On n'est pas des moutons

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Catalogne. « Vive l’indépendance de Llivia Nord ! »

La Gen­er­al­i­tat de Llivia-Nord nous prie d’insérer le com­mu­niqué suiv­ant :

En cet octo­bre 2018 his­torique, nous ne pou­vons qu’être fiers de voir nos amis Cata­lans du sud accéder à une légitime indépen­dance. Leur longue lutte pour la reven­di­ca­tion de leurs droits enfin aboutit, leur spé­ci­ficité nationale s’affirme enfin. Visqui Catalun­ya !

Cepen­dant, il ne faudrait pas oubli­er qu’à côté de leur com­bat de longue haleine s’en tien­nent d’autres qui n’en sont pas moins pro­longés. Celui de la par­tie septen­tri­onale de notre enclave en est un des plus emblé­ma­tiques.

Avec ses 7,9 des 12,8 km2 de l’enclave située à l’intérieur de la val­lée de la Cerdagne, dans le départe­ment français des Pyrénées-Ori­en­tales, la nation de Llivia-Nord cou­vre donc la plus grande par­tie du ter­ri­toire enclavé, ce qui représente un atout indis­cutable. Elle regroupe la majorité des 1536 habi­tants lliviencs et la total­ité de ceux du hameau de Cer­a­ja au nord du pays. D’autre part, la plu­part des éle­vages de ses célèbres chevaux pyrénéens rus­tiques sont situés chez elle. Ce sont là d’indubitables atouts qui ne peu­vent faire de Llivia-Nord qu’une nation priv­ilégiée dans le con­cert des nations de l’Europe.

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Le 26 mai 1866, afin de clar­i­fi­er le traité des Pyrénées signé en 1659, les Français et les Espag­nols sig­nent le traité de Bay­onne, dont l’article 16 établit défini­tive­ment le périmètre de l’enclave, attribuée à l’Espagne en 1582. Dès lors, sur le ter­rain, une « route neu­tre » (sans con­trôle douanier, à la plus grande joie des con­tre­bandiers) de 4 km relie Llívia au ter­ri­toire espag­nol. Le 11 févri­er 1939, à la fin de la guerre civile espag­nole, les autorités nation­al­istes revendiquent la pos­ses­sion du ter­ri­toire de Llívia, ce qu’accepte le gou­verne­ment Dal­adier.

Il n’y a aucune rai­son que le génie naturel des Lliviencs prof­ite indû­ment à Barcelone, qui a déjà ses ressources pro­pres en quan­tité et qual­ité suff­isantes. Nous revendiquons le droit d’être une nation prospère capa­ble de se gou­vern­er elle-même et se dot­er d’une poli­tique de développe­ment économique adap­tée à une sit­u­a­tion spé­ci­fique que nous con­nais­sons mieux que per­son­ne. Et il n’y a aucune rai­son pour que les priv­ilèges de gou­verne­ment soient réservés à des édiles étrangers à notre sol, les nôtres sauront s’en charg­er.

Nous con­cevons que nos amis de Llivia-Sud puis­sent deman­der un statut d’autonomie, ce que nous leur accor­dons volon­tiers en les assur­ant de nos bien­veil­lance et pro­tec­tion. Toute­fois, pour d’évidentes raisons de réal­isme poli­tique, nous devons con­serv­er la capac­ité déci­sion­naire, d’autant plus qu’une armée en for­ma­tion doit assur­er bien­tôt une pri­mor­diale fonc­tion régali­enne nationale.

Que les autres peu­ples européens suiv­ent l’exemple de notre grande soeur cata­lane, comme le nôtre: nous soutenons ardem­ment les indépen­dances de Malte-Ori­en­tal asso­ciée à Gozo-Nord, des îles de Sein, Molène et If chez nos amis et voisins français comme des par­ties sud-occi­den­tales de leurs départe­ments du Tarn-et-Garonne et de l’enclave ex-haute-pyrénéenne de Gardères-Luquet, de Lan­zarote-et-Gra­ciosa chez nos amis canariens-ibériques, ou encore de la par­tie nord-occi­den­tale de l’île alle­mande de Peenemünde jusqu’à la fron­tière ori­en­tale polon­aise, qui pour­rait être ain­si la 1000e nation européenne !

Vivent les peu­ples lli­bres !

Gen­er­al­i­tat de Llivia-Nordpcc, Gian Lau­rens


Grèce, carnet de voyage. 4) Santorin, considérations au-dessus du volcan

SatelliteIles des Cyclades, 11 juin 2016. Vient l’heure de philoso­pher un peu. 1 Aimer la sagesse en Grèce, sinon à quoi bon s’y trou­ver.  Je remonte physique­ment dans les temps anciens, encore plus anciens. Me voici en effet « au dessus du vol­can », sinon dedans ; dans la mâchoire de San­torin – Thi­ra en grec, Θήρα – avec ses îlots comme coincés en tra­vers du gosier.

Remon­tée dans le temps au dou­ble sens :

D’abord, une his­toire de déluge quand cette île des Cyclades explosa lit­térale­ment, vers 1550 avant JC, cau­sant un ras-de-marée apoc­a­lyp­tique (on ne dis­ait pas encore tsuna­mi, puisque le Japon n’existait pas ¿), et for­mant cette caldeira si par­ti­c­ulière, comme un immense chau­dron bor­dé de falais­es ver­tig­ineuses, bible ouverte pour géo­logues.

santorin-carteLe nom antique de l’île est Théra, de même que la ville antique fondée à l’époque archaïque. Selon les auteurs anciens, son pre­mier nom aurait été Kallisté, « la plus belle » ou « la très belle » ; elle aurait été rebap­tisée Théra en l’honneur du fon­da­teur mythique de la colonie dori­enne, Théras. Le nom de San­torin est venu des Véni­tiens au XII­Ie siè­cle en référence à Sainte Irène, San­ta Iri­ni. De là San­to Rini puis San­tori­ni. Après le rat­tache­ment de l’archipel à la Grèce en 1840, celui-ci reprend offi­cielle­ment le nom antique de Théra (ou Thi­ra) mais l’usage de San­torin a été con­servé.

D’après les chercheurs, l’éruption est une des orig­ines pos­si­bles du mythe de l’Atlantide. Elle pour­rait aus­si être à l’origine des « dix plaies d’Égypte ». Mais là, nous descen­dons de plusieurs crans dans le rationnel véri­fi­able.

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Un livre ouvert pour géo­logues.

– Ensuite, remon­tée dans le temps cul­turel. Le cat­a­clysme a sans doute accéléré l’implantation en Crète de la civil­i­sa­tion mycéni­enne (de Micènes en Grèce con­ti­nen­tale), au détri­ment de la civil­i­sa­tion minoenne (du roi légendaire Minos) dévelop­pée sur les îles de Crète et de San­torin de — 2700 à 1200. [Mer­ci qui ?]

Les con­séquences de tout cela – comme nous pour­rions spéculer sur les con­séquences dans le futur plus ou moins loin­tain du réchauf­fe­ment cli­ma­tique sur la « civil­i­sa­tion » qui sur­vivra – ont porté sur la cul­ture au sens plein : hiérar­chie des croy­ances, des mythes, des pro­duc­tions poé­tiques, artis­tiques, et par­ti­c­ulière­ment archi­tec­turales.

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Une vue du “chau­dron” depuis l’île de Thi­ra­sia.

Au-dessus du vol­can, dis­ais-je, au sens pro­pre et pas seule­ment lit­téraire 2. En effet, en 1950, un fort séisme dévas­ta les vil­lages de Fira et Oia, où j’ai fait halte. Le livre de Lowry, lui, se situe dans l’intermonde, entre le ciel et l’enfer. En m’accueillant hier, ma logeuse m’a assuré que « le par­adis, c’est ici ». Ça se peut bien. Surtout le par­adis des priv­ilégiés, de la gent touris­ti­ca, déver­sée par pleins fer­ries – et notam­ment les nou­veaux rich­es chi­nois. Main­tenant que la Chine, surtout, a cap­té nos indus­tries de base, il nous reste à leur ven­dre nos pro­duits de l’industrie touris­tique et des loisirs ; tant qu’ils ne dupli­queront pas ces mer­veilles comme San­torin…

Depuis mon char­mant coin de par­adis, donc, je con­sulte la télé ; sa dizaine de chaînes (dans les hôtels, des cen­taines) con­fir­ment l’état du monde mon­di­al­isé. Mêmes débats cacoph­o­niques sur décors hyper­col­orés, mêmes cos­tumes bleu som­bre des politi­ciens dans l’hémicycle ; mêmes dessins ani­més tapageurs cen­sés dis­traire les petits ; mêmes pub­lic­ités révul­santes. Pas de doute, l’Europe avance !

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Le timide dra­peau étoilé va-t-il par­tir en lam­beaux ?

Europe : encore une inven­tion grecque ! Enfin le mot, sinon l’idée et la chose…

Dans la mytholo­gie, Europe (en grec ancien Εὐρώπη / Eurṓpē) est une princesse phéni­ci­enne – je passe sur le pedigree…Selon une ver­sion du mythe, Europe, fille du roi de Tyr, une ville de Phéni­cie (actuel Liban) fit un rêve. Le jour même, Zeus la ren­con­tra sur une plage, se méta­mor­phosa en tau­reau blanc, afin de l’aborder sans l’apeurer et échap­per à la jalousie de son épouse Héra. Impru­dente, Europe s’approche de lui. Chevauchant l’animal, elle est enlevée sur l’île de Crète…

…Et ils eurent beau­coup d’Européens !

600px-2_euros_GrèceJe viens de pren­dre mon bil­let de fer­ry pour Paros ; l’employé me rend la mon­naie, dont une pièce de deux euros. Je lui demande s’il en aurait une por­tant l’effigie d’Europe. Comme il n’en a pas, j’ajoute : « C’est sans doute à cause de la crise… » Il me répond, calme, sans acri­monie : « Sans doute, et on devra s’en sou­venir. »

J’avais for­cé­ment abor­dé cette ques­tion avec Geor­gios, à Athènes ; il m’avait répon­du : « La crise, il n’y a qu’à regarder autour de soi… » Nous étions dans son quarti­er, à Exaer­chia, où la débrouille et la sol­i­dar­ité arrondis­sent les angles. Mais en général, pour ce que j’ai pu en voir, les dif­fi­cultés ne sont pas fla­grantes. Il n’y a ni plus ni moins de clochards à Athènes que dans les rues de Paris ou Mar­seille. Et, de même, les bars sont pleins de gens insou­ciants d’allure, et même gais… « Bien sûr, m’a fait remar­quer Eleft­he­ria – « Lib­erté » en grec ; peut-on porter plus beau prénom ? –, bien sûr, nous ne le mon­trons pas ! Mais la crise nous touche très dure­ment. Beau­coup de jeunes au chô­mage vivent chez leurs par­ents. Moi-même, j’ai de la chance, j’ai un emploi [elle est secré­taire à l’Université], mais je fais par­tie de cette classe moyenne qui doit désor­mais faire beau­coup de sac­ri­fices. Nous ne pou­vons même plus nous offrir de petits plaisirs comme d’aller au théâtre, par exem­ple. Surtout, nous nous sommes sen­tis humil­iés quand nous avons été soupçon­nés de tra­vailler peu et de trich­er avec l’État. »

On ferait le même con­stat en France, et aus­si ailleurs dans l’Union…  Pas de doute, l’Europe avance !

Devant moi, le grand bleu égéen (de la mer Égée), des îles sur tout l’horizon, au proche et au loin­tain. Je me dis que l’Europe a repris d’une main ce qu’elle a don­né de l’autre. Surtout, elle a don­né aux rich­es, au détri­ment des pau­vres. Comme le dit le vieil adage, les pau­vres ne sont pas bien rich­es, certes… mais ils sont si nom­breux ! Oui, le grand nom­bre fait la richesse. En favorisant le sys­tème ban­caire, en sou­tenant la Grèce des nou­velles indus­tries du Tourisme, de la Cul­ture et des Arts (en par­ti­c­uli­er dès les Jeux olympiques de 2004), elle a, en effet, embel­li et pourvu d’équipements impor­tants (comme le métro, aus­si per­for­mant que beau) cer­taines par­ties du pays et surtout cer­tains lieux d’Athènes. Vue sous l’angle “macro”, l’économie a engrais­sé – au détri­ment de l’économie quo­ti­di­enne, celle des revenus, des loy­ers, du pain.

Cette par­tie de la pop­u­la­tion à hauts revenus n’a pas été frap­pée par la crise. Les beaux quartiers d’Athènes, comme dans la plu­part des cap­i­tales occi­den­tales, exhibent bou­tiques et de voitures de luxe. Ce cer­cle restreint, déploie sa richesse osten­ta­toire et recou­vre le petit monde devenu qua­si trans­par­ent, assu­jet­ti aux miettes de l’indécent ban­quet.  

Je vais ren­tr­er au pays en rébel­lion, comme en l’ayant quit­té, dans les man­i­fs et les grèves. J’ai croisé hier soir un groupe de 160 Bre­tons dont l’avion n’a pu décoller pour Brest… Il n’y a pas qu’à San­torin que le sit­u­a­tion est vol­canique. D’ailleurs, comme aurait dit Mon­sieur Prud­homme 3, « Le char de l’Europe nav­igue sur un vol­can. »

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Ci-dessous, un petit jeu de mes cartes postales (cli­quer dessus). Les pho­tos sont de bibi, sauf men­tion, et, comme les textes, sous Licence Cre­ative Com­mons [voir colonne de droite].

Notes:

  1. Je con­tin­ue à soulign­er en pas­sant cer­tains mots français de racines grec­ques.
  2. Au-dessous du vol­can (Under the Vol­cano), roman de l’écrivain bri­tan­nique Mal­colm Lowry (1947). John Hus­ton en tira un film aus­si fameux.
  3. Mon­sieur Prud­homme, per­son­nage car­i­cat­ur­al du bour­geois français du XIXe siè­cle, créé par Hen­ri Mon­nier.

« Zorba le Grec » ne connaît pas la crise

Alex­is Zor­ba, roman du grand écrivain cré­tois Nikos Kazantza­kis, est un chef d’œuvre ; il en est de même du film qu’en a tiré le cinéaste grec Michael Cacoy­an­nis. Une telle adéqua­tion entre un livre et un film relève de la rareté. On la doit à une con­jonc­tion de tal­ents, ceux de l’écrivain et du cinéaste, des acteurs (Antho­ny Quinn, Alan Bates, Irène Papas, Líla Kédro­va), du com­pos­i­teur (Mikis Theodor­akis) et de toute l’équipe de réal­i­sa­tion.

Le film, qui date de 1964 (le livre de 1946) est ressor­ti en févri­er de cette année (2015) en ver­sion remas­térisée et en DVD. Cinquante ans après, en pleine crise dite « grecque » (en fait européenne et surtout cap­i­tal­is­tique, pour appel­er un chat un chat), cette « résur­rec­tion » résonne avec force. Zor­ba n’est pour­tant pas un film poli­tique, pas tout à fait ; c’est-à-dire qu’il l’est par sa dimen­sion philosophique et les ques­tions exis­ten­tielles qu’il pose : en par­ti­c­uli­er celle de l’antagonisme pulsions/raison, incar­né par cha­cun des deux prin­ci­paux per­son­nages – antag­o­nisme que la frater­nelle ami­tié des deux hommes va dis­siper à la fin du film, lors de la fameuse scène de la danse qui réu­nit les deux corps – « ensem­ble » ordonne Zor­ba à son intel­lo de « patron ». Sur ce point, la ver­sion filmique dif­fère du roman, où la fin reste bien plus prob­lé­ma­tique, ouverte, incer­taine – rien n’est acquis et les deux hommes repar­tent cha­cun vers son des­tin. Pas éton­nant, dans la mesure où Kazantza­kis demeur­era toute sa vie tra­ver­sé par cette lutte interne, inces­sante, entre la chair et l’esprit – tiraille­ment que Zor­ba ne cessera de moquer dans une dialec­tique de pro­pos, de sit­u­a­tions, de sym­bol­es con­sti­tu­ant en quelque sorte le « sel » du roman – et du film.

Du philosophe français Hen­ri Berg­son, dont il fut l’élève à Paris, Kazantza­kis retien­dra en par­ti­c­uli­er l’idée de l’élan vital que, par la suite, il con­fron­tera au marx­isme et… au boud­dhisme. Il est aus­si très influ­encé par Niet­zsche et son « surhomme » dont il tire une équiv­a­lence dans le per­son­nage du Christ, sujet cen­tral de La Dernière ten­ta­tion, qui fait sor­tir de leurs gonds l’Église grecque ortho­doxe, menaçant d’excommunier l’écrivain pour blas­phème, tan­dis que le Vat­i­can inscrit le roman à l’Index.

Mar­tin Scors­ese a adap­té le livre dans son film de même nom sor­ti en 1988. Dès les pre­mières pro­jec­tions à Paris, des fon­da­men­tal­istes catholiques lan­cent des cock­tails Molo­tov con­tre deux ciné­mas parisiens et un à Besançon. Le 22 octo­bre, l’Attentat du ciné­ma Saint-Michel fait 14 blessés.

kazantzakis-zorbaNikos Kazantza­kis est un écrivain des plus impor­tants de son temps. Il l’est d’autant pour moi qu’Alex­is Zor­ba est le livre qui a changé ma vie – j’étais ado quand je l’ai lu et, dans l’année même, je suis par­ti en stop pour la Grèce… et en suis revenu tout autre…

Quant à la Grèce d’aujourd’hui et à la fameuse « crise » (bien réelle, certes), on pour­rait, pré­cisé­ment, la voir à tra­vers le prisme « zorbesque » et con­stater avec effare­ment qu’elle émane d’un monde qui tend au mod­èle unique, un nou­v­el impéri­al­isme du Cap­i­tal qui n’aura de cesse qu’en ayant anni­hilé toute autre valeur que moné­taire et marchande.

En quoi Zor­ba, en effet, veut ne pas con­naître la crise. En quoi, for­cé­ment, il rejoint la résis­tance du peu­ple grec.




L’ “Europe”. Que de guillemets !

Doc­u­ment ORTF-Ina

L’Europe, l’Europe, l’Europe ! » iro­ni­sait de Gaulle en 1965 en sautant « comme un cabri » Et com­ment faut-il pren­dre « les choses » un demi-siè­cle plus tard ? En tout cas, de mon fen­e­stron, à la veille d’ « élec­tions » dites « européennes », je n’y vois goutte. D’où ces guillemets trou­blés, sinon révul­sés. Que de ces trou­bles les pop­ulistes fassent leurs choux gras ne doit pas empêch­er de con­sid­ér­er la réal­ité des­dites « choses ».

Je suis cen­sé aller vot­er dans trois jours à peine… et quoi ? Vot­er pour quoi, pour qui ? Rien dans mes boîtes à let­tres, ni la vraie ni la virtuelle. On dira que c’est au nom des économies de papi­er et d’énergie. Bien. Mais est-ce au nom de l’économie démoc­ra­tique qu’on va jus­ti­fi­er un tel trou noir infor­matif ? On dira aus­si que « le citoyen d’aujourd’hui » est assez « mod­erne et adulte » pour se forg­er lui-même son opin­ion en allant s’abreuver aux mul­ti­ples canaux médi­a­tiques qui vont jusqu’à l’inonder… On dira que la télé et l’internet suff­isent désor­mais à l’exigence démoc­ra­tique… Et que dira-t-on de ces 50 % et plus d’abstentionnistes annon­cés ?

L’Europe, cette abstrac­tion tech­nocra­tique, sans chair, pon­deuse de règle­ments uni­formisa­teurs et de mon­naie unique, calquée sur le mod­èle états-unien et son idéolo­gie du libre marché au prof­it de la libre finance, étape sup­plé­men­taire vers le grand bazar mon­di­al­isé, de la Chine au Brésil, en pas­sant par le pil­lage inten­si­fié de l’Afrique, par la sur­ex­ploita­tion des ressources plané­taires, par le creuse­ment accéléré et éhon­té du fos­sé entre tou­jours plus rich­es et tou­jours plus pau­vres – de cette richesse osten­ta­toire, pathologique nar­guant cette pau­vreté des vies résignées, rétré­cies, agres­sives mais pas révoltées : lam­inées, dépos­sédées de juge­ment, ou alors à l’emporte-pièces, à coups de « solu­tions » sim­plistes, de rejets haineux.

Cette Europe dés­in­car­née, réduite à l’économie marchande, aux échanges de « biens de con­som­ma­tion », rivée à la crois­sance comme seul « idéal » – autant de cultes devenus intouch­ables, régis par des « lois » au pied desquelles se proster­nent les « gou­ver­nants » qui ne gou­ver­nent plus rien, pris qu’ils sont par les flux financiers mon­di­al­isés, tout occupés qu’ils sont à faire sem­blant (par­fois même en y croy­ant) d’agiter des leviers de com­mande…

Cette Europe du cabaret atter­rant de l’Eurovision, pré­cisé­ment à son image : lénifi­ante, insignifi­ante, et alié­nante. Et pour autant mise en scène autour d’une « élec­tion ». Tou­jours ces fameux guillemets. D’ailleurs, jusqu’à plus ample nou­velle, ne devrait-on pas en entour­er l’ « Europe » ? Et bien sûr ces fameuses « élec­tions ».


Urgence Ukraine, par Jacques Sapir

Quelle lec­ture avoir des événe­ments d’Ukraine qui soit ni manichéenne, ni stéréo­typée ? Tant les a pri­ori idéologiques imprèg­nent les avis “autorisés”. En voici un de plus qui, cepen­dant, paraît plus autorisé – fai­sait autorité – que beau­coup  d’autres. Il émane de Jacques Sapir, directeur de recherch­es à l’École des hautes études en sci­ences sociales (EHESS) et expert de l’économie russe et des ques­tions stratégiques. C’est à ce titre qu’il s’exprime sur la sit­u­a­tion en Ukraine dans le texte ci-dessous dif­fusé par le Mou­ve­ment poli­tique d’émancipation pop­u­laire (M’PEP). Il se prononce notam­ment pour une fédéral­i­sa­tion de l’Ukraine,  main­tenue dans son intégrité ter­ri­to­ri­ale. Propo­si­tion déjà dépassée par l’actualité et l’annonce, ce matin même, du référen­dum qui, le 20 mars, entérinera le rat­tache­ment de la Crimée à la Russie.

Urgence Ukraine, texte de Jacques Sapir

Le 5 mars 2014.

1.- Le mou­ve­ment de con­tes­ta­tion du pou­voir du Prési­dent Ianoukovitch, mou­ve­ment dont la base était une révolte con­tre la cor­rup­tion bien plus qu’une volon­té d’adhésion à l’Union européenne, a été débor­dé par des élé­ments ultra-nation­al­istes, dont cer­tains appar­ti­en­nent à des grou­pus­cules fas­cisants. Ces élé­ments ont délibéré­ment cher­ché l’affrontement, en tirant sur les forces de sécu­rité, faisant pren­dre des risques incon­sid­érés aux autres man­i­fes­tants qui étaient pris en otage. Ces mil­i­tants por­tent une large part de respon­s­abil­ité dans les morts de la place Maid­an. Leur nom­bre oscille entre 10 000 et 20 000 ; ils étaient minori­taires dans le mou­ve­ment de protes­ta­tion, mais ils sont devenus poli­tique­ment dom­i­nants au fur et à mesure que la sit­u­a­tion se dégradait et que mon­tait la vio­lence des affron­te­ments. Ce sont eux qui ont cher­ché à pren­dre d’assaut le Par­lement, provo­quant la réac­tion des forces de sécu­rité, et déclen­chant la séquence des événe­ments qui a con­duit à la fuite de Ianoukovitch.

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Pour­cent­age de la pop­u­la­tion dont la langue mater­nelle est l’ukrainien (2001). Dans qua­tre oblasts, ce pour­cent­age est minori­taire. La langue natale n’est pas for­cé­ment la langue par­lée à l’âge adulte. [Ukran­ian cen­cus 2001]

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Pour­cent­age de la pop­u­la­tion dont la langue mater­nelle est le russe (2001). [Ukraine_cencus_2001]

2.- Il faut ici rap­pel­er que le Prési­dent et le Par­lement ont été régulière­ment élus. Mais, ces élec­tions (2010) avaient per­mis de mesur­er com­bi­en la poli­tique ukraini­enne était mar­quée par une divi­sion entre des pop­u­la­tions russ­es (et rus­so­phones) regroupées à l’Est du pays et des pop­u­la­tions ukrain­ophonnes, dont une par­tie habite les régions qui, avant 1914, étaient soit dans l’empire Aus­tro-Hon­grois soit étaient en Pologne. L’Ukraine est un pays neuf, dont l’existence est frag­ilisée par ces divi­sions. Ces dernières ont été ren­for­cées par les évo­lu­tions économiques de ces dix dernières années, qui ont vu les rela­tions avec la Russie se dévelop­per rapi­de­ment. L’Ukraine de l’Est, rus­so­phone, vit mieux que l’Ukraine de l’Ouest. Pour cette dernière, l’Union européenne représente un pôle d’attraction impor­tant, même s’il est prob­a­ble­ment imag­i­naire compte tenu de la sit­u­a­tion économique actuelle de l’UE.

3.- Le pou­voir légal a lui aus­si une part de respon­s­abil­ité dans ces événe­ments trag­iques, que ce soit par un usage dis­pro­por­tion­né de la force au début des man­i­fes­ta­tions, ou par ses hési­ta­tions par la suite qui ont démoral­isé une bonne part de ses sou­tiens. Il a été inca­pable de s’opposer à une logique minori­taire, qui s’est exprimée même au Par­lement lors du vote, au début du mois de févri­er, de la loi sup­p­ri­mant le statut de langue offi­cielle au russe (à côté de l’ukrainien). Ce vote appa­raît aujourd’hui comme un tour­nant sym­bol­ique car il a fait bas­culer l’affrontement d’une logique de lutte pour la démoc­ra­tie et con­tre la cor­rup­tion à une logique nation­al­iste-eth­ni­ciste. Les pop­u­la­tions tant russ­es que rus­so­phones des régions de l’Est de l’Ukraine et de la Crimée n’ont pu qu’être légitime­ment inquiètes de la rup­ture du pacte sur lequel était fondé l’Ukraine indépen­dante depuis 1991.

4.- Mais, l’opposition légale a aus­si une part de respon­s­abil­ité en par­ti­c­uli­er dans son inca­pac­ité à faire respecter les accords signés avec le Prési­dent. Elle s’est lais­sée débor­der par les groupes ultra-nation­al­istes et n’a pu ni su les repren­dre en main. Elle s’est aus­si bercée d’illusion sur le sou­tien que les pays de l’Union européenne pour­raient lui apporter.

5.- À la suite des événe­ments trag­iques de fin févri­er s’est donc mis en place un pou­voir de fait à Kiev, provo­quant un effon­drement de la légitim­ité de l’État ukrainien. La dis­so­lu­tion d’unités de la police, qui n’avaient fait qu’obéir aux ordres, a provo­qué une pro­fonde inquié­tude dans les régions de l’Est. Ce à quoi on assiste depuis le 28 févri­er, soit la prise du pou­voir par des groupes pro-russ­es en Crimée, à Kharkov, à Donet­sk et même à Odessa, n’est que la suite logique du bas­cule­ment d’une lutte pour la démoc­ra­tie et con­tre la cor­rup­tion vers un affron­te­ment eth­nique. C’est dans ce con­texte qu’il faut com­pren­dre l’intervention mil­i­taire de la Russie qui est en cours. Il faut ici ajouter qu’il y a en Ukraine pas moins de 17 réac­teurs nucléaires et de nom­breux cen­tres de stock­age de matéri­aux fis­siles, ce qui représente un autre dan­ger pour la sécu­rité de la région toute entière.

6.- Per­son­ne, dans ces con­di­tions, n’a intérêt, sauf les groupes extrémistes, à une par­ti­tion de l’Ukraine. Ce n’est pas dans l’intérêt de la Russie, qui certes y gag­n­erait ce qu’elle pos­sède de fac­to déjà, soit l’industrie ukraini­enne, mais qui ver­rait alors se pro­fil­er une longue péri­ode d’affrontements avec l’UE et les Etats-Unis. Ce n’est pas non plus l’intérêt de l’UE, car il lui faudrait porter lit­térale­ment à bout de bras l’Ukraine occi­den­tale (et la moitié de la pop­u­la­tion). Le coût économique serait élevé dans une sit­u­a­tion où plus per­son­ne ne veut pay­er pour autrui. Il serait aus­si répété sur de nom­breuses années, car l’on voit mal com­ment la sit­u­a­tion de l’Ukraine occi­den­tale pour­rait s’améliorer à court terme. Les con­séquences finan­cières seraient aus­si impor­tantes, car les ban­ques européennes, et en par­ti­c­uli­er autrichi­ennes, sont lour­de­ment exposées au risque ukrainien. De plus, l’UE pour­rait être tenue pour respon­s­able de la sit­u­a­tion en Ukraine cen­trale et occi­den­tale et, avec la mon­tée rapi­de d’un désen­chante­ment qui n’est hélas que trop prob­a­ble, elle devrait affron­ter la mon­tée de sen­ti­ments pro-russ­es dans cette pop­u­la­tion.

7.- Il faut donc aujourd’hui que les dirigeants de l’UE et les dirigeants russ­es se ren­con­trent d’urgence et étab­lis­sent une feuille de route pour une fédéral­i­sa­tion de l’Ukraine, mais main­tenant son intégrité ter­ri­to­ri­ale. Des garanties doivent être apportées à la pop­u­la­tion rus­so­phone, et les groupes ultra-nation­al­istes doivent être d’urgence désar­més et réduits à l’impuissance. L’Ukraine peut vivre comme une Nation sou­veraine, mais à la con­di­tion de trou­ver les formes de son inté­gra­tion économique. Or, aujourd’hui, seule la Russie et l’Union eurasi­enne sont en mesure de fournir un véri­ta­ble moteur au développe­ment du pays. L’Union européenne doit cess­er de penser que la Russie financera une Ukraine hos­tile. La Russie doit pour sa part com­pren­dre le tro­pisme poli­tique et cul­turel vers l’Europe d’une par­tie de la pop­u­la­tion ukraini­enne. Les con­di­tions d’un accord per­me­t­tant au pays de retrou­ver sa sta­bil­ité sont pos­si­bles. Elles cor­re­spon­dent aux intérêts tant de l’UE que de la Russie. Il faut espér­er que l’idéologie de l’affrontement ne l’emportera pas et que la rai­son tri­om­phera.



Appel pour une intervention solidaire de l’Union européenne en Méditerranée

Une soix­an­taine d’organisations lan­cent un appel à l’Union européenne pour qu’elle inter­vi­enne de manière con­crète et sol­idaire dans le sou­tien aux peu­ples de Méditer­ran­née en révolte. En voici le texte :

© faber

Alors que des change­ments poli­tiques majeurs, annonçant la fin de régimes autori­taires, sont amor­cés au sud de la Méditer­ranée, les gou­verne­ments et les instances de l’Union européenne se mon­trent avant tout préoc­cupés de se pro­téger con­tre « les flux migra­toires incon­trôlables » que pour­raient entraîn­er ces boule­verse­ments. Les experts et les ser­vices diplo­ma­tiques, qui n’ont rien vu venir des mou­ve­ments poli­tiques en cours, ne craig­nent pas aujourd’hui d’affirmer que des mil­liers de migrants risquent de défer­ler sur les ter­ri­toires européens.

L’UE a adop­té en 2001 un dis­posi­tif dit de « pro­tec­tion tem­po­raire » pour les ressor­tis­sants d’Etats qui, vic­times d’une cat­a­stro­phe naturelle, de trou­bles poli­tiques dans leur pays ou de con­flits armés, auraient besoin en urgence de trou­ver un abri en Europe. Mais « à l’heure actuelle, il n’y a pas de flux de réfugiés en prove­nance de Libye », s’est empressée d’indiquer la Com­mis­sion européenne. Dans le même temps elle envoie des patrouilles sur ses fron­tières mar­itimes, via Fron­tex, pour empêch­er les réfugiés poten­tiels, assim­ilés à des migrants clan­des­tins, de tra­vers­er la Méditer­ranée !
Pen­dant ce temps, la sit­u­a­tion s’aggrave de jour en jour en Libye et à ses fron­tières. En Tunisie, où afflu­ent des dizaines de mil­liers de réfugiés, le dis­posi­tif est sat­uré, mal­gré les efforts déployés par les autorités locales. L’Europe ne peut pas con­tin­uer à faire comme si elle n’était pas con­cernée par le sort des dizaines ou cen­taines de mil­liers de per­son­nes qui ont besoin de pro­tec­tion dans les pays actuelle­ment trou­blés, ni par celui des migrants, orig­i­naires de divers autres pays arabes, africains, asi­a­tiques, qui y rési­dent.

L’Europe et la Libye. Tripoli, Munich, Guernica…

Cet extrait vidéo ne dure qu’une minute, une minute de trop dans l’horreur des pro­pos de cet innom­ma­ble despote, prêt à tuer encore et encore pour assou­vir sa démence. On s’était presque habitués aux révoltes qua­si « nor­males », sans « trop » de vic­times. Ce qui s’est enclenché en Libye sus­cite les plus grandes craintes. D’autant que les réac­tions inter­na­tionales sem­blent telle­ment tim­o­rées. A com­mencer par celles de notre gou­verne­ment – mais là, on s’est vrai­ment habitués. Tant de com­pro­mis­sions passées et si récentes avec tous ces régimes tox­iques – pour repren­dre un qual­i­fi­catif financier déjà effacé – ont semé assez de trou­bles dans les esprits accom­mod­ables, à l’éthique si élas­tique, au manque de droi­ture et de courage, assez de dérange­ments pour paral­yser la moin­dre action.

La rébel­lion ver­bale d’un groupe de diplo­mates, pub­liée dans Le Monde> de ce jour, con­stitue un signe de plus attes­tant de la déliques­cence de ce régime à vau-l’eau, bal­lot­té par les événe­ments sur lesquels il n’a aucune prise – on appelle d’ailleurs ça la realt-poli­tik, ici elle est élevée au rang des beaux-arts. Ce n’est évidem­ment pas un Berlus­coni qui va relever le niveau européen quant au drame libyen, ni s’agissant de l’histrion d’opérette, ni de la poli­tique de l’ancienne colonie sous per­fu­sion pétrolière libyenne. Merkel y va de son cou­plet hor­ri­fié et Cameron sem­ble porté dis­paru. Ain­si l’Europe se trou­ve-t-elle une fois de plus sans voix, atten­dant sans doute les instruc­tions en prove­nance d’outre-Atlantique.

Rien ne se répète jamais. S’il faut cepen­dant retenir les leçons de l’Histoire, je pense aux fameux accords de Munich. J’entends aus­si la voix trem­blant, émou­vante certes, et dra­ma­tique­ment impuis­sante de Léon Blum renonçant à l’intervention mil­i­taire con­tre l’Espagne fran­quiste. Je pense à ça et aus­si, c’était écrit, à Guer­ni­ca – à Guer­ni­ca le vil­lage basque mar­tyre , et bien sûr au célèbre tableau de Picas­so. Et j’ai peur pour la Libye, pour le peu­ple libyen livré à la folie meur­trière d’un mon­stre sans retenue.

Rue89 a mis en ligne les rares témoignages par­venant du pays qua­si coupé du monde. Une Suis­so-Libyenne vivant à Beng­hazi, dans l’est de la Libye appelle au sec­ours : “On a filmé ! On a les vidéos ! Mais ils ont coupé Inter­net. Ils tuent n’importe qui, une petite fille de 7 ans, notre voi­sine, qui se rendait dans un mag­a­sin. A quoi ça sert main­tenant d’avoir peur ? On a besoin des jour­nal­istes ! Pour que le monde sache ce que fait Mouam­mar Kad­hafi. Les gens dis­ent : “Ou nous, ou lui ! Ou Kad­hafi, ou le peu­ple !””.


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet. » Bossuet

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  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Philippe Casal, 2004 - Centre national des arts plastiques - Mucem, Marseille

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexualité / politique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl”

    Comme un nuage, album photos et texte marquant le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986). La souscription étant close (vifs remerciements à tous les contributeurs !) l'ouvrage est désormais en vente au prix de 15 euros, franco de port. Vous pouvez le commander à partir du bouton "Acheter" ci-dessous (bien préciser votre adresse postale !)

    tcherno2-2-300x211

    Il s'agit d'un album-photo de qualité, à tirage soigné et limité, 40 p. format A4 "à l'italienne". Les photos, prises en Provence et notamment à Marseille, expriment une vision artistique sur le thème d’« après le nuage ». Cette création rejoignait l’appel à l’organisation de "1.000 événements culturels sur le thème du nucléaire", entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fukushima) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

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    Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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