On n'est pas des moutons

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Islamisme. Une insulte contre la foi et tout bascule dans le fanatisme (re-publication)

En juil­let 2012, un extrait de 14 min­utes d’une vidéo anti-islam titrée L’Innocence des musul­mans était postée sur YouTube, met­tant le feu aux poudres islamistes. Dès le 11 sep­tem­bre, des attaques furent menées, notam­ment, con­tre des mis­sions diplo­ma­tiques états-uni­ennes. Furent ain­si pris­es d’assaut l’ambassade des États-Unis en Égypte et le con­sulat à Beng­hazi (Libye) où l’on déplo­ra qua­tre morts, dont l’ambassadeur.

Inno­cence of Mus­lims, pro­duite en 2012, fut alors attribuée à un cer­tain Nakoula Bas­se­ley Nakoula, un copte égyp­tien rési­dant en Cal­i­fornie, sous le pseu­do­nyme de « Sam Bacile ». Selon lui, il s’agissait de dénon­cer les hypocrisies de l’islam en met­tant en scène des pas­sages de la vie de Mahomet…

À cette occa­sion, une de plus, j’avais pub­lié un arti­cle sur lequel je viens de retomber et qui me sem­ble tou­jours assez actuel, hélas, pour le pub­li­er à nou­veau.

Hier une vidéo, aujourd’hui un habille­ment. Et tou­jours les déchaîne­ments fana­tiques, des affron­te­ments, des vio­lences, des morts.

Il a donc suf­fi d’une vidéo de dix min­utes pour ranimer la flamme du fanatisme islamiste. Cette actu­al­ité atter­rante et celle des vingt ans passés le mon­trent : des trois reli­gions révélées, l’islam est aujourd’hui la plus con­tro­ver­sée, voire rejetée 1. Tan­dis que la judaïque et la chré­ti­enne, tapies dans l’ombre tapageuse de leur con­cur­rente, font en quelque sorte le dos rond – ce n’est pas leur tour. En ce sens, elles peu­vent se don­ner à voir comme les « meilleures », alors qu’elles n’ont pas man­qué d’être les pires dans leurs épo­ques his­toriques flam­boy­antes, et qu’elles ne sont tou­jours pas en reste pour ce qui est de leurs dogmes, les plus rétro­grades et répres­sifs. 2

Préal­able : par­ler « reli­gions » ici c’est con­sid­ér­er les appareils, et non pas leurs adeptes, ni leurs vic­times plus ou moins con­sen­tantes. C’est donc par­ler des clergés, des dogmes et des cohort­es activistes et prosé­lytes. On en dirait autant des idéolo­gies, dont les pires – fas­cistes et nazies –, con­stru­ites comme des reli­gions, ont entaché l’Histoire selon des sché­mas sim­i­laires. Donc, dis­tinguer les « hum­bles pécheurs » con­sen­tants, ou mys­ti­fiés par leurs « libéra­teurs », tout comme on ne con­fon­dra pas ces mil­i­tants aux grands cœurs abusés par les Staline, Hitler et autres tyrans de tous les temps.

Par­lons donc de l’islam poli­tique, mis en exhi­bi­tion dra­ma­tique sur la scène plané­taire, voulant en quelque sorte se prou­ver aux yeux du monde. Aus­si recourt-il à la vio­lence spec­tac­u­laire, celle-là même qui le rend chaque jour plus haïss­able et le ren­force du même coup dans sa pro­pre et vin­dica­tive dés­espérance. Et ain­si appa­raît-il à la fois comme cause et con­séquence de son pro­pre enfer­me­ment dans ce cer­cle vicieux.

Que recou­vre l’islamisme, sinon peut-être la souf­france de cette frac­tion de l’humanité qui se trou­ve mar­gin­al­isée, par la faute de cet « Occi­dent » cor­rompu et « infidèle » ? C’est en tout cas le mes­sage que tente de faire pass­er auprès du mil­liard et plus de musul­mans répar­tis sur la planète, les plus activistes et dji­hadistes de leurs meneurs, trop heureux de décharg­er ain­si sur ce bouc émis­saire leur pro­pre part de respon­s­abil­ité quant à leur mise en marge de la « moder­nité ». Moder­nité à laque­lle ils aspirent cepen­dant en par­tie – ou tout au moins une part impor­tante de la jeunesse musul­mane. D’où cette puis­sante ten­sion interne entre inté­grisme mor­tifère et désir d’affranchissement des con­traintes obscu­ran­tistes, entre géron­to­crates inté­gristes et jeuness­es reven­dica­tives. D’où cette pres­sion de « cocotte minute » et ces man­i­fes­ta­tions col­lec­tives sans lesquelles les sociétés musul­manes ris­queraient l’implosion. D’où, plus avant, les « print­emps arabes » et leurs nor­mal­i­sa­tions poli­tiques suc­ces­sives – à l’exception notable de la Tunisie.

Un nou­v­el épisode de poussées cléri­cales d’intégrisme se pro­duit donc aujourd’hui avec la pro­mo­tion d’une vidéo dén­i­grant l’islam dif­fusée sur la toile mon­di­ale et attribuée à un auteur israé­lo-améri­cain – ou à des sources indéfinies 3. Pré­texte à ranimer – si tant est qu’elle se soit assoupie – la flamme des fana­tiques tou­jours à l’affût.

On pour­rait épi­loguer sur ces con­di­tion­nements rep­tiliens (je par­le des cerveaux, pas des per­son­nes…) qui se déchaî­nent avec la plus extrême vio­lence à la moin­dre provo­ca­tion du genre. De tout récents ouvrages et arti­cles ont ravivé le débat, notam­ment depuis la nou­velle fièvre érup­tive qui a saisi les sys­tèmes monothéistes à par­tir de son foy­er le plus sen­si­ble, à savoir le Moyen Ori­ent. De là et, par­tant, de la sous-région, depuis des siè­cles et des siè­cles, au nom de leur Dieu, juifs, chré­tiens, musul­mans – et leurs sous-divi­sions prophé­tiques et sec­taires – ont essaimé sur l’ensemble de la planète, instal­lé des comp­toirs et des états-majors, lancé escouades et armées entières, tor­turé et mas­sacré des êtres humains par mil­lions, au mépris de la vie hic et nunc, main­tenant et ici-bas sur cette Terre, elle aus­si mar­tyrisée. Et le tout au nom d’un Au-delà hypothé­tique, pro­scrivant à cha­cun sa libre con­science et l’art d’arranger au mieux la vie brève et, de sur­croît, pour le bien de l’entière human­ité.

Va pour les croy­ances, qu’on ne dis­cutera pas ici… Mais qu’en est-il de ces sys­tèmes séculiers pro­liférant sur les plus noirs obscu­ran­tismes ? On par­le aujourd’hui de l’islam parce que les guer­res religieuses l’ont replacé en leur cen­tre ; ce qui per­met aux deux autres de se revir­ginis­er sur l’air de la mod­éra­tion. Parce que l’islamisme « mod­éré » – voir en Tunisie, Libye, Égypte ; en Iran, Iraq, Afghanistan, Pak­istan, etc. – n’est jamais qu’un oxy­more auquel judaïsme et chris­tian­isme adhèrent obséquieuse­ment, par « char­ité bien com­prise » en direc­tion de leur pro­pre « mod­éra­tion », une sorte d’investissement sur l’avenir autant que sur le passé lourd d’atrocités. Passé sur lequel il s’agit de jeter un voile noir, afin de nier l’Histoire au prof­it des mytholo­gies monothéistes, les affab­u­la­tions entretenues autour des messies et prophètes, dont les « biogra­phies » incer­taines, polies par le temps autant que manip­ulées, per­me­t­tent, en effet, de jeter pour le moins des doutes non seule­ment sur leur réal­ité exis­ten­tielle, mais surtout sur les inter­pré­ta­tions dont ces fig­ures ont pu être l’objet. Quid, en effet, d’un Mahomet tel que dépeint ici ou là – c’est selon évidem­ment – comme ignare, voleur, manip­u­la­teur, cupi­de et ama­teur de fil­lettes ? Pas plus réel que sa divin­i­sa­tion, ni celle de Moïse et de Jésus con­stru­its hors de leur pro­pre réal­ité, selon des con­tes infan­tiles psalmod­iés et faisant appel à la plus totale cré­dulité.

Mais, admet­tons que les hommes aient créé leurs dieux par néces­sité, celle de combler leurs angoiss­es exis­ten­tielles, de panser leurs mis­ères, leurs ver­tiges face à l’univers et devant l’inconnu des lende­mains et d’après la mort. Admet­tons cela et regar­dons l’humanité dans la per­spec­tive de son devenir et de son évo­lu­tion – dans le fait de se lever sur ses deux jambes et même de se mon­ter sur la pointe des pieds pour ten­ter de voir « par dessus » ce qui abaisse, s’élever dans la con­di­tion d’humains désir­ant, par­lant, con­nais­sant, com­prenant, aimant.

Alors, ces reli­gions d’ « amour », ont-elles apporté la paix, la vie libre et joyeuse, la jus­tice, la con­nais­sance ? Et la tolérance ? Ou ont-elles aliéné hommes et femmes – surtout les femmes… –, mal­traité les enfants, méprisé les ani­maux ; inculqué la cul­pa­bil­ité et la soumis­sion ; attaqué la philoso­phie et la sci­ence ; colonisé la cul­ture et imprégné jusqu’au lan­gage ; jeté des inter­dits sur la sex­u­al­ité et les mœurs (con­tra­cep­tion, avorte­ment, mariage et même l’alimentation) ; com­mandé à la poli­tique et aux puis­sants…

Torah, Bible, Évangiles, Coran – com­ment admet­tre que ces écrits, et a for­tiori un seul, puisse con­tenir et exprimer LA vérité ? Par quels renon­ce­ments l’humain a-t-il chem­iné pour finale­ment dis­soudre sa ratio­nal­ité et son juge­ment ? Mys­tère de la croy­ance… Soit ! encore une fois pas­sons sur ce chapitre de l’insondable ! Mais, tout de même, la reli­gion comme sys­tème séculi­er, comme ordre ecclésial, avec ses cohort­es, ses palais, ses forter­ess­es spir­ituelles et tem­porelles… Son his­toire mar­quée en pro­fondeur par la vio­lence : croisades, Inqui­si­tion (je voy­ais l’autre soir sur Arte, Les Fan­tômes de Goya, de Milos For­man… ; une his­toire de tout juste deux siè­cles !), guer­res religieuses, Saint-Barthéle­my, les bûch­ers, et aus­si les coloni­sa­tions, eth­no­cides, sou­tiens aux fas­cismes… Ça c’est pour le judéo-chris­tian­isme.

Côté islamisme, qui dit se dis­penser de clergé, son emprise ne s’en trou­ve que plus entière­ment diluée dans les sociétés, d’où l’impossible laï­cisme des islamistes, se voudraient-ils « mod­érés ». Et que penser de cette vio­lence endémique dev­enue syn­onyme d’islam, jusque dans nos con­trées d’immigration où d’autres extrémismes en nour­ris­sent leurs fonds de com­merce nation­al­istes ? Sans doute un héritage du Coran lui-même et de Mahomet présen­té dans son his­toire comme le « Maître de la vengeance » et celui qui anéan­tit les mécréants… Voir sur ce chapitre les nom­breuses sourates invo­quant l’anéantissement des juifs, chré­tiens et infidèles – tan­dis que, plus loin, d’autres ver­sets pro­mulguent une « sen­tence d’amitié » – con­tra­dic­tion ou signe oppor­tuniste de « tolérance » ? Voir en réponse les fat­was de con­damna­tion à mort – dont celles de Salman Rushdie par Khomeiny (avec mise à prix rehaussée des jours-ci ! 4) et de Tasli­ma Nas­reen qui a dû s’exiler de son pays, le Bengladesh. Voir l’assassinat de Théo van Gogh à Ams­ter­dam, poignardé puis achevé de huit balles et égorgé en pleine rue ; dans un doc­u­men­taire, il venait de dénon­cer le traite­ment réservé aux femmes dans l’islam.[Le voir ci-dessous.] 5

Même dou­ble lan­gage chez le dieu juif Yahvé pour jus­ti­fi­er…l’extermination de cer­tains peu­ples de Pales­tine (dont les Cananéens…) Cela en ver­tu du fait que les juifs seraient “le peu­ple élu de Dieu”, dont le pre­mier com­man­de­ment est « Tu ne tueras pas » ! Ce fan­tasme juif ali­mente en les légiti­mant le colo­nial­isme et ce qui s’ensuit en Pales­tine et l’affrontement des théocraties. Affron­te­ment égale­ment par affidés inter­posés et leurs États ou organ­i­sa­tions ter­ror­istes : Bush con­tre Al Quaï­da, Tsa­hal con­tre le Hezbol­lah, “kamikazes” con­tre pop­u­la­tion civile. Vio­lences innom­ma­bles, guer­res sans fin.

Quant au film « blas­phé­ma­toire » qui agite de plus belle les fana­tiques islamistes, il est curieux que nos médias de masse, radios et télés, sem­blent en con­tester la légitim­ité du fait qu’il serait bricolé, mal ficelé, « pas pro »… Comme s’il s’agissait d’une ques­tion d’esthétique ! Quoi qu’il soit et quels que soient ses com­man­di­taires, il fait bien appa­raître par les répliques qu’il provoque le niveau de fanatisme imprég­nant les pays musul­mans. Ce qui s’était déjà pro­duit avec les car­i­ca­tures danois­es de Mahomet, dont cer­tains avaient, de même, con­testé la qual­ité artis­tique ! Et Goya, au fait, lorsqu’il représen­tait les vis­ages de l’Inquisition, était-ce bien esthé­tique ? 6

La ques­tion ne porte aucune­ment sur la nature du « sac­rilège » mais sur la dis­pro­por­tion de la réplique engen­drée, allant jusqu’à mort d’hommes – l’ambassadeur états-unien et de ses col­lab­o­ra­teurs en Libye, vic­times sac­ri­fi­cielles et à ce titre totale­ment inscrites dans un proces­sus d’expiation religieuse !

Et plus près de nous, que dire des provo­ca­tions menées à Paris devant l’ambassade améri­caine ? Et aus­si à La Courneuve, lors de la fête de l’Huma où Car­o­line Fourest a été chahutée, men­acée, insultée et empêchée de débat­tre – entre autres sur ces ques­tions d’intégrisme qui font les choux gras du Front nation­al !

Comme quoi, pour résumer, une insulte con­tre la foi – ou ce qui en tient lieu –con­stitue un crime plus grave que de s’en pren­dre à un être vivant.

17 sep­tem­bre 2012

Notes:

  1. En dehors du monde musul­man, évidem­ment… Bien que des oppo­si­tions plus ou moins déclarées appa­rais­sent ça et là dans l’islam.
  2. Même si on met un peu à part le judaïsme : cette reli­gion sans visée plané­taire directe retrou­ve toute­fois le chris­tian­isme – ne dit-on pas le judéo-chris­tian­isme ? – et l’islamisme dans cette même volon­té de pénétr­er jusque dans les têtes et les ven­tres de cha­cun. En ce sens, celles qui se présen­tent comme les « meilleures » parvi­en­nent bien à être les pires dans leurs manœu­vres per­ma­nentes d’aliénation. De même que leur « mod­éra­tion » demeure rel­a­tive à leur stratégie hégé­monique.
  3. Sources qui demeurent encore floues qua­tre ans après.
  4. 2012
  5. Dans ma ver­sion de sep­tem­bre 2012, j’avais man­qué, à tort, d’évoquer le cas de Ayaan Hir­si Ali, femme poli­tique et écrivaine néer­lan­do-soma­li­enne con­nue pour son mil­i­tan­tisme con­tre l’excision et ses pris­es de posi­tion sur la reli­gion musul­mane. Elle fut men­acée de mort par Mohammed Bouy­eri, assas­sin du cinéaste Theo van Gogh, notam­ment à la suite de sa par­tic­i­pa­tion au court-métrage du réal­isa­teur qui dénonçait les vio­lences faites aux femmes dans les pays musul­mans.
  6. Le Guer­ni­ca de Picas­so n’est pas non plus une œuvre esthé­tique !

Gaza. “Un scandale du point de vue moral et un acte criminel” s’indigne Ban Ki-moon

Il existe, hélas, des chirurgiens qu’on qual­i­fie de bouch­ers. Parce qu’ils ne sont pas dignes de leur méti­er con­sis­tant par principe à soign­er, ou à ten­ter de le faire, au mieux de son savoir et de son éthique. C’est même injuste de com­par­er ceux-là à des bouch­ers, infâ­mant à l’égard de ceux-ci qui, le plus sou­vent, font bien leur méti­er, c’est-à-dire avec con­science et l’amour du tra­vail bien fait.

En fait, je par­le ici, pour les dénon­cer autant que je peux, avec le souci du tra­vail bien fait de l’informateur-citoyen indigné : je ne par­le pas à la légère d’impressions sub­jec­tives. Je dénonce avec rigueur et déter­mi­na­tion ces mau­vais et ter­ri­ble bouch­ers mil­i­taires agis­sant au nom d’Israël et sous cou­vert de “frappes chirur­gi­cales”,  non plus seule­ment pour se défendre donc, mais désor­mais pour se venger et causer du mal, du grand mal, du ter­ri­ble mal : de la mort, de la douleur, de la mis­ère. L’abomination.

Voilà ce que j’entends ce matin dans le poste, puis ce que je lis :

Après un nou­veau bom­barde­ment sur une école de l’ONU, qui a tué au moins dix Pales­tiniens, Israël fait face à l’indignation inter­na­tionale, alors même que l’Etat hébreu  opérait dimanche un début de retrait de ses troupes au sol dans la bande de Gaza. En guise de défense, l’armée israéli­enne a déclaré qu’elle avait “pris pour cibles trois ter­ror­istes du Dji­had islamique […] à prox­im­ité d’une école de l’UNRWA [Office de sec­ours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Pales­tine dans le Proche-Ori­ent] à Rafah” et qu’elle exam­i­nait les “con­séquences” de cet acte, sans en recon­naître formelle­ment la respon­s­abil­ité. Au vingt-sep­tième jour de con­flit, 71 per­son­nes ont péri dans le seul secteur de Rafah, à la suite du pilon­nage inten­sif de la ville, selon les ser­vices de sec­ours locaux. C’est la troisième fois qu’une école de l’ONU est ain­si touchée, après les bom­barde­ments visant Beit Hanoun et Jabaliya, les 24 et 31 juil­let, qui ont fait une trentaine de morts, alors qu’Israël affirme procéder à des frappes “chirur­gi­cales (C’est moi qui souligne). “C’est un scan­dale du point de vue moral et un acte crim­inel”, ain­si qu’une “nou­velle vio­la­tion fla­grante du droit human­i­taire inter­na­tion­al”, s’est indigné le secré­taire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Les Etats-Unis, prin­ci­paux alliés d’Israël, se sont dits “con­sternés” par un “bom­barde­ment hon­teux”. Face au tol­lé inter­na­tion­al, Israël a annon­cé une trêve de sept heures ce lun­di, entre 9 heures et 16 heures, heure française). Le cessez-le-feu exclut l’est de Rafah, où les affron­te­ments con­tin­u­ent. [lemonde.fr]

Le coup des « frappes chirur­gi­cales », on con­naît ! Côté « chirurgiens-bouch­ers », on a été servis avec George W. Bush en Irak et pour venger le 11 sep­tem­bre. On a vu, on voit le résul­tat !

Qu’espère donc ce gou­verne­ment ultra de « néo-con­ser­va­teurs » israéliens ? Juste­ment, à quelle espérance pour­rait-il pré­ten­dre encore ? En la paix ? En la sécu­rité ? En la dig­nité ? En la divinité – pen­dant qu’on y est !

Le mur des dieux uniques

Quelle peut bien être la hiérar­chie des valeurs qui déter­mi­nent les antag­o­nismes meur­tri­ers de ce con­flit sécu­laire (mil­lé­naire ?) ? Car il ne saurait être ques­tion, dans ce dérè­gle­ment mon­strueux, d’absoudre les extrémistes de l’autre bord, les islamistes. La par­tie archaïque des « frères enne­mis » remon­tant aux mythes fon­da­teurs des deux sys­tèmes théocra­tiques, on peut se deman­der en quoi et com­ment des amé­nage­ments « mod­ernes » pour­raient con­duire à la paix sans éradi­quer – à la racine – cette patholo­gie ?

« Amé­nage­ments mod­ernes », autrement dit : le partage des ter­ri­toires tel qu’il fut en principe décidé et acté par les accords inter­na­tionaux, estampil­lé par l’ONU, etc. – et aus­si peu respec­té que tou­jours bafoué ; donc l’établissement de fron­tières com­munes entre deux États recon­nus, à com­mencer par eux-mêmes ; donc une coopéra­tion économique basée sur les partages équita­bles de l’eau et des richess­es du sous-sol, dont le pét­role (aie aie !), les accès à  la mer ; donc… une utopie totale, stérile, venant se fra­cass­er con­tre ce mur – au pro­pre comme au fig­uré – dressé entre Yahvé et Allah, au nom du monothéisme… qui pos­tule l’existence d’un Dieu unique !

Si, comme je le pense, les hommes ont inven­té les dieux, et non l’inverse, le sens de l’évolution en direc­tion d’une Human­ité digne de ce nom devrait vis­er l’affranchissement des croy­ances ances­trales. Mais nous tou­chons là à un proces­sus rel­e­vant du temps long de l’évolution. Proces­sus de l’évolution dont on sait, depuis Dar­win notam­ment, qu’il dépend à part iné­gales et aléa­toires du hasard et de la néces­sité. La tâche est donc rude pour l’Homo sapi­ens de s’ériger [erec­tus] en sage. Voir à ce pro­pos la notice lit­térale­ment ren­ver­sante de Wikipedia con­sacrée aux actuels con­flits dans le monde. Où l’on décou­vre deux tableaux (et quels tableaux !) dres­sant la litanie des guer­res à l’intérieur de l’espèce humaine, classées (par com­mod­ité…) entre celles qui causent plus ou moins d’un mil­li­er de morts par an. C’est là, sous l’intitulé « Liste des guer­res mod­ernes ». En voici un aperçu illus­tré :

carte-conflits-monde

car­ré mar­ron – dif­fi­cultés poli­tiques
car­ré bleu – con­flits en cours de réso­lu­tion
rond vert – zones de ten­sion
étoile noire – ten­sions eth­niques ou civiles
losange rouge – zones de guerre •  D’après http://buzzles.org/

 

Rony Brau­man — Régis Debray — Chris­tiane Hes­sel — Edgar Morin vien­nent d’adresser, via Le Monde de ce jour, un appel à Hol­lande, en gros pour qu’il se bouge le cul sur le drame de Gaza. Auront-ils plus de poids que des zigues dans mon genre ? [On peut rêver…].  En atten­dant, cet appel se trou­ve ci-dessous :

Appel à Hol­lande 4:8:14


Gaza. “Une nuit ‘particulièrement’ meurtrière…” Un silence ‘particulièrement’ assourdissant

gaza

Je reçois ça du “Monde” ce matin, par inter­net… La rou­tine, si ce n’est l’adverbe : “par­ti­c­ulière­ment”. Avant ça, non, de la rigo­lade. On monte donc d’un cran. Dérisoire. Il est des moments où cette pseu­do neu­tral­ité jour­nal­is­tique con­stitue un out­rage au devoir d’indignation. Non pas qu’il faille néces­saire­ment pren­dre par­ti, tant qu’on se veut média d’information. Mais au moins crier, hurler à la paix ! Inter­peller sans relâche les “grands” du Monde, invo­quer la Paix, à la Jau­rès, se lever sur toutes les tri­bunes pos­si­bles pour faire arrêter le mas­sacre !

Dans le sud de Gaza, le 1er août. | AP/Khalil Hamra

Dans le sud de Gaza, le 1er août. | AP/Khalil Ham­ra

Voyez cette insouten­able pho­to ci-dessus. Com­ment jus­ti­fi­er ce qui l’a provo­quée ? La hargne de destruc­tion, la… solu­tion finale ? Je sais, Israël est agressé, men­acé, nié par une horde de tueurs fana­tiques. Oui mais, les autres… Ne cher­chons pas ici à remon­ter aux sources de l’indémêlable con­flit entre ter­ri­toires, entre monothéismes et dom­i­na­tions économiques. Les extrémismes sont indéfend­ables, mais la Paix, oui !  Et que font, que dis­ent, que protes­tent, que pro­posent, que “agis­sent” nos causeurs sans cause, nos paci­fistes sans paix, nos politi­ciens sans poli­tique ?

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Compter les vic­times. Les info­graphes ont renon­cé à l’image des plateaux de la bal­ance…

Tan­dis qu’ici, con­traints au spec­ta­cle médi­a­tique, à compter les morts, impuis­sants ou tout juste autorisés, sauf inter­dic­tion, à quelque manif’ de rue par un gou­verne­ment fon­cière­ment lâche, sans engage­ment ni parole – et donc sans avoir à la tenir, allant et venant dans le douil­let maquis diplo­ma­tique. Hol­lande, Valls, Fabius, bro­chette de la honte.

Donc, on célèbre “Qua­trorze”, la “Grande Guerre”. On fait reten­tir le toc­sin, vibr­er les clochers et, au fond, glo­ri­fi­er Clé­menceau plutôt que Jau­rès – la défaite de la Paix sur la “Vic­toire”, quitte à remet­tre “ça” vingt ans après.

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Venelles, 2/8/14 .Comme en Qua­torze. (Ph. gp)

Et ces com­bat­tants, cré vingt dieux, ne seraient-ils pas prêts – du moins en gueule – à repar­tir comme en Qua­torze ?

 


Gaza. Des crimes de guerre que l’on n’accepterait nulle part ailleurs. Pourquoi alors les accepter en Palestine ?

Une nou­velle salve de vio­lences vient d’éclater entre Israël et la Pales­tine et une fois encore, des enfants meurent. Les seuls appels au cessez-le-feu ne marchent pas, nous le savons. Il est temps de lancer des actions non-vio­lentes pour met­tre fin une fois pour toutes à des décen­nies de cauchemar.

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Ph. Avaaz

Nos gou­verne­ments ont échoué — tout en négo­ciant la paix et en adop­tant des réso­lu­tions à l’ONU, ils con­tin­u­ent, via leurs entre­pris­es, à financer, à tir­er prof­it et à inve­stir dans la vio­lence. La seule manière de met­tre un frein à ce cer­cle vicieux de con­fis­ca­tion des ter­res des familles inno­centes, de puni­tions col­lec­tives, de lance­ment de roquettes du Hamas, et de bom­barde­ments sur Gaza est de ren­dre le coût économique du con­flit insouten­able.

Nous savons que ça marche — la direc­tive européenne empêchant le finance­ment des colonies illé­gales avait causé un séisme au sein du gou­verne­ment israélien. La déci­sion du fonds de pen­sion néer­landais PGGM de se retir­er des colonies illé­gales suite à un appel citoyen avait égale­ment créé une tem­pête poli­tique.

Gaza : au moins 100 Palestiniens tués, le plus lourd bilan depuis le début de l’offensive

Cela ne met­tra cer­taine­ment pas fin aux tueries, mais l’Histoire nous a mon­tré que sou­vent, le chemin de la paix passe par l’augmentation du coût de l’oppression. Cliquez sur le lien pour exhort­er six ban­ques, fonds de pen­sion et entre­pris­es à met­tre un terme à ces investisse­ments — si nous réus­sis­sons à faire mon­ter la pres­sion, ces étab­lisse­ments pour­raient se retir­er, cela porterait un coup à l’économie israéli­enne, et nous pour­rions déjouer les cal­culs poli­tiques des extrémistes qui prof­i­tent poli­tique­ment de l’horreur:

Lors des cinq dernières semaines, trois ado­les­cents israéliens ont été assas­s­inés en Cisjor­danie, un jeune pales­tinien a été brûlé vif, un ado­les­cent améri­cain a été bru­tale­ment frap­pé par la police israéli­enne et plus de 40 enfants de Gaza sont morts sous les raids aériens israéliens. Ce n’est plus “le con­flit israé­lo-pales­tinien”, c’est une guerre con­tre les enfants. Et nous sommes en train de devenir insen­si­bles à cette igno­minie. Des médias font pass­er cette guerre pour un con­flit insol­u­ble entre deux bel­ligérants égaux, mais ce n’est pas de cela dont il s’agit. Les attaques des extrémistes pales­tiniens con­tre des civils inno­cents doivent être con­damnées et cess­er, mais c’est la spo­li­a­tion du peu­ple pales­tinien qui est à la racine du con­flit. Israël occupe, colonise, bom­barde, attaque et con­trôle l’eau, le com­merce et les fron­tières d’un État libre et recon­nu par les Nations Unies. À Gaza, Israël a créé la plus grande prison à ciel ouvert du monde, puis lui a imposé un blo­cus. Aujourd’hui, alors que les bombes pleu­vent, les familles n’ont aucun endroit où se réfugi­er.

Ce sont des crimes de guerre que l’on n’accepterait nulle part ailleurs. Pourquoi alors les accepter en Pales­tine? Il y a cinquante ans, Israël et ses voisins arabes sont entrés en guerre et Israël a occupé la Cisjor­danie et la bande de Gaza. Occu­per un ter­ri­toire après une guerre est chose com­mune, mais aucune occu­pa­tion mil­i­taire ne devrait se trans­former en des dizaines d’années de tyran­nie, qui ne prof­ite qu’aux extrémistes qui pren­nent les inno­cents pour cible. Et qui souf­fre? La grande majorité des familles des deux côtés, des familles aimantes qui ne veu­lent que la lib­erté et la paix.

Pour un cer­tain nom­bre de per­son­nes, en par­ti­c­uli­er en Europe et en Amérique du Nord, appel­er les entre­pris­es à retir­er leurs investisse­ments en ces­sant de financer ou de par­ticiper à l’occupation israéli­enne en Pales­tine sem­ble par­tial. Mais ce n’est pas le cas — c’est la stratégie non vio­lente la plus effi­cace pour met­tre fin aux cycles de vio­lence, assur­er la sécu­rité d’Israël et obtenir la lib­erté pour les Pales­tiniens. La Pales­tine est minus­cule à côté de la puis­sance et de la richesse d’Israël. Si cette dernière refuse de met­tre fin aux occu­pa­tions illé­gales de ter­res pales­tini­ennes, le monde doit agir pour en ren­dre le coût insup­port­able.

ABP, le fonds de pen­sion néer­landais, investit dans les ban­ques israéli­ennes qui finan­cent la coloni­sa­tion de la Pales­tine. D’énormes ban­ques comme Bar­clays finan­cent les fab­ri­cants d’armes israéliens et d’autres entre­pris­es [dont Veo­lia] qui fleuris­sent grâce à l’occupation. Le géant de l’informatique Hewlett-Packard four­nit des sys­tèmes de sur­veil­lance sophis­tiqués pour con­trôler les mou­ve­ments des Pales­tiniens. Et Cater­pil­lar pro­duit des bull­doz­ers qui sont util­isés pour détru­ire des maisons et des fer­mes pales­tini­ennes. Si nous lançons le plus grand appel jamais vu pour exhort­er ces entre­pris­es à se retir­er, nous mon­trerons que le monde ne veut plus être com­plice de ce bain de sang. Les Pales­tiniens appel­lent le monde entier à soutenir cette action et les Israéliens pro­gres­sistes la sou­ti­en­nent égale­ment. Rejoignons-les!

Une péti­tion à sign­er ici.

Notre com­mu­nauté se rassem­ble pour offrir la paix, l’espoir et le change­ment dans cer­tains des con­flits les plus durs au monde. Sou­vent, cela sig­ni­fie pren­dre posi­tion pour atta­quer le prob­lème à la racine. Pen­dant des années, notre com­mu­nauté a cher­ché une solu­tion poli­tique à ce cauchemar, mais avec la nou­velle vague d’horreur qui défer­le sur Gaza, l’heure est venue d’utiliser les argu­ments économiques pour met­tre un terme à l’horreur pour les Israéliens comme pour les Pales­tiniens.

Avec espoir et déter­mi­na­tion,

Alice, Fadi, Ben, Laila, Anna, Rick­en, Jo, Nell, Mais et toute l’équipe d’Avaaz

POUR EN SAVOIR PLUS :

La majorité de l’UE décon­seille le com­merce avec les colonies israéli­ennes (Eurac­tiv)

http://www.euractiv.fr/sections/leurope-dans-le-monde/la-majorite-de-lue-deconseille-le-commerce-avec-les-colonies

Les Israéliens et les Pales­tiniens sont en faveur de la paix mais n’ont guère d’espoir (Gallup — en anglais)

http://www.gallup.com/poll/161456/israelis-palestinians-pro-peace-process-not-hopeful.aspx

Colonies israéli­ennes : le Quai d’Orsay met en garde les investis­seurs français (France 24)

http://www.france24.com/fr/20140625-colonies-israeliennes-quai-orsay-met-garde-investisseurs-francais-bds/


Israel-Palestine. “Notre misérable État juif”, par Gideon Levy

Gideon Levy, 2011 (DR)

Gideon Levy, 2011 (DR)

Arti­cle de Gideon Levy, pub­lié dans Haaretz, le 6 juil­let 2014 [1]. Tra­duc­tion SF pour l’UJFP (Union juive française pour la paix), dif­fusé par la Ligue des Droits de l’Homme de Toulon.

Les jeunes de l’État juif attaque­nt des Pales­tiniens dans les rues de Jérusalem, exacte­ment comme les jeunes chez les gen­tils attaquaient les Juifs dans les rues d’Europe. Les Israéliens de l’État juif se déchaî­nent sur les réseaux soci­aux, répan­dant une haine et un désir de vengeance d’une ampleur dia­bolique sans précé­dent. Des incon­nus de l’État juif sur une base pure­ment eth­nique. Ce sont les enfants de la généra­tion nation­al­iste et raciste – la descen­dance de Netanya­hou.

Depuis cinq ans main­tenant ils n’ont enten­du qu’incitations, pro­pos alarmistes et supré­matie sur les Arabes de la part du véri­ta­ble instruc­teur de cette généra­tion, le pre­mier min­istre Ben­jamin Netanya­hou. Pas un mot d’humanité, de com­pas­sion ou de traite­ment égal.

  Main­tenant nous savons : dans l’État juif il n’y a de com­pas­sion et de sen­ti­ments humains que pour les Juifs, des droits unique­ment pour le Peu­ple Elu. L’État juif n’est que pour les Juifs

Ils ont gran­di dans le con­texte de la reven­di­ca­tion provo­cante de recon­nais­sance d’Israël comme « État juif » et ils ont tiré les con­clu­sions qui s’imposent. Avant même la délim­i­ta­tion de ce que sig­ni­fie « État juif » — sera-ce un État qui met les tefil­in (phy­lac­tères), embrasse les mezouzot (des rouleaux de prières enfer­més dans de petites boîtes métalliques ou en bois qui sont fixées aux cham­bran­les des portes d’entrée), sanc­ti­fie des sor­tilèges, ferme le jour de Shab­bath et observe stricte­ment les lois de la cashrout – les mass­es ont com­pris.

La foule a d’emblée intéri­or­isé la véri­ta­ble sig­ni­fi­ca­tion : un État juif est un État dans lequel il n’y a place que pour les Juifs. Le sort des Africains est d’être envoyé au cen­tre de déten­tion de Holot dans le Néguev et celui des Pales­tiniens est d’endurer des pogroms. C’est comme ça que ça marche dans un État juif : c’est à cette seule con­di­tion qu’il peut être juif. Dans l’État juif en cours de con­sti­tu­tion, il n’y a même pas de place pour un Arabe qui fait de son mieux pour être un bon Arabe, comme l’écrivain Sayed Kashua. Dans un État juif, la prési­dente de l’Assemblée de la Knes­set, Ruth Calderon (du par­ti Yesh Atid – inutile de pré­cis­er que c’est le « cen­tre » de l’échiquier poli­tique) coupe la parole au député arabe Ahmed Tibi (de la liste arabe unie Ta’al) à peine revenu, boulever­sé, d’une vis­ite à la famille de Shoafat, le jeune Arabe qui a été mas­sacré, et le ser­monne cynique­ment sur le thème qu’il doit aus­si faire référence aux trois jeunes Juifs mas­sacrés (alors même qu’il venait de le faire).

Dans un État juif, la Cour Suprême autorise la démo­li­tion de la mai­son de la famille d’un homme sus­pec­té de meurtre avant même qu’il ne soit con­damné. Un État juif édicte des lois racistes et nation­al­istes. Les médias d’un État juif se com­plaisent sur le meurtre de trois étu­di­ants de yeshi­va et ignorent presque com­plète­ment le sort de plusieurs jeunes Pales­tiniens du même âge qui ont été tués par des tirs de l’armée au cours des derniers mois, générale­ment sans rai­son.

Per­son­ne n’a été puni pour ces actes – dans l’État juif il y a une loi pour les Juifs et une loi pour les Arabes, dont les vies valent peu. Pas un soupçon de respect du droit inter­na­tion­al ni des con­ven­tions inter­na­tionales. Dans l’État juif, il n’y a de com­pas­sion et d’humanité que pour les Juifs, des droits pour le seul Peu­ple Elu. L’État juif n’est que pour les Juifs.

La nou­velle généra­tion qui grandit sous sa coupe est dan­gereuse à la fois pour elle-même et pour ce qui l’entoure. Netanya­hou est son min­istre de l’éducation ; les médias mil­i­taristes et nation­al­istes font office de poème péd­a­gogique ; le sys­tème d’éducation qui l’emmène à Auschwitz et à Hébron lui sert de guide.

Le sabra (natif d’Israël) d’aujourd’hui est une espèce nou­velle, piquante dehors comme dedans. Il n’a jamais ren­con­tré son homo­logue pales­tinien mais il sait tout de lui – le sabra sait qu’il est un ani­mal sauvage, qu’il a seule­ment l’intention de le tuer, qu’il est un mon­stre, un ter­ror­iste.

Il sait qu’Israël n’a pas de parte­naire pour la paix, puisque c’est ce qu’il a enten­tu un nom­bre incal­cu­la­ble de fois de la part de Netanya­hou, du min­istre des Affaires étrangères Avig­dor Lieber­man et du min­istre de l’Économie, Naf­tali Ben­nett. De la bouche de Yair Lapid il a enten­du qu’il y a des « Zoabis » – en référence con­de­scen­dante à la députée de la Knes­set Haneen Zoabi (du par­ti Bal­ad).

Etre de gauche ou désireux de jus­tice dans l’État juif est con­sid­éré comme un délit, la société civile est tenue pour tricheuse, la vraie démoc­ra­tie pour dia­bolique. Dans un État juif – dont rêvent non seule­ment la droite mais le sup­posé cen­tre gauche inclu­ant Tzipi Livni et Lapid – la démoc­ra­tie est floue.

Le prin­ci­pal prob­lème de l’État juif ce ne sont pas les skin­heads mais les embobineurs moral­isa­teurs, les voy­ous, l’extrême droite et les colons. Non pas les mar­gin­aux mais le courant prin­ci­pal qui est en par­tie nation­al­iste et en par­tie indif­férent.

Dans l’État juif, il ne reste rien de l’injonction biblique selon laque­lle il faut être juste avec la minorité ou avec l’étranger. Il n’y a plus de ces Juifs qui ont man­i­festé avec Mar­tin Luther King ou fait de la prison avec Nel­son Man­dela. L’État juif, qu’Israël veut absol­u­ment faire recon­naître par les Pales­tiniens, doit d’abord se recon­naître lui-même. Au terme de la journée, après une semaine ter­ri­ble, il sem­ble qu’un État juif ce soit un État raciste, nation­al­iste, conçu unique­ment pour les Juifs.

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[1] “Our wretched Jew­ish state” : http://www.haaretz.com/opinion/.pre…


Les Juifs” selon Pierre Desproges, un fossé de vingt ans avec Dieudonné

Desprog­es: “On me dit que des Juifs se sont glis­sés dans la salle?” “On ne m’ôtera pas de l’idée que, pen­dant la dernière guerre mon­di­ale de nom­breux Juifs ont eu une atti­tude car­ré­ment hos­tile à l’égard du régime nazi.”

Quand Pierre Desprog­es – il y a une ving­taine d’années – s’est com­mis avec son fameux sketch inti­t­ulé “Les Juifs”, la France n’en fut nulle­ment retournée. Aujourd’hui que Dieudon­né a mis le feu aux poudres, les meutes anti­sémites se lâchent. Elle déversent des tonnes d’immondices sur Daylimo­tion qui héberge les sketch­es de Desprog­es. Au point que le site a dû fer­mer le robi­net des com­men­taires.

Que s’est-il passé durant ces deux décen­nies ? À l’évidence, le con­texte a changé. Exten­sion des com­mu­nau­tarismes, notam­ment religieux ; atten­tats du 11 sep­tem­bre 2001, guer­res d’Afghanistan, du Proche et Moyen Ori­ent ; impasse pales­tini­enne surtout et coloni­sa­tion israéli­enne. Autant de faits réels, objec­tifs, pour­tant déniés dans la plu­part des débats actuels autour de ces ques­tions. Ce fut encore le cas hier lors de l’émission de Frédéric Tad­deï  “Ce soir ou jamais” où, dès le début, le mot “Pales­tine” déclen­chait  hos­til­ité et cli­vage entre les inter­venants.

Certes, Desprog­es et Dieudon­né s’opposent comme le jour et la nuit. Le pre­mier pra­tique une dis­tan­ci­a­tion humoris­tique affir­mée – à con­di­tion toute­fois d’adhérer à ses codes et à cette dis­tance ; en quoi le risque existe tou­jours. L’autre, à l’inverse, bar­botte dans l’ambiguïté, joue sans cesse dans ses allers-retours entre le pre­mier et le ixième degré. Quand il ne som­bre pas car­ré­ment dans l’abjection. Ain­si, dans une telle con­fu­sion, son pub­lic trou­ve  assez « à boire et à manger » pour ne pas s’embarrasser d’un quel­conque dis­tin­guo entre anti­sion­isme et anti­sémitisme.

Quoi qu’il en soit, et pour mesur­er cet écart qui mar­que pesam­ment deux épo­ques, revoici donc “Les Juifs” par Pierre Desprog­es, ver­sion vidéo, ou audio.


Pourquoi l’« affaire Dieudonné » empoisonne notre vivre ensemble

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Ce geste, dit de la quenelle, devenu sym­bole de la “Dieu­dosphère”, Dieudon­né l’exécute dès mai 2009 sur une affiche de la liste “anti­sion­iste” qu’il con­duit aux européennes.

L’ “affaire Dieudon­né” est en passe d’empoisonner notre espace du “vivre ensem­ble”. Cette belle idée – illu­soire ? – mon­tre bien sa fragilité face à la bru­tal­ité des croy­ances, des cer­ti­tudes et autres con­vic­tions – ces con­vic­tions que Niet­zsche dénonçait comme “des enne­mis de la vérité plus dan­gereux que les men­songes. » Anti­sion­iste revendiqué, anti­sémite masqué, Dieudon­né provoque et, tout à la fois, révulse et attire. Ses pro­pos lui valent plus encore de répro­ba­tions morales que de con­damna­tions pénales, tan­dis que ses spec­ta­cles font salles combles (quand elles ne lui sont pas refusées), en dépit d’une omer­ta médi­a­tique dont il fait l’objet. Comme si deux visions du monde s’affrontaient autour de sa per­son­ne, de ses presta­tions et de ses fréquen­ta­tions – Fau­ris­son, Le Pen, Soral, Meyssan, Chavez, Ahmadine­jad… Alors pourquoi ? Ten­ta­tives d’explications autour de quelques ques­tions dont celle-ci, sans réponse, lancée à la radio par le directeur du Nou­v­el Obser­va­teur, Lau­rent Jof­frin : “Qu’est-ce que les Juifs ont fait à Dieudon­né ?”

À cause du petit mou­ton con­trari­ant qui pré­side aux des­tinées de ce blog… je suis amené à revenir sur ce qu’on peut désor­mais appel­er « l’affaire Dieudon­né ». Affaire qui risque d’enfler encore bien davan­tage, ain­si que s’y emploient les politi­ciens et les médias – jusqu’à ce blog… Cepen­dant, petit mou­ton oblige, je voudrais y revenir à con­tre-courant de la marée dom­i­nante. Ce qui n’est pas sans risques, tant ce ter­rain s’avère miné à l’extrême – aux extrêmes, pour être plus pré­cis. Donc, ven­dre­di matin, dans le poste (France Cul­ture), j’entends Lau­rent Jof­frin (du Nou­v­el Obs, qui fait sa cou­ver­ture sur qui ?) résumer l’affaire à sa façon, selon son habituel ton débon­naire, frap­pé au coin du bon sens et par­fois de la courte vue. Ain­si : « Dieudon­né, lui, a la haine des Juifs. Pourquoi ? Comme ça. Qu’est-ce que les Juifs ont fait à Dieudon­né ? Rien, évidem­ment, ils s’en foutent […] Ils ont protesté quand Dieudon­né a fait un sketch anti­sémite. C’est ça le crime ini­tial. » n-obs-dieudonneOn dira qu’en qua­tre min­utes de chronique, on peut à peine plus finass­er qu’en cent quar­ante signes sur Twit­ter… Pas une rai­son pour sauter à pieds joints sur des ques­tions fon­da­men­tales qu’appellent des sujets de société fon­da­men­taux. Et Jof­frin enjambe allé­gre­ment la faille de sa courte pen­sée : « Dieudon­né, lui, a la haine des Juifs. Pourquoi ? Comme ça. » Il min­imise en fait, tout en y recourant, l’importance de cet adverbe fon­da­men­tal : pourquoi ? N’est-ce pas le sel-même du jour­nal­isme et, au delà, de toute soif de com­pren­dre. Alors : pourquoi Dieudon­né a-t-il la haine des Juifs ? Pourquoi l’antisémitisme ? Qu’est-ce qu’ils lui ont fait, les Juifs ? « Rien, évidem­ment » répond Jof­frin. L’évidence, c’est bien le con­traire du doute. Dès lors, tirons l’échelle, tout est dit. Et rien n’est dit, puisque rien n’est expliqué – dé-com­pliqué. J’aimerais pass­er un moment avec Dieudon­né [Arti­cle doc­u­men­té sur Wikipedia]. Sûre­ment pas pour lui faire la courte-échelle, mais bien pour lui pos­er quelques « pourquoi ? ». Des ques­tions qui tourn­eraient autour de celle-ci, en effet fon­da­men­tale : Qu’est-ce qu’ils vous ont fait les Juifs ? Mais ques­tion que je me garderais de lui oppos­er au préal­able comme une pique provo­cante. Il y a chez Dieudon­né, bien sûr, « matière à creuser » : depuis son enfance, certes, et même depuis sa nais­sance, mère bre­tonne, père camer­ounais. Un métis, ce cousin du métèque. Un frus­tré sans doute, un révolté, voire un indigné, comme tant de jeunes peinant à se percevoir comme Français à part entière, à cause de la dis­crim­i­na­tion sociale et du racisme. À cause aus­si de l’Histoire et du passé colo­nial dont il a fini par pren­dre fait et cause. Une prise de con­science qui l’a sans doute fondé dans son devenir d’humoriste – un rôle qui implique, pour le moins, un regard cri­tique pou­vant aller jusqu’à l’acidité et la méchanceté. De l’ironie à la haine, la voie est par­fois étroite. Puis le suc­cès de scène, l’adulation d’un pub­lic séduit, pas tou­jours « éduqué » car sociale­ment mar­gin­al­isé, récep­tif aux idées cour­tes, pourvu qu’elles soient « drôles » ; son alliance pour la scène avec le juif Élie Semoun dans un duo poli­tique­ment « équili­bré »; leur rup­ture ensuite ; ses déboires liés à ses dérives, puis la rad­i­cal­i­sa­tion dans laque­lle le ressen­ti­ment tient lieu d’argument idéologique, à preuve cet « anti­sion­isme » dont l’ambivalence d’usage (dou­ble dimen­sion : his­torique et séman­tique, dans un jeu per­fide masquant sa nature anti­sémite) per­met d’euphémiser le rejet des Juifs comme fau­teurs uni­versels, cause de tous les maux du monde des rejetés et surtout des frus­trés. D’où le recours à l’antienne du « lob­by juif, » puis à la théorie du Com­plot qui per­met d’« expli­quer bien des choses cachées et des mys­tères » et d’alimenter cette filan­dreuse notion de « sys­tème » qu’on retrou­ve aux extrêmes, gauche et droite, des idéolo­gies. (Lire la suite…)


Alerte en Méditerranée, par Edgar Morin

Notre monde part en miettes. Vers où se tourn­er pour y puis­er quelque espoir de mieux ? À l’inverse des prophètes de l’apocalypse, Edgar Morin fait par­tie de ces rares penseurs qui refusent la fatal­ité. Ce qui ne lui inter­dit pas la lucid­ité, bien au con­traire ! Dans sa remar­quable con­férence pronon­cée le 16 décem­bre à l’iInstitut du monde arabe, à Paris, il n’élude aucune des com­plex­ités – un terme qui lui est cher – car­ac­térisant tout le bassin de la Méditer­ranée. Et en par­ti­c­uli­er ce qu’il a appelé “le can­cer” pour désign­er la sit­u­a­tion de la Pales­tine. Une lucid­ité qui met en cause la poli­tique colo­niale de l’État d’Israël, au point de s’être fait accuser d’antisémitisme !

Cette con­férence est inté­grale­ment acces­si­ble ci-dessous. C’est un grand moment d’histoire, de cul­ture, d’analyse. C’est aus­si un exploit qua­si­ment sportif, s’agissant d’un ath­lète de 92 ans par­courant, sans notes, un marathon de la pen­sée.

Voici par ailleurs un extrait du discours qu’Edgar Morin avait prononcé à Barcelone en 1994 sous le titre Alerte en Méditerranée. 

Je dis alerte, parce que l’Europe tend à se détourn­er de la Méditer­ranée au moment où juste­ment en Méditer­ranée s’accroissent les prob­lèmes et périls.

Les proces­sus de dis­lo­ca­tion, dégra­da­tion, ren­fer­me­ment qui se dévelop­pent un peu partout affectent par­ti­c­ulière­ment la Méditer­ranée.

Plus encore : la mer de la com­mu­ni­ca­tion devient la mer des ségré­ga­tions, la mer des métis­sages devient la mer des purifi­ca­tions religieuses, eth­niques, nationales.

Les grandes villes cos­mopo­lites, véri­ta­bles “cités-monde”, creusets de la cul­ture méditer­ranéenne se sont éteintes les unes après les autres dans la mono­chromie: Salonique, Istam­bul, Alexan­drie, Bey­routh. Sara­je­vo ago­nise.

Après 89, l’Europe de l’ouest, en se tour­nant vers l’est qui s’ouvrait, s’est détournée des prob­lèmes fon­da­men­taux de la Méditer­ranée qui la con­cer­nent vitale­ment. L’économie européenne s’est tournée vers les marchés poten­tiels de l’est, regar­dant au delà l’énorme marché chi­nois. La Méditer­ranée est de plus en plus oubliée.

Les pays du sud européen, par­ti­c­ulière­ment de l’Arc Latin, n’ont pas élaboré une con­cep­tion com­mune pour une poli­tique méditer­ranéenne.

L’Europe ouverte tend à rede­venir l’Europe du rejet. Au moment où avaient com­mencé les proces­sus d’intégration européenne de l’Islam, posthumes comme en Espagne qui réin­tè­gre en son iden­tité, son passé mau­re, mod­ernes comme en France et en Alle­magne avec les immi­grés maghrébins et turcs, voilà que revient le vieux démon européen: refouler, exclure l’Islam. L’offensive serbe en Bosnie n’est pas seule­ment un acci­dent, elle est la pour­suite d’une recon­quête.

Partout, le parte­naire néces­saire est de plus en plus con­sid­éré comme l’adversaire poten­tiel et cela de cha­cun des qua­tre cotés de la Méditer­ranée: nord sud et est ouest.

La Méditer­ranée s’efface comme dénom­i­na­teur com­mun.

Nous pou­vons aujourd’hui espér­er, sans cer­ti­tude aucune, en une pro­gres­sive paci­fi­ca­tion au Moyen-Ori­ent, notam­ment par l’accession de la Pales­tine à l’indépendance nationale, mais le trou noir géo-his­torique y demeure(…)
Pour­rons-nous sauver la Méditer­ranée? Pour­rons nous restau­r­er mieux dévelop­per sa fonc­tion com­mu­ni­ca­trice? Pour­rons-nous remet­tre en activ­ité cette mer d’échanges, de ren­con­tres, ce creuset et bouil­lon de cul­ture, cette machine à fab­ri­quer de la civil­i­sa­tion ?

Il y a des solu­tions économiques, mais les solu­tions seule­ment économiques sont insuff­isantes et par­fois font prob­lème: ain­si le FMI met les États dans la néces­sité d’obéir à ses exi­gences pour avoir des crédits, mais aus­si dans la néces­sité de leur désobéir pour éviter le clash poli­tique et social (…). Il faut du développe­ment, mais il faut aus­si entière­ment repenser et trans­former notre con­cept de développe­ment lequel est sous-dévelop­pé. Ain­si il n’y a pas que l’économie indus­trielle à installer, il y a aus­si à réin­ven­ter une économie de con­vivi­al­ité.

© Edgar Morin


Appel à dénoncer et boycotter la collaboration de “Marseille-Provence 2013 ” avec l’État d’Israël

Le gou­verne­ment israélien a décidé de faire de Mar­seille cap­i­tale européenne de la cul­ture un out­il pour « mod­i­fi­er son image ». Un cer­tain nom­bre de citoyens, par­mi lesquels des artistes, respon­s­ables de struc­tures cul­turelles ou d’édition, sol­idaires du peu­ple pales­tinien, refusent de cau­tion­ner une telle opéra­tion de pro­pa­gande. Ils ont signé et lancé un appel de protes­ta­tion con­tre cette manœu­vre de séduc­tion.

Voici le texte de cet appel :

 « Pas en notre nom »

Appel d’artistes, de respon­s­ables de struc­tures cul­turelles, de spec­ta­teurs, sol­idaires du peu­ple pales­tinien

« A l’occasion de « Mar­seille cap­i­tale européenne de la cul­ture 2013 », le Con­sulat d’Israël à Mar­seille a organ­isé la venue de nom­breux artistes pour une quar­an­taine de ren­dez-vous appelés « Israël en scène 2013 ». Il ne s’agit pas de sim­ples événe­ments artis­tiques et cul­turels, mais d’une véri­ta­ble opéra­tion de pro­pa­gande des­tinée à « chang­er l’image d’Israël » dans l’opinion française, directe­ment organ­isée par le gou­verne­ment israélien. Les artistes ain­si instru­men­tal­isés ne peu­vent l’ignorer.

(Lire la suite…)



Israël. “Pour les droits des Palestiniens des Territoires occupés, traités comme des esclaves”

par Nurit Peled-Elhanan, mère israélienne d’une victime d’attentat, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem, prix Sakharov du Parlement européen


Nurit Peled-Elhanan au Par­lement européen — Ph. Wikipedia

La let­tre ouverte ci-dessous fait suite à l’interdiction de la con­férence sur la Pales­tine et Israël qui aurait dû se tenir le 18 jan­vi­er à l’École nor­male supérieure, à Paris. Trans­mise en com­men­taire à l’article précé­dent (mer­ci René !), elle mérite toute son impor­tance et c’est pourquoi je la pub­lie ici en entier. Impor­tante, elle l’est d’abord par son con­tenu mais aus­si par son auteure. Nurit Peled-Elhanan est à la fois Israéli­enne  et opposante résolue à l’actuel régime israélien qu’elle ne craint pas de com­par­er à celui de l’Afrique du Sud de l’apartheid. De même, en tant que juive,  dénonce-t-elle le CRIF et “ces Juifs français que rend sourds la pro­pa­gande du régime raciste d’Israël.”

Cher Mon­sieur Hes­sel, chère Madame Shahid, chers par­tic­i­pants,

Je suis désolée de ne pou­voir assis­ter à cette impor­tante con­férence. Mais je tiens à exprimer mon admi­ra­tion à Mon­sieur Hes­sel, et à tous les par­tic­i­pants et à vous assur­er que je suis de tout cœur avec vous.

J’ai lu l’éditorial du prési­dent du CRIF se félic­i­tant de l’interdiction de votre con­férence et remer­ciant des philosophes et écrivains hyp­ocrites et igno­rants, qui pérorent sous les ors des salons parisiens et pensent briller en éta­lant leur prose “poli­tique­ment cor­recte” tout en igno­rant de manière éton­nante la vie réelle des gens dans les Ter­ri­toires pales­tiniens occupés et le car­ac­tère dic­ta­to­r­i­al du gou­verne­ment israélien actuel.

L’ignorance et l’hypocrisie de ces gens n’est pas une nég­li­gence, mais un crime, car ils encour­a­gent la ten­dance fas­ciste qui men­ace de nous noy­er tous, en Israël, en Pales­tine et en France.

En 2010, trente lois racistes visant les citoyens pales­tiniens d’Israël ont été pro­posées en Israël et, pour la plu­part, approu­vées. Elles sépar­ent des familles.

Elles per­me­t­tent de con­fis­quer des maisons et des ter­res, de refuser les traite­ments médi­caux néces­saires à des invalides, de détru­ire les maisons des Bédouins, de dis­crim­in­er des écoles quand elles sont druzes ou pales­tini­ennes, d’incarcérer des enfants.

Bien plus, la jus­tice, qui devrait pro­téger les gens con­tre cette ter­reur, obéit aux lois racistes d’un régime d’apartheid.

Comme en Afrique du Sud autre­fois, toutes les dis­crim­i­na­tions anti-pales­tini­ennes en Israël sont légales : nul n’est jamais puni pour les crimes per­pétrés con­tre ces “non-citoyens”.
En revanche, ce gou­verne­ment où un Lieber­mann joue un rôle décisif con­sid­ère comme un péché mor­tel la résis­tance non-vio­lente à l’occupation, qui se développe dans les sociétés pales­tini­enne et israéli­enne con­tre  les crimes et la répres­sion découlant de l’occupation.

Ces derniers temps, la police et l’armée israéli­ennes arrê­tent des mil­i­tants des droits humains lorsqu’ils sont juifs, comme Yonathan Polack, et les tuent s’ils sont pales­tiniens, tels Bassem Abu-Rah­ma et sa sœur, Jawahr. Les organ­i­sa­tions droits-de-l’hommistes en ques­tion sont désor­mais soumis­es à des enquêtes bru­tales et humiliantes par…  les crim­inels con­tre l’Humanité qui nous gou­ver­nent. De sur­croît, la pau­vreté touche plus l’Israélien que jamais, et ses prin­ci­pales vic­times sont les citoyens arabes.

Et le monde se tait… Et le CRIF sou­tient.

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République française. Trois cas de censure – et d’indignation – sur fond de Palestine et d’antisémitisme

Allez, je vais encore me faire des copains… Trois faits, trois nou­velles raisons de s’indigner – ce sport à la mode. De la faute à ce vieux Hes­sel à la peau blind­ée. Du haut de ses 93 hivers, il était donc là, sous son bon­net phry­gien – avec cocarde aux couleurs de la Pales­tine – à affron­ter le froid devant 400 per­son­nes place du Pan­théon. Motif de sa nou­velle indig­na­tion : l’annulation d’une con­férence qu’il devait tenir ce 18 jan­vi­er à l’École nor­male supérieure (dont il est issu…) Annu­la­tion ? Inter­dic­tion con­viendrait mieux.

Stéphane Hes­sel en 2002. Peut-on être grand résis­tant et défenseur de la Pales­tine ? © Ph. gp

En tout cas il s’agit bien d’une cen­sure : celle par laque­lle la direc­trice de l’ENS, Monique Can­to-Sper­ber, a répon­du en obtem­pérant à la min­istre de l’enseignement supérieur, Valérie Pécresse, elle-même forte­ment con­seil­lée par le prési­dent du Con­seil représen­tatif des insti­tu­tions juives de France (CRIF) et le Bureau nation­al de vig­i­lance con­tre l’antisémitisme (BNVCA), dénonçant ce qui leur appa­rais­sait comme un acte de sou­tien à la cam­pagne de boy­cott de pro­duits israéliens ” Boy­cott, dés­in­vestisse­ment et sanc­tions “, cam­pagne qui avait déjà reçu l’appui de Stéphane Hes­sel.

Comme le rap­porte Le Monde du 20 jan­vi­er, « Bernard-Hen­ri Lévy, Alain Finkielkraut ou encore Claude Cohen-Tan­noud­ji, prix Nobel de physique, ont été félic­ités par Richard Prasquier, le prési­dent du CRIF, pour avoir ” recom­mandé l’annulation du débat. » Par­mi les protes­tataires devant le Pan­théon on rel­e­vait la présence de Cécile Duflot d’Europe Ecolo­gie, Daniel Gar­rigue, député villepin­iste, Alain Kriv­ine, du NPA, ain­si que… Leïla Shahid, déléguée générale de l’Autorité pales­tini­enne auprès de l’Union européenne, qui devait pren­dre part à la con­férence inter­dite.

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Attaque de Gaza. BHL n’avait « jamais vu une armée qui se pose tellement de questions morales »…


BHL à l’ambassade de France à Tel Aviv. Pho­to: Mot­ti Kim­che

Où notre inef­fa­ble com­pa­tri­ote Bernard-Hen­ri Lévy n’aura encore pas man­qué de se dis­tinguer. La veille de l’action mil­i­taire que l’on sait con­tre la flot­tille pro-pales­tini­enne, BHL prononçait à Tel-Aviv de ces fortes paroles mar­quées de per­ti­nence et de pre­science :  « Je n’ai jamais vu une armée aus­si démoc­ra­tique, qui se pose telle­ment de ques­tions morales. » (Haaretz.com, 31 mai). Comme le rap­pelle Alain Gresh dans dans son «Blog du Dip­lo», «il est vrai que, lors de la guerre de Gaza, notre philosophe s’était pavané sur un char israélien pour entr­er dans le ter­ri­toire. Réagis­sant à l’attaque […], Lévy l’a qual­i­fiée, selon l’AFP, de « stu­pide » car risquant de ternir l’image d’Israël. Pas un mot de con­damna­tion, pas un mot de regret pour les tués…»

De la Géorgie au Dar­four, de la Tchétchénie à Israël, BHL exerce son sub­juguant don de voy­ance.

«La seule ques­tion qui se pose main­tenant, pour­suit Alain Gresh, est de savoir quel prix le gou­verne­ment israélien devra pay­er pour ce crime. Car, depuis des années, les Nations unies ont adop­té des dizaines de réso­lu­tions (« Réso­lu­tions de l’ONU non respec­tées par Israël », Le Monde diplo­ma­tique, févri­er 2009), l’Union européenne a voté d’innombrables textes qui deman­dent à Israël de se con­former au droit inter­na­tion­al, ou tout sim­ple­ment au droit human­i­taire, en lev­ant, par exem­ple, le blo­cus de Gaza. Ces textes ne sont jamais suiv­is du moin­dre effet. Au con­traire, l’Union européenne et les Etats-Unis récom­pensent Israël. C’est ce qu’a prou­vé l’admission d’Israël dans l’Organisation pour la coopéra­tion et le développe­ment économiques (OCDE), la semaine dernière, et la vis­ite en France du pre­mier min­istre israélien Nétanya­hou pour assis­ter à l’intronisation de son pays.»

Dans la foulée des per­les his­toriques, on dis­tinguera aus­si sur le sujet  celle de l’autre inef­fa­ble et néan­moins porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefeb­vre déclarant fine­ment, comme tou­jours, que son par­ti « regrette » les morts, mais dénonce les « provo­ca­tions » de « ceux qui se dis­ent les amis des Pales­tiniens ».


Témoignage d’un Français à bord de la flottille pour Gaza. « Le coût politique [pour Israël] sera énorme. Vraiment énorme »

C’est donc neuf morts et une quar­an­taine de blessés qui auraient été dénom­brés après l’attaque lun­di du navire turc “Mavi Mar­mara” par l’armée israéli­enne. Une opéra­tion désas­treuse à tous points de vue, tant pour l’État israélien que pour l’impossible paix dans la région. Le seul avan­tage qui puisse se dégager de tels événe­ments con­cerne la remise en cause sur la scène inter­na­tionale de l’impunité dont béné­fi­ci­ait jusque là Israël avec la com­plic­ité objec­tive de la « com­mu­nauté inter­na­tionale » – euphémisme désig­nant les rich­es États de l’hémisphère Nord – et des insti­tu­tions mon­di­ales, en par­ti­c­uli­er l’ONU. C’est une bien mince con­so­la­tion au regard du recul poli­tique et diplo­ma­tique que provoque déjà ce séisme, recul dont le peu­ple pales­tinien demeure la vic­time per­ma­nente.

Des sol­dats israéliens à l’assaut d’un des bateaux de la Flotille inter­nati­ionale pour la lib­erté. (Copie d’écran d’Euronews)

Une dizaine de citoyens français avaient pris part à l’opération “Flotilles pour Gaza” ; neuf seraient détenus à la prison de Beer-She­va, au cen­tre du ter­ri­toire israélien. Par­mi eux se trou­verait Thomas Som­mer-Houdeville, coor­di­na­teur des mis­sions civiles, salarié de l’ONG Focus on Glob­al South, qui a embar­qué à bord de la flot­tille en Turquie. Sa mère déclarait mar­di à l’AFP n’avoir encore eu encore aucune nou­velle de lui. La veille de l’attaque, il avait rédigé pour son blog un texte depuis le car­go grec sur lequel il nav­iguait. Un texte clair­voy­ant et hélas pré­moni­toire. En voici des extraits :

« Un jour ou l’autre peut-être, quelqu’un écrira l’histoire com­plète de cette aven­ture. Il y aura beau­coup de rires, de véri­ta­bles cris et quelques larmes. Mais ce que je peux dire main­tenant, c’est que nous n’avions jamais imag­iné que nous feri­ons flip­per Israël comme ça. Enfin, peut-être dans cer­tains de nos plus beaux rêves.… Tout d’abord, ils ont créé une équipe spé­ciale d’urgence réu­nis­sant le min­istère israélien des Affaires étrangères, le com­man­do de marine israélien et les autorités péni­ten­ti­aires pour con­tr­er la men­ace exis­ten­tielle que nous et nos quelques bateaux rem­plis d’aide human­i­taire représen­tent. Puis, Ehud Barak lui-même a pris le temps, mal­gré son agen­da chargé, de nous met­tre en garde à tra­vers les médias israéliens. Ils nous annon­cent main­tenant qu’ils nous enver­ront dans la pire des pris­ons israéliens, dans le désert près de Beer­she­va.

« Ce sont des annonces pour nous faire peur. Et d’une cer­taine façon nous avons peur. Nous avons peur de leurs navires de guerre, peur de leurs Apach­es et de leur com­man­do tout noir. Qui n’en aurait pas peur ? Nous avons peur qu’ils sai­sis­sent notre car­gai­son et toute l’aide médi­cale, les matéri­aux de con­struc­tion, les maisons pré­fab­riquées, les kits sco­laires, et qu’ils les détru­isent. Toute cette sol­i­dar­ité patiem­ment rassem­blée dans de si nom­breux pays pen­dant plus d’un an. Tous ces efforts et cette vague d’amour et d’espoir envoyés par des gens nor­maux, d’humbles citoyens de Grèce, Suède, Turquie, Irlande, France, Ital­ie, Algérie, Malaisie. Tout ceci pris comme un trophée par un État agis­sant comme un vul­gaire pirate des îles. Qui ne sen­ti­rait pas un cer­tain sen­ti­ment de respon­s­abil­ité et de peur de ne pas être capa­ble d’accomplir notre mis­sion et livr­er nos marchan­dis­es à la pop­u­la­tion empris­on­née de Gaza ?

« Mais nous savons que la peur est aus­si de l’autre côté. Parce que depuis le début de notre coali­tion, l’Etat d’Israël fait tout ce qu’il peut pour éviter la con­fronta­tion avec nous. Depuis le début ils ont essayé de nous empêch­er de par­tir, de regrouper nos forces et de pren­dre le large tous ensem­ble vers Gaza. Ils ont essayé de nous bris­er. Leur scé­nario idéal était de nous divis­er, les Irlandais d’un côté, les Grecs et Sué­dois d’un autre, les Améri­cains d’un autre encore et les Turcs tout seuls. Bien sûr, ils savaient qu’ils ne pour­raient pas met­tre la pres­sion sur la Turquie, ni agir directe­ment là-bas. Alors ils ont con­cen­tré leurs attaques sur les par­ties irlandais­es et grec­ques de notre coali­tion.

« Le pre­mier set a com­mencé il y a deux semaines quand ils ont saboté le car­go irlandais, l’obligeant à retarder son départ pour près d’une semaine. Mais, les Irlandais ont réparé aus­si vite qu’ils le pou­vaient et main­tenant ils sont à un ou deux jours der­rière nous. Puis ils ont mis une pres­sion énorme sur le gou­verne­ment grec, affaib­li par la crise économique, pour l’obliger à ne pas laiss­er par­tir le car­go grec et le bateau de pas­sagers gre­co-sué­dois. A cause de ces pres­sions, nous avons dû retarder notre voy­age deux fois et deman­der aux Turcs, à leurs 500 pas­sagers et aux amis améri­cains qui étaient prêts à par­tir de nous atten­dre. C’est ce qu’ils ont fait heureuse­ment ! Jusqu’à la dernière minute avant leur départ de Grèce, nous ne savions pas si les deux bateaux auraient l’autorisation du gou­verne­ment grec, mais finale­ment le gou­verne­ment grec a décidé de pren­dre ses respon­s­abil­ités en agis­sant comme un Etat sou­verain et a lais­sé le car­go et le bateau de pas­sagers quit­ter le port du Pirée à Athènes.

[…] « Dans quelques heures, le dernier set, cru­cial, com­mencera quand nous entrerons dans les eaux de Gaza. Bien sûr, matérielle­ment, il serait très facile pour Israël de nous stop­per et nous arrêter, mais le coût poli­tique qu’ils auront à pay­er sera énorme. Vrai­ment énorme, à tel point que toutes les rus­es et les pièges qu’ils ont ten­té de met­tre sur notre route ont réus­si à faire une seule chose : sen­si­bilis­er de plus en plus de gens partout dans le monde sur notre flot­tille et sur la sit­u­a­tion de Gaza. Et de tout ça, nous apprenons quelque chose : la peur n’est pas de notre côté, mais du côté d’Israël. Ils ont peur de nous parce que nous représen­tons la colère des gens tout autour du monde. Les gens qui sont mécon­tents de ce que l’État crim­inel d’Israël fait aux Pales­tiniens et à chaque amoureux de la paix qui ose pren­dre le par­ti des opprimés. Ils ont peur de nous parce qu’ils savent que, dans un proche avenir il y aura encore plus de bateaux à venir à Gaza comme il y a de plus en plus de per­son­nes à décider de boy­cotter Israël chaque jour. »

Thomas Som­mer-Houdeville, depuis l’un des bateaux de la flot­tille de Gaza, coor­di­na­teur de la Cam­pagne civile inter­na­tionale pour la pro­tec­tion du peu­ple pales­tinien (CCIPPP)

Voir aus­si : http://www.protection-palestine.org


Attaque de Gaza. Israël prisonnier de ses murs

Ain­si, la flot­tille achem­i­nant des cen­taines de mil­i­tants pro-pales­tiniens et de l’aide pour Gaza a été inter­cep­tée par un com­man­do israélien. Au moins dix-neuf pas­sagers ont été tués, une trentaine blessés. Je n’y étais pas, soit, mais je suis révolté par ce qui est rap­porté. Une fois de plus Israël se com­porte de manière intolérable ; une fois de plus l’intolérable sera toléré, moyen­nant quelques rodomon­tades de l’ineffable « com­mu­nauté inter­na­tionale », aus­si habituelles qu’hypocrites. Une fois de plus, la per­spec­tive de paix au Moyen-Ori­ent s’efface vers sa mor­tifère ligne de fuite.

Une phase de l’attaque israéli­enne con­tre le bateau turc “Mavi Mar­mara” filmée par la chaîne de télévi­sion du Qatar Al-Jazeera. Cli­quer sur l’image.

C’est égale­ment ain­si qu’Israël, sur le plan mil­i­taro-diplo­ma­tique, dans une même démarche d’isolement et d’arrogance, a décidé de tourn­er le dos au Traité sur la non-pro­liféra­tion des armes nucléaires (TNP). Cela s’est passé ven­dre­di dernier : tan­dis que les 189 États par­ties prenantes au TNP se sont accordés, à l’unanimité, sur une déc­la­ra­tion finale appelant à la tenue, en 2012, d’une con­férence régionale en faveur d’un Moyen-Ori­ent dénu­cléarisé, Israël dénonçait le lende­main même cet accord. Le gou­verne­ment israélien l’a qual­i­fié de « très impar­fait et hyp­ocrite », déplo­rant que « le régime ter­ror­iste iranien n’est même pas men­tion­né”. Israël accuse aus­si les Etats-Unis d’“avoir cédé à la pres­sion inter­na­tionale”.

Non sig­nataire du TNP, mais pos­sé­dant des armes nucléaires, Israël patauge dans une ambiguïté stratégique et poli­tique main­tenue sous ses mul­ti­ples oscil­la­tions idéologiques et religieuses de ses régimes suc­ces­sifs, de gauche aus­si bien d’extrême-droite, comme l’actuel gou­verne­ment de Nétanya­hou dont l’outrance fait bien le jeu de Téhéran.

Comme si Israël s’enferrait et s’enfermait dans une cer­taine exploita­tion de son trag­ique des­tin his­torique – exploita­tion idéologique, sym­bol­ique, psy­chologique : en ne ces­sant de faire endoss­er au « reste du monde »  la fac­ture de la shoa, de faire pay­er cette tragédie en mon­naie de cul­pa­bil­i­sa­tion assor­tie d’inter­dits mul­ti­ples : inter­dit d’exercer toute cri­tique sous peine de péché d’antisémitisme ! * – ce qui peut se lire entre les mots envoyés à un Oba­ma ayant « cédé à la pres­sion inter­na­tionale ». Une telle atti­tude, pou­vant certes trou­ver expli­ca­tion à l’analyse du sul­fureux cock­tail religieux et his­torique, obère toute avancée raisonnable, donc aus­si rationnelle que respon­s­able.

Comme si le but de toute poli­tique avancée, sinon évoluée, n’était de con­forter la paix entre les hommes, dans les cœurs comme entre les États. Ce qui ne saurait se réalis­er en con­stru­isant des murs plutôt que des ponts, en envoy­ant des com­man­dos mil­i­taires plutôt que des légions évangéliques. Et on va se plain­dre de la guerre !


*Inter­dit même d’écrire « lob­by juif » sur un blog sans provo­quer la cen­sure… C’est une des fonc­tions du tabou que d’interdire aus­si toute pen­sée cri­tique à son pro­pos et quant à son objet…


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet. » Bossuet

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  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Philippe Casal, 2004 - Centre national des arts plastiques - Mucem, Marseille

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexualité / politique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl”

    Comme un nuage, album photos et texte marquant le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986). La souscription étant close (vifs remerciements à tous les contributeurs !) l'ouvrage est désormais en vente au prix de 15 euros, franco de port. Vous pouvez le commander à partir du bouton "Acheter" ci-dessous (bien préciser votre adresse postale !)

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    Il s'agit d'un album-photo de qualité, à tirage soigné et limité, 40 p. format A4 "à l'italienne". Les photos, prises en Provence et notamment à Marseille, expriment une vision artistique sur le thème d’« après le nuage ». Cette création rejoignait l’appel à l’organisation de "1.000 événements culturels sur le thème du nucléaire", entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fukushima) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

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    Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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