On n'est pas des moutons

Appel à dénoncer et boycotter la collaboration de « Marseille-Provence 2013  » avec l’État d’Israël

Le gou­ver­ne­ment israé­lien a décidé de faire de Mar­seille capi­tale euro­péenne de la culture un outil pour « modi­fier son image ». Un cer­tain nombre de citoyens, parmi les­quels des artistes, res­pon­sables de struc­tures cultu­relles ou d’édition, soli­daires du peuple pales­ti­nien, refusent de cau­tion­ner une telle opé­ra­tion de pro­pa­gande. Ils ont signé et lancé un appel de pro­tes­ta­tion contre cette manœuvre de séduction.

Voici le texte de cet appel :

 « Pas en notre nom »

Appel d’artistes, de res­pon­sables de struc­tures cultu­relles, de spec­ta­teurs, soli­daires du peuple palestinien

« A l’occasion de « Mar­seille capi­tale euro­péenne de la culture 2013 », le Consu­lat d’Israël à Mar­seille a orga­nisé la venue de nom­breux artistes pour une qua­ran­taine de rendez-vous appe­lés « Israël en scène 2013 ». Il ne s’agit pas de simples évé­ne­ments artis­tiques et cultu­rels, mais d’une véri­table opé­ra­tion de pro­pa­gande des­ti­née à « chan­ger l’image d’Israël » dans l’opinion fran­çaise, direc­te­ment orga­ni­sée par le gou­ver­ne­ment israé­lien. Les artistes ainsi ins­tru­men­ta­li­sés ne peuvent l’ignorer.

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Marseille. L’ « affaire Guetta » ou le trouble d’une gestion municipale

L’annulation à Mar­seille du concert de Guetta à 400 000 euros ne doit pas cacher le carac­tère plus que trouble de la ges­tion muni­ci­pale. C’est ce que rap­pelle le com­mu­ni­qué sui­vant du Com­mando Anti-23 juin exi­geant des expli­ca­tions sur les pra­tiques pour le moins anti-démocratiques des élus.

 

Nous avons fait réagir David Guetta : l’ampleur de notre mou­ve­ment a amené le DJ à annon­cer hier dans un com­mu­ni­qué qu’il annu­lait son concert au Parc Borély … pour en tenir un autre non sub­ven­tionné au Dôme.

Depuis plu­sieurs semaines, notre mobi­li­sa­tion excep­tion­nelle a fait beau­coup par­ler d’elle dans les médias. Il y a quelques jours, vous avez contraint le maire à répondre à vos publi­ca­tions sur Face­book et Twit­ter en s’engageant à redis­cu­ter cette sub­ven­tion. Cette déci­sion de David Guetta est une pre­mière vic­toire, mais c’est une vic­toire amère.

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Printemps précoce, météo affolée

Pas pu m'empêcher… Photo X.

Pas pu m’empêcher… Photo X.

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Quand « arte » débat sur le rire : défense de rigoler

Qu’est-ce que le rire ? Vaste ques­tion… Si l’on s’en réfère à Blaise Pas­cal autant qu’à Henri Berg­son, il serait le propre de l’Homme. Cepen­dant, des études récentes ont mon­tré que cette fonc­tion avait pu être déce­lée chez cer­tains ani­maux – sous réserve tou­te­fois de véri­fi­ca­tions expé­ri­men­tales, actuel­le­ment menées par le pro­fes­seur écos­sais John Mac Hilar dans son labo­ra­toire d’Edimbourg. Il se trouve épaulé depuis plu­sieurs années par un autre émi­nent spé­cia­liste de la ques­tion, M. You­goulé M’Dialo, auteur du célèbre essai Étu­dio­lo­gie com­pa­rée du rire de brousse et de savane (éd. du Griot). Notons à son sujet que c’est la pre­mière fois qu’un auteur afri­cain publie sur cette ques­tion qui, en Europe en par­ti­cu­lier et en Occi­dent en géné­ral, ali­mente en abon­dance les rayons des biblio­thèques. Rayons sur les­quels on trouve les mul­tiples recherches menées cette fois sur le plan plus phi­lo­so­phique et socio­lo­gique par le dis­tin­gué cri­tique Jean Balibot. La chaîne Arte, tou­jours à l’avant-garde de ce genre de débats, a récem­ment réuni ces deux der­niers pro­ta­go­nistes dans un pas­sion­nant débat animé par Yolande Mirot-Desmiches. On y aborde l’éternelle ques­tion de l’origine du rire, mais cette fois les réponses appor­tées par les deux spé­cia­listes appa­raissent sans la moindre ambi­guïté. On retien­dra en par­ti­cu­lier le démon­tage en trois par­ties du méca­nisme ana­ly­tique du rire : l’antématique, la sus­ma­tique et la post­ma­tique. Abso­lu­ment éblouis­sant et défi­ni­tif, démons­tra­tion à l’appui. Enfin, nous voici éclai­rés sur cette fonc­tion essen­tielle qu’est le rire chez l’homme – sur­tout chez l’homme. Qu’on en juge, grâce à la vidéo ci-dessous [cli­quer sur l’image] :

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Le regard des Cassini sur le territoire de France, via Google

Sauf la Corse…

Sauf la Corse…

Voir la France du XVIIIe siècle sur Google Maps, assem­blée à par­tir des 182 feuillets de la carte Cas­sini (taille ini­tiale : 64 × 95 cm la feuille), c’est donc désor­mais on ne peut plus facile depuis son écran d’ordi et grâce au tra­vail de David Rum­sey sur son site. Quel docu­ment et quel éblouis­se­ment que de consi­dé­rer cette repré­sen­ta­tion par la carte qui – on le sait – n’est pas le ter­ri­toire. Mais toute car­to­gra­phie a tenté le rap­pro­che­ment avec la réa­lité, tan­dis qu’elle en reste une repré­sen­ta­tion. Idem entre le roman et la vie…

La carte de Cas­sini ou carte de l’Académie est la pre­mière carte géné­rale et par­ti­cu­lière du royaume de France. Il serait plus appro­prié de par­ler de carte des Cas­sini, car elle fut dres­sée par la famille Cas­sini, prin­ci­pa­le­ment César-François Cas­sini (Cas­sini III) et son fils Jean-Dominique Cas­sini (Cas­sini IV) au XVIIIe siècle.

Cette carte consti­tuait pour l’époque une véri­table inno­va­tion et une avan­cée tech­nique déci­sive. Elle est la pre­mière carte à s’appuyer sur une tri­an­gu­la­tion géo­dé­sique dont l’établissement prit plus de cin­quante ans. Les trois géné­ra­tions de Cas­sini se suc­cé­dèrent pour ache­ver ce tra­vail. La carte ne loca­lise pas pré­ci­sé­ment les habi­ta­tions ou les limites des marais et forêts, mais le niveau de pré­ci­sion du réseau rou­tier ancien est tel qu’en super­po­sant des pho­tos satel­lite ortho­rec­ti­fiées aux feuilles de la carte de la France on obtient de spec­ta­cu­laires résultats.

La carte n'étant toujours pas le territoire…

La carte n’étant tou­jours pas le territoire…

Le tra­vail des Cas­sini laissa même son empreinte sur le ter­rain où l’on trouve encore aujourd’hui des topo­nymes dits « Signal de Cas­sini », qui révèlent les lieux où s’effectuèrent les mesures de l’époque. Ces points de repères cor­res­pondent aux som­mets des mille tri­angles qui for­maient la trame de la carte de Cas­sini.

De nos jours, les cher­cheurs consultent fré­quem­ment les feuilles de la carte des Cas­sini, soit sa forme papier en salle de lec­ture du dépar­te­ment des cartes et plans de la Biblio­thèque natio­nale de France, soit sa forme numé­rique en ligne. Elle inté­resse tout par­ti­cu­liè­re­ment les archéo­logues, les his­to­riens, les géo­graphes, les généa­lo­gistes, les chas­seurs de tré­sors et les éco­logues qui ont besoin de faire de l’éco­lo­gie rétros­pec­tive ou de com­prendre l’histoire du pay­sage. [Wiki­pe­dia]

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Mort de Stéphane Hessel. « Du moment qu’on lutte, on projette de la lumière dans l’obscurité »

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Sté­phane Hes­sel, le 12 novembre 2002 à Aix, à la librai­rie Vents du Sud. « …Nous lais­ser aller vers l’utopie d’un monde plus har­mo­nieux – et peut-être plus juste ». Photo © gp

Né alle­mand à Ber­lin le 20 octobre 1917, Sté­phane Hes­sel arrive en France à l’âge de 8 ans. Natu­ra­lisé fran­çais en 1937, nor­ma­lien, il rejoint les forces fran­çaises libres en 1941 à Londres. Résis­tant, il est arrêté et déporté à Buchen­wald puis à Dora et ne doit la vie qu’à une sub­sti­tu­tion d’identité avec un pri­son­nier mort du typhus et à son évasion.

Il entre au Quai d’Orsay en 1945 et fait une par­tie de sa car­rière diplo­ma­tique auprès des Nations unies (dont le siège est à l’époque ins­tallé en France, à Paris au Palais de Chaillot) où il assiste comme témoin pri­vi­lé­gié à la consti­tu­tion de la charte des droits de l’homme et du citoyen. Homme de gauche et euro­péen convaincu, il est ami de Pierre Mendès-France et Michel Rocard.

Sté­phane Hes­sel est connu pour ses prises de posi­tion concer­nant notam­ment es droits de l’homme, les « sans-papiers » et le conflit israélo-palestinien ainsi que pour son mani­feste Indignez-vous ! paru en 2010, au suc­cès international.

Je l’avais ren­con­tré fin 2002 à Aix-en-Provence où il avait été invité pour une confé­rence sur la coopé­ra­tion et le déve­lop­pe­ment. Il venait aussi de publier de son der­nier livre, Dix pas dans le nou­veau siècle (Le Seuil), qui règle son compte à cette « mon­dia­li­sa­tion éco­no­mi­ciste » pré­ten­dant ordon­ner le chaos par le tout marchandise.

J’avais alors écrit, pour La Pro­vence, un article dont voici un extrait :

« Le monde va mal, c’est peu de le dire. Et voilà un sage de 85 ans qui, tout sou­rire déployé et sans nier l’évidence, vous inonde du plus bel opti­misme. […]  Résis­tance, camps de la mort – dont il réchappe par miracle : qu’il nous excuse le rac­courci sur une vie qui va ensuite tra­ver­ser le siècle au ser­vice de la diplo­ma­tie fran­çaise ; il sera ainsi ambas­sa­deur de France, jusqu’à sa « retraite » en 1982.

« Ce n’est alors qu’un autre départ vers un nou­vel enga­ge­ment auprès de mul­tiples causes et asso­cia­tions. On a du mal à le suivre entre le Haut conseil pour l’intégration, le Comité fran­çais pour la soli­da­rité inter­na­tio­nale, la Confé­rence mon­diale pour les droits de l’homme, le Haut conseil pour la coopé­ra­tion inter­na­tio­nale, l’Office franco-allemand pour la jeu­nesse, sa média­tion pour les sans-papiers de Saint-Bernard et son sou­tien à Agri­sud qui, en Afrique et en Asie, aide les pay­sans sans terre. Par­tout où sévissent l’injustice et le dénue­ment, Sté­phane Hes­sel accourt – en tout cas n’est pas loin, ou à défaut sou­tient ses innom­brables amis.

« Mais un tel opti­misme, tout de même…, l’Irak, le Moyen-Orient, la Tchét­ché­nie… « Il faut se méfier de ces notions d’optimisme et de pes­si­misme. Du moment qu’on lutte, on pro­jette de la lumière dans l’obscurité. En un siècle, voyez comme tant de pro­blèmes ont été réso­lus : le nazisme, la déco­lo­ni­sa­tion, le sta­li­nisme, l’apartheid… Et l’Europe, qui aurait cru ? La pers­pec­tive longue que mon âge me per­met de jeter aujourd’hui sur l’Histoire moderne me fait croire aux solu­tions. Et j’ai tou­jours le sen­ti­ment que le com­bat n’est jamais inutile. »

Le déve­lop­pe­ment, cepen­dant, est plus que rela­tif, voyez en Afrique sur­tout… « Oui, les écarts se sont plu­tôt accrus. On n’a pas trouvé le « truc » ; il nous faut réflé­chir pour s’y prendre autre­ment. Les ONG, au Nord comme au sud, ouvrent de réelles pers­pec­tives pour atta­quer la pau­vreté et les inéga­li­tés. Nous devons inven­ter une nou­velle coopé­ra­tion avec les plus dému­nis ; c’est déjà ce qui se passe depuis Porto Alegre et main­te­nant Flo­rence, tous ces mou­ve­ments qui obligent les gou­ver­ne­ments à prendre conscience. Il s’agit bien d’un com­bat, d’une ten­sion, comme cela s’est passé entre patrons, ouvriers, syn­di­cats sur les légis­la­tions sociales. C’est la pres­sion citoyenne qui fait émer­ger de nou­velles soli­da­ri­tés. Il y a tou­jours néces­sité d’une vision uto­pique. Quant au déve­lop­pe­ment, on doit cer­tai­ne­ment lui trou­ver un autre contenu, plus sobre, moins consom­ma­teur – et donc plus moderne. Mais tout ça n’est pas encore entré en poli­tique ! »

[…] « On aurait pu aussi enta­mer le cha­pitre « Jules et Jim »… Car Sté­phane – l’a-t-on assez dit – , est le fils de Franz et Hélène Hes­sel, la maman qui tomba amou­reuse d’un cer­tain Henri-Pierre Roché, le « Jim » du roman, puis du film de Truf­faut. Sté­phane avait trois ans, à peine quelques pas dans le siècle. »

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L’Équipe à genoux devant le client Roi

« Jour­na­lisme spor­tif » : un oxy­more. C’est-à-dire l’alliance incon­grue de deux élé­ments aussi oppo­sés que l’huile et l’eau. Sum­mum du genre atteint par L’Équipe qui, au len­de­main du match PSG-OM, n’a pas craint d’accommoder son lec­to­rat en ména­geant la chèvre PSG et le chou OM (c’est une image, hein !). Et voilà le tableau, selon l’édition, pari­sienne ou marseillaise :

Imaginons L'Huma publiant une édition de droite…

Ima­gi­nons L’Huma publiant une édi­tion de droite…

Comme le note Daniel Schnei­der­man (Arrêt sur images), les heb­dos aussi « sont cou­tu­miers des cou­ver­tures régio­na­li­sées. « Le vrai pou­voir à Mont­pel­lier », « Stras­bourg demain », « les dix qui font Le Havre », « ceux qui comptent à Vier­zon »: en cou­ver­ture du Point ou de L’Express, ça en jette au lec­to­rat local, sup­posé flatté que la presse pari­sienne, du haut de Sa Pari­sia­ni­tude, s’intéresse à lui. »

Le mérite de L’Équipe, si on peut dire, c’est de mettre car­ré­ment les pieds dans le plat de la déma­go­gie clien­té­liste ou, vul­gai­re­ment par­lant, du léchage-de-cul.

On dira qu’après tout, ce n’est jamais là que l’application à la presse spor­tive d’un bon prin­cipe de mar­chan­di­sage : plaire au client, qui est Roi.

Où l’on voit bien aussi qu’il y a lieu de dis­tin­guer entre crise des médias et crise du jour­na­lisme, et ne pas réduire la réflexion à l’opposition toile contre papier.

 

Post scrip­tum, dans la fou­lée et en ver­sion « cou­vrez ces épaules que je ne sau­rais voir » :

Oscars: Une agence de presse ira­nienne recouvre les épaules de Michelle Obama

 

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Olivier Voisin. Le photographe mort à la guerre

Photo AFP

Photo AFP

Oli­vier Voi­sin pho­to­gra­phiait la Syrie en guerre. Il en est mort, à 38 ans, atteint par des éclats d’obus. Je viens de lire son der­nier cour­riel [ci-dessous], adressé à une amie. Très beau et émou­vant témoi­gnage, parce que lucide aussi. Lui non plus n’était pas obligé d’y aller. Jus­te­ment, il y était. Pour­quoi ? Quelle néces­sité l’avait poussé là, au triste milieu de la folie humaine ? Le savait-il lui-même ? au delà d’un « des­tin », de la néces­sité de croû­ter (à pas bien cher, quand on y pense, au prix de la peau du repor­ter), puis rendu addict à l’adrénaline, cette drogue auto-produite par un corps menacé de mort.

Dans la presse, le sta­tut d’indépendant – free lance –, vue de l’extérieur, se paie de beau­coup d’illusions. On y est libre que selon la lan­gueur de la chaîne qui rat­tache au mar­ché de l’information, cyni­que­ment for­mulé par le slo­gan de Paris-Match : « le poids mots, le choc des pho­tos ». Une for­mule aujourd’hui rame­née au pas grand chose de cette infla­tion par laquelle  la nou­velle s’est réduite au potin, l’information au tout-spectacle.

Un ami pho­to­graphe d’Olivier Voi­sin, Antoine Vit­kine, rap­pelle cette réa­lité, écri­vant à son propos :

« Indé­pen­dant, il devait sans cesse four­nir des pho­tos aux agences pour pou­voir vivre de son métier. Cette pres­sion éco­no­mique le tenaillait. Il pre­nait des pho­tos magni­fiques, qui sou­vent n’intéressaient pas les agences, pas assez «news» sans doute, et qu’il ne cher­chait guère à faire connaître, happé qu’il était par les conflits qu’il cou­vrait, pen­sant déjà à son pro­chain reportage. »

Voici donc le texte du cour­riel envoyé par Oli­vier Voi­sin à une amie ita­lienne, Mimosa Mar­tini, la veille du jour où il a été blessé. Celle-ci l’a rendu public sur Face­book. Comme écrit de son côté Antoine Vit­kine, « ce texte doit être lu. Il est pas­sion­nant, bou­le­ver­sant, il lui res­semble et il témoigne de l’horreur, de l’impasse du conflit syrien. Il raconte aussi ce qu’est la vie d’un pho­to­graphe de guerre indé­pen­dant, et plus encore, il raconte l’homme qu’était Oli­vier Voisin. »

 On peut voir cer­taines de ses pho­tos sur son site web.

Syrie, 20 février 2013

Enfin j’ai réussi par pas­ser! Après m’être fait refusé le pas­sage à la fron­tière par les auto­ri­tés turques, il a fallu pas­ser la fron­tière illé­ga­le­ment de nou­veau. Un pas­sage pas très loin mais à tra­vers le no man’s land avec quelques mines à gauche et droite et le paie­ment de 3 sol­dats. Me voilà tout seul à pas­ser par le lit d’une rivière avec à peu prêt deux kilo­mètres à faire tout en se cachant pour ne pas se faire remar­quer par les mira­dores. Putain, j’ai eu la trouille de me faire pin­cer et de faire le mau­vais pas. Et puis d’un coup le copain syrien qui m’attend et que je retrouve comme une libé­ra­tion. Le sac et sur­tout les appa­reils pho­tos fai­saient à la fin 10000kg sur les épaules.

La Voi­ture est là avec les mecs de la sec­tion de com­bat que je rejoins au nord de la ville de Hamah, deux heures de route nous attendent et on arrive tous feux éteints pour ne pas se faire voir. Les mecs m’accueillent for­mi­da­ble­ment bien ! et sont impres­sion­nés par le pas­sage tout seul de la fron­tière plus tôt.

Les pre­miers tirs d’artillerie se font entendre au loin. J’apprends que les forces loya­listes tiennent plus de 25 km au nord de Hamah et que la ligne de front est repré­sen­tée plu­tôt par les démar­ca­tions entre ala­wites et sun­nites. Alors les forces d’Assad bom­bardent à l’aveugle et ils res­tent très puis­sants. Par chance les avions n’attaquent plus tant le temps est pourri!

Les condi­tions de vie ici sont plus que pré­caires. C’est un peu dure. La bonne nou­velle, je pense que je vais perdre un peu de ventre mais au retour je vais avoir besoin de 10 douches pour rede­ve­nir un peu présentable!

Aujourd’hui je suis tombé sur des familles qui viennent de Hamah et qui ont per­dues leur mai­son. Ils vivent sous terre ou dans des grottes. Ils ont tout perdu. Du coup ça rela­ti­vise de suite les condi­tions de vie que j’ai au sein de cette compagnie.

Je fais les pho­tos et je suis même pas sûr que l’afp les prennent.

Il fait très froid la nuit. Heu­reu­se­ment que je me suis acheté un col­lant de femme en Tur­quie du coup c’est pour moi un peu plus supportable.

L’artillerie tire toutes les 20 minutes à peu prêt et le sol tremble souvent.

Le pro­blème j’ai la sen­sa­tion qu’ils tirent à l’aveugle et ont quand même des canons assez puis­sants pour cou­vrir une ving­taine de kilomètres.

Il y a peu de com­bats directs. Les mecs ont besoin d’à peu prêt 20000 us $ pour tenir en muni­tions entre 2 à 4 heures de bas­ton. Du coup ils se battent peu. Ils font rien du coup la jour­née. Je me demande com­ment ils peuvent gagner cette guerre. Ca confirme ce que je sen­tais. La guerre va durer très long­temps. Alors le chef du chef vient par­fois en rajou­ter une couche, apporte un mou­ton pour man­ger, les mecs vont alors cou­per du bois dans la forêt aux alen­tours. Il apporte aussi des car­touches entières de ciga­rettes et le soir fait prier tout son monde ! Cer­tains sont très jeunes. Ils ont perdu déjà une ving­taines de leurs cama­rades, d’autres sont bles­sés mais sont quand même pré­sents et je pense sur­tout à Abou Ziad, qui a perdu un oeil et c’est lui qui confec­tionne les roquettes mai­son pour les balan­cer durant les com­bats. Il est brave et cou­ra­geux. Tou­jours devant, tou­jours le pre­mier à tout, pour aider, pour cou­per le bois, don­ner des ciga­rettes, se lever. Avec quelques mots d’arabes on essaie de se par­ler. Evi­dem­ment les dis­cus­sions tournent sou­vent sur la reli­gion mais eux ne se consi­dèrent pas sala­fistes. Entre nous si c’était le cas je serais plus vivant. J’aime être avec lui. Quand les autres me demandent des trucs -évi­dem­ment avec le maté­riel apporté- c’est tou­jours lui qui les « dis­putent » et de me foutre la paix!

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Fabuleux : notre grande Histoire en deux minutes

La vidéo ci-dessous a été vue plus de 7,5 mil­lions de fois depuis sa publi­ca­tion le 27 mai 2012. Vous allez com­prendre pour­quoi en la voyant – ou en la revoyant. On ne s’en lasse pas.

D’après l’auteur, toutes les images pro­viennent d’Internet, à l’exception de deux.
C’est le bio­lo­giste anglais Richard Daw­kins qui a signalé cette perle dans un twitt.

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Marseille. Pétition contre une subvention de 400 000 euros pour un concert de David Guetta

Les élus de Mar­seille ont accordé une sub­ven­tion de 400 000 euros pour un concert payant de David Guetta le 23 juin, à Mar­seille. Cet argent public va ali­men­ter les caisses d’un pro­duc­teur privé. Avec des places entre 40 et 55 euros, les recettes du concert sont esti­mées à envi­ron 1 mil­lion d’euros. Cette sub­ven­tion est donc injus­ti­fiable, alors qu’il y a mieux à faire pour la culture à Marseille !

Adres­sée au maire Jean-Claude Gau­din, une péti­tion contre cette folie a déjà recueilli plus de 35 000 signa­tures. A 50 000, un recours devant le conseil muni­ci­pal sera envi­sa­geable pour faire annu­ler la décision.

En pleine période de crise, mobilisons-nous pour que l’argent public ne soit pas gas­pillé ainsi !

Le 10 décembre 2012, il a été décidé en conseil muni­ci­pal de Mar­seille d’octroyer la somme de 400 000 euros à la société Adam Pro­duc­tions afin de pro­duire un concert de David Guetta et Mika le 23 juin au Parc Borély (mis à dis­po­si­tion par la Ville de Mar­seille), dans le cadre de Mar­seille Pro­vence 2013, Capi­tale euro­péenne de la Culture.

Mal­gré cette sub­ven­tion publique, la billet­te­rie mise en place annonce des tarifs com­pris entre 44 et 59 euros.

Cette péti­tion ne conteste pas la pro­gram­ma­tion mais le finan­ce­ment public qui n’est pas jus­ti­fié. Les contri­buables devront donc finan­cer un concert qui ne sera même pas acces­sible au plus grand nombre!

1. Cette sub­ven­tion aurait pu béné­fi­cier à des asso­cia­tions ou à des artistes contri­buant réel­le­ment au rayon­ne­ment de Mar­seille et à Mar­seille 2013  et ayant réel­le­ment besoin de finan­ce­ments. David Guetta est l’un des artistes fran­çais les mieux payés...

2. Cette somme est d’autant plus inac­cep­table qu’elle ne per­met même pas de pro­po­ser des places à un tarif abor­dable pour le grand public!

3. La ville s’est mon­trée sou­vent réti­cente face aux évè­ne­ments musi­caux en plein air (Mar­sa­tac, Buvette Disco...). Là, aucun problème.

En plus des lar­gesses de la mai­rie, le lieu est mis à dis­po­si­tion gra­tui­te­ment pour Adam pro­duc­tion qui aura éga­le­ment l’entière recette des ventes de billets, des bois­sons et autres pro­duits ven­dus sur place. Une recette esti­mée à 1,1 mil­lion d’euros.

Il s’agit donc bien d’un cadeau de la Ville à une entre­prise privée...

Pour que l’argent public finance la culture et les artistes locaux plu­tôt que les pro­duc­teurs inter­na­tio­naux, signez la péti­tion et diffusez-là autour de vous.

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Dans « le cochon » DSK, tout est bon

Mar­cela Iacub, qui se dit « Juriste et spé­cia­liste de la phi­lo­so­phie des mœurs », offi­cie dans le Libé du samedi. De fin jan­vier à aoüt 2012, elle a poussé le sacri­fice en offrant son corps à un DSK post-Sofitel, ainsi qu’à à la science de la chose, un cran au-dessus, genre méta-sexopolitique. Il en résulte un nou­vel épi­sode au feuille­ton DSK, fort bien emballé pour une pro­pul­sion médiatico-marchande qui com­mence par un bou­quin « ver­ti­gi­neux » – dixit  l’interviewer, enivré – et, panur­gisme aidant, devrait enva­hir le Spec­tacle : radio, télé, ciné. Sans par­ler des réseaux dits sociaux et même des blogs, jusqu’à celui-ci. On n’y é-chap-pe pas !

Dom­mage pour les frasques à l’Élysée…

Belle et Bête, ça s’intitule. Devi­nez qui est quoi… Elle tient donc le beau rôle, celle d’une (belle ?) char­cu­tière de luxe, qui ne jette rien des bas mor­ceaux de celui qu’elle nomme « le cochon ». On sait bien qu’un cochon som­meille en chaque homme. Cette cochonne-là n’a pas dû avoir à tra­vailler beau­coup la viande pour l’attendrir. Une bonne bête, certes pas halal – et je ne me ris­que­rai pas à une autre audace du genre, j’ai déjà donné – mais dans laquelle « tout est bon », enten­dez comme matière (grasse) à scandale.

Un tel coup édi­to­rial, tout de même : cha­peau ! Sens aigu du biz­ness, art des coups four­rés – c’est bien le mot –, relais chez les édi­teurs pois­seux, auprès des canards boi­teux, des jour­na­leux tor­dus : tout un monde, tout un im-monde, qui n’est pas donné à tout le monde. Il faut pour ça être doué, ou bien né. Les deux, c’est l’idéal.

Le Nou­vel Obs a tou­jours mani­festé quelque atti­rance pour la per­ver­sion. Mais, atten­tion, la per­ver­sion propre, si on ose l’oxymore, celle qui peut s’habiller en Prada, qui s’allonge sur les divans, qui titille Œdipe et Tha­na­tos, aime à bor­du­rer l’inceste ou le viol en adu­lant le « divin mar­quis » ou ses épi­gones moder­nistes. Cette per­ver­sion « chic » aux bourses bien rem­plies – c’est encore le mot, et on pour­rait aussi s’en foutre ! – n’ayant jamais connu le vide des fins de mois. Cette per­ver­sion volon­tiers ados­sée au Pou­voir, ce pou­voir qui lui est aussi néces­saire que le furent pour Sade les « bon­bons à la can­tha­ride »… Un via­gra dopé, dosage FMI, testé chez Berlusconi.

Pen­ser à invi­ter Clinton…

On pour­rait s’en foutre, sauf que ces bandes-là (déci­dé­ment), ça nous regarde. « Nous » comme citoyens d’une Répu­blique si ver­tueuse… « Nous » qui, comme cer­tains, ont jadis ques­tionné la sexo-politique, du temps où un Gis­card de pré­sident ne dédai­gnait pas le cul de la cré­mière, tan­dis qu’un sien ministre, de l’Intérieur, inter­di­sait la Revue Sex­pol (Ponia­towski) ; du temps où un car­di­nal connais­sait la mort par épec­tase dans les bras d’une pros­ti­tuée (Danié­lou) ; bien après qu’un Félix Faure eut perdu « sa connais­sance » à l’Élysée même ; peu avant qu’un autre pré­sident eut mené double-vie (Mit­ter­rand)… Ou aux temps post-soixante-huitards où d’autres pères-la-pudeur, au nom de Mao et de la Révo­lu­tion, pra­ti­quaient sans ver­gogne le bien machiste repos du guer­rier (July, Geis­mar…, in Sex­pol n°3, « À poil les militants ! »)

 

Char­lie a flairé la truffe.

 

Et Libé donne dans le panneau.

Oui, ça nous regarde d’autant que cet im-monde là se targue aussi de gou­ver­ner le monde selon de stricts prin­cipes, en appe­lant si faci­le­ment aux mots de rigueur, aus­té­rité, efforts, jus­tice, morale…

Nous voilà ainsi entrés dans l’ère du cochon, après le Ser­pent  du nou­vel an chi­nois,  le cirque du bœuf-cheval, l’annonce du futur poi­chon (pois­son nourri au cochon). Triste ména­ge­rie que ce monde et ses drôles de zèbres. Au secours, Ésope et La Fon­taine, ils sont deve­nus fous !

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Chômeur - Cohn-Bendit - Depardieu - imam  » modéré  » - Turquie - Fazil Say - blasphème - musique

Quelques notes en pas­sant, là où ça m’a gra­touillé, face au spec­tacle du monde.

• Au lieu de s’immoler par le feu devant une agence de Pôle emploi à Nantes, le mal­heu­reux chô­meur de 42 ans aurait dû ten­ter le coup de la grue média­tique. Mais quand on est com­plè­te­ment vidé, à bout, les idées et les forces aussi res­tent en berne.

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Hier soir (17/2/13 ), Dany Cohn-Bendit à la télé. Il a tou­jours vécu du spec­tacle de la société qui l’a fait naître. Regard tou­jours pétillant, la langue bien pen­due, peu embar­rassé par la bien­séance : il tient son rôle, bon VRP de lui-même et de ses œuvres (un bou­quin sur les par­tis), culti­vant son image auto­sa­tis­faite. Député en fin de man­dat, ayant bien sinué entre les nuances de la ver­dure dite éco­lo­gique, il aurait pu finir séna­teur s’il n’avait pris le chou de Bruxelles – ce sera pour une autre vie. Le « liber­taire » a ainsi et dou­cet­te­ment viré « liber­ta­rien » puis « libé­ral », ainsi qu’il est d’usage chez les 68tards andro­pau­sés et autres maoïstes défro­qués. De son œil gogue­nard, il a traité Depar­dieu de « cin­glé » en rai­son de son deal avec le « dic­ta­teur Pou­tine », tan­dis qu’il affir­mait se foutre de sa planque fis­cale en Bel­gique. Pour­quoi ainsi l’exonérer de la soli­da­rité fis­cale, ce qui est bien plus grave, selon moi, que sa pan­ta­lon­nade avec l’ex du KGB ?

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• Ce gou­ver­ne­ment finit par me sor­tir de par­tout. La finance com­mande, ils obtem­pèrent, et même avec zèle. Socia­listes mon cul ! N’ont de cesse de s’aligner sur les ukases comp­tables de l’Europe. Cette Europe qui n’existe pas, sinon celle du fric et de sa mon­naie pour­rie qui ruine les pays et sur­tout les peuples. D’où les danses du ventre des Mélen­chon et Le Pen.

Le pire, ce n’est pas tant leur impuis­sance rela­tive – l’Europe déla­brée, la finance déchaî­née – le pire, c’est qu’ils s’aplatissent sans même rous­pé­ter, hur­ler, gueu­ler, exis­ter quoi ! Des toutous.

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Par hasard en tour­nant le bou­ton, je tombe sur une radio pri­vée ce lundi matin, pas sur les publiques que j’écoute d’habitude, et entends par­ler de Fazil Say, ce pia­niste turc, dont le pro­cès pour athéisme et blas­phème s’ouvre aujourd’hui à Istanbul.

Tur­quie : 163 jour­na­listes en pri­son, sans juge­ment ! Sur France Culture, l’imam Chal­ghoumi, qui se dit « modéré », trouve que « c’est mieux » en Tur­quie. Mieux qu’en Égypte ou qu’en Tuni­sie.  Dire « c’est mieux » : tout un aveu, toutes les limites de l’air de la « modération ».

J’ai, de loin, pré­féré les pro­pos vrai­ment laïques (ou laïcs ?) de Jean­nette Bou­grab, pour­tant de droite (ex ministre de l’affreux S).

 

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Fazil Say - Photo http://fazilsay.com/

Mieux, ça ne peut être que moins pire. J’en reviens à Fazil Say. Admi­rable pia­niste et musi­cien (de jazz éga­le­ment, ce qui ne sau­rait me déplaire), mais il ne serait pas si remar­quable sans son cou­rage dressé contre ce régime à l’islamisme dit « modéré ».

Exemples emprun­tés à Guillaume Per­rier, cor­res­pon­dant du Monde à Istambul :

• En avril, Fazil Say avait moqué l’appel à la prière d’un muez­zin. « Le muez­zin a ter­miné son appel en 22 secondes. Pres­tis­simo con fuoco !!! Quelle est l’urgence ? Un rendez-vous amou­reux ? Un repas au raki ? »  Il avait éga­le­ment eu l’audace de repro­duire sur les réseaux sociaux des vers du poète per­san Omar Khayyam, à qui il a dédié un concerto pour cla­ri­nette : « Vous dites que des rivières de vin coulent au para­dis. Le para­dis est-il une taverne pour vous ? Vous dites que deux vierges y attendent chaque croyant. Le para­dis est-il un bor­del pour vous ? » Il risque, en théo­rie, de neuf à dix-huit mois de pri­son pour « offense pro­pa­geant la haine et l’hostilité » et « déni­gre­ment des croyances reli­gieuses d’un groupe ».

• Le roman­cier et Prix Nobel Orhan Pamuk, jugé pour insulte à l’identité natio­nale turque en 2006 pour avoir déclaré : « Dans ce pays, un mil­lion d’Arméniens et 30 000 Kurdes ont été tués. »

Le cari­ca­tu­riste Baha­dir Baru­ter reste sous la menace d’une peine d’un an de pri­son pour un des­sin à la « une » de l’hebdomadaire sati­rique Pen­guen, en 2011, où était écrit sur le mur d’une mos­quée : « Il n’y a pas de Dieu, la reli­gion est un mensonge. »

• Le roman­cier franco-turc Nedim Gür­sel a lui aussi subi les foudres de la jus­tice pour Les Filles d’Allah, une bio­gra­phie roman­cée du pro­phète Maho­met. Qua­rante et un pas­sages de son livre avaient été jugés irres­pec­tueux par le pro­cu­reur d’Istanbul. Nedim Gür­sel avait fina­le­ment été acquitté en 2009.

• Un pro­cès a aussi visé un ouvrage du bio­lo­giste bri­tan­nique Richard Daw­kins. Des orga­ni­sa­tions isla­mistes et un auteur créa­tion­niste, Adnan Oktar, sont sou­vent à l’origine de ces plaintes.

« Jurer et insul­ter ne peut pas être consi­déré comme de la liberté d’expression », a estimé le vice-premier ministre Bekir Boz­dag, théo­lo­gien de for­ma­tion. Lequel a réclamé qu’une enquête soit ouverte contre l’intellectuel d’origine armé­nienne Sevan Nisa­nyan. Ce lin­guiste, volon­tiers pro­vo­ca­teur, décla­rait fin sep­tembre : « La moque­rie d’un chef arabe qui a pré­tendu il y a des siècles être entré en contact avec Dieu et a fait des béné­fices poli­tiques, finan­ciers et sexuels, n’est pas un crime de haine ; c’est la liberté de parole. »

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Alerte humanitaire ! Carlos Ghosn en passe de s’immoler par le feu

– Un homme de 42 ans s’est sui­cidé par le feu devant une agence de Pôle emploi à Nantes, mer­credi 13 février en milieu de journée. 

 –  Le PDG de Renault, qui per­çoit plus d’un mil­lion d’euros pas mois, veut bien en repor­ter 30% jusqu’à 2016. A condi­tion que…

Je sais, le pro­cédé pour­rait être facile et même démago, celui d’amalgamer deux faits appa­rem­ment dis­tincts. C’est qu’au contraire, j’y vois un lien, et même plusieurs.

Le lien pre­mier, c’est l’injustice de ce monde où s’exposent dans une même et inso­lente outrance pau­vreté et richesse. Plus pré­ci­sé­ment : extrême pau­vreté et extrême richesse. Un monde, d’ailleurs, où règnent les extré­mismes de toutes sortes : finan­ciers, éco­no­miques, poli­tiques, éco­lo­giques, reli­gieux, moraux, artis­tiques… Autre­ment dit un monde de l’extrême vio­lence, pos­si­ble­ment au bord de l’explosion, comme en une fin de civilisation.

Les autres liens, appen­dices du prin­ci­pal, tiennent aux deux faits eux-mêmes.

Comme on ne va pas man­quer de le rap­pe­ler – néces­sité défen­sive de la bonne conscience sociale – le sui­cide est un acte com­plexe aux causes mul­tiples, tou­chant l’intime, et cae­tera. Ajou­tons : aussi un acte de cou­rage et de liberté, par­fois. Au delà de l’interrogation phi­lo­so­phique, il s’agit de ne mas­quer en rien l’âpreté de notre monde et de nos socié­tés « modernes », ce qui veut dire sau­vages.

Com­ment peut-on en arri­ver à ce point de déses­poir, exprimé dans deux courriels ? :

Mardi 12 février, 10 h 12 : « Aujourd’hui, c’est le grand jour pour moi car je vais me brû­ler à Pôle emploi. J’ai tra­vaillé 720 h et la loi, c’est 610 h. Et Pôle emploi a refusé mon dossier. »

Mardi 12 février, 12 h 55 :  « Je suis allé à Pôle emploi avec 5 litres d’essence pour me brû­ler, mais c’est fermé le 12/02/2013 ; alors ça sera demain le 13 ou le 14, car ce serait vrai­ment pré­fé­rable au sein de Pôle emploi merci. »

Nous ne sommes pas en Grèce, ni en Tuni­sie et leurs mul­tiples sui­ci­dés. C’est que le déses­poir n’a pas de patrie. Il s’est mon­dia­lisé en même temps que l’insolente richesse. Celle qui s’étale en un pal­ma­rès indé­cent, tel celui affi­ché sans ver­gogne sur le site de l’agence Bloom­berg, sous forme d’un trom­bi­no­scope des plus riches au monde, clas­sés en mil­liards de dol­lars, et « actua­lisé en temps réel » – car il s’agit d’un jeu de société, un mono­poly fol­le­ment amu­sant. Les riches ne craignent rien autant que l’ennui – mais peu se sui­cident, a-t-on remarqué ?

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 Au moins, grâce à ce site et le temps venu, saura-t-on aisé­ment à quelles sources aller pui­ser afin de réta­blir quelque équi­libre salutaire.

Car­los Ghosh, le pauvre, lui qui ne figure même pas dans ce glo­rieux pal­ma­rès ! D’autant moins que ce bon sama­ri­tain verse dans le cha­ri­table. Selon les gazettes, il pour­rait repor­ter à 2016 le ver­se­ment de 30 % de sa rému­né­ra­tion variable en 2012, soit envi­ron 430 000 euros. « Cette somme ne serait ver­sée au PDG que dans trois ans, à condi­tion que l’accord en cours de négo­cia­tion soit validé par les syn­di­cats, puis appli­qué, et que cer­tains indi­ca­teurs, notam­ment les volumes de pro­duc­tion pro­mis par la direc­tion, soient respectés. »

Même si ce geste se confirme, Car­los Ghosn tou­chera 2,2 mil­lions d’euros, dont 1 mil­lion de rému­né­ra­tion variable. Et c’est sans comp­ter sur sa rému­né­ra­tion chez Nis­san, dont il est éga­le­ment PDG, qui est de près de 10 mil­lions d’euros.

Donc, en gros, ce type palpe plus de 12 mil­lions d’euros par an, qu’on arron­dira à un mil­lion par mois ! Et il a l’outrance de don­ner l’aumône à ses sala­riés mena­cés de Pôle emploi comme le mal­heu­reux de Nantes !

 Com­ment peut-on, en ce bas monde si désolé, gagner 1 000 fois plus qu’un chô­meur et se regar­der dans la glace – tout en se trou­vant glo­rieux de surcroît ?

Ça me rap­pelle  Fin­kiel­kraut, sur la radio publique, défen­dant le bou­clier fis­cal de Sar­kozy et volant au secours du pré­levé à 50 % (c’était avant les 75 %, encore le bon temps !): «  Il donne la moi­tié de son man­teau, tout de même !  » D’abord, il ne donne pas – n’est pas saint-​Martin qui veut… Ensuite, il y a un abîme entre le fait de don­ner un euro quand on n’en a que deux, et celui de se faire appe­ler à un devoir de soli­da­rité par une contri­bu­tion d’un mil­lion d’euros sur deux mil­lions de revenus.

Or, Ghosn, lui, consent à repor­ter 30% de sa maigre paie.

Le vrai pro­blème, c’est bien les trop riches, ceux qui n’en ont jamais assez – les pauvres !

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Dali même pas mort : il parle encore

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Dali à l’hôtel Meu­rice, 1972.. Ph. Allan War­ren (GNU Free Docu­men­ta­tion License)

Des­tiné à la Revue Sex­pol, l’entretien devait tour­ner autour de la sexua­lité et de la poli­tique. Il s’enroula évi­dem­ment autour de Dali… comme on peut le lire ci-dessous, ainsi que dans l’encadré situant le contexte.

L’interview ne fut fina­le­ment pas publiée dans Sex­pol mais parut dans plu­sieurs quo­ti­diens lors de la mort de Dali, en jan­vier 1989.  Il y a peu, j’en ai retrouvé la retrans­crip­tion sur une vieille dis­quette. D’où l’idée de la publier ici, tan­dis que l’exposition Dali fait un tabac au centre Pom­pi­dou à Paris (jan­vier 213).

• Vous avez dit : « Le sur­réa­lisme c’est moi »...

– Sal­va­dor Dali : ...Oui, comme Louis XIV disait « L’État c’est moi »...

• ...Doit-on en conclure que l’hyperréalisme c’est encore plus vous ?...

– Ce qui m’intéresse, c’est de finir de deve­nir Dali. A cinq ans, je vou­lais deve­nir cui­si­nier puis, un peu plus tard, Napo­léon. Main­te­nant, deve­nir Dali c’est le plus dif­fi­cile de tout !

• Avez-vous la pré­ten­tion d’y parvenir ?

– Je m’en approche.

• Par­lons sexua­lité : quels rap­ports pouvez-vous éta­blir entre, d’une part, la corne du rhi­no­cé­ros et la pointe de votre mous­tache; d’autre part, entre la pointe d’un pin­ceau et votre bite ?

– C’est très simple : ça [dési­gnant sa mous­tache], ce n’est pas loga­rith­mique, alors que la corne du rhi­no­cé­ros est la corne divine, et donc  loga­rith­mique. Quant au sexe, c’est très clair : l’image entre par l« œil et s’écoule par la pointe du pinceau.

• Votre mous­tache, elle, ne serait donc pas divine ?!

– Non: elle est for­mée  avec de la cire; elle n’a pas la courbe logarithmique.

•  Vous avez dit aussi qu’à une époque la mas­tur­ba­tion était pour vous une « bitte d’amarrage »...

– Bien au contraire, je me suis mas­turbé très très tard, mais ça m’a beau­coup inté­ressé après. Et j’ai peint Le Grand mas­tur­ba­teur.

• Et aujourd’hui qu’est-ce qui vous intéresse ?

– Main­te­nant ? C’est René Thom, que je vais voir demain ou après-demain; c’est lui qui a inventé la théo­rie des catas­trophes; c’est des mathématiques.

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• On vous a vu par­ti­ci­per à une émis­sion avec le phi­lo­sophe et bio­lo­giste Sté­phane Lupasco. A l’évidence, la science vous inté­resse. Que vous apporte-t-elle ?

– Comme vous savez, j’ai été l’un des pre­miers à par­ler de l’acide désoxy­ri­bo­nu­cléique; et tout le monde croyait que c’était un canu­lar. J’ai pour­tant eu l’honneur de ren­con­trer James Wat­son qui, le pre­mier, était par­venu à repré­sen­ter la double spi­rale de l’ADN. Je ne suis pas un homme de science mais je suis ter­ri­ble­ment inté­ressé par toutes ces questions.

[...]

• Qu’entendez-vous par droite ?

– Monar­chiste ! Mais dans l’ensemble cette atti­tude n’est pas expri­mée méta­phy­si­que­ment à cause de l’ignorance des décou­vertes de la bio­lo­gie moderne.

• Pour vous, ce sont les lois bio­lo­giques qui vous amènent à nier la notion de liberté au sens méta­phy­sique du mot...

– ... Exact...

• ... et à vous rap­pro­cher du sys­tème monarchique.

– C’est cela et la théo­rie de Thom selon laquelle tout est déter­miné mathé­ma­ti­que­ment, même n’importe quelle forme. La mathé­ma­tique est une cosmogonie.

• Vous avez bien écrit que vous ne croyez pas à la notion de liberté ?

– Je suis contre  la liberté. Je l’ai écrit. Qu’est ce que la liberté ? C’est l’informe. Même la rose pousse dans une pri­son. C’est la coer­ci­tion, la pres­sion et les limites qui créent la beauté. La liberté c’est la voie tor­due. C’est dans l’univers de l’Inquisition qu’ont été pro­duites les choses les plus exerces. Par exemple, concer­nant le sexe, les pro­duc­tions mille fois plus éro­tiques sont celles qui sont pla­cées dans les formes qua­si­ment allé­go­riques – beau­coup plus puis­santes du point de vue mor­pho­lo­gique ; la mor­pho­lo­gie sexuelle est alors une sorte d’ornementation.

• On retrouve là, dans ce que vous venez de dire, votre souci obses­sion­nel de retar­der au maxi­mum la réa­li­sa­tion d’un désir, son actualisation.

– Oui. La preuve, c’est quand, après ma pro­me­nade au musée, je retar­dais le plus pos­sible le moment de boire de l’eau ; je tour­nais autour du lavabo, je fai­sais cou­ler de l’eau.

• C’était du masochisme ?

– Natu­rel­le­ment, puisqu’il y avait une cou­ronne de roi et que les épines et les trois épingles me fai­sait un mal terrrrible.

• Ça a tou­jours été une constante dans votre conduite ?

– J’ai fait cadeau à Gala d’un châ­teau gothique et elle m’a dit qu’elle l’acceptait à la seule condi­tion : que je ne lui rende jamais visite, sauf avec une invi­ta­tion écrite.

• Ce qui res­sort de vos pro­pos sur la sexua­lité, c’est que vous par­lez de volonté, d’ascèse, de refou­le­ment, etc. Ne croyez-vous pas que l’acte sexuel est avant tout un aban­don, un aban­don au flux natu­rel biologique ?

– Mais jus­te­ment, il faut se conte­nir. C’est-à-dire qu’à chaque époque de créa­tion il faut s’abstenir de se mas­tur­ber, de faire l’amour, et cae­tera. Il faut cana­li­ser tout dans l’œuvre artistique.

• Vous êtes donc très freu­dien à cet égard ; vous esti­mez que la répres­sion de la sexua­lité est un fac­teur de civilisation...

-... et de créa­ti­vité. Parce qu’autrement on fait des choses anti-érotiques. C’est pour ça que tous les artistes, tous les peintres ont peint comme moi, en cana­li­sant leur libido.

• Tout à l’heure vous disiez qu’on avait pris pour un canu­lar vos décla­ra­tions sur l’ADN. Je me demande s’il ne se passe pas la même chose  pour votre « méthode paranoïa-critique » ; c’est-à-dire qu’on ne la prend pas au sérieux – ce qui lui convient bien d’ailleurs, mais...

– ... Ça, après qua­rante ans de pra­tique de cette méthode, ce sont des choses à défi­nir : c’est la méthode sys­té­ma­tique d’interprétation cri­tique des phé­no­mènes délirants.

• Comme toute méthode elle peut se retour­ner – c’est là que je vou­lais en venir : la « méthode paranoïa-critique » exige un regard exté­rieur, une par­ti­ci­pa­tion col­lec­tive. D’un autre côté, elle ne vous rend pas for­cé­ment ce que vous en atten­dez : la plu­part des gens, la plu­part de vos spec­ta­teurs, vous consi­dèrent à la fois comme fas­ci­nant – du point de vue spec­ta­cu­laire – et repous­sant du point de vue de l’excentricité, qu’ils ne sup­portent pas. Je pense qu’ils auraient ten­dance à vous consi­dé­rer comme un peintre de génie et un vision­naire médiocre.

– C’est le contraire !

• Oui, c’est ce que vous prétendez.

– Pour être un bon peintre, je suis trop intel­li­gent et par contre je suis un cos­mo­logue  : j’ai une concep­tion du monde très supé­rieure à celle des autres.

Pro­pos recueillis par Gérard Pon­thieu en jan­vier 1989, à l’hôtel Meu­rice, à Paris. 

Excen­trique, méga­lo­mane, mytho­mane, mystificateur…

…Fou, parano„ cupide, mystique.

…Déli­rant, anar­chiste, fas­ci­nant, fasciste.

…Obsédé, sado-masochiste.

…Vul­gaire, banal, génial.

Sal­va­dor Dali était tout cela et le contraire, comme un mal­strom innom­mable où s’engouffraient gran­deur et déca­dence de l’humanité. Dans ce tour­billon mêlant les immon­dices aux pépites d’or, Dali pra­ti­quait l’art tel un alchi­miste : à coups de sym­boles et de mys­tères, d’invocations et de suf­fo­ca­tions. Et c’est bien ce qui pou­vait le rendre fas­ci­nant et insup­por­table. Son rap­port intime à la contra­dic­tion – à la sienne propre, et culti­vée comme un sys­tème, autant qu’à celle du monde -, sa manière de jouer et de se jouer de l’irrationnel ali­men­taient avec fougue ce qu’il appe­lait son délire créa­tif. Artiste, Dali ? On en dis­cu­te­rait à perte de vue d’esthète. Mais au moins s’était-il appli­qué à faire de sa vie, selon le mot de Gide, « une œuvre d’art ». De cela encore on pour­rait dis­cu­ter... en esthète. Mais Dali, lui, en avait pris le parti – le seul qu’il embras­sât vrai­ment, non sans avoir goûté aux amer­tumes des idéologies.

S’il s’engagea quelque part, ce fut dans les rangs peu fré­quen­tés du mou, du vis­queux, du mer­deux. Il se délecta ainsi du « mau­vais goût » par dégoût du bon goût bour­geois. Il y puisa une force pro­vo­ca­trice redou­table qui ne lais­sait à ses vic­times que la pos­si­bi­lité de payer. Dali ten­tait d’échapper à l’enfermement des sys­tèmes, le sien y com­pris qu’il trans­muait en or par vic­times inter­po­sées – celles qui croyaient se mettre du bon côté de la fron­tière du goût et qui, pour cela,  payaient très cher un pas­seur nommé Dali.

gp

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Trop forts, ces journalistes !

© faber

© faber

Les « épi­sodes nei­geux » se ramassent à la pelle et les jour­na­listes « de ter­rain » sont mobi­li­sés tels les agents de l’Équipement et leurs saleuses. Bra­vons les cli­chés comme les intem­pé­ries, célé­brons les mar­ron­niers qui fleu­rissent sous les blancs man­teaux à l’immaculée blan­cheur, pour la joie des petits et des grands. Tan­dis que les micro-trottoirs tur­binent à plein régime, tenus par les petites-mains gre­lot­tantes des sta­giaires à l’avenir incer­tain comme la météo. Et pleuvent en flo­cons drus les fortes décla­ra­tions des Mon­sieur et Madame Michu « qui n’avaient jamais vu ça  »

Le 20 heures de dimanche soir sur France 2 a ainsi tenu un bon quart d’heure, à l’égal de tout grand évé­ne­ment. Météo, Algé­rie, Mali, hié­rar­chie quand tu nous tiens. Il est à parier que les autres chaînes auront fait au moins aussi bien. Et que les jour­naux n’auront pas été en reste. Le plu­ra­lisme des médias, c’est fondamental.

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  • Traduire :

  • Twitter - Gazouiller

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sexpol.
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s’est brisé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la vérité s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • Bon appétit, cousin !

    Je doute donc je suis - gp

  • C’est pour dire de Gérard Pon­thieu, est mis à dis­po­si­tion selon les termes de la licence Crea­tive Com­mons : Attri­bu­tion - Pas d’Utilisation Com­mer­ciale - Pas de Modi­fi­ca­tion (3.0 France). Pho­tos, des­sins et docu­ments men­tion­nés sous copy­right © sont pro­té­gés comme tels.
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  • 1emmen

    Un chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Ce qui explique quelques vides dans des articles anciens.

  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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