On n'est pas des moutons

Mot-clé: pollution

Boues rouges en Méditerranée. Déjà Alain Bombard, en 1964 !

calanques-alteo-boues-rouges

Avant de se jeter dans la mer, la con­duite a par­cou­ru 50 km depuis l’usine Alteo de Gar­danne.

Les opposants au rejet de boues rouges par l’usine Alteo de Gar­danne dans le parc nation­al des Calan­ques se rassem­blent ce week­end à Cas­sis. Une his­toire vieille de plus d’un demi-siè­cle ! Dès 1964, Alain Bom­bard dénonçait ce scan­dale lors d’un rassem­ble­ment d’opposants à Cas­sis. Deux ans après, il enfonçait le “clou” dans ce doc­u­ment de l’Ina où il s’en pre­nait aus­si au mépris du principe de pré­cau­tion. Cinquante deux ans après, moyen­nant quelques acco­mode­ments “cos­mé­tiques”, l’industriel Alteo con­tin­ue à pol­luer grave­ment la Méditer­ranée. Avec la béné­dic­tion du gou­verne­ment et la résig­na­tion de la min­istre de l’Environnement.

 

1964-boues-rouges-alain-bombard

1964. Alain Bom­bard à Cas­sis. [Ph. Le Gabi­an déchaîné]

calanques-alteo-boues-rouges

26 sep­tem­bre, 500 opposants devant la pré­fec­ture à Mar­seille [Ph. Felizat]

• Une pétition a déjà recueilli près de 350 000 signatures. On peut la signer ici.


EPR, Bayer-Monsanto, Alteo, Sarko… N’en jetez plus !

Il y a des jours… Des jours où le ciel s’assombrit au plus noir : relance de l’EPR fran­co-chi­nois en Grande-Bre­tagne ;  mariage mon­strueux de Bay­er et de Mon­san­to – Mon­sieur Pes­ti­cide avec Madame OGM, bon­jour la descen­dance ! Alteo et ses boues rouges en Méditer­ranée. Et en prime, le péril Sarko en hausse sondag­ière, sur les traces de Trump (il avait bien singé son ami Bush) et son néga­tion­nisme cli­ma­tique…

L’affaire Alteo est loin d’être jouée !  L’usine de Gar­danne est l’objet d’une mise en demeure de la pré­fec­ture des Bouch­es-du-Rhône, suite à un con­trôle inopiné de l’Agence de l’eau. Celle-ci a en effet détec­té des efflu­ents hors normes dans les rejets actuels en mer. Un comité de suivi doit tranch­er ce 26 sep­tem­bre.

Restons-en à la « Grande nou­velle ! », la «  nou­velle extra­or­di­naire! ». Ils n’en peu­vent plus, côté français, d’exulter : la dirigeante bri­tan­nique, There­sa May, vient de valid­er « sous con­di­tions » le pro­jet d’EDF de con­stru­ire deux réac­teurs nucléaires EPR à Hinck­ley Point, dans le sud de la Grande-Bre­tagne. Reste, il est vrai, à con­naître les­dites « con­di­tions » de la « per­fide Albion ». On ver­ra plus tard. Ne boudons pas la joie « exul­tante », donc, du secré­taire d’État à l’industrie qui va jusqu’à évo­quer « un nou­veau départ » pour la fil­ière nucléaire française ; Hol­lande n’est pas en reste, et même son de cloche, c’est le mot, du patron d’EDF qui joue là, cepen­dant, l’avenir financier de sa boîte suren­det­tée et acces­soire­ment l’avenir de ses salariés.

Le sujet est clairon­né sur les télés et radios, sans grand dis­cerne­ment comme d’habitude, c’est-à-dire sans rap­pel­er la ques­tion de fond du nucléaire, sous ses mul­ti­ples aspects :

sa dan­gerosité extrême, éprou­vée lors de deux cat­a­stro­phes majeures (Tch­er­nobyl et Fukushi­ma)– et plusieurs autres acci­dents plus ou moins minorés (Threee Miles Island aux Etats-Unis, 1979), ou dis­simulés (cat­a­stro­phe du com­plexe nucléaire Maïak, une usine de retraite­ment de com­bustible en Union sovié­tique, 1957, l’un des plus graves acci­dents nucléaires jamais con­nus).

sa nociv­ité poten­tielle liée aux risques tech­nologiques, sis­miques, ter­ror­istes ; ain­si qu’à la ques­tion des déchets radioac­t­ifs sans solu­tion accept­able ; sans oubli­er les risques san­i­taires et écologiques liés à l’extraction de l’uranium et au traite­ment du com­bustible usagé (La Hague, entre autres) ;

son coût exor­bi­tant, dès lors que sont pris en compte les coûts réels d’exploitation, des inci­dents et acci­dents, de la san­té des pop­u­la­tions, des économies locales ruinées (Ukraine, Biélorussie, pré­fec­ture de Fukushi­ma-Daïchi) , du traite­ment des déchets, du déman­tèle­ment si com­plexe des cen­trales en fin d’exploitation ;

ses incer­ti­tudes tech­nologiques spé­ci­fiques aux réac­teurs EPR en con­struc­tion prob­lé­ma­tique – Fin­lande, Fla­manville et Chine –, tou­jours retardés, selon des bud­gets sans cess­es réé­val­ués.

Cocori­co ! L’annonce est portée sur le ton tri­om­phal, glo­ri­fi­ant l’ « excel­lence française » et les retombées promis­es avec des emplois par mil­liers ! Certes.

Mais les éner­gies renou­ve­lables, ne devraient-elles pas créer aus­si des mil­liers d’emplois – de la recherche à la pro­duc­tion ? Selon des critères autrement écologiques et éthiques que ceux du nucléaire – rap­pelons en pas­sant que l’extraction et le traite­ment ini­tial de l’uranium (com­bustible fos­sile, lim­ité lui aus­si), sont très émet­teurs de gaz à effet de serre (engins miniers gigan­tesques ; trans­port du min­erai jusqu’aux usines loin­taines, comme à Pier­re­lat­te dans la Drôme.

Évidem­ment, la « ques­tion de l’emploi » demeure un élé­ment déter­mi­nant ; au point de blo­quer toute dis­cus­sion réelle, c’est-à-dire de fond, hon­nête, qui évite le piège du « chan­tage à l’emploi ».

alteo-gardanne

L’usine Alteo de Gar­danne (Bouch­es-du-Rhône) ©alteo

« L’écologie, c’est bien beau, mais ça ne donne pas du boulot ! » : paroles d’un anonyme de Gar­danne inter­rogé par la télé sur l’affaire des boues rouges pro­duites par l’usine Alteo 1. Argu­ment bien com­préhen­si­ble, qui oppose une néces­sité immé­di­ate à une autre, dif­férée dans le temps et autrement essen­tielle, cepen­dant : celle des déséquili­bres biologiques qui men­a­cent la vie marine et, par delà, humaine.

Cette semaine aus­si, sur le même reg­istre, on a vu les syn­di­cal­istes de Fes­sen­heim man­i­fester pour leur emploi men­acé par la fer­me­ture annon­cée de la cen­trale nucléaire. Des cégétistes, en l’occurrence, vont ain­si jusqu’à dénon­cer « une inco­hérence » dans la volon­té poli­tique de vouloir main­tenir l’emploi chez Alstom à Belfort tout en « détru­isant » ceux de Fes­sen­heim. Ce pro­pos passe totale­ment à la trappe l’enjeu écologique lié à une cen­trale nucléaire ayant dépassé la lim­ite de sa durée de vie. On com­pare deux sit­u­a­tions incom­pa­ra­bles, de même qu’on oppose ain­si une logique locale « court-ter­miste » à des enjeux por­tant sur l’avenir de l’espèce humaine. On pointe là un gouf­fre d’incompréhension fon­da­men­tale opposant le temps d’une vie d’homme à celui de l’espèce humaine.

Con­cer­nant pré­cisé­ment l’affaire des boues rouges et des efflu­ents tox­iques rejetés dans la Méditer­ranée, il y aurait cepen­dant une solu­tion tech­nique avérée présen­tée depuis plusieurs mois à Alteo. Mais la « logique » finan­cière sem­ble s’opposer à cette solu­tion. L’élimination totale des déchets tox­iques implique en effet un coût que les action­naires du fond d’investissement état­sunien dont dépend Alteo refusent par principe – c’est-à-dire par intérêt ! Même oppo­si­tion symétrique, là encore, entre intérêts indi­vidu­els immé­di­ats et intérêts rel­e­vant du bien com­mun et de la con­science écologique glob­ale.

On se trou­ve pré­cisé­ment dans l’enjeu exprimé par le « penser glob­al — agir local », selon la for­mule de Jacques Ellul 2, reprise et portée à son tour par René Dubos 3. C’est là une dual­ité de ten­sions, que recou­vrent bien nos actuels erre­ments de Ter­riens mal en point. En fait, on peut affirmer sans trop s’avancer que le « penser glob­al » de la plu­part de nos con­tem­po­rains se lim­ite à l’« agir local ». Autrement dit, de la pen­sée de lil­lipu­tiens ne voy­ant guère au-delà de leur bout de nez court-ter­miste. Et encore ! Car il n’y par­fois pas de pen­sée du tout, une preuve :

 

goudes_2016

La non-con­science écologique, ou l’inconscience de l’homo “peu” sapi­ens men­ace l’humanité entière. [Ph. gp]

Un tel out­rage à la beauté du monde (voir l’arrière plan : Mar­seille, plage des Goudes) me rend tris­te­ment pes­simiste sur l’avenir de l’humanité. Ici, ce n’est pour­tant qu’un for­fait d’allure mineure, ordi­naire – cepen­dant à haute portée sym­bol­ique – aux côtés des agres­sions et des pol­lu­tions majeures : mers et océans à l’état de poubelles, agri­cul­ture chim­ique, éle­vages indus­triels, déforesta­tion, déser­ti­fi­ca­tion, sur­con­som­ma­tion-sur­dé­jec­tions, atmo­sphère sat­urée par les gaz à effet de serre ; dérè­gle­ment cli­ma­tique, fonte des glaces et mon­tée des eaux… Un désas­tre ample­ment amor­cé – sans même par­ler des folies guer­rières et ter­ror­istes. Et j’en passe.

Ain­si à Gar­danne, ville dou­ble­ment rouge : rougie par les pous­sières d’alumine qui la recou­vre, et rougie par quar­ante ans de munic­i­pal­ité com­mu­niste et à ce titre asservie à la crois­sance et à son indus­trie, fût-elle dévas­ta­trice de l’environnement naturel et de la san­té humaine. Il en va de même ici comme à Fes­sen­heim et pour toute l’industrie nucléaire, soutenue depuis tou­jours par les com­mu­nistes et la CGT, tout autant que par les social­istes et toute la classe poli­tique et syn­di­cal­iste, à l’exception des écol­o­gistes, bien enten­du, et d’EELV en par­ti­c­uli­er.

Notes:

  1. L’ancienne usine Pechiney de Gar­danne, créée en 1893, appar­tient depuis 2012 au fonds d’investissement H.I.G Cap­i­tal basé à Mia­mi. Alteo se présente comme le « pre­mier pro­duc­teur mon­di­al d’alumines de spé­cial­ité ». Alteo Gar­danne emploie 400 salariés et 250 sous-trai­tants
  2. Pro­fesseur d’histoire du droit, soci­o­logue, théolo­gien protes­tant, 1912–1994. Penseur du sys­tème tech­ni­cien, ses idées sont notam­ment dévelop­pées en France par l’association Tech­nol­o­gos
  3. Agronome, biol­o­giste, 1901–1982 Auteur de nom­breux ouvrages, dont Cour­ti­sons la terre (1980) et Les Célébra­tions de la vie (1982)

Boues rouges dans les calanques de Marseille : Royal rejette la responsabilité sur Valls

Les mon­tic­ules de boues rouges rejetées par l’usine d’alumine Alteo de Gar­danne, qui recou­vrent les fonds marins du Parc nation­al des calan­ques (Bouch­es-du-Rhône), inquiè­tent les spé­cial­istes, mais aus­si les défenseurs de l’environnement.

boues-rouges-calanques-marseille

Les déchets liés à la fab­ri­ca­tion de l’alumine sont rejetés en mer par un tuyau long de 50 km. Des mil­lions de tonnes de “boues rouges” con­tenant métaux lourds, élé­ments radioac­t­ifs et arsenic sont accu­mulés au fond de la Méditer­ranée, dans le Parc nation­al des Calan­ques. [Tha­las­sa-F3]

La min­istre de l’Environnement, Ségolène Roy­al, inter­rogée sur le rejet de ces déchets en mer, a imputé à son Pre­mier min­istre l’absence de lutte con­tre ce fléau : elle assure avoir voulu les inter­dire, mais que “Manuel Valls a décidé le con­traire”. “C’est inad­mis­si­ble”, assène la min­istre devant la caméra de “Tha­las­sa”, dif­fusé ven­dre­di 2 sep­tem­bre sur France 3.

Un permis de polluer pour six ans

Le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur a autorisé en décem­bre la société Alteo à pour­suiv­re l’exploitation de ses usines sur le site de Gar­danne et à rejeter en mer, pen­dant six ans, les efflu­ents aque­ux résul­tant de la pro­duc­tion d’alumine. La déci­sion avait pour­tant été aus­sitôt dénon­cée par Ségolène Roy­al, rap­pelle Le Monde.

La déci­sion d’interdire ces déchets incombe au chef du gou­verne­ment, affirme Ségolène Roy­al : [Manuel Valls] a pris cette déci­sion. Il a don­né l’ordre au préfet, donc le préfet a don­né l’autorisation. Je ne peux pas don­ner un con­tre-ordre”, ajoute-t-elle.

[Source : Fran­ce­in­fo, 30/8/16]



Trafic aérien et pollution. On n’y voit que du bleu

pollution-atmosphère-avions-autos

Pol­lu­tion à tous les étages [dr]

Pour mon­tr­er la den­sité du traf­ic aérien – et donc de la pol­lu­tion –, un jour d’été au-dessus de l’Europe, les réal­isa­teurs de cette vidéo ont util­isé des infor­ma­tions sur les vols com­mer­ci­aux. Ils ont ain­si “com­primé” en deux min­utes vingt-qua­tre heures de traf­ic. Cer­tains pour­ront s’extasier devant l’ “exploit tech­nologique” en le mon­trant tel quel – ce que fait lemonde.fr – comme un spec­ta­cle distrayant, “haut en couleur” et sur fond d’insouciante musi­quette. Il n’est pas anodin que le bleu ait été retenu pour visu­alis­er  le flux des avions  et, par delà, l’agitation fréné­tique du monde et de ses habi­tants. Repeignons tout cela en noir, de la couleur des éma­na­tions gazeuses chargées de par­tic­ules et notre vision, plus réal­iste, sera aus­si plus proche de l’état écologique de le notre Terre.


Louisiane. Le pétrole touche terre

L’envoyé spé­cial en Louisiane du quo­ti­di­en bre­ton Le Télé­gramme l’atteste : le pét­role a bien touché l’embouchure du Mis­sis­sip­pi.  Plages, rochers et marécages sont souil­lés et la nappe, témoigne Pas­cal Bodéré, atteint par­fois jusqu’à un mètre d’épaisseur.

C’est dégueu­lasse”. [Ph. P. Bodéré, Le Télé­gramme

Embar­qué sur un pneu­ma­tique  de Green­peace, le jour­nal­iste bre­ton racon­te le « jeu » du chat et de la souris que se mènent mil­i­tants écol­o­gistes et garde-côtes états-uniens.  «Regardez-moi ça, c’est dégueu­lasse, partout!» déplore Paul Hors­man, de Green­peace. Sur les 300 mètres de rocaille, en effet, des spots et des plaques de pét­role brunis­sent les Jet­ties. […] Hors­man descend, enfile ses gants et chausse ses bottes. Il glisse ses bras entre les rochers et en ressort à pleines mains un chew­ing-gum brun dégouli­nant. «Regardez-moi ça. Ceci est la preuve que la nappe de pét­role est là. Invis­i­ble jusqu’à aujourd’hui, elle se mon­tre enfin. Cette pol­lu­tion de ces quelques cen­taines de mètres du lit­toral de Louisiane que l’on décou­vre là, annonce mal­heureuse­ment les mil­liers de litres à venir».

[…] « La veille, pour­suit Pas­cal Bodéré, la Louisiane mon­trait un vis­age effrayant. Ciel noir, déluge de pluie, vents à 120 km/h, le tout agré­men­té d’énormes éclairs se crashant lit­térale­ment au sol… […] «La mer a remué. La nappe avance. »


Éco-meurtre dans le Golfe du Mexique. BP noie la marée noire dans la com’ !

Les appren­tis sor­ciers de la Brisith Petro­le­um patau­gent dans la gadoue pérolière dans laque­lle ils sont aus­si en train de plonger l’océan et tout un écosys­tème. Il est à crain­dre qu’on n’ait encore pas mesuré toute l’ampleur de cette cat­a­stro­phe – la plus épou­vantable du genre. A défaut de pou­voir arrêter l’hémorragie de brut, ni même de savoir com­ment s’y pren­dre, BP se lance dans la… com­mu­ni­ca­tion.

L’océan tout en noir, et en deuil de solu­tions.

Le groupe pétroli­er a ouvert un site Inter­net pour déploy­er le rideau de fumée sur la nappe noire qui s’étend à chaque sec­onde. Prochaine étape à Lour­des avec allumage mas­sif de cierges – vu que le pape, hier à Fati­ma, n’a eu rien à sec­ouer de cette atteinte à la sainte Terre, même pas un bout de début d’homélie.

Donc, sur ce site dédié à la cat­a­stro­phe, on peut ain­si suiv­re les opéra­tions en cours, ou du moins les ten­ta­tives; mais aus­si sug­gér­er des “solu­tions alter­na­tives”. C’est dire à quel point les piteux tech­ni­ciens se trou­vent dans la débine ! Ils ten­dent leurs sébiles à idées ! dans l’espoir de rav­ig­ot­er l’imagination en berne des ingénieurs pétroliers. Par­mi les « solu­tions » envis­agées, l’injection sous très haute pres­sion de cochon­ner­ies genre débris mul­ti­ples, morceaux de pneus, balles de gol. C’est ce qu’a avancé, sans rire, l’amiral Thad Allen, chargé de coor­don­ner les opéra­tions.

La prochaine “cloche” pour ten­ter de réduire la fuite. On bricole comme on peut…

Il y a aus­si ça, qui n’est pas une blague : l’association « Mat­ter of trust » récupère des… cheveux sur tout le con­ti­nent pour en rem­plir des bas afin d’en faire des éponges à pét­role… Aus­si effi­cace que des bar­rages à gril­lage à poules ou en végé­taux, faute de bar­rages plus effi­caces, inex­is­tants… Autant vider la mer avec une cuiller à café. A pro­pos, amenez-nous aus­si le dessert en même temps. Quant à l’addition, ce sera pour BP. Enfin, on aimerait bien. Et si en guise de pour­boire, on leur fai­sait avaler leur incon­séquence avec un vrai boy­cott ? comme cela avait été amor­cé envers Total lors du naufrage de l’Erika…

Morale de ce nou­v­el épisode éco-meur­tri­er : l’Homme est bien le plus néfaste des ani­maux du globe.

»> Voir aus­si ci dessous Louisiane, golfe du Mex­ique. La marée noire du fric, pol­lu­tion majeure


Louisiane, golfe du Mexique. La marée noire du fric, pollution majeure

Ah ! cette ter­ri­ble propen­sion des médias à digér­er-évac­uer les événe­ments, à les neu­tralis­er au fur et à mesure que l’un chas­se l’autre. On ne le dira jamais assez. C’en est ain­si de cette sorte de « loi » de l’info-jetable, à l’image de nos temps à la va-vite. Donc, en ce dimanche 2 mai, je con­state que la marée noire du Golfe du Mex­ique se trou­ve déjà phago­cytée par la marée javel­lisante de l’ « actu »: accord UE-FMI sur la Grèce (ouf ! il y va de la finance inter­na­tionale – voir l’intéressante inter­view de Jean Ziegler sur la ques­tion dans L’Humanité) ; bombe désamor­cée à New-York (ouf ! on respire dans l’empire US et donc dans le monde…) ; PSG sacré roi du foot hexag­o­nal (ouf ! « on » a eu chaud…) ; et cætera.

Ain­si, l’actuelle cat­a­stro­phe majeure, ce trou béant qui fait saign­er le flanc de la planète, cette puru­lence qui s’en échappe et infecte le corps ter­restre, aurait déjà atteint le stade de la diges­tion par le grêle intestin de l’info-spectaculaire. Puisqu’il faut bien que le monde con­tin­ue à tourn­er tant bien que mal. Il le faut ! Impératif absolu, et qu’importe le sens de la rota­tion… Le sens, quel sens ? Pri­or­ité au diver­tisse­ment, cette poudre à mas­quer l’essentiel. Place au futile, au léger, au sec­ondaire, à l’insignifiant !

Petites îles madré­poriques peu­plées de man­groves de palé­tu­viers, les îles Moucha et Mas­cali se trou­vent à une heure de boutre de Dji­bouti. © g.ponthieu

Infer­nale, la machine à broy­er l’ « info » – cette écume sans lende­main – tourne sans relâche. Pourvu qu’on y pour­voie…, dès lors qu’à pleines pel­letées on gave sa chaudière avide du drame humain mis en spec­ta­cle. Demain est un autre jour, un nou­v­el épisode du grand feuil­leton de la comédie humaine. Atten­dons donc, comme une suite annon­cée, les prochaines images du drame en marche : pol­lu­tion des marais à man­groves des côtes du golfe du Mex­ique, destruc­tion de la flo­re et de la faune, mort des écosys­tèmes. Ça nous laisse un bon gise­ment de « belles images », une bonne nappe déri­vante d’indignations pas chères. Puis, tout ren­tr­era « dans l’ordre », autrement dit dans le chaos ordi­naire qu’on appelle la marche du monde.

Forêt lit­torale, inter­face entre la mer et le domaine ter­restre. © g.ponthieu

A quoi, bien mod­este­ment, j’oppose mes autres belles images, sans guillemets toute­fois, pris­es en 2006 dans la man­grove de l’île Moucha, au large de Dji­bouti. Nous sommes à l’entrée de la mer Rouge, ce cor­ri­dor qui voit défil­er une arma­da inces­sante de pétroliers. Zone de con­flits, de piratage, de grands dan­gers liés à la folie des humains. Les côtes de la mer Rouge abri­tent aus­si une forte den­sité de man­groves, donc un vivi­er végé­tal et ani­mal sem­blable à celui de la Louisiane, un acquis con­stru­it au fil des temps immé­mo­ri­aux – des mil­liers de siè­cles.

Les palé­tu­viers per­chés sur leurs racines-échas­s­es. ©g.ponthieu

Voici donc mes pho­tos pour égay­er la noirceur… Et en plus, ornées d’une coquet­terie : En avril 2008, le prési­dent de Dji­bouti – Omar Guelleh, poten­tat bien gan­grené – a annon­cé le pro­jet de louer l’île à des investis­seurs chi­nois qui prévoient d’y con­stru­ire un hôtel de luxe et un casi­no… La marée noire du fric, la plus dévas­ta­trice.

Les man­groves con­stituent les écosys­tèmes les plus pro­duc­tifs en bio­masse de notre planète. © g.ponthieu


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet. » Bossuet

  • Traduire :

  • Twitter — Gazouiller

  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Philippe Casal, 2004 - Centre national des arts plastiques - Mucem, Marseille

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexualité / politique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl”

    Comme un nuage, album photos et texte marquant le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986). La souscription étant close (vifs remerciements à tous les contributeurs !) l'ouvrage est désormais en vente au prix de 15 euros, franco de port. Vous pouvez le commander à partir du bouton "Acheter" ci-dessous (bien préciser votre adresse postale !)

    tcherno2-2-300x211

    Il s'agit d'un album-photo de qualité, à tirage soigné et limité, 40 p. format A4 "à l'italienne". Les photos, prises en Provence et notamment à Marseille, expriment une vision artistique sur le thème d’« après le nuage ». Cette création rejoignait l’appel à l’organisation de "1.000 événements culturels sur le thème du nucléaire", entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fukushima) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • « C’est pour dire » de Gérard Ponthieu, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification (3.0 France). Photos, dessins et documents mentionnés sous copyright © sont protégés comme tels.
    Licence Creative Commons

  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

  • Catégories d’articles

  • Salut cousin !

    Je doute donc je suis - gp

  • Fréquentation de « C’est pour dire »

    • 1
    • 981
    • 152
    • 4 811
    • 35 484
    • 1 621
    • 3 748
  • Calendrier

    janvier 2018
    lunmarmerjeuvensamdim
    « Déc  
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
    293031 
    Copyright © 1996-2017 C’est pour dire. Tous droits réservés – sauf selon la license Creative Commons.
    iDream theme by Templates Next | Turbiné par WordPress