On n'est pas des moutons

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Trump. « Impensable », puisqu’impensé

Com­ment ne pas en rajou­ter, inuti­le­ment, à ce flot média­tique mon­dial déver­sé à pro­pos de Trump et de son élec­tion ? Car le nom­bril du monde, on le sait bien, se situe aux États-Unis, capi­tale du Capi­tal 1. Qu’un his­trion mil­liar­daire en prenne les gou­vernes, c’est dans « l’ordre des choses ». Dans un cer­tain ordre de cer­taines choses : celles de l’argent-roi en par­ti­cu­lier, de la crois­sance à tout-va, de l’exploitation sans bornes des res­sources natu­relles et des humains entre eux. Le cli­mat pla­né­taire n’est vrai­ment pas bon.

La nou­veau­té, cette fois, c’est que les Cas­sandre de tous poils en sont res­tés sur le cul. Tous médias confon­dus, ana­lystes, pré­vi­sion­nistes, son­deurs n’avaient envi­sa­gé « le pire » que sous l’angle qua­si anec­do­tique, une vision cau­che­mar­desque aus­si­tôt refou­lée, comme pour mieux en conju­rer l’éventualité. C’était impen­sable.

Tel­le­ment impen­sable que cet « ordre des choses » com­man­dait de ne pas y pen­ser. L’impensable résul­tait en effet de l’impensé. Ce fut le pari gagnant de Trump, celui de parier sur le rejet orga­nique du « clan Clin­ton », rejet tri­pal – car vécu au plus pro­fond d’êtres frus­trés éco­no­mi­que­ment, socia­le­ment, cultu­rel­le­ment. Trump va sans doute les « trum­per », puisque c’est un ban­dit poli­tique qui a su les séduire (au sens pre­mier : Détour­ner du vrai, faire tom­ber dans l’erreur) en sachant leur par­ler, avec le lan­gage de la vul­ga­ri­té dans lequel ledit peuple a la fai­blesse de se com­plaire et de se recon­naître.

Et cela, à l’opposé des « élites », les soi-disant sachants, les « qui ne savent rien du tout » de la réa­li­té vécue en dehors des sphères de l’entre-soi. On peut mettre dans ce panier des « ins­truits cons ». 2 Dans cette caté­go­rie, on met­tra notam­ment la « classe » des jour­na­listes et assi­mi­lés. Je mets le mot entre guille­mets car il n’est pas exact, pas juste, en ce sens qu’il dési­gne­rait un ensemble homo­gène ; ce n’est pas le cas, car il faut consi­dé­rer les excep­tions, même si elles sont plu­tôt rares, sur­tout aux Etats-Unis. Par­mi elles, Michael Moore. Il a été l’un des rares à pres­sen­tir la vic­toire de Trump, dès le mois de juillet dans un article sur son site inti­tu­lé « Cinq rai­sons pour les­quelles Trump va gagner » 3.

moore-trump

Le réa­li­sa­teur 4 pré­voyait notam­ment une sorte de « Brexit de la Cein­ture de rouille », en réfé­rence aux États de la région à l’industrie sinis­trée des Grands Lacs tra­di­tion­nel­le­ment démo­crates et qui pour­tant ont élu des gou­ver­neurs répu­bli­cains depuis 2010. Selon Moore, cet arc est « l’équivalent du centre de l’Angleterre. Ce pay­sage dépri­mant d’usines en décré­pi­tude et de villes en sur­sis est peu­plé de tra­vailleurs et de chô­meurs qui fai­saient autre­fois par­tie de la classe moyenne. Aigris et en colère, ces gens se sont fait duper par la théo­rie des effets de retom­bées de l’ère Rea­gan. Ils ont ensuite été aban­don­nés par les poli­ti­ciens démo­crates qui, mal­gré leurs beaux dis­cours, fri­cotent avec des lob­byistes de Gold­man Sachs prêts à leur signer un beau gros chèque ».

Cette « pro­phé­tie » s’est réa­li­sée mar­di… D’ailleurs ce n’est pas une pro­phé­tie mais la déduc­tion d’une ana­lyse de ter­rain propre à la démarche de Moore. 5

Recon­nais­sons aus­si à un jour­na­liste fran­çais, Ignia­cio Ramo­net (ex-direc­teur du Monde diplo­ma­tique), d’avoir lui aus­si pen­sé l’« impen­sable ». Le 21 sep­tembre, il publiait sur le site Mémoire des luttes, un article sous le titre « Les 7 pro­po­si­tions de Donald Trump que les grands médias nous cachent » 6. Extraits :

« Depuis la crise dévas­ta­trice de 2008 (dont nous ne sommes pas encore sor­tis), plus rien n’est comme avant nulle part. Les citoyens sont pro­fon­dé­ment déçus, désen­chan­tés et déso­rien­tés. La démo­cra­tie elle-même, comme modèle, a per­du une grande part de son attrait et de sa cré­di­bi­li­té.

[…]

« Cette méta­mor­phose atteint aujourd’hui les Etats-Unis, un pays qui a déjà connu, en 2010, une vague popu­liste rava­geuse, incar­née à l’époque par le Tea Par­ty. L’irruption du mil­liar­daire Donald Trump dans la course à la Mai­son Blanche pro­longe cette vague et consti­tue une révo­lu­tion élec­to­rale que nul n’avait su pré­voir. Même si, appa­rem­ment, la vieille bicé­pha­lie entre démo­crates et répu­bli­cains demeure, en réa­li­té la mon­tée d’un can­di­dat aus­si aty­pique que Trump consti­tue un véri­table trem­ble­ment de terre. Son style direct, popu­la­cier, et son mes­sage mani­chéen et réduc­tion­niste, qui sol­li­cite les plus bas ins­tincts de cer­taines caté­go­ries sociales, est fort éloi­gné du ton habi­tuel des poli­ti­ciens amé­ri­cains. Aux yeux des couches les plus déçues de la socié­té, son dis­cours auto­ri­ta­ro-iden­ti­taire pos­sède un carac­tère d’authenticité qua­si inau­gu­ral. Nombre d’électeurs sont, en effet, fort irri­tés par le « poli­ti­que­ment cor­rect » ; ils estiment qu’on ne peut plus dire ce qu’on pense sous peine d’être accu­sé de « raciste ». Ils trouvent que Trump dit tout haut ce qu’ils pensent tout bas. Et per­çoivent que la « parole libé­rée » de Trump sur les His­pa­niques, les Afro-Amé­ri­cains, les immi­grés et les musul­mans comme un véri­table sou­la­ge­ment.

[…]

« A cet égard, le can­di­dat répu­bli­cain a su inter­pré­ter, mieux que qui­conque, ce qu’on pour­rait appe­ler la « rébel­lion de la base ». Avant tout le monde, il a per­çu la puis­sante frac­ture qui sépare désor­mais, d’un côté les élites poli­tiques, éco­no­miques, intel­lec­tuelles et média­tiques ; et de l’autre côté, la base popu­laire de l’électorat conser­va­teur amé­ri­cain. Son dis­cours anti-Washing­ton, anti-Wall Street, anti-immi­grés et anti-médias séduit notam­ment les élec­teurs blancs peu édu­qués mais aus­si – et c’est très impor­tant –, tous les lais­sés-pour-compte de la glo­ba­li­sa­tion éco­no­mique. »

Ramo­net détaille ensuite les « sept mesures » en ques­tion, que je vous invite à connaître pour mieux com­prendre en quoi les outrances de Trump – mise en avant, en effet, par le média­tisme mou­ton­nier et spec­ta­cu­laire – n’ont pu gom­mer le réa­lisme de ses pro­po­si­tions auprès des plus concer­nés, les lais­sés pour compte du libé­ra­lisme sau­vage et rava­geur.

Mer­cre­di soir au JT de 20 heures sur France 2, Marine Le Pen n’a pas man­qué de tirer son épingle de ce jeu brouillé, devant un jour­na­liste en effet bien for­ma­té selon la pen­sée domi­nante, à l’image du « tout Clin­ton » por­tée par la fan­fare média­tique.

Pour la pré­si­dente du Front natio­nal,  « la démo­cra­tie, c’est pré­ci­sé­ment de res­pec­ter la volon­té du peuple. Et si les peuples réservent autant de sur­prises, der­niè­re­ment, aux élites, c’est parce que les élites sont com­plè­te­ment décon­nec­tées. C’est parce qu’elles refusent de voir et d’entendre ce que les peuples expriment. [… ces peuples] « on les nie, on les méprise, on les moque bien sou­vent. Et ils ne veulent pas qu’une petite mino­ri­té puisse déci­der pour eux ». Tout cela envoyé en toute séré­ni­té, sur la petite musique des « élites et du peuple » façon FN, une musi­quette qui en dit beau­coup sur les enjeux de l’élection de l’an pro­chain.

Notes:

  1. Les bourses du monde se sont « res­sai­sies » en quelques heures…
  2. C’était l’expression de mon père pour dési­gner les poli­ti­ciens et les tech­no­crates ; je la trouve juste, et je suis fier de citer ma source…
  3. http://michaelmoore.com/trumpwillwin/
  4. On lui doit notam­ment Roger et moi (sur la crise dans l’automobile) ou encore Bow­ling for Colum­bine (le culte des armes à feu)
  5. Les médias de masse états-uniens, comme les autres ailleurs, reflètent cette sépa­ra­tion élite/peuple ; autre­ment dit entre ceux qui parlent « du peuple » (les ana­lystes dis­tin­gués se pla­çant en posi­tion haute…), et ceux qui parlent « au peuple » (le plus sou­vent, hélas, les chaînes « popu­laires » – celles des télés-réa­li­té chères à Trump – et les « tabloïds », chantres du diver­tis­se­ment vul­gaire). On retrouve là aus­si le cli­vage entre jour­na­lisme de ter­rain et jour­na­lisme assis. Ce qui me rap­pelle une sen­tence émise par un confrère afri­cain : « Il vaut mieux avoir de la pous­sière sous les semelles que sous les fesses » ! À ce pro­pos, on aura noté que nos médias hexa­go­naux ont dépla­cé des cohortes de jour­na­listes-pro­phètes pour « cou­vrir » l’élection états-unienne. Et, où se sont-ils amas­sés, ces chers jour­na­listes : dans le nom­bril du nom­bril du monde, à Man­hat­tan, par­di ! En avez-vous lu, vu et enten­du depuis le Bronx, ou bien à Detroit (Michi­gan), à Baton Rouge (Loui­siane), à Ama­rillo (Texas) ?… par exemple.
  6. http://www.medelu.org/Les-7-propositions-de-Donald-Trump

Le climat, peut-être… Mais la connerie ?

Suite, somme toute assez logique, de l’article pré­cé­dent (il y était ques­tion de la fin de l’humanité…), cet exemple pathé­tique, pris sur le « vif » de l’humanité débile. En l’occurrence, ça vient des Etats-Unis, dans l’État de Vir­gi­nie de l’Ouest (houille et gaz de schiste…) qui compte le plus de cli­ma­to-scep­tiques (deux tiers des habi­tants). Mais il n’y aurait qu’à se bais­ser pour en ramas­ser à la pelle tout autour de nous. Où l’on voit dans toute sa dimen­sion, l’alliance fusion­nelle de l’ignorance et des croyances (sur­tout reli­gieuses), à quoi vient s’amalgamer, de façon « natu­relle » en quelque sorte, la soif mala­dive du pro­fit. Inépui­sable sujet de médi­ta­tion. C’était ce 28 sep­tembre 2015 dans le JT de 20 heures de France 2.

Modi­fier l’évolution du cli­mat, ça peut encore se conce­voir… Mais que faire de la conne­rie ?

»> Vidéo cou­pée : Des dizaines d’autres films paradent sur la toile – taper « coal rol­ling » et déses­pé­rer du genre humain…

Post scrip­tum : Dans la même veine et en tout cas sur les mêmes sujets, j’ai failli oublier, cet excellent (comme tou­jours) billet de Sophia Aram sur France Inter, ce même 28 sep­tembre, au matin cette fois et inti­tu­lé Donald, Nadine et Dar­win :


Jazz. Mort de Horace Silver, messager du hard bop

Vidéo du concert fil­mé en public à Copen­hague, Dane­mark, en avril 1968. Horace Sil­ver y pré­sente le fameux mor­ceaux « Song for my flat­ter » – Chan­son pour mon père – enre­gis­tré pour Blue Note en 1964. Les mor­ceaux de ce disque ont été com­po­sés suite à un voyage au Bré­sil. La cou­ver­ture repro­duit une pho­to du père du musi­cien [ci-des­sous].

Le pia­niste et com­po­si­teur de jazz Horace Sil­ver est mort ce 18 juin aux Etats-Unis, où il est né il y a 85 ans. Un musi­cien impor­tant dans l’histoire du jazz qu’il a contri­bué à vivi­fier et à renou­ve­ler à tra­vers le cou­rant dit du hard bop. 

Cou­rant qu’illustre assez bien, à sa manière, le film de Mar­tin Scor­sese, New York, New York (1977), mon­trant l’évolution de son héros saxo­pho­niste (Robert De Niro) pas­sant d’orchestres swing et be bop à des groupes de Har­lem. Là, des musi­ciens afro-amé­ri­cains ont déci­dé de réagir à la domi­na­tion du cool jazz de la côte ouest des Etats-Unis – sur­tout des Blancs comme Chet Baker, Ger­ry Mul­li­gan, Len­nie Tris­ta­no, Dave Bru­beck éga­le­ment rejoints, il est vrai, mais pro­vi­soi­re­ment, par un Miles Davis.

Pour aller vite, disons que l’acte de nais­sance (jamais unique !) est mar­qué en 1954 par le quin­tette que forment le bat­teur Max Roach et le trom­pet­tiste Clif­ford Brown, rejoints en 1955 par le saxo­pho­niste ténor Son­ny Rol­lins. Tou­te­fois, le pre­mier repré­sen­tant de ce style fut le groupe des Jazz Mes­sen­gers créé par le bat­teur Art Bla­key et, nous y voi­là, le pia­niste Horace Sil­ver en 1955, qui for­me­ra ensuite son propre quin­tette.

L’affaire est lan­cée, dans le contexte états-unien de luttes pour les droits civiques et contre le racisme. Les artistes en géné­ral, les musi­ciens en par­ti­cu­lier et les musi­ciens de jazz sur­tout sont à la pointe de ce com­bat poli­tique et cultu­rel. Sour­cé au blues, notam­ment, le jazz est né d’un sen­ti­ment d’injustice mêlé de rési­gna­tion et de révolte.

C’est en1955 éga­le­ment que Miles Davis embauche John Col­trane (Son­ny Rol­lins a décli­né l’invitation) dans son quin­tet, au côté de Red Gar­land (pia­no), Paul Cham­bers (basse) et Phil­ly Joe Jones (bat­te­rie). À cette époque, Col­trane était encore un musi­cien incon­nu.

En 1957, Son­ny Rol­lins se rat­trape en ras­sem­blant Sil­ver, Monk, Cham­bers – et inau­gure l’apparition du trom­bone dans le hard bop avec Jay Jay John­son.
Blue Note et Pres­tige sont les prin­ci­paux labels qui pro­dui­sirent des groupes de hard bop.

Le père d'Horace Silver – couverture du disque "Song for my father", 1964

Le père d’Horace Sil­ver – cou­ver­ture du disque « Song for my father », 1964

Bio­gra­phie [Wiki­pe­dia]Horace Sil­ver est né le 2 sep­tembre 1928 à Nor­walk (Connec­ti­cut) aux États-Unis. Son père (né Sil­va) était natif de Maio (Cap-Vert) alors que sa mère née à New Canaan dans le Connec­ti­cut était d’origine irlan­daise-afri­caine. Son père lui enseigne la musique folk­lo­rique du Cap Vert. Il com­mence sa car­rière comme saxo­pho­niste tenor dans les clubs du Connec­ti­cut et en 1950, il est repé­ré par Stan Getz. Il part pour New York ou il chan­ge­ra d’instrument pour le pia­no. C’est dans son orchestre qu’il s’affirme comme com­po­si­teur be bop. Il tra­vaille ensuite avec Miles Davis, Milt Jack­son, Les­ter Young et Cole­man Haw­kins. Il effec­tue les pre­miers enre­gis­tre­ments sous son nom aux côtés du saxo­pho­niste Lou Donald­son en 1952.

En 1953, il fonde avec le bat­teur Art Bla­key le quin­tette des Jazz Mes­sen­gers mar­quant ain­si l’entrée dans l’ère du hard bop. Peu après, il quitte le groupe pour fon­der le Horace Sil­ver Quin­tet qui sera avec les Jazz Mes­sen­gers et les groupes de Miles Davis un des prin­ci­paux trem­plins de jeunes talents.


Snowden : « Pas un pardon, une récompense ! »

snowden-amnestyLan­ceur d’alerte, ça devrait être une dis­ci­pline olym­pique ! En ligne directe avec la démo­cra­tie athé­nienne. Cette année, la médaille d’or revien­drait évi­dem­ment à Edward Snow­den. D’autres jeux auraient sacré un Julian Assange ou Daniel Ells­berg, l’ancien ana­lyste qui a sor­ti des docu­ments du Penta­gone en 1971. Snow­den bat cepen­dant tous les records du genre avec ses révé­la­tions, dont cette der­nière : chaque jour, la NSA col­lecte des cen­taines de mil­lions de SMS !

Edward Snow­den, on le sait, a révé­lé au monde entier le sys­tème de sur­veillance extrême exer­cé par le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain sur l’ensemble de la pla­nète et, poten­tiel­le­ment, sur cha­cun de ses habi­tants. L’ex-consultant de l’agence de ren­sei­gne­ment NSA risque trente ans de pri­son, l’infamie et l’isolement à vie si les agents amé­ri­cains l’arrêtent. Il se trouve blo­qué en Rus­sie depuis juillet 2013 avec un visa d’un an qui ne sera sans doute pas renou­ve­lé. À défaut d’avoir obte­nu l’asile au « pays des droits de l’homme » (la France 😳 *) , il sera peut-être accueilli au Bré­sil dont la pré­si­dente Dil­ma Rous­seff, très remon­tée contre ces pra­tiques d’espionnage géné­ra­li­sé, pour­rait bra­ver les menaces de rétor­sion états-uniennes.

Pourquoi pas ?

Pour­quoi pas ?

Aux Etats-Unis mêmes, des sou­tiens se font de plus en plus jour. Et Oba­ma a été ame­né, ce 17 jan­vier, à annon­cer une réforme de la NSA. Ou du moins à faire sem­blant : la col­lecte des don­nées conti­nue­ra, mais… sous super­vi­sion de la jus­tice… Là aus­si, pen­dant la crise les affaires conti­nuent. Mais c’est tout de même un signe que le plus grand lan­ceur d’alerte de l’Histoire a mar­qué des points dans son propre pays. Il n’y est plus tout à fait le paria, le « traître ». On a même vu appa­raître un  » Mer­ci Edward Snow­den  » sur les bus de Washing­ton sous la forme d’un pan­neau publi­ci­taire payé par des juristes de Part­ner­ship for Civil Jus­tice… On dis­cute désor­mais de la clé­mence qui pour­rait lui être accor­dée. Mais au prix d’un mar­chan­dage, tel celui envi­sa­gé en décembre par Rick Led­gett, chef de l’unité mise en place par la NSA pour répondre aux fuites : une amnis­tie contre un arrêt des révé­la­tions… Washing­ton a cou­pé court. Mais le New York Times s’y est mon­tré favo­rable :  » Consi­dé­rant l’énorme valeur des infor­ma­tions qu’il a révé­lées et les abus qu’il a expo­sés, M. Snow­den mérite mieux qu’une vie d’exil per­ma­nent, de peur et de fuite. Il a peut-être com­mis un crime mais il a ren­du à ce pays un grand ser­vice. «   Et ce com­men­taire d’un lec­teur : « Ce n’est pas un par­don qu’il mérite, c’est une récom­pense. Et les diri­geants qui ont affir­mé qu’ils ne nous espion­naient pas méritent d’être des­ti­tués ». L’opinion états-unienne demeure cepen­dant pour le moins par­ta­gée. Selon un son­dage ABC/ Washing­ton Post, 57 % des plus de 30 ans estiment que Snow­den devrait être pour­sui­vi. ce qui limite la pers­pec­tive d’un « par­don ».

Avaaz a lan­cé une péti­tion à envoyer à Dil­ma Rous­seff pour qu’elle décide de sou­te­nir Edward Snow­den en lui accor­dant l’asile. Plus de 800.000 signa­tures enre­gis­trées à ce jour. Le mil­lion est espé­ré. On peut signer la péti­tion ici.

[Sources : Wiki­pe­dia, Corine Lesnes (Le Monde, Washing­ton), Avaaz.]

Le , le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, annonce avoir reje­té la demande d’asile d’Edward Snow­den : « La France a reçu, comme beau­coup d’autres pays, par l’intermédiaire de son ambas­sade à Mos­cou, une demande d’asile de Edward Snow­den. Compte tenu des élé­ments d’analyse juri­dique et de la situa­tion de l’intéressé, il n’y sera pas don­né suite ». Plus pré­ci­sé­ment, ce n’est pas l’asile, au sens usuel du terme (dont l’attribution est de la com­pé­tence de l’Office fran­çais de pro­tec­tion des réfu­giés et apa­trides - OFPRA -), mais l’entrée sur le ter­ri­toire fran­çais qui lui a été refu­sée par les auto­ri­tés. [Wiki­pe­dia]


Fukushima. L’ex-président de l’autorité de sûreté nucléaire des États-Unis, ennemi de l’intérieur

g-jaczko-nucleaire-fukushima-usaEx-pré­sident de l’autorité de sûre­té nucléaire des Etats-Unis, Gre­go­ry Jacz­ko vient de jeter un sacré pavé dans la mare nucléa­riste. « Ce qui s’est pas­sé à Fuku­shi­ma est tout sim­ple­ment inac­cep­table » a-t-il décla­ré dans un entre­tien évi­dem­ment repris par le réseau Sor­tir du nucléaire. Il n’est pas le pre­mier à dénon­cer les insup­por­tables consé­quences de tout acci­dent nucléaire, dont l’éventualité – sinon la pro­ba­bi­li­té – n’exclut aucune ins­tal­la­tion nucléaire dans le monde. La nou­veau­té, en l’occurrence, vient de l’auteur de cette dénon­cia­tion, à savoir l’un des haut res­pon­sables de la sûre­té nucléaire des Etats-Unis où les pro­nu­cléaires, faut-il le sou­li­gner ? le consi­dèrent désor­mais comme un enne­mi.


États-Unis. Nouvelle suspension de la condamnation à mort de Mumia Abu-Jamal, journaliste noir

Ph. X.

Résis­tant à l’injonction de la Cour Suprême des Etats-Unis, qui lui deman­dait de revoir sa déci­sion, la Cour d’Appel Fédé­rale de Phi­la­del­phie vient de confir­mer pour la deuxième fois en trois ans la sus­pen­sion pro­vi­soire de la condam­na­tion à mort du jour­na­liste noir amé­ri­cain Mumia Abu-Jamal. Cette déci­sion est assor­tie de l’obligation pour la jus­tice de Penn­syl­va­nie de sélec­tion­ner un nou­veau jury dans les 180 jours. Ce jury devra rendre son ver­dict avec mal­heu­reu­se­ment pour seule alter­na­tive de sta­tuer entre la peine de mort ou la pri­son à per­pé­tui­té. Dans l’attente, Mumia Abu-Jamal ne quit­te­ra pas du cou­loir de la mort.

Dès que l’arrêt de la Cour d’Appel a été ren­du public, le pro­cu­reur afro-amé­ri­cain de Penn­syl­va­nie récem­ment élu, Seth Williams, a immé­dia­te­ment fait savoir qu’il enten­dait faire appel pour contes­ter la déci­sion auprès de la Cour Suprême des Etats-Unis.

 

Bien que la jus­tice fédé­rale ne remette pas en cause la culpa­bi­li­té de Mumia Abu-Jamal et que la Cour Suprême des Etats-Unis a reje­té en 2010 ses recours por­tant sur la demande d’un nou­veau pro­cès, la déci­sion de la Cour d’Appel est un camou­flet pour la plus haute juri­dic­tion amé­ri­caine. C’est un suc­cès à mettre à l’actif de l’équipe de défense, conduite hier par Maître Robert R. Bryan, aujourd’hui par Maître Judith Rit­ter, et de la mobi­li­sa­tion de ses nom­breux sou­tiens dans le monde entier.

 

Ce nou­vel espace judi­ciaire est un encou­ra­ge­ment à pour­suivre et à deve­lop­per la soli­da­ri­té en faveur de cet homme deve­nu l’une des figures emblé­ma­tiques du com­bat contre la peine de mort aux Etats-Unis et par­tout dans le monde. Depuis bien­tôt 30 ans dans le cou­loir de la mort, Mumia Abu-Jamal clame son inno­cence. A l’occasion de son 57e anni­ver­saire, des ras­sem­ble­ments ont eu lieu à Paris, Mar­seille et Rennes pour inter­pel­ler les auto­ri­tés amé­ri­caines sur le déni de jus­tice dont il est vic­time et sur l’insupportable tor­ture men­tale qu’est l’acte inhu­main d’exécution.

 

Ce same­di 30 avril, la ville de Saint-Denis (93) célè­bre­ra le 5e anni­ver­saire de la seule rue au monde qui porte le nom de Mumia Abu-Jamal, en pré­sence d’une délé­ga­tion amé­ri­caine et de l’équipe de défense du jour­na­liste.

 

> Le Col­lec­tif Uni­taire Natio­nal de Sou­tien à Mumia Abu-Jamal, ras­sem­blant une cen­taine d’organisations et de col­lec­ti­vi­tés publiques fran­çaises, est membre de la coa­li­tion mon­diale contre la peine de mort http://www.mumiabujamal.com

 

 

(43, bou­le­vard de Magen­ta 75010 Paris - Tél : 01 53 38 99 99 - abujamal@free.fr)

> Liste de dif­fu­sion du Col­lec­tif uni­taire natio­nal de sou­tien  Mumia Abu-Jamal  : http://secure.mrap.fr/Liste-de-diffussion-du-

> Lire éga­le­ment sur ce blog : http://c-pour-dire.com/2010/11/etats-unis-mumia-abu-jamal-journaliste-noir-dans-le-couloir-de-la-mort/

 


La crise comme un (mauvais) roman. « Leur arracher le cœur et le bouffer avant qu’ils crèvent ! »

« Fric, krach et gueule de bois : le roman de la crise ». C’était sur France 2 mar­di soir. Cin­quante ans de dérives libé­rales ramas­sés en une heure et demie, une gageure plu­tôt réus­sie, y com­pris avec ses lacunes inévi­tables (entre autres, l’optimisme béat d’Orsenna à la fin…). Même si, trans­po­sée dans la finance mon­dia­li­sée, la réfé­rence à « Règle­ment de comptes à OK-Coral » ne sau­rait tout expli­quer de la Crise, elle en illustre tout de même bien la démence irra­tion­nelle.

L’ex-boss de Leh­man Bro­thers, sur­nom­mé « le gorille »…

Quelques pas­sages de l’émission télé valaient leurs pesants de cota­tions bour­sières. En par­ti­cu­lier celui qui montre le pré­sident de Leh­man Bro­thers, Dick Fuld, avec son pro­fil de car­nas­sier, la cari­ca­ture du capi­ta­liste psy­cho­pathe qui voit le péril en la demeure et menace : « On va ser­rer très fort ! Com­pre­nez-moi bien [c’est une vidéo interne, il s’adresse à ses col­la­bo­ra­teurs, qui ricanent en choeur], on va coin­cer tous ceux qui ne peuvent plus rem­bour­ser, et on va ser­rer très fort ! Ce n’est pas que je veux leur faire du mal… Non, je ne suis pas comme ça… je suis quelqu’un de doux et d’aimable… Non, ce que je veux, c’est les attra­per, leur arra­cher le cœur et le bouf­fer avant qu’ils crèvent ! » Ça fait froid dans le dos. Et on pense à ces mil­liers, mil­lions même, d’Américains jetés de leurs loge­ments. Sans par­ler des consé­quences subies dans le monde entier.

Voyez ce grand moment illus­trant la névrose liée à l’avidité du fric. En com­pa­rai­son, Dra­cu­la fait… pâle figure. Extrait vidéo : 4 mn


La crise, un roman. « Leur arra­cher le cœur et le bouf­fer »


États-Unis. Mumia Abu-Jamal, journaliste noir, dans le « couloir de la mort »

Ce  mar­di 9 novembre, la cour d’appel fédé­rale de Phi­la­del­phie exa­mine à nou­veau le cas de Mumia Abu-Jamal, jour­na­liste noir amé­ri­cain dans le « cou­loir de la mort » depuis 29 ans. La cour déci­de­ra de la sen­tence défi­ni­tive : peine de mort ou pri­son à per­pé­tui­té. La ques­tion est de savoir si elle résis­te­ra à l’injonction de la Cour suprême des Etats-Unis en refu­sant de don­ner le feu vert à l’exécution. Cet homme se trouve  pri­vé du droit élé­men­taire à défendre son inno­cence, ain­si que le pré­tend son comi­té de défense – sans par­ler, bien enten­du de la lutte conjointe des abo­li­tion­nistes.

Ph. X.

En 2008, le même tri­bu­nal avait ren­du son juge­ment : le pro­cès de 1982 à l’issue duquel Mumia Abu-Jamal a été condam­né à mort était enta­ché de racisme. La cour recon­nais­sait ain­si que les droits consti­tu­tion­nels de l’accusé n’avaient pas été res­pec­tés. De ce fait, elle annu­lait sa condam­na­tion à mort mais confir­mait sa culpa­bi­li­té…  Mumia Abu-Jamal n’est donc pas à l’abri d’une nou­velle condam­na­tion à mort, ni d’un enfer­me­ment à vie.

Ce mar­di donc, dans de nom­breux pays, des ini­tia­tives inter­pel­le­ront les auto­ri­tés amé­ri­caines pour for­mu­ler l’exigence de jus­tice et de liber­té en faveur de Mumia Abu-Jamal. En France, des ras­sem­ble­ments auront lieu devant les repré­sen­ta­tions consu­laires des Etats-Unis. Ce sera notam­ment le cas à Mar­seille avec un ras­sem­ble­ment à par­tir de 18h devant le consu­lat des États-Unis, à l’angle de la rue Edmond Ros­tand et du bd Paul Pey­tral, VIe arron­dis­se­ment.

Le Col­lec­tif fran­çais de sou­tien à Mumia Abu-Jamal appelle éga­le­ment à par­ti­ci­per à la cam­pagne inter­na­tio­nale d’interpellation de Barack Oba­ma en signant la péti­tion en ligne à son atten­tion sur www.mumiabujamal.net… comme l’ont déjà fait , entre autres : Danielle Mit­ter­rand (France), Gün­ter Grass (Alle­magne, prix Nobel de lit­té­ra­ture), Mgr Des­mond Tutu (Afrique du Sud, prix Nobel de la paix), Fati­ma Bhut­to (Pakis­tan, écri­vaine), Noam Chom­sky (États-Unis, phi­lo­sophe), Ed Asner (États-Unis, acteur et pro­duc teur), Mike Far­rell (États-Unis, acteur), Michael Rad­ford (États-Unis, réa­li­sa­teur, Oscar du meilleur film pour Il Post­i­no / Le Fac­teur), Colin Firth (Royaume-Uni, acteur et co-réa­li­sa­teur du film In Pri­son My Whole Life sur l’affaire Mumia Abu-Jamal), Robert Mee­ro­pol (États-Unis, fils de Julius et Ethel Rosen­berg).

Sur Mumia Abu-Jamal et l’origine de l” « affaire » qui l’a jeté dans la machine judi­ciaire : http://www.mumiabujamal.net



Mort de Lena Horne. Le charme plus que le swing

Lena Horne dans La Pluie qui chante (1946)

Hele­na Horne, dite Lena, vient de mou­rir aux États-Unis à 92 ans. Je prends les devants car je vois débou­ler à son sujet la cli­che­ton­ne­rie média­tique qui jamais ne  som­meille. Ce midi, sur France Inter, on a eu droit à une queue de jour­nal avec un bout de Stor­my Wea­ther saluant la « grande dame du jazz »… Peu après, c’est lemonde.fr qui nous res­ser­vait la même soupe à base de la même « grande dame du jazz ». Mar­mande doit être aux cham­pi­gnons ou quoi, alors, on col­mate comme on peut.

Grande, Lena Horne le fut sur­tout par sa beau­té. Une beau­té assez hol­ly­woo­dienne, pour être jugée pré­sen­table aux yeux de l’Amérique blanche et raciste. Peau claire, traits fins, sil­houette féline – elle fut sur­nom­mée « la tigresse » –, Lena Horne connut sur­tout le suc­cès au ciné­ma:  Cabin in the sky (1942), Broad­way Rythm, Swing Fever (1944), Zieg­feld Fol­lies (1946). Mais c’est sur­tout Stor­my Wea­ther (1943) qui la consacre par son charme et un éro­tisme dis­cret, voire mys­té­rieux.

En plus de n’être pas très blanche, Lena en vint aus­si à épou­ser un juif amé­ri­cain, Hay­ton, l’un des pre­miers chefs d’orchestre et arran­geurs de la MGM. Des stu­dios désap­prouvent cette union « inter-raciale » et le couple est mis au ban. Dans les années cin­quante, le couple est accu­sé d”« acti­vi­tés anti-amé­ri­caines » ce qui vau­dra à Lena Horne une tra­ver­sée du désert émaillée de quelques disques qu’elle par­vient tout de même à enre­gis­trer pour RCA. Ses der­niers enre­gis­tre­ments paraî­tront chez Blue Note, sans révé­ler un éclat par­ti­cu­lier. En fait, Lena Horne man­quait plu­tôt de swing. Elle fut plus une chan­teuse de charme que de jazz. Mais certes, quel charme !

»> Voir aus­si un de mes papiers de 2005 ain­si que sur Wiki­pe­dia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Lena_Horne

»> Et puis la voir et l’entendre, rien de tel après tout…Lena Horne - Stor­my Wea­ther (1943)


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse pos­tale !)

    tcherno2-2-300x211

    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Rus­sel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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