La révolution comme un coup de foudre. Ne pas s’y brûler les ailes. S’être prémuni de ses illusions pour en jouir au bon moment. Et puis passer à la durée, au dur désir de durer. Je parle bien sûr de la Tunisie qui aura surpris tout un chacun. Qui en aura dépité quelques autres, certes. Comme notre grand oracle du FMI prédisant le plus bel avenir au royaume de Ben Ali tout en rêvant de gouverner le pays France. Mauvaise pioche. En quoi il ne suffit pas d’avoir des airs inspirés pour être super analyste. Car ces gens, que savent-ils de la souffrance des peuples ? Rien.
Je pense aussi, bien sûr, à notre petit empereur d’opérette, même pas comique, lamentable, recevant les clés de la ville de Tunis et ne tarissant de facéties élogieuses à l’adresse de son émir ami.
Je pense à la ci-devant Michèle Alliot-Marie dite « MAM », des affaires si étrangères, tout emperruquée et si empressée de secourir – selon le « savoir-faire » des agents de notre République – son monarque étranger dans la débine. Je pense donc aux Juppé et Fillon condamnés à soutenir leur brebis égarée au quai d’Orsay.
Je pense aussi au Mitterrand, l’autre, estimant – le 9 janvier 2011 – en touriste de la culture, que “Dire [de la] Tunisie [qu’elle] est une dictature univoque me paraît tout à fait exagéré“.
Je ne saurais oublier le bon Jacques Chirac, président de notre même République, manquant en 2003 d’étouffer son ami Ben, qui il étreint d’une vigoureuse accolade, avant de déclarer : “Le premier des droits de l’homme est de manger, d’être soigné et de recevoir une éducation. De ce point de vue, il faut bien reconnaître que la Tunisie est très en avance”.


















