On n'est pas des moutons

philosophie

De Socrate à Lidl, Free et autres Macron, un peu de philosophie politique à l’usage improbable de nos gérants

C’est un peu comme une urti­caire : ça me démange de par­tout… sans savoir au juste d’où ça vient. Je parle de cette « actu », drogue jour­na­lis­tique à haute accou­tu­mance. S’en défaire, une gageure. Sor­tie par la porte, la revoi­là par la moindre lucarne, fac­teur de stress, de manque. Que faire ? comme disait l’autre. Sen­ti­ment d’impuissance contre désir d’agir. Com­ment ? Alors je cause, je me cause, je cause ici en écri­vant, comme dans un jour­nal, un autre, pas celui du métier d’informer – enfin d’essayer. Don­ner une forme à cette réa­li­té du monde qui semble s’effilocher par tous les bouts. Pour paro­dier Nou­ga­ro, « est-ce moi qui vacille, ou la terre qui tremble ? » Le fait est que j’ai bien du mal à prendre ladite « actu » par un bout, sans être rat­tra­pé par un autre ; sans don­ner dans la dis­per­sion… Je connais un type qui a écrit L’Homme dis­per­sé, un roman docu­men­té. À l’image de notre monde, au bord de l’éclatement.

Les opti­mistes espèrent, ils croient : on trou­ve­ra des solu­tions, c’est le sens du pro­grès : la tech­no­lo­gie, ses miracles, la Lune, Mars. L’Homme s’en sor­ti­ra, trop génial. Les pes­si­mistes ana­lysent, pensent : c’est cuit pour le bipède sapiens (mal)pensant, l’homo faber (mal)faisant ; il s’est mis la corde au cou, celle de l’eco­no­mi­cus. Gloire au « plus », encore « plus », tou­jours « plus ».

Ils auront trait la vache Terre jusqu’à sa der­nière goutte de « plus » ; elle, elle s’en remet­tra, depuis le temps qu’elle s’accommode des cata­clysmes – dont elle naquit. Mais ses habi­tants, loca­taires arro­gants, vils pro­fi­teurs, exploi­teurs éhon­tés, fiers imbé­ciles. Ils ont oublié, ou jamais su, qu’ils ne fai­saient que pas­ser ici-bas, sus­pen­dus au via­ger d’une vie brève, aléa­toire. À ce sujet, « vu à la télé » l’enquête de Cash inves­ti­ga­tion (France 2) sur les escla­va­gistes modernes à l’œuvre chez Lidl et Free, deux cas­seurs de prix de la bouffe et du télé­phone. Rois de la « petite marge », ils font galé­rer leurs sala­riés, mal­trai­tés comme des bêtes de somme, mépri­sés, ser­mon­nés, engueu­lés, usés et fina­le­ment jetés comme des déchets à la pou­belle de Pôle emploi, aux frais de la col­lec­ti­vi­té. On connaît la musique : « Pri­va­ti­ser les béné­fices, mutua­li­ser les pertes », ren­gaine capi­ta­liste. Marx n’y pour­ra rien, tout juste figu­rant de ciné­ma (un film vient de sor­tir sur le père du Mani­feste com­mu­niste ; signe des temps déses­pé­rés car nostalgiques).

Retour à l’envoyeur.

Ils sont là, les pro­lé­taires d’aujourd’hui, comme dit à sa façon Xavier Niel, le mul­ti­mil­liar­daire patron de Free : « Les sala­riés dans les centres d’appels, ce sont les ouvriers du XXIe siècle. C’est le pire des jobs. » Au moins sait-il de quoi il parle. Mais il n’a pas vou­lu par­ler dans le poste ; pas davan­tage sa char­gée de com’ – le comble ! –, lais­sant la cor­vée à un chef de régi­ment bien emmer­dé, pro­ba­ble­ment aus­si faux derche qu’intraitable « mana­ger ». Tous ces pions néfastes ne jurent que par le « manag’mint », ont été bibe­ron­nés aux mêmes évan­giles pro­duc­ti­vistes. Comme l’autre de chez Lidl, qui aura dû en tuer des comme lui avant de rece­voir l’onction du pou­voir par la schlague. Il est là comme un mioche pris les doigts dans la confiote, minable rouage d’une machine à « faire du cash », en rêvant que d’autres machines éli­minent tota­le­ment les tra­vailleurs – pour­tant déjà robo­ti­sés. Ah, que viennent enfin les temps bénis de la robo­ti­sa­tion totale, tota­li­taire ! « 1984 » en vrai et en pire.

Certes, cha­cun peut tou­jours aller chez Lidl ou chez Free – entre autres exploi­teurs de choc – pour gagner trois euros six sous. À quel prix ? Ils ne pour­ront plus igno­rer ce que recouvre la ques­tion – enfin si, ils pour­ront tou­jours se voi­ler la face. 1

À ce pro­pos, et dans la rubrique « ONPLG », On n’arrête pas le pro­grès 2, les femmes saou­diennes vont être auto­ri­sées par leurs princes à conduire. Elles vont pou­voir prendre le volant – mais res­tent astreintes au voile inté­gral. L’inverse eut été plus libé­ra­teur. Cha­cun ses hié­rar­chies de valeurs.

Le procès de Socrate

Le pro­cès de Socrate. Sur les 501 juges, 280 votent en faveur de la condam­na­tion, 221 de l’acquittement.

Jus­te­ment, côté valeurs, com­ment ne pas saluer les quatre émis­sions, cette semaine, des Che­mins de la phi­lo­so­phie (France Culture) consa­crés à Socrate, spé­cia­le­ment à son pro­cès et à sa mort ? La condam­na­tion du phi­lo­sophe grec (470-399 avant notre ère) demeure un sujet de dis­cus­sion à la fois phi­lo­so­phique et poli­tique. Adèle Van Reeth, l’animatrice des Che­mins, mène au mieux l’« ins­truc­tion » à par­tir des chefs d’accusation ain­si libel­lés : « Socrate enfreint la loi, parce qu’il ne recon­naît pas les dieux que recon­naît la cité, et qu’il intro­duit d’autres divi­ni­tés nou­velles ; et il enfreint la loi aus­si parce qu’il cor­rompt la jeu­nesse. Peine requise : la mort. »

Si le débat garde toute son actua­li­té, c’est parce qu’il pose de nom­breuses ques­tions concer­nant le droit et la loi, la citoyen­ne­té et la démo­cra­tie, la liber­té et la phi­lo­so­phie – tout comme la reli­gion et le libre-arbitre. De ces quatre heures pas­sion­nantes, il appa­raît, pour le dire vite et vul­gai­re­ment, que Socrate fut un emmer­deur suprême, un gêneur poli­tique qui cla­quait le bec aus­si bien à ceux qui pré­ten­daient savoir qu’aux sophistes, embo­bi­neurs filoux, aux poli­ti­ciens, poètes, gens de métier ren­voyés à leur igno­rance – comme la sienne propre… Socrate sait… qu’il ne sait rien. Ce qui est impie ! En effet, ne pas savoir revient à ne rien croire, pas même les dieux !

Autre ques­tion, et non des moindres, posée par Socrate et sa condam­na­tion : celle de la démo­cra­tie. Le phi­lo­sophe était très cri­tique à son sujet ; il lui repro­chait notam­ment de faire la part belle aux opi­nions, et ain­si de figer l’examen des faits et l’exercice de la pen­sée libre. 3  Sa phi­lo­so­phie poli­tique se situait entre mépris de la majo­ri­té et amour des lois, y com­pris celles qui le condam­naient : plu­tôt subir l’injustice que la commettre…

Socrate Athènes

Socrate, devant l’Académie, Athènes © gp

Reste la « cor­rup­tion de la jeu­nesse »… Concerne-t-elle l’enseignement du maître – lui qui se disait n’avoir jamais été maître de qui que ce soit, qui ensei­gnait en déam­bu­lant, pro­fes­sant le « Connais-toi toi-même » 4 car le savoir est en soi, passe par soi-même, et la sagesse se trans­met par l’échange, la dis­cus­sion. On avan­ça aus­si ses atti­rances pour les beaux jeunes gens, lui, le lai­de­ron… Pédo­phi­lie socra­tique ? en des temps où la pédé­ras­tie effa­rou­chait peu, semble-t-il… Il est plus pro­bable que la per­ver­sion en ques­tion por­tait d’abord sur le conte­nu sub­ver­sif de l’enseignement. 5

Voi­là qui nous emmène loin de Lidl et Free… Loin ? Que nen­ni ! Socrate rap­pelle au sens de la vie qui, de nos jours, se trouve acca­pa­ré par les obli­ga­tions de la sur­vie. Se tuer à gagner sa vie – for­mu­la­tion ancienne (mai 68…) du « burn out ». Plus-plus-plus : subir les indé­centes pubs, sur les radios publiques, qui font cha­toyer les charmes du pro­duc­ti­visme, le pri­vi­lège de « vivre les same­dis comme des lun­dis » ! Le tra­vail renoue plus que jamais avec son ori­gine latine : tri­pa­lium, engin de tor­ture à trois pieux… L’économie vul­gaire com­mande. Les pos­sé­dants et affai­ristes télé­com­mandent les gou­ver­nants – qui n’en sont plus depuis si long­temps, depuis 1983, pour en res­ter à nos hori­zons, quand Mit­ter­rand s’est conver­ti à la reli­gion libéraliste.

Gou­ver­ner sup­pose un gou­ver­nail, un cap, des direc­tions, des idées, et tant qu’à faire des idéaux. Nos rameurs de la finance et du biz­ness ne sont plus que de sinistres gérants, tout comme ceux de Lidl et de Free, qu’ils vénèrent et imitent jusque dans leur arro­gance inculte. De petits bou­ti­quiers der­rière leur caisse enre­gis­treuse, tenant un pays comme une épi­ce­rie. La San­té, com­bien ? Ah ? trop cher ! On rabiote. L’impôt sur la for­tune ? Trop éle­vé, inci­tant à l’évasion fis­cale ? On va arran­ger ça. La for­mule magique reste inchan­gée : les pauvres ne sont pas riches, mais ils sont si nom­breux que leur prendre un peu, rien qu’un peu, ça rap­porte beau­coup beaucoup.

Je par­lais, au début de ma dérive, du par­tage binaire entre opti­mistes et pes­si­mistes. Reste les réa­listes, ou ceux qui s’essaient à don­ner du sens au réel, tel qu’ils le per­çoivent. Exer­cice très instable d’équilibriste. Casse-gueule ! Arrê­tons là pour aujourd’hui.

Notes:

  1. On peut revoir l’émission ici.
  2. En taxi, pris dans un embou­teillage, l’écrivain Alexandre Via­latte, s’entendant dire par son voi­sin la sen­ten­cieuse phrase, lui réplique : « Non, il s’arrête tout seul ».
  3. Pléo­nasme aurait iro­ni­sé Jules Renard, comme dans son Jour­nal : « Libre pen­seur. Pen­seur suf­fi­rait. »
  4. Pro­lon­gé par Nietzsche : « Deviens ce que tu es ».
  5. « Mélé­tos, tu m’accuses de per­ver­tir la jeu­nesse. Sans doute nous savons ce qui consti­tue la per­ver­si­té des jeunes gens. Nomme-s-en, si tu connais, qui, pieux d’abord, sages, éco­nomes, modé­rés, tem­pé­rants, labo­rieux, soient deve­nus par mes leçons, impies, vio­lents, amis du luxe, adon­nés au vin, effé­mi­nés ; qui enfin se soient livrés à quelque pas­sion honteuse.

    – Oui, repar­tit Mélé­tos, j’en connais que tu as déci­dés à suivre tes avis plu­tôt que ceux de leur père, de leur mère.

    – J’avoue, répli­qua Socrate, qu’ils ont sui­vi les avis que je leur don­nais sur l’instruction morale de la jeu­nesse. C’est ain­si que pour la san­té nous sui­vons les conseils des méde­cins plu­tôt que ceux de nos parents. Vous-mêmes Athé­niens, dans les élec­tions de géné­raux, ne pré­fé­rez-vous pas à vos pères, à vos frères, à vous-mêmes, les citoyens jugés les plus habiles dans la pro­fes­sion des armes ?

    – Tel est l’usage, repar­tit Mété­los ; et le bien géné­ral le demande.

    – Mais, ajou­ta Socrate, toi Mété­los, qui vois que dans tout le reste les plus habiles obtiennent pré­fé­rence et consi­dé­ra­tion, explique com­ment tu peux sol­li­ci­ter la mort de Socrate, pré­ci­sé­ment parce qu’on le juge habile dans une par­tie essen­tielle, l’art de for­mer l’esprit. »

    Xéno­phonApo­lo­gie de Socrate, pp.726-727


Maître Eolas. La République à 35 euros (l’Anarchie n’est pas en prime…)

Infor­mé par un ami 1 d’un billet de blog au titre allé­chant : « La Répu­blique vaut-elle plus que 35 euros ? », je tombe sur le fameux blog de « Maître Éolas », Jour­nal d’un avo­cat - Ins­tan­ta­nés de la jus­tice et du droit.

La Répu­blique. Ange-Louis Janet (1815-1872) © Musée Carnavalet

LEolas en ques­tion semble être désor­mais le plus connu des avo­cats ano­nymes… Ne vou­lant pas mêler liber­té de juge­ment et affaires pro­fes­sion­nelles, il s’abrite der­rière ce pseu­do­nyme, lequel nous dit Wiki­pé­dia, vient du mot gaé­lique irlan­dais eolas qui signi­fie « connais­sance, infor­ma­tion. » Que voi­là une bonne réfé­rence ! Aus­si n’est-il pas éton­nant que cet homme de droit s’en prenne si sou­vent à la presse, grande péche­resse dans son propre domaine. D’où cet exergue, qui rejoint mon cre­do : « Qui aime bien châ­tie bien. Et la presse, je l’aime très fort. » Pour le coup, Eolas s’en prend à un édi­to de L’Opinion. 2

Voi­ci les faits, remon­tant à 2016, tels que repris de la plume (alerte et à l’occasion cin­glante) d’Eolas :

« Sébas­tien X. est l’heureux pro­prié­taire d’un lot dans le Lot, sur lequel se trouve une mai­son d’habitation et un garage. On y accède par un por­tail don­nant sur la voie publique, par lequel une auto­mo­bile peut pas­ser afin de rejoindre le garage. Le trot­toir devant cet accès est abais­sé, for­mant ce que l’on appelle une entrée car­ros­sable et plus cou­ram­ment un bateau.

« Un jour, mû par la flemme ou peut-être parce qu’il ne comp­tait pas res­ter long­temps chez lui, peu importe, Sébas­tien X. a garé sa voi­ture devant l’accès à sa pro­prié­té, au niveau du bateau. “Que diable, a-t-il dû se dire, je ne gêne pas puisque seul moi ai voca­tion à uti­li­ser cet accès. Or en me garant ain­si, je mani­feste de façon uni­voque que je n’ai nulle inten­tion d’user de ce dit pas­sage”. Oui, Sébas­tien X. s’exprime dans un lan­gage sou­te­nu, ai-je décidé.

« Fata­li­tas. Un agent de police pas­sant par là voit la chose, et la voit d’un mau­vais œil ; sans désem­pa­rer, il dresse pro­cès-ver­bal d’une contra­ven­tion de 4e classe pré­vue par l’article R.417-10 du code de la route : sta­tion­ne­ment gênant la cir­cu­la­tion. Sébas­tien X., fort mar­ri, décide de contes­ter l’amende qui le frappe, fort injus­te­ment selon lui. »

Il s’ensuit que le Sébas­tien X. dépose une requête, à laquelle le juge de proxi­mi­té de Cahors fait droit et le relaxe, au motif “qu’il n’est pas contes­té que l’entrée car­ros­sable devant laquelle était sta­tion­né le véhi­cule de M. X. est celle de l’immeuble lui appar­te­nant qui consti­tue son domi­cile et des­sert son garage, et que le sta­tion­ne­ment de ce véhi­cule, sur le bord droit de la chaus­sée, ne gêne pas le pas­sage des pié­tons, le trot­toir étant lais­sé libre, mais, le cas échéant, seule­ment celui des véhi­cules entrant ou sor­tant de l’immeuble rive­rain par son entrée car­ros­sable, c’est à dire uni­que­ment les véhi­cules auto­ri­sés à emprun­ter ce pas­sage par le pré­ve­nu ou lui appartenant”.

Mais voi­là-t-il pas que le repré­sen­tant du minis­tère public, « fin juriste » selon Eolas, dépose un pour­voi en cas­sa­tion. Et la cour, en effet, a cas­sé. Ledit juge­ment s’est trou­vé annulé.

Alors, se demande gou­lu­ment l’avocat : « Pour­quoi la cour de cas­sa­tion a-t-elle mis à l’amende ce juge­ment ? Pour deux séries de motif dont cha­cun à lui seul jus­ti­fiait la cassation. »

À par­tir de là, puisque je ne vais pas reco­pier la longue autant qu’argumentée et pas­sion­nante plai­doi­rie de l’avocat, je vous invite à la lire direc­te­ment ici.

Pour ma part, non juriste, je m’en tien­drai à quelques réflexions sur ce qu’on appelle « l’État de droit » et qui pose des ques­tions essen­tielles, non seule­ment sur la Répu­blique et la démo­cra­tie mais plus géné­ra­le­ment sur l’état de la socié­té, donc sur les com­por­te­ments indi­vi­dua­listes ou communautaristes.

L’usage de l’automobile et, en géné­ral, de tous les engins à moteur, dévoile le reflet hideux des com­por­te­ments humains – à l’humanité rela­tive, spé­cia­le­ment dans les villes, en dehors de toute urba­ni­té… C’est en quoi cet article de Maître Eolas revêt son impor­tance poli­tique, voire idéo­lo­gique et phi­lo­so­phique. Il pose en effet – depuis son titre, « La Répu­blique vaut-elle plus que 35 euros ? » –  la ques­tion du bien com­mun, cen­sé être codi­fié et confor­té par la Loi. Cette Loi (avec majus­cule) si sou­vent bafouée, par des hors-la-loi dont notre socié­té a bien du mal à endi­guer les flots : manque de pri­sons, qui débordent, de juges, de poli­ciers. On manque plus encore, avant tout, d’esprit civique – ce que George Orwell, sous l’expression décence com­mune, défi­nis­sait comme « ce sens com­mun qui nous aver­tit qu’il y a des choses qui ne se font pas ».

Non, ça ne se fait pas, enfin ça ne devrait pas se faire de : 

– Se foutre du code de la route, spé­cia­le­ment des limi­ta­tions de vitesse et mettre ain­si des vies en dan­ger ; cau­ser un bou­can infer­nal avec son engin à moteur ; jeter les ordures n’importe où ; incen­dier pou­belles et voi­tures ; insul­ter qui­conque par des pro­pos agres­sifs et racistes 3 ; bar­rer des rues pour empê­cher l’accès de la police dans des « ter­ri­toires per­dus de la Répu­blique » 4 Liste non exhaustive !

Mais ça ne devrait se faire non plus que :

– Près de la moi­tié des richesses mon­diales soit entre les mains des 1 % les plus riches, tan­dis que 99 % de la popu­la­tion mon­diale se par­tagent l’autre moi­tié, tan­dis que 7 per­sonnes sur 10 vivent dans un pays où les inéga­li­tés se sont creu­sées ces 30 der­nières années. (Rap­port Oxfam, 2014).

– … Et que les riches conti­nuent à s’enrichir et les pauvres à s’appauvrir…

L’État de droit, certes, implique la pri­mau­té du droit sur le pou­voir poli­tique, de sorte que gou­ver­nants et gou­ver­nés, doivent obéir à la loi, tous étant ain­si égaux en droit. En droit. Pour le reste : on comp­te­ra sur les talents, la chance, et sur­tout la « bonne for­tune »… Rien à voir avec le degré de démo­cra­tie d’un régime ! Où serait alors le « monde com­mun » entre les nou­velles élites de l’industrie, du com­merce, de la banque, des arts, du sport et de la poli­tique ? – cette nou­velle aris­to­cra­tie, à l’hérédité finan­cière et aux reve­nus éhon­tés, injurieux.

État de droit, ou État de tra­vers ? Par delà le désordre éco­no­mique fac­teur de misère 5, c’est l’ordre sym­bo­lique du monde – celui de la jus­tice et du bien-être par le « pro­grès » tant van­té – qui se trouve gra­ve­ment atteint et accen­tue le res­sen­ti­ment géné­ral et la mal­veillance des lais­sés pour compte. Tan­dis que les déma­gogues de tous poils se ren­gorgent sous de grandes envo­lées éga­li­ta­ristes, accu­sant l’État et ses « élites », dénon­çant les démons, les com­plots, le « sys­tème ». Ce qui revient à désen­ga­ger le citoyen de sa propre res­pon­sa­bi­li­té – ce qui, il est vrai, pos­tule sa liberté.

À ce stade, on ne peut igno­rer l’autre res­pon­sa­bi­li­té, celle des gou­ver­ne­ments, dont elle ques­tionne leur forme et leur légi­ti­mi­té. Cette notion de l’État de droit, si elle fonde la Répu­blique en tant que démo­cra­tie théo­rique, se voit confron­tée à l’État tout court. Cer­tains cou­rants anar­chistes y ont vu et conti­nuent à y voir le mal abso­lu. D’autres, plus phi­lo­so­phiques que dog­ma­tiques, ont su poser les prin­cipes de fond. Ain­si Prou­dhon quand il écrit : « La liber­té est anar­chie, parce qu’elle n’admet pas le gou­ver­ne­ment de la volon­té, mais seule­ment l’autorité de la loi, c’est-à-dire de la néces­si­té », ou encore « L’anarchie c’est l’ordre sans le pou­voir ». Ou Éli­sée Reclus : « L’anarchie est la plus haute expres­sion de l’ordre. »

Au fond, on n’est pas loin de l’affaire du sta­tion­ne­ment illé­gal si fine­ment ana­ly­sé par Maitre Eolas. Par­tant d’une amende à 35 euros, dénon­cée par un jour­na­liste sur­feur et déma­gogue 6, on en arrive à embras­ser la com­plexi­té d’un tout his­to­rique et phi­lo­so­phique, dont les fon­da­tions datent de l’Antiquité grecque et romaine, tan­dis que l’édifice entier demeure sous écha­fau­dages, plus ou moins (in)stable, selon le rap­port incer­tain entre bâtis­seurs et démo­lis­seurs – ce qui consti­tue l’Histoire.

Notes:

  1. Mer­ci Daniel !
  2. Média éco­no­mique d’inspiration libé­rale, pro-busi­ness, euro­péenne.
  3. Rou­lant à vélo dans les quar­tiers Nord de Mar­seille, je me suis fait trai­ter de « sale pédé » et mena­cer de cas­sage de gueule par un Noir hai­neux [c’est un fait] en bagnole, voci­fé­rant parce qu’empêché de me pas­ser des­sus dans une rue étroite !
  4. Je parle de ce que je connais : à Mar­seille, quar­tiers Nord encore, cité de la Cas­tel­lane pour être pré­cis : des guet­teurs au ser­vice de tra­fi­quants de drogue sont pos­tés en per­ma­nence et une rue (au moins) est obs­truée par des blocs de pierre et des cha­riots de super­mar­ché. Lire sur ces ques­tions La Fabrique du monstre, une enquête à Mar­seille de Phi­lippe Pujol, sur ce qu’il appelle « les mal­fa­çons de la Répu­blique fran­çaise » (Ed. Les Arênes)
  5. Voir L’économie, cette mytho­lo­gie dégui­sée en « science »
  6. Le titre de son article taclé par Eolas : « Sta­tion­ne­ment inter­dit » ou Kaf­ka au volant. La chute du papier est évi­dem­ment du même ton­neau libé­ra­liste : « Il y a, fina­le­ment, plu­tôt de quoi en pleu­rer de rage. Que disait Pom­pi­dou, déjà ? Ah oui : « Arrê­tez donc d’emmerder les Français ! »

    Et vive l’anarchie ! – au mau­vais sens du mot, évi­dem­ment.


Michel Onfray, l”’athéologue prêchi-prêcha


Par ces temps d’obscurantisme effré­né, un Michel Onfray vaut bien une messe. Et même davan­tage. Il m’a eu aga­cé par­fois, le bon­homme. Pas tant sur le fond que sur la forme. Ce qui revient quand même à écor­ner le fond. Je veux par­ler de sa « musique », qua­li­fiée ain­si dans l’article que lui consacre Le Monde 2 [02/04/05] : « Les phrases s’envolent. Les mots bour­donnent. Grondent. Se bous­culent. C’est du rap méta­phy­sique. Du slam phi­lo­so­phique. Du funk phé­no­mé­no­lo­gique. De la soul ontologique. »

Bien dit, je trouve pour appuyer mes réserves qui, fina­le­ment, atteignent le pro­pos par la bande. Pour­quoi nous assé­ner des pen­sées sous cette forme hale­tante ? Pour nous empê­cher de res­pi­rer, c’est-à-dire de prendre le temps de pen­ser aus­si, nous, libre­ment, au rythme d’une pen­sée qui s’élabore, et à laquelle on col­la­bore : tra­vailler avec, avec l’émetteur qui s’assure que « ça suit », avant que d’adhérer en « col­lant » (c’est bien le mot) à l’idée et, pour cela, faire usage des arti­fices de boni­men­teurs ? Ça lui est par­fois repro­ché, ce jeu de séduc­tion. A juste titre, je trouve.

J’exprime des réserves de ce type à d’autres formes d’expression [ne vous gênez pas, au besoin, pour me retour­ner le com­pli­ment…], comme dans cer­tains films. Je pense aux récents films docu­men­taires comme ceux de Michael Moore ou, plus récem­ment, au film « The Cor­po­ra­tion » (USA, 2004). C’est une charge contre l’Entreprise consi­dé­rée comme modèle fas­ci­sant. Ça part d’un angle pour le moins inté­res­sant : « Si l’entreprise a léga­le­ment les mêmes droits qu’un indi­vi­du, pour­quoi se conduit-elle de façon si peu humaine ? » La ques­tion est assez per­ti­nente pour n’avoir pas besoin de ren­forts dou­teux, à savoir une écri­ture pro­pre­ment assom­mante, et même, je le dis : fas­ci­sante. Une écri­ture de clips publi­ci­taires qui, par défi­ni­tion et néces­si­té, nie le libre arbitre – nie car­ré­ment le des­ti­na­taire en tant que récep­teur pen­sant, capable de juge­ment que, d’ailleurs, il ne demande qu’à for­ger. Dénon­cer Nike avec les armes de Nike, non !

J’ai éprou­vé un sem­blable tour­nis à entendre les confé­rences de Michel Onfray [retrans­mises par France Culture] dans les­quelles il paraît noyer son argu­men­ta­tion dans l’ivresse de ses [bons ? pas tou­jours…] mots. De ce point d’ouïe, Onfray c’est l’anti-Debray.

Reve­nons à ses pro­pos sur la presse en les repla­çant dans l’ensemble de l’interview du Monde 2. On peut d’ailleurs s’y réfé­rer direc­te­ment sur l’extrait ci-des­sus. On y voit que les jour­na­listes – à psy­cha­na­ly­ser, selon lui –, l’ont sale­ment atta­qué par une accu­sa­tion de nazisme à peine dégui­sée ; ou bien le taxent d’extrême-droite ou de « maître à pen­ser des raéliens ».

N’ayant pas lu 1 son Trai­té d’athéologie, je n’en dirai rien. Sinon que cette « parole athée dans le concert de chants gré­go­riens », comme dit son auteur, ne peut évi­dem­ment que déran­ger l’ordre domi­nant des religions.

Et, au fait, quant à « psy­cha­na­ly­ser le métier de jour­na­liste », alors oui – et com­ment ! Mais après vous, je vous en prie…

 

commentaires de 2005

Dona­del­lo Claude08/08/2008 10:58

Michel Onfray ? Evi­dem­ment, les sup­ports média­tiques sont aus­si ses moyens publi­ci­taires... Mais, si on l’écoute bien, il en dit des « conne­ries ». Par exemple, piètre connais­seur des textes bibliques aux­quels il fait si sou­vent réfé­rence, il donne sou­vent l’impression d’être un rédac­teur du « Sélec­tion du Reader’s Digest France Culture ». Je res­pecte la pen­sée d’un athée qui ne fait pas com­merce d’athéisme, mais j’émets des réserves sur le sérieux d’une pen­sée agglu­ti­nante, faite de bric et de broc : un peu de Kant, un soup­çon de Feuer­bach, mâti­née de Dar­win... Bien sûr, je com­prends la cause de sa foi en un Non-Dieu, lui, enfant vic­time du cler­gé com­plice du capi­ta­lisme, mais il me semble qu’il ne devrait pas s’attarder sur le doigt qui montre l’étoile.

 

ber­nat-win­ter30/01/2006 12:41

L’hédonisme de Michel Onfray pour­rait prendre place entre le tour de France comme épo­pée et le cer­veau d’Einstein dans Mytho­lo­gies de Roland Barthes. Il est tou­jours inutile d’opposer aux signes de l’autre (Onfray) nos propres signes. L’enquête devra être sub­ver­sive: mettre à nu, démon­ter, mon­trer quelques tours de fabrique. La ques­tion pour­rait être, depuis le texte même : Onfray, ça marche comment ?
Quelques ques­tions: c’est quoi une « admi­nis­tra­tion pla­to­ni­cienne », com­ment ça marche « l’aura du vou­loir hédo­niste », com­ment peut-on « émas­cu­ler la phi­lo­so­phie »? Il sem­ble­rait que le maté­ria­lisme hédo­niste ne puisse se pas­ser des contes pour enfants.

 

syl­vie del­vaux31/08/2005 01:


M. Onfray arrive à décon­cer­ter, par sa manière de les pré­sen­ter, ceux qui trouvent de l’intérêt à ses idées. Trop empres­sé de les convaincre, alors qu’il en appelle à pen­ser librement...
Mais tout n’est pas là. En tant que phi­lo­sophe il n’interroge pour­tant pas l’essentiel. Pour­quoi et ce depuis tou­jours l’humanité entière a besoin de croire en un Dieu ? Sim­ple­ment parce que rien ne peut la conso­ler d’être mor­telle. Et parce que rien ne peut conso­ler un indi­vi­du de ne comp­ter aux yeux de ses sem­blables que pour ce à quoi il peut leur ser­vir. Sans par­ler du déses­poir dans la souf­france et le mal­heur, là où per­sonne ne peut vous aider...L’idée de Dieu est-elle la béquille psy­cho­lo­gique inven­tée comme appui, faute de mieux, par la Nature pour nous aider à y faire face ?
Vaste sujet...Je ne suis pas croyante, mais je com­prends ceux qui croient. Quant aux vio­lences de toutes sortes com­mises au nom d’une reli­gion, je ne peux qu’approuver qu’elles doivent être démas­quées et blâmées.

Gérard Pon­thieu18/08/2005 16:14

» dio­ny­sos : en fait, bien d’accord avec vous. Je sai­si­rai l’occasion de reve­nir sur ce prin­cipe mani­chéen que vous évo­quez. gp

dio­ny­sos08/08/2005 22:

Je suis bien d’accord Onfray fait par­tie comme Deleuze et consors de ces penseurs(je trouve le terme phi­lo­sophe un peu pom­peux a mon gout)libertaire ‚qui font voya­ger le lec­teur sou­vent pro­fane dans un monde mécon­nu :La philosophie,et plus par­ti­cu­liè­re­ment les pen­seurs Nietszchien.Alors,peu importe qu’on en dise du bien ou du mal(principe mani­chéen grotesque!)on aime bien Onfray et on en redemande!

  

Gérard Pon­thieu31/05/2005 15:50

OK : je me suis trom­pé déjà en me fai­sant mal com­prendre. Je ne les connais pas assez pour avoir un avis légi­time et sur Onfray et sur sa pen­sée; j’interrogeais la forme de ses inter­ven­tions orales (radio) qui, en elle-même, consti­tue une part de son mes­sage. D’où mes ques­tions : pour­quoi ce ton si hale­tant, qui peut être vécu comme une agres­sion, en tout cas un empê­che­ment de pen­ser sa pen­sée à un rythme de mon­ta­gnard – plu­tôt que de sprinter ?
Mais j’avoue que c’est léger, juste une inter­ro­ga­tion. Mer­ci de ton alerte, la deuxième : ça devient sérieux ! Cor­dial salut.

Julien31/05/2005 15:11

Cher Pon­thieu,

Je crois sin­cè­re­ment que tu te trompes quant à Onfray et son oeuvre.

Il fait par­tie d’une mino­ri­té de pen­seurs fran­çais (Deleuzes, Fou­cault, Lyo­tard, Bour­dieu, entre autres) qui remettent radi­ca­le­ment en ques­tion notre modèle socio-éco­no­mique, source de misères et de frustrations.

J’étaye dans cette optique le point de vue de Onfray selon lequel les jour­na­listes, en tant que chiens de gardes du sys­tème, se renient et par consé­quent ne peuvent échap­per à ce qua­li­fi­ca­tif de minables, même s’il est tou­jours impropre de géné­ra­li­ser. Je te ren­voie pour cela aux livres de Bour­dieu (Sur la télé­vi­sion) et de S. Hali­mi (Les nou­veaux chiens de garde) afin que tu te fasses une meilleure idée de la chose.

Cor­dia­le­ment

gérard pon­thieu19/05/2005 22:

En effet, bonne idée. Mais, en fait, je ne trouve pas sa cri­tique dépla­cée; la flèche me semble même bien déco­chée, à juste titre je crois. Certes, il fau­drait aller plus loin. Allez, je m’y colle dès que 
Et merci !

Yan­nick19/05/2005 20:

Pour ma part j’ai trou­vé ses confé­rences inté­res­santes pour au moins deux raisons :
- il pro­pose une autre his­toire de la phi­lo­so­phie que celle qui est tra­di­tion­nel­le­ment enseignée
- de manière géné­rale il incite ses audi­teurs à remettre en ques­tion les évi­dences, à rai­son­ner par eux-mêmes, à aller eux-mêmes vers les textes des philosophes.
En ces temps où les Fran­çais lisent de moins en moins et se gavent de télé­vi­sion, c’est déjà pas si mal.
Son attaque contre les jour­na­listes fran­çais est évi­dem­ment exces­sive. Pour­quoi ne lui écri­vez-vous pas pour lui deman­der de la com­men­ter ? Il suf­fit d’aller sur son site pour lui écrire.

Notes:

  1. Je l’ai lu depuis, avec inté­rêt, et à mon rythme. Ah le papier ! – Note du 31/8/17

  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bossuet

  • Traduire :

  • Twitter - Gazouiller

  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Marseille

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sexpol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse postale !) 

    tcherno2-2-300x211

    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl). 
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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