On n'est pas des moutons

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Maréchal, me voilà !” Quand le FN redevient ce qu’il est

Ca a chauf­fé lors de la remise, mar­di 27 à Paris,  par le Trom­binoscope du prix d’ “élu local de l’année” au maire FN d’Hénin-Beaumont Steeve Briois. Cette banale céré­monie de l’entre-soi politi­cien a tourné au vinai­gre, ver­sion fron­tiste.

Alors que les prix sont remis en mains pro­pres, vient le moment pour Gilles Leclerc, prési­dent de la chaîne Pub­lic Sénat et qui n’a rien d’un gauchiste, de remet­tre le sien à Steeve Briois. Et son dis­cours n’est… com­ment dire ?… pas vrai­ment enjoué :

“Je vais être tout a fait hon­nête, j’étais pas for­cé­ment spé­ciale­ment volon­taire pour cet exer­ci­ce un peu spé­cial. […] Il ne s’agit pas à pro­pre­ment par­ler d’une véri­ta­ble récom­pense. […] Aujourd’hui maire, donc, député européen – tiens j’oubliais d’ailleurs qu’au Front nation­al on n’était pas for­cé­ment con­tre le cumul. […] C’est vrai que vous avez sans doute en mémoire les bilans pas très fameux, vous en con­vien­drez, de vos col­lègues élus en 1995.”

Suite à quoi il descend de la scène et laisse une hôtesse remet­tre son prix à Steeve Briois. Qui déclare à la tri­bune :

Je voulais vous remerci­er pour ce prix. Même s’il m’a été attribué vis­i­ble­ment à con­tre-cœur, il me va droit au cœur. ”

Les respon­s­ables fron­tistes présents pren­nent alors à par­ti Gilles Leclerc, sous l’œil des caméras du Petit Jour­nal. “Le dis­cours que vous avez fait est un dis­cours de pro­tec­tion, il fal­lait met­tre un préser­vatif pour venir”, lui lance fine­ment le député Gilbert Col­lard, qui ajoute : “Quand on le reli­ra dans dix ans, votre dis­cours… Je vous plains.” “Mon­sieur Leclerc, vous avez été en-dessous de tout, le tance à son tour le séna­teur Stéphane Ravier. Ne vous forcez pas à vous ridi­culis­er à ce point ! […] Vous vous êtes aplati, vous avez ram­pé…” Et puis c’est au tour de Mar­i­on Maréchal — Le Pen. Tout sourire, la députée et nièce de Marine Le Pen men­ace assez claire­ment le jour­nal­iste :

Franche­ment, c’est minable. Je suis regon­flée à bloc ! Mais on va vous avoir… Mais quand ça va arriv­er, ça va vrai­ment vous faire mal ! Vrai­ment, mer­ci. Parce qu’on a des petits coups de mou et quand on a ça, on est motivés ! Vrai­ment. Vrai­ment.”

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[Sources : Eti­enne Baldit, le lab.europe1.fr et Dany Bruet]


Journalistes-otages, héros modernes et sacralisés

« Nos » qua­tre jour­nal­istes-otages sont donc ren­trés de Syrie. C’est bien. Mais plein de choses me gênent et, main­tenant qu’ils ont été si célébrés, je me lâche. Car tant de célébra­tions, jusqu’à l’indécence, m’ont en effet incom­modé. Surtout, cet éta­lage cor­po­ratiste des « pro­fes­sion­nels de la pro­fes­sion », comme on dit avec ironie. Je reprends l’expression à mon compte, en y ajoutant… quoi ? Du dépit, de la honte (pour la « con­frèrie »), de la gêne plutôt, au nom de tous ceux qui, face à cette sacral­i­sa­tion impudique, ne peu­vent que se taire.

C’en est devenu un rit­uel, en effet, avec ses enjeux politi­co-médi­a­tiques : le jour­nal­iste comme héros mod­erne, hélas par­fois haussé au rang du mar­tyr, tombé au champ d’honneur de l’Information et de la Lib­erté, rap­a­trié en héli­co, tar­mac mil­i­taire, prési­dent de la République, et tout et tout. Et pour bien faire entr­er ces qua­tre héros au pan­théon mod­erne du tout-info, il aura fal­lu bien les pres­sur­er devant tant de micros et de caméras :

Dites, au moins, vous avez beau­coup souf­fert !…, « ils » ont été méchants, hein !…, et ces sim­u­lacres d’exécution !…

– Ben… pas tant que ça… enfin un peu quand même…

J’ai été de cette cor­po­ra­tion…, en ayant tou­jours ressen­ti le besoin d’une dis­tance. Avec des ques­tion­nements per­son­nels et en général : Qu’est-ce qui pousse tel ou tel à devenir jour­nal­iste ? Quid du nar­cis­sisme « pro­fes­sion­nel », du voyeurisme, du roman­tisme, de l’ « héroïsme » et de la van­ité ?

Un pro­fes­sion­nel, c’est quelqu’un… qui fait son boulot, de son mieux ; plus ou moins con­traint ; en échange d’un salaire, plus ou moins gros. Un jour­nal­iste aus­si. Si son chantier se trou­ve en Syrie, et qu’il a, plus ou moins, accep­té de le rejoin­dre, il doit œuvr­er à la même tâche : com­pren­dre et faire com­pren­dre, témoign­er aus­si. Boulot risqué, dans un pays en guerre. Y être pris en otage fait par­tie des dan­gers dudit méti­er. Acci­dent du tra­vail. C’est heureux, bien sûr, qu’il soit libéré. Que l’accidenté en réchappe et guérisse. Nor­mal, là encore, c’est le boulot.

otages mali

Otages au Mali depuis 2011 et 2012

Mais l’un et l’autre de ces tra­vailleurs ne con­naîtront pas le même « traite­ment ». Tout comme pour Serge Lazare­vic et Gilber­to Rodriguez Leal, enlevés au Mali, respec­tive­ment depuis novem­bre 2011 et novem­bre 2012. Ils ne sont pas jour­nal­istes, les pau­vres. Dou­ble peine ! De même pour Philippe Ver­don, 53 ans, retrou­vé en juil­let 2013, au Mali, assas­s­iné d’une balle dans la tête.

Je ne veux pas cracher dans cette soupe qui m’a nour­ri, et dont je me suis d’ailleurs régalé. Mais l’outrance de ces célébra­tions me font dire qu’elle cache trop de non-dits et d’enjeux qui n’ont rien à voir avec le spec­ta­cle exhibé. Ou bien si : ils ont à voir, par con­traste, avec la réal­ité vrai­ment et autrement dra­ma­tique de l’état du monde. Avec les vrais héros de ce monde en souf­france extrême. Ces héros de la vie ordi­naire, quo­ti­di­enne ; ceux qui souf­frent au jour le jour ; qui se lèvent dans la douleur, sans désir car cette société ne les regarde pas, ne les voit même pas ; car ils ne sont que don­nées abstraites dans la macro-économie mon­di­al­isée. Tous ces héros non ren­dus assez vis­i­bles par tant de jour­nal­istes assis, ayant déserté les ter­ri­toires de la grande mis­ère ordi­naire.

Si aucun jour­nal­iste n’a encore été pris en otage et gardé dans une cave obscure d’un quarti­er de France, c’est peut-être qu’aucun jour­nal­iste (ou presque) ne s’y rend, préférant, sans doute, de « vrais » ter­ri­toires de guerre.

• Sur Wikipedia, la notice Otage

• Sur lemonde.fr : La fille de l’otage français retenu au Mali dénonce une iné­gal­ité de traite­ment

• sur Otages-du-monde : LES 3 FRANÇAIS OTAGES DANS LE MONDE (dont RODOLFO CAZARES, FRANCO-MEXICAIN AU MEXIQUE depuis le 9 juil­let 2011 — LE PLUS ANCIEN OTAGE FRANCAIS)

• Pas si à côté du sujet — lemonde.fr : Faut-il libér­er les orques en cap­tiv­ité ?


Au Répu, ça pue !

Un hon­or­able et ami­cal cor­re­spon­dant de Lor­raine (mer­ci Dominique) m’envoie cette pho­to (trou­ble, à cause de l’odeur) de son quo­ti­di­en local dénom­mé Répub­li­cain lor­rain, alias Le Répu.

Le Républicain lorrain, 24/9/13

Le Répub­li­cain lor­rain, 24/9/13

On a beau être, com­ment dire ? tolérant, sou­ple, com­préhen­sif, bien­veil­lant, etc. il y a quand même des coups de pied au cul qui se per­dent. Quand la crasse men­tale rejoint la jour­nal­is­tique, le Gui­ness des records n’y suf­fi­rait plus. C’est pour­tant « dans le jour­nal », celui daté du 24/9/13. Pourvu qu’il y ait encore plus d’invendus que d’habitude !


France inter. Quand Le Pen montre « 13 millions d’étrangers », les journalistes regardent son doigt

Indig­na­tion encore. France inter rece­vait ce matin Jean-Marie Le Pen en fin de par­cours à la tête (Pen en bre­ton…) du Front nation­al. Le vieux facho s’en sera encore bien tiré. Avec l’habileté et cet aplomb qu’on lui con­naît, il aura une fois de plus roulé les jour­nal­istes dans sa farine. Ain­si en fut-il lorsque, enton­nant son refrain de prédilec­tion, il affir­ma que la France compte désor­mais, « d’après l’Insee, plus de 13 mil­lions d’étrangers qui ne man­quent pas de pos­er de graves prob­lèmes »…

Le faus­saire à plein micro.

Treize mil­lions, et même plus ! Ce qui représen­terait 20% de la pop­u­la­tion… Mais per­son­ne pour relever. Ni le pon­tif­i­ant Guet­ta, ni le déca­pant Legrand, ni enfin le sémil­lant Cohen n’opposèrent au faus­saire la réal­ité sta­tis­tique : 3,65 mil­lions de per­son­nes, sur plus de 63 mil­lions, soit 5,8% de la pop­u­la­tion au dernier recense­ment de 2006.

S’il n’est qu’une don­née à con­naître quand un jour­nal­iste ren­con­tre Le Pen, c’est bien celle sur l’immigration, non ? Au lieu de quoi on lui pose d’insipides ques­tions genre « La Tunisie est-elle une dic­tature ? »* Et l’autre menteur de pour­suiv­re son bon­homme de chemin, et de ter­min­er sa car­rière de faus­saire « en beauté », comme il l’avait com­mencée d’ailleurs. Je rap­pelais ici même, en octo­bre dernier, com­ment Le Pen fut propul­sé par la télé, en 1984, avec l’émission au titre bien pré­somptueux : L’Heure de vérité… Il avait pu user et abuser du men­songe sans être le moins du monde inquiété par des jour­nal­istes plus suff­isants que com­pé­tents. Il aurait eu tort de se gên­er. Ain­si vient-il de réus­sir sa sor­tie selon la même recette éprou­vée. Face à la même indo­lence jour­nal­is­tique.

* Et la dilet­tante Pas­cale Clark de pos­er la même ques­tion à Régis Debray. C’était peu avant dans ses « Cinq min­utes avec… ». Alors, la Tunisie, au fait ?

[audio:https://c-pour-dire.com/wp-content/audio/Le Pen F Inter 12:1:11 .mp3|titles=Le Pen et ses 13 mil­lions d’étrangers|autostart=no]

Un an otages en Afghanistan !

Triste anniver­saire que celui des deux jour­nal­istes de France 3 Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier et leurs trois accom­pa­g­na­teurs, enlevés lors d’un reportage en Afghanistan. C’était le 29 décem­bre 2009. Depuis, les plus directe­ment con­cernés – les familles des otages et le comité de sou­tien – n’ont reçu que d’indirectes preuves de vie des jour­nal­istes pris­on­niers, dont une vidéo récente. En même temps, ils ont l’impression d’avoir été bal­adés par les autorités français­es cen­sées négoci­er avec les ravis­seurs. Sans doute font-elles tout leur pos­si­ble… Mais il reste la manière : celle par laque­lle on entre­tient les rela­tions avec les dif­férentes par­ties. Lesquelles en sont aujourd’hui à s’interroger sur les dosages entre infor­ma­tion et com­mu­ni­ca­tion gou­verne­men­tale. Par la voix de Flo­rence Aube­nas, dans Le Figaro du jour, le comité de sou­tien inter­pelle solen­nelle­ment les autorités français­es et pose cette ques­tion : « Un an déjà, qu’avez-vous fait ? »

Une péti­tion de 80 000 sig­na­tures a été remise à l’Élysée la semaine dernière. Des man­i­fes­ta­tions sont annon­cées aujourd’hui dans le pays, dans des villes et des vil­lages où par­fois, comme ici à Saint-Éti­enne-les-Orgues (Alpes de Hautes-Provence) dont la mairie a accroché sur sa façade les por­traits des deux otages.

Cinq autres otages français se trou­vent actuelle­ment retenus au Mali. Ils ont été enlevés à Arlit au Niger le 16 sep­tem­bre,  ain­si qu’un Togo­lais et un Mal­gache. “Al-Qai­da au Maghreb islamique” (AQMI) a revendiqué ce rapt. Un six­ième Français a été enlevé le 14 juil­let 2009 à Mogadis­cio, en Soma­lie. Il s’agit d’un mem­bre de la Direc­tion générale de la sécu­rité extérieure (DGSE) kid­nap­pé par des rebelles islamistes soma­liens. Un autre agent, a réus­si à s’enfuir le 25 août dernier.



L’honneur des journalistes. Ce « deuil des convictions » porté à la boutonnière

L’ordre napoléonien de la Légion d’honneur reste tou­jours… à l’honneur. Il peut s’avérer riche d’enseignements d’aller con­sul­ter les listes péri­odiques des pro­mus. Et, par exem­ple, se ras­sur­er en con­statant qu’on ne fait pas par­tie du lot. Ou en se délec­tant de ce mot de Jules Renard dans son Jour­nal : « En France, le deuil des con­vic­tions se porte en rouge et à la bou­ton­nière. » Liste copieuse à l’appui, Acrimed a recopié les noms de la caté­gorie « Légion d’honneur et Ordre du Mérite pour jour­nal­istes et dirigeants de médias », et cela de 2005 à cette année, dernier cru du 14-juil­let. On com­prend  mieux, « en direct », tout l’intérêt des monar­ques à s’allier les médias et leurs ser­vants. Ain­si grossit, en ses vagues suc­ces­sives, l’obèse république des élites et des émules, des copains et des coquins.

Ouvrez le ban ! :

I. Légion d’honneur

- Décret du 2 avril 2010 :
Au grade de com­man­deur
— Phillipe Labro, offici­er du 8 jan­vi­er 2002, écrivain, jour­nal­iste
Au grade d’officier
— Anne-Marie Coud­erc, cheva­lier du 26 sep­tem­bre 2000, ex-direc­trice générale du groupe Hachette Fil­i­pac­chi, aujourd’hui direc­trice déléguée de Lagardère Active.
— Jean Amadou, chan­son­nier, pro­duc­teur, ani­ma­teur d’émissions.
— Mireille Dumas, pro­duc­trice et présen­ta­trice.
— Denise Fab­re, anci­enne présen­ta­trice d’émissions télévisées.
— Odile Gotlieb, Cheva­lier du 28 octo­bre 2001, éditrice, prési­dente des Édi­tions Odile Jacob.
Au grade de cheva­lier
— Dominique Durand, jour­nal­iste, rédac­teur en chef de revues sci­en­tifiques, prési­dent de l’Association française Buchen­wald-Dora et Kom­man­dos.
- Décret du 31 décem­bre 2009 :
Au grade de com­man­deur
— Edmonde Charles-Roux, Offici­er du 1er avril 2003, écrivaine, prési­dente de l’Académie Goncourt, anci­enne jour­nal­iste à Elle, anci­enne rédac­trice en chef de l’édition française de Vogue.
— Jean-Claude Nar­cy, Offici­er du 9 juil­let 2002, jour­nal­iste, ancien présen­ta­teur du jour­nal télévisé.
Au grade d’officier
— Jean-Luc Hees, Cheva­lier du 29 novem­bre 2001, prési­dent du groupe Radio-France.
Au grade de cheva­lier
— Axel Duroux, jour­nal­iste, ex-prési­dent du direc­toire du groupe RTL entre 2005 et 2009, directeur général de TF1 (2009)
— Régis Fau­con, ancien jour­nal­iste à FR3, TF1, aujourd’hui jour­nal­iste indépen­dant.
— Alexan­dra d’Arnoux, jour­nal­iste.
— Danièla Lum­broso, pro­duc­trice de télévi­sion, jour­nal­iste et présen­ta­trice.
— Sylvie Ody, jour­nal­iste.
— Thérèse Torre, pro­duc­trice d’émissions télévisées.
— Jean-Pierre Vig­nolle, directeur général de l’Agence France-Presse.
- Décret du 14 juil­let 2009 :
Au grade de cheva­lier
— Denise Ammoun, jour­nal­iste, écrivaine (Égypte).
— Jean Ayzac, jour­nal­iste, ancien vice-prési­dent d’un con­seil général.
— Geneviève Brisac, éditrice, écrivaine.
— Alain Elkann, jour­nal­iste, con­seiller spé­cial du min­istre ital­ien de la Cul­ture.
— Charles Ender­lin, jour­nal­iste, chef du bureau d’une chaîne de télévi­sion à Jérusalem.
— Marie-Claire de La Grandière, jour­nal­iste, direc­trice de la rédac­tion d’un mag­a­zine et écrivaine.
— Patrick Foresti­er, jour­nal­iste, écrivain
— Rug­gero De Pas, jour­nal­iste, prési­dent du cen­tre d’accueil de la presse étrangère à Paris.
— Didi­er Pil­let, jour­nal­iste
Au grade d’officier
— Antoine Sfeir, écrivain, jour­nal­iste, directeur des Cahiers de l’Orient.
— Philippe Tes­son, jour­nal­iste.
— Philippe Vasseur, « ancien min­istre, prési­dent d’une fédéra­tion d’entreprises », dix­it le décret. Mais M. Vasseur est un ancien jour­nal­iste économique de TF1, des Echos, du Figaro, prési­dent de l’Ecole Supérieure de Jour­nal­isme de Lille depuis sep­tem­bre 2008.
- Décret du 10 avril 2009 :
Au grade de cheva­lier
— Emile Picy, jour­nal­iste par­lemen­taire.
— Hen­ri Pigeat, prési­dent du con­seil d’administration du Cen­tre de for­ma­tion des jour­nal­istes.
— Hélène Pironon, jour­nal­iste.
— Emmanuel Hoog, ex-prési­dent-directeur-général de l’Institut Nation­al de l’Audiovisuel, prési­dent de l’agence France-Presse.
— Didi­er Quil­lot, prési­dent de Lagardère Active.
- Décret du 31 décem­bre 2008 :
Au grade de cheva­lier
— Marie Holz­man, écrivaine, jour­nal­iste, prési­dente de l’association Sol­i­dar­ité Chine.
— Car­o­line Sinz-Deleau, jour­nal­iste, grand reporter au ser­vice « Enquêtes et reportages » de France 3.
Au grade d’officier
— Didi­er François, sous-directeur de l’édition, de la pro­duc­tion et de l’information à la Direc­tion des Jour­naux offi­ciels.
— Marie-Claude Brossol­let, Cheva­lier du 16 novem­bre 1998, prési­dent-directeur général des édi­tions Belin.
- Décret du 13 juil­let 2008 :
Au grade de com­man­deur
— Joseph Cram­pes, dit Jacques Chan­cel, jour­nal­iste, écrivain, admin­is­tra­teur du groupe Canal+.
Au grade de cheva­lier
— Ruth Elkrief, jour­nal­iste, présen­ta­trice.
— Michèle Leloup, jour­nal­iste spé­cial­isée « Archi­tec­ture » à L’Express.
— Philippe Rein­hard, jour­nal­iste (Le Télé­gramme de Brest, L’Éclair des Pyrénées…), écrivain.
— Héloise Lefevre d’Ormesson, écrivain, éditrice (édi­tions Héloise d’Ormesson).
- Décret du 21 mars 2008 :
Au grade de com­man­deur
— Jean-René Four­tou, Offici­er du 14 avril 1997, prési­dent du con­seil de sur­veil­lance du groupe Viven­di.
— Patrick Le Lay, Offici­er du 27 févri­er 2003, ancien prési­dent du con­seil d’administration de TF1.
— Eliane Vic­tor, Offici­er du 28 mars 1991, écrivaine, anci­enne jour­nal­iste à Elle, pro­duc­trice de l’émission « Quo­ti­di­en­nement vôtre » sur TF1.
Au grade d’officier
— Rémy Saut­ter, Cheva­lier du 9 mars 1993, prési­dent-directeur-général du groupe RTL.
— Hervé Cha­balier, Cheva­lier du 20 juin 1996, ani­ma­teur, jour­nal­iste, pro­duc­teur.
— Eve Rug­gieri, Cheva­lier du 25 octo­bre 1990, pro­duc­trice, présen­ta­trice.
— John Vinocur, édi­to­ri­al­iste de l’International Her­ald Tri­bune.
— Robert Menard, jour­nal­iste, ex-secré­taire général de Reporters Sans Fron­tières.
Au grade de cheva­lier
— Yves Mes­sarovitch, ancien jour­nal­iste rédac­teur en chef au Figaro, ancien directeur du groupe Expan­sion, ancien jour­nal­iste à L’Express.
- Décret du 30 jan­vi­er 2008 :
Au grade de cheva­lier
— Jean Guil­lard, jour­nal­iste hon­o­raire.
— Car­ole Belle­mare, jour­nal­iste, chef de ser­vice dans un quo­ti­di­en (Le figaro économie).
— Chan­tal Doumic-Nerot, anci­enne jour­nal­iste
— Marie-Louise Scha­ef­fer, jour­nal­iste, grand reporter
Au grade d’officier
— Arlette de Beu­verand de la Loyère, direc­trice de rédac­tion dans un groupe de presse.
Au grade de cheva­lier
— Cather­ine Cey­lac, pro­duc­trice et ani­ma­trice de télévi­sion sur France 2.
— Isabelle Dor, jour­nal­iste.
— Patri­cia Mar­tin, jour­nal­iste, ani­ma­trice d’émissions radio­phoniques sur France Inter.
- Décret du 13 juil­let 2007 :
Au grade de Com­man­deur
— Jean Lacou­ture, jour­nal­iste, écrivain. Offici­er du 8 févri­er 1993.
Au grade de cheva­lier
— Patrick Buis­son, ancien jour­nal­iste, directeur général de la chaine His­toire.
— François Gault, jour­nal­iste, cor­re­spon­dant per­ma­nent de Radio France en Pologne.
— Elise Lucet, jour­nal­iste, présen­ta­trice du jour­nal de 13h (France 2).
— Eric Rev­el, jour­nal­iste économique.
— Daniel Ron­deau, écrivain, jour­nal­iste.
- Décret du 6 avril 2007 :
Au grade de cheva­lier
— Véronique Saint Olive, née Mis­soffe, jour­nal­iste (France 2). A l’époque, Arrêt sur images était revenu sur sa nom­i­na­tion.
— Hen­ri Tincq, jour­nal­iste spé­cial­isé dans les affaires religieuses à La Croix, puis au Monde.
— Patrick Lamm, jour­nal­iste économique, rédac­teur en chef (Les Echos).
— Chris­t­ian Brin­court, jour­nal­iste, grand reporter à Paris Match.
— Philippe Goul­li­aud, jour­nal­iste poli­tique au Figaro.
— Jean-Paul Pigasse, jour­nal­iste.
- Décret du 31 décem­bre 2006 :
Au grade de cheva­lier
— Isabelle Dath, jour­nal­iste à RTL.
— Ani­ta Hauss­er, écrivaine, jour­nal­iste, anci­enne chef du ser­vice poli­tique de LCI, rédac­trice en chef adjointe du ser­vice poli­tique du quo­ti­di­en Le Soir.
— Armelle Héliot, jour­nal­iste, grand reporter puis rédac­trice en chef du ser­vice cul­ture du Figaro.
— Sylvie Pierre-Brosso­lette, jour­nal­iste, rédac­trice en chef du ser­vice de poli­tique intérieure de l’hebdomadaire Le Point.
— Ran­da Takied­dine, jour­nal­iste, chef du bureau de Dar Al Hay­at à Paris.
— Gérard Klein, comé­di­en, ani­ma­teur d’émissions télévisées.
— Elis­a­beth Ker­var­rec, jour­nal­iste pour « Français du Monde » et secré­taire générale de l’Association Démoc­ra­tique des Français à l’Etranger.
— François Lub­ri­na, médecin vétéri­naire, jour­nal­iste (Cana­da).
Au grade d’officier
— Thier­ry Des­jardins, Cheva­lier du 19 août 1997, jour­nal­iste au Figaro.
— Jean-Pierre Elk­a­b­bach, Cheva­lier du 10 décem­bre 1998, jour­nal­iste à Europe 1.
- Décret du 13 juil­let 2006 :
Au grade d’officier
— Alain Dup­lessis de Pouzil­hac, prési­dent du direc­toire de la chaîne d’information France 24, PDG de la Société de l’Audiovisuel Extérieur de la France (SAEF).
— Mar­i­anne Berard-Quelin, prési­dente-direc­trice-générale de la Société Générale de Presse.
Au grade de cheva­lier
— Jean-Jacques Bour­din, jour­nal­iste-rédac­teur en chef de RMC info, ani­ma­teur.
— Ladis­las de Hoyos, ancien jour­nal­iste pour TF1 puis France 2 et France Inter.
— Patrick Fau­con­nier, grand reporter, fon­da­teur du mag­a­zine Chal­lenges, jour­nal­iste au Nou­v­el Obser­va­teur.
— Hen­ri Lau­ret, jour­nal­iste, chroniqueur et édi­to­ri­al­iste à France Info, directeur général et codi­recteur de la rédac­tion de France Soir.
— Frédéric Fer­ney, écrivain, jour­nal­iste et cri­tique au Point.
— Renaud Le Van Kim, pro­duc­teur de télévi­sion, patron de KM pro­duc­tions et con­seiller à TF1.
— William Leymergie, pro­duc­teur, présen­ta­teur.
— Jacques Lou­vet, prési­dent de la Fédéra­tion nationale de la presse spé­cial­isée.
— Pierre Ful­la, jour­nal­iste sportif.
- Décret du 31 décem­bre 2005 :
Au grade d’officier
— Jean-Pierre Cail­lard, Cheva­lier du 17 sep­tem­bre 1994, ancien jour­nal­iste et directeur de la pub­li­ca­tion du quo­ti­di­en La Mon­tagne, prési­dent-directeur général de la chaîne de télévi­sion Cler­mont Pre­mière, Prési­dent du groupe­ment des grands régionaux.
— Michèle Cot­ta, Cheva­lier du 10 juin 1996, jour­nal­iste, anci­enne prési­dente de Radio-France, anci­enne direc­trice de l’information à TF1.
— Robert Namias, Cheva­lier du 19 novem­bre 1997, jour­nal­iste, ancien reporter à RTL, ancien chroniqueur à Europe 1, ancien directeur de la rédac­tion de TF1, édi­to­ri­al­iste sur la chaîne d’information I-télé.
Au grade de cheva­lier
— Françoise Labor­de, jour­nal­iste, anci­enne rédac­trice en chef adjointe de TF1, anci­enne présen­ta­trice des JT du week-end sur France 2, nom­mée au Con­seil Supérieur de l’Audiovisuel par Nico­las Sarkozy en jan­vi­er 2009.
— Vic­tor Mal­ka, ani­ma­teur sur France Cul­ture.
— Jean-Manuel Bour­go­is, directeur général d’une mai­son d’édition.
— Isabelle Gal­li­mard, prési­dente-direc­trice générale de la mai­son d’édition Gal­li­mard.
— Antoine Schwarz, prési­dent de la chaîne radio­phonique RFI.
— Marc Tessier, ancien prési­dent de France Télévi­sion (1999–2005).
- Décret du 14 juil­let 2005 :
Au grade de Com­man­deur
— Pierre Weill, ancien PDG de la Sofres, prési­dent de Weill Con­seil et du comité stratégique de TNS Sofres.
Au grade d’officier
— Michel Bouti­nard Rouelle, admin­is­tra­teur d’Havas, ancien prési­dent d’Havas Media Com­mu­ni­ca­tion et ancien PDG d’Avenir Havas Media SA.
— Albert Mal­let, ancien prési­dent de Radio Shalom.
— Jean-François Rev­el, écrivain, mem­bre de l’Académie française, édi­to­ri­al­iste au Point.
Au grade de cheva­lier
— Daniel Boudet, prési­dent de la mis­sion sur la télévi­sion numérique ter­restre.
— Louis-François Cail­laud, directeur départe­men­tal de La Nou­velle République.
— Bernard Lecomte, directeur de col­lec­tion aux édi­tions Jean-Claude Lat­tès, ancien jour­nal­iste (La Croix, L’Express…), écrivain.
— Olivi­er Poivre, dit Poivre d’Arvor, écrivain
— Viviane Rebes­chi­ni, rédac­trice en chef
— Dominique War­luzel, avo­cat, con­cep­teur et pro­duc­teur de mag­a­zines télé.
— Hen­ri Madelin, ancien rédac­teur en chef de la revue Etudes.
— Daniel Bilalian, jour­nal­iste, directeur des sports de France Télévi­sions.
— Lau­re Adler, anci­enne direc­trice de France Cul­ture, écrivain.
— Jean-Jacques Gabut, ancien directeur au groupe Le Pro­grès.
— Bertrand Méheut, PDG de Canal Plus.
— Richard Ducous­set, vice-prési­dent d’Albin Michel, gérant de Canal Plus Edi­tions et des édi­tions Fil­i­pac­chi-Albin Michel.
— Nico­las Duhamel, directeur général délégué de La Poste, ancien directeur général adjoint d’Havas, ancien directeur général de l’Office d’annonces (ODA).
— Bertrand Fab­re, directeur de la rédac­tion du Moni­teur des travaux publics et du bâti­ment, directeur des rédac­tions du groupe Le Moni­teur.
— Fab­rice Larue, prési­dent de la Finan­cière Fab­rice Larue, prési­dent de Datem (ex-Presse Infor­ma­tique), ancien PDG du Groupe Des­fos­sés Inter­na­tion­al SA.

II. Ordre Nation­al du Mérite

- Décret du 15 mai 2010 :
Au grade d’officier
— Gabriel Milési, gérant de société, jour­nal­iste économique. Cheva­lier du 10 mars 1988.
— Fabi­enne Ser­van-Schreiber (épouse Weber), prési­dente-direc­trice générale d’une société de pro­duc­tion audio­vi­suelle. Cheva­lier du 31 mars 2000.
Au grade de cheva­lier
— Béa­trice Garette (née Dabet), direc­trice générale de (Sipa-presse).
— Sofia Ben­gana, direc­trice générale de presse numérique dans une société (Groupe Le Figaro)
— Hen­ri Néron, jour­nal­iste (Guyane).
— Jacques Jublin, rédac­teur en chef d’I-télé.
— Frédérick-Louis Boulay, jour­nal­iste, directeur des pro­grammes de TV5.
— Charles-Hen­ry Dubail, directeur de pub­li­ca­tion.
— Pas­cale Marie (épouse Boun­four), direc­trice d’un syn­di­cat de presse.
— Cather­ine Nayl (épouse Per­rot), jour­nal­iste, direc­trice de la rédac­tion de TF1.
— Noël Quidu-Tron­scorff, grand reporter, pho­tographe.
— Chris­tine Kel­ly (née Tigif­fon), jour­nal­iste, mem­bre du CSA.
- Décret du 13 novem­bre 2009 :
Au grade de com­man­deur
— Jacques Oure­vitch, Offici­er du 13 avril 1988, ancien jour­nal­iste à Europe 1.
Au grade d’officier
— Patrick Poivre d’Arvor, Cheva­lier du 17 jan­vi­er 2001, écrivain, jour­nal­iste, présen­ta­teur.
— Robert Wern­er, jour­nal­iste, ancien rédac­teur en chef de l’Unité Pat­ri­moine à TF1, ancien chroniqueur sur Radio France.
Au grade de cheva­lier
— Jean-Pierre Caf­fin, directeur général du groupe Pris­ma-Presse.
— Eva Bet­tan, jour­nal­iste.
— Sylvie Blum, pro­duc­trice audio­vi­suel et médias, INA.
— Maryse Brugière, direc­trice de pro­grammes du Con­seil Supérieur de l’Audiovisuel.
— Alfred Hidal­go, jour­nal­iste, édi­teur, directeur du « départe­ment chan­son » chez Fayard.
— Yves Calvi, jour­nal­iste, ani­ma­teur et présen­ta­teur.
— Pierre Lep­ape, jour­nal­iste et cri­tique lit­téraire.
- Décret du 15 mai 2009 :
Au grade de com­man­deur
— Sophie Andrieu, éditrice. Offici­er du 30 juin 1995.
— André Tubeuf, pro­duc­teur d’émissions radio­phoniques.
Au grade de cheva­lier
— Yan­nick Durand de Pré­morel, directeur délégué d’un groupe de presse, audi­teur à l’Institut des hautes études de défense nationale.
— Nilo­u­far Soyeux du Cas­tel, direc­trice d’un groupe de com­mu­ni­ca­tion.
Au grade d’officier
— Monique Gar­nier-Lançon, jour­nal­iste
— Olivi­er Pognon, jour­nal­iste par­lemen­taire. Cheva­lier du 19 juin 2001.
— Paul Wer­mus, jour­nal­iste. Cheva­lier du 21 novem­bre 1995.
— Françoise Attaix, épouse Van­dame, jour­nal­iste.
— Car­o­line Dequet, direc­trice générale d’une chaîne de télévi­sion.
— Cen­drine Dominguez, jour­nal­iste.
— Bernard Gick, con­cep­teur-réal­isa­teur d’émissions radio­phoniques.
— Olivi­er de Lagarde, jour­nal­iste.
— Marie-Thérèse Lit­zler, direc­trice régionale d’une chaîne de télévi­sion.
— Sylvie Malig­orne, jour­nal­iste.
— Jean Ribet , jour­nal­iste.
— Philippe Rousseau, rédac­teur en chef de quo­ti­di­ens.
— Daniel Schick, chroniqueur, pro­duc­teur et ani­ma­teur de radio et télévi­sion.
- Décret du 14 novem­bre 2008 :
A la dig­nité de Grand Offici­er
— Claude Lanz­mann, jour­nal­iste, cinéaste.
Au grade de Com­man­deur
— Pierre Dumayet , jour­nal­iste. Offici­er du 21 octo­bre 1993.
Au grade de cheva­lier
— Andrée Ampigny, comé­di­enne, jour­nal­iste, auteur. con­seil­lère munic­i­pale du Dia­mant ( Mar­tinique ).
— Geneviève de Caza­ux, jour­nal­iste, grand reporter.
— Jean-Michel Danet, admin­is­tra­teur nation­al, directeur d’une revue.
— Edouard Maret, jour­nal­iste.
— Jean Claude Pons, jour­nal­iste en Polynésie française.
— Béa­trice Taupin, jour­nal­iste spé­cial­isée en économie.
— Marie-Hélène Loaëc, rédac­trice en chef d’un heb­do­madaire spé­cial­isé
- Décret du 16 mai 2008 :
Au grade d’officier
— François Biessy, jour­nal­iste reporter d’images. Cheva­lier du 23 avril 1988.
Au grade de cheva­lier
— Ghis­laine Chenu, jour­nal­iste et pro­duc­trice d’Envoyé Spé­cial sur France 2.
— Valérie Expert, rédac­trice en chef d’une chaîne de télévi­sion.
— Phillipe Lev­ri­er, prési­dent d’un groupe­ment audio­vi­suel.
— Maryse Bur­got, jour­nal­iste (France 2).
— Gérard Ernault, directeur de rédac­tion de France Foot­ball.
— Christophe Hon­de­lat­te, jour­nal­iste (France 2, RTL).
— Hugues Huet, grand reporter.
— Xavier Lam­bert, directeur de RFO.
— Marie-Chris­tine Mey­er, direc­trice adjointe de France Inter.
— Frédéric Mounier, jour­nal­iste (La Croix).
— Dominique Quinio, direc­trice de La Croix.
— Nathalie de Sen­neville-Leen­hardt, rédac­trice en chef de Réforme.
— Cyril Vigu­ier, pro­duc­teur de télévi­sion.
— Marthe Vialle­font (née Por­tal­ier), anci­enne ani­ma­trice, jour­nal­iste (L’Auvergnat de Paris).
— Sylvie Le Calvez (née Fouch­er), jour­nal­iste (Ouest-France), prési­dente d’un col­lec­tif de pro­tec­tion de la nature.
— Jean-Paul Chapel, jour­nal­iste (France 2).
— Cather­ine Chatig­noux, jour­nal­iste (Les Echos).
— Béa­trice Had­ja­je, jour­nal­iste au ser­vice « étranger » de RTL.
- Décret du 30 jan­vi­er 2008 :
Au grade de com­man­deur
— Claude Imbert, directeur d’un heb­do­madaire.
Au grade de cheva­lier
— Manuel Bur­rus, écrivain, jour­nal­iste, cri­tique lit­téraire.
— Con­stance Poni­a­tows­ki, jour­nal­iste, mem­bre de l’Observatoire de la par­ité.
— Hoda Barakat, jour­nal­iste, écrivaine.
— Michel Camino, secré­taire général d’une société de presse.
— Claude Hem­mer, directeur de sta­tions radio­phoniques.
— Mar­tine Vaslet, épouse Paris, direc­trice des ressources humaines de RFI.
— Anne Wick­er (née Schmitt), jour­nal­iste, direc­trice de la rédac­tion d’un mag­a­zine.
- Décret du 7 mai 2007 :
Au grade d’Officier
— Jean-Charles Blondel, jour­nal­iste, écrivain. Cheva­lier du 21 décem­bre 1998.
— Jacques Pes­sis, jour­nal­iste, écrivain, pro­duc­teur et réal­isa­teur. Cheva­lier du 8 novem­bre 1995.
— Raoul Tour­rette, ancien jour­nal­iste, mem­bre act­if d’associations et con­férenci­er.
Au grade de Cheva­lier
— Matthieu Aron, rédac­teur en chef dans une sta­tion radio­phonique.
— Marie-Pierre Bouli­gaud, direc­trice générale et rédac­trice en chef d’un heb­do­madaire.
— Patrice Cos­ta, jour­nal­iste et con­sul­tant sur l’environnement.
— Patrick Charles, jour­nal­iste.
— Odile Meu­vret, anci­enne jour­nal­iste.
— Pas­cal Pin­ning, rédac­teur en chef, respon­s­able du ser­vice événe­ments d’une chaîne de télévi­sion.
-Fred­er­ic Richard, ani­ma­teur d’émissions télévisées.
— Geneviève Galey, jour­nal­iste, rédac­trice en chef d’un jour­nal télévisé.
- Décret du 14 novem­bre 2006 :
Au grade d’Officier
— Claude Dufresne, jour­nal­iste, écrivain
— Cather­ine Nay, jour­nal­iste, direc­trice adjointe de la rédac­tion d’une chaîne radio­phonique
— Alexan­dre Adler, jour­nal­iste, uni­ver­si­taire
Au grade de cheva­lier
— Françoise Nyssen, éditrice
— François Bachy, jour­nal­iste, Directeur adjoint de l’information, en charge du pôle poli­tique sur TF1.
— Guy Del­court, édi­teur.
— Pierre Louty ( Pierre, Léonard ), édi­teur, écrivain.
— Mohamed Mebtoul, réal­isa­teur de télévi­sion.
— Fred­er­ic Morel, directeur général d’une mai­son d’édition.
— Didi­er Pil­let, jour­nal­iste.
— Chris­t­ian Vion, directeur général d’une chaîne télévisée.
- Décret du 15 mai 2006 :
Au grade de com­man­deur
— Philippe Labro, Offici­er du 18 novem­bre 1992, jour­nal­iste, écrivain.
— André Brin­court, jour­nal­iste, écrivain.
Au grade de cheva­lier
— Thier­ry d’Athis, ancien jour­nal­iste et vice-prési­dent d’une asso­ci­a­tion pro­fes­sion­nelle de jour­nal­istes de l’aéronautique et de l’espace.
— Jacques Esnous, directeur de l’information d’une chaîne radio­phonique.
— Jean louis Beau­carnot, jour­nal­iste, écrivain.
— Olivi­er Bétourné, édi­teur.
— Patrice Cave­li­er, secré­taire général à la prési­dence d’une chaîne radio­phonique.
— Dominique Jameux, pro­duc­teur d’émissions radio­phoniques.
— Jean-Luc Mano, jour­nal­iste, écrivain.
— Denis Mar­aval-Hutin, édi­teur.
— Muriel Rosé, direc­trice des unités mag­a­zines et doc­u­men­taires d’une chaîne de télévi­sion.
— Pierre Taille­fer, directeur de l’information d’une agence de presse.
- Décret du 14 novem­bre 2005 :
Au grade de Com­man­deur
— Jean Nar­cy, jour­nal­iste, présen­ta­teur de télévi­sion. Offici­er du 18 décem­bre 1997.
Au grade de Cheva­lier
— Jean-Yves Vif, jour­nal­iste
— Pas­cale Kufus, jour­nal­iste ( Alle­magne )
— Pierre Combescot, écrivain, jour­nal­iste
— Gilles Costaz, jour­nal­iste, écrivain, auteur
— Denise Epote, jour­nal­iste, respon­s­able d’une chaîne télévisée
— Rémi Le Goff, jour­nal­iste, grand reporter en Nou­velle-Calé­donie

C’est long, hein ? Bien plus que la liste des “refuzniks”, que voici. Gloire à eux !

Refus de la décoration

liste pub­liée par Wikipedia

* Le curé d’Ars, saint Jean-Marie Vian­ney, reçut la croix de cheva­lier de la Légion d’honneur en 1855, à son insu : la demande en avait été faite par le sous-préfet de Trévoux et le préfet de l’Ain. Il la refusa au motif que la croix ne rap­porterait pas d’argent pour les pau­vres. Mal­gré ce refus, la chan­cel­lerie de la Légion d’honneur lui envoya la croix sans deman­der l’argent. En défini­tive, il ne la por­ta jamais mais elle fut posée sur son cer­cueil.
* Jean Vic­tor Marie More­au se moquait de l’institution de la Légion d’honneur. Quelqu’un lui dis­ait qu’on avait des­sein de don­ner la croix, non-seule­ment à ceux qui se seraient dis­tin­gués par la gloire des armes, encore à ceux qui se seraient fait remar­quer par leur mérite et par leur savoir. Il s’écria : « Eh bien ! Je vais deman­der la croix de com­man­deur de l’ordre pour mon cuisinier, car il a un mérite supérieur dans l’art de la cui­sine. » (O’Meara.)
* Les col­lab­o­ra­teurs du Canard enchaîné se sont don­né depuis tou­jours comme règle de refuser les déco­ra­tions, au pre­mier rang desquelles la Légion d’honneur (Pierre Scize, jour­nal­iste, fut ren­voyé du jour­nal en 1933 pour l’avoir accep­tée bien qu’elle lui fut décernée à titre mil­i­taire.)
* Ils refusèrent la déco­ra­tion : le dra­maturge Népo­mucène Lemerci­er refu­sant de prêter ser­ment à l’Empereur et à sa dynas­tie, La Fayette, le poète Jean-François Ducis (qui préférait « porter des hail­lons que des chaînes », Mgr Mau­rice de Broglie, Gérard de Ner­val, Nadar, George Sand (qui écriv­it au min­istre qui lui pro­po­sait la croix : « Ne faites pas cela cher ami, je ne veux pas avoir l’air d’une vieille can­ti­nière ! »), Hon­oré Dau­mi­er (qui déclara : « Je prie le gou­verne­ment de me laiss­er tran­quille ! »), Émile Lit­tré, Gus­tave Courbet, Guy de Mau­pas­sant, Mau­rice Rav­el (qui refuse immé­di­ate­ment cette dis­tinc­tion, sans don­ner de jus­ti­fi­ca­tion), Pierre et Marie Curie (Pierre, à qui l’on pro­po­sait la croix, rétorqua sim­ple­ment : « Je n’en vois pas la néces­sité »), Claude Mon­et, Georges Bernanos, Eugène Le Roy, Jean-Paul Sartre, Simone de Beau­voir, Albert Camus, Antoine Pinay, Brigitte Bar­dot (qui est décorée en 1985 mais refuse d’aller la chercher), Cather­ine Deneuve, Clau­dia Car­di­nale.
* Hec­tor Berlioz, auquel l’État désar­gen­té voulait pay­er une messe de Requiem avec le ruban rouge au lieu de vers­er les 3 000 francs promis, s’écria : « Je me fous de votre croix. Don­nez-moi mon argent ! ».
* Des poètes anar­chistes comme Jacques Prévert, Georges Brassens qui en fit une chan­son ou Léo Fer­ré, qui a bro­cardé « ce ruban mal­heureux et rouge comme la honte ».
* Geneviève de Fonte­nay, la prési­dente du Comité Miss France qu’un séna­teur de Savoie voulait pro­pos­er, l’a aus­si refusée pour des raisons invers­es : « C’est vrai­ment désacralis­er le ruban que de le dis­tribuer à n’importe qui… comme des médailles en choco­lat. »
* Dis­tin­gué fin décem­bre 1997, l’écrivain Bernard Clav­el a fait savoir qu’il refu­sait de recevoir la Légion d’honneur, préférant rester « dans le clan de ceux qui l’ont refusée ». Il a ajouté que son oncle Charles Clav­el l’avait reçue parce qu’il avait abon­dam­ment ver­sé son sang pour son pays dans une ter­ri­ble guerre : « Je pense qu’il se retourn­erait dans sa tombe en me voy­ant porter le même ruban que lui. » C’est égale­ment le cas de Philippe Séguin, dont le père est mort sans la recevoir.
* En 1949, le min­istère de l’Éducation nationale pro­pose la déco­ra­tion à Mar­cel Aymé. La réponse don­née par l’écrivain est restée célèbre. Il ter­mine son arti­cle par ces mots : « […] pour ne plus me trou­ver dans le cas d’avoir à refuser d’aussi désir­ables faveurs, ce qui me cause néces­saire­ment une grande peine, je les prierais qu’ils voulussent bien, leur Légion d’honneur, se la car­rer dans le train, comme aus­si leurs plaisirs élyséens. »
* Le sculp­teur résis­tant René Iché, décoré comme cheva­lier pour 1914–1918, refusa la pro­mo­tion d’officier en 1947 esti­mant que cette déco­ra­tion per­dait tout sens s’il la rece­vait en tant qu’artiste ou en tant que résis­tant pio­nnier de 1940.
* Cer­taines per­son­nes choi­sis­sent d’accepter la déco­ra­tion mais refusent de la porter, par exem­ple Jean d’Ormesson, de l’Académie française qui déclarait : « Les hon­neurs, je les méprise, mais je ne déteste pas for­cé­ment ce que je méprise ».
* Erik Satie écrit à pro­pos du refus de la déco­ra­tion par Mau­rice Rav­el : « Rav­el refuse la Légion d’honneur, mais toute sa musique l’accepte. »
* De même, lorsque Aragon la refuse, Jacques Prévert, feignant la sévérité, lui dit : « C’est très bien de la refuser, mais encore faudrait-il ne pas l’avoir méritée. »
* Edmond Maire la refusa en déclarant : « Ce n’est pas à l’État de décider ce qui est hon­or­able ou pas. »
* Le 16 octo­bre 2006, le prési­dent de l’organisation d’Éducation supérieure turque et ancien recteur de l’université Galatasaray, prof. Erdo­gan Tez­iç, a ren­du la Légion d’honneur qu’il avait reçue le 17 sep­tem­bre 2004 pour pro­test­er con­tre l’adoption de la loi par l’Assemblée nationale française visant à pénalis­er la néga­tion du géno­cide arménien.
* Le 2 jan­vi­er 2009, Michèle Audin, math­é­mati­ci­enne, fille du math­é­mati­cien Mau­rice Audin (1932–1957), refuse le grade de cheva­lier de la Légion d’honneur au motif de l’absence de réponse du prési­dent Sarkozy à la let­tre ouverte envoyée par sa mère deman­dant que soit éclair­ci le mys­tère de la dis­pari­tion de son mari en Algérie et que la France assume sa respon­s­abil­ité.
* Le 5 jan­vi­er 2009, les jour­nal­istes poli­tiques Françoise Fres­soz (Le Monde) et Marie-Eve Mal­ouines (France Info) ont annon­cé refuser la déco­ra­tion : « Rien, dans mon par­cours pro­fes­sion­nel, ne jus­ti­fie pareille dis­tinc­tion. Je pense en out­re que, pour exercer libre­ment sa fonc­tion, un jour­nal­iste poli­tique doit rester à l’écart des hon­neurs. Pour ces raisons, je me vois dans l’obligation de refuser cette distinction[27]. »
* Jean Kre­it­mann, écrivain évangéliste suisse refusa le titre de cheva­lier de la Légion d’honneur sous la prési­dence de François Mit­ter­rand.
* Jean Guil­lou, organ­iste, l’a refusé en juil­let 2010 par­lant de la légion d’honneur comme un acces­soire hon­ori­fique.


Henri Montant, alias Arthur. Journaliste, satiriste, écologiste

Ph. Le Télé­gramme

J’apprends par mon pote Lan­glois, dans Panouille, son blog, la mort d’Henri Mon­tant. Celui qui se fai­sait appel­er Arthur sous ses bil­lets acérés, sauf dans Le Monde, où ça n’aurait pas fait sérieux. Arthur, le bar­bu à la pipe et au regard plis­sé, comme pour aug­menter la pro­fondeur du champ, surtout celui si éten­du de la con­ner­ie. Il fut donc de la bande à Char­lie-Heb­do (de l’époque Choron) et plus encore de celle de La Gueule Ouverte (de Fournier et Isabelle Cabut), au temps où l’on pas­sait de l’ « envi­ron­nement » à l’écologie, y com­pris et surtout au sens poli­tique (can­di­da­ture de René Dumont à la prési­den­tielle de 74).

On le retrou­vera plus tard dans les feuilles libres et lib­er­taires comme La Grosse Bertha, CQFD, Siné Heb­do et Bakchich.

Nos routes se sont sou­vent croisées, notam­ment au temps où nous pas­sions le flam­beau, au Cen­tre de for­ma­tion des jour­nal­istes, à Paris.

Il n’est pas mort de la Légion d’honneur, mais d’un can­cer same­di en Bre­tagne, à 70 ans.

Bernard Lan­glois lui rend le bel hom­mage, que des lecteurs enrichissent, notam­ment Isabelle Cabut. Le mieux est d’y aller voir.

On lira aus­si un beau por­trait de lui par Jacques Chanteau, dans Le Télé­gramme du 27 mars 2009, alors qu’il présidait à Mor­laix le jury d’un fes­ti­val de films, «Court mais bref».


Société-médias. Voici donc venue l’ère des robots-journalistes ! (On y était presque déjà…)

monde-10310.1268235073.jpg Jour­nal­istes, patrons de médias, soci­o­logues et autres curieux, alerte générale ! Toute affaire ces­sante, si ce n’est déjà fait, pré­cip­itez-vous page 15 du Monde du 10/3/10 dont le titre dit tout : « L’ère des robots-jour­nal­istes ». Sci­ence-fic­tion ? Délire tech­no-azimuté ? Pas du tout ! Ce que racon­te Yves Eudes dans sa page bien dénom­mée « Décryptages », c’est rien moins qu’une nou­velle révo­lu­tion qui, dans un mois un an„ va touch­er la presse – l’ « impacter » comme diraient les mil­i­taires –au plus haut point, à savoir la rédac­tion automa­tique infor­ma­tisée du tout-venant jour­nal­is­tique. Des expéri­men­ta­tions poussées sont déjà en cours, por­tant en par­ti­c­uli­er sur la rédac­tion de comptes ren­dus sportifs. Le con­frère du Monde s’est ren­du sur le cam­pus d’Evanston, près de Chica­go, pour touch­er du doigt les pre­mières prouess­es en ce domaine de l’intelligence arti­fi­cielle.

Les pre­miers men­acés par cette révo­lu­tion immi­nente, ce sont d’abord les pisse-copie débi­tant de manière qua­si-automa­tique, déjà, des enfilades de phras­es « toutes faites » enfar­inées de clichés. Au fond, il n’est pas si éton­nant qu’un ordi­na­teur, ani­mé par un pro­gramme un tant soit peu futé, parvi­enne à répli­quer cette prose passe-partout. Elle s’applique ain­si sans grandes dif­fi­cultés aux comptes ren­dus de match­es dont les résul­tats sont sou­vent qual­i­fiés de « logiques » – j’adore ! – tan­dis que les péripéties revi­en­nent à une suc­ces­sion d’événements binaires : bien-mal, but-pas but, du pain béni ultra-fas­toche pour puces élec­tron­iques. Idem pour les cours de la bourse : lan­gage codé, vocab­u­laire restreint autour de trois indi­ca­teurs basiques : + — = Ça se com­plique un poil pour la météo, mais à peine.

Bien sûr, l’ordinateur et son pro­gramme ne vont pas tout inven­ter mais moulineront des don­nées quan­ti­ta­tives, et même qual­i­ta­tives sim­ples, dont on les aura nour­ris.

Les développe­ments déjà à l’étude, prévoient à court terme d’introduire des modes de traite­ment de l’information per­me­t­tant d’exprimer des nuances styl­is­tiques, afin d’obtenir des arti­cles ficelés « à la mode » de tel jour­nal ou même de tel rédac­teur. Les pro­grammes d’IA (intel­li­gence arti­fi­cielle) savent en effet analyser les com­posantes des styles en ques­tion et de les réin­jecter dans la rédac­tion automa­tisée.

Même des jour­naux télévisés sont expéri­men­tés, présen­tés par de « vrais » jour­nal­istes-robots ! Voyez d’ici la lignée post-dar­wini­enne à haut ren­de­ment néo-libéral­iste : PPDA-TF1 -> PPDA-Guig­nols -> PPDA-robot.

Le blème là-dedans ne réside pas seule­ment dans le mouron syn­di­cal à prévoir… Il se pose surtout en ter­mes de con­tenu infor­matif, y com­pris, à échéance – puisqu’ « on n’arrête pas le pro­grès » ! – sur des arti­cles très élaborés. Là, je devance les con­cep­teurs de la chose ultra-big-broth­e­ri­enne, puisque ces derniers pré­ten­dent que leur révo­lu­tion dégagera d’autant les jour­nal­istes, les vrais, des tâch­es fas­ti­dieuses qui empêchaient leurs plus belles envolées pro­fes­sion­nelles et citoyennes ! Mon cul ! comme dirait Zazie. La seule réponse qui vaille à cet égard restant celle de l’esprit cri­tique de tout un cha­cun – selon que des résis­tants refuseront de se couch­er. Il en va de l’info comme de la bouffe, de la bonne patate comme de son erzatz ogm-isé : on peut n’y voir que couic ! Jusqu’à l’empoisonnement final. On peut aus­si ne pas en mourir et con­tin­uer à faire son gras en ron­ron­nant.

–––––––

PS. Prochaine étape, le baratin poli­tique ! Là, ce sera ultra-fas­toche mais surtout inutile, le pro­gramme LDB (langue de bois) ayant fait ses preuves depuis si longtemps. Oui je sais, c’est déma­go et aus­si fas­toche. Quoique.


L’ « imprudence vraiment coupable » des journalistes de F3 en Afghanistan

Les jour­nal­istes, comme dit Guy Bedos, on dirait par­fois, voire sou­vent, qu’ils ont fait l’école hôtelière : ils savent si bien pass­er les plats. Les pou­voirs les aiment, ceux-là, qui s’appliquent à léch­er les bottes, sinon les culs – mais là, gaffe, il faut y met­tre du « tal­ent » afin que cela ne se voit pas trop. Houla-la, c’est tout un méti­er ! et il est alors dûment recon­nu et appré­cié par les pou­voirs, tous les pou­voirs. Un con­trat tacite générale­ment respec­té dans la bonne, saine et sou­vent joyeuse con­nivence. Mais au moin­dre coup de canif, ça se déchaîne. Ain­si, à pro­pos des deux jour­nal­istes de France 3, enlevés le 30 décem­bre en Afghanistan, Le secré­taire général de l’Élysée, Guéant, a estimé que le « scoop ne devait pas être recher­ché à tout prix », con­fir­mant des pro­pos de Sarkozy évo­quant une « impru­dence vrai­ment coupable ».

« Scoop à tout prix », « impru­dence vrai­ment coupable », touchants aveux et, du même coup, belle déf­i­ni­tion par la néga­tion du méti­er d’informer de la part de ces dirigeants de l’État. En ter­mes directs : qu’allaient donc faire là-bas, ces sales gamins refu­sant la dis­ci­pline mil­i­taire ?! Jour­nal­istes et skieurs hors pistes, c’est tout pareil, de coû­teux incon­sciens…

De son côté, le zélé min­istre des affaires étrangères n’a pas voulu être en reste. Lun­di, sur France Info, il a déclaré que les jour­nal­istes enlevés avaient été « prévenus » des risques, ajoutant : « Ils ont voulu pren­dre leurs risques, main­tenant c’est nous qui les prenons pour les sor­tir, et c’est nor­mal. ». Tra­dos : ils ont voulu n’en faire qu’à leurs têtes, voilà le tra­vail ! « main­tenant c’est nous qui »… Et j’aime bien le petit bout de petite phrase selon le pas de danse faux-cul, deux en avant un en arrière : « Et c’est nor­mal » ! C’est en quoi Kouch­n­er n’est pas tout à fait aligné sur l’Élysée – on ne vient pas de n’importe où, on est indépen­dant « nous », non mais !

Oui, les jour­nal­istes c’est surtout bien quand ça n’emmerde pas le monde, que ça se laisse gen­ti­ment embar­quer dans les blind­és de l’armée – pas sans risques, certes –, à servir la bonne soupe de la com’. Les autres, on devrait les laiss­er dans leur merde. On n’est pas allés les chercher, après tout !


Les journalistes selon Sarkozy : « des nullards », « des bandits », « leur cracher à la gueule » !

J’ai atten­du ce dimanche, à l’heure de la messe, pour finir ma lec­ture du Canard de mer­cre­di. D’où, avec quelque retard, cette per­le en forme de cita­tion, rap­portée par le ban­dit-palmipède, en général pas man­chot de la plume :

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L’hyperprésident se laisse aller dans sa général­i­sa­tion qui exclut toute la cohorte de ses cire-pom­pes. Cohorte est certes exagéré. De même s’agissant du qual­i­fi­catif d’ « hyper­prési­dent ».  La une du dernier Cour­ri­er inter­na­tional sem­ble à cet égard maligne­ment per­fide. Voyez-vous même ce que sous-enten­dent ces ban­dits-là :

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Érythrée — Un journaliste suédois emprisonné depuis neuf ans

Un jour­nal­iste de nation­al­ité sué­doise est empris­on­né dans son pays d’origine, l’Érythrée, depuis 2750 jours. Une cam­pagne pour sa libéra­tion a été lancée en Suède. Des relais inter­na­tionaux ne seront pas de trop pour ten­ter de sor­tir Davit Isaak des griffes d’un régime red­outable. L’Érythrée se trou­ve au 173e et dernier rang des pays dans le classe­ment mon­di­al pour la lib­erté de la presse, établi par Reporters sans fron­tières.

Le texte ci-dessous émane du site Svedeg — Actu­al­ités sué­dois­es, qui nous demande de relay­er la cam­pagne de mobil­i­sa­tion.

disaak.1238588105.jpgDepuis près de 9 ans, le  jour­nal­iste et écrivain sué­dois d’origine éry­thréenne Daw­it Isaak est empris­on­né dans l’ancienne colonie ital­i­enne. Après plusieurs année en exil en Suède, il retour­na en Éry­thrée en 1996 et fon­da le jour­nal d’opposition Setit. En mai 2001, Setit pub­lia la let­tre ouverte de plusieurs min­istres, cri­tiques sur le régime en place et appelant à des réformes démoc­ra­tiques. La réponse de la dic­tature en place eu lieu quelques mois plus tard à l’ombre des atten­tats du World Trade Cen­ter. Le jour­nal­iste ain­si que d’autres opposants poli­tiques furent arrêtés et empris­on­nés immé­di­ate­ment.  Par­mi eux, des min­istres du gou­verne­ment qui étaient favor­able à des réformes. Par­mi les opposants arrêtés, 10 sont morts en prison.

Daw­it Isaak est arrivé en 1987 en Suède comme réfugié poli­tique. Il devint sué­dois en 1992. Lors de l’indépendance de son pays en 1996, il y retour­na et fon­da le pre­mier jour­nal d’opposition, Setit.  Après la pub­li­ca­tion d’un arti­cle cri­tique, il fut empris­on­né. Aucun jour­nal­iste n’a encore été accusé ou jugé. Ils sont con­sid­érés comme des traîtres et les jour­nal­istes sont aus­si accusé d’avoir reçu des aides finan­cières de l’étranger. Les con­tacts avec Daw­it Isaak ont depuis ce temps été très spar­ti­ates. Le con­sul hon­o­raire sué­dois a réus­si à l’entrevoir à tra­vers des bar­reaux en 2001. En 2002, il fut hos­pi­tal­isé pour soign­er des blessures dû aux tor­tures subies en prison selon l’association améri­caine Com­mit­tee to Pro­tect Jour­nal­ists (CPJ). En 2004, l’ambassadeur Éry­thréen à Stock­holm assur­ait que Daw­it Isaac était en bonne san­té. En 2005, il fut libéré trois jours mais fut arrêté et remis der­rières les bar­reaux. Aucune organ­i­sa­tion inter­na­tionale n’a pu lui ren­dre vis­ite depuis ce jour.

erythree.1238587660.jpgLe 26 mars, les rédac­teurs des prin­ci­paux jour­naux sué­dois, DN, SvD, Afton­bladet et Expressen ont lancé une cam­pagne de mobil­i­sa­tion pour la libéra­tion du jour­nal­iste et lancé une péti­tion afin de faire pres­sion sur le gou­verne­ment sué­dois. Par­mi les pos­si­bil­ités, la coupure des aides finan­cières a été évo­quée.  L’utilisation de l’Érythrée comme pion dans la lutte de pou­voir en Afrique com­plique la donne. Le prin­ci­pal prob­lème de la diplo­matie sué­doise est que le gou­verne­ment éry­thréen n’a rien à per­dre.  Les pres­sions inter­na­tionales ont de plus peu d’effet sur ce pays et la démoc­ra­tie n’y a a pas encore ger­mé. Le prési­dent éry­thréen a d’ailleurs annon­cé qu’il n’y avait pas d’opposition dans son pays et déclaré que les pre­mières élec­tions seraient pos­si­bles dans 30–40 ans le temps que la sit­u­a­tion se soit sta­bil­isée. En espérant que le jour­nal­iste ne doivent pas atten­dre aus­si longtemps.

Source: Freedawit.com, Dagens Nyheter


Bizot, éclaireur toujours Actuel

C’est étrange, ceux qui par­tent lais­sent tou­jours le même mes­sage : Gaffe à vous, à vos bor­dures, à vos jours comp­tés ! On en rigole un peu, mais du rire jaune de la pro­fondeur inquiète. Quand j’apprends ça dans le poste, au petit déj, mon café devient noir-noir. Jean-François Bizot est mort. Ça m’en fout un coup, pour pleins de raisons. D’abord l’âge, le même à huit jours près – ça veut dire même généra­tion et ça ne voudrait rien dire si ce n’était surtout ces con­ver­gences vers bien des points, dont celui d’une pre­mière ren­con­tre, en 72 par là.

C’était impasse de l’Ouest à Mont­par­nasse, siège d’Actuel, un vieil immeu­ble lim­ite pourave, qua­si squatt (cherchez plus, le quarti­er a été rasé de près et boboïsé). Le patron rég­nait dans une grande pièce, der­rière un vieux bureau de récup. Je pigeais alors pour une ency­clopédie suisse (EDMA, Ency­clopédie du monde actuel…, édi­tions Ren­con­tres, bureau au quarti­er Latin où l’on croi­sait à l’occasion un cer­tain Raoul Vanegeim) à qui j’avais pro­posé un arti­cle sur Actuel, le canard, et sur Bizot. On a donc dis­cuté un bon moment « entre pros » (jeunes pros) à cause de la com­mande, et ça s’est pro­longé bien au delà pour cul­min­er sur le free jazz.

Bizot et la musique, ça cau­sait ! Pas éton­nant qu’il ait aus­si lancé une radio, Nova, puis relancé TSF comme sta­tion de jazz. Ça cau­sait musique-donc-poli­tique. Se sou­venir de ces années : la guerre du Viet­nam tirait à sa fin, mais on ne le savait pas, en ayant cham­boulé l’ « Amérique » dont la beat gen­er­a­tion avait inven­té la con­tre-cul­ture, l’underground nour­ri des Ker­ouac, Gins­berg et aus­si Dylan et encore Andy Warhol, entre autres – la route, la déviance anti­con­formiste, la révolte comme art de vie. Ça c’est le côté Amérique blanche et sa jeunesse crachant dans la soupe pois­seuse et merdique touil­lée par les Nixon et Kissinger. Côté Noirs, le « dream » de Luther King a viré au cauchemar des grandes émeutes urbaines ; le mou­ve­ment des droits civiques patauge. On appelle ça une crise, et quand il s’agit de l’Amérique, c’est un choc mon­di­al.

La con­tre cul­ture émane de ce merdier – la fleur qui éclot sur le fumi­er. Qui, aus­si, va sec­ouer la France de Mai 68, par ailleurs année de lance­ment d’Actuel, canard de jazz… Titre que reprend donc Bizot en 70 pour le tor­dre à sa manière en un fanzine com­plète­ment allumé (à coups de pétards…), fond et forme trit­urés par­fois jusqu’à l’illisible, l’imbitable majestueux, la couleur LSD fluo-ripolinée au cul de la roto (affolée). J’ai aimé cet Actuel dégueu­lant dans les ornières, en appelant aus­si à l’Autre chose dans cette Phrance de la phy­nance pom­pi­doli­enne, bous­cu­lant le con­formisme des canards et leurs plan-plan « sujets de société », propul­sant des dessineux déjan­tés comme Robert Crumb*, Gilbert Shel­ton. Ouah !

Donc Bizot, c’était ça, ver­sion frenchie très made in USA, surtout côté Cal­i­fornie où cop­u­laient d’ardeur en un étrange plumard adeptes d’un col­lec­tivisme (les com­mu­nautés hip­pies et autres) et un indi­vid­u­al­isme farouche, anar­chiste, esthète et bour­geois à la fois : tout Actuel (le col­lec­tif du jour­nal) et tout Bizot et la bande d’électrons en quête de « libéra­tion ». Bizot bour­geois, certes, au sens de l’origine de classe, ça compte : un papa qui signe un chèque de 800 patates – on n’aurait pas fini dans le même hos­pice… De ces «bour­geois à tal­ent» dont aimait à par­ler Madeleine Rebéri­oux à pro­pos des accoucheurs de la Révo­lu­tion française, ceux qui allu­ment les lumières quand il fait trop noir.

Mai 68 a gran­di dans ces années-là.
Celles des grandes dérives en mer d’Utopie, certes bor­du­rant à l’occasion les chimères, bra­vant le ridicule poli­tique des gauchismes infan­tiles et jusqu’au maoïsme – en fal­lait-il de la dés­espérance ! Bizot en fut – ten­ta­tion bour­geoise des extrêmes ? S’en remit. Lui ne sem­bla pas som­br­er dans l’alcool du libéral­isme, l’alcoo-libéral­isme, celui qui con­sacre la défaite du col­lec­tif (on ne peut même plus écrire col­lec­tivisme alors que la ques­tion de la col­lec­tiv­ité a viré à la com­mu­nauté – d’intérêts !) sur l’individualisme. Bizot avait chopé le can­cer qui, peut-être, lui ren­dit ce ser­vice de con­sacr­er en lui le sens du vital, du pré­cieux de la vie, de la van­ité du pou­voir et du paraître, aujourd’hui valeurs suprêmes et avar­iées. Il ne sera donc pas ren­tré à la niche néolibérale, comme le Kouch­n­er, qui eut aus­si son pas­sage « Actuel » puis chopa, lui, le can­cer du politi­cien clairon­nant.

J’en reviens à mes « sev­en­ties », impasse de l’Ouest (impasse de l’Occident ?), tan­dis que nous cau­sons bien­tôt jazz. Champ libre vient d’éditer «Free Jazz / Black Pow­er» de Car­les et Comoli, cou­ver­ture de Reis­er ; et aus­si «Le Meurtre du Christ» de Reich, et de ressor­tir «La société du Spec­ta­cle» de Debord. C’était pas du Houelle­beque, du Angot et autres bran­lettes. Encore moins du Fer­ry, l’anti-68, ou du Besson (le pan­talon)… C’est dire l’époque, quand même…

D’ailleurs, imag­inez ça, Bizot m’offre un 30 cm de Coltrane, « Ole » ; je l’entends encore me dire « Tu ver­ras, c’est le morceau charnière entre le bop et le free, j’aime beau­coup ». J’ai « vu » et ça reste un de mes morceaux de jazz préférés. Il avait du flair le zigue. Sinon aurait-il soutenu Sex­pol ? Oui, la revue Sex­pol, celle selon le Reich ci-dessus, celle qui zébra le front sexo-poli­tique de 75 à 81. [En savoir plus : clic ! ] On cher­chait des sous pour éditer le numéro un (et les autres d’ailleurs). Bizot n’a pas écorné le chèque de papa pour ça, il lui fal­lait nour­rir ses « actuels », non mais il pro­posa l’hospitalité, si bien que le Sex­pol 1, ça ne se sait pas, hein, a été assem­blé, à la main, chez Actuel, impasse de l’Ouest : his­torique ! Comme quoi l’histoire n’est jamais si loin qu’on croit, surtout dans le reg­istre Actuel.

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* Crumb joue du ban­jo et de la man­do­line dans le groupe de jazz Les Prim­i­tifs du futur.


JAZZ. La Seyne, Napoléon, Marmande…

Y a bien des fois j’aime pas les jour­naleux. Mais les jour­nal­istes, la belle affaire. Tenez, ceux qui for­gent leurs papiers à chaud sur une tri­bune de stade, et hop, dans le canard du matin ! C’est beau. Pareil pour un con­cert. De jazz pen­dant qu’on y est. La Seyne, Napoléon, Fran­cis Mar­mande… J’explique.

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John Tchi­cai jouait et chan­tait le 26 juil­let au XXI­Ie fes­ti­val de La Seyne-sur-Mer. Ph. gp

Alain Sol­er, André Jaume, Bernard San­tacruz, John Tchi­cai et Marc Mazz­il­lo – Pho­to gp

Hier soir, La Seyne-sur-Mer, dans le Var. 22e fes­ti­val dit du Fort Napoléon. Car ça se passe là, entre qua­tre murs de forter­esse, en haut d’une pinède qui domine la baie de Toulon. Un lieu comme une arène, mais car­rée… Avec des gradins et du sable au fond d’où émerge une scène. Donc pas de toros ni de mata­dors. Pas de sang, du son. Il y a là, ce soir une sacrée bro­chette. Pas l’armada des grandes fies­tas avec leurs vedettes, mais la fine fleur. Tenez, André Jaume, sax­os et flûte. S’il n’était si mod­este ce grand logerait au Pan­théon.

De même John Tchi­cai. Hein, quoi, qui ? Une his­toire du jazz à lui tout seul, tis­sée au long de ses 71 bal­ais, né à Copen­h­ague d’une mère danoise et d’un père con­go­lais, déniché par Archie Shepp – je fais vite, les branchés iront au dico du jazz, page 1157. Tou­jours est-il que le voilà dans la New Thing à New York et on va le trou­ver aux côtés de Roswell Rudd, Car­la Bley, puis Albert Ayler – il enreg­istre avec lui et Don Cher­ry, Gary Pea­cock, Son­ny Mur­ray une musique de film, « New York Eye & Ear Con­trol », 1964. Avec John Coltrane, ce sera l’album « Ascen­sion », 1965. Une tra­jec­toire qui passe par la France, près de Per­pig­nan où il vit aujourd’hui.

Retour à hier soir [26/07/07] en sax ténor, puis­sant et fin au pos­si­ble, jouant de ses com­pos, ou celles de Bernard San­tacruz, superbe con­tre­bassiste, rejoint pour ce quin­tet d’un soir (ou plus car affinités très affir­mées !) par Alain Sol­er – quel gui­tariste ! – et Marc Mazil­lo à la bat­terie. Lequel nous a offert, avec John Tchi­cai à la voix, un mémorable duo de peaux et de scat.

Je m’arrête là sur le con­cert pro­pre­ment dit. Car je voulais en fait évo­quer un autre artiste, qui lui joue du sty­lo – enfin du mac à 88 touch­es, on appelle ça aus­si un clavier. Ça fait quelques années qu’on se croise, juste le temps de se saluer, de se dire, oui pas le temps, à la prochaine. Hier pareil. Il s’était réfugié sous un néon dans un coin du fort, comme un greffi­er de Napoléon. À une heure du mat’, l’affaire n’était pas bouclée. Car il ramait sur son instru­ment indocile. Jouer du cerveau, déjà c’est pas don­né, mais la mise en musique !

Or, notre homme est un musi­cien. Du verbe, on le sait, et de la con­tre­basse. Paraît qu’il en touche un bon brin. Il joue aus­si du pla­neur, que nous avons donc en com­mun, en plus du jazz et moins la cor­ri­da – nul n’est par­fait. Ses chroniques, hors les olé !, j’en suis fan. Et même jaloux. Il est trop. «Mais non, mais non !» fait-il pour con­tr­er le com­pli­ment en bais­sant un regard ado. Mais si mais si : trop cul­tivé, trop tal­entueux, trop bon jour­nal­iste. C’est pas dur, si j’avais encore un vœu de méti­er à for­muler, ce serait ça : « Je voudrais faire Mar­mande». Mais il est là. Et bien là.

PS. Alors, ce papi­er, ça vient ? (Voir Le Monde daté 28/07/07).

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Jazz au Fort Napoléon. La Seyne-sur-Mer. Miroslav Vitous Trio – en rem­place­ment de Joshua Red­man trio (le 27 juil­let), Lar­ry Willis (le 28), carte blanche à Médéric Col­lignon (le 29), Jean-Pierre Llabador (le 30), Christophe Mar­guet Résis­tance poé­tique Quar­tet (le 30). Tél. : 04–94-06–96-60.

www.jazzfortnapoleon.com


Sarkozy sur France Inter. Comme un pet sur une toile cirée

Ce matin, invité de France inter, le can­di­dat UMP. Très défen­sif-offen­sif selon son naturel galopant. En auto-sur­veil­lance, se red­outant lui-même, depuis le temps qu’ « on » lui dit – « on », ses man­agers de boxe qui, entre chaque round, vien­nent lui pass­er l’éponge dans le dos : « Gaffe à ta gauche, Nico­las ! Pense à ton cro­chet droit ! ». Et le poids-coq, un peu wel­ter, repart au coup de gong, fait écran à l’arbitre pour ten­ter un coup bas, sous la cein­ture.

sarko_de_m.1178145049.jpgIl était donc sur ses gardes, dans ce repaire post(e)-68tard, cette radio écoutée surtout par des Sarko-scep­tiques, pour le moins [sondage Téléra­ma] – mais les trois ou qua­tre audi­teurs- ques­tion­neurs seraient cette fois triés en con­séquence. Il avait donc tort de s’inquiéter pour si peu. Guy Car­li­er aura préféré tourn­er les talons. Suff­i­sait alors de la jouer badine – on badine bien avec les médias, et Demor­and don­nait aimable­ment dans le taquin : « Vrai­ment, liq­uider 68 ? » Beuh, le pic­a­dor n’aura guère fatigué le tau­reau, et Hélène Jouan n’agitera pas la mule­ta, tout juste un p’tit coup de chif­fon timide. Et lui de bar­bouiller à tout-va : « François Hol­lande a dit qu’il n’aimait pas les rich­es ». Rien ne se passe autour des micros. Pas le moin­dre con­tre­point. Pourquoi se gén­er ? D’un upper­cut, il descend 68 : ce temps où « Voltaire, ça valait Har­ry Pot­ter ». Et pas un mot pour relever ce déni intel­lectuel – ou au moins pour rap­pel­er, même en bad­i­nant, que le Pot­ter en ques­tion, euh, en 68…

C’est vrai qu’il ter­rorise. Demor­and, tout assuré qu’il paraisse – de l’assurance sans risque des jasettes de salon radio­phonique –, ne résiste en rien aux assauts de la bête, feu­trés de ses « je vous le dis très gen­ti­ment » (à deux repris­es), mais n’y revenez pas trop ! La men­ace a du mal à se voil­er : « Vous êtes for­mi­da­ble ! Avec vous, j’ai l’impression de faire un débat avec un homme poli­tique… Mer­ci, comme ça je m’entraîne pour ce soir ! »… Ou encore : « On peut avoir ses con­vic­tions et être pré­cis ! » Ces piques sont ter­ri­ble­ment acérées. Elle délim­i­tent la fonc­tion jour­nal­is­tique : des ques­tions, certes, mais pas d’objection, pas de résis­tance, juste pass­er les plats. 40.000 per­son­nes hier à Char­lé­ty : « – Vous y étiez ?! Bon, dis­ons que vous y étiez pas !… » Sous-enten­du : alors on la ferme ! Et lui alors, il y était?

Un audi­teur prend le relais pour dénon­cer la « coloni­sa­tion » de France inter par les idées de 68… Oh, comme vous y allez !, proteste en sub­stance Demor­and, voyez Sylvestre et Mar­ris, on équili­bre… Comme si la fonc­tion jour­nal­is­tique ne devait, par essence, relever de la néces­saire et démoc­ra­tique fonc­tion de con­tre-pou­voir. Un min­istère de l’information ? – « Une plaisan­terie ! » En effet, pour quoi faire ? Comme si le sys­tème des réseaux d’amitié et de con­nivence n’était pas autrement effi­caces. Mais l’objection est d’avance désamor­cée : « On me dit que les médias sont à ma sol­de… Mon dieu ! » Voyez Libéra­tion, le Nou­v­el Obs, Mar­i­anne… qui appar­ti­en­nent à des rich­es et cepen­dant par­ti­sans de « Madame Roy­al »… « Dois-je en con­clure que Madame Roy­al est liée aux puis­sances de l’argent ? » Silence radio. Sarkozy embraie de plus belle : Lagardère n’était pas à Bercy, Bouygues non plus. Alors, si c’est pas la preuve !

Et là, les micros sont scotchés, médusés.

Bon, OK, on ne peut pas tout ressor­tir, ni for­cé­ment être assez réac­t­if face à tant d’aplomb… Mais enfin, il y avait quand même matière à rétor­quer ! Sinon, bor­del de chiotte, à quoi je sers à ce micro qui, rap­pelons-le, est tout de même et avant tout un out­il au ser­vice du droit du pub­lic à l’information ! Alors, je résume, en vrac :

Sarkozy a un fils dont Mar­tin Bouygues – action­naire prin­ci­pal de TF1 –  est le par­rain ; lequel a assisté au con­grès de l’UMP qui a sacré le même Sarkozy ; Bernard Arnault – PDG de LVMH qui pos­sède La Tri­bune – est ami de Sarkozy, qui a assisté au mariage de la fille d’Arnault, comme il avait assisté au mariage de Claire Chaz­al (TF1) ; Vin­cent Bol­loré – entre autres PDG d’Havas – ami de Sarkozy, présent à la remise de sa légion d’honneur ; Arnaud Lagardère –  Hachette (entre autres: Europe 1, le Jour­nal du Dimanche, Paris-Match, des titres régionaux), EADS… – grand ami de Sarkozy, présent, cette fois, à son meet­ing pour le “oui” à la con­sti­tu­tion Européenne en mai dernier. N’oublions pas non plus dans la même bro­chette ami­cale : Édouard de Roth­schild  l’actionnaire de référence de Libéra­tion (« jour­nal de merde»), Alain Minc prési­dent du con­seil de sur­veil­lance du Monde.

Donc, à France Inter ce matin-là, on a glis­sé là-dessus comme pet sur toile cirée.

Pour­tant l’invité n’était pas pleine­ment con­tent (peut-il jamais l’être avant d’atteindre « la plus haute marche ? ») Pas con­tent, car il n’aime pas les jour­nal­istes et les red­oute. D’où ces assauts d’attention mêlés de men­ace. La main dans le dos et la dague pas loin : « Mon­sieur Demor­and », qu’il lui lance à la dernière minute, « vous filez un mau­vais coton… » Pourquoi dit-il ça, à celui qui n’a tout de même pas démérité et proteste de sa bonne foi : « Ça veut dire quoi ça, exacte­ment, Nico­las Sarkozy ? » Réponse : « Ça veut dire qu’à 9 heures on a le droit… » Demor­and : « …de plaisanter ». Sarkozy : « …oui, de plaisan­ter ». Ouf, on a eu peur ! On souf­fle en van­nant gaiement avec des slo­gans de 68. Le débat, c’est pas la guerre, hein ! Il était moins une.

© dessin andré faber



BONNE NOUVELLE. Les journaux sont foutus, vive les journalistes !


par John Mac­Gre­gor, chercheur au départe­ment Soci­olo­gie des médias du MIT

John Mac­Gre­gor, chercheur état­sunien, n’y va que par qua­tre chemins : 1) la presse quo­ti­di­enne est con­damnée dans sa forme actuelle ; 2) dans les dix ans à venir, les pré­payés (« gra­tu­its ») vont s’imposer et assur­er une pre­mière relève tran­si­toire… ; 3) …suiv­ie par une défer­lante tech­nique et jour­nal­is­tique : dis­pari­tion qua­si totale des indus­tries de presse (fab­ri­ca­tion et dif­fu­sion) au prof­it de l’internet : impres­sion à domi­cile de jour­naux à la carte ; 4) les « cen­tres de presse » fonc­tion­neront tous comme les agences actuelles, sans sup­port matériel, et emploieront 80 % de jour­nal­istes et le reste en com­mer­ci­aux et ges­tion­naires. L’avenir de la presse appar­tient donc – enfin – aux jour­nal­istes !

John Mac­Gre­gor, 55 ans, est chercheur-enseignant à Cam­bridge au fameux MIT (Mass­a­chu­setts insti­tute of tech­nol­o­gy). C’est là que j’ai fait sa con­nais­sance, fin des années 70, tan­dis qu’il dirigeait déjà le départe­ment Com­par­a­tive media stud­ies. Il n’a cessé depuis d’œuvrer en obser­va­teur cri­tique et engagé (ancien jour­nal­iste et auteur d’une dizaine d’ouvrages) de la presse des Etats-Unis et, plus générale­ment du monde occi­den­tal. Francophone/phile, il con­naît très bien la France pour y séjourn­er régulière­ment. Il tutoie aus­si ses médias, comme on va le voir. L’entretien qui suit devait paraître sous forme d’interview. Mais, avec l’accord de l’intéressé et revue par lui, une syn­thèse de ses pro­pos a paru plus appro­priée. GP.

 

1)Tels qu’ils sont,

les quotidiens sont condamnés

 

John Mac­Gre­gor : On me trou­verait peut-être mieux inspiré de par­ler de la presse améri­caine… Qui va mal aus­si ! Elle subit une vague ter­ri­ble de con­cen­tra­tions met­tant en cause, plus grave­ment que jamais, le plu­ral­isme des médias et des idées. Mais notre sujet, ici, c’est la presse française. De plus, je viens de pass­er plusieurs mois en Europe et quelques semaines en France pour, pré­cisé­ment, actu­alis­er mes réflex­ions au plus près des réal­ités.

D’abord, un rap­pel : la plu­part des médias d’information des pays occi­den­taux tra­versent une crise sans précé­dent. Certes à des niveaux dif­férents, mais de manière assez par­al­lèle : d’une part sur le plan économique, d’autre part sur celui de la con­fi­ance. Perte de con­fi­ance – on devrait plutôt par­ler d’appé­tence des clients – les acheteurs-lecteurs – et, plus nou­veau et inquié­tant, perte de con­fi­ance des jour­nal­istes en leur méti­er. Aux Etats-Unis, une enquête a relevé que 70 % d’entre eux ne sont pas sat­is­faits des con­di­tions d’exercice du méti­er. J’ignore si cela a été mesuré en France, mais de mul­ti­ples con­tacts avec des jour­nal­istes français me font crain­dre aus­si une insat­is­fac­tion assez générale. Les récentes opéra­tions de rachat, en par­ti­c­uli­er celles menées par l’industriel de l’armement Das­sault, ont trou­blé de nom­breuses rédac­tions.

Par où la crise a-t-elle démar­ré ? Sans doute par tous les bouts du prob­lème qui, en fait, est très com­plexe. Il faudrait notam­ment con­sid­ér­er la ques­tion économique générale qui com­prend la marchan­di­s­a­tion mon­di­al­isée de presque toute l’activité humaine ; et dans ce mael­ström inouï, pren­dre en compte l’économie même des médias, très par­ti­c­ulière. Voilà en effet un pro­duit, assumons le terme, qui ose se ven­dre deux fois : aux annon­ceurs, puis aux lecteurs. Les excep­tions exis­tent, mais sont telle­ment raris­simes qu’on les con­sid­ère comme des anom­alies – je pense au Canard enchaîné, on y revien­dra.

Il faudrait aus­si s’attarder sur l’évolution des sociétés dans leurs rap­ports à la tech­nique. Celle-ci a per­mis une mul­ti­pli­ca­tion effrénée de canaux se présen­tant comme infor­mat­ifs alors qu’ils sont avant tout des sup­ports com­mer­ci­aux. Pour la presse, il en va comme de la marchan­dise général­isée dont l’hyperproduction con­duit aux crises inces­santes de l’économie actuelle. On dit : « Too much infor­ma­tion is overkill ». Trop d’info tue l’info. De nos jours, en fait, on devrait par­ler du trop peu d’information ! Trop de signes, certes, habil­lés en infor­ma­tion, déguisés ; nous sommes dans le déguise­ment, dans le trav­es­tisse­ment des réal­ités ; l’ « info » devenant de plus en plus une marchan­dise comme une autre, on croit que sa répli­ca­tion en série jus­ti­fie l’existence de ces réseaux mon­strueux de com­mu­ni­ca­tion – et il faudrait habiller tous ces mots de guillemets bar­belés pour les con­tenir dans leurs sens les plus vul­gaires et détournés en shows plus ou moins hol­ly­woo­d­i­ens.

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  • © Ch.- M. Schulz

    « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet. » Bossuet

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  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Philippe Casal, 2004 - Centre national des arts plastiques - Mucem, Marseille

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexualité / politique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl”

    Comme un nuage, album photos et texte marquant le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986). La souscription étant close (vifs remerciements à tous les contributeurs !) l'ouvrage est désormais en vente au prix de 15 euros, franco de port. Vous pouvez le commander à partir du bouton "Acheter" ci-dessous (bien préciser votre adresse postale !)

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    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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