On n'est pas des moutons

L’homme qui parle à l’oreille des gentilles poupoules

© andré faber

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DSK. Drôle d’affaire, drôle de monde

L’Affaire. Évi­tons la satu­ra­tion, soit. Tout de même quelques grains de sel…

D’un côté cette Amé­rique puri­taine, rigo­riste, impla­cable : riches ou pauvres égaux devant la jus­tice… Jusqu’à un cer­tain point, faut rien exa­gé­rer, et vive le libé­ra­lisme le plus sau­vage ! Devenu la vic­time, l’inculpé peut à nou­veau faire valoir sa « valeur ». 100 mil­lions de dol­lars par ci, 500 par là ; un appar­te­ment de cir­cons­tances en plein Man­hat­tan – res­ter dans la Cité des hommes –, amé­nagé en consé­quence, selon la requête de cette jus­tice rede­ve­nue du jour au len­de­main si com­pré­hen­sive, humaine. Ouf, vive l’Amérique !

 

De l’autre, donc, cette Amé­rique autre et tout à fait elle-même – « In Dol’ we trust » –, pour qui la femme de ménage reprend sa place « nor­male », c’est-à-dire tout en bas de cette ver­ti­gi­neuse échelle qui gratte-le-ciel des possédants.

Selon que vous serez riche ou misé­rable – La Fon­taine, avec ses pots de fer et de terre, veille au grain de l’injustice fon­cière d’une société fon­ciè­re­ment inégalitaire.

Côté hexa­gone res­treint (média­tique), la parole domi­nante acca­pa­rée par le clan. L’émission de Puja­das en a fourni la cari­ca­ture hier soir (19/5/11) jusqu’à l’indécence : ce milieu auto­risé s’est auto­risé une fois de plus. Ils volent tous au secours de l’ami, ce qui serait louable en luci­dité, donc en décence. Ce fut l’inverse. Jusqu’à voir un Badin­ter se décon­si­dé­rer (à mes yeux tout au moins, par un tel manque de recul) dans son pos­tu­lat d’innocence de l’Ami, défini au pas­sage par l’affreux F-O Gis­bert comme celui qui aide­rait même l’assassin en y allant de la pelle pour dis­si­mu­ler le cadavre…

Tan­dis que Manuel Valls, l’œil noir, mitraillait à tout va sur l’air de l’indignation (va-t-il prendre le relais de son ami poli­tique ?). Tan­dis que le débat s’engouffrait dans le « tout le monde savait-personne n’a rien dit »… Ce qui reve­nait à vali­der la vrai­sem­blance de l’affaire et des chefs d’accusation.

Le fait que DSK soit consi­déré un dérangé sexuel notoire a jusqu’à pré­sent amusé la gale­rie, ali­menté les vannes les plus gra­ve­leuses, forcé ses nom­breuses vic­times au silence hon­teux. Et cela conti­nue aujourd’hui sous un registre à peine feutré :

Jean-François Kahn, sur France Culture :
« Je suis cer­tain, enfin pra­ti­que­ment cer­tain, qu’il n’y a pas eu une ten­ta­tive vio­lente de viol, je ne crois pas, ça, je connais le per­son­nage, je ne le pense pas. Qu’il y ait eu une impru­dence on peut pas le… (rire gour­mand), j’sais pas com­ment dire, un trous­sage […] un trous­sage, euh, de domes­tique, enfin, j’veux dire, ce qui est pas bien. Mais, voilà, c’est une impres­sion. » [Pro­pos regret­tés ensuite par l’auteur].
Jack Lang, sur France 2:
« Ne pas libé­rer, alors qu’il n’y a pas mort d’homme, ne pas libé­rer quelqu’un qui verse une cau­tion impor­tante, ça ne se fait pra­ti­que­ment jamais. »
En effet, pour une brou­tille pareille !
► Pour BHL, DSK n’est pas un jus­ti­ciable comme un autre :
« J’en veux, ce matin, au juge amé­ri­cain qui, en le livrant à la foule des chas­seurs d’images qui atten­daient devant le com­mis­sa­riat de Har­lem, a fait sem­blant de pen­ser qu’il était un jus­ti­ciable comme un autre. »

Et puis il y a ce « dîner en ville » chez Ardis­son, qui fai­sait même rire la pre­mière inté­res­sée, Tris­tane Banon – qui fait à nou­veau par­ler d’elle et pour­rait être citée à témoi­gner au pro­cès de New York –se pré­sen­tant alors, à la télé en 2007, comme une des proies de DSK :


Une drôle d’affaire, vrai­ment, à l’image même de notre monde à la dérive : un drôle de monde. Quoi qu’il en sera de ses abou­tis­se­ments, elle aura tout de même per­mis de recen­trer un peu, espé­rons, les enjeux poli­tiques actuels au PS sur le fond. PS comme parti socia­liste ? Comme poli­tique sociale ?

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L’affaire DSK remporte la palme du Spectacle mondialisé

Cli­quer sur l’image, tou­jours l’image… (lemonde.fr)

Si on en dou­tait encore, l’affaire DSK nous y replonge : notre monde est bien celui de l’empire visuel, du règne absolu – abso­lu­tiste – de l’image. L’image sacra­li­sée comme valeur de tout, du bien comme du mal, de la gloire comme de la déchéance, aux deux extré­mi­tés du visible – lequel recèle tel­le­ment d’invisible.

Et nous sommes là, bal­lot­tés dans ce champ à haute ten­sion, le juge­ment pris entre croyances, convic­tions, incré­du­lité, scep­ti­cisme, rejet… Qu’on s’en tienne à ces seules der­nières semaines : on est alors pas­sés, en termes de célé­bra­tions visuelles ultra-spectaculaires, par des phases les plus extrêmes : révoltes arabes ; drame japo­nais (séisme, tsu­nami, explo­sions à la cen­trale nucléaire de Fuku­shima) ; guerre civile en Côte d’ivoire ; cano­ni­sa­tion de pape ; mariage prin­cier ; mort de Ben Laden ; chute de Strauss-Kahn…

Étrange « film », au mon­tage sac­cadé, de ce qu’on appelle l’actualité, dont la hié­rar­chie est por­tée par le monde du Spec­tacle consi­déré comme une sorte de sur-virtualité, un état inter­mé­diaire entre une cer­taine réa­lité et ses repré­sen­ta­tions visuelles sur­tout média­tiques. Film qui rem­porte la palme uni­ver­selle, bien au-delà de Cannes au fes­ti­val plus que jamais « empailletté ».

Notre monde en devient dingue, ça on le savait, mais ses habi­tants – du moins une frange d’entre eux – s’en trouvent lit­té­ra­le­ment dro­gués, ren­dus addicts à une drogue très dure qui rend dépen­dants dea­lers et consom­ma­teurs dans un même tra­fic mon­dia­lisé. Une addic­tion si forte que le fait même de l’évoquer ou encore de l’analyser oblige à consom­mer encore et encore ces fameuses images.

C’est aussi le cas de cette ana­lyse menée ici par Chris­tian Sal­mon, grand (d)énonciateur du « sto­ry­tel­ling », lorsqu’il démonte la machine à l’ouvrage dans l’affaire DSK. Car son ana­lyse est tenue autant qu’elle tient par l’image, qu’à notre tour nous sommes menés à consom­mer, voire à savourer…

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Histoire de basse-cour

L’hypocrite: « Allez savoir ce qui, aujourd’hui, m’a fait pen­ser à La Fon­taine »… Mais c’est une fable…

La Per­drix et les Coqs

La Fon­taine, Livre X - Fable 7

Photo gp 2011

Parmi de cer­tains coqs inci­vils, peu galants,
Tou­jours en noise, et tur­bu­lents,
Une per­drix était nour­rie.
Son sexe et l’hospitalité,
De la part de ces coqs, peuple à l’amour porté,
Lui fai­saient espé­rer beau­coup d’hon­nê­teté:
Ils feraient les hon­neurs de la ména­ge­rie.
Ce peuple cepen­dant, fort sou­vent en furie,
Pour la dame étran­gère ayant peu de res­pect,
Lui don­nait fort sou­vent d’horribles coups de bec.
D’abord elle en fut affli­gée ;
Mais, sitôt qu’elle eût vu cette troupe enra­gée
S’entre-battre elle même et se per­cer les flancs ;
Elle se consola. « Ce sont leurs moeurs, dit-elle ;
Ne les accu­sons point, plai­gnons plu­tôt ces gens :
Jupi­ter sur un seul modèle
N’a pas formé tous les esprits ;
Il est des natu­rels de coqs et de per­drix.
S’il dépen­dait de moi, je pas­se­rais ma vie
En plus hon­nête com­pa­gnie.
Le maître de ces lieux en ordonne autre­ment ;
Il nous prend avec des ton­nelles,
Nous loge avec des coqs, et nous coupe les ailes :
C’est de l’homme qu’il faut se plaindre seulement. »

–––

Parmi de cer­tains coqs : parmi cer­tains coqs. Il n’est plus pos­sible aujourd’hui d’employer le « de » devant un adjec­tif indéfini.

Inci­vils : qui manquent de courtoisie.

Noise : bagarre, que­relle. Ne s’emploie plus guère que dans les expres­sions « cher­cher noise à quelqu’un » ou « cher­cher des noises à quelqu ’un ».

Hon­nê­teté : res­pect, avantages.

Ton­nelles: Les chas­seurs rou­laient devant eux de grands ton­neaux munis de filets dans les­quels venaient se prendre les perdrix.

[Notes de http://www.lafontaine.net ]

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Nucléaire. Le cauchemar continue autour des quatre réacteurs de Fukushima en perdition totale

Deux mois et plus ont passé. Une espèce de suaire média­tique a com­mencé à enve­lop­per Fuku­shima, ses quatre réac­teurs sinis­trés, la région et tout le Japon dans son drame. Une chape de silence tend à œuvrer afin de main­te­nir dans son coma tout un modèle de société basé sur le tou­jours plus, comme si la fin des temps humains ne s’en trou­vait pas hâtée. Un temps de cendres pour­tant tou­jours des plus radioactives.

 

Dans la suite 36 de sa chro­nique de la catas­trophe nucléaire, Domi­nique Leglu, direc­trice de la rédac­tion du maga­zine Sciences et ave­nir, se montre car­ré­ment alar­mante : « On s’en dou­tait depuis long­temps, mais voir la chose admise par l’opérateur Tepco de la cen­trale Fuku­shima fait un effet sidé­rant : le cœur fondu du réac­teur n°1 a percé sa cuve en de mul­tiples endroits ! Ou pour le dire avec les cir­con­vo­lu­tions de l’opérateur : « des trous ont été créés par le com­bus­tible  nucléaire fondu au fond de la cuve du réac­teur n°1 ».

 

 

« C’est, en clair, l’accident maxi­mal pour un réac­teur de ce type. L’enceinte ultime, autre­ment dit la cuve pres­su­ri­sée dans laquelle est enfermé le com­bus­tible nucléaire, cuve cen­sée être le der­nier rem­part contre l’émission de radio­ac­ti­vité vers l’extérieur, est rompue ! »

 

Il s’avère en effet que de nom­breuses sou­dures n’ont pas résisté aux très hautes tem­pé­ra­tures dues à la fonte du réac­teur, ainsi qu’à une cor­ro­sion intense cau­sée par le sel de l’eau de mer employée pour les ten­ta­tives de refroi­dis­se­ment. L’inox uti­lisé dans les cuves des réac­teurs « se retrouve aussi ailleurs dans la cen­trale, notam­ment dans les casiers des assem­blages de com­bus­tibles (dans les pis­cines qui ont été dra­ma­ti­que­ment endom­ma­gées – en par­ti­cu­lier dans les uni­tés 3 et 4 ».

 

En fait, pour­suit Domi­nique Leglu, « on se demande si tous les réac­teurs (pas seule­ment le n°1 mais peut-être aussi les n°2 et n°3) ne sont pas en train de « tom­ber en miettes » – leurs struc­tures métal­liques étant de plus en plus défaillantes, après que les struc­tures en béton ont été ébran­lées et fis­su­rées lors des explo­sions qui ont eu lieu dès les pre­miers jours de la catastrophe. »

 

La jour­na­liste de Sciences et ave­nir met aussi en doute la pré­ten­tion d’Areva à « décon­ta­mi­ner l’eau qui a abon­dam­ment servi à refroi­dir les réac­teurs et les pis­cines et ins­tal­ler un cir­cuit fermé pour la ré-utiliser. Com­ment faire un cir­cuit fermé avec une (des) cuve(s) de réac­teur transformée(s)  en pas­soire ? Sur­tout, com­ment s’approcher de ces lieux extrê­me­ment radio­ac­tifs – vu la non étan­chéité de l’ensemble - pour éven­tuel­le­ment « rebou­cher » les trous ? Qui va s’approcher ? »

 

Et de conclure : « Deux mois après la catas­trophe, on se demande encore autre chose : pen­dant com­bien de mois (d’années ?) va-t-il fal­loir conti­nuer à refroi­dir les lieux, accu­mu­lant tou­jours plus d’eau conta­mi­née. Cela signifie-t-il qu’il va fal­loir reje­ter à nou­veau celle-ci « volon­tai­re­ment » dans l’océan, comme cela a été fait pour plus de 10 000 tonnes (eau dite alors « fai­ble­ment conta­mi­née ») il y a quelques semaines ? C’est un véri­table cau­che­mar qui continue. »

 

D’autre part, selon une dépêche de l’AFP du 29 avril, un conseiller scien­ti­fique du pre­mier ministre japo­nais, le pro­fes­seur Toshiso Kosako, a pré­senté sa démis­sion « en larmes » lors d’une confé­rence de presse, « en rai­son de désac­cords sur la ges­tion de la cen­trale nucléaire acci­den­tée de Fuku­shima ». La rai­son essen­tielle de cette démis­sion est due au fait que le gou­ver­ne­ment a envi­sagé un relè­ve­ment du taux admis­sible de radio­ac­ti­vité dans les écoles, sur les aires de jeux. Alors que « la limite était jusqu’à pré­sent de 1 mSv/an (peut-être 2,4 mSv/an) », selon une source uni­ver­si­taire japo­naise, l’intention est de la faire pas­ser à 20 fois plus, soit « 20 mSv/an ». Ce taux annuel de 20 mSv/an est celui admis pour les pro­fes­sion­nels du nucléaire en France.

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Théâtre. Le Neveu de Rameau, ou l’art magistral de « démêler le monde »

Ce cher Dide­rot, phi­lo­sophe en marche, l’éclaireur qui nous fait pas­ser de l’ombre aux Lumières. L’écrivain magni­fique, cise­leur de la belle langue et de la pen­sée pro­fonde. Ainsi l’ai-je ren­con­tré – en chair et en os, allais-je dire – l’autre soir au théâtre du Jeu de paume, à Aix-en-Provence. Endroit idéal, comme son nom l’indique, à la croi­sée de la Révo­lu­tion et de la tra­di­tion théâ­trale « à l’italienne » avec ses fau­teuils et ses cor­beilles qu’on dirait d’époque. Sur scène, l’atmosphère d’un de ces cafés où fré­mis­saient le grand cham­bou­le­ment à venir, l’irruption de la rai­son, des sciences, le désir ency­clo­pé­dique et avec lui celui de la Liberté majus­cule et ses deux autre piliers Éga­lité et Fra­ter­nité. C’était aussi, côté musique, le temps de Rameau, de Mozart – et de Rous­seau, celui de l’Émile et de Jean-Jacques, que Denis n’aimait pas tant… Donc, sur scène aussi, ce cla­ve­cin (somp­tueu­se­ment tenu par Oli­vier Bau­mont) qui marque à mer­veille le temps et le tempo de cette pièce magni­fique, magni­fi­que­ment emportée.

 

Le Neveu de Rameau se pré­sente dans l’œuvre de Dide­rot comme une réflexion phi­lo­so­phique, une conver­sa­tion, un dia­logue. Un pro­cédé que le phi­lo­sophe affec­tionne par­ti­cu­liè­re­ment, et dans lequel il excelle. On le savoure notam­ment dans son Jacques le Fata­liste mais aussi dans le Rêve de d’Alembert, dans Para­doxe sur le comé­dien et le Sup­plé­ment au voyage de Bou­gain­ville. En fait, non pas un pro­cédé, qui sug­gère une faci­lité, mais une forme impo­sée à la réflexion dia­lec­tique remon­tant aux phi­lo­sophes grecs. Ce n’est donc pas une pièce à pro­pre­ment par­ler – Dide­rot n’a pas écrit de théâtre – mais la matière s’y trouve comme du pain béni pour les gens de l’art théâ­tral. Ceux-ci ne s’y sont pas trom­pés (Nico­las Vaude, le neveu ; Gabriel Le Doze, le phi­lo­sophe – tous deux par­faits), sai­sis­sant à pleins corps une matière débor­dante de chair et d’esprit, de saveur gou­lue et de finesse enivrante.

Photo de tour­née. Ici avec Nico­las Marié, Oli­vier Beau­mont et Nico­las Vaude. © Cosimo Mirco Magliocca

Nous voilà donc comme plei­ne­ment invi­tés à par­ta­ger cette joute orale entre le phi­lo­sophe et ce fada de Rameau, dirait-on à Mar­seille. De ces fous de génie, car déga­gés en par­tie ou par moments du prin­cipe de réa­lité et des enfer­me­ments qu’ils impliquent. Des paroles ainsi débri­dées dont le phi­lo­sophe se délecte : « C’est un grain de levain qui fer­mente et qui res­ti­tue à cha­cun une por­tion de son indi­vi­dua­lité natu­relle. Il secoue, il agite, il fait approu­ver ou blâ­mer, il fait sor­tir la vérité, il fait connaître les gens de bien, il démasque les coquins ; c’est alors que l’homme de bon sens écoute et démêle son monde ». L’essentiel est ainsi dit de cette « méca­nique » sub­tile qui va nous empor­ter dans le flot tor­ren­tiel se heur­tant aux digues de l’époque : l’hypocrisie, l’injustice, l’oppression, et l’obscurantisme comme cou­vercle au tout. Encore ne suffira-t-il pas de dénon­cer, dans un temps où « la sot­tise est si com­mune et si puis­sante qu’on ne la réforme pas sans cha­ri­vari ».

 

Tout comme dans Jacques le fata­liste, voilà qu’on s’y perd dans les argu­ments de l’un et de l’autre, si frap­pés au coin du bon sens qu’on en vient à se deman­der qui est Jacques, qui est le maître ? Qui du Neveu, qui du phi­lo­sophe ? D’Aristote ou de Pla­ton, de Mon­taigne ou La Boé­tie ? C’est un pro­cédé ancien, sans doute pointé par un nom savant en rhé­to­rique… Extrait : Le phi­lo­sophe – «Si tout ici-bas était excellent, il n’y aurait rien d’excellent ». Rameau : « – Vous avez rai­son. Le point impor­tant est que vous et moi nous soyons, et que nous soyons vous et moi. Que tout aille d’ailleurs comme il pourra. Le meilleur ordre des choses, à mon avis, est celui où j’en devrais être ; et foin du plus par­fait des mondes, si je n’en suis pas. J’aime mieux être, et même être imper­ti­nent rai­son­neur, que de n’être pas. » Et puis : « Le mort n’entend pas son­ner les cloches. C’est en vain que cent prêtres s’égosillent pour lui […] Pour­rir sous du marbre, pour­rir sous de la terre, c’est tou­jours pour­rir »…

 

Pri­mat de l’ici et main­te­nant sur l’au-delà, de la matière sur l’hypothétique… Lar­ge­ment de quoi se faire embas­tiller – ce qui arriva à Dide­rot (au Don­jon de Vin­cennes). Sans par­ler des pro­pos sur la pro­priété et le vol Prou­dhon se pro­file pour le siècle d’après et le Neveu est son pro­phète anar­chiste. Tan­dis que l’humaniste phi­lo­sophe s’écrie : « Mais c’est qu’il y a des gens comme moi qui ne regardent pas la richesse comme la chose du monde la plus pré­cieuse ; gens bizarres »… 1761-2011… Voilà deux cents cin­quante ans qu’ont été écrites ces paroles d’aujourd’hui !

 

Sans par­ler de ces envo­lées sur la musique, que le met­teur en scène a eu l’intelligence de faire jouer direc­te­ment au cla­ve­cin, et avec quel talent lui aussi, lais­sant aux comé­diens un champ grand ouvert vers le leur. Et vers le public, com­blé. Y com­pris ma petite voi­sine de siège, neuf, dix ans, qui n’en a pas perdu une miette. Ce qui est un signe absolu. Cha­peau Dide­rot, cha­peau les artistes !

 

 

Le Neveu de Rameau, d’après Denis Dide­rot. Du 10 au 14 mai 2011, Théâtre du Jeu de Paume. Mise en scène Jean-Pierre Rumeau. Lumières Éric Blé­vin. Avec Nico­las Vaude, le neveu ; Gabriel Le Doze, le phi­lo­sophe ; Oli­vier Bau­mont, clavecin.

 

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Quoi de neuf à gauche ?…

…euh… ça :

Le Monde, 10 mai 2011

 

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Un Ben Laden sans paroles

© faber

Avec tout son talent, et comme il le dit lui-même, mon cama­rade Faber renoue avec « cette tra­di­tion du des­sin muet qui donne toute la parole au lec­teur ».  Même si on reste bouche bée…

Des­sin publié dans Le Jeudi (Luxem­bourg) et La Semaine (Metz et Nancy).

 

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Des cathédrales au nucléaire. « Cette Ascension sans fin qu’on appelle aussi le Progrès… »

Entre­tien avec John Mac­Gre­gor, cher­cheur au MIT

 

John Mac­Gre­gor, vieux com­plice américano-canado-écossais, cher­cheur au MIT (Mas­sa­chu­setts Ins­ti­tute of Tech­no­logy - Cam­bridge, Etats-Unis), socio­logue des médias et astro­phy­si­cien, le type qui lit à la fois dans les gazettes & dans les étoiles… Tout comme il goûte le pure-malt & le mon­tra­chet (ou le sau­ternes, mais pas en même temps). Un éner­gu­mène dans son genre, qui a bien labouré notre hexa­gone et en remon­tre­rait à plus d’un Gau­lois. Il passe quelques jours à la Jaz­zine où il dérouille le piano à coups de Scria­bine et d’Oscar Peter­son, se goin­frant aussi de notre télé­vi­sion et de nos canards. Bref, de quoi cau­ser – et on ne s’en prive pas !

 

• Comme nul n’est pro­phète en son pays, je prends tou­jours un malin plai­sir à écou­ter tes ruades et coups de coeur concer­nant la France. Ton prisme, cette fois, passe par la chaîne de télé Arte et le quo­ti­dien Le Monde, que nous avons regar­dés ensemble. Et tu en pro­fites pour effec­tuer un grand écart entre deux époques, deux lieux, deux rap­ports au monde : les cathé­drales et les cen­trales nucléaires… Des expli­ca­tions s’imposent.

John Mac­Gre­gor : Je n’aurais pu faire les mêmes obser­va­tions aux États-Unis ! En tout cas pas à par­tir de la télé. Sous ses cou­verts multi-ethniques, l’empire état­su­nien est tota­le­ment eth­no­cen­tré sur lui-même, si je peux me per­mettre ce pléo­nasme… J’ai été sub­ju­gué par Arte, chaîne inima­gi­nable outre-Atlantique : ce mélange osé de cultures, alle­mande et fran­çaise, et aussi, il est vrai, cette pro­pen­sion à atteindre le fameux « point God­win » avec ses sujets très récur­rents autour du nazisme, de l’Occupation, de la ques­tion juive. Deux soi­rées m’ont par­ti­cu­liè­re­ment étonné par le pont qu’elles ont per­mis entre deux stades de nos civi­li­sa­tions au sens large. Je veux par­ler de la soi­rée du samedi 23 (avril) avec ce film excep­tion­nel, « Les Cathé­drales dévoi­lées »*. J’y ai appris plein de choses sur la construc­tion, les maté­riaux, l’architecture et les pro­blèmes ren­con­trés il y a huit siècles pour édi­fier de tels chefs d’œuvre ! Et trois jours après, à la même heure, la même chaîne dif­fu­sait « Tcher­no­byl fore­ver »** ques­tion­nant de manière pro­fonde l’avenir du nucléaire à tra­vers ses enjeux post-catastrophes. Huit siècles, dira-t-on un peu vite, de « civi­li­sa­tion » ; à condi­tion tou­te­fois d’exclure toute vision de conti­nuité, voire d’évolutionnisme.

 

« Comme la défaite d’une idée de la Beauté…

 

… au pro­fit, si on ose dire, de la Dis­grâce absolue »

• Certes, ces siècles ont été des plus chao­tiques. Mais il s’agit tout de même de « notre » civi­li­sa­tion, enfin celle dont nous sommes les héritiers…

– Oui ! Il y eut bien les cathé­drales et, plus ou moins en même temps, les guerres de reli­gion, la « sainte inqui­si­tion », toutes sortes de mas­sacres pré­cé­dant les guerres tech­niques, je veux dire à tech­ni­cité spé­ci­fique, celles des armes effi­caces jus­ti­fiant ce que par la suite et bien­tôt on nom­mera le pro­grès. Car les guerres ont pré­cédé les « paci­fi­ca­tions » – par défi­ni­tion, on ne peut faire la paix qu’après la guerre. De même qu’on impose l’atome « civil » après avoir décidé d’abord de sa ver­sion mili­taire : la bombe a pré­cédé et annoncé les cen­trales, aux États-Unis d’abord, puis notam­ment en France quand De Gaulle a opté pour l’arme ato­mique comme gage d’indépendance. De Gaulle voyait dans la bombe ato­mique un ins­tru­ment de dis­sua­sion au ser­vice de la paix. C’était juste à une époque où seuls quelques rares pays – quatre ou cinq –  pos­sé­daient de tels arme­ments. Depuis, la matière nucléaire s’est presque bana­li­sée, à l’image de l’industrie  nucléaire civile. Elle est deve­nue un objet de dis­sé­mi­na­tion et repré­sente ainsi un dan­ger phé­no­mé­nal dans ce champ nou­veau qu’est aujourd’hui le « grand ter­ro­risme » par lequel la notion de guerre s’est ainsi dépla­cée. La guerre, rap­pe­lons les fon­da­men­taux, consti­tue à l’origine le moyen d’instaurer des domi­na­tions d’un groupe sur un autre et de faire main basse sur les biens de l’« ennemi » en annexant son ter­ri­toire, sa main d’œuvre, sa force de pro­duc­tion, de repro­duc­tion aussi et bien sûr de consom­ma­tion – en un mot ses richesses, ou ce qu’on appelle l’économie. L’économie, du grec oikos, la « mai­son » dont on a fait une science d’allure paci­fique, alors qu’elle pour­suit cette guerre ances­trale de domi­na­tion ou, éga­le­ment, de riva­li­tés – affron­te­ments dans le but de s’approprier la rive de l’autre, l’ennemi. La « science de la mai­son », c’est la manière pro­prette de pro­lon­ger les guerres – on parle bien, d’ailleurs et sans se gêner, de guerre éco­no­mique.

 

• Mieux vaut quand même ces guerres éco­no­miques que les ter­ribles massacres…

– Mieux vaut aussi un match de foot qu’une émeute… Mais on peut aussi avoir les deux… ce qui qui se pro­duit par­fois d’ailleurs. Je pour­suis mon idée : ce que j’appelle le grand ter­ro­risme a changé la donne en ce sens notam­ment que son but guer­rier n’est plus de domi­ner sur le plan éco­no­mique, mais d’affaiblir l’ennemi au point même de l’anéantir par la vio­lence – but suprême ! – selon des moyens incon­nus jusque là, alliant à la fois tech­no­lo­gie de base et fana­tisme politico-religieux. Les atten­tats du 11 sep­tembre en sont la « quin­tes­sence »… Les reli­gions ont toutes, peu ou prou dans l’Histoire, été ten­tées par ce genre d’extrémisme, ce néga­tion­nisme niant l’altérité consi­dé­rée comme héré­tique. En ce moment, ce sont les isla­mistes qui portent ce fana­tisme à son plus haut point, consé­quence d’une déses­pé­rance economico-politique et expres­sion de la mar­ty­ro­lo­gie reli­gieuse qui glo­ri­fie les attentats-suicides contre les­quels il n’est guère vrai­ment de parades. Telle est la nou­velle guerre aujourd’hui, qui pour­rait trans­po­ser dans la « rou­tine » ter­ro­riste les bombes d’Hiroshima et Nagasaki.

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Jazz. Quand Raphaël Imbert marie Mozart et Ellington

Il avait tapé dans le mille avec son « Bach Col­trane » en 2008 : créa­ti­vité musi­cale, bel album, suc­cès de vente. Le saxo­pho­niste Raphaël Imbert, 37 ans, n’est pas du genre à exploi­ter un quel­conque filon. S’il revient à la charge avec cet autre couple classique-jazz, mariant cette fois Mozart et Elling­ton, c’est au nom de sa quête de musi­cien. Il s’en explique dans un entre­tien calé juste avant le concert de créa­tion donné le 5 avril 2011 au Grand Théâtre de Pro­vence, à Aix. A lire sur Citi­zen Jazz.

© Pho­tos Gérard Tissier

 

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Mort de Ben Laden : Chat ne changera rien

Édi­to­rial par l’image.  Minette est for­melle : chat ne chan­gera rien. Sur­tout pas ses habi­tudes de regar­der le 20 heures à dis­tance dans le reflet de la fenêtre. Y com­pris et sur­tout un soir comme celui-ci où le monde (infan­tile) fes­toie après l’assassinat d’un assas­sin. Par­don­nons aux vio­lents qui gou­vernent, ils ne savent pas ce qu’ils font…

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Mort de Ben Laden : la preuve

Des pho­tos bidon­nées de Ben Laden enva­hissent la toile… La seule preuve indis­cu­table se trouve ici.

 

 

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« Fête du travail », et quoi encore ?

Déjà, fêter le tra­vail c’est plus que dis­cu­table. Oui, on pour­rait en effet dis­cu­ter du tra­vail en ques­tion : quel tra­vail ? Quelle créa­ti­vité ? Quel épa­nouis­se­ment ? Quelle libé­ra­tion ? Ou, dans l’autre sens : Quel non-travail ? (sans-emplois, exclus en tous genres). Quel abru­tis­se­ment, quel épui­se­ment phy­sique, quelle exploi­ta­tion, quelle alié­na­tion ? Voir Orange et mou­rir… Ou plu­tôt relire l’irremplaçable  Droit à la paresse (télé­char­geable), de Paul Lafargue, (1883) – et par ailleurs gendre de Marx… Sous le titre « Un dogme désas­treux », son pam­phlet démarre ainsi, je m’en régale toujours :

«  Une étrange folie pos­sède les classes ouvrières des nations où règne la civi­li­sa­tion capi­ta­liste. Cette folie trame à sa suite des misères indi­vi­duelles et sociales qui, depuis deux siècles, tor­turent la triste huma­nité. Cette folie est l’amour du tra­vail, la pas­sion mori­bonde du tra­vail, pous­sée jusqu’à l’épuise­ment des forces vitales de l’individu et de sa pro­gé­ni­ture. Au lieu de réagir contre cette aber­ra­tion men­tale, les prêtres, les éco­no­mistes, les mora­listes, ont sacro-sanctifié le tra­vail. Hommes aveugles et bor­nés, ils ont voulu être plus sages que leur Dieu ; hommes faibles et mépri­sables, ils ont voulu réha­bi­li­ter ce que leur Dieu avait mau­dit. Moi, qui ne pro­fesse d’être chré­tien, éco­nome et moral, j’en appelle de leur juge­ment à celui de leur Dieu ; des pré­di­ca­tions de leur morale reli­gieuse, éco­no­mique, libre-penseuse, aux épou­van­tables consé­quences du tra­vail dans la société capitaliste. »

 

Pétain a le dessous…

Bon, ne gâchons pas tota­le­ment la « fête »… Mais tout de même, tom­ber un dimanche cette année, c’est une pro­vo­ca­tion ! Ce « joli mai » s’annonce donc pourri. Déjà qu’avril a affolé les météos : la grêle a ravagé le vignoble de Sau­ternes, t’as qu’à voir !, ainsi que les pom­miers en flo­rai­son dans la val­lée du Rhône et les Alpes de Haute-Provence. Les fraises aussi en ont pris un coup. Même le muguet a subi les affres du réchauf­fe­ment ! Les muguet­tistes s’en sont plaint ; ils ont dû plan­quer les clo­chettes pré­ma­tu­rées dans des fri­gos. Au fait, saluons au pas­sage, le grand homme par qui cette aimable tra­di­tion a pu être réac­ti­vée et en somme natu­ra­li­sée : Pétain lui-même, le jour de sa fête,  la saint-Philippe, en 1941. On a vu à quel point ça nous a porté bon­heur. Bref, à y regar­der de plus près„ ce muguet est tout de même bien chargé : sym­bo­lique du renou­veau prin­ta­nier, tra­di­tion plus ou moins odo­rante remon­tant à Charles IX, super­sti­tion des temps rep­ti­liens, fas­cisme pétai­niste, capi­tu­la­tion de l’églan­tine rouge qui annon­çait le Temps des cerises… Ainsi se forgent les cultures. En offrande ici : mon muguet vir­tuel qui se fait luti­ner par une anar­chiste coc­ci­nelle… Ren­ver­sant, non ? [ Cli­quer des­sus gen­ti­ment].

Clip audio : Le lec­teur Adobe Flash (ver­sion 9 ou plus) est néces­saire pour la lec­ture de ce clip audio. Télé­char­gez la der­nière ver­sion ici. Vous devez aussi avoir JavaS­cript activé dans votre navigateur.

Le Temps des cerises, Jean-Baptiste Clé­ment - Marc Oge­ret

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C’est pour voir”, c’est pas que pour les chiens !

© Fran­çois Ponthieu

Je sens bien que les mots, ils saturent les pauvres mots – et leurs lec­teurs avec. Alors, pour­quoi diantre ne pas aller plus sou­vent mater à côté si le monde y est plus beau, plus coloré, plus cau­sant aussi fina­le­ment. A côté, c’est-à-dire là, en voi­si­nage : http://c-pour-voir.over-blog.com/ Chaque jour sa photo, ou presque, et réciproquement.

 

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États-Unis. Nouvelle suspension de la condamnation à mort de Mumia Abu-Jamal, journaliste noir

Ph. X.

Résis­tant à l’injonction de la Cour Suprême des Etats-Unis, qui lui deman­dait de revoir sa déci­sion, la Cour d’Appel Fédé­rale de Phi­la­del­phie vient de confir­mer pour la deuxième fois en trois ans la sus­pen­sion pro­vi­soire de la condam­na­tion à mort du jour­na­liste noir amé­ri­cain Mumia Abu-Jamal. Cette déci­sion est assor­tie de l’obligation pour la jus­tice de Penn­syl­va­nie de sélec­tion­ner un nou­veau jury dans les 180 jours. Ce jury devra rendre son ver­dict avec mal­heu­reu­se­ment pour seule alter­na­tive de sta­tuer entre la peine de mort ou la pri­son à per­pé­tuité. Dans l’attente, Mumia Abu-Jamal ne quit­tera pas du cou­loir de la mort.

Dès que l’arrêt de la Cour d’Appel a été rendu public, le pro­cu­reur afro-américain de Penn­syl­va­nie récem­ment élu, Seth Williams, a immé­dia­te­ment fait savoir qu’il enten­dait faire appel pour contes­ter la déci­sion auprès de la Cour Suprême des Etats-Unis.

 

Bien que la jus­tice fédé­rale ne remette pas en cause la culpa­bi­lité de Mumia Abu-Jamal et que la Cour Suprême des Etats-Unis a rejeté en 2010 ses recours por­tant sur la demande d’un nou­veau pro­cès, la déci­sion de la Cour d’Appel est un camou­flet pour la plus haute juri­dic­tion amé­ri­caine. C’est un suc­cès à mettre à l’actif de l’équipe de défense, conduite hier par Maître Robert R. Bryan, aujourd’hui par Maître Judith Rit­ter, et de la mobi­li­sa­tion de ses nom­breux sou­tiens dans le monde entier.

 

Ce nou­vel espace judi­ciaire est un encou­ra­ge­ment à pour­suivre et à deve­lop­per la soli­da­rité en faveur de cet homme devenu l’une des figures emblé­ma­tiques du com­bat contre la peine de mort aux Etats-Unis et par­tout dans le monde. Depuis bien­tôt 30 ans dans le cou­loir de la mort, Mumia Abu-Jamal clame son inno­cence. A l’occasion de son 57e anni­ver­saire, des ras­sem­ble­ments ont eu lieu à Paris, Mar­seille et Rennes pour inter­pel­ler les auto­ri­tés amé­ri­caines sur le déni de jus­tice dont il est vic­time et sur l’insupportable tor­ture men­tale qu’est l’acte inhu­main d’exécution.

 

Ce samedi 30 avril, la ville de Saint-Denis (93) célè­brera le 5e anni­ver­saire de la seule rue au monde qui porte le nom de Mumia Abu-Jamal, en pré­sence d’une délé­ga­tion amé­ri­caine et de l’équipe de défense du journaliste.

 

> Le Col­lec­tif Uni­taire Natio­nal de Sou­tien à Mumia Abu-Jamal, ras­sem­blant une cen­taine d’organisations et de col­lec­ti­vi­tés publiques fran­çaises, est membre de la coa­li­tion mon­diale contre la peine de mort http://www.mumiabujamal.com

 

 

(43, bou­le­vard de Magenta 75010 Paris - Tél : 01 53 38 99 99 - abujamal@free.fr)

> Liste de dif­fu­sion du Col­lec­tif uni­taire natio­nal de sou­tien  Mumia Abu-Jamal  : http://secure.mrap.fr/Liste-de-diffussion-du-

> Lire éga­le­ment sur ce blog : http://c-pour-dire.com/2010/11/etats-unis-mumia-abu-jamal-journaliste-noir-dans-le-couloir-de-la-mort/

 

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  • Hep ! 15/4/14

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