On n'est pas des moutons

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Catalogne. « Vive l’indépendance de Llivia Nord ! »

La Gene­ra­li­tat de Lli­via-Nord nous prie d’insérer le com­mu­ni­qué suivant :

En cet octobre 2018 his­to­rique, nous ne pou­vons qu’être fiers de voir nos amis Cata­lans du sud accé­der à une légi­time indé­pen­dance. Leur longue lutte pour la reven­di­ca­tion de leurs droits enfin abou­tit, leur spé­ci­fi­ci­té natio­nale s’affirme enfin. Vis­qui Catalunya ! 

Cepen­dant, il ne fau­drait pas oublier qu’à côté de leur com­bat de longue haleine s’en tiennent d’autres qui n’en sont pas moins pro­lon­gés. Celui de la par­tie sep­ten­trio­nale de notre enclave en est un des plus emblématiques. 

Avec ses 7,9 des 12,8 km2 de l’enclave située à l’intérieur de la val­lée de la Cer­dagne, dans le dépar­te­ment fran­çais des Pyré­nées-Orien­tales, la nation de Lli­via-Nord couvre donc la plus grande par­tie du ter­ri­toire encla­vé, ce qui repré­sente un atout indis­cu­table. Elle regroupe la majo­ri­té des 1536 habi­tants lli­viencs et la tota­li­té de ceux du hameau de Cera­ja au nord du pays. D’autre part, la plu­part des éle­vages de ses célèbres che­vaux pyré­néens rus­tiques sont situés chez elle. Ce sont là d’indubitables atouts qui ne peuvent faire de Lli­via-Nord qu’une nation pri­vi­lé­giée dans le concert des nations de l’Europe.

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Le 26 mai 1866, afin de cla­ri­fier le trai­té des Pyré­nées signé en 1659, les Fran­çais et les Espa­gnols signent le trai­té de Bayonne, dont l’article 16 éta­blit défi­ni­ti­ve­ment le péri­mètre de l’enclave, attri­buée à l’Espagne en 1582. Dès lors, sur le ter­rain, une « route neutre » (sans contrôle doua­nier, à la plus grande joie des contre­ban­diers) de 4 km relie Llí­via au ter­ri­toire espa­gnol. Le 11 février 1939, à la fin de la guerre civile espa­gnole, les auto­ri­tés natio­na­listes reven­diquent la pos­ses­sion du ter­ri­toire de Llí­via, ce qu’accepte le gou­ver­ne­ment Daladier.

Il n’y a aucune rai­son que le génie natu­rel des Lli­viencs pro­fite indû­ment à Bar­ce­lone, qui a déjà ses res­sources propres en quan­ti­té et qua­li­té suf­fi­santes. Nous reven­di­quons le droit d’être une nation pros­père capable de se gou­ver­ner elle-même et se doter d’une poli­tique de déve­lop­pe­ment éco­no­mique adap­tée à une situa­tion spé­ci­fique que nous connais­sons mieux que per­sonne. Et il n’y a aucune rai­son pour que les pri­vi­lèges de gou­ver­ne­ment soient réser­vés à des édiles étran­gers à notre sol, les nôtres sau­ront s’en charger.

Nous conce­vons que nos amis de Lli­via-Sud puissent deman­der un sta­tut d’autonomie, ce que nous leur accor­dons volon­tiers en les assu­rant de nos bien­veillance et pro­tec­tion. Tou­te­fois, pour d’évidentes rai­sons de réa­lisme poli­tique, nous devons conser­ver la capa­ci­té déci­sion­naire, d’autant plus qu’une armée en for­ma­tion doit assu­rer bien­tôt une pri­mor­diale fonc­tion réga­lienne natio­nale.

Que les autres peuples euro­péens suivent l’exemple de notre grande soeur cata­lane, comme le nôtre: nous sou­te­nons ardem­ment les indé­pen­dances de Malte-Orien­tal asso­ciée à Gozo-Nord, des îles de Sein, Molène et If chez nos amis et voi­sins fran­çais comme des par­ties sud-occi­den­tales de leurs dépar­te­ments du Tarn-et-Garonne et de l’enclave ex-haute-pyré­néenne de Gar­dères-Luquet, de Lan­za­rote-et-Gra­cio­sa chez nos amis cana­riens-ibé­riques, ou encore de la par­tie nord-occi­den­tale de l’île alle­mande de Peenemünde jusqu’à la fron­tière orien­tale polo­naise, qui pour­rait être ain­si la 1000e nation européenne !

Vivent les peuples llibres ! 

Gene­ra­li­tat de Lli­via-Nordpcc, Gian Laurens


Grèce, carnet de voyage. 4) Santorin, considérations au-dessus du volcan

SatelliteIles des Cyclades, 11 juin 2016. Vient l’heure de phi­lo­so­pher un peu. 1 Aimer la sagesse en Grèce, sinon à quoi bon s’y trou­ver.  Je remonte phy­si­que­ment dans les temps anciens, encore plus anciens. Me voi­ci en effet « au des­sus du vol­can », sinon dedans ; dans la mâchoire de San­to­rin – Thi­ra en grec, Θήρα – avec ses îlots comme coin­cés en tra­vers du gosier.

Remon­tée dans le temps au double sens :

D’abord, une his­toire de déluge quand cette île des Cyclades explo­sa lit­té­ra­le­ment, vers 1550 avant JC, cau­sant un ras-de-marée apo­ca­lyp­tique (on ne disait pas encore tsu­na­mi, puisque le Japon n’existait pas ¿), et for­mant cette cal­dei­ra si par­ti­cu­lière, comme un immense chau­dron bor­dé de falaises ver­ti­gi­neuses, bible ouverte pour géo­logues.

santorin-carteLe nom antique de l’île est Thé­ra, de même que la ville antique fon­dée à l’époque archaïque. Selon les auteurs anciens, son pre­mier nom aurait été Kal­lis­té, « la plus belle » ou « la très belle » ; elle aurait été rebap­ti­sée Thé­ra en l’honneur du fon­da­teur mythique de la colo­nie dorienne, Thé­ras. Le nom de San­to­rin est venu des Véni­tiens au XIIIe siècle en réfé­rence à Sainte Irène, San­ta Iri­ni. De là San­to Rini puis San­to­ri­ni. Après le rat­ta­che­ment de l’archipel à la Grèce en 1840, celui-ci reprend offi­ciel­le­ment le nom antique de Thé­ra (ou Thi­ra) mais l’usage de San­to­rin a été conservé.

D’après les cher­cheurs, l’éruption est une des ori­gines pos­sibles du mythe de l’Atlantide. Elle pour­rait aus­si être à l’origine des « dix plaies d’Égypte ». Mais là, nous des­cen­dons de plu­sieurs crans dans le ration­nel vérifiable.

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Un livre ouvert pour géologues.

– Ensuite, remon­tée dans le temps cultu­rel. Le cata­clysme a sans doute accé­lé­ré l’implantation en Crète de la civi­li­sa­tion mycé­nienne (de Micènes en Grèce conti­nen­tale), au détri­ment de la civi­li­sa­tion minoenne (du roi légen­daire Minos) déve­lop­pée sur les îles de Crète et de San­to­rin de - 2700 à 1200. [Mer­ci qui ?]

Les consé­quences de tout cela – comme nous pour­rions spé­cu­ler sur les consé­quences dans le futur plus ou moins loin­tain du réchauf­fe­ment cli­ma­tique sur la « civi­li­sa­tion » qui sur­vi­vra – ont por­té sur la culture au sens plein : hié­rar­chie des croyances, des mythes, des pro­duc­tions poé­tiques, artis­tiques, et par­ti­cu­liè­re­ment archi­tec­tu­rales.

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Une vue du « chau­dron » depuis l’île de Thirasia.

Au-des­sus du vol­can, disais-je, au sens propre et pas seule­ment lit­té­raire 2. En effet, en 1950, un fort séisme dévas­ta les vil­lages de Fira et Oia, où j’ai fait halte. Le livre de Lowry, lui, se situe dans l’intermonde, entre le ciel et l’enfer. En m’accueillant hier, ma logeuse m’a assu­ré que « le para­dis, c’est ici ». Ça se peut bien. Sur­tout le para­dis des pri­vi­lé­giés, de la gent tou­ris­ti­ca, déver­sée par pleins fer­ries – et notam­ment les nou­veaux riches chi­nois. Main­te­nant que la Chine, sur­tout, a cap­té nos indus­tries de base, il nous reste à leur vendre nos pro­duits de l’industrie tou­ris­tique et des loi­sirs ; tant qu’ils ne dupli­que­ront pas ces mer­veilles comme Santorin…

Depuis mon char­mant coin de para­dis, donc, je consulte la télé ; sa dizaine de chaînes (dans les hôtels, des cen­taines) confirment l’état du monde mon­dia­li­sé. Mêmes débats caco­pho­niques sur décors hyper­co­lo­rés, mêmes cos­tumes bleu sombre des poli­ti­ciens dans l’hémicycle ; mêmes des­sins ani­més tapa­geurs cen­sés dis­traire les petits ; mêmes publi­ci­tés révul­santes. Pas de doute, l’Europe avance !

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Le timide dra­peau étoi­lé va-t-il par­tir en lambeaux ?

Europe : encore une inven­tion grecque ! Enfin le mot, sinon l’idée et la chose…

Dans la mytho­lo­gie, Europe (en grec ancien Εὐρώπη / Eurṓpē) est une prin­cesse phé­ni­cienne – je passe sur le pedigree…Selon une ver­sion du mythe, Europe, fille du roi de Tyr, une ville de Phé­ni­cie (actuel Liban) fit un rêve. Le jour même, Zeus la ren­con­tra sur une plage, se méta­mor­pho­sa en tau­reau blanc, afin de l’aborder sans l’apeurer et échap­per à la jalou­sie de son épouse Héra. Impru­dente, Europe s’approche de lui. Che­vau­chant l’animal, elle est enle­vée sur l’île de Crète…

…Et ils eurent beau­coup d’Européens !

600px-2_euros_GrèceJe viens de prendre mon billet de fer­ry pour Paros ; l’employé me rend la mon­naie, dont une pièce de deux euros. Je lui demande s’il en aurait une por­tant l’effigie d’Europe. Comme il n’en a pas, j’ajoute : « C’est sans doute à cause de la crise… » Il me répond, calme, sans acri­mo­nie : « Sans doute, et on devra s’en souvenir. »

J’avais for­cé­ment abor­dé cette ques­tion avec Geor­gios, à Athènes ; il m’avait répon­du : « La crise, il n’y a qu’à regar­der autour de soi… » Nous étions dans son quar­tier, à Exaer­chia, où la débrouille et la soli­da­ri­té arron­dissent les angles. Mais en géné­ral, pour ce que j’ai pu en voir, les dif­fi­cul­tés ne sont pas fla­grantes. Il n’y a ni plus ni moins de clo­chards à Athènes que dans les rues de Paris ou Mar­seille. Et, de même, les bars sont pleins de gens insou­ciants d’allure, et même gais… « Bien sûr, m’a fait remar­quer Elef­the­ria – « Liber­té » en grec ; peut-on por­ter plus beau pré­nom ? –, bien sûr, nous ne le mon­trons pas ! Mais la crise nous touche très dure­ment. Beau­coup de jeunes au chô­mage vivent chez leurs parents. Moi-même, j’ai de la chance, j’ai un emploi [elle est secré­taire à l’Université], mais je fais par­tie de cette classe moyenne qui doit désor­mais faire beau­coup de sacri­fices. Nous ne pou­vons même plus nous offrir de petits plai­sirs comme d’aller au théâtre, par exemple. Sur­tout, nous nous sommes sen­tis humi­liés quand nous avons été soup­çon­nés de tra­vailler peu et de tri­cher avec l’État. »

On ferait le même constat en France, et aus­si ailleurs dans l’Union…  Pas de doute, l’Europe avance !

Devant moi, le grand bleu égéen (de la mer Égée), des îles sur tout l’horizon, au proche et au loin­tain. Je me dis que l’Europe a repris d’une main ce qu’elle a don­né de l’autre. Sur­tout, elle a don­né aux riches, au détri­ment des pauvres. Comme le dit le vieil adage, les pauvres ne sont pas bien riches, certes… mais ils sont si nom­breux ! Oui, le grand nombre fait la richesse. En favo­ri­sant le sys­tème ban­caire, en sou­te­nant la Grèce des nou­velles indus­tries du Tou­risme, de la Culture et des Arts (en par­ti­cu­lier dès les Jeux olym­piques de 2004), elle a, en effet, embel­li et pour­vu d’équipements impor­tants (comme le métro, aus­si per­for­mant que beau) cer­taines par­ties du pays et sur­tout cer­tains lieux d’Athènes. Vue sous l’angle « macro », l’économie a engrais­sé – au détri­ment de l’économie quo­ti­dienne, celle des reve­nus, des loyers, du pain.

Cette par­tie de la popu­la­tion à hauts reve­nus n’a pas été frap­pée par la crise. Les beaux quar­tiers d’Athènes, comme dans la plu­part des capi­tales occi­den­tales, exhibent bou­tiques et de voi­tures de luxe. Ce cercle res­treint, déploie sa richesse osten­ta­toire et recouvre le petit monde deve­nu qua­si trans­pa­rent, assu­jet­ti aux miettes de l’indécent banquet. 

Je vais ren­trer au pays en rébel­lion, comme en l’ayant quit­té, dans les manifs et les grèves. J’ai croi­sé hier soir un groupe de 160 Bre­tons dont l’avion n’a pu décol­ler pour Brest… Il n’y a pas qu’à San­to­rin que le situa­tion est vol­ca­nique. D’ailleurs, comme aurait dit Mon­sieur Prud­homme 3, « Le char de l’Europe navigue sur un vol­can. »

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Ci-des­sous, un petit jeu de mes cartes pos­tales (cli­quer des­sus). Les pho­tos sont de bibi, sauf men­tion, et, comme les textes, sous Licence Crea­tive Com­mons [voir colonne de droite].

Notes:

  1. Je conti­nue à sou­li­gner en pas­sant cer­tains mots fran­çais de racines grecques.
  2. Au-des­sous du vol­can (Under the Vol­ca­no), roman de l’écrivain bri­tan­nique Mal­colm Lowry (1947). John Hus­ton en tira un film aus­si fameux.
  3. Mon­sieur Prud­homme, per­son­nage cari­ca­tu­ral du bour­geois fran­çais du XIXe siècle, créé par Hen­ri Mon­nier.

« Zorba le Grec » ne connaît pas la crise

Alexis Zor­ba, roman du grand écri­vain cré­tois Nikos Kazant­za­kis, est un chef d’œuvre ; il en est de même du film qu’en a tiré le cinéaste grec Michael Cacoyan­nis. Une telle adé­qua­tion entre un livre et un film relève de la rare­té. On la doit à une conjonc­tion de talents, ceux de l’écrivain et du cinéaste, des acteurs (Antho­ny Quinn, Alan Bates, Irène Papas, Líla Kédro­va), du com­po­si­teur (Mikis Theo­do­ra­kis) et de toute l’équipe de réalisation.

Le film, qui date de 1964 (le livre de 1946) est res­sor­ti en février de cette année (2015) en ver­sion remas­té­ri­sée et en DVD. Cin­quante ans après, en pleine crise dite « grecque » (en fait euro­péenne et sur­tout capi­ta­lis­tique, pour appe­ler un chat un chat), cette « résur­rec­tion » résonne avec force. Zor­ba n’est pour­tant pas un film poli­tique, pas tout à fait ; c’est-à-dire qu’il l’est par sa dimen­sion phi­lo­so­phique et les ques­tions exis­ten­tielles qu’il pose : en par­ti­cu­lier celle de l’antagonisme pulsions/raison, incar­né par cha­cun des deux prin­ci­paux per­son­nages – anta­go­nisme que la fra­ter­nelle ami­tié des deux hommes va dis­si­per à la fin du film, lors de la fameuse scène de la danse qui réunit les deux corps – « ensemble » ordonne Zor­ba à son intel­lo de « patron ». Sur ce point, la ver­sion fil­mique dif­fère du roman, où la fin reste bien plus pro­blé­ma­tique, ouverte, incer­taine – rien n’est acquis et les deux hommes repartent cha­cun vers son des­tin. Pas éton­nant, dans la mesure où Kazant­za­kis demeu­re­ra toute sa vie tra­ver­sé par cette lutte interne, inces­sante, entre la chair et l’esprit – tiraille­ment que Zor­ba ne ces­se­ra de moquer dans une dia­lec­tique de pro­pos, de situa­tions, de sym­boles consti­tuant en quelque sorte le « sel » du roman – et du film.

Du phi­lo­sophe fran­çais Hen­ri Berg­son, dont il fut l’élève à Paris, Kazant­za­kis retien­dra en par­ti­cu­lier l’idée de l’élan vital que, par la suite, il confron­te­ra au mar­xisme et… au boud­dhisme. Il est aus­si très influen­cé par Nietzsche et son « sur­homme » dont il tire une équi­va­lence dans le per­son­nage du Christ, sujet cen­tral de La Der­nière ten­ta­tion, qui fait sor­tir de leurs gonds l’Église grecque ortho­doxe, mena­çant d’excommunier l’écrivain pour blas­phème, tan­dis que le Vati­can ins­crit le roman à l’Index.

Mar­tin Scor­sese a adap­té le livre dans son film de même nom sor­ti en 1988. Dès les pre­mières pro­jec­tions à Paris, des fon­da­men­ta­listes catho­liques lancent des cock­tails Molo­tov contre deux ciné­mas pari­siens et un à Besan­çon. Le 22 octobre, l’Attentat du ciné­ma Saint-Michel fait 14 blessés.

kazantzakis-zorbaNikos Kazant­za­kis est un écri­vain des plus impor­tants de son temps. Il l’est d’autant pour moi qu’Alexis Zor­ba est le livre qui a chan­gé ma vie – j’étais ado quand je l’ai lu et, dans l’année même, je suis par­ti en stop pour la Grèce… et en suis reve­nu tout autre…

Quant à la Grèce d’aujourd’hui et à la fameuse « crise » (bien réelle, certes), on pour­rait, pré­ci­sé­ment, la voir à tra­vers le prisme « zor­besque » et consta­ter avec effa­re­ment qu’elle émane d’un monde qui tend au modèle unique, un nou­vel impé­ria­lisme du Capi­tal qui n’aura de cesse qu’en ayant anni­hi­lé toute autre valeur que moné­taire et marchande.

En quoi Zor­ba, en effet, veut ne pas connaître la crise. En quoi, for­cé­ment, il rejoint la résis­tance du peuple grec.




L” « Europe ». Que de guillemets !

Docu­ment ORTF-Ina

L’Europe, l’Europe, l’Europe ! » iro­ni­sait de Gaulle en 1965 en sau­tant « comme un cabri » Et com­ment faut-il prendre « les choses » un demi-siècle plus tard ? En tout cas, de mon fenes­tron, à la veille d’ « élec­tions » dites « euro­péennes », je n’y vois goutte. D’où ces guille­mets trou­blés, sinon révul­sés. Que de ces troubles les popu­listes fassent leurs choux gras ne doit pas empê­cher de consi­dé­rer la réa­li­té des­dites « choses ».

Je suis cen­sé aller voter dans trois jours à peine… et quoi ? Voter pour quoi, pour qui ? Rien dans mes boîtes à lettres, ni la vraie ni la vir­tuelle. On dira que c’est au nom des éco­no­mies de papier et d’énergie. Bien. Mais est-ce au nom de l’économie démo­cra­tique qu’on va jus­ti­fier un tel trou noir infor­ma­tif ? On dira aus­si que « le citoyen d’aujourd’hui » est assez « moderne et adulte » pour se for­ger lui-même son opi­nion en allant s’abreuver aux mul­tiples canaux média­tiques qui vont jusqu’à l’inonder… On dira que la télé et l’internet suf­fisent désor­mais à l’exigence démo­cra­tique… Et que dira-t-on de ces 50 % et plus d’abstentionnistes annoncés ?

L’Europe, cette abs­trac­tion tech­no­cra­tique, sans chair, pon­deuse de règle­ments uni­for­mi­sa­teurs et de mon­naie unique, cal­quée sur le modèle états-unien et son idéo­lo­gie du libre mar­ché au pro­fit de la libre finance, étape sup­plé­men­taire vers le grand bazar mon­dia­li­sé, de la Chine au Bré­sil, en pas­sant par le pillage inten­si­fié de l’Afrique, par la sur­ex­ploi­ta­tion des res­sources pla­né­taires, par le creu­se­ment accé­lé­ré et éhon­té du fos­sé entre tou­jours plus riches et tou­jours plus pauvres – de cette richesse osten­ta­toire, patho­lo­gique nar­guant cette pau­vre­té des vies rési­gnées, rétré­cies, agres­sives mais pas révol­tées : lami­nées, dépos­sé­dées de juge­ment, ou alors à l’emporte-pièces, à coups de « solu­tions » sim­plistes, de rejets haineux.

Cette Europe dés­in­car­née, réduite à l’économie mar­chande, aux échanges de « biens de consom­ma­tion », rivée à la crois­sance comme seul « idéal » – autant de cultes deve­nus intou­chables, régis par des « lois » au pied des­quelles se pros­ternent les « gou­ver­nants » qui ne gou­vernent plus rien, pris qu’ils sont par les flux finan­ciers mon­dia­li­sés, tout occu­pés qu’ils sont à faire sem­blant (par­fois même en y croyant) d’agiter des leviers de commande…

Cette Europe du caba­ret atter­rant de l’Eurovision, pré­ci­sé­ment à son image : léni­fiante, insi­gni­fiante, et alié­nante. Et pour autant mise en scène autour d’une « élec­tion ». Tou­jours ces fameux guille­mets. D’ailleurs, jusqu’à plus ample nou­velle, ne devrait-on pas en entou­rer l’ « Europe » ? Et bien sûr ces fameuses « élections ».


Urgence Ukraine, par Jacques Sapir

Quelle lec­ture avoir des évé­ne­ments d’Ukraine qui soit ni mani­chéenne, ni sté­réo­ty­pée ? Tant les a prio­ri idéo­lo­giques imprègnent les avis « auto­ri­sés ». En voi­ci un de plus qui, cepen­dant, paraît plus auto­ri­sé – fai­sait auto­ri­té – que beau­coup  d’autres. Il émane de Jacques Sapir, direc­teur de recherches à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et expert de l’économie russe et des ques­tions stra­té­giques. C’est à ce titre qu’il s’exprime sur la situa­tion en Ukraine dans le texte ci-des­sous dif­fu­sé par le Mou­ve­ment poli­tique d’émancipation popu­laire (M’PEP). Il se pro­nonce notam­ment pour une fédé­ra­li­sa­tion de l’Ukraine,  main­te­nue dans son inté­gri­té ter­ri­to­riale. Pro­po­si­tion déjà dépas­sée par l’actualité et l’annonce, ce matin même, du réfé­ren­dum qui, le 20 mars, enté­ri­ne­ra le rat­ta­che­ment de la Cri­mée à la Russie.

Urgence Ukraine, texte de Jacques Sapir

Le 5 mars 2014.

1.- Le mou­ve­ment de contes­ta­tion du pou­voir du Pré­sident Ianou­ko­vitch, mou­ve­ment dont la base était une révolte contre la cor­rup­tion bien plus qu’une volon­té d’adhésion à l’Union euro­péenne, a été débor­dé par des élé­ments ultra-natio­na­listes, dont cer­tains appar­tiennent à des grou­pus­cules fas­ci­sants. Ces élé­ments ont déli­bé­ré­ment cher­ché l’affrontement, en tirant sur les forces de sécu­ri­té, fai­sant prendre des risques incon­si­dé­rés aux autres mani­fes­tants qui étaient pris en otage. Ces mili­tants portent une large part de res­pon­sa­bi­li­té dans les morts de la place Mai­dan. Leur nombre oscille entre 10 000 et 20 000 ; ils étaient mino­ri­taires dans le mou­ve­ment de pro­tes­ta­tion, mais ils sont deve­nus poli­ti­que­ment domi­nants au fur et à mesure que la situa­tion se dégra­dait et que mon­tait la vio­lence des affron­te­ments. Ce sont eux qui ont cher­ché à prendre d’assaut le Par­le­ment, pro­vo­quant la réac­tion des forces de sécu­ri­té, et déclen­chant la séquence des évé­ne­ments qui a conduit à la fuite de Ianoukovitch.

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Pour­cen­tage de la popu­la­tion dont la langue mater­nelle est l’ukrainien (2001). Dans quatre oblasts, ce pour­cen­tage est mino­ri­taire. La langue natale n’est pas for­cé­ment la langue par­lée à l’âge adulte. [Ukra­nian cen­cus 2001]

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Pour­cen­tage de la popu­la­tion dont la langue mater­nelle est le russe (2001). [Ukraine_cencus_2001]

2.- Il faut ici rap­pe­ler que le Pré­sident et le Par­le­ment ont été régu­liè­re­ment élus. Mais, ces élec­tions (2010) avaient per­mis de mesu­rer com­bien la poli­tique ukrai­nienne était mar­quée par une divi­sion entre des popu­la­tions russes (et rus­so­phones) regrou­pées à l’Est du pays et des popu­la­tions ukrai­no­phonnes, dont une par­tie habite les régions qui, avant 1914, étaient soit dans l’empire Aus­tro-Hon­grois soit étaient en Pologne. L’Ukraine est un pays neuf, dont l’existence est fra­gi­li­sée par ces divi­sions. Ces der­nières ont été ren­for­cées par les évo­lu­tions éco­no­miques de ces dix der­nières années, qui ont vu les rela­tions avec la Rus­sie se déve­lop­per rapi­de­ment. L’Ukraine de l’Est, rus­so­phone, vit mieux que l’Ukraine de l’Ouest. Pour cette der­nière, l’Union euro­péenne repré­sente un pôle d’attraction impor­tant, même s’il est pro­ba­ble­ment ima­gi­naire compte tenu de la situa­tion éco­no­mique actuelle de l’UE.

3.- Le pou­voir légal a lui aus­si une part de res­pon­sa­bi­li­té dans ces évé­ne­ments tra­giques, que ce soit par un usage dis­pro­por­tion­né de la force au début des mani­fes­ta­tions, ou par ses hési­ta­tions par la suite qui ont démo­ra­li­sé une bonne part de ses sou­tiens. Il a été inca­pable de s’opposer à une logique mino­ri­taire, qui s’est expri­mée même au Par­le­ment lors du vote, au début du mois de février, de la loi sup­pri­mant le sta­tut de langue offi­cielle au russe (à côté de l’ukrainien). Ce vote appa­raît aujourd’hui comme un tour­nant sym­bo­lique car il a fait bas­cu­ler l’affrontement d’une logique de lutte pour la démo­cra­tie et contre la cor­rup­tion à une logique natio­na­liste-eth­ni­ciste. Les popu­la­tions tant russes que rus­so­phones des régions de l’Est de l’Ukraine et de la Cri­mée n’ont pu qu’être légi­ti­me­ment inquiètes de la rup­ture du pacte sur lequel était fon­dé l’Ukraine indé­pen­dante depuis 1991.

4.- Mais, l’opposition légale a aus­si une part de res­pon­sa­bi­li­té en par­ti­cu­lier dans son inca­pa­ci­té à faire res­pec­ter les accords signés avec le Pré­sident. Elle s’est lais­sée débor­der par les groupes ultra-natio­na­listes et n’a pu ni su les reprendre en main. Elle s’est aus­si ber­cée d’illusion sur le sou­tien que les pays de l’Union euro­péenne pour­raient lui apporter.

5.- À la suite des évé­ne­ments tra­giques de fin février s’est donc mis en place un pou­voir de fait à Kiev, pro­vo­quant un effon­dre­ment de la légi­ti­mi­té de l’État ukrai­nien. La dis­so­lu­tion d’unités de la police, qui n’avaient fait qu’obéir aux ordres, a pro­vo­qué une pro­fonde inquié­tude dans les régions de l’Est. Ce à quoi on assiste depuis le 28 février, soit la prise du pou­voir par des groupes pro-russes en Cri­mée, à Khar­kov, à Donetsk et même à Odes­sa, n’est que la suite logique du bas­cu­le­ment d’une lutte pour la démo­cra­tie et contre la cor­rup­tion vers un affron­te­ment eth­nique. C’est dans ce contexte qu’il faut com­prendre l’intervention mili­taire de la Rus­sie qui est en cours. Il faut ici ajou­ter qu’il y a en Ukraine pas moins de 17 réac­teurs nucléaires et de nom­breux centres de sto­ckage de maté­riaux fis­siles, ce qui repré­sente un autre dan­ger pour la sécu­ri­té de la région toute entière.

6.- Per­sonne, dans ces condi­tions, n’a inté­rêt, sauf les groupes extré­mistes, à une par­ti­tion de l’Ukraine. Ce n’est pas dans l’intérêt de la Rus­sie, qui certes y gagne­rait ce qu’elle pos­sède de fac­to déjà, soit l’industrie ukrai­nienne, mais qui ver­rait alors se pro­fi­ler une longue période d’affrontements avec l’UE et les Etats-Unis. Ce n’est pas non plus l’intérêt de l’UE, car il lui fau­drait por­ter lit­té­ra­le­ment à bout de bras l’Ukraine occi­den­tale (et la moi­tié de la popu­la­tion). Le coût éco­no­mique serait éle­vé dans une situa­tion où plus per­sonne ne veut payer pour autrui. Il serait aus­si répé­té sur de nom­breuses années, car l’on voit mal com­ment la situa­tion de l’Ukraine occi­den­tale pour­rait s’améliorer à court terme. Les consé­quences finan­cières seraient aus­si impor­tantes, car les banques euro­péennes, et en par­ti­cu­lier autri­chiennes, sont lour­de­ment expo­sées au risque ukrai­nien. De plus, l’UE pour­rait être tenue pour res­pon­sable de la situa­tion en Ukraine cen­trale et occi­den­tale et, avec la mon­tée rapide d’un désen­chan­te­ment qui n’est hélas que trop pro­bable, elle devrait affron­ter la mon­tée de sen­ti­ments pro-russes dans cette population.

7.- Il faut donc aujourd’hui que les diri­geants de l’UE et les diri­geants russes se ren­contrent d’urgence et éta­blissent une feuille de route pour une fédé­ra­li­sa­tion de l’Ukraine, mais main­te­nant son inté­gri­té ter­ri­to­riale. Des garan­ties doivent être appor­tées à la popu­la­tion rus­so­phone, et les groupes ultra-natio­na­listes doivent être d’urgence désar­més et réduits à l’impuissance. L’Ukraine peut vivre comme une Nation sou­ve­raine, mais à la condi­tion de trou­ver les formes de son inté­gra­tion éco­no­mique. Or, aujourd’hui, seule la Rus­sie et l’Union eur­asienne sont en mesure de four­nir un véri­table moteur au déve­lop­pe­ment du pays. L’Union euro­péenne doit ces­ser de pen­ser que la Rus­sie finan­ce­ra une Ukraine hos­tile. La Rus­sie doit pour sa part com­prendre le tro­pisme poli­tique et cultu­rel vers l’Europe d’une par­tie de la popu­la­tion ukrai­nienne. Les condi­tions d’un accord per­met­tant au pays de retrou­ver sa sta­bi­li­té sont pos­sibles. Elles cor­res­pondent aux inté­rêts tant de l’UE que de la Rus­sie. Il faut espé­rer que l’idéologie de l’affrontement ne l’emportera pas et que la rai­son triomphera.



Appel pour une intervention solidaire de l’Union européenne en Méditerranée

Une soixan­taine d’organisations lancent un appel à l’Union euro­péenne pour qu’elle inter­vienne de manière concrète et soli­daire dans le sou­tien aux peuples de Médi­ter­ran­née en révolte. En voi­ci le texte :

© faber

Alors que des chan­ge­ments poli­tiques majeurs, annon­çant la fin de régimes auto­ri­taires, sont amor­cés au sud de la Médi­ter­ra­née, les gou­ver­ne­ments et les ins­tances de l’Union euro­péenne se montrent avant tout pré­oc­cu­pés de se pro­té­ger contre « les flux migra­toires incon­trô­lables » que pour­raient entraî­ner ces bou­le­ver­se­ments. Les experts et les ser­vices diplo­ma­tiques, qui n’ont rien vu venir des mou­ve­ments poli­tiques en cours, ne craignent pas aujourd’hui d’affirmer que des mil­liers de migrants risquent de défer­ler sur les ter­ri­toires européens.

L’UE a adop­té en 2001 un dis­po­si­tif dit de « pro­tec­tion tem­po­raire » pour les res­sor­tis­sants d’Etats qui, vic­times d’une catas­trophe natu­relle, de troubles poli­tiques dans leur pays ou de conflits armés, auraient besoin en urgence de trou­ver un abri en Europe. Mais « à l’heure actuelle, il n’y a pas de flux de réfu­giés en pro­ve­nance de Libye », s’est empres­sée d’indiquer la Com­mis­sion euro­péenne. Dans le même temps elle envoie des patrouilles sur ses fron­tières mari­times, via Fron­tex, pour empê­cher les réfu­giés poten­tiels, assi­mi­lés à des migrants clan­des­tins, de tra­ver­ser la Méditerranée !
Pen­dant ce temps, la situa­tion s’aggrave de jour en jour en Libye et à ses fron­tières. En Tuni­sie, où affluent des dizaines de mil­liers de réfu­giés, le dis­po­si­tif est satu­ré, mal­gré les efforts déployés par les auto­ri­tés locales. L’Europe ne peut pas conti­nuer à faire comme si elle n’était pas concer­née par le sort des dizaines ou cen­taines de mil­liers de per­sonnes qui ont besoin de pro­tec­tion dans les pays actuel­le­ment trou­blés, ni par celui des migrants, ori­gi­naires de divers autres pays arabes, afri­cains, asia­tiques, qui y résident.

L’Europe et la Libye. Tripoli, Munich, Guernica…

Cet extrait vidéo ne dure qu’une minute, une minute de trop dans l’horreur des pro­pos de cet innom­mable des­pote, prêt à tuer encore et encore pour assou­vir sa démence. On s’était presque habi­tués aux révoltes qua­si « nor­males », sans « trop » de vic­times. Ce qui s’est enclen­ché en Libye sus­cite les plus grandes craintes. D’autant que les réac­tions inter­na­tio­nales semblent tel­le­ment timo­rées. A com­men­cer par celles de notre gou­ver­ne­ment – mais là, on s’est vrai­ment habi­tués. Tant de com­pro­mis­sions pas­sées et si récentes avec tous ces régimes toxiques – pour reprendre un qua­li­fi­ca­tif finan­cier déjà effa­cé – ont semé assez de troubles dans les esprits accom­mo­dables, à l’éthique si élas­tique, au manque de droi­ture et de cou­rage, assez de déran­ge­ments pour para­ly­ser la moindre action.

La rébel­lion ver­bale d’un groupe de diplo­mates, publiée dans Le Monde> de ce jour, consti­tue un signe de plus attes­tant de la déli­ques­cence de ce régime à vau-l’eau, bal­lot­té par les évé­ne­ments sur les­quels il n’a aucune prise – on appelle d’ailleurs ça la realt-poli­tik, ici elle est éle­vée au rang des beaux-arts. Ce n’est évi­dem­ment pas un Ber­lus­co­ni qui va rele­ver le niveau euro­péen quant au drame libyen, ni s’agissant de l’histrion d’opérette, ni de la poli­tique de l’ancienne colo­nie sous per­fu­sion pétro­lière libyenne. Mer­kel y va de son cou­plet hor­ri­fié et Came­ron semble por­té dis­pa­ru. Ain­si l’Europe se trouve-t-elle une fois de plus sans voix, atten­dant sans doute les ins­truc­tions en pro­ve­nance d’outre-Atlantique.

Rien ne se répète jamais. S’il faut cepen­dant rete­nir les leçons de l’Histoire, je pense aux fameux accords de Munich. J’entends aus­si la voix trem­blant, émou­vante certes, et dra­ma­ti­que­ment impuis­sante de Léon Blum renon­çant à l’intervention mili­taire contre l’Espagne fran­quiste. Je pense à ça et aus­si, c’était écrit, à Guer­ni­ca – à Guer­ni­ca le vil­lage basque mar­tyre , et bien sûr au célèbre tableau de Picas­so. Et j’ai peur pour la Libye, pour le peuple libyen livré à la folie meur­trière d’un monstre sans retenue. 

Rue89 a mis en ligne les rares témoi­gnages par­ve­nant du pays qua­si cou­pé du monde. Une Suis­so-Libyenne vivant à Ben­gha­zi, dans l’est de la Libye appelle au secours : « On a fil­mé ! On a les vidéos ! Mais ils ont cou­pé Inter­net. Ils tuent n’importe qui, une petite fille de 7 ans, notre voi­sine, qui se ren­dait dans un maga­sin. A quoi ça sert main­te­nant d’avoir peur ? On a besoin des jour­na­listes ! Pour que le monde sache ce que fait Mouam­mar Kadha­fi. Les gens disent : « Ou nous, ou lui ! Ou Kadha­fi, ou le peuple ! » ».


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bossuet

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  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Marseille

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sexpol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse postale !) 

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl). 
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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