On n'est pas des moutons

Mot-clé: blasphème

En langue des médias, liberté se dit laïcité

Un dimanche matin, celui d’un dimanche d’« après ». Plus tout à fait comme « avant ». Après mes ablu­tions, le café et toute la procé­dure de démar­rage du lamb­da qui s’est couché tard pour cause de chaos mon­di­al, j’allume mon ordi resté en mode télé de la veille. Et voilà que je tombe (France 2) sur trois las­cars en cra­vates devisant, peinards, sur l’étymologie des prénoms musul­mans en langue arabe. C’est l’émission « Islam » : fort intéres­sante. Je suis sur le ser­vice pub­lic de la télé. Vont suiv­re « La Source de vie », émis­sion des juifs, puis « Présence protes­tante », puis « Le Jour du Seigneur ». Et, enfin, Nagui reprend les rênes avec « Tout le monde veut pren­dre sa place »… (Je n’ose voir là-dedans une hiérar­chie cal­culée…)

Donc, pas de pain, mais du religieux et du reli-jeux… Facile ? Peut-être mais quand même un chouïa pro­fond. Dans les deux cas, il s’agit de reli­er, autant que pos­si­ble, selon des niveaux de croy­ances bien séparés de la pen­sée cri­tique, en strates, en couch­es sédi­men­taires. Je veux dire qu’entre « tout ça », ça ne relie pas beau­coup… Cha­cun restant dans ses référents ancrés au plus pro­fond de soi, depuis l’inculcation parentale, selon qu’on sera né à Karachi, Niamey, Los Ange­les, Mar­seille, Paris XVIe ou Gen­nevil­liers.

Entre-temps j’ai allumé le poste (France Cul­ture, ma radio préférée, de loin !). Et là, dimanche oblige, vont se suc­céder : Chré­tiens d’Orient, Ser­vice protes­tant, La Chronique sci­ence (trois min­utes…), Tal­mudiques, Divers aspects de la pen­sée con­tem­po­raine : aujourd’hui la Grande loge de France (ça peut aus­si être le Grand ori­ent, la Libre pen­sée, etc., selon le tour de « garde »). Et, bien sûr, la Messe.

On est tou­jours sur le ser­vice pub­lic des médias d’un pays laïc et je trou­ve ça plutôt bien, même si, on le devine, toutes les innom­brables chapelles, obé­di­ences et autres ten­dances font la queue devant le bureau de la pro­gram­ma­tion de Radio France pour qué­man­der leurs parts de prêche.

sempe-tele-laicite

– Main­tenant, je voudrais vous pos­er la ques­tion que doivent se pos­er tous nos spec­ta­teurs : Com­ment votre con­cept onirique à ten­dance kafkaïenne coex­iste-t-il avec la vision sublogique que vous vous faites de l’existence intrin­sèque ? [© Sem­pé]

Je trou­ve ça plutôt bien, et qu’on nous foute la paix ! Surtout dans la mesure où – pour par­ler pré­cisé­ment de France Cul­ture – le reste des pro­grammes est essen­tielle­ment ori­en­té sur la cul­ture, au sens plein – inclu­ant à l’occasion les reli­gions –, et tout le champ des con­nais­sances : philosophiques, his­toriques, anthro­pologiques, soci­ologiques –sci­en­tifiques en général, sans oubli­er l’information (les Matins avec Marc Voinchet, 6 h 30 – 9 h, sont exem­plaires).

Je me dis qu’une telle radio s’inscrit dans l’« excep­tion cul­turelle » française et qu’elle est pré­cisé­ment un pro­duit de notre laïc­ité. Et je note aus­si un autre effet, tout récent celui-là car lié aux atten­tats du 7 jan­vi­er, et en par­ti­c­uli­er le pre­mier con­tre Char­lie Heb­do. Il ne s’agit nulle­ment de min­imiser celui con­tre les juifs du mag­a­sin cash­er, évidem­ment, mais seule­ment d’en rester au fait de la lib­erté d’expression et de car­i­ca­ture. Je trou­ve, en effet, que le ton des médias a mon­té d’un cran dans l’expression même de cette lib­erté, du moins dans une cer­taine vigueur de lan­gage, voire une verdeur – ce qui con­stitue un signe man­i­feste et sup­plé­men­taire de libéra­tion.

Encore un effort ! Et pourvu que ça dure.


Charlie Hebdo”. Tenter de vivre

Riss-charlie

Lau­rent Souris­seau, alias Riss, va repren­dre les rênes de “Char­lie Heb­do”.

Hier soir mar­di, au jour­nal télé, appari­tion de Riss comme un sur­vivant, qu’il est, de la tuerie de Char­lie Heb­do. Regard ter­ri­ble­ment mar­qué, lui qui a vécu l’horreur, en a réchap­pé sans trop savoir com­ment ; mais abat­tu quand même, mar­qué, touché par cette vio­lence abso­lutiste qui l’a atteint et meur­tri. Un regard si triste der­rière des paroles empreintes de sérénité et peut-être aus­si d’un grand scep­ti­cisme sur l’humanité. Le mot de Valéry, plus que jamais : « Le vent se lève, il faut ten­ter de vivre ».

Ce mer­cre­di matin, sur France Cul­ture, la hau­teur de vue d’un Pierre Nora sur les événe­ments et ses suites pos­si­bles, par­lant en his­to­rien de l’émergence de la « con­science de soi »,  de la révo­lu­tion de « 36 », et celle de « 68 » qui ont changé l’Histoire. Et main­tenant ? Main­tenant que, « dans les quartiers » le mot « rai­son » s’apparente à la dom­i­na­tion – ce mot issu des Lumières, appar­en­té « à la classe qui sait, et qu’on récuse par déf­i­ni­tion ». Tan­dis qu’à cette jeunesse délais­sée, sans avenir, “en face on pro­pose une cause, une aven­ture, l’ivresse des armes, une cama­raderie : le roman­tisme de la jeunesse, une fra­ter­nité et le par­adis au bout après le sac­ri­fice… » Alors, la tâche sera rude !

Il ne s’agira pas de se pay­er de mots en dénonçant un « apartheid ter­ri­to­r­i­al, social, eth­nique » dans les quartiers français. Ce qui est un début. De même que déblo­quer 700 mil­lions d’euros est une manière de faire face à l’urgence du dan­ger, tan­dis que de traiter les caus­es pro­fondes ayant con­duit aux drames pren­dra au moins une ou deux dizaines d’années.

Sans tomber dans la dém­a­gogie, ni vouloir tout mélanger, remar­quons cepen­dant que bien des décen­nies d’injustice sociale, dans notre pays comme dans le monde en général, n’ont jamais con­duit à décréter un état d’urgence human­i­taire ! Et on relève à chaque hiv­er, dans les rues, à même les trot­toirs et selon le froid, des dizaines de morts.

Cette année encore, dans la riche sta­tion helvète de Davos, les « grands » du monde vont devis­er grave­ment sur l’état de l’économie mon­di­ale et « se pencher » sur la con­jonc­ture et ce fait révoltant révélé par un rap­port de l’ONG Oxfam :

Les 85 per­son­nes les plus rich­es du monde pos­sè­dent autant que la moitié la plus pau­vre de la pop­u­la­tion, soit 3,5 mil­liards de per­son­nes.

Y a-t-il vio­lence plus révoltante et, de ce fait, plus généra­trice des désor­dres mon­di­aux ? Oui, la tâche sera rude !


 

Pascal Blan­chard, his­to­rien et auteur de La France arabo-ori­en­tale était mar­di l’invité de Claire Ser­va­jean dans le jour­nal de 13 heures de France Inter. Il revient sur ce terme “d’Apartheid” util­isé par Manuel Valls pour par­ler de la sit­u­a­tion sociale en France. Son analyse mérite d’être (ré)entendue.


Pas­cal Blan­chard : “Employ­er des mots comme apartheid…


 

Choqués par un reportage “sur le quarti­er de Coulibaly” paru dans le Figaro le 15 jan­vi­er 2015, des étu­di­ants en jour­nal­isme d’Ile-de-France ont pub­lié une vidéo dans laque­lle ils dis­ent refuser l”idéologie et les préjugés”. Les Reporters Citoyens ont choisi de réa­gir avec des mots. La TéléLi­bre, l’EMI et Alter­mon­des, parte­naires du pro­jet de for­ma­tion aux métiers du jour­nal­isme et de l’image ont décidé de pub­li­er et de soutenir leur tri­bune.


 Réac­tion de Reporters Citoyens à un reportage du Figaro


Poussée d’athéisme dans le monde arabe et dans l’islam

Depuis l’instauration du “cal­i­fat islamique”, les langues com­men­cent à se déli­er dans le monde arabe. Les cri­tiques ne visent plus seule­ment les “mau­vais­es inter­pré­ta­tions de la reli­gion”, mais la reli­gion elle-même. Dans le monde, des voix – certes rares – s’élèvent aus­si par­mi la dias­po­ra musul­mane pour s’opposer à l’oppression islamique.

wafa sultanC’est le cas depuis plusieurs années de Wafa Sul­tan, psy­chi­a­tre améri­cano-syri­enne, exilée aux États-Unis, et qui s’exprime avec courage et véhé­mence sur les télévi­sions – dont Al Jazeera…  « C’est pour dire » a dif­fusé en 2007 deux de ses vidéos [ICI] et []. Celles-ci, rap­portées à l’actualité, pren­nent tout leur sens, notam­ment quand cette femme – men­acée, faut-il-le dire ? – souligne avec force com­bi­en, selon elle, il est impor­tant de faire bar­rage au ter­ror­isme religieux. Les pro­pos de Wafa Sul­tan, et en par­ti­c­uli­er les vidéos qui la mon­trent, ont été détournés par d’autres fana­tiques, anti-islamiques en général et à l’occasion anti-Arabes et anti­sémites – autant dire d’horribles racistes, dont de bien fran­chouil­lards ! (Voir le générique de fin d’une  des deux vidéos en lien ci-dessus).

En France, des athées ont lancé un Con­seil des ex-musul­mans de France. Leur man­i­feste remonte à 2003. L’Obs a aus­si pub­lié en 2013 le texte de Sami Bat­tikh, un jeune vidéaste lib­er­taire d’origine musul­mane. Sous le titre para­dox­al Athée, voici pourquoi je défends désor­mais la pra­tique de l’islam, l’auteur expose sa moti­va­tion antiraciste et jus­ti­fie ain­si sa sol­i­dar­ité avec les musul­mans. Il  se réfère à Han­nah Arendt et à sa réflex­ion autour de la banal­ité du mal et de l’acceptation pas­sive d’une idéolo­gie. “Un demi-siè­cle après la pub­li­ca­tion de Eich­mann à Jérusalem, s’indigne l’auteur de l’article, notre société n’a jamais été si proche de cette époque som­bre et nauséabonde.”
Les réseaux dits soci­aux dif­fusent par ailleurs de nom­breux tweets d’ex-muslims” apos­tats, notam­ment des États-Unis.
En octo­bre dernier, Omar Youssef Suleiman, a pub­lié sur le site libanais indépen­dant Raseef22 (Trottoir22) un arti­cle évo­quant les poussées de l’athéisme dans le monde arabe. Bouil­lon­nement qu’il com­pare à celui qui a précédé la Révo­lu­tion française…  En voici des extraits :
Dans le monde arabe, on pou­vait certes cri­ti­quer les per­son­nes chargées de la reli­gion, mais cri­ti­quer la reli­gion musul­mane elle-même pou­vait coûter la vie à celui qui s’y risquait, ou du moins le jeter en prison. Le mot d’ordre “l’islam est la solu­tion” a été scan­dé durant toute l’ère mod­erne comme une réponse toute faite à toutes les ques­tions en sus­pens et à tous les prob­lèmes com­plex­es du monde musul­man.
 Ammar Mohammed Raseef22

Raseef22 a pub­lié un reportage sur ce jeune Yéménite de 11 ans, Ammar Mohammed

Mais la créa­tion de l’Etat islamique par Daech et la nom­i­na­tion d’un “cal­ife ayant autorité sur tous les musul­mans”soulèvent de nom­breuses ques­tions. Elles met­tent en doute le texte lui-même [les fonde­ments de la reli­gion] et pas seule­ment son inter­pré­ta­tion, l’idée même d’une solu­tion religieuse aux prob­lèmes du monde musul­man. Car, au-delà de l’aspect ter­ror­iste du mou­ve­ment Daech, sa procla­ma­tion du cal­i­fat ne peut être con­sid­érée que comme la con­créti­sa­tion des reven­di­ca­tions de tous les par­tis et groupes islamistes, à com­mencer par [l’Egyptien fon­da­teur des Frères musul­mans], Has­san Al-Ban­na, au début du XXe siè­cle. Au cours de ces trois dernières années, il y a eu autant de vio­lences con­fes­sion­nelles en Syrie, en Irak et en Egypte qu’au cours des cent années précé­dentes dans tout le Moyen-Ori­ent.

Cela provoque un désen­chante­ment chez les jeunes Arabes, non seule­ment vis-à-vis des mou­ve­ments islamistes, mais aus­si vis-à-vis de tout l’héritage religieux. Ain­si, en réac­tion au rad­i­cal­isme religieux, une vague d’athéisme se propage désor­mais dans la région. L’affirmation selon laque­lle “l’islam est la solu­tion” com­mence à appa­raître de plus en plus claire­ment comme une illu­sion. Cela ouvre le débat et per­met de tir­er les leçons des erreurs com­mis­es ces dernières années.

Peu à peu, les intel­lectuels du monde musul­man s’affranchissent des phras­es implicites, cessent de tourn­er autour du pot et de mas­quer leurs pro­pos par la rhé­torique pro­pre à la langue arabe qu’avaient employée les cri­tiques [musul­mans] du XXe siè­cle, notam­ment en Egypte : du [romanci­er] Taha Hus­sein à [l’universitaire déclaré apo­s­tat] Nasr Hamed Abou Zayd.

Car la mise en doute du texte a une longue his­toire dans le monde musul­man. Elle s’est dévelop­pée là où dom­i­nait un pou­voir religieux et en par­al­lèle là où l’extrémisme s’amplifiait au sein de la société. [ L’écrivain arabe des VII­Ie-IXe siè­cles] Al-Jahiz et [l’écrivain per­san con­sid­éré comme le père de la lit­téra­ture arabe en prose au VII­Ie siè­cle] Ibn Al-Muqaf­fa avaient déjà exprimé des cri­tiques implicites de la reli­gion. C’est sur leur héritage que s’appuie la désacral­i­sa­tion actuelle des con­cepts religieux et des fig­ures his­toriques, relayée par les réseaux soci­aux, lieu de lib­erté pour s’exprimer et débat­tre.

Le bouil­lon­nement actuel du monde arabe est à com­par­er à celui de la Révo­lu­tion française. Celle-ci avait com­mencé par le rejet du statu quo. Au départ, elle était dirigée con­tre Marie-Antoinette et, à la fin, elle aboutit à la chute des instances religieuses et à la procla­ma­tion de la République. Ce à quoi nous assis­tons dans le monde musul­man est un mou­ve­ment de fond pour chang­er de cadre intel­lectuel, et pas sim­ple­ment de prési­dent. Et pour cela des années de lutte seront néces­saires.

Omar Youssef Suleiman
Pub­lié le 3 octo­bre 2014 dans Aseef22 (extraits) Bey­routh

Aseef22 entend cou­vrir les infor­ma­tions poli­tiques, économiques, sociales et cul­turelles des 22 pays arabes. Fondé en août 2013, il s’adresse aux 360 mil­lions d’Arabes.


Ajout du 25/1/15, dans L’Obs.com, sur la dif­fi­culté d’être athée en Egypte.

Les Egyptiens pensent toujours que les athées ont besoin d’une aide médicale


La défaite Charlie, par André Gunthert (*) 

Aus­si intéres­sant que sujet à polémique, le texte qui suit, à rebrousse-poil des pre­miers élans, ne manque pas de ques­tion­ner, sinon de déranger. En par­ti­c­uli­er par son pes­simisme dont cha­cun appréciera la dis­tance – ou prox­im­ité – avec sa pro­pre per­cep­tion de la réal­ité surgie des trag­iques événe­ments de la semaine dernière. 

Plus impor­tante mobil­i­sa­tion en France depuis la Libéra­tion, la marche de dimanche a-t-elle été l’«élan mag­nifique» d’un peu­ple qui redresse la tête face à la bar­barie? Je voudrais le croire. Mais l’extrême con­fu­sion qui car­ac­térise la lec­ture “répub­li­caine” de l’affaire Char­lie ne fait qu’accroitre ma tristesse et mon inquié­tude. Je peux me tromper, mais mon sen­ti­ment est que cette appar­ente vic­toire est la sig­na­ture la plus cer­taine de notre défaite.

Mer­cre­di 7 jan­vi­er, j’apprends la tuerie à la rédac­tion de Char­lie, en plein Paris. On annonce 11 morts. L’instant de sidéra­tion passé, mon cerveau asso­cie de lui-même le sou­venir de l’affaire des car­i­ca­tures de Mahomet à l’attentat. Puis j’entends à la radio l’énoncé des qua­tre noms des dessi­na­teurs: Cabu, Wolin­s­ki, Charb, Tig­nous. La tristesse et la colère m’envahissent, car je con­nais ces noms, je vois leurs dessins. Les vic­times ne sont pas des anonymes, mais des per­son­nal­ités sym­pa­thiques, bien con­nues du grand pub­lic, pour deux d’entre eux, depuis les années 1960.

Qua­tre noms qui changent tout. Je suis mal­heureuse­ment inca­pable de me rap­pel­er le nom des vic­times anonymes de la prise d’otages de Vin­cennes, pour­tant plus récente. L’attentat à Char­lie-Heb­do est la mar­que d’un change­ment de stratégie red­outable des dji­hadistes. Mal­gré l’horreur des tueries per­pétrées par Mohammed Mer­ah (7 morts, mars 2012) ou Meh­di Nem­mouche (4 morts, mai 2014), ces atten­tats ont été rangés dans la longue liste des crimes ter­ror­istes, sans provo­quer une émo­tion com­pa­ra­ble à celle d’aujourd’hui.

Depuis les réac­tions sus­citées l’été dernier par l’exécution de James Foley, les jour­nal­istes sont devenus des cibles de choix des dji­hadistes. Au choix de la lis­i­bil­ité sym­bol­ique des atten­tats, très appar­ent depuis le 11 sep­tem­bre, se super­pose une nou­velle option qui con­siste à vis­er délibéré­ment la presse, pour aug­menter l’impact des atten­tats. Selon cette grille très mac-luhani­enne où le média se con­fond avec le mes­sage, le réflexe naturel des col­lègues et amis des vic­times étant d’accorder plus d’importance à l’événement que lorsqu’il s’agit d’anonymes, l’amplification médi­a­tique est bien supérieure lorsque des jour­nal­istes sont touchés.

L’efficacité de cette stratégie a reçu sa con­fir­ma­tion le 11 jan­vi­er. Si 4 mil­lions de Français sont descen­dus dans la rue, c’est à cause de la lis­i­bil­ité d’un atten­tat visant la presse, insti­tu­tion phare de la démoc­ra­tie, et à cause de l’énorme émo­tion sus­citée par le meurtre de per­son­nal­ités con­nues et aimées.

«Je suis Char­lie» est la mar­que d’une iden­ti­fi­ca­tion d’une large part du grand pub­lic aux vic­times. Il fal­lait, pour attein­dre ce degré d’empathie, un cap­i­tal de notoriété et d’affection qui ne pou­vait être réu­ni que par les dessi­na­teurs d’un jour­nal satirique potache et non-vio­lent.

Les effets de ce piège sont cat­a­strophiques. Alors même que la société française glisse peu à peu dans l’anomie car­ac­téris­tique des fins de sys­tème, exacte­ment comme le 11 sep­tem­bre a gal­vanisé la nation améri­caine, le «pays de Voltaire» ne retrou­ve le sens de la com­mu­nauté que face à l’adversité ter­ror­iste. Comme l’écrit Daniel Schnei­der­mann: «Elle fla­geo­lait, la France. On ne savait plus très bien pourquoi con­tin­uer à l’aimer. Depuis avant-hier, il me sem­ble qu’on com­mence à re-com­pren­dre ce qu’on a à défendre».

On ne sait pas ce qu’on a à faire ensem­ble, mais on sait con­tre qui. Le précé­dent rassem­ble­ment d’ampleur com­pa­ra­ble, celui du 1er mai 2002 con­tre Jean-Marie Le Pen, réal­i­sait lui aus­si l’«union sacrée» con­tre un enne­mi de la République, réu­nis­sant plus de per­son­nes qu’aucune autre cause.

Nul hasard à ce qu’on retrou­ve aujourd’hui la même image à la Une des jour­naux, celle d’un pom­piérisme exalté, qui s’appuie sur l’allégorie d’institutions pétri­fiées dans un geste immo­bile. Soudée par la peur, le deuil et la colère, la com­mu­nauté qui fait bloc con­tre l’ennemi est pro­fondé­ment régres­sive. Elle se berce de sym­bol­es pour faire mine de retrou­ver une his­toire à laque­lle elle a cessé depuis longtemps de croire. Dès le lende­main du 11 jan­vi­er, on a pu con­stater que cette mythogra­phie répub­li­caine sig­nifi­ait d’abord le retour aux fon­da­men­taux: retour de l’autorité,tri­om­phe de la répres­sion, dithyra­mbes des édi­to­ri­al­istes – jusqu’aux pitreries de Sarkozy, pas un clou n’a man­qué au cer­cueil de l’intelligence.

Mais le pire est encore à venir. Car mal­gré les appels des mod­érés à éviter les amal­games, c’est bien la droite toute entière, calée sur les start­ing-blocks de l’islamophobie, qui s’est engouf­frée sur le boule­vard de la “guerre des civil­i­sa­tions” et la dénon­ci­a­tion de l’ennemi intérieur. Inutile d’essayer de rap­pel­er que le dji­hadisme représente aus­si peu l’islam que le Front nation­al la France éter­nelle, la grille de lec­ture iden­ti­taire, celle-là même à laque­lle cédaient les car­i­ca­tures de Char­lie, qui peignaient le ter­ror­isme sous les couleurs de la reli­gion, est trop sim­ple pour man­quer de con­va­in­cre les imbé­ciles.

Les ter­ror­istes ont-ils GAGNÉ? Si l’on par­court la liste des motifs qui ali­mentent la rad­i­cal­i­sa­tion, dressée par Dominique Boul­li­er, qui rejoint celle des maux de notre société, on se rend compte que rien d’essentiel ne chang­era, et que rien ne peut nous pro­téger de crimes qui résul­tent de nos erreurs et de nos con­fu­sions. Comme celui de la société améri­caine après le 11 sep­tem­bre, c’est un som­bre hori­zon que des­sine l’après-Charlie. Passé le moment de com­mu­nion, aucun élé­ment con­cret ne per­met pour l’instant de croire que ce ne sont pas les plus mau­vais choix qui seront retenus.

(*) André Gun­thertchercheur en his­toire cul­turelle et études visuelles (EHESS)

(Arti­cle paru dans L’image sociale -13 jan­vi­er 2015 )



Effet Charlie ? Libé saisi par le blasphème

Sans doute con­t­a­m­iné par le “virus Char­lie” et ses agents por­teurs hébergés dans ses locaux, Libéra­tion se lâche à son tour. Sa une de demain 16 jan­vi­er annonce un défoule­ment blas­phé­ma­toire tous azimuts. Tant qu’à blas­phémer, arrosons gaiement et large­ment. Une bonne foi(s ) pour toutes ?  Vingt guieux que non ! le sujet étant inépuis­able – ce qu’on appelle les éner­gies renou­ve­lables, cen­sées ali­menter l’écologie men­tale… 

charlie libé blasphemes

Libé 16/1/15


Personne n’est obligé de lire “Charlie Hebdo” !

charlie hebdo libé

[ Libé du jour 14/1/15

Char­lie Heb­do reparaît. On repar­le donc du blas­phème, plus que de lib­erté, qui est cen­trale, essen­tielle, non négo­cia­ble. Libre au blas­phémé de le faire savoir dans son “Charia Heb­do”, par exem­ple. Libre aus­si à tout religieux de ne pas s’adonner à ce qui le chif­fonne. En lib­erté, per­son­ne n’est obligé à quoi que ce soit, pas même de lire Char­lie Heb­do si ça risque de le déranger ! Autrement dit on a le choix, libre­ment. Tan­dis que les fana­tiques d’Allah, les semeurs de mort à la kalach­nikov n’ont lais­sé aucun choix, aucune lib­erté à leurs dix-sept vic­times.

Ce ne serait pas si com­pliqué si une moitié de la planète ne pen­sait pas pré­cisé­ment le con­traire. Et même bien plus que la moitié si aux fon­da­men­tal­ismes religieux on ajoute les inté­grismes poli­tiques. Il serait d’ailleurs plus sim­ple, pour l’inventaire, de compt­abilis­er les excep­tions. Lesquelles n’étant pas non plus exemptes de tout péché dans ce domaine si sen­si­ble aux fluc­tu­a­tions, aux ten­ta­tions, aux faib­less­es autori­taires, facile­ment lib­er­ti­cides.

charlie hebdo faber

© faber

Char­lie reparaît, les regards se tour­nent vers lui, les con­sciences se soula­gent… et voilà qu’on embastille un Dieudon­né ! Du moins l’a-t-on « inter­pel­lé ». La ques­tion jail­lit [Le Monde] : « Pourquoi Dieudon­né est-il attaqué alors que “Char­lie Heb­do” peut faire des “unes” sur la reli­gion ? » Parce que sa provo­ca­tion c’est de l’apologie du ter­ror­isme. Certes… Parce que la Lib­erté ne serait qu’un con­cept, une lampe allumée au loin, un phare dans la tem­pête humaine. Parce que la Fra­ter­nité est une utopie et l’Égalité un leurre ? Peut-être et rai­son de plus pour œuvr­er à la Jus­tice, autant que faire se peut, dans la com­plex­ité du vaste monde et des esprits plus ou moins errants. Et surtout pas dans la Vérité, cette red­outable tueuse. Le dernier mot (ici) à mon vieux pote Mon­taigne : « Mieux vaut penser con­tre soi-même que con­solid­er la matière de ses pro­pres con­vic­tions ».


Je suis Charlie”. Les mots, les images, les symboles

charlie-photo-Martin-Argyroglo

© Mar­tin Argy­rog­lo

Cette pho­to, vite dev­enue emblé­ma­tique, a été prise par Mar­tin Argy­rog­lo, un pho­tographe indépen­dant. Elle a été partagée sur Twit­ter des mil­liers de fois. Le cliché a été qual­i­fié de « plus belle pho­to de la man­i­fes­ta­tion », d’instantané « his­torique » et, comme tel, com­paré au tableau d’Eugène Delacroix, La Lib­erté guidant le peu­ple. Le pein­tre s’était inspiré du soulève­ment pop­u­laire parisien con­tre Charles X, les 27, 28 et 29 juil­let 1830, con­nues sous le nom des Trois Glo­rieuses.

On remar­quera aus­si sur cette image, au pied de Madame LaNa­tion, une pan­car­te au graphisme typé sou­vent vu dans les man­i­fs. Et pour cause : son auteur est un fer­vent pra­ti­quant des man­i­fs, dès lors qu’il en épouse la cause, en France et en Europe. Un reporter du Monde.fr a retrou­vé ce mil­i­tant.

L’homme-pancarte par lemon­de­fr

Une autre pho­to tient la vedette de cette actu­al­ité, elle a été prise par un pho­tographe de Nantes, Stéphane Mahé, venu en ren­fort pour l’agence bri­tan­nique Reuters. Appelée“Le cray­on guidant le peu­ple”, elle immor­talise Charles Bous­quet, un jeune comé­di­en de Lamalou-les-Bains (Hérault) armé d’un cray­on géant et instal­lé sur Le Tri­om­phe de la République, place de la Nation.

Le Crayon guidant le peuple charlie

Le Cray­on guidant le peu­ple”. © Stéphane Mahé, Reuters                                                     Le tableau d’Eugène Delacroix, 1830



Chômeur — Cohn-Bendit — Depardieu — imam ” modéré ” — Turquie — Fazil Say — blasphème — musique

Quelques notes en pas­sant, là où ça m’a gra­touil­lé, face au spec­ta­cle du monde.

• Au lieu de s’immoler par le feu devant une agence de Pôle emploi à Nantes, le mal­heureux chômeur de 42 ans aurait dû ten­ter le coup de la grue médi­a­tique. Mais quand on est com­plète­ment vidé, à bout, les idées et les forces aus­si restent en berne.

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Hier soir (17/2/13 ), Dany Cohn-Ben­dit à la télé. Il a tou­jours vécu du spec­ta­cle de la société qui l’a fait naître. Regard tou­jours pétil­lant, la langue bien pen­due, peu embar­rassé par la bien­séance : il tient son rôle, bon VRP de lui-même et de ses œuvres (un bouquin sur les par­tis), cul­ti­vant son image autosat­is­faite – “Moi je sais”. Député en fin de man­dat, ayant bien sin­ué entre les nuances de la ver­dure dite écologique, il aurait pu finir séna­teur s’il n’avait pris le chou de Brux­elles – ce sera pour une autre vie. Le « lib­er­taire » a ain­si et doucette­ment viré « lib­er­tarien » puis « libéral », ain­si qu’il est d’usage chez les 68tards andropausés et autres maoïstes défro­qués. De son œil gogue­nard, il a traité Depar­dieu de « cinglé » en rai­son de son deal avec le « dic­ta­teur Pou­tine », tan­dis qu’il affir­mait se foutre de sa planque fis­cale en Bel­gique. Pourquoi ain­si l’exonérer de la sol­i­dar­ité fis­cale, ce qui est bien plus grave, selon moi, que sa pan­talon­nade avec l’ex du KGB ?

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• Ce gou­verne­ment finit par me sor­tir de partout. La finance com­mande, ils obtem­pèrent, et même avec zèle. Social­istes mon cul ! N’ont de cesse de s’aligner sur les ukas­es compt­a­bles de l’Europe. Cette Europe qui n’existe pas, sinon celle du fric et de sa mon­naie pour­rie qui ruine les pays et surtout les peu­ples. D’où les dans­es du ven­tre des Mélen­chon et Le Pen.

Le pire, ce n’est pas tant leur impuis­sance rel­a­tive – l’Europe délabrée, la finance déchaînée – le pire, c’est qu’ils s’aplatissent sans même rous­péter, hurler, gueuler, exis­ter quoi ! Des toutous.

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Par hasard en tour­nant le bou­ton, je tombe sur une radio privée ce lun­di matin, pas sur les publiques que j’écoute d’habitude, et entends par­ler de Fazil Say, ce pianiste turc, dont le procès pour athéisme et blas­phème s’ouvre aujourd’hui à Istan­bul.

Turquie : 163 jour­nal­istes en prison, sans juge­ment ! Sur France Cul­ture, l’imam Chal­ghou­mi, qui se dit « mod­éré », trou­ve que « c’est mieux » en Turquie. Mieux qu’en Égypte ou qu’en Tunisie.  Dire « c’est mieux » : tout un aveu, toutes les lim­ites de l’air de la « mod­éra­tion ».

J’ai, de loin, préféré les pro­pos vrai­ment laïques (ou laïcs ?) de Jean­nette Bougrab, pour­tant de droite (ex min­istre de l’affreux S.).

 

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Fazil Say — Pho­to http://fazilsay.com/

Mieux, ça ne peut être que moins pire. J’en reviens à Fazil Say. Admirable pianiste et musi­cien (de jazz égale­ment, ce qui ne saurait me déplaire), mais il ne serait pas si remar­quable sans son courage dressé con­tre ce régime à l’islamisme dit « mod­éré ».

Exem­ples emprun­tés à Guil­laume Per­ri­er, cor­re­spon­dant du Monde à Istam­bul :

• En avril, Fazil Say avait moqué l’appel à la prière d’un muezzin. « Le muezzin a ter­miné son appel en 22 sec­on­des. Prestis­si­mo con fuo­co !!! Quelle est l’urgence ? Un ren­dez-vous amoureux ? Un repas au raki ? »  Il avait égale­ment eu l’audace de repro­duire sur les réseaux soci­aux des vers du poète per­san Omar Khayyam, à qui il a dédié un con­cer­to pour clar­inette : « Vous dites que des riv­ières de vin coulent au par­adis. Le par­adis est-il une tav­erne pour vous ? Vous dites que deux vierges y atten­dent chaque croy­ant. Le par­adis est-il un bor­del pour vous ? » Il risque, en théorie, de neuf à dix-huit mois de prison pour « offense propageant la haine et l’hostilité » et « dén­i­gre­ment des croy­ances religieuses d’un groupe ».

• Le romanci­er et Prix Nobel Orhan Pamuk, jugé pour insulte à l’identité nationale turque en 2006 pour avoir déclaré : “Dans ce pays, un mil­lion d’Arméniens et 30 000 Kur­des ont été tués.”

Le car­i­ca­tur­iste Bahadir Baruter reste sous la men­ace d’une peine d’un an de prison pour un dessin à la “une” de l’hebdomadaire satirique Penguen, en 2011, où était écrit sur le mur d’une mosquée : « Il n’y a pas de Dieu, la reli­gion est un men­songe. »

• Le romanci­er fran­co-turc Ned­im Gürsel a lui aus­si subi les foudres de la jus­tice pour Les Filles d’Allah, une biogra­phie romancée du prophète Mahomet. Quar­ante et un pas­sages de son livre avaient été jugés irre­spectueux par le pro­cureur d’Istanbul. Ned­im Gürsel avait finale­ment été acquit­té en 2009.

• Un procès a aus­si visé un ouvrage du biol­o­giste bri­tan­nique Richard Dawkins. Des organ­i­sa­tions islamistes et un auteur créa­tion­niste, Adnan Oktar, sont sou­vent à l’origine de ces plaintes.

« Jur­er et insul­ter ne peut pas être con­sid­éré comme de la lib­erté d’expression », a estimé le vice-pre­mier min­istre Bekir Bozdag, théolo­gien de for­ma­tion. Lequel a réclamé qu’une enquête soit ouverte con­tre l’intellectuel d’origine arméni­enne Sevan Nisanyan. Ce lin­guiste, volon­tiers provo­ca­teur, déclarait fin sep­tem­bre : « La moquerie d’un chef arabe qui a pré­ten­du il y a des siè­cles être entré en con­tact avec Dieu et a fait des béné­fices poli­tiques, financiers et sex­uels, n’est pas un crime de haine ; c’est la lib­erté de parole. »


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, 1925
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    « Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet. » Bossuet

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  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Philippe Casal, 2004 - Centre national des arts plastiques - Mucem, Marseille

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexualité / politique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl”

    Comme un nuage, album photos et texte marquant le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986). La souscription étant close (vifs remerciements à tous les contributeurs !) l'ouvrage est désormais en vente au prix de 15 euros, franco de port. Vous pouvez le commander à partir du bouton "Acheter" ci-dessous (bien préciser votre adresse postale !)

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    Il s'agit d'un album-photo de qualité, à tirage soigné et limité, 40 p. format A4 "à l'italienne". Les photos, prises en Provence et notamment à Marseille, expriment une vision artistique sur le thème d’« après le nuage ». Cette création rejoignait l’appel à l’organisation de "1.000 événements culturels sur le thème du nucléaire", entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fukushima) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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