On n'est pas des moutons

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« En ces temps troublés ». Quand le maire d’Argenteuil se fait programmateur-censeur de cinéma

Com­me ça, à lui tout seul, d’un trait de plu­me muni­ci­pal, Geor­ges Mothron, mai­re Les Répu­bli­cains d’Argenteuil, déci­de si ses conci­toyens peu­vent ou non aller voir un film au ciné­ma – et même deux.

Voici l’affaire, résu­mée par Le Figa­ro [30/04/2016] :

« Le ciné­ma Le Figuier blanc a dû annu­ler il y a quel­ques jours la pro­jec­tion de deux films en rai­son d’une deman­de expres­se du mai­re de la vil­le du Val-d’Oise, qui crai­gnait que leurs sujets «met­tent le feu aux pou­dres» dans la com­mu­ne.

 G. Mothron dans ses œuvres

Maire-argenteuil Georges Mothron• Pour «chan­ger l’image de la vil­le» […] le bou­le­vard Léni­ne et l’avenue Mar­cel Cachin sont rebap­ti­sés res­pec­ti­ve­ment bou­le­vard du géné­ral Leclerc et ave­nue Mau­ri­ce Utrillo.
• Le 6 août 2007, un arrê­té muni­ci­pal inter­di­sant la men­di­ci­té dans le cen­tre-vil­le d’Argenteuil est asso­cié à la consi­gne aux agents de la voi­rie de dif­fu­ser du mal­odo­re, un répul­sif nau­séa­bond, dans les lieux fré­quen­tés par les sans-abris. La cam­pa­gne de pres­se natio­na­le qui s’ensuit et des contro­ver­ses sur la réno­va­tion urbai­ne en cours lui coû­tent la mai­rie qui revient au socia­lis­te Phi­lip­pe Dou­cet aux élec­tions 2008. Lors des élec­tions muni­ci­pa­les de 2014, il reprend la mai­rie d’Argenteuil face au mai­re sor­tant. [Wiki­pé­dia]

« […] La sal­le, asso­ciée à un cen­tre cultu­rel, a eu la curieu­se sur­pri­se de rece­voir la semai­ne der­niè­re un cour­rier […] dans lequel l’élu deman­dait la dépro­gram­ma­tion de deux films : La Socio­lo­gue et l’ourson, d’Étienne Chaillou et Mathias The­ry, et 3000 nuits, de Mari Mas­ri.

« Le pre­mier, sor­ti le 6 avril, est un docu­men­tai­re qui revient sur les débats autour du maria­ge homo­sexuel en sui­vant la socio­lo­gue Irè­ne Thé­ry et en met­tant en scè­ne, sur un mode péda­go­gi­que et ludi­que, des pelu­ches et des jouets pour évo­quer cer­tai­nes ques­tions et recons­ti­tuer des moments fami­liaux. Le second, dif­fu­sé depuis l’an der­nier dans plu­sieurs fes­ti­vals, racon­te l’histoire de Layal, une jeu­ne Pales­tien­ne incar­cé­rée dans une pri­son israé­lien­ne, où elle don­ne nais­san­ce à un gar­çon.

« Des thè­mes qui pour le mai­re de la com­mu­ne sont sujets à la polé­mi­que, d’où leur inter­dic­tion. Dans les colon­nes du Pari­sien, il expli­que que sa déci­sion est «moti­vée par le fait qu’en ces temps trou­blés, des sujets tels que ceux-là peu­vent rapi­de­ment met­tre le feu aux pou­dres dans une vil­le com­me Argen­teuil». « Dans un sou­ci d’apaisement [...]la vil­le a pré­fé­ré jouer la sécu­ri­té en ne dif­fu­sant pas ces films, évi­tant ain­si des réac­tions éven­tuel­le­ment véhé­men­tes de cer­tains», ajou­te-t-il. Mais l’exigence de l’édile a sur­tout pro­vo­qué une volée de bois vers à l’encontre de la mai­rie d’Argenteuil. »

L’association Argen­teuil Soli­da­ri­té Pales­ti­ne (ASP), qui pro­gram­mait 3000 nuits a dénon­cé « la cen­su­re du mai­re qui, en octo­bre der­nier, avait déjà inter­dit une expo­si­tion sur l’immigration.»

L’Association pour la défen­se du ciné­ma indé­pen­dant (ADCI) d’Argenteuil, dénon­ce « un refus idéo­lo­gi­que de réflexion sur des ques­tions qui se posent dans le contex­te actuel ».

De son côté, la Scam, Socié­té civi­le des auteurs mul­ti­mé­dia, publie un com­mu­ni­qué sur cet acte de cen­su­re. Extraits :

« Les 102.000 habi­tants d’Argenteuil seraient-ils plus décé­ré­brés, osons le dire, plus cons que la moyen­ne ?
« Cer­tai­ne­ment pas, mais c’est ain­si que le mai­re, Geor­ges Mothron, consi­dè­re les habi­tants en les jugeant inca­pa­bles de regar­der serei­ne­ment un docu­men­tai­re de socié­té où les per­son­na­ges prin­ci­paux sont des pelu­ches. Un docu­men­tai­re qui fait réflé­chir sur pour­quoi la socié­té fran­çai­se s’est déchi­rée sur le maria­ge pour tous.
« Si le film sort en DVD, Geor­ges Mothron le fera-t-il sai­sir dans les rayon­na­ges ? Quand le film sera dif­fu­sé à la télé­vi­sion, Geor­ges Mothron fera-t-il cou­per les anten­nes du dif­fu­seur sur sa vil­le ?
« En ces temps trou­blés », Geor­ges Mothron a peur que le film « met­te le feu aux pou­dres ». […]
« En ces temps trou­blés », nous avons bien besoin de films qui nous ouvrent au mon­de, qui appor­tent de la pen­sée dans les réflexes pav­lo­viens de repli sur soi de tel­le ou tel­le com­mu­nau­té.
« La Scam sou­tient la mani­fes­ta­tion orga­ni­sée le 7 mai à 15 heu­res devant la mai­rie d’Argenteuil pour exi­ger la repro­gram­ma­tion des films et rap­pe­ler au mai­re, Geor­ges Mothron, que le suf­fra­ge uni­ver­sel ne lui confie pas pour autant un droit à déci­der ce que ses conci­toyens peu­vent choi­sir d’aller voir au ciné­ma. »

Pour ma part, me réfé­rant à la loi sur le non-cumul des man­dats, je rap­pel­le à ce mai­re qu’il ne peut ni ne doit cumu­ler sa fonc­tion de magis­trat muni­ci­pal avec cel­les de pro­gram­ma­teur-cen­seur de ciné­ma et de direc­teur des conscien­ces. Non mais.


Enfin de la pub, de la vraie, sur les radios du service public !

hara_kiri_pubSur l’autel de (feue) la gau­che, ce gou­ver­ne­ment ne recu­le devant aucun sacri­fi­ce. Ce matin au réveil, j’apprends dans le pos­te qu’un décret paru aujourd’hui même au Jour­nal offi­ciel auto­ri­se la publi­ci­té sur les ondes de Radio Fran­ce !

Le tout-pognon aura enco­re sévi, empor­tant sur son pas­sa­ge les res­tes d’éthique auquel on croyait enco­re pou­voir s’accrocher. Tu croyais, naïf, que les radios du ser­vi­ce public te met­taient à l’abri des saillies de « pub qui rend con – qui nous prend pour des cons »… Maca­che ! Finies les débi­li­tés limi­tées aux seules « oui qui ? Kiwi ! » et autres « Mat­mut » à en dégueu­ler. On est pas­sé au tout-Macron, mon vieux ! Tu savais pas ? Vive le tout-libé­ral, l’indécence com­mu­ne et la vul­ga­ri­té mar­chan­de ! Les enzy­mes glou­tons sont de retour, et les bagno­les à tout-va, les chaus­sée-au-moi­ne, les jus­tin-bri­doux, les mars-et-ça-repart – autant dire que le bon­heur nous revient en splen­deur, avec ses trou­vailles enchan­te­res­ses, la vie faci­le, enfin !

Man­que tout de même à ce gou­ver­ne­ment qui, lui aus­si, nous prend pour des cons, un minis­tre à la hau­teur. Je ne vois que Ségué­la. Un Ségué­la, sinon rien ! Et au com­plet, avec sa rolex et sa conne­rie.

Nous res­te­ra à fer­mer le pos­te. On mour­ra moins con (« oui mais, on mour­ra quand même ! »).

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Cologne, suite. L’écrivain algérien Kamel Daoud  « fatwatisé » par des intellectuels français

Une deuxiè­me fat­wa vient de frap­per l’écrivain et jour­na­lis­te algé­rien Kamel Daoud [voir ici et ], à pro­pos de son ana­ly­se des vio­len­ces sexuel­les du Nou­vel an à Colo­gne. Cet­te nou­vel­le condam­na­tion éma­ne d’une sor­te de sec­te laï­que ras­sem­blant une poi­gnée d’« intel­lec­tuels auto­pro­cla­més » à qui Le Mon­de a prê­té ses colon­nes.

Les signa­tai­res du « Col­lec­tif  »Nou­red­di­ne Ama­ra (his­to­rien), Joel Bei­nin (his­to­rien), Hou­da Ben Hamou­da (his­to­rien­ne), Benoît Chal­land (socio­lo­gue), Joce­ly­ne Dakh­lia (his­to­rien­ne), Sonia Dayan-Herz­brun (socio­lo­gue), Muriam Haleh Davis (his­to­rien­ne), Giu­lia Fab­bia­no (anthro­po­lo­gue), Dar­cie Fon­tai­ne (his­to­rien­ne), David Theo Gold­berg (phi­lo­so­phe), Ghas­san Hage (anthro­po­lo­gue), Laleh Kha­li­li (anthro­po­lo­gue), Tris­tan Leper­lier (socio­lo­gue), Nadia Mar­zou­ki (poli­tis­te), Pas­cal Méno­ret (anthro­po­lo­gue), Sté­pha­nie Poues­sel (anthro­po­lo­gue), Eli­za­be­th Shak­man Hurd (poli­tis­te), Tho­mas Ser­res (poli­tis­te), Seif Sou­da­ni (jour­na­lis­te).

Dans l’édition du 12 février, sous le titre « Les fan­tas­mes de Kamel Daoud », ce « col­lec­tif » lan­çait son ana­thè­me, excluant de son céna­cle « cet huma­nis­te auto­pro­cla­mé ». Le mépris de l’expression dévoi­lait, dès les pre­miè­res lignes de la sen­ten­ce, l’intention mal­veillan­te des juges. Les lignes sui­van­tes confir­maient une condam­na­tion sans appel : « Tout en décla­rant vou­loir décons­trui­re les cari­ca­tu­res pro­mues par  » la droi­te et l’extrême droi­te « , l’auteur recy­cle les cli­chés orien­ta­lis­tes les plus écu­lés, de l’islam reli­gion de mort cher à Ernest Renan (1823-1892) à la psy­cho­lo­gie des fou­les ara­bes de Gus­ta­ve Le Bon (1841-1931). »

Que veu­lent donc dire, ces socio­lo­gi­sants ensou­ta­nés, par leur atten­du si tran­chant ? 1) Que Daoud rejoint « la droi­te et l’extrême droi­te »… 2) …puisqu’il « recy­cle les cli­chés orien­ta­lis­tes les plus écu­lés, de l’islam reli­gion de mort »… 3) cli­chés anciens « chers » à Renan et Le Bon… 4)… ces vieille­ries datées (dates à l’appui) et donc obso­lè­tes… 5)… tan­dis que leur « socio­lo­gie » à eux, hein !

Nos inqui­si­teurs repro­chent au jour­na­lis­te algé­rien d’essen­tia­li­ser « le mon­de d’Allah », qu’il rédui­rait à un espa­ce res­treint (le sien, décrit ain­si avec condes­cen­dan­ce : « Cer­tai­ne­ment mar­qué par son expé­rien­ce durant la guer­re civi­le algé­rien­ne (1992-1999) [C’est moi qui sou­li­gne, et même deux fois, s’agissant du mot expé­rien­ce, si déli­ca­te­ment choi­si] Daoud ne s’embarrasse pas de nuan­ces et fait des isla­mis­tes les pro­mo­teurs de cet­te logi­que de mort. »), selon une « appro­che cultu­ra­lis­te ». En cela, ils rejoi­gnent les posi­tions de l’essayiste amé­ri­ca­no-pales­ti­nien Edward Saïd pour qui l’Orient serait une fabri­ca­tion de l’Occident post-colo­nia­lis­te. Com­me si les cultu­res n’existaient pas, jusqu’à leurs dif­fé­ren­ces ; de même pour les civi­li­sa­tions, y com­pris la musul­ma­ne, bien enten­du.

"Que se cache donc derrière le mysticisme des fascistes, ce mysticisme qui fascinait les masses ?" W. Reich

« Que se cache donc der­riè­re le mys­ti­cis­me des fas­cis­tes, ce mys­ti­cis­me qui fas­ci­nait les mas­ses ? » W. Rei­ch

À ce pro­pos, reve­nons aux com­pè­res Renan et Le Bon, en effet contem­po­rains et nul­le­ment arrié­rés com­me le sous-enten­dent nos néo-aya­tol­lahs. Je gar­de les meilleurs sou­ve­nirs de leur fré­quen­ta­tion dans mes années « sex­po­lien­nes » – sexo-poli­ti­ques et rei­chien­nes –, lors­que l’orthodoxie mar­xis­te se trou­va fort ébran­lée, à par­tir de Mai 68 et bien au-delà. Pour un peu je reli­rais cet­te Vie de Jésus, d’Ernest Renan, dont Rei­ch s’était notam­ment ins­pi­ré pour écri­re Le Meur­tre du Christ ; de même, s’agissant de Psy­cho­lo­gie des fou­les, de Gus­ta­ve Le Bon, dont on retrou­ve de nom­breu­ses tra­ces dans Psy­cho­lo­gie de mas­se du fas­cisme du même Wil­helm Rei­ch. Les agres­sions de Colo­gne peu­vent être ana­ly­sées selon les cri­tè­res rei­chiens du refou­le­ment sexuel et des cui­ras­ses carac­té­riel­le et cor­po­rel­le pro­pi­ces aux enrô­le­ments dans les idéo­lo­gies fas­cis­tes et mys­ti­ques. Ces cri­tè­res – avan­cés à sa maniè­re par Kamel Daoud – ne sont pas uni­ques et ne sau­raient nier les réa­li­tés « objec­ti­ves » des condi­tions de vie – elles se ren­for­cent mutuel­le­ment. Tan­dis que les accu­sa­teurs de Daoud sem­blent igno­rer ces com­po­san­tes psy­cho-sexuel­les et affec­ti­ves.

Trai­té com­me un arrié­ré, Daoud est ain­si accu­sé de psy­cho­lo­gi­ser les vio­len­ces sexuel­les de Colo­gne, et d’« effa­cer les condi­tions socia­les, poli­ti­ques et éco­no­mi­ques qui favo­ri­sent ces actes ». Lamen­ta­ble retour­ne­ment du pro­pos – selon une argu­men­ta­tion qui pour­rait se retour­ner avec per­ti­nen­ce !

Enfin, le jour­na­lis­te algé­rien se trou­ve taxé d’isla­mo­pho­bie… Accu­sa­tion défi­ni­ti­ve qui, en fait, à reli­re ces com­pè­res, se situe à l’origine de leur atta­que. Ce « sport de com­bat » désor­mais à la mode, inter­dit tou­te cri­ti­que de fond et clôt tout débat d’idées.

Le « dou­ble fat­wa­ti­sé » pour­ra cepen­dant trou­ver quel­que récon­fort dans des arti­cles de sou­tien. Ain­si, celui de Michel Guer­rin dans Le Mon­de du 27 février. Le jour­na­lis­te rap­pel­le que Kamel Daoud a déci­dé d’arrêter le jour­na­lis­me pour se consa­crer à la lit­té­ra­tu­re. « Il ne chan­ge pas de posi­tion mais d’instrument. » « Ce retrait, pour­suit-il, est une défai­te. Pas la sien­ne. Cel­le du débat. Il vit en Algé­rie, il est sous le coup d’une fat­wa depuis 2014, et cela don­ne de la chair à ses convic­tions. Du res­te, sa vision de l’islam est pas­sion­nan­te, hors nor­mes, car elle divi­se la gau­che, les fémi­nis­tes, les intel­lec­tuels. Une gran­de par­tie de la socio­lo­gie est contre lui mais des intel­lec­tuels afri­cains saluent son cou­ra­ge, Libé­ra­tion l’a défen­du, L’Obs aus­si, où Jean Daniel retrou­ve en lui “tou­tes les gran­des voix fémi­nis­tes his­to­ri­ques”. […] Ain­si va la confré­rie des socio­lo­gues, qui a le nez rivé sur ses sta­tis­ti­ques sans pren­dre en comp­te “la chair du réel”, écrit Aude Lan­ce­lin sur le site de L’Obs, le 18 février. »

Ain­si, cet­te remar­qua­ble tri­bu­ne de la roman­ciè­re fran­co-tuni­sien­ne Faw­zia Zoua­ri, dans Libé­ra­tion du 28 février, rétor­quant aux accu­sa­teurs :

« Voi­là com­ment on se fait les alliés des isla­mis­tes sous cou­vert de phi­lo­so­pher… Voi­là com­ment on réduit au silen­ce l’une des voix dont le mon­de musul­man a le plus besoin. »

 


Faw­zia Zoua­ri : « Il faut dire qu’il y a un... par fran­cein­ter


Kamel Daoud et les agressions de Cologne. Le « porno-islamisme » s’en prend à la femme autant qu’à la vie

Pour­quoi les isla­mis­tes détes­tent-ils autant les fem­mes ? Pour­quoi refu­sent-ils qu’elles pren­nent le volant, por­tent des jupes cour­tes, aiment libre­ment  ? Autant de ques­tions qui inter­pel­lent et déran­gent l’islam des extrê­mes et, par delà, l’islam en lui-même ain­si que les autres reli­gions mono­théis­tes. Le jour­na­lis­te-écri­vain algé­rien Kamel Daoud est l’un des tout pre­miers et trop rares intel­lec­tuels du mon­de musul­man à affron­ter de face ces ques­tions esqui­vées par les reli­gions – sans dou­te par­ce qu’elles leur sont consti­tu­ti­ves. Aujourd’hui, à pro­pos des agres­sions sexuel­les de fem­mes fin décem­bre à Colo­gne, il accu­se le « por­no-isla­mis­me » et inter­pel­le le regard de l’Occident por­té sur l’ « immi­gré », cet « autre », condam­né autant à la répro­ba­tion qu’à l’incompréhension.

Kamel Daoud, 2015 © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

Kamel Daoud, 2015 © Clau­de Truong-Ngoc / Wiki­me­dia Com­mons

S’inter­ro­ger vala­ble­ment sur l’islam conduit à décryp­ter les méca­nis­mes de hai­ne à l’œuvre dans les dis­cours reli­gieux. Ce qui, par ces temps de fana­tis­me assas­sin, ne va pas sans ris­ques. Sur­tout si on tou­che aux fon­da­men­taux. Ain­si, le 3 décem­bre 2014 dans l’émission de Lau­rent Ruquier On n’est pas cou­ché sur Fran­ce 2, Kamel Daoud décla­re à pro­pos de son rap­port à l’islam :

« Je per­sis­te à le croi­re : si on ne tran­che pas dans le mon­de dit ara­be la ques­tion de Dieu, on ne va pas réha­bi­li­ter l’homme, on ne va pas avan­cer. La ques­tion reli­gieu­se devient vita­le dans le mon­de ara­be. Il faut qu’on la tran­che, il faut qu’on la réflé­chis­se pour pou­voir avan­cer. »

Quel­ques jours plus tard, Daoud est frap­pé d’une fat­wa par un imam sala­fis­te, appe­lant à son exé­cu­tion « pour apos­ta­sie et héré­sie ». Depuis, le jour­na­lis­te, chro­ni­queur au Quo­ti­dien d’Oran, est pla­cé sous pro­tec­tion poli­ciè­re, avec tou­tes les contrain­tes qui s’ensuivent – Sal­man Rush­die, depuis la Gran­de-Bre­ta­gne, en sait quel­que cho­se…

En juin der­nier, dans un entre­tien à L’Humanité (2/06/15), Kamel Daoud insis­tait sur la ques­tion de la pla­ce – si on peut dire – de la fem­me dans l’islam :

«Le rap­port à la fem­me est le nœud gor­dien, en Algé­rie et ailleurs. Nous ne pou­vons pas avan­cer sans gué­rir ce rap­port trou­ble à l’imaginaire, à la mater­ni­té, à l’amour, au désir, au corps et à la vie entiè­re. Les isla­mis­tes sont obsé­dés par le corps des fem­mes, ils le voi­lent car il les ter­ri­fie. Pour eux, la vie est une per­te de temps avant l’éternité. Or, qui repré­sen­te la per­pé­tua­tion de la vie ? La fem­me, le désir. Donc autant les tuer. J’appelle cela le por­no-isla­mis­me. Ils sont contre la por­no­gra­phie et com­plè­te­ment por­no­gra­phes dans leur tête. (…) Quand les hom­mes bou­gent, c’est une émeu­te. Quand les fem­mes sont pré­sen­tes, c’est une révo­lu­tion. Libé­rez la fem­me et vous aurez la liber­té.  »

Ces jours-ci, dans un arti­cle publié en Ita­lie dans le quo­ti­dien La Repub­bli­ca et repris par Le Mon­de (31/01/16), Kamel Daoud revient à nou­veau sur la ques­tion de la fem­me en islam, cet­te fois sous l’actualité brû­lan­te des évé­ne­ments de la saint-Syl­ves­tre à Colo­gne. Il pous­se son ana­ly­se sous l’angle des « jeux de fan­tas­mes des Occi­den­taux », « jeu d’images que l’Occidental se fait de l’« autre », le réfu­gié-immi­gré : angé­lis­me, ter­reur, réac­ti­va­tion des peurs d’invasions bar­ba­res ancien­nes et base du binô­me bar­ba­re-civi­li­sé. Des immi­grés accueillis s’attaquent à « nos » fem­mes, les agres­sent et les vio­lent. »

meursaultsJour­na­lis­te et essayis­te algé­rien, chro­ni­queur au Quo­ti­dien d’Oran, Kamel Daoud est notam­ment l’auteur de Meur­sault, contre-enquê­te (Actes Sud, 2014), Prix Gon­court du pre­mier roman. Il s’agit d’une sor­te de contre­point à L’Étranger de Camus. Phi­lip­pe Ber­ling en a tiré une piè­ce, Meur­saults, jouée jusqu’au 6 février au Théâ­tre des Ber­nar­di­nes à Mar­seille.

Daoud ne cher­che pas d’excuses aux agres­seurs mais s’essaie à com­pren­dre, à expli­quer – ce qui ne sau­rait plai­re à Valls ! Donc, il rejet­te cet­te « naï­ve­té », cet angé­lis­me pro­je­té sur le migrant par le regard occi­den­tal, qui « voit, dans le réfu­gié, son sta­tut, pas sa cultu­re […] On voit le sur­vi­vant et on oublie que le réfu­gié vient d’un piè­ge cultu­rel que résu­me sur­tout son rap­port à Dieu et à la fem­me. »

Il pour­suit : « Le réfu­gié est-il donc « sau­va­ge » ? Non. Jus­te dif­fé­rent, et il ne suf­fit pas d’accueillir en don­nant des papiers et un foyer col­lec­tif pour s’acquitter. Il faut offrir l’asile au corps mais aus­si convain­cre l’âme de chan­ger. L’Autre vient de ce vas­te uni­vers dou­lou­reux et affreux que sont la misè­re sexuel­le dans le mon­de ara­bo-musul­man, le rap­port mala­de à la fem­me, au corps et au désir. L’accueillir n’est pas le gué­rir. »

Daoud refor­mu­le sa « thè­se » :

« Le rap­port à la fem­me est le nœud gor­dien, le second dans le mon­de d’Allah [après la ques­tion de Dieu, Ndlr]. La fem­me est niée, refu­sée, tuée, voi­lée, enfer­mée ou pos­sé­dée. Cela déno­te un rap­port trou­ble à l’imaginaire, au désir de vivre, à la créa­tion et à la liber­té. La fem­me est le reflet de la vie que l’on ne veut pas admet­tre. Elle est l’incarnation du désir néces­sai­re et est donc cou­pa­ble d’un cri­me affreux : la vie. » « L’islamiste n’aime pas la vie. Pour lui, il s’agit d’une per­te de temps avant l’éternité, d’une ten­ta­tion, d’une fécon­da­tion inuti­le, d’un éloi­gne­ment de Dieu et du ciel et d’un retard sur le ren­dez-vous de l’éternité. La vie est le pro­duit d’une déso­béis­san­ce et cet­te déso­béis­san­ce est le pro­duit d’une fem­me. »

Cer­tes, une tel­le ana­ly­se, par sa fines­se et sa per­ti­nen­ce, ne ris­que pas d’être enten­due par les fronts bas de l’extrême-droite – et pas seule­ment par eux. Ni chez les fana­ti­ques reli­gieux, bien sûr ; peut-être pas non plus chez ceux que l’on dit « modé­rés », tant la fron­tiè­re peut être min­ce des uns aux autres. Alors, à qui s’adresse Daoud ? – et avec quel­les chan­ces d’être enten­du ? – quand il par­le – naï­ve­ment ? – de « convain­cre l’âme de chan­ger »… et quand il sou­li­gne que « le sexe est la plus gran­de misè­re dans le « mon­de d’Allah » ?

Et de reve­nir sur« ce por­no-isla­mis­me dont font dis­cours les prê­cheurs isla­mis­tes pour recru­ter leurs « fidè­les » :

« Des­crip­tions d’un para­dis plus pro­che du bor­del que de la récom­pen­se pour gens pieux, fan­tas­me des vier­ges pour les kami­ka­zes, chas­se aux corps dans les espa­ces publics, puri­ta­nis­me des dic­ta­tu­res, voi­le et bur­ka. L’islamisme est un atten­tat contre le désir. Et ce désir ira, par­fois, explo­ser en ter­re d’Occident, là où la liber­té est si inso­len­te. Car « chez nous », il n’a d’issue qu’après la mort et le juge­ment der­nier. Un sur­sis qui fabri­que du vivant un zom­bie, ou un kami­ka­ze qui rêve de confon­dre la mort et l’orgasme, ou un frus­tré qui rêve d’aller en Euro­pe pour échap­per, dans l’errance, au piè­ge social de sa lâche­té : je veux connaî­tre une fem­me mais je refu­se que ma sœur connais­se l’amour avec un hom­me. »

Et, pour finir : « Retour à la ques­tion de fond : Colo­gne est-il le signe qu’il faut fer­mer les por­tes ou fer­mer les yeux ? Ni l’une ni l’autre solu­tion. Fer­mer les por­tes condui­ra, un jour ou l’autre, à tirer par les fenê­tres, et cela est un cri­me contre l’humanité.

« Mais fer­mer les yeux sur le long tra­vail d’accueil et d’aide, et ce que cela signi­fie com­me tra­vail sur soi et sur les autres, est aus­si un angé­lis­me qui va tuer. Les réfu­giés et les immi­grés ne sont pas réduc­ti­bles à la mino­ri­té d’une délin­quan­ce, mais cela pose le pro­blè­me des « valeurs » à par­ta­ger, à impo­ser, à défen­dre et à fai­re com­pren­dre. Cela pose le pro­blè­me de la res­pon­sa­bi­li­té après l’accueil et qu’il faut assu­mer. »

Où l’on voit que la « guer­re » ne sau­rait condui­re à la paix dans les cœurs… Dans ce pro­ces­sus his­to­ri­que mil­lé­nai­re par­cou­ru de reli­gions et de vio­len­ce, de conquê­tes et de domi­na­tion, de refou­le­ments sexuels, de néga­tion de la fem­me et de la vie, de hai­nes et de res­sen­ti­ments remâ­chés… de quel endroit de la pla­nè­te pour­ra bien sur­gir la sages­se humai­ne ?


Marseille. Une (autre) origine du monde

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Concep­tion : Eli­za­be­th Saint-Jal­mes (sculp­tu­res), Mathil­de Mon­freux (écri­tu­re). Avec : Jes­sy Cos­te, Gaël­le Pra­nal, Vir­gi­nie Tho­mas, Mathil­de Mon­freux, Blan­di­ne Pinon, Eli­za­be­th Saint-Jal­mes. Musi­que : Fran­çois Ros­si (bat­teur). Spec­ta­cle pré­sen­té par Lieux publics, cen­tre natio­nal de créa­tion en espa­ce public.lieux p

Aujourd’hui, « Sirè­nes et midi net ». Tou­jours aus­si ins­pi­ré, essen­tiel : cha­que pre­mier mer­cre­di du mois, à l’heure de l’alerte géné­ra­le, entre ses deux sal­ves de sirè­nes hur­lan­tes, la magie du théâ­tre vient secouer la vil­le de sa quo­ti­dien­ne­té, de sa tor­peur. Avec effet rela­tif : il faut déjà être un peu éveillé pour ain­si se « kar­ché­ri­ser » le cer­veau. Deux ou trois cents bra­ves, seule­ment, osent s’y ris­quer (sans ris­ques), à l’heure où la nor­ma­li­té est à son ordi­nai­re ouvra­ge.

Des for­mes infor­mes, des paquets d’entrailles, de la chair, de la vian­de, des glan­des, de la cer­vel­le, du mou, du dégou­li­nant. Tout ça sur la scè­ne, tout ce tas se met à trem­bler com­me de la géla­ti­ne, puis à remuer com­me des paquets de boyaux tom­bés d’on ne sait quel ven­tre céles­te ou chao­ti­que. C’est l’origine du mon­de, mais pas à la Cour­bet, bien avant, dans le grand coït créa­teur de la matiè­re sans nom, l’innommable mag­ma. L’origine ou bien la fin, la der­niè­re apo­ca­lyp­se, com­me cel­le qui nous guet­te ; cel­le que nous pré­di­sent radios, télés, gazet­tes, heu­re par heu­re, jour après jour. Ça pour­rait res­sem­bler à ça, et les êtres, dès lors – nous-mêmes – pour­rions nous trans­for­mer en mons­truo­si­tés ges­ti­cu­lan­tes, à bout de souf­fle, venant mou­rir-pour­rir sur le mar­bre, devant l’Opéra de Mar­seille, com­me sur le billot d’un bou­cher sans pitié.

Pas drô­le, hein ? Tan­dis qu’un bat­teur se déchaî­ne sur ses fûts et cym­ba­les, les paquets glo­bu­leux entrent en dan­se dans la tran­se.

Il faut être là, pour ces dix minu­tes d’opéra sau­va­ge, cha­que pre­mier mer­cre­di du mois, devant l’Opéra de Mar­seille. Tout de même pas dur à rete­nir ! Et à noter pour des Mar­seillais de pas­sa­ge.


« Humanités »… Tout un programme sur France 5

Inti­tu­ler  Huma­ni­tés un nou­veau pro­gram­me de docu­men­tai­res, c’est une idée pro­met­teu­se de Fran­ce 5. Beau titre et géné­ri­que super­be dû à Célia Riviè­re, sur des illus­tra­tions de Théo Gui­gnard et une musi­que de Sacha Gal­pe­ri­ne. Tout un pro­gram­me, en effet. « Si votre plu­ma­ge se rap­por­te à… »


Pâques. Ça tourne pas rond

oeufs pâques planètes

© Solar Walk

« Pâque »vient du latin popu­lai­re *pas­cua »   (« nour­ri­tu­re », du ver­be pas­ce­re « paî­tre »), emprun­té au grec πάσχα / pás­kha, lui-même emprun­té à l’hébreu פסח Pessa’h « il pas­sa [par-des­sus] », d’où « pas­sa­ge », est le nom de la fête jui­ve qui com­mé­mo­re la sor­tie d’Égypte. D’après les Évan­gi­les, c’est pen­dant cet­te fête jui­ve (qui dure 8 jours) qu’eut lieu la résur­rec­tion de Jésus ; c’est pour­quoi le nom en a été repris pour dési­gner la fête chré­tien­ne. [Wiki­pe­dia]

Tant qu’on en est à célé­brer des sor­net­tes, engram­mées dans notre patri­moi­ne cultu­rel, revoyons notre sys­tè­me pla­né­tai­re à la mode ovoï­de. Et révi­sons les fon­da­men­taux reli­gieux avec un mini­mum de savoir ration­nel remon­tant aux rites païens. Où l’on retrou­ve l’éternelle ques­tion de l’œuf ou du… lapin. La répon­se appar­tient à cha­cun, à ses rêves, croyan­ces, ima­gi­nai­res, dési­rs… ou refou­le­ments.

Cet « Hap­py Eas­ter ! »» vient du mon­de anglo-saxon et de son folk­lo­re lié la dées­se ger­ma­ni­que Oste­ra (Eas­ter pour les Anglo-saxons et Eas­tre pour les Scan­di­na­ves) dont le lapin, ou le liè­vre,  était l’attribut sym­bo­li­sant la fécon­di­té. Mais de nom­breu­ses cou­tu­mes datant de la plus hau­te Anti­qui­té des­ti­nées à accueillir le retour du prin­temps se rat­ta­chè­rent à la fête de Pâques. L’œuf est le sym­bo­le de la ger­mi­na­tion qui se pro­duit au début du prin­temps.

Pas très catholique…

Pas très catho­li­que…

La tra­di­tion d’offrir des œufs remon­te à l’Antiquité. Les Égyp­tiens et les Romains offraient des œufs peints à la dées­se mère (Vénus, Isis, Semi­ra­mis...). À l’époque pha­rao­ni­que, on écri­vait en cou­leurs des vœux sur les œufs, on les dépo­sait le soir dans un panier qui, au matin était inon­dé par les bien­faits de Ra, le Soleil. Les pre­miers chré­tiens cop­tes ont sup­pri­mé l’écriture des vœux et peint les œufs en rou­ge pour sym­bo­li­ser le sang du Christ. Cet­te tra­di­tion païen­ne s’est répan­due dans tou­te la chré­tien­té jusqu’à nos jours (le com­mer­ce ayant quel­que peu adap­té les pro­duits… > ima­ge impie ci-contre).

Com­me pour Noël, la date de Pâques cor­res­pond à des évé­ne­ments astro­no­mi­ques mar­quant les rites païens. La défi­ni­tion actuel­le de la date de Pâques a été arrê­tée en 325 lors du conci­le de Nicée. « Pâques est le diman­che qui suit le qua­tor­ziè­me jour de la Lune qui atteint cet âge au 21 mars ou immé­dia­te­ment après  ». Le qua­tor­ziè­me jour de la Lune étant le jour de la plei­ne Lune et le 21 mars cor­res­pon­dant à la date de l’équi­noxe de prin­temps, cet­te défi­ni­tion est sou­vent tra­dui­te de la maniè­re sui­van­te : Pâques est le pre­mier diman­che qui suit la pre­miè­re plei­ne Lune de Prin­temps. Cet­te secon­de défi­ni­tion est trom­peu­se car elle lais­se enten­dre que la date de Pâques est le résul­tat d’un cal­cul astro­no­mi­que basé sur la déter­mi­na­tion de l’équinoxe de prin­temps et de la pre­miè­re plei­ne Lune sui­vant cet équi­noxe. En réa­li­té il n’en est rien, le cal­cul de la date de Pâques se fait à l’aide d’un calen­drier per­pé­tuel lunai­re uti­li­sant une Lune moyen­ne fic­ti­ve (Lune ecclé­sias­ti­que). Cet­te métho­de de cal­cul por­te le nom de com­put ecclé­sias­ti­que.  [ http://www.imcce.fr/promenade/pages4/440.html ]

Ain­si va le mon­de. « Et pour­tant il tour­ne » – pas bien rond.


Un peu d’art dans ce monde de brutes

Louis Jean François Lagrenée, "Amour et Psyché"

Louis Jean Fran­çois Lagre­née, « Amour et Psy­ché »

« Vois-tu ce que je vois ? », me deman­de un copain de « C’est pour dire »  en me joi­gnant la vidéo ci-des­sous, pour le moins fas­ci­nan­te… Je ren­voie la ques­tion aux visi­teurs du lieu. 

Il s’agit d’un mon­ta­ge-ani­ma­tion, une vidéo de dix minu­tes fai­sant défi­ler une cen­tai­ne de pein­tu­res néo-clas­si­ques, roman­ti­ques et baro­ques, de la Renais­san­ce à la fin du XIXe siè­cle. On en trou­ve la lis­te sur le site de l’auteur, le réa­li­sa­teur ita­lien Rino Ste­fa­no Taglia­fier­ro. Cha­peau les artis­tes !

Alors, vos impres­sions, réflexions ?


Marseille-Provence 2013. Fin de capitale

« Mar­seille - Capi­ta­le euro­péen­ne de la Cultu­re », c’est fini.  Elle s’est donc ache­vée ce 31 décem­bre par une super-pro­duc­tion pyro­tech­ni­que et audio-visuel­le. Un spec­ta­cle éblouis­sant, c’est le cas de le dire, par­ti­cu­liè­re­ment réus­si.

Ne gâtons pas ce plai­sir. Pour autant, s’agissant de ce gen­re de célé­bra­tions gran­dio­ses des­ti­nées à dyna­mi­ser une vil­le et une région tout au long d’une année, le bilan est évi­dem­ment miti­gé. En par­ti­cu­lier selon les points de vue, à par­tir des pôles extrê­mes : l’économique et le cultu­rel, deux domai­nes qui pei­nent à se croi­ser en har­mo­nie. Et, là enco­re, ce sont les gran­des struc­tu­res qui auront tiré leurs mar­rons du feu – enten­dez la gros­se part des som­mes dépen­sées.

Il est à cet égard symp­to­ma­ti­que que le satis­fe­cit relayé par La Pro­ven­ce de ce 1er jan­vier,  por­te sur­tout sur des don­nées chif­frées : nom­bres de visi­teurs enre­gis­trés ça et là, de spec­ta­cles pro­duits, de nui­tées d’hôtel ; pour­cen­ta­ges d’augmentation de ceci-cela… Un bilan-comp­ta­ble donc, tel qu’aiment en pré­sen­ter les patrons de la Cham­bre de com­mer­ce et d’industrie, des gros­ses entre­pri­ses, des gros­ses struc­tu­res de spec­ta­cles.

Bref, les gros sont contents d’avoir bien man­gé. Pour les autres, habi­tués aux miet­tes, espé­rons que l’ardoise de 2013 – et ses ral­lon­ges – ne les met­tra pas à la diè­te selon le vieux prin­ci­pe : pri­va­ti­sa­tion des pro­fits - socia­li­sa­tion des per­tes. En quoi l’année-vérité sera cel­le de 2014.

En atten­dant, voi­ci un petit flo­ri­lè­ge de la bel­le soi­rée fina­le.


Mar­seille-Pro­ven­ce 2013 - Spec­ta­cle final 31/12... par gerard-pon­thieu-9


Marseille « Kultur » - 2. Et je ressors mon revolver !

Amandine s'est surpassée. A rendre Pascale jalouse (voir le papier d'avant) [© fp]

Aman­di­ne s’est sur­pas­sée. A ren­dre Pas­ca­le jalou­se (voir le papier d’avant) [© fp]

…Par­ce qu’il y a « ça » aus­si, sur les rayons de la cultu­re triom­phan­te  (on écrit alors plu­tôt Kul­tur) :  Ce chef d’œuvre trô­ne du côté des pla­ges mar­seillai­ses, his­toi­re de célé­brer l’année Capi­ta­le. Pas mal non plus, et dans la même vei­ne concep­tuel­le; avec tou­te­fois un peu plus d’audace; on a dû ici fai­re appel à la sou­du­re et à des maté­riaux plus riche que le bois de cageot si carac­té­ris­ti­que de l’oeuvre pré­cé­dem­ment ana­ly­sée par notre chro­ni­queur artis­ti­que. Mais la fai­bles­se de l’admirable cho­se vient indé­nia­ble­ment de son inti­tu­lé, pla­te­ment des­crip­tif.

2©fp

Alors là, Aman­di­ne, je regret­te d’avoir à vous le dire aus­si crû­ment : Vous vous êtes pas fait chier !

Et  puis, nous avons aus­si trou­vé ce monu­ment d’avant-garde, nou­vel­le­ment repen­sé et redé­co­ré. Ça peut se visi­ter (gra­tui­te­ment) sur le pla­teau de Puy­ri­card, non loin d’Aix-en-Provence, vil­le d’eau et d’art com­me on sait.

Les pendouilleries ornent joliment ce château du XXe, lui ajoutant une touche de modernité technologique. Un joyau d'architecture et d'urbanisme.

Les pen­douille­ries ornent joli­ment ce châ­teau du XXe, lui ajou­tant une tou­che de moder­ni­té tech­no­lo­gi­que. Un joyau d’architecture et d’urbanisme.


Marseille (et au-delà) – Quand j’entends le mot culture…

« Quand j’entends le mot “cultu­re”, je sors mon revol­ver ». Je me conten­te­rai de sor­tir ce billet et des pho­tos.

Une sorte de caisse, dure à encaisser. [Ph. gp]

Une sor­te de cais­se, dure à encais­ser. [Ph. gp]

Les fau­teurs de « Mar­seille-Pro­ven­ce 2013 - Capi­ta­le de la Cultu­re » ont eu à pro­mou­voir tou­tes sor­tes de « pro­duits cultu­rels » afin de rem­plir les cad­dies de la gran­de dis­tri­bu­tion artis­ti­co-cultu­reu­se. Tout un fatras a donc dû être four­ni, sou­vent dans l’urgence, par­fois pour le pire, mais aus­si pour le  meilleur – ne soyons ni par trop néga­tifs, ni trop géné­ra­li­sants.

En tout cas, au vu des pho­tos, on tou­che quand même ici le fond du fond pour ce qui est du fou­ta­ge de gueu­le et de déna­tu­ra­tion en matiè­re de « cultu­re ».

Soit deux cais­ses en bois ; l’une, cubi­que, pein­te en gris, ser­vi­ra de socle à l’autre, paral­lé­lé­pi­pé­di­que, mon­tée sur palet­te de chan­tier, en bois brut, tien­dra lieu d’œuvre d’art. Pour ain­si créer cet­te illu­sion gros­siè­re, un tour de magie lit­té­ra­le suf­fi­ra, soit la concep­tion d’un écri­teau sur lequel on écri­ra…

… Quoi, au fait ?

Là, l’Auteure, se creu­se le chou ; convo­que, si ça se trou­ve, un remue-ménin­ges d’instruits-cons, un col­lo­que, un sémi­nai­re. Bref, on abou­tit à cet­te chiu­re :

Tromperie sur la marchandise, usage de faux, marchandise avariée…

Trom­pe­rie sur la mar­chan­di­se, usa­ge de faux, mar­chan­di­se ava­riée… On mon­te des pro­cès pour moins. Ici, elle est estam­pillée et cau­tion­née offi­ciel­le­ment !

Oh, c’est qu’il doit y avoir là-des­sous, du jus de concept à hau­te valeur ajou­tée. Oui, cer­tes, envoyez la mon­naie ! Car on aime­rait connaî­tre le mon­tant de la fac­tu­re, afin d’évaluer l’œuvre à la hau­teur de son escro­que­rie intel­lec­tuel­le, mora­le, et péna­le.

 Cet­te « cho­se » est une hon­te. Tel­le­ment hon­teu­se qu’elle a même lais­sé indif­fé­ren­tes les habi­tuel­les bri­ga­des de tagueurs – jus­te une timi­de ten­ta­ti­ve, tout de même gom­mée.

Tan­dis que der­riè­re, un cer­tain Pier­re Puget, mis en aby­me (la sculp­tu­re du sculp­teur en train de sculp­ter ; l’oeuvre est de Hen­ri-Édouard Lom­bard), jet­te un regard qui ne sem­ble pas de mar­bre. Cet « enfant de Mar­seille », dixit la pla­que, ce sculp­teur, archi­tec­te et pein­tre (1620-1694), « a por­té au loin les mar­ques de son génie et le nom de sa vil­le ». On lui doit, entre autres, l’architecture de La Vieille Cha­ri­té.

Tan­dis que cet­te boî­te, pré­ten­tieu­se et ridi­cu­le, vient fai­re inju­re à l’artiste, plus géné­ra­le­ment à l’art et tout bon­ne­ment au citoyen qui aura été tenu, sans son avis, de payer cet affront.

N’est-ce pas de la sor­te qu’on contri­bue à dés­in­té­grer une socié­té ? À jeter ses mem­bres ain­si mépri­sés dans les bras des popu­lis­tes si prompts à dénon­cer ces « éli­tes » qui se paient la gueu­le du popu­lo.

Un rap­pel (dou­lou­reux) : la fameu­se phra­se « Quand j’entends le mot “cultu­re”, je sors mon revol­ver » a été faus­se­ment attri­buée à Her­mann Göring, ou à Jose­ph Goeb­bels (en alle­mand : « Wenn ich “Kul­tur” höre... ent­si­che­re ich mei­nen Brow­ning » lit­té­ra­le­ment : « Quand j’entends le mot “cultu­re”, j’ôte le cran de sûre­té de mon Brow­ning ».) En réa­li­té, bien qu’elle ait été effec­ti­ve­ment repri­se par B. von Schi­ra­ch (chef des jeu­nes­ses hit­lé­rien­nes), com­me par d’autres natio­naux-socia­lis­tes, c’est un écri­vain alle­mand, Hanns Johst (1890-1978), lui-même natio­nal-socia­lis­te, qui est l’auteur de cet­te for­mu­le qu’il a pla­cée com­me répli­que d’un per­son­na­ge de l’une de ses piè­ces de théâ­tre, à la gloi­re de Hit­ler, inti­tu­lée « Schla­ge­ter » (1933). » (Wiki­pé­dia)

Si la cita­tion n’a pas l’auteur qu’on lui attri­bue, elle éma­ne bien de sa famil­le cri­mi­nel­le.

 Pre­nons gar­de à ne pas entre­te­nir ce tra­fic d’armes.

 

»> Sur le thè­me, un blog recom­man­da­ble « Cultu­re & Revol­ver »


Appel à dénoncer et boycotter la collaboration de « Marseille-Provence 2013  » avec l’État d’Israël

Le gou­ver­ne­ment israé­lien a déci­dé de fai­re de Mar­seille capi­ta­le euro­péen­ne de la cultu­re un outil pour « modi­fier son ima­ge ». Un cer­tain nom­bre de citoyens, par­mi les­quels des artis­tes, res­pon­sa­bles de struc­tu­res cultu­rel­les ou d’édition, soli­dai­res du peu­ple pales­ti­nien, refu­sent de cau­tion­ner une tel­le opé­ra­tion de pro­pa­gan­de. Ils ont signé et lan­cé un appel de pro­tes­ta­tion contre cet­te manœu­vre de séduc­tion.

Voi­ci le tex­te de cet appel :

 « Pas en notre nom »

Appel d’artistes, de res­pon­sa­bles de struc­tu­res cultu­rel­les, de spec­ta­teurs, soli­dai­res du peu­ple pales­ti­nien

« A l’occasion de « Mar­seille capi­ta­le euro­péen­ne de la cultu­re 2013 », le Consu­lat d’Israël à Mar­seille a orga­ni­sé la venue de nom­breux artis­tes pour une qua­ran­tai­ne de ren­dez-vous appe­lés « Israël en scè­ne 2013 ». Il ne s’agit pas de sim­ples évé­ne­ments artis­ti­ques et cultu­rels, mais d’une véri­ta­ble opé­ra­tion de pro­pa­gan­de des­ti­née à « chan­ger l’image d’Israël » dans l’opinion fran­çai­se, direc­te­ment orga­ni­sée par le gou­ver­ne­ment israé­lien. Les artis­tes ain­si ins­tru­men­ta­li­sés ne peu­vent l’ignorer.

(Lire la sui­te…)


Marseille. Pétition contre une subvention de 400 000 euros pour un concert de David Guetta

Les élus de Mar­seille ont accor­dé une sub­ven­tion de 400 000 euros pour un concert payant de David Guet­ta le 23 juin, à Mar­seille. Cet argent public va ali­men­ter les cais­ses d’un pro­duc­teur pri­vé. Avec des pla­ces entre 40 et 55 euros, les recet­tes du concert sont esti­mées à envi­ron 1 mil­lion d’euros. Cet­te sub­ven­tion est donc injus­ti­fia­ble, alors qu’il y a mieux à fai­re pour la cultu­re à Mar­seille !

Adres­sée au mai­re Jean-Clau­de Gau­din, une péti­tion contre cet­te folie a déjà recueilli plus de 35 000 signa­tu­res. A 50 000, un recours devant le conseil muni­ci­pal sera envi­sa­gea­ble pour fai­re annu­ler la déci­sion.

En plei­ne pério­de de cri­se, mobi­li­sons-nous pour que l’argent public ne soit pas gas­pillé ain­si !

Le 10 décem­bre 2012, il a été déci­dé en conseil muni­ci­pal de Mar­seille d’octroyer la som­me de 400 000 euros à la socié­té Adam Pro­duc­tions afin de pro­dui­re un concert de David Guet­ta et Mika le 23 juin au Parc Boré­ly (mis à dis­po­si­tion par la Vil­le de Mar­seille), dans le cadre de Mar­seille Pro­ven­ce 2013, Capi­ta­le euro­péen­ne de la Cultu­re.

Mal­gré cet­te sub­ven­tion publi­que, la billet­te­rie mise en pla­ce annon­ce des tarifs com­pris entre 44 et 59 euros.

Cet­te péti­tion ne contes­te pas la pro­gram­ma­tion mais le finan­ce­ment public qui n’est pas jus­ti­fié. Les contri­bua­bles devront donc finan­cer un concert qui ne sera même pas acces­si­ble au plus grand nom­bre!

1. Cet­te sub­ven­tion aurait pu béné­fi­cier à des asso­cia­tions ou à des artis­tes contri­buant réel­le­ment au rayon­ne­ment de Mar­seille et à Mar­seille 2013  et ayant réel­le­ment besoin de finan­ce­ments. David Guet­ta est l’un des artis­tes fran­çais les mieux payés...

2. Cet­te som­me est d’autant plus inac­cep­ta­ble qu’elle ne per­met même pas de pro­po­ser des pla­ces à un tarif abor­da­ble pour le grand public!

3. La vil­le s’est mon­trée sou­vent réti­cen­te face aux évè­ne­ments musi­caux en plein air (Mar­sa­tac, Buvet­te Dis­co...). Là, aucun pro­blè­me.

En plus des lar­ges­ses de la mai­rie, le lieu est mis à dis­po­si­tion gra­tui­te­ment pour Adam pro­duc­tion qui aura éga­le­ment l’entière recet­te des ven­tes de billets, des bois­sons et autres pro­duits ven­dus sur pla­ce. Une recet­te esti­mée à 1,1 mil­lion d’euros.

Il s’agit donc bien d’un cadeau de la Vil­le à une entre­pri­se pri­vée...

Pour que l’argent public finan­ce la cultu­re et les artis­tes locaux plu­tôt que les pro­duc­teurs inter­na­tio­naux, signez la péti­tion et dif­fu­sez-là autour de vous.


Lascaux et le brave Sarkozy. Ou le péril politico-préhistorique

« Le Mon­de » don­ne dans l’antisarkozisme pri­mai­re. Ain­si sa une du 12 sep­tem­bre pré­di­sant le plus « grand péril » à la grot­te de Las­caux – pour cau­se d’une visi­te par­ti­cu­liè­re. Laquel­le a d’ailleurs don­né lieu à une « sor­tie » dont notre fameux pré­si­dent a le secret.

Com­me le signa­le Domi­ni­que Dréan dans un com­men­tai­re ci-des­sous – se réfé­rant au blog des cor­rec­teurs du Mon­de –, Sar­ko­zy s’est cru malin de com­men­ter sa visi­te en ces ter­mes : “Le bra­ve néan­der­ta­lien avait par­fai­te­ment com­pris qu’ici, c’était plus tem­pé­ré qu’ailleurs, qu’il devait y avoir du gibier, qu’il fai­sait beau et qu’il y fai­sait bon vivre.”  « Le Mon­de », en effet, a eu du pif en pres­sen­tant le péril sar­ko­zien mena­çant Las­caux. Néan­der­ta­liens, Cro-magnons, tout ça c’est des sau­va­ges de la même espè­ce, des Roms en quel­que sor­te, dont les grot­tes gros­siè­re­ment déco­rées tenaient lieu de cara­va­nes.  En se mépre­nant sur quel­ques mil­liers d’années, le bra­ve pré­si­dent a enco­re per­du une occa­sion de mas­quer son igno­ran­ce. Ces pul­sions cultu­rel­les, c’est plus fort que lui.


Abolition des Roms et autres vagabonds. Hommage à la Sarkozie !

« C’était un temps dérai­son­na­ble »… Ils avaient vou­lu les exter­mi­ner. Juifs, homos, tzi­ga­nes. Je sais c’est gros, on n’en est pas là. Mais l’esprit rôde, dirait-on, à pas feu­trés, de ce chuin­te­ment des pan­tou­fles, plus inquié­tant par­fois que le bruit des bot­tes. Par­fois l’un annon­ce l’autre. Je n’aime pas ça du tout, j’ai peur et hon­te. Peur pour les vic­ti­mes à venir, déjà dans le col­li­ma­teur. Hon­te pour « mon pays », ce qu’il repré­sen­te et que j’aime à repré­sen­ter avec lui, en cet­te som­me de per­son­nes, de « bon­nes per­son­nes », tant qu’à s’identifier à un ensem­ble. « Vivre ensem­ble », la bel­le expres­sion deve­nue sub­stan­tif, au nom de l’idéal, jamais atteint tou­jours espé­ré.

« Gens du voya­ge »… La méta­pho­re est aus­si bel­le que trom­peu­se. Quels gens ? Ou bien « quel­les ». Mot à gen­re bizar­re, entre mas­cu­lin sin­gu­lier et fémi­nin plu­riel (com­me orgue et amour…) Et sur­tout quel « voya­ge » ? Là, dans l’infinité des dis­tin­guos, on tou­che à autant de visions du mon­de. Pour­quoi les Roms et les noma­des en géné­ral voya­gent-il de par le mon­de ? C’est une ano­ma­lie bien anor­ma­le. Et pour­quoi les homos sont-ils homo­sexuels, et les Juifs juifs ? Le mon­de est bien bizar­re.

Pas inté­gra­ble, les Roms. Donc ache­ver de les dés­in­té­grer : flics, com­man­dos, pro­cès, PV, expul­sions. Et cas­sons le ther­mo­mè­tre plu­tôt que de trai­ter la grip­pe. Quel­le grip­pe, au fait ? Cel­le d’un sys­tè­me grip­pé, et même pire : un régi­me aux abois, sans vision poli­ti­que, sinon de myo­pe ou d’aveugle même. Un « fait divers », une « bavu­re », voi­là ce qui tient lieu de cap à ces démo­lis­seurs achar­nés !

Les mêmes sont aus­si à la bas­se manœu­vre loca­le­ment. J’en ai un dans ma com­mu­ne en la per­son­ne du mai­re, adep­te du tout libé­ral mâti­né d’écolo-gadgetisme, aus­si social que les patrons de Neuilly. Venel­les, Bou­ches-du-Rhô­ne, 8.000 habi­tants, comp­te même moins de loge­ments sociaux (en pour­cen­ta­ge) que Neuilly ! Venel­les enfreint aus­si la loi en n’ayant tou­jours pas amé­na­gé de ter­rain d’accueil des­ti­né aux gens du voya­ge – que son mai­re fait chas­ser à l’occasion à coups de ren­forts poli­ciers… *

Bien sûr que les Roms posent quel­ques pro­blè­mes. Même les « gens biens » s’en posent entre eux, et par­fois des autre­ment mégas ! Oui, les Roms vivo­tent de com­bi­nes et même de lar­cins, se fou­tent de l’écologie com­me de la bouf­fe bio, dégueu­las­sent leurs cam­pe­ments, etc. Mais bien moins que chez les Bet­ten­court-Woer­th, non ? Euh… sauf peut-être pour ce qui est des cam­pe­ments, ici et là, selon les îles pri­vées ou les havres dans quel­que para­dis fis­cal…

Et c’est alors qu’un bon fait divers arri­ve à point nom­mé pour fai­re diver­sion. Un bon coup der­riè­re la tête de ces boucs émis­sai­res sans défen­ses, si ce n’est leurs déri­soi­res cor­nes face au bou­clier éta­ti­que. Un bon coup de poing sur la table du pou­voir à la déri­ve, selon la recet­te pub « un Mars et ça repart ! » Ouais… En poli­ti­que aus­si la pub (ou la com’, c’est tout com­me), ça rend gros et con – et dan­ge­reux.

––––––––

* Exem­ple de pro­pos publics : « Mada­me, Mon­sieur, vous avez pu obser­ver et, pour cer­tains d’entre vous subir, la pré­sen­ce de gens du voya­ge ins­tal­lés sur un ter­rain pri­vé pro­che de la rési­den­ce des Ver­gers de Venel­les. […] J’ai été immé­dia­te­ment infor­mé et j’ai deman­dé à la Poli­ce muni­ci­pa­le d’engager, dans le dia­lo­gue, des mesu­res fer­mes pour leur départ dans les meilleurs délais. […] Il est anor­mal que dans une démo­cra­tie, des mino­ri­tés impo­sent leur sty­le de vie à la majo­ri­té paci­fi­que qui peu­ple notre Pays. […] Je vous prie de bien vou­loir noter le numé­ro de télé­pho­ne por­ta­ble de la Poli­ce muni­ci­pa­le de Venel­les qui inter­vient 24 h sur 24 : 06 09 95 12 79. » Jean-Pier­re Saez, mai­re UMP de Venel­les (13), vice-pré­si­dent de la Com­mu­nau­té d’agglomérations du Pays d’Aix, 15/05/02


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­pren­dre que les cho­ses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fi­que, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croi­re les cho­ses par­ce qu’on veut qu’elles soient, et non par­ce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lip­pe Casal, 2004 - Cen­tre natio­nal des arts plas­ti­ques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­fes­te.
    (Clau­de Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­ti­que), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la gra­ce de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquet­te cou­leur et boî­tier rigi­de ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Com­me un nua­ge, album pho­tos et tex­te mar­quant le 30e anni­ver­sai­re de la catas­tro­phe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant clo­se (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en ven­te au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adres­se pos­ta­le !)

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tira­ge soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, pri­ses en Pro­ven­ce et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­ti­que sur le thè­me d’« après le nua­ge ». Cet­te créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thè­me du nucléai­re », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de tou­tes nos croyan­ces. (Ber­trand Rus­sel)

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    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­tai­gne - Essais, I, 26

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