On n'est pas des moutons

Lettre d’un Français au Québec

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IVG. Bompard, dernier rempart

L’Assem­blée natio­na­le a adop­té ce mer­cre­di par 143 voix contre 7 une pro­po­si­tion de réso­lu­tion réaf­fir­mant le droit fon­da­men­tal à l’interruption volon­tai­re de gros­ses­se en Fran­ce, en Euro­pe et dans le mon­de. Ce tex­te, non contrai­gnant, a été adop­té le jour anni­ver­sai­re du démar­ra­ge des débats sur la loi de Simo­ne Veil, le 26 novem­bre 1974. Gil­bert Col­lard s’est abs­te­nu, sept dépu­tés ne l’ont pas voté, cinq UMP, un UDI, et l’ancien FN, mai­re d’Orange et dépu­té d’extrême droi­te du Vau­clu­se, Jac­ques Bom­pard. Son homé­lie, sur le modè­le hol­lan­dien de l’anaphore ( « Moi pré­si­dent »…), consti­tue un ramas­sis des cli­chés qu’on aurait pu croi­re d’un autre âge. Au moins res­te-t-il fidè­le à son par­cours poli­ti­que : OAS, Occi­dent, Ordre nou­veau, Front natio­nal, Ligue du Sud… Il a été réélu mai­re d’Orange en 2014 au pre­mier tour avec 60% des voix…

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Pour saluer Rosetta & Philae

Tout ou pres­que a été dit depuis hier sur l’exploit que consti­tue la bala­de cos­mi­que de Roset­ta et Phi­lae, en pas­se de deve­nir des héros moder­nes, des « per­son­na­ges concep­tuels  » com­me aurait dit Gil­les Deleu­ze. Par delà l’éblouissante per­for­man­ce humai­ne et tech­ni­que, com­ment com­pren­dre l’engouement qui sem­ble avoir accom­pa­gné cet­te déam­bu­la­tion contrô­lée des deux machi­nes ? Serait-ce que la Ter­re est deve­nue trop peti­te pour nos besoins d’Aventure ? Que les films hol­ly­woo­diens, même en 3D, man­quent d’exotisme ? Que la Rou­te du rhum n’enivre plus assez ? Cer­tes, l’Atlantique en sept jours, ça fait petit bras par rap­port à ces espa­ces fri­sant l’infinité des mon­des. Voi­là qui peut enco­re nous fai­re rêver. Car ici-bas…

Atten­dons d’autres ima­ges de cet Ailleurs de gla­ce et de pous­siè­res d’étoiles dont nous som­mes peut-être les des­cen­dants. Tan­dis qu’en remon­tant cet­te immen­se échel­le du temps nous allons tutoyer nos ori­gi­nes, ou pour cer­tains cha­touiller Dieu sous sa plan­te des « pieds ».

© ESA

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Église. Le lapsus du p’tit Nicolas

Quand le corps et l’inconscient par­lent plus fort que le p’tit Nico­las, frin­gant sémi­na­ris­te… On en apprend de bel­les, sur le site des Inrocks, à pro­pos de  la vie sexuel­le des prê­tres, tel­le qu’exposée dans l’émission de télé domi­ni­ca­le le Jour du sei­gneurconsa­crée à l’Assemblée plé­niè­re des évê­ques de Fran­ce. Ou com­ment un lap­sus a rui­né la pres­ta­tion – mais pas la car­riè­re, au contrai­re ! – du jeu­ne sémi­na­ris­te. 

Mer­ci au caf­teur, l’ami Ber­nard Lan­glois !

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1914-1918 – Édouard, Louis… et quelques millions d’autres

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Édouard, Louis. Et des mil­lions d’autres. (Monu­ment au cime­tiè­re de Venel­les, Bou­ches-du-Rhô­ne)

Résu­mé : Les per­tes humai­nes de la Pre­miè­re Guer­re mon­dia­le s’élèvent à envi­ron 18,6 mil­lions de morts. Soit : 9,7 mil­lions de morts pour les mili­tai­res et 8,9 mil­lions pour les civils. 

Vingt ans après, la Secon­de a plus que tri­plé l” « addi­tion  » (entre 60 et 80 mil­lions de morts).

Quant à la Troi­siè­me…

faber-tous-les-grands-peres-sont-poilus

Ne pas oublier : à empor­ter dans les tran­chées, le der­nier Faber, celui qu’a vécu la guer­re (par le sou­ve­nir du grand-père). 

Ed. Fran­çois-Bou­rin

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Inventaire avant démolition ? Le grand dérèglement de la maison Terre

Pour sombrer dans le plus noir des pessimismes, voire dans la dépression, rien de tel que la soirée Thema d'hier soir [28/10/14 ] sur Arte. Au menu, si j'ose dire, la faim et la soif dans le monde avec, en dessert, les deux derniers volets sur les six consacrés au Capitalisme (avec une capitale…) De loin les plus intéressants, en particulier le tout dernier consacré à l'économiste hongrois Karl Polanyi qui, dès 1944, a pointé le danger représenté par une société totalement menée par l'économie, et non l'inverse. Comme si l'activité humaine, par on ne sait quelle folie, s'était précipitée dans le gouffre noir du profit mortifère. Au point que les déséquilibres mondiaux ne semblent avoir jamais atteint un tel niveau ahurissant, laissant dans le plus grand dénuement plus de la moitié de l'humanité qui, de plus, ne cesse de croître et accroissant en même temps les dérèglement écologiques, faisant surgir le spectre d'une disparition possible de l'espèce humaine.

on s'enfonce!.Inventaire avant démolition ? Le grand dérèglement de la maison Terre.

"Moi, je crois que c'est le pouvoir, le goût du pouvoir…"

Il se trouve qu'hier également je faisais rentrer du gaz dans ma citerne (l'hiver, en dépit/à cause du réchauffement, va finir par se pointer…). M. Total est arrivé avec son gros camion et son livreur.

– Alors, que je lui fais, vous êtes en deuil…

– Ben, c'est que nous, on est des sous-traitants, en location… C'est comme ça pour tout, peut-être même pour les raffineries, c'est en location, ça appartient à on ne sait qui…

Puis, on évoque la mort du PDG de Total, de Margerie, les circonstances.

– Il faut toujours aller vite, plus vite; il fallait qu'il rentre tout de suite, sans attendre…

On parle de son salaire…

– C'est pas tant une histoire de sous, je crois; c'est les honneurs – il était plus important qu'un ministre, vous avez vu, reçu par Poutine; peut-être qu'ils se tutoyaient… Moi, je crois que c'est le pouvoir, le goût du pouvoir…

Belle leçon d'analyse politique, venue de "la base" comme on dit parfois avec condescendance. Analyse plus subtile et plus humaine que celle d'un Gérard Filoche qualifiant de Margerie de "suceur de sang" (un ex partisan de Trotsky, le suceur de sang des marins de Kronstadt, peut avoir la mémoire très sélective). Elle aurait pu figurer avantageusement dans la série d'Arte qui, soit-dit en passant, nous a bien baladés avec ses six épisodes souvent brumeux et embrumés, à savoir qui de Smith, Ricardo ou Keynes avait été le plus visionnaire. Au point qu'à l'issue de ces innombrables enfilages d'avis d'experts et autres économistes patentés on n'y entravait plus couic ! Car, enfin, à question fortes réponses de même : à quoi sert l'économie ? Quelle est sa finalité ? De même pour le capitalisme. Il fallut attendre les paroles simples et fortes de la fille de Polanyi pour aller à l'essentiel,, qui ramenait au début de la soirée Thema  sur la faim et la soir : si l'activité humaine ne sert pas les humains dans la justice et en vue de leur épanouissement, n'y aurait-il pas "comme un défaut" – tout particulièrement dans la course productiviste et l'avidité sans limite des possédants. L'une et l'autre apparaissant comme liés par un délire névrotique développé avec la naissance du capitalisme historique au XiXe siècle jusqu'à sa dérive actuelle, le néo-libéralisme financier. De même que le chauffeur-livreur de Total n' "appartient" pas à Total – mais sait-il qui est son vrai propriétaire ?… –, qui peut aujourd’hui démêler l'écheveau mondialisé des milliards de milliards qui changent de portefeuilles à la vitesse de la lumière ? Et que peuvent les "politiques", ballottés comme marionnettes dans ce sinistre ballet réglé à leurs façons par des algorithmes "magiques" autant qu'anonymes ?

Évolution ? Inventaire avant démolition ? Le grand dérèglement de la maison Terre.

Évolution ? Quelle évolution ?

Si nous reconnaissons aujourd’hui cette patente réalité d'un dérèglement mondial relevant d'un délire névrotique – c'est-à-dire d'une pathologie – on ne peut plus raisonner, en raison raisonnante, d'après les critères du XIXe siècle, et en particulier le dogme marxiste. Comment ne pas remettre en question ce postulat selon lequel  l'infrastructure (la production) détermine la superstructure (les idées) ? Ne serait-ce pas plutôt l'inverse, dans la mesure précisément ou "les idées", si on peut dire, seraient déterminées par la religion du profit et sa fascisante irrationalité, avec ses cohortes subséquentes : productivisme, croissance, surconsommation, pillage des ressources,  déséquilibres nord-sud, guerres, dérèglement climatique, et cætera ?

À cet égard, ne pourrait-on espérer qu'un économiste – un économiste nouveau –, développant la pensée de Polanyi, reconsidère la bonne gestion de notre maison commune, la Terre, et de sa gouvernance à partir de données intrinsèquement humanistes, au bénéfice des humains et du vivant ? Pensons, par exemple et en particulier, à la manière dont un Wilhelm Reich (mort en 1957), bousculant pour le moins les idéologies du marxisme et du freudisme, a pu émettre une analyse des folies mortifères du nazisme impliquant les complexes et contradictoires dimensions des comportements humains (Psychologie de masse du fascisme, Payot, 1999).

 

Ils empochent entre 400 et 1 110 années de Smic par an !

Illustration avec ce cri d'alarme lancé par l'Observatoire des inégalités dont les remarquables travaux ne cessent de dénoncer à partir d'études et de données qui, toutefois, ne remontent pas aux causes premières et profondes du dérèglement humain et de l'économie. Économie qui, en effet, partage la même étymologie que écologie : du grec oikos (maison, habitat) et logos (discours, science) ; ou encore, plus généralement : la science des conditions d'existence, ce qui recouvre le champ de l'économie, si on considère le sens du nomos, gérer, administrer.

 

Les revenus démesurés des grands patrons et des cadres dirigeants

28 octobre 2014 - Les patrons les mieux rémunérés de France touchent entre 400 et 1 110 années de Smic par an. Et encore, sans tenir compte de tous leurs avantages.


Le revenu annuel d’un grand patron représente de 400 à 1 110 années de Smic, selon les données 2012 publiées par Proxinvest dans son 15e rapport La Rémunération des Dirigeants des sociétés du SBF 120 (novembre 2013). De 4,8 millions d’euros (équivalents à 358 années de Smic) pour Maurice Lévy (Publicis) à 14,9 millions d’euros (1 112 années de Smic) pour Bernard Charlès, patron de Dassault Systèmes.
Les revenus pris en compte dans cette étude totalisent les salaires fixes, variables et/ou exceptionnels, les stock-options [1] et les actions gratuites. Ils ne comprennent pas, par contre, certains autres avantages comme ceux en nature (voitures, logements de fonction par exemple), le complément de retraite sur-complémentaire alloué à certains dirigeants de grandes entreprises notamment. Ces revenus demeurent bien supérieurs à ce que le talent, l’investissement personnel, la compétence, le niveau élevé de responsabilités ou la compétition internationale peuvent justifier. Ils vont bien au-delà de ce qu’un individu peut dépenser au cours d’une vie pour sa satisfaction personnelle. Ils garantissent un niveau de vie hors du commun, transmissible de génération en génération, et permettent de se lancer dans des stratégies d’investissement personnel (entreprises, collections artistiques, fondations, etc.).
Il faut ajouter que ces dirigeants disposent aussi de mécanismes de protection considérables en cas de départ forcé de l’entreprise résultant d’une mésentente avec les actionnaires, d’erreurs stratégiques ou économiques, etc. Les PDG ne sont pas les seuls à être les mieux rémunérés. Des très hauts cadres de certaines professions ou des sportifs peuvent avoir un revenu annuel moyen astronomique : 35 années de Smic pour un sportif de haut niveau, 23 années pour un cadre du secteur de la finance, 18 années pour un dirigeant d’entreprise salarié.

patrons

 

Les très hauts salaires * par profession
Unité : euros
  Salaire brut annuel moyen En années de Smic **
Sportifs de haut niveau 444 955 35
Cadres des fonctions financières 244 878 19
- Dont métiers de la banque 289 913 23
Cadres d'état major 238 674 19
Dirigeants 225 340 18
Autres 210 446 17
Divers cadres 195 349 15
Fonction commerciale 181 257 14
Fonction technique 180 230 14
* Les 1 % de salariés à temps complet les mieux rémunérés. ** Smic net annuel 2010.
Source : Insee - 2007

Pour en savoir plus :
Les très hauts salaires du secteur privé - Insee première n°1288 - avril 2010.

Notes

[1Droits attribués aux salariés d’acquérir des actions de leur société sous certaines conditions, notamment avec un rabais, ce qui leur procure une plus-value quasi certaine lors de la revente.

Date de rédaction le 28 octobre 2014

© Observatoire des inégalités

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M. L’Homme, écolo de mes deux

andre faber

© Des­sin André Faber 2014

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Sur l’idéologie du « Progrès » comme facteur de régression

Mes ami(e)s, je me suis laissé aller à ce texte fort long et peut-être ennuyeux… C’est que j’en ai « sur la patate » et que rien ne vaut un bon lâcher de pression (à part peut-être une bonne bière – pression…)

Le « nouveau capitalisme », le « capitalisme cognitif » lié à l’économie numérique et à tous les chamboulements actuels et plus encore à venir, semble postuler la pérennité dudit capitalisme, c'est-à-dire de l’accumulation des richesses par le plus petit nombre.

Tandis que les pays se déchirent, entre eux et en eux-mêmes ; que les pauvres s’entretuent comme jamais, manœuvrés comme des marionnettes rattachées à leurs dieux stupides, meurtriers et manipulateurs – autant dire automanipulées – une nouvelle oligarchie met en place son club fermé, de plus en plus restreint, englobant les nouveaux mécanismes de l’information, au sens général, prenant le contrôle absolutiste des réseaux et, par delà, des richesses qu’ils canalisent.

Google, Amazon, Facebook, Twitter, Apple et autres happy few, de plus en plus « happy » et « few », ont déjà amplement tissé le réseau d’un capitalisme totalitaire, car tout bonnement totalisant, jusqu’au « total » du tiroir-caisse, aboutissement comptable à base d’additions et de multiplications, laissant aux « autres » – les laissés pour compte – le soin de se chamailler autour des restes : divisions et soustractions.

Test de connaissances utiles et modernes

Test de connaissances utiles et modernes

Cette nouvelle domination, cependant, engendre (peut-être sans trop le savoir, ou en voulant l’ignorer, dans la griserie de la jouissance immédiate et apparemment infinie) sa propre limitation par l’excès et la cupidité sans bornes. Son ignorance de l’Histoire, variante de son ignorance princeps – la banque n’est pas une bibliothèque, on n’y trouve que des livres de comptes –, son culte de la « prospective » le frappe d’amnésie, cette perte de mémoire, porte ouverte au déni. Encore que dénier suppose le rejet d’une réalité tout de même, un tant soit peu, perçue. Et il n’est pas sûr que les scénaristes du futur capitalistique possèdent assez de culture historique et scientifique – sciences exactes et sciences humaines – pour entrevoir les limites de leur imperium.

Comme les empires anciens de Chine, de Perse, de Rome et d’autres ils sont voués à la disparition, dans un même aveuglement et sans doute dans l’incompréhension de leurs empereurs. Seuls des sages auront tenté d’apporter leurs lumières, les Confucius, Héraclite, Sénèque… et leurs paroles inécoutées.

À l’œuvre dans le pillage mortifère de la planète, les néo-capitalistes menacent les espèces vivantes, à commencer par l’humaine. Dans ce but, ils se sont approprié, non pas les savoirs ni les sciences, mais leurs applications vulgaires, immédiates, monnayables, rentables, celles qui nourrissent ce qu’on appelle le « Progrès » et qui correspond en fait à la marchandisation des techniques, ce qu’on regroupe sous le mot « technologie ».

(Lire la suite…)

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Le journalisme est (parfois) un sport de combat

Ouais, les repor­ters de guer­re, les pho­to­gra­phes en gilets pare-bal­les, ils paient com­me on dit un lourd tri­but à l’information. Cer­tes. Mais il est d’autres ter­rains (pres­que) aus­si dan­ge­reux, ain­si qu’en témoi­gnent ces deux vidéos d’archives jour­na­lis­ti­co-pugi­lis­ti­ques…

6 mars 1959 – Au cours de la retrans­mis­sion du com­bat de cat­ch oppo­sant l « Hom­me mas­qué  » [alias Gil Voi­ney] à Roger Dela­por­te, un mat­ch com­men­té avec ver­ve par Roger Cou­derc, le jour­na­lis­te est pris à par­ti par Roger Dela­por­te, à la des­cen­te du ring.

Emis­sion : Cat­ch - 
Offi­ce natio­nal de radio­dif­fu­sion télé­vi­sion fran­çai­se - réa­li­sa­teur
 Pier­re Badel - com­men­ta­teur
 Roger Cou­derc - Docu­ment Ina

 

5 mars 1976 – Sur le pla­teau de l’émission « Apos­tro­phes », Moha­med Ali s’emporte contre l’ancien secré­tai­re de Sar­tre, Jean Cau, invi­té de l’émission, qui n’en mène pas lar­ge. « S’il y’a quelqu’un que je n’aime pas, c’est vous (il le poin­te du doigt). Oh je vois quel­que cho­se que je n’aime pas du tout... je sais que vous êtes suf­fi­sam­ment malin pour ne pas taper sur Moha­med Ali » ! Voi­là un boxeur qui ne man­quait ni de pun­ch ni de flair.

Emis­sion : Apos­tro­phes - 
Anten­ne 2 - réa­li­sa­teur
 Jean Caze­na­ve - pro­duc­teur
 Ber­nard Pivot - Docu­ment Ina

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Le progrès d’avant-hier : la voiture électrique (1942)

Ce film archi­vé par l’INA date du 26 avril 1968. Mais la nou­veau­té qu’il mon­tre date de 1942. Il s’agit de « l’Œuf élec­tri­que  » mis au point par Paul Arzens, l’ingénieur de la SNCF, « père » des loco­mo­tri­ces élec­tri­ques « BB ». Outre quel­ques pro­pos du même Arzens, ces « Actua­li­tés » inter­ro­gent aus­si le pré­fet de poli­ce Mau­ri­ce Gri­maud qui, dans le mois sui­vant du Joli Mai, va connaî­tre une célé­bri­té à laquel­le il est loin de s’attendre ici. Quoi qu’il en soit, les deux vision­nai­res nous pré­di­sent l’avenir radieux du « tout élec­tri­que » – et bran­ché au nucléai­re pour quel­ques rayon­nan­tes décen­nies.

En plus de la musi­quet­te bien datée qui accom­pa­gne gaie­ment ce petit film, on décou­vre que la pres­se pré-soixan­te-hui­tar­de a déjà pris goût au redou­ta­ble micro-trot­toir, ce degré zéro du jour­na­lis­me, désor­mais triom­phant dans nos médias.

Com­me disait Alexan­dre Via­lat­te, pris dans un embou­teilla­ge : « On n’arrête pas le pro­grès, il s’arrête tout seul  ».

  • Emis­sion « Pano­ra­ma »,
    Offi­ce natio­nal de radio­dif­fu­sion télé­vi­sion fran­çai­se (ORTF)
    Jour­na­lis­tes : Michel Le Pai­re ; Ber­nard Cor­re ;
    Par­ti­ci­pants : Paul Arzens ; Mau­ri­ce Gri­maud.

Docu­ment Ins­ti­tut natio­nal de l’audiovisuel

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Hervé Gourdel assassiné. Ce ne sont pas des hommes

Hervé GourdelHervé Gourdel. Je pars de sa bonne tête de brave homme, au regard droit. C’est par un tweet que, lundi, je découvre son enlèvement. Puis, par la vidéo qui l’exhibe flanqué de deux gardiens masqués et armés, je le vois et l’entends, désespéré, lire son message de secours, sous la contrainte.

Et ils l’ont décapité.

Les salauds.

Ils se font appeler « Soldats du Califat », se disent affiliés à « Daech » ou « État islamique ». Leur pouvoir de nuisance extrême porte atteinte à l’ensemble de l’humanité, dont ils se trouvent exclus.

Car ce ne sont pas des hommes. Ou alors d’une sous-espèce particulièrement dégradée. Ou encore en raison, si on peut dire, de la plus profonde des perversions. Et il est vrai, hélas, que l’Homme, majuscule, sait aussi atteindre cette dégradante petitesse assassine – lui, l’unique spécimen du règne animal capable d’un tel génie dans le mal. Dans le Mal, majuscule, il a su œuvrer au plus bas de la bassesse – et au nom d’idéaux déments, mêlés de pureté et de haine, impliquant les dieux ou des guides suprêmes, trouvant toujours à leur service des générations de Torquemada experts en torture, habiles à arracher les langues hérétiques – de juifs ou de musulmans, selon le balancier de l’Histoire, selon l’urgence liée au besoin d’obscurité. La liste serait inépuisable, on la limitera ici à trois évocations emblématiques :

Giordano Bruno mis au bûcher pour avoir soutenu l’infinité des mondes face au champ de l’Ignorance ;

les terribles guerres de religion entre protestants et catholiques au nom du Christ (XVIe siècle) ;

la langue arrachée, le corps torturé, démantelé et – aussi – décapité du Chevalier de la Barre, 20 ans, pour « blasphème et sacrilège ». Il n’avait pas ôté son chapeau devant une procession (Abbeville, 1765).

Il nous fallut bien du temps, du temps de luttes pour nous extraire de ces arrière-mondes. Et les chutes parsèment l’Histoire, lourde de malheurs et d’atrocités, jusqu’à la déportation esclavagiste, jusqu’aux génocides « modernes » des Arméniens, Juifs, Tutsis.

De ce temps si âpre, il ne nous en faudrait bien moins aujourd’hui pour y sombrer à nouveau.

Guide de haute montagne, Hervé Gourdel était attiré par les sommets. Sans doute avait-il de l’Humanité une idée élevée.

Il a été jeté dans les ténèbres par des fanatiques, de ces hallucinés qui renvoient à ceux qu’évoque si puissamment le Zarathoustra de Nietzsche dont voici quelques extraits :

DES HALLUCINÉS DE L’ARRIÈRE-MONDE

 Ainsi moi aussi, je jetai mon illusion par delà les hommes, pareil à tous les hallucinés de l’arrière-monde. Par delà les hommes, en vérité ?

"Hélas, mes frères, ce dieu que j’ai créé était œuvre faite de main humaine et folie humaine, comme sont tous les dieux.

Il n’était qu’homme, pauvre fragment d’un homme et d’un « moi » : il sortit de mes propres cendres et de mon propre brasier, ce fantôme, et vraiment, il ne me vint pas de l’au-delà !

[…]

Ce furent des malades et des décrépits qui méprisèrent le corps et la terre, qui inventèrent les choses célestes et les gouttes du sang rédempteur : et ces poisons doux et lugubres, c’est encore au corps et à la terre qu’ils les ont empruntés !

Ils voulaient se sauver de leur misère et les étoiles leur semblaient trop lointaines. Alors ils se mirent à soupirer : Hélas ! que n’y a-t-il des voies célestes pour que nous puissions nous glisser dans un autre Être, et dans un autre bonheur ! » — Alors ils inventèrent leurs artifices et leurs petites boissons sanglantes !

[…]

Il y eut toujours beaucoup de gens malades parmi ceux qui rêvent et qui languissent vers Dieu ; ils haïssent avec fureur celui qui cherche la connaissance, ils haïssent la plus jeune des vertus qui s’appelle : loyauté.

Ils regardent toujours en arrière vers des temps obscurs : il est vrai qu’alors la folie et la foi étaient autre chose. La fureur de la raison apparaissait à l’image de Dieu et le doute était péché.

Je connais trop bien ceux qui sont semblables à Dieu : ils veulent qu’on croie en eux et que le doute soit un péché. Je sais trop bien à quoi ils croient eux-mêmes le plus.

Ce n’est vraiment pas à des arrière-mondes et aux gouttes du sang rédempteur : mais eux aussi croient davantage au corps et c’est leur propre corps qu’ils considèrent comme la chose en soi.

Mais le corps est pour eux une chose maladive : et volontiers ils sortiraient de leur peau. C’est pourquoi ils écoutent les prédicateurs de la mort et ils prêchent eux-mêmes les arrière-mondes.

Écoutez plutôt, mes frères, la voix du corps guéri : c’est une voix plus loyale et plus pure.

Le corps sain parle avec plus de loyauté et plus de pureté, le corps complet, carré de la tête à la base : il parle du sens de la terre. —

Ainsi parlait Zarathoustra."

 

Friedrich Nietzsche

Ainsi parlait Zarathoustra
Un livre pour tous et pour personne
Traduction par Henri Albert.
Mercure de France, 1903 [sixième édition] (Œuvres complètes de Frédéric Nietzsche, vol. 9, pp. 40-45).

Lire aussi : 

À Michel Germaneau, mort au nom de l’Homme, victime du fanatisme

Journalistes-otages, héros modernes et sacralisés

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Atlas élémentaire d’anatomie (moderne)

Cette vidéo n’est donc pas visible, désolé, et excuses pour le dérangement.

[Hypothèse : trop dérangeant pour les chirurgiens remodeleurs de la femme ?]


Super­vé­nus par ARTE­plus7
Par Fré­dé­ric Doa­zan

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Cornelius Castoriadis : « Nous devrions être les jardiniers de cette planète »

"Il faut cultiver notre jardin" dit ainsi Voltaire dans la bouche de son Candide. Célèbre injonction aux sens multiples, ouverts, à portée immédiate, au propre comme au figuré. Philosophe contemporain (mort en 1997), Cornelius Castoriadis étend la formule à une dimension planétaire qui relève de l'urgence, dépasse l'individuel et atteint ainsi à l'universel : "Nous devrions être les jardiniers de cette planète", lance-t-il au cours d'un entretien à la radio avec Daniel Mermet. L'actualité de ce propos est plus vive que jamais au regard de la dégradation écologique de notre Terre. Voici un extrait de cet entretien, ainsi que le lien qui permet d'accéder à la totalité.

C_CastoriadisCornelius Castoriadis est mort en 1997. Né en Grèce, il s'installe en 1945 à Paris où il crée la revue, aujourd'hui mythique, Socialisme ou barbarie. En 1968, avec Edgar Morin et Claude Lefort, il publie Mai 68 la Brèche. En 1975, il publie L'institution imaginaire de la société, sans doute son ouvrage le plus important. En 1978, il entreprend la série Les carrefours du labyrinthe. L'entretien avec Mermet fait suite à la publication de La montée de l'insignifiance en novembre 1996.

• Daniel Mermet – Qu’est-ce que vous pensez de cet irréductible désir qui fait que l’histoire continue ?

– Cornelius Castoriadis : Mais, de toute façon il y a un irréductible désir. […]. Si vous prenez les sociétés archaïques ou les sociétés traditionnelles, il n’y a pas un irréductible désir. On ne parle pas là du désir du point de vue psychanalytique. On parle du désir tel qu’il est transformé par la socialisation. Et ces sociétés sont des sociétés de répétition. Or dans l’époque moderne, il y a une libération dans tous les sens du terme, par rapport aux contraintes de la socialisation des individus. On dit par exemple : "Tu prendras une femme dans tel clan ou dans telle famille. Tu auras une femme dans ta vie. Si tu en as deux, ou deux hommes, ce sera en cachette, ce sera une transgression. Tu auras un statut social, ce sera ça et pas autre chose". Mais aujourd’hui on est entré dans une époque d’illimitation dans tous les domaines et c’est en ça que nous avons le désir d’infini. Or cette libération est en un sens une grande conquête. Il n’est pas question de revenir aux sociétés de répétition. Mais il faut aussi apprendre – et ça c’est un très grand thème –apprendre à s’autolimiter, individuellement et collectivement. Et la société capitaliste aujourd’hui est une société qui à mes yeux court à l’abîme à tous points de vue car c’est une société qui ne sait pas s’autolimiter. Et une société vraiment libre, une société autonome, doit savoir s’autolimiter.

D. M. – Limiter c’est interdire. Comment interdire ?

C. C. – Non, pas interdire au sens répressif. Mais savoir qu’il y a des choses qu’on ne peut pas faire ou qu’il ne faut même pas essayer de faire ou qu’il ne faut pas désirer. Par exemple l’environnement. Nous vivons sur cette planète que nous sommes en train de détruire, et quand je prononce cette phrase je songe aux merveilles, je pense à la mer Egée, je pense aux montagnes enneigées, je pense à la vue du Pacifique depuis un coin d’Australie, je pense à Bali, aux Indes, à la campagne française qu’on est en train de désertifier. Autant de merveilles en voie de démolition. Je pense que nous devrions être les jardiniers de cette planète. Il faudrait la cultiver. La cultiver comme elle est et pour elle-même. Et trouver notre vie, notre place relativement à cela. Voilà une énorme tâche. Et ça pourrait absorber une grande partie des loisirs des gens, libérés d’un travail stupide, productif, répétitif, etc. Or cela, évidemment, c’est très loin non seulement du système actuel mais de l’imagination dominante actuelle. L’imaginaire de notre époque, c’est l’imaginaire de l’expansion illimitée, c’est l’accumulation de la camelote… une télé dans chaque chambre, un micro-ordinateur dans chaque chambre, c’est ça qu’il faut détruire. Le système s’appuie sur cet imaginaire qui est là et qui fonctionne.

cornelius-castoriadis

"L’imaginaire de notre époque, c’est l’imaginaire de l’expansion illimitée, c’est l’accumulation de la camelote…"

D. M. – Ce dont vous parlez là, sans cesse, c’est de la liberté ?

C. C. – Oui.

D. M. – Derrière ça, il y a la liberté ?

C. C. – Oui.

D. M. – Difficile liberté ?

C. C. – Ah oui ! La liberté, c’est très difficile.

D. M. – Difficile démocratie ?

C. C.Démocratie difficile parce que liberté, et liberté difficile parce que démocratie, oui, absolument. Parce que c’est très facile de se laisser aller, l’homme est un animal paresseux, on l’a dit. Là encore je reviens à mes ancêtres, il y a une phrase merveilleuse de Thucydide : Il faut choisir se reposer ou être libre. Je crois que c’est Périclès qui dit ça aux Athéniens: Si vous voulez être libres, il faut travailler. Vous ne pouvez pas vous reposer. Vous ne pouvez pas vous asseoir devant la télé. Vous n’êtes pas libres quand vous êtes devant la télé. Vous croyez être libres en zappant comme un imbécile, vous n’êtes pas libres, c’est une fausse liberté. Ce n’est pas seulement l’âne de Buridan qui choisit entre deux tas de foin. La liberté, c’est l’activité. Et la liberté, c’est une activité qui en même temps s’autolimite, c’est-à-dire sait qu’elle peut tout faire mais qu’elle ne doit pas tout faire. C’est ça le grand problème, pour moi, de la démocratie et de l’individualisme.

D. M. – La liberté, c’est les limites ? Philosopher, c’est établir les limites ?

C. C. – Non, la liberté, c’est l’activité et l’activité qui sait poser ses propres limites. Philosopher, c’est la pensée. C’est la pensée qui sait reconnaître qu’il y a des choses que nous ne savons pas et que nous ne connaîtrons jamais…"

––––

LA MONTEE DE L'INSIGNIFIANCE
intégralité de l'entretien de Cornelius Castoriadis avec Daniel Mermet

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Rebsamem et les fraudeurs. Lettre ouverte d’un père de chômeur à un ministre qui devrait la fermer

Vous savez, minis­tre Machin-Reb­sa­mem, petit minis­trion dit du Tra­vail, je vous emmer­de car­ré­ment, au nom du droit et devoir de gros­siè­re­té, qui est celui de répli­quer en pro­por­tion de l’injure.

rebsamem

Car vous m’injuriez, minis­trion de pas­sa­ge, par vos révol­tan­tes paro­les sur les chô­meurs cen­sés frau­der. Vous m’insultez à tra­vers mon fils chô­meur – à qui Pôle Emploi refu­se même un tiers temps ! – Ou, pour vous le répé­ter autre­ment, vous insul­tez le père d’un chô­meur, et les deux en fait, et les mil­lions de fils, de filles, de pères et de mères de chô­meurs que votre poli­ti­que d’incapables vou­drait enco­re jus­ti­fier, alors qu’elle le sait que repro­dui­re « du même » : de la misè­re et de l’injustice.

C’en est à deve­nir vio­lent et c’est ce qui vous mena­ce, qui vous tom­be­ra des­sus lors­que les mots, com­me ici, ne ser­vi­ront plus de défou­loir, qu’ils se seront épui­sés d’inanité. Lors­que les misé­reux cau­sés par votre inca­pa­ci­té pas­se­ront à l’acte et atta­que­ront vos palais et autres plan­ques minis­té­riel­les et bureau­cra­ti­ques.

Reb­sa­mem, voyons, celui qui a cumu­lé tant et tant – le cumul, cet­te frau­de à la décen­ce poli­ti­que, cet­te insul­te à l’éthique : mai­re de Dijon, pré­si­dent de la Com­mu­nau­té d’agglomération du Grand Dijon (jusqu’aux der­niè­res muni­ci­pa­les et au rema­nie­ment de 2014), séna­teur de Côte-d’Or et pré­si­dent du grou­pe socia­lis­te au Sénat. Le 2 avril 2014, il est donc nom­mé au pos­te de minis­tre du Tra­vail, de l’emploi et même… du dia­lo­gue social !

Reb­sa­mem : com­bien cha­que mois ? Com­bien en ban­que ? Par­lons-en !

rebs

Cet ancien trots­kys­te, mili­tant de la Ligue com­mu­nis­te révo­lu­tion­nai­re de 70 à 74, est aus­si, depuis 89, franc-maçon de la loge Soli­da­ri­té et pro­grès – ben oui, une voca­tion, la soli­da­ri­té ! – du Grand Orient de Fran­ce à Dijon.

Mais par­lons plu­tôt ban­que. En 2007 et 2008, il se retrou­ve admi­nis­tra­teur de la ban­que Dexia-Cré­dit Local de Fran­ce  [Arti­cle de Wiki­pe­dia qui vaut le détour] et démis­sion­ne quel­ques jours avant la failli­te de cet­te ban­que qui aura néces­si­té un apport de 3 mil­liards d’euros de l’État. D’après l’Express, Fran­çois Reb­sa­men aurait démis­sion­né de son siè­ge d’administrateur de la ban­que sou­te­nue par l’argent public quand Le Canard enchaî­né eut révé­lé le mon­tant de ses jetons de pré­sen­ce, 20 000 euros en 2007.

Rap­pe­lons en pas­sant que « L’affaire Dexia » res­te consi­dé­rée com­me « la plus gran­de catas­tro­phe de l’histoire de la ban­que en Fran­ce » (Le Mon­de, 8 mai 2012) et « le fias­co le plus cher de l’histoire des ban­ques en Euro­pe » (La Tri­bu­ne, 19 juillet 2007). Selon la Cour des comp­tes, la failli­te de Dexia, a coû­té au moins 6,6 mil­liards d’euros à l’État fran­çais et au moins autant à l’État bel­ge. Qui et où sont les frau­deurs ?

Un pas­sa­ge en ban­que sem­ble désor­mais de bon aloi pour venir au secours pitoya­ble de l »’hom­me qui n’aimait pas la finan­ce » et dont la seule espé­ran­ce poli­ti­cien­ne se résu­me à l’invocation du mira­cle par la sain­te Crois­san­ce !

Tou­tes caté­go­ries confon­dues et outre-mer inclus, la Fran­ce comp­tait 5 386 600 chô­meurs à fin juillet. L’inverseur contra­rié des cour­bes a donc embau­ché au pos­te de minis­tre du Chô­ma­ge, un chas­seur de frau­deurs. Un des ces affreux poli­ti­ciens pas futés, un adep­te de la radia­tion à tout va, le meilleur des leviers pour for­cer la réa­li­té. Cas­ser le ther­mo­mè­tre pour nier la fiè­vre, une vieille pra­ti­que de droi­te, som­me tou­te en pha­se avec sa natu­re.

Ne par­lons plus de la gau­che, pas de cel­le-là du moins. Au secours, Jau­rès, ils sont deve­nus fous !

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« L’urgence de ralentir », ce soir sur Arte

Com­ment résis­ter à l’accélération finan­ciè­re et tech­no­lo­gi­que qui nous mène vers des catas­tro­phes éco­lo­gi­ques et socia­les ? com­ment trou­ver d’autres façons de vivre ensem­ble pour façon­ner un autre mon­de ? c’est ce qu’interroge Phi­lip­pe Bor­rel dans son nou­veau docu­men­tai­re  « L’urgence de ralen­tir  » dif­fu­sé le ce 2 sep­tem­bre sur Arte, à 22h40.

À par­tir des réflexions de phi­lo­so­phes, socio­lo­gues et éco­no­mis­tes tel Edgar Morin, Her­vé Kempf, Pier­re Dar­dot, Dou­glas Rush­koff, Gene­viè­ve Azam, Pier­re Rabhi, Rob Hop­kins, Hart­mut Rosa, Jere­my Rif­kin, Lio­nel Astruc, Alber­to Acos­ta, Bun­ker Roy et Tim Jack­son, ce film sillon­ne la pla­nè­te à la ren­con­tre des nou­veaux rebel­les contem­po­rains qui ont choi­si de vivre à contre temps du modè­le néo­li­bé­ral, de ces pré­cur­seurs qui redé­cou­vrent un rap­port atten­tif, patient et fer­ti­le au temps.

Synop­sis : Nous som­mes entrés dans l’ère de l’accélération glo­ba­li­sée. Vites­se et court ter­me sont deve­nues la nor­me de la socié­té. Mis sous ten­sion par l’accélération finan­ciè­re et tech­no­lo­gi­que, nous ten­tons enco­re de sui­vre un ryth­me qui nous mène pour­tant vers des catas­tro­phes éco­lo­gi­ques, éco­no­mi­ques et socia­les annon­cées. Mais cer­tains d’entre nous ont déci­dé de ne pas céder à l’injonction d”’immédiateté, en expé­ri­men­tant - indi­vi­duel­le­ment ou col­lec­ti­ve­ment - des alter­na­ti­ves loca­les et concrè­tes, afin de « bien vivre ». Cha­que jour par­tout dans le mon­de, en Euro­pe, en Amé­ri­que Lati­ne, aux États-Unis ou en même en Inde, ils tra­vaillent à redon­ner du sens au temps. À la mar­ge du para­dig­me domi­nant ils contri­buent peut-être déjà au nou­veau mon­de de demain.

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  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­pren­dre que les cho­ses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fi­que, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croi­re les cho­ses par­ce qu’on veut qu’elles soient, et non par­ce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lip­pe Casal, 2004 - Cen­tre natio­nal des arts plas­ti­ques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­fes­te.
    (Clau­de Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­ti­que), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la gra­ce de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquet­te cou­leur et boî­tier rigi­de ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Com­me un nua­ge, album pho­tos et tex­te mar­quant le 30e anni­ver­sai­re de la catas­tro­phe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant clo­se (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en ven­te au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adres­se pos­ta­le !)

    tcherno2-2-300x211

    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tira­ge soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, pri­ses en Pro­ven­ce et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­ti­que sur le thè­me d’« après le nua­ge ». Cet­te créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thè­me du nucléai­re », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de tou­tes nos croyan­ces. (Ber­trand Rus­sel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le mon­de chan­ge »

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