On n'est pas des moutons

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Mort d’Eddy Louiss. Un grand de l’orgue Hammond, mais pas seulement

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Avec la Multicolor Feeling Fanfare, au Paris Jazz Festival 2011 (Parc floral de Paris). Ph. Myrabella / Wikimedia Commons

Organiste, pianiste, chanteur ; et aussi trompettiste, percussionniste , chef d’orchestre et compositeur : Eddy Louiss vient de mourir à l’âge de 74 ans et avec lui disparaît une grande figure du jazz, du jazz français en particulier. Il était malade depuis quelques années et, ces derniers temps, ne répondait même plus aux appels téléphoniques de ses amis, comme Bernard Lubat notamment, avec qui il avait joué et chanté surtout dans le groupe des Double Six, aux côtés de sa fondatrice Mimi Perrin, de Roger Guérin, Ward Swingle et Christiane Legrand. [Voir ici à propos de Mimi Perrin, morte en 2010Mimi Perrin, comme un pinson du jazz ]

Edouard Louise, de son vrai nom, naît à Paris le 22 mai 1941. Son père, Pierre, d’origine martiniquaise, est trompettiste et l’entraîne très jeune dans des tournées estivales où il s’imprègne de la musique dite « typique » : rumba, paso-doble, cha-cha-cha. Il découvre bientôt le jazz et tâte d’instruments comme la trompette, le vibraphone – et l’orgue Hammond, qui deviendra son instrument d’élection. À seize ans, il fait le bœuf avec Jean-François Jenny-Clark et Aldo Romano. Plus tard, il enregistre avec Daniel Humair – il formera avec lui et Jean-Luc Ponty le trio HLP), accompagne Nicole Croisille au bugle (Festival d’Antibes, 1963), puis Claude Nougaro à l’orgue pendant treize ans. Il ne rechigne pas à la variété (avec Henri Salvador, Charles Aznavour, Barbara, Serge Gainsbourg, Jacques Higelin), se lance dans un octette (avec le violoniste Dominique Pifarély), s’adjoint une fanfare de cinquante musiciens professionnels et amateurs… En 1994, il enregistre en duo avec Michel Petrucciani deux disque fameux, Conférence de Presse (Dreyfus Jazz) [extrait ci-dessous]. Il joue également avec Richard Galliano, en duo et en orchestre (souvenir de Marciac, je ne sais plus quand au juste…) En 2000, la maladie le contraint à s’éclipser jusqu’en 2010 où il enregistre à nouveau en studio, se produit à l’Olympia et enfin en 2011, au Paris Jazz Festival, sa dernière apparition publique.

Musicien de tous les registres, ainsi qu’il a été souvent qualifié, à l’image de son ouverture « multicolore » – rappelons sa série de concerts intitulée Multicolor Feeling. Il s’était donné aussi bien dans les improvisations avec les John Surman, Michel Portal et Bernard Lubat, que dans les rythmes afro-caraïbéens ou les enregistrements en re-recording au clavier (Sang mêlé). Il était aussi un des continuateurs de Jimmy Smith, maître du Hammond, instrument de finesse et de fougue (pour ne pas dire de fugue…) qui va si bien au jazz, où il est devenu plutôt rare. La disparition d’Eddy Louiss ne va rien arranger.

Un document de l’Ina du 26 mars 1970 Eddy Louiss à l’orgue et Daniel Humair à la batterie interprètent «Tristeza». Diffusé par l’ORTF dans l’émission Jazz en France, présentée par André Francis. Tout le monde avait 45 ans de moins… Le son laisse à désirer. Cet extrait  de Caraïbes (Dreyfus Jazz), avec Michel Petrucciani, est meilleur : 

[audio:https://c-pour-dire.com/wp-content/1audio/Caraiibes.mp3|titles=Eddy Louiss — Caraibes|autostart=no]

«Toujours les meilleurs qui partent», comme il se dit bêtement… Dans cette catégorie, j’ai «raté» le départ, le 11 juin dernier, d’Ornette Coleman, un historique du jazz s’il en est. Rattrapage avec cet article sur CitizenJazz


Combien de temps ? poème d’Edward Perraud

Edward Perraud, né à Nantes en 1971 : percussionniste, batteur, compositeur, improvisateur, chercheur et aussi trouveur – comme dans trouvère… Oui, ça lui va bien à ce Pierrot lunaire, troubadour de la baguette magique, celle qui pulse, rythme, impulse, assure le battement du cœur vital, chœur musical, du jazz et de l’univers. En quoi, il est donc foncièrement poète, jusqu’à écrire de la poésie, comme ici, avec des mots, des mots-images, des images photos, car cet homme à talents est aussi photographe. Il a l’œil qui écoute, l’oreille d’ un voyant rimbaldien jouant aux dés avec Lautréamont, Hugo, Mahler, Ayler. Il aime les citer à l’occasion, au détour de ses concerts – comme celui d’Avignon où il lançait la suite n°2 du disque « Synaesthetic Trip », un sommet du genre. Découvrez-le davantage ça et , entre autres.

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Moulin à jazz, 2010 © G. Tissier

Combien de temps ?

C’est la fin de l’hiver, le début d’un printemps

Un vieillard qui se perd, un enfant qui apprend

La terre a fait son tour, encore un chant d’amour ?

Combien de temps déjà que papa n’est plus là ?

La toupie s’arrêtera, nous serons bien moins fiers

Réduits en grains de sable puis finir en poussière.

La terre a fait son tour, encore un champ d’horreurs ?

Combien de temps déjà que je compte plus les heurts ?

Imaginez le prix de ce petit poème

Quand nous ne savons pas jusqu’où la vie nous aime ?

La terre a fait son tour, est ce un mal pour un bien ?

Combien de temps déjà qu’on bafoue les humains ?

Devant l’astre suprême nous serons tous égaux

Et fondront nos égos comme s’écoulent les armes

La terre a fait son tour, c’est pourtant pas banal ?

Combien de temps encore pour le règne animal ?

Cupidon trop cupide, la coupe d’or est pleine,

Mais la terre sature, polluée, morne plaine.

Va faire un tour au large, Terre change de mythe,

Et débarrasse toi de tes pires parasites

Une chance pourtant pourrait sauver le monde

Que l’âme de poète inocule et féconde

L’esprit des tout-petits futurs grands militants.

Que l’amour du vivant supplante le pauvre argent !

Combien de temps encore jusqu’aux dernières neiges

Continuera-t-il à tourner le beau manège ?

 Edward Perraud, le 27 mars 2015

Edward Perraud

ph. Edward Perraud
© mars 2015


Le KamaTsipras, nouvel hymne gréco-européen

Le KamaTsipras ? C’est le titre de l’actualité chantée de Cécile de Kervasdoué et Benjamin Laurent, mercredi sur France Musique dans l’émission La Matinale culturelle, de Vincent Josse. L’actualité, c’est évidemment l’élection grecque et la victoire de Samothrace – euh, seulement de Tsipras, mais déjà sculpté dans le marbre médiatique. Pourvu qu’il résiste à l’érosion des pouvoirs.

Alexis_Tsipras

Kama qui veut dire désir et Tsipras du nom du nouveau chef du gouvernement grec. Premier homme politique d’extrême gauche à diriger un pays de l’Union Européenne, Alexis Tsipras, 40 ans, s’est fait élire triomphalement dimanche soir sur un programme anti-austérité anti-dette et anti-Union Européenne. Ça n’empêche pas de nombreux européens de succomber à son charme.

Texte et interprétation de cette parodie musicale et politique valent leur pesant son-or-e : ci-dessous :

KamaTsipras”

Chant 1

Il a le regard fier
Un sourire enjôleur
Il ouvre une nouvelle ère
Pour des millions de chômeurs
Finie l’austérité
Nous pourrons nous chauffer
Nous soigner, nous éduquer
Et peut être travailler
Victoire Victoire
C’est la victoire de Tsipras c’est la victoire de Tsipras c’est la victoire de Tsipras
Finis tous ces voyous
Qui nous piquent tous nos sous
Tous ces Papandreous
Qui vivent grâce à nous
Gloire Gloire
Gloire Au nouvel apollon, gloire au nouvel apollon, gloire au nouvel apollon.
Finis les libéraux
Les impôts et l’euro
Grâce à notre héros
On remet la dette à zéro

Chant 2

Kamatsipras Kamatsipras

Chant 3

Je n’céderai pas à ce Priape
Je ne veux pas de ces agapes
Il voudrait me tourner la tête
Mais pas question d’effacer sa dette

Chant 4

J’vais vous apprendre à danser
J’vais vous apprendre à lutter
Pour la solidarité
J’vais vous apprendre à m’aimer! 

Cécile de Kervasdoué

Capable de lire dans cinq langues, titulaire de multiples mastères, elle se forme parallèlement au chant lyrique dans la classe du contre ténor Robert Expert, puis avec l’alto Janine Fourrier de l’Opéra de Paris. Elle se distingue dans les rôles de travestis (Chérubin dans les Noces de Figaro de Mozart, Fragoletto dans les Brigands d’Offenbach, Oreste dans la Belle Helène d’Offenbach), puis dans la cantate française et se passionne pour la musique anglaise (Dowland, Blow, Purcell). Mue par le désir d’inventer de nouvelles formes pour transmettre l’actualité internationale, Cécile de Kervasdoué a rejoint en 2013, la rédaction du Mouv’.

Benjamin Laurent

Diplômé du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, Benjamin Laurent, pianiste, se consacre à la composition et à la direction de chant. Il est chef de chant dans l’opéra Eugène Oneguine de Tchaikovski à l’abbaye de Royaumont en août 2013, puis en février 2014 dans L’Elisir d’amore de Donizetti à l’opéra de Monte Carlo. Professeur d’accompagnement, il vient d’intégrer l’atelier lyrique de l’opéra de Paris comme pianiste chef de chant. Il est l’auteur de plusieurs musiques de film.


Charlie Haden (19372014). Le jazz comme «musique de la rébellion »

Charlie Haden est mort le 11 juillet 2014 à Los Angeles. Il avait 76 ans. Malade et très affaibli depuis plusieurs années, il avait cessé de jouer en 2011 et son dernier concert avec son Quartet West band remonte à 2008. Instrumentiste, compositeur, chef d’orchestre, un géant du jazz et de la contrebasse s’est éteint.

En 2007, après trente ans d’éloignement, Haden téléphone à Jarrett pour lui proposer de jouer à nouveau avec lui. Les retrouvailles auront lieu chez Keith Jarrett, dans la grange de sa maison du New Jersey, là où il a installé son vieux Steinway. Pendant plusieurs jours, Jarrett et Haden jouent les standards, sans témoin. Des chansons d’amour, le « Great American Songbook »… ECM en sortiraJasmine puis, tout récemment, comme un adieu prémonitoire, Last Dance.

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À La Roque d’Anthéron en 2005, après son concert avec le pianiste cubain Gonzalo Rubalcaba. Il s’entretient avec Gérard de Haro, du studio de La Buissonne. [Ph. gp]

On le reconnaissait d’emblée : ce son unique porté par un tempo infaillible et sans la moindre fioriture ; un « gros son », comme il fut souvent dit, attiré vers la profondeur et, pour le coup, par la gravité. Il ne s’agissait pas seulement sous son doigté des sons d’abysse de la contrebasse, mais du propos lui-même, relevant de la pulsion vitale autant que de l’humaine révolte. On parlera ici de l’engagement, oui, musicien et citoyen, sans doute de manière indissociable. D’où le choix de l’instrument, d’où cette musique qui, l’un et l’autre grondent, enflent, sourdent.

Jean-Louis Comolli résume la personnalité musicale de l’instrumentiste en ces mots : « La basse de Haden – mesurée, sobre et sereine – trouve le ton juste pour accueillir dans les profondeurs du jazz d’autres révoltes (…) » [Dictionnaire du jazz, éd. Robert Laffont, 1986].

Charles Edward Haden, dit « Charlie », né le 6 août 1937 dans l’Iowa, passe son enfance et son adolescence dans le Missouri. Ses parents sont des musiciens traditionnels, portés sur les chansons de style bluegrass, un matériau basique, populaire, dont on retrouvera souvent l’influence chez le jazzman tout au long de son parcours.

Dans son enfance, il est plutôt tenté par le chant, mais à l’âge de 14 ans, il contracte une forme légère de poliomyélite qui endommage de manière irréversible sa gorge et ses cordes vocales. Il fera donc chanter d’autres cordes, ne choisissant toutefois la contrebasse comme instrument principal qu’à l’âge de 19 ans.

En 1957, Haden gagne Los Angeles attiré par sa scène jazz et la musique improvisée contemporaine. Il s’inscrit au Westlake College of Music, tout en prenant des cours particuliers avec Red Mitchell, alors l’un des contrebassistes les plus renommés de la côte ouest. Il joue avec Art Pepper et Paul Bley. Rencontre Scott LaFaro avec qui il partage un appartement pendant quelques mois. Tous deux deviendront bientôt des pionniers de l’émancipation de la contrebasse jazz des années 1960, chacun en suivant sa propre voie. Ainsi pour Haden, trois musiciens seront déterminants dans son cheminement : Ornette Coleman, Keith Jarrett et Carla Bley – trois personnalités aussi différentes que riches.

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Charlie Haden, Gand, Belgique, septembre 2007. Photo de Geert Vandepoele

Avec Ornette, Haden va plonger dans le free naissant ; le saxophoniste l’intègre dans son fameux quartette, aux côtés du trompettiste Don Cherry et du batteur Billy Higgins. En 1959, les albums The Shape of Jazz To Come et Change of the Century font partie des productions les plus abouties du quartette. Puis Ornette double la mise : il enrôle dans le plus fou des projets du moment (1960Scott LaFaro (cb), Eric Dolphy (bcl),Freddie Hubbard (tp), Ed Blackwell (dm). Un quartette pour le canal gauche, un autre pour le droit. Ce sera l’historique album Free Jazz – A Collective Improvisation By The Ornette Coleman Double Quartet produit chez Atlantic par les frères Ertegün. Deux contrebasses, deux batteries, deux trompettes, un alto et une clarinette basse ; deux vingtaines de minutes où s’invente une manière inconnue de contrepoint – l’interplay –, cousine lointaine de Jean-Sébastien, certes, héritière directe de John – qui a largement ouvert la voie depuis quelques années avec les albums Giant Steps, Bags and Trane(avec Milt Jackson), Coltrane Jazz et, cette même année 1960The Avant-Garde (avec Don Cherry) et My Favorite Things.

Charlie a donc « fait » les barricades de ce « Mai 68 » du jazz. Une révolution. Musicalement du moins, le mot n’est pas galvaudé : le jazz ne sera plus comme avant. Ou plutôt, il y aura un avant et un après « Free Jazz », tout comme il y eut en Europe, dans l’autre siècle, l’avant et l’après Hernani. Puis l’avant et l’après 68. L’Histoire ne s’arrêtant pas, on pourrait – et on doit désormais, marquer les bornes de 1989 : la chute du Mur, la répression de Tiananmen. On s’égare ? Pas si sûr.

Là-bas, aux States, si le jazz joue les chamboule-tout, c’est aussi que la musique afro-américaine se heurte de plein fouet à la lutte contre le racisme et pour les droits civiques. Le blues et les gospels n’y ont rien fait : la discrimination s’est enkystée comme un cancer. La guerre au Vietnam atteint son paroxysme. Le chômage sévit lourdement. Des émeutes éclatent dans les ghettos noirs. Castro a repris Cuba à Batista et aux « yanquis », les fusées soviétiques pointent leurs menaces sur l’Empire états-unien.

A quoi s’ajoute cette autre plaie qui frappe en particulier les milieux artistiques et musicaux : la drogue. Le jazz est très touché, Haden aussi est gravement atteint. Le succès du quartette Free Jazz s’évanouit bientôt. Scott Lafaro meurt dans un accident. Charlie Haden suit plusieurs cures de désintoxication, avant d’être contraint de se retirer presque totalement de la scène jusqu’en 1968 où il retrouve Ornette Coleman, et se produit avec lui au festival de Monterrey et dans divers clubs en Europe.

De 1975 à 1981, Haden obtient des engagements sur la côte ouest et enregistre avec Dexter Gordon, Hampton Hawes, Art Pepper. À New York, le free jazz est devenu la référence et, outre des jeunes musiciens (comme Archie Shepp et Albert Ayler), beaucoup de musiciens confirmés s’y reconnaissent. C’est l’époque du Jazz Composer’s Orchestra, un collectif d’avant-garde fondé par Bill Dixon, auquel Haden participe à la plupart des rencontres et enregistrements. Son expérience est désormais reconnue, liée à un sens aigu de la mélodie et une grande assurance rythmique.

L’autre rencontre musicale déterminante se sera produite en 1968, quand le contrebassiste intègre aux côtés du batteur Paul Motian le premier trio de Keith Jarrett. Trio qui renouvelle le genre tant par son style très personnel que par son répertoire à base de titres inhabituels pour une formation de jazz à cette époque, comme des reprises de Bob Dylan (My Back Pages, Lay Lady Lay). Le trio continue jusque vers le milieu des années 1970, puis Jarrett se concentre davantage sur son travail en solo, et son quartette « européen » (avec Jan Garbarek, Jon Christensen, et Palle Danielsson).

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Carla Bley et Charlie Haden portent la bannière. Couverture du disque.

Troisième rencontre enfin – sans préjuger des innombrables autres –, celle avec Carla Bley. Une affaire aussi politique que musicale. Liberation Music Orchestra est le nom – « génial et modeste… » – que se donne le collectif de 13 musiciens de free jazz lors de sa constitution en 1969. Une grande partie du répertoire, composé essentiellement par Haden et arrangé par Carla Bley, est formée de « chants de libération » – même si The ballad of the fallen célèbre les vaincus… – liés notamment à la guerre d’Espagne, à la révolution portugaise (Grandola Vila Morena de José Afonso), aux résistances populaires au Chili et au Salvador. Mais l’engagement concerne aussi les droits civiques des Noirs états-uniens, porté en l’occurrence par deux musiciens blancs. Ainsi, en photo sur le premier disque du Liberation Music Orchestra, Carla Bley tient la banderole d’un côté, et Charlie Haden de l’autre. En tête de manif’, comme dirait la presse locale, on reconnaissait notamment : Gato Barbieri, Dewey Redman, Don Cherry, Roswell Rudd, Andrew Cyrille, Paul Motian… Parmi les « slogans », un « Song for Ché » et des chants républicains espagnols (El Quinto Regimiento)… – pour situer l’époque, le style.

(Lire la suite…)


Jazz à Vitrolles (13). Charlie met la dernière touche


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Ça s’affaire à Vitrolles, Bouches-du-Rhône, où un certain Charlie (Free) met la dernière touche à son légendaire festival de jazz. Cette 17e édition (4, 5 et 6 juillet) aura lieu comme toujours dans le magnifique domaine de Fontblanche aux platanes tri-centenaires. Le programme et les informations pratiques se trouvent à portée de clic, ici. On en reparle ces prochains jours.


Jazz. Mort de Horace Silver, messager du hard bop

Vidéo du concert filmé en public à Copenhague, Danemark, en avril 1968. Horace Silver y présente le fameux morceaux « Song for my flatter » – Chanson pour mon père – enregistré pour Blue Note en 1964. Les morceaux de ce disque ont été composés suite à un voyage au Brésil. La couverture reproduit une photo du père du musicien [ci-dessous].

Le pianiste et compositeur de jazz Horace Silver est mort ce 18 juin aux Etats-Unis, où il est né il y a 85 ans. Un musicien important dans l’histoire du jazz qu’il a contribué à vivifier et à renouveler à travers le courant dit du hard bop.

Courant qu’illustre assez bien, à sa manière, le film de Martin Scorsese, New York, New York (1977), montrant l’évolution de son héros saxophoniste (Robert De Niro) passant d’orchestres swing et be bop à des groupes de Harlem. Là, des musiciens afro-américains ont décidé de réagir à la domination du cool jazz de la côte ouest des Etats-Unis – surtout des Blancs comme Chet Baker, Gerry Mulligan, Lennie Tristano, Dave Brubeck également rejoints, il est vrai, mais provisoirement, par un Miles Davis.

Pour aller vite, disons que l’acte de naissance (jamais unique !) est marqué en 1954 par le quintette que forment le batteur Max Roach et le trompettiste Clifford Brown, rejoints en 1955 par le saxophoniste ténor Sonny Rollins. Toutefois, le premier représentant de ce style fut le groupe des Jazz Messengers créé par le batteur Art Blakey et, nous y voilà, le pianiste Horace Silver en 1955, qui formera ensuite son propre quintette.

L’affaire est lancée, dans le contexte états-unien de luttes pour les droits civiques et contre le racisme. Les artistes en général, les musiciens en particulier et les musiciens de jazz surtout sont à la pointe de ce combat politique et culturel. Sourcé au blues, notamment, le jazz est né d’un sentiment d’injustice mêlé de résignation et de révolte.

C’est en1955 également que Miles Davis embauche John Coltrane (Sonny Rollins a décliné l’invitation) dans son quintet, au côté de Red Garland (piano), Paul Chambers (basse) et Philly Joe Jones (batterie). À cette époque, Coltrane était encore un musicien inconnu.

En 1957, Sonny Rollins se rattrape en rassemblant Silver, Monk, Chambers – et inaugure l’apparition du trombone dans le hard bop avec Jay Jay Johnson.
Blue Note et Prestige sont les principaux labels qui produisirent des groupes de hard bop.

Le père d'Horace Silver – couverture du disque "Song for my father", 1964

Le père d’Horace Silver – couverture du disque «Song for my father», 1964

Biographie [Wikipedia]Horace Silver est né le 2 septembre 1928 à Norwalk (Connecticut) aux États-Unis. Son père (né Silva) était natif de Maio (Cap-Vert) alors que sa mère née à New Canaan dans le Connecticut était d’origine irlandaise-africaine. Son père lui enseigne la musique folklorique du Cap Vert. Il commence sa carrière comme saxophoniste tenor dans les clubs du Connecticut et en 1950, il est repéré par Stan Getz. Il part pour New York ou il changera d’instrument pour le piano. C’est dans son orchestre qu’il s’affirme comme compositeur be bop. Il travaille ensuite avec Miles Davis, Milt Jackson, Lester Young et Coleman Hawkins. Il effectue les premiers enregistrements sous son nom aux côtés du saxophoniste Lou Donaldson en 1952.

En 1953, il fonde avec le batteur Art Blakey le quintette des Jazz Messengers marquant ainsi l’entrée dans l’ère du hard bop. Peu après, il quitte le groupe pour fonder le Horace Silver Quintet qui sera avec les Jazz Messengers et les groupes de Miles Davis un des principaux tremplins de jeunes talents.


Musique. Ne regardez pas cette vidéo, elle est écœurante !

Avertissement solennel ! Amis musiciens, amateurs de jazz et/ou de classique, et surtout si vous tâtez du piano : ne regardez pas cette vidéo, elle est écœurante !

Puisque vous l’avez voulu :

Joey  Alexander est né… en 2003 à Denpasar-Bali, en Indonésie. Il n’a donc que dix ans ! Il a commencé à jouer du piano à six. À sept, il attaque le jazz. À huit, avec ses parents, il déménage dans la capitale, Djakarta, afin de mieux étudier et se consacrer au jazz. Il est alors invité par l’Unesco à jouer du piano solo en présence de Herbie Hancock. Comme un premier communiant invité au Vatican pour dire la messe avec le pape… Je sais, la comparaison est osée, et même débile.

C’est qu’il est plus qu’agaçant ce merdeux surdoué, ce petit prodige même pas (pas encore) prétentieux, tout juste admirable. Si vous fouinez sur la toile à son propos, vous verrez aussi que ce Joey ne craint pas de deviser gravement à propos de Bill Evans, John Coltrane, Chick Corea, Brad Mehldau et Robert Glasper… Et, comme vous l’avez constaté de video-visu, il tutoie Thelonious Monk, conversant  avec lui autour de minuit. Écœurant, je vous dis !


Guy Longnon est mort à Marseille. Le premier, il avait apporté le jazz dans un conservatoire

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Guy Longnon, avec Yves Laplane, en 2011. (Ph. © Yves Scotto)

Le jazz français, et en particulier provençal, ne serait pas ce qu’il est sans Guy Longnon, mort ce 4 février 2014. Trompettiste et créateur en 1964 de la première classe de jazz dans un conservatoire français, en l’occurrence celui de Marseille, il a porté sur les frontons du jazz toute une génération de musiciens parmi lesquels Bruno Angelini, André Jaume, Raphaël Imbert, Perrine Mansuy, Pierre Christophe, Alain Soler, Jean-Paul Florens, Henri Florens.

Ainsi, le saxophoniste André Jaume se souvient de la conférence sur le jazz que Guy Longnon prononça à Marseille vers 1960 et dans laquelle il précisa clairement sa préférence pour le be-bop, marquant ainsi sa dissidence d’avec le pape du Hot Club de France, Hugues Panassié. C’est aussi à cette époque qu’il renonça à jouer avec Sidney Bechet car, rappelle André Jaume, il en avait assez d’être considéré comme « un accompagnateur de chanteur ». Bechet était alors en effet une véritable star, à l’égal d’une vedette de variétés.

Sans doute est-ce à l’époque de cette conférence que Pierre Barbizet, directeur du conservatoire de Marseille – et immense musicien –, l’invite à créer la classe de jazz, première du genre. Guy Longnon y consacrera toute sa carrière. Un pédagogue « fabuleux », s’exclame André Jaume, se souvenant de l’« homme très ouvert à toutes les musiques, du classique au jazz », se référant souvent à Ellington, Parker, Clifford Brown… « Un homme très modeste », souligne encore André Jaume, rappelant que dans ses cours « il jouait du piano, de la contrebasse… mais pas de la trompette ! »

Guy Longnon avait aussi joué avec Claude Luter, Jean-Claude Fohrenbach et Moustache.  Élève au Conservatoire de Paris dans la classe de violoncelle, il fréquenta Boris Vian et le monde de Saint-Germain-des-Prés.

Claude Gravier rappelle qu’il avait chaleureusement encouragé la création en 1989 de l’association de Vitrolles Charlie Free et le Moulin à Jazz, qu’il avait soutenus dans la période « noire » de 1997 et l’avait honoré de sa présence lors de quelques concerts de ses élèves : André Jaume, Raphaël lmbert, Paul Pioli, Bernard Abeille, Joseph Crimi, Philippe Renault, Henri Florens, Christian Bon, Yves Laplane…

Dans leur passionnant livre À fond de cale (éd. Wildproject) sur le jazz à Marseille, Michel Samson et Gilles Suzanne consacrent un savoureux chapitre au chamboulement provoqué par l’arrivée de Guy  Longnon dans la cité phocéenne. On y découvre une étonnante facette de Pierre Barbizet et cet échange :

« Ah ! alors tu es v’nu ? » lance le pianiste classique. « Ah ben oui »,  répond le jazzeux. « Alors on va faire une classe de jazz », propose Barbizet. L’affaire est lancée, mais en 2010, l’ancien prof de jazz précise : « J’étais complètement ahuri parce que, pour moi, il n’y avait pas d’enseignement possible du jazz. »

L’affaire ne fut pas simple, ni sans péripéties, ainsi que le racontent les auteurs. Mais la descendance est assurée puisque la classe de jazz continue de vivre sous la direction du tromboniste Philippe Renault, tandis le « D6 », octette/nonette qui porte le nom de la salle jazz du conservatoire, a récemment enregistré un hommage au maître.

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La discographie de Guy Longnon dans Wikipedia ne mentionne que peu d’enregistrements :

1952 : Sidney Bechet avec Claude Luter et son orchestre, Blue Note Records

1984 : Torride !, 52e Rue Est

1994 : Cyclades (JMS)

2000 : Classic Jazz at Saint-Germain-des-Prés, Universal

André Jaume signale un disque en quartet avec Don Byas, sous le titre Saratoga Hound Jazz.

Il a aussi composé pour le cinéma, dans deux films de Paul Paviot :

1951 : Terreur en Oklahoma

1952 : Chicago-digest

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Ne pas confondre Guy et son neveu Jean-Loup, lui aussi trompettiste, pianiste, chanteur, compositeur de renom (né en 1953).

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La cérémonie des obsèques aura lieu le mardi 11 février à 14h30 au crématorium du cimetière Saint-Pierre de Marseille.


À l’ouest du jazz, Chico Hamilton a cessé de battre

1chico_HamiltonReprenant la bagnole, Jazz à Fip envoie du Chico Hamilton. Tiens, en quel honneur ? Toujours bon à prendre, hein. Mais c’est que le bougre avait, ce 25 novembre 2013, rendu baguettes, cymbales, mailloches et le toutim. Les batteurs sont en deuil, et les musiciens en général, surtout les jazzeux. Il avait 92 ans.

Héritier de Jo Jones, Chico [« p’tit mec »] fut très apprécié, non seulement pour son jeu des plus subtils, mais aussi pour son flair comme découvreur de talents parmi lesquels on relève le bassiste Ron Carter, les saxophonistes Eric Dolphy et Charles Lloyd et les guitaristes Jim Hall, Gabor Szabo et Larry Coryell.

Il est né à Los Angeles le 21 septembre 1921. Encore lycéen, il s’immerge dans les scènes jazz locales. En 1940, il part en tournée avec le big band de Lionel Hampton. Après son service militaire pendant la Seconde Guerre mondiale, on le retrouve dans les orchestres de Jimmy Mundy, Charlie Barnet et Count Basie.

De 1948 à 1955, toujours basé et actif à Los Angeles, il accompagne Lena Horne en Europe dans ses tournées d’été. Il participe à des musiques de film et rejoint le premier quartette de Gerry Mulligan qui comprenait également Chet Baker à la trompette. En quoi il a participé à la naissance du jazz West Coast, plus lisse et cérébral que celui de la côte Est.

En 1955, il monte un quintette avec Buddy Collette, Jim Hall, Fred Katz et Carson Smith. Gros succès, prolongé par une apparition dans le film The Sweet Smell of Success [Le Grand Chantage en VF] réalisé par Alexander Mackendrick.

Chico Hamilton a continué à jouer et enregistrer au-delà de son 90e anniversaire. Il a sorti un album, «Révélation» en 2011 et en avait un autre en préparation.

Les morceaux qu’on peut écouter ci-dessous par le biais de Deezer, proviennent de l’album Dancing To A Different Drummer (1994) qui ressemble à une leçon de batterie. De la Danse des tympans à la Valse des mailloches, en passant Mr Jo Jones, Chico Hamilton en arrive finalement à l’Universal Language Of Man.


L’envolée chromatique. Vous prendrez bien cinq minutes de magie ?

Huit décembre 2010, place Bellecour à Lyon. On éteint les lumières, place aux illuminations. Surgi d’on ne sait où, un drôle de type, allure de diable roux, poumons entre les mains. C’est Arnaud Méthivier. Décrochez donc, au moins pour ces cinq minutes magiques !

On peut lire aussi : Arnotto ou la greffe cœurs-poumons


De ce bois japonais dont on fait du Bach

Une forêt, du bois, du bois taillé, une boule en bois. Une idée folle, du génie, de la volonté et beaucoup de travail en plus d’un grand sens artistique. Tant pis si de la pub vient parasiter la fin de cet étonnant parcours musical.

Des Japonais ont ainsi construit (et filmé) en pleine forêt un xylophone en pente, qu’une boule en bois va parcourir par gravitation en jouant « Jésus que ma joie demeure » de Jean-Sébastien Bach.

Une performance extraordinaire lorsque l’on sait que la longueur de chaque lamelle, taillée en V pour maintenir la balle, doit être calculée pour jouer la bonne note et la bonne durée.


Chômeur — Cohn-Bendit — Depardieu — imam » modéré » — Turquie — Fazil Say — blasphème — musique

Quelques notes en passant, là où ça m’a gratouillé, face au spectacle du monde.

• Au lieu de s’immoler par le feu devant une agence de Pôle emploi à Nantes, le malheureux chômeur de 42 ans aurait dû tenter le coup de la grue médiatique. Mais quand on est complètement vidé, à bout, les idées et les forces aussi restent en berne.

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Hier soir (17/2/13 ), Dany Cohn-Bendit à la télé. Il a toujours vécu du spectacle de la société qui l’a fait naître. Regard toujours pétillant, la langue bien pendue, peu embarrassé par la bienséance : il tient son rôle, bon VRP de lui-même et de ses œuvres (un bouquin sur les partis), cultivant son image autosatisfaite – «Moi je sais». Député en fin de mandat, ayant bien sinué entre les nuances de la verdure dite écologique, il aurait pu finir sénateur s’il n’avait pris le chou de Bruxelles – ce sera pour une autre vie. Le « libertaire » a ainsi et doucettement viré « libertarien » puis « libéral », ainsi qu’il est d’usage chez les 68tards andropausés et autres maoïstes défroqués. De son œil goguenard, il a traité Depardieu de « cinglé » en raison de son deal avec le « dictateur Poutine », tandis qu’il affirmait se foutre de sa planque fiscale en Belgique. Pourquoi ainsi l’exonérer de la solidarité fiscale, ce qui est bien plus grave, selon moi, que sa pantalonnade avec l’ex du KGB ?

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• Ce gouvernement finit par me sortir de partout. La finance commande, ils obtempèrent, et même avec zèle. Socialistes mon cul ! N’ont de cesse de s’aligner sur les ukases comptables de l’Europe. Cette Europe qui n’existe pas, sinon celle du fric et de sa monnaie pourrie qui ruine les pays et surtout les peuples. D’où les danses du ventre des Mélenchon et Le Pen.

Le pire, ce n’est pas tant leur impuissance relative – l’Europe délabrée, la finance déchaînée – le pire, c’est qu’ils s’aplatissent sans même rouspéter, hurler, gueuler, exister quoi ! Des toutous.

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Par hasard en tournant le bouton, je tombe sur une radio privée ce lundi matin, pas sur les publiques que j’écoute d’habitude, et entends parler de Fazil Say, ce pianiste turc, dont le procès pour athéisme et blasphème s’ouvre aujourd’hui à Istanbul.

Turquie : 163 journalistes en prison, sans jugement ! Sur France Culture, l’imam Chalghoumi, qui se dit « modéré », trouve que « c’est mieux » en Turquie. Mieux qu’en Égypte ou qu’en Tunisie.  Dire « c’est mieux » : tout un aveu, toutes les limites de l’air de la « modération ».

J’ai, de loin, préféré les propos vraiment laïques (ou laïcs ?) de Jeannette Bougrab, pourtant de droite (ex ministre de l’affreux S.).

 

1fazil_say

Fazil Say — Photo http://fazilsay.com/

Mieux, ça ne peut être que moins pire. J’en reviens à Fazil Say. Admirable pianiste et musicien (de jazz également, ce qui ne saurait me déplaire), mais il ne serait pas si remarquable sans son courage dressé contre ce régime à l’islamisme dit « modéré ».

Exemples empruntés à Guillaume Perrier, correspondant du Monde à Istambul :

• En avril, Fazil Say avait moqué l’appel à la prière d’un muezzin. « Le muezzin a terminé son appel en 22 secondes. Prestissimo con fuoco !!! Quelle est l’urgence ? Un rendez-vous amoureux ? Un repas au raki ? »  Il avait également eu l’audace de reproduire sur les réseaux sociaux des vers du poète persan Omar Khayyam, à qui il a dédié un concerto pour clarinette : « Vous dites que des rivières de vin coulent au paradis. Le paradis est-il une taverne pour vous ? Vous dites que deux vierges y attendent chaque croyant. Le paradis est-il un bordel pour vous ? » Il risque, en théorie, de neuf à dix-huit mois de prison pour « offense propageant la haine et l’hostilité » et « dénigrement des croyances religieuses d’un groupe ».

• Le romancier et Prix Nobel Orhan Pamuk, jugé pour insulte à l’identité nationale turque en 2006 pour avoir déclaré : «Dans ce pays, un million d’Arméniens et 30 000 Kurdes ont été tués.»

Le caricaturiste Bahadir Baruter reste sous la menace d’une peine d’un an de prison pour un dessin à la «une» de l’hebdomadaire satirique Penguen, en 2011, où était écrit sur le mur d’une mosquée : « Il n’y a pas de Dieu, la religion est un mensonge. »

• Le romancier franco-turc Nedim Gürsel a lui aussi subi les foudres de la justice pour Les Filles d’Allah, une biographie romancée du prophète Mahomet. Quarante et un passages de son livre avaient été jugés irrespectueux par le procureur d’Istanbul. Nedim Gürsel avait finalement été acquitté en 2009.

• Un procès a aussi visé un ouvrage du biologiste britannique Richard Dawkins. Des organisations islamistes et un auteur créationniste, Adnan Oktar, sont souvent à l’origine de ces plaintes.

« Jurer et insulter ne peut pas être considéré comme de la liberté d’expression », a estimé le vice-premier ministre Bekir Bozdag, théologien de formation. Lequel a réclamé qu’une enquête soit ouverte contre l’intellectuel d’origine arménienne Sevan Nisanyan. Ce linguiste, volontiers provocateur, déclarait fin septembre : « La moquerie d’un chef arabe qui a prétendu il y a des siècles être entré en contact avec Dieu et a fait des bénéfices politiques, financiers et sexuels, n’est pas un crime de haine ; c’est la liberté de parole. »



Dix mots pour (mieux) entendre le jazz

Notable initiative de Télérama.fr qui, dans son chapitre Musique, décortique quelques codes du jazz. Exemples à l’appui et illustrations sonores par des musiciens tout à fait «autorisés». On y «voit» mieux dans ce qui peut apparaître parfois comme du charabia d’initiés. Même esprit vulgarisateur, au meilleur sens, que dans les «Leçons de jazz» d’Antoine Hervé (ou les «Leçons de musique» de Jean-François Zygel). On pourrait tenter une même démarche avec la politique, rayon «cacophonie»…

Cliquer sur l’image.

[Merci Claude d’avoir débusqué cette perle sur la toile.]


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet. » Bossuet

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    • Énigme

      Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

      Philippe Casal, 2004 - Centre national des arts plastiques - Mucem, Marseille

    • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

      La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
      (Claude Lévi-Strauss)

    • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

      Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexualité / politique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
    • «Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl»

      Comme un nuage, album photos et texte marquant le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986). La souscription étant close (vifs remerciements à tous les contributeurs !) l'ouvrage est désormais en vente au prix de 15 euros, franco de port. Vous pouvez le commander à partir du bouton "Acheter" ci-dessous (bien préciser votre adresse postale !)

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      Il s'agit d'un album-photo de qualité, à tirage soigné et limité, 40 p. format A4 "à l'italienne". Les photos, prises en Provence et notamment à Marseille, expriment une vision artistique sur le thème d’« après le nuage ». Cette création rejoignait l’appel à l’organisation de "1.000 événements culturels sur le thème du nucléaire", entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fukushima) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl).
    • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

      L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

    • montaigne

      Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

      La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

    • « C’est pour dire » de Gérard Ponthieu, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification (3.0 France). Photos, dessins et documents mentionnés sous copyright © sont protégés comme tels.
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    • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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