On n'est pas des moutons

Blogs & médias

Post scriptum sur le « reporter » BHL en Géorgie

À la ques­tion écrite de Rue89 : « Vous avez pris un jet privé de la com­pa­gnie Darta. Qui a payé cette loca­tion ? », BHL répond : « Cela ne vous regarde pas.»

Si, ça me regarde, et bien en face. Cela me regarde comme qui­conque pose la ques­tion du « De où parles-​tu ? » De qui es-​tu l’agent rému­néré ? Des USA, d’Israël, de tes propres deniers, de ta for­tune per­son­nelle, du Monde (en tant que co-​administrateur), de Libé (dont tu es action­naire), de tout cela un peu et dans quelles pro­por­tions ? Et cela ne nous regar­de­rait pas ?

Autre réponse inté­res­sante à Rue89, celle d’Alain Fra­chon, direc­teur de la rédac­tion du Monde, sur les condi­tions de publi­ca­tion du témoi­gnage de Bernard-​Henri Lévy :

« Nous avons reçu le témoi­gnage de Bernard-​Henri Lévy par mail - comme c’est en géné­ral le cas pour les témoi­gnages d’écrivains que nous publions à inter­valles régu­liers. Dans une rédac­tion habi­tuée à la publi­ca­tion de témoi­gnages pro­ve­nant d’écrivains aux sen­si­bi­li­tés les plus diverses, ce texte-​là n’a pas sus­cité d’émoi particulier. »

C’est sur l’air blasé de « On en voit tel­le­ment d’autres ! » que répond ce patron de rédac­tion. Édi­fiant.

Sur l’égo encore de notre Tin­tin au Cau­case
. Ce pas­sage où le modeste per­son­nage donne une leçon de géo­po­li­tique redy­na­mi­sante à ce pauvre pré­sident Saa­ka­sh­vili qu’il appelle par son petit nom, Micha :

– Rue89 : Confirmez-​vous cette phrase de l’article de Gilles Hert­zog dans VSD : « Bernard-​Henri Lévy tente de leur remon­ter le moral. Pour­quoi ne pas inci­ter les pays de l’Otan qui ont appuyé la demande de la Géor­gie à se pro­non­cer solen­nel­le­ment ? Pour­quoi ne pas tenir vos conseils des ministres dans une ville mena­cée ? Saa­ka­ch­vili retrouve un ins­tant le sou­rire. ‘Très bonnes idées!’, lance-​t-​il. » ?

BHL : J’ai pro­posé ces deux idées. L’avenir dira si Saa­ka­ch­vili les a trou­vées « bonnes ».

Plu­sieurs bou­quins se sont déjà char­gés du per­son­nage. Entre autres, Nico­las Beau et Oli­vier Tos­cer (« Une Impos­ture Fran­çaise », Les Arènes), ont éplu­ché sa bio, ses comptes d’héritier d’une for­tune accu­mu­lée dans l’exploitation de la forêt afri­caine… Éga­le­ment Richard Labé­vière, jour­na­liste à Radio France Inter­na­tio­nale (RFI), et Bruno Jean­mart, pro­fes­seur de phi­lo­so­phie et psy­cha­na­lyste, avec leur « Bernard-​Henri Lévy ou la règle du Je » (Le Temps des Cerises). Les auteurs pré­sentent BHL comme un « ser­vi­teur de l’empire amé­ri­cain et du libé­ra­lisme mon­dia­lisé, ego média­tique vide et surdimensionné ».

On relè­vera que Richard Labé­vière vient d’être bru­ta­le­ment licen­cié de RFI en plein mois d’août sous un pré­texte spé­cieux: avoir inter­viewé le pré­sident syrien Bachar al-​Assad quelques jours avant sa venue à Paris pour le 14-​Juillet. Comme s’il s’agissait d’une faute pro­fes­sion­nelle… Son regard cri­tique vis-​à-​vis des poli­tiques israé­lienne et occi­den­tale au Proche et au Moyen-​Orient pour­rait être la vraie rai­son cachée de cette mise à l’écart pas­sée presque inaperçue.

William Cas­tel écri­vait samedi sur Ago­ra­vox : « Labé­vière note que sa mise au pas inter­vient au moment où Chris­tine Ockrent, épouse du ministre des Affaires étran­gères Ber­nard Kouch­ner, et Alain Pou­zil­hac prennent la tête de l’Audiovisuel exté­rieur de la France (RFI, TV5 Monde et France 24). Coïncidence ?

« Il s’agirait, ni plus ni moins, selon lui, d’imposer une lec­ture néo­con­ser­va­trice, amé­ri­caine ou israé­lienne, des crises proche-​orientales. Avoir une lec­ture pro-​palestinienne ou pro-​arabe ne serait aujourd’hui plus permis.

« Retour du délit d’opinion ? Main­mise d’une pen­sée unique ? Ter­ro­risme intel­lec­tuel ? Richard Labé­vière va jusqu’à par­ler d’orwellisation de la presse fran­çaise, publique et privée. »

Une péti­tion de sou­tien a été lancée.

Inter­view ci-​dessous de Richard Labé­vière

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500 tués au travail par an, pas de quoi déranger les médias

« Vous êtes en vacances depuis deux ou trois jours. L’Ardèche est belle. Vous avez fait une balade l’après-midi et, le soir, vous êtes allé au res­tau­rant. C’est en sor­tant que vous vous aper­ce­vez qu’il y a un mes­sage sur le por­table… Mon fils aîné est tombé d’un écha­fau­dage alors que je com­men­çais à savou­rer mes vacances. Il est mort sur le coup. Ce 2 août 2006 est irréel. » Un drame comme il s’en pro­duit dans les 500 chaque année, rien qu’en France. Celui-​là, c’est le drame de Michel Bianco, un ami de Venelles (Bouches-​du-​Rhône) qui, depuis, jour après jour, bataille contre la machine broyeuse aux mul­tiples visages : machine de l’exploitation au nom du Ren­de­ment, machine judi­ciaire, machine des médias et de leur quasi indif­fé­rence devant cette guerre sans nom – donc inexistante.

Ce 2 août 2006, Jérôme Bianco, 32 ans, tra­vaillait, sans for­ma­tion préa­lable, sans casque, sur une plate-​forme aux garde-​corps non adap­tés. Il est tombé d’une hau­teur de huit mètres et a été tué sur le coup. Ce ven­dredi 13 juin, le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Grasse va exa­mi­ner les fautes com­mises par les res­pon­sables des socié­tés (TFN-​la Main­te­nance de Paris et Gal­derma), qui employaient Jérôme.

Michel, son père, n’a eu de cesse depuis de se dres­ser contre cette sorte d’omerta qui règne dans les médias de masse sur les acci­dents du tra­vail. Il livre son témoi­gnage et explique son enga­ge­ment dans un texte bou­le­ver­sant à lire sur le site du maga­zine Viva .

Selon l’assurance-maladie des tra­vailleurs sala­riés, en 2005, 482 sala­riés sont morts au tra­vail (inté­ri­maires et tra­vailleurs pré­caires en majo­rité). Sec­teurs les plus tou­chés : le bâti­ment et les tra­vaux publics, les acti­vi­tés de ser­vice, la métal­lur­gie, les indus­tries des trans­ports, de l’énergie, du livre et de la com­mu­ni­ca­tion. C’est aussi dans le bâti­ment que l’on compte le plus grand nombre d’accidents ayant entraîné une inca­pa­cité per­ma­nente : 51.938 en 2005.

Le BTP… voyons…, ce ne serait pas là le secteur-​maître d’un cer­tain Bouygues, alias TF1 ? Auteur d’un docu­men­taire sur la fer­me­ture des usines Mou­li­nex, Gilles Bal­bastre, s’est livré à une étude, rap­por­tée aussi dans Viva, sur les jour­naux de TF1 : en 2001, sur envi­ron 10 000 repor­tages dif­fu­sés, 1 600 por­taient sur la sécu­rité, 2 sur les acci­dents du travail.

Appli­quée à France 2, la comp­ta­bi­lité serait-​elle dif­fé­rente ? Il est à parier que non. Le pro­blème est bien plus géné­ral et com­plexe. Il relève de ce qu’on appe­lait encore naguère l’idéologie domi­nante. Laquelle ayant même réussi à faire rin­gar­di­ser son propre énoncé… Du coup la chose a comme dis­paru – tour de passe-​passe, magie des mots entour­loupe genre « révi­sion géné­rale des poli­tiques publiques », « cla­ri­fi­ca­tion de la gou­ver­nance ». Magie du verbe men­teur, vir­tua­li­sa­tion du réel… Mais une telle mise en spec­tacle ne marche (rela­ti­ve­ment) qu’avec le secours actif des médias domi­nants – pour­quoi, sinon, des maçons du BTP, des mar­chands d’armes, des che­va­liers de la mode et du luxe iraient-​ils inves­tir dans ces indus­tries média­tiques aux ren­de­ments finan­ciers plus qu’incertains ? Ce serait sans comp­ter sur les retom­bées indi­rectes « flui­di­fiant » les affaires, tou­jours son­nantes et tré­bu­chantes.

L’idéologie domi­nante domine plus que jamais
; elle ne fait que mieux se plan­quer der­rière son faux-​nez. C’est d’ailleurs elle qui habille les médias de masse et qui, plus en amont, se trouve géné­ra­le­ment à l’œuvre dans la for­ma­tion des jour­na­listes au nom d’une « tech­ni­cité pro­fes­sion­nelle ». Technicité-​mon-​cul aurait dit Zazie à juste titre, s’agissant de cette forme qui masque le fond.

Qua­rante ans de métier, dont la moi­tié pimen­tée de for­ma­tion m’autorisent un avis… auto­risé sur la ques­tion. Exemple :

Les jour­na­listes et leur fameux pro­fes­sion­na­lisme… qui ne désigne le plus sou­vent qu’amateurisme et cor­po­ra­tisme vul­gaires. Voyons cette non moins fameuse notion de « hié­rar­chie de l’info » cen­sée ordon­ner le flux des nou­velles en fonc­tion de leur impor­tance… Impor­tance selon quoi, qui ? En fait, un truc pifo­mé­trique qui assemble, pêle-​mêle, l’intérêt sup­posé du lec­teur et celui plus intrin­sèque du sujet, décidé par un juge unique, ou un col­lège res­treint – les « pro­fes­sion­nels » – selon des cri­tères élas­tiques autant qu’approximatifs, dont les plus objec­tifs relèvent en fait des condi­tions de pro­duc­tion. Selon que le « sujet » est prêt à être enfourné au moment sou­haité, qu’il est « sexy » [sic], qu’il est bon mar­ché, ou pas trop cher à pro­duire, et roule-​ma-​poule pour ce qui est des valeurs hiérarchiques !

Quelles « valeurs » donc ? Valeurs humaines, por­teuses de jus­tice, de pro­grès social et cultu­rel, de soli­da­rité ? Je parle ici des médias de masse et de cette forme de jour­na­lisme mar­chand qui a peu à voir avec un pra­tique essen­tielle, éthique parce que res­pon­sable et donc réflé­chie. Je parle d’un jour­na­lisme engagé– « engagé comme un jour­na­liste » ai-​je déjà clamé ici à pro­pos de Rys­zard Kapus­cinski et de cette lignée de jour­na­listes non affi­liés ni inféo­dés en aucune manière, mais râpeux, tei­gneux, oppo­sés, résis­tants, debout ! De cette espèce aujourd’hui en voie de dis­pa­ri­tion, non pas en tant qu’individus mais comme « impé­ra­tif caté­go­rique » du genre humain. Condam­nés aux poches de résis­tance – blogs et jour­naux en marge – uto­piens achar­nés ramant vers l’Espérance, cette garce fugueuse.

Car voilà, les affai­ristes s’accrochent aux manettes. ils ont levé et formé à leurs bottes des armées de « tech­ni­ciens ». Et les « com­mu­ni­cants » ont surgi. Ça me rap­pelle Jean Giono par­lant de l’après-guerre [dans « Tout le long du XIXe siècle… », 1965] : « […] Les suc­ces­sives décou­vertes de la science, leur mul­ti­pli­ca­tion rapide, ins­tal­lèrent bien­tôt un abru­tis­sant confort. On rêva non seule­ment aux liber­tés des mon­tagnes, mais aux can­deurs de la sau­va­ge­rie. Des mil­liar­daires ache­tèrent des bar­be­cues. […] Arriva « l’estivant » et, mêlé à l’estivant, l’anarchiste, le vieil et bon anar­chiste sur les­quelles toutes les socié­tés sont construites ». Il galèje peut-​être un peu, le Giono. Mais son « esti­vant », ne serait-​ce pas notre « com­mu­ni­cant » d’aujourd’hui ? Et où serait donc passé l’anarchiste ?


Sens critique : alerte maxi !

Encore une rai­son, s’il en man­quait, pour tenir son sens cri­tique en alerte per­ma­nente – sur­tout avec l’internet :

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Ces entre­prises et orga­nismes qui modi­fient Wiki­pé­dia dans leur inté­rêt
LEMONDE​.FR | 16.08.07

© Le Monde.fr


AgoraVox à la rencontre du « cinquième pouvoir »

Ago­ra­Vox, plate-​forme inter­net se pré­sen­tant comme « média citoyen », orga­nise samedi 24 mars les « Pre­mières ren­contres du 5e pou­voir », à Saint-​Denis.

Ouverte aux contri­bu­teurs autant qu’aux lec­teurs ou com­men­ta­teurs d’AgoraVox, cette jour­née tourne autour du thème du jour­na­lisme citoyen et de l’influence des nou­veaux médias. Quelques sujets de débats annoncés :

- Blogs et médias citoyens : alter­na­tives effi­caces contre la cen­sure ?
- Web 2.0 : la tech­no­lo­gie favorise-​t-​elle réel­le­ment la prise de pou­voir du citoyen ?
- Micro­pou­voirs : les blogs au ser­vice d’une résis­tance locale ?
- Y a-​t-​il un nou­veau jour­na­lisme pos­sible ? Entre inves­ti­ga­tion pro­fes­sion­nelle et devoir citoyen.
- Le regard des médias tra­di­tion­nels et nou­veaux médias : quelle com­plé­men­ta­rité ?
- Élec­tions pré­si­den­tielles : rôle des médias, des blogs et des médias citoyens.
- Le 5e pou­voir, mythe ou réalité ?

Pro­gramme com­plet, condi­tions et ins­crip­tions : http://​jour​nee​.ago​ra​vox​.fr


2007, résolution n°2

2007, réso­lu­tion n°2 : bul­ler à la Faber

© andré faber


2007, résolution n°1

2007, réso­lu­tion n°1 : blo­guer en solex

Si tant est que « c’est pour dire » fût dans la blo­go­sphère une sorte de Cadillac, la ver­sion «plus», je la vois désor­mais en «moins», comme le solex de Mon Oncle. Cette image du film de Tati me plaît beau­coup. On n’en fini­rait pas de décor­ti­quer sa charge sym­bo­lique et poli­tique. Je la mets à mon compte, en espé­rant que les ayants droit de Mon­sieur Hulot appré­cie­ront la cita­tion à sa juste cause…

Donc, je range la Cadillac au garage de la rue Blan­qui (la mai­son Colom­bani a relé­gué «c’est pour dire» au sous-​sol de ses pré­fé­rences – libre à eux de ne pas goû­ter la cri­tique). Je res­sors mon solex, celui de Tati et de mes quinze ans, tout pareil aux autres clones. Et vogue la liberté d’être et de pen­ser !, à la Tati pour tout dire. Ce qui peut tout de même sem­bler pré­ten­tieux, ouais. En fait, je réduis la voi­lure blogo-​chose. Après deux ans et six cents articles, les visi­teurs de pas­sage pour­ront trou­ver de quoi pico­rer dans la gamelle de «c’est pour dire». Quitte à rame­ner ma fraise à l’occasion. Ou à accueillir tou­jours celle de mes com­plices de plume et de trait, ces oiseaux sau­vages et ce che­val lor­rain, l’homme à tout Faber et grand mordu de Tati lui aussi.

Donc, rendez-​vous à sauts et à gam­bades [Mon­taigne], pour des petites notes légères et court vêtues [La Fon­taine]. Au moins, pro­fi­tons du réchauf­fe­ment planétaire…


Et autant que pos­sible : bonne année !


«c’est pour dire» demande, et obtient, l’asile politique chez «c’est pour dire +»

Malaise dans la blo­go­sphère, du moins dans la pla­nète satel­li­taire dénom­mée lemonde​.fr. Quelques expli­ca­tions et consi­dé­ra­tions à pro­pos de cafouillages tech­niques liés au chan­ge­ment de pla­te­forme décidé par les res­pon­sables des blogs liés au site du Monde. Les­quels ont dû s’emballer un peu vite après une démo de repré­sen­tant de com­merce. Ils ont donc adopté « word­press » et laissé tom­ber « type­pad », deux anglo­saxons, l’un dit « libre », l’autre moins puisque inféodé à un mar­chand. Ques­tion d’économie ? Soit.

Mais le trans­fert s’est mal opéré, sans assez de pré­pa­ra­tion, ni de concer­ta­tion avec les usa­gers de la chose, nous autres blo­go­sphé­ristes pas for­cé­ment fami­liers des cha­ra­bias tech­no­choses ni de l’angliche de babe­loueb. En plus des vrais mer­doie­ments. Cer­tains sites se sont quasi effon­drés, d’autres ont sur­vécu, mais tous furent plus ou moins atteints lors du oui­kinde noir.

Un vent de rébel­lion a souf­flé, attisé à l’occasion par des ministres du «blogo-​gou­ver­ne­ment», un comité luro­nesque, sur­tout mais pas seule­ment vir­tuel. Des émiles plus ou moins vin­di­ca­tifs ont cir­culé, l’affaire a enflé, on a entendu sourdre la Car­ma­gnole et, pour un peu, et Mati­gnon, et l’Élysée – sans oublier la place Beau­vau ! –, s’en seraient mêlés.

C’est dire comme les oueb­mas­teurs du monde​.fr ont dû ser­rer les fesses, sans par­ler de leur égo, ben oui, tiens, pardi.

C’est pas pour dire, mais je le dis quand même et sur­tout, cette his­toire me ren­voie à celle qui nous empoi­sonne année après année, au fond à chaque fois que le « pro­grès » auto­pro­clame ses « avan­cées ». His­toire de déga­ger un peu la « morale de la fable » – la fable de la Tech­ni­cité triom­phante, celle qui, entre autres nous a valu Three Mile Island et Tcher­no­byl, pour ne par­ler que du nucléaire, excu­sez du peu. Cette fois, rien à voir a priori. Et pour­tant, oui, il s’agit bien de ce moment où la Tech­ni­cité se prend les pieds dans le tapis. Car, comme les imbé­ciles, elle (ses affi­dés, ses croyants fana­tiques) voit le doigt, pas la lune ; et encore moins le trou dans lequel elle chute et nous entraîne.

Bref. Nos oueb­mas­teurs nous émilent gen­ti­ment, des mots ras­su­rants comme on en enten­drait durant le crash d’un air­bus. Des mots d’hôtesse char­mante, veux-​je dire. Mais qui nous deman­de­rait aussi d’apprendre en vitesse le manuel de pilo­tage du zingue… Bon j’arrête la com­pa­rai­son, elle devient foi­reuse. Je veux dire que nos « pilotes » nous demandent d’apprendre une nou­velle syn­taxe, c’est-à-dire de bouf­fer de fas­ti­dieuses don­nées tech­niques, de nous faire pom­per l’air et le temps.

Nos oueb­mas­teurs, pas si mas­teurs que ça donc, nous disent aussi qu’ils se décar­cassent pour rendre le vol plus agréable (je recom­mence). Donc : je me cale dans mon fau­teuil, pense à la reine d’Angleterre, et file ailleurs voir si j’y suis.

Tra­duc­tion : je renonce à me com­pli­quer la vie avec « ça ». Je me replie sur mon aéro­port de secours – le b-​a-​ba de la navi­ga­tion – et mijote dans mes four­neaux ma tam­bouille de P’tits coins, de titres, pho­tos et mes Faber qu’auront plus la tronche de rillettes. Suf­fit, pour me suivre, de cli­quer sur ce der­nier para­graphe. Na.


Misère

Misère de misère de blogosphère !

Voilà-​ti-​pas que lemonde​.fr, sacri­fiant à l’économie et peut-​être aussi à d’autres néces­si­tés que la gent populi ignore, nous a changé sa « plate-​forme » de blogs. Et nous pauvres hères de la blogosp’hère, errant comme des bêtes en peine : plus de repères connus, tout une « syn­taxe », vingt-​guieux, à réap­prendre, à nos âges ; des titres qui s’barrent en couilles, des pho­tos qu’on sait plus com­ment les mettre… La cata ! C’est ainsi qu’on fait lever la révolte, dont le vent souffle donc par ces temps d’hiver appro­chant, d’incertitude cli­ma­tique, de pannes erra­tiques, élec­triques, zin­for­ma­tiques, et caeteriques.

Alors, au prix de l’abonnement, d’aucuns se demandent – et moi-​même consé­quem­ment. I’ s’ demandent si ça vaut le coup de…

La bande du monde​.fr, a priori sympa, pro­met du mieux. Wait and see, comme disait Churchill.

En atten­dant, y a mon Faber qui attend dans un coin. Qu’est-ce que je fais de son des­sin génial qui piaffe, hein ?


Compter les blogs et les blogueurs: mission impossible ?

par Jérôme Blouin
L’agence-conseil Hea­ven publie sur son blog une mise au point suite à l’enquête du Monde [« Un Fran­çais sur dix a créé son blog sur Inter­net », 04/​01/​06] dont j’ai aussi parlé [Des blo­gueurs par mil­lions : une chance pour le métier d’informer], sans avoir assez recoupé leurs infor­ma­tions. Voici donc quelques-​unes des pré­ci­sions appor­tées par Jérôme Blouin.

«
Il y a, dans l’article du Monde, infor­ma­tion fac­tuelle et infor­ma­tion
défor­mée, parce que tron­quée, trop vite lue ou mal comprise.

Pour exemple, les pro­pos attri­bués à Hea­ven dans l’article du Monde sont cou­pés ou sor­tis de leur contexte.

» Lire l’article.


Des blogueurs par millions : une chance pour le métier d’informer

Ce n’est peut-​être pas une révolte, mais pour le moins une révo­lu­tion… Je parle des blogs, de la blo­go­sphère, comme on par­le­rait d’une pla­nète. C’est ça, oui, une pla­nète nou­velle sur­gie brus­que­ment dans la galaxie Guten­berg, elle-​même jadis élar­gie à la média­sphère. Un uni­vers en cham­bou­le­ment, des mondes qui tournent plus ou moins rond, ou par­fois en rond, pour certains.

Image_2_3Le Monde du 4 jan­vier publie une enquête d’Olivier Zil­ber­tin sur le phé­no­mène des blogs. On y apprend ainsi qu’il y aurait dans le monde aujourd’hui, selon les sources, entre 50 et 70 mil­lions de blogs. Le jour­nal pré­cise : « Avec ses 3 mil­lions de par­ti­ci­pants, la France occu­pait [en juin 2005] lar­ge­ment la tête du clas­se­ment, devant la Grande-​Bretagne (900 000 blogs) et la Rus­sie (800 000). Un peu plus de six mois plus tard, il y aurait en France 6 à 7 mil­lions de blogs « actifs » – soit un Fran­çais sur dix qui aurait créé son blog ! –, sus­ci­tant à peu près autant de visites par mois, selon les chiffres de l’agence-conseil Hea­ven, recou­pant ceux de Média­mé­trie. Ce qui en ferait la deuxième plus impor­tante com­mu­nauté Inter­net du monde après les Etats-​Unis. Et « la blo­go­sphère conti­nue de dou­bler tous les cinq mois », affirme-​t-​on chez Hea­ven. »

Le para­doxe veut que cette enquête, d’abord lue sur inter­net, m’aura été livrée le len­de­main par mon fac­teur dans sa ver­sion papier – j’allais dire « his­to­rique », comme si la chose jour­nal datait déjà, ou avait fait son temps… Ne jetons pas trop vite le bébé imprimé avec l’encre du bain. Des civi­li­sa­tions se sont pro­pa­gées par le papier ; d’autres encore, des contem­po­raines et en grand nombre, tardent à béné­fi­cier de ce sup­port for­mi­dable dont l’usage se trouve presque entiè­re­ment mono­po­lisé par les pays domi­nants du Nord. C’est en par­ti­cu­lier par et sur le papier que les idées ont pris leur essor uni­ver­sel ; que le savoir s’est pro­pagé ; que l’expérience et la connais­sance des humains ont pu se sto­cker et se trans­mettre presque en direct et sans délai, comme un patri­moine géné­tique acquis entre deux générations.

» Lire tout l’article.


  • Mai 2012, en rouge et bleu…

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    Mou­tons, orangs-​outangs, canards… Dans mon bes­tiaire, on devrait aussi croi­ser la cohorte des humains cré­dules cou­rant après leurs propres sor­nettes… Suf­fit de regar­der autour de soi. Et de se regarder…

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