On n'est pas des moutons

Israel-Palestine. « Notre misérable État juif », par Gideon Levy

Gideon Levy, 2011 (DR)

Gideon Levy, 2011 (DR)

Arti­cle de Gideon Levy, publié dans Haa­retz, le 6 juillet 2014 [1]. Tra­duc­tion SF pour l’UJFP (Union juive fran­çaise pour la paix), dif­fusé par la Ligue des Droits de l’Homme de Tou­lon.

Les jeu­nes de l’État juif atta­quent des Pales­ti­niens dans les rues de Jéru­sa­lem, exac­te­ment comme les jeu­nes chez les gen­tils atta­quaient les Juifs dans les rues d’Europe. Les Israé­liens de l’État juif se déchaî­nent sur les réseaux sociaux, répan­dant une haine et un désir de ven­geance d’une ampleur dia­bo­li­que sans pré­cé­dent. Des incon­nus de l’État juif sur une base pure­ment eth­ni­que. Ce sont les enfants de la géné­ra­tion natio­na­liste et raciste – la des­cen­dance de Neta­nya­hou.

Depuis cinq ans main­te­nant ils n’ont entendu qu’incitations, pro­pos alar­mis­tes et supré­ma­tie sur les Ara­bes de la part du véri­ta­ble ins­truc­teur de cette géné­ra­tion, le pre­mier minis­tre Ben­ja­min Neta­nya­hou. Pas un mot d’humanité, de com­pas­sion ou de trai­te­ment égal.

  Main­te­nant nous savons : dans l’État juif il n’y a de com­pas­sion et de sen­ti­ments humains que pour les Juifs, des droits uni­que­ment pour le Peu­ple Elu. L’État juif n’est que pour les Juifs

Ils ont grandi dans le contexte de la reven­di­ca­tion pro­vo­cante de recon­nais­sance d’Israël comme « État juif » et ils ont tiré les conclu­sions qui s’imposent. Avant même la déli­mi­ta­tion de ce que signi­fie « État juif » - sera-ce un État qui met les tefi­lin (phy­lac­tè­res), embrasse les mezou­zot (des rou­leaux de priè­res enfer­més dans de peti­tes boî­tes métal­li­ques ou en bois qui sont fixées aux cham­bran­les des por­tes d’entrée), sanc­ti­fie des sor­ti­lè­ges, ferme le jour de Shab­bath et observe stric­te­ment les lois de la cash­rout – les mas­ses ont com­pris.

La foule a d’emblée inté­rio­risé la véri­ta­ble signi­fi­ca­tion : un État juif est un État dans lequel il n’y a place que pour les Juifs. Le sort des Afri­cains est d’être envoyé au cen­tre de déten­tion de Holot dans le Néguev et celui des Pales­ti­niens est d’endurer des pogroms. C’est comme ça que ça mar­che dans un État juif : c’est à cette seule condi­tion qu’il peut être juif. Dans l’État juif en cours de consti­tu­tion, il n’y a même pas de place pour un Arabe qui fait de son mieux pour être un bon Arabe, comme l’écrivain Sayed Kashua. Dans un État juif, la pré­si­dente de l’Assemblée de la Knes­set, Ruth Cal­de­ron (du parti Yesh Atid – inutile de pré­ci­ser que c’est le « cen­tre » de l’échiquier poli­ti­que) coupe la parole au député arabe Ahmed Tibi (de la liste arabe unie Ta’al) à peine revenu, bou­le­versé, d’une visite à la famille de Shoa­fat, le jeune Arabe qui a été mas­sa­cré, et le ser­monne cyni­que­ment sur le thème qu’il doit aussi faire réfé­rence aux trois jeu­nes Juifs mas­sa­crés (alors même qu’il venait de le faire).

Dans un État juif, la Cour Suprême auto­rise la démo­li­tion de la mai­son de la famille d’un homme sus­pecté de meur­tre avant même qu’il ne soit condamné. Un État juif édicte des lois racis­tes et natio­na­lis­tes. Les médias d’un État juif se com­plai­sent sur le meur­tre de trois étu­diants de yeshiva et igno­rent pres­que com­plè­te­ment le sort de plu­sieurs jeu­nes Pales­ti­niens du même âge qui ont été tués par des tirs de l’armée au cours des der­niers mois, géné­ra­le­ment sans rai­son.

Per­sonne n’a été puni pour ces actes – dans l’État juif il y a une loi pour les Juifs et une loi pour les Ara­bes, dont les vies valent peu. Pas un soup­çon de res­pect du droit inter­na­tio­nal ni des conven­tions inter­na­tio­na­les. Dans l’État juif, il n’y a de com­pas­sion et d’humanité que pour les Juifs, des droits pour le seul Peu­ple Elu. L’État juif n’est que pour les Juifs.

La nou­velle géné­ra­tion qui gran­dit sous sa coupe est dan­ge­reuse à la fois pour elle-même et pour ce qui l’entoure. Neta­nya­hou est son minis­tre de l’éducation ; les médias mili­ta­ris­tes et natio­na­lis­tes font office de poème péda­go­gi­que ; le sys­tème d’éducation qui l’emmène à Ausch­witz et à Hébron lui sert de guide.

Le sabra (natif d’Israël) d’aujourd’hui est une espèce nou­velle, piquante dehors comme dedans. Il n’a jamais ren­con­tré son homo­lo­gue pales­ti­nien mais il sait tout de lui – le sabra sait qu’il est un ani­mal sau­vage, qu’il a seule­ment l’intention de le tuer, qu’il est un mons­tre, un ter­ro­riste.

Il sait qu’Israël n’a pas de par­te­naire pour la paix, puis­que c’est ce qu’il a ententu un nom­bre incal­cu­la­ble de fois de la part de Neta­nya­hou, du minis­tre des Affai­res étran­gè­res Avig­dor Lie­ber­man et du minis­tre de l’Économie, Naf­tali Ben­nett. De la bou­che de Yair Lapid il a entendu qu’il y a des « Zoa­bis » – en réfé­rence condes­cen­dante à la dépu­tée de la Knes­set Haneen Zoabi (du parti Balad).

Etre de gau­che ou dési­reux de jus­tice dans l’État juif est consi­déré comme un délit, la société civile est tenue pour tri­cheuse, la vraie démo­cra­tie pour dia­bo­li­que. Dans un État juif – dont rêvent non seule­ment la droite mais le sup­posé cen­tre gau­che incluant Tzipi Livni et Lapid – la démo­cra­tie est floue.

Le prin­ci­pal pro­blème de l’État juif ce ne sont pas les skin­heads mais les embo­bi­neurs mora­li­sa­teurs, les voyous, l’extrême droite et les colons. Non pas les mar­gi­naux mais le cou­rant prin­ci­pal qui est en par­tie natio­na­liste et en par­tie indif­fé­rent.

Dans l’État juif, il ne reste rien de l’injonction bibli­que selon laquelle il faut être juste avec la mino­rité ou avec l’étranger. Il n’y a plus de ces Juifs qui ont mani­festé avec Mar­tin Luther King ou fait de la pri­son avec Nel­son Man­dela. L’État juif, qu’Israël veut abso­lu­ment faire recon­naî­tre par les Pales­ti­niens, doit d’abord se recon­naî­tre lui-même. Au terme de la jour­née, après une semaine ter­ri­ble, il sem­ble qu’un État juif ce soit un État raciste, natio­na­liste, conçu uni­que­ment pour les Juifs.

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[1] “Our wret­ched Jewish state” : http://www.haaretz.com/opinion/.pre...

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Charlie Haden (1937-2014). Le jazz comme « musique de la rébellion »

Char­lie Haden est mort le 11 juillet 2014 à Los Ange­les. Il avait 76 ans. Malade et très affai­bli depuis plu­sieurs années, il avait cessé de jouer en 2011 et son der­nier concert avec son Quar­tet West band remonte à 2008. Ins­tru­men­tiste, com­po­si­teur, chef d’orchestre, un géant du jazz et de la contre­basse s’est éteint.

En 2007, après trente ans d’éloignement, Haden télé­phone à Jar­rett pour lui pro­po­ser de jouer à nou­veau avec lui. Les retrou­vailles auront lieu chez Keith Jar­rett, dans la grange de sa mai­son du New Jer­sey, là où il a ins­tallé son vieux Stein­way. Pen­dant plu­sieurs jours, Jar­rett et Haden jouent les stan­dards, sans témoin. Des chan­sons d’amour, le « Great Ame­ri­can Song­book »… ECM en sor­tiraJas­mine puis, tout récem­ment, comme un adieu pré­mo­ni­toire, Last Dance.

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À La Roque d’Anthéron en 2005, après son concert avec le pia­niste cubain Gon­zalo Rubal­caba. Il s’entretient avec Gérard de Haro, du stu­dio de La Buis­sonne. [Ph. gp]

On le recon­nais­sait d’emblée : ce son uni­que porté par un tempo infailli­ble et sans la moin­dre fio­ri­ture ; un « gros son », comme il fut sou­vent dit, attiré vers la pro­fon­deur et, pour le coup, par la gra­vité. Il ne s’agissait pas seule­ment sous son doigté des sons d’abysse de la contre­basse, mais du pro­pos lui-même, rele­vant de la pul­sion vitale autant que de l’humaine révolte. On par­lera ici de l’engagement, oui, musi­cien et citoyen, sans doute de manière indis­so­cia­ble. D’où le choix de l’instrument, d’où cette musi­que qui, l’un et l’autre gron­dent, enflent, sour­dent.

Jean-Louis Comolli résume la per­son­na­lité musi­cale de l’instrumentiste en ces mots : « La basse de Haden – mesu­rée, sobre et sereine – trouve le ton juste pour accueillir dans les pro­fon­deurs du jazz d’autres révol­tes (...) » [Dic­tion­naire du jazz, éd. Robert Laf­font, 1986].

Char­les Edward Haden, dit « Char­lie », né le 6 août 1937 dans l’Iowa, passe son enfance et son ado­les­cence dans le Mis­souri. Ses parents sont des musi­ciens tra­di­tion­nels, por­tés sur les chan­sons de style blue­grass, un maté­riau basi­que, popu­laire, dont on retrou­vera sou­vent l’influence chez le jazz­man tout au long de son par­cours.

Dans son enfance, il est plu­tôt tenté par le chant, mais à l’âge de 14 ans, il contracte une forme légère de polio­myé­lite qui endom­mage de manière irré­ver­si­ble sa gorge et ses cor­des voca­les. Il fera donc chan­ter d’autres cor­des, ne choi­sis­sant tou­te­fois la contre­basse comme ins­tru­ment prin­ci­pal qu’à l’âge de 19 ans.

En 1957, Haden gagne Los Ange­les attiré par sa scène jazz et la musi­que impro­vi­sée contem­po­raine. Il s’inscrit au West­lake Col­lege of Music, tout en pre­nant des cours par­ti­cu­liers avec Red Mit­chell, alors l’un des contre­bas­sis­tes les plus renom­més de la côte ouest. Il joue avec Art Pep­per et Paul Bley. Ren­con­tre Scott LaFaro avec qui il par­tage un appar­te­ment pen­dant quel­ques mois. Tous deux devien­dront bien­tôt des pion­niers de l’émancipation de la contre­basse jazz des années 1960, cha­cun en sui­vant sa pro­pre voie. Ainsi pour Haden, trois musi­ciens seront déter­mi­nants dans son che­mi­ne­ment : Ornette Cole­man, Keith Jar­rett et Carla Bley – trois per­son­na­li­tés aussi dif­fé­ren­tes que riches.

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Char­lie Haden, Gand, Bel­gi­que, sep­tem­bre 2007. Photo de Geert Van­de­poele

Avec Ornette, Haden va plon­ger dans le free nais­sant ; le saxo­pho­niste l’intègre dans son fameux quar­tette, aux côtés du trom­pet­tiste Don Cherry et du bat­teur Billy Hig­gins. En 1959, les albums The Shape of Jazz To Come et Change of the Cen­tury font par­tie des pro­duc­tions les plus abou­ties du quar­tette. Puis Ornette dou­ble la mise : il enrôle dans le plus fou des pro­jets du moment (1960) Scott LaFaro (cb), Eric Dol­phy (bcl),Fred­die Hub­bard (tp), Ed Bla­ck­well (dm). Un quar­tette pour le canal gau­che, un autre pour le droit. Ce sera l’historique album Free Jazz – A Col­lec­tive Impro­vi­sa­tion By The Ornette Cole­man Dou­ble Quar­tet pro­duit chez Atlan­tic par les frè­res Ertegün. Deux contre­bas­ses, deux bat­te­ries, deux trom­pet­tes, un alto et une cla­ri­nette basse ; deux ving­tai­nes de minu­tes où s’invente une manière incon­nue de contre­point – l’interplay –, cou­sine loin­taine de Jean-Sébas­tien, cer­tes, héri­tière directe de John – qui a lar­ge­ment ouvert la voie depuis quel­ques années avec les albums Giant Steps, Bags and Trane(avec Milt Jack­son), Col­trane Jazz et, cette même année 1960, The Avant-Garde (avec Don Cherry) et My Favo­rite Things.

Char­lie a donc « fait » les bar­ri­ca­des de ce « Mai 68 » du jazz. Une révo­lu­tion. Musi­ca­le­ment du moins, le mot n’est pas gal­vaudé : le jazz ne sera plus comme avant. Ou plu­tôt, il y aura un avant et un après « Free Jazz », tout comme il y eut en Europe, dans l’autre siè­cle, l’avant et l’après Her­nani. Puis l’avant et l’après 68. L’Histoire ne s’arrêtant pas, on pour­rait – et on doit désor­mais, mar­quer les bor­nes de 1989 : la chute du Mur, la répres­sion de Tia­nan­men. On s’égare ? Pas si sûr.

Là-bas, aux Sta­tes, si le jazz joue les cham­boule-tout, c’est aussi que la musi­que afro-amé­ri­caine se heurte de plein fouet à la lutte contre le racisme et pour les droits civi­ques. Le blues et les gos­pels n’y ont rien fait : la dis­cri­mi­na­tion s’est enkys­tée comme un can­cer. La guerre au Viet­nam atteint son paroxysme. Le chô­mage sévit lour­de­ment. Des émeu­tes écla­tent dans les ghet­tos noirs. Cas­tro a repris Cuba à Batista et aux « yan­quis », les fusées sovié­ti­ques poin­tent leurs mena­ces sur l’Empire états-unien.

A quoi s’ajoute cette autre plaie qui frappe en par­ti­cu­lier les milieux artis­ti­ques et musi­caux : la dro­gue. Le jazz est très tou­ché, Haden aussi est gra­ve­ment atteint. Le suc­cès du quar­tette Free Jazz s’évanouit bien­tôt. Scott Lafaro meurt dans un acci­dent. Char­lie Haden suit plu­sieurs cures de dés­in­toxi­ca­tion, avant d’être contraint de se reti­rer pres­que tota­le­ment de la scène jusqu’en 1968 où il retrouve Ornette Cole­man, et se pro­duit avec lui au fes­ti­val de Mon­ter­rey et dans divers clubs en Europe.

De 1975 à 1981, Haden obtient des enga­ge­ments sur la côte ouest et enre­gis­tre avec Dex­ter Gor­don, Hamp­ton Hawes, Art Pep­per. À New York, le free jazz est devenu la réfé­rence et, outre des jeu­nes musi­ciens (comme Archie Shepp et Albert Ayler), beau­coup de musi­ciens confir­més s’y recon­nais­sent. C’est l’époque du Jazz Composer’s Orches­tra, un col­lec­tif d’avant-garde fondé par Bill Dixon, auquel Haden par­ti­cipe à la plu­part des ren­con­tres et enre­gis­tre­ments. Son expé­rience est désor­mais recon­nue, liée à un sens aigu de la mélo­die et une grande assu­rance ryth­mi­que.

L’autre ren­con­tre musi­cale déter­mi­nante se sera pro­duite en 1968, quand le contre­bas­siste intè­gre aux côtés du bat­teur Paul Motian le pre­mier trio de Keith Jar­rett. Trio qui renou­velle le genre tant par son style très per­son­nel que par son réper­toire à base de titres inha­bi­tuels pour une for­ma­tion de jazz à cette épo­que, comme des repri­ses de Bob Dylan (My Back Pages, Lay Lady Lay). Le trio conti­nue jus­que vers le milieu des années 1970, puis Jar­rett se concen­tre davan­tage sur son tra­vail en solo, et son quar­tette « euro­péen » (avec Jan Gar­ba­rek, Jon Chris­ten­sen, et Palle Daniels­son).

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Carla Bley et Char­lie Haden por­tent la ban­nière. Cou­ver­ture du dis­que.

Troi­sième ren­con­tre enfin – sans pré­ju­ger des innom­bra­bles autres –, celle avec Carla Bley. Une affaire aussi poli­ti­que que musi­cale. Libe­ra­tion Music Orches­tra est le nom – « génial et modeste… » – que se donne le col­lec­tif de 13 musi­ciens de free jazz lors de sa consti­tu­tion en 1969. Une grande par­tie du réper­toire, com­posé essen­tiel­le­ment par Haden et arrangé par Carla Bley, est for­mée de « chants de libé­ra­tion » – même si The bal­lad of the fal­len célè­bre les vain­cus… – liés notam­ment à la guerre d’Espagne, à la révo­lu­tion por­tu­gaise (Gran­dola Vila Morena de José Afonso), aux résis­tan­ces popu­lai­res au Chili et au Sal­va­dor. Mais l’engagement concerne aussi les droits civi­ques des Noirs états-uniens, porté en l’occurrence par deux musi­ciens blancs. Ainsi, en photo sur le pre­mier dis­que du Libe­ra­tion Music Orches­tra, Carla Bley tient la ban­de­role d’un côté, et Char­lie Haden de l’autre. En tête de manif’, comme dirait la presse locale, on recon­nais­sait notam­ment : Gato Bar­bieri, Dewey Red­man, Don Cherry, Ros­well Rudd, Andrew Cyrille, Paul Motian… Parmi les « slo­gans », un « Song for Ché » et des chants répu­bli­cains espa­gnols (El Quinto Regi­miento)… – pour situer l’époque, le style.

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17e Charlie Jazz Festival. La belle cuvée

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Médé­ric Col­li­gnon et ses 11 musi­ciens pour un hom­mage au groupe de rock King Crim­son.

Foot­ball et météo ont bien tenté leurs redou­ta­bles assauts. Mais non, le jazz a tenu bon et Char­lie de même, depuis son domaine de Font­blan­che à Vitrol­les. Encore une belle cuvée que cette 17e qui aura réuni quel­que 2.300 ama­teurs autour d’un pro­gramme de haute qua­lité [rap­pelé ici] dans un lieu par­ti­cu­liè­re­ment adapté à la célé­bra­tion musi­cale. Ces pho­tos [© Gérard Tis­sier et Klervi Bechen­nec] en guise d’aperçu et pour le ren­dez-vous de 2015.

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Joshua Red­man, figure de proue du jazz actuel

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Encore un sale coup pour Hollande : Faber arrête son blog

Il n’en pou­vait plus : la Coupe de foot, le Pacte de res­pon­sa­bi­lité, l’UMP en couilles, le Tour dans le Tun­nel – et lui-même qui s” demande… Trop c’est trop. Tant pis pour Hol­lande. Faber arrête. Il arrête son blog Trait drôle. Si ! Allez-y donc lui ren­dre visite avant la fin des sol­des, vous pour­rez l’admirer sur sa noire vespa, altier, que dis-je ? impé­rial ! Il est là, grand, face à la béance du vide qui nous menace tous. Tan­dis que monte en lui un appel de son vieux pote, le Rimb”. « Et pres­sen­tant vio­lem­ment la voile  ».

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© faber – Paru dans LE JEUDI - Luxem­bourg

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Foot et religion, comme sabre et goupillon

Je m’intéresse au foot à peu près comme à la reli­gion : avec éton­ne­ment et déso­la­tion. Je nuance : j’aime quand même bien le foot, jusqu’à un cer­tain point. Tan­dis que je ne sau­rais pren­dre du plai­sir au spec­ta­cle de l’aliénation reli­gieuse. Mais les deux m’intéressent sur le plan, disons, anthro­po­lo­gi­que : qu’est-ce que cet ani­mal humain aussi admi­ra­ble que sou­vent détes­ta­ble, capa­ble du sublime et de l’horrible, allant jusqu’à nuire à sa pro­pre espèce et à tout l’écosystème ?

Or, avec la Coupe du monde… la coupe déborde de tous côtés,  et spé­cia­le­ment pour ce qui est du foot et du reli­gieux. Ce n’est pas le lieu ici de s’y ris­quer, mais il y aurait matière à épi­lo­guer sur cette litur­gie qui accom­pa­gne les céré­mo­nies dans les actuels tem­ples païens du Bré­sil, avant, pen­dant, après… Rien qu’un détour par les joueurs : onze comme les… Douze apô­tres que l’on sait, adu­lés comme tels par des fou­les en extase, au bord du sacri­fice ; divi­ni­tés inter­mé­diai­res ren­dant grâce au Ciel quand le Des­tin leur fait mar­quer un but – et empo­cher une sub­stan­tielle prime –, se signant lors de l’entrée sur la pelouse sacrée – ou bien s’y pros­ter­nant, cha­cun selon son Dieu. C’est en ce moment au Bré­sil et ça enflamme la pla­nète, qui ne s’en réchauffe que de plus belle ! Soit, que le bal­lon ait rem­placé (pour un temps) le sabre dans son alliance avec le gou­pillon, voyons l’affaire comme un moin­dre mal.

S’agissant des maho­mé­tans, louons le génie d’Allah qui place sur une même orbite céleste bal­lon rond et rama­dan, tout en four­nis­sant, contre paie­ment, une dis­pense et le moyen d’éviter ainsi tout inutile conflit d’intérêt. On ne pour­rait que rêver d’une même bonne volonté pour régler les conflits des Pro­che et Moyen Orient. Au fait, on ne signale pas sur les sta­des de signes osten­ta­toi­res de judaïsme… Sans doute parce que cette reli­gion pas très catho­li­que, ni même très ortho­doxe, sait s’arranger avec ses pro­pres règles… Ou alors, un juif ne sait pas jouer au foot, il a les pieds cro­chus, comme aurait dit Des­pro­ges…

Ce diman­che matin – un peu de vécu perso –, péda­lant à l’heure de la messe sur un de mes iti­né­rai­res favo­ris, je passe devant le petit ora­toire célé­brant la Vierge Marie. À cha­que fois je m’y arrête. Non par dévo­tion, on s’en doute, mais par atten­tion aux varia­tions por­tées par des mains ano­ny­mes à l’ordonnancement de la petite cha­pelle. Un jour c’est une image pieuse, un autre une carte à jouer ou un cha­pe­let qui vien­nent s’ajouter aux mul­ti­ples acces­soi­res pieux ; ou encore quel­ques fleurs ou une bou­gie allu­mée au fond d’un verre. Et à cha­que fois je prends une photo – on ne sait jamais, si un jour se pro­dui­sait un mira­cle, comme à Lour­des… J’ai ainsi une sacrée col­lec­tion de ce lieu évo­luant au fil des ans et des croyan­ces. Et, hier donc, voici ce qui m’est apparu :

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Marie, gar­dienne de but… © g_p

 

D’où ce petit cha­pe­let de mes modes­tes réflexions… qui me rap­pel­lent un cadre accro­ché dans un bis­trot de mon pate­lin pro­ven­çal, cla­mant sur fond bleuté du sigle de l’« OM » : « Le foot­ball est notre reli­gion – Le stade Vélo­drome notre Tem­ple – L’OM notre Dieu ». Pro­fond, non ?

Un autre fait méri­te­rait bien des déve­lop­pe­ments. Il fait jaser en Cata­lo­gne et dans toute l’Espagne, jusqu’en Anda­lou­sie et bien au delà : l’émir du Qatar a pro­posé 2 mil­liards d’euros pour rache­ter les célè­bres arè­nes monu­men­ta­les de Bar­ce­lone qui seraient trans­for­mées en mos­quée ! Laquelle pour­rait accueillir 40 000 afi­cio­na­dos de l’islam, devien­drait ainsi la troi­sième plus grande mos­quée au monde après cel­les de la Mec­que et de Médine. Un mina­ret de 300 mètres de haut sur­plom­be­rait cet ensem­ble du plus bel effet.

Voyons, cet émir qatari, n’est-ce pas le même qui s’est payé le PSG ? Les 300 mètres de la Tour Eif­fel, il en pro­pose com­bien ?

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Jazz à Vitrolles (13). Charlie met la dernière touche


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Ça s’affaire à Vitrol­les, Bou­ches-du-Rhône, où un cer­tain Char­lie (Free) met la der­nière tou­che à son légen­daire fes­ti­val de jazz. Cette 17e édi­tion (4, 5 et 6 juillet) aura lieu comme tou­jours dans le magni­fi­que domaine de Font­blan­che aux pla­ta­nes tri-cen­te­nai­res. Le pro­gramme et les infor­ma­tions pra­ti­ques se trou­vent à por­tée de clic, ici. On en reparle ces pro­chains jours.

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Jazz. Mort de Horace Silver, messager du hard bop

Vidéo du concert filmé en public à Copen­ha­gue, Dane­mark, en avril 1968. Horace Sil­ver y pré­sente le fameux mor­ceaux « Song for my flat­ter » – Chan­son pour mon père – enre­gis­tré pour Blue Note en 1964. Les mor­ceaux de ce dis­que ont été com­po­sés suite à un voyage au Bré­sil. La cou­ver­ture repro­duit une photo du père du musi­cien [ci-des­sous].

Le pia­niste et com­po­si­teur de jazz Horace Sil­ver est mort ce 18 juin aux Etats-Unis, où il est né il y a 85 ans. Un musi­cien impor­tant dans l’histoire du jazz qu’il a contri­bué à vivi­fier et à renou­ve­ler à tra­vers le cou­rant dit du hard bop. 

Cou­rant qu’illustre assez bien, à sa manière, le film de Mar­tin Scor­sese, New York, New York (1977), mon­trant l’évolution de son héros saxo­pho­niste (Robert De Niro) pas­sant d’orchestres swing et be bop à des grou­pes de Har­lem. Là, des musi­ciens afro-amé­ri­cains ont décidé de réagir à la domi­na­tion du cool jazz de la côte ouest des Etats-Unis – sur­tout des Blancs comme Chet Baker, Gerry Mul­li­gan, Len­nie Tris­tano, Dave Bru­beck éga­le­ment rejoints, il est vrai, mais pro­vi­soi­re­ment, par un Miles Davis.

Pour aller vite, disons que l’acte de nais­sance (jamais uni­que !) est mar­qué en 1954 par le quin­tette que for­ment le bat­teur Max Roach et le trom­pet­tiste Clif­ford Brown, rejoints en 1955 par le saxo­pho­niste ténor Sonny Rol­lins. Tou­te­fois, le pre­mier repré­sen­tant de ce style fut le groupe des Jazz Mes­sen­gers créé par le bat­teur Art Bla­key et, nous y voilà, le pia­niste Horace Sil­ver en 1955, qui for­mera ensuite son pro­pre quin­tette.

L’affaire est lan­cée, dans le contexte états-unien de lut­tes pour les droits civi­ques et contre le racisme. Les artis­tes en géné­ral, les musi­ciens en par­ti­cu­lier et les musi­ciens de jazz sur­tout sont à la pointe de ce com­bat poli­ti­que et cultu­rel. Sourcé au blues, notam­ment, le jazz est né d’un sen­ti­ment d’injustice mêlé de rési­gna­tion et de révolte.

C’est en1955 éga­le­ment que Miles Davis embau­che John Col­trane (Sonny Rol­lins a décliné l’invitation) dans son quin­tet, au côté de Red Gar­land (piano), Paul Cham­bers (basse) et Philly Joe Jones (bat­te­rie). À cette épo­que, Col­trane était encore un musi­cien inconnu.

En 1957, Sonny Rol­lins se rat­trape en ras­sem­blant Sil­ver, Monk, Cham­bers – et inau­gure l’apparition du trom­bone dans le hard bop avec Jay Jay John­son.
Blue Note et Pres­tige sont les prin­ci­paux labels qui pro­dui­si­rent des grou­pes de hard bop.

Le père d'Horace Silver – couverture du disque "Song for my father", 1964

Le père d’Horace Sil­ver – cou­ver­ture du dis­que « Song for my father », 1964

Bio­gra­phie [Wiki­pe­dia]Horace Sil­ver est né le 2 sep­tem­bre 1928 à Nor­walk (Connec­ti­cut) aux États-Unis. Son père (né Silva) était natif de Maio (Cap-Vert) alors que sa mère née à New Canaan dans le Connec­ti­cut était d’origine irlan­daise-afri­caine. Son père lui ensei­gne la musi­que folk­lo­ri­que du Cap Vert. Il com­mence sa car­rière comme saxo­pho­niste tenor dans les clubs du Connec­ti­cut et en 1950, il est repéré par Stan Getz. Il part pour New York ou il chan­gera d’instrument pour le piano. C’est dans son orches­tre qu’il s’affirme comme com­po­si­teur be bop. Il tra­vaille ensuite avec Miles Davis, Milt Jack­son, Les­ter Young et Cole­man Haw­kins. Il effec­tue les pre­miers enre­gis­tre­ments sous son nom aux côtés du saxo­pho­niste Lou Donald­son en 1952.

En 1953, il fonde avec le bat­teur Art Bla­key le quin­tette des Jazz Mes­sen­gers mar­quant ainsi l’entrée dans l’ère du hard bop. Peu après, il quitte le groupe pour fon­der le Horace Sil­ver Quin­tet qui sera avec les Jazz Mes­sen­gers et les grou­pes de Miles Davis un des prin­ci­paux trem­plins de jeu­nes talents.

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De Bagdad à Rio, cette même Grande Guerre de religions ?

L’His­toire ne se répète pas, elle bégaie. On sait ça depuis Marx et même depuis tou­jours, vu que, avec ou sans Confu­cius, « on ne se bai­gne jamais deux fois dans la même rivière ». Voilà qu’elle s’est mise, l’Histoire, à hoque­ter sale­ment et à nou­veau en Irak – dans cette Méso­po­ta­mie qui fut un haut lieu de la civi­li­sa­tion, entre Tigre et Euphrate. C’est là que s’inventa l’écriture, le cal­cul aussi, qui étaient liés. À ce point d’émergence de la connais­sance miroi­tait aussi la sagesse. Un bel ave­nir sem­blait pro­mis. Que nenni ! C’eut été sans comp­ter sur l’insondable mys­tère qui rend l’espèce humaine si per­tur­bée, quasi illi­si­ble, n’ayant de cesse de noir­cir son ciel, d’éteindre les lumiè­res, de patau­ger dans ses maré­ca­ges. D’aller même jusqu’à atten­ter à son sys­tème vital.

Nous som­mes des siè­cles avant notre ère. La Méso­po­ta­mie est une terre de marais, d’argiles, de boues : de quoi créer des for­mes, des figu­ri­nes, des sta­tues… Et des mythes – ce besoin insa­tia­ble d’histoires à faire rêver debout, ou tres­saillir dans les ténè­bres de la nuit. On ne sait trop com­ment, sur­git alors Gil­ga­mesh, le roi légen­daire en quête d’immortalité. La plus ancienne des épo­pées écri­tes va se fixer sur des tablet­tes d’argile, trois mille ans avant ses répli­ques élec­tro­ni­ques – même for­mat, moins la bat­te­rie…

Et L’homme créa les dieux (sous ce titre, lire Pas­cal Boyer, Gal­li­mard ; et dans la fou­lée Mar­cel Mauss, Mir­cea Eliade, etc.), il les créa comme une néces­sité vitale ; il en créa « à la pelle », en importa d’Afrique, de Chine, de Grèce et de par­tout ; puis les tamisa en vrac et, fina­le­ment, vou­lut n’en rete­nir qu’un seul. Pata­tras ! Et pour­quoi donc ?  ici, un grand blanc. Le vide inter­ro­ga­tif, quasi inson­da­ble.

Vont s’ensuivre des siè­cles de malé­dic­tions aveu­glan­tes, san­glan­tes, mor­ti­fè­res, sans cesse entre­te­nues, ravi­vées en d’incessants bûchers. Cela s’appelle l’Histoire. Pré­cé­dée au jour le jour par ce que nous nom­mons ingé­nu­ment l’Actualité. Laquelle se suc­cède à elle-même, dans un jeu de répé­ti­tions bégayan­tes, en effet. Avant-hier l’Inquisition, les guer­res de reli­gion. Hier les conflits ter­ri­to­riaux, finan­ciers, natio­na­lis­tes. Et aujourd’hui le foot, cette reli­gion païenne sur fond d’affrontements guer­riers ? Plu­sieurs batailles par jour pen­dant un mois, voilà qui ne laisse plus beau­coup de place à la nou­velle guerre civile relan­cée en Irak, et encore moins à celle de Syrie, inex­tri­ca­ble. Toute une vaste région à feu et à sang. Les deux bran­ches enne­mies des maho­mé­tans, réar­mées aux gou­pillons comme aux sabres, se sont élan­cées vers de splen­di­des saint-Bar­thé­lémy. Der­niers déve­lop­pe­ments [les médias] :

« Les rebel­les de l’État isla­mi­que en Irak et au Levant (EIIL) ont pris une nou­velle ville en Irak et avan­cent vers Bag­dad, dans une offen­sive ful­gu­rante qui a poussé à la fuite envi­ron un demi mil­lion d’habitants. Cette avan­cée des dji­ha­dis­tes sun­ni­tes face à des for­ces gou­ver­ne­men­ta­les en déroute et un pou­voir chiite impuis­sant, ris­que de plon­ger ce pays pétro­lier dans le chaos. « L’Iran chiite mais aussi les États-Unis ont apporté leur sou­tien au gou­ver­ne­ment de Nouri Al-Maliki face au « ter­ro­risme ». La der­nière conquête des dji­ha­dis­tes est Tikrit, à 160 km au nord de Bag­dad. Ils ont, en outre, tenté, en vain, de pren­dre Samarra, à une cen­taine de kilo­mè­tres de Bag­dad. Ils se sont empa­rés depuis mardi de la deuxième ville d’Irak, Mos­soul, de sa pro­vince, Ninive, et de sec­teurs dans deux pro­vin­ces pro­ches, Kir­kouk et Sala­hed­dine, majo­ri­tai­re­ment sun­ni­tes. « L’EIIL a en outre pris en ota­ges 49 Turcs au consu­lat de Tur­quie à Mos­soul parmi les­quels le consul et des mem­bres des for­ces spé­cia­les, de même que 31 chauf­feurs de poids-lourd turcs dans cette pro­vince. Paral­lè­le­ment, les atten­tats anti-chii­tes ne connais­saient pas de répit, fai­sant près de 40 morts. « Le Conseil de sécu­rité des Nations unies se réunira jeudi … »

Il y a onze ans déjà, en 2003, le dénommé George W. Bush, Bible au poing, Dieu Dol­lar  en poche, imbibé de Pétrole, au nom d’un des plus éhon­tés men­son­ges d’État connus dans l’Histoire (qui en est far­cie), avait pré­tendu en finir avec les adep­tes du grand chal­len­ger, Allah. (Lire la suite…)

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Musique. Ne regardez pas cette vidéo, elle est écœurante !

Aver­tis­se­ment solen­nel ! Amis musi­ciens, ama­teurs de jazz et/ou de clas­si­que, et sur­tout si vous tâtez du piano : ne regar­dez pas cette vidéo, elle est écœu­rante !

Puis­que vous l’avez voulu :

Joey  Alexan­der est né… en 2003 à Den­pa­sar-Bali, en Indo­né­sie. Il n’a donc que dix ans ! Il a com­mencé à jouer du piano à six. À sept, il atta­que le jazz. À huit, avec ses parents, il démé­nage dans la capi­tale, Dja­karta, afin de mieux étu­dier et se consa­crer au jazz. Il est alors invité par l’Unesco à jouer du piano solo en pré­sence de Her­bie Han­cock. Comme un pre­mier com­mu­niant invité au Vati­can pour dire la messe avec le pape… Je sais, la com­pa­rai­son est osée, et même débile.

C’est qu’il est plus qu’agaçant ce mer­deux sur­doué, ce petit pro­dige même pas (pas encore) pré­ten­tieux, tout juste admi­ra­ble. Si vous foui­nez sur la toile à son pro­pos, vous ver­rez aussi que ce Joey ne craint pas de devi­ser gra­ve­ment à pro­pos de Bill Evans, John Col­trane, Chick Corea, Brad Mehl­dau et Robert Glas­per… Et, comme vous l’avez constaté de video-visu, il tutoie The­lo­nious Monk, conver­sant  avec lui autour de minuit. Écœu­rant, je vous dis !

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Élections européennes. « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu » pour mériter le Front national ?

Ainsi, le vote fran­çais aux élec­tions euro­péen­nes se dis­tin­gue comme une excep­tion. Cha­cun y va de ses expli­ca­tions, les plus cau­sants n’étant pas les élec­teurs FN… Mais des enquê­tes socio­lo­gi­ques font res­sor­tir que, pour ces der­niers, la ques­tion des immi­grés reste la plus déter­mi­nante. D’où les réflexions sui­van­tes tri­co­tées à par­tir d’un film, que je n’ai cepen­dant pas vu !… En effet, je n’ai pas vu le film à fort suc­cès Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? mais j’aurais dû, et je devrais, pour m’autoriser à en par­ler. J’enfreins la règle après avoir lu à son sujet un très inté­res­sant et pro­fond arti­cle trouvé dans le der­nier Marianne (n° 891 du 16 mai), signé d’Éric Conan et Périco Légasse.

Sous le titre « Les tru­ca­ges d’une bluette iden­ti­taire », les auteurs dénon­cent une manœu­vre « artis­ti­que », « intel­lec­tuelle » et à coup sûr com­mer­ciale par laquelle se trouve défen­due la thèse du mul­ti­cul­tu­ra­lisme en train de saper notre modèle démo­cra­ti­que et répu­bli­cain « à la fran­çaise », c’est-à-dire celui de l’intégration par l’assimilation. Le tout sous cou­vert de déri­sion comi­que, et néan­moins à base de cli­chés pour le coup bien racis­tes : juifs grippe-sous, Chi­nois four­bes à peti­tes bites, Noirs lubri­ques à grande queue et pas futés, Ara­bes « mus­lims » et voleurs…

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Légende four­nie avec l’image offi­cielle : « Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu, dont Europe 1 est par­te­naire, a dépassé la barre des 7.5 mil­lions de spec­ta­teurs. Un score que l’équipe du film a célé­bré digne­ment à Can­nes jeudi soir, après avoir monté les mar­ches du Palais des fes­ti­vals. » Tout est dit !

L’entourloupe du film sem­ble s’entortiller autour d’un pos­tu­lat : nous som­mes tous racis­tes, et c’est jus­te­ment pour ça qu’on va bien s’entendre… « Car, com­men­tent les auteurs de l’article, il y aurait un équi­li­bre des racis­mes comme il y a une équi­li­bre de la ter­reur dans la dis­sua­sion nucléaire : la géné­ra­li­sa­tion de l’agressivité débou­che­rait sur la paix »…

Le pro­cédé se dou­ble alors d’une autre faute morale consis­tant à inver­ser la réa­lité d’aujourd’hui en mépri­sant ceux qui la subis­sent. Il faut en effet pré­ci­ser que le film se passe en milieu bour­geois où les gen­dres en ques­tion sont ban­quier, comé­dien, avo­cat, chef d’entreprise… « Ils par­lent fran­çais aussi bien que Fin­kiel­kraut, sont de grands laïcs très cool… » Pas exac­te­ment la socio­lo­gie du « 9-3 » ou des quar­tiers nord de Mar­seille.

C’est là qu’il y a lieu d’affiner l’analyse – ce que font en effet les auteurs de l’article en invo­quant Pierre Bour­dieu (La Misère du monde, 1993) et aussi Emma­nuel Todd à pro­pos de la ques­tion de l’échange matri­mo­nial, essen­tielle dans tout pro­ces­sus d’intégration. [Voir aussi, bien sûr, Claude Lévi-Strauss sur ces ques­tions anthro­po­lo­gi­ques.] Or, cet échange, s’enrichissant de la « diver­sité des peu­ples » achoppe notam­ment sur le sta­tut de la femme que le film éva­cue tota­le­ment et comme par magie : on n’y voit aucune femme voi­lée ! En occul­tant ainsi cette ques­tion du voile, se trouve aussi éva­cuée la ques­tion du métis­sage et, avec elle, celle de l’intégration. Com­ment, en effet dénier au voile imposé à la femme (ou même « libre­ment consenti ») la fonc­tion de l’interdit opposé au jeu exo­game : « Tou­che pas à la femme voi­lée ! »

Cette atti­tude s’oppose en effet à toute ten­ta­tive d’intégration et vient ainsi ren­for­cer un rejet qu’on aurait tort d’assimiler au seul racisme, bien qu’il puisse aussi s’en nour­rir, y com­pris dans le sens d’un racisme « anti-Blanc ». Et de noter, avec Todd, que « le taux de maria­ges mix­tes (se réa­li­sant prin­ci­pa­le­ment dans les caté­go­ries popu­lai­res), s’est effon­dré ces trente der­niè­res années à cause du ren­fer­me­ment endo­ga­mi­que d’une immi­gra­tion récente encou­ra­gée à valo­ri­ser et pré­ser­ver sa culture d’origine. On repart se marier au bled. »

(Lire la suite…)

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L” « Europe ». Que de guillemets !

Docu­ment ORTF-Ina

L’Europe, l’Europe, l’Europe ! » iro­ni­sait de Gaulle en 1965 en sau­tant « comme un cabri » Et com­ment faut-il pren­dre « les cho­ses » un demi-siè­cle plus tard ? En tout cas, de mon fenes­tron, à la veille d’ « élec­tions » dites « euro­péen­nes », je n’y vois goutte. D’où ces guille­mets trou­blés, sinon révul­sés. Que de ces trou­bles les popu­lis­tes fas­sent leurs choux gras ne doit pas empê­cher de consi­dé­rer la réa­lité des­di­tes « cho­ses ».

Je suis censé aller voter dans trois jours à peine… et quoi ? Voter pour quoi, pour qui ? Rien dans mes boî­tes à let­tres, ni la vraie ni la vir­tuelle. On dira que c’est au nom des éco­no­mies de papier et d’énergie. Bien. Mais est-ce au nom de l’économie démo­cra­ti­que qu’on va jus­ti­fier un tel trou noir infor­ma­tif ? On dira aussi que « le citoyen d’aujourd’hui » est assez « moderne et adulte » pour se for­ger lui-même son opi­nion en allant s’abreuver aux mul­ti­ples canaux média­ti­ques qui vont jusqu’à l’inonder… On dira que la télé et l’internet suf­fi­sent désor­mais à l’exigence démo­cra­ti­que… Et que dira-t-on de ces 50 % et plus d’abstentionnistes annon­cés ?

L’Europe, cette abs­trac­tion tech­no­cra­ti­que, sans chair, pon­deuse de règle­ments uni­for­mi­sa­teurs et de mon­naie uni­que, cal­quée sur le modèle états-unien et son idéo­lo­gie du libre mar­ché au pro­fit de la libre finance, étape sup­plé­men­taire vers le grand bazar mon­dia­lisé, de la Chine au Bré­sil, en pas­sant par le pillage inten­si­fié de l’Afrique, par la sur­ex­ploi­ta­tion des res­sour­ces pla­né­tai­res, par le creu­se­ment accé­léré et éhonté du fossé entre tou­jours plus riches et tou­jours plus pau­vres – de cette richesse osten­ta­toire, patho­lo­gi­que nar­guant cette pau­vreté des vies rési­gnées, rétré­cies, agres­si­ves mais pas révol­tées : lami­nées, dépos­sé­dées de juge­ment, ou alors à l’emporte-pièces, à coups de « solu­tions » sim­plis­tes, de rejets hai­neux.

Cette Europe dés­in­car­née, réduite à l’économie mar­chande, aux échan­ges de « biens de consom­ma­tion », rivée à la crois­sance comme seul « idéal » – autant de cultes deve­nus intou­cha­bles, régis par des « lois » au pied des­quel­les se pros­ter­nent les « gou­ver­nants » qui ne gou­ver­nent plus rien, pris qu’ils sont par les flux finan­ciers mon­dia­li­sés, tout occu­pés qu’ils sont à faire sem­blant (par­fois même en y croyant) d’agiter des leviers de com­mande…

Cette Europe du caba­ret atter­rant de l’Eurovision, pré­ci­sé­ment à son image : léni­fiante, insi­gni­fiante, et alié­nante. Et pour autant mise en scène autour d’une « élec­tion ». Tou­jours ces fameux guille­mets. D’ailleurs, jusqu’à plus ample nou­velle, ne devrait-on pas en entou­rer l’ « Europe » ? Et bien sûr ces fameu­ses « élec­tions ».

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Suggestions de Déjeuner sur l’herbe en vue de l’été

Cette version du fameux tableau de Manet introduit un "détail" technologique qu'on voit mieux en cliquant sur l'image pour l'agrandir…

Cette ver­sion du fameux tableau de Manet intro­duit un « détail » tech­no­lo­gi­que qu’on voit mieux en cli­quant sur l’image pour l’agrandir…

Le Déjeu­ner sur l’herbe est un tableau d’Édouard Manet datant de 1863, d’abord inti­tulé Le Bain, puis La Par­tie car­rée, qui a pro­vo­qué un scan­dale lorsqu’il a été pro­posé au Salon de Paris.

La jux­ta­po­si­tion d’une femme nue regar­dant le public, et de deux hom­mes tout habillés a sus­cité la contro­verse lors­que l’œuvre a été expo­sée pour la pre­mière fois au Salon des Refu­sés en 1863.

Manet livrait ainsi une ver­sion moderne du Concert cham­pê­tre (1508-1509) du pein­tre de la Renais­sance Titien. Manet a repris ce thème avec des per­son­na­ges moder­nes, pré­sen­tant la scène comme un « pique-nique en forêt ». Le Déjeu­ner est en fait un mani­feste d’une nou­velle façon de pein­dre et, en effet, d’une nou­velle concep­tion de l’art et de la rela­tion entre l’art et son public.

La repré­sen­ta­tion de deux cou­ples qui se repo­sent dans un parc ou dans un décor simi­laire était un sujet clas­si­que dans la pein­ture galante, tel qu’illustré dans La Par­tie car­rée (1713) d’Antoine Wat­teau. James Tis­sot, contem­po­rain et ami de Manet, a peint sa pro­pre ver­sion du thème (ci-des­sous) en 1870.

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USA-UE. Ne pas se laisser moucher dans le TAFTA

stop-taftaJe relaie ici l’appel du col­lec­tif « Stop TAFTA » qui s’oppose à l’accord de libre-échange débridé en cours de négo­cia­tion entre les États-Unis, le Canada et l’Union euro­péenne. Voici le texte de cet appel, ainsi que quel­ques liens qui en dénon­cent les mul­ti­ples et bien réels dan­gers éco­no­mi­ques, sociaux, sani­tai­res, cultu­rels. Une péti­tion avait déjà cir­culé et alerté de ces périls en décem­bre der­nier. [Voir ici : Mon­dia­li­sa­tion. Un appel à péti­tion contre le « par­te­na­riat trans­pa­ci­fi­que » ]

Le 14 juin 2013, la Com­mis­sion euro­péenne a obtenu man­dat de la part de tous les États mem­bres pour négo­cier avec les États-Unis le Trans­at­lan­tic Free Trade Area (TAFTA). Cet accord cher­che à ins­tau­rer un vaste mar­ché de libre-échange entre l’Union euro­péenne et les États-Unis, allant au-delà des accords de l’OMC.

Ce pro­jet de Grand mar­ché trans­at­lan­ti­que vise le déman­tè­le­ment des droits de douane res­tants, entre autres dans le sec­teur agri­cole, et plus grave encore, la sup­pres­sion des « bar­riè­res non tari­fai­res » qui ampli­fie­rait la concur­rence débri­dée et empê­che­rait la relo­ca­li­sa­tion des acti­vi­tés.

Il condui­rait à un nivel­le­ment par le bas des règles socia­les, éco­no­mi­ques, sani­tai­res, cultu­rel­les et envi­ron­ne­men­ta­les, aussi bien en Europe qu’aux États-Unis. Ainsi, la pro­duc­tion de lait et de viande avec usage d’hormones, la volaille chlo­rée et bien d’autres semen­ces OGM, com­mer­cia­li­sées aux États-Unis, pour­raient arri­ver sur le mar­ché euro­péen. Inver­se­ment, cer­tai­nes régu­la­tions des mar­chés publics et de la finance aux États-Unis pour­raient être mises à bas.

Cet accord serait un moyen pour les mul­ti­na­tio­na­les d’éliminer tou­tes les déci­sions publi­ques qui consti­tuent des entra­ves à l’expansion de leurs parts de mar­ché. Nous pen­sons tous que ce pro­jet consa­cre la domi­na­tion des mul­ti­na­tio­na­les euro­péen­nes comme amé­ri­cai­nes. Pour cer­tains il affirme éga­le­ment la domi­na­tion des États-Unis. À coup sûr, il asser­vi­rait les peu­ples des deux côtés de l’Atlantique.

stop-taftaCe pro­jet pour­rait intro­duire un méca­nisme d’arbitrage privé « inves­tis­seur-État », qui se sub­sti­tue­rait aux juri­dic­tions exis­tan­tes. Les inves­tis­seurs pri­vés pour­raient ainsi contour­ner les lois et les déci­sions qui les gêne­raient, per­met­tant par exem­ple aux pétro­liers d’imposer en France l’exploitation des gaz de schis­tes et autres hydro­car­bu­res dits non conven­tion­nels.

Une telle archi­tec­ture juri­di­que limi­te­rait les capa­ci­tés déjà fai­bles des États à main­te­nir des ser­vi­ces publics (édu­ca­tion, santé, etc.), à pro­té­ger les droits sociaux, à garan­tir la pro­tec­tion sociale, à main­te­nir des acti­vi­tés asso­cia­ti­ves, socia­les et cultu­rel­les pré­ser­vées du mar­ché, à contrô­ler l’activité des mul­ti­na­tio­na­les dans le sec­teur extrac­tif ou encore à inves­tir dans des sec­teurs d’intérêt géné­ral comme la tran­si­tion éner­gé­ti­que. (Lire la suite…)

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Expérience : se balader dans « C’est pour dire » au gré des images… Étonnant, non ?

Encore un exploit de la bidouille infor­ma­ti­que, grâce à laquelle on ten­tera l’expérience sui­vante : se lais­ser gui­der par les ima­ges pour par­cou­rir une par­tie de « C’est pour dire ». Voir aussi les com­men­tai­res pos­si­bles, à la fin du par­cours.

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Gare à nous : « Il est de retour » !

il est de retour

Photo prise à Mar­seille en ce jour férié (de fête) du 8 mai 2014. (gp)

Vous avez vu cette affi­che ? Cette esquisse si puis­sam­ment évo­ca­trice, cette remar­qua­ble effi­ca­cité gra­phi­que – redou­ta­ble vou­lais-je dire, sous ces trois cou­leurs on ne peut plus expli­ci­tes. La recette est connue et, on le sait, elle a fait ses preu­ves, hélas !

Ainsi les Alle­mands raf­fo­le­raient de cet ouvrage (1,5 mil­lion d’exemplaires ven­dus) dont on nous annonce l’invasion en cours de la Fran­kreich. « Il est de retour » dit la mous­ta­che. On trem­ble. S’agit-il du péril brun qui se fait mena­çant par le biais des pro­chai­nes élec­tions euro­péen­nes ? S’agit-il, plus pro­ba­ble­ment, d’une de ces fic­tions des­ti­nées à nous effa­rou­cher, à nous ren­dre encore plus peu­reux du pire, à nous rési­gner de ce qui nous arrive, qui pour­rait être encore « plus pire » que le libé­ra­lisme déchaîné ?

 

» Lire : Peut-on rire avec Hit­ler ? (Le Monde)

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  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­tro­phe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros + 5 euros de frais d’envoi, soit 20 euros. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse pos­tale !)

    Vous pou­vez aussi régler par chè­que à Gérard Pon­thieu 102, rue Jules-Mou­let 13006 Mar­seille

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    Il s’agit d’un album-photo de qua­lité, à tirage soi­gné et limité, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, pri­ses en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­ti­que sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shima) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl). Fran­çois et Gérard Pon­thieu

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Cen­tre natio­nal des arts plas­ti­ques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­ti­que), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de tou­tes nos croyan­ces. (Ber­trand Rus­sel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­tai­gne - Essais, I, 26

    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s’est brisé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la vérité s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • « C’est pour dire » de Gérard Pon­thieu, est mis à dis­po­si­tion selon les ter­mes de la licence Crea­tive Com­mons : Attri­bu­tion - Pas d’Utilisation Com­mer­ciale - Pas de Modi­fi­ca­tion (3.0 France). Pho­tos, des­sins et docu­ments men­tion­nés sous copy­right © sont pro­té­gés comme tels.
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  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

  • Bon appétit, cousin !

    Je doute donc je suis - gp

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