Sarko n°2 menacé du dedans : le « Droit dans ses bottes » risque en effet de ne plus pouvoir les retirer pour cause d’enflures démesurées des chevilles. Comme dirait l’humoriste québécois Sol, « je mégalomane à moi-même ». Bref, le Monde entier n’a qu’à bien se tenir ! Et nous autres, apaisés, roupiller sous nos épaisses couettes.
Archive for février, 2011
On peut tout dire, estime Faber
Rien à craindre, de nos jours. La liberté d’expression est sans limites. Enfin, dans les limites de la place disponible.
Il y a 30 ans, l’Espagne échappait à une nouvelle tentative fasciste
Il y a trente ans aujourd’hui, le 23 février 1981, une tentative de coup d’État faillit faire replonger l’Espagne dans les affres du franquisme.
A 18h30 ce jour-là, le colonel de la Garde civile, Antonio Tejero Molina, fait irruption à la tribune du Palais du congrès où sont réunis les députés espagnols pour élire le nouveau chef du gouvernement. Tejero menace le président de l’Assemblée avec un revolver posé sur sa tempe. La scène est retransmise en direct à la télévision. Les putschistes veulent tout bonnement mettre fin à la démocratie. A Valence, le capitaine Milans del Bossch a déjà sorti les tanks. A 1h15 du matin, le roi Juan Carlos rassure les Espagnols dans un discours télévisé. Il désapprouve le coup d’État et en réfère à la constitution. Un cabinet de crise se met en contact avec les rebelles et obtient leur reddition le 24 à midi.
Tejero sera condamné à 30 ans de prison. Incarcéré à la prison d’Alcalá de Henares, il bénéficia d’un régime ouvert dès 1993, et fut libéré sous le régime de la liberté conditionnelle en 1996. Depuis, il partage son temps entre Madrid et sa province natale de Málaga, où il contribue épisodiquement à un quotidien local, Melilla Hoy.
Ce putsch dit du « 23 F. » fut la dernière tentative de coup d’état d’une armée qui en deux siècles avait tenté près de deux cents soulèvements… Le 23 février 1981, vit aussi s’affirmer la figure du roi Juan-Carlos, plus subtil et fin politique qu’on pouvait alors le redouter – il avait été adoubé par Franco. C’est en partie grâce à lui que la démocratie espagnole, qui avait déjà un cadre institutionnel voté en décembre 1978, fut non seulement sauvée, mais naquit dans sa forme actuelle. Comme quoi la démocratie demeure toujours une idée fragile, qui demande les plus grandes attentions.
L’Europe et la Libye. Tripoli, Munich, Guernica…
Cet extrait vidéo ne dure qu’une minute, une minute de trop dans l’horreur des propos de cet innommable despote, prêt à tuer encore et encore pour assouvir sa démence. On s’était presque habitués aux révoltes quasi « normales », sans « trop » de victimes. Ce qui s’est enclenché en Libye suscite les plus grandes craintes. D’autant que les réactions internationales semblent tellement timorées. A commencer par celles de notre gouvernement – mais là, on s’est vraiment habitués. Tant de compromissions passées et si récentes avec tous ces régimes toxiques – pour reprendre un qualificatif financier déjà effacé – ont semé assez de troubles dans les esprits accommodables, à l’éthique si élastique, au manque de droiture et de courage, assez de dérangements pour paralyser la moindre action.
La rébellion verbale d’un groupe de diplomates, publiée dans Le Monde> de ce jour, constitue un signe de plus attestant de la déliquescence de ce régime à vau-l’eau, ballotté par les événements sur lesquels il n’a aucune prise – on appelle d’ailleurs ça la realt-politik, ici elle est élevée au rang des beaux-arts. Ce n’est évidemment pas un Berlusconi qui va relever le niveau européen quant au drame libyen, ni s’agissant de l’histrion d’opérette, ni de la politique de l’ancienne colonie sous perfusion pétrolière libyenne. Merkel y va de son couplet horrifié et Cameron semble porté disparu. Ainsi l’Europe se trouve-t-elle une fois de plus sans voix, attendant sans doute les instructions en provenance d’outre-Atlantique.
Rien ne se répète jamais. S’il faut cependant retenir les leçons de l’Histoire, je pense aux fameux accords de Munich. J’entends aussi la voix tremblant, émouvante certes, et dramatiquement impuissante de Léon Blum renonçant à l’intervention militaire contre l’Espagne franquiste. Je pense à ça et aussi, c’était écrit, à Guernica – à Guernica le village basque martyre , et bien sûr au célèbre tableau de Picasso. Et j’ai peur pour la Libye, pour le peuple libyen livré à la folie meurtrière d’un monstre sans retenue.
Rue89 a mis en ligne les rares témoignages parvenant du pays quasi coupé du monde. Une Suisso-Libyenne vivant à Benghazi, dans l’est de la Libye appelle au secours : « On a filmé ! On a les vidéos ! Mais ils ont coupé Internet. Ils tuent n’importe qui, une petite fille de 7 ans, notre voisine, qui se rendait dans un magasin. A quoi ça sert maintenant d’avoir peur ? On a besoin des journalistes ! Pour que le monde sache ce que fait Mouammar Kadhafi. Les gens disent : « Ou nous, ou lui ! Ou Kadhafi, ou le peuple ! » » .
Céline Bonacina au Moulin à jazz de Vitrolles. En plein jazz vivant
Dans l’étui de son saxo, elle pourrait tenir… Je blague. Mais il s’agit tout de même d’un baryton. Et Céline Bonacina taille plutôt alto, voire soprano. Et puis, après tout, puisqu’elle joue des trois et qu’ « aux âmes bien nées »… Toujours est-il qu’avec basse et batterie son trio a littéralement enflammé le Moulin à jazz de Vitrolles, samedi 12 février, comme rarement on l’avait vu dans ce lieu pourtant peu frileux. Tentons des explications… sur Citizen Jazz. [Photo Gérard Tissier]
Suite élégiaque et diplomatique. Super-Boillon « fils » de Khadafi !
Boillon défend Kadhafi (C+)
envoyé par LePostfr. - L’info internationale vidéo.
Ça tourne au court-Boillon pour le tonitruant ambassadeur de France à Tunis. Car, ce lundi, le site Le Post a déterré un extrait de novembre 2010 du Grand journal, émission télé de Canal+. On y voit [ci-dessus] Boris Boillon défendre Kadhafi. Dans un premier temps, il faut toute l’insistance de Jean-Michel Aphatie pour que le diplomate reconnaisse le passé terroriste du dictateur libyen, avant d’appeler à ne pas « laisser libre cours aux idées reçues » . Et de conclure, à propos du dirigeant libyen: « Dans la vie, on fait tous des erreurs. »
Rappelons aussi que le même super-Boillon avait été le grand ordonnateur des frasques de Khadafi lors de sa visite officielle en France, en décembre 2007 – y compris donc les défilés du cortège dans Paris et la fameuse tente de « bédouin » montée dans les jardins de l’hôtel Matignon.
Le « colonel » y fut reçu avec tous les honneurs sarkozyens, ainsi qu’on le voit également sur cette vidéo :
Super-Boillon à Tunis, ambassadeur et « philosophe »…
« Je suis là pour vous exposer une philosophie… » « Je suis pour le contrat de confiance… » Ainsi cause le nouvel ambassadeur de la France, permettez, entre Monsieur Homais et Monsieur Darty. Quel mépris que ce mec ! « Dégage, petit Sarko ! » lui a aussitôt rétorqué la rue tunisienne, sans craindre le pléonasme qui fait mouche. Le tout fringant ambassadeur de France en Tunisie, le « Sarko-boy » Boris Boillon a été obligé de bouffer son chapeau après son exploit du jour et présenter son mea-culpa le soir même. Sur son site Twitter d’abord -« Vraiment désolé si j’ai pu offenser. Ce n’était pas mon intention »-, et puis à la télévision nationale tunisienne samedi soir. « Je présente toutes mes excuses à tout le peuple tunisien, a déclaré l’ambassadeur décrié. « J’ai une énergie et une volonté bien déterminée de promouvoir des relations bilatérales. J’ai été spontané plus que je n’aurais du l’être. Dorénavant je dois parler de manière plus polie ». Prétention goujate et diplomatie, ça fait deux ; ce n’est pas à l’école de son mentor qu’un tel gommeux aurait pu apprendre ce b-a-ba, certes.
Ce qu’en dit sur son blog je journaliste tunisien Allal Sahbi :
« J’ai écouté l’intervention en arabe, l’échange avec les journalistes. La façon dont il fait cesser le dialogue : “khalass !“ (un peu l’équivalent de “basta” en espagnol), est extrêmement méprisante, autoritaire et cassante.
« Déjà, il ne fallait pas envoyer comme diplomate en Tunisie un type qui a aussi chaudement apprécié l’intervention US en Irak. Regardez plus bas d’ailleurs, pas un mot sur les victimes humaines. Pas un mot de compassion, pas de place pour l’humain. Il ne sait parler qu’en millions et milliards de dollars, en parts de marché, c’est vraiment honteux, indécent !!! Pascal Boniface l’a très heureusement épinglé au sujet de ses prises de positions en Irak
« Ensuite, il est superflu d’être arabophone quand on fait montre d’autant de mépris. Il vaut mieux quelqu’un qui ne parle pas un mot d’arabe, mais qui ne méprise pas à ce point ses interlocuteurs, et tout le peuple. Il est dans la droite ligne du trop fameux “discours de Dakar” : tout dans l’arrogance, la condescendance et le mépris. . Il se qualifie de pur produit “Sarko”, ce en quoi il a parfaitement raison.[…] Ce sarkoboy 2.0, souvent présenté comme un James Bond de la diplomatie aura fort à faire pour redorer l’image de la France, déminer le terrain politique et retisser des liens avec la société civile. Sans compter la réorganisation d’un outil diplomatique qui a montré beaucoup de faiblesses au moment de la révolte tunisienne. Il incarne le prototype de l’homo diplomaticus moderne sous l’ère Sarkozy. »Un « néocon » à la française ? Ancien ambassadeur de France auprès des Emirats Arabes Unis, également en poste en Somalie, et en Tunisie, auteur du livre « Les Voies de la diplomatie », Charles Crettien a ainsi exprimé ses réticences dans une tribune au Monde : « On ne nomme pas un ambassadeur comme on nomme un préfet. La diplomatie est un dialogue avec un pays étranger, son gouvernement et son chef d’Etat. La nomination de Boris Boillon comme ambassadeur de France est la négation de ce principe élémentaire, elle est donc choquante voire dangereuse pour les relations à venir entre Paris et Tunis ».









« C’est pour dire », par Gerard Ponthieu, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification
