On n'est pas des moutons

Mandela. Ah ce qu’on s’est mar­ré à Soweto !

mandela-soweto

© Faber

Céré­mo­nie en l’honneur de Man­dela à Soweto. Ah que voilà de vraies belles réjouis­sances mor­tuaires ! De quoi ravir Bras­sens et sa nos­tal­gie des Funé­railles d’antan : «  O, que renaisse le temps des morts bouf­fis d´orgueil / L´époque des m´as-tu-vu-dans-mon-joli-cercueil / Où, quitte à tout dépen­ser jusqu´au der­nier écu / Les gens avaient à cœur d´mourir plus haut qu´leur cul. »  Brel aussi : « J’veux qu’on rie, j’veux qu’on danse / Quand c’est qu’on m’mettra dans l’trou » (Le Mori­bond) .Mais pas du tout Ferré, trop mor­bide : «  A mon enter­re­ment je ne veux que des morts / Des ros­si­gnols sans voix  ».

Dans le stade de Soweto, il y eut même quelques sup­plé­ments au pro­gramme. Le gag du pseudo tra­duc­teur en lan­gage des signes. Un Fran­cis Blanche noir, mâtiné de Lafesse… Illu­miné peut-être. Génial sûrement.


Dans les cou­lisses de l’hommage à Man­dela par euronews-fr

Et puis les foli­chon­ne­ries de Barack Obama avec l’aguichante blonde danoise, se tirant des por­traits comme des ados… Ah ce qu’on s’est marré à Soweto ! 

Ben quoi, pour une fois qu’une  céré­mo­nie du genre ne sombre pas dans les tronches de cir­cons­tance ! Certes,  les vraies funé­railles sont encore à venir. Mais enfin, le show a eu lieu. Il fut excellent. Man­dela aurait apprécié.

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Mondialisation. Un appel à pétition contre le « partenariat transpacifique »

Je ne relaie pas volon­tiers les péti­tions, ni ne les signe en rai­son de l’exploitation qui est faite des fichiers ainsi recueillis. Celle-ci, cepen­dant, paraît valoir le coup. Ayant déjà recueilli plus de 1.200.000 signa­tures, elle est lan­cée par Avaaz dans ces termes :

« Mon­santo s’apprête à célé­brer son plus grand tour de passe passe mais nous avons jusqu’à ce week-end pour ren­ver­ser ses projets.

«  Le par­te­na­riat trans­pa­ci­fique (PTP, ou TPP en anglais) est un immense accord ultra-secret passé entre douze grands pays, qui s’apprêtent à don­ner aux entre­prises un pou­voir inouï : celui de faire appel à de nou­veaux tri­bu­naux inter­na­tio­naux pour atta­quer en jus­tice les gou­ver­ne­ments qui adoptent des lois qui nous pro­tègent mais réduisent leurs béné­fices ! Et cela peut avoir des réper­cus­sions dans tous les domaines, de l’étiquetage des ali­ments conte­nant des OGM à la liberté sur Inter­net. Wiki­Leaks a fait fui­ter les docu­ments de tra­vail et une vague d’opposition est en train de se sou­le­ver très rapi­de­ment, mais les pays signa­taires se dépêchent afin de signer d’ici 48 heures.

«  C’est insensé et pour­tant nous avons une chance de tout arrê­ter. Trois pays hésitent, et s’ils se retirent immé­dia­te­ment, tout pour­rait s’effondrer. Inon­dons les diri­geants chi­liens, néo-zélandais et aus­tra­liens de nos appels à la résis­tance, et nous pour­rons blo­quer ce coup d’État orches­tré par les grandes firmes avant que Mon­santo ne débouche le cham­pagne. Signez la péti­tion main­te­nant et envoyez-la à tous vos proches:

http://www.avaaz.org/fr/no_champagne_for_monsanto_loc/?bDPfObb&v=32177 

Publié le 6 Décembre 2013

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Mandela. De lui, on ne devrait publier que des photos en Noirs et Blancs

mandela

Non seule­ment j’ai changé le titre, trou­vant que celui-ci aurait dû s’imposer d’emblée (j’avais écrit « en noir et blanc »), mais j’ai aussi rem­placé la photo. La pré­cé­dente, bien meilleure, pro­ve­nait de l’AFP et était due à Léon Neal, que je remer­cie en m’excusant pour l’emprunt invo­lon­taire. Celle-ci semble libre de droit. 

Paroles :

Être libre, ce n’est pas seule­ment se débar­ras­ser de ses chaînes… C’est vivre de manière à res­pec­ter et ren­for­cer la liberté des autres. [Remarque : cette for­mu­la­tion est à rap­pro­cher de la fameuse « Ma liberté s’arrête où com­mence celle des autres ». Tra­duc­tion man­de­lienne : « Ma Liberté com­mence avec celle des autres ». Inté­res­sant, non ?]

Je n’étais pas un mes­sie, mais un homme ordi­naire qui était devenu un lea­der en rai­son de cir­cons­tances extraordinaires.

C’est en reve­nant à un endroit où rien n’a bougé qu’on réa­lise le mieux à quel point on a changé.

La poli­tique peut être ren­for­cée par la musique, mais la musique a une puis­sance qui défie la politique.

 – Nel­son Mandela

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Rétro-fiction dans le visiophone

Illus­tra­tion de la « Loi de Mur­phy », dite de l’emmerdation maxi­male : » Tout corps plongé dans une bai­gnoire, reçoit… un coup de télé­phone ». Ver­sion de 1947. « Oh, mon dieu ! » [Docu­ment Ina]

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À l’ouest du jazz, Chico Hamilton a cessé de battre

1chico_HamiltonRepre­nant la bagnole, Jazz à Fip envoie du Chico Hamil­ton. Tiens, en quel hon­neur ? Tou­jours bon à prendre, hein. Mais c’est que le bougre avait, ce 25 novembre 2013, rendu baguettes, cym­bales, mailloches et le tou­tim. Les bat­teurs sont en deuil, et les musi­ciens en géné­ral, sur­tout les jaz­zeux. Il avait 92 ans.

Héri­tier de Jo Jones, Chico [« p’tit mec »] fut très appré­cié, non seule­ment pour son jeu des plus sub­tils, mais aussi pour son flair comme décou­vreur de talents parmi les­quels on relève le bas­siste Ron Car­ter, les saxo­pho­nistes Eric Dol­phy et Charles Lloyd et les gui­ta­ristes Jim Hall, Gabor Szabo et Larry Coryell.

Il est né à Los Angeles le 21 sep­tembre 1921. Encore lycéen, il s’immerge dans les scènes jazz locales. En 1940, il part en tour­née avec le big band de Lio­nel Hamp­ton. Après son ser­vice mili­taire pen­dant la Seconde Guerre mon­diale, on le retrouve dans les orchestres de Jimmy Mundy, Char­lie Bar­net et Count Basie.

De 1948 à 1955, tou­jours basé et actif à Los Angeles, il accom­pagne Lena Horne en Europe dans ses tour­nées d’été. Il par­ti­cipe à des musiques de film et rejoint le pre­mier quar­tette de Gerry Mul­li­gan qui com­pre­nait éga­le­ment Chet Baker à la trom­pette. En quoi il a par­ti­cipé à la nais­sance du jazz West Coast, plus lisse et céré­bral que celui de la côte Est.

En 1955, il monte un quin­tette avec Buddy Col­lette, Jim Hall, Fred Katz et Car­son Smith. Gros suc­cès, pro­longé par une appa­ri­tion dans le film The Sweet Smell of Suc­cess [Le Grand Chan­tage en VF] réa­lisé par Alexan­der Mackendrick.

Chico Hamil­ton a conti­nué à jouer et enre­gis­trer au-delà de son 90e anni­ver­saire. Il a sorti un album, « Révé­la­tion » en 2011 et en avait un autre en préparation.

Les mor­ceaux qu’on peut écou­ter ci-dessous par le biais de Dee­zer, pro­viennent de l’album Dan­cing To A Dif­ferent Drum­mer (1994) qui res­semble à une leçon de bat­te­rie. De la Danse des tym­pans à la Valse des mailloches, en pas­sant Mr Jo Jones, Chico Hamil­ton en arrive fina­le­ment à l’Uni­ver­sal Lan­guage Of Man.

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Racisme. L’offense à Christiane Taubira atteint tout le genre humain

Minute-racisme

Minute (nov. 2013). Le tor­chon d’extrême-droite retrouve les accents de Gobi­neau et des cohortes racistes.

Quand une femme comme Chris­tiane Tau­bira se fait trai­ter de singe, l’offense qui lui est faite s’adresse en même temps à l’ensemble du genre humain, et aussi au genre animal.

Le genre humain se trouve même dou­ble­ment affecté : par la femme qui subit l’offense raciste, tout d’abord et, on s’en doute, dou­lou­reu­se­ment ; et plus encore, par ses auteurs, en ce qu’ils appar­tiennent à ce genre humain, que de ce fait ils dégradent.

Le genre ani­mal aussi se trouve affecté dans la mesure où l’espèce « singe » se voit abais­sée au rang de l’injure.

Le racisme est abject par essence. Au-delà de son carac­tère infâ­mant, il repose fon­da­men­ta­le­ment sur l’établissement d’une hié­rar­chie de valeurs entre les caté­go­ries du vivant. En géné­ral, il concerne l’espèce humaine à l’intérieur de laquelle il dépré­cie cer­taines « races » tout en affir­mant la supé­rio­rité de celle à laquelle il pré­tend appartenir.

Aussi ancien que l’ignorance et l’imbécillité, le racisme revêt de mul­tiples variantes, ou sous-catégories :

sociales, par rejet des « classes » consi­dé­rées comme infé­rieures et méprisables ;

cultu­relles, par dédain envers des mœurs et pra­tiques autres, jugées « non natu­relles », inad­mis­sibles, condamnables ;

socié­tales, notam­ment sur la ques­tion de l’immigration posée comme le péril majeur, fan­tasme de l’extrême droite selon laquelle le droit du sol menace le droit du sang : où l’on voit conver­ger les thèmes récur­rents du nazisme (« espace vital », « pureté de la race ») et ceux du Front natio­nal, refor­mu­lés en ver­sion plus soft ; tan­dis qu’à l’autre extré­mité du mani­chéisme, la gauche popu­liste oppose son angé­lisme sim­pliste et déma­go­gique, igno­rant de la com­plexité de ces questions ;

sexuelles, par l’homophobie et rejet de tout com­por­te­ment hors de la « normalité » ;

poli­tiques, par le ral­lie­ment à un cou­rant dit « décom­plexé » éma­nant de la droite réac­tion­naire et ultra, condui­sant à « libé­rer » la parole de toute consi­dé­ra­tion morale et éthique. De même, les ultras « de gauche » lorsqu’ils posent leurs dogmes comme les rem­parts de la Vérité et de la Justice.

Dans l’« affaire Tau­bira », le racisme recouvre plu­sieurs aspects, tous ignobles :

– en par­ti­cu­lier par le fait d’enrô­ler des enfants dans des causes aussi abjectes, leur met­tant des bananes dans les mains au pas­sage d’une femme noire, par ailleurs ministre de la Jus­tice, les mani­pu­lant et les abu­sant ainsi dans leur être et leur libre-arbitre en deve­nir ; pra­tiques assi­mi­lables à la pédo­phi­lie et à sa jus­ti­fi­ca­tion par des adultes au motif de l’assouvissement de leurs pulsions ;

– par le fait d’amal­ga­mer une réforme de société (le « Mariage pour tous », réforme por­tée et assu­mée par Chris­tiane Tau­bira) aug­men­tant le libre com­por­te­ment de cha­cun sans pré­ju­dice pour autrui, à une atteinte à la sacra­lité de la famille au nom de « la tra­di­tion » (« Famille pour tous ») ;

– par l’alliance objec­tive du racisme et de l’action poli­tique anti-démocratique fon­dés sur le rejet de l’autre et, par delà, sur le refus de l’altérité et de la différence.

 


Paris (France) 20/10/2013 Paris, le curé Beau­vais, excité de la sou­tane inté­griste, prê­chant la fra­ter­nité catho­lique. par ltl­news

De tels com­por­te­ments archaïques par­sèment l’Histoire de manière plus ou moins cyclique, au gré des crises éco­no­miques, poli­tiques, reli­gieuses et pour « finir » guerrières.

(Lire la suite…)

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Dubaï. Société de merde, société dans la merde

A Dubaï, on a construit le plus haut gratte-ciel du monde, en négli­geant quelques pro­blèmes fondamentaux.

Au départ, les égouts de Dubaï avaient été pré­vus pour une popu­la­tion de quelque 20.000 habi­tants, ima­gi­nant que cha­cun ferait ses besoins chez soi avant d’aller au boulot.

Le Burj Kha­lifa (136 étages) a une hau­teur de 736 mètres. Envi­ron 35.000 per­sonnes s’y trouvent en per­ma­nence. On a cal­culé que chaque per­sonne y « délivre » quo­ti­dien­ne­ment 200 gr de matières fécales. En ajou­tant les « petites com­mis­sions », on en est à 7 tonnes par jour, rien que pour Burj Kha­lifa. Ajou­tez à cela qu’on se lave les mains avant, après, et que la grande majo­rité des occu­pants prennent aussi au moins un bain ou une douche par jour.

Et Dubaï ne compte pas que le Burj Kha­liva, les gratte-ciel y ont poussé comme des champignons.

Au total, à chaque heure qui passe il fau­drait ainsi éva­cuer 50 tonnes d’eaux « noires » . Pour évi­ter que Dubaï soit sub­mer­gée par un tsu­nami brun et que les égouts ne débordent, on réqui­si­tionne chaque samedi des camions vide-fosses sep­tiques de tout le pays.

Pen­dant le reste de la semaine, on pré­fère évi­ter que les tou­ristes ne soient confron­tés à chaque coin de rue avec un camion éboueur.

Pour éva­cuer 24 x 50 x 7= 8.400 t par semaine, chaque camion pre­nant 4,2t, il faut 2.000 rota­tions de camions. Les camions doivent se pré­sen­ter 24 h à l’avance.

Voici ce que cela donne sur la route :

Source: site d’Alain Le Pou­rhiet : http://alepour.free.fr

Post scrip­tum :  evolution-Foutre-la-merde

Post scrip­tum 2 : S’agit-il d’un « hoax » , d’une info bidon ? Voir dans les com­men­taires ci-dessous.

Post scrip­tum 3

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Scandale. La chambre de Van Gogh relouée à un étudiant (branché) !

 

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Van Gogh, Cézanne, Seu­rat, Manet

Velas­quez, Ver­meer, Picasso, Cha­gall, Munch

etc

enfin revi­si­tés par la  tech­no­lo­gie triomphante !

La démarche n’est pas que drôle et provocante

c’est

aussi

l’occasion de porter

un regard critique

sur notre modernité.

Cli­quer ici

et là éga­le­ment

pour la vision techno-bétonnée

de notre monde « aux affaires »

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Tout va bien

Certes,

La pau­vreté s’étend dans l’Hexagone Elle concerne de plus en plus de couples avec enfants, sou­ligne le Secours catho­lique dans son rap­port annuel publié jeudi, qui constate aussi que les plus fra­giles ont de moins en moins accès à l’emploi.

ça pour­rait

Dépôt de bilan Le fabri­cant d’électroménager Fagor­Brandt, 1 800 sala­riés, filiale fran­çaise du groupe espa­gnol Fagor au bord du dépôt de bilan, s’est déclaré hier en ces­sa­tion de paie­ment et demande sa mise en redres­se­ment judi­ciaire, une mesure de protection.

aller mieux

Alerte aux gaz ! Les trois prin­ci­paux gaz à effet de serre à l’origine du réchauf­fe­ment cli­ma­tique ont fran­chi de nou­veaux records de concen­tra­tion en 2012 dans le monde, a annoncé hier l’OMM. Michel Jar­raud, son secré­taire géné­ral, sou­ligne que si le monde conti­nue sur cette voie « la tem­pé­ra­ture moyenne du globe à la fin du siècle pour­rait dépas­ser de 4,6 degrés ce qu’elle était avant l’ère industrielle ».

vrai­ment mieux

L’OM sorti Mar­seille s’est fait éli­mi­ner de la Ligue des cham­pions hier en encais­sant une qua­trième défaite à Naples (3-2).

heu­reu­se­ment

Rakh­mon réélu avec 83,6 % des voix pour un qua­trième man­dat de sept ans à la pré­si­dence du Tadjikistan.

[Pré­lè­ve­ments de la page « Check-list » du Monde.fr  de ce 7/11/2013. Et c’est pareil chaque jour…]

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Marseille « Kultur » - 2. Et je ressors mon revolver !

Amandine s'est surpassée. A rendre Pascale jalouse (voir le papier d'avant) [© fp]

Aman­dine s’est sur­pas­sée. A rendre Pas­cale jalouse (voir le papier d’avant) [© fp]

…Parce qu’il y a « ça » aussi, sur les rayons de la culture triom­phante  (on écrit alors plu­tôt Kul­tur) :  Ce chef d’œuvre trône du côté des plages mar­seillaises, his­toire de célé­brer l’année Capi­tale. Pas mal non plus, et dans la même veine concep­tuelle; avec tou­te­fois un peu plus d’audace; on a dû ici faire appel à la sou­dure et à des maté­riaux plus riche que le bois de cageot si carac­té­ris­tique de l’oeuvre pré­cé­dem­ment ana­ly­sée par notre chro­ni­queur artis­tique. Mais la fai­blesse de l’admirable chose vient indé­nia­ble­ment de son inti­tulé, pla­te­ment descriptif.

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Alors là, Aman­dine, je regrette d’avoir à vous le dire aussi crû­ment : Vous vous êtes pas fait chier !

Et  puis, nous avons aussi trouvé ce monu­ment d’avant-garde, nou­vel­le­ment repensé et redé­coré. Ça peut se visi­ter (gra­tui­te­ment) sur le pla­teau de Puy­ri­card, non loin d’Aix-en-Provence, ville d’eau et d’art comme on sait.

Les pendouilleries ornent joliment ce château du XXe, lui ajoutant une touche de modernité technologique. Un joyau d'architecture et d'urbanisme.

Les pen­douille­ries ornent joli­ment ce châ­teau du XXe, lui ajou­tant une touche de moder­nité tech­no­lo­gique. Un joyau d’architecture et d’urbanisme.

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Marseille (et au-delà) – Quand j’entends le mot culture…

« Quand j’entends le mot “culture”, je sors mon revol­ver ». Je me conten­te­rai de sor­tir ce billet et des photos.

Une sorte de caisse, dure à encaisser. [Ph. gp]

Une sorte de caisse, dure à encais­ser. [Ph. gp]

Les fau­teurs de « Marseille-Provence 2013 - Capi­tale de la Culture » ont eu à pro­mou­voir toutes sortes de « pro­duits cultu­rels » afin de rem­plir les cad­dies de la grande dis­tri­bu­tion artistico-cultureuse. Tout un fatras a donc dû être fourni, sou­vent dans l’urgence, par­fois pour le pire, mais aussi pour le  meilleur – ne soyons ni par trop néga­tifs, ni trop généralisants.

En tout cas, au vu des pho­tos, on touche quand même ici le fond du fond pour ce qui est du fou­tage de gueule et de déna­tu­ra­tion en matière de « culture ».

Soit deux caisses en bois ; l’une, cubique, peinte en gris, ser­vira de socle à l’autre, paral­lé­lé­pi­pé­dique, mon­tée sur palette de chan­tier, en bois brut, tien­dra lieu d’œuvre d’art. Pour ainsi créer cette illu­sion gros­sière, un tour de magie lit­té­rale suf­fira, soit la concep­tion d’un écri­teau sur lequel on écrira…

… Quoi, au fait ?

Là, l’Auteure, se creuse le chou ; convoque, si ça se trouve, un remue-méninges d’instruits-cons, un col­loque, un sémi­naire. Bref, on abou­tit à cette chiure :

Tromperie sur la marchandise, usage de faux, marchandise avariée…

Trom­pe­rie sur la mar­chan­dise, usage de faux, mar­chan­dise ava­riée… On monte des pro­cès pour moins. Ici, elle est estam­pillée et cau­tion­née officiellement !

Oh, c’est qu’il doit y avoir là-dessous, du jus de concept à haute valeur ajou­tée. Oui, certes, envoyez la mon­naie ! Car on aime­rait connaître le mon­tant de la fac­ture, afin d’évaluer l’œuvre à la hau­teur de son escro­que­rie intel­lec­tuelle, morale, et pénale.

 Cette « chose » est une honte. Tel­le­ment hon­teuse qu’elle a même laissé indif­fé­rentes les habi­tuelles bri­gades de tagueurs – juste une timide ten­ta­tive, tout de même gommée.

Tan­dis que der­rière, un cer­tain Pierre Puget, mis en abyme (la sculp­ture du sculp­teur en train de sculp­ter ; l’oeuvre est de Henri-Édouard Lom­bard), jette un regard qui ne semble pas de marbre. Cet « enfant de Mar­seille », dixit la plaque, ce sculp­teur, archi­tecte et peintre (1620-1694), « a porté au loin les marques de son génie et le nom de sa ville ». On lui doit, entre autres, l’architecture de La Vieille Cha­rité.

Tan­dis que cette boîte, pré­ten­tieuse et ridi­cule, vient faire injure à l’artiste, plus géné­ra­le­ment à l’art et tout bon­ne­ment au citoyen qui aura été tenu, sans son avis, de payer cet affront.

N’est-ce pas de la sorte qu’on contri­bue à dés­in­té­grer une société ? À jeter ses membres ainsi mépri­sés dans les bras des popu­listes si prompts à dénon­cer ces « élites » qui se paient la gueule du populo.

Un rap­pel (dou­lou­reux) : la fameuse phrase « Quand j’entends le mot “culture”, je sors mon revol­ver » a été faus­se­ment attri­buée à Her­mann Göring, ou à Joseph Goeb­bels (en alle­mand : « Wenn ich “Kul­tur” höre... ent­si­chere ich mei­nen Brow­ning » lit­té­ra­le­ment : « Quand j’entends le mot “culture”, j’ôte le cran de sûreté de mon Brow­ning ».) En réa­lité, bien qu’elle ait été effec­ti­ve­ment reprise par B. von Schi­rach (chef des jeu­nesses hit­lé­riennes), comme par d’autres nationaux-socialistes, c’est un écri­vain alle­mand, Hanns Johst (1890-1978), lui-même national-socialiste, qui est l’auteur de cette for­mule qu’il a pla­cée comme réplique d’un per­son­nage de l’une de ses pièces de théâtre, à la gloire de Hit­ler, inti­tu­lée « Schla­ge­ter » (1933). » (Wiki­pé­dia)

Si la cita­tion n’a pas l’auteur qu’on lui attri­bue, elle émane bien de sa famille criminelle.

 Pre­nons garde à ne pas entre­te­nir ce tra­fic d’armes.

 

»> Sur le thème, un blog recom­man­dable «  Culture & Revolver »

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Pourquoi Nietzsche aujourd’hui ?

nietzsche

Mous­taches et dia­mants selon le « doo­dle » de Google

L’énigme du jour : ce gra­phisme génial, s’agissant d’un génie. Non pas tant le sys­tème Google, mais celui qu’il entend célé­brer, aujourd’hui 169e anni­ver­saire de sa nais­sance. Pour­quoi 169 ? Ben, pardi, parce que le des­sin était prêt, s’imposant dans une sorte d’urgence. On peut le voir ainsi. Et qu’importe, au fond, le rituel des nombres « ronds » s’agissant d’un génie pro­téi­forme et, en par­tie pour cela, géné­ra­le­ment incom­pris, donc récu­péré, malaxé, mal­traité, pillé, gas­pillé et houspillé.

nietzscheNietzsche – il s’agit bien de lui – a ainsi été « rapté » par les fas­cistes ita­liens et par les nazis qui firent leur, en les détour­nant de leur sens pro­fond, les notions de « sur­homme », de « volonté de la puis­sance » et d” « éter­nel retour »,

C’est donc l’occasion, à par­tir de cette célé­bra­tion goo­glienne – bien entendu, c’est le cas de le dire, sur­veillée par la NSA yan­kee – d’aller à l’encontre des cli­chés enfer­mant Nietzsche, sa phi­lo­so­phie, sa vie. À pro­pos de celle-ci, rap­pe­lons cet épi­sode déclen­cheur de sa folie et de ses dix der­nières années : la scène se passe dans une rue de Turin en jan­vier 1889 ; un cocher bru­ta­lise son che­val qui refuse d’avancer. Nietzsche, saisi de san­glots et de com­pas­sion, enlace l’animal. Recon­duit à son domi­cile, il demeure pros­tré durant deux jours, avant de som­brer dans la démence.

Cette scène est le point de départ du Che­val de Turin, film du Hon­grois Béla Tarr, Ours d’argent (Grand Prix du Jury) au Fes­ti­val de Ber­lin 2011. Un film des plus étranges qui soient, récem­ment passé à la télé, sorte d’allégorie poi­gnante tout autant que déses­pé­rante sur la vie, la mort, l’absurdité… [Extrait vidéo ci-dessous. Lire à l’occasion ce très inté­res­sant article sur le cinéma et l’art en géné­ral : Le Che­val de Turin : pour­quoi ça vaut le coup de se faire chier au cinéma ?].

nietzsche-camus

Photo de Nietzsche dédi­ca­cée à René Char, expo­si­tion Albert Camus, Lour­ma­rin, sept. 2013. Au dos de la photo, Camus a écrit, au-dessus d’un petit soleil : « À René Char, le sou­ve­nir de ce qui nous unit. Mai 1957 ». [Ph. gp]

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L’hiver sera rude, le printemps (électoral) radieux

1venelles 12:10:13

Le cli­mat est morose, mais l’avenir radieux. Ne pas confondre cli­ma­to­lo­gie et météo­ro­lo­gie, diantre ! Ainsi, ce samedi matin, sur le mar­ché de Venelles, en Pro­vence, c’est bien un météo­ro­logue qui a étalé son sys­tème pré­vi­sion­nel du temps à venir. Vision cour­ter­miste et néan­moins for­melle : l’hiver sera rude. C’est tout en enchaî­ne­ment de faits qui a per­mis d’anticiper cette proche réa­lité météo : là-haut, dans les Alpes, les mou­tons ont épaissi leur toi­son avant de redes­cendre vers la val­lée et les étables. Là, comme il se doit, ils ont été ton­dus comme cer­tains contri­buables. Et hop ! voici les chaus­sons abon­dam­ment four­rés pour les petits petons fri­leux qui, déjà, sentent mon­ter les fri­mas. Le monde est par­fois bien fait.

Mais il n’est pas par­fait, ce monde. Et d’autres pré­vi­sion­nistes pré­tendent y remé­dier. Ainsi, un peu plus loin, même mar­ché, autre mar­chands. Eux pro­mettent le rêve élec­to­ral, le bon­heur sur terre com­mu­nale. D’ailleurs le fond de l’enseigne est aussi bleu que le ciel. Le bon peuple s’est appro­ché, mais pas trop. Sur l’estrade, le trio à l’étroit entonne un coup de Mar­seillaise : ça chante faux, on mal­mène les paroles mais l’intention y est, et depuis sa fenêtre la Répu­blique à l’épaule nue fixe l’instant pour l’éternité. [Voir ici com­plé­ments et vidéo sur cet his­to­rique évé­ne­ment].

Ainsi en est-il depuis des siècles. Cinq siècles, par exemple, qu’un cer­tain Fran­çois Rabe­lais et son Pan­ta­gruel avaient « prognostiqué » :

Cette année les aveugles ne ver­ront que bien peu, les sourdz oyront assez mal, les muetz ne par­le­ront guieres, les riches se por­te­ront un peu mieulx que les pauvres et les sains mieulx que les malades (1532).

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Vingt sèches à l’heure…

Dans la série « c’était mieux avant », et alors que les ciga­rettes élec­tro­niques font de plus en plus d’adeptes, ina.fr a déni­ché les images d’un concours du meilleur fumeur orga­nisé outre-Rhin en 1950. Objec­tif : fumer 20 ciga­rettes en une heure ! Un plan can­cer de com­pé­ti­tion.

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L’envolée chromatique. Vous prendrez bien cinq minutes de magie ?

Huit décembre 2010, place Bel­le­cour à Lyon. On éteint les lumières, place aux illu­mi­na­tions. Surgi d’on ne sait où, un drôle de type, allure de diable roux, pou­mons entre les mains. C’est Arnaud Méthi­vier. Décro­chez donc, au moins pour ces cinq minutes magiques !

On peut lire aussi : Arnotto ou la greffe cœurs-poumons

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  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sexpol.
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s’est brisé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la vérité s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • Bon appétit, cousin !

    Je doute donc je suis - gp

  • C’est pour dire de Gérard Pon­thieu, est mis à dis­po­si­tion selon les termes de la licence Crea­tive Com­mons : Attri­bu­tion - Pas d’Utilisation Com­mer­ciale - Pas de Modi­fi­ca­tion (3.0 France). Pho­tos, des­sins et docu­ments men­tion­nés sous copy­right © sont pro­té­gés comme tels.
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  • 1emmen

    Un chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Ce qui explique quelques vides dans des articles anciens.

  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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