On n'est pas des moutons

Le fragile portrait du joueur de l’ego

 

 «Si les Fran­çais devaient ne pas me faire confiance, est-ce que je devrais conti­nuer dans la vie poli­tique, la réponse est non.» Et le pré­sident sor­tant, maire de Neuilly à 28 ans, d’ajouter : «Ces car­rières qui n’en finissent pas, cela abou­tit à des jeunes qui ne peuvent pas mon­ter. Si tel n’est pas votre choix, je m’inclinerai et j’aurai fait une très belle vie politique.»

© Por­trait signé Alain Le Quer­nec, gra­phiste à Quim­per http://alainlequernec.fr


Si Sar­kozy n’est pas réélu, il arrête la poli­tique par war­rant

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Un florilège des errances sarkoziennes

Signant Superyoyo sur Agoravox, un blogueur a compilé un "best of" des errances sarkoziennes depuis son élection jusqu'à fin 2011 – soit quatre ans et demi de déclarations, de décisions, de situations graves ou pitoyables. Un éprouvant bilan qui exige tout de même de ses lecteurs, avouons-le, une certaine dose de sado-masochisme.

Un avant-goût ci-dessous. Le reste sur Agoravox.

 

6 mai 2007 : le Fouquet's

7 mai 2007 : les vacances sur le yacht de Bolloré.

28 juin 2007 : Patrick DEVEDJIAN traite Anne-Marie COMPARINI (modem) de salope.

4 août 2007 : en vacances à Wolfeboro dans une villa qui se loue habituellement 30.000 dollars par semaine.

21 août 2007 : La loi TEPA. 15 milliards d'euros par an. Grâce à cette mesure, un millier de contribuables parmi les plus fortunés vont toucher en moyenne un chèque de 260.000 euros.

22 septembre 2007 : François FILLON estime être « à la tête d'un état en situation de faillite financière ».

29 octobre 2007 : augmentation de son salaire de 172%.

6 novembre 2007 : « descends un peu le dire » au Guilvinec.

10 décembre 2007 : réception de Mouammar KADHAFI

20 décembre 2007 : Jean-Marie BIGARD chez le Pape.

20 décembre 2007 : « Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur »

8 janvier 2008 : « Qu'est ce que vous attendez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ? ».

23 janvier 2008 : Christian ESTROSI loue un jet privé pour 136 000 euros pour ne pas louper un pot à l’Elysée.

4 février 2008 : Nicolas SARKOZY promet de sauver l'usine ArcelorMittal de Gandrange. L'usine fermera un an plus tard

13 février 2008 : Nicolas SARKOZY veut que tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d'un des enfants français victimes de la Shoah. Simone VEIL, ancienne déportée, déclare que son « sang s'est glacé » en entendant cette proposition.

20 février 2008 : Christine OCKRENT, compagne d’un ministre, est nommée directrice générale de France Monde (France24, TV5 monde, RFI).

23 février 2008 : « Alors casse-toi pauvre con ».

5 juillet 2008 : « Désormais quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit ».

3 septembre 2009 : Nicolas SARKOZY, en visite à l'usine Faurecia, fait sa déclaration télévisée entourés de personnes choisies pour leur petite taille.

5 septembre 2009 : « Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes » (Brice HORTEFEUX).

23 septembre 2009 : « Les paradis fiscaux, le secret bancaire, c'est fini. »

13 octobre « Ce qui compte en France pour réussir, ce n'est plus d'être bien né, c'est travailler dur, et avoir fait la preuve, par ses études, par son travail, de sa valeur » (à l’époque son fils était pressenti pour prendre la présidence de l’EPAD.

9 novembre 2009 : Sur sa page facebook, Nicolas SARKOZY raconte comment il s'est retrouvé à Berlin le 9 novembre 1989 pour la chute du mur. Mais les indices montrant un mensonge s'accumulent.

25 janvier 2010 : « dans les semaines et les mois qui viennent, vous verrez reculer le chômage dans notre pays ».

6 mars 2010 : « L'environnement, ça commence à bien faire ».

22 mars 2010 : Alain JOYANDET en Martinique en un jet privé: 116.500 euros.

16 juin 2010 : On apprend que l'état à remboursé 12000 euros dépensés par Christian BLANC pour l'achat de cigares.

21 juin 2010 : Début de l'affaire WOERTH-BETTENCOURT et ses multiples rebondissements

28 juillet 2010 : Surenchère sécuritaire. Nicolas SARKOZY parle des « comportements de certains roms ».il veut déchoir de la nationalité française les assassins de forces de l'ordre. Brice HORTEFEUX veut étendre cette déchéance aux cas de polygamie. Christian ESTROSI propose de punir les maires laxiste. Le pape en personne intervient pour défendre les roms.

9 février 2011 : Boris BOILLON, proche de Nicolas SARKOZY, ambassadeur de France en Tunisie, en maillot de bain sur Internet.

8 mai 2011 : Laurent WAUQUIEZ s'en prend aux bénéficiaires du RSA et à l'assistanat « cancer de la société française ».

25 juillet 2011 : La cour des comptes révèle que l'avion de Nicolas SARKOZY est équipé de deux fours, montant : 75000 euros.

28 juillet 2011 : Des photos montrent Brice HORTEFEUX et Jean-François COPE en compagnie de ZiadTAKKIEDINE, un homme d'affaires dont le nom a souvent été mêlé à des scandales politico-financiers.

L’intégrale est à lire sur Agoravox

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Dix mots pour (mieux) entendre le jazz

Notable initiative de Télérama.fr qui, dans son chapitre Musique, décortique quelques codes du jazz. Exemples à l'appui et illustrations sonores par des musiciens tout à fait "autorisés". On y "voit" mieux dans ce qui peut apparaître parfois comme du charabia d'initiés. Même esprit vulgarisateur, au meilleur sens, que dans les "Leçons de jazz" d'Antoine Hervé (ou les "Leçons de musique" de Jean-François Zygel). On pourrait tenter une même démarche avec la politique, rayon "cacophonie"…

Cliquer sur l'image.

[Merci Claude d'avoir débusqué cette perle sur la toile.]

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Guerre aux chômeurs

La tasse et la chaise vides, le mégot écrasé, la une du jour, l’amertume. « Sar­kozy fait la guerre aux chô­meurs ». Hier matin à Manosque, ave­nue Jean-Giono.

 

 

 

 

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« Salauds de riches ! »

Présenté par l'AFP comme une "étude", l'article ci-dessous a été titré "Le riche est porté sur la triche". Le mien, de titre, renvoie à la célèbre invective de Gabin dans La Traversée de Paris : "Salauds de pauvres !"…

Les personnes issues des classes supérieures ont davantage tendance à enfreindre le code de la route, à chaparder des bonbons ou à mentir dans le but de s'enrichir encore davantage, selon une étude réalisée aux Etats-Unis et au Canada.

L'étude, publiée aujourd'hui dans la Revue de l'Académie nationale des Sciences (PNAS), a été réalisée par des chercheurs de l'Université de Californie à Berkeley et de l'Université de Toronto, qui ont réalisé sept expériences différentes auprès d'une centaine de personnes pour chaque test.

L'une de ces expériences a montré que les propriétaires de grosses cylindrées avaient plus tendance que les autres à commettre une infraction à un carrefour et laissaient moins traverser les piétons. Un autre test réalisé avec un jeu de dés et une récompense à la clé a montré que les personnes se disant d'un statut social supérieur avaient davantage tendance à mentir sur leur score.

Lors d'un entretien d'embauche simulé, ces dernières hésitaient moins à mentir à la personne qu'elles étaient censées recruter en omettant de lui dire que le poste proposé devait rapidement être supprimé.

Et lorsqu'on leur a donné un paquet de bonbons en leur disant qu'il était destiné à des enfants présents dans une pièce voisine mais qu'elles pouvaient se servir, les personnes de milieux favorisés piochaient davantage que les autres.

"La recherche de l'intérêt personnel est une motivation plus importante pour l'élite, et la cupidité qui s'accroît avec la fortune et le rang social peut amener certains à mal se conduire", ont expliqué les auteurs de l'étude.

AFP  Publié le 27/02/2012

Passage recommandé par l'Observatoire des inégalités

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Sarkozy aus-si !

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Sarkozy. De « La France forte » à la France libre

Ça, c'est de mon pote Faber

Le reste provient de la parodie déchaînée sur le net.

C'est beau et salutaire

le génie populaire

!

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Ma préférée, signée Peachy Carnehan

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La plus radicale (et confiante)

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Antoine Hervé : « Le jazzman, c’est un griot et un danseur dans sa tête »

Antoine Hervé © H. Collon/Objectif Jazz

Antoine Hervé © H. Collon/Objectif Jazz

Jazz et classique, Antoine Hervé est un des plus grands pianistes du moment. Mais il joue aussi du « pédagogue », cet instrument pas si courant, sinon rare, qui permet le miracle entre un art – ou une science – et le public. Si vous voulez en lire davantage à propos de sa Leçon de piano sur Bill Evans, passez un moment avec lui dans l'interview qu'il m'a accordée pour Citizen Jazz. Cliquer ici même.

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« Toutes les civilisations se valent (surtout la nôtre) »

Extrait du Lotus bleu de Hergé

« Si l’on fait, pour la beauté du geste, l’hypothèse que la bonne foi n’était pas tota­le­ment absente du concert de pro­tes­ta­tions qui a suivi la petite phrase de Claude Guéant, la polé­mique est révé­la­trice d’un pro­fond malaise. Il paraît aussi dif­fi­cile de sous­crire sans états d’âme à la for­mule du Ministre de l’Intérieur, que d’adhérer aux ripostes qu’elle a sus­ci­tées. D’un côté, nous nous sen­tons tenus de pro­fes­ser un uni­ver­sa­lisme accueillant à la diver­sité des cultures. Nous refu­sons que la com­pa­rai­son débouche sur la déva­lua­tion, que la dif­fé­rence recon­nue signi­fie qu’une civi­li­sa­tion soit intrin­sè­que­ment « supé­rieure » à une autre : cela revien­drait peu ou prou à repro­duire le schéma typique des Lumières fran­çaises – la civi­li­sa­tion, c’est nous, les autres sont des bar­bares, des sau­vages qui attendent d’être civi­li­sés. Mais d’un autre côté, nous voyons mal com­ment évi­ter de pen­ser que nos ins­ti­tu­tions et nos valeurs sont tout de même pré­fé­rables, que les droits de l’homme valent mieux que le racisme et l’intolérance, que l’égalité des sexes est mora­le­ment supé­rieure à un sys­tème patriar­cal, et le suf­frage uni­ver­sel plus digne de l’homme que la tyrannie. »

On pour­sui­vra la lec­ture de ce texte pro­met­teur sur le blog de son auteur, réfu­gié comme la concierge de l’esprit au Pied de l’escalier. Une bonne et char­pen­tée réflexion pour ne pas res­ter en rade dans la confu­sion géné­rée par la trop fameuse sor­tie de Guéant, elle-même fai­san­dée par les réac­tions pav­lo­viennes de la gauche trop peu pensante.

Merci à tous pour les enri­chis­sants com­men­taires appor­tés à mon pré­cé­dent papier. On n’est pas trop de beau­coup pour affron­ter la com­plexité du monde et des affaires humaines !

Et merci à Daniel D. pour avoir signalé ce bon endroit : http://lescalier.wordpress.com/2012/02/11/toutes-les-civilisations-se-valent-surtout-la-notre/

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Civilisations. Pourquoi Guéant n’a pas dit que des conneries

Aboyer avec, ou aboyer contre les loups, c’est tou­jours aboyer. S’agissant de civi­li­sa­tion, il devrait y avoir mieux à faire et sur­tout à dire. Soit donc le pro­pos de Guéant, exer­çant le minis­tère de l’intérieur de qui on sait et s’exprimant ce 4 février en ces termes :

 « Contrai­re­ment à ce que dit l’idéologie rela­ti­viste de gauche, pour nous, toutes les civi­li­sa­tions ne se valent pas. Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avan­cées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fra­ter­nité, nous paraissent supé­rieures à celles qui acceptent la tyran­nie, la mino­rité des femmes, la haine sociale ou eth­nique ». « En tout état de cause, nous devons pro­té­ger notre civilisation ».

Voilà donc le pro­pos qui a enflammé le lan­der­neau politico-médiatique selon le mode de la meute, donc selon la forme aboyante. Essayons de dépa­touiller l’affaire qui, en ces enfié­vrées périodes élec­to­rales, a vite pris l’allure d’une cabale.

Pré­ci­sion préa­lable : je ne sau­rais voler au secours de Guéant. Qu’il se démerde ! Sur­tout mon pro­pos se veut, comme son auteur, réso­lu­ment de gauche. Or, en l’occurrence, je trouve que l’idéologie gau­chienne – comme on dit désor­mais sou­chienne – se met à patau­ger dans les fanges qu’elle pré­tend dénoncer.

Que le Guéant ait mitonné sa tam­bouille devant un par­terre d’extrême droite et à l’intention déli­bé­rée de l’extrême droite dans le but de la bas­se­ment mais lour­de­ment cour­ti­ser, on ne sau­rait le nier. Mais un type de droite ne dit pas for­cé­ment que des conne­ries. Et vice versa

Le vrai sujet du débat, mer­di­que­ment lancé, se pose tout de même sur le fond : ce qu’on entend au juste par « civi­li­sa­tion ». D’où cet enchaî­ne­ment pos­sible de ques­tions dans le but d’éclairer les lan­ternes et sur­tout ceux qui les tiennent :

– Qu’est-ce qu’une civilisation ?

– Les civi­li­sa­tions sont-elle comparables ?

– Qu’est-ce qu’une valeur en civilisation ? 

– De là : quid du rela­ti­visme ? De l’universalisme ? De leurs places dans l’Histoire, les socié­tés, la morale, etc. ?

Des thèses innom­brables se sont affron­tées autour de ces ques­tions et je n’aurais ni l’outrecuidance ni l’intention de ten­ter de les reprendre. Je ne livre donc que mes propres réponses, elles-mêmes ali­men­tées à ma propre his­toire – tout étant donc rela­tif, en ce sens du moins…

(Lire la suite…)

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Puisqu’il l’a dit…

Lors de l'émission "A vous de juger" en 2007, Nicolas Sarkozy s'était engagé sur 5% de chômeurs à la fin de son quinquennat et conseillait aux Français d'en "tirer les conséquences" s'il finissait à 10%. Ben voilà, y a pu qu'à…

En attendant, cliquer sur l'image et jubiler.

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Grand concours de Noël pour le développement du râble de sapin

A vous la légende !

Comment peut-on être grand, con et court ? En participant à notre grand concours de Noël. Règle du jeu simplissime : trouvez la légende qui s’imposera pour cette sublime image commise par les plus talentueux (si !) graphistes de Metz (Lorraine, France), à savoir (reconnaissables sur la photo) :

Arnaud Hussenot, en haut

Fabien Darley, en bas

 Tous les gagnants gagneront : leurs légendes seront publiées au fur et à mesure dans les cases de commentaires prévues à cet effet. C’est-i pas un beau cadeau de Noël, ça ?

 

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Le crachat et le rêve français…

par Amine el Khatmi 23 ans, étudiant en droit (master 2), français

Lettre à monsieur le ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration

Monsieur le ministre,

La sous-direction de l’accès à la nationalité française du ministère que vous dirigez vient de signifier à madame S. Boujrada, ma mère, le classement de son dossier et un refus d’attribution de nationalité. «Vous ne répondez pas aux critères», est-il écrit dans un courrier sans âme que l’on croirait tout droit sorti de l’étude d’un huissier ou d’un notaire.

Ma mère est arrivée en France en 1984. Il y a donc vingt-huit ans, monsieur le ministre, vingt-huit ans ! Arrivée de Casablanca, elle maîtrisait parfaitement le français depuis son plus jeune âge, son père ayant fait le choix de scolariser ses enfants dans des établissements français de la capitale économique marocaine.

Elle connaissait la France et son histoire, avait lu Sartre et Molière, fredonnait Piaf et Jacques Brel, situait Verdun, Valmy et les plages de Normandie, et faisait, elle, la différence entre Zadig et Voltaire ! Son attachement à notre pays n’a cessé de croître. Elle criait aux buts de Zidane le 12 juillet 1998, pleurait la mort de l’abbé Pierre.

Tout en elle vibrait la France. Tout en elle sentait la France, sans que jamais la flamme de son pays d’origine ne s’éteigne vraiment. […]

Lire la suite ici sur Libération.fr, ce texte étant paru dans Libération du 2 décembre 2011 où il a déclenché une vague de commentaires. Mais pas de réactions connues de Claude Guéant et autres.

 

[Merci à Dominique Dréan pour le relais.]

 

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« T’as pas 100 euros ? »

Voici une petite ‘’interprétation’’ de texte, à partir d’un message en circulation sur le web :

« Une journée maussade dans un petit bourg humide au fond de l'Islande. Il tombe une pluie battante et les rues sont désertes.
Les temps sont durs ; tout le monde est endetté ; tout le monde vit à crédit.

Là dessus arrive un ‘’allemand riche’’. Il arrête sa ‘’grosse berline’’ devant l’hôtel de la ville. Il entre pour réserver une chambre pour la nuit et pose un billet de 100 euros sur le comptoir, tout en demandant à voir les chambres disponibles, afin d'en choisir une.

Le propriétaire de l'établissement lui donne les clés et lui dit de choisir celle qu'il veut.

Dès que le client monte l'escalier, l'hôtelier prend le billet de 100 euros, file chez le boucher voisin et règle sa dette envers celui-ci.
Le boucher, qui doit de l'argent à l’éleveur de porcs local, se rend immédiatement chez lui et lui donne le billet de 100 euros.
L'éleveur à son tour règle ses dettes envers la coopérative agricole mitoyenne, où il achète ses fournitures.
Le directeur de la coopérative court au pub, régler son compte de bar.
Le barman, glisse le billet à la prostituée qui lui fournit ses services à crédit déjà depuis des semaines.
Celle-ci, qui utilise l'hôtel professionnellement, court régler son compte avec l'hôtelier.
L'hôtelier repose ‘’finalement’’ le billet de 100 euros sur le comptoir, là où le client l'avait posé auparavant.
Juste après, le client descend l'escalier, annonce qu'il ne trouve pas les chambres à son goût, ramasse son billet et s'en va.

… Quelque part cependant, pour ces ‘’gens du coin’’, le temps semblerait s’annoncer meilleur. »

Additif : infos sur des systèmes de règlements ici.

PS : face au mauvais temps, ne faudrait-il pas cesser de donner encore du temps au temps, pour enfin tenter de limiter ce ‘’tant’’ accapareur de notre temps (cf. modèle des pays ‘’développés’’) ?

[Merci à Gérard Jacquet].

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« L’impromptu de Berlin », madrigal géopolitique

par Luc Rosenzweig (Causeur.fr)

© rfi

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

La scène se passe dans les jardins du Château Bellevue, à Berlin.

Angela von Mecklemburg et Nicolas de Neuilly se sont discrètement éclipsés de la réception offerte par le roi de Prusse.

On entend, au loin, les accents d 'un quatuor de Joseph Haydn.

 

Nicolas :
Madame, l'heure est grave: alors que Berlin danse
Athènes est en émoi et Lisbonne est en transes.
Voyez la verte Erin, voyez l'Estrémadoure
Entendez les Romains: ils appellent au secours !
Ils scrutent l'horizon, et implorent les Dieux.
Tous les coffres sont vides, et les peuples anxieux
Attendent de vous, madame, le geste généreux !
De leur accablement ils m'ont fait l'interprète :
Leur destin est scellé, à moins qu'on ne leur prête
Cet argent des Allemands sur lesquels vous régnez.
Cette cause est bien rude, mais laissez moi plaider...
Angela :
Taisez-vous Nicolas! Je crois qu'il y a méprise
Mais je dois déchanter, et comme c'est humiliant
Je m'attendais, c'est sûr, à bien d'autres hommages !
Folle étais-je de croire à une douce surprise
En vous suivant ici seule et sans équipage
De n'être courtisée que pour son seul argent !
Nicolas :
Vous n'y êtes pour rien, mais soyez magnanime !
Vos attraits sont troublants, mais il n'est point décent
Qu'on les châtie un peu, mais votre main de fer
Nous sommes aujourd'hui tout au bord de l'abîme
Notre Europe est malade, et vous seule pouvez
Madame, les temps sont durs, et votre cœur est grand
Les Grecs ont trop triché? Alors la belle affaire !
Le monde nous regarde, craignons le ridicule !
La soigner, la guérir et, qui sait? La sauver !
Est cruelle aux Hellènes, et nous frappe d'effroi !
D'entrer en badinage quand notre maison brûle !
Angela :
Ma richesse est la leur, ils ont bien travaillé.
L'ouvrier mécontent, le patron en colère.
L'or du Rhin, c'est leur sueur et leur habileté.
J'entends partout gronder, en Saxe, Bade ou Bavière
Et vous me demandez, avec fougue et passion
De jeter cette fortune au pied du Parthénon ?
Ce serait trop facile et ma réponse est non !
Nicolas :
Un seul geste suffit, et demain à Bruxelles
On ne se grandit pas en affamant la Grèce
Nos anciens nous regardent, et nous font le grief
Helmut Kohl est furieux et Giscard désespère.
En oubliant Platon, Sophocle et Périclès !
Desserrez, je vous prie, le nœud de l'escarcelle !
D'être des épiciers et non pas de vrais chefs !
Angela :
Votre éloquence est grande et mon âme chancelle...
Mais si je disais oui à toutes vos demandes
Je comblerais la femme, et trahirais l'Allemande !
Brisons là, je vous prie, la nuit est encore belle
(Ils s'éloignent, chacun de son côté ...)


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  • Et ça, c’est tentant aussi…

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  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sexpol.
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

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