment d’une gra­vi­té extrê­me et d’une très fai­ble pro­ba­bi­li­té d’occurrence. Cer­tes, la mul­ti­pli­ca­tion de zéro par l’infini pose quel­ques pro­blè­mes mais les pro­mo­teurs du nucléai­re, met­tant en avant cet­te très fai­ble pro­ba­bi­li­té, affir­maient qu’il n’y avait aucun dan­ger. Si la gra­vi­té des consé­quen­ces d’un tel acci­dent a bien été confir­mée par Tcher­no­byl et Fuku­shi­ma, que peut-on dire aujourd’hui de la pro­ba­bi­li­té de son occur­ren­ce ?

Il y a deux métho­des pour esti­mer la pro­ba­bi­li­té d’un acci­dent : la métho­de théo­ri­que, qui consis­te à la cal­cu­ler sur la base de scé­na­rios de simu­la­tion d’accidents pre­nant en comp­te les sys­tè­mes de défen­se et les ris­ques de dys­fonc­tion­ne­ment, et la métho­de expé­ri­men­ta­le, qui consis­te à pren­dre en comp­te les acci­dents sur­ve­nus, ce que l’on fait par exem­ple pour les acci­dents de voi­tu­re. Les résul­tats de l’approche théo­ri­que, issus des tra­vaux des experts de la sûre­té nucléai­re, dis­tin­guent, pour les cen­tra­les actuel­le­ment en fonc­tion­ne­ment dans le mon­de, deux types d’accidents : « l’accident gra­ve » avec fusion du cœur du réac­teur, dont la pro­ba­bi­li­té serait de moins de un pour 100 000 « années-réac­teur » (un réac­teur fonc­tion­nant pen­dant un an) et « l’accident majeur », acci­dent gra­ve non maî­tri­sé et condui­sant à d’importants relâ­che­ments de radio­ac­ti­vi­té, dont la pro­ba­bi­li­té serait de moins de un pour un mil­lion d’années-réacteur.

(Lire la sui­te…)


Nucléaire-Fukushima. La France contaminée deux jours avant la date officielle, selon la CRIIRAD

TCHERNOBYL BIS REPETITA ? La CRIIRAD (Com­mis­sion de Recher­che et d’Information Indé­pen­dan­tes sur la Radio­ac­ti­vi­té) vient de publier la car­te qui prou­ve que la Fran­ce a été conta­mi­née dès le 22 mars 2011, dix jours après le début de la catas­tro­phe de Fuku­shi­ma et deux jours avant la date offi­ciel­le­ment avan­cée :
1/  les mas­ses d’air conta­mi­né par les rejets radio­ac­tifs de la cen­tra­le nucléai­re de FUKUSHIMA DAIICHI sont arri­vées 2 jours avant la date indi­quée par l’Institut de Radio­pro­tec­tion et de Sûre­té Nucléai­re (IRSN) ;

2/  elles ont affec­té les trois quarts de la Fran­ce (et non pas le seul som­met du Puy-de-Dôme) ;
3/ l’activité de l’iode 131 par­ti­cu­lai­re était plus de 20 fois supé­rieu­re à cel­le annon­cée pour le 24 mars.
Ni l’IRSN, ni les grands exploi­tants du nucléai­re, ne pou­vaient l’ignorer. Omis­sion invo­lon­tai­re (mais invrai­sem­bla­ble) ou déli­bé­rée… mais dans quel but ?

La CRIIRAD a sai­si le Pre­mier minis­tre et le pré­si­dent de l’Autorité de Sûre­té Nucléai­re d’une deman­de d’enquête sur la chro­no­lo­gie des faits et les dif­fé­rents niveaux de res­pon­sa­bi­li­tés.
Plus d’information : http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon_bis/sommaire.html

CRIIRAD : : asso@criirad.org
Site web : www.criirad.org


Nucléaire. Le cauchemar continue autour des quatre réacteurs de Fukushima en perdition totale

Deux mois et plus ont pas­sé. Une espè­ce de suai­re média­ti­que a com­men­cé à enve­lop­per Fuku­shi­ma, ses qua­tre réac­teurs sinis­trés, la région et tout le Japon dans son dra­me. Une cha­pe de silen­ce tend à œuvrer afin de main­te­nir dans son coma tout un modè­le de socié­té basé sur le tou­jours plus, com­me si la fin des temps humains ne s’en trou­vait pas hâtée. Un temps de cen­dres pour­tant tou­jours des plus radio­ac­ti­ves.

 

Dans la sui­te 36 de sa chro­ni­que de la catas­tro­phe nucléai­re, Domi­ni­que Leglu, direc­tri­ce de la rédac­tion du maga­zi­ne Scien­ces et ave­nir, se mon­tre car­ré­ment alar­man­te : « On s’en dou­tait depuis long­temps, mais voir la cho­se admi­se par l’opérateur Tep­co de la cen­tra­le Fuku­shi­ma fait un effet sidé­rant : le cœur fon­du du réac­teur n°1 a per­cé sa cuve en de mul­ti­ples endroits ! Ou pour le dire avec les cir­con­vo­lu­tions de l’opérateur : « des trous ont été créés par le com­bus­ti­ble  nucléai­re fon­du au fond de la cuve du réac­teur n°1 ».

 

 

« C’est, en clair, l’accident maxi­mal pour un réac­teur de ce type. L’enceinte ulti­me, autre­ment dit la cuve pres­su­ri­sée dans laquel­le est enfer­mé le com­bus­ti­ble nucléai­re, cuve cen­sée être le der­nier rem­part contre l’émission de radio­ac­ti­vi­té vers l’extérieur, est rom­pue ! »

 

Il s’avère en effet que de nom­breu­ses sou­du­res n’ont pas résis­té aux très hau­tes tem­pé­ra­tu­res dues à la fon­te du réac­teur, ain­si qu’à une cor­ro­sion inten­se cau­sée par le sel de l’eau de mer employée pour les ten­ta­ti­ves de refroi­dis­se­ment. L’inox uti­li­sé dans les cuves des réac­teurs « se retrou­ve aus­si ailleurs dans la cen­tra­le, notam­ment dans les casiers des assem­bla­ges de com­bus­ti­bles (dans les pis­ci­nes qui ont été dra­ma­ti­que­ment endom­ma­gées – en par­ti­cu­lier dans les uni­tés 3 et 4 ».

 

En fait, pour­suit Domi­ni­que Leglu, « on se deman­de si tous les réac­teurs (pas seule­ment le n°1 mais peut-être aus­si les n°2 et n°3) ne sont pas en train de « tom­ber en miet­tes » – leurs struc­tu­res métal­li­ques étant de plus en plus défaillan­tes, après que les struc­tu­res en béton ont été ébran­lées et fis­su­rées lors des explo­sions qui ont eu lieu dès les pre­miers jours de la catas­tro­phe. »

 

La jour­na­lis­te de Scien­ces et ave­nir met aus­si en dou­te la pré­ten­tion d’Areva à « décon­ta­mi­ner l’eau qui a abon­dam­ment ser­vi à refroi­dir les réac­teurs et les pis­ci­nes et ins­tal­ler un cir­cuit fer­mé pour la ré-uti­li­ser. Com­ment fai­re un cir­cuit fer­mé avec une (des) cuve(s) de réac­teur transformée(s)  en pas­soi­re ? Sur­tout, com­ment s’approcher de ces lieux extrê­me­ment radio­ac­tifs – vu la non étan­chéi­té de l’ensemble - pour éven­tuel­le­ment « rebou­cher » les trous ? Qui va s’approcher ? »

 

Et de conclu­re : « Deux mois après la catas­tro­phe, on se deman­de enco­re autre cho­se : pen­dant com­bien de mois (d’années ?) va-t-il fal­loir conti­nuer à refroi­dir les lieux, accu­mu­lant tou­jours plus d’eau conta­mi­née. Cela signi­fie-t-il qu’il va fal­loir reje­ter à nou­veau cel­le-ci « volon­tai­re­ment » dans l’océan, com­me cela a été fait pour plus de 10 000 ton­nes (eau dite alors « fai­ble­ment conta­mi­née ») il y a quel­ques semai­nes ? C’est un véri­ta­ble cau­che­mar qui conti­nue. »

 

D’autre part, selon une dépê­che de l’AFP du 29 avril, un conseiller scien­ti­fi­que du pre­mier minis­tre japo­nais, le pro­fes­seur Toshi­so Kosa­ko, a pré­sen­té sa démis­sion « en lar­mes » lors d’une confé­ren­ce de pres­se, « en rai­son de désac­cords sur la ges­tion de la cen­tra­le nucléai­re acci­den­tée de Fuku­shi­ma ». La rai­son essen­tiel­le de cet­te démis­sion est due au fait que le gou­ver­ne­ment a envi­sa­gé un relè­ve­ment du taux admis­si­ble de radio­ac­ti­vi­té dans les éco­les, sur les aires de jeux. Alors que « la limi­te était jusqu’à pré­sent de 1 mSv/an (peut-être 2,4 mSv/an) », selon une sour­ce uni­ver­si­tai­re japo­nai­se, l’intention est de la fai­re pas­ser à 20 fois plus, soit « 20 mSv/an ». Ce taux annuel de 20 mSv/an est celui admis pour les pro­fes­sion­nels du nucléai­re en Fran­ce.


Tchernobyl – Fukushima. 25 ans après, « la leçon de Tchernobyl n’a pas été apprise »

26 avril 1986, catas­tro­phe de Tcher­no­byl. Voi­là vingt-cinq ans. Une réfé­ren­ce pour la fameu­se échel­le INES, attein­te à son niveau 7, le plus éle­vé. Attein­tes humai­nes et envi­ron­ne­men­ta­les incal­cu­la­bles – des vic­ti­mes par cen­tai­nes de mil­liers, décé­dées ou mala­des ; un ter­ri­toi­re grand com­me la Suis­se ren­du invi­va­ble à jamais… Un quart de siè­cle plus tard, la cen­tra­le japo­nai­se de Fuku­shi­ma entre en « com­pé­ti­tion » en attei­gnant à son tour le niveau 7. Pour autant « on » n’ose par­ler de « catas­tro­phe ». « On » pré­fè­re euphé­mi­ser, jouer sur le temps, implo­rer le mira­cle du dieu Tech­ni­que. « On » : nucléo­cra­tes et poli­ti­ques fon­dus dans le même mou­le du ren­de­ment éco­no­mi­que, de cet­te ren­ta­bi­li­té dans laquel­le le fac­teur humain ne consti­tue qu’une varia­ble par­mi d’autres. Sauf que la « varia­ble » humai­ne pour­rait bien se rebif­fer plus sévè­re­ment qu’il y a vingt-cinq ans où l’ « excu­se sovié­ti­que » – les « Popofs » étant alors consi­dé­rés avec mépris d’un niveau tech­ni­que infé­rieur… – avait été invo­quée. La « supé­rio­ri­té occi­den­ta­le », cel­le des cen­tra­les de concep­tion états-unien­ne ins­tal­lées au Japon, com­me en Fran­ce d’ailleurs, a donc appor­té la preu­ve de ses pro­pres limi­tes, met­tant à bas le dog­me de l’énergie la plus sûre…  Peut-être mais…, nous dit  l’écrivaine bié­lo­rus­se Svet­la­na Alexievitch,  «la leçon de Tcher­no­byl n’a pas été appri­se»

La catas­tro­phe de Fuku­shi­ma aura sans dou­te – quoi qu’il en soit de ses consé­quen­ces – per­mis de bat­tre en brè­che l’omerta nucléa­ris­te. Du moins en aura-t-elle pris un sérieux coup, obli­geant à recon­si­dé­rer les fameux dog­mes tech­ni­cis­tes, mais aus­si les choix éner­gé­ti­ques fon­da­men­taux, les poli­ti­ques de déve­lop­pe­ment, et même la démo­cra­tie elle-même pri­se la main dans le sac du secret, du men­son­ge, de la for­fai­tu­re. Mais la bête se débat ! (Voir ici à ce pro­pos :Le nucléai­re est affai­re trop dan­ge­reu­se pour la lais­ser aux mains des nucléo­cra­tes !)

Même à armes inéga­les, le débat sur les choix éner­gé­ti­ques et de socié­té a été for­te­ment réac­ti­vé. De même que celui, com­bien fon­da­men­tal, sur les tra­vailleurs du nucléai­re, et tout par­ti­cu­liè­re­ment ceux de la sous-trai­tan­ce. Cet­te pra­ti­que de for­me escla­va­gis­te – cet­te mal-trai­tan­ce – s’est déve­lop­pée et accé­lé­rée depuis le début de pri­va­ti­sa­tion du sec­teur de l’électricité et la démo­li­tion des ser­vi­ces publics en géné­ral. Ain­si EDF en est-elle venue à se désen­ga­ger en quel­que sor­te de la main­te­nan­ce et indi­rec­te­ment de la sûre­té de ses ins­tal­la­tions. En recou­rant à du per­son­nel cor­véa­ble (moins cher, peu reven­di­ca­tif, peu regar­dant – par néces­si­té – sur les ris­ques sani­tai­res), l’électricien indus­triel se lave les mains de la dan­ge­ro­si­té de ses acti­vi­tés, ou tout au moins les dépla­ce-t-elle vers les entre­pri­ses pri­vées de cet­te sous-trai­tan­ce.

Les « liqui­da­teurs » de Fuku­shi­ma, pris entre héroïs­me et rési­gna­tion.

Enco­re ne s’agit-il que de gérer l’exploitation nor­ma­le des cen­tra­les et de ses réac­teurs. Tan­dis que les acci­dents et a for­tio­ri les catas­tro­phes chan­gent com­plè­te­ment la don­ne. On ne dira jamais assez l’abnégation ou l’héroïsme, voi­re les deux mêlés, de ceux que depuis Tcher­no­byl on appel­le les « liqui­da­teurs ».  Com­bien sont-ils exac­te­ment à Fuku­shi­ma ? Dans quel­les condi­tions tra­vaillent-ils ? Ris­quant leurs vies, pro­mis à la mala­die, ils sont quel­ques cen­tai­nes à batailler dans cet enfer moder­ne. Employés de l’exploitant Tokyo Elec­tric Power (Tep­co) ou de ses sous-trai­tants, ils s’activent en milieu hau­te­ment conta­mi­né par les radia­tions. Les pics de radio­ac­ti­vi­té sont tels qu’ils doi­vent être par­fois éva­cués, et que  plu­sieurs d’entre eux ces sau­ve­teurs déses­pé­rés ont dû être hos­pi­ta­li­sés – autant dire qu’ils ont peu de chan­ce de sur­vi­vre.

 » Le pro­grès trans­for­mé en cime­tiè­re »

«La leçon de Tcher­no­byl n’a pas été appri­se», s’indigne dans Libé­ra­tion [entre­tien avec Vero­ni­ka Dorman19/03/2011] l’ écri­vai­ne bié­lo­rus­se Svet­la­na Alexie­vit­ch, à qui l’on doit La Sup­pli­ca­tion, chro­ni­ques du mon­de après l’apocalypse, ouvra­ge pro­pre­ment ren­ver­sant. Voi­ci ce qu’elle décla­re à pro­pos des liqui­da­teurs japo­nais :

« Là aus­si, je vois beau­coup de res­sem­blan­ce avec ce qui s’est pas­sé chez nous. La cultu­re japo­nai­se est fon­dée sur le col­lec­tif, elle aus­si. L’individu en tant que tel n’existe pas vrai­ment, mais se recon­naît com­me une par­tie d’un tout.

[…] « Je me suis ren­due sur l’île Hok­kai­do, au Japon, dans la cen­tra­le nucléai­re de Toma­ri. Je l’avais d’abord vue le matin de la fenê­tre de mon hôtel. C’était une vision fan­tas­ti­que, un site cos­mi­que futu­ris­te au bord de l’océan. J’ai ren­con­tré des employés de la cen­tra­le, qui m’ont deman­dé de racon­ter Tcher­no­byl. Pen­dant mon récit, ils avaient des sou­ri­res polis, mani­fes­taient de la com­pas­sion. «Bien sûr, c’est ter­ri­ble pour les gens, mais c’est la fau­te au tota­li­ta­ris­me. Chez nous, cela n’arrivera jamais. Notre cen­tra­le est la plus exem­plai­re, la plus sûre, tout est par­fai­te­ment étu­dié.» Face à cet orgueil tech­no­gè­ne de l’homme, l’idée d’un pou­voir sur la natu­re, j’ai com­pris que la leçon de Tcher­no­byl n’avait pas été appri­se par l’humanité.

[…] « Nous avons atteint cet­te fron­tiè­re où, très clai­re­ment, nous ne pou­vons plus accu­ser per­son­ne, ni le sovié­tis­me ni le tota­li­ta­ris­me. L’homme doit recon­naî­tre le carac­tè­re limi­té de ses pos­si­bi­li­tés. La natu­re est plus puis­san­te, elle com­men­ce à se ven­ger dans un com­bat inégal. J’ai enten­du la même cho­se à Gre­no­ble, lors d’une ren­con­tre avec des spé­cia­lis­tes fran­çais. «Chez nous, c’est impos­si­ble. Chez vous, à l’Est, où la vie tan­gue entre le bor­del et le bara­que­ment… » Avant l’explosion à Tcher­no­byl, l’académicien Ana­to­li Alexan­drov avait décla­ré que les cen­tra­les sovié­ti­ques étaient tel­le­ment sûres que nous pou­vions les construi­re sur la pla­ce Rou­ge. Éton­nant com­me cet­te arro­gan­ce des savants ato­mis­tes a pu sur­vi­vre si long­temps.

[…] « Rien ne chan­ge. Je viens d’arriver à Minsk pour appren­dre qu’il y a deux jours, un accord a été signé pour que la Rus­sie construi­se une cen­tra­le nucléai­re en Bié­lo­rus­sie, à Ostro­vets, une zone dépeu­plée depuis un trem­ble­ment de ter­re de magni­tu­de 7, en 1909. Pen­dant que le mon­de entier est vis­sé aux écrans de télé­vi­sion pour sui­vre le désas­tre au Japon, les jour­naux de Minsk se féli­ci­tent du deal avec la Rus­sie, de la futu­re cen­tra­le qui sera «la plus sûre du mon­de». Iro­nie du sort, la Bié­lo­rus­sie, qui a le plus souf­fert de Tcher­no­byl, est en train de se lan­cer dans le nucléai­re. Mieux : le chef de l’agence fédé­ra­le Ros­sa­tom, Ser­gueï Kirien­ko, se van­te de voir la Rus­sie construi­re des cen­tra­les nucléai­res off­sho­re, pour les ven­dre à l’Indonésie, au Viet­nam. Ima­gi­nez, dans l’océan, quel­ques dizai­nes de peti­tes Hiro­shi­ma flot­tan­tes…

[…] « Nous ne savons tou­jours pas ce qui se pas­se vrai­ment sous le sar­co­pha­ge de Tcher­no­byl. Seuls 3% des élé­ments conte­nus dans le réac­teur se sont dis­sous dans l’air. 97% y sont enco­re. Désor­mais, le régi­me poli­ti­que - tota­li­ta­ris­me ou libé­ra­lis­me com­me au Japon - n’a plus gran­de impor­tan­ce. Ce qui en a, ce sont les rela­tions entre l’homme et les hau­tes tech­no­lo­gies dont dis­po­se la socié­té.

[…] « Le mon­de n’a pas tenu comp­te de la pre­miè­re leçon ato­mi­que. La recher­che sur les sour­ces d’énergie alter­na­ti­ve est enco­re l’apanage de gens qu’on ne prend pas au sérieux, alors qu’elle doit être l’affaire de tous. Le ratio­na­lis­me est dans une impas­se. D’où un sen­ti­ment sui­ci­dai­re. […] Le tsu­na­mi au Japon a trans­for­mé le pro­grès en cime­tiè­re. »

> Sur la catas­tro­phe de Tcher­no­byl et ses cau­ses, voir aus­si sur Wiki­pe­dia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Catastrophe_de_Tchernobyl


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­pren­dre que les cho­ses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fi­que, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croi­re les cho­ses par­ce qu’on veut qu’elles soient, et non par­ce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lip­pe Casal, 2004 - Cen­tre natio­nal des arts plas­ti­ques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­fes­te.
    (Clau­de Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­ti­que), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la gra­ce de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquet­te cou­leur et boî­tier rigi­de ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Com­me un nua­ge, album pho­tos et tex­te mar­quant le 30e anni­ver­sai­re de la catas­tro­phe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant clo­se (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en ven­te au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adres­se pos­ta­le !)

    tcherno2-2-300x211

    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tira­ge soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, pri­ses en Pro­ven­ce et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­ti­que sur le thè­me d’« après le nua­ge ». Cet­te créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thè­me du nucléai­re », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de tou­tes nos croyan­ces. (Ber­trand Rus­sel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­tai­gne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramas­se un frag­ment et dit que tou­te la véri­té s’y trou­ve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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