On n'est pas des moutons

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Islamisme. Une insulte contre la foi et tout bascule dans le fanatisme (re-publication)

En juillet 2012, un extrait de 14 minutes d’une vidéo anti-islam titrée L’Innocence des musul­mans était pos­tée sur You­Tube, met­tant le feu aux poudres isla­mistes. Dès le 11 sep­tembre, des attaques furent menées, notam­ment, contre des mis­sions diplo­ma­tiques états-uniennes. Furent ain­si prises d’assaut l’ambassade des États-Unis en Égypte et le consu­lat à Ben­gha­zi (Libye) où l’on déplo­ra quatre morts, dont l’ambassadeur.

Inno­cence of Mus­lims, pro­duite en 2012, fut alors attri­buée à un cer­tain Nakou­la Bas­se­ley Nakou­la, un copte égyp­tien rési­dant en Cali­for­nie, sous le pseu­do­nyme de « Sam Bacile ». Selon lui, il s’agissait de dénon­cer les hypo­cri­sies de l’islam en met­tant en scène des pas­sages de la vie de Maho­met…

À cette occa­sion, une de plus, j’avais publié un article sur lequel je viens de retom­ber et qui me semble tou­jours assez actuel, hélas, pour le publier à nou­veau.

Hier une vidéo, aujourd’hui un habille­ment. Et tou­jours les déchaî­ne­ments fana­tiques, des affron­te­ments, des vio­lences, des morts.

Il a donc suf­fi d’une vidéo de dix minutes pour rani­mer la flamme du fana­tisme isla­miste. Cette actua­li­té atter­rante et celle des vingt ans pas­sés le montrent : des trois reli­gions révé­lées, l’islam est aujourd’hui la plus contro­ver­sée, voire reje­tée 1. Tan­dis que la judaïque et la chré­tienne, tapies dans l’ombre tapa­geuse de leur concur­rente, font en quelque sorte le dos rond – ce n’est pas leur tour. En ce sens, elles peuvent se don­ner à voir comme les « meilleures », alors qu’elles n’ont pas man­qué d’être les pires dans leurs époques his­to­riques flam­boyantes, et qu’elles ne sont tou­jours pas en reste pour ce qui est de leurs dogmes, les plus rétro­grades et répres­sifs. 2

Préa­lable : par­ler « reli­gions » ici c’est consi­dé­rer les appa­reils, et non pas leurs adeptes, ni leurs vic­times plus ou moins consen­tantes. C’est donc par­ler des cler­gés, des dogmes et des cohortes acti­vistes et pro­sé­lytes. On en dirait autant des idéo­lo­gies, dont les pires – fas­cistes et nazies –, construites comme des reli­gions, ont enta­ché l’Histoire selon des sché­mas simi­laires. Donc, dis­tin­guer les « humbles pécheurs » consen­tants, ou mys­ti­fiés par leurs « libé­ra­teurs », tout comme on ne confon­dra pas ces mili­tants aux grands cœurs abu­sés par les Sta­line, Hit­ler et autres tyrans de tous les temps.

Par­lons donc de l’islam poli­tique, mis en exhi­bi­tion dra­ma­tique sur la scène pla­né­taire, vou­lant en quelque sorte se prou­ver aux yeux du monde. Aus­si recourt-il à la vio­lence spec­ta­cu­laire, celle-là même qui le rend chaque jour plus haïs­sable et le ren­force du même coup dans sa propre et vin­di­ca­tive déses­pé­rance. Et ain­si appa­raît-il à la fois comme cause et consé­quence de son propre enfer­me­ment dans ce cercle vicieux.

Que recouvre l’islamisme, sinon peut-être la souf­france de cette frac­tion de l’humanité qui se trouve mar­gi­na­li­sée, par la faute de cet « Occi­dent » cor­rom­pu et « infi­dèle » ? C’est en tout cas le mes­sage que tente de faire pas­ser auprès du mil­liard et plus de musul­mans répar­tis sur la pla­nète, les plus acti­vistes et dji­ha­distes de leurs meneurs, trop heu­reux de déchar­ger ain­si sur ce bouc émis­saire leur propre part de res­pon­sa­bi­li­té quant à leur mise en marge de la « moder­ni­té ». Moder­ni­té à laquelle ils aspirent cepen­dant en par­tie – ou tout au moins une part impor­tante de la jeu­nesse musul­mane. D’où cette puis­sante ten­sion interne entre inté­grisme mor­ti­fère et désir d’affranchissement des contraintes obs­cu­ran­tistes, entre géron­to­crates inté­gristes et jeu­nesses reven­di­ca­tives. D’où cette pres­sion de « cocotte minute » et ces mani­fes­ta­tions col­lec­tives sans les­quelles les socié­tés musul­manes ris­que­raient l’implosion. D’où, plus avant, les « prin­temps arabes » et leurs nor­ma­li­sa­tions poli­tiques suc­ces­sives – à l’exception notable de la Tuni­sie.

Un nou­vel épi­sode de pous­sées clé­ri­cales d’intégrisme se pro­duit donc aujourd’hui avec la pro­mo­tion d’une vidéo déni­grant l’islam dif­fu­sée sur la toile mon­diale et attri­buée à un auteur israé­lo-amé­ri­cain – ou à des sources indé­fi­nies 3. Pré­texte à rani­mer – si tant est qu’elle se soit assou­pie – la flamme des fana­tiques tou­jours à l’affût.

On pour­rait épi­lo­guer sur ces condi­tion­ne­ments rep­ti­liens (je parle des cer­veaux, pas des per­sonnes…) qui se déchaînent avec la plus extrême vio­lence à la moindre pro­vo­ca­tion du genre. De tout récents ouvrages et articles ont ravi­vé le débat, notam­ment depuis la nou­velle fièvre érup­tive qui a sai­si les sys­tèmes mono­théistes à par­tir de son foyer le plus sen­sible, à savoir le Moyen Orient. De là et, par­tant, de la sous-région, depuis des siècles et des siècles, au nom de leur Dieu, juifs, chré­tiens, musul­mans – et leurs sous-divi­sions pro­phé­tiques et sec­taires – ont essai­mé sur l’ensemble de la pla­nète, ins­tal­lé des comp­toirs et des états-majors, lan­cé escouades et armées entières, tor­tu­ré et mas­sa­cré des êtres humains par mil­lions, au mépris de la vie hic et nunc, main­te­nant et ici-bas sur cette Terre, elle aus­si mar­ty­ri­sée. Et le tout au nom d’un Au-delà hypo­thé­tique, pros­cri­vant à cha­cun sa libre conscience et l’art d’arranger au mieux la vie brève et, de sur­croît, pour le bien de l’entière huma­ni­té.

Va pour les croyances, qu’on ne dis­cu­te­ra pas ici… Mais qu’en est-il de ces sys­tèmes sécu­liers pro­li­fé­rant sur les plus noirs obs­cu­ran­tismes ? On parle aujourd’hui de l’islam parce que les guerres reli­gieuses l’ont repla­cé en leur centre ; ce qui per­met aux deux autres de se revir­gi­ni­ser sur l’air de la modé­ra­tion. Parce que l’islamisme « modé­ré » – voir en Tuni­sie, Libye, Égypte ; en Iran, Iraq, Afgha­nis­tan, Pakis­tan, etc. – n’est jamais qu’un oxy­more auquel judaïsme et chris­tia­nisme adhèrent obsé­quieu­se­ment, par « cha­ri­té bien com­prise » en direc­tion de leur propre « modé­ra­tion », une sorte d’investissement sur l’avenir autant que sur le pas­sé lourd d’atrocités. Pas­sé sur lequel il s’agit de jeter un voile noir, afin de nier l’Histoire au pro­fit des mytho­lo­gies mono­théistes, les affa­bu­la­tions entre­te­nues autour des mes­sies et pro­phètes, dont les « bio­gra­phies » incer­taines, polies par le temps autant que mani­pu­lées, per­mettent, en effet, de jeter pour le moins des doutes non seule­ment sur leur réa­li­té exis­ten­tielle, mais sur­tout sur les inter­pré­ta­tions dont ces figures ont pu être l’objet. Quid, en effet, d’un Maho­met tel que dépeint ici ou là – c’est selon évi­dem­ment – comme ignare, voleur, mani­pu­la­teur, cupide et ama­teur de fillettes ? Pas plus réel que sa divi­ni­sa­tion, ni celle de Moïse et de Jésus construits hors de leur propre réa­li­té, selon des contes infan­tiles psal­mo­diés et fai­sant appel à la plus totale cré­du­li­té.

Mais, admet­tons que les hommes aient créé leurs dieux par néces­si­té, celle de com­bler leurs angoisses exis­ten­tielles, de pan­ser leurs misères, leurs ver­tiges face à l’univers et devant l’inconnu des len­de­mains et d’après la mort. Admet­tons cela et regar­dons l’humanité dans la pers­pec­tive de son deve­nir et de son évo­lu­tion – dans le fait de se lever sur ses deux jambes et même de se mon­ter sur la pointe des pieds pour ten­ter de voir « par des­sus » ce qui abaisse, s’élever dans la condi­tion d’humains dési­rant, par­lant, connais­sant, com­pre­nant, aimant.

Alors, ces reli­gions d’ « amour », ont-elles appor­té la paix, la vie libre et joyeuse, la jus­tice, la connais­sance ? Et la tolé­rance ? Ou ont-elles alié­né hommes et femmes – sur­tout les femmes… –, mal­trai­té les enfants, mépri­sé les ani­maux ; incul­qué la culpa­bi­li­té et la sou­mis­sion ; atta­qué la phi­lo­so­phie et la science ; colo­ni­sé la culture et impré­gné jusqu’au lan­gage ; jeté des inter­dits sur la sexua­li­té et les mœurs (contra­cep­tion, avor­te­ment, mariage et même l’alimentation) ; com­man­dé à la poli­tique et aux puis­sants…

Torah, Bible, Évan­giles, Coran – com­ment admettre que ces écrits, et a for­tio­ri un seul, puisse conte­nir et expri­mer LA véri­té ? Par quels renon­ce­ments l’humain a-t-il che­mi­né pour fina­le­ment dis­soudre sa ratio­na­li­té et son juge­ment ? Mys­tère de la croyance… Soit ! encore une fois pas­sons sur ce cha­pitre de l’insondable ! Mais, tout de même, la reli­gion comme sys­tème sécu­lier, comme ordre ecclé­sial, avec ses cohortes, ses palais, ses for­te­resses spi­ri­tuelles et tem­po­relles… Son his­toire mar­quée en pro­fon­deur par la vio­lence : croi­sades, Inqui­si­tion (je voyais l’autre soir sur Arte, Les Fan­tômes de Goya, de Milos For­man… ; une his­toire de tout juste deux siècles !), guerres reli­gieuses, Saint-Bar­thé­le­my, les bûchers, et aus­si les colo­ni­sa­tions, eth­no­cides, sou­tiens aux fas­cismes… Ça c’est pour le judéo-chris­tia­nisme.

Côté isla­misme, qui dit se dis­pen­ser de cler­gé, son emprise ne s’en trouve que plus entiè­re­ment diluée dans les socié­tés, d’où l’impossible laï­cisme des isla­mistes, se vou­draient-ils « modé­rés ». Et que pen­ser de cette vio­lence endé­mique deve­nue syno­nyme d’islam, jusque dans nos contrées d’immigration où d’autres extré­mismes en nour­rissent leurs fonds de com­merce natio­na­listes ? Sans doute un héri­tage du Coran lui-même et de Maho­met pré­sen­té dans son his­toire comme le « Maître de la ven­geance » et celui qui anéan­tit les mécréants… Voir sur ce cha­pitre les nom­breuses sou­rates invo­quant l’anéantissement des juifs, chré­tiens et infi­dèles – tan­dis que, plus loin, d’autres ver­sets pro­mulguent une « sen­tence d’amitié » – contra­dic­tion ou signe oppor­tu­niste de « tolé­rance » ? Voir en réponse les fat­was de condam­na­tion à mort – dont celles de Sal­man Rush­die par Kho­mei­ny (avec mise à prix rehaus­sée des jours-ci ! 4) et de Tas­li­ma Nas­reen qui a dû s’exiler de son pays, le Ben­gla­desh. Voir l’assassinat de Théo van Gogh à Amster­dam, poi­gnar­dé puis ache­vé de huit balles et égor­gé en pleine rue ; dans un docu­men­taire, il venait de dénon­cer le trai­te­ment réser­vé aux femmes dans l’islam.[Le voir ci-des­sous.] 5

Même double lan­gage chez le dieu juif Yah­vé pour jus­ti­fier…l’extermination de cer­tains peuples de Pales­tine (dont les Cana­néens…) Cela en ver­tu du fait que les juifs seraient « le peuple élu de Dieu », dont le pre­mier com­man­de­ment est « Tu ne tue­ras pas » ! Ce fan­tasme juif ali­mente en les légi­ti­mant le colo­nia­lisme et ce qui s’ensuit en Pales­tine et l’affrontement des théo­cra­ties. Affron­te­ment éga­le­ment par affi­dés inter­po­sés et leurs États ou orga­ni­sa­tions ter­ro­ristes : Bush contre Al Quaï­da, Tsa­hal contre le Hez­bol­lah, « kami­kazes » contre popu­la­tion civile. Vio­lences innom­mables, guerres sans fin.

Quant au film « blas­phé­ma­toire » qui agite de plus belle les fana­tiques isla­mistes, il est curieux que nos médias de masse, radios et télés, semblent en contes­ter la légi­ti­mi­té du fait qu’il serait bri­co­lé, mal fice­lé, « pas pro »… Comme s’il s’agissait d’une ques­tion d’esthétique ! Quoi qu’il soit et quels que soient ses com­man­di­taires, il fait bien appa­raître par les répliques qu’il pro­voque le niveau de fana­tisme impré­gnant les pays musul­mans. Ce qui s’était déjà pro­duit avec les cari­ca­tures danoises de Maho­met, dont cer­tains avaient, de même, contes­té la qua­li­té artis­tique ! Et Goya, au fait, lorsqu’il repré­sen­tait les visages de l’Inquisition, était-ce bien esthé­tique ? 6

La ques­tion ne porte aucu­ne­ment sur la nature du « sacri­lège » mais sur la dis­pro­por­tion de la réplique engen­drée, allant jusqu’à mort d’hommes – l’ambassadeur états-unien et de ses col­la­bo­ra­teurs en Libye, vic­times sacri­fi­cielles et à ce titre tota­le­ment ins­crites dans un pro­ces­sus d’expiation reli­gieuse !

Et plus près de nous, que dire des pro­vo­ca­tions menées à Paris devant l’ambassade amé­ri­caine ? Et aus­si à La Cour­neuve, lors de la fête de l’Huma où Caro­line Fou­rest a été cha­hu­tée, mena­cée, insul­tée et empê­chée de débattre – entre autres sur ces ques­tions d’intégrisme qui font les choux gras du Front natio­nal !

Comme quoi, pour résu­mer, une insulte contre la foi – ou ce qui en tient lieu –consti­tue un crime plus grave que de s’en prendre à un être vivant.

17 sep­tembre 2012

Notes:

  1. En dehors du monde musul­man, évi­dem­ment… Bien que des oppo­si­tions plus ou moins décla­rées appa­raissent ça et là dans l’islam.
  2. Même si on met un peu à part le judaïsme : cette reli­gion sans visée pla­né­taire directe retrouve tou­te­fois le chris­tia­nisme – ne dit-on pas le judéo-chris­tia­nisme ? – et l’islamisme dans cette même volon­té de péné­trer jusque dans les têtes et les ventres de cha­cun. En ce sens, celles qui se pré­sentent comme les « meilleures » par­viennent bien à être les pires dans leurs manœuvres per­ma­nentes d’aliénation. De même que leur « modé­ra­tion » demeure rela­tive à leur stra­té­gie hégé­mo­nique.
  3. Sources qui demeurent encore floues quatre ans après.
  4. 2012
  5. Dans ma ver­sion de sep­tembre 2012, j’avais man­qué, à tort, d’évoquer le cas de Ayaan Hir­si Ali, femme poli­tique et écri­vaine néer­lan­do-soma­lienne connue pour son mili­tan­tisme contre l’excision et ses prises de posi­tion sur la reli­gion musul­mane. Elle fut mena­cée de mort par Moham­med Bouye­ri, assas­sin du cinéaste Theo van Gogh, notam­ment à la suite de sa par­ti­ci­pa­tion au court-métrage du réa­li­sa­teur qui dénon­çait les vio­lences faites aux femmes dans les pays musul­mans.
  6. Le Guer­ni­ca de Picas­so n’est pas non plus une œuvre esthé­tique !

Tunisie. « Charlie » et la suite

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L’actua­li­sa­tion du slo­gan « Char­lie » résume tout, hélas. Tout, c’est-à-dire, en réfé­rence aux atten­tats de jan­vier à Paris, une même ana­lo­gie dans l’horreur fana­tique et mor­ti­fère ; un même but des­truc­teur qui s’en prend à l’Histoire – celle de la Tuni­sie, à tra­vers le musée du Bar­do –; à l’Occident, dési­gné comme Satan à tra­vers ses tou­ristes « dépra­vés »; et à la Démo­cra­tie, assi­mi­lée à la déchéance laïque – donc anti-cora­nique. En prime, si on ose dire, cet odieux atten­tat – 22 morts, une cin­quan­taine de bles­sés – ruine pour long­temps la chan­ce­lante éco­no­mie tuni­sienne en grande par­tie basée sur le tou­risme.

L’« État isla­mique » vient ain­si de faire son entrée fra­cas­sante dans cette Tuni­sie qui, depuis quatre ans, par­ve­nait tant bien que mal à sau­ve­gar­der sa révo­lu­tion et ses fra­giles acquis. Ain­si contraint à décré­ter l’« état de guerre », le gou­ver­ne­ment tuni­sien tombe dans l’engrenage répres­sif qui s’attaque aux effets et non aux causes. Des causes d’ailleurs si pro­fondes qu’elles outre­passent les capa­ci­tés réac­tives d’un petit État et même – c’est tout dire – celles de la « com­mu­nau­té inter­na­tio­nale ». Ladite « com­mu­nau­té » qui, par ses membres voyous, ses machines de guerre, son éco­no­mie de la Finance et du tout-Mar­chan­dise, a lar­ge­ment contri­bué à allu­mer la mèche ram­pante du fas­cisme isla­miste.

Les repor­tages d’Envoyé spé­cial (France 2), notam­ment les pas­sages tour­nés à Sidi Bou­zid d’où était par­tie la révo­lu­tion avec le sui­cide de Moha­med Boua­zi­zi, montrent un tel cli­vage hai­neux entre sala­fistes et démo­crates qu’on peut craindre le pire à court terme. Et com­ment ne pas voir la menace de ce cli­vage géné­ral dans notre monde en désar­roi ? N’en ver­ra-t-on pas les effets « col­la­té­raux » dès dimanche pro­chain dans les urnes bien de chez nous ?

 

• D’autres articles en tapant « Tunisie » dans la case de Recherche


Lettre de Tunis sur l’« islamisme rampant »

J’ai reçu hier de Tunis ces nou­velles atter­rantes et tout à fait dignes de foi (si on ose dire…) :

[…] Mais je vou­lais atti­rer ton atten­tion et celles des nôtres sur une situa­tion inquié­tante que j’ai apprise hier :

Une bache­lière ayant réus­si au Bac avec men­tion a été orien­tée vers l’Ecole Supé­rieure pré­pa­rant aux études d’ingénieur de Mont­fleu­ry. Etant de l’intérieur du pays , ses parents ont cher­ché déses­pé­ré­ment un foyer pour loger leur fille. Ils ont fini par en trou­ver un, pas trop loin du lieu de ses études, s’appelant d’ailleurs« FLEUR(Y) » ou « Fleur ». Bref, après les avoir fait attendre des semaines pour ins­crire leur fille, le direc­teur de ce foyer pri­vé a fini par l’accepter en fai­sant payer à ces parents un semestre (ou un an ???) d’avance.Tout en étant trois par chambre.

La ren­trée ayant eu lieu, la pauvre jeune fille s’est trou­vée prise dans un piège isla­mique exi­geant des étu­diantes :

- le port du niqab et ou khi­mar qu’on leur offre,

- la prière à heure fixe (en par­ti­cu­lier celle de l’aube = réveil à 3 h du matin),

- des cours d’enseignement cora­nique sur place dès le retour de ces étu­diantes de leur Ins­ti­tut…

Comme vous vous en dou­tez , on est bien loin hélas des condi­tions néces­saires à toute pré­pa… Inutile de vous dire que la pauvre n’a pu s’adapter à ce genre de pro­gramme, elle a quit­té ce fameux foyer aban­don­nant  tous les frais d’inscription et les mois d’avance consen­tis ! Les parents cherchent encore une autre for­mule de loge­ment.

Cet isla­misme ram­pant à outrance donne froid dans le dos ! Mais où donc allons-nous ?!

A.B.

[J’ai bien sûr pré­ser­vé l’anonymat de ce témoi­gnage.]

 


[Révoltes arabes]. A Cuba, place de la Révolution, on prépare le défilé au pas de l’oie

Cuba Libye Révolution yes© faber

Le pas de l’oie à Cuba, selon Yoani Sanchez sur « Generacion Y  »

 

« Mon quar­tier connaît une petite secousse, un chan­ge­ment qui se pré­sente sous la forme d’une couche d’asphalte neuve, d’ouvriers qui refont les rues et posent un revê­te­ment noi­râtre qui dans quelques jours aura dur­ci sous les pneus des voi­tures. Nous sommes tous sur­pris. La joie serait le sen­ti­ment le plus cou­rant si ce n’étaient les rai­sons qui ont conduit à ces répa­ra­tions et la rai­son de ces tra­vaux. Toute la Place de la Révo­lu­tion et la « zone blo­quée » où j’habite se pré­parent au grand défi­lé du 15 avril pro­chain*. Un grand défer­le­ment de puis­sance mili­taire qui pré­tend dis­sua­der tous ceux qui sou­haitent un chan­ge­ment à Cuba.

« Depuis des semaines le par­king du stade Lati­no-amé­ri­cain est le siège de répé­ti­tions pour le pas de l’oie des sol­dats. Des jambes ten­dues à qua­rante cinq degrés, qui rap­pellent des marion­nettes tirées par un fil, par une corde qui se perd là-haut dans l’immensité du pou­voir.

« Je ne sais pas ce qu’il peut y avoir de beau dans une parade mili­taire, ce qu’il peut y avoir d’émouvant dans le défi­lé de ces êtres syn­chrones et auto­ma­tiques qui passent le visage tour­né vers le lea­der dans la tri­bune. Mais le résul­tat je le connais bien : on dira ensuite que le gou­ver­ne­ment est armé jusqu’aux dents et que ceux qui des­cendent dans la rue pour pro­tes­ter seront écra­sés contre le sol qu’aujourd’hui même on est en train de répa­rer.

« Le pas des pelo­tons ten­te­ra de nous de nous aver­tir que le Par­ti n’a pas seule­ment des mili­taires pour le défendre mais aus­si des troupes anti-émeute et des corps d’élite. J’appellerais ça la cho­ré­gra­phie de l’autoritarisme, mais d’autres pré­fèrent croire que ce sera une démons­tra­tion d’indépendance, d’une auto­no­mie natio­nale qui res­semble en réa­li­té à celle de Robin­son aban­don­né sur son île.

« Mais au-delà de mes réti­cences envers les uni­formes, de mon aller­gie au défi­lé d’escadrons qui marchent à l’unisson, je suis aujourd’hui pré­oc­cu­pée par le gou­dron, par cet asphalte posé récem­ment que les chaînes des tanks vont endom­ma­ger. »

Traduit par Jean-Claude MAROUBY

* Note de GP: il s’agit de mar­quer le cin­quan­te­naire du débar­que­ment de la baie des Cochons : le 15 avril 1961, ten­ta­tive d’invasion mili­taire de Cuba par des exi­lés cubains sou­te­nus par les États-Unis.


Libye Tunisie. Question de regards

 

Revue de presse. La légende est celle de l’Histoire en marche…

 


SUR LES ROUTES DE TUNISIE - Que Redeyef est belle en ce jour !

Par Ber­nard Dréa­no

Res­pon­sable du Centre d’études et d’initiatives de soli­da­ri­té inter­na­tio­nale (CEDETIM), Ber­nard Dréa­no a par­cou­ru la Tuni­sie, un mois après la chute du pré­sident Ben Ali. Il a accom­pa­gné le mili­tant Mou­hied­dine Cher­bib au tri­bu­nal, ren­con­tré des avo­cats, des familles de mar­tyrs et des syn­di­ca­listes de l’UGTT.  Voi­ci son récit, comme un beau et fort témoi­gnage.

14 février 2011. Zine el-Abi­dine Ben Ali a fui la Tuni­sie depuis un mois.

Un ami de la Ligue tuni­sienne des droits de l’homme (LTDH) est venu me cher­cher à l’aéroport de Tunis-Car­thage. Nous allons direc­te­ment au local de la Ligue rejoindre le groupe qui doit par­tir pour Gaf­sa.

La vil­la qui abrite le siège de la Ligue est un lieu emblé­ma­tique de la résis­tance à la dic­ta­ture. La LTDH, fon­dée en 1976, n’a jamais cédé devant les pres­sions des pou­voirs de Bour­gui­ba puis de Ben Ali, les inti­mi­da­tions et cen­sures, les empri­son­ne­ments ou l’exil de cer­tains de ses res­pon­sables comme Khe­maïs Chem­ma­ri, Khe­maïs Ksi­la, Mon­cef Mar­zou­ki. La Ligue n’a ces­sé de dénon­cer les atteintes au droit, la cor­rup­tion, la répres­sion et la tor­ture de mili­tants poli­tiques ou syn­di­caux, isla­mistes, com­mu­nistes, sociaux-démo­crates ou libé­raux. Entrer dans la vil­la de la Ligue, constam­ment sur­veillée par la police, c’était l’assurance d’être sui­vi, fiché, par­fois inter­pel­lé… J’en ai fait l’expérience.

Mais aujourd’hui, aucun flic à l’horizon. Aucun flic ? Pas tout à fait. Il y a, en civil, à l’intérieur du bâti­ment quelques poli­ciers. Ils sont venus sol­li­ci­ter des conseils pour créer un syn­di­cat indé­pen­dant dans la police !

À l’intérieur, je retrouve avec émo­tion Mokh­tar Tri­fi, pré­sident de la Ligue depuis 2000 (aucun congrès de la LTDH n’ayant pu se tenir depuis cette date du fait des pres­sions du pou­voir), et d’autres membres de l’organisation. Et les exi­lés reve­nus au pays, Khé­maïs Ksi­la, Kamel Jen­dou­bi, le pré­sident du réseau euro-médi­ter­ra­néen des droits de l’homme, et bien sûr Mou­hied­dine Cher­bib.

(Lire la suite…)


Suite élégiaque et diplomatique. Super-Boillon « fils » de Khadafi !


Boillon défend Kadha­fi (C+)
envoyé par LePost­fr. - L’info inter­na­tio­nale vidéo.

Ça tourne au court-Boillon pour le toni­truant ambas­sa­deur de France à Tunis. Car, ce lun­di, le site Le Post a déter­ré un extrait de novembre 2010 du Grand jour­nal, émis­sion télé de Canal+. On y voit [ci-des­sus] Boris Boillon défendre Kadha­fi. Dans un pre­mier temps, il faut toute l’insistance de Jean-Michel Apha­tie pour que le diplo­mate recon­naisse le pas­sé ter­ro­riste du dic­ta­teur libyen, avant d’appeler à ne pas « lais­ser libre cours aux idées reçues ». Et de conclure, à pro­pos du diri­geant libyen:  « Dans la vie, on fait tous des erreurs. »

Rap­pe­lons aus­si que le même super-Boillon avait été le grand ordon­na­teur des frasques de Kha­da­fi lors de sa visite offi­cielle en France, en décembre 2007 – y com­pris donc les défi­lés du cor­tège dans Paris et la fameuse tente de « bédouin » mon­tée dans les jar­dins de l’hôtel Mati­gnon.
Le « colo­nel » y fut reçu avec tous les hon­neurs sar­ko­zyens, ain­si qu’on le voit éga­le­ment sur cette vidéo :


Super-Boillon à Tunis, ambassadeur et « philosophe »…

« Je suis là pour vous expo­ser une phi­lo­so­phie… » « Je suis pour le contrat de confiance… » Ain­si cause le nou­vel ambas­sa­deur de la France, per­met­tez, entre Mon­sieur Homais et Mon­sieur Dar­ty. Quel mépris que ce mec ! « Dégage, petit Sar­ko ! » lui a aus­si­tôt rétor­qué la rue tuni­sienne, sans craindre le pléo­nasme qui fait mouche. Le tout frin­gant ambas­sa­deur de France en Tuni­sie, le « Sar­ko-boy » Boris Boillon a été obli­gé de bouf­fer son cha­peau après son exploit du jour et pré­sen­ter son mea-culpa le soir même. Sur son site Twit­ter d’abord -« Vrai­ment déso­lé si j’ai pu offen­ser. Ce n’était pas mon inten­tion »-, et puis à la télé­vi­sion natio­nale tuni­sienne same­di soir. « Je pré­sente toutes mes excuses à tout le peuple tuni­sien, a décla­ré l’ambassadeur décrié. « J’ai une éner­gie et une volon­té bien déter­mi­née de pro­mou­voir des rela­tions bila­té­rales. J’ai été spon­ta­né plus que je n’aurais du l’être. Doré­na­vant je dois par­ler de manière plus polie ». Pré­ten­tion gou­jate et diplo­ma­tie, ça fait deux ; ce n’est pas à l’école de son men­tor qu’un tel gom­meux aurait pu apprendre ce b-a-ba, certes.

Ce qu’en dit sur son blog je jour­na­liste tuni­sien Allal Sah­bi :

« J’ai écou­té l’intervention en arabe, l’échange avec les jour­na­listes. La façon dont il fait ces­ser le dia­logue : “kha­lass !“ (un peu l’équivalent de “bas­ta” en espa­gnol), est extrê­me­ment mépri­sante, auto­ri­taire et cas­sante. 

« Déjà, il ne fal­lait pas envoyer comme diplo­mate en Tuni­sie un type qui a aus­si chau­de­ment appré­cié l’intervention US en Irak. Regar­dez plus bas d’ailleurs, pas un mot sur les vic­times humaines. Pas un mot  de com­pas­sion, pas de place pour l’humain. Il ne sait par­ler qu’en mil­lions et mil­liards de dol­lars, en parts de mar­ché, c’est vrai­ment hon­teux, indé­cent !!!  Pas­cal Boni­face l’a très heu­reu­se­ment épin­glé au sujet de ses prises de posi­tions en Irak

Devant l’ambassade de France à Tunis, 20/2/11

« Ensuite, il est super­flu d’être ara­bo­phone quand on fait montre d’autant de mépris. Il vaut mieux quelqu’un qui ne parle pas un mot d’arabe, mais qui ne méprise pas à ce point ses inter­lo­cu­teurs, et tout le peuple.

Il est dans la droite ligne du trop fameux “dis­cours de Dakar” : tout dans l’arrogance, la condes­cen­dance et le mépris.
.  Il se qua­li­fie de pur  pro­duit “Sar­ko”, ce en quoi il a par­fai­te­ment rai­son.[…] Ce sar­ko­boy 2.0, sou­vent pré­sen­té comme un James Bond de la diplo­ma­tie aura fort à faire pour redo­rer l’image de la France, démi­ner le ter­rain poli­tique et retis­ser des liens avec la socié­té civile. Sans comp­ter la réor­ga­ni­sa­tion d’un outil diplo­ma­tique qui a mon­tré beau­coup de fai­blesses au moment de la révolte tuni­sienne.
Il incarne le pro­to­type de l’homo diplo­ma­ti­cus moderne sous l’ère Sar­ko­zy. »



Un « néo­con » à la fran­çaise ?

 Ancien ambas­sa­deur de France auprès des Emi­rats Arabes Unis, éga­le­ment en poste en Soma­lie, et en Tuni­sie, auteur du livre « Les Voies de la diplo­ma­tie », Charles Cret­tien a ain­si expri­mé ses réti­cences dans une tri­bune au Monde  : « On ne nomme pas un ambas­sa­deur comme on nomme un pré­fet. La diplo­ma­tie est un dia­logue avec un pays étran­ger, son gou­ver­ne­ment et son chef d’Etat. La nomi­na­tion de Boris Boillon comme ambas­sa­deur de France est la néga­tion de ce prin­cipe élé­men­taire, elle est donc cho­quante voire dan­ge­reuse pour les rela­tions à venir entre Paris et Tunis ». 


Le Caire – La Havane. Les parallèles peuvent-elles se rejoindre ?

Les évé­ne­ments révo­lu­tion­naires qui secouent le monde arabe nous ques­tionnent à bien des égards. On ne manque pas de les com­men­ter, de les inter­pré­ter, de glo­ser. Les Arabes en pre­mier lieu, eux qui se voient, en grande par­tie semble-t-il, réins­crits dans le cou­rant de l’Histoire. Des tri­bunes, « libres opi­nions », et autres fleu­rissent ça et là dans les médias, comme en toute période d’effervescence. Le plai­sir n’est pas mince pour qui­conque se pré­oc­cupe du bien-être des humains et de la marche – si sou­vent clau­di­cante – du vaste monde, notre si petite pla­nète.

Sans nul­le­ment vou­lant jouer les rabat-joie, inutile de rap­pe­ler aux dures réa­li­tés des len­de­mains de fêtes – elles s’en chargent toutes seules. Les Tuni­siens espèrent de beaux jours, tout comme les Égyp­tiens – sinon, à quoi bon avoir lut­té contre la tyran­nie avec une telle éner­gie ? Mais voi­là que, déjà, l’âpreté du monde glo­ba­li­sé les coince au tour­nant.

Mes réflexions aujourd’hui tourne autour d’un rap­pro­che­ment, déjà évo­qué ici en pas­sant, entre deux images, deux lieux, deux révo­lu­tions et deux pays. Je veux par­ler des place de la Libé­ra­tion (Tah­rir) au Caire et de la Révo­lu­tion, à La Havane, donc de l’Égypte et de Cuba. En fait, on pour­rait tout aus­si bien rap­pro­cher Cuba et la Tuni­sie qui, d’ailleurs, pré­sentent des don­nées socio­po­li­tiques plus com­pa­rables. Mais res­tons-en à la pre­mière hypo­thèse qui m’est souf­flée par le blog Gene­ra­cion Y de cette résis­tante cubaine, Yoa­ni San­chez qui, depuis plu­sieurs années, tient tête aux dic­ta­teurs cas­tristes. [Voir dans mes pré­cé­dents articles, via la case de recherche ci-contre].

Dans son article du 12 février, sous le titre « Égypte 2.0 » et sous cette pho­to de la fameuse place Tah­rir enva­hie par une marée humaine :

…voi­ci ce qu’elle écrit :

« Pénombre et lumière sur la Place Tah­rir, une phos­pho­res­cence rou­geoyante entre­cou­pée par les flashs des appa­reils pho­to et la lueur des écrans de télé­phones por­tables. Je n’y étais pas et pour­tant je sais ce qu’ont res­sen­ti cha­cun des Égyp­tiens réunis la nuit der­nière au centre du Caire. Moi qui n’ai jamais pu crier et pleu­rer de joie en public […], je confirme que je ferais la même chose, je res­te­rais sans voix, j’embrasserais les autres, je me sen­ti­rais légère comme si mes épaules étaient sou­dain libé­rées d’un énorme far­deau. Je n’ai pas vécu de révo­lu­tion, encore moins de révo­lu­tion citoyenne, mais cette semaine, mal­gré la pru­dence des jour­naux offi­ciels j’ai sen­ti que le canal de Suez et la mer des Caraïbes n’était pas si éloi­gnés, que les deux endroits n’étaient pas si dif­fé­rents.

« Pen­dant que les jeunes Égyp­tiens s’organisaient sur Face­book, nous assis­tions conster­nés à l’exposé pira­té d’un poli­cier cyber­né­tique, pour lequel les réseaux sociaux sont « l’ennemi ». Il a bien rai­son ce cen­seur de kilo­bits, et tous ses chefs, de craindre ces sites vir­tuels où les indi­vi­dus pour­raient se don­ner ren­dez-vous pour secouer les contrôles éta­tiques, par­ti­sans et idéo­lo­giques. En lisant les paroles du jeune Wael Gho­nim « Vous vou­lez un pays libre, don­nez leur inter­net !» Je com­prends mieux la dis­cré­tion dont font preuve  nos auto­ri­tés à l’heure de nous per­mettre ou non de nous connec­ter à la toile. Ils se sont habi­tués à avoir le mono­pole de l’information, à régu­ler ce qui nous arrive et à réin­ter­pré­ter pour nous ce qui se passe à l’intérieur et à l’extérieur de nos fron­tières. Main­te­nant ils savent, parce que l’Égypte le leur a appris, que chaque pas qu’ils nous laissent faire dans le cybers­pace nous rap­proche de Tah­rir, nous porte à grande vitesse vers une place qui vibre et un dic­ta­teur qui démis­sionne. »

[Tra­duit par Jean-Claude Marou­by – mer­ci !]

Bien qu’écrit entre ses lignes très sur­veillées, le mes­sage de Yao­ni San­chez est des plus clairs. Il se résume en oppo­si­tion avec cette autre pho­to, celle d’un de ces ras­sem­ble­ments monstres orga­ni­sés par le cas­trisme radieux. Sur cette place de la Révo­lu­tion s’est fina­le­ment échoué l’une des plus men­son­gères illu­sions de l’Histoire.

Cin­quante ans après sa révo­lu­tion, le peuple cubain ne s’est tou­jours pas libé­ré. Le sujet reste ouvert, appe­lant à des ana­lyses pous­sées. On s’en tien­dra là pour aujourd’hui.


Tunisie. La révolution doit rester en marche face à la dictature

Comme un clou chasse l’autre, il ne fau­drait pas que, sur la scène et dans l’opinion inter­na­tio­nales, la révo­lu­tion égyp­tienne chasse la tuni­sienne pour laquelle il reste tant à accom­plir. Les Tuni­siens en sont pour la plu­part bien conscients, en par­ti­cu­lier quand ils affirment haut et fort : « Le dic­ta­teur est par­ti mais la dic­ta­ture est tou­jours là. » C’est ce que sou­ligne le Col­lec­tif pour les liber­tés et la démo­cra­tie en Tuni­sie* dans l’appel ci-des­sous :

Salle comble et effer­ves­cente mer­cre­di à Aix-en-Pro­vence pour la réunion de sou­tien à la révo­lu­tion tuni­sienne. Ph. gp

« L’année 2011 res­te­ra dans l’histoire comme celle de la for­mi­dable révo­lu­tion popu­laire tuni­sienne. Pour la pre­mière fois un dic­ta­teur est contraint par son peuple de s’enfuir. Cette vic­toire des masses popu­laires de Tuni­sie est por­teuse d’un espoir immense pour tous les peuples oppri­més. Elle montre la voie et annonce de nou­velles révoltes popu­laires dans le monde arabe et afri­cain et dans toute l’Afrique. Par­tout les tyrans tremblent et ont peur que leurs peuples tirent les leçons de l’exemple tuni­sien.

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Normalement, le sommet de Davos ne devrait plus exister…

La grand-messe annuelle  du capi­ta­lisme mon­dia­li­sé bat son plein une fois de plus depuis mer­cre­di. La nou­veau­té, cette année, c’est  la crainte mani­feste des explo­sions sociales dans le monde. La révo­lu­tion tuni­sienne est pas­sée par là et la rue gronde ou menace ça et là. Le texte qui suit n’y va pas par quatre che­mins. Il émane de l’association alter­mon­dia­liste Attac, ins­pi­ré en par­tie par… le quo­ti­dien éco­no­mique Les Échos. Les temps chan­ge­raient ? Ce n’est qu’apparence. D’où ce « nor­ma­le­ment » qui en dit long.

© édi­to-des­sin de faber

« Nor­ma­le­ment, Davos ne devrait plus exis­ter. Enfin, pas la tris­tou­nette sta­tion hel­vé­tique de ski, mais le Forum éco­no­mique mon­dial, qui y attire fin jan­vier des cen­taines de patrons, de ministres, d’universitaires et de jour­na­listes. Cette gigan­tesque « busi­ness par­ty » aurait dû s’étioler. Car elle a por­té toutes les valeurs, toutes les idées balayées par la crise finan­cière, qui a connu son apo­gée en 2008. Nulle part ailleurs la « sha­re­hol­der value », la valeur action­na­riale, n’aura été prê­chée avec autant de foi. À Davos, on a aus­si prô­né avec une rare constance la mon­dia­li­sa­tion débri­dée, la finance sou­ve­raine et la déré­gle­men­ta­tion per­ma­nente. On s’y est aus­si beau­coup trom­pé. Une ses­sion a été orga­ni­sée chaque année pour ten­ter de trou­ver « d’où vien­dra le pro­chain choc » sans jamais débus­quer autre chose que les pays émer­gents, l’immobilier chi­nois ou le pétrole. 

« En 2007 et 2008, l’économiste Nou­riel Rou­bi­ni avait sérieu­se­ment aga­cé les par­ti­ci­pants en annon­çant des catas­trophes. Toutes les étoiles déchues de l’entreprise ont brillé à Davos, de Jean-Marie Mes­sier (Viven­di) à Car­ly Fio­ri­na (HP) en pas­sant par Ken­neth Lay (Enron), Chuck Prince (Citi­group) ou Dick Fuld (Leh­man Bro­thers), qui affi­chait encore une incroyable morgue début 2008, huit mois avant sa chute [Note de GP : sur ce der­nier per­son­nage et sa morgue, pas­sage recom­man­dé ici-même : La crise comme un (mau­vais) roman. « Leur arra­cher le cœur et le bouf­fer avant qu’ils crèvent ! »]. Et en ces temps d’économies tous azi­muts pour pré­ser­ver la tré­so­re­rie des entre­prises voire des États, il peut paraître sur­pre­nant de cla­quer des dizaines ou quelques cen­taines de mil­liers d’euros ou de dol­lars pour aller se faire voir dans un vil­lage per­du des Gri­sons suisses »[1].

Mais Davos existe encore. Car les élites glo­bales n’ont aucu­ne­ment renon­cé à impo­ser à leurs socié­tés « la mon­dia­li­sa­tion débri­dée, la finance sou­ve­raine et la déré­gle­men­ta­tion per­ma­nente ». Les plans d’austérité, le chô­mage et la pré­ca­ri­té déferlent sur l’Europe, les bulles finan­cières gonflent à nou­veau, la spé­cu­la­tion se déchaîne sur les pro­duits agri­coles. Mais les puis­sants vont conti­nuer à dis­ser­ter sur les « risques émer­gents », les « oppor­tu­ni­tés de crois­sance » et  les « normes par­ta­gées pour une nou­velle réa­li­té »… Nico­las Sar­ko­zy ose­ra-t-il tenir demain un dis­cours encore plus « anti-finance » que l’an der­nier ? Les paris sont ouverts…

À l’initiative de mou­ve­ments sociaux – dont Attac Suisse – se tenait du 21 au 23 jan­vier à Bâle « L’Autre Davos  2011 », une ini­tia­tive « des­ti­née à valo­ri­ser toutes les expé­riences révé­lant le carac­tère intel­li­gem­ment sub­ver­sif des luttes popu­laires » contre ce néo­li­bé­ra­lisme dis­cré­di­té mais tou­jours aus­si arro­gant.

Dans quelques jours, s’ouvre à Dakar le Forum social mon­dial, où se ren­con­tre­ront non les maîtres du monde comme à Davos mais les arti­sans d’un autre monde.

Attac y sera pré­sent  à tra­vers une délé­ga­tion de près de 60 per­sonnes de France, et plus d’une cen­taine de repré­sen­tants des Attac du monde.

Sur le G20, la crise cli­ma­tique, l’accès à l’eau, la sou­ve­rai­ne­té ali­men­taire, à Dakar nous construi­rons les mobi­li­sa­tions et les conver­gences entre toutes les luttes qui cherchent à faire chu­ter le pou­voir de la finance et aspirent à construire des alter­na­tives éco­lo­giques et soli­daires. »

Attac France

________________________________

[1] Nous remer­cions Jean-Marc Vit­to­ri, l’éditorialiste du quo­ti­dien éco­no­mique Les Échos, d’avoir rédi­gé notre com­mu­ni­qué de presse pour l’ouverture du som­met de Davos. http://www.lesechos.fr/opinions/analyses/0201092173513-l-invraisemblable-survie-du-forum-de-davos.htm


Tunisie. De la vraie nature du sarkozysme

Si on pou­vait en dou­ter, voi­là au moins un point de clar­té que nous aura appor­té la révo­lu­tion tuni­sienne : la « bourde » de la ministre des affaires étran­gères n’en était pas une. Cette pro-posi­tion était bien celle, déci­dée et assu­mée à l’Élysée comme à Mati­gnon : celle de venir en aide directe à un régime et à un pré­sident amis. 

Les plus scep­tiques, s’il en res­tait, auront pu être convain­cus ce matin sur France inter à la seule l’écoute des bafouillis aus­si pénibles et tor­dus qu’embarrassés du « conseiller Afrique » de Saz­ko­zy, Hen­ri Guai­no. Comme il dit si bien : « C’est trop facile, c’est trop facile… » tout en pen­sant, comme dans les bulles savon­neuses de BD « Quelle mer­dasse, com­ment m’en sor­tir ? »…

Ain­si appa­raît une fois de plus – notam­ment après le trop fameux dis­cours de Dakar – la vraie nature du sar­ko­zysme. A la fois comme poli­tique à dupli­ci­té per­ma­nente (refrain « droits de l’homme » et cou­plet don­neur de leçon ; ingé­rence et non-ingé­rence ; bref : gran­deur du bara­tin et déca­dence de l’action) et comme vraie nature : une poli­tique auto­ri­taire sur fond répres­sif dif­fi­ci­le­ment dis­si­mu­lé. Car ce « savoir-faire, recon­nu dans le monde entier, de nos forces de sécu­ri­té [pour] régler des situa­tions sécu­ri­taires de ce type » [sic Mme Alliot-Marie, 12 jan­vier 2011], ne dou­tons pas, hélas, de sa fonc­tion pre­mière : son uti­li­sa­tion « sécu­ri­taire » hors expor­ta­tion, c’est-à-dire à l’intérieur même de notre oli­gar­chie consti­tu­tion­nelle.


Hen­ri Guai­no
envoyé par fran­cein­ter. - L’info inter­na­tio­nale vidéo.


Ce que nous dit aussi la révolution tunisienne

Comme pour l’avenir, on ne sait pré­dire les révo­lu­tions. Au mieux peut-on les pres­sen­tir par quelques signes avant-cou­reurs, quelques alertes. La tuni­sienne nous aura bien pris de court. Tel­le­ment qu’elle n’en finit pas de nous inter­ro­ger sur notre aveu­gle­ment géné­ral, ain­si que sur celui des ana­lystes plus ou moins paten­tés. Sa sur­ve­nue nous inter­pelle, comme on dit, en ce sens tout par­ti­cu­lier qu’elle indique la fra­gi­li­té de ce qu’on prend faci­le­ment pour des « équi­libres » socio-poli­tiques.

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Des­sin-édi­to de faber ©

Un demi-siècle de post-colo­nia­lisme – avec ce qui pré­cède donc –, n’aura guère résis­té à cet embra­se­ment à domi­nante paci­fique et à si haute déter­mi­na­tion qu’une dic­ta­ture se sera effon­drée en moins d’un mois. Et c’est bien ce carac­tère appa­rem­ment spon­ta­né, aux causes qua­si mys­té­rieuses – vu de cet aveu­gle­ment sourd des « élites » – qui ne cesse d’inquiéter toute la sphère poli­tique, au plan mon­dial d’ailleurs, par­tout où pré­do­minent le néo-impé­ria­lisme de la macro-éco­no­mie et de la finance en folie. Quand « un » direc­teur du FMI, grand oracle à pré­ten­tion pon­ti­fiante, décerne à la Tuni­sie son bre­vet de « bonne san­té », c’est bien à cause d’une vision autis­te­ment « macro » (c’est ten­tant : com­ment ne pas pen­ser « maque­reau de la finance » ?).

Quand Domi­nique Strauss-Kahn voit en la Tuni­sie « un modèle pour les pays émer­gents », il ne dis­tingue pas plus loin que son écran d’ordinateur, c’est-à-dire le bout de son nez [à TV7-Tuni­sie, 18 novembre 2008]. Pas plus que la carte n’est le ter­ri­toire, les sta­tis­tiques ne reflètent la réa­li­té vécue du quo­ti­dien des pauvres gens. D’ailleurs les chiffres les ignorent super­be­ment, ne consi­dé­rant sous leurs courbes et tableaux que flux, ten­dances et com­pa­gnie. De ce seul point de vue, la mort par le déses­poir et le feu du jeune Moha­med Boua­zi­zi n’aurait jamais dû croi­ser la courbe expo­nen­tielle de crois­sance des clans Ben Ali-Tra­bel­si. C’est ce qu’on appelle un « acci­dent » de l’Histoire – qui en est pleine, de ces acci­dents…

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Tunisie. De l’inconvénient d’avoir raté le train de la révolution

La révo­lu­tion comme un coup de foudre. Ne pas s’y brû­ler les ailes. S’être pré­mu­ni de ses illu­sions pour en jouir au bon moment. Et puis pas­ser à la durée, au dur désir de durer. Je parle bien sûr de la Tuni­sie qui aura sur­pris tout un cha­cun. Qui en aura dépi­té quelques autres, certes. Comme notre grand oracle du FMI pré­di­sant le plus bel ave­nir au royaume de Ben Ali tout en rêvant de gou­ver­ner le pays France. Mau­vaise pioche. En quoi il ne suf­fit pas d’avoir des airs ins­pi­rés pour être super ana­lyste. Car ces gens, que savent-ils de la souf­france des peuples ? Rien.

Je pense aus­si, bien sûr, à notre petit empe­reur d’opérette, même pas comique, lamen­table, rece­vant les clés de la ville de Tunis et ne taris­sant de facé­ties élo­gieuses à l’adresse de son émir ami.

Je pense à la ci-devant Michèle Alliot-Marie dite « MAM », des affaires si étran­gères, tout emper­ru­quée et si empres­sée de secou­rir – selon le « savoir-faire » des agents de notre Répu­blique – son monarque étran­ger dans la débine. Je pense donc aux Jup­pé et Fillon condam­nés à sou­te­nir leur bre­bis éga­rée au quai d’Orsay.

Je pense aus­si au Mit­ter­rand, l’autre, esti­mant – le 9 jan­vier 2011 – en tou­riste de la culture, que “Dire [de la] Tuni­sie [qu’elle] est une dic­ta­ture uni­voque me paraît tout à fait exa­gé­ré“.

Je ne sau­rais oublier le bon Jacques Chi­rac, pré­sident de notre même Répu­blique, man­quant en 2003 d’étouffer son ami Ben, qui il étreint d’une vigou­reuse acco­lade, avant de décla­rer : “Le pre­mier des droits de l’homme est de man­ger, d’être soi­gné et de rece­voir une édu­ca­tion. De ce point de vue, il faut bien recon­naître que la Tuni­sie est très en avance”.

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Tunisie. DSK en prophète de Ben Ali

Por­trait offi­ciel du direc­teur géné­ral et grand oracle du Fonds moné­taire inter­na­tio­nal.

Pom­pon de « La-bas si j’y suis » cet après-midi, tan­dis que la rue gronde au plus fort à Tunis : la pro­phé­tie de « DSK » pré­di­sant le plus bel ave­nir à la Tuni­sie de Ben Ali. Et pour 2012 en France, que nous annonce le car­to­man­cien du FMI ? Ça craint !

En atten­dant, voyons-voir ce grand moment de fine ana­lyse éco­no­mi­co-poli­tique… Domi­nique Strauss-Kahn à TV7-Tuni­sie, 18 novembre 2008 (2 mn 12 s) :


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse pos­tale !)

    tcherno2-2-300x211

    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Rus­sel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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  • Salut cousin !

    Je doute donc je suis - gp

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