On n'est pas des moutons

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Qui a dit « Je suis Haïti » ? Personne

Ce monde a le tournis. Ce monde donne le tournis. Et on ne sait plus où tourner la tête : la Syrie, l’Irak, la Libye, la Palestine, la Somalie, le Yémen et tous ces lieux de conflits sans fin, incompréhensibles à la plupart d’entre nous, à défaut de pouvoir les expliquer. À ce sinistre tableau géopolitique, il faut désormais ajouter celui des dérèglements climatiques qui risquent d’égaler bientôt ceux de la folie des hommes – d’ailleurs ils en relèvent aussi. C’est sans doute le cas de l’ouragan Matthew qui s’est déchaîné sur une partie des Caraïbes, dévastant en particulier Haïti où il a causé près de 1.000 morts et semé la désolation.

Quelles sont les conséquences du réchauffement climatique sur les cyclones ?

Fabrice Chauvin, chercheur au Centre national de recherches météorologiques : – Selon les modèles scientifiques les plus précis, le nombre global de cyclones dans le climat futur devrait être stable, voire en légère baisse. Mais dans le même temps, on s’attend à une hausse des cyclones les plus intenses, qui s’explique notamment par l’augmentation des températures des océans. On va aller vers des phénomènes plus puissants, associés à des pluies plus intenses, d’environ 20 % supérieures. [Le Monde, 07/10/2016]

Haïti. Un autre malheur a frappé cette île tant de fois meurtrie – y compris par les dictatures successives –, c’est celui de l’indifférence. Car les « observateurs » n’avaient d’yeux que pour les États-Unis. « Seraient-ils touchés eux aussi par cette même tempête ? » Seule cette question comptait. Rien ou presque pour les victimes haïtiennes. Pas même un « Je suis Haïti »…

C’est pour alerter le monde sur cette solidarité à géométrie variable que Miguel Villalba Sánchez, un artiste espagnol, a réalisé ce dessin :

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« Personne n’est Haïti », en effet.

« Je suis Charlie, je suis Orlando, je suis Paris, je suis Bruxelles »… Mais pas de « Je suis Haïti »… Pourquoi ? Pays trop petit, trop loin, trop noir, trop pauvre, trop…

Ce pays (situé sur la même île que la République Dominicaine), qui a quand même perdu 900 personnes dans l’ouragan Matthew, n’a pas suscité d’émotion en proportion de son drame. Tous les regards médiatiques étaient braqués vers Miami. En chercher les causes revient à questionner l’état du monde, la géo-politique, l’injustice, les conflits, le climat… On en revient au point de départ.

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Cette photo de l’Unicef résume tout. Contre l’indifférence, on peut adresser un donhttps://don.unicef.fr/urgences/ 


Le climat, peut-être… Mais la connerie ?

Suite, somme toute assez logique, de l’article précédent (il y était question de la fin de l’humanité…), cet exemple pathétique, pris sur le «vif» de l’humanité débile. En l’occurrence, ça vient des Etats-Unis, dans l’État de Virginie de l’Ouest (houille et gaz de schiste…) qui compte le plus de climato-sceptiques (deux tiers des habitants). Mais il n’y aurait qu’à se baisser pour en ramasser à la pelle tout autour de nous. Où l’on voit dans toute sa dimension, l’alliance fusionnelle de l’ignorance et des croyances (surtout religieuses), à quoi vient s’amalgamer, de façon « naturelle » en quelque sorte, la soif maladive du profit. Inépuisable sujet de méditation. C’était ce 28 septembre 2015 dans le JT de 20 heures de France 2.

Modifier l’évolution du climat, ça peut encore se concevoir… Mais que faire de la connerie ?

»> Vidéo coupée : Des dizaines d’autres films paradent sur la toile – taper «coal rolling» et désespérer du genre humain…

Post scriptum : Dans la même veine et en tout cas sur les mêmes sujets, j’ai failli oublier, cet excellent (comme toujours) billet de Sophia Aram sur France Inter, ce même 28 septembre, au matin cette fois et intitulé Donald, Nadine et Darwin :


Réchauffement climatique. «C’est foutu ? Non, mais… ça sera très difficile »

Certes, une tempête ce n’est pas la mer à boire… Ah ? Mais les voilà qui se succèdent en rafales,les tempêtes, érodent les côtes comme jamais, menacent les habitations. Tandis qu’il pleut des cordes à peu près partout en Europe, voire dans le monde (sauf dans les zones désertiques, bien sûr), que les rivières débordent, les routes et les ponts s’effondrent. Certes, certes : ne pas confondre mauvaise météo et climat déréglé. M’enfin, depuis qu’on nous canule sur l’air de Tout va très bien madame la marquise, il se pourrait bien qu’on se rapproche du début de la fin.

Considérer cette information toute «fraîche»: «L’année 2013 se place au sixième rang des années les plus chaudes observées depuis le milieu du XIXe siècle, ex aequo avec 2007. Le bilan climatique préliminaire de l’année écoulée, rendu public mercredi 5 février par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), précise en outre que la température moyenne à la surface de la Terre a été de 0,5°C supérieure à la normale météorologique calculée sur la période 19611990.» [LE MONDE | 

rechauffement-climat-le-telegramme-inondationsEt les Bretons de déprimer encore plus sous le coup des lames géantes ou des inondations, comme à Morlaix, dont la mairesse finit par déplorer publiquement les effets d’une agriculture ravageuse des haies et talus. Plus rien ne retient l’eau  de pluie qui se déverse dans la ville comme dans un entonnoir. Serait-il donc  possible que l’activité humaine fût cause de tant de dérèglements et dégâts ?! La sagesse finirait-elle par poindre après tant de dénégations ou de contre-affirmations forcenées ?

L’humain et sa tendance à courir au devant des catastrophes – «Nous étions au bord d’un gouffre, nous avons fait un grand pas en avant»...(Félix Houphouët-Boigny). Puis, s’il en réchappe c’est aussitôt pour oublier la leçon. Ainsi claudique l’humanité.

Voyons ce qu’en dit, dans sa docte prudence, un de nos spécialistes du climat.


Pour Jean Jouzel, le réchauffement climatique… par FranceInfo


Comment le nucléaire marque le clivage entre productivisme et humanisme

Quand il se fait prédicateur de l’Apocalypse, ce n’est pas ce que j’aime le plus chez Paul Virilio, ce penseur de la technologie alliée à la vitesse. C’est sans doute à cause du ton, par trop péremptoire. Pourtant, lorsqu’il prédit que tout ce qui peut arriver finit par arriver il est imparable et nous plonge le nez dans l’actualité la plus « radieuse ». Ainsi, je résume en substance, en inventant le chemin de fer, l’homme a inventé le déraillement. De même pour l’auto et les platanes, l’avion et les crashes, les centrales nucléaires et Fukushima ou Tchernobyl.

 

Merci donc, Paul V. d’avoir fait de ces évidences l’un des pivots de nos modernités infernales.

 

S’agissant du nucléaire, nous nous voyons projetés dans un autre registre que celui de l’accident, même le moins banal. Ainsi devons-nous nous attendre, hélas, aux 600 ou même 800 cadavres qu’il faudra dénombrer du crash « annoncé » d’un A-380 – l’appareil probablement vanté dans les prospectus comme « le plus sûr du monde ». On sait : il en fut de même du Concorde, …jusqu’à son dernier vol. On reparlera une autre fois de l’épopée fatale du Titanic.

 

Mais le nucléaire… Ici, nous changeons totalement de registre puisque, même en ayant déjà décrété les actuelles installations comme les « plus sûres du monde », cette prétention-slogan se fracasse contre la terrible « loi » de Paul V. Et aujourd’hui, la terrifiante et désolante actualité oblige les technocrates – au sens strict : « qui gouverne par la technique » – à ajouter une couche supplémentaire à ladite sûreté prise en défaillance. Madame Areva s’est ainsi dépêchée, au troisième jour de l’Apocalypse japonaise, de promouvoir le super-modèle déjà en magasin sous l’appellation magique de « EPR ». Si les Japonais, eut-elle l’outrecuidance d’énoncer en substance, avaient été équipés de centrales EPR, ils n’en seraient pas là !

 

Madame Areva, dans la catégorie générique des technocrates, fait partie de la sous-espèce dite des « nucléocrates » – ceux qui gouvernent par le nucléaire. Il s’agit de têtes d’œuf, donc « bien faites et bien pleines » des dogmes de l’infaillibilité de la chose atomique. Tellement bourrées de ladite chose qu’il n’y a plus, dans ces cerveaux ainsi saturés, la moindre place pour quelques réflexions et connaissances qui limiteraient leurs orgueilleuses prétentions et les ouvriraient, sinon vers une franche humanité, du moins vers un sens authentique du bien commun.

Madame Areva : «Nous, les enseignements on les a déjà tirés dans tous nos «designs» (sic)

 

Passagèrement secoués par la catastrophe de Tchernobyl, ils ne manquèrent pas de se remplumer lors de ce dernier quart de siècle, qui vit aussi l’émergence d’une relève de génération toute neuve, pimpante, sûre d’elle et conquérante…

(Lire la suite…)


Allègre s’estime diffamé par Politis, qu’il attaque en justice

L’ancien ministre Claude Allègre s’estime diffamé par une tribune parue dans Politis le 18 juin 2009. Le texte portait les signatures de huit personnalités du monde universitaire, scientifique ou associatif. L’hebdo lance une pétition de soutien.

Les auteurs de la tribune qui dérange Allègre, ainsi que le directeur de la publication, ont été mis en examen pour « diffamation publique envers un fonctionnaire public ». Ledit fonctionnaire n’est autre que Claude Allègre, dont Patrick Piro brosse le portrait dans le numéro en cours.

«Nous n’aimons guère l’adjectif « controversé », écrit Denis Sieffert, le rédacteur en chef, Mais s’il s’applique à quelqu’un, c’est bien à Claude Allègre. L’homme est de nouveau, aujourd’hui, au cœur d’une controverse qu’il a lui-même provoquée en contestant violemment les travaux des climatologues qui nous mettent en garde contre les conséquences de certaines activités humaines sur l’avenir de la planète. Il est entré dans ce débat comme toujours, sans être trop regardant sur les moyens ni les arguments. Comme un mauvais rugbyman dans la mêlée : en piétinant ses adversaires. Contrairement à la présentation que l’on fait de lui dans certains médias complaisants, il n’est pas un « sceptique ». Le scepticisme ne peut pas plus s’appliquer aujourd’hui aux conclusions des climatologues du monde entier qu’à la rotondité de la terre. Ce que M. Allègre appelle improprement scepticisme, c’est l’incrédulité de l’ignorance. Et pire encore : l’exploitation de cette incrédulité par quelqu’un qui sait.

«Mais, en juin 2009, lorsqu’est paru sous le titre « Claude Allègre : question d’éthique » le texte de Politis, l’important personnage avait une autre actualité. On parlait de lui comme ministrable dans le gouvernement Fillon. Il s’apprêtait à devenir dans le domaine des sciences et de l’éducation ce qu’Éric Besson, ancien socialiste comme lui, est à la solidarité et aux droits de l’homme. Aurions-nous, malencontreusement, interféré dans ce calendrier ? Serait-ce la cause de la colère de Claude Allègre à notre égard ? Quoi qu’il en soit, nous voulons dire ici que, ce texte, nous sommes fiers de l’avoir publié et nous l’assumons pleinement aux côtés de nos sept amis – sept, hélas, et non pas huit, puisque Jean-Yves Barrère, emporté par la maladie, nous a quittés depuis. Ce texte, il peut se lire comme un bilan critique de toute une carrière. Mais aussi comme prémonitoire de la polémique sur le climat. Preuve de sa double actualité.»

»> Voir aussi : Allègre, GIEC, curés pédophiles. Science et religion dans le plus obscur climat


Allègre, GIEC, curés pédophiles. Science et religion dans le plus obscur climat

Malaise dans nos civilisations. Civilisées, le sont-elles, d’ailleurs, autant qu’elles le proclament ? Où que l’on tourne le regard, le doute nous saisit. Quels repères, quels sens trouver qui indiquent direction, espoir. « Le monde est pourri, la vie est belle », j’aime bien cette parole de Claire, une copine, qui ajoutait aussi, d’une conviction entière, « On fait ce qu’on peut ». Ça ressemble à du banal. Ce n’en est pas, non. Qui, en effet, peut prétendre ici-bas accomplir tout son possible ? Vraiment tout le possible… C’était ma minute philo qui m’entraîne dans la pataugeoire que nous appelons aussi « actualité », là où tout le possible n’est jamais épuisé. J’en prends deux bouts, les deux extrémités d’un bâton bien merdique :

– D’un côté des curés pervers, passant à l’acte sur des enfants qu’ils ont mission de guider… ; dans cette lignée, un appareil, celui du pouvoir religieux ecclésiastique et sa cohorte économique et hiérarchique, sous-papes et pape, l’État vaticanesque, ses succursales mondialisées propageant la « bonne parole » – tu parles, oui !

– De l’autre, une tentative de politisation de la science par le truchement de deux illusionnistes médiatisés, Vincent Courtillot et surtout Claude Allègre cumulant, lui, la fonction complémentaire d’escamoteur et chantre du libéralisme « décomplexé ».

Il s’agit bien d’un seul et même tenant, celui de la dissimulation, de la falsification, formes visibles de cet obscurantisme revenant à l’offensive sauvage dans nos temps en perte de lumières.

Les religions – depuis le temps ! – ont imprégné toutes les strates de nos sociétés, conditionnant jusqu’à nos inconscients, notre langage, nos comportements. Comme les systèmes totalitaires, elles ont aussi sécrété leurs ordres policiers, déployé des agents d’inquisition, enfoncé « leur main noire jusque dans le ventre des hommes » – Panaït Istrati en 1927 à propos du stalinisme. Plus encore, elles ont acquis cette sorte de statut reconnu d’agent culturel, patenté, celui du medium selon la terminologie de Régis Debray qui s’interroge sur leur sens profond et les questionnements que l’animal humain y place dans la durée de son histoire.

Partout dans le monde déboussolé, les religions se sont inscrites comme des manifestations « naturelles » de données éminemment culturelles : les croyances et les superstitions. Darwin, pour commencer, puis ses continuateurs dont les plus actuels – entre autres, Patrick Tort en France et Richard Dawkins en Grande-Bretagne – ont intégré les comportements religieux dans les processus de l’évolution naturelle. Je passe ici sur leur argumentation, forcément complexe, pour plutôt faire ressortir les difficultés énormes que semble affronter le genre humain dans son immense majorité à poursuivre son évolution en direction d’une rationalité affirmée, et pour autant non dénuée de spiritualité – au contraire !

Certes, il faudrait ici en appeler aux plus amples développements ; ce n’est pas le lieu et je n’en ai pas non plus la prétention. Je ne fais donc que frôler cette problématique à l’occasion des affaires de pédophilie ecclésiastique qu’on peut considérer sous deux angles.

Le premier ne serait qu’anecdotique s’il ne touchait à une criminalité et à ses victimes ; il montre que les curés, condamnés à la névrose et au refoulement sexuel au nom du dogme le plus absurde selon lequel l’amour « normal », sexualité comprise, contreviendrait au « dévouement au Seigneur »… Faut-il avoir parcouru toute une chaîne de pathologies multiples pour accoucher d’une telle hérésie. Hérésie elle-même fondatrice du code général de définitions et dénonciations de toutes les autres, au nom du Dieu, bien sûr, et plus encore du Dogme canonique. Ainsi boucle-t-on des systèmes totalitaires, en religion comme en politique, ou plus généralement en idéologie. Si on admet que les curés ne sauraient être moins névrosés que le reste de la population – c’est l’argument qui sert de défense à l’Église –, outre que cela donne matière à objection, rapport au fameux « vœu de chasteté », il ne faut pas oublier que ces « serviteurs » sont censés se présenter en parangon de Vertu, et se prétendent tels ! On a donc beau et faux jeu que de minimiser leurs crimes au prétexte qu’ils ne seraient pas moindres de ceux des autres bergers de la société, comme les instituteurs de la laïque, suivez mon regard. L’argument me renvoie à celui par lequel on oppose le régime castriste de Cuba à une pseudo démocratie capitaliste. Il s’agit bien de dictatures, mais l’un prétend avoir mené son peuple au Paradis socialiste. Ce qui n’excuse nullement l’autre !

Second angle : Ces « anicroches » correspondraient en somme à d’ordinaires anomalies concernant des brebis égarées. Il suffit de les remettre dans le droit chemin et tout ira bien et même mieux qu’avant. Un petit coup de « plaider coupable », quelques contritions – vous savez ces séances publiques, bien médiatisées, de pardonnage impudique et en larmes de crocodiles, même les politicards en raffolent, les patrons brigands encore plus, du moment que ça fait passer les pilules du lendemain… Moyennant quoi tout repart comme avant et, pour ce qui est des systèmes d’aliénation religieuse, tout rentre dans l’ordre ecclésial et surtout séculier. Amen !

Deuxième bout du même bâton, donc. Il touche à la démarche rationnelle, à la science, à la tentative de l’homo sapiens, s’étant mis debout, de voir au delà de la seule chandelle qu’il porte. La pensée construite – c’est-à-dire argumentée et contrée avant validation et poursuite vers l’étape suivante – spécifique de l’animal humain [je tiens cette judicieuse expression de Wilhelm Reich], vaut par sa capacité à éclairer son devenir ; elle implique une idée de mieux-être, d’avancée dans une humanité en marche et soucieuse de n’abandonner rien de ce qui est humain et de ce qui y contribue. Sa rupture d’avec l’irrationalité religieuse repose sur l’ancrage précisément terrestre et non céleste, temporel et non éternel, réel et non contingent.

Elle s’écarte aussi de la foi, soit en l’excluant comme hypothèse non rationnelle, soit en la reléguant au monde de l’intime. Savoir et croire, ça fait deux. Deux états qui se confrontent aussi au quotidien, notamment dans le champ de la (difficile) communication entre personnes, notamment aussi dans l’établissement de ce qu’on appelle réalité ou vérité. Entre parenthèses, le métier de journaliste se trouve précisément à la croisée de ces états selon lesquels se constituent, pour tout un chacun, son propre rapport au monde.

La Science, quant à elle et moins que toute activité humaine, ne saurait s’exclure de la séparation de ces états. Elle part de là et c’est de là aussi que surgit un clivage, voire un schiste : unifier savoir et croyance par élimination « naturelle » de la dernière ; ou bien séparer les deux domaines, considérer qu’ils peuvent fonctionner séparément, voire collaborer.

Que le doute se saisisse du monde scientifique, ou l’interpelle comme on dit, je n’y vois qu’avantage et nécessité. Trop de « certitudes » ou de « vérité » ne peut que nuire à l’établissement des données de la complexité. Mais un soupçon même de croyance, n’entache-t-elle pas l’ensemble de la démarche scientifique – point d’interrogation.

Pour en revenir aux deux « contrevenants » s’opposant au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), je rangerais Courtillot dans la première catégorie – celle des semeurs de doute quant à la Vérité climatique, sous réserve de validité de l’argumentation, bien sûr –, et Allègre dans la seconde, évidemment, celui des manipulateurs délibérés dont les visées peuvent, pour le moins, être suspectées d’intentions « impures » quant à la démarche scientifique. Les 400 climatologues qui lui volent dans les plumes [Le Monde, 2/4/10] semblent posséder de solides arguments. Je dis « semblent » car ils en préparent une présentation prochaine. Mais indépendamment, il y a le personnage même d’Allègre, fortement émetteur d’antipathie – tant de suffisance ubuesque ! tant d’arrivisme politique ! Il y a aussi et surtout son attitude de faussaire l’ayant amené à falsifier des données scientifiques et des courbes – ce qu’il a reconnu en « raison » d’« un choix éditorial ». Et ce qui l’exclut du champ scientifique. De même lorsqu’il conclut son débat avec un écologiste [Yannick Jadot, France Inter, 31/03/10] par, en substance, « De toutes façons, la Nature répare toujours les dégâts des hommes »… – ce qui était déjà, dans les même termes, le credo libéral d’un Madelin, ou des néo-conservateurs états-uniens. Dès lors, il ne reste plus qu’à tirer l’échelle sous ce Nostradamus à la manque et à le renvoyer à ses prédictions volcaniques et autres délires sur l’amiante.


Copenhague. La sirène et la grenouille

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11rainette.1261239393.jpgC’est un conte de Noël, emprunté à La Provence [18/12/09]. Lisez voir ci-contre [clic droit] leur plat billet, mieux que rien. Mais à la veille du fiasco de Copenhague – on peut bien crever la gueule ouverte – l’historiette de la rainette de Salon valait bien une fable. Même les Fontaine se tarissent de nos tristes jours. Je tente la mienne, également à base de grenouillette, peut-être même de l’espèce de Salon (de Provence).
J’allais donner de ma grande cisaille à dégager le lierre envahissant. Je l’ai aperçue entre les deux lames, me scrutant de ses yeux d’or, le jabot palpitant d’une courte respiration. Inquiète ? Stressée ? Elle m’a laissé le temps d’une pause photo et même plus, comme une starlette sur les marches de Cannes. Elle posait là dans le plus simple appareil, sur le plastique noir et technique d’un boîtier électrique ; à contempler le monde, sans rien savoir de Copenhague ni de sa petite sirène au chant trompeur. Mais en en connaissant bien tous les enjeux. C’est bien ça : elle frémissait sous l’air incertain, soufflant le chaud et le froid. Comme nous en somme, pauvres humains, sur la même galère en dérive. Jadis animal fétiche de la météo, elle parcourait l’échelle du temps qu’il fait. La voilà devenue, petite et magnifique grenouille, symbole du temps qui reste.


La dernière du jour : Et si l’Europe se chauffait avec le soleil du Sahara ?

« Un consortium allemand veut lancer un grand projet de centrales thermosolaires. Produite en Afrique saharienne, l’électricité transiterait sur des lignes à haute tension. Les premières livraisons pourraient avoir lieu dans dix ans ». [Le Monde, 13/7/09]

La dernière richesse de l’Afrique pas encore exploitée, le soleil, bon sang, que faisaient les rapaces à la laisser ainsi dorer… au soleil ? Surtout, que les Africains ne se dépêchent pas d’entrer «dans l’Histoire», qu’on les pille encore un peu plus !

Remarquez que les plus pourris des politiciens africains n’ont pas attendu cette lumineuse idée venue du Nord. Ainsi, dans la si longue lignée des dictateurs du continent, un Mobutu a-t-il placé le Congo-Kinshasa en coupes réglées ; pour exploiter, à son compte personnel pour commencer, les immenses richesses minières du pays, il a fait construire des barrages hydroélectriques, dont un gigantesque destiné à alimenter les mines de cuivre du Katanga. Les lignes à haute tension traversent le pays, sans même condescendre dans les pauvres villages quelles surplombent [lire sur ce blog : Congo-Banque mondiale. Ou comment, avec deux euros par mois, rembourser une dette de 10 milliards ]

Donc l’énergie solaire et son exploitation, c’est déjà commencé avec les barrages. La nouveauté, sous couvert « technologique » – jadis les missionnaires et les militaires précédaient les colons ; aujourd’hui c’est la « technologie » qui déboule d’abord – c’est de la jouer « écolo » avec des panneaux solaires. La blague ! Ils vont tout bonnement envahir le Sahara – pas grave, c’est un désert – et planter leurs pylônes à tout va. Sans doute n’oseront-ils pas, ces affairistes teintés de sens démocratique, on ne rigole pas, la jouer carrément à la Mobutu. Non, ils distribueront plus visiblement, ostensiblement, quelques miettes de kilowatts à grands coups de com’ tiers-mondiste. Craignons le pire. Pour le peu que les Chinois surenchérissent en tirant leurs lignes jusque là-bas…

Obama devra revenir encore et souvent sur les traces de ses lointains ancêtres s’il veut parvenir à brancher leurs actuels descendants sur les étroites voies du libéralisme démocraticable.


Écologie mon amour. Le « tour du monde » de Depardon ne vaut pas un pet de baudet

Voici donc l’Air du Barbier de Nosvilles : demain on va écologiser gratis et entrer dans une ère nouvelle, prout-prout ma chère comme dit ma copine Chantal. L’ère en question, l’air nouveau que voilà demain tout de suite ce sera selon la recette du pâté de cheval à l’alouette : une centrale nucléaire, un moulin à vent, dixit le Sarko nouvo.

Or, à propos de vents et de prouts, je vais vous en conter une. Si vous suivez ma prose blogueuse, vous savez donc que l’été dernier, j’ai effectué un périple fantastique exposé dans un ouvrage du même acabit bravement intitulé « Le tour d’un monde en sept jours avec un âne en Provence ». [Suivez le lien pour plus d’info et si possible le commander].
Certes, je me fais un peu de pub au passage mais, vous l’allez voir, elle se justifie pleinement, en particulier depuis les dernières européennes, avec les résultats qu’on sait.

Donc, disais-je, pour fêter à sa manière la sortie de mon bouquins [voir ci-dessus…], ma fiancée m’a offert… un autre bouquin au titre provocateur : « Le tour du monde en 14 jours, 7 escales, 1 visa ». L’auteur est un peu plus connu que celui du « Tour d’un monde, bourricot, etc. ». C’est un certain Raymond Depardon, qui clame ceci sur la 4e de couv’ : « Je reviens fatigué, mais heureux de voir que la Terre est ronde »… Beuh… Fatigué, Raymond ? On le comprend, le champagne dans les zincs de première classe ou classe bizness, ça pompe. Il a d’ailleurs la candeur, notre « photographe de réputation internationale », de nous mettre sous le nez, les fac-simile de ses billets, tous ou presque de United Airlines, comme ça on sait d’où vient le pognon.

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A l’heure de l’écologie triomphante, pour sûr, notre Depardon se sent un peu péteux rapport au kérozène qu’il a bouffé, en plus des petits fours de United Airlines. Alors, à la façon du non moins fameux et pompeux Yann Arthus-Bertrand [j’ai subi le début de son « Home » et ça m’a bien vite plus que gonflé aussi…], lequel est à François Pinault ce que Depardon est à United Airlines, notre super photographe a cherché un ou deux… pardons par anticipation.

Il l’explique à la toute dernière page de son bouquin, une idée d’éditeur on dirait même : « Raymond Depardon a souhaité compenser les émissions de CO2 liées à son voyage. Il a fait appel à la fondation suisse Myclimate,  une des entreprises de compensation de carbone les plus réputées (on compte aujourd’hui environ 170 entreprises de ce type).  Le calcul des émissions de CO2 s’effectue à partir de la consommation de kérosène des avions empruntés ainsi que de la classe dans laquelle  le passager a voyagé.  Pour son tour du monde, Raymond Depardon  a parcouru 45157 kilomètres en première classe et en business. Les émissions de carbone liées  à ce voyage sont ainsi estimées à 17246 tonnes, compensables par un don de 1234.  Cette somme, que Raymond Depardon a reversée à Myclimate, permet à cette fondation de financer des projets spécialisés dans la promotion  des énergies renouvelables et dans la limitation de la consommation d’énergie. » [Souligné par moi].

Pas beau ça ? Se donner bonne conscience, ça coûte pas cher quand on a les moyens. Ce bouquin est une escroquerie intellectuelle, d’ailleurs révélée par les quelques lignes malhabiles tentant à justifier cet injustifiable « tour du monde en solitaire ». Tu parles !

Tandis que bibi, avec son « Juju » de baudet provençal, a réalisé son tour d’un monde en moitié moins de temps et pour zéro émission de CO2… Zéro, vraiment ? Ah non, pas tout à fait, il faut compter nos pets – eh ! – et surtout ceux de l’âne, possiblement volumineux mais rares en vérité, si on n’évalue pas ce qui se passe lors de l’émission de crottin.

Or, ce matin, j’aborde la chose avec un spécialiste, Patrick Piro, journaliste « écologie » à Politis et vieux copain. Voici ce qu’il m’apprend presque en s’excusant : « Puis-je souligner que le pet des bourricots est neutre climatiquement, si l’on considère que l’herbe bouffée repousse (fertilisée par les déjections), fixant le carbone relâché ? D’autant que les ânes n’étant pas des herbivores polygastriques comme les bovins, leurs flatulences n’émettent que peu ou pas de méthane. »

Ainsi étais-je, en tant que grand voyageur tour-de-mondiste, totalement absout de pollution nocive !

Quant au bouquin lui-même, il n’a pas dû être trop dépensier : sorti à peu d’exemplaires (400) chez un imprimeur étiqueté « Imprim’ vert », il a seulement dû être transporté par camionneur et par la poste.

A ce propos, je peux même vous l’envoyer ! : chèque de 14 euros, et hop vous voyagerez plus qu’avec Depardon !



Tout un monde en Hummer et en Provence, jusque chez Richard Perle

2hummer_1En ce 1er août 2006, mon pote Bernard me dit au bigo ce dimanche, à l’heure de la messe :

« Ouf, ça va mieux, il pleuviote sur Paris ! » [Notez le «sur» Paris, comme dans le Prévert de «il pleuvait sans cesse sur Brest» …] 

Je dis ça en passant parce qu’on parle souvent à la va comme je te cause, et on écrit aussi de même, agis que nous pouvons être par les modes de parlure, genre « au final », « on va dire », « je descends sur Marseille », « que du bonheur ! » et autres formules frappées à l’emporte-pièce puis, on ne sait trop comment, propagées par une espèce de grippe-aviaire-des-mots, sans doute inoculée par les publicitaires, répandues par les feuilletons télé, les radios et toute la basse-cour médiatique. (Belle phrase, non ?).

Ce gros machin fachoïde…

Il me disait ça, le Bernard et, tels des ex de la coloniale, lui et moi on évoquait cette fois où sous une paillote de l’hôtel Chari à N’Djaména, complètement à la ramasse, on regardait notre thermomètre atteindre son Everest : 47° Oui, la canicule dix mois par an, sans clim ni parfois de flotte. Tu le ferais, toi ? « Des feignants ces nègres, tiens ! » Ce genre de connerie qu’on finira peut-être bientôt par ne plus entendre, une fois nos climats bien déréglés. Et que peut-être aussi, à son tour, l’Afrique connaîtra les douceurs d’un Gulf stream. En attendant la glaciation. Ce qui, il est vrai et comme pour « le fût du canon », peut prendre quand même un certain temps. Ainsi qu’on le va conter.

Donc, de ce pas et sous le cagnard dominical, j’allais quérir ma gazette locale au tabac-journaux du patelin. C’est bien de sortir. Même pas loin, comme j’aime à dire aux apprentis-journalistes. Assigné à résidence dans mes espadrilles, je n’aurais rien su – pas cette fois du moins – d’une nouvelle horreur venant s’ajouter aux nuages d’ozone et CO2 de notre noir avenir planétaire. Je n’en voyais guère de pire que les 4x4 diesel, genre fourgon funéraire pour riches, turbinant leurs 20 litres au cent, sans compter la clim’ pour garder le teint rosé. Mais t’as pas fini d’en voir, mon gars !

Ce gros machin fachoïde, là, garé sur l’emplacement du car, fenêtres noires et closes, moteur et clim en marche Pas croyable, un monstre ! Comme qui dirait Schwarzeneger – ouais, gouverneur de la Californie, où il a fait aussi dans les 45° ces jours-ci – en battle-dress macabre, casque à visière aveugle, des chromes comme des poignées de cercueil. Un machin de guerre américain mâtiné de corbillard soviétique. Un « Hummer » ça s’appelle, que m’apprend le débitant – « Y a des revues là-dessus, voyez ! ». Regardez à votre tour (▲ photos ▼ piquées sur le oueb, j’allais quand même acheter un canard pareil !). Vous croisez ça à la nuit tombante rue Quincampoix, dans le quatrième, à Paris – supposons –, que vous ne savez plus dans quel trou vous réfugier, comme en 40 sous la Kommandantur.

Eh bien, y avait « ça » devant mon tabac-journaux ce matin ! Et « ça » était conduit par une dame aussi élégante que fluette venue chercher ses trois paquets de Marlboro. Et que même mon débitant lui a causé en anglo-provençal, vu qu’elle ne pipait pas le molière. Pas le moindre «Bonjour, Marlboro, trois, merci, r’voir». Que de l’angliche.

Je le lui fais remarquer à mon débitant, en lui prenant la Provence que du coup il me fait payer « ninety » – pour de rire. Et qu’il accompagne d’une vanne éculée, probable survivance d’un film sur les Viets, façon Schoendoerffer: « Dans un œuf, y a du jaune et du blanc ; cassé et mélangé, y a plus que du jaune, hé ! »

Bon, je la ferme et me casse. La dame a rejoint sa casemate à moteur pour démarrer aussitôt comme à Dallas, seule à bord.

Eh eh, me fais-je in petto, si c’était Mrs Perle ? Oui : l’épouse de Richard Perle, conseiller et ami de W. Bush, l’un des néo-cons’ les plus influents à la Maison Blanche – et possédant par ailleurs une résidence dans le Luberon, je ne sais trop où, mais pas bien loin de mon tabac-journaux… Tenez, le v’là en photo  dans sa cabane provençale… à Gordes La vie est belle. Allez, « à ciao ! » Je vous laisse écrire la morale du conte (un peu) véridique.


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet. » Bossuet

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    • Énigme

      Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

      Philippe Casal, 2004 - Centre national des arts plastiques - Mucem, Marseille

    • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

      La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
      (Claude Lévi-Strauss)

    • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

      Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexualité / politique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
    • «Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl»

      Comme un nuage, album photos et texte marquant le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986). La souscription étant close (vifs remerciements à tous les contributeurs !) l'ouvrage est désormais en vente au prix de 15 euros, franco de port. Vous pouvez le commander à partir du bouton "Acheter" ci-dessous (bien préciser votre adresse postale !)

      tcherno2-2-300x211

      Il s'agit d'un album-photo de qualité, à tirage soigné et limité, 40 p. format A4 "à l'italienne". Les photos, prises en Provence et notamment à Marseille, expriment une vision artistique sur le thème d’« après le nuage ». Cette création rejoignait l’appel à l’organisation de "1.000 événements culturels sur le thème du nucléaire", entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fukushima) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl).
    • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

      L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

    • montaigne

      Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

      La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

    • « C’est pour dire » de Gérard Ponthieu, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification (3.0 France). Photos, dessins et documents mentionnés sous copyright © sont protégés comme tels.
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    • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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