On n'est pas des moutons

Mot-clé: pollution

Boues rouges en Méditerranée. Déjà Alain Bombard, en 1964 !

calanques-alteo-boues-rouges

Avant de se jeter dans la mer, la conduite a parcouru 50 km depuis l'usine Alteo de Gardanne.

Les opposants au rejet de boues rouges par l'usine Alteo de Gardanne dans le parc national des Calanques se rassemblent ce weekend à Cassis. Une histoire vieille de plus d'un demi-siècle ! Dès 1964, Alain Bombard dénonçait ce scandale lors d'un rassemblement d'opposants à Cassis. Deux ans après, il enfonçait le "clou" dans ce document de l'Ina où il s'en prenait aussi au mépris du principe de précaution. Cinquante deux ans après, moyennant quelques accomodements "cosmétiques", l'industriel Alteo continue à polluer gravement la Méditerranée. Avec la bénédiction du gouvernement et la résignation de la ministre de l'Environnement.

 

1964-boues-rouges-alain-bombard

1964. Alain Bombard à Cassis. [Ph. Le Gabian déchaîné]

calanques-alteo-boues-rouges

26 septembre, 500 opposants devant la préfecture à Marseille [Ph. Felizat]

• Une pétition a déjà recueilli près de 350 000 signatures. On peut la signer ici.


EPR, Bayer-Monsanto, Alteo, Sarko… N’en jetez plus !

Il y a des jours… Des jours où le ciel s’assombrit au plus noir : relance de l’EPR franco-chinois en Grande-Bretagne ;  mariage monstrueux de Bayer et de Monsanto – Monsieur Pesticide avec Madame OGM, bonjour la descendance ! Alteo et ses boues rouges en Méditerranée. Et en prime, le péril Sarko en hausse sondagière, sur les traces de Trump (il avait bien singé son ami Bush) et son négationnisme climatique…

L'affaire Alteo est loin d'être jouée !  L'usine de Gardanne est l'objet d'une mise en demeure de la préfecture des Bouches-du-Rhône, suite à un contrôle inopiné de l'Agence de l'eau. Celle-ci a en effet détecté des effluents hors normes dans les rejets actuels en mer. Un comité de suivi doit trancher ce 26 septembre.

Restons-en à la « Grande nouvelle ! », la «  nouvelle extraordinaire! ». Ils n’en peuvent plus, côté français, d’exulter : la dirigeante britannique, Theresa May, vient de valider « sous conditions » le projet d’EDF de construire deux réacteurs nucléaires EPR à Hinckley Point, dans le sud de la Grande-Bretagne. Reste, il est vrai, à connaître lesdites « conditions » de la « perfide Albion ». On verra plus tard. Ne boudons pas la joie « exultante », donc, du secrétaire d’État à l’industrie qui va jusqu’à évoquer « un nouveau départ » pour la filière nucléaire française ; Hollande n’est pas en reste, et même son de cloche, c’est le mot, du patron d’EDF qui joue là, cependant, l’avenir financier de sa boîte surendettée et accessoirement l’avenir de ses salariés.

Le sujet est claironné sur les télés et radios, sans grand discernement comme d’habitude, c'est-à-dire sans rappeler la question de fond du nucléaire, sous ses multiples aspects :

sa dangerosité extrême, éprouvée lors de deux catastrophes majeures (Tchernobyl et Fukushima)– et plusieurs autres accidents plus ou moins minorés (Threee Miles Island aux Etats-Unis, 1979), ou dissimulés (catastrophe du complexe nucléaire Maïak, une usine de retraitement de combustible en Union soviétique, 1957, l'un des plus graves accidents nucléaires jamais connus).

sa nocivité potentielle liée aux risques technologiques, sismiques, terroristes ; ainsi qu’à la question des déchets radioactifs sans solution acceptable ; sans oublier les risques sanitaires et écologiques liés à l’extraction de l’uranium et au traitement du combustible usagé (La Hague, entre autres) ;

son coût exorbitant, dès lors que sont pris en compte les coûts réels d’exploitation, des incidents et accidents, de la santé des populations, des économies locales ruinées (Ukraine, Biélorussie, préfecture de Fukushima-Daïchi) , du traitement des déchets, du démantèlement si complexe des centrales en fin d’exploitation ;

ses incertitudes technologiques spécifiques aux réacteurs EPR en construction problématique – Finlande, Flamanville et Chine –, toujours retardés, selon des budgets sans cesses réévalués.

Cocorico ! L’annonce est portée sur le ton triomphal, glorifiant l’ « excellence française » et les retombées promises avec des emplois par milliers ! Certes.

Mais les énergies renouvelables, ne devraient-elles pas créer aussi des milliers d’emplois – de la recherche à la production ? Selon des critères autrement écologiques et éthiques que ceux du nucléaire – rappelons en passant que l’extraction et le traitement initial de l’uranium (combustible fossile, limité lui aussi), sont très émetteurs de gaz à effet de serre (engins miniers gigantesques ; transport du minerai jusqu’aux usines lointaines, comme à Pierrelatte dans la Drôme.

Évidemment, la « question de l’emploi » demeure un élément déterminant ; au point de bloquer toute discussion réelle, c'est-à-dire de fond, honnête, qui évite le piège du « chantage à l’emploi ».

alteo-gardanne

L'usine Alteo de Gardanne (Bouches-du-Rhône) ©alteo

« L’écologie, c’est bien beau, mais ça ne donne pas du boulot ! » : paroles d’un anonyme de Gardanne interrogé par la télé sur l’affaire des boues rouges produites par l’usine Alteo 1. Argument bien compréhensible, qui oppose une nécessité immédiate à une autre, différée dans le temps et autrement essentielle, cependant : celle des déséquilibres biologiques qui menacent la vie marine et, par delà, humaine.

Cette semaine aussi, sur le même registre, on a vu les syndicalistes de Fessenheim manifester pour leur emploi menacé par la fermeture annoncée de la centrale nucléaire. Des cégétistes, en l’occurrence, vont ainsi jusqu’à dénoncer « une incohérence » dans la volonté politique de vouloir maintenir l’emploi chez Alstom à Belfort tout en « détruisant » ceux de Fessenheim. Ce propos passe totalement à la trappe l’enjeu écologique lié à une centrale nucléaire ayant dépassé la limite de sa durée de vie. On compare deux situations incomparables, de même qu’on oppose ainsi une logique locale « court-termiste » à des enjeux portant sur l’avenir de l’espèce humaine. On pointe là un gouffre d’incompréhension fondamentale opposant le temps d’une vie d’homme à celui de l’espèce humaine.

Concernant précisément l’affaire des boues rouges et des effluents toxiques rejetés dans la Méditerranée, il y aurait cependant une solution technique avérée présentée depuis plusieurs mois à Alteo. Mais la « logique » financière semble s’opposer à cette solution. L’élimination totale des déchets toxiques implique en effet un coût que les actionnaires du fond d’investissement étatsunien dont dépend Alteo refusent par principe – c'est-à-dire par intérêt ! Même opposition symétrique, là encore, entre intérêts individuels immédiats et intérêts relevant du bien commun et de la conscience écologique globale.

On se trouve précisément dans l’enjeu exprimé par le « penser global - agir local », selon la formule de Jacques Ellul 2, reprise et portée à son tour par René Dubos 3. C’est là une dualité de tensions, que recouvrent bien nos actuels errements de Terriens mal en point. En fait, on peut affirmer sans trop s’avancer que le « penser global » de la plupart de nos contemporains se limite à l’« agir local ». Autrement dit, de la pensée de lilliputiens ne voyant guère au-delà de leur bout de nez court-termiste. Et encore ! Car il n’y parfois pas de pensée du tout, une preuve :

 

goudes_2016

La non-conscience écologique, ou l'inconscience de l'homo "peu" sapiens menace l'humanité entière. [Ph. gp]

Un tel outrage à la beauté du monde (voir l’arrière plan : Marseille, plage des Goudes) me rend tristement pessimiste sur l’avenir de l’humanité. Ici, ce n’est pourtant qu’un forfait d’allure mineure, ordinaire – cependant à haute portée symbolique – aux côtés des agressions et des pollutions majeures : mers et océans à l’état de poubelles, agriculture chimique, élevages industriels, déforestation, désertification, surconsommation-surdéjections, atmosphère saturée par les gaz à effet de serre ; dérèglement climatique, fonte des glaces et montée des eaux… Un désastre amplement amorcé – sans même parler des folies guerrières et terroristes. Et j’en passe.

Ainsi à Gardanne, ville doublement rouge : rougie par les poussières d’alumine qui la recouvre, et rougie par quarante ans de municipalité communiste et à ce titre asservie à la croissance et à son industrie, fût-elle dévastatrice de l’environnement naturel et de la santé humaine. Il en va de même ici comme à Fessenheim et pour toute l’industrie nucléaire, soutenue depuis toujours par les communistes et la CGT, tout autant que par les socialistes et toute la classe politique et syndicaliste, à l’exception des écologistes, bien entendu, et d’EELV en particulier.

Notes:

  1. L'ancienne usine Pechiney de Gardanne, créée en 1893, appartient depuis 2012 au fonds d'investissement H.I.G Capital basé à Miami. Alteo se présente comme le « premier producteur mondial d’alumines de spécialité ». Alteo Gardanne emploie 400 salariés et 250 sous-traitants
  2. Professeur d'histoire du droit, sociologue, théologien protestant, 1912-1994. Penseur du système technicien, ses idées sont notamment développées en France par l’association Technologos
  3. Agronome, biologiste, 1901-1982 Auteur de nombreux ouvrages, dont Courtisons la terre (1980) et Les Célébrations de la vie (1982)

Boues rouges dans les calanques de Marseille : Royal rejette la responsabilité sur Valls

Les monticules de boues rouges rejetées par l'usine d'alumine Alteo de Gardanne, qui recouvrent les fonds marins du Parc national des calanques (Bouches-du-Rhône), inquiètent les spécialistes, mais aussi les défenseurs de l’environnement.

boues-rouges-calanques-marseille

Les déchets liés à la fabrication de l'alumine sont rejetés en mer par un tuyau long de 50 km. Des millions de tonnes de "boues rouges" contenant métaux lourds, éléments radioactifs et arsenic sont accumulés au fond de la Méditerranée, dans le Parc national des Calanques. [Thalassa-F3]

La ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, interrogée sur le rejet de ces déchets en mer, a imputé à son Premier ministre l'absence de lutte contre ce fléau : elle assure avoir voulu les interdire, mais que "Manuel Valls a décidé le contraire". "C'est inadmissible", assène la ministre devant la caméra de "Thalassa", diffusé vendredi 2 septembre sur France 3.

Un permis de polluer pour six ans

Le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur a autorisé en décembre la société Alteo à poursuivre l’exploitation de ses usines sur le site de Gardanne et à rejeter en mer, pendant six ans, les effluents aqueux résultant de la production d’alumine. La décision avait pourtant été aussitôt dénoncée par Ségolène Royal, rappelle Le Monde.

La décision d'interdire ces déchets incombe au chef du gouvernement, affirme Ségolène Royal : "[Manuel Valls] a pris cette décision. Il a donné l'ordre au préfet, donc le préfet a donné l'autorisation. Je ne peux pas donner un contre-ordre", ajoute-t-elle.

[Source : Franceinfo, 30/8/16]



Trafic aérien et pollution. On n’y voit que du bleu

pollution-atmosphère-avions-autos

Pol­lu­tion à tous les éta­ges [dr]

Pour mon­trer la den­si­té du tra­fic aérien – et donc de la pol­lu­tion –, un jour d’été au-des­sus de l’Europe, les réa­li­sa­teurs de cet­te vidéo ont uti­li­sé des infor­ma­tions sur les vols com­mer­ciaux. Ils ont ain­si « com­pri­mé » en deux minu­tes vingt-qua­tre heu­res de tra­fic. Cer­tains pour­ront s’extasier devant l” « exploit tech­no­lo­gi­que » en le mon­trant tel quel – ce que fait lemonde.fr – com­me un spec­ta­cle dis­trayant, « haut en cou­leur » et sur fond d’insouciante musi­quet­te. Il n’est pas ano­din que le bleu ait été rete­nu pour visua­li­ser  le flux des avions  et, par delà, l’agitation fré­né­ti­que du mon­de et de ses habi­tants. Repei­gnons tout cela en noir, de la cou­leur des éma­na­tions gazeu­ses char­gées de par­ti­cu­les et notre vision, plus réa­lis­te, sera aus­si plus pro­che de l’état éco­lo­gi­que de le notre Ter­re.


Louisiane. Le pétrole touche terre

L’envoyé spécial en Louisiane du quotidien breton Le Télégramme l’atteste : le pétrole a bien touché l'embouchure du Mississippi.  Plages, rochers et marécages sont souillés et la nappe, témoigne Pascal Bodéré, atteint parfois jusqu’à un mètre d’épaisseur.

"C'est dégueulasse". [Ph. P. Bodéré, Le Télégramme

Embarqué sur un pneumatique  de Greenpeace, le journaliste breton raconte le « jeu » du chat et de la souris que se mènent militants écologistes et garde-côtes états-uniens.  «Regardez-moi ça, c'est dégueulasse, partout!» déplore Paul Horsman, de Greenpeace. Sur les 300 mètres de rocaille, en effet, des spots et des plaques de pétrole brunissent les Jetties. […] Horsman descend, enfile ses gants et chausse ses bottes. Il glisse ses bras entre les rochers et en ressort à pleines mains un chewing-gum brun dégoulinant. «Regardez-moi ça. Ceci est la preuve que la nappe de pétrole est là. Invisible jusqu'à aujourd'hui, elle se montre enfin. Cette pollution de ces quelques centaines de mètres du littoral de Louisiane que l'on découvre là, annonce malheureusement les milliers de litres à venir».

[…] « La veille, poursuit Pascal Bodéré, la Louisiane montrait un visage effrayant. Ciel noir, déluge de pluie, vents à 120 km/h, le tout agrémenté d'énormes éclairs se crashant littéralement au sol... […] «La mer a remué. La nappe avance. »


Éco-meurtre dans le Golfe du Mexique. BP noie la marée noire dans la com’ !

Les appren­tis sor­ciers de la Bri­si­th Petro­leum patau­gent dans la gadoue péro­liè­re dans laquel­le ils sont aus­si en train de plon­ger l’océan et tout un éco­sys­tè­me. Il est à crain­dre qu’on n’ait enco­re pas mesu­ré tou­te l’ampleur de cet­te catas­tro­phe – la plus épou­van­ta­ble du gen­re. A défaut de pou­voir arrê­ter l’hémorragie de brut, ni même de savoir com­ment s’y pren­dre, BP se lan­ce dans la… com­mu­ni­ca­tion.

L’océan tout en noir, et en deuil de solu­tions.

Le grou­pe pétro­lier a ouvert un site Inter­net pour déployer le rideau de fumée sur la nap­pe noi­re qui s’étend à cha­que secon­de. Pro­chai­ne éta­pe à Lour­des avec allu­ma­ge mas­sif de cier­ges – vu que le pape, hier à Fati­ma, n’a eu rien à secouer de cet­te attein­te à la sain­te Ter­re, même pas un bout de début d’homélie.

Donc, sur ce site dédié à la catas­tro­phe, on peut ain­si sui­vre les opé­ra­tions en cours, ou du moins les ten­ta­ti­ves; mais aus­si sug­gé­rer des « solu­tions alter­na­ti­ves ». C’est dire à quel point les piteux tech­ni­ciens se trou­vent dans la débi­ne ! Ils ten­dent leurs sébi­les à idées ! dans l’espoir de ravi­go­ter l’imagination en ber­ne des ingé­nieurs pétro­liers. Par­mi les « solu­tions » envi­sa­gées, l’injection sous très hau­te pres­sion de cochon­ne­ries gen­re débris mul­ti­ples, mor­ceaux de pneus, bal­les de gol. C’est ce qu’a avan­cé, sans rire, l’amiral Thad Allen, char­gé de coor­don­ner les opé­ra­tions.

La pro­chai­ne « clo­che » pour ten­ter de rédui­re la fui­te. On bri­co­le com­me on peut…

Il y a aus­si ça, qui n’est pas une bla­gue : l’association « Mat­ter of trust » récu­pè­re des… che­veux sur tout le conti­nent pour en rem­plir des bas afin d’en fai­re des épon­ges à pétro­le… Aus­si effi­ca­ce que des bar­ra­ges à grilla­ge à pou­les ou en végé­taux, fau­te de bar­ra­ges plus effi­ca­ces, inexis­tants… Autant vider la mer avec une cuiller à café. A pro­pos, ame­nez-nous aus­si le des­sert en même temps. Quant à l’addition, ce sera pour BP. Enfin, on aime­rait bien. Et si en gui­se de pour­boi­re, on leur fai­sait ava­ler leur incon­sé­quen­ce avec un vrai boy­cott ? com­me cela avait été amor­cé envers Total lors du nau­fra­ge de l’Erika…

Mora­le de ce nou­vel épi­so­de éco-meur­trier : l’Homme est bien le plus néfas­te des ani­maux du glo­be.

»> Voir aus­si ci des­sous Loui­sia­ne, gol­fe du Mexi­que. La marée noi­re du fric, pol­lu­tion majeu­re


Louisiane, golfe du Mexique. La marée noire du fric, pollution majeure

Ah ! cet­te ter­ri­ble pro­pen­sion des médias à digé­rer-éva­cuer les évé­ne­ments, à les neu­tra­li­ser au fur et à mesu­re que l’un chas­se l’autre. On ne le dira jamais assez. C’en est ain­si de cet­te sor­te de « loi » de l’info-jetable, à l’image de nos temps à la va-vite. Donc, en ce diman­che 2 mai, je consta­te que la marée noi­re du Gol­fe du Mexi­que se trou­ve déjà pha­go­cy­tée par la marée javel­li­san­te de l’ « actu »: accord UE-FMI sur la Grè­ce (ouf ! il y va de la finan­ce inter­na­tio­na­le – voir l’intéressante inter­view de Jean Zie­gler sur la ques­tion dans L’Humanité) ; bom­be désa­mor­cée à New-York (ouf ! on res­pi­re dans l’empire US et donc dans le mon­de…) ; PSG sacré roi du foot hexa­go­nal (ouf ! « on » a eu chaud…) ; et cæte­ra.

Ain­si, l’actuelle catas­tro­phe majeu­re, ce trou béant qui fait sai­gner le flanc de la pla­nè­te, cet­te puru­len­ce qui s’en échap­pe et infec­te le corps ter­res­tre, aurait déjà atteint le sta­de de la diges­tion par le grê­le intes­tin de l’info-spectaculaire. Puisqu’il faut bien que le mon­de conti­nue à tour­ner tant bien que mal. Il le faut ! Impé­ra­tif abso­lu, et qu’importe le sens de la rota­tion… Le sens, quel sens ? Prio­ri­té au diver­tis­se­ment, cet­te pou­dre à mas­quer l’essentiel. Pla­ce au futi­le, au léger, au secon­dai­re, à l’insignifiant !

Peti­tes îles madré­po­ri­ques peu­plées de man­gro­ves de palé­tu­viers, les îles Mou­cha et Mas­ca­li se trou­vent à une heu­re de bou­tre de Dji­bou­ti. © g.ponthieu

Infer­na­le, la machi­ne à broyer l’ « info » – cet­te écu­me sans len­de­main – tour­ne sans relâ­che. Pour­vu qu’on y pour­voie…, dès lors qu’à plei­nes pel­le­tées on gave sa chau­diè­re avi­de du dra­me humain mis en spec­ta­cle. Demain est un autre jour, un nou­vel épi­so­de du grand feuille­ton de la comé­die humai­ne. Atten­dons donc, com­me une sui­te annon­cée, les pro­chai­nes ima­ges du dra­me en mar­che : pol­lu­tion des marais à man­gro­ves des côtes du gol­fe du Mexi­que, des­truc­tion de la flo­re et de la fau­ne, mort des éco­sys­tè­mes. Ça nous lais­se un bon gise­ment de « bel­les ima­ges », une bon­ne nap­pe déri­van­te d’indignations pas chè­res. Puis, tout ren­tre­ra « dans l’ordre », autre­ment dit dans le chaos ordi­nai­re qu’on appel­le la mar­che du mon­de.

Forêt lit­to­ra­le, inter­fa­ce entre la mer et le domai­ne ter­res­tre. © g.ponthieu

A quoi, bien modes­te­ment, j’oppose mes autres bel­les ima­ges, sans guille­mets tou­te­fois, pri­ses en 2006 dans la man­gro­ve de l’île Mou­cha, au lar­ge de Dji­bou­ti. Nous som­mes à l’entrée de la mer Rou­ge, ce cor­ri­dor qui voit défi­ler une arma­da inces­san­te de pétro­liers. Zone de conflits, de pira­ta­ge, de grands dan­gers liés à la folie des humains. Les côtes de la mer Rou­ge abri­tent aus­si une for­te den­si­té de man­gro­ves, donc un vivier végé­tal et ani­mal sem­bla­ble à celui de la Loui­sia­ne, un acquis construit au fil des temps immé­mo­riaux – des mil­liers de siè­cles.

Les palé­tu­viers per­chés sur leurs raci­nes-échas­ses. ©g.ponthieu

Voi­ci donc mes pho­tos pour égayer la noir­ceur… Et en plus, ornées d’une coquet­te­rie : En avril 2008, le pré­si­dent de Dji­bou­ti – Omar Guel­leh, poten­tat bien gan­gre­né – a annon­cé le pro­jet de louer l’île à des inves­tis­seurs chi­nois qui pré­voient d’y construi­re un hôtel de luxe et un casi­no… La marée noi­re du fric, la plus dévas­ta­tri­ce.

Les man­gro­ves consti­tuent les éco­sys­tè­mes les plus pro­duc­tifs en bio­mas­se de notre pla­nè­te. © g.ponthieu


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­pren­dre que les cho­ses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fi­que, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croi­re les cho­ses par­ce qu’on veut qu’elles soient, et non par­ce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

  • Traduire :

  • Abonnez-vous !

    Saisissez votre @dresse pour vous abonner à « C’est pour dire » et recevoir un courriel à chaque nouvel article publié.

  • Twitter - Gazouiller

  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lip­pe Casal, 2004 - Cen­tre natio­nal des arts plas­ti­ques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­fes­te.
    (Clau­de Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­ti­que), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la gra­ce de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquet­te cou­leur et boî­tier rigi­de ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Com­me un nua­ge, album pho­tos et tex­te mar­quant le 30e anni­ver­sai­re de la catas­tro­phe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant clo­se (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en ven­te au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adres­se pos­ta­le !)

    tcherno2-2-300x211

    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tira­ge soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, pri­ses en Pro­ven­ce et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­ti­que sur le thè­me d’« après le nua­ge ». Cet­te créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thè­me du nucléai­re », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de tou­tes nos croyan­ces. (Ber­trand Rus­sel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • « C’est pour dire » de Gérard Pon­thieu, est mis à dis­po­si­tion selon les ter­mes de la licen­ce Crea­ti­ve Com­mons : Attri­bu­tion - Pas d’Utilisation Com­mer­cia­le - Pas de Modi­fi­ca­tion (3.0 Fran­ce). Pho­tos, des­sins et docu­ments men­tion­nés sous copy­right © sont pro­té­gés com­me tels.
    Licence Creative Commons

  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le mon­de chan­ge »

  • Catégories d’articles

  • Salut cousin !

    Je dou­te donc je suis - gp

  • Calendrier

    avril 2017
    lunmarmerjeuvensamdim
    « Mar  
     12
    3456789
    10111213141516
    17181920212223
    24252627282930
    Copyright © 1996-2017 C’est pour dire. Tous droits réservés – sauf selon la license Creative Commons.
    iDream theme by Templates Next | Turbiné par WordPress