On n'est pas des moutons

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Gaza. « Un scandale du point de vue moral et un acte criminel » s’indigne Ban Ki-moon

Il existe, hélas, des chi­rur­giens qu’on qua­li­fie de bou­chers. Parce qu’ils ne sont pas dignes de leur métier consis­tant par prin­cipe à soi­gner, ou à ten­ter de le faire, au mieux de son savoir et de son éthique. C’est même injuste de com­pa­rer ceux-là à des bou­chers, infâ­mant à l’égard de ceux-ci qui, le plus sou­vent, font bien leur métier, c’est-à-dire avec conscience et l’amour du tra­vail bien fait.

En fait, je parle ici, pour les dénon­cer autant que je peux, avec le sou­ci du tra­vail bien fait de l’informateur-citoyen indi­gné : je ne parle pas à la légère d’impressions sub­jec­tives. Je dénonce avec rigueur et déter­mi­na­tion ces mau­vais et ter­rible bou­chers mili­taires agis­sant au nom d’Israël et sous cou­vert de « frappes chi­rur­gi­cales »,  non plus seule­ment pour se défendre donc, mais désor­mais pour se ven­ger et cau­ser du mal, du grand mal, du ter­rible mal : de la mort, de la dou­leur, de la misère. L’abomination.

Voi­là ce que j’entends ce matin dans le poste, puis ce que je lis :

Après un nou­veau bom­bar­de­ment sur une école de l’ONU, qui a tué au moins dix Pales­ti­niens, Israël fait face à l’indignation inter­na­tio­nale, alors même que l’Etat hébreu  opé­rait dimanche un début de retrait de ses troupes au sol dans la bande de Gaza. En guise de défense, l’armée israé­lienne a décla­ré qu’elle avait  « pris pour cibles trois ter­ro­ristes du Dji­had isla­mique [...] à proxi­mi­té d’une école de l’UNRWA [Office de secours et de tra­vaux des Nations unies pour les réfu­giés de Pales­tine dans le Proche-Orient] à Rafah » et qu’elle exa­mi­nait les  « consé­quences » de cet acte, sans en recon­naître for­mel­le­ment la res­pon­sa­bi­li­té. Au vingt-sep­tième jour de conflit, 71 per­sonnes ont péri dans le seul sec­teur de Rafah, à la suite du pilon­nage inten­sif de la ville, selon les ser­vices de secours locaux. C’est la troi­sième fois qu’une école de l’ONU est ain­si tou­chée, après les bom­bar­de­ments visant Beit Hanoun et Jaba­liya, les 24 et 31 juillet, qui ont fait une tren­taine de morts, alors qu’Israël affirme pro­cé­der à des frappes « chi­rur­gi­cales  » (C’est moi qui sou­ligne). « C’est un scan­dale du point de vue moral et un acte cri­mi­nel  », ain­si qu’une « nou­velle vio­la­tion fla­grante du droit huma­ni­taire inter­na­tio­nal  », s’est indi­gné le secré­taire géné­ral de l’ONU, Ban Ki-moon. Les Etats-Unis, prin­ci­paux alliés d’Israël, se sont dits « conster­nés  » par un  « bom­bar­de­ment hon­teux ». Face au tol­lé inter­na­tio­nal, Israël a annon­cé une trêve de sept heures ce lun­di, entre 9 heures et 16 heures, heure fran­çaise). Le ces­sez-le-feu exclut l’est de Rafah, où les affron­te­ments conti­nuent. [lemonde.fr]

Le coup des « frappes chi­rur­gi­cales », on connaît ! Côté « chi­rur­giens-bou­chers », on a été ser­vis avec George W. Bush en Irak et pour ven­ger le 11 sep­tembre. On a vu, on voit le résultat !

Qu’espère donc ce gou­ver­ne­ment ultra de « néo-conser­va­teurs » israé­liens ? Jus­te­ment, à quelle espé­rance pour­rait-il pré­tendre encore ? En la paix ? En la sécu­ri­té ? En la digni­té ? En la divi­ni­té – pen­dant qu’on y est !

Le mur des dieux uniques

Quelle peut bien être la hié­rar­chie des valeurs qui déter­minent les anta­go­nismes meur­triers de ce conflit sécu­laire (mil­lé­naire ?) ? Car il ne sau­rait être ques­tion, dans ce dérè­gle­ment mons­trueux, d’absoudre les extré­mistes de l’autre bord, les isla­mistes. La par­tie archaïque des « frères enne­mis » remon­tant aux mythes fon­da­teurs des deux sys­tèmes théo­cra­tiques, on peut se deman­der en quoi et com­ment des amé­na­ge­ments « modernes » pour­raient conduire à la paix sans éra­di­quer – à la racine – cette patho­lo­gie ?

« Amé­na­ge­ments modernes », autre­ment dit : le par­tage des ter­ri­toires tel qu’il fut en prin­cipe déci­dé et acté par les accords inter­na­tio­naux, estam­pillé par l’ONU, etc. – et aus­si peu res­pec­té que tou­jours bafoué ; donc l’établissement de fron­tières com­munes entre deux États recon­nus, à com­men­cer par eux-mêmes ; donc une coopé­ra­tion éco­no­mique basée sur les par­tages équi­tables de l’eau et des richesses du sous-sol, dont le pétrole (aie aie !), les accès à  la mer ; donc… une uto­pie totale, sté­rile, venant se fra­cas­ser contre ce mur – au propre comme au figu­ré – dres­sé entre Yah­vé et Allah, au nom du mono­théisme… qui pos­tule l’existence d’un Dieu unique !

Si, comme je le pense, les hommes ont inven­té les dieux, et non l’inverse, le sens de l’évolution en direc­tion d’une Huma­ni­té digne de ce nom devrait viser l’affranchissement des croyances ances­trales. Mais nous tou­chons là à un pro­ces­sus rele­vant du temps long de l’évolution. Pro­ces­sus de l’évolution dont on sait, depuis Dar­win notam­ment, qu’il dépend à part inégales et aléa­toires du hasard et de la néces­si­té. La tâche est donc rude pour l’Homo sapiens de s’ériger [erec­tus] en sage. Voir à ce pro­pos la notice lit­té­ra­le­ment ren­ver­sante de Wiki­pe­dia consa­crée aux actuels conflits dans le monde. Où l’on découvre deux tableaux (et quels tableaux !) dres­sant la lita­nie des guerres à l’intérieur de l’espèce humaine, clas­sées (par com­mo­di­té…) entre celles qui causent plus ou moins d’un mil­lier de morts par an. C’est là, sous l’intitulé « Liste des guerres modernes ». En voi­ci un aper­çu illustré :

carte-conflits-monde

car­ré mar­ron – dif­fi­cul­tés poli­tiques
car­ré bleu – conflits en cours de réso­lu­tion
rond vert – zones de ten­sion
étoile noire – ten­sions eth­niques ou civiles
losange rouge – zones de guerre •  D’après http://buzzles.org/

 

Rony Brau­man - Régis Debray - Chris­tiane Hes­sel - Edgar Morin viennent d’adresser, via Le Monde de ce jour, un appel à Hol­lande, en gros pour qu’il se bouge le cul sur le drame de Gaza. Auront-ils plus de poids que des zigues dans mon genre ? [On peut rêver…].  En atten­dant, cet appel se trouve ci-dessous :

Appel à Hol­lande 4:8:14


Gaza. « Une nuit “particulièrement” meurtrière… » Un silence “particulièrement” assourdissant

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Je reçois ça du « Monde » ce matin, par inter­net… La rou­tine, si ce n’est l’adverbe : « par­ti­cu­liè­re­ment ». Avant ça, non, de la rigo­lade. On monte donc d’un cran. Déri­soire. Il est des moments où cette pseu­do neu­tra­li­té jour­na­lis­tique consti­tue un outrage au devoir d’indignation. Non pas qu’il faille néces­sai­re­ment prendre par­ti, tant qu’on se veut média d’information. Mais au moins crier, hur­ler à la paix ! Inter­pel­ler sans relâche les « grands » du Monde, invo­quer la Paix, à la Jau­rès, se lever sur toutes les tri­bunes pos­sibles pour faire arrê­ter le massacre !

Dans le sud de Gaza, le 1er août. | AP/Khalil Hamra

Dans le sud de Gaza, le 1er août. | AP/Khalil Hamra

Voyez cette insou­te­nable pho­to ci-des­sus. Com­ment jus­ti­fier ce qui l’a pro­vo­quée ? La hargne de des­truc­tion, la… solu­tion finale ? Je sais, Israël est agres­sé, mena­cé, nié par une horde de tueurs fana­tiques. Oui mais, les autres… Ne cher­chons pas ici à remon­ter aux sources de l’indémêlable conflit entre ter­ri­toires, entre mono­théismes et domi­na­tions éco­no­miques. Les extré­mismes sont indé­fen­dables, mais la Paix, oui !  Et que font, que disent, que pro­testent, que pro­posent, que « agissent » nos cau­seurs sans cause, nos paci­fistes sans paix, nos poli­ti­ciens sans politique ?

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Comp­ter les vic­times. Les info­graphes ont renon­cé à l’image des pla­teaux de la balance…

Tan­dis qu’ici, contraints au spec­tacle média­tique, à comp­ter les morts, impuis­sants ou tout juste auto­ri­sés, sauf inter­dic­tion, à quelque manif” de rue par un gou­ver­ne­ment fon­ciè­re­ment lâche, sans enga­ge­ment ni parole – et donc sans avoir à la tenir, allant et venant dans le douillet maquis diplo­ma­tique. Hol­lande, Valls, Fabius, bro­chette de la honte.

Donc, on célèbre « Qua­trorze », la « Grande Guerre ». On fait reten­tir le toc­sin, vibrer les clo­chers et, au fond, glo­ri­fier Clé­men­ceau plu­tôt que Jau­rès – la défaite de la Paix sur la « Vic­toire », quitte à remettre « ça » vingt ans après.

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Venelles, 2/8/14 .Comme en Qua­torze. (Ph. gp)

Et ces com­bat­tants, cré vingt dieux, ne seraient-ils pas prêts – du moins en gueule – à repar­tir comme en Quatorze ?

 


Gaza. Des crimes de guerre que l’on n’accepterait nulle part ailleurs. Pourquoi alors les accepter en Palestine ?

Une nou­velle salve de vio­lences vient d’éclater entre Israël et la Pales­tine et une fois encore, des enfants meurent. Les seuls appels au ces­sez-le-feu ne marchent pas, nous le savons. Il est temps de lan­cer des actions non-vio­lentes pour mettre fin une fois pour toutes à des décen­nies de cauchemar.

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Ph. Avaaz

Nos gou­ver­ne­ments ont échoué -- tout en négo­ciant la paix et en adop­tant des réso­lu­tions à l’ONU, ils conti­nuent, via leurs entre­prises, à finan­cer, à tirer pro­fit et à inves­tir dans la vio­lence. La seule manière de mettre un frein à ce cercle vicieux de confis­ca­tion des terres des familles inno­centes, de puni­tions col­lec­tives, de lan­ce­ment de roquettes du Hamas, et de bom­bar­de­ments sur Gaza est de rendre le coût éco­no­mique du conflit insoutenable.

Nous savons que ça marche -- la direc­tive euro­péenne empê­chant le finan­ce­ment des colo­nies illé­gales avait cau­sé un séisme au sein du gou­ver­ne­ment israé­lien. La déci­sion du fonds de pen­sion néer­lan­dais PGGM de se reti­rer des colo­nies illé­gales suite à un appel citoyen avait éga­le­ment créé une tem­pête politique.

Gaza : au moins 100 Palestiniens tués, le plus lourd bilan depuis le début de l’offensive

Cela ne met­tra cer­tai­ne­ment pas fin aux tue­ries, mais l’Histoire nous a mon­tré que sou­vent, le che­min de la paix passe par l’augmentation du coût de l’oppression. Cli­quez sur le lien pour exhor­ter six banques, fonds de pen­sion et entre­prises à mettre un terme à ces inves­tis­se­ments -- si nous réus­sis­sons à faire mon­ter la pres­sion, ces éta­blis­se­ments pour­raient se reti­rer, cela por­te­rait un coup à l’économie israé­lienne, et nous pour­rions déjouer les cal­culs poli­tiques des extré­mistes qui pro­fitent poli­ti­que­ment de l’horreur:

Lors des cinq der­nières semaines, trois ado­les­cents israé­liens ont été assas­si­nés en Cis­jor­da­nie, un jeune pales­ti­nien a été brû­lé vif, un ado­les­cent amé­ri­cain a été bru­ta­le­ment frap­pé par la police israé­lienne et plus de 40 enfants de Gaza sont morts sous les raids aériens israé­liens. Ce n’est plus “le conflit israé­lo-pales­ti­nien”, c’est une guerre contre les enfants. Et nous sommes en train de deve­nir insen­sibles à cette igno­mi­nie. Des médias font pas­ser cette guerre pour un conflit inso­luble entre deux bel­li­gé­rants égaux, mais ce n’est pas de cela dont il s’agit. Les attaques des extré­mistes pales­ti­niens contre des civils inno­cents doivent être condam­nées et ces­ser, mais c’est la spo­lia­tion du peuple pales­ti­nien qui est à la racine du conflit. Israël occupe, colo­nise, bom­barde, attaque et contrôle l’eau, le com­merce et les fron­tières d’un État libre et recon­nu par les Nations Unies. À Gaza, Israël a créé la plus grande pri­son à ciel ouvert du monde, puis lui a impo­sé un blo­cus. Aujourd’hui, alors que les bombes pleuvent, les familles n’ont aucun endroit où se réfugier.

Ce sont des crimes de guerre que l’on n’accepterait nulle part ailleurs. Pour­quoi alors les accep­ter en Pales­tine? Il y a cin­quante ans, Israël et ses voi­sins arabes sont entrés en guerre et Israël a occu­pé la Cis­jor­da­nie et la bande de Gaza. Occu­per un ter­ri­toire après une guerre est chose com­mune, mais aucune occu­pa­tion mili­taire ne devrait se trans­for­mer en des dizaines d’années de tyran­nie, qui ne pro­fite qu’aux extré­mistes qui prennent les inno­cents pour cible. Et qui souffre? La grande majo­ri­té des familles des deux côtés, des familles aimantes qui ne veulent que la liber­té et la paix.

Pour un cer­tain nombre de per­sonnes, en par­ti­cu­lier en Europe et en Amé­rique du Nord, appe­ler les entre­prises à reti­rer leurs inves­tis­se­ments en ces­sant de finan­cer ou de par­ti­ci­per à l’occupation israé­lienne en Pales­tine semble par­tial. Mais ce n’est pas le cas -- c’est la stra­té­gie non vio­lente la plus effi­cace pour mettre fin aux cycles de vio­lence, assu­rer la sécu­ri­té d’Israël et obte­nir la liber­té pour les Pales­ti­niens. La Pales­tine est minus­cule à côté de la puis­sance et de la richesse d’Israël. Si cette der­nière refuse de mettre fin aux occu­pa­tions illé­gales de terres pales­ti­niennes, le monde doit agir pour en rendre le coût insupportable.

ABP, le fonds de pen­sion néer­lan­dais, inves­tit dans les banques israé­liennes qui financent la colo­ni­sa­tion de la Pales­tine. D’énormes banques comme Bar­clays financent les fabri­cants d’armes israé­liens et d’autres entre­prises [dont Veo­lia] qui fleu­rissent grâce à l’occupation. Le géant de l’informatique Hew­lett-Packard four­nit des sys­tèmes de sur­veillance sophis­ti­qués pour contrô­ler les mou­ve­ments des Pales­ti­niens. Et Cater­pillar pro­duit des bull­do­zers qui sont uti­li­sés pour détruire des mai­sons et des fermes pales­ti­niennes. Si nous lan­çons le plus grand appel jamais vu pour exhor­ter ces entre­prises à se reti­rer, nous mon­tre­rons que le monde ne veut plus être com­plice de ce bain de sang. Les Pales­ti­niens appellent le monde entier à sou­te­nir cette action et les Israé­liens pro­gres­sistes la sou­tiennent éga­le­ment. Rejoi­gnons-les!

Une péti­tion à signer ici.

Notre com­mu­nau­té se ras­semble pour offrir la paix, l’espoir et le chan­ge­ment dans cer­tains des conflits les plus durs au monde. Sou­vent, cela signi­fie prendre posi­tion pour atta­quer le pro­blème à la racine. Pen­dant des années, notre com­mu­nau­té a cher­ché une solu­tion poli­tique à ce cau­che­mar, mais avec la nou­velle vague d’horreur qui déferle sur Gaza, l’heure est venue d’utiliser les argu­ments éco­no­miques pour mettre un terme à l’horreur pour les Israé­liens comme pour les Palestiniens.

Avec espoir et détermination,

Alice, Fadi, Ben, Lai­la, Anna, Ricken, Jo, Nell, Mais et toute l’équipe d’Avaaz

POUR EN SAVOIR PLUS :

La majo­ri­té de l’UE décon­seille le com­merce avec les colo­nies israé­liennes (Eur­ac­tiv)

http://www.euractiv.fr/sections/leurope-dans-le-monde/la-majorite-de-lue-deconseille-le-commerce-avec-les-colonies

Les Israé­liens et les Pales­ti­niens sont en faveur de la paix mais n’ont guère d’espoir (Gal­lup - en anglais)

http://www.gallup.com/poll/161456/israelis-palestinians-pro-peace-process-not-hopeful.aspx

Colo­nies israé­liennes : le Quai d’Orsay met en garde les inves­tis­seurs fran­çais (France 24)

http://www.france24.com/fr/20140625-colonies-israeliennes-quai-orsay-met-garde-investisseurs-francais-bds/


Israel-Palestine. « Notre misérable État juif », par Gideon Levy

Gideon Levy, 2011 (DR)

Gideon Levy, 2011 (DR)

Article de Gideon Levy, publié dans Haa­retz, le 6 juillet 2014 [1]. Tra­duc­tion SF pour l’UJFP (Union juive fran­çaise pour la paix), dif­fu­sé par la Ligue des Droits de l’Homme de Toulon.

Les jeunes de l’État juif attaquent des Pales­ti­niens dans les rues de Jéru­sa­lem, exac­te­ment comme les jeunes chez les gen­tils atta­quaient les Juifs dans les rues d’Europe. Les Israé­liens de l’État juif se déchaînent sur les réseaux sociaux, répan­dant une haine et un désir de ven­geance d’une ampleur dia­bo­lique sans pré­cé­dent. Des incon­nus de l’État juif sur une base pure­ment eth­nique. Ce sont les enfants de la géné­ra­tion natio­na­liste et raciste – la des­cen­dance de Netanyahou.

Depuis cinq ans main­te­nant ils n’ont enten­du qu’incitations, pro­pos alar­mistes et supré­ma­tie sur les Arabes de la part du véri­table ins­truc­teur de cette géné­ra­tion, le pre­mier ministre Ben­ja­min Neta­nya­hou. Pas un mot d’humanité, de com­pas­sion ou de trai­te­ment égal.

  Main­te­nant nous savons : dans l’État juif il n’y a de com­pas­sion et de sen­ti­ments humains que pour les Juifs, des droits uni­que­ment pour le Peuple Elu. L’État juif n’est que pour les Juifs

Ils ont gran­di dans le contexte de la reven­di­ca­tion pro­vo­cante de recon­nais­sance d’Israël comme « État juif » et ils ont tiré les conclu­sions qui s’imposent. Avant même la déli­mi­ta­tion de ce que signi­fie « État juif » - sera-ce un État qui met les tefi­lin (phy­lac­tères), embrasse les mezou­zot (des rou­leaux de prières enfer­més dans de petites boîtes métal­liques ou en bois qui sont fixées aux cham­branles des portes d’entrée), sanc­ti­fie des sor­ti­lèges, ferme le jour de Shab­bath et observe stric­te­ment les lois de la cash­rout – les masses ont compris.

La foule a d’emblée inté­rio­ri­sé la véri­table signi­fi­ca­tion : un État juif est un État dans lequel il n’y a place que pour les Juifs. Le sort des Afri­cains est d’être envoyé au centre de déten­tion de Holot dans le Néguev et celui des Pales­ti­niens est d’endurer des pogroms. C’est comme ça que ça marche dans un État juif : c’est à cette seule condi­tion qu’il peut être juif. Dans l’État juif en cours de consti­tu­tion, il n’y a même pas de place pour un Arabe qui fait de son mieux pour être un bon Arabe, comme l’écrivain Sayed Kashua. Dans un État juif, la pré­si­dente de l’Assemblée de la Knes­set, Ruth Cal­de­ron (du par­ti Yesh Atid – inutile de pré­ci­ser que c’est le « centre » de l’échiquier poli­tique) coupe la parole au dépu­té arabe Ahmed Tibi (de la liste arabe unie Ta’al) à peine reve­nu, bou­le­ver­sé, d’une visite à la famille de Shoa­fat, le jeune Arabe qui a été mas­sa­cré, et le ser­monne cyni­que­ment sur le thème qu’il doit aus­si faire réfé­rence aux trois jeunes Juifs mas­sa­crés (alors même qu’il venait de le faire).

Dans un État juif, la Cour Suprême auto­rise la démo­li­tion de la mai­son de la famille d’un homme sus­pec­té de meurtre avant même qu’il ne soit condam­né. Un État juif édicte des lois racistes et natio­na­listes. Les médias d’un État juif se com­plaisent sur le meurtre de trois étu­diants de yeshi­va et ignorent presque com­plè­te­ment le sort de plu­sieurs jeunes Pales­ti­niens du même âge qui ont été tués par des tirs de l’armée au cours des der­niers mois, géné­ra­le­ment sans raison.

Per­sonne n’a été puni pour ces actes – dans l’État juif il y a une loi pour les Juifs et une loi pour les Arabes, dont les vies valent peu. Pas un soup­çon de res­pect du droit inter­na­tio­nal ni des conven­tions inter­na­tio­nales. Dans l’État juif, il n’y a de com­pas­sion et d’humanité que pour les Juifs, des droits pour le seul Peuple Elu. L’État juif n’est que pour les Juifs.

La nou­velle géné­ra­tion qui gran­dit sous sa coupe est dan­ge­reuse à la fois pour elle-même et pour ce qui l’entoure. Neta­nya­hou est son ministre de l’éducation ; les médias mili­ta­ristes et natio­na­listes font office de poème péda­go­gique ; le sys­tème d’éducation qui l’emmène à Ausch­witz et à Hébron lui sert de guide.

Le sabra (natif d’Israël) d’aujourd’hui est une espèce nou­velle, piquante dehors comme dedans. Il n’a jamais ren­con­tré son homo­logue pales­ti­nien mais il sait tout de lui – le sabra sait qu’il est un ani­mal sau­vage, qu’il a seule­ment l’intention de le tuer, qu’il est un monstre, un terroriste.

Il sait qu’Israël n’a pas de par­te­naire pour la paix, puisque c’est ce qu’il a enten­tu un nombre incal­cu­lable de fois de la part de Neta­nya­hou, du ministre des Affaires étran­gères Avig­dor Lie­ber­man et du ministre de l’Économie, Naf­ta­li Ben­nett. De la bouche de Yair Lapid il a enten­du qu’il y a des « Zoa­bis » – en réfé­rence condes­cen­dante à la dépu­tée de la Knes­set Haneen Zoa­bi (du par­ti Balad).

Etre de gauche ou dési­reux de jus­tice dans l’État juif est consi­dé­ré comme un délit, la socié­té civile est tenue pour tri­cheuse, la vraie démo­cra­tie pour dia­bo­lique. Dans un État juif – dont rêvent non seule­ment la droite mais le sup­po­sé centre gauche incluant Tzi­pi Liv­ni et Lapid – la démo­cra­tie est floue.

Le prin­ci­pal pro­blème de l’État juif ce ne sont pas les skin­heads mais les embo­bi­neurs mora­li­sa­teurs, les voyous, l’extrême droite et les colons. Non pas les mar­gi­naux mais le cou­rant prin­ci­pal qui est en par­tie natio­na­liste et en par­tie indifférent.

Dans l’État juif, il ne reste rien de l’injonction biblique selon laquelle il faut être juste avec la mino­ri­té ou avec l’étranger. Il n’y a plus de ces Juifs qui ont mani­fes­té avec Mar­tin Luther King ou fait de la pri­son avec Nel­son Man­de­la. L’État juif, qu’Israël veut abso­lu­ment faire recon­naître par les Pales­ti­niens, doit d’abord se recon­naître lui-même. Au terme de la jour­née, après une semaine ter­rible, il semble qu’un État juif ce soit un État raciste, natio­na­liste, conçu uni­que­ment pour les Juifs.

–––

[1] “Our wret­ched Jewish state” : http://www.haaretz.com/opinion/.pre...


« Les Juifs » selon Pierre Desproges, un fossé de vingt ans avec Dieudonné

Des­proges: « On me dit que des Juifs se sont glis­sés dans la salle? » « On ne m’ôtera pas de l’idée que, pen­dant la der­nière guerre mon­diale de nom­breux Juifs ont eu une atti­tude car­ré­ment hos­tile à l’égard du régime nazi. »

Quand Pierre Des­proges – il y a une ving­taine d’années – s’est com­mis avec son fameux sketch inti­tu­lé « Les Juifs », la France n’en fut nul­le­ment retour­née. Aujourd’hui que Dieu­don­né a mis le feu aux poudres, les meutes anti­sé­mites se lâchent. Elle déversent des tonnes d’immondices sur Day­li­mo­tion qui héberge les sketches de Des­proges. Au point que le site a dû fer­mer le robi­net des commentaires.

Que s’est-il pas­sé durant ces deux décen­nies ? À l’évidence, le contexte a chan­gé. Exten­sion des com­mu­nau­ta­rismes, notam­ment reli­gieux ; atten­tats du 11 sep­tembre 2001, guerres d’Afghanistan, du Proche et Moyen Orient ; impasse pales­ti­nienne sur­tout et colo­ni­sa­tion israé­lienne. Autant de faits réels, objec­tifs, pour­tant déniés dans la plu­part des débats actuels autour de ces ques­tions. Ce fut encore le cas hier lors de l’émission de Fré­dé­ric Tad­deï  « Ce soir ou jamais  » où, dès le début, le mot « Pales­tine  » déclen­chait  hos­ti­li­té et cli­vage entre les intervenants.

Certes, Des­proges et Dieu­don­né s’opposent comme le jour et la nuit. Le pre­mier pra­tique une dis­tan­cia­tion humo­ris­tique affir­mée – à condi­tion tou­te­fois d’adhérer à ses codes et à cette dis­tance ; en quoi le risque existe tou­jours. L’autre, à l’inverse, bar­botte dans l’ambiguïté, joue sans cesse dans ses allers-retours entre le pre­mier et le ixième degré. Quand il ne sombre pas car­ré­ment dans l’abjection. Ain­si, dans une telle confu­sion, son public trouve  assez « à boire et à man­ger » pour ne pas s’embarrasser d’un quel­conque dis­tin­guo entre anti­sio­nisme et anti­sé­mi­tisme.

Quoi qu’il en soit, et pour mesu­rer cet écart qui marque pesam­ment deux époques, revoi­ci donc « Les Juifs » par Pierre Des­proges, ver­sion vidéo, ou audio.


Pourquoi l’« affaire Dieudonné » empoisonne notre vivre ensemble

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Ce geste, dit de la que­nelle, deve­nu sym­bole de la « Dieu­do­sphère », Dieu­don­né l’exécute dès mai 2009 sur une affiche de la liste « anti­sio­niste » qu’il conduit aux européennes.

L” « affaire Dieu­don­né » est en passe d’empoisonner notre espace du « vivre ensemble ». Cette belle idée – illu­soire ? – montre bien sa fra­gi­li­té face à la bru­ta­li­té des croyances, des cer­ti­tudes et autres convic­tions – ces convic­tions que Nietzsche dénon­çait comme « des enne­mis de la véri­té plus dan­ge­reux que les men­songes. » Anti­sio­niste reven­di­qué, anti­sé­mite mas­qué, Dieu­don­né pro­voque et, tout à la fois, révulse et attire. Ses pro­pos lui valent plus encore de répro­ba­tions morales que de condam­na­tions pénales, tan­dis que ses spec­tacles font salles combles (quand elles ne lui sont pas refu­sées), en dépit d’une omer­ta média­tique dont il fait l’objet. Comme si deux visions du monde s’affrontaient autour de sa per­sonne, de ses pres­ta­tions et de ses fré­quen­ta­tions – Fau­ris­son, Le Pen, Soral, Meys­san, Cha­vez, Ahma­di­ne­jad… Alors pour­quoi ? Ten­ta­tives d’explications autour de quelques ques­tions dont celle-ci, sans réponse, lan­cée à la radio par le direc­teur du Nou­vel Obser­va­teur, Laurent Jof­frin : « Qu’est-ce que les Juifs ont fait à Dieudonné ? »

À cause du petit mou­ton contra­riant qui pré­side aux des­ti­nées de ce blog… je suis ame­né à reve­nir sur ce qu’on peut désor­mais appe­ler « l’affaire Dieu­don­né ». Affaire qui risque d’enfler encore bien davan­tage, ain­si que s’y emploient les poli­ti­ciens et les médias – jusqu’à ce blog… Cepen­dant, petit mou­ton oblige, je vou­drais y reve­nir à contre-cou­rant de la marée domi­nante. Ce qui n’est pas sans risques, tant ce ter­rain s’avère miné à l’extrême – aux extrêmes, pour être plus pré­cis. Donc, ven­dre­di matin, dans le poste (France Culture), j’entends Laurent Jof­frin (du Nou­vel Obs, qui fait sa cou­ver­ture sur qui ?) résu­mer l’affaire à sa façon, selon son habi­tuel ton débon­naire, frap­pé au coin du bon sens et par­fois de la courte vue. Ain­si : « Dieu­don­né, lui, a la haine des Juifs. Pour­quoi ? Comme ça. Qu’est-ce que les Juifs ont fait à Dieu­don­né ? Rien, évi­dem­ment, ils s’en foutent […] Ils ont pro­tes­té quand Dieu­don­né a fait un sketch anti­sé­mite. C’est ça le crime ini­tial. » n-obs-dieudonneOn dira qu’en quatre minutes de chro­nique, on peut à peine plus finas­ser qu’en cent qua­rante signes sur Twit­ter… Pas une rai­son pour sau­ter à pieds joints sur des ques­tions fon­da­men­tales qu’appellent des sujets de socié­té fon­da­men­taux. Et Jof­frin enjambe allé­gre­ment la faille de sa courte pen­sée : « Dieu­don­né, lui, a la haine des Juifs. Pour­quoi ? Comme ça. » Il mini­mise en fait, tout en y recou­rant, l’importance de cet adverbe fon­da­men­tal : pour­quoi ? N’est-ce pas le sel-même du jour­na­lisme et, au delà, de toute soif de com­prendre. Alors : pour­quoi Dieu­don­né a-t-il la haine des Juifs ? Pour­quoi l’antisémitisme ? Qu’est-ce qu’ils lui ont fait, les Juifs ? « Rien, évi­dem­ment » répond Jof­frin. L’évidence, c’est bien le contraire du doute. Dès lors, tirons l’échelle, tout est dit. Et rien n’est dit, puisque rien n’est expli­qué – dé-com­pli­qué. J’aimerais pas­ser un moment avec Dieu­don­né [Article docu­men­té sur Wiki­pe­dia]. Sûre­ment pas pour lui faire la courte-échelle, mais bien pour lui poser quelques « pour­quoi ? ». Des ques­tions qui tour­ne­raient autour de celle-ci, en effet fon­da­men­tale : Qu’est-ce qu’ils vous ont fait les Juifs ? Mais ques­tion que je me gar­de­rais de lui oppo­ser au préa­lable comme une pique pro­vo­cante. Il y a chez Dieu­don­né, bien sûr, « matière à creu­ser » : depuis son enfance, certes, et même depuis sa nais­sance, mère bre­tonne, père came­rou­nais. Un métis, ce cou­sin du métèque. Un frus­tré sans doute, un révol­té, voire un indi­gné, comme tant de jeunes pei­nant à se per­ce­voir comme Fran­çais à part entière, à cause de la dis­cri­mi­na­tion sociale et du racisme. À cause aus­si de l’Histoire et du pas­sé colo­nial dont il a fini par prendre fait et cause. Une prise de conscience qui l’a sans doute fon­dé dans son deve­nir d’humoriste – un rôle qui implique, pour le moins, un regard cri­tique pou­vant aller jusqu’à l’acidité et la méchan­ce­té. De l’ironie à la haine, la voie est par­fois étroite. Puis le suc­cès de scène, l’adulation d’un public séduit, pas tou­jours « édu­qué » car socia­le­ment mar­gi­na­li­sé, récep­tif aux idées courtes, pour­vu qu’elles soient « drôles » ; son alliance pour la scène avec le juif Élie Semoun dans un duo poli­ti­que­ment « équi­li­bré »; leur rup­ture ensuite ; ses déboires liés à ses dérives, puis la radi­ca­li­sa­tion dans laquelle le res­sen­ti­ment tient lieu d’argument idéo­lo­gique, à preuve cet « anti­sio­nisme » dont l’ambivalence d’usage (double dimen­sion : his­to­rique et séman­tique, dans un jeu per­fide mas­quant sa nature anti­sé­mite) per­met d’euphémiser le rejet des Juifs comme fau­teurs uni­ver­sels, cause de tous les maux du monde des reje­tés et sur­tout des frus­trés. D’où le recours à l’antienne du « lob­by juif, » puis à la théo­rie du Com­plot qui per­met d’« expli­quer bien des choses cachées et des mys­tères » et d’alimenter cette filan­dreuse notion de « sys­tème » qu’on retrouve aux extrêmes, gauche et droite, des idéo­lo­gies. (Lire la suite…)


Alerte en Méditerranée, par Edgar Morin

Notre monde part en miettes. Vers où se tour­ner pour y pui­ser quelque espoir de mieux ? À l’inverse des pro­phètes de l’apocalypse, Edgar Morin fait par­tie de ces rares pen­seurs qui refusent la fata­li­té. Ce qui ne lui inter­dit pas la luci­di­té, bien au contraire ! Dans sa remar­quable confé­rence pro­non­cée le 16 décembre à l’iInstitut du monde arabe, à Paris, il n’élude aucune des com­plexi­tés – un terme qui lui est cher – carac­té­ri­sant tout le bas­sin de la Médi­ter­ra­née. Et en par­ti­cu­lier ce qu’il a appe­lé « le can­cer » pour dési­gner la situa­tion de la Pales­tine. Une luci­di­té qui met en cause la poli­tique colo­niale de l’État d’Israël, au point de s’être fait accu­ser d’antisémitisme !

Cette confé­rence est inté­gra­le­ment acces­sible ci-des­sous. C’est un grand moment d’histoire, de culture, d’analyse. C’est aus­si un exploit qua­si­ment spor­tif, s’agissant d’un ath­lète de 92 ans par­cou­rant, sans notes, un mara­thon de la pensée.

Voici par ailleurs un extrait du discours qu’Edgar Morin avait prononcé à Barcelone en 1994 sous le titre Alerte en Méditerranée. 

Je dis alerte, parce que l’Europe tend à se détour­ner de la Médi­ter­ra­née au moment où jus­te­ment en Médi­ter­ra­née s’accroissent les pro­blèmes et périls.

Les pro­ces­sus de dis­lo­ca­tion, dégra­da­tion, ren­fer­me­ment qui se déve­loppent un peu par­tout affectent par­ti­cu­liè­re­ment la Méditerranée.

Plus encore : la mer de la com­mu­ni­ca­tion devient la mer des ségré­ga­tions, la mer des métis­sages devient la mer des puri­fi­ca­tions reli­gieuses, eth­niques, nationales.

Les grandes villes cos­mo­po­lites, véri­tables « cités-monde », creu­sets de la culture médi­ter­ra­néenne se sont éteintes les unes après les autres dans la mono­chro­mie: Salo­nique, Istam­bul, Alexan­drie, Bey­routh. Sara­je­vo agonise.

Après 89, l’Europe de l’ouest, en se tour­nant vers l’est qui s’ouvrait, s’est détour­née des pro­blèmes fon­da­men­taux de la Médi­ter­ra­née qui la concernent vita­le­ment. L’économie euro­péenne s’est tour­née vers les mar­chés poten­tiels de l’est, regar­dant au delà l’énorme mar­ché chi­nois. La Médi­ter­ra­née est de plus en plus oubliée.

Les pays du sud euro­péen, par­ti­cu­liè­re­ment de l’Arc Latin, n’ont pas éla­bo­ré une concep­tion com­mune pour une poli­tique méditerranéenne.

L’Europe ouverte tend à rede­ve­nir l’Europe du rejet. Au moment où avaient com­men­cé les pro­ces­sus d’intégration euro­péenne de l’Islam, post­humes comme en Espagne qui réin­tègre en son iden­ti­té, son pas­sé maure, modernes comme en France et en Alle­magne avec les immi­grés magh­ré­bins et turcs, voi­là que revient le vieux démon euro­péen: refou­ler, exclure l’Islam. L’offensive serbe en Bos­nie n’est pas seule­ment un acci­dent, elle est la pour­suite d’une reconquête.

Par­tout, le par­te­naire néces­saire est de plus en plus consi­dé­ré comme l’adversaire poten­tiel et cela de cha­cun des quatre cotés de la Médi­ter­ra­née: nord sud et est ouest.

La Médi­ter­ra­née s’efface comme déno­mi­na­teur commun.

Nous pou­vons aujourd’hui espé­rer, sans cer­ti­tude aucune, en une pro­gres­sive paci­fi­ca­tion au Moyen-Orient, notam­ment par l’accession de la Pales­tine à l’indépendance natio­nale, mais le trou noir géo-his­to­rique y demeure(…)
Pour­rons-nous sau­ver la Médi­ter­ra­née? Pour­rons nous res­tau­rer mieux déve­lop­per sa fonc­tion com­mu­ni­ca­trice? Pour­rons-nous remettre en acti­vi­té cette mer d’échanges, de ren­contres, ce creu­set et bouillon de culture, cette machine à fabri­quer de la civilisation ?

Il y a des solu­tions éco­no­miques, mais les solu­tions seule­ment éco­no­miques sont insuf­fi­santes et par­fois font pro­blème: ain­si le FMI met les États dans la néces­si­té d’obéir à ses exi­gences pour avoir des cré­dits, mais aus­si dans la néces­si­té de leur déso­béir pour évi­ter le clash poli­tique et social (…). Il faut du déve­lop­pe­ment, mais il faut aus­si entiè­re­ment repen­ser et trans­for­mer notre concept de déve­lop­pe­ment lequel est sous-déve­lop­pé. Ain­si il n’y a pas que l’économie indus­trielle à ins­tal­ler, il y a aus­si à réin­ven­ter une éco­no­mie de convivialité.

© Edgar Morin


Appel à dénoncer et boycotter la collaboration de « Marseille-Provence 2013  » avec l’État d’Israël

Le gou­ver­ne­ment israé­lien a déci­dé de faire de Mar­seille capi­tale euro­péenne de la culture un outil pour « modi­fier son image ». Un cer­tain nombre de citoyens, par­mi les­quels des artistes, res­pon­sables de struc­tures cultu­relles ou d’édition, soli­daires du peuple pales­ti­nien, refusent de cau­tion­ner une telle opé­ra­tion de pro­pa­gande. Ils ont signé et lan­cé un appel de pro­tes­ta­tion contre cette manœuvre de séduction.

Voi­ci le texte de cet appel :

 « Pas en notre nom »

Appel d’artistes, de res­pon­sables de struc­tures cultu­relles, de spec­ta­teurs, soli­daires du peuple palestinien

« A l’occasion de « Mar­seille capi­tale euro­péenne de la culture 2013 », le Consu­lat d’Israël à Mar­seille a orga­ni­sé la venue de nom­breux artistes pour une qua­ran­taine de ren­dez-vous appe­lés « Israël en scène 2013 ». Il ne s’agit pas de simples évé­ne­ments artis­tiques et cultu­rels, mais d’une véri­table opé­ra­tion de pro­pa­gande des­ti­née à « chan­ger l’image d’Israël » dans l’opinion fran­çaise, direc­te­ment orga­ni­sée par le gou­ver­ne­ment israé­lien. Les artistes ain­si ins­tru­men­ta­li­sés ne peuvent l’ignorer.

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Israël. « Pour les droits des Palestiniens des Territoires occupés, traités comme des esclaves »

par Nurit Peled-Elhanan, mère israélienne d’une victime d’attentat, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem, prix Sakharov du Parlement européen


Nurit Peled-Elha­nan au Par­le­ment euro­péen - Ph. Wikipedia

La lettre ouverte ci-des­sous fait suite à l’interdiction de la confé­rence sur la Pales­tine et Israël qui aurait dû se tenir le 18 jan­vier à l’École nor­male supé­rieure, à Paris. Trans­mise en com­men­taire à l’article pré­cé­dent (mer­ci René !), elle mérite toute son impor­tance et c’est pour­quoi je la publie ici en entier. Impor­tante, elle l’est d’abord par son conte­nu mais aus­si par son auteure. Nurit Peled-Elha­nan est à la fois Israé­lienne  et oppo­sante réso­lue à l’actuel régime israé­lien qu’elle ne craint pas de com­pa­rer à celui de l’Afrique du Sud de l’apartheid. De même, en tant que juive,  dénonce-t-elle le CRIF et « ces Juifs fran­çais que rend sourds la pro­pa­gande du régime raciste d’Israël. »

« Cher Mon­sieur Hes­sel, chère Madame Sha­hid, chers participants,

Je suis déso­lée de ne pou­voir assis­ter à cette impor­tante confé­rence. Mais je tiens à expri­mer mon admi­ra­tion à Mon­sieur Hes­sel, et à tous les par­ti­ci­pants et à vous assu­rer que je suis de tout cœur avec vous.

J’ai lu l’éditorial du pré­sident du CRIF se féli­ci­tant de l’interdiction de votre confé­rence et remer­ciant des phi­lo­sophes et écri­vains hypo­crites et igno­rants, qui pérorent sous les ors des salons pari­siens et pensent briller en éta­lant leur prose « poli­ti­que­ment cor­recte » tout en igno­rant de manière éton­nante la vie réelle des gens dans les Ter­ri­toires pales­ti­niens occu­pés et le carac­tère dic­ta­to­rial du gou­ver­ne­ment israé­lien actuel.

L’ignorance et l’hypocrisie de ces gens n’est pas une négli­gence, mais un crime, car ils encou­ragent la ten­dance fas­ciste qui menace de nous noyer tous, en Israël, en Pales­tine et en France.

En 2010, trente lois racistes visant les citoyens pales­ti­niens d’Israël ont été pro­po­sées en Israël et, pour la plu­part, approu­vées. Elles séparent des familles.

Elles per­mettent de confis­quer des mai­sons et des terres, de refu­ser les trai­te­ments médi­caux néces­saires à des inva­lides, de détruire les mai­sons des Bédouins, de dis­cri­mi­ner des écoles quand elles sont druzes ou pales­ti­niennes, d’incarcérer des enfants.

Bien plus, la jus­tice, qui devrait pro­té­ger les gens contre cette ter­reur, obéit aux lois racistes d’un régime d’apartheid.

Comme en Afrique du Sud autre­fois, toutes les dis­cri­mi­na­tions anti-pales­ti­niennes en Israël sont légales : nul n’est jamais puni pour les crimes per­pé­trés contre ces « non-citoyens ».
En revanche, ce gou­ver­ne­ment où un Lie­ber­mann joue un rôle déci­sif consi­dère comme un péché mor­tel la résis­tance non-vio­lente à l’occupation, qui se déve­loppe dans les socié­tés pales­ti­nienne et israé­lienne contre  les crimes et la répres­sion décou­lant de l’occupation.

Ces der­niers temps, la police et l’armée israé­liennes arrêtent des mili­tants des droits humains lorsqu’ils sont juifs, comme Yona­than Polack, et les tuent s’ils sont pales­ti­niens, tels Bas­sem Abu-Rah­ma et sa sœur, Jawahr. Les orga­ni­sa­tions droits-de-l’hommistes en ques­tion sont désor­mais sou­mises à des enquêtes bru­tales et humi­liantes par...  les cri­mi­nels contre l’Humanité qui nous gou­vernent. De sur­croît, la pau­vre­té touche plus l’Israélien que jamais, et ses prin­ci­pales vic­times sont les citoyens arabes.

Et le monde se tait… Et le CRIF soutient.

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Attaque de Gaza. BHL n’avait « jamais vu une armée qui se pose tellement de questions morales »…


BHL à l’ambassade de France à Tel Aviv. Pho­to: Mot­ti Kimche

Où notre inef­fable com­pa­triote Ber­nard-Hen­ri Lévy n’aura encore pas man­qué de se dis­tin­guer. La veille de l’action mili­taire que l’on sait contre la flot­tille pro-pales­ti­nienne, BHL pro­non­çait à Tel-Aviv de ces fortes paroles mar­quées de per­ti­nence et de pres­cience :  « Je n’ai jamais vu une armée aus­si démo­cra­tique, qui se pose tel­le­ment de ques­tions morales. » (Haaretz.com, 31 mai). Comme le rap­pelle Alain Gresh dans dans son «Blog du Diplo», «il est vrai que, lors de la guerre de Gaza, notre phi­lo­sophe s’était pava­né sur un char israé­lien pour entrer dans le ter­ri­toire. Réagis­sant à l’attaque […], Lévy l’a qua­li­fiée, selon l’AFP, de « stu­pide » car ris­quant de ter­nir l’image d’Israël. Pas un mot de condam­na­tion, pas un mot de regret pour les tués…»

De la Géor­gie au Dar­four, de la Tchét­ché­nie à Israël, BHL exerce son sub­ju­guant don de voyance.

«La seule ques­tion qui se pose main­te­nant, pour­suit Alain Gresh, est de savoir quel prix le gou­ver­ne­ment israé­lien devra payer pour ce crime. Car, depuis des années, les Nations unies ont adop­té des dizaines de réso­lu­tions (« Réso­lu­tions de l’ONU non res­pec­tées par Israël », Le Monde diplo­ma­tique, février 2009), l’Union euro­péenne a voté d’innombrables textes qui demandent à Israël de se confor­mer au droit inter­na­tio­nal, ou tout sim­ple­ment au droit huma­ni­taire, en levant, par exemple, le blo­cus de Gaza. Ces textes ne sont jamais sui­vis du moindre effet. Au contraire, l’Union euro­péenne et les Etats-Unis récom­pensent Israël. C’est ce qu’a prou­vé l’admission d’Israël dans l’Organisation pour la coopé­ra­tion et le déve­lop­pe­ment éco­no­miques (OCDE), la semaine der­nière, et la visite en France du pre­mier ministre israé­lien Néta­nya­hou pour assis­ter à l’intronisation de son pays.»

Dans la fou­lée des perles his­to­riques, on dis­tin­gue­ra aus­si sur le sujet  celle de l’autre inef­fable et néan­moins porte-parole de l’UMP, Fré­dé­ric Lefebvre décla­rant fine­ment, comme tou­jours, que son par­ti « regrette » les morts, mais dénonce les « pro­vo­ca­tions » de « ceux qui se disent les amis des Palestiniens ». 


Témoignage d’un Français à bord de la flottille pour Gaza. « Le coût politique [pour Israël] sera énorme. Vraiment énorme »

C’est donc neuf morts et une qua­ran­taine de bles­sés qui auraient été dénom­brés après l’attaque lun­di du navire turc « Mavi Mar­ma­ra » par l’armée israé­lienne. Une opé­ra­tion désas­treuse à tous points de vue, tant pour l’État israé­lien que pour l’impossible paix dans la région. Le seul avan­tage qui puisse se déga­ger de tels évé­ne­ments concerne la remise en cause sur la scène inter­na­tio­nale de l’impunité dont béné­fi­ciait jusque là Israël avec la com­pli­ci­té objec­tive de la « com­mu­nau­té inter­na­tio­nale » – euphé­misme dési­gnant les riches États de l’hémisphère Nord – et des ins­ti­tu­tions mon­diales, en par­ti­cu­lier l’ONU. C’est une bien mince conso­la­tion au regard du recul poli­tique et diplo­ma­tique que pro­voque déjà ce séisme, recul dont le peuple pales­ti­nien demeure la vic­time permanente.

Des sol­dats israé­liens à l’assaut d’un des bateaux de la Flo­tille inter­na­tiio­nale pour la liber­té. (Copie d’écran d’Euronews)

Une dizaine de citoyens fran­çais avaient pris part à l’opération « Flo­tilles pour Gaza » ; neuf seraient déte­nus à la pri­son de Beer-She­va, au centre du ter­ri­toire israé­lien. Par­mi eux se trou­ve­rait Tho­mas Som­mer-Hou­de­ville, coor­di­na­teur des mis­sions civiles, sala­rié de l’ONG Focus on Glo­bal South, qui a embar­qué à bord de la flot­tille en Tur­quie. Sa mère décla­rait mar­di à l’AFP n’avoir encore eu encore aucune nou­velle de lui. La veille de l’attaque, il avait rédi­gé pour son blog un texte depuis le car­go grec sur lequel il navi­guait. Un texte clair­voyant et hélas pré­mo­ni­toire. En voi­ci des extraits :

« Un jour ou l’autre peut-être, quelqu’un écri­ra l’histoire com­plète de cette aven­ture. Il y aura beau­coup de rires, de véri­tables cris et quelques larmes. Mais ce que je peux dire main­te­nant, c’est que nous n’avions jamais ima­gi­né que nous ferions flip­per Israël comme ça. Enfin, peut-être dans cer­tains de nos plus beaux rêves.... Tout d’abord, ils ont créé une équipe spé­ciale d’urgence réunis­sant le minis­tère israé­lien des Affaires étran­gères, le com­man­do de marine israé­lien et les auto­ri­tés péni­ten­tiaires pour contrer la menace exis­ten­tielle que nous et nos quelques bateaux rem­plis d’aide huma­ni­taire repré­sentent. Puis, Ehud Barak lui-même a pris le temps, mal­gré son agen­da char­gé, de nous mettre en garde à tra­vers les médias israé­liens. Ils nous annoncent main­te­nant qu’ils nous enver­ront dans la pire des pri­sons israé­liens, dans le désert près de Beersheva.

« Ce sont des annonces pour nous faire peur. Et d’une cer­taine façon nous avons peur. Nous avons peur de leurs navires de guerre, peur de leurs Apaches et de leur com­man­do tout noir. Qui n’en aurait pas peur ? Nous avons peur qu’ils sai­sissent notre car­gai­son et toute l’aide médi­cale, les maté­riaux de construc­tion, les mai­sons pré­fa­bri­quées, les kits sco­laires, et qu’ils les détruisent. Toute cette soli­da­ri­té patiem­ment ras­sem­blée dans de si nom­breux pays pen­dant plus d’un an. Tous ces efforts et cette vague d’amour et d’espoir envoyés par des gens nor­maux, d’humbles citoyens de Grèce, Suède, Tur­quie, Irlande, France, Ita­lie, Algé­rie, Malai­sie. Tout ceci pris comme un tro­phée par un État agis­sant comme un vul­gaire pirate des îles. Qui ne sen­ti­rait pas un cer­tain sen­ti­ment de res­pon­sa­bi­li­té et de peur de ne pas être capable d’accomplir notre mis­sion et livrer nos mar­chan­dises à la popu­la­tion empri­son­née de Gaza ?

« Mais nous savons que la peur est aus­si de l’autre côté. Parce que depuis le début de notre coa­li­tion, l’Etat d’Israël fait tout ce qu’il peut pour évi­ter la confron­ta­tion avec nous. Depuis le début ils ont essayé de nous empê­cher de par­tir, de regrou­per nos forces et de prendre le large tous ensemble vers Gaza. Ils ont essayé de nous bri­ser. Leur scé­na­rio idéal était de nous divi­ser, les Irlan­dais d’un côté, les Grecs et Sué­dois d’un autre, les Amé­ri­cains d’un autre encore et les Turcs tout seuls. Bien sûr, ils savaient qu’ils ne pour­raient pas mettre la pres­sion sur la Tur­quie, ni agir direc­te­ment là-bas. Alors ils ont concen­tré leurs attaques sur les par­ties irlan­daises et grecques de notre coalition.

« Le pre­mier set a com­men­cé il y a deux semaines quand ils ont sabo­té le car­go irlan­dais, l’obligeant à retar­der son départ pour près d’une semaine. Mais, les Irlan­dais ont répa­ré aus­si vite qu’ils le pou­vaient et main­te­nant ils sont à un ou deux jours der­rière nous. Puis ils ont mis une pres­sion énorme sur le gou­ver­ne­ment grec, affai­bli par la crise éco­no­mique, pour l’obliger à ne pas lais­ser par­tir le car­go grec et le bateau de pas­sa­gers gre­co-sué­dois. A cause de ces pres­sions, nous avons dû retar­der notre voyage deux fois et deman­der aux Turcs, à leurs 500 pas­sa­gers et aux amis amé­ri­cains qui étaient prêts à par­tir de nous attendre. C’est ce qu’ils ont fait heu­reu­se­ment ! Jusqu’à la der­nière minute avant leur départ de Grèce, nous ne savions pas si les deux bateaux auraient l’autorisation du gou­ver­ne­ment grec, mais fina­le­ment le gou­ver­ne­ment grec a déci­dé de prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés en agis­sant comme un Etat sou­ve­rain et a lais­sé le car­go et le bateau de pas­sa­gers quit­ter le port du Pirée à Athènes.

[…] « Dans quelques heures, le der­nier set, cru­cial, com­men­ce­ra quand nous entre­rons dans les eaux de Gaza. Bien sûr, maté­riel­le­ment, il serait très facile pour Israël de nous stop­per et nous arrê­ter, mais le coût poli­tique qu’ils auront à payer sera énorme. Vrai­ment énorme, à tel point que toutes les ruses et les pièges qu’ils ont ten­té de mettre sur notre route ont réus­si à faire une seule chose : sen­si­bi­li­ser de plus en plus de gens par­tout dans le monde sur notre flot­tille et sur la situa­tion de Gaza. Et de tout ça, nous appre­nons quelque chose : la peur n’est pas de notre côté, mais du côté d’Israël. Ils ont peur de nous parce que nous repré­sen­tons la colère des gens tout autour du monde. Les gens qui sont mécon­tents de ce que l’État cri­mi­nel d’Israël fait aux Pales­ti­niens et à chaque amou­reux de la paix qui ose prendre le par­ti des oppri­més. Ils ont peur de nous parce qu’ils savent que, dans un proche ave­nir il y aura encore plus de bateaux à venir à Gaza comme il y a de plus en plus de per­sonnes à déci­der de boy­cot­ter Israël chaque jour. »

Tho­mas Som­mer-Hou­de­ville, depuis l’un des bateaux de la flot­tille de Gaza, coor­di­na­teur de la Cam­pagne civile inter­na­tio­nale pour la pro­tec­tion du peuple pales­ti­nien (CCIPPP)

Voir aus­si : http://www.protection-palestine.org


Attaque de Gaza. Israël prisonnier de ses murs

Ain­si, la flot­tille ache­mi­nant des cen­taines de mili­tants pro-pales­ti­niens et de l’aide pour Gaza a été inter­cep­tée par un com­man­do israé­lien. Au moins dix-neuf pas­sa­gers ont été tués, une tren­taine bles­sés. Je n’y étais pas, soit, mais je suis révol­té par ce qui est rap­por­té. Une fois de plus Israël se com­porte de manière into­lé­rable ; une fois de plus l’intolérable sera tolé­ré, moyen­nant quelques rodo­mon­tades de l’ineffable « com­mu­nau­té inter­na­tio­nale », aus­si habi­tuelles qu’hypocrites. Une fois de plus, la pers­pec­tive de paix au Moyen-Orient s’efface vers sa mor­ti­fère ligne de fuite.

Une phase de l’attaque israé­lienne contre le bateau turc « Mavi Mar­ma­ra » fil­mée par la chaîne de télé­vi­sion du Qatar Al-Jazee­ra. Cli­quer sur l’image.

C’est éga­le­ment ain­si qu’Israël, sur le plan mili­ta­ro-diplo­ma­tique, dans une même démarche d’isolement et d’arrogance, a déci­dé de tour­ner le dos au Trai­té sur la non-pro­li­fé­ra­tion des armes nucléaires (TNP). Cela s’est pas­sé ven­dre­di der­nier : tan­dis que les 189 États par­ties pre­nantes au TNP se sont accor­dés, à l’unanimité, sur une décla­ra­tion finale appe­lant à la tenue, en 2012, d’une confé­rence régio­nale en faveur d’un Moyen-Orient dénu­cléa­ri­sé, Israël dénon­çait le len­de­main même cet accord. Le gou­ver­ne­ment israé­lien l’a qua­li­fié de « très impar­fait et hypo­crite », déplo­rant que « le régime ter­ro­riste ira­nien n’est même pas men­tion­né ». Israël accuse aus­si les Etats-Unis d” « avoir cédé à la pres­sion inter­na­tio­nale ».

Non signa­taire du TNP, mais pos­sé­dant des armes nucléaires, Israël patauge dans une ambi­guï­té stra­té­gique et poli­tique main­te­nue sous ses mul­tiples oscil­la­tions idéo­lo­giques et reli­gieuses de ses régimes suc­ces­sifs, de gauche aus­si bien d’extrême-droite, comme l’actuel gou­ver­ne­ment de Néta­nya­hou dont l’outrance fait bien le jeu de Téhéran.

Comme si Israël s’enferrait et s’enfermait dans une cer­taine exploi­ta­tion de son tra­gique des­tin his­to­rique – exploi­ta­tion idéo­lo­gique, sym­bo­lique, psy­cho­lo­gique : en ne ces­sant de faire endos­ser au « reste du monde »  la fac­ture de la shoa, de faire payer cette tra­gé­die en mon­naie de culpa­bi­li­sa­tion assor­tie d’inter­dits mul­tiples : inter­dit d’exercer toute cri­tique sous peine de péché d’antisémitisme ! * – ce qui peut se lire entre les mots envoyés à un Oba­ma ayant « cédé à la pres­sion inter­na­tio­nale ». Une telle atti­tude, pou­vant certes trou­ver expli­ca­tion à l’analyse du sul­fu­reux cock­tail reli­gieux et his­to­rique, obère toute avan­cée rai­son­nable, donc aus­si ration­nelle que responsable.

Comme si le but de toute poli­tique avan­cée, sinon évo­luée, n’était de confor­ter la paix entre les hommes, dans les cœurs comme entre les États. Ce qui ne sau­rait se réa­li­ser en construi­sant des murs plu­tôt que des ponts, en envoyant des com­man­dos mili­taires plu­tôt que des légions évan­gé­liques. Et on va se plaindre de la guerre !


*Inter­dit même d’écrire « lob­by juif » sur un blog sans pro­vo­quer la cen­sure… C’est une des fonc­tions du tabou que d’interdire aus­si toute pen­sée cri­tique à son pro­pos et quant à son objet…


GAZA • Les dirigeants israéliens n’ont pas de plomb dans la tête

Signé du poète israé­lien Jona­than Gef­fen, l’article qui suit est paru dans Maa­riv (Le Soir), quo­ti­dien israé­lien popu­laire de droite… Comme quoi rien n’est simple dans la com­plexi­té du monde… Tou­jours est-il que ce texte, tra­duit et publié dans Cour­rier inter­na­tio­nal [mer­ci au Faber qui l’a repé­ré] lève bien haut le cri du poète debout face au déshon­neur d’un État assas­sin. Ce texte vient heur­ter celui dans lequel un Glucks­mann s’échine à s’interroger, faus­se­ment, sur les « res­pon­sa­bi­li­tés » de la guerre. Pour en acca­bler qui, devi­nez ? Com­ment ça « une riposte exces­sive » ?  [Le Monde 7/1/09] Indé­cente ques­tion, inhu­ma­ni­té d’un « phi­lo­sophe » jusqu’au bushiste. Pas­sons à l’honneur du poète :

De retour de New York le 26 décembre, je ne savais pas quel Israël j’allais retrou­ver. Sur la route de Lod à Tel-Aviv, alors que mes yeux fixaient le ciel, j’avais bien remar­qué des héli­co­ptères Apache qui s’envolaient pour le Sud. Mal­gré cela, je ne me ren­dais pas encore compte dans quel pays j’étais reve­nu. Et, comme lors de chaque retour, j’ai à peine dépo­sé ma valise que je me suis effon­dré dans mon lit. Lorsque je me suis réveillé le len­de­main à 17 heures, j’ai enten­du sur mon répon­deur trois mes­sages qui me deman­daient de par­ti­ci­per à une mani­fes­ta­tion de pro­tes­ta­tion à Tel-Aviv et de signer une péti­tion contre la guerre. Quelle guerre ? Pour­quoi ne m’avait-on rien dit ? Lorsqu’on subit le déca­lage horaire, il y a quelque chose qui va bien au-delà de la simple fatigue, quelque chose de mys­té­rieux qui vient inexo­ra­ble­ment brouiller l’espace et le temps. Mais j’ai été pro­fon­dé­ment heur­té de me rendre compte que, pen­dant que je dor­mais, la guerre contre laquelle je suis cen­sé me mobi­li­ser venait pré­ci­sé­ment d’éclater.

Ain­si, à l’occasion des fêtes de Hanou­ka*, nous avons inven­té un nou­veau spec­tacle pour le plus grand plai­sir des enfants, spé­cia­le­ment pour ceux de Gaza : le Fes­ti­ga­za, un spec­tacle de pyro­tech­nie qui a l’avantage de béné­fi­cier du concours extra­or­di­naire de l’aviation israé­lienne, le tout dif­fu­sé vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et notre peuple tout entier s’est à nou­veau mis à com­mu­nier dans la vio­lence fes­tive, en scan­dant des incan­ta­tions telles que « Opé­ra­tion jus­ti­fiée » et « Tsa­hal a lavé l’affront ». Mais de quelle jus­tice et de quel hon­neur parle-t-on ? Certes, l’Etat a le devoir de pro­té­ger ses citoyens. Mais cette guerre insen­sée n’éliminera jamais le Hamas. Au contraire, elle ren­dra la popu­la­tion de Gaza davan­tage sen­sible aux extré­mistes. Une fois de plus, nous fai­sons la seule chose que nous sem­blons savoir faire : un mas­sacre de masse qui finit tou­jours par être per­çu comme une sorte de géno­cide (par­don­nez-moi l’expression), une opé­ra­tion de des­truc­tion et de dévas­ta­tion qui nous amène, encore et tou­jours, plus de dévas­ta­tion et de des­truc­tion. Dès lors que nos diri­geants n’ont ni pro­gramme poli­tique ni plan mili­taire, et qu’ils n’ont même pas la finesse d’envisager des incur­sions ponc­tuelles de com­man­dos, ils pré­fèrent envoyer nos « hur­leurs d’acier » [les avions de chasse] rayer de la carte toute une ville sans se sou­cier ni des morts inno­cents, ni des mères pros­trées dans les tun­nels mitraillés, ni de leurs enfants qui ne savent plus trop de qui ils doivent avoir le plus peur – du Hamas ou de nos forces armées.

« Comme nous avions cette bombe, il fal­lait bien que nous l’utilisions », avait décla­ré le pré­sident Tru­man après le lar­gage de la bombe ato­mique sur Hiro­shi­ma. Puisque nous ne man­quons pas de muni­tions, nous uti­li­se­rons toute notre puis­sance de feu contre un adver­saire qui ne nous arrive pas à la che­ville. « A Gaza, il n’y a plus assez de place pour les cime­tières », a expli­qué un com­men­ta­teur israé­lien. Mais comme il nous reste encore des tonnes de mis­siles et qu’il faut bien en faire quelque chose, bom­bar­dons les cime­tières ! Et gar­dons-nous de dif­fu­ser la moindre image du mas­sacre, vu que les spec­ta­teurs sont de grands sen­sibles. Et envoyons des médi­ca­ments aux Pales­ti­niens avant de bom­bar­der leurs stocks de médi­ca­ments. En atten­dant, ceux qui osent s’exprimer contre le crime sont à nou­veau consi­dé­rés comme des traîtres. Je suis curieux de savoir si Amos Oz et A.B. Yeho­shua [deux consciences de gauche qui sou­tiennent l’offensive israé­lienne] ont déjà publié un énième mani­feste huma­niste dans les pages du Ha’Aretz ou s’ils sont seule­ment en train d’y tra­vailler. Cela dit, depuis quand un écri­vain est-il écou­té dans ce pays ?

A cet égard, quoi de plus trou­blant que de décou­vrir que le nom du pogrom que nous sommes en train de com­mettre est tiré d’un poème de Bia­lik* [Plomb dur­ci], le « poète des pogroms » ? Honte sur vous, mili­taires, si, après ma mort, vous déci­diez de bap­ti­ser l’une de vos opé­ra­tions en vous ins­pi­rant d’un de mes poèmes. En toute modes­tie, je viens de modi­fier mon tes­ta­ment pour que mes ayants droit (ma com­pagne, mes parents et mes enfants) puissent léga­le­ment inter­ve­nir contre qui­conque aurait l’idée sau­gre­nue de bap­ti­ser la pro­chaine opé­ra­tion israé­lienne « Jar­din fer­mé » ou « Vio­lettes ». Cela dit – qui sait ? –, peut-être que d’ici là, vous aurez été cités à com­pa­raître devant un tri­bu­nal inter­na­tio­nal pour crimes de guerre et contre l’humanité.

Jona­than Geffen

* Lan­cée lors de la fête juive de Hanou­ka, l’offensive israé­lienne a été bap­ti­sée d’après une comp­tine enfan­tine du poète Haïm Nah­man Bia­lik (1873-1934), En l’honneur de Hanouk­ka, où il est ques­tion d’une tou­pie en plomb dur­ci. Bia­lik doit sa noto­rié­té à son poème La Ville du mas­sacre, com­po­sé après un pogrom qui avait entraî­né la mort de qua­rante-neuf Juifs en 1903, en Russie.


GAZA – Un massacre, un… pogrom ?

Une année qui commence par une guerre ! De quelle humanité sommes-nous ? La crise, on peut s’en foutre après tout. Mais la guerre, Crise indépassable, monstrueuse, bestiale, sauvage. Une barbarie de plus dans la cacophonie du monde. L’impuissance à agir condamne à crier, hurler, gueuler. Aux chiottes les arguties politiciennes sur l’origine des conflits quand des vies tombent ! A mort la mort semée en habit de justicier légitime ! Mais 500 morts de côté, et un de l’autre, dites : de quoi s’agit-il. Un massacre, un… pogrom ? Rien ne peut justifier l’injustice suprême de la violence meurtrière. Surtout venant d’Israël, pays des juifs martyres. On voudrait ne pas confondre peuple et dirigeants… Mais les Israéliens, l’opinion va-t-en guerre des Israéliens ne lave pas le déshonneur – à quelques admirables exceptions près, certes. Toute guerre ne peut que se draper dans le déshonneur. La violence est une défaite de l’intelligence. De toutes parts, elle frappe à l’aveugle, rend aveugle. A moins que ce ne soit la cécité qui la cause. Parler de paix en même temps confine à l’obscénité. Comme sont obscènes les chars, les avions, les bombes et toute cette technicité de guerre. David s’habille en kaki, couleur du désespoir, mélange sale de bleu, de jaune, de vert. Et de rouge-sang surtout. David est devenu Goliath. Quelle inversion des symboles ! Ne pas pour autant confondre les Palestiniens et ceux qui les instrumentalisent au nom d’Allah et surtout de leur folie pareillement meurtrière. Mais dans l’urgence, face à une telle inégalité, comment ne pas prendre parti ? Voler au secours du plus faible, là au moment même où il affronte la mort : voilà qui balaie toute injustifiable alternative. Voilà la vraie question politique, une question de vie ou de mort. 


Le Proche-Orient pour les nuls

par Sin­di­bad

Sous la signa­ture de Sin­di­bad et sous le titre repris ici, la Coor­di­na­tion des Appels pour une Paix Juste au Proche-Orient (CAPJPO) publie sur son site – « en forme de satire » –, un texte déca­pant. Il pose en par­ti­cu­lier la ques­tion du trai­te­ment par la plu­part des médias domi­nants de l’actualité du Proche-Orient. Bien des jour­na­listes pour­raient se sen­tir visés.

Depuis près de six ans, le gou­ver­ne­ment israé­lien tue par semaine entre 10 et 20 Pales­ti­niens, enlève les hommes et les femmes par dizaines, détruit les habi­ta­tions, les champs et les infra­struc­tures, enferme et empêche les habi­tants de Gaza et de Cis­jor­da­nie de cir­cu­ler libre­ment chez eux. Alors, quand un groupe de résis­tants, « ter­ro­ristes » pour les israé­liens, « acti­vistes » pour les autres, cap­ture un sol­dat char­gé de sur­veiller la grande pri­son à ciel ouvert qu’est Gaza, l’Occident, l’Europe, la France et sa presse indé­pen­dante trouvent que c’en est trop pour Israël. Cet État « seule démo­cra­tie au Proche-Orient » est éga­le­ment le seul État à avoir le droit de tuer des civils, d’enlever des ministres et des dépu­tés élus démo­cra­ti­que­ment, dans un pays en lam­beaux, seule démo­cra­tie sous occu­pa­tion dans le monde.

Il y a quelque chose d’irréel dans ce monde libre vou­lu par Bush et Blair. On se frotte les yeux et on tend les oreilles pour réa­li­ser que c’est bien la réa­li­té. Celle des bombes puis­santes qui pul­vé­rise les réfu­giés liba­nais sur la route de l’exode. Celle d’une télé­vi­sion qui choi­sit de ne pas mon­trer ce qu’on ne doit pas voir. On se dit alors, que nous n’avons rien com­pris. Le malaise qu’on éprouve devant notre poste de télé­vi­sion vient de notre inca­pa­ci­té à com­prendre les nou­velles règles du jeu. Ces règles sont cer­tai­ne­ment écrites quelque part dans les cer­veaux des édi­to­ria­listes de Libé­ra­tion, du Monde ou de France Inter.

Il n’y a qu’à écou­ter et regar­der ces jour­na­listes, envoyés très spé­ciaux, ten­tant de nous vendre la ver­sion d’un conflit dont les forces en pré­sence seraient symé­triques, entre l’une des armées les mieux équi­pées du monde, qui en plus est sou­te­nue par la pre­mière puis­sance mon­diale, et d’un pays dépour­vu d’armée digne de ce nom.

Depuis le début de l’Intifada, les Israé­liens morts suite à des tirs de roquettes pales­ti­niennes se comptent sur les doigts de la main. Autant dire qu’un Israé­lien a plus de risques de mou­rir de la foudre que vic­time d’une roquette du Hamas. Pour­tant on a fini par croire que les roquettes Aze­dine Alquas­sam met­taient en péril l’existence d’Israël, état dit tan­tôt « hébreu », tan­tôt « démo­cra­tique, sur­tout quand ça l’arrange.

On croyait, nous les naïfs, qu’un homme en valait un autre. On avait tort, preuve qu’on n’avait rien com­pris aux règles du jeu. Ce sont ces règles qui font que la vie d’un sol­dat israé­lien n’a pas de prix. Un sol­dat Israé­lien cap­tu­ré, jus­ti­fie que 300 Arabes soient assas­si­nés et qu’un pays tout entier soit dévas­té, sans qu’on y trouve rien à redire.

Voi­ci, en exclu­si­vi­té, ces règles que tout le monde doit avoir à l’esprit lorsqu’il regarde le JT le soir, ou quand il lit son jour­nal le matin. Tout devien­dra simple.

Règle numé­ro 1 : Au Proche-Orient, ce sont tou­jours les Arabes qui attaquent les pre­miers et c’est tou­jours Israël qui se défend. Cela s’appelle des repré­sailles.

Règle numé­ro 2 : Les Arabes, Pales­ti­niens ou Liba­nais n’ont pas le droit de tuer des civils de l’autre camp. Cela s’appelle du ter­ro­risme.

Règle numé­ro 3 : Israël a le droit de tuer les civils arabes. Cela s’appelle de la légi­time défense.

Règle numé­ro 4 : Quand Israël tue trop de civils, les puis­sances occi­den­tales l’appellent à la rete­nue. Cela s’appelle la réac­tion de la com­mu­nau­té internationale.

Règle numé­ro 5 : Les Pales­ti­niens et les Liba­nais n’ont pas le droit de cap­tu­rer des mili­taires israé­liens, même si leur nombre est très limi­té et ne dépasse pas trois soldats.

Règle numé­ro 6 : Les Israé­liens ont le droit d’enlever autant de Pales­ti­niens qu’ils le sou­haitent (envi­ron 10.000 pri­son­niers à ce jour dont près de 300 enfants). Il n’y a aucune limite et ils n’ont besoin d’apporter aucune preuve de la culpa­bi­li­té des per­sonnes enle­vées. Il suf­fit juste de dire le mot magique « terroriste ».

Règle numé­ro 7 : Quand vous dites « Hez­bol­lah », il faut tou­jours rajou­ter l’expression « sou­te­nu par la Syrie et l’Iran ».

Règle numé­ro 8 : Quand vous dites « Israël », Il ne faut sur­tout pas rajou­ter après : « sou­te­nu par les Etats-Unis, la France et l’Europe », car on pour­rait croire qu’il s’agit d’un conflit dés­équi­li­bré.

Règle numé­ro 9 : Ne jamais par­ler de « Ter­ri­toires occu­pés « , ni de réso­lu­tions de l’ONU, ni de vio­la­tions du droit inter­na­tio­nal, ni des conven­tions de Genève. Cela risque de per­tur­ber le télé­spec­ta­teur et l’auditeur de France Info.

Règle numé­ro 10 : Les Israé­liens parlent mieux le fran­çais que les Arabes. C’est ce qui explique qu’on leur donne, ain­si qu’à leurs par­ti­sans, aus­si sou­vent que pos­sible la parole. Ain­si, ils peuvent nous expli­quer les règles pré­cé­dentes (de 1 à 9). Cela s’appelle de la neu­tra­li­té journalistique.

Règle numé­ro 11 : Si vous n’êtes pas d’accord avec ses règles ou si vous trou­vez qu’elles favo­risent une par­tie dans le conflit contre une autre, c’est que vous êtes un dan­ge­reux antisémite.

••• CAP­J­PO-Euro-Pales­tine, 16 bis rue d’Odessa 75014 Paris.
http://www.europalestine.com • infos@europalestine.com


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bossuet

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  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Marseille

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sexpol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse postale !) 

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl). 
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

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    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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