On n'est pas des moutons

« Salauds de riches ! »

Présenté par l'AFP comme une "étude", l'article ci-dessous a été titré "Le riche est porté sur la triche". Le mien, de titre, renvoie à la célèbre invective de Gabin dans La Traversée de Paris : "Salauds de pauvres !"…

Les personnes issues des classes supérieures ont davantage tendance à enfreindre le code de la route, à chaparder des bonbons ou à mentir dans le but de s'enrichir encore davantage, selon une étude réalisée aux Etats-Unis et au Canada.

L'étude, publiée aujourd'hui dans la Revue de l'Académie nationale des Sciences (PNAS), a été réalisée par des chercheurs de l'Université de Californie à Berkeley et de l'Université de Toronto, qui ont réalisé sept expériences différentes auprès d'une centaine de personnes pour chaque test.

L'une de ces expériences a montré que les propriétaires de grosses cylindrées avaient plus tendance que les autres à commettre une infraction à un carrefour et laissaient moins traverser les piétons. Un autre test réalisé avec un jeu de dés et une récompense à la clé a montré que les personnes se disant d'un statut social supérieur avaient davantage tendance à mentir sur leur score.

Lors d'un entretien d'embauche simulé, ces dernières hésitaient moins à mentir à la personne qu'elles étaient censées recruter en omettant de lui dire que le poste proposé devait rapidement être supprimé.

Et lorsqu'on leur a donné un paquet de bonbons en leur disant qu'il était destiné à des enfants présents dans une pièce voisine mais qu'elles pouvaient se servir, les personnes de milieux favorisés piochaient davantage que les autres.

"La recherche de l'intérêt personnel est une motivation plus importante pour l'élite, et la cupidité qui s'accroît avec la fortune et le rang social peut amener certains à mal se conduire", ont expliqué les auteurs de l'étude.

AFP  Publié le 27/02/2012

Passage recommandé par l'Observatoire des inégalités

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Sarkozy aus-si !

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Sarkozy. De « La France forte » à la France libre

Ça, c'est de mon pote Faber

Le reste provient de la parodie déchaînée sur le net.

C'est beau et salutaire

le génie populaire

!

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Ma préférée, signée Peachy Carnehan

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La plus radicale (et confiante)

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Antoine Hervé : « Le jazzman, c’est un griot et un danseur dans sa tête »

Antoine Hervé © H. Collon/Objectif Jazz

Antoine Hervé © H. Collon/Objectif Jazz

Jazz et classique, Antoine Hervé est un des plus grands pianistes du moment. Mais il joue aussi du « pédagogue », cet instrument pas si courant, sinon rare, qui permet le miracle entre un art – ou une science – et le public. Si vous voulez en lire davantage à propos de sa Leçon de piano sur Bill Evans, passez un moment avec lui dans l'interview qu'il m'a accordée pour Citizen Jazz. Cliquer ici même.

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« Toutes les civilisations se valent (surtout la nôtre) »

Extrait du Lotus bleu de Hergé

"Si l’on fait, pour la beauté du geste, l’hypothèse que la bonne foi n’était pas totalement absente du concert de protestations qui a suivi la petite phrase de Claude Guéant, la polémique est révélatrice d’un profond malaise. Il paraît aussi difficile de souscrire sans états d’âme à la formule du Ministre de l’Intérieur, que d’adhérer aux ripostes qu’elle a suscitées. D’un côté, nous nous sentons tenus de professer un universalisme accueillant à la diversité des cultures. Nous refusons que la comparaison débouche sur la dévaluation, que la différence reconnue signifie qu’une civilisation soit intrinsèquement « supérieure » à une autre : cela reviendrait peu ou prou à reproduire le schéma typique des Lumières françaises – la civilisation, c’est nous, les autres sont des barbares, des sauvages qui attendent d’être civilisés. Mais d’un autre côté, nous voyons mal comment éviter de penser que nos institutions et nos valeurs sont tout de même préférables, que les droits de l’homme valent mieux que le racisme et l’intolérance, que l’égalité des sexes est moralement supérieure à un système patriarcal, et le suffrage universel plus digne de l’homme que la tyrannie."

On poursuivra la lecture de ce texte prometteur sur le blog de son auteur, réfugié comme la concierge de l'esprit au Pied de l'escalier. Une bonne et charpentée réflexion pour ne pas rester en rade dans la confusion générée par la trop fameuse sortie de Guéant, elle-même faisandée par les réactions pavloviennes de la gauche trop peu pensante.

Merci à tous pour les enrichissants commentaires apportés à mon précédent papier. On n'est pas trop de beaucoup pour affronter la complexité du monde et des affaires humaines !

Et merci à Daniel D. pour avoir signalé ce bon endroit : http://lescalier.wordpress.com/2012/02/11/toutes-les-civilisations-se-valent-surtout-la-notre/

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Civilisations. Pourquoi Guéant n’a pas dit que des conneries

Aboyer avec, ou aboyer contre les loups, c’est toujours aboyer. S’agissant de civilisation, il devrait y avoir mieux à faire et surtout à dire. Soit donc le propos de Guéant, exerçant le ministère de l’intérieur de qui on sait et s’exprimant ce 4 février en ces termes :

 « Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité, nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique ». « En tout état de cause, nous devons protéger notre civilisation ».

Voilà donc le propos qui a enflammé le landerneau politico-médiatique selon le mode de la meute, donc selon la forme aboyante. Essayons de dépatouiller l’affaire qui, en ces enfiévrées périodes électorales, a vite pris l’allure d’une cabale.

Précision préalable : je ne saurais voler au secours de Guéant. Qu’il se démerde ! Surtout mon propos se veut, comme son auteur, résolument de gauche. Or, en l’occurrence, je trouve que l’idéologie gauchienne – comme on dit désormais souchienne – se met à patauger dans les fanges qu’elle prétend dénoncer.

Que le Guéant ait mitonné sa tambouille devant un parterre d’extrême droite et à l’intention délibérée de l’extrême droite dans le but de la bassement mais lourdement courtiser, on ne saurait le nier. Mais un type de droite ne dit pas forcément que des conneries. Et vice versa

Le vrai sujet du débat, merdiquement lancé, se pose tout de même sur le fond : ce qu’on entend au juste par « civilisation ». D’où cet enchaînement possible de questions dans le but d’éclairer les lanternes et surtout ceux qui les tiennent :

– Qu’est-ce qu’une civilisation ?

– Les civilisations sont-elle comparables ?

– Qu’est-ce qu’une valeur en civilisation ? 

– De là : quid du relativisme ? De l’universalisme ? De leurs places dans l’Histoire, les sociétés, la morale, etc. ?

Des thèses innombrables se sont affrontées autour de ces questions et je n’aurais ni l’outrecuidance ni l’intention de tenter de les reprendre. Je ne livre donc que mes propres réponses, elles-mêmes alimentées à ma propre histoire – tout étant donc relatif, en ce sens du moins…

(Lire la suite…)

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Puisqu’il l’a dit…

Lors de l'émission "A vous de juger" en 2007, Nicolas Sarkozy s'était engagé sur 5% de chômeurs à la fin de son quinquennat et conseillait aux Français d'en "tirer les conséquences" s'il finissait à 10%. Ben voilà, y a pu qu'à…

En attendant, cliquer sur l'image et jubiler.

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Grand concours de Noël pour le développement du râble de sapin

A vous la légende !

Comment peut-on être grand, con et court ? En participant à notre grand concours de Noël. Règle du jeu simplissime : trouvez la légende qui s’imposera pour cette sublime image commise par les plus talentueux (si !) graphistes de Metz (Lorraine, France), à savoir (reconnaissables sur la photo) :

Arnaud Hussenot, en haut

Fabien Darley, en bas

 Tous les gagnants gagneront : leurs légendes seront publiées au fur et à mesure dans les cases de commentaires prévues à cet effet. C’est-i pas un beau cadeau de Noël, ça ?

 

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Le crachat et le rêve français…

par Amine el Khatmi 23 ans, étudiant en droit (master 2), français

Lettre à monsieur le ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration

Monsieur le ministre,

La sous-direction de l’accès à la nationalité française du ministère que vous dirigez vient de signifier à madame S. Boujrada, ma mère, le classement de son dossier et un refus d’attribution de nationalité. «Vous ne répondez pas aux critères», est-il écrit dans un courrier sans âme que l’on croirait tout droit sorti de l’étude d’un huissier ou d’un notaire.

Ma mère est arrivée en France en 1984. Il y a donc vingt-huit ans, monsieur le ministre, vingt-huit ans ! Arrivée de Casablanca, elle maîtrisait parfaitement le français depuis son plus jeune âge, son père ayant fait le choix de scolariser ses enfants dans des établissements français de la capitale économique marocaine.

Elle connaissait la France et son histoire, avait lu Sartre et Molière, fredonnait Piaf et Jacques Brel, situait Verdun, Valmy et les plages de Normandie, et faisait, elle, la différence entre Zadig et Voltaire ! Son attachement à notre pays n’a cessé de croître. Elle criait aux buts de Zidane le 12 juillet 1998, pleurait la mort de l’abbé Pierre.

Tout en elle vibrait la France. Tout en elle sentait la France, sans que jamais la flamme de son pays d’origine ne s’éteigne vraiment. […]

Lire la suite ici sur Libération.fr, ce texte étant paru dans Libération du 2 décembre 2011 où il a déclenché une vague de commentaires. Mais pas de réactions connues de Claude Guéant et autres.

 

[Merci à Dominique Dréan pour le relais.]

 

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« T’as pas 100 euros ? »

Voici une petite ‘’interprétation’’ de texte, à partir d’un message en circulation sur le web :

« Une journée maussade dans un petit bourg humide au fond de l'Islande. Il tombe une pluie battante et les rues sont désertes.
Les temps sont durs ; tout le monde est endetté ; tout le monde vit à crédit.

Là dessus arrive un ‘’allemand riche’’. Il arrête sa ‘’grosse berline’’ devant l’hôtel de la ville. Il entre pour réserver une chambre pour la nuit et pose un billet de 100 euros sur le comptoir, tout en demandant à voir les chambres disponibles, afin d'en choisir une.

Le propriétaire de l'établissement lui donne les clés et lui dit de choisir celle qu'il veut.

Dès que le client monte l'escalier, l'hôtelier prend le billet de 100 euros, file chez le boucher voisin et règle sa dette envers celui-ci.
Le boucher, qui doit de l'argent à l’éleveur de porcs local, se rend immédiatement chez lui et lui donne le billet de 100 euros.
L'éleveur à son tour règle ses dettes envers la coopérative agricole mitoyenne, où il achète ses fournitures.
Le directeur de la coopérative court au pub, régler son compte de bar.
Le barman, glisse le billet à la prostituée qui lui fournit ses services à crédit déjà depuis des semaines.
Celle-ci, qui utilise l'hôtel professionnellement, court régler son compte avec l'hôtelier.
L'hôtelier repose ‘’finalement’’ le billet de 100 euros sur le comptoir, là où le client l'avait posé auparavant.
Juste après, le client descend l'escalier, annonce qu'il ne trouve pas les chambres à son goût, ramasse son billet et s'en va.

… Quelque part cependant, pour ces ‘’gens du coin’’, le temps semblerait s’annoncer meilleur. »

Additif : infos sur des systèmes de règlements ici.

PS : face au mauvais temps, ne faudrait-il pas cesser de donner encore du temps au temps, pour enfin tenter de limiter ce ‘’tant’’ accapareur de notre temps (cf. modèle des pays ‘’développés’’) ?

[Merci à Gérard Jacquet].

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« L’impromptu de Berlin », madrigal géopolitique

par Luc Rosenzweig (Causeur.fr)

© rfi

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

La scène se passe dans les jardins du Château Bellevue, à Berlin.

Angela von Mecklemburg et Nicolas de Neuilly se sont discrètement éclipsés de la réception offerte par le roi de Prusse.

On entend, au loin, les accents d 'un quatuor de Joseph Haydn.

 

Nicolas :
Madame, l'heure est grave: alors que Berlin danse
Athènes est en émoi et Lisbonne est en transes.
Voyez la verte Erin, voyez l'Estrémadoure
Entendez les Romains: ils appellent au secours !
Ils scrutent l'horizon, et implorent les Dieux.
Tous les coffres sont vides, et les peuples anxieux
Attendent de vous, madame, le geste généreux !
De leur accablement ils m'ont fait l'interprète :
Leur destin est scellé, à moins qu'on ne leur prête
Cet argent des Allemands sur lesquels vous régnez.
Cette cause est bien rude, mais laissez moi plaider...
Angela :
Taisez-vous Nicolas! Je crois qu'il y a méprise
Mais je dois déchanter, et comme c'est humiliant
Je m'attendais, c'est sûr, à bien d'autres hommages !
Folle étais-je de croire à une douce surprise
En vous suivant ici seule et sans équipage
De n'être courtisée que pour son seul argent !
Nicolas :
Vous n'y êtes pour rien, mais soyez magnanime !
Vos attraits sont troublants, mais il n'est point décent
Qu'on les châtie un peu, mais votre main de fer
Nous sommes aujourd'hui tout au bord de l'abîme
Notre Europe est malade, et vous seule pouvez
Madame, les temps sont durs, et votre cœur est grand
Les Grecs ont trop triché? Alors la belle affaire !
Le monde nous regarde, craignons le ridicule !
La soigner, la guérir et, qui sait? La sauver !
Est cruelle aux Hellènes, et nous frappe d'effroi !
D'entrer en badinage quand notre maison brûle !
Angela :
Ma richesse est la leur, ils ont bien travaillé.
L'ouvrier mécontent, le patron en colère.
L'or du Rhin, c'est leur sueur et leur habileté.
J'entends partout gronder, en Saxe, Bade ou Bavière
Et vous me demandez, avec fougue et passion
De jeter cette fortune au pied du Parthénon ?
Ce serait trop facile et ma réponse est non !
Nicolas :
Un seul geste suffit, et demain à Bruxelles
On ne se grandit pas en affamant la Grèce
Nos anciens nous regardent, et nous font le grief
Helmut Kohl est furieux et Giscard désespère.
En oubliant Platon, Sophocle et Périclès !
Desserrez, je vous prie, le nœud de l'escarcelle !
D'être des épiciers et non pas de vrais chefs !
Angela :
Votre éloquence est grande et mon âme chancelle...
Mais si je disais oui à toutes vos demandes
Je comblerais la femme, et trahirais l'Allemande !
Brisons là, je vous prie, la nuit est encore belle
(Ils s'éloignent, chacun de son côté ...)


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Fukushima : 4 mois de catastrophe

Par GreenPeace France

Quatre mois se sont écoulés depuis le tremblement de terre et le tsunami qui ont dévasté le Japon. À 14 h 46 (heure locale), le 11 mars, un séisme de magnitude 9 se produit à une centaine  de kilomètres au large de Miyagi, dans le nord-est de l’archipel. La secousse est suivie d’un tsunami, des vagues de quatorze mètres de haut ravagent le littoral. Samedi 12 mars, a lieu la première explosion dans la centrale nucléaire de Fukushima n°1, à 220 km au nord-est de Tokyo. La première étape d’une catastrophe qui n’est toujours pas terminée.

Photo xtcbz (Flickr)

 

L’état des réacteurs difficile à connaître : l’information se dégrade

Il est de plus en plus difficile de faire un état des lieux de l’état précis de chaque réacteur. Les sources d’informations se font de plus en plus rares… A ce jour, le combustible de trois des cœurs des réacteurs a fondu, au moins partiellement. Dans le réacteur n°1, la fusion du cœur est totale et le corium (magma résultant de la fusion des éléments du cœur d’un réacteur nucléaire, constitué du combustible nucléaire, des éléments de l’assemblage combustible et des divers éléments du cœur avec lesquels il rentre en contact.) se répand dans la partie basse de la cuve du réacteur, et ce depuis les premiers jours qui ont suivis le séisme.
Pour la piscine du réacteur n°2, Tepco a mis en place, début juin, un système de refroidissement. La mise en place de ce système est prévue pour les piscines des réacteurs n°1, 3 et 4. Mais, pour la piscine n°4, un consolidation de son soutènement avec des piliers en acier est nécessaire au préalable.

La dernière mise à jour de l’Agence Internationale à l’Énergie Atomique sur le sujet date du … 2 juin.
Les dernières informations fournies par l’opérateur de la centrale, Tepco, manquent elles aussi de précisions les dernières mises à jour portant sur l’évacuation des eaux de refroidissement contaminées, l’état des réacteurs n’étant pas modifié, par exemple, pour l’unité 1 depuis le 7 avril !

La note « finale » d’information publiée par l’IRSN date quant à elle, du 8 juin. Une note d’information a néanmoins été mise en ligne le 8 juillet, dans laquelle l’Institut, reprenant les éléments fournis par Tepco, évoque une « stabilisation de la situation des réacteurs »… Alors que l’Autorité de Sûreté Nucléaire française elle même introduit son communiqué de presse en déclarant : « L’injection d’eau douce dans les réacteurs 1 à 3 et les piscines d’entreposage du combustible 1 à 4 se poursuit en circuit ouvert. La sûreté ne peut être considérée comme stabilisée tant que cette situation persiste. ». Les deux instances expertes en France ne semblent donc pas totalement en phase dans leurs analyses…

Ce communiqué de presse n°31 de l’ASN relève également que : « L’injection d’eau douce dans les réacteurs 1 à 3 et les piscines d’entreposage du combustible 1 à 4 se poursuit en circuit ouvert. La sûreté ne peut être considérée comme stabilisée tant que cette situation persiste. Les dernières analyses japonaises montrent que le combustible des réacteurs 1 à 3 a fondu rapidement après le début de l’accident. Le combustible fondu peut se retrouver en fond de cuve, ce qui risque d’entrainer leur percement. »

Une contamination très étendue …. qui va durer

Les dernières mesures effectuées dans la ville de Fukushima, située à soixante kilomètres de la centrale, sont franchement inquiétantes.

Les mesures de terrain et analyses de sol effectuées par le laboratoire de la CRIIRAD indiquent que les retombées de césium 134 et 137 radioactif sont de plusieurs centaines de milliers de Bq/m2 : 490 000 Bq/m2 sur la pelouse de l’école primaire Moriai ; plus de 700 000 Bq/m2 dans le quartier Watari. Cette irradiation ne diminuera que très lentement. Elle est due en effet principalement au césium 137 et au césium 134 dont les périodes physiques sont longues (30 ans et 2 ans respectivement). Cela signifie que la radioactivité du césium 137 sera divisée par 2 dans 30 ans. On peut estimer que dans les douze mois à venir, la radioactivité du césium 134 ne sera abaissée que de 30 % et celle du césium 137 de 3%.

Pour la première fois une très forte contamination au césium a été décelée dans de la viande de bœuf qui viendrait de la préfecture de Fukushima au Japon. Une alerte qui confirme que les zones les plus contaminées ne sont pas nécessairement dans la zone interdite des 20 km autour de la centrale accidentée. Cette contamination alimentaire vient s’ajouter à l’irradiation externe reçue par les habitants

La population est trop exposée aux radiations !

En l’état actuel des choses, les habitants de la ville de Fukushima pourraient subir dans les douze mois à venir une irradiation externe de plusieurs milliSieverts alors que la dose au-delà de laquelle le risque de cancer mortel est jugé inacceptable par la CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique) est de 1 milliSievert par an.

À la demande de citoyens japonais, l’ACRO (Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest) a analysé les urines des enfants de Fukushima et les résultats sont sans ambiguïté : toutes les urines contiennent du césium 134 et césium 137 à des concentrations allant de 0,4 à 1,3 becquerel par litre.

Cela signifie que ces enfants, âgés de 6 à 16 ans, sont tous contaminés en césium 134 et césium 137 et qu’ils l’ont probablement aussi été par d’autres éléments radioactifs à vie courte, comme l’iode 131 (ces derniers éléments disparaissent plus vite et ne sont donc déjà plus détectables).

Les mesures prises par les pouvoirs publics ne sont pas à la hauteur

Les autorités japonaises ont décidé, fin juin, d’équiper 40 000 enfants de la région de Fukushima de dosimètres individuels. Ces dosimètres sont chargés de mesurer la dose de radioactivité reçue par les enfants durant leur journée d’école. Pas de prévenir ces doses, pas de les éviter…seulement de les mesurer. Le rayon de 20 kilomètres d’évacuation totale n’a toujours pas été modifié. Dans les 10 kilomètres suivants, la population est censée à la fois « rester confinée » et vivre normalement, envoyant les enfants à l’école, munis d’un dérisoire masque de papier et de leur dosimètre.

Il faudrait évacuer les populations sur un périmètre beaucoup plus large que la zone rouge actuelle qui est de 20 km. L’ensemble des aliments doivent être contrôlés et les mesures de radioactivité bien plus fréquentes. L’élargissement de la zone est essentiel, et l’évacuation des enfants et des femmes enceintes notamment est plus que nécessaire !

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« Travaux » d’été

D'aucuns m'ont fait remarquer – gentiment – mon indolence estivale tranchant sur une dolente actualité…  En voici  une explication graphique fortement exprimée. Ce beau programme renvoie au fameux Droit à la paresse, du camarade Paul Lafargue et néanmoins gendre de Karl Marx.

Autrement dit : c'est l'été…

En attendant la reprise, non précisée, on peut avec avantage visiter le blog voisin C'est pour voir et se régaler  les mirettes. C'est bien aussi.

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Franchement, Nathalie…

© faber

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Marie-José Mondzain : « Une organisation rationnelle et cynique de la misère »

"Organisation rationnelle et cynique de la misère". Bon sang, mais c'est bien sûr ! En écoutant aujourd'hui [24/6/11] le journal d'Antoine Mercier, à 12h.30 sur France-Culture, j'ai bondi en entendant cette formule de Marie-José Mondzain*. Je me suis demandé pourquoi aucun journaliste, éditorialiste, chroniqueur, grand reporter, observateur averti, ne l'a employée jusqu'alors. Elle commentait deux infos chaudes: la fermeture du refuge pour femmes du Samu social à Paris - faute de crédits - et les plans d'austérité en Grèce, mais elle avait évidemment en tête bien d'autres symptomes du merdier ambiant. Comme je pense que ton blog est un lieu de partage de qualité, je livre une transcription de ce commentaire à ceux qui le fréquentent. c'est bien sûr une improvisation orale que Mme Mondzain aurait sans doute amendée si elle devait la publier, mais la force de l'idée demeure bien présente: au-delà de notre indignation il faut voir l'indignité d'une humanité mise en coupe réglée. Une indignité que nous partageons tous.

Dominique Dréan

Marie-José Mondzain : "J'ai l'impression d'une organisation rationnelle et cynique de plus en plus grande de la misère de ceux qui vivent et qui n’arrivent plus à vivre, que ce soit près de nous ou plus loin, mais la Grèce, ça n’est pas si loin.

"Cette organisation rationnelle et cynique de la misère provoque ces rassemblements de ceux qu’on appelle « les indignés » et je sais que ce mot fait fureur, d’une certaine façon, dans la mesure ou le grand et admirable Stéphane Hessel, sous le titre de l’indignation rassemblait le plus grand nombre, au-delà des frontières, pour dire quelque chose du caractère intolérable de la situation.

"Alors, je voudrais, malgré tout, au sujet des indignés comme de l’indignation, dire que [cela…] me semble aujourd’hui une expérience relativement limitée dans la mesure où cette indignation est un régime d’expression affectif et moral qui apaise d’une certaine façon la conscience des citoyens qui, partageant une indignation, croient qu’ils sont déjà dans une mobilisation politique.

"Je pense que cette indignation est un voile pudique, comme expérience morale et affective, de quelque chose qui me paraît beaucoup plus radical et qui est l’indignité. Nous ne partageons pas seulement l’indignation, nous devons savoir que nous partageons aussi l’indignité, c'est-à-dire la perte du droit au respect, à la parole et à la liberté. Donc ce n’est pas en tant qu’indignée que je parle là : c’est pour dire que je partage l’indignité et pour dire surtout qu’on se rende compte de l’indignité silencieuse, sans bruit, sans possibilité expressive, de ceux qui sont sans voix, sans abri, sans parole, coupés de leur langue, de leur pays…

© faber

"Donc il y a là quelque chose de radical qui est la seule façon, face à l’indignité, de se dire que ce que l’on attend n’est pas un réveil des consciences mais un réveil de l’action politique. L’indignation ne suffit pas à mobiliser politiquement. […] La mobilisation politique ne peut pas se contenter de l’apaisement d’une indignation partagée. Il faut partager une indignité.

 

Antoine Mercier : « Vous parlez d’organisation rationnelle et cynique de la misère. On peut imaginer qu’elle est cynique, mais rationnelle… »

 

Marie-José Mondzain : "Elle est rationnelle, oui, parce qu’elle a ses justifications comptables, elle a ses justifications financières, elle a ses experts économiques et elle a la rationalité des profits. Il y a une légitimité qui s’établit dans la rationalité-même du capital et du capitalisme néo libéral et sa violence, et qui est soutenu par une science économique, des experts économiques, des soucis d’équilibre comptable et là on est dans une rationalité.

Non pas que l’indignité soit irrationnelle, mais c’est une autre rationalité."

Cliquer ici pour entendre l'émission de radio et son intervention [placer le curseur un peu avant la moitié].

* Marie-José Mondzain est philosophe et écrivain, directrice de recherche au CNRS et spécialiste de l'image.

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