On n'est pas des moutons

Mot-clé: dictature

Il y a 30 ans, l’Espagne échappait à une nouvelle tentative fasciste

Il y a trente ans aujourd’hui, le 23 février 1981, une ten­ta­tive de coup d’État faillit faire replon­ger l’Espagne dans les affres du franquisme.

A 18h30 ce jour-là, le colo­nel de la Garde civile, Anto­nio Tejero Molina, fait irrup­tion à la tri­bune du Palais du congrès où sont réunis les dépu­tés espa­gnols pour élire le nou­veau chef du gou­ver­ne­ment. Tejero menace le pré­sident de l’Assemblée avec un revol­ver posé sur sa tempe. La scène est retrans­mise en direct à la télé­vi­sion. Les put­schistes veulent tout bon­ne­ment mettre fin à la démo­cra­tie. A Valence, le capi­taine Milans del Bossch a déjà sorti les tanks. A 1h15 du matin, le roi Juan Car­los ras­sure les Espa­gnols dans un dis­cours télé­visé. Il désap­prouve le coup d’État et en réfère à la consti­tu­tion. Un cabi­net de crise se met en contact avec les rebelles et obtient leur red­di­tion le 24 à midi.

Tejero sera condamné à 30 ans de pri­son. Incar­céré à la pri­son d’Alcalá de Henares, il béné­fi­cia d’un régime ouvert dès 1993, et fut libéré sous le régime de la liberté condi­tion­nelle en 1996. Depuis, il par­tage son temps entre Madrid et sa pro­vince natale de Málaga, où il contri­bue épi­so­di­que­ment à un quo­ti­dien local, Melilla Hoy.

Ce putsch dit du « 23 F. » fut la der­nière ten­ta­tive de coup d’état d’une armée qui en deux siècles avait tenté près de deux cents sou­lè­ve­ments… Le 23 février 1981, vit aussi s’affirmer la figure du roi Juan-Carlos, plus sub­til et fin poli­tique qu’on pou­vait alors le redou­ter – il avait été adoubé par Franco. C’est en par­tie grâce à lui que la démo­cra­tie espa­gnole, qui avait déjà un cadre ins­ti­tu­tion­nel voté en décembre 1978, fut non seule­ment sau­vée, mais naquit dans sa forme actuelle. Comme quoi la démo­cra­tie demeure tou­jours une idée fra­gile, qui demande les plus grandes attentions.


Tunisie. La révolution doit rester en marche face à la dictature

Comme un clou chasse l’autre, il ne fau­drait pas que, sur la scène et dans l’opinion inter­na­tio­nales, la révo­lu­tion égyp­tienne chasse la tuni­sienne pour laquelle il reste tant à accom­plir. Les Tuni­siens en sont pour la plu­part bien conscients, en par­ti­cu­lier quand ils affirment haut et fort : « Le dic­ta­teur est parti mais la dic­ta­ture est tou­jours là. » C’est ce que sou­ligne le Col­lec­tif pour les liber­tés et la démo­cra­tie en Tuni­sie* dans l’appel ci-dessous :

Salle comble et effer­ves­cente mer­credi à Aix-en-Provence pour la réunion de sou­tien à la révo­lu­tion tuni­sienne. Ph. gp

« L’année 2011 res­tera dans l’histoire comme celle de la for­mi­dable révo­lu­tion popu­laire tuni­sienne. Pour la pre­mière fois un dic­ta­teur est contraint par son peuple de s’enfuir. Cette vic­toire des masses popu­laires de Tuni­sie est por­teuse d’un espoir immense pour tous les peuples oppri­més. Elle montre la voie et annonce de nou­velles révoltes popu­laires dans le monde arabe et afri­cain et dans toute l’Afrique. Par­tout les tyrans tremblent et ont peur que leurs peuples tirent les leçons de l’exemple tunisien.

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Cuba. Le Prix Sakharov à Guillermo Fariñas excite la « bienveillance » de Mélenchon

Jean-Luc Mélen­chon a pré­féré quit­ter l’hémicycle du Par­le­ment de Stras­bourg plu­tôt que d’assister,  mercredi 15 décembre, à la remise du prix Sakha­rov au dis­si­dent cubain Guillermo Fariñas, empê­ché par la dic­ta­ture cas­triste de quit­ter l’île. Comme lors de la remise du prix Nobel de la paix à Liu Xiaobo, cinq jours avant, la céré­mo­nie s’est dérou­lée devant une chaise vide.

Chaise vide pour le Prix Sakha­rov (Pn. Par­le­ment européen)

L’auteur de Qu’ils s’en aillent tous ! a déclaré à l’AFP : « Le Par­le­ment euro­péen est embri­gadé dans des croi­sades anti­com­mu­nistes qui m’exaspèrent. Ça ne veut pas dire qu’on approuve l’emprisonnement, ça veut dire qu’on désap­prouve la manière dont le Par­le­ment est bien­veillant pour des dic­ta­tures fas­cistes, et mal­veillant vis-à-vis du camp pro­gres­siste. »

Et le « camp pro­gres­siste », selon Mélen­chon n’est autre que cet aimable club regrou­pant notam­ment Cuba, la Chine et le Vene­zuela de son ami Cha­vez. Atti­tude symp­to­ma­tique chez les trots­kistes d’un jour ou/et de tou­jours (le lea­der du Parti de gauche fut membre actif de l’Organisation com­mu­niste internationaliste).

À pro­pos des rela­tions entre la France et la Chine, Mélen­chon écrit dans son livre : « Il y a entre nous une culture com­mune bien plus éten­due et pro­fonde qu’avec les Nord-Américains. Les Chi­nois, comme nous, accordent depuis des siècles une place cen­trale à l’Etat dans leur déve­lop­pe­ment. Dans leurs rela­tions inter­na­tio­nales, ils ne pra­tiquent pas l’impérialisme aveugle des Amé­ri­cains. La Chine est une puis­sance paci­fique. Il n’existe aucune base mili­taire chi­noise dans le monde. (…) La Chine n’est pas inté­res­sée au rap­port de forces de cet ordre. »  De cet ordre, admet­tons… Mais dans l’ordre de la démocratie ?

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Camembert et ciné. La politique est bien dans le fromage

Dimanche. Je me disais que le Pré­sident avait déjà bouffé les trois quarts de son camem­bert, comme ça conne­ment. Comme un gagnant au loto qui a tout cla­qué et qu’on retrouve pendu un matin, cri­blé de dettes. À 26% de « popu­la­rité » selon les son­dages, il bat un record. Je me disais ça et je tombe sur la page « lec­teurs » du Monde [26/9/10], entiè­re­ment consa­crée au « pré­sident contesté ». C’est une volée de bois vert comme je n’ai pas sou­ve­nir d’en avoir vu après avoir usé quelques pré­si­dents et m’être aussi usé les mirettes sur bien des gazettes.

Sans par­ler des blagues en tous genres qui par­courent la toile [merci Claude G.]– ce à quoi ses pré­dé­ces­seurs ont échappé par absence tech­nique, il est vrai – et consti­tuent un sévère indi­ca­teur de la décon­si­dé­ra­tion pour ce per­son­nage et la fonc­tion atte­nante. Seul Ber­lus­coni peut s’aligner – et encore parvient-il à faire illu­sion en Ita­lie même. Mais recon­nais­sons au nôtre un mérite, un vrai. D’avoir été celui par qui la droite fran­çaise aura recon­quis son titre de gloire : la plus bête du monde.

Dimanche ou un autre jour… Je le vois à la télé, au salon de l’auto où, doigt pointé au ciel – écoutez-moi bien ! – grave, sen­ten­cieux, mena­çant presque, il donne la leçon, pour ne pas dire la fes­sée, aux repré­sen­tants de l’industrie de la bagnole, leur décla­rant en sub­stance : ne comp­tez plus sur les aides de l’État si c’est pour aller fabri­quer vos autos à l’étranger. Tu parles, Charles, cause tou­jours mon amour ! Renault venait d’annoncer qu’une voi­ture fabri­quée en Rou­ma­nie lui reve­nait 2 000 euros moins chère ! Il n’a pas dû oser annon­cer la ver­sion chi­noise du gain réalisé.

Dimanche, j’en suis sûr. « Marius et Jean­nette » sur Arte. Génial film, si géné­reux donc uto­piste. Vu et revu, je tente un autre mélo, au ciné cette fois. Je dis « mélo » exprès parce que je lis ça dans la cri­tique de Télé­rama. Eux, ils dézinguent à tout va, spé­cia­le­ment contre mes films pré­fé­rés (le der­nier d’Alain Cor­neau par exemple, Crime d’amour). Au mieux dans le pire, ils donnent deux avis, un pour un contre. C’est leur droit, et suis pas obligé ni de les lire ni d’en tenir compte. On est en répu­blique – enfin, je m’avance, voir ci-dessus. De toutes façons, en géné­ral, je ne lis les cri­tiques qu’après coup.

Bref, je suis allé voir Amore, que le ‘tit bon­homme du Télé­rama estime « pas mal » (double néga­tion), ce qui lui vaut vingt lignes. Moi, je lui mets au mini­mum « bien » sinon « bravo ». Non pas bravo tout de même à cause de la musique (mélo-die) par­fois lour­dingue dans la redon­dance, tout comme l’est la scène d’amour – cen­trale, d’où le titre – à la fois sublime et un peu ratée dans le paral­lèle appuyé entre l’éveil des sens et l’éveil de la « nature », fleu­rettes et petites bébêtes. Il s’en serait fallu de peu, juste un léger coup de ciseau. Mais qu’il a été con d’appuyer ainsi sur la chan­te­relle, ce Luca Gua­da­gnino qui, pour­tant, sait fil­mer, vingt dieux.

Et jus­te­ment son style, c’est quelque chose ! Rythme, mon­tage, photo, éclai­rage… Y a du Vis­conti là-dedans, et aussi du Cop­pola. La lumière est superbe, alliage du noir des contre-jours (les visages mas­qués) et du plein pot solaire des exté­rieurs ; bataille des incons­cients et des refou­le­ment contre le sur­gis­se­ment des pul­sions. Une forme ne sau­rait suf­fire. Le fond aussi est bon : le mélo de la vie – toute vie n’est-elle pas, peu ou prou, un mélo-drame, à doses variable de mélo­die et de drame ? –, ver­sion grande bour­geoi­sie mila­naise, aris­to­cra­tie de l’industrie tex­tile qu’on voit bas­cu­ler dans le chau­dron mon­dia­lisé. Ter­rain de pré­di­lec­tion pour le couple Pin­çon (« Le Pré­sident des riches », qui vient de sor­tir), tout l’inverse de Marius et Jean­nette à l’Estaque… Emma (clin d’œil à la Bovary) compte dans le tableau en tant que pièce rap­por­tée (de Rus­sie), sur­tout vouée à ses trois enfants. Les­quels pour­raient repré­sen­ter trois états de la jeu­nesse : confor­miste, roman­tique, rebelle (la fille, les­bienne). Sur­vient l’imprévu annoncé dès le titre (Io sono l’amore en ita­lien, je suis l’amour ), l’aventure, le drame comme sanc­tion de la faute – la papauté veille au grain – et une apo­théose en mater dolo­rosa. Oui oui, c’est un mélo. Mais que c’est beau !

Lundi. Arte, mélo tou­jours mais cubain : Fraise et cho­co­lat. Le film a fait un tabac dans l’île des Cas­tro. On se demande com­ment il a échappé à la cen­sure (sorti en 1991). Il s’agit moins d’un film sur l’homosexualité que sur la dis­si­dence en milieu hau­te­ment contraint de la dic­ta­ture. Dans le machisme domi­nant, l’homo cumule les tares du contre-révolutionnaire. Le pédé, c’est donc la ver­sion gay du gusano – ce traître de ver rampant.

L’histoire tourne autour de trois per­son­nages cen­traux qui suf­fisent à décrire le quo­ti­dien de la vie à La Havane, sans tom­ber dans le pan­neau direc­te­ment dénon­cia­teur (cen­sure obli­ge­rait). Je tiens Fraise et cho­co­lat pour un film sexo-politique, d’autant qu’il traite, en fait, de la fra­ter­nité. C’est un hymne à la fra­ter­nité avec une scène finale pour le moins émo­tion­nelle. En quoi il est révo­lu­tion­naire dans un régime qui a fait du mot Révo­lu­tion son fond de com­merce – le mot et sur­tout pas la chose –, ce dont il devra bien rendre compte devant l’Histoire. Ce film y contri­bue, tout comme l’ont fait d’admirables écri­vains dis­si­dents comme Rei­naldo Are­nas (Avant la nuit), Pedro Juan Gut­tié­rez (Tri­lo­gie sale à La Havane), et avant eux le très grand José Lezama Lima (Para­diso) à qui Fraise et cho­co­lat rend un hom­mage direct.

Post scrip­tum, et tou­jours à pro­pos de fro­mage, ce mardi voit tom­ber la condam­na­tion du trader-vedette Ker­viel. Le plus mar­rant, c’est tout de même qu’on lui réclame sans rire  presque 5 mil­liards d’euros ! Ques­tion : com­ment va-t-il s’y prendre sans se faire prendre à nou­veau pour payer sa dette à la société, en géné­ral ? Il a trois ans devant lui pour trou­ver la martingale.


Cuba va libérer 52 de ses 170 prisonniers politiques. Une pétition « accuse le gouvernement cubain »

La pres­sion inter­na­tio­nale, notam­ment euro­péenne, ajou­tée à la déplo­rable situa­tion éco­no­mique de l’île,  semble conduire la dic­ta­ture cas­triste à lâcher du lest. Le régime cubain s’apprêterait en effet à libé­rer 52 pri­son­niers poli­tiques* incar­cé­rés depuis 2003 (on en dénombre envi­ron 170). L’Espagne a joué un rôle impor­tant dans ce jeu de pres­sion auprès de La Havane, à la fois sur le plan diplo­ma­tique et aussi en accep­tant d’accueillir les pri­son­niers à leur libération.

* L’annonce a été faite à l’issue d’une réunion entre le car­di­nal cubain Jaime Ortega et le pré­sident Raul Cas­tro, en pré­sence du ministre espa­gnol des affaires étran­gères, Miguel Angel Moratinos.

De son côté, un comité inter­na­tio­nal s’est consti­tué et a lancé une péti­tion ayant déjà recueilli plus de 50.000 signa­tures – ce qui déplaît for­te­ment aux Cas­tro.  Ce comité s’est inti­tulé #OZT, repre­nant les ini­tiales de Orlando Zapata Tamayo, le maçon mort en pri­son le 23 février der­nier après 85 jours de grève de faim. Aus­si­tôt, Guillermo Fariñas, psy­cho­logue et jour­na­liste de 48 ans, entâ­mait à son tour une grève de la faim. Il se trouve en grand dan­ger vital et cette libé­ra­tion annon­cée met­tra peut-être fin à son action.

Ce n’est donc pas le moment de relâ­cher la pres­sion ni la soli­da­rité. Voici le texte de l’appel à péti­tion lancé par #OZT.


#OZT: J’accuse le gou­ver­ne­ment cubain

- Aidez-nous à dou­bler le plus de 49.000 signa­tures obte­nues pour la libé­ra­tion des pri­son­niers poli­tiques cubains.

- Soyez des nôtres lors de la remise des signa­tures du 18 au 23 juillet 2010

Nous vou­lons recueillir 100 000 signa­tures d’ici le 15 juillet et aug­men­ter ainsi l’appui à la demande de libé­ra­tion des pri­son­niers poli­tiques et au res­pect des droits de l’homme à Cuba. Nous pou­vons réus­sir avec votre sou­tien! Voici ce dont nous avons besoin :

Envoyez un cour­riel à vos contacts en leur deman­dant de signer la Décla­ra­tion de la cam­pagne. Soyez bref! Par exemple, écrivez-leur : « Je vous invite à signer cette Décla­ra­tion pour la libé­ra­tion des pri­son­niers poli­tiques cubains. Ceci est très impor­tant pour moi. » N’oubliez pas d’inclure l’hyperlien (http://firmasjamaylibertad.com/ozt)
Invi­tez vos amis sur Face­book, Twit­ter et autres réseaux sociaux à signer la Décla­ra­tion.
Les remises de signa­tures auront lieu du 18 au 23 juillet à Cuba, à l’OEA et à l’ONU même qu’aux sièges du gou­ver­ne­ment cubain à l’étranger. De grandes mani­fes­ta­tions et de petites céré­mo­nies de remise sont pré­vues selon les endroits. Si vous habi­tez près d’une ambas­sade, d’un consu­lat ou tout autre lieu offi­ciel du gou­ver­ne­ment cubain et que vous sou­hai­tez par­ti­ci­per, s’il vous plaît, contactez-nous.
Merci de faire par­tie de cette campagne!

#OZT: J’accuse le gou­ver­ne­ment cubain

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E s p a ñ o l

De #OZT: Yo acuso al gobierno cubano

- Ayú­da­nos a dupli­car las más de 49,000 fir­mas reci­bi­das por la liber­tad de los pre­sos polí ticos cubanos

- Par­ti­cipa con noso­tros en la entrega de las fir­mas entre el 18 y el 23 de julio próximos

Que­re­mos lle­gar a 100,000 fir­mas antes del 15 de julio y dupli­car así  el apoyo a la demanda por la excar­ce­la­ción de los pre­sos polí ticos y el respeto a los dere­chos huma­nos en Cuba. Con tu ayuda, pode­mos lograrlo. Esto es lo que necesitamos:

Enví a a tus contac­tos un email invitán­do­los a fir­mar la Decla­ra­ción de la cam­paña. Algo muy breve. Por ejem­plo: « Te invito a fir­mar esta Decla­ra­ción por la liber­tad de los pre­sos polí­ti­cos cuba­nos. Para mí  es muy impor­tante. » No olvides incluir el enlace (http://firmasjamaylibertad.com/ozt).
Invita a tus ami­gos en Face­book, Twit­ter y otras redes sociales a fir­mar la Decla­ra­ción.
La entrega de las fir­mas la rea­li­za­re­mos entre el 18 y 23 de julio en las sedes del gobierno cubano alre­de­dor del mundo. Tam­bién en Cuba, la OEA, la ONU… Frente a algu­nas sedes del gobierno cubano rea­li­za­re­mos una concen­tra­ción; en otras, una pequeña cere­mo­nia de entrega. Si vives cerca de una emba­jada, consu­lado o sede ofi­cial cubana y estás dis­puesto a par­ti­ci­par, contáctanos.

Gra­cias por ser parte de esta campaña.

#OZT: Yo acuso al gobierno cubano


Cuba, cauchemar de la gauche Iatino

Il est plus que temps de dénon­cer sans la moindre ambi­guïté la dic­ta­ture cas­triste, clame un jour­na­liste chi­lien de gauche. Ce que la plu­part des mili­tants pro­gres­sistes du conti­nent ne se sont jamais réso­lus à faire. L’article qui suit pro­vient de l’hebdo chi­lien Qué pasa (centre gauche). Il consti­tue un tour­nant dans la consi­dé­ra­tion jusque là sans réserve dont béné­fi­ciait le régime cubain dans la gauche « latino ». Son contenu rejoint mon repor­tage publié en 2009 dans Poli­tis, où il me valut les foudres de cer­tains lec­teurs et autres « ana­lystes inspirés ».

QUÉ PASA (extraits)
Santiago-du-Chili

La gauche latino-américaine a com­mis une faute qu’elle met­tra long­temps à expier: celle d’avoir défendu et sou­tenu la dic­ta­ture cubaine bien plus long­temps qu’il n’était accep­table. Rares en effet ont été les figures poli­tiques, les artistes et les intel­lec­tuels pro­gres­sistes qui, assis­tant de près à l’évolution du régime cas­triste, ont pris la peine de s’élever contre lui. Aujourd’hui, évi­dem­ment, ce n’est plus si dif­fi­cile. Les socia­listes chi­liens eux-mêmes osent le faire, même s’ils uti­lisent des cir­con­lo­cu­tions pour cela. Pen­dant des décen­nies, ceux qui ne se sont pas rendu clai­re­ment com­plices ont fait en sorte de noyer le pois­son et de diluer en phrases inter­mi­nables une condam­na­tion qui tient pour­tant en “un mot, « dictature ».

Fidel en a accueilli beau­coup alors qu’ils fuyaient Pino­chet dans le dénue­ment le plus total, il en a invité d’autres tel un maître dans son hacienda, pour leur mon­trer les mille mer­veilles de son fief, les gra­ti­fier de conver­sa­tions hal­lu­ci­nantes et les convaincre, pour la tran­quillité et la séré­nité de leurs esprits bien-pensants, que la « Révo­lu­tion » – mot qui a heu­reu­se­ment perdu son ensor­ce­lant pou­voir – était un rêve réa­li­sable et un com­bat per­ma­nent dont il était l’incarnation. Les tristes se sont sen­tis accueillis, les faibles se sont sen­tis flat­tés. Le contre­dire est bien­tôt devenu pour bon nombre de révo­lu­tion­naires un acte aussi redouté foi pour un chré­tien. Les Cubains vivent dans un manque de liberté inac­cep­table. Fidel avait des qua­li­tés excep­tion­nelles, c’est cer­tain. C’est sans doute l’homme poli­tique vivant le plus expé­ri­menté au monde. Je doute que de nom­breux cham­pions de la démo­cra­tie puissent le nier. Il a placé sa petite île au centre de la carte du monde et, mieux encore, y a placé son nom et son pré­nom. Il s’est confronté aux Etats-Unis d’égal à égal et a incarné à un moment donné la dignité d’un conti­nent pauvre face à la puis­sance bru­tale d’un empire. Il a par­ti­cipé en géant à l’histoire de la guerre froide. Les Cubains peuvent
haïr Fidel, mais aucun ne le méprise. Eux, ces Argen­tins des Caraïbes, se sentent au fond sou­mis par un homme gran­diose. Com­ment, sinon, expli­quer qu’un peuple si fier l’ait sup­porté un demi-siècle sans plus se révol­ter?
Le seul pro­blème est qu’avec le temps les hommes gran­dioses vieillissent net­te­ment moins bien que les hommes bons. Fidel ne dort pas, Fidel est très grand, Fidel sait tout, Fidel peut par­ler pen­dant des heures. Même la droite chi­lienne l’admire en secret. Lorsqu’il” entre en scène, l’auditoire fré­mit. Ils le craignent tant qu’ils osent à peine pro­non­cer son nom. S’ils veulent le cri­ti­quer, les Cubains uti­lisent de nou­velles formes gram­ma­ti­cales ou lèvent un doigt vers le ciel.
Le jour­nal Granma [jour­nal offi­ciel du régime], n’ayant pas de rubrique de faits divers, on pour­rait croire que La Havane ne connaît ni crimes ni délits. Le jour­na­lisme n’existe pas, et ceux-là mêmes qui ailleurs se plaignent de la concen­tra­tion des médias dans quelques mains par­donnent à Cuba sans bron­cher. Les Cubains n’ont pas de par­le­ment, les tri­bu­naux sont une farce, la police secrète est par­tout. Nous qui croyons en la démo­cra­tie savons par­fai­te­ment qu’un tel gou­ver­ne­ment ne rentre pas dans cette caté­go­rie.
Rares sont les dis­cours plus hypo­crites que le dis­cours cubain. Si nous y croyions, il nous fau­drait admettre que là-bas n’existent ni la pau­vreté ni les cote­ries pri­vi­lé­giées, que les auto­ri­tés sont irré­pro­chables, qu’elles n’ont fait fusiller per­sonne, qu’il n’y a pas des maga­sins pour les déten­teurs de devises et d’autres — misé­rables — pour ceux qui n’ont que des pesos cubains, que les jine­te­ras [« cava­lières », accom­pa­gna­trices de tou­ristes, qui par­fois se pros­ti­tuent] ne gagnent pas mieux leur vie que les ingé­nieurs, que les pri­son­niers poli­tiques sont une inven­tion de l’impérialisme, il nous fau­drait accep­ter tout cela alors que même le plus can­dide des visi­teurs, pour peu qu’il se pro­mène les yeux ouverts, constate qu’il n’en est rien. La santé publique et l’éducation, les vieux che­vaux de bataille de Fidel Cas­tro, n’ont jamais été aussi décriés qu’aujourd’hui: les Cubains n’ont pas même accès à des com­pri­més d’aspirine et ils n’étudient guère qu’un seul côté de la médaille. Mal­gré tout, il existe un tou­risme idéo­lo­gique : au lieu de décou­vrir la vraie vie, il cherche le reflet des illu­sions perdues.

LA CORRUPTION SÉVIT À GRANDE ÉCHELLE

Plane désor­mais l’idée que tous ces men­songes ne pour­ront plus fonc­tion­ner long­temps. Raul est plus mal­adroit que son frère, plus bru­tal, moins char­meur. Il a laissé mou­rir un gré­viste de la faim [Orlando Zapata, mort le 23 février au bout de 85 jours de grève de la faim], ten­tant en vain de convaincre le monde que ce n’était qu’un banal voleur. Si ridi­cule que cela puisse paraître, Raul s’emploie aujourd’hui à natio­na­li­ser les rares entre­prises ren­tables. La cor­rup­tion sévit à grande échelle. Et cer­tains parient déjà que cette fic­tion qui a ruiné tant de vies touche à sa fin. Comme pour l’URSS, nous décou­vri­rons pro­gres­si­ve­ment la face sombre de ce conte de fées. Si la gauche entend de nou­veau nous pro­po­ser un rêve, qu’elle com­mence par nous racon­ter son cau­che­mar. Qu’elle n’hésite pas à uti­li­ser, pour par­ler de celte dynas­tie cari­béenne, le mot « dic­ta­ture ». Au Chili, nous savons à quel point les mots comptent en la matière.
Patri­cio Fer­nan­dez
direc­teur de la revue sati­rique « The Clinic »

Nous devons cet article et sa tra­duc­tion à « Cour­rier inter­na­tio­nal » du 15 avril.


CUBA. Nouvelle grève de la faim d’un opposant, durcissement du régime

Tan­dis que le régime cubain se dur­cit encore davan­tage sous le double effet de la crise et d’un accès de pro­tes­ta­tions, un autre dis­si­dent a entre­pris une grève de la faim. Guillermo Fariñas, psy­cho­logue et jour­na­liste de 48 ans, prend ainsi le relais de Orlando Zapata Tamayo qui, lui, est mort le 23 février à La Havane. Il avait cessé de s’alimenter durant plus de deux mois pour pro­tes­ter contre ses condi­tions de déten­tion et celles de plu­sieurs dizaines d’opposants incar­cé­rés. La déter­mi­na­tion déses­pé­rée de Guillermo Fariñas bute sur l’intransigeance du régime cas­triste. Un affron­te­ment qui fait craindre le pire, une fois de plus. D’autant qu’on apprend qu’il a perdu connais­sance hier.

L’interview de Guillermo Fariñas a été menée par le jour­na­liste espa­gnol Mau­ri­cio Vicent et publiée dans le quo­ti­dien madri­lène El Pais mardi der­nier. En voici la traduction.

20100303elpepuint_3.1267811207.jpgLe psy­cho­logue et jour­na­liste dis­si­dent Guillermo Fariñas a 48 ans et 23 grèves de la faim der­rière lui. Depuis qu’il a rendu sa carte de l’Union des Jeunes Com­mu­nistes, en 1989, en pro­tes­ta­tion contre l’exécution du géné­ral Arnaldo Ochoa*, il est entré dans l’opposition, et a passé, depuis, 11 ans et demi en pri­son. Il est consi­déré comme un dur. Sa der­nière grève de la faim, en 2006, pour deman­der le libre accès à inter­net pour tous les Cubains, dura plu­sieurs mois et il fal­lut l’opérer à plu­sieurs reprises pour lui sau­ver la vie. Il en garde de nom­breuses séquelles et sa famille, cette fois redoute un rapide dénoue­ment fatal.

Dans sa mai­son de Santa Clara, accom­pa­gné d’une ving­taine d’opposants, Fariñas reçoit El Pais alors qu’il en est à son sep­tième jour sans nour­ri­ture ni eau [l’interview a été publiée le 02/03/2010]. Il est extrê­me­ment faible, bien que conscient, et il peut encore mar­cher. Il a le regard illu­miné, et dit – c’en est effrayant – qu’il veut mou­rir pour deve­nir un « mar­tyre » et prendre le relais de Orlando Zapata. Il voit son corps comme un ins­tru­ment de plus pour « faire par­ve­nir Cuba à la liberté ». Sa mère, Ali­cia Her­nan­dez, et sa femme, Clara, s’opposent radi­ca­le­ment à cette pro­tes­ta­tion, bien qu’elles res­pectent sa déci­sion. Deux méde­cins lui rendent visite chaque jour, un dis­si­dent et un autre de l’État, qui suivent en per­ma­nence son évolution.

Quels objec­tifs recherchez-vous au tra­vers de cette grève ?

– Pre­miè­re­ment, que le gou­ver­ne­ment paie un coût poli­tique fort pour l’assassinat de Orlando Zapata Tamayo. En second lieu, si les auto­ri­tés ne sont ni cruelles ni inhu­maines, qu’elles libèrent immé­dia­te­ment les pri­son­niers poli­tiques qui sont malades et qui pour­raient bien­tôt deve­nir d’autres Zapata. Le troi­sième objec­tif est, si je meure, que le monde s’aperçoive que le gou­ver­ne­ment laisse mou­rir ses oppo­sants et que ce qu’il s’est passé avec Orlando n’est pas un cas isolé.

Mais quelle est votre demande concrète ?

– Que le gou­ver­ne­ment libère ces 26 pri­son­niers poli­tiques qui sont malades, et que, jusqu’aux propres ser­vices médi­caux du minis­tère on consi­dère qu’ils doivent être mis en liberté, puisqu’ils ne sur­vi­vront pas en prison.

Et s’ils ne les relâchent pas ?

– Je conti­nue­rai jusqu’aux der­nières conséquences…

Vous vou­lez mourir ?

– (Silence)… Oui, je veux mou­rir. Il est temps que le monde s’aperçoive que ce gou­ver­ne­ment est cruel, et qu’il y a des moments dans l’histoire des pays où il doit y avoir des martyres.

Vous vou­lez deve­nir un mar­tyre consciemment ?

– Même les psy­cho­logues du minis­tère de l’intérieur disent que c’est mon pro­fil : j’ai une grande voca­tion de mar­tyre… Orlando Zapata a été le pre­mier chaî­non dans l’intensification de la lutte pour la liberté de Cuba. Moi j’ai été celui qui a saisi le bâton de son relais, et quand je mour­rai, un autre le prendra.

Vous êtes sûr ? Vous croyez que cela va pro­vo­quer un sti­mu­lant pour le chan­ge­ment dans votre pays ?

– Moi je suis pes­si­miste. Je pense que le gou­ver­ne­ment ne va pas chan­ger. Je n’ai pas d’espérance. Le gou­ver­ne­ment cubain se trouve dans une passe dif­fi­cile, mais il ne va pas chan­ger, jusqu’à que nous soyons 50 oppo­sants en grève de la faim, ce qui serait un pro­blème au niveau de toute la société.

Votre père a com­battu aux côtés de Che Gue­vara au Congo. Votre mère était révo­lu­tion­naire. Vous-même avez été mili­taire et avez étu­dié en Union sovié­tique. Com­ment en êtes-vous arrivé à la dissidence ?

– Ce fut un long pro­ces­sus. Les évé­ne­ments de l’ambassade du Pérou en 1980** ont consti­tué le pre­mier désac­cord. J’avais pour rôle de main­te­nir l’ordre. Il y avait des dizaines de mil­liers de per­sonnes qui vou­laient par­tir. En URSS, je me suis rendu compte des nom­breuses per­ver­sions de ce régime auquel, en théo­rie, nous devions res­sem­bler. En 1989, avec l’exécution de Ochoa, j’ai com­plè­te­ment rompu. Depuis je ne me suis pas tu, et je ne me tai­rai pas jusqu’à ce que je meure.

Qu’est ce qu’il va se pas­ser maintenant ?

– Moi je me sens déjà très faible. J’ai mal à la tête et je com­mence à me déshy­dra­ter. Il arri­vera un moment où je m’effondrerai et per­drai connais­sance. Alors ma famille déci­dera [la mère et l’épouse disent qu’à ce moment elles le feront entrer à l’hôpital et le nour­ri­ront par voie parentérale].

Et quand vous vous réveille­rez à l’hôpital…

– S’ils me mettent dans une chambre fer­mée, où je ne pour­rai pas rece­voir de visite de mes frères de lutte, je deman­de­rai l’arrêt de l’alimentation médi­cale. S’ils me mettent dans un endroit où je pour­rai rece­voir la visite de mes cama­rades, même si ça doit être au tra­vers de vitres, dans la salle de soin inten­sif, pen­dant les horaires régle­men­taires des visites, je per­met­trai cette ali­men­ta­tion paren­té­rale, bien que je ne boi­rai ni man­ge­rai. Dans ce cas, je pour­rai vivre tant que Dieu le voudra.

Que croyez-vous que pensent de tout ça votre femme, votre fille (de huit ans), votre mère ?

– Quand j’ai pris la déci­sion de com­men­cer cette grève de la faim, ma mère est res­tée seize heures sans me par­ler. Main­te­nant, bien qu’elles s’y opposent tou­jours, elles res­pectent ma déci­sion. Je leur dis que pour le bien de la patrie, la famille doit souf­frir. J’imagine que la mère de Jose Marti a souf­fert, et aussi celle de Anto­nio Maceo [deux héros emblé­ma­tiques de l’indépendance de Cuba].

Tra­duc­tion Marine Ponthieu

Notes de GP :

* Le géné­ral Arnaldo Ochoa , ancien de la Sierra Maes­tra et « héros » de la guerre d’Angola, a été exé­cuté sous l’accusation de tra­fic de drogue au len­de­main d’un pro­cès de type sta­li­nien, avec « aveux » lar­ge­ment média­ti­sés par la télé­vi­sion. L’Histoire, quand elle par­lera, livrera une toute autre ver­sion. Par exemple, que les frères Cas­tro avaient confondu Ochoa dans des inten­tions put­schistes, avec d’autres mili­taires en oppo­si­tion au régime ; et cela au moment même où la CIA s’apprêtait à révé­ler la réa­lité d’un offi­ciel tra­fic de drogue entre Cuba et les FARC colom­biens. Un mar­ché aurait été imposé à Ochoa : la vie sauve contre la recon­nais­sance du tra­fic de drogue mené à son propre compte. Ainsi la « Révo­lu­tion » serait-elle lavée de tout soup­çon d’infamie… Ochoa « avoua » donc, mais fut exé­cuté un mois après le ver­dict le condam­nant à mort.

** En mars 1980, l’ambassade du Pérou à La Havane avait été lit­té­ra­le­ment enva­hie, en deux jours, par plus de 10 000 can­di­dats à l’émigration. L’affaire pro­vo­qua ensuite le départ vers les États-Unis de 127 000 « marie­li­tos », du nom du port cubain de Mariel.

»> Voilà bien­tôt deux mois que je suis sans nou­velles de deux amis cubains. J’ose espé­rer qu’il ne leur est rien arrivé de plus grave que l’interdiction totale d’envoyer des cour­riels depuis leurs lieux de travail.

De plus, sur son blog «  Gene­ra­cion Y  », l’opposante Yoani San­chez n’a plus déposé d’article depuis le 24 février – ce qui est tout à fait inhabituel.


CUBA – Orlando Zapata, 42 ans, opposant politique, mort après deux mois de grève de la faim

orlando_zapata_cuba.1267113374.jpgOrlando Zapata Tamayo, est mort, mardi 23 février, dans un hôpi­tal de La Havane. Il menait une grève de la faim de plus de deux mois pour pro­tes­ter contre ses condi­tions de déten­tion. Membre d’une orga­ni­sa­tion de défense civique illé­gale, le Direc­toire démo­cra­tique cubain, il avait été condamné en 2003 à dix-huit ans de pri­son pour « désordre public ».

Il s’agit du pre­mier détenu poli­tique « à mou­rir en déten­tion depuis le début des années 1970 à Cuba », affirme la Com­mis­sion pour les droits de l’homme et la récon­ci­lia­tion natio­nale, une orga­ni­sa­tion illé­gale mais tolé­rée par le pou­voir cubain. Selon son pré­sident, Eli­zardo San­chez, « Il s’agit d’un assas­si­nat vir­tuel, pré­mé­dité », accu­sant les auto­ri­tés d’avoir trop tardé à offrir des soins au dis­si­dent trans­féré la semaine der­nière seule­ment de Camagüey, dans le centre du pays, où il était incar­céré, dans un hôpi­tal de La Havane.

Prix Sakha­rov 2002 du Par­le­ment euro­péen, le dis­si­dent chré­tien Oswaldo Paya a accusé les auto­ri­tés cubaines d’avoir « assas­siné len­te­ment » ce maçon de pro­fes­sion et noir de peau, vic­time, selon lui, de coups et de vio­lences racistes lors de sa déten­tion. L’économiste dis­si­dent Oscar Espi­nosa Chepe, arrêté en 2003 et libéré pour des rai­sons de santé, estime que cette affaire pour­rait se repro­duire en rai­son du « très mau­vais état » des pri­sons cubaines, où aucune orga­ni­sa­tion inter­na­tio­nale n’est admise. C’est le cas d’Amnesty Inter­na­tio­nal, qui estime à 65 le nombre des « pri­son­niers de conscience » cubains. La plu­part des obser­va­teurs inter­na­tio­naux éva­luent cepen­dant à envi­ron 200 le nombre de pri­son­niers poli­tiques à Cuba.

Les pré­si­dents bré­si­lien Luiz Inacio Lula da Silva et véné­zué­lien Hugo Cha­vez sont arri­vés mardi soir à La Havane, sans faire de com­men­taires, après un som­met dit de « l’Unité » au Mexique des 32 pays de la région. De son côté, le pré­sident cubain, Raul Cas­tro, n’a pas craint de « regret­ter » la mort d’Orlando Zapata. Depuis tou­jours, les auto­ri­tés cubaines accusent les dis­si­dents d’être des « agents » ou des « mer­ce­naires » à la solde des Etats-Unis.

La popu­la­tion et l’économie cubaines se trouvent à bout de souffle. La crise s’est aggra­vée ces der­niers temps, à tel point que le pays est placé au bord d’une ces­sa­tion de paiement.

[Sources AFP, Le Monde, Yoani Sán­chez – Gene­ra­cion Y]


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