On n'est pas des moutons

Archive for avril, 2005

Un week-end à l’île de Bréhat, là tout de suite, ça vous dirait ?


Allez, embar­que­ment immé­diat ! Atten­tion, voyage envoû­tant (sur­tout si on est connecté en haut débit). Un peu de bon air bre­ton, ça va nous remettre des his­toires de papes, de prince, de traité, d’Europe et de réfé­ren­dum, d’Airbus et quoi encore ?
Bravo et merci à l’Œil ouvert !


Brehatstmichel
→ Cli­quer ici pour le décollage.

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A 380. Vol au-dessus d’un nid de canards

Au len­de­main du pre­mier envol de l’Airbus 380, un… sur­vol au-dessus de quelques « unes » de la presse régio­nale nous éclaire sur deux pra­tiques du jour­na­lisme. L’une tient à la fameuse «loi» dite de proxi­mité. L’autre montre com­ment une forme de presse peut se trou­ver gou­ver­née par la communication.

D’abord la proxi­mité. En l’occurrence, il s’agit de sa variante « kilo­mé­trique », la plus basique, encore appe­lée « loi du mort-kilomètre ». Elle relève du res­sort psy­cho­lo­gique vou­lant que l’on soit concerné par un évé­ne­ment en inten­sité inver­se­ment pro­por­tion­nelle à sa dis­tance… Vous me sui­vez ?
1dpauciel050428_161Illus­trons avec l’actualité de l’A380. Le plus par­lant à cet égard est évi­dem­ment La Dépêche du Midi, quo­ti­dien de Tou­louse, marié à l’aéronautique comme La Pro­vence de Mar­seille l’est à l’OM. Notons d’ailleurs que ces deux cas s’alimentent à une rela­tion com­mer­ciale très directe. A chaque exploit des «idoles» locales, c’est le chiffre des ventes qui grimpe d’autant. Et par les temps qui courent, cet aspect est loin d’être secondaire.

Voir tout l’article et la gale­rie de quelques jour­naux régio­naux du 28/04/05.

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Alléluia ! L’Airbus 380 a décollé à 10h29, acclamé par la foule des fidèles

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C’est un fait : l’homme, cet ani­mal pen­sant, a besoin de s’émerveiller comme « un enfant au bord de l’océan ». L’expression est de New­ton, ce qui tombe bien, si j’ose dire, pour ce savant qui a for­mulé les lois de la gra­vi­ta­tion et au moment ou l’Airbus 380 vient de s’en arran­ger – et de la gra­vi­ta­tion, et de ses lois. L’avion géant a bien décollé de terre à 10h29 sous les hour­ras d’une foule ébau­bie. Et il est même revenu quatre heures après.

Si j’en parle ici c’est en rai­son de l’«explosion» des visites de «c’est pour dire» liées aux quelques réfé­rences à Air­bus qui s’y trouvent : plus de 700 visites à 10 heures ! Ça me laisse pan­tois puisque si j’en parle ici, c’est tout de même par le biais des médias, et plu­tôt pour déni­grer leur accès de panur­gisme et l’absence, une fois de plus de recul critique.

L’A380, comme toute pro­duc­tion humaine, ne sau­rait atteindre la per­fec­tion… divine. Tout comme le pape, ancien ou nou­veau. Et cet avion n’est jamais qu’un objet – fût-il admi­rable –, qu’on se doit de consi­dé­rer comme tel. Sans sou­mis­sion toté­mique, en se gar­dant de tout féti­chisme. His­toire de s’élever dans la condi­tion humaine. Ni papo­lâ­trie, ni air­bus­so­lâ­trie. Mais ce sera dur, tant semble insa­tiable cette soif de croyances et de mer­veilleux. Sans doute même rejoint-elle les mythes fon­da­teurs, tel celui d’Icare qui, au fait, s’est brûlé les ailes à trop s’approcher du soleil.

Voir la vidéo du décol­lage sur France 3 (en cas de manque…).

→ Images : Mais il vole ! Et « France 3 Midi Pyré­nées » en perd son français.


France 2. Des journalistes frappés de surdité, un médiateur qui jette l’éponge

Le grand péril qui guette les jour­na­listes et les sys­tèmes média­tiques qui les englobent, c’est la perte de réfé­rences exté­rieures et, pire encore, l’auto-référencement. Cela peut aller jusqu’à la sur­dité. Comme pour la rédac­tion de France 2 dont la patronne, Arlette Cha­bot, refuse d’entendre les mil­liers de pro­tes­ta­tions du public réper­cu­tées par le média­teur, Jean-Claude Alla­nic. Lequel ne se prive pas d’ajouter une bonne dose cri­tique, qu’il s’agisse de la mort du pape ou de la cam­pagne référendaire.

1allanicjcSelon Le Monde [26/04/05], « Alla­nic indique avoir reçu 2.500 mes­sages de télé­spec­ta­teurs. Du jamais vu ! « A 90% le sen­ti­ment de satu­ra­tion l’emporte, les 10% res­tants sont des témoi­gnages de satisfaction ».

« Si, pour le média­teur, « les uns et les autres méritent au même titre notre écoute et notre consi­dé­ra­tion », il sou­ligne que la rédac­tion « ne peut pas faire l’économie d’une réflexion plus pro­fonde sur l’exercice de [son] métier de jour­na­liste de ser­vice public dans un envi­ron­ne­ment outran­ciè­re­ment sou­mis aux lois du mar­ke­ting ». » On ne sau­rait être plus direct.

→ Lire tout l’article.

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Quand la Chine s’éveillera… à la liberté de la presse

La Chine à tous les étages média­tiques. Hier on clai­ron­nait le voyage là-bas de notre repré­sen­tant de com­merce en chef, rayons Air­bus et arme­ment. Aujourd’hui, on déchante avec la fac­ture envoyée par l’empire d’Orient : 20 mil­lions de liquettes par Air­bus ou rien. Pas­cal Lamy tem­père. Sur France Inter ce matin, le super repré­sen­tant du com­merce euro­péen (futur boss de l’OMC ?) n’y voyait d’inconvénients que « à terme ». Mais pour les chô­meurs annon­cés, le « terme » est immé­diat. Même l’échelle du temps est injuste. En Chine pareille­ment. En par­ti­cu­lier s’agissant de la presse chi­noise – 2.000 quo­ti­diens, 9.000 maga­zines et 2.000 télé­vi­sions… – et des dizaines de jour­na­listes empri­son­nés. Pour ne pas oublier, tout de même, que la Chine est une sombre dic­ta­ture biznesso-communiste.

1cheng_yizhongC’est l’histoire de ce jour­na­liste chi­nois, Cheng Yiz­hong, ancien rédac­teur en chef du «Nan­fang Dushi Bao» («Le Quo­ti­dien de la métro­pole du sud»). Il vient de rece­voir le Prix mon­dial Unesco/Guillermo Cano 2005 de la Liberté de la presse. Autant dire un héros dans ce pays qui est le pre­mier au monde pour le nombre de jour­na­listes empri­son­nés. RSF publie sur son site les noms de 23 actuel­le­ment empri­son­nés. Le Comité pour la pro­tec­tion des jour­na­listes (CPJ), lui, en dénombre plus de 40. Ils sont déte­nus pour avoir dévoilé des affaires de cor­rup­tion chez les hauts digni­taires du gou­ver­ne­ment et pour avoir reven­di­qué des réformes poli­tiques ou cou­vert d’autres sujets interdits.

Cheng Yiz­hong est, pour les auto­ri­tés, le mou­ton noir du jour­na­lisme chi­nois. En décembre 2003, par exemple, son jour­nal rap­por­tait un cas sus­pect de SRAS dans la ville de Guangz­hou, le pre­mier nou­veau cas en Chine depuis que l’épidémie avait été balayée en juillet 2003. Le repor­tage devait contraindre le gou­ver­ne­ment à rendre publique l’information.

Le quo­ti­dien a aussi révélé qu’un col­lé­gien avait été battu à mort alors qu’il était détenu par la police. Les pro­tes­ta­tions publiques qui ont suivi ce décès ont mené à l’arrestation de plu­sieurs res­pon­sables locaux du gou­ver­ne­ment et de la police.

Les auto­ri­tés ont tenté d’entraver ce gêneur. D’abord par une enquête bidon sur les finances du jour­nal. Puis en 2004, Cheng a été détenu pen­dant cinq mois sans accu­sa­tions. Il a été relâ­ché en août 2004 et inter­dit de pra­ti­quer le jour­na­lisme. Ses col­lègues, le rédac­teur en chef adjoint Yu Hua­feng et le direc­teur Li Minying, ont été accu­sés de cor­rup­tion et condam­nés res­pec­ti­ve­ment à des peines de huit et six ans de prison.

Le Prix mon­dial Unesco/Guillermo Cano 2005 de la Liberté de la presse com­mé­more le jour­na­liste colom­bien assas­siné en 1987 après avoir cri­ti­qué de puis­sants barons de la drogue.

→ L’image : Cheng Yiz­hong en août 2004, peu après sa libé­ra­tion.
[Sources : IFEX-Montréal, RSF et Unesco].

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Référendum. Le cœur des médiateurs doit balancer entre ni oui ni non

Plus que jamais, quand une opi­nion est aussi par­ta­gée qu’aujourd’hui, les média­teurs des médias dégustent. Parce que cette cou­pure se situe grosso-modo autour de 50/50 [en fait, si c’était 56/44 ça ferait 9 points d’écart, mais ne chi­po­tons pas, puisque là n’est pas la ques­tion…], le média­teur se retrouve exac­te­ment « entre les deux », ce qui, après tout est bien nor­mal quand on se veut au milieu. Bref, pre­nons deux cas « emblé­ma­tiques ». Celui de Robert Solé, au Monde, et celui de Jean-Claude Alla­nic à France 2.

Emblé­ma­tiques en rai­son de la posi­tion des deux médias, l’un comme « jour­nal de réfé­rence » – «auto­ré­fé­rencé» diront d’aucuns –, l’autre en tant que grande chaîne du ser­vice public de la télé­vi­sion. Dans son der­nier maga­zine, L’Hebdo du média­teur, Alla­nic est revenu sur le lap­sus de Benoît Duquesne à pro­pos des « mau­vais son­dages » [Voir notre article] pour le mettre sur le compte de la mal­adresse pas méchante – ce qui ne mange pas de pain. Pantoufledor_22Pantoufledor_22
Donc, ce qui revient encore et tou­jours au pre­mier plan, c’est la ques­tion de l’équité jour­na­lis­tique. En fait, parce que ladite équité ne se mesure pas au pied à cou­lisse, elle demande aux rédac­tions et aux jour­na­listes une atten­tion per­ma­nente. Certes, mais encore… Reve­nons au Monde qui, en pas­sant, se voit gra­ti­fié de deux belles Pan­toufles d’or.

Lire tout l’article

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PUB. Le pognon guidant le peuple

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« La pub rend con, la pub nous prend pour des cons »… On le sait et, moi en tout cas, j’arrive pas à m’y faire, encore moins à m’y résigner.

← Et quand je vois ça, je gueule !
Lire le coup de gueule.

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Radio France. 380 journalistes sur siège éjectable


Ben ouais, en trois semaines, j’ai trouvé moyen de ne pas par­ler ici de la grève des sou­tiers de Radio France ! Quand je me suis décidé, c’était le jour de la reprise ; je vou­lais signa­ler l’excellente page dans Libé à base de mini-portraits de cer­tains tra­vailleurs de l’ombre [Paroles de la “Mai­son d’en bas”, Cathe­rine Mal­la­val], 21/04/05.] Cette fois, je prends les devants à pro­pos d’une autre caté­go­rie de pré­caires, les « jour­na­listes clan­des­tins », ainsi qu’ils s’appellent eux-mêmes sur leur site www.radioprecaire.com qui s’ouvrent sur ces mots :


1precaires« Cer­tains jour­na­listes que vous avez pu entendre sur France Info, France Inter, ou France Bleu pen­dant plus de 5 ans ne sont plus là.

« Plus d’un jour­na­liste sur trois est un pré­caire à Radio France. Depuis quelques mois, la radio de Ser­vice Public se sépare des pigistes et CDD les plus expé­ri­men­tés. Sans pré­avis. Arbitrairement.

« La direc­tion a ignoré le dos­sier de la pré­ca­rité pen­dant des années. Aujourd’hui, le SNJ Radio France demande l’embauche mas­sives des jour­na­listes précaires.

« 380 pré­caires dans les rédac­tions. C’est plus d’un tiers des jour­na­listes sur un siège éjectable. »

→ L’image : Page d’accueil du site « radioprecaire.com ».

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Notes et musiquette sur l’air du référendum

Atten­tion ! les médias de masse nous la jouent ber­ceuse. Et sur­tout ren­gaine en OUI majeur, avec pleins de couacs désa­gréables à nos tym­pans déli­cats. Plu­tôt que de nous bou­cher les esgourdes, ouvrons-la bien grande pour dénon­cer les dérives journalistiques.

Après les abus papistes – non encore assou­vis, soit dit en pas­sant – la relève s’est por­tée sur le ter­rain poli­tique, avec le réfé­ren­dum du 29 mai et le pro­jet de Traité euro­péen. Là encore, un manque de recul frappe les rédac­tions des médias de masse qui, en géné­ral, prennent fait et cause pour le OUI de façon plus ou moins dégui­sée, insi­dieuse ou incons­ciente. Quand bien même s’agirait-il du NON que la ques­tion res­te­rait entière : celle de l’indépendance des rédac­tions et, plus encore, celle du res­pect du lecteur/auditeur/téléspectateur dans son libre-arbitre et dans son droit à l’information.

On ne va pas se relan­cer dans une nou­velle péti­tion – n’usons pas la noble chose – mais, par exemple, fai­sons table ouverte de nos obser­va­tions futées, cri­tiques, citoyennes et tout. Pour cela pas­sons dans la pièce à côté, nous y serons plus à l’aise.


Airbus A380 et Traité européen. Entre vol et envol

C’est une sem­blable his­toire de mas­to­dontes. A l’image de ces hommes, si petits au fond qu’il leur faut des pro­thèses. De toutes sortes, de tous calibres. Une affaire de bittes, certes. Mais dont la fonc­tion est unique : affir­mer puis­sance et domi­na­tion. On a les plai­sirs qu’on peut.

Ici un avion géant, plus géant encore que son concur­rent. Pousse-toi Yan­kee, et t’are ta gueule à la récré du ciel.

Là, un Traité-constitution pour une Europe + grande, + grosse, + forte. Une Europe d’additions marchandes.

Le pre­mier devrait voler dans quelques jours. Aujourd’hui ven­dredi, il pour­rait atteindre sa vitesse maxi­male – sans décol­ler. Le grand jour sera peut-être mardi 26 avril. Pourvu.

Depeche1_1Car le deuxième, lui, menace de capo­ter. On ima­gine d’autant le tin­touin euro­péa­niste tapi dans l’ombre du géant des airs. A un mois du 29 mai réfé­ren­daire, on voit les enjeux : sym­bo­lique, poli­tique, pro­pa­gan­diste. Ça va y aller !

On croit entendre gron­der le pro­chain tsu­nami média­tique. Un hour­vari de qua­dri­réac­teur. Déjà, pour la seule pré­sen­ta­tion pas­sive de la bête en jan­vier, de La Dépêche de Tou­louse à TF1, tout le tou­tim de jour­na­listes gogos avait entonné le même Glo­ria in excel­sis. Sous l’emphase, cer­tains avaient même pris l’engin pour un Mirage et quelques gazettes l’avaient vu voler, « pho­tos » à l’appui.

Sûr que ça va déver­ser « de l’émotion » à en-veux-tu-en-voilà. Je vous aurai pré­ve­nus. Per­sonne ne pourra donc dire que le sys­tème d’alerte n’a pas fonctionné.

→ L’image : Après sa Une du 18 jan­vier, La Dépêche va devoir far­fouiller sec dans ses stocks de superlatifs.

→ Lire aussi « L’Airbus 380 veut embar­quer le Traité euro­péen dans son pre­mier vol (suite) »» sur «  c’est pour dire+plus+  », suc­cur­sale de la hol­ding « c’est pour dire ».

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Traité européen. Etienne Chouard, héraut malgré lui, attaqué par les « gardiens du temple »

238.445. C’est le chiffre de visites annoncé [ce 21/04/05 au soir] par le comp­teur du site d’Etienne Chouard, cet ensei­gnant de Mar­seille qui s’est mêlé d’analyser le pro­jet de consti­tu­tion et qui se voit lit­té­ra­le­ment englouti par ce suc­cès d’audience aussi inat­tendu. Suc­cès qu’il n’apprécie pas sur toute la ligne car il est aussi la cible d’attaques mul­tiples de-ci de-là, et notam­ment par émiles (cour­riels, quoi…) qui pleuvent sur lui – jusqu’à 300 par jour.

Il est atta­qué entre autres sur ses titres uni­ver­si­taires et ses com­pé­tences – qu’il ne s’est d’ailleurs jamais attri­bués, tan­dis que la rumeur et la presse l’ont par­fois dési­gné comme un «prof de droit consti­tu­tion­nel». Ici même, le 14 avril, je le pré­sen­tais comme «un pro­fes­seur de droit, d’économie et d’informatique au Lycée Marcel-Pagnol à Mar­seille», ce qui est exact.

1chouardTou­jours est-il que le « petit » pro­fes­seur a dû en venir à une mise au point, qu’on peut lire sur son site, datée du 19 avril. Extraits : « Ça devient fou, exa­géré. Après les jour­na­listes au télé­phone, à la mai­son, la télé qui veut me voir, je reçois main­te­nant des mes­sages mépri­sants, sar­cas­tiques, vio­lents… Ces gar­diens du temple qui montent au cré­neau, spé­cia­listes qui se moquent mécham­ment de mes erreurs de débu­tant (comme beau­coup d’autres, je ne connais pas grand-chose au droit communautaire).

« Cer­tains mes­sages sont ter­ri­fiants, pleins de haine. Que s’est-il passé ?» La suite donc à lire sur le site de l’intéressé. Et ça vaut le coup car c’est l’histoire d’un embal­le­ment dingue lié à la fois au contexte poli­tique autour du réfé­ren­dum et au mode de dif­fu­sion et d’alimentation d’idées sur ce sup­port éton­nant – que nous par­ta­geons ici, je vous le rap­pelle en pas­sant au cas où vous croi­riez regar­der la télé. Ou lire La Pro­vence, qui a envoyé un jour­na­liste à Trets, près de Mar­seille, à la ren­contre du héraut mal­gré lui.

→ L’image : l’article de La Pro­vence du 21 avril.

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Traité européen. Le métier d’informer s’enfonce dans le discrédit

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Des­sin de Faber ©

La ques­tion : Qu’est-ce donc qui est déré­glé dans la machi­ne­rie média­tique ? Elle est malade, certes – et les causes en sont mul­tiples–, mais de plus elle aggrave son état dans la pire incons­cience. C’est somato-psychique, oui, dans cet ordre-là en ce moment : le corps souffre (déré­gle­men­ta­tion des mar­chés et des struc­tures de pro­duc­tion) et le men­tal (ce qu’informer veut dire) est atteint, ce qui est le plus grave.

Pour­quoi, en effet, accor­der quelque cré­dit aux médias ? Pour­quoi, de plus, payer en ache­tant des jour­naux qui méprisent à ce point leurs « clients » ? Et je dis bien clients exprès, jus­te­ment par oppo­si­tion à lec­teurs, ou audi­teurs, télé­spec­ta­teurs. Je le dis pour qua­li­fier ce mépris des éditeurs-commerçants pour leurs publics aux­quels ils devraient être rede­vables d’un véri­table ser­vice public – celui de l’information due aux citoyens, au nom du droit du public à l’information, droit basique, fon­da­men­tal, un des « droits de l’Homme » et des démocraties.

Quel mépris donc ? Celui qui nie le libre-arbitre de l’individu. Qu’il s’agisse du « tsu­nami » papo­lâtre qui a englouti les rédac­tions dans une absence quasi totale de recul cri­tique et de sens de la mesure. Qu’il s’agisse, bien sûr, du pro­jet de traité euro­péen pour lequel les médias de masse ont aussi perdu tout sens civique et cri­tique en optant – de manière, hélas sou­vent ou par­fois incons­ciente –, pour le « oui » au référendum.

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Dans les deux cas, le citoyen sou­cieux de son libre juge­ment est nié en tant que tel. Il doit alors en rabattre à chaque émis­sion ou pour chaque page de jour­nal ; y subir les assauts pro­pa­gan­distes de partisans-journalistes qui, cepen­dant, se vou­draient encore « neutres », « objec­tifs », « pro­fes­sion­nels » ou quoi encore ?

Un déni de jour­na­lisme d’information (car le jour­na­lisme d’opinion a sa rai­son d’être, dès lors qu’il se pré­sente comme tel : un jour­na­lisme de com­bat, d’engagement), un déni d’autant plus grave qu’il affecte les médias des ser­vices publics – les seuls sur les­quels nous pou­vons pré­tendre à de légi­times exi­gences d’équité puisque ces médias publics nous appar­tiennent, à nous col­lec­ti­vité de la Répu­blique, en tant que bien commun.

Lire tout l’article.

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Un peu de légèreté pour se faire du bien dans ce monde de brutes


M’inscrivant ici en faux contre un cer­tain Milan Kun­dera, et non­obs­tant le blog voi­sin dénommé L’insoutenable légè­reté de l’être d’un autre cer­tain Milan…, per­met­tez que, en ce jour pesant en homé­lies vati­canes, je défende le concept de la légè­reté sou­te­nable – ça défa­ti­guera de toutes ces tartes à la crème en –able.

Mais c’est aus­si­tôt pour rele­ver que toute vraie légè­reté atteint des som­mets de pro­fon­deur, si je puis me per­mettre cette audace sty­lis­tique – d’ailleurs, oui, je me l’accorde. A l’image, par exemple de ce « Papier de verre » grif­fonné chaque matin par Hervé Le Tel­lier sur la « check list » [sic] du Monde.fr et offert comme une perle rare.

Lire tout l’article. (J’y parle un peu de l’Oulipo et aussi de Ber­nard Lan­glois et de son bloc-notes dans Poli­tis).

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‘tite devinette du jour. Qui a dit ?

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Réponse plus tard ici-même, dans les com­men­taires – après les vôtres…

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Traité européen. France 2 et les « mauvais sondages »

Encore de la mal-info ! Cette fois sur France 2, chaîne du ser­vice public – en prin­cipe et jusqu’à nou­vel ordre. Merci à Domi­nique qui nous trans­met ses vigi­lantes observations.

« Jour­nal de France 2, 13 heures, le 18 avril. Benoît Duquesne déclare : « Alors que les mau­vais son­dages se succèdent.… »

« Moi j’aimerais bien qu’on m’explique ce qu’est un « mau­vais son­dage ». Est-ce un son­dage qui est mal réa­lisé, donc qui ne reflète pas (ou très mal) la réa­lité qu’on désire ana­ly­ser? A mon avis ce devrait (nor­ma­le­ment) être ça.

« Ou bien… Est-ce un son­dage qui reflète une « mau­vaise » réa­lité? Je crains fort que mal­heu­reu­se­ment ce ne soit la deuxième expli­ca­tion… Dans l’esprit de la rédac­tion de la 2, ou du moins dans celui de Benoît Duquesne, un son­dage favo­rable au « NON » reflète une « mau­vaise » réa­lité. Opter pour le « non », c’est vou­loir la fin de la construc­tion euro­péenne, c’est en quelque sorte être un « mau­vais » citoyen.

« Quelques minutes après,  « expli­ca­tion de texte »» des nou­veau­tés du TCE tout beau tout nou­veau qui accorde plein de nou­veau­tés: droit de grève, éga­lité homme femme, j’en passe et des meilleures… par un jour­na­leux dont je n’ai pas retenu le nom. Belle gueule lisse et sym­pa­thique. Puis hap­pe­ning avec Nico­las Dupont-Aignan (de l’UMP), opposé au TCE, qui accuse les jour­na­listes de par­tia­lité. Indi­gna­tion des­dits journalistes.

« Ses inter­lo­cu­teurs (sur­tout Oli­vier Duha­mel) le laissent à peine par­ler. A la fin, Oli­vier Duha­mel prend la parole, sans lais­ser Dupont-Aignan en pla­cer une: « Laissez-moi finir, vous répon­drez après! » mais il sera impos­sible (temps écoulé) à son inter­lo­cu­teur de réfu­ter les affir­ma­tions du jour­na­liste « proche du PS ».

« Je suis indi­gnée! Com­ment sont décomp­tés ces temps de parole? Le sont-ils seulement? »

→ Lire aussi sur le même sujet : Quand France Inter peine à jus­ti­fier l’injustifiable et L’Observatoire des médias appelle à un trai­te­ment équi­table de l’information

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  • Twitter — Gazouiller

  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
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    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)
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    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances
    (Ber­trand Russel)
  • Un récent et com­pli­qué chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Les reverra-t-on un jour ? Hmmm…

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