On n'est pas des moutons

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« En ces temps troublés ». Quand le maire d’Argenteuil se fait programmateur-censeur de cinéma

Comme ça, à lui tout seul, d’un trait de plume municipal, Georges Mothron, maire Les Républicains d’Argenteuil, décide si ses concitoyens peuvent ou non aller voir un film au cinéma – et même deux.

Voici l’affaire, résumée par Le Figaro [30/04/2016:

« Le cinéma Le Figuier blanc a dû annuler il y a quelques jours la projection de deux films en raison d’une demande expresse du maire de la ville du Val-d’Oise, qui craignait que leurs sujets «mettent le feu aux poudres» dans la commune.

 G. Mothron dans ses œuvres

Maire-argenteuil Georges Mothron• Pour «changer l’image de la ville» […] le boulevard Lénine et l’avenue Marcel Cachin sont rebaptisés respectivement boulevard du général Leclerc et avenue Maurice Utrillo.
• Le 6 août 2007, un arrêté municipal interdisant la mendicité dans le centre-ville d’Argenteuil est associé à la consigne aux agents de la voirie de diffuser du malodore, un répulsif nauséabond, dans les lieux fréquentés par les sans-abris. La campagne de presse nationale qui s’ensuit et des controverses sur la rénovation urbaine en cours lui coûtent la mairie qui revient au socialiste Philippe Doucet aux élections 2008. Lors des élections municipales de 2014, il reprend la mairie d’Argenteuil face au maire sortant. [Wikipédia]

« […] La salle, associée à un centre culturel, a eu la curieuse surprise de recevoir la semaine dernière un courrier […] dans lequel l’élu demandait la déprogrammation de deux films : La Sociologue et l’ourson, d’Étienne Chaillou et Mathias Thery, et 3000 nuits, de Mari Masri.

« Le premier, sorti le 6 avril, est un documentaire qui revient sur les débats autour du mariage homosexuel en suivant la sociologue Irène Théry et en mettant en scène, sur un mode pédagogique et ludique, des peluches et des jouets pour évoquer certaines questions et reconstituer des moments familiaux. Le second, diffusé depuis l’an dernier dans plusieurs festivals, raconte l’histoire de Layal, une jeune Palestienne incarcérée dans une prison israélienne, où elle donne naissance à un garçon.

« Des thèmes qui pour le maire de la commune sont sujets à la polémique, d’où leur interdiction. Dans les colonnes du Parisien, il explique que sa décision est «motivée par le fait qu’en ces temps troublés, des sujets tels que ceux-là peuvent rapidement mettre le feu aux poudres dans une ville comme Argenteuil». « Dans un souci d’apaisement […]la ville a préféré jouer la sécurité en ne diffusant pas ces films, évitant ainsi des réactions éventuellement véhémentes de certains», ajoute-t-il. Mais l’exigence de l’édile a surtout provoqué une volée de bois vers à l’encontre de la mairie d’Argenteuil. »

L’association Argenteuil Solidarité Palestine (ASP), qui programmait 3000 nuits a dénoncé « la censure du maire qui, en octobre dernier, avait déjà interdit une exposition sur l’immigration.»

L’Association pour la défense du cinéma indépendant (ADCI) d’Argenteuil, dénonce « un refus idéologique de réflexion sur des questions qui se posent dans le contexte actuel ».

De son côté, la Scam, Société civile des auteurs multimédia, publie un communiqué sur cet acte de censure. Extraits :

« Les 102.000 habitants d’Argenteuil seraient-ils plus décérébrés, osons le dire, plus cons que la moyenne ?
« Certainement pas, mais c’est ainsi que le maire, Georges Mothron, considère les habitants en les jugeant incapables de regarder sereinement un documentaire de société où les personnages principaux sont des peluches. Un documentaire qui fait réfléchir sur pourquoi la société française s’est déchirée sur le mariage pour tous.
« Si le film sort en DVD, Georges Mothron le fera-t-il saisir dans les rayonnages ? Quand le film sera diffusé à la télévision, Georges Mothron fera-t-il couper les antennes du diffuseur sur sa ville ?
« En ces temps troublés », Georges Mothron a peur que le film « mette le feu aux poudres ». […]
« En ces temps troublés », nous avons bien besoin de films qui nous ouvrent au monde, qui apportent de la pensée dans les réflexes pavloviens de repli sur soi de telle ou telle communauté.
« La Scam soutient la manifestation organisée le 7 mai à 15 heures devant la mairie d’Argenteuil pour exiger la reprogrammation des films et rappeler au maire, Georges Mothron, que le suffrage universel ne lui confie pas pour autant un droit à décider ce que ses concitoyens peuvent choisir d’aller voir au cinéma. »

Pour ma part, me référant à la loi sur le non-cumul des mandats, je rappelle à ce maire qu’il ne peut ni ne doit cumuler sa fonction de magistrat municipal avec celles de programmateur-censeur de cinéma et de directeur des consciences. Non mais.


Enfin de la pub, de la vraie, sur les radios du service public !

hara_kiri_pubSur l’autel de (feue) la gauche, ce gouvernement ne recule devant aucun sacrifice. Ce matin au réveil, j’apprends dans le poste qu’un décret paru aujourd’hui même au Journal officiel autorise la publicité sur les ondes de Radio France !

Le tout-pognon aura encore sévi, emportant sur son passage les restes d’éthique auquel on croyait encore pouvoir s’accrocher. Tu croyais, naïf, que les radios du service public te mettaient à l’abri des saillies de « pub qui rend con – qui nous prend pour des cons »… Macache ! Finies les débilités limitées aux seules « oui qui ? Kiwi ! » et autres « Matmut » à en dégueuler. On est passé au tout-Macron, mon vieux ! Tu savais pas ? Vive le tout-libéral, l’indécence commune et la vulgarité marchande ! Les enzymes gloutons sont de retour, et les bagnoles à tout-va, les chaussée-au-moine, les justin-bridoux, les mars-et-ça-repart – autant dire que le bonheur nous revient en splendeur, avec ses trouvailles enchanteresses, la vie facile, enfin !

Manque tout de même à ce gouvernement qui, lui aussi, nous prend pour des cons, un ministre à la hauteur. Je ne vois que Séguéla. Un Séguéla, sinon rien ! Et au complet, avec sa rolex et sa connerie.

Nous restera à fermer le poste. On mourra moins con (« oui mais, on mourra quand même ! »).

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Cologne, suite. L’écrivain algérien Kamel Daoud  « fatwatisé » par des intellectuels français

Une deuxième fatwa vient de frapper l’écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud [voir ici et ], à propos de son analyse des violences sexuelles du Nouvel an à Cologne. Cette nouvelle condamnation émane d’une sorte de secte laïque rassemblant une poignée d’« intellectuels autoproclamés » à qui Le Monde a prêté ses colonnes.

Les signataires du «Collectif»Noureddine Amara (historien), Joel Beinin (historien), Houda Ben Hamouda (historienne), Benoît Challand (sociologue), Jocelyne Dakhlia (historienne), Sonia Dayan-Herzbrun (sociologue), Muriam Haleh Davis (historienne), Giulia Fabbiano (anthropologue), Darcie Fontaine (historienne), David Theo Goldberg (philosophe), Ghassan Hage (anthropologue), Laleh Khalili (anthropologue), Tristan Leperlier (sociologue), Nadia Marzouki (politiste), Pascal Ménoret (anthropologue), Stéphanie Pouessel (anthropologue), Elizabeth Shakman Hurd (politiste), Thomas Serres (politiste), Seif Soudani (journaliste).

Dans l’édition du 12 février, sous le titre « Les fantasmes de Kamel Daoud », ce « collectif » lançait son anathème, excluant de son cénacle « cet humaniste autoproclamé ». Le mépris de l’expression dévoilait, dès les premières lignes de la sentence, l’intention malveillante des juges. Les lignes suivantes confirmaient une condamnation sans appel : « Tout en déclarant vouloir déconstruire les caricatures promues par » la droite et l’extrême droite «, l’auteur recycle les clichés orientalistes les plus éculés, de l’islam religion de mort cher à Ernest Renan (18231892) à la psychologie des foules arabes de Gustave Le Bon (18411931). »

Que veulent donc dire, ces sociologisants ensoutanés, par leur attendu si tranchant ? 1) Que Daoud rejoint « la droite et l’extrême droite »… 2) …puisqu’il « recycle les clichés orientalistes les plus éculés, de l’islam religion de mort »… 3) clichés anciens « chers » à Renan et Le Bon… 4)… ces vieilleries datées (dates à l’appui) et donc obsolètes… 5)… tandis que leur « sociologie » à eux, hein !

Nos inquisiteurs reprochent au journaliste algérien d’essentialiser « le monde d’Allah », qu’il réduirait à un espace restreint (le sien, décrit ainsi avec condescendance : « Certainement marqué par son expérience durant la guerre civile algérienne (19921999) [C’est moi qui souligne, et même deux fois, s’agissant du mot expérience, si délicatement choisi] Daoud ne s’embarrasse pas de nuances et fait des islamistes les promoteurs de cette logique de mort. »), selon une « approche culturaliste ». En cela, ils rejoignent les positions de l’essayiste américano-palestinien Edward Saïd pour qui l’Orient serait une fabrication de l’Occident post-colonialiste. Comme si les cultures n’existaient pas, jusqu’à leurs différences ; de même pour les civilisations, y compris la musulmane, bien entendu.

"Que se cache donc derrière le mysticisme des fascistes, ce mysticisme qui fascinait les masses ?" W. Reich

«Que se cache donc derrière le mysticisme des fascistes, ce mysticisme qui fascinait les masses ?» W. Reich

À ce propos, revenons aux compères Renan et Le Bon, en effet contemporains et nullement arriérés comme le sous-entendent nos néo-ayatollahs. Je garde les meilleurs souvenirs de leur fréquentation dans mes années « sexpoliennes » – sexo-politiques et reichiennes –, lorsque l’orthodoxie marxiste se trouva fort ébranlée, à partir de Mai 68 et bien au-delà. Pour un peu je relirais cette Vie de Jésus, d’Ernest Renan, dont Reich s’était notamment inspiré pour écrire Le Meurtre du Christ ; de même, s’agissant de Psychologie des foules, de Gustave Le Bon, dont on retrouve de nombreuses traces dans Psychologie de masse du fascisme du même Wilhelm Reich. Les agressions de Cologne peuvent être analysées selon les critères reichiens du refoulement sexuel et des cuirasses caractérielle et corporelle propices aux enrôlements dans les idéologies fascistes et mystiques. Ces critères – avancés à sa manière par Kamel Daoud – ne sont pas uniques et ne sauraient nier les réalités « objectives » des conditions de vie – elles se renforcent mutuellement. Tandis que les accusateurs de Daoud semblent ignorer ces composantes psycho-sexuelles et affectives.

Traité comme un arriéré, Daoud est ainsi accusé de psychologiser les violences sexuelles de Cologne, et d’« effacer les conditions sociales, politiques et économiques qui favorisent ces actes ». Lamentable retournement du propos – selon une argumentation qui pourrait se retourner avec pertinence !

Enfin, le journaliste algérien se trouve taxé d’islamophobie… Accusation définitive qui, en fait, à relire ces compères, se situe à l’origine de leur attaque. Ce « sport de combat » désormais à la mode, interdit toute critique de fond et clôt tout débat d’idées.

Le « double fatwatisé » pourra cependant trouver quelque réconfort dans des articles de soutien. Ainsi, celui de Michel Guerrin dans Le Monde du 27 février. Le journaliste rappelle que Kamel Daoud a décidé d’arrêter le journalisme pour se consacrer à la littérature. « Il ne change pas de position mais d’instrument. » « Ce retrait, poursuit-il, est une défaite. Pas la sienne. Celle du débat. Il vit en Algérie, il est sous le coup d’une fatwa depuis 2014, et cela donne de la chair à ses convictions. Du reste, sa vision de l’islam est passionnante, hors normes, car elle divise la gauche, les féministes, les intellectuels. Une grande partie de la sociologie est contre lui mais des intellectuels africains saluent son courage, Libération l’a défendu, L’Obs aussi, où Jean Daniel retrouve en lui “toutes les grandes voix féministes historiques”. […] Ainsi va la confrérie des sociologues, qui a le nez rivé sur ses statistiques sans prendre en compte “la chair du réel”, écrit Aude Lancelin sur le site de L’Obs, le 18 février. »

Ainsi, cette remarquable tribune de la romancière franco-tunisienne Fawzia Zouari, dans Libération du 28 février, rétorquant aux accusateurs :

« Voilà comment on se fait les alliés des islamistes sous couvert de philosopher… Voilà comment on réduit au silence l’une des voix dont le monde musulman a le plus besoin. »

 


Fawzia Zouari : «Il faut dire qu’il y a un… par franceinter


Kamel Daoud et les agressions de Cologne. Le «porno-islamisme» s’en prend à la femme autant qu’à la vie

Pourquoi les islamistes détestent-ils autant les femmes ? Pourquoi refusent-ils qu’elles prennent le volant, portent des jupes courtes, aiment librement  ? Autant de questions qui interpellent et dérangent l’islam des extrêmes et, par delà, l’islam en lui-même ainsi que les autres religions monothéistes. Le journaliste-écrivain algérien Kamel Daoud est l’un des tout premiers et trop rares intellectuels du monde musulman à affronter de face ces questions esquivées par les religions – sans doute parce qu’elles leur sont constitutives. Aujourd’hui, à propos des agressions sexuelles de femmes fin décembre à Cologne, il accuse le «porno-islamisme» et interpelle le regard de l’Occident porté sur l’ « immigré », cet « autre », condamné autant à la réprobation qu’à l’incompréhension.

Kamel Daoud, 2015 © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

Kamel Daoud, 2015 © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

S’interroger valablement sur l’islam conduit à décrypter les mécanismes de haine à l’œuvre dans les discours religieux. Ce qui, par ces temps de fanatisme assassin, ne va pas sans risques. Surtout si on touche aux fondamentaux. Ainsi, le 3 décembre 2014 dans l’émission de Laurent Ruquier On n’est pas couché sur France 2, Kamel Daoud déclare à propos de son rapport à l’islam :

« Je persiste à le croire : si on ne tranche pas dans le monde dit arabe la question de Dieu, on ne va pas réhabiliter l’homme, on ne va pas avancer. La question religieuse devient vitale dans le monde arabe. Il faut qu’on la tranche, il faut qu’on la réfléchisse pour pouvoir avancer. »

Quelques jours plus tard, Daoud est frappé d’une fatwa par un imam salafiste, appelant à son exécution « pour apostasie et hérésie ». Depuis, le journaliste, chroniqueur au Quotidien d’Oran, est placé sous protection policière, avec toutes les contraintes qui s’ensuivent – Salman Rushdie, depuis la Grande-Bretagne, en sait quelque chose…

En juin dernier, dans un entretien à L’Humanité (2/06/15), Kamel Daoud insistait sur la question de la place – si on peut dire – de la femme dans l’islam :

«Le rapport à la femme est le nœud gordien, en Algérie et ailleurs. Nous ne pouvons pas avancer sans guérir ce rapport trouble à l’imaginaire, à la maternité, à l’amour, au désir, au corps et à la vie entière. Les islamistes sont obsédés par le corps des femmes, ils le voilent car il les terrifie. Pour eux, la vie est une perte de temps avant l’éternité. Or, qui représente la perpétuation de la vie ? La femme, le désir. Donc autant les tuer. J’appelle cela le porno-islamisme. Ils sont contre la pornographie et complètement pornographes dans leur tête. (…) Quand les hommes bougent, c’est une émeute. Quand les femmes sont présentes, c’est une révolution. Libérez la femme et vous aurez la liberté.  »

Ces jours-ci, dans un article publié en Italie dans le quotidien La Repubblica et repris par Le Monde (31/01/16), Kamel Daoud revient à nouveau sur la question de la femme en islam, cette fois sous l’actualité brûlante des événements de la saint-Sylvestre à Cologne. Il pousse son analyse sous l’angle des « jeux de fantasmes des Occidentaux », « jeu d’images que l’Occidental se fait de l’« autre », le réfugié-immigré : angélisme, terreur, réactivation des peurs d’invasions barbares anciennes et base du binôme barbare-civilisé. Des immigrés accueillis s’attaquent à « nos » femmes, les agressent et les violent. »

meursaultsJournaliste et essayiste algérien, chroniqueur au Quotidien d’Oran, Kamel Daoud est notamment l’auteur de Meursault, contre-enquête (Actes Sud, 2014), Prix Goncourt du premier roman. Il s’agit d’une sorte de contrepoint à L’Étranger de Camus. Philippe Berling en a tiré une pièce, Meursaults, jouée jusqu’au 6 février au Théâtre des Bernardines à Marseille.

Daoud ne cherche pas d’excuses aux agresseurs mais s’essaie à comprendre, à expliquer – ce qui ne saurait plaire à Valls ! Donc, il rejette cette « naïveté », cet angélisme projeté sur le migrant par le regard occidental, qui « voit, dans le réfugié, son statut, pas sa culture […] On voit le survivant et on oublie que le réfugié vient d’un piège culturel que résume surtout son rapport à Dieu et à la femme. »

Il poursuit : « Le réfugié est-il donc « sauvage » ? Non. Juste différent, et il ne suffit pas d’accueillir en donnant des papiers et un foyer collectif pour s’acquitter. Il faut offrir l’asile au corps mais aussi convaincre l’âme de changer. L’Autre vient de ce vaste univers douloureux et affreux que sont la misère sexuelle dans le monde arabo-musulman, le rapport malade à la femme, au corps et au désir. L’accueillir n’est pas le guérir. »

Daoud reformule sa « thèse » :

« Le rapport à la femme est le nœud gordien, le second dans le monde d’Allah [après la question de Dieu, Ndlr]. La femme est niée, refusée, tuée, voilée, enfermée ou possédée. Cela dénote un rapport trouble à l’imaginaire, au désir de vivre, à la création et à la liberté. La femme est le reflet de la vie que l’on ne veut pas admettre. Elle est l’incarnation du désir nécessaire et est donc coupable d’un crime affreux : la vie. » « L’islamiste n’aime pas la vie. Pour lui, il s’agit d’une perte de temps avant l’éternité, d’une tentation, d’une fécondation inutile, d’un éloignement de Dieu et du ciel et d’un retard sur le rendez-vous de l’éternité. La vie est le produit d’une désobéissance et cette désobéissance est le produit d’une femme. »

Certes, une telle analyse, par sa finesse et sa pertinence, ne risque pas d’être entendue par les fronts bas de l’extrême-droite – et pas seulement par eux. Ni chez les fanatiques religieux, bien sûr ; peut-être pas non plus chez ceux que l’on dit « modérés », tant la frontière peut être mince des uns aux autres. Alors, à qui s’adresse Daoud ? – et avec quelles chances d’être entendu ? – quand il parle – naïvement ? – de « convaincre l’âme de changer »… et quand il souligne que « le sexe est la plus grande misère dans le « monde d’Allah » ?

Et de revenir sur« ce porno-islamisme dont font discours les prêcheurs islamistes pour recruter leurs « fidèles » :

« Descriptions d’un paradis plus proche du bordel que de la récompense pour gens pieux, fantasme des vierges pour les kamikazes, chasse aux corps dans les espaces publics, puritanisme des dictatures, voile et burka. L’islamisme est un attentat contre le désir. Et ce désir ira, parfois, exploser en terre d’Occident, là où la liberté est si insolente. Car « chez nous », il n’a d’issue qu’après la mort et le jugement dernier. Un sursis qui fabrique du vivant un zombie, ou un kamikaze qui rêve de confondre la mort et l’orgasme, ou un frustré qui rêve d’aller en Europe pour échapper, dans l’errance, au piège social de sa lâcheté : je veux connaître une femme mais je refuse que ma sœur connaisse l’amour avec un homme. »

Et, pour finir : « Retour à la question de fond : Cologne est-il le signe qu’il faut fermer les portes ou fermer les yeux ? Ni l’une ni l’autre solution. Fermer les portes conduira, un jour ou l’autre, à tirer par les fenêtres, et cela est un crime contre l’humanité.

« Mais fermer les yeux sur le long travail d’accueil et d’aide, et ce que cela signifie comme travail sur soi et sur les autres, est aussi un angélisme qui va tuer. Les réfugiés et les immigrés ne sont pas réductibles à la minorité d’une délinquance, mais cela pose le problème des « valeurs » à partager, à imposer, à défendre et à faire comprendre. Cela pose le problème de la responsabilité après l’accueil et qu’il faut assumer. »

Où l’on voit que la «guerre» ne saurait conduire à la paix dans les cœurs… Dans ce processus historique millénaire parcouru de religions et de violence, de conquêtes et de domination, de refoulements sexuels, de négation de la femme et de la vie, de haines et de ressentiments remâchés… de quel endroit de la planète pourra bien surgir la sagesse humaine ?


Marseille. Une (autre) origine du monde

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Conception : Elizabeth Saint-Jalmes (sculptures), Mathilde Monfreux (écriture). Avec : Jessy Coste, Gaëlle Pranal, Virginie Thomas, Mathilde Monfreux, Blandine Pinon, Elizabeth Saint-Jalmes. Musique : François Rossi (batteur). Spectacle présenté par Lieux publics, centre national de création en espace public.lieux p

Aujourd’hui, « Sirènes et midi net ». Toujours aussi inspiré, essentiel : chaque premier mercredi du mois, à l’heure de l’alerte générale, entre ses deux salves de sirènes hurlantes, la magie du théâtre vient secouer la ville de sa quotidienneté, de sa torpeur. Avec effet relatif : il faut déjà être un peu éveillé pour ainsi se « karchériser » le cerveau. Deux ou trois cents braves, seulement, osent s’y risquer (sans risques), à l’heure où la normalité est à son ordinaire ouvrage.

Des formes informes, des paquets d’entrailles, de la chair, de la viande, des glandes, de la cervelle, du mou, du dégoulinant. Tout ça sur la scène, tout ce tas se met à trembler comme de la gélatine, puis à remuer comme des paquets de boyaux tombés d’on ne sait quel ventre céleste ou chaotique. C’est l’origine du monde, mais pas à la Courbet, bien avant, dans le grand coït créateur de la matière sans nom, l’innommable magma. L’origine ou bien la fin, la dernière apocalypse, comme celle qui nous guette ; celle que nous prédisent radios, télés, gazettes, heure par heure, jour après jour. Ça pourrait ressembler à ça, et les êtres, dès lors – nous-mêmes – pourrions nous transformer en monstruosités gesticulantes, à bout de souffle, venant mourir-pourrir sur le marbre, devant l’Opéra de Marseille, comme sur le billot d’un boucher sans pitié.

Pas drôle, hein ? Tandis qu’un batteur se déchaîne sur ses fûts et cymbales, les paquets globuleux entrent en danse dans la transe.

Il faut être là, pour ces dix minutes d’opéra sauvage, chaque premier mercredi du mois, devant l’Opéra de Marseille. Tout de même pas dur à retenir ! Et à noter pour des Marseillais de passage.


«Humanités»… Tout un programme sur France 5

Intituler  Humanités un nouveau programme de documentaires, c’est une idée prometteuse de France 5. Beau titre et générique superbe dû à Célia Rivière, sur des illustrations de Théo Guignard et une musique de Sacha Galperine. Tout un programme, en effet. «Si votre plumage se rapporte à…»


Pâques. Ça tourne pas rond

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© Solar Walk

« Pâque »vient du latin populaire *pascua»  (« nourriture », du verbe pascere « paître »), emprunté au grec πάσχα / páskha, lui-même emprunté à l’hébreu פסח Pessa’h « il passa [par-dessus] », d’où « passage », est le nom de la fête juive qui commémore la sortie d’Égypte. D’après les Évangiles, c’est pendant cette fête juive (qui dure 8 jours) qu’eut lieu la résurrection de Jésus ; c’est pourquoi le nom en a été repris pour désigner la fête chrétienne. [Wikipedia]

Tant qu’on en est à célébrer des sornettes, engrammées dans notre patrimoine culturel, revoyons notre système planétaire à la mode ovoïde. Et révisons les fondamentaux religieux avec un minimum de savoir rationnel remontant aux rites païens. Où l’on retrouve l’éternelle question de l’œuf ou du… lapin. La réponse appartient à chacun, à ses rêves, croyances, imaginaires, désirs… ou refoulements.

Cet «Happy Easter !» vient du monde anglo-saxon et de son folklore lié la déesse germanique Ostera (Easter pour les Anglo-saxons et Eastre pour les Scandinaves) dont le lapin, ou le lièvre,  était l’attribut symbolisant la fécondité. Mais de nombreuses coutumes datant de la plus haute Antiquité destinées à accueillir le retour du printemps se rattachèrent à la fête de Pâques. L’œuf est le symbole de la germination qui se produit au début du printemps.

Pas très catholique…

Pas très catholique…

La tradition d’offrir des œufs remonte à l’Antiquité. Les Égyptiens et les Romains offraient des œufs peints à la déesse mère (Vénus, Isis, Semiramis…). À l’époque pharaonique, on écrivait en couleurs des vœux sur les œufs, on les déposait le soir dans un panier qui, au matin était inondé par les bienfaits de Ra, le Soleil. Les premiers chrétiens coptes ont supprimé l’écriture des vœux et peint les œufs en rouge pour symboliser le sang du Christ. Cette tradition païenne s’est répandue dans toute la chrétienté jusqu’à nos jours (le commerce ayant quelque peu adapté les produits… > image impie ci-contre).

Comme pour Noël, la date de Pâques correspond à des événements astronomiques marquant les rites païens. La définition actuelle de la date de Pâques a été arrêtée en 325 lors du concile de Nicée. «Pâques est le dimanche qui suit le quatorzième jour de la Lune qui atteint cet âge au 21 mars ou immédiatement après». Le quatorzième jour de la Lune étant le jour de la pleine Lune et le 21 mars correspondant à la date de l’équinoxe de printemps, cette définition est souvent traduite de la manière suivante : Pâques est le premier dimanche qui suit la première pleine Lune de Printemps. Cette seconde définition est trompeuse car elle laisse entendre que la date de Pâques est le résultat d’un calcul astronomique basé sur la détermination de l’équinoxe de printemps et de la première pleine Lune suivant cet équinoxe. En réalité il n’en est rien, le calcul de la date de Pâques se fait à l’aide d’un calendrier perpétuel lunaire utilisant une Lune moyenne fictive (Lune ecclésiastique). Cette méthode de calcul porte le nom de comput ecclésiastique.  [ http://www.imcce.fr/promenade/pages4/440.html ]

Ainsi va le monde. «Et pourtant il tourne» – pas bien rond.


Un peu d’art dans ce monde de brutes

Louis Jean François Lagrenée, "Amour et Psyché"

Louis Jean François Lagrenée, «Amour et Psyché»

«Vois-tu ce que je vois ?», me demande un copain de « C’est pour dire »  en me joignant la vidéo ci-dessous, pour le moins fascinante… Je renvoie la question aux visiteurs du lieu. 

Il s’agit d’un montage-animation, une vidéo de dix minutes faisant défiler une centaine de peintures néo-classiques, romantiques et baroques, de la Renaissance à la fin du XIXe siècle. On en trouve la liste sur le site de l’auteur, le réalisateur italien Rino Stefano Tagliafierro. Chapeau les artistes !

Alors, vos impressions, réflexions ?


Marseille-Provence 2013. Fin de capitale

«Marseille — Capitale européenne de la Culture», c’est fini.  Elle s’est donc achevée ce 31 décembre par une super-production pyrotechnique et audio-visuelle. Un spectacle éblouissant, c’est le cas de le dire, particulièrement réussi.

Ne gâtons pas ce plaisir. Pour autant, s’agissant de ce genre de célébrations grandioses destinées à dynamiser une ville et une région tout au long d’une année, le bilan est évidemment mitigé. En particulier selon les points de vue, à partir des pôles extrêmes : l’économique et le culturel, deux domaines qui peinent à se croiser en harmonie. Et, là encore, ce sont les grandes structures qui auront tiré leurs marrons du feu – entendez la grosse part des sommes dépensées.

Il est à cet égard symptomatique que le satisfecit relayé par La Provence de ce 1er janvier,  porte surtout sur des données chiffrées : nombres de visiteurs enregistrés ça et là, de spectacles produits, de nuitées d’hôtel ; pourcentages d’augmentation de ceci-cela… Un bilan-comptable donc, tel qu’aiment en présenter les patrons de la Chambre de commerce et d’industrie, des grosses entreprises, des grosses structures de spectacles.

Bref, les gros sont contents d’avoir bien mangé. Pour les autres, habitués aux miettes, espérons que l’ardoise de 2013 – et ses rallonges – ne les mettra pas à la diète selon le vieux principe : privatisation des profits — socialisation des pertes. En quoi l’année-vérité sera celle de 2014.

En attendant, voici un petit florilège de la belle soirée finale.


Marseille-Provence 2013 — Spectacle final 31/12 par gerard-ponthieu-9


Marseille «Kultur» — 2. Et je ressors mon revolver !

Amandine s'est surpassée. A rendre Pascale jalouse (voir le papier d'avant) [© fp]

Amandine s’est surpassée. A rendre Pascale jalouse (voir le papier d’avant) [© fp]

…Parce qu’il y a «ça» aussi, sur les rayons de la culture triomphante  (on écrit alors plutôt Kultur) :  Ce chef d’œuvre trône du côté des plages marseillaises, histoire de célébrer l’année Capitale. Pas mal non plus, et dans la même veine conceptuelle; avec toutefois un peu plus d’audace; on a dû ici faire appel à la soudure et à des matériaux plus riche que le bois de cageot si caractéristique de l’oeuvre précédemment analysée par notre chroniqueur artistique. Mais la faiblesse de l’admirable chose vient indéniablement de son intitulé, platement descriptif.

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Alors là, Amandine, je regrette d’avoir à vous le dire aussi crûment : Vous vous êtes pas fait chier !

Et  puis, nous avons aussi trouvé ce monument d’avant-garde, nouvellement repensé et redécoré. Ça peut se visiter (gratuitement) sur le plateau de Puyricard, non loin d’Aix-en-Provence, ville d’eau et d’art comme on sait.

Les pendouilleries ornent joliment ce château du XXe, lui ajoutant une touche de modernité technologique. Un joyau d'architecture et d'urbanisme.

Les pendouilleries ornent joliment ce château du XXe, lui ajoutant une touche de modernité technologique. Un joyau d’architecture et d’urbanisme.


Marseille (et au-delà) – Quand j’entends le mot culture…

« Quand j’entends le mot “culture”, je sors mon revolver ». Je me contenterai de sortir ce billet et des photos.

Une sorte de caisse, dure à encaisser. [Ph. gp]

Une sorte de caisse, dure à encaisser. [Ph. gp]

Les fauteurs de « Marseille-Provence 2013 — Capitale de la Culture » ont eu à promouvoir toutes sortes de « produits culturels » afin de remplir les caddies de la grande distribution artistico-cultureuse. Tout un fatras a donc dû être fourni, souvent dans l’urgence, parfois pour le pire, mais aussi pour le  meilleur – ne soyons ni par trop négatifs, ni trop généralisants.

En tout cas, au vu des photos, on touche quand même ici le fond du fond pour ce qui est du foutage de gueule et de dénaturation en matière de « culture ».

Soit deux caisses en bois ; l’une, cubique, peinte en gris, servira de socle à l’autre, parallélépipédique, montée sur palette de chantier, en bois brut, tiendra lieu d’œuvre d’art. Pour ainsi créer cette illusion grossière, un tour de magie littérale suffira, soit la conception d’un écriteau sur lequel on écrira…

… Quoi, au fait ?

Là, l’Auteure, se creuse le chou ; convoque, si ça se trouve, un remue-méninges d’instruits-cons, un colloque, un séminaire. Bref, on aboutit à cette chiure :

Tromperie sur la marchandise, usage de faux, marchandise avariée…

Tromperie sur la marchandise, usage de faux, marchandise avariée… On monte des procès pour moins. Ici, elle est estampillée et cautionnée officiellement !

Oh, c’est qu’il doit y avoir là-dessous, du jus de concept à haute valeur ajoutée. Oui, certes, envoyez la monnaie ! Car on aimerait connaître le montant de la facture, afin d’évaluer l’œuvre à la hauteur de son escroquerie intellectuelle, morale, et pénale.

 Cette « chose » est une honte. Tellement honteuse qu’elle a même laissé indifférentes les habituelles brigades de tagueurs – juste une timide tentative, tout de même gommée.

Tandis que derrière, un certain Pierre Puget, mis en abyme (la sculpture du sculpteur en train de sculpter ; l’oeuvre est de Henri-Édouard Lombard), jette un regard qui ne semble pas de marbre. Cet « enfant de Marseille », dixit la plaque, ce sculpteur, architecte et peintre (16201694), « a porté au loin les marques de son génie et le nom de sa ville ». On lui doit, entre autres, l’architecture de La Vieille Charité.

Tandis que cette boîte, prétentieuse et ridicule, vient faire injure à l’artiste, plus généralement à l’art et tout bonnement au citoyen qui aura été tenu, sans son avis, de payer cet affront.

N’est-ce pas de la sorte qu’on contribue à désintégrer une société ? À jeter ses membres ainsi méprisés dans les bras des populistes si prompts à dénoncer ces « élites » qui se paient la gueule du populo.

Un rappel (douloureux) : la fameuse phrase « Quand j’entends le mot “culture”, je sors mon revolver » a été faussement attribuée à Hermann Göring, ou à Joseph Goebbels (en allemand : « Wenn ich “Kultur” höre… entsichere ich meinen Browning » littéralement : « Quand j’entends le mot “culture”, j’ôte le cran de sûreté de mon Browning ».) En réalité, bien qu’elle ait été effectivement reprise par B. von Schirach (chef des jeunesses hitlériennes), comme par d’autres nationaux-socialistes, c’est un écrivain allemand, Hanns Johst (18901978), lui-même national-socialiste, qui est l’auteur de cette formule qu’il a placée comme réplique d’un personnage de l’une de ses pièces de théâtre, à la gloire de Hitler, intitulée «Schlageter» (1933).» (Wikipédia)

Si la citation n’a pas l’auteur qu’on lui attribue, elle émane bien de sa famille criminelle.

 Prenons garde à ne pas entretenir ce trafic d’armes.

 

»> Sur le thème, un blog recommandable «Culture & Revolve


Appel à dénoncer et boycotter la collaboration de «Marseille-Provence 2013 » avec l’État d’Israël

Le gouvernement israélien a décidé de faire de Marseille capitale européenne de la culture un outil pour « modifier son image ». Un certain nombre de citoyens, parmi lesquels des artistes, responsables de structures culturelles ou d’édition, solidaires du peuple palestinien, refusent de cautionner une telle opération de propagande. Ils ont signé et lancé un appel de protestation contre cette manœuvre de séduction.

Voici le texte de cet appel :

 « Pas en notre nom »

Appel d’artistes, de responsables de structures culturelles, de spectateurs, solidaires du peuple palestinien

« A l’occasion de « Marseille capitale européenne de la culture 2013 », le Consulat d’Israël à Marseille a organisé la venue de nombreux artistes pour une quarantaine de rendez-vous appelés « Israël en scène 2013 ». Il ne s’agit pas de simples événements artistiques et culturels, mais d’une véritable opération de propagande destinée à « changer l’image d’Israël » dans l’opinion française, directement organisée par le gouvernement israélien. Les artistes ainsi instrumentalisés ne peuvent l’ignorer.

(Lire la suite…)


Marseille. Pétition contre une subvention de 400 000 euros pour un concert de David Guetta

Les élus de Marseille ont accordé une subvention de 400 000 euros pour un concert payant de David Guetta le 23 juin, à Marseille. Cet argent public va alimenter les caisses d’un producteur privé. Avec des places entre 40 et 55 euros, les recettes du concert sont estimées à environ 1 million d’euros. Cette subvention est donc injustifiable, alors qu’il y a mieux à faire pour la culture à Marseille !

Adressée au maire Jean-Claude Gaudin, une pétition contre cette folie a déjà recueilli plus de 35 000 signatures. A 50 000, un recours devant le conseil municipal sera envisageable pour faire annuler la décision.

En pleine période de crise, mobilisons-nous pour que l’argent public ne soit pas gaspillé ainsi !

Le 10 décembre 2012, il a été décidé en conseil municipal de Marseille d’octroyer la somme de 400 000 euros à la société Adam Productions afin de produire un concert de David Guetta et Mika le 23 juin au Parc Borély (mis à disposition par la Ville de Marseille), dans le cadre de Marseille Provence 2013, Capitale européenne de la Culture.

Malgré cette subvention publique, la billetterie mise en place annonce des tarifs compris entre 44 et 59 euros.

Cette pétition ne conteste pas la programmation mais le financement public qui n’est pas justifié. Les contribuables devront donc financer un concert qui ne sera même pas accessible au plus grand nombre!

1. Cette subvention aurait pu bénéficier à des associations ou à des artistes contribuant réellement au rayonnement de Marseille et à Marseille 2013  et ayant réellement besoin de financements. David Guetta est l’un des artistes français les mieux payés…

2. Cette somme est d’autant plus inacceptable qu’elle ne permet même pas de proposer des places à un tarif abordable pour le grand public!

3. La ville s’est montrée souvent réticente face aux évènements musicaux en plein air (Marsatac, Buvette Disco…). Là, aucun problème.

En plus des largesses de la mairie, le lieu est mis à disposition gratuitement pour Adam production qui aura également l’entière recette des ventes de billets, des boissons et autres produits vendus sur place. Une recette estimée à 1,1 million d’euros.

Il s’agit donc bien d’un cadeau de la Ville à une entreprise privée…

Pour que l’argent public finance la culture et les artistes locaux plutôt que les producteurs internationaux, signez la pétition et diffusez-là autour de vous.


Lascaux et le brave Sarkozy. Ou le péril politico-préhistorique

«Le Monde» donne dans l’antisarkozisme primaire. Ainsi sa une du 12 septembre prédisant le plus «grand péril» à la grotte de Lascaux – pour cause d’une visite particulière. Laquelle a d’ailleurs donné lieu à une «sortie» dont notre fameux président a le secret.

Comme le signale Dominique Dréan dans un commentaire ci-dessous – se référant au blog des correcteurs du Monde –, Sarkozy s’est cru malin de commenter sa visite en ces termes : “Le brave néandertalien avait parfaitement compris qu’ici, c’était plus tempéré qu’ailleurs, qu’il devait y avoir du gibier, qu’il faisait beau et qu’il y faisait bon vivre.”  «Le Monde», en effet, a eu du pif en pressentant le péril sarkozien menaçant Lascaux. Néandertaliens, Cro-magnons, tout ça c’est des sauvages de la même espèce, des Roms en quelque sorte, dont les grottes grossièrement décorées tenaient lieu de caravanes.  En se méprenant sur quelques milliers d’années, le brave président a encore perdu une occasion de masquer son ignorance. Ces pulsions culturelles, c’est plus fort que lui.


Abolition des Roms et autres vagabonds. Hommage à la Sarkozie !

« C’était un temps déraisonnable »… Ils avaient voulu les exterminer. Juifs, homos, tziganes. Je sais c’est gros, on n’en est pas là. Mais l’esprit rôde, dirait-on, à pas feutrés, de ce chuintement des pantoufles, plus inquiétant parfois que le bruit des bottes. Parfois l’un annonce l’autre. Je n’aime pas ça du tout, j’ai peur et honte. Peur pour les victimes à venir, déjà dans le collimateur. Honte pour « mon pays », ce qu’il représente et que j’aime à représenter avec lui, en cette somme de personnes, de « bonnes personnes », tant qu’à s’identifier à un ensemble. « Vivre ensemble », la belle expression devenue substantif, au nom de l’idéal, jamais atteint toujours espéré.

« Gens du voyage »… La métaphore est aussi belle que trompeuse. Quels gens ? Ou bien « quelles ». Mot à genre bizarre, entre masculin singulier et féminin pluriel (comme orgue et amour…) Et surtout quel « voyage » ? Là, dans l’infinité des distinguos, on touche à autant de visions du monde. Pourquoi les Roms et les nomades en général voyagent-il de par le monde ? C’est une anomalie bien anormale. Et pourquoi les homos sont-ils homosexuels, et les Juifs juifs ? Le monde est bien bizarre.

Pas intégrable, les Roms. Donc achever de les désintégrer : flics, commandos, procès, PV, expulsions. Et cassons le thermomètre plutôt que de traiter la grippe. Quelle grippe, au fait ? Celle d’un système grippé, et même pire : un régime aux abois, sans vision politique, sinon de myope ou d’aveugle même. Un « fait divers », une « bavure », voilà ce qui tient lieu de cap à ces démolisseurs acharnés !

Les mêmes sont aussi à la basse manœuvre localement. J’en ai un dans ma commune en la personne du maire, adepte du tout libéral mâtiné d’écolo-gadgetisme, aussi social que les patrons de Neuilly. Venelles, Bouches-du-Rhône, 8.000 habitants, compte même moins de logements sociaux (en pourcentage) que Neuilly ! Venelles enfreint aussi la loi en n’ayant toujours pas aménagé de terrain d’accueil destiné aux gens du voyage – que son maire fait chasser à l’occasion à coups de renforts policiers… *

Bien sûr que les Roms posent quelques problèmes. Même les « gens biens » s’en posent entre eux, et parfois des autrement mégas ! Oui, les Roms vivotent de combines et même de larcins, se foutent de l’écologie comme de la bouffe bio, dégueulassent leurs campements, etc. Mais bien moins que chez les Bettencourt-Woerth, non ? Euh… sauf peut-être pour ce qui est des campements, ici et là, selon les îles privées ou les havres dans quelque paradis fiscal…

Et c’est alors qu’un bon fait divers arrive à point nommé pour faire diversion. Un bon coup derrière la tête de ces boucs émissaires sans défenses, si ce n’est leurs dérisoires cornes face au bouclier étatique. Un bon coup de poing sur la table du pouvoir à la dérive, selon la recette pub « un Mars et ça repart ! » Ouais… En politique aussi la pub (ou la com’, c’est tout comme), ça rend gros et con – et dangereux.

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* Exemple de propos publics : « Madame, Monsieur, vous avez pu observer et, pour certains d’entre vous subir, la présence de gens du voyage installés sur un terrain privé proche de la résidence des Vergers de Venelles. […] J’ai été immédiatement informé et j’ai demandé à la Police municipale d’engager, dans le dialogue, des mesures fermes pour leur départ dans les meilleurs délais. […] Il est anormal que dans une démocratie, des minorités imposent leur style de vie à la majorité pacifique qui peuple notre Pays. […] Je vous prie de bien vouloir noter le numéro de téléphone portable de la Police municipale de Venelles qui intervient 24 h sur 24 : 06 09 95 12 79. » Jean-Pierre Saez, maire UMP de Venelles (13), vice-président de la Communauté d’agglomérations du Pays d’Aix, 15/05/02


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet. » Bossuet

  • Traduire :

    • Twitter — Gazouiller

    • Énigme

      Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

      Philippe Casal, 2004 - Centre national des arts plastiques - Mucem, Marseille

    • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

      La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
      (Claude Lévi-Strauss)

    • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

      Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexualité / politique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
    • «Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl»

      Comme un nuage, album photos et texte marquant le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986). La souscription étant close (vifs remerciements à tous les contributeurs !) l'ouvrage est désormais en vente au prix de 15 euros, franco de port. Vous pouvez le commander à partir du bouton "Acheter" ci-dessous (bien préciser votre adresse postale !)

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      Il s'agit d'un album-photo de qualité, à tirage soigné et limité, 40 p. format A4 "à l'italienne". Les photos, prises en Provence et notamment à Marseille, expriment une vision artistique sur le thème d’« après le nuage ». Cette création rejoignait l’appel à l’organisation de "1.000 événements culturels sur le thème du nucléaire", entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fukushima) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl).
    • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

      L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

    • montaigne

      Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

      La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

    • « C’est pour dire » de Gérard Ponthieu, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification (3.0 France). Photos, dessins et documents mentionnés sous copyright © sont protégés comme tels.
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    • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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