On n'est pas des moutons

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« En ces temps troublés ». Quand le maire d’Argenteuil se fait programmateur-censeur de cinéma

Comme ça, à lui tout seul, d’un trait de plume muni­ci­pal, Georges Mothron, maire Les Répu­bli­cains d’Argenteuil, décide si ses conci­toyens peuvent ou non aller voir un film au ciné­ma – et même deux.

Voici l’affaire, résu­mée par Le Figa­ro [30/04/2016] :

« Le ciné­ma Le Figuier blanc a dû annu­ler il y a quelques jours la pro­jec­tion de deux films en rai­son d’une demande expresse du maire de la ville du Val-d’Oise, qui crai­gnait que leurs sujets «mettent le feu aux poudres» dans la com­mune.

 G. Mothron dans ses œuvres

Maire-argenteuil Georges Mothron• Pour «chan­ger l’image de la ville» […] le bou­le­vard Lénine et l’avenue Mar­cel Cachin sont rebap­ti­sés res­pec­ti­ve­ment bou­le­vard du géné­ral Leclerc et ave­nue Mau­rice Utrillo.
• Le 6 août 2007, un arrê­té muni­ci­pal inter­di­sant la men­di­ci­té dans le centre-ville d’Argenteuil est asso­cié à la consigne aux agents de la voi­rie de dif­fu­ser du mal­odore, un répul­sif nau­séa­bond, dans les lieux fré­quen­tés par les sans-abris. La cam­pagne de presse natio­nale qui s’ensuit et des contro­verses sur la réno­va­tion urbaine en cours lui coûtent la mai­rie qui revient au socia­liste Phi­lippe Dou­cet aux élec­tions 2008. Lors des élec­tions muni­ci­pales de 2014, il reprend la mai­rie d’Argenteuil face au maire sor­tant. [Wiki­pé­dia]

« […] La salle, asso­ciée à un centre cultu­rel, a eu la curieuse sur­prise de rece­voir la semaine der­nière un cour­rier […] dans lequel l’élu deman­dait la dépro­gram­ma­tion de deux films : La Socio­logue et l’ourson, d’Étienne Chaillou et Mathias The­ry, et 3000 nuits, de Mari Mas­ri.

« Le pre­mier, sor­ti le 6 avril, est un docu­men­taire qui revient sur les débats autour du mariage homo­sexuel en sui­vant la socio­logue Irène Thé­ry et en met­tant en scène, sur un mode péda­go­gique et ludique, des peluches et des jouets pour évo­quer cer­taines ques­tions et recons­ti­tuer des moments fami­liaux. Le second, dif­fu­sé depuis l’an der­nier dans plu­sieurs fes­ti­vals, raconte l’histoire de Layal, une jeune Pales­tienne incar­cé­rée dans une pri­son israé­lienne, où elle donne nais­sance à un gar­çon.

« Des thèmes qui pour le maire de la com­mune sont sujets à la polé­mique, d’où leur inter­dic­tion. Dans les colonnes du Pari­sien, il explique que sa déci­sion est «moti­vée par le fait qu’en ces temps trou­blés, des sujets tels que ceux-là peuvent rapi­de­ment mettre le feu aux poudres dans une ville comme Argen­teuil». « Dans un sou­ci d’apaisement [...]la ville a pré­fé­ré jouer la sécu­ri­té en ne dif­fu­sant pas ces films, évi­tant ain­si des réac­tions éven­tuel­le­ment véhé­mentes de cer­tains», ajoute-t-il. Mais l’exigence de l’édile a sur­tout pro­vo­qué une volée de bois vers à l’encontre de la mai­rie d’Argenteuil. »

L’association Argen­teuil Soli­da­ri­té Pales­tine (ASP), qui pro­gram­mait 3000 nuits a dénon­cé « la cen­sure du maire qui, en octobre der­nier, avait déjà inter­dit une expo­si­tion sur l’immigration.»

L’Association pour la défense du ciné­ma indé­pen­dant (ADCI) d’Argenteuil, dénonce « un refus idéo­lo­gique de réflexion sur des ques­tions qui se posent dans le contexte actuel ».

De son côté, la Scam, Socié­té civile des auteurs mul­ti­mé­dia, publie un com­mu­ni­qué sur cet acte de cen­sure. Extraits :

« Les 102.000 habi­tants d’Argenteuil seraient-ils plus décé­ré­brés, osons le dire, plus cons que la moyenne ?
« Cer­tai­ne­ment pas, mais c’est ain­si que le maire, Georges Mothron, consi­dère les habi­tants en les jugeant inca­pables de regar­der serei­ne­ment un docu­men­taire de socié­té où les per­son­nages prin­ci­paux sont des peluches. Un docu­men­taire qui fait réflé­chir sur pour­quoi la socié­té fran­çaise s’est déchi­rée sur le mariage pour tous.
« Si le film sort en DVD, Georges Mothron le fera-t-il sai­sir dans les rayon­nages ? Quand le film sera dif­fu­sé à la télé­vi­sion, Georges Mothron fera-t-il cou­per les antennes du dif­fu­seur sur sa ville ?
« En ces temps trou­blés », Georges Mothron a peur que le film « mette le feu aux poudres ». […]
« En ces temps trou­blés », nous avons bien besoin de films qui nous ouvrent au monde, qui apportent de la pen­sée dans les réflexes pav­lo­viens de repli sur soi de telle ou telle com­mu­nau­té.
« La Scam sou­tient la mani­fes­ta­tion orga­ni­sée le 7 mai à 15 heures devant la mai­rie d’Argenteuil pour exi­ger la repro­gram­ma­tion des films et rap­pe­ler au maire, Georges Mothron, que le suf­frage uni­ver­sel ne lui confie pas pour autant un droit à déci­der ce que ses conci­toyens peuvent choi­sir d’aller voir au ciné­ma. »

Pour ma part, me réfé­rant à la loi sur le non-cumul des man­dats, je rap­pelle à ce maire qu’il ne peut ni ne doit cumu­ler sa fonc­tion de magis­trat muni­ci­pal avec celles de pro­gram­ma­teur-cen­seur de ciné­ma et de direc­teur des consciences. Non mais.


Enfin de la pub, de la vraie, sur les radios du service public !

hara_kiri_pubSur l’autel de (feue) la gauche, ce gou­ver­ne­ment ne recule devant aucun sacri­fice. Ce matin au réveil, j’apprends dans le poste qu’un décret paru aujourd’hui même au Jour­nal offi­ciel auto­rise la publi­ci­té sur les ondes de Radio France !

Le tout-pognon aura encore sévi, empor­tant sur son pas­sage les restes d’éthique auquel on croyait encore pou­voir s’accrocher. Tu croyais, naïf, que les radios du ser­vice public te met­taient à l’abri des saillies de « pub qui rend con – qui nous prend pour des cons »… Macache ! Finies les débi­li­tés limi­tées aux seules « oui qui ? Kiwi ! » et autres « Mat­mut » à en dégueu­ler. On est pas­sé au tout-Macron, mon vieux ! Tu savais pas ? Vive le tout-libé­ral, l’indécence com­mune et la vul­ga­ri­té mar­chande ! Les enzymes glou­tons sont de retour, et les bagnoles à tout-va, les chaus­sée-au-moine, les jus­tin-bri­doux, les mars-et-ça-repart – autant dire que le bon­heur nous revient en splen­deur, avec ses trou­vailles enchan­te­resses, la vie facile, enfin !

Manque tout de même à ce gou­ver­ne­ment qui, lui aus­si, nous prend pour des cons, un ministre à la hau­teur. Je ne vois que Ségué­la. Un Ségué­la, sinon rien ! Et au com­plet, avec sa rolex et sa conne­rie.

Nous res­te­ra à fer­mer le poste. On mour­ra moins con (« oui mais, on mour­ra quand même ! »).

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Cologne, suite. L’écrivain algérien Kamel Daoud  « fatwatisé » par des intellectuels français

Une deuxième fat­wa vient de frap­per l’écrivain et jour­na­liste algé­rien Kamel Daoud [voir ici et ], à pro­pos de son ana­lyse des vio­lences sexuelles du Nou­vel an à Cologne. Cette nou­velle condam­na­tion émane d’une sorte de secte laïque ras­sem­blant une poi­gnée d’« intel­lec­tuels auto­pro­cla­més » à qui Le Monde a prê­té ses colonnes.

Les signa­taires du « Col­lec­tif  »Nou­red­dine Ama­ra (his­to­rien), Joel Bei­nin (his­to­rien), Hou­da Ben Hamou­da (his­to­rienne), Benoît Chal­land (socio­logue), Joce­lyne Dakh­lia (his­to­rienne), Sonia Dayan-Herz­brun (socio­logue), Muriam Haleh Davis (his­to­rienne), Giu­lia Fab­bia­no (anthro­po­logue), Dar­cie Fon­taine (his­to­rienne), David Theo Gold­berg (phi­lo­sophe), Ghas­san Hage (anthro­po­logue), Laleh Kha­li­li (anthro­po­logue), Tris­tan Leper­lier (socio­logue), Nadia Mar­zou­ki (poli­tiste), Pas­cal Méno­ret (anthro­po­logue), Sté­pha­nie Poues­sel (anthro­po­logue), Eli­za­beth Shak­man Hurd (poli­tiste), Tho­mas Serres (poli­tiste), Seif Sou­da­ni (jour­na­liste).

Dans l’édition du 12 février, sous le titre « Les fan­tasmes de Kamel Daoud », ce « col­lec­tif » lan­çait son ana­thème, excluant de son cénacle « cet huma­niste auto­pro­cla­mé ». Le mépris de l’expression dévoi­lait, dès les pre­mières lignes de la sen­tence, l’intention mal­veillante des juges. Les lignes sui­vantes confir­maient une condam­na­tion sans appel : « Tout en décla­rant vou­loir décons­truire les cari­ca­tures pro­mues par  » la droite et l’extrême droite « , l’auteur recycle les cli­chés orien­ta­listes les plus écu­lés, de l’islam reli­gion de mort cher à Ernest Renan (1823-1892) à la psy­cho­lo­gie des foules arabes de Gus­tave Le Bon (1841-1931). »

Que veulent donc dire, ces socio­lo­gi­sants ensou­ta­nés, par leur atten­du si tran­chant ? 1) Que Daoud rejoint « la droite et l’extrême droite »… 2) …puisqu’il « recycle les cli­chés orien­ta­listes les plus écu­lés, de l’islam reli­gion de mort »… 3) cli­chés anciens « chers » à Renan et Le Bon… 4)… ces vieille­ries datées (dates à l’appui) et donc obso­lètes… 5)… tan­dis que leur « socio­lo­gie » à eux, hein !

Nos inqui­si­teurs reprochent au jour­na­liste algé­rien d’essen­tia­li­ser « le monde d’Allah », qu’il rédui­rait à un espace res­treint (le sien, décrit ain­si avec condes­cen­dance : « Cer­tai­ne­ment mar­qué par son expé­rience durant la guerre civile algé­rienne (1992-1999) [C’est moi qui sou­ligne, et même deux fois, s’agissant du mot expé­rience, si déli­ca­te­ment choi­si] Daoud ne s’embarrasse pas de nuances et fait des isla­mistes les pro­mo­teurs de cette logique de mort. »), selon une « approche cultu­ra­liste ». En cela, ils rejoignent les posi­tions de l’essayiste amé­ri­ca­no-pales­ti­nien Edward Saïd pour qui l’Orient serait une fabri­ca­tion de l’Occident post-colo­nia­liste. Comme si les cultures n’existaient pas, jusqu’à leurs dif­fé­rences ; de même pour les civi­li­sa­tions, y com­pris la musul­mane, bien enten­du.

"Que se cache donc derrière le mysticisme des fascistes, ce mysticisme qui fascinait les masses ?" W. Reich

« Que se cache donc der­rière le mys­ti­cisme des fas­cistes, ce mys­ti­cisme qui fas­ci­nait les masses ? » W. Reich

À ce pro­pos, reve­nons aux com­pères Renan et Le Bon, en effet contem­po­rains et nul­le­ment arrié­rés comme le sous-entendent nos néo-aya­tol­lahs. Je garde les meilleurs sou­ve­nirs de leur fré­quen­ta­tion dans mes années « sex­po­liennes » – sexo-poli­tiques et rei­chiennes –, lorsque l’orthodoxie mar­xiste se trou­va fort ébran­lée, à par­tir de Mai 68 et bien au-delà. Pour un peu je reli­rais cette Vie de Jésus, d’Ernest Renan, dont Reich s’était notam­ment ins­pi­ré pour écrire Le Meurtre du Christ ; de même, s’agissant de Psy­cho­lo­gie des foules, de Gus­tave Le Bon, dont on retrouve de nom­breuses traces dans Psy­cho­lo­gie de masse du fas­cisme du même Wil­helm Reich. Les agres­sions de Cologne peuvent être ana­ly­sées selon les cri­tères rei­chiens du refou­le­ment sexuel et des cui­rasses carac­té­rielle et cor­po­relle pro­pices aux enrô­le­ments dans les idéo­lo­gies fas­cistes et mys­tiques. Ces cri­tères – avan­cés à sa manière par Kamel Daoud – ne sont pas uniques et ne sau­raient nier les réa­li­tés « objec­tives » des condi­tions de vie – elles se ren­forcent mutuel­le­ment. Tan­dis que les accu­sa­teurs de Daoud semblent igno­rer ces com­po­santes psy­cho-sexuelles et affec­tives.

Trai­té comme un arrié­ré, Daoud est ain­si accu­sé de psy­cho­lo­gi­ser les vio­lences sexuelles de Cologne, et d’« effa­cer les condi­tions sociales, poli­tiques et éco­no­miques qui favo­risent ces actes ». Lamen­table retour­ne­ment du pro­pos – selon une argu­men­ta­tion qui pour­rait se retour­ner avec per­ti­nence !

Enfin, le jour­na­liste algé­rien se trouve taxé d’isla­mo­pho­bie… Accu­sa­tion défi­ni­tive qui, en fait, à relire ces com­pères, se situe à l’origine de leur attaque. Ce « sport de com­bat » désor­mais à la mode, inter­dit toute cri­tique de fond et clôt tout débat d’idées.

Le « double fat­wa­ti­sé » pour­ra cepen­dant trou­ver quelque récon­fort dans des articles de sou­tien. Ain­si, celui de Michel Guer­rin dans Le Monde du 27 février. Le jour­na­liste rap­pelle que Kamel Daoud a déci­dé d’arrêter le jour­na­lisme pour se consa­crer à la lit­té­ra­ture. « Il ne change pas de posi­tion mais d’instrument. » « Ce retrait, pour­suit-il, est une défaite. Pas la sienne. Celle du débat. Il vit en Algé­rie, il est sous le coup d’une fat­wa depuis 2014, et cela donne de la chair à ses convic­tions. Du reste, sa vision de l’islam est pas­sion­nante, hors normes, car elle divise la gauche, les fémi­nistes, les intel­lec­tuels. Une grande par­tie de la socio­lo­gie est contre lui mais des intel­lec­tuels afri­cains saluent son cou­rage, Libé­ra­tion l’a défen­du, L’Obs aus­si, où Jean Daniel retrouve en lui “toutes les grandes voix fémi­nistes his­to­riques”. […] Ain­si va la confré­rie des socio­logues, qui a le nez rivé sur ses sta­tis­tiques sans prendre en compte “la chair du réel”, écrit Aude Lan­ce­lin sur le site de L’Obs, le 18 février. »

Ain­si, cette remar­quable tri­bune de la roman­cière fran­co-tuni­sienne Faw­zia Zoua­ri, dans Libé­ra­tion du 28 février, rétor­quant aux accu­sa­teurs :

« Voi­là com­ment on se fait les alliés des isla­mistes sous cou­vert de phi­lo­so­pher… Voi­là com­ment on réduit au silence l’une des voix dont le monde musul­man a le plus besoin. »

 


Faw­zia Zoua­ri : « Il faut dire qu’il y a un... par fran­cein­ter


Kamel Daoud et les agressions de Cologne. Le « porno-islamisme » s’en prend à la femme autant qu’à la vie

Pour­quoi les isla­mistes détestent-ils autant les femmes ? Pour­quoi refusent-ils qu’elles prennent le volant, portent des jupes courtes, aiment libre­ment  ? Autant de ques­tions qui inter­pellent et dérangent l’islam des extrêmes et, par delà, l’islam en lui-même ain­si que les autres reli­gions mono­théistes. Le jour­na­liste-écri­vain algé­rien Kamel Daoud est l’un des tout pre­miers et trop rares intel­lec­tuels du monde musul­man à affron­ter de face ces ques­tions esqui­vées par les reli­gions – sans doute parce qu’elles leur sont consti­tu­tives. Aujourd’hui, à pro­pos des agres­sions sexuelles de femmes fin décembre à Cologne, il accuse le « por­no-isla­misme » et inter­pelle le regard de l’Occident por­té sur l’ « immi­gré », cet « autre », condam­né autant à la répro­ba­tion qu’à l’incompréhension.

Kamel Daoud, 2015 © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

Kamel Daoud, 2015 © Claude Truong-Ngoc / Wiki­me­dia Com­mons

S’inter­ro­ger vala­ble­ment sur l’islam conduit à décryp­ter les méca­nismes de haine à l’œuvre dans les dis­cours reli­gieux. Ce qui, par ces temps de fana­tisme assas­sin, ne va pas sans risques. Sur­tout si on touche aux fon­da­men­taux. Ain­si, le 3 décembre 2014 dans l’émission de Laurent Ruquier On n’est pas cou­ché sur France 2, Kamel Daoud déclare à pro­pos de son rap­port à l’islam :

« Je per­siste à le croire : si on ne tranche pas dans le monde dit arabe la ques­tion de Dieu, on ne va pas réha­bi­li­ter l’homme, on ne va pas avan­cer. La ques­tion reli­gieuse devient vitale dans le monde arabe. Il faut qu’on la tranche, il faut qu’on la réflé­chisse pour pou­voir avan­cer. »

Quelques jours plus tard, Daoud est frap­pé d’une fat­wa par un imam sala­fiste, appe­lant à son exé­cu­tion « pour apos­ta­sie et héré­sie ». Depuis, le jour­na­liste, chro­ni­queur au Quo­ti­dien d’Oran, est pla­cé sous pro­tec­tion poli­cière, avec toutes les contraintes qui s’ensuivent – Sal­man Rush­die, depuis la Grande-Bre­tagne, en sait quelque chose…

En juin der­nier, dans un entre­tien à L’Humanité (2/06/15), Kamel Daoud insis­tait sur la ques­tion de la place – si on peut dire – de la femme dans l’islam :

«Le rap­port à la femme est le nœud gor­dien, en Algé­rie et ailleurs. Nous ne pou­vons pas avan­cer sans gué­rir ce rap­port trouble à l’imaginaire, à la mater­ni­té, à l’amour, au désir, au corps et à la vie entière. Les isla­mistes sont obsé­dés par le corps des femmes, ils le voilent car il les ter­ri­fie. Pour eux, la vie est une perte de temps avant l’éternité. Or, qui repré­sente la per­pé­tua­tion de la vie ? La femme, le désir. Donc autant les tuer. J’appelle cela le por­no-isla­misme. Ils sont contre la por­no­gra­phie et com­plè­te­ment por­no­graphes dans leur tête. (…) Quand les hommes bougent, c’est une émeute. Quand les femmes sont pré­sentes, c’est une révo­lu­tion. Libé­rez la femme et vous aurez la liber­té.  »

Ces jours-ci, dans un article publié en Ita­lie dans le quo­ti­dien La Repub­bli­ca et repris par Le Monde (31/01/16), Kamel Daoud revient à nou­veau sur la ques­tion de la femme en islam, cette fois sous l’actualité brû­lante des évé­ne­ments de la saint-Syl­vestre à Cologne. Il pousse son ana­lyse sous l’angle des « jeux de fan­tasmes des Occi­den­taux », « jeu d’images que l’Occidental se fait de l’« autre », le réfu­gié-immi­gré : angé­lisme, ter­reur, réac­ti­va­tion des peurs d’invasions bar­bares anciennes et base du binôme bar­bare-civi­li­sé. Des immi­grés accueillis s’attaquent à « nos » femmes, les agressent et les violent. »

meursaultsJour­na­liste et essayiste algé­rien, chro­ni­queur au Quo­ti­dien d’Oran, Kamel Daoud est notam­ment l’auteur de Meur­sault, contre-enquête (Actes Sud, 2014), Prix Gon­court du pre­mier roman. Il s’agit d’une sorte de contre­point à L’Étranger de Camus. Phi­lippe Ber­ling en a tiré une pièce, Meur­saults, jouée jusqu’au 6 février au Théâtre des Ber­nar­dines à Mar­seille.

Daoud ne cherche pas d’excuses aux agres­seurs mais s’essaie à com­prendre, à expli­quer – ce qui ne sau­rait plaire à Valls ! Donc, il rejette cette « naï­ve­té », cet angé­lisme pro­je­té sur le migrant par le regard occi­den­tal, qui « voit, dans le réfu­gié, son sta­tut, pas sa culture […] On voit le sur­vi­vant et on oublie que le réfu­gié vient d’un piège cultu­rel que résume sur­tout son rap­port à Dieu et à la femme. »

Il pour­suit : « Le réfu­gié est-il donc « sau­vage » ? Non. Juste dif­fé­rent, et il ne suf­fit pas d’accueillir en don­nant des papiers et un foyer col­lec­tif pour s’acquitter. Il faut offrir l’asile au corps mais aus­si convaincre l’âme de chan­ger. L’Autre vient de ce vaste uni­vers dou­lou­reux et affreux que sont la misère sexuelle dans le monde ara­bo-musul­man, le rap­port malade à la femme, au corps et au désir. L’accueillir n’est pas le gué­rir. »

Daoud refor­mule sa « thèse » :

« Le rap­port à la femme est le nœud gor­dien, le second dans le monde d’Allah [après la ques­tion de Dieu, Ndlr]. La femme est niée, refu­sée, tuée, voi­lée, enfer­mée ou pos­sé­dée. Cela dénote un rap­port trouble à l’imaginaire, au désir de vivre, à la créa­tion et à la liber­té. La femme est le reflet de la vie que l’on ne veut pas admettre. Elle est l’incarnation du désir néces­saire et est donc cou­pable d’un crime affreux : la vie. » « L’islamiste n’aime pas la vie. Pour lui, il s’agit d’une perte de temps avant l’éternité, d’une ten­ta­tion, d’une fécon­da­tion inutile, d’un éloi­gne­ment de Dieu et du ciel et d’un retard sur le ren­dez-vous de l’éternité. La vie est le pro­duit d’une déso­béis­sance et cette déso­béis­sance est le pro­duit d’une femme. »

Certes, une telle ana­lyse, par sa finesse et sa per­ti­nence, ne risque pas d’être enten­due par les fronts bas de l’extrême-droite – et pas seule­ment par eux. Ni chez les fana­tiques reli­gieux, bien sûr ; peut-être pas non plus chez ceux que l’on dit « modé­rés », tant la fron­tière peut être mince des uns aux autres. Alors, à qui s’adresse Daoud ? – et avec quelles chances d’être enten­du ? – quand il parle – naï­ve­ment ? – de « convaincre l’âme de chan­ger »… et quand il sou­ligne que « le sexe est la plus grande misère dans le « monde d’Allah » ?

Et de reve­nir sur« ce por­no-isla­misme dont font dis­cours les prê­cheurs isla­mistes pour recru­ter leurs « fidèles » :

« Des­crip­tions d’un para­dis plus proche du bor­del que de la récom­pense pour gens pieux, fan­tasme des vierges pour les kami­kazes, chasse aux corps dans les espaces publics, puri­ta­nisme des dic­ta­tures, voile et bur­ka. L’islamisme est un atten­tat contre le désir. Et ce désir ira, par­fois, explo­ser en terre d’Occident, là où la liber­té est si inso­lente. Car « chez nous », il n’a d’issue qu’après la mort et le juge­ment der­nier. Un sur­sis qui fabrique du vivant un zom­bie, ou un kami­kaze qui rêve de confondre la mort et l’orgasme, ou un frus­tré qui rêve d’aller en Europe pour échap­per, dans l’errance, au piège social de sa lâche­té : je veux connaître une femme mais je refuse que ma sœur connaisse l’amour avec un homme. »

Et, pour finir : « Retour à la ques­tion de fond : Cologne est-il le signe qu’il faut fer­mer les portes ou fer­mer les yeux ? Ni l’une ni l’autre solu­tion. Fer­mer les portes condui­ra, un jour ou l’autre, à tirer par les fenêtres, et cela est un crime contre l’humanité.

« Mais fer­mer les yeux sur le long tra­vail d’accueil et d’aide, et ce que cela signi­fie comme tra­vail sur soi et sur les autres, est aus­si un angé­lisme qui va tuer. Les réfu­giés et les immi­grés ne sont pas réduc­tibles à la mino­ri­té d’une délin­quance, mais cela pose le pro­blème des « valeurs » à par­ta­ger, à impo­ser, à défendre et à faire com­prendre. Cela pose le pro­blème de la res­pon­sa­bi­li­té après l’accueil et qu’il faut assu­mer. »

Où l’on voit que la « guerre » ne sau­rait conduire à la paix dans les cœurs… Dans ce pro­ces­sus his­to­rique mil­lé­naire par­cou­ru de reli­gions et de vio­lence, de conquêtes et de domi­na­tion, de refou­le­ments sexuels, de néga­tion de la femme et de la vie, de haines et de res­sen­ti­ments remâ­chés… de quel endroit de la pla­nète pour­ra bien sur­gir la sagesse humaine ?


Marseille. Une (autre) origine du monde

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Concep­tion : Eli­za­beth Saint-Jalmes (sculp­tures), Mathilde Mon­freux (écri­ture). Avec : Jes­sy Coste, Gaëlle Pra­nal, Vir­gi­nie Tho­mas, Mathilde Mon­freux, Blan­dine Pinon, Eli­za­beth Saint-Jalmes. Musique : Fran­çois Ros­si (bat­teur). Spec­tacle pré­sen­té par Lieux publics, centre natio­nal de créa­tion en espace public.lieux p

Aujourd’hui, « Sirènes et midi net ». Tou­jours aus­si ins­pi­ré, essen­tiel : chaque pre­mier mer­cre­di du mois, à l’heure de l’alerte géné­rale, entre ses deux salves de sirènes hur­lantes, la magie du théâtre vient secouer la ville de sa quo­ti­dien­ne­té, de sa tor­peur. Avec effet rela­tif : il faut déjà être un peu éveillé pour ain­si se « kar­ché­ri­ser » le cer­veau. Deux ou trois cents braves, seule­ment, osent s’y ris­quer (sans risques), à l’heure où la nor­ma­li­té est à son ordi­naire ouvrage.

Des formes informes, des paquets d’entrailles, de la chair, de la viande, des glandes, de la cer­velle, du mou, du dégou­li­nant. Tout ça sur la scène, tout ce tas se met à trem­bler comme de la géla­tine, puis à remuer comme des paquets de boyaux tom­bés d’on ne sait quel ventre céleste ou chao­tique. C’est l’origine du monde, mais pas à la Cour­bet, bien avant, dans le grand coït créa­teur de la matière sans nom, l’innommable mag­ma. L’origine ou bien la fin, la der­nière apo­ca­lypse, comme celle qui nous guette ; celle que nous pré­disent radios, télés, gazettes, heure par heure, jour après jour. Ça pour­rait res­sem­bler à ça, et les êtres, dès lors – nous-mêmes – pour­rions nous trans­for­mer en mons­truo­si­tés ges­ti­cu­lantes, à bout de souffle, venant mou­rir-pour­rir sur le marbre, devant l’Opéra de Mar­seille, comme sur le billot d’un bou­cher sans pitié.

Pas drôle, hein ? Tan­dis qu’un bat­teur se déchaîne sur ses fûts et cym­bales, les paquets glo­bu­leux entrent en danse dans la transe.

Il faut être là, pour ces dix minutes d’opéra sau­vage, chaque pre­mier mer­cre­di du mois, devant l’Opéra de Mar­seille. Tout de même pas dur à rete­nir ! Et à noter pour des Mar­seillais de pas­sage.


« Humanités »… Tout un programme sur France 5

Inti­tu­ler  Huma­ni­tés un nou­veau pro­gramme de docu­men­taires, c’est une idée pro­met­teuse de France 5. Beau titre et géné­rique superbe dû à Célia Rivière, sur des illus­tra­tions de Théo Gui­gnard et une musique de Sacha Gal­pe­rine. Tout un pro­gramme, en effet. « Si votre plu­mage se rap­porte à… »


Pâques. Ça tourne pas rond

oeufs pâques planètes

© Solar Walk

« Pâque »vient du latin popu­laire *pas­cua »   (« nour­ri­ture », du verbe pas­cere « paître »), emprun­té au grec πάσχα / pás­kha, lui-même emprun­té à l’hébreu פסח Pessa’h « il pas­sa [par-des­sus] », d’où « pas­sage », est le nom de la fête juive qui com­mé­more la sor­tie d’Égypte. D’après les Évan­giles, c’est pen­dant cette fête juive (qui dure 8 jours) qu’eut lieu la résur­rec­tion de Jésus ; c’est pour­quoi le nom en a été repris pour dési­gner la fête chré­tienne. [Wiki­pe­dia]

Tant qu’on en est à célé­brer des sor­nettes, engram­mées dans notre patri­moine cultu­rel, revoyons notre sys­tème pla­né­taire à la mode ovoïde. Et révi­sons les fon­da­men­taux reli­gieux avec un mini­mum de savoir ration­nel remon­tant aux rites païens. Où l’on retrouve l’éternelle ques­tion de l’œuf ou du… lapin. La réponse appar­tient à cha­cun, à ses rêves, croyances, ima­gi­naires, dési­rs… ou refou­le­ments.

Cet « Hap­py Eas­ter ! »» vient du monde anglo-saxon et de son folk­lore lié la déesse ger­ma­nique Oste­ra (Eas­ter pour les Anglo-saxons et Eastre pour les Scan­di­naves) dont le lapin, ou le lièvre,  était l’attribut sym­bo­li­sant la fécon­di­té. Mais de nom­breuses cou­tumes datant de la plus haute Anti­qui­té des­ti­nées à accueillir le retour du prin­temps se rat­ta­chèrent à la fête de Pâques. L’œuf est le sym­bole de la ger­mi­na­tion qui se pro­duit au début du prin­temps.

Pas très catholique…

Pas très catho­lique…

La tra­di­tion d’offrir des œufs remonte à l’Antiquité. Les Égyp­tiens et les Romains offraient des œufs peints à la déesse mère (Vénus, Isis, Semi­ra­mis...). À l’époque pha­rao­nique, on écri­vait en cou­leurs des vœux sur les œufs, on les dépo­sait le soir dans un panier qui, au matin était inon­dé par les bien­faits de Ra, le Soleil. Les pre­miers chré­tiens coptes ont sup­pri­mé l’écriture des vœux et peint les œufs en rouge pour sym­bo­li­ser le sang du Christ. Cette tra­di­tion païenne s’est répan­due dans toute la chré­tien­té jusqu’à nos jours (le com­merce ayant quelque peu adap­té les pro­duits… > image impie ci-contre).

Comme pour Noël, la date de Pâques cor­res­pond à des évé­ne­ments astro­no­miques mar­quant les rites païens. La défi­ni­tion actuelle de la date de Pâques a été arrê­tée en 325 lors du concile de Nicée. « Pâques est le dimanche qui suit le qua­tor­zième jour de la Lune qui atteint cet âge au 21 mars ou immé­dia­te­ment après  ». Le qua­tor­zième jour de la Lune étant le jour de la pleine Lune et le 21 mars cor­res­pon­dant à la date de l’équi­noxe de prin­temps, cette défi­ni­tion est sou­vent tra­duite de la manière sui­vante : Pâques est le pre­mier dimanche qui suit la pre­mière pleine Lune de Prin­temps. Cette seconde défi­ni­tion est trom­peuse car elle laisse entendre que la date de Pâques est le résul­tat d’un cal­cul astro­no­mique basé sur la déter­mi­na­tion de l’équinoxe de prin­temps et de la pre­mière pleine Lune sui­vant cet équi­noxe. En réa­li­té il n’en est rien, le cal­cul de la date de Pâques se fait à l’aide d’un calen­drier per­pé­tuel lunaire uti­li­sant une Lune moyenne fic­tive (Lune ecclé­sias­tique). Cette méthode de cal­cul porte le nom de com­put ecclé­sias­tique.  [ http://www.imcce.fr/promenade/pages4/440.html ]

Ain­si va le monde. « Et pour­tant il tourne » – pas bien rond.


Un peu d’art dans ce monde de brutes

Louis Jean François Lagrenée, "Amour et Psyché"

Louis Jean Fran­çois Lagre­née, « Amour et Psy­ché »

« Vois-tu ce que je vois ? », me demande un copain de « C’est pour dire »  en me joi­gnant la vidéo ci-des­sous, pour le moins fas­ci­nante… Je ren­voie la ques­tion aux visi­teurs du lieu. 

Il s’agit d’un mon­tage-ani­ma­tion, une vidéo de dix minutes fai­sant défi­ler une cen­taine de pein­tures néo-clas­siques, roman­tiques et baroques, de la Renais­sance à la fin du XIXe siècle. On en trouve la liste sur le site de l’auteur, le réa­li­sa­teur ita­lien Rino Ste­fa­no Taglia­fier­ro. Cha­peau les artistes !

Alors, vos impres­sions, réflexions ?


Marseille-Provence 2013. Fin de capitale

« Mar­seille - Capi­tale euro­péenne de la Culture », c’est fini.  Elle s’est donc ache­vée ce 31 décembre par une super-pro­duc­tion pyro­tech­nique et audio-visuelle. Un spec­tacle éblouis­sant, c’est le cas de le dire, par­ti­cu­liè­re­ment réus­si.

Ne gâtons pas ce plai­sir. Pour autant, s’agissant de ce genre de célé­bra­tions gran­dioses des­ti­nées à dyna­mi­ser une ville et une région tout au long d’une année, le bilan est évi­dem­ment miti­gé. En par­ti­cu­lier selon les points de vue, à par­tir des pôles extrêmes : l’économique et le cultu­rel, deux domaines qui peinent à se croi­ser en har­mo­nie. Et, là encore, ce sont les grandes struc­tures qui auront tiré leurs mar­rons du feu – enten­dez la grosse part des sommes dépen­sées.

Il est à cet égard symp­to­ma­tique que le satis­fe­cit relayé par La Pro­vence de ce 1er jan­vier,  porte sur­tout sur des don­nées chif­frées : nombres de visi­teurs enre­gis­trés ça et là, de spec­tacles pro­duits, de nui­tées d’hôtel ; pour­cen­tages d’augmentation de ceci-cela… Un bilan-comp­table donc, tel qu’aiment en pré­sen­ter les patrons de la Chambre de com­merce et d’industrie, des grosses entre­prises, des grosses struc­tures de spec­tacles.

Bref, les gros sont contents d’avoir bien man­gé. Pour les autres, habi­tués aux miettes, espé­rons que l’ardoise de 2013 – et ses ral­longes – ne les met­tra pas à la diète selon le vieux prin­cipe : pri­va­ti­sa­tion des pro­fits - socia­li­sa­tion des pertes. En quoi l’année-vérité sera celle de 2014.

En atten­dant, voi­ci un petit flo­ri­lège de la belle soi­rée finale.


Mar­seille-Pro­vence 2013 - Spec­tacle final 31/12... par gerard-pon­thieu-9


Marseille « Kultur » - 2. Et je ressors mon revolver !

Amandine s'est surpassée. A rendre Pascale jalouse (voir le papier d'avant) [© fp]

Aman­dine s’est sur­pas­sée. A rendre Pas­cale jalouse (voir le papier d’avant) [© fp]

…Parce qu’il y a « ça » aus­si, sur les rayons de la culture triom­phante  (on écrit alors plu­tôt Kul­tur) :  Ce chef d’œuvre trône du côté des plages mar­seillaises, his­toire de célé­brer l’année Capi­tale. Pas mal non plus, et dans la même veine concep­tuelle; avec tou­te­fois un peu plus d’audace; on a dû ici faire appel à la sou­dure et à des maté­riaux plus riche que le bois de cageot si carac­té­ris­tique de l’oeuvre pré­cé­dem­ment ana­ly­sée par notre chro­ni­queur artis­tique. Mais la fai­blesse de l’admirable chose vient indé­nia­ble­ment de son inti­tu­lé, pla­te­ment des­crip­tif.

2©fp

Alors là, Aman­dine, je regrette d’avoir à vous le dire aus­si crû­ment : Vous vous êtes pas fait chier !

Et  puis, nous avons aus­si trou­vé ce monu­ment d’avant-garde, nou­vel­le­ment repen­sé et redé­co­ré. Ça peut se visi­ter (gra­tui­te­ment) sur le pla­teau de Puy­ri­card, non loin d’Aix-en-Provence, ville d’eau et d’art comme on sait.

Les pendouilleries ornent joliment ce château du XXe, lui ajoutant une touche de modernité technologique. Un joyau d'architecture et d'urbanisme.

Les pen­douille­ries ornent joli­ment ce châ­teau du XXe, lui ajou­tant une touche de moder­ni­té tech­no­lo­gique. Un joyau d’architecture et d’urbanisme.


Marseille (et au-delà) – Quand j’entends le mot culture…

« Quand j’entends le mot “culture”, je sors mon revol­ver ». Je me conten­te­rai de sor­tir ce billet et des pho­tos.

Une sorte de caisse, dure à encaisser. [Ph. gp]

Une sorte de caisse, dure à encais­ser. [Ph. gp]

Les fau­teurs de « Mar­seille-Pro­vence 2013 - Capi­tale de la Culture » ont eu à pro­mou­voir toutes sortes de « pro­duits cultu­rels » afin de rem­plir les cad­dies de la grande dis­tri­bu­tion artis­ti­co-cultu­reuse. Tout un fatras a donc dû être four­ni, sou­vent dans l’urgence, par­fois pour le pire, mais aus­si pour le  meilleur – ne soyons ni par trop néga­tifs, ni trop géné­ra­li­sants.

En tout cas, au vu des pho­tos, on touche quand même ici le fond du fond pour ce qui est du fou­tage de gueule et de déna­tu­ra­tion en matière de « culture ».

Soit deux caisses en bois ; l’une, cubique, peinte en gris, ser­vi­ra de socle à l’autre, paral­lé­lé­pi­pé­dique, mon­tée sur palette de chan­tier, en bois brut, tien­dra lieu d’œuvre d’art. Pour ain­si créer cette illu­sion gros­sière, un tour de magie lit­té­rale suf­fi­ra, soit la concep­tion d’un écri­teau sur lequel on écri­ra…

… Quoi, au fait ?

Là, l’Auteure, se creuse le chou ; convoque, si ça se trouve, un remue-méninges d’instruits-cons, un col­loque, un sémi­naire. Bref, on abou­tit à cette chiure :

Tromperie sur la marchandise, usage de faux, marchandise avariée…

Trom­pe­rie sur la mar­chan­dise, usage de faux, mar­chan­dise ava­riée… On monte des pro­cès pour moins. Ici, elle est estam­pillée et cau­tion­née offi­ciel­le­ment !

Oh, c’est qu’il doit y avoir là-des­sous, du jus de concept à haute valeur ajou­tée. Oui, certes, envoyez la mon­naie ! Car on aime­rait connaître le mon­tant de la fac­ture, afin d’évaluer l’œuvre à la hau­teur de son escro­que­rie intel­lec­tuelle, morale, et pénale.

 Cette « chose » est une honte. Tel­le­ment hon­teuse qu’elle a même lais­sé indif­fé­rentes les habi­tuelles bri­gades de tagueurs – juste une timide ten­ta­tive, tout de même gom­mée.

Tan­dis que der­rière, un cer­tain Pierre Puget, mis en abyme (la sculp­ture du sculp­teur en train de sculp­ter ; l’oeuvre est de Hen­ri-Édouard Lom­bard), jette un regard qui ne semble pas de marbre. Cet « enfant de Mar­seille », dixit la plaque, ce sculp­teur, archi­tecte et peintre (1620-1694), « a por­té au loin les marques de son génie et le nom de sa ville ». On lui doit, entre autres, l’architecture de La Vieille Cha­ri­té.

Tan­dis que cette boîte, pré­ten­tieuse et ridi­cule, vient faire injure à l’artiste, plus géné­ra­le­ment à l’art et tout bon­ne­ment au citoyen qui aura été tenu, sans son avis, de payer cet affront.

N’est-ce pas de la sorte qu’on contri­bue à dés­in­té­grer une socié­té ? À jeter ses membres ain­si mépri­sés dans les bras des popu­listes si prompts à dénon­cer ces « élites » qui se paient la gueule du popu­lo.

Un rap­pel (dou­lou­reux) : la fameuse phrase « Quand j’entends le mot “culture”, je sors mon revol­ver » a été faus­se­ment attri­buée à Her­mann Göring, ou à Joseph Goeb­bels (en alle­mand : « Wenn ich “Kul­tur” höre... ent­si­chere ich mei­nen Brow­ning » lit­té­ra­le­ment : « Quand j’entends le mot “culture”, j’ôte le cran de sûre­té de mon Brow­ning ».) En réa­li­té, bien qu’elle ait été effec­ti­ve­ment reprise par B. von Schi­rach (chef des jeu­nesses hit­lé­riennes), comme par d’autres natio­naux-socia­listes, c’est un écri­vain alle­mand, Hanns Johst (1890-1978), lui-même natio­nal-socia­liste, qui est l’auteur de cette for­mule qu’il a pla­cée comme réplique d’un per­son­nage de l’une de ses pièces de théâtre, à la gloire de Hit­ler, inti­tu­lée « Schla­ge­ter » (1933). » (Wiki­pé­dia)

Si la cita­tion n’a pas l’auteur qu’on lui attri­bue, elle émane bien de sa famille cri­mi­nelle.

 Pre­nons garde à ne pas entre­te­nir ce tra­fic d’armes.

 

»> Sur le thème, un blog recom­man­dable « Culture & Revolver »


Appel à dénoncer et boycotter la collaboration de « Marseille-Provence 2013  » avec l’État d’Israël

Le gou­ver­ne­ment israé­lien a déci­dé de faire de Mar­seille capi­tale euro­péenne de la culture un outil pour « modi­fier son image ». Un cer­tain nombre de citoyens, par­mi les­quels des artistes, res­pon­sables de struc­tures cultu­relles ou d’édition, soli­daires du peuple pales­ti­nien, refusent de cau­tion­ner une telle opé­ra­tion de pro­pa­gande. Ils ont signé et lan­cé un appel de pro­tes­ta­tion contre cette manœuvre de séduc­tion.

Voi­ci le texte de cet appel :

 « Pas en notre nom »

Appel d’artistes, de res­pon­sables de struc­tures cultu­relles, de spec­ta­teurs, soli­daires du peuple pales­ti­nien

« A l’occasion de « Mar­seille capi­tale euro­péenne de la culture 2013 », le Consu­lat d’Israël à Mar­seille a orga­ni­sé la venue de nom­breux artistes pour une qua­ran­taine de ren­dez-vous appe­lés « Israël en scène 2013 ». Il ne s’agit pas de simples évé­ne­ments artis­tiques et cultu­rels, mais d’une véri­table opé­ra­tion de pro­pa­gande des­ti­née à « chan­ger l’image d’Israël » dans l’opinion fran­çaise, direc­te­ment orga­ni­sée par le gou­ver­ne­ment israé­lien. Les artistes ain­si ins­tru­men­ta­li­sés ne peuvent l’ignorer.

(Lire la suite…)


Marseille. Pétition contre une subvention de 400 000 euros pour un concert de David Guetta

Les élus de Mar­seille ont accor­dé une sub­ven­tion de 400 000 euros pour un concert payant de David Guet­ta le 23 juin, à Mar­seille. Cet argent public va ali­men­ter les caisses d’un pro­duc­teur pri­vé. Avec des places entre 40 et 55 euros, les recettes du concert sont esti­mées à envi­ron 1 mil­lion d’euros. Cette sub­ven­tion est donc injus­ti­fiable, alors qu’il y a mieux à faire pour la culture à Mar­seille !

Adres­sée au maire Jean-Claude Gau­din, une péti­tion contre cette folie a déjà recueilli plus de 35 000 signa­tures. A 50 000, un recours devant le conseil muni­ci­pal sera envi­sa­geable pour faire annu­ler la déci­sion.

En pleine période de crise, mobi­li­sons-nous pour que l’argent public ne soit pas gas­pillé ain­si !

Le 10 décembre 2012, il a été déci­dé en conseil muni­ci­pal de Mar­seille d’octroyer la somme de 400 000 euros à la socié­té Adam Pro­duc­tions afin de pro­duire un concert de David Guet­ta et Mika le 23 juin au Parc Boré­ly (mis à dis­po­si­tion par la Ville de Mar­seille), dans le cadre de Mar­seille Pro­vence 2013, Capi­tale euro­péenne de la Culture.

Mal­gré cette sub­ven­tion publique, la billet­te­rie mise en place annonce des tarifs com­pris entre 44 et 59 euros.

Cette péti­tion ne conteste pas la pro­gram­ma­tion mais le finan­ce­ment public qui n’est pas jus­ti­fié. Les contri­buables devront donc finan­cer un concert qui ne sera même pas acces­sible au plus grand nombre!

1. Cette sub­ven­tion aurait pu béné­fi­cier à des asso­cia­tions ou à des artistes contri­buant réel­le­ment au rayon­ne­ment de Mar­seille et à Mar­seille 2013  et ayant réel­le­ment besoin de finan­ce­ments. David Guet­ta est l’un des artistes fran­çais les mieux payés...

2. Cette somme est d’autant plus inac­cep­table qu’elle ne per­met même pas de pro­po­ser des places à un tarif abor­dable pour le grand public!

3. La ville s’est mon­trée sou­vent réti­cente face aux évè­ne­ments musi­caux en plein air (Mar­sa­tac, Buvette Dis­co...). Là, aucun pro­blème.

En plus des lar­gesses de la mai­rie, le lieu est mis à dis­po­si­tion gra­tui­te­ment pour Adam pro­duc­tion qui aura éga­le­ment l’entière recette des ventes de billets, des bois­sons et autres pro­duits ven­dus sur place. Une recette esti­mée à 1,1 mil­lion d’euros.

Il s’agit donc bien d’un cadeau de la Ville à une entre­prise pri­vée...

Pour que l’argent public finance la culture et les artistes locaux plu­tôt que les pro­duc­teurs inter­na­tio­naux, signez la péti­tion et dif­fu­sez-là autour de vous.


Lascaux et le brave Sarkozy. Ou le péril politico-préhistorique

« Le Monde » donne dans l’antisarkozisme pri­maire. Ain­si sa une du 12 sep­tembre pré­di­sant le plus « grand péril » à la grotte de Las­caux – pour cause d’une visite par­ti­cu­lière. Laquelle a d’ailleurs don­né lieu à une « sor­tie » dont notre fameux pré­sident a le secret.

Comme le signale Domi­nique Dréan dans un com­men­taire ci-des­sous – se réfé­rant au blog des cor­rec­teurs du Monde –, Sar­ko­zy s’est cru malin de com­men­ter sa visite en ces termes : “Le brave néan­der­ta­lien avait par­fai­te­ment com­pris qu’ici, c’était plus tem­pé­ré qu’ailleurs, qu’il devait y avoir du gibier, qu’il fai­sait beau et qu’il y fai­sait bon vivre.”  « Le Monde », en effet, a eu du pif en pres­sen­tant le péril sar­ko­zien mena­çant Las­caux. Néan­der­ta­liens, Cro-magnons, tout ça c’est des sau­vages de la même espèce, des Roms en quelque sorte, dont les grottes gros­siè­re­ment déco­rées tenaient lieu de cara­vanes.  En se mépre­nant sur quelques mil­liers d’années, le brave pré­sident a encore per­du une occa­sion de mas­quer son igno­rance. Ces pul­sions cultu­relles, c’est plus fort que lui.


Abolition des Roms et autres vagabonds. Hommage à la Sarkozie !

« C’était un temps dérai­son­nable »… Ils avaient vou­lu les exter­mi­ner. Juifs, homos, tzi­ganes. Je sais c’est gros, on n’en est pas là. Mais l’esprit rôde, dirait-on, à pas feu­trés, de ce chuin­te­ment des pan­toufles, plus inquié­tant par­fois que le bruit des bottes. Par­fois l’un annonce l’autre. Je n’aime pas ça du tout, j’ai peur et honte. Peur pour les vic­times à venir, déjà dans le col­li­ma­teur. Honte pour « mon pays », ce qu’il repré­sente et que j’aime à repré­sen­ter avec lui, en cette somme de per­sonnes, de « bonnes per­sonnes », tant qu’à s’identifier à un ensemble. « Vivre ensemble », la belle expres­sion deve­nue sub­stan­tif, au nom de l’idéal, jamais atteint tou­jours espé­ré.

« Gens du voyage »… La méta­phore est aus­si belle que trom­peuse. Quels gens ? Ou bien « quelles ». Mot à genre bizarre, entre mas­cu­lin sin­gu­lier et fémi­nin plu­riel (comme orgue et amour…) Et sur­tout quel « voyage » ? Là, dans l’infinité des dis­tin­guos, on touche à autant de visions du monde. Pour­quoi les Roms et les nomades en géné­ral voyagent-il de par le monde ? C’est une ano­ma­lie bien anor­male. Et pour­quoi les homos sont-ils homo­sexuels, et les Juifs juifs ? Le monde est bien bizarre.

Pas inté­grable, les Roms. Donc ache­ver de les dés­in­té­grer : flics, com­man­dos, pro­cès, PV, expul­sions. Et cas­sons le ther­mo­mètre plu­tôt que de trai­ter la grippe. Quelle grippe, au fait ? Celle d’un sys­tème grip­pé, et même pire : un régime aux abois, sans vision poli­tique, sinon de myope ou d’aveugle même. Un « fait divers », une « bavure », voi­là ce qui tient lieu de cap à ces démo­lis­seurs achar­nés !

Les mêmes sont aus­si à la basse manœuvre loca­le­ment. J’en ai un dans ma com­mune en la per­sonne du maire, adepte du tout libé­ral mâti­né d’écolo-gadgetisme, aus­si social que les patrons de Neuilly. Venelles, Bouches-du-Rhône, 8.000 habi­tants, compte même moins de loge­ments sociaux (en pour­cen­tage) que Neuilly ! Venelles enfreint aus­si la loi en n’ayant tou­jours pas amé­na­gé de ter­rain d’accueil des­ti­né aux gens du voyage – que son maire fait chas­ser à l’occasion à coups de ren­forts poli­ciers… *

Bien sûr que les Roms posent quelques pro­blèmes. Même les « gens biens » s’en posent entre eux, et par­fois des autre­ment mégas ! Oui, les Roms vivotent de com­bines et même de lar­cins, se foutent de l’écologie comme de la bouffe bio, dégueu­lassent leurs cam­pe­ments, etc. Mais bien moins que chez les Bet­ten­court-Woerth, non ? Euh… sauf peut-être pour ce qui est des cam­pe­ments, ici et là, selon les îles pri­vées ou les havres dans quelque para­dis fis­cal…

Et c’est alors qu’un bon fait divers arrive à point nom­mé pour faire diver­sion. Un bon coup der­rière la tête de ces boucs émis­saires sans défenses, si ce n’est leurs déri­soires cornes face au bou­clier éta­tique. Un bon coup de poing sur la table du pou­voir à la dérive, selon la recette pub « un Mars et ça repart ! » Ouais… En poli­tique aus­si la pub (ou la com’, c’est tout comme), ça rend gros et con – et dan­ge­reux.

––––––––

* Exemple de pro­pos publics : « Madame, Mon­sieur, vous avez pu obser­ver et, pour cer­tains d’entre vous subir, la pré­sence de gens du voyage ins­tal­lés sur un ter­rain pri­vé proche de la rési­dence des Ver­gers de Venelles. […] J’ai été immé­dia­te­ment infor­mé et j’ai deman­dé à la Police muni­ci­pale d’engager, dans le dia­logue, des mesures fermes pour leur départ dans les meilleurs délais. […] Il est anor­mal que dans une démo­cra­tie, des mino­ri­tés imposent leur style de vie à la majo­ri­té paci­fique qui peuple notre Pays. […] Je vous prie de bien vou­loir noter le numé­ro de télé­phone por­table de la Police muni­ci­pale de Venelles qui inter­vient 24 h sur 24 : 06 09 95 12 79. » Jean-Pierre Saez, maire UMP de Venelles (13), vice-pré­sident de la Com­mu­nau­té d’agglomérations du Pays d’Aix, 15/05/02


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse pos­tale !)

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Rus­sel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • « C’est pour dire » de Gérard Pon­thieu, est mis à dis­po­si­tion selon les termes de la licence Crea­tive Com­mons : Attri­bu­tion - Pas d’Utilisation Com­mer­ciale - Pas de Modi­fi­ca­tion (3.0 France). Pho­tos, des­sins et docu­ments men­tion­nés sous copy­right © sont pro­té­gés comme tels.
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    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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