On n'est pas des moutons

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« En ces temps troublés ». Quand le maire d’Argenteuil se fait programmateur-censeur de cinéma

Comme ça, à lui tout seul, d’un trait de plume municipal, Georges Mothron, maire Les Républicains d’Argenteuil, décide si ses concitoyens peuvent ou non aller voir un film au cinéma – et même deux.

Voici l’affaire, résumée par Le Figaro [30/04/2016] :

« Le cinéma Le Figuier blanc a dû annuler il y a quelques jours la projection de deux films en raison d'une demande expresse du maire de la ville du Val-d'Oise, qui craignait que leurs sujets «mettent le feu aux poudres» dans la commune.

 G. Mothron dans ses œuvres

Maire-argenteuil Georges Mothron• Pour «changer l'image de la ville» […] le boulevard Lénine et l'avenue Marcel Cachin sont rebaptisés respectivement boulevard du général Leclerc et avenue Maurice Utrillo.
• Le 6 août 2007, un arrêté municipal interdisant la mendicité dans le centre-ville d'Argenteuil est associé à la consigne aux agents de la voirie de diffuser du malodore, un répulsif nauséabond, dans les lieux fréquentés par les sans-abris. La campagne de presse nationale qui s'ensuit et des controverses sur la rénovation urbaine en cours lui coûtent la mairie qui revient au socialiste Philippe Doucet aux élections 2008. Lors des élections municipales de 2014, il reprend la mairie d'Argenteuil face au maire sortant. [Wikipédia]

« […] La salle, associée à un centre culturel, a eu la curieuse surprise de recevoir la semaine dernière un courrier […] dans lequel l'élu demandait la déprogrammation de deux films : La Sociologue et l'ourson, d'Étienne Chaillou et Mathias Thery, et 3000 nuits, de Mari Masri.

« Le premier, sorti le 6 avril, est un documentaire qui revient sur les débats autour du mariage homosexuel en suivant la sociologue Irène Théry et en mettant en scène, sur un mode pédagogique et ludique, des peluches et des jouets pour évoquer certaines questions et reconstituer des moments familiaux. Le second, diffusé depuis l'an dernier dans plusieurs festivals, raconte l'histoire de Layal, une jeune Palestienne incarcérée dans une prison israélienne, où elle donne naissance à un garçon.

« Des thèmes qui pour le maire de la commune sont sujets à la polémique, d'où leur interdiction. Dans les colonnes du Parisien, il explique que sa décision est «motivée par le fait qu'en ces temps troublés, des sujets tels que ceux-là peuvent rapidement mettre le feu aux poudres dans une ville comme Argenteuil». « Dans un souci d'apaisement [...]la ville a préféré jouer la sécurité en ne diffusant pas ces films, évitant ainsi des réactions éventuellement véhémentes de certains», ajoute-t-il. Mais l'exigence de l'édile a surtout provoqué une volée de bois vers à l'encontre de la mairie d'Argenteuil. »

L'association Argenteuil Solidarité Palestine (ASP), qui programmait 3000 nuits a dénoncé « la censure du maire qui, en octobre dernier, avait déjà interdit une exposition sur l'immigration.»

L'Association pour la défense du cinéma indépendant (ADCI) d'Argenteuil, dénonce « un refus idéologique de réflexion sur des questions qui se posent dans le contexte actuel ».

De son côté, la Scam, Société civile des auteurs multimédia, publie un communiqué sur cet acte de censure. Extraits :

« Les 102.000 habitants d’Argenteuil seraient-ils plus décérébrés, osons le dire, plus cons que la moyenne ?
« Certainement pas, mais c’est ainsi que le maire, Georges Mothron, considère les habitants en les jugeant incapables de regarder sereinement un documentaire de société où les personnages principaux sont des peluches. Un documentaire qui fait réfléchir sur pourquoi la société française s’est déchirée sur le mariage pour tous.
« Si le film sort en DVD, Georges Mothron le fera-t-il saisir dans les rayonnages ? Quand le film sera diffusé à la télévision, Georges Mothron fera-t-il couper les antennes du diffuseur sur sa ville ?
« En ces temps troublés », Georges Mothron a peur que le film « mette le feu aux poudres ». […]
« En ces temps troublés », nous avons bien besoin de films qui nous ouvrent au monde, qui apportent de la pensée dans les réflexes pavloviens de repli sur soi de telle ou telle communauté.
« La Scam soutient la manifestation organisée le 7 mai à 15 heures devant la mairie d’Argenteuil pour exiger la reprogrammation des films et rappeler au maire, Georges Mothron, que le suffrage universel ne lui confie pas pour autant un droit à décider ce que ses concitoyens peuvent choisir d’aller voir au cinéma. »

Pour ma part, me référant à la loi sur le non-cumul des mandats, je rappelle à ce maire qu’il ne peut ni ne doit cumuler sa fonction de magistrat municipal avec celles de programmateur-censeur de cinéma et de directeur des consciences. Non mais.


Enfin de la pub, de la vraie, sur les radios du service public !

hara_kiri_pubSur l’autel de (feue) la gau­che, ce gou­ver­ne­ment ne recu­le devant aucun sacri­fi­ce. Ce matin au réveil, j’apprends dans le pos­te qu’un décret paru aujourd’hui même au Jour­nal offi­ciel auto­ri­se la publi­ci­té sur les ondes de Radio Fran­ce !

Le tout-pognon aura enco­re sévi, empor­tant sur son pas­sa­ge les res­tes d’éthique auquel on croyait enco­re pou­voir s’accrocher. Tu croyais, naïf, que les radios du ser­vi­ce public te met­taient à l’abri des saillies de « pub qui rend con – qui nous prend pour des cons »… Maca­che ! Finies les débi­li­tés limi­tées aux seules « oui qui ? Kiwi ! » et autres « Mat­mut » à en dégueu­ler. On est pas­sé au tout-Macron, mon vieux ! Tu savais pas ? Vive le tout-libé­ral, l’indécence com­mu­ne et la vul­ga­ri­té mar­chan­de ! Les enzy­mes glou­tons sont de retour, et les bagno­les à tout-va, les chaus­sée-au-moi­ne, les jus­tin-bri­doux, les mars-et-ça-repart – autant dire que le bon­heur nous revient en splen­deur, avec ses trou­vailles enchan­te­res­ses, la vie faci­le, enfin !

Man­que tout de même à ce gou­ver­ne­ment qui, lui aus­si, nous prend pour des cons, un minis­tre à la hau­teur. Je ne vois que Ségué­la. Un Ségué­la, sinon rien ! Et au com­plet, avec sa rolex et sa conne­rie.

Nous res­te­ra à fer­mer le pos­te. On mour­ra moins con (« oui mais, on mour­ra quand même ! »).

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Cologne, suite. L’écrivain algérien Kamel Daoud  « fatwatisé » par des intellectuels français

Une deuxième fatwa vient de frapper l’écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud [voir ici et ], à propos de son analyse des violences sexuelles du Nouvel an à Cologne. Cette nouvelle condamnation émane d’une sorte de secte laïque rassemblant une poignée d’« intellectuels autoproclamés » à qui Le Monde a prêté ses colonnes.

Les signataires du "Collectif"Noureddine Amara (historien), Joel Beinin (historien), Houda Ben Hamouda (historienne), Benoît Challand (sociologue), Jocelyne Dakhlia (historienne), Sonia Dayan-Herzbrun (sociologue), Muriam Haleh Davis (historienne), Giulia Fabbiano (anthropologue), Darcie Fontaine (historienne), David Theo Goldberg (philosophe), Ghassan Hage (anthropologue), Laleh Khalili (anthropologue), Tristan Leperlier (sociologue), Nadia Marzouki (politiste), Pascal Ménoret (anthropologue), Stéphanie Pouessel (anthropologue), Elizabeth Shakman Hurd (politiste), Thomas Serres (politiste), Seif Soudani (journaliste).

Dans l’édition du 12 février, sous le titre « Les fantasmes de Kamel Daoud », ce « collectif » lançait son anathème, excluant de son cénacle « cet humaniste autoproclamé ». Le mépris de l’expression dévoilait, dès les premières lignes de la sentence, l’intention malveillante des juges. Les lignes suivantes confirmaient une condamnation sans appel : « Tout en déclarant vouloir déconstruire les caricatures promues par " la droite et l'extrême droite ", l'auteur recycle les clichés orientalistes les plus éculés, de l'islam religion de mort cher à Ernest Renan (1823-1892) à la psychologie des foules arabes de Gustave Le Bon (1841-1931). »

Que veulent donc dire, ces sociologisants ensoutanés, par leur attendu si tranchant ? 1) Que Daoud rejoint « la droite et l’extrême droite »… 2) …puisqu’il « recycle les clichés orientalistes les plus éculés, de l'islam religion de mort »… 3) clichés anciens « chers » à Renan et Le Bon… 4)… ces vieilleries datées (dates à l’appui) et donc obsolètes… 5)… tandis que leur « sociologie » à eux, hein !

Nos inquisiteurs reprochent au journaliste algérien d’essentialiser « le monde d’Allah », qu’il réduirait à un espace restreint (le sien, décrit ainsi avec condescendance : « Certainement marqué par son expérience durant la guerre civile algérienne (1992-1999) [C’est moi qui souligne, et même deux fois, s’agissant du mot expérience, si délicatement choisi] Daoud ne s'embarrasse pas de nuances et fait des islamistes les promoteurs de cette logique de mort. »), selon une « approche culturaliste ». En cela, ils rejoignent les positions de l'essayiste américano-palestinien Edward Saïd pour qui l’Orient serait une fabrication de l’Occident post-colonialiste. Comme si les cultures n’existaient pas, jusqu’à leurs différences ; de même pour les civilisations, y compris la musulmane, bien entendu.

"Que se cache donc derrière le mysticisme des fascistes, ce mysticisme qui fascinait les masses ?" W. Reich

"Que se cache donc derrière le mysticisme des fascistes, ce mysticisme qui fascinait les masses ?" W. Reich

À ce propos, revenons aux compères Renan et Le Bon, en effet contemporains et nullement arriérés comme le sous-entendent nos néo-ayatollahs. Je garde les meilleurs souvenirs de leur fréquentation dans mes années « sexpoliennes » – sexo-politiques et reichiennes –, lorsque l’orthodoxie marxiste se trouva fort ébranlée, à partir de Mai 68 et bien au-delà. Pour un peu je relirais cette Vie de Jésus, d’Ernest Renan, dont Reich s’était notamment inspiré pour écrire Le Meurtre du Christ ; de même, s’agissant de Psychologie des foules, de Gustave Le Bon, dont on retrouve de nombreuses traces dans Psychologie de masse du fascisme du même Wilhelm Reich. Les agressions de Cologne peuvent être analysées selon les critères reichiens du refoulement sexuel et des cuirasses caractérielle et corporelle propices aux enrôlements dans les idéologies fascistes et mystiques. Ces critères – avancés à sa manière par Kamel Daoud – ne sont pas uniques et ne sauraient nier les réalités « objectives » des conditions de vie – elles se renforcent mutuellement. Tandis que les accusateurs de Daoud semblent ignorer ces composantes psycho-sexuelles et affectives.

Traité comme un arriéré, Daoud est ainsi accusé de psychologiser les violences sexuelles de Cologne, et d’« effacer les conditions sociales, politiques et économiques qui favorisent ces actes ». Lamentable retournement du propos – selon une argumentation qui pourrait se retourner avec pertinence !

Enfin, le journaliste algérien se trouve taxé d’islamophobie… Accusation définitive qui, en fait, à relire ces compères, se situe à l’origine de leur attaque. Ce « sport de combat » désormais à la mode, interdit toute critique de fond et clôt tout débat d’idées.

Le « double fatwatisé » pourra cependant trouver quelque réconfort dans des articles de soutien. Ainsi, celui de Michel Guerrin dans Le Monde du 27 février. Le journaliste rappelle que Kamel Daoud a décidé d’arrêter le journalisme pour se consacrer à la littérature. « Il ne change pas de position mais d’instrument. » « Ce retrait, poursuit-il, est une défaite. Pas la sienne. Celle du débat. Il vit en Algérie, il est sous le coup d'une fatwa depuis 2014, et cela donne de la chair à ses convictions. Du reste, sa vision de l'islam est passionnante, hors normes, car elle divise la gauche, les féministes, les intellectuels. Une grande partie de la sociologie est contre lui mais des intellectuels africains saluent son courage, Libération l'a défendu, L'Obs aussi, où Jean Daniel retrouve en lui “toutes les grandes voix féministes historiques”. […] Ainsi va la confrérie des sociologues, qui a le nez rivé sur ses statistiques sans prendre en compte “la chair du réel”, écrit Aude Lancelin sur le site de L'Obs, le 18 février. »

Ainsi, cette remarquable tribune de la romancière franco-tunisienne Fawzia Zouari, dans Libération du 28 février, rétorquant aux accusateurs :

« Voilà comment on se fait les alliés des islamistes sous couvert de philosopher… Voilà comment on réduit au silence l’une des voix dont le monde musulman a le plus besoin. »

 


Fawzia Zouari : "Il faut dire qu'il y a un... par franceinter


Kamel Daoud et les agressions de Cologne. Le « porno-islamisme » s’en prend à la femme autant qu’à la vie

Pourquoi les islamistes détestent-ils autant les femmes ? Pourquoi refusent-ils qu’elles prennent le volant, portent des jupes courtes, aiment librement  ? Autant de questions qui interpellent et dérangent l’islam des extrêmes et, par delà, l’islam en lui-même ainsi que les autres religions monothéistes. Le journaliste-écrivain algérien Kamel Daoud est l’un des tout premiers et trop rares intellectuels du monde musulman à affronter de face ces questions esquivées par les religions – sans doute parce qu’elles leur sont constitutives. Aujourd’hui, à propos des agressions sexuelles de femmes fin décembre à Cologne, il accuse le "porno-islamisme" et interpelle le regard de l’Occident porté sur l’ « immigré », cet « autre », condamné autant à la réprobation qu’à l’incompréhension.

Kamel Daoud, 2015 © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

Kamel Daoud, 2015 © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

S’interroger valablement sur l’islam conduit à décrypter les mécanismes de haine à l’œuvre dans les discours religieux. Ce qui, par ces temps de fanatisme assassin, ne va pas sans risques. Surtout si on touche aux fondamentaux. Ainsi, le 3 décembre 2014 dans l'émission de Laurent Ruquier On n'est pas couché sur France 2, Kamel Daoud déclare à propos de son rapport à l'islam :

« Je persiste à le croire : si on ne tranche pas dans le monde dit arabe la question de Dieu, on ne va pas réhabiliter l'homme, on ne va pas avancer. La question religieuse devient vitale dans le monde arabe. Il faut qu'on la tranche, il faut qu'on la réfléchisse pour pouvoir avancer. »

Quelques jours plus tard, Daoud est frappé d'une fatwa par un imam salafiste, appelant à son exécution « pour apostasie et hérésie ». Depuis, le journaliste, chroniqueur au Quotidien d’Oran, est placé sous protection policière, avec toutes les contraintes qui s’ensuivent – Salman Rushdie, depuis la Grande-Bretagne, en sait quelque chose…

En juin dernier, dans un entretien à L’Humanité (2/06/15), Kamel Daoud insistait sur la question de la place – si on peut dire – de la femme dans l’islam :

«  Le rapport à la femme est le nœud gordien, en Algérie et ailleurs. Nous ne pouvons pas avancer sans guérir ce rapport trouble à l’imaginaire, à la maternité, à l’amour, au désir, au corps et à la vie entière. Les islamistes sont obsédés par le corps des femmes, ils le voilent car il les terrifie. Pour eux, la vie est une perte de temps avant l’éternité. Or, qui représente la perpétuation de la vie ? La femme, le désir. Donc autant les tuer. J’appelle cela le porno-islamisme. Ils sont contre la pornographie et complètement pornographes dans leur tête. (…) Quand les hommes bougent, c’est une émeute. Quand les femmes sont présentes, c’est une révolution. Libérez la femme et vous aurez la liberté.  »

Ces jours-ci, dans un article publié en Italie dans le quotidien La Repubblica et repris par Le Monde (31/01/16), Kamel Daoud revient à nouveau sur la question de la femme en islam, cette fois sous l’actualité brûlante des événements de la saint-Sylvestre à Cologne. Il pousse son analyse sous l’angle des « jeux de fantasmes des Occidentaux », « jeu d’images que l’Occidental se fait de l’« autre », le réfugié-immigré : angélisme, terreur, réactivation des peurs d’invasions barbares anciennes et base du binôme barbare-civilisé. Des immigrés accueillis s’attaquent à « nos » femmes, les agressent et les violent. »

meursaultsJournaliste et essayiste algérien, chroniqueur au Quotidien d’Oran, Kamel Daoud est notamment l’auteur de Meursault, contre-enquête (Actes Sud, 2014), Prix Goncourt du premier roman. Il s’agit d’une sorte de contrepoint à L'Étranger de Camus. Philippe Berling en a tiré une pièce, Meursaults, jouée jusqu’au 6 février au Théâtre des Bernardines à Marseille.

Daoud ne cherche pas d’excuses aux agresseurs mais s’essaie à comprendre, à expliquer – ce qui ne saurait plaire à Valls ! Donc, il rejette cette « naïveté », cet angélisme projeté sur le migrant par le regard occidental, qui « voit, dans le réfugié, son statut, pas sa culture […] On voit le survivant et on oublie que le réfugié vient d’un piège culturel que résume surtout son rapport à Dieu et à la femme. »

Il poursuit : « Le réfugié est-il donc « sauvage » ? Non. Juste différent, et il ne suffit pas d’accueillir en donnant des papiers et un foyer collectif pour s’acquitter. Il faut offrir l’asile au corps mais aussi convaincre l’âme de changer. L’Autre vient de ce vaste univers douloureux et affreux que sont la misère sexuelle dans le monde arabo-musulman, le rapport malade à la femme, au corps et au désir. L’accueillir n’est pas le guérir. »

Daoud reformule sa « thèse » :

« Le rapport à la femme est le nœud gordien, le second dans le monde d’Allah [après la question de Dieu, Ndlr]. La femme est niée, refusée, tuée, voilée, enfermée ou possédée. Cela dénote un rapport trouble à l’imaginaire, au désir de vivre, à la création et à la liberté. La femme est le reflet de la vie que l’on ne veut pas admettre. Elle est l’incarnation du désir nécessaire et est donc coupable d’un crime affreux : la vie. » « L’islamiste n’aime pas la vie. Pour lui, il s’agit d’une perte de temps avant l’éternité, d’une tentation, d’une fécondation inutile, d’un éloignement de Dieu et du ciel et d’un retard sur le rendez-vous de l’éternité. La vie est le produit d’une désobéissance et cette désobéissance est le produit d’une femme. »

Certes, une telle analyse, par sa finesse et sa pertinence, ne risque pas d’être entendue par les fronts bas de l’extrême-droite – et pas seulement par eux. Ni chez les fanatiques religieux, bien sûr ; peut-être pas non plus chez ceux que l’on dit « modérés », tant la frontière peut être mince des uns aux autres. Alors, à qui s’adresse Daoud ? – et avec quelles chances d’être entendu ? – quand il parle – naïvement ? – de « convaincre l’âme de changer »… et quand il souligne que « le sexe est la plus grande misère dans le « monde d’Allah » ?

Et de revenir sur« ce porno-islamisme dont font discours les prêcheurs islamistes pour recruter leurs « fidèles » :

« Descriptions d’un paradis plus proche du bordel que de la récompense pour gens pieux, fantasme des vierges pour les kamikazes, chasse aux corps dans les espaces publics, puritanisme des dictatures, voile et burka. L’islamisme est un attentat contre le désir. Et ce désir ira, parfois, exploser en terre d’Occident, là où la liberté est si insolente. Car « chez nous », il n’a d’issue qu’après la mort et le jugement dernier. Un sursis qui fabrique du vivant un zombie, ou un kamikaze qui rêve de confondre la mort et l’orgasme, ou un frustré qui rêve d’aller en Europe pour échapper, dans l’errance, au piège social de sa lâcheté : je veux connaître une femme mais je refuse que ma sœur connaisse l’amour avec un homme. »

Et, pour finir : « Retour à la question de fond : Cologne est-il le signe qu’il faut fermer les portes ou fermer les yeux ? Ni l’une ni l’autre solution. Fermer les portes conduira, un jour ou l’autre, à tirer par les fenêtres, et cela est un crime contre l’humanité.

« Mais fermer les yeux sur le long travail d’accueil et d’aide, et ce que cela signifie comme travail sur soi et sur les autres, est aussi un angélisme qui va tuer. Les réfugiés et les immigrés ne sont pas réductibles à la minorité d’une délinquance, mais cela pose le problème des « valeurs » à partager, à imposer, à défendre et à faire comprendre. Cela pose le problème de la responsabilité après l’accueil et qu’il faut assumer. »

Où l'on voit que la "guerre" ne saurait conduire à la paix dans les cœurs… Dans ce processus historique millénaire parcouru de religions et de violence, de conquêtes et de domination, de refoulements sexuels, de négation de la femme et de la vie, de haines et de ressentiments remâchés… de quel endroit de la planète pourra bien surgir la sagesse humaine ?


Marseille. Une (autre) origine du monde

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Conception : Elizabeth Saint-Jalmes (sculptures), Mathilde Monfreux (écriture). Avec : Jessy Coste, Gaëlle Pranal, Virginie Thomas, Mathilde Monfreux, Blandine Pinon, Elizabeth Saint-Jalmes. Musique : François Rossi (batteur). Spectacle présenté par Lieux publics, centre national de création en espace public.lieux p

Aujourd’hui, « Sirènes et midi net ». Toujours aussi inspiré, essentiel : chaque premier mercredi du mois, à l’heure de l’alerte générale, entre ses deux salves de sirènes hurlantes, la magie du théâtre vient secouer la ville de sa quotidienneté, de sa torpeur. Avec effet relatif : il faut déjà être un peu éveillé pour ainsi se « karchériser » le cerveau. Deux ou trois cents braves, seulement, osent s’y risquer (sans risques), à l’heure où la normalité est à son ordinaire ouvrage.

Des formes informes, des paquets d’entrailles, de la chair, de la viande, des glandes, de la cervelle, du mou, du dégoulinant. Tout ça sur la scène, tout ce tas se met à trembler comme de la gélatine, puis à remuer comme des paquets de boyaux tombés d’on ne sait quel ventre céleste ou chaotique. C’est l’origine du monde, mais pas à la Courbet, bien avant, dans le grand coït créateur de la matière sans nom, l’innommable magma. L’origine ou bien la fin, la dernière apocalypse, comme celle qui nous guette ; celle que nous prédisent radios, télés, gazettes, heure par heure, jour après jour. Ça pourrait ressembler à ça, et les êtres, dès lors – nous-mêmes – pourrions nous transformer en monstruosités gesticulantes, à bout de souffle, venant mourir-pourrir sur le marbre, devant l’Opéra de Marseille, comme sur le billot d’un boucher sans pitié.

Pas drôle, hein ? Tandis qu’un batteur se déchaîne sur ses fûts et cymbales, les paquets globuleux entrent en danse dans la transe.

Il faut être là, pour ces dix minutes d’opéra sauvage, chaque premier mercredi du mois, devant l’Opéra de Marseille. Tout de même pas dur à retenir ! Et à noter pour des Marseillais de passage.


« Humanités »… Tout un programme sur France 5

Inti­tu­ler  Huma­ni­tés un nou­veau pro­gram­me de docu­men­tai­res, c’est une idée pro­met­teu­se de Fran­ce 5. Beau titre et géné­ri­que super­be dû à Célia Riviè­re, sur des illus­tra­tions de Théo Gui­gnard et une musi­que de Sacha Gal­pe­ri­ne. Tout un pro­gram­me, en effet. « Si votre plu­ma­ge se rap­por­te à… »


Pâques. Ça tourne pas rond

oeufs pâques planètes

© Solar Walk

« Pâque »vient du latin populaire *pascua"  (« nourriture », du verbe pascere « paître »), emprunté au grec πάσχα / páskha, lui-même emprunté à l'hébreu פסח Pessa'h « il passa [par-dessus] », d'où « passage », est le nom de la fête juive qui commémore la sortie d'Égypte. D'après les Évangiles, c'est pendant cette fête juive (qui dure 8 jours) qu'eut lieu la résurrection de Jésus ; c'est pourquoi le nom en a été repris pour désigner la fête chrétienne. [Wikipedia]

Tant qu'on en est à célébrer des sornettes, engrammées dans notre patrimoine culturel, revoyons notre système planétaire à la mode ovoïde. Et révisons les fondamentaux religieux avec un minimum de savoir rationnel remontant aux rites païens. Où l'on retrouve l'éternelle question de l'œuf ou du… lapin. La réponse appartient à chacun, à ses rêves, croyances, imaginaires, désirs… ou refoulements.

Cet "Happy Easter !" vient du monde anglo-saxon et de son folklore lié la déesse germanique Ostera (Easter pour les Anglo-saxons et Eastre pour les Scandinaves) dont le lapin, ou le lièvre,  était l’attribut symbolisant la fécondité. Mais de nombreuses coutumes datant de la plus haute Antiquité destinées à accueillir le retour du printemps se rattachèrent à la fête de Pâques. L’œuf est le symbole de la germination qui se produit au début du printemps.

Pas très catholique…

Pas très catholique…

La tradition d'offrir des œufs remonte à l'Antiquité. Les Égyptiens et les Romains offraient des œufs peints à la déesse mère (Vénus, Isis, Semiramis...). À l’époque pharaonique, on écrivait en couleurs des vœux sur les œufs, on les déposait le soir dans un panier qui, au matin était inondé par les bienfaits de Ra, le Soleil. Les premiers chrétiens coptes ont supprimé l’écriture des vœux et peint les œufs en rouge pour symboliser le sang du Christ. Cette tradition païenne s'est répandue dans toute la chrétienté jusqu'à nos jours (le commerce ayant quelque peu adapté les produits… > image impie ci-contre).

Comme pour Noël, la date de Pâques correspond à des événements astronomiques marquant les rites païens. La définition actuelle de la date de Pâques a été arrêtée en 325 lors du concile de Nicée. "Pâques est le dimanche qui suit le quatorzième jour de la Lune qui atteint cet âge au 21 mars ou immédiatement après". Le quatorzième jour de la Lune étant le jour de la pleine Lune et le 21 mars correspondant à la date de l'équinoxe de printemps, cette définition est souvent traduite de la manière suivante : Pâques est le premier dimanche qui suit la première pleine Lune de Printemps. Cette seconde définition est trompeuse car elle laisse entendre que la date de Pâques est le résultat d'un calcul astronomique basé sur la détermination de l'équinoxe de printemps et de la première pleine Lune suivant cet équinoxe. En réalité il n'en est rien, le calcul de la date de Pâques se fait à l'aide d'un calendrier perpétuel lunaire utilisant une Lune moyenne fictive (Lune ecclésiastique). Cette méthode de calcul porte le nom de comput ecclésiastique.  [ http://www.imcce.fr/promenade/pages4/440.html ]

Ainsi va le monde. "Et pourtant il tourne" – pas bien rond.


Un peu d’art dans ce monde de brutes

Louis Jean François Lagrenée, "Amour et Psyché"

Louis Jean Fran­çois Lagre­née, « Amour et Psy­ché »

« Vois-tu ce que je vois ? », me deman­de un copain de « C’est pour dire »  en me joi­gnant la vidéo ci-des­sous, pour le moins fas­ci­nan­te… Je ren­voie la ques­tion aux visi­teurs du lieu. 

Il s’agit d’un mon­ta­ge-ani­ma­tion, une vidéo de dix minu­tes fai­sant défi­ler une cen­tai­ne de pein­tu­res néo-clas­si­ques, roman­ti­ques et baro­ques, de la Renais­san­ce à la fin du XIXe siè­cle. On en trou­ve la lis­te sur le site de l’auteur, le réa­li­sa­teur ita­lien Rino Ste­fa­no Taglia­fier­ro. Cha­peau les artis­tes !

Alors, vos impres­sions, réflexions ?


Marseille-Provence 2013. Fin de capitale

« Mar­seille - Capi­ta­le euro­péen­ne de la Cultu­re », c’est fini.  Elle s’est donc ache­vée ce 31 décem­bre par une super-pro­duc­tion pyro­tech­ni­que et audio-visuel­le. Un spec­ta­cle éblouis­sant, c’est le cas de le dire, par­ti­cu­liè­re­ment réus­si.

Ne gâtons pas ce plai­sir. Pour autant, s’agissant de ce gen­re de célé­bra­tions gran­dio­ses des­ti­nées à dyna­mi­ser une vil­le et une région tout au long d’une année, le bilan est évi­dem­ment miti­gé. En par­ti­cu­lier selon les points de vue, à par­tir des pôles extrê­mes : l’économique et le cultu­rel, deux domai­nes qui pei­nent à se croi­ser en har­mo­nie. Et, là enco­re, ce sont les gran­des struc­tu­res qui auront tiré leurs mar­rons du feu – enten­dez la gros­se part des som­mes dépen­sées.

Il est à cet égard symp­to­ma­ti­que que le satis­fe­cit relayé par La Pro­ven­ce de ce 1er jan­vier,  por­te sur­tout sur des don­nées chif­frées : nom­bres de visi­teurs enre­gis­trés ça et là, de spec­ta­cles pro­duits, de nui­tées d’hôtel ; pour­cen­ta­ges d’augmentation de ceci-cela… Un bilan-comp­ta­ble donc, tel qu’aiment en pré­sen­ter les patrons de la Cham­bre de com­mer­ce et d’industrie, des gros­ses entre­pri­ses, des gros­ses struc­tu­res de spec­ta­cles.

Bref, les gros sont contents d’avoir bien man­gé. Pour les autres, habi­tués aux miet­tes, espé­rons que l’ardoise de 2013 – et ses ral­lon­ges – ne les met­tra pas à la diè­te selon le vieux prin­ci­pe : pri­va­ti­sa­tion des pro­fits - socia­li­sa­tion des per­tes. En quoi l’année-vérité sera cel­le de 2014.

En atten­dant, voi­ci un petit flo­ri­lè­ge de la bel­le soi­rée fina­le.


Mar­seille-Pro­ven­ce 2013 - Spec­ta­cle final 31/12... par gerard-pon­thieu-9


Marseille « Kultur » - 2. Et je ressors mon revolver !

Amandine s'est surpassée. A rendre Pascale jalouse (voir le papier d'avant) [© fp]

Amandine s'est surpassée. A rendre Pascale jalouse (voir le papier d'avant) [© fp]

…Parce qu'il y a "ça" aussi, sur les rayons de la culture triomphante  (on écrit alors plutôt Kultur) :  Ce chef d'œuvre trône du côté des plages marseillaises, histoire de célébrer l'année Capitale. Pas mal non plus, et dans la même veine conceptuelle; avec toutefois un peu plus d'audace; on a dû ici faire appel à la soudure et à des matériaux plus riche que le bois de cageot si caractéristique de l'oeuvre précédemment analysée par notre chroniqueur artistique. Mais la faiblesse de l'admirable chose vient indéniablement de son intitulé, platement descriptif.

2©fp

Alors là, Amandine, je regrette d'avoir à vous le dire aussi crûment : Vous vous êtes pas fait chier !

Et  puis, nous avons aussi trouvé ce monument d'avant-garde, nouvellement repensé et redécoré. Ça peut se visiter (gratuitement) sur le plateau de Puyricard, non loin d'Aix-en-Provence, ville d'eau et d'art comme on sait.

Les pendouilleries ornent joliment ce château du XXe, lui ajoutant une touche de modernité technologique. Un joyau d'architecture et d'urbanisme.

Les pendouilleries ornent joliment ce château du XXe, lui ajoutant une touche de modernité technologique. Un joyau d'architecture et d'urbanisme.


Marseille (et au-delà) – Quand j’entends le mot culture…

« Quand j'entends le mot “culture”, je sors mon revolver ». Je me contenterai de sortir ce billet et des photos.

Une sorte de caisse, dure à encaisser. [Ph. gp]

Une sorte de caisse, dure à encaisser. [Ph. gp]

Les fauteurs de « Marseille-Provence 2013 - Capitale de la Culture » ont eu à promouvoir toutes sortes de « produits culturels » afin de remplir les caddies de la grande distribution artistico-cultureuse. Tout un fatras a donc dû être fourni, souvent dans l’urgence, parfois pour le pire, mais aussi pour le  meilleur – ne soyons ni par trop négatifs, ni trop généralisants.

En tout cas, au vu des photos, on touche quand même ici le fond du fond pour ce qui est du foutage de gueule et de dénaturation en matière de « culture ».

Soit deux caisses en bois ; l’une, cubique, peinte en gris, servira de socle à l’autre, parallélépipédique, montée sur palette de chantier, en bois brut, tiendra lieu d’œuvre d’art. Pour ainsi créer cette illusion grossière, un tour de magie littérale suffira, soit la conception d’un écriteau sur lequel on écrira…

… Quoi, au fait ?

Là, l’Auteure, se creuse le chou ; convoque, si ça se trouve, un remue-méninges d’instruits-cons, un colloque, un séminaire. Bref, on aboutit à cette chiure :

Tromperie sur la marchandise, usage de faux, marchandise avariée…

Tromperie sur la marchandise, usage de faux, marchandise avariée… On monte des procès pour moins. Ici, elle est estampillée et cautionnée officiellement !

Oh, c’est qu’il doit y avoir là-dessous, du jus de concept à haute valeur ajoutée. Oui, certes, envoyez la monnaie ! Car on aimerait connaître le montant de la facture, afin d’évaluer l’œuvre à la hauteur de son escroquerie intellectuelle, morale, et pénale.

 Cette « chose » est une honte. Tellement honteuse qu’elle a même laissé indifférentes les habituelles brigades de tagueurs – juste une timide tentative, tout de même gommée.

Tandis que derrière, un certain Pierre Puget, mis en abyme (la sculpture du sculpteur en train de sculpter ; l'oeuvre est de Henri-Édouard Lombard), jette un regard qui ne semble pas de marbre. Cet « enfant de Marseille », dixit la plaque, ce sculpteur, architecte et peintre (1620-1694), « a porté au loin les marques de son génie et le nom de sa ville ». On lui doit, entre autres, l'architecture de La Vieille Charité.

Tandis que cette boîte, prétentieuse et ridicule, vient faire injure à l’artiste, plus généralement à l’art et tout bonnement au citoyen qui aura été tenu, sans son avis, de payer cet affront.

N’est-ce pas de la sorte qu’on contribue à désintégrer une société ? À jeter ses membres ainsi méprisés dans les bras des populistes si prompts à dénoncer ces « élites » qui se paient la gueule du populo.

Un rappel (douloureux) : la fameuse phrase « Quand j'entends le mot “culture”, je sors mon revolver » a été faussement attribuée à Hermann Göring, ou à Joseph Goebbels (en allemand : « Wenn ich “Kultur” höre... entsichere ich meinen Browning » littéralement : « Quand j'entends le mot “culture”, j'ôte le cran de sûreté de mon Browning ».) En réalité, bien qu'elle ait été effectivement reprise par B. von Schirach (chef des jeunesses hitlériennes), comme par d'autres nationaux-socialistes, c'est un écrivain allemand, Hanns Johst (1890-1978), lui-même national-socialiste, qui est l'auteur de cette formule qu'il a placée comme réplique d'un personnage de l'une de ses pièces de théâtre, à la gloire de Hitler, intitulée "Schlageter" (1933)." (Wikipédia)

Si la citation n’a pas l’auteur qu’on lui attribue, elle émane bien de sa famille criminelle.

 Prenons garde à ne pas entretenir ce trafic d’armes.

 

>>> Sur le thème, un blog recommandable "Culture & Revolver"


Appel à dénoncer et boycotter la collaboration de « Marseille-Provence 2013  » avec l’État d’Israël

Le gou­ver­ne­ment israé­lien a déci­dé de fai­re de Mar­seille capi­ta­le euro­péen­ne de la cultu­re un outil pour « modi­fier son ima­ge ». Un cer­tain nom­bre de citoyens, par­mi les­quels des artis­tes, res­pon­sa­bles de struc­tu­res cultu­rel­les ou d’édition, soli­dai­res du peu­ple pales­ti­nien, refu­sent de cau­tion­ner une tel­le opé­ra­tion de pro­pa­gan­de. Ils ont signé et lan­cé un appel de pro­tes­ta­tion contre cet­te manœu­vre de séduc­tion.

Voi­ci le tex­te de cet appel :

 « Pas en notre nom »

Appel d’artistes, de res­pon­sa­bles de struc­tu­res cultu­rel­les, de spec­ta­teurs, soli­dai­res du peu­ple pales­ti­nien

« A l’occasion de « Mar­seille capi­ta­le euro­péen­ne de la cultu­re 2013 », le Consu­lat d’Israël à Mar­seille a orga­ni­sé la venue de nom­breux artis­tes pour une qua­ran­tai­ne de ren­dez-vous appe­lés « Israël en scè­ne 2013 ». Il ne s’agit pas de sim­ples évé­ne­ments artis­ti­ques et cultu­rels, mais d’une véri­ta­ble opé­ra­tion de pro­pa­gan­de des­ti­née à « chan­ger l’image d’Israël » dans l’opinion fran­çai­se, direc­te­ment orga­ni­sée par le gou­ver­ne­ment israé­lien. Les artis­tes ain­si ins­tru­men­ta­li­sés ne peu­vent l’ignorer.

(Lire la sui­te…)


Marseille. Pétition contre une subvention de 400 000 euros pour un concert de David Guetta

Les élus de Mar­seille ont accor­dé une sub­ven­tion de 400 000 euros pour un concert payant de David Guet­ta le 23 juin, à Mar­seille. Cet argent public va ali­men­ter les cais­ses d’un pro­duc­teur pri­vé. Avec des pla­ces entre 40 et 55 euros, les recet­tes du concert sont esti­mées à envi­ron 1 mil­lion d’euros. Cet­te sub­ven­tion est donc injus­ti­fia­ble, alors qu’il y a mieux à fai­re pour la cultu­re à Mar­seille !

Adres­sée au mai­re Jean-Clau­de Gau­din, une péti­tion contre cet­te folie a déjà recueilli plus de 35 000 signa­tu­res. A 50 000, un recours devant le conseil muni­ci­pal sera envi­sa­gea­ble pour fai­re annu­ler la déci­sion.

En plei­ne pério­de de cri­se, mobi­li­sons-nous pour que l’argent public ne soit pas gas­pillé ain­si !

Le 10 décem­bre 2012, il a été déci­dé en conseil muni­ci­pal de Mar­seille d’octroyer la som­me de 400 000 euros à la socié­té Adam Pro­duc­tions afin de pro­dui­re un concert de David Guet­ta et Mika le 23 juin au Parc Boré­ly (mis à dis­po­si­tion par la Vil­le de Mar­seille), dans le cadre de Mar­seille Pro­ven­ce 2013, Capi­ta­le euro­péen­ne de la Cultu­re.

Mal­gré cet­te sub­ven­tion publi­que, la billet­te­rie mise en pla­ce annon­ce des tarifs com­pris entre 44 et 59 euros.

Cet­te péti­tion ne contes­te pas la pro­gram­ma­tion mais le finan­ce­ment public qui n’est pas jus­ti­fié. Les contri­bua­bles devront donc finan­cer un concert qui ne sera même pas acces­si­ble au plus grand nom­bre!

1. Cet­te sub­ven­tion aurait pu béné­fi­cier à des asso­cia­tions ou à des artis­tes contri­buant réel­le­ment au rayon­ne­ment de Mar­seille et à Mar­seille 2013  et ayant réel­le­ment besoin de finan­ce­ments. David Guet­ta est l’un des artis­tes fran­çais les mieux payés...

2. Cet­te som­me est d’autant plus inac­cep­ta­ble qu’elle ne per­met même pas de pro­po­ser des pla­ces à un tarif abor­da­ble pour le grand public!

3. La vil­le s’est mon­trée sou­vent réti­cen­te face aux évè­ne­ments musi­caux en plein air (Mar­sa­tac, Buvet­te Dis­co...). Là, aucun pro­blè­me.

En plus des lar­ges­ses de la mai­rie, le lieu est mis à dis­po­si­tion gra­tui­te­ment pour Adam pro­duc­tion qui aura éga­le­ment l’entière recet­te des ven­tes de billets, des bois­sons et autres pro­duits ven­dus sur pla­ce. Une recet­te esti­mée à 1,1 mil­lion d’euros.

Il s’agit donc bien d’un cadeau de la Vil­le à une entre­pri­se pri­vée...

Pour que l’argent public finan­ce la cultu­re et les artis­tes locaux plu­tôt que les pro­duc­teurs inter­na­tio­naux, signez la péti­tion et dif­fu­sez-là autour de vous.


Lascaux et le brave Sarkozy. Ou le péril politico-préhistorique

« Le Mon­de » don­ne dans l’antisarkozisme pri­mai­re. Ain­si sa une du 12 sep­tem­bre pré­di­sant le plus « grand péril » à la grot­te de Las­caux – pour cau­se d’une visi­te par­ti­cu­liè­re. Laquel­le a d’ailleurs don­né lieu à une « sor­tie » dont notre fameux pré­si­dent a le secret.

Com­me le signa­le Domi­ni­que Dréan dans un com­men­tai­re ci-des­sous – se réfé­rant au blog des cor­rec­teurs du Mon­de –, Sar­ko­zy s’est cru malin de com­men­ter sa visi­te en ces ter­mes : “Le bra­ve néan­der­ta­lien avait par­fai­te­ment com­pris qu’ici, c’était plus tem­pé­ré qu’ailleurs, qu’il devait y avoir du gibier, qu’il fai­sait beau et qu’il y fai­sait bon vivre.”  « Le Mon­de », en effet, a eu du pif en pres­sen­tant le péril sar­ko­zien mena­çant Las­caux. Néan­der­ta­liens, Cro-magnons, tout ça c’est des sau­va­ges de la même espè­ce, des Roms en quel­que sor­te, dont les grot­tes gros­siè­re­ment déco­rées tenaient lieu de cara­va­nes.  En se mépre­nant sur quel­ques mil­liers d’années, le bra­ve pré­si­dent a enco­re per­du une occa­sion de mas­quer son igno­ran­ce. Ces pul­sions cultu­rel­les, c’est plus fort que lui.


Abolition des Roms et autres vagabonds. Hommage à la Sarkozie !

« C’était un temps dérai­son­na­ble »… Ils avaient vou­lu les exter­mi­ner. Juifs, homos, tzi­ga­nes. Je sais c’est gros, on n’en est pas là. Mais l’esprit rôde, dirait-on, à pas feu­trés, de ce chuin­te­ment des pan­tou­fles, plus inquié­tant par­fois que le bruit des bot­tes. Par­fois l’un annon­ce l’autre. Je n’aime pas ça du tout, j’ai peur et hon­te. Peur pour les vic­ti­mes à venir, déjà dans le col­li­ma­teur. Hon­te pour « mon pays », ce qu’il repré­sen­te et que j’aime à repré­sen­ter avec lui, en cet­te som­me de per­son­nes, de « bon­nes per­son­nes », tant qu’à s’identifier à un ensem­ble. « Vivre ensem­ble », la bel­le expres­sion deve­nue sub­stan­tif, au nom de l’idéal, jamais atteint tou­jours espé­ré.

« Gens du voya­ge »… La méta­pho­re est aus­si bel­le que trom­peu­se. Quels gens ? Ou bien « quel­les ». Mot à gen­re bizar­re, entre mas­cu­lin sin­gu­lier et fémi­nin plu­riel (com­me orgue et amour…) Et sur­tout quel « voya­ge » ? Là, dans l’infinité des dis­tin­guos, on tou­che à autant de visions du mon­de. Pour­quoi les Roms et les noma­des en géné­ral voya­gent-il de par le mon­de ? C’est une ano­ma­lie bien anor­ma­le. Et pour­quoi les homos sont-ils homo­sexuels, et les Juifs juifs ? Le mon­de est bien bizar­re.

Pas inté­gra­ble, les Roms. Donc ache­ver de les dés­in­té­grer : flics, com­man­dos, pro­cès, PV, expul­sions. Et cas­sons le ther­mo­mè­tre plu­tôt que de trai­ter la grip­pe. Quel­le grip­pe, au fait ? Cel­le d’un sys­tè­me grip­pé, et même pire : un régi­me aux abois, sans vision poli­ti­que, sinon de myo­pe ou d’aveugle même. Un « fait divers », une « bavu­re », voi­là ce qui tient lieu de cap à ces démo­lis­seurs achar­nés !

Les mêmes sont aus­si à la bas­se manœu­vre loca­le­ment. J’en ai un dans ma com­mu­ne en la per­son­ne du mai­re, adep­te du tout libé­ral mâti­né d’écolo-gadgetisme, aus­si social que les patrons de Neuilly. Venel­les, Bou­ches-du-Rhô­ne, 8.000 habi­tants, comp­te même moins de loge­ments sociaux (en pour­cen­ta­ge) que Neuilly ! Venel­les enfreint aus­si la loi en n’ayant tou­jours pas amé­na­gé de ter­rain d’accueil des­ti­né aux gens du voya­ge – que son mai­re fait chas­ser à l’occasion à coups de ren­forts poli­ciers… *

Bien sûr que les Roms posent quel­ques pro­blè­mes. Même les « gens biens » s’en posent entre eux, et par­fois des autre­ment mégas ! Oui, les Roms vivo­tent de com­bi­nes et même de lar­cins, se fou­tent de l’écologie com­me de la bouf­fe bio, dégueu­las­sent leurs cam­pe­ments, etc. Mais bien moins que chez les Bet­ten­court-Woer­th, non ? Euh… sauf peut-être pour ce qui est des cam­pe­ments, ici et là, selon les îles pri­vées ou les havres dans quel­que para­dis fis­cal…

Et c’est alors qu’un bon fait divers arri­ve à point nom­mé pour fai­re diver­sion. Un bon coup der­riè­re la tête de ces boucs émis­sai­res sans défen­ses, si ce n’est leurs déri­soi­res cor­nes face au bou­clier éta­ti­que. Un bon coup de poing sur la table du pou­voir à la déri­ve, selon la recet­te pub « un Mars et ça repart ! » Ouais… En poli­ti­que aus­si la pub (ou la com’, c’est tout com­me), ça rend gros et con – et dan­ge­reux.

––––––––

* Exem­ple de pro­pos publics : « Mada­me, Mon­sieur, vous avez pu obser­ver et, pour cer­tains d’entre vous subir, la pré­sen­ce de gens du voya­ge ins­tal­lés sur un ter­rain pri­vé pro­che de la rési­den­ce des Ver­gers de Venel­les. […] J’ai été immé­dia­te­ment infor­mé et j’ai deman­dé à la Poli­ce muni­ci­pa­le d’engager, dans le dia­lo­gue, des mesu­res fer­mes pour leur départ dans les meilleurs délais. […] Il est anor­mal que dans une démo­cra­tie, des mino­ri­tés impo­sent leur sty­le de vie à la majo­ri­té paci­fi­que qui peu­ple notre Pays. […] Je vous prie de bien vou­loir noter le numé­ro de télé­pho­ne por­ta­ble de la Poli­ce muni­ci­pa­le de Venel­les qui inter­vient 24 h sur 24 : 06 09 95 12 79. » Jean-Pier­re Saez, mai­re UMP de Venel­les (13), vice-pré­si­dent de la Com­mu­nau­té d’agglomérations du Pays d’Aix, 15/05/02


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­pren­dre que les cho­ses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fi­que, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croi­re les cho­ses par­ce qu’on veut qu’elles soient, et non par­ce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lip­pe Casal, 2004 - Cen­tre natio­nal des arts plas­ti­ques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­fes­te.
    (Clau­de Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­ti­que), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la gra­ce de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquet­te cou­leur et boî­tier rigi­de ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Com­me un nua­ge, album pho­tos et tex­te mar­quant le 30e anni­ver­sai­re de la catas­tro­phe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant clo­se (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en ven­te au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adres­se pos­ta­le !)

    tcherno2-2-300x211

    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tira­ge soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, pri­ses en Pro­ven­ce et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­ti­que sur le thè­me d’« après le nua­ge ». Cet­te créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thè­me du nucléai­re », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de tou­tes nos croyan­ces. (Ber­trand Rus­sel)

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    Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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