On n'est pas des moutons

Mot-clé: jazz

Fin de partition pour le pianiste John Taylor

IMGP8546_John Taylor

© Gérard Tis­sier - 2015

Il s’en est allé en musique, en jazz, effon­dré sur son cla­vier. Fin du mor­ceau, fin finale, et sans rap­pel. C’était ce ven­dre­di 17 juillet, au Saveurs Jazz Fes­ti­val à Segré près d’Angers. John Tay­lor n’a pas sur­vé­cu à une crise car­diaque, il est mort le len­de­main. C’était un fameux com­po­si­teur et pia­niste anglais, né en 42 à Man­ches­ter – il aurait eu 73 ans en sep­tembre pro­chain. Il tour­nait avec le quar­tet de Sté­phane Kere­cki (com­po­si­tion, contre­basse), aux côtés d’Émile Pari­sien (sopra­no) et Fabrice Moreau (bat­te­rie).

Auto­di­dacte, John Tay­lor avait for­gé son style propre en dehors des écoles, et auprès des meilleurs jazz­men, comme notam­ment son com­pa­triote le saxo­pho­niste John Sur­man. Il joue­ra aus­si avec Lee Konitz, Gil Evans, Ken­ny Whee­ler et la chan­teuse Nor­ma Wins­tone, qui devien­dra sa pre­mière épouse. Sa dis­co­gra­phie est des plus four­nies, notam­ment chez ECM pour lequel, à l’occasion de son soixan­tième anni­ver­saire, il enre­gistre le magni­fique Ross­lyn en trio avec le contre­bas­siste Marc John­son et le bat­teur Joey Baron.

Pia­niste sub­til, au jeu plu­tôt inté­rieur, loin du démons­tra­tif, on pour­rait – sans réduire sa réelle ori­gi­na­li­té – le rat­ta­cher à la lignée des Bill Evans et Paul Bley, où l’on retrouve aus­si l’Américaine Mary­lin Cris­pell. Il aura par­cou­ru les vagues suc­ces­sives du jazz « moderne », du hard bop au free, sans se dépar­tir d’une vraie conti­nui­té musi­cale hors cha­pelles.

IMGP8541_John Taylor- JC Richard-S Kerecki-F Moreau

Invi­té par le Mou­lin à Jazz de Vitrolles, le 23 mai 2015, John Tay­lor aux côtés de Jean-Charles Richard, Sté­phane Kere­cki, Fabrice Moreau. © Gérard Tis­sier.

Il avait trou­vé toute sa place dans le magni­fique quar­tet de Ste­phane Kere­cki et son pro­gramme Nou­velle Vague ins­pi­ré du ciné­ma, bien sûr, et de musiques de films. C’est avec ce pro­gramme (Jean-Charles Richard rem­pla­çait alors Émile Pari­sien) qu’il était venu en mai der­nier au Théâtre de Font­blanche à Vitrolles, invi­té par le Mou­lin à Jazz.

En plus de ses talents musi­caux, John Tay­lor mêlait joie de vivre et humour, bri­tish of course – en quoi il savait aus­si appré­cier un blanc de Pro­vence (entre autres, car il vivait en France) et par­ta­ger une bonne blague d’un rire explo­sif.


Mort d’Eddy Louiss. Un grand de l’orgue Hammond, mais pas seulement

eddy-louiss

Avec la Mul­ti­co­lor Fee­ling Fan­fare, au Paris Jazz Fes­ti­val 2011 (Parc flo­ral de Paris). Ph. Myra­bel­la / Wiki­me­dia Com­mons

Orga­niste, pia­niste, chan­teur ; et aus­si trom­pet­tiste, per­cus­sion­niste , chef d’orchestre et com­po­si­teur : Eddy Louiss vient de mou­rir à l’âge de 74 ans et avec lui dis­pa­raît une grande figure du jazz, du jazz fran­çais en par­ti­cu­lier. Il était malade depuis quelques années et, ces der­niers temps, ne répon­dait même plus aux appels télé­pho­niques de ses amis, comme Ber­nard Lubat notam­ment, avec qui il avait joué et chan­té sur­tout dans le groupe des Double Six, aux côtés de sa fon­da­trice Mimi Per­rin, de Roger Gué­rin, Ward Swingle et Chris­tiane Legrand. [Voir ici à pro­pos de Mimi Per­rin, morte en 2010 : Mimi Per­rin, comme un pin­son du jazz ]

Edouard Louise, de son vrai nom, naît à Paris le 22 mai 1941. Son père, Pierre, d’origine mar­ti­ni­quaise, est trom­pet­tiste et l’entraîne très jeune dans des tour­nées esti­vales où il s’imprègne de la musique dite « typique » : rum­ba, paso-doble, cha-cha-cha. Il découvre bien­tôt le jazz et tâte d’instruments comme la trom­pette, le vibra­phone – et l’orgue Ham­mond, qui devien­dra son ins­tru­ment d’élection. À seize ans, il fait le bœuf avec Jean-Fran­çois Jen­ny-Clark et Aldo Roma­no. Plus tard, il enre­gistre avec Daniel Humair – il for­me­ra avec lui et Jean-Luc Pon­ty le trio HLP), accom­pagne Nicole Croi­sille au bugle (Fes­ti­val d’Antibes, 1963), puis Claude Nou­ga­ro à l’orgue pen­dant treize ans. Il ne rechigne pas à la varié­té (avec Hen­ri Sal­va­dor, Charles Azna­vour, Bar­ba­ra, Serge Gains­bourg, Jacques Hige­lin), se lance dans un octette (avec le vio­lo­niste Domi­nique Pifa­ré­ly), s’adjoint une fan­fare de cin­quante musi­ciens pro­fes­sion­nels et ama­teurs… En 1994, il enre­gistre en duo avec Michel Petruc­cia­ni deux disque fameux, Confé­rence de Presse (Drey­fus Jazz) [extrait ci-des­sous]. Il joue éga­le­ment avec Richard Gal­lia­no, en duo et en orchestre (sou­ve­nir de Mar­ciac, je ne sais plus quand au juste…) En 2000, la mala­die le contraint à s’éclipser jusqu’en 2010 où il enre­gistre à nou­veau en stu­dio, se pro­duit à l’Olympia et enfin en 2011, au Paris Jazz Fes­ti­val, sa der­nière appa­ri­tion publique.

Musi­cien de tous les registres, ain­si qu’il a été sou­vent qua­li­fié, à l’image de son ouver­ture « mul­ti­co­lore » – rap­pe­lons sa série de concerts inti­tu­lée Mul­ti­co­lor Fee­ling. Il s’était don­né aus­si bien dans les impro­vi­sa­tions avec les John Sur­man, Michel Por­tal et Ber­nard Lubat, que dans les rythmes afro-caraï­béens ou les enre­gis­tre­ments en re-recor­ding au cla­vier (Sang mêlé). Il était aus­si un des conti­nua­teurs de Jim­my Smith, maître du Ham­mond, ins­tru­ment de finesse et de fougue (pour ne pas dire de fugue…) qui va si bien au jazz, où il est deve­nu plu­tôt rare. La dis­pa­ri­tion d’Eddy Louiss ne va rien arran­ger.

Un docu­ment de l’Ina du 26 mars 1970 Eddy Louiss à l’orgue et Daniel Humair à la bat­te­rie inter­prètent « Tris­te­za ». Dif­fu­sé par l’ORTF dans l’émission Jazz en France, pré­sen­tée par André Fran­cis. Tout le monde avait 45 ans de moins… Le son laisse à dési­rer. Cet extrait  de Caraïbes (Drey­fus Jazz), avec Michel Petruc­cia­ni, est meilleur : 

Clip audio : Le lec­teur Adobe Flash (ver­sion 9 ou plus) est néces­saire pour la lec­ture de ce clip audio. Télé­char­gez la der­nière ver­sion ici. Vous devez aus­si avoir JavaS­cript acti­vé dans votre navi­ga­teur.

« Tou­jours les meilleurs qui partent », comme il se dit bête­ment… Dans cette caté­go­rie, j’ai « raté » le départ, le 11 juin der­nier, d’Ornette Cole­man, un his­to­rique du jazz s’il en est. Rat­tra­page avec cet article sur Citi­zen­Jazz


Combien de temps ? poème d’Edward Perraud

Edward Per­raud, né à Nantes en 1971 : per­cus­sion­niste, bat­teur, com­po­si­teur, impro­vi­sa­teur, cher­cheur et aus­si trou­veur – comme dans trou­vère… Oui, ça lui va bien à ce Pier­rot lunaire, trou­ba­dour de la baguette magique, celle qui pulse, rythme, impulse, assure le bat­te­ment du cœur vital, chœur musi­cal, du jazz et de l’univers. En quoi, il est donc fon­ciè­re­ment poète, jusqu’à écrire de la poé­sie, comme ici, avec des mots, des mots-images, des images pho­tos, car cet homme à talents est aus­si pho­to­graphe. Il a l’œil qui écoute, l’oreille d’ un voyant rim­bal­dien jouant aux dés avec Lau­tréa­mont, Hugo, Mah­ler, Ayler. Il aime les citer à l’occasion, au détour de ses concerts – comme celui d’Avignon où il lan­çait la suite n°2 du disque « Synaes­the­tic Trip », un som­met du genre. Décou­vrez-le davan­tage ça et , entre autres.

edward-perraud

Mou­lin à jazz, 2010 © G. Tis­sier

Com­bien de temps ?

C’est la fin de l’hiver, le début d’un prin­temps

Un vieillard qui se perd, un enfant qui apprend

La terre a fait son tour, encore un chant d’amour ?

Com­bien de temps déjà que papa n’est plus là ?

La tou­pie s’arrêtera, nous serons bien moins fiers

Réduits en grains de sable puis finir en pous­sière.

La terre a fait son tour, encore un champ d’horreurs ?

Com­bien de temps déjà que je compte plus les heurts ?

Ima­gi­nez le prix de ce petit poème

Quand nous ne savons pas jusqu’où la vie nous aime ?

La terre a fait son tour, est ce un mal pour un bien ?

Com­bien de temps déjà qu’on bafoue les humains ?

Devant l’astre suprême nous serons tous égaux

Et fon­dront nos égos comme s’écoulent les armes

La terre a fait son tour, c’est pour­tant pas banal ?

Com­bien de temps encore pour le règne ani­mal ?

Cupi­don trop cupide, la coupe d’or est pleine,

Mais la terre sature, pol­luée, morne plaine.

Va faire un tour au large, Terre change de mythe,

Et débar­rasse toi de tes pires para­sites

Une chance pour­tant pour­rait sau­ver le monde

Que l’âme de poète ino­cule et féconde

L’esprit des tout-petits futurs grands mili­tants.

Que l’amour du vivant sup­plante le pauvre argent !

Com­bien de temps encore jusqu’aux der­nières neiges

Conti­nue­ra-t-il à tour­ner le beau manège ?

 Edward Per­raud, le 27 mars 2015

Edward Perraud

ph. Edward Per­raud
© mars 2015


Jazz à Vitrolles (13). Charlie met la dernière touche


charlie-jazz-festival-vitrolles

Ça s’affaire à Vitrolles, Bouches-du-Rhône, où un cer­tain Char­lie (Free) met la der­nière touche à son légen­daire fes­ti­val de jazz. Cette 17e édi­tion (4, 5 et 6 juillet) aura lieu comme tou­jours dans le magni­fique domaine de Font­blanche aux pla­tanes tri-cen­te­naires. Le pro­gramme et les infor­ma­tions pra­tiques se trouvent à por­tée de clic, ici. On en reparle ces pro­chains jours.


Jazz. Mort de Horace Silver, messager du hard bop

Vidéo du concert fil­mé en public à Copen­hague, Dane­mark, en avril 1968. Horace Sil­ver y pré­sente le fameux mor­ceaux « Song for my flat­ter » – Chan­son pour mon père – enre­gis­tré pour Blue Note en 1964. Les mor­ceaux de ce disque ont été com­po­sés suite à un voyage au Bré­sil. La cou­ver­ture repro­duit une pho­to du père du musi­cien [ci-des­sous].

Le pia­niste et com­po­si­teur de jazz Horace Sil­ver est mort ce 18 juin aux Etats-Unis, où il est né il y a 85 ans. Un musi­cien impor­tant dans l’histoire du jazz qu’il a contri­bué à vivi­fier et à renou­ve­ler à tra­vers le cou­rant dit du hard bop. 

Cou­rant qu’illustre assez bien, à sa manière, le film de Mar­tin Scor­sese, New York, New York (1977), mon­trant l’évolution de son héros saxo­pho­niste (Robert De Niro) pas­sant d’orchestres swing et be bop à des groupes de Har­lem. Là, des musi­ciens afro-amé­ri­cains ont déci­dé de réagir à la domi­na­tion du cool jazz de la côte ouest des Etats-Unis – sur­tout des Blancs comme Chet Baker, Ger­ry Mul­li­gan, Len­nie Tris­ta­no, Dave Bru­beck éga­le­ment rejoints, il est vrai, mais pro­vi­soi­re­ment, par un Miles Davis.

Pour aller vite, disons que l’acte de nais­sance (jamais unique !) est mar­qué en 1954 par le quin­tette que forment le bat­teur Max Roach et le trom­pet­tiste Clif­ford Brown, rejoints en 1955 par le saxo­pho­niste ténor Son­ny Rol­lins. Tou­te­fois, le pre­mier repré­sen­tant de ce style fut le groupe des Jazz Mes­sen­gers créé par le bat­teur Art Bla­key et, nous y voi­là, le pia­niste Horace Sil­ver en 1955, qui for­me­ra ensuite son propre quin­tette.

L’affaire est lan­cée, dans le contexte états-unien de luttes pour les droits civiques et contre le racisme. Les artistes en géné­ral, les musi­ciens en par­ti­cu­lier et les musi­ciens de jazz sur­tout sont à la pointe de ce com­bat poli­tique et cultu­rel. Sour­cé au blues, notam­ment, le jazz est né d’un sen­ti­ment d’injustice mêlé de rési­gna­tion et de révolte.

C’est en1955 éga­le­ment que Miles Davis embauche John Col­trane (Son­ny Rol­lins a décli­né l’invitation) dans son quin­tet, au côté de Red Gar­land (pia­no), Paul Cham­bers (basse) et Phil­ly Joe Jones (bat­te­rie). À cette époque, Col­trane était encore un musi­cien incon­nu.

En 1957, Son­ny Rol­lins se rat­trape en ras­sem­blant Sil­ver, Monk, Cham­bers – et inau­gure l’apparition du trom­bone dans le hard bop avec Jay Jay John­son.
Blue Note et Pres­tige sont les prin­ci­paux labels qui pro­dui­sirent des groupes de hard bop.

Le père d'Horace Silver – couverture du disque "Song for my father", 1964

Le père d’Horace Sil­ver – cou­ver­ture du disque « Song for my father », 1964

Bio­gra­phie [Wiki­pe­dia]Horace Sil­ver est né le 2 sep­tembre 1928 à Nor­walk (Connec­ti­cut) aux États-Unis. Son père (né Sil­va) était natif de Maio (Cap-Vert) alors que sa mère née à New Canaan dans le Connec­ti­cut était d’origine irlan­daise-afri­caine. Son père lui enseigne la musique folk­lo­rique du Cap Vert. Il com­mence sa car­rière comme saxo­pho­niste tenor dans les clubs du Connec­ti­cut et en 1950, il est repé­ré par Stan Getz. Il part pour New York ou il chan­ge­ra d’instrument pour le pia­no. C’est dans son orchestre qu’il s’affirme comme com­po­si­teur be bop. Il tra­vaille ensuite avec Miles Davis, Milt Jack­son, Les­ter Young et Cole­man Haw­kins. Il effec­tue les pre­miers enre­gis­tre­ments sous son nom aux côtés du saxo­pho­niste Lou Donald­son en 1952.

En 1953, il fonde avec le bat­teur Art Bla­key le quin­tette des Jazz Mes­sen­gers mar­quant ain­si l’entrée dans l’ère du hard bop. Peu après, il quitte le groupe pour fon­der le Horace Sil­ver Quin­tet qui sera avec les Jazz Mes­sen­gers et les groupes de Miles Davis un des prin­ci­paux trem­plins de jeunes talents.


Musique. Ne regardez pas cette vidéo, elle est écœurante !

Aver­tis­se­ment solen­nel ! Amis musi­ciens, ama­teurs de jazz et/ou de clas­sique, et sur­tout si vous tâtez du pia­no : ne regar­dez pas cette vidéo, elle est écœu­rante !

Puisque vous l’avez vou­lu :

Joey  Alexan­der est né… en 2003 à Den­pa­sar-Bali, en Indo­né­sie. Il n’a donc que dix ans ! Il a com­men­cé à jouer du pia­no à six. À sept, il attaque le jazz. À huit, avec ses parents, il démé­nage dans la capi­tale, Dja­kar­ta, afin de mieux étu­dier et se consa­crer au jazz. Il est alors invi­té par l’Unesco à jouer du pia­no solo en pré­sence de Her­bie Han­cock. Comme un pre­mier com­mu­niant invi­té au Vati­can pour dire la messe avec le pape… Je sais, la com­pa­rai­son est osée, et même débile.

C’est qu’il est plus qu’agaçant ce mer­deux sur­doué, ce petit pro­dige même pas (pas encore) pré­ten­tieux, tout juste admi­rable. Si vous foui­nez sur la toile à son pro­pos, vous ver­rez aus­si que ce Joey ne craint pas de devi­ser gra­ve­ment à pro­pos de Bill Evans, John Col­trane, Chick Corea, Brad Mehl­dau et Robert Glas­per… Et, comme vous l’avez consta­té de video-visu, il tutoie The­lo­nious Monk, conver­sant  avec lui autour de minuit. Écœu­rant, je vous dis !


Paco de Lucia (1947-2014)

paco-de-lucia

Paco de Lucía, Fes­ti­val de Timişoa­ra, 2007 [Ph. Cor­nel]

Le gui­ta­riste espa­gnol Paco de Lucía est mort ce 26 février à Cancún au Mexique. Arrêt du cœur pour l’un des plus grands musi­ciens de son temps. On peut dire qu’il a sor­ti l’art du fla­men­co de sa gangue tra­di­tio­na­liste et même de sa tor­peur fran­quiste. C’est un rac­cour­ci mais qui, cepen­dant, exprime bien une réa­li­té que j’ai par­ta­gée en son temps avec des amis anti-fran­quistes.

Fran­co et sa dic­ta­ture s’étaient en effet appro­priés le fla­men­co, ain­si deve­nu une sorte d’art offi­ciel figé dans ses sté­réo­types. En Espagne, jusqu’à la fin des années 70, les radios, sous contrôle, satu­raient leurs audi­teurs de musiques « natio­nales » et folk­lo­ristes, en tête des­quelles trô­nait le fla­men­co. Les oppo­sants à la dic­ta­ture, et les plus jeunes d’entre eux en par­ti­cu­lier finis­saient par vomir cette musique aux relents pro­pa­gan­distes. D’autant plus que cette Espagne de Fran­co, tout comme le Por­tu­gal de Sala­zar, s’étaient cou­pés du reste de l’Europe et, de ce fait, demeu­raient à l’écart du jazz et du rock débar­qués avec les libé­ra­teurs amé­ri­cains. L’irruption de Paco de Lucia dans le champ musi­cal fut ain­si per­çue comme une pro­messe de renou­veau, y com­pris dans le fla­men­co dont il était plei­ne­ment issu et qu’il ne reniait nul­le­ment. Au contraire, il s’y affir­mait comme ins­tru­men­tiste de pre­mier plan et non plus d’accompagnement, doué d’une vir­tuo­si­té épous­tou­flante au ser­vice d’un jeu des plus inven­tifs. Bien­tôt, et peu à peu, Paco de Lucia va décou­vrir le jazz et l’improvisation, puis se rap­pro­cher de musi­ciens de jazz comme le gui­ta­riste texan Lar­ry Coryell – un des pion­niers du jazz-rock, né en 1943 – et le pia­niste Chick Corea (1941), issu de l’émigration latine euro­péenne.

En 1981, il se retrouve avec l’Anglais John McLaugh­lin (1942) et l’Italo-Américain Al Di Meo­la (1954) en un trio qui devien­dra légen­daire ; leur disque Fri­day Night in San Fran­cis­co [cli­quer pour écou­ter] enre­gis­tré à l’issue d’une tour­née mon­diale s’est clas­sé rapi­de­ment par­mi les meilleures ventes de disques de gui­tare ins­tru­men­tale. Il aura ain­si été à la fois un « revi­va­liste » du fla­men­co – notam­ment aux côtés de la grande figure du chant fla­men­co Camarón de la Isla  – et un des révé­la­teurs du jazz-fusion.

De son vrai nom Fran­cis­co Sán­chez Gomez, il était né le 21 décembre 1947 à Alge­si­ras, pro­vince de Cadix. Paco de Lucia aura illu­mi­né la scène musi­cale dans le monde entier. On le voit aus­si dans le Car­men de Car­los Sau­ra. Comme ce der­nier pour le ciné­ma, et éga­le­ment Pedro Almo­do­var ; comme Anto­nio Gades pour la danse ; comme Paco Ibañez pour la chan­son – pour se limi­ter à eux –, Paco de Lucia aura don­né lar­ge­ment sa part au génie artis­tique espa­gnol.


Aux amateurs de jazz !

Avis aux ama­teurs de jazz !  Vous pour­rez retrou­ver – à par­tir de l’onglet « Jazz » en tête de « C’est pour dire »  – des liens ouvrant mes articles  parus (ordre chro­no­lo­gique) sur le fameux site Citi­zen Jazz. De même, vous pour­rez vous bran­cher sur les sites de Char­lie Free et du Mou­lin à jazz  de Vitrolles pour y suivre pro­grammes et acti­vi­tés diverses. Et que ça swingue !


Guy Longnon est mort à Marseille. Le premier, il avait apporté le jazz dans un conservatoire

jazz.-guy-longnon-conservatoire-marseille

Guy Lon­gnon, avec Yves Laplane, en 2011. (Ph. © Yves Scot­to)

Le jazz fran­çais, et en par­ti­cu­lier pro­ven­çal, ne serait pas ce qu’il est sans Guy Lon­gnon, mort ce 4 février 2014. Trom­pet­tiste et créa­teur en 1964 de la pre­mière classe de jazz dans un conser­va­toire fran­çais, en l’occurrence celui de Mar­seille, il a por­té sur les fron­tons du jazz toute une géné­ra­tion de musi­ciens par­mi les­quels Bru­no Ange­li­ni, André Jaume, Raphaël Imbert, Per­rine Man­suy, Pierre Chris­tophe, Alain Soler, Jean-Paul Flo­rens, Hen­ri Flo­rens.

Ain­si, le saxo­pho­niste André Jaume se sou­vient de la confé­rence sur le jazz que Guy Lon­gnon pro­non­ça à Mar­seille vers 1960 et dans laquelle il pré­ci­sa clai­re­ment sa pré­fé­rence pour le be-bop, mar­quant ain­si sa dis­si­dence d’avec le pape du Hot Club de France, Hugues Panas­sié. C’est aus­si à cette époque qu’il renon­ça à jouer avec Sid­ney Bechet car, rap­pelle André Jaume, il en avait assez d’être consi­dé­ré comme « un accom­pa­gna­teur de chan­teur ». Bechet était alors en effet une véri­table star, à l’égal d’une vedette de varié­tés.

Sans doute est-ce à l’époque de cette confé­rence que Pierre Bar­bi­zet, direc­teur du conser­va­toire de Mar­seille – et immense musi­cien –, l’invite à créer la classe de jazz, pre­mière du genre. Guy Lon­gnon y consa­cre­ra toute sa car­rière. Un péda­gogue « fabu­leux », s’exclame André Jaume, se sou­ve­nant de l’« homme très ouvert à toutes les musiques, du clas­sique au jazz », se réfé­rant sou­vent à Elling­ton, Par­ker, Clif­ford Brown… « Un homme très modeste », sou­ligne encore André Jaume, rap­pe­lant que dans ses cours « il jouait du pia­no, de la contre­basse… mais pas de la trom­pette ! »

Guy Lon­gnon avait aus­si joué avec Claude Luter, Jean-Claude Foh­ren­bach et Mous­tache.  Élève au Conser­va­toire de Paris dans la classe de vio­lon­celle, il fré­quen­ta Boris Vian et le monde de Saint-Ger­main-des-Prés.

Claude Gra­vier rap­pelle qu’il avait cha­leu­reu­se­ment encou­ra­gé la créa­tion en 1989 de l’association de Vitrolles Char­lie Free et le Mou­lin à Jazz, qu’il avait sou­te­nus dans la période « noire » de 1997 et l’avait hono­ré de sa pré­sence lors de quelques concerts de ses élèves : André Jaume, Raphaël lmbert, Paul Pio­li, Ber­nard Abeille, Joseph Cri­mi, Phi­lippe Renault, Hen­ri Flo­rens, Chris­tian Bon, Yves Laplane…

Dans leur pas­sion­nant livre À fond de cale (éd. Wild­pro­ject) sur le jazz à Mar­seille, Michel Sam­son et Gilles Suzanne consacrent un savou­reux cha­pitre au cham­bou­le­ment pro­vo­qué par l’arrivée de Guy  Lon­gnon dans la cité pho­céenne. On y découvre une éton­nante facette de Pierre Bar­bi­zet et cet échange :

« Ah ! alors tu es v’nu ? » lance le pia­niste clas­sique. « Ah ben oui »,  répond le jaz­zeux. « Alors on va faire une classe de jazz », pro­pose Bar­bi­zet. L’affaire est lan­cée, mais en 2010, l’ancien prof de jazz pré­cise : « J’étais com­plè­te­ment ahu­ri parce que, pour moi, il n’y avait pas d’enseignement pos­sible du jazz. »

L’affaire ne fut pas simple, ni sans péri­pé­ties, ain­si que le racontent les auteurs. Mais la des­cen­dance est assu­rée puisque la classe de jazz conti­nue de vivre sous la direc­tion du trom­bo­niste Phi­lippe Renault, tan­dis le « D6 », octette/nonette qui porte le nom de la salle jazz du conser­va­toire, a récem­ment enre­gis­tré un hom­mage au maître.

–––           

La dis­co­gra­phie de Guy Lon­gnon dans Wiki­pe­dia ne men­tionne que peu d’enregistrements :

– 1952 : Sid­ney Bechet avec Claude Luter et son orchestre, Blue Note Records

– 1984 : Tor­ride !, 52e Rue Est

– 1994 : Cyclades (JMS)

– 2000 : Clas­sic Jazz at Saint-Ger­main-des-Prés, Uni­ver­sal

André Jaume signale un disque en quar­tet avec Don Byas, sous le titre Sara­to­ga Hound Jazz.

Il a aus­si com­po­sé pour le ciné­ma, dans deux films de Paul Paviot :

– 1951 : Ter­reur en Okla­ho­ma

– 1952 : Chi­ca­go-digest

–––

Ne pas confondre Guy et son neveu Jean-Loup, lui aus­si trom­pet­tiste, pia­niste, chan­teur, com­po­si­teur de renom (né en 1953).

–––

La céré­mo­nie des obsèques aura lieu le mar­di 11 février à 14h30 au cré­ma­to­rium du cime­tière Saint-Pierre de Mar­seille.


Jazz. Trompettiste aventureux, Roy Campbell est mort à 61 ans

C’était un fameux trom­pet­tiste et flû­tiste états-unien. Roy Camp­bell Jr est mort le 9 jan­vier à l’âge de 61 ans. Du be-bop au free, il avait tra­ver­sé avec fer­veur les der­niers grands cou­rants du jazz, en lea­der ou aux côtés d’artistes les plus répu­tés comme Don Cher­ry, Mat­thew Shipp, Hamid Drake, William Par­ker et Peter Brötz­mann, Il n’hésitait pas non plus à s’aventurer sur les ter­ri­toires de la world, du hip-hop et même du reg­gae et du rock.

Né à Los Angeles en 1952, Roy Camp­bell s’installe à New York où il apprend le pia­no et le vio­lon avant de pas­ser, vers l’âge de vingt ans, à la trom­pette, au bugle et à la flûte. Ses maîtres ne sont autres que Lee Mor­gan, Ken­ny Dorham, Joe New­man, Yusef Lateef (qui, lui aus­si, vient de mou­rir)… Fraî­che­ment diplô­mé, il monte son propre groupe, Spec­trum, En 1978, il rejoint l’Ensemble Mun­tu, diri­gé par le bas­siste William Par­ker.

Puis on le sui­vra aux côtés de Mar­cus Mil­ler, Woo­dy Shaw, Cecil Tay­lor, John Zorn, Wil­bur Ware, Ken­ny Kirk­land, Sun­ny Mur­ray, Rashied Ali et autres. Au début des années 90, il pas­se­ra quatre ans aux Pays-Bas, jouant sur­tout  en Europe. De retour à New York, il y pour­suit une car­rière sou­te­nue, n’hésitant pas à se pro­duire par­fois aux côtés d’artistes de R & B.

Le Mou­lin à jazz de Vitrolles l’avait fait venir par deux fois avec ses com­parses du Nu Band, Mark Whi­te­cage (alto et cla­ri­nette), Lou Gras­si (bat­te­rie), emme­nés par Jo Fon­da (contre­basse). Mémo­rables concerts, dont celui du 12 jan­vier 2009, il y a exac­te­ment cinq ans. Article et pho­tos ici pour rendre hom­mage à cet artiste aus­si remar­quable que dis­cret, vivant la musique avec brio et élé­gance, puis­sance et déli­ca­tesse.

Sur le concert de Vitrolles, lire ici.


À l’ouest du jazz, Chico Hamilton a cessé de battre

1chico_HamiltonRepre­nant la bagnole, Jazz à Fip envoie du Chi­co Hamil­ton. Tiens, en quel hon­neur ? Tou­jours bon à prendre, hein. Mais c’est que le bougre avait, ce 25 novembre 2013, ren­du baguettes, cym­bales, mailloches et le tou­tim. Les bat­teurs sont en deuil, et les musi­ciens en géné­ral, sur­tout les jaz­zeux. Il avait 92 ans.

Héri­tier de Jo Jones, Chi­co [« p’tit mec »] fut très appré­cié, non seule­ment pour son jeu des plus sub­tils, mais aus­si pour son flair comme décou­vreur de talents par­mi les­quels on relève le bas­siste Ron Car­ter, les saxo­pho­nistes Eric Dol­phy et Charles Lloyd et les gui­ta­ristes Jim Hall, Gabor Sza­bo et Lar­ry Coryell.

Il est né à Los Angeles le 21 sep­tembre 1921. Encore lycéen, il s’immerge dans les scènes jazz locales. En 1940, il part en tour­née avec le big band de Lio­nel Hamp­ton. Après son ser­vice mili­taire pen­dant la Seconde Guerre mon­diale, on le retrouve dans les orchestres de Jim­my Mun­dy, Char­lie Bar­net et Count Basie.

De 1948 à 1955, tou­jours basé et actif à Los Angeles, il accom­pagne Lena Horne en Europe dans ses tour­nées d’été. Il par­ti­cipe à des musiques de film et rejoint le pre­mier quar­tette de Ger­ry Mul­li­gan qui com­pre­nait éga­le­ment Chet Baker à la trom­pette. En quoi il a par­ti­ci­pé à la nais­sance du jazz West Coast, plus lisse et céré­bral que celui de la côte Est.

En 1955, il monte un quin­tette avec Bud­dy Col­lette, Jim Hall, Fred Katz et Car­son Smith. Gros suc­cès, pro­lon­gé par une appa­ri­tion dans le film The Sweet Smell of Suc­cess [Le Grand Chan­tage en VF] réa­li­sé par Alexan­der Mac­ken­drick.

Chi­co Hamil­ton a conti­nué à jouer et enre­gis­trer au-delà de son 90e anni­ver­saire. Il a sor­ti un album, « Révé­la­tion » en 2011 et en avait un autre en pré­pa­ra­tion.

Les mor­ceaux qu’on peut écou­ter ci-des­sous par le biais de Dee­zer, pro­viennent de l’album Dan­cing To A Dif­ferent Drum­mer (1994) qui res­semble à une leçon de bat­te­rie. De la Danse des tym­pans à la Valse des mailloches, en pas­sant Mr Jo Jones, Chi­co Hamil­ton en arrive fina­le­ment à l’Uni­ver­sal Lan­guage Of Man.


Ibrahim Maalouf entre parking et platanes du Charlie Jazz Festival

Un banal sous-sol de par­king, cinq palettes en bois, une gratte et son ampli ; enfin une trom­pette et son souf­fleur. Et quand même une bonne dose de talent. Il n’en fal­lait pas plus à Ibra­him Maa­louf et Fran­çois Del­porte pour faire jaillir la musique, de celle qui vient des pro­fon­deurs, bien en deçà du par­king de Télé­ra­ma.

Le trom­pet­tiste fran­co-liba­nais vient de sor­tir un nou­veau disque, Wind, qui s’inspire d’un film de René Clair, La Proie du vent, un film muet de 1926. Il y est ques­tion d’un pilote pris dans une tem­pête et for­cé d’atterrir dans un parc du châ­teau. Il tombe amou­reux de la maî­tresse des lieux… Com­ment en vient-on à com­po­ser du jazz là-des­sus ? Com­ment Miles com­po­sa, à la volée, la bande ori­gi­nale d’Ascen­seur pour l’échafaud ?

Si vous vou­lez com­prendre ce genre de mys­tère, pre­nez date : Ibra­him Maa­louf joue­ra avec son quin­tette le same­di 6 juillet au Char­lie Jazz Fes­ti­val de Vitrolles.

L’occasion de faire aus­si le lien, le ven­dre­di 5, avec Mar­seille-Pro­vence 2013 et le concert don­né par le Medi­ter­ra­nean Char­lie Orches­tra, alliage pro­met­teur entre l’Orchestre des Jeunes de la Médi­ter­ra­née et la com­pa­gnie Nine Spi­rit – soit une tren­taine de musi­ciens enle­vés par le saxo­pho­niste et com­po­si­teur Raphaël Imbert.

Le fes­ti­val pren­dra fin le dimanche 7 avec le quar­tet d’Avi­shaï Cohen, contre­bas­siste pétillant. Il rem­place ain­si le trom­pet­tiste Roy Har­grove, obli­gé d’annuler sa tour­née pour rai­son de san­té.

Pro­gramme com­plet du Char­lie Jazz Fes­ti­val et réser­va­tion : http://charliejazzfestival.com/


Ibra­him Maa­louf en Télé­ra­ma garage Ses­sion par tele­ra­ma

Lire aus­si l’entretien avec Ibra­him Maa­louf sur CitizenJazz.com


De Brubeck à Niemeyer, même source même soupe

Mort de Dave Bru­beck et Oscar Nie­meyer, jazz et archi­tec­ture.

 

Dave Bru­beck, 2005, Lud­wig­sha­fen. Ph. Frank C. Mül­ler

Le pre­mier, pia­niste assez avant-gar­diste, s’est sur­tout fait connaître avec Take Five, cette com­po­si­tion en cinq temps qui n’était jus­te­ment pas de lui mais de son com­parse de longue date, le sax-altiste Paul Des­mond. Radios et télés, pas man­qué, se sont fait fort de célé­brer le cher dis­pa­ru avec ce Take Five, tube oblige.

 

Le second, aus­si bré­si­lien que sta­li­nien, s’était appli­qué à béton­ner Bra­si­lia et le siège du PC fran­çais. Estam­pillé peuple autant que célé­bré par l’élite mon­diale, tout comme le géo­mètre suisse Le Cor­bu­sier, ce fut aus­si un fami­lier du dic­ta­teur Cas­tro. Point à la ligne (de fuite).

 

Une fois de plus, le spec­tacle média­tique fait entendre sa même musique, celle qui par­court les rédac­tions d’une même vague confor­miste, venue de la même source, le plus sou­vent unique – celle de Wiki­pe­dia mati­née d’AFP pour le coup. De Libé à Ouest-France ou au Monde [hon­neur sauf, tou­te­fois, avec une bio par Syl­vain Siclier], les deux morts du jour sont célé­brés avec les mêmes orne­ments jour­na­lis­tiques à base de répé­ti­tions et de cli­chés invé­ri­fiés.

La soupe est ser­vie, en sachet. Même goût pour tout le monde, ingré­dients passe-par­tout, chi­miques et insi­pides ; ça rem­plit le vide et ne nour­rit pas, sur­tout pas l’esprit. Mais on peut som­no­ler tran­quille sans trop se deman­der qui, de Dave Bru­beck ou de Paul Des­mond, était pia­niste ou saxo­pho­niste. Qui dans le quar­tet indis­so­ciable tenait la contre­basse (Eugene Wright) et qui la bat­te­rie (Joe Morel­lo, mort l’an der­nier) ?

Tiens, qu’est-ce que je disais… Rue 89 du 6/12

 

C’est vrai qu’on peut fort bien vivre sans « tout ça », du super­flu dans ce monde à la dérive. On peut se pas­ser de culture, s’il ne s’agit que de sur­vivre. On peut ne tra­vailler qu’à engrais­ser son ego. Et vogue la galère ! À l’opposé, ce matin dans le poste, on fai­sait dire à Nie­meyer que « le seul sens de notre pas­sage sur terre, c’est la soli­da­ri­té ».

 

La culture comme atten­tion à l’autre. Le reste est lit­té­ra­ture.


Dix mots pour (mieux) entendre le jazz

Notable ini­tia­tive de Télérama.fr qui, dans son cha­pitre Musique, décor­tique quelques codes du jazz. Exemples à l’appui et illus­tra­tions sonores par des musi­ciens tout à fait « auto­ri­sés ». On y « voit » mieux dans ce qui peut appa­raître par­fois comme du cha­ra­bia d’initiés. Même esprit vul­ga­ri­sa­teur, au meilleur sens, que dans les « Leçons de jazz » d’Antoine Her­vé (ou les « Leçons de musique » de Jean-Fran­çois Zygel). On pour­rait ten­ter une même démarche avec la poli­tique, rayon « caco­pho­nie »…

Cli­quer sur l’image.

[Mer­ci Claude d’avoir débus­qué cette perle sur la toile.]


Antoine Hervé : « Le jazzman, c’est un griot et un danseur dans sa tête »

Antoine Hervé © H. Collon/Objectif Jazz

Antoine Her­vé © H. Collon/Objectif Jazz

Jazz et clas­sique, Antoine Her­vé est un des plus grands pia­nistes du moment. Mais il joue aus­si du « péda­gogue », cet ins­tru­ment pas si cou­rant, sinon rare, qui per­met le miracle entre un art – ou une science – et le public. Si vous vou­lez en lire davan­tage à pro­pos de sa Leçon de pia­no sur Bill Evans, pas­sez un moment avec lui dans l’interview qu’il m’a accor­dée pour Citi­zen Jazz. Cli­quer ici même.


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

  • Traduire :

  • Abonnez-vous !

    Saisissez votre @dresse pour vous abonner à « C’est pour dire » et recevoir un courriel à chaque nouvel article publié.

  • Twitter - Gazouiller

  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse pos­tale !)

    tcherno2-2-300x211

    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Rus­sel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • « C’est pour dire » de Gérard Pon­thieu, est mis à dis­po­si­tion selon les termes de la licence Crea­tive Com­mons : Attri­bu­tion - Pas d’Utilisation Com­mer­ciale - Pas de Modi­fi­ca­tion (3.0 France). Pho­tos, des­sins et docu­ments men­tion­nés sous copy­right © sont pro­té­gés comme tels.
    Licence Creative Commons

  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

  • Catégories d’articles

  • Salut cousin !

    Je doute donc je suis - gp

  • Calendrier

    juillet 2017
    lunmarmerjeuvensamdim
    « Juin  
     12
    3456789
    10111213141516
    17181920212223
    24252627282930
    31 
    Copyright © 1996-2017 C’est pour dire. Tous droits réservés – sauf selon la license Creative Commons.
    iDream theme by Templates Next | Turbiné par WordPress