On n'est pas des moutons

« Je suis Charlie ». Pourquoi je n’irai pas défiler, par Faber

allah charlie

Jusqu’à La Mecque… 😉

Pour dire vrai, je com­mence à en avoir plein les bottes de ces com­mé­mo­ra­tions. Ça n’a pas tar­dé. Je ne m’appelle pas Char­lie. Je n’irai pas à la manif. Et je pense que même Cabu et sur­tout Wolins­ki auraient pré­fé­ré bai­ser que s’emmerder un dimanche aprém” dans les rues sous la pluie. Purée, je rêve, tout le monde est Char­lie ? Qui le lisait ? Un mil­lion de thune tombe pour faire vivre les morts. Ça ne marche pas, c’est même vomi­tif.

Si le mec (genre Coluche qui cause) il aimait Char­lie, ben il avait que ache­ter Char­lie. Y avait des des­sins avec des femmes à poils, ouah la rise. J’ai eu le mal­heur de dire la même chose sur Média­part.

Je suis trai­té de merde et ferme ta gueule. Pour­tant, moi, poli et tout. Les Tshirt Char­lie, les pots de mou­tarde Char­lie, les cas­quettes et porte-clés, c’est pathé­tique. Et sur­tout ça vient tard comme la thune de Fleure Pel­le­rin et autres cro­que­morts. Non, non. Il faut don­ner la chance aux des­si­na­teurs VIVANTS, jeunes ou vieux. IL FAUT que les jour­naux, papiers ou élec­tro­niques ouvrent leurs pages aux des­si­na­teurs.

C’est un médium spé­ci­fique le des­sin, propre et même sale à la presse. Les lec­teurs sautent des­sus. Car expres­sion directe. Dans un des­sin, on ne peut pas chan­ger une ligne, une vir­gule, une intro, une chute. Bien sûr, je parle de des­sin, pas des merdes beso­gneuses avec des noms sur des valises, des pan­neaux et plein de bla­bla.

On ne des­sine pas à la radio comme tente de le faire croire France Inter. Les des­si­na­teurs meurent de faim, de froid, de la médio­cri­té et de la trouille des patrons de presses. Les patrons de presse aiment Plan­tu qui fait l’instit” et pense lui aus­si que les lec­teurs ont besoin d’explications. Mais les lec­teurs regardent ARTE et ne lisent pas que des tor­chons et devant la machine à café ou ailleurs, il y a des gens géniaux qui ramènent leur tronche, des grandes gueules et cela vaut bien un des­sin par­fois. Les lec­teurs sont intel­li­gents

Pour­quoi Char­lie ? Les mecs, les nanas (peu) les meilleurs crayons, ont dû créer leur jour­nal pour s’exprimer et vivre. quel est le réd” chef aujourd’hui qui rece­vrait un Rei­ser, un Gébé, un Cabu ? Regar­der cinq minutes seule­ment ses des­sins ? Modes­te­ment, je relate un truc : un réd chef (et merde à son jour­nal) me dit qu’il adore mes des­sins. Mais, rajoute t-il, les lec­teurs ne com­pren­draient pas. Voi­la un exemple.

Le réd chef pense que ses lec­teurs sont des cré­tins. Et il conti­nue à leur ser­vir la soupe tiède. Et sur­tout il n’a jamais regar­dé une image, il ne sait pas par­ler des­sin. C’est pour­quoi je n’irai pas à la manif. C’est pour­quoi je conti­nue­rai à des­si­ner.

La grand messe des convain­cus de la liber­té ?

Mais ils sont où dans le civil ces révol­tés du bri­quet et de la flamme au bord de la fenêtre ? Oui, je suis triste et amer ce soir. Et je n’aime pas les défi­lés.

André Faber

cabu charlie canard enchaine

Le der­nier des­sin de Cabu paru dans le Canard, le jour-même de son exé­cu­tion. On en était au fils du beauf. Entré dans les dic­tion­naires, le beauf res­te­ra aus­si dans l’Histoire comme « per­son­nage concep­tuel », selon l’expression de Deleuze, reprise par Onfray. [Cli­quer pour agran­dir]

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« Je suis Charlie ». Sophia Aram se demande…


L’hommage de Sophia Aram à Char­lie Heb­do sur France Inter

« Et Dieu dans tout ça ? », s’interroge Sophia Aram, toute dubi­ta­tive après la perte de ses copains de Char­lie. Notons, à pro­pos de la célèbre inter­pel­la­tion,  que si  son auteur, Jacques Chan­cel, a été épar­gné par les fous d’Allah c’est parce qu’il a pré­fé­ré mou­rir avant leurs accès de cha­ri­té isla­miste. Encore que, ne fai­sant pas par­tie de cette bande de mécréants désor­mais déci­mée, il aurait sans doute été épar­gné. Pour­quoi Allah n’aurait-il pas eu des bon­tés envers un croi­sé comme lui, si média­tique et chré­tien, ami des grands de ce monde, de Nico­las Sar­ko­zy et de Car­la ?

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« Je suis Charlie ». Non, Dieu n’est pas grand *

Des mil­liers de citoyens ont mani­fes­té hier leur soli­da­ri­té avec les douze vic­times de l’affreux car­nage de ce 7 jan­vier à Char­lie Heb­do, jour noir pour la France, la démo­cra­tie, la liber­té d’expression, l’humanité digne de ce nom. Que ces meurtres affreux aient été per­pé­trés au nom d’Allah mérite pour le moins de s’interroger sur la gran­deur de ce dieu et de ses « ser­vi­teurs ». D’où ces quelques remarques et réflexions pour ten­ter d’éclairer nos lan­ternes vacillantes…

Dernier Charb. Prémonitoire…

Der­nier Charb. Pré­mo­ni­toire…

Inutile de prendre des gants : cet atten­tat est signé. Il l’est d’abord par sa cible : un jour­nal libre et liber­taire, ico­no­claste jusqu’à la pro­vo­ca­tion, irré­li­gieux sinon anti-reli­gieux. Un jour­nal qui s’en pre­nait tout spé­cia­le­ment aux inté­gristes musul­mans et avait trans­gres­sé (du point de vue de l’islam) l’interdit de la repré­sen­ta­tion ima­gée de Maho­met. Signé, cet atten­tat l’est aus­si clai­re­ment par les pro­fé­ra­tions ver­bales de ses auteurs rap­por­tées par des témoins proches, confir­mées par les décla­ra­tions du pro­cu­reur de la Répu­blique.

Le carac­tère reli­gieux de ces actes est donc indé­niable, quelles que soient les déné­ga­tions des repré­sen­tants offi­ciels des trois mono­théismes et de leurs variantes. Ceux-ci s’emploient dans le même empres­se­ment et la même una­ni­mi­té à se déso­li­da­ri­ser des auteurs de l’odieux atten­tat qu’ils n’hésitent pas à qua­li­fier de « bar­bares ». Dont acte. Com­ment pour­rait-il en être autre­ment ?

Mais les cler­gés – je sou­ligne : les appa­reils reli­gieux, pas les croyants – ont une évi­dente urgence à se dédoua­ner de leurs res­pon­sa­bi­li­tés his­to­riques en matière de bar­ba­ries pas­sées, qui ne sont pas que loin­taines dans l’Histoire. Les guerres de reli­gion en France valaient bien, dans leur genre, celles des schismes musul­mans actuels. Les hor­reurs d’Al Quaï­da, d’Aqmi, de l’« État isla­mique » n’ont rien à envier à la « sainte inqui­si­tion ». Autres lieux, autres temps, mêmes mœurs sur l’air de l’intolérance obs­cu­ran­tiste, la sau­va­ge­rie sadique, la tor­ture des plus faibles, femmes et enfants, jusqu’aux pires per­ver­sions sexuelles.

J’entendais dans le poste ce matin Axel Kahn, émi­nent spé­cia­liste de la bio-éthique, affir­mer qu’il ne voyait pas en quoi les dérives meur­trières des isla­mistes, tout comme celles de tel fana­tique juif impli­quaient leurs reli­gions res­pec­tives. Vrai­ment ? Et d’ajouter, en sub­stance : je vou­drais prou­ver qu’on tue autant au nom de Dieu que de pas Dieu. Oui, dit de cette manière. Il en va autre­ment si on étend cette notion de Dieu à celle de croyance qui, dès lors, per­met de ran­ger sous une même ban­nière les « reli­gions » du nazisme et du sta­li­nisme. Obser­vons leurs rites, leurs cre­dos, leurs prêtres, temples – et leur sata­nées obses­sions anti-vie, et leurs « mains noires enfon­cées dans le ventre des hommes » (Panaït Istra­ti, retour d’URSS). Et j’étendrais volon­tiers la liste à la reli­gion du foot­ball !

  charlie

Des­sin de Wolins­ki

Maints obser­va­teurs, anthro­po­logues et autres, affirment que l’être humain serait « par essence » un être croyant. J’ai ten­dance à le pen­ser aus­si. Tout en en dédui­sant la néces­si­té, dans un pro­ces­sus d’évolution, d’œuvrer contre soi-même, au besoin, à s’alléger du poids des­dites croyances, de s’élever autant que pos­sible, comme « un enfant jouant au bord de la mer » pour reprendre cette expres­sion d’un New­ton (qui était déiste). Rien d’original en cela, s’agissant de pro­lon­ger – mais ce n’est pas si simple – ce pro­fond mou­ve­ment enga­gé au XVIIIe siècle et que, pré­ci­sé­ment on a dénom­mé Lumières, par oppo­si­tion à l’obscurantisme domi­nant jusque là toute la pla­nète – à l’exception notable de l’Antiquité grecque et romaine avec leurs admi­rables phi­lo­sophes et pen­seurs.

S’alléger de ses croyances, à mon sens, ne signi­fie pas pré­tendre s’en défaire tota­le­ment – d’autant qu’il en est d’utiles, quand elles aident à vivre ou a sur­vivre face à l’adversité et à la déses­pé­rance, ou quand elles sont néces­saires à la com­mu­nau­té humaine pour lui assu­rer, lui cimen­ter sa cohé­sion, comme en ce moment par exemple où des valeurs sacrées se trouvent pié­ti­nées. Le sacré, au sens laïque, étant ce qui est deve­nu non négo­ciable pour une socié­té ; ain­si pour les Fran­çais, la Fra­ter­ni­té, l’Égalité, la Liber­té. Je les mets exprès dans cet ordre inverse à l’officiel, par urgence et prio­ri­té. J’y ajoute bien sûr la Laï­ci­té, qua­trième pilier de notre « chose publique », la res publi­ca, dont on découvre les si fortes ver­tus en ce moment d’ébranlement des valeurs morales. Car c’est bien cette Laï­ci­té qui nous per­met jusqu’à main­te­nant, depuis 1905 avec la sépa­ra­tion des églises et de l’État, et non sans dif­fi­cul­tés pério­diques, de main­te­nir les Lumières allu­mées, dont pré­ci­sé­ment celles de la presse, libre jusqu’à la satire, la paro­die, la cari­ca­ture, l’irrévérence – bref, ce néces­saire contre-pou­voir, ce vac­cin contre l’obscur.

Voi­là sans doute ce que la tra­gé­die du 7 jan­vier 2015 aura réveillé dans les consciences par­fois ramol­lies de notre vieux pays, consciences ramol­lies peut-être, mais donc pas vrai­ment éteintes. Et là, je songe au vieil Hugo, allez savoir pour­quoi : « Et l’on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens, / Mais dans l’œil du vieillard on voit de la lumière. » [Booz endor­mi] Je dois son­ger au tui­lage néces­saire des géné­ra­tions : Cabu, Hono­ré, Wolins­ki, les sep­tuas bien enta­més, & Charb, Tignous, jeunes qua­dras.

Qu’est-ce qui consti­tue un ciment pour nos socié­té plus ou moins éclai­rées, par­fois assom­bries ? Un liant com­mun qui per­mette un consen­sus, lequel étant sou­vent pas­sa­ger, puis fluc­tuant, avant de se déli­ter.

Hier, aujourd’hui, c’est le « Je suis Char­lie » – comme il y eut avec des for­tunes diverses « Nous sommes tous des juifs alle­mands » ou « Nous sommes tous des Amé­ri­cains »… Une situa­tion, un drame, un mot der­rière les­quels cha­cun se recon­naît, ou croit se recon­naître sous des valeurs com­munes. En fait, sous ces géné­ra­li­sa­tions abu­sives, cha­cun garde ses croyances, à l’occasion ren­for­cées, venant réchauf­fer ses cer­ti­tudes dans la fer­veur de la masse, la com­mu­nion – la messe. Ce fris­son d’église qu’on peut connaître dans les manifs, où notre uto­pie semble à por­tée de ban­de­roles et de slo­gans, de caté­chismes.

charlie hebdo

Des­sin de Wolins­ki

Qu’y a-t-il donc der­rière chaque petite pan­carte « Je suis Char­lie » ? Pour reprendre une for­mule célèbre (le bou­quin de Badiou sur Sar­ko­zy ) « De quoi Char­lie est-il le nom ? » Quelles inten­tions sous ten­dues der­rière l’indignation, sous la sin­cé­ri­té appa­rente. Entre l’anti-Arabe de base, le sio­niste dégui­sé, l’allumé(e) de la Manif pour tous, le gau­chiste de ser­vice, les poli­ti­ciens en quête de bla­son à redo­rer, des lec­teurs de Houel­le­becq et Zem­mour, pau­més comme eux, enfin la Le Pen et sa guillo­tine, on trou­ve­ra cin­quante autres nuances de gri­sâtre et autres matières à ren­for­cer son sys­tème de valeurs.

Une de ces nuances cepen­dant mérite qu’on s’y arrête ; c’est celle de l’islamophobie, sans doute par­mi les plus répan­dues car elle répond :

– D’une part direc­te­ment à l’actualité nour­rie et entre­te­nue, de fait par les évé­ne­ments, de Char­lie à Meh­ra, du Mali au Pakis­tan, de la Libye à l’Indonésie en pas­sant par la Soma­lie, le Yémen, la Syrie, l’Irak, l’Iran, Israël, la Pales­tine, le Liban, jusqu’à l’Afghanistan et j’en passe. Il y a là tout un arc géo-poli­tique (ne pas oublier l’islamisme chi­nois !) qui s’est amal­ga­mé à par­tir du pétrole saou­dien et per­sique, pour s’étendre telle une pol­lu­tion pla­né­taire dou­blée de pétro-dol­lars et appe­lant à un sur­croît de bigo­te­rie cora­nique des­ti­née à rache­ter, en appa­rence, la richesse cou­pable.

– D’autre part, cette isla­mo­pho­bie pré­sente un autre avan­tage non négli­geable : en dési­gnant les affreux isla­mistes, elle délivre un blanc seing aux par­ties pré­sen­tables des mono­théismes. Une opé­ra­tion de blan­chi­ment, en quelque sorte, concer­nant tout le vaste champ des opia­cées léga­li­sées à l’intention des Peuples… Ce qu’une belle astuce gra­phique exprime ain­si, allé­luia ! :
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Coexist-ence pacifique ?

Coexist-ence paci­fique ?

Peut-être com­pren­dra-t-on mieux ain­si la hâte appli­quée à faire appa­raître les ter­ro­ristes isla­mistes comme des « loups soli­taires », des ano­ma­lies dans le flot nor­mal des bonnes reli­gions bien soli­daires. Une reli­gion étant une secte qui a réus­si – un peu comme le garage de Steve Jobs est deve­nu la mul­ti­na­tio­nale d’Apple… si je puis me per­mettre cet ana­chro­nisme –, elle se radi­ca­lise en deve­nant mono­po­lis­tique, avant d’éclater en diverses conces­sions à la douce modes­tie retrou­vée. Etc. Ain­si s’autoproclament le bon chris­tia­nisme, le bon judaïsme, le bon islam…

Opé­ra­tion de passe-passe avec retour vers l’obscur où se com­plaisent les mar­chands d’illusion, les spé­cu­la­teurs de l’au-delà et, au bout du compte, les fous de Dieu et autres hal­lu­ci­nés des arrière-mondes pour qui une insulte contre leur foi est une infrac­tion plus grave que l’assassinat de douze êtres humains.

charlie

Phi­lippe Geluck

Mais pour­quoi cette vio­lence meur­trière ? Autre et vaste sujet que je ne sau­rais épui­ser ici (avant d’épuiser le lec­teur !). On revien­drait néces­sai­re­ment au prin­cipe d’Égalité, bafoué par­tout dans le monde et comme coa­gu­lé en un point focal appe­lé Pales­tine où la sagesse et la rai­son – les lumières pour tout dire – viennent se fra­cas­ser contre le mur noir des mytho­lo­gies nour­ries d’antiques super­sti­tions.

Répu­diés, tor­tu­rés, assas­si­nés pour rien, les Gali­lée, Gior­da­no Bru­no, Che­va­lier de la Barre ? Pour que des siècles et des années plus tard rejaillisse le spectre du tota­li­ta­risme théo­cra­tique ? Le der­nier mot, pro­vi­soire, à Ber­trand Rus­sell, Pour­quoi je ne suis pas chré­tien,1927 : « Un monde humain néces­site le savoir, la bon­té et le cou­rage; il ne néces­site nul­le­ment le culte et le regret des temps abo­lis, ni l’enchaînement de la libre intel­li­gence à des paroles pro­fé­rées il y a des siècles par des igno­rants. »

–––

* Dieu n’est pas grand. Com­ment la reli­gion empoi­sonne tout. Chris­to­pher Hit­chens, éd. Bel­fond, 2009. Tra­duit de l’américain par Ana Nes­sun. Extrait : « Si vous consi­dé­rez pour­quoi vous avez choi­si une (forme de) reli­gion par­mi toutes celles qui existent, en éli­mi­nant toutes les autres, alors vous com­pren­drez peut-être pour­quoi moi, je les ai toutes éli­mi­nées. »

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« Je suis Charlie ». Photos de Marseille et Paris

Soli­da­ri­té, digni­té, émo­tion. Les images en disent long. Ici place de la Répu­blique à Paris [Pho­tos de Ber­nard Nan­tet] et sur le Vieux port à Mar­seille [Pho­tos de Gérard Pon­thieu]. Cli­quer sur chaque image pour l’agrandir.

 

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« Je suis Charlie ». Jour de deuil

charlie hebdo

L’équipe de Char­lie. Cli­quer des­sus pour agran­dir [DR]

morts charlie

Les douze morts, et n’oublions pas les onze bles­sés.

proxy

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Charlie Hebdo. Le carnage contre la Liberté

Qu’ajouter encore à l’horreur et à la sau­va­ge­rie ? Bien sûr, expri­mer une soli­da­ri­té de base, humaine, qui manque par­fois tel­le­ment dans ce monde débous­so­lé. S’en prendre – par la mort – à la liber­té de pen­ser, d’exprimer, de s’opposer, de res­pi­rer, de rire, d’aimer, de vivre quoi, c’est choi­sir l’abject, la vio­lence meur­trière, l’abomination en même temps que la néga­tion de sa propre huma­ni­té. Et pour­tant, s”« ils » en sont, de cette huma­ni­té, com­ment ne pas en dou­ter ?

Evoquer ce drame peut aus­si, pour ma géné­ra­tion, ren­voyer à ces années de lutte à la loyale où, mal­gré tout et en démo­cra­tie même impar­faite, le délit de presse ne se réglait pas à la mitraillette. Une inter­dic­tion suf­fi­sait et, certes, c’était déjà into­lé­rable. C’est dire à quel point les mots sont faibles aujourd’hui pour qua­li­fier… l’inqualifiable.

Je pense à Hara-Kiri heb­do et à sa méta­mor­phose for­cée en l’actuel Char­lie Heb­do, lorsque des aya­tol­lahs d’opérette poli­ti­cienne, en quelque sorte et avec le recul du temps, en avait pro­non­cé l’arrêt de mort – n’empêche ! – pour cause de « bal tra­gique » à la mort de de Gaulle (1970).

Je pense aus­si, par ce retour au pas­sé, à l’interdiction qui frap­pa la revue Sex­pol que je diri­geais et qui nous valut cette belle soli­da­ri­té notam­ment mani­fes­tée alors par Libé­ra­tion et par la bande de Char­lie, en tête de laquelle : Cho­ron, Gébé, Cavan­na (morts), Wolins­ki et Cabu, qui viennent d’être atro­ce­ment abat­tus avec leurs autres cama­rades.

Toutes pro­por­tions gar­dées, car à une autre échelle, je ne peux m’empêcher de pen­ser aux atten­tats du 11 sep­tembre 2001. Ne sommes-nous pas là sur un même registre, celui qui pousse des cer­veaux très atteints (atteints par quoi ?, là est la vraie et vaste ques­tion) à éta­blir des plans d’organisation d’un tel car­nage ? Si l’inspiration s’avère d’ordre « divin », comme c’est pro­bable, hélas ! elle ne fera qu’ajouter à la dia­bo­lique confu­sion qui secoue le monde.

Lire aus­si : La pre­mière des reli­gions pour Char­lie-Heb­do : la Liber­té, par Daniel Chaize

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Desproges, Dubout et Morel vous présentent mes vœux…

…et ça devrait suf­fire pour tenir jusqu’à 2016 ! 

L'œil de Dubout…

L’œil de Dubout…

…et le coup de patte de Desproges (merci à Christine Genin)

…et le coup de patte de Des­proges (mer­ci à Chris­tine Genin)

 


Les voeux de cou­rage de Fran­çois Morel – Mer­ci à Media­part

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Cuba no, yankee si (?)

par Faber

Cuba-USA

© Faber, 2014

 

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Qui a éteint les Lumières ?

par André Gun­thert (*)

Après avoir affron­té d’innombrables trau­ma­tismes, guerres, épi­dé­mies, catas­trophes, la socié­té occi­den­tale paraît aujourd’hui plus paci­fiée qu’elle ne l’a jamais été. D’où vient alors ce sen­ti­ment lar­ge­ment par­ta­gé de l’échec, du déclin ou de l’effondrement (pour reprendre le titre emblé­ma­tique de Jared Dia­mond, Col­lapse, 2005) de ce modèle?

Il serait évi­dem­ment absurde de pen­ser que nous vivons un moment pire que celui du nazisme ou du sta­li­nisme. Même sur un plan ima­gi­naire, la menace du réchauf­fe­ment cli­ma­tique ou de l’épuisement des res­sources natu­relles paraît com­pa­rable à d’autres grandes peurs, comme le mil­lé­na­risme ou l’apocalypse nucléaire.

Il paraît donc utile de mieux cer­ner les sources de nos inquié­tudes. Je sou­li­gnais en 2010 un pro­blème de pro­jec­tion vers le futur. Alors que la socié­té occi­den­tale entre­tient depuis plu­sieurs siècles la mytho­lo­gie du pro­grès, l’incapacité de des­si­ner désor­mais un ave­nir dési­rable au-delà du busi­ness as usual paraît une inquié­tante consé­quence de la “fin de l’histoire” (Fran­cis Fukuya­ma, 1992).

Déclin- F Ponthieu-Lumieres-dok-images

« Le brouillard idéo­lo­gique propre à dif­fé­rer les chan­ge­ments pro­fonds » Déclin, © F. Pon­thieu, 2013
Cli­quer pour agran­dir

Mais ce diag­nos­tic est très incom­plet. Plu­sieurs autres prises de conscience majeures ont jalon­né la période récente, qui semblent remettre en cause rien moins que le para­digme issu des Lumières, auquel on attri­bue la créa­tion d’un sys­tème arti­cu­lant démo­cra­tie repré­sen­ta­tive et capi­ta­lisme libé­ral autour de la rai­son et du débat public (Karl Pola­nyi, La Grande Trans­for­ma­tion, 1944; Jür­gen Haber­mas, L’Espace public, 1962).

Issue notam­ment des tra­vaux de Tho­mas Piket­ty ou de la crise finan­cière de 2008, l’idée s’impose peu à peu que la forme néo­li­bé­rale du capi­ta­lisme a engen­dré une éco­no­mie défi­ni­ti­ve­ment toxique et patho­gène, qui détruit len­te­ment la socié­té, et ne pro­fite qu’à une mino­ri­té de pri­vi­lé­giés.

Il y a aujourd’hui comme une tra­gique iro­nie à voir les poli­tiques cou­rir après le res­sort cas­sé de la crois­sance, alors que nous sommes nom­breux à avoir désor­mais la convic­tion que celle-ci n’est com­pa­tible ni avec une exploi­ta­tion durable des res­sources, ni avec l’épanouissement des capa­ci­tés humaines. La mani­fes­ta­tion la plus criante de ce para­doxe est la des­truc­tion inin­ter­rom­pue du tra­vail, alors que celui-ci consti­tue la prin­ci­pale source de reve­nus mais aus­si de légi­ti­mi­té sociale pour une majo­ri­té de Ter­riens.

Le deuxième constat qui s’affermit est celui de l’impuissance du poli­tique. Une impuis­sance lar­ge­ment consen­tie, voire orga­ni­sée, depuis que le dogme néo­li­bé­ral du trop d’Etat s’est impo­sé sans par­tage. La dicho­to­mie entre les struc­tures du mar­ché, tou­jours plus mon­dia­li­sé, et celles des ins­ti­tu­tions poli­tiques, qui res­tent régio­nales, accen­tue le dés­équi­libre des pou­voirs au pro­fit des forces éco­no­miques, ain­si qu’en témoigne le détour­ne­ment fis­cal, qui en est la consé­quence la plus appa­rente. Le sys­tème de sélec­tion des par­tis, qui favo­rise la nota­bi­li­sa­tion et la pro­fes­sion­na­li­sa­tion du per­son­nel poli­tique, achève de déman­te­ler la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive, qui ne pro­duit plus de res­pon­sables capables de maî­tri­ser les enjeux, encore moins de pro­po­ser des solu­tions.

Cette absence de pers­pec­tives est une autre carac­té­ris­tique de la période. Aucun scé­na­rio cohé­rent n’est dis­po­nible pour faire face aux défis du réchauf­fe­ment et de l’épuisement des res­sources natu­relles, de la réforme de l’économie et des ins­ti­tu­tions poli­tiques. Mis à part le pro­jet de reve­nu uni­ver­sel, qui paraît plu­tôt une rus­tine col­lée sur l’échec du capi­ta­lisme, je ne connais pas d’alternative cré­dible au modèle pro­duc­ti­viste. Les pro­jets de VIe Répu­blique ou de modi­fi­ca­tion des moda­li­tés de sélec­tion des repré­sen­tants semblent de simples gad­gets face à la néces­si­té de res­tau­rer un sys­tème indé­pen­dant des lob­bies, sus­cep­tible de garan­tir la défense des inté­rêts col­lec­tifs – ce dont l’échec répé­té des négo­cia­tions à pro­pos du réchauf­fe­ment cli­ma­tique prouve que nous ne sommes plus capables. La faillite de la gauche n’a pas d’autre cause que son inca­pa­ci­té à pro­po­ser des solu­tions à ces maux.

Der­nier point d’une liste déjà longue, la dis­so­lu­tion des inté­rêts com­muns entraîne la frag­men­ta­tion et le retrait dans des logiques com­mu­nau­taires, à par­tir des­quelles il semble de plus en plus dif­fi­cile de recons­truire l’espace public per­du depuis la fin de la sphère bour­geoise (Haber­mas). Les dif­fi­cul­tés maté­rielles ren­voient d’autant plus faci­le­ment cha­cun à ses par­ti­cu­la­rismes qu’aucun pro­jet col­lec­tif n’est là pour recréer du lien.

Pour autant que les Lumières aient effec­ti­ve­ment été consti­tuées par un sys­tème au moins en par­tie vou­lu, plus rien ne sub­siste de cet héri­tage, que des ruines et une pen­sée zom­bie. En atten­dant l’aggior­na­men­to, nous n’écoutons plus que d’une oreille dis­traite les vati­ci­na­tions des poli­tiques et de leurs vas­saux média­tiques.

Au final, même si ces craintes sont pros­pec­tives, elles des­sinent bel et bien un hori­zon catas­tro­phique. Sommes-nous donc voués à l’obscurité? Après avoir éteint la lumière, il nous faut reve­nir aux stades pré­pa­ra­toires des grandes révo­lu­tions de la moder­ni­té. Si l’on consi­dère que les bou­le­ver­se­ments poli­tiques, éco­no­miques et sociaux du XIXe siècle ont été pré­pa­rés par un long tra­vail de réflexion col­lec­tive, l’urgence est celle de l’élaboration de pro­po­si­tions théo­riques de fond, et de leur débat.

(*) André Gun­thertcher­cheur en his­toire cultu­relle et études visuelles (EHESS)

(Article paru dans L’image sociale - 27/12/14 )

Note. J’ai trou­vé ce texte des plus inté­res­sants, pour ain­si dire lumi­neux, à l’image de son titre et au mou­ve­ment des Lumières auquel il se réfère, bien sûr.  Il ne consti­tue nul­le­ment une énième harangue poli­ti­cienne, ni une impré­ca­tion appe­lant au chan­ge­ment magique, sinon mira­cu­leux. Il y a même lieu de quit­ter ces sen­tiers rebat­tus, qui contri­buent à entre­te­nir l’illusion géné­rale, le brouillard idéo­lo­gique propre à dif­fé­rer les chan­ge­ments pro­fonds – en fait, les évo­lu­tions au sens dar­wi­nien, comme fruits de hasards et de néces­si­tés, ce qui jus­ti­fie tout autant le « long tra­vail de réflexion col­lec­tive » néces­saire aux bou­le­ver­se­ments de l’organisation sociale des humains. Ce texte offre aus­si de nom­breux liens ren­voyant à d’autres impor­tantes contri­bu­tions. J’y ajoute deux des miennes, modes­te­ment : Inven­taire avant démo­li­tion ? Le grand dérè­gle­ment de la mai­son Terre ; Sur l’idéologie du « Pro­grès » comme fac­teur de régres­sion Et mes vifs remer­cie­ments à l’auteur pour l’autorisation de repro­duire son article. GP.

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Mauritanie : condamné à mort pour apostasie – « avoir parlé avec légèreté du prophète Mahomet »

mauritanie

Moha­med Cheikh Ould Moha­med, déte­nu depuis le 2 jan­vier 2014, condam­né à mort pour apos­ta­sie

Un jeune Mau­ri­ta­nien jugé pour apos­ta­sie après un écrit consi­dé­ré comme blasphé–matoire a été condam­né à mort mer­cre­di soir (24/12/14) par un tri­bu­nal de Nouadhi­bou, port à l’extrême nord-ouest du pays.

Moha­med Cheikh Ould Moha­med, déte­nu depuis le 2 jan­vier 2014, avait plai­dé non cou­pable mar­di 23 décembre à l’ouverture de son pro­cès, le pre­mier du genre en Mau­ri­ta­nie. La peine de mort n’est pas abo­lie dans le pays où, selon Amnes­ty Inter­na­tio­nal, la der­nière exé­cu­tion date de 1987.

Le pré­ve­nu, proche de la tren­taine, s’est éva­noui à l’énoncé du ver­dict par la Cour cri­mi­nelle de Nouadhi­bou avant d’être rani­mé et conduit en pri­son. L’annonce du juge­ment a été sui­vie de bruyantes scènes de joie dans la salle d’audience et à tra­vers la ville de Nouadhi­bou avec des ras­sem­ble­ments ponc­tués de concerts de klaxon.

A l’audience, un juge a rap­pe­lé à l’accusé qu’il a été incul­pé d’apostasie « pour avoir par­lé avec légè­re­té du pro­phète Maho­met  » dans un article publié briè­ve­ment sur des sites inter­net mau­ri­ta­niens, dans lequel il contes­tait des déci­sions prises par le pro­phète Maho­met et ses com­pa­gnons durant les guerres saintes.

Moha­med Cheikh Ould Moha­med avait expli­qué que « son inten­tion n’était pas de por­ter atteinte au pro­phète, (...) mais de défendre une couche de la popu­la­tion mal consi­dé­rée et mal­trai­tée, les for­ge­rons  », dont il est issu. Il a ensuite décla­ré : « Si on peut com­prendre (à tra­vers mon texte) ce pour quoi je suis incul­pé, je le nie com­plè­te­ment et m’en repens ouver­te­ment. »

Mer­cre­di soir, les deux avo­cats com­mis d’office pour la défense ont insis­té sur le repen­tir expri­mé par l’accusé et esti­mé que cela devrait être pris en compte en sa faveur.

Plus tôt dans la jour­née, le pro­cu­reur de la Répu­blique de Nouadhi­bou avait requis la peine de mort à son encontre.

En ren­dant sa déci­sion, la cour a indi­qué que le pré­ve­nu tom­bait sous le coup d’un article du code pénal mau­ri­ta­nien pré­voyant la peine de mort pour « tout musul­man, homme ou femme, ayant renon­cé à l’islam, expli­ci­te­ment ou à tra­vers des actes ou paroles en tenant lieu ».

mauritanieEn février, un célèbre avo­cat mau­ri­ta­nien, Me Moha­me­den Ould Iched­dou, qui avait été sol­li­ci­té par la famille de l’accusé, avait annon­cé qu’il renon­çait à le défendre après des mani­fes­ta­tions hos­tiles contre le jeune homme ain­si que lui-même et ses proches.

Dans son article contro­ver­sé, Moha­med Cheikh Ould Moha­med accu­sait la socié­té mau­ri­ta­nienne de per­pé­tuer un « ordre social inique héri­té » de cette époque.

Plu­sieurs mani­fes­ta­tions de colère avaient eu lieu à Nouadhi­bou et à Nouak­chott, cer­tains pro­tes­ta­taires allant jusqu’à récla­mer sa mise à mort, le qua­li­fiant de « blas­phé­ma­teur ».

Selon des orga­ni­sa­tions isla­miques locales, c’est la pre­mière fois qu’un texte cri­tique de l’islam et du pro­phète est publié en Mau­ri­ta­nie, Répu­blique isla­mique où la cha­ria (loi isla­mique) est en vigueur mais dont les sen­tences extrêmes comme les peines de mort et de fla­gel­la­tions ne sont plus appli­quées depuis les années 1980.

[Avec AFP et lefigaro.fr]

Com­men­taire de Ber­nard Nan­tet, jour­na­liste et afri­ca­niste, spé­cia­liste du Saha­ra (auteur de Le Saha­ra. His­toire, guerres et conquêtes , éd. Tal­lan­dier).

Il y a quand même quelques chances que la « sen­tence » ne soit pas exé­cu­tée si les pres­sions inter­na­tio­nales sont suf­fi­santes, d’autant plus que la Mau­ri­ta­nie est par­te­naire dans la lutte contre les isla­mistes. Tou­te­fois, c’est jus­te­ment en rai­son de cette  » rigueur  » reli­gieuse que la Mau­ri­ta­nie est rela­ti­ve­ment écar­tée de l’action des isla­mistes (un peu comme l’Arabie saou­dite !!!) qui leur donne moins de grain à moudre. L’embêtant, c’est que ça se passe à Nouadhi­bou, loin de la « média­ti­sa­tion  » qu’il peut y avoir à Nouak­chott.

Appa­rem­ment, il semble que le jeune homme en ques­tion, de par la rai­son qu’il donne de son geste qu’on ne connaît pas encore avec pré­ci­sion, serait issu de la caste des for­ge­rons, mépri­sée comme il se doit, par­tout au Saha­ra, y com­pris chez les Toua­reg, où la tra­di­tion fait des for­ge­rons des Juifs isla­mi­sés. Mépris ambi­gu cepen­dant comme tout ce qui concerne les arti­sans, car on a besoin d’eux pour faire les menus objets usuels en métal (sa femme est géné­ra­le­ment potière et c’est elle qui fait les cous­sins).

Cette his­toire-là est à rap­pro­cher de la condam­na­tion (je ne sais pas si c’était à la peine de mort) d’un Noir maure qui avait brû­lé des pages d’un trai­té juri­dique tra­di­tion­nel (pas du Coran, il n’était pas fou à ce point-là) jus­ti­fiant l’esclavage. Il faut savoir que l’islam mau­ri­ta­nien se recon­naît de l’école malé­kite comme l’islam saha­rien et celui d’Afrique du Nord qui se basent sur la loi cora­nique (cha­ria) pour régler tous les pro­blèmes d’ici-bas (et ceux de là-haut aus­si pro­ba­ble­ment). Ces trai­tés juri­diques concer­nant la vie nomades (pâtu­rages, cap­tifs, mariage, vie quo­ti­dienne), ce sont les fameux manus­crits qui consti­tuent les biblio­thèques ambu­lantes nomades.

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Restons simples

faber

Des­sin de Faber © (J’ai déjà dû le mon­trer ici, mais il est aus­si intem­po­rel qu’immortel. Son auteur fini­ra à l’Académie – pas comme Chan­cel)

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Grand jour : le solstice d’hiver et les dix ans de « C’est pour dire »

C’est pareil chaque année mais pas tou­jours le même jour (le 21 ou le 22)  et jamais à la même heure. Ain­si, pour 2014, ça se passe aujourd’hui dimanche 21, à 23 h 03 mn 01 s. À par­tir de cet ins­tant le jour aura atteint sa plus courte durée. Il ne pour­ra plus que ral­lon­ger… C’est ce qu’on appelle le sol­stice d’hiver. Et vive la renais­sance du Soleil Invain­cu (Sol Invic­tus) ! – qui, rap­pe­lons-le, exprime le sens païen de Noël.

Pour le reste, rien ne change et tout change. Ou tout change pour que rien ne change. Déjà l’an der­nier, je devi­sais sur l’événement. L’an pro­chain itou, du moins je l’espère… Sans jurer de rien, vu que, selon ce cher Mon­taigne « Tous les jours vont à la mort, le der­nier y arrive ».

le-numéro-dix-avec-le-ruban-signifie-le-dixième-anniversaire-40234269Un évé­ne­ment astral qui est pas­sé inaper­çu ; pour­tant, il ne s’est pro­duit qu’une fois en une décen­nie ! Le 13 décembre 2004, en effet, parais­sait sur lemonde.fr le pre­mier article de « C’est pour dire », d’emblée avec un des­sin du grand Faber. Le pro­pos se vou­lait alors tour­né vers une approche cri­tique des pra­tiques jour­na­lis­tiques ; il s’est élar­gi, comme on sait, car à force de taper sur le même clou…

Le comp­teur de « C’est pour dire » tota­lise 1 392 articles, et encore, sans celui-là ! On par­lait jadis des pisse-copie. L’expression est pas­sée de mode, alors que la chose a atteint un niveau d’énu­ré­sie jamais éga­lé dans l’ère post-guten­ber­gienne. Est-ce grave, doc­teur ? Ou bien salu­taire ?  Je pen­che­rais plu­tôt pour un signe de san­té.

Plus de mille autres articles alors ? Hum !… Le ren­dez-vous de 2024 n’est pas garan­ti (voir le même Michel de Mon­taigne).

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La typo, art du caractère, secret de la police

Les typo­gra­phies ne viennent pas de nulle part: ins­pi­rées par un mou­ve­ment cultu­rel ou artis­tique, aspi­rées par l’Histoire, contraintes par des besoins, et mar­quées par le prag­ma­tisme et la fan­tai­sie de leurs créa­teurs. C’est ce que raconte Sacrés Carac­tères, une remar­quable web­sé­rie ima­gi­née par Tho­mas Sipp, pro­duite par Les Films d’Ici et Radio France, et mise en ligne sur le site de France Culture.

En douze épi­sodes d’à peine trois minutes, la web­sé­rie raconte la nais­sance, l’histoire et la pos­té­ri­té des typos Auriol, Bodo­ni, Hel­ve­ti­ca ou encore Times New Roman, à l’aide d’une ani­ma­tion futée. Et d’une voix-off effi­cace, lue par Chia­ra Mas­troian­ni: «Chaque typo­gra­phie fonc­tionne comme une voix, avec son propre timbre, son registre, et ses inflexions».


Sacrés carac­tères - Mis­tral par fran­ce­cul­ture

Sacrés Carac­tères montre à quel point leur créa­tion est liée aux inno­va­tions: au déve­lop­pe­ment de l’imprimerie (Times New Roman), de l’informatique (Comic Sans), de la presse (Bodo­ni), de l’édition (Auriol) ou de la publi­ci­té et la com­mu­ni­ca­tion de masse (Cooper Black).

Les typo­gra­phies disent beau­coup de leur période de concep­tion. Futu­ra par exemple, née de l’avant-garde alle­mande du début du XXe siècle, vou­lait «créer l’écriture de son temps». Mise au pla­card par les nazis, qui la jugeaient «bol­ché­vique» et lui pré­fé­raient les carac­tères gothiques, elle fit un grand retour après-guerre pour deve­nir la typo favo­rite de la publi­ci­té du monde entier.

Ou la Suisse Hel­ve­ti­ca, autre police pour pubards, influen­cée par le Bau­haus. Elle est donc la «typo objec­tive, hégé­mo­nique», décrit la web­sé­rie, qui raconte l’expérience d’un gra­phiste qui a ten­té de pas­ser une jour­née sans Hel­ve­ti­ca - il a dû se conten­ter de man­ger une pomme et de boire de l’eau du robi­net. Impos­sible de prendre les trans­ports, fumer une clope, ou même de s’habiller: Hel­ve­ti­ca est par­tout.

Omni­pré­sentes sur papier ou sur écran, dans l’art, les enseignes des maga­sins ou sur les pan­neaux de signa­li­sa­tion, démo­dées puis recy­clées, les typo­gra­phies répondent sou­vent à des com­mandes. Ain­si Gotham, issu des let­trages de vieilles bou­tiques et d’abri-bus new-yor­kais, a été remise au goût du jour pour deve­nir la typo de GQ lors d’une nou­velle for­mule, puis la police de carac­tères offi­cielle de la cam­pagne d’Obama.

Hon­nie par de nom­breux inter­nautes, uti­li­sée à tort et à tra­vers pen­dant des années, la fameuse Comic Sans a été créée au milieu des années 90 pour être la typo de Rover, le chien de Micro­soft, qui jusque-là par­lait en Times New Roman (un comble !). Elle est une réin­ter­pré­ta­tion des carac­tères des comics amé­ri­cains.

Quant au Mis­tral, son nom l’indique, il est por­té par un souffle pro­ven­çal et même mar­seillais, depuis la fon­de­rie Olive en emprun­tant la Natio­nale 7.

[Avec Libé, L’Obs et France Culture]

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Cuba-USA. Arrangements à l’amiable

Barack Oba­ma et Raul Cas­tro ont donc annon­cé mer­cre­di le réta­blis­se­ment de rela­tions diplo­ma­tiques entre leurs pays après un demi-siècle de guerre froide. Certes, ce réchauf­fe­ment vaut mieux que les annonces d’attentats hor­ribles et autres mas­sacres. Mais dou­ce­ment les clai­rons ! Les inten­tions des gou­ver­nants sous tendent des manœuvres peu por­tées au dés­in­té­res­se­ment.

Obama tente de redo­rer un bla­son pour le moins ter­ni. De sa pré­si­dence, l’Histoire retien­dra la mise en place d’une cou­ver­ture san­té pour 32 mil­lions d’Américains dému­nis. Pour le reste, rien de mar­quant, sinon de grandes décep­tions. Sur­tout sur le plan social et racial, ain­si que l’ont rap­pe­lé les émeutes de Fer­gu­son. Oba­ma va donc pêcher en eaux étran­gères proches : à Cuba, tout près, à 150 km de la Flo­ride. C’est moins ris­qué que l’Afghanistan. Bien que Guan­ta­na­mo le ramène au pire de ses renon­ce­ments. Mais ces « fian­çailles » à la cubaine, célé­brées en grande pompe par la média­sphère, lais­se­ront bien quelques traces.

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Cime­tière et musée des « belles amé­ri­caines ». Ici, à Tri­ni­dad, le gamin dans l’auto de papa tire la langue au pho­to­graphe. Sur son T-shirt : « Mia­mi Beach ». [© gp-2008]

Raul Cas­tro lui aus­si espère bien tirer quelques béné­fices de cette pac­ti­sa­tion avec l’ennemi d’un demi-siècle. Les Cubains fan­tasment tou­jours sur l’Amérique voi­sine, en pro­por­tion inverse de leur dés­illu­sion cas­triste. Entrou­vrir une porte sur des espé­rances ne coûte pas grand chose et peut même rap­por­ter quelques dol­lars. D’autant que le fameux « blo­queo » en vigueur depuis 1962, plus jus­te­ment qua­li­fié d’embargo, ne risque pas d’être offi­ciel­le­ment levé vu qu’une telle mesure relève du Congrès, tenu par les répu­bli­cains. Or ce « blo­cus » (qui n’en est pas un : l’embargo n’affecte que peu le com­merce, y com­pris avec les États-Unis ! On peut se réfé­rer à ce pro­pos à mon repor­tage dans Poli­tis du 24/12/2008, lisible ici), s’il vise sur­tout les tran­sac­tions finan­cières inter­na­tio­nales de Cuba*, sert d’abord les diri­geants cubains. Ceux-ci, en effet, et Fidel en tête, n’ont eu de cesse de mas­quer leur échec poli­tique en le reje­tant sur le méchant voi­sin yan­qui.

Le réta­blis­se­ment des rela­tions diplo­ma­tiques cuba­no-état­su­niennes pour­ra favo­ri­ser cette libé­ra­li­sa­tion éco­no­mique « à la viet­na­mienne » que Raul Cas­tro met en place depuis sa pré­si­dence. Pour les Cubains, pour leur vie quo­ti­dienne, cela ne chan­ge­ra sans doute pas grand chose. Ce qu’exprime à sa façon Yoa­ni San­chez l’une des prin­ci­pales oppo­santes connues au régime cas­triste. Dans son blog Gene­ra­cion Y, elle rap­pelle les grandes étapes encore à venir pour « déman­te­ler le tota­li­ta­risme » :

« La libé­ra­tion de tous les pri­son­niers poli­tiques et pri­son­niers de conscience; la fin de la répres­sion poli­tique; la rati­fi­ca­tion des pactes civils, poli­tiques, éco­no­miques, sociaux et cultu­rels, la recon­nais­sance de la socié­té civile cubaine à l’intérieur et à l’extérieur de l’île. »

En atten­dant, exhorte la blo­gueuse :

[…] « Gar­dez les dra­peaux, vous ne pou­vez pas encore débou­cher les bou­teilles et le mieux est de main­te­nir la pres­sion pour arri­ver enfin au jour J. »

–––

* Les banques fran­çaises Socié­té géné­rale, BNP Pari­bas et Cré­dit agri­cole ont fait l’objet d’une enquête pour blan­chi­ment d’argent et vio­la­tions de sanc­tions amé­ri­caines contre cer­tains pays – dont Cuba (ain­si que l’Iran et le Sou­dan).

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Ah oui, parlons-en de la « Journée de la Laïcité » !

Ils disent, dans le poste, qu’aujourd’hui c’est la jour­née de la Laï­ci­té. Ah bon, ce n’est donc pas « chaque jour que Dieu fait » ? Comme la jour­née de la Bon­té, de la Femme, de l’Air pur et du Bon­heur en pilules.

laicite laïcité

Un mot qui se passe d’adjectifs.

Toujours est-il qu’on en entend de toutes sortes et de toutes sor­nettes sur­tout. Qui viennent non pas tant des laïcs de convic­tion que des clé­ri­caux effa­rou­chés par les der­nières « affaires », les plus atroces il est vrai comme celle de Cré­teil. Et les voi­là sou­dain trop empres­sés de sai­sir cette perche du Des­tin, même sata­nique, à laquelle ils s’évertuent à rac­cro­cher l’innocence « pur Dieu » de leurs offi­cines mena­cées. Le dan­ger, même fan­tas­ma­tique, res­soude les com­bat­tants de jadis, enne­mis incon­ci­liables devant l’Histoire connue, jamais à court d’étripages, de bûchers et de langues arra­chées, de Gior­da­no Bru­no au che­va­lier de la Barre, sous la hargne des Tor­que­ma­da innom­brables, ornés de sabres, gou­pillons, fau­cilles, mar­teaux et autres cols Mao. Ou bien, désor­mais, au nom de la moder­ni­té tolé­rante, de la Mar­chan­dise et du Tiroir-caisse, qui n’ont de reli­gion que celle du Pro­fit. Avez-vous vu, sur nos écrans consen­suels, ces rangs res­ser­rés des impos­teurs mono­théistes prê­cher cette tolé­rance qu’au long des siècles ils n’ont eu de cesse de com­battre ? Je parle des clé­ri­caux, non des croyants. Je parle de leurs soi-disant porte-parole, de leurs « ber­gers » pré­ten­tieux, avant-gardes des mili­taires et des colo­ni­sa­teurs de tous poils, rava­geurs des forêts, exploi­teurs de la Terre entière, des bêtes et des hommes, bâtis­seurs d’empires et de for­tunes et, au bout du Compte, agents de la grande Misère à l’œuvre sur toute la pla­nète.

Avez-vous vu, sur nos écrans consen­suels, ces rangs res­ser­rés des impos­teurs mono­théistes prê­cher cette tolé­rance qu’au long des siècles ils n’ont eu de cesse de com­battre ?

Le pro­blème, aujourd’hui même, avec la chan­son­nette de la Laï­ci­té – je mets exprès par­tout des majus­cules de Sacra­li­té comme des grosses têtes de car­na­val – c’est qu’elle habille de Tolé­rance ce qui lui est tota­le­ment contraire, si on veut bien consi­dé­rer le dou­lou­reux che­mi­ne­ment de l’Humanité. Che­mins de toutes les errances dont l’histoire humaine se trouve per­cluse, en une accu­mu­la­tion de guerres. L’Histoire ne se résume-t-elle pas, pour l’essentiel et hors excep­tions, à celle des guerres ? Et celles-ci de se suc­cé­der en ses diverses variantes : conflits de domi­na­tion entre ego patho­lo­giques agis­sant au nom des mul­tiples dieux du pou­voir, du com­merce, de la com­pé­ti­tion et des croyances « supé­rieures » promptes à rache­ter la bas­sesse des « pauvres pécheurs ».

Même per­fi­die, sinon pire, que celle de ces « laïcs » arguant de la Tra­di­tion pour jus­ti­fier l’installation de la Crèche de Noël – un oxy­more entre chris­tia­nisme et paga­nisme, soit dit en pas­sant * – dans une mai­rie (en l’occurrence celle de Béziers et de son maire, Robert Ménard et ses nou­velles fron­tières fron­tistes **. Puisqu’avant 1905 et la loi sur la laï­ci­té, la « tra­di­tion », en effet, jus­ti­fiait la pré­sence de cru­ci­fix dans les écoles et les tri­bu­naux, pas seule­ment dans les églises. Puisqu’avant le 21 jan­vier 1793, le Roi repré­sen­tait Dieu sur Terre, tan­dis que sa déca­pi­ta­tion a aus­si tran­ché le fil divin, sans que le Chaos s’abatte sur l’humanité (en plus du désordre his­to­rique !) Puisque, jusqu’à pré­sent, l’indigne spec­tacle de la cor­ri­da se trouve main­te­nu au nom de la « tra­di­tion tau­ro­ma­chique », sans rien enle­ver à son hor­reur.

Où l’on voit que la laï­ci­té, tout comme les trois piliers fon­da­teurs de la Répu­blique, reste un acquis fra­gile, à pré­ser­ver et à ren­for­cer tant les forces anti-vie, voire mor­ti­fères, res­tent à la manœuvre.

J’en pro­fite pour extraire un pas­sage sur le sujet du fameux Jour­nal de Jules Renard :

« -- Moi, dit Bor­neau, je n’ai pas de reli­gion, mais je res­pecte celle des autres. La reli­gion, c’est sacré.

« Pour­quoi ce pri­vi­lège, cette immu­ni­té ? Un croyant, c’est un homme ou une femme qui croit à ce que dit un prêtre et ne veut pas croire à ce que dit Renan ou Vic­tor Hugo. Qu’y a-t-il là de sacré ? Quelle dif­fé­rence entre ce croyant et tel imbé­cile qui pré­fé­re­rait la lit­té­ra­ture du feuille­ton à celle de nos grands poètes ?

« Un croyant crée Dieu à son image ; s’il est laid, son Dieu est laid, mora­le­ment. Pour­quoi la lai­deur morale serait-elle res­pec­table ? La reli­gion d’un sot ne le met pas à l’abri de notre dédain ou de notre raille­rie.

« Soyons into­lé­rants pour nous-mêmes !

« Que le trou­peau de nos idées file droit devant cette grave ber­gère, la Rai­son ! Effa­çons les mau­vais vers de l’humanité. » [26 sep­tembre 1903]

–––

* Bien avant l’apparition du chris­tia­nisme, l’époque du sol­stice d’hiver était déjà une période char­nière de l’année, qui regrou­pait de nom­breuses croyances païennes rela­tives à la fer­ti­li­té, la mater­ni­té, la pro­créa­tion et l’astronomie.

** Se méfier tout autant de ces « hyper-laïcs  » nos­tal­giques des croi­sades… dont le fond de com­merce abrite les moins relui­sants des anti-musul­mans – et donc anti-arabes – autant que des anti­sé­mites.

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  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse pos­tale !)

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Rus­sel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • « C’est pour dire » de Gérard Pon­thieu, est mis à dis­po­si­tion selon les termes de la licence Crea­tive Com­mons : Attri­bu­tion - Pas d’Utilisation Com­mer­ciale - Pas de Modi­fi­ca­tion (3.0 France). Pho­tos, des­sins et docu­ments men­tion­nés sous copy­right © sont pro­té­gés comme tels.
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  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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