On n'est pas des moutons

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L’Équipe à genoux devant le client Roi

« Jour­na­lisme spor­tif » : un oxy­more. C’est-à-dire l’alliance incon­grue de deux élé­ments aussi oppo­sés que l’huile et l’eau. Sum­mum du genre atteint par L’Équipe qui, au len­de­main du match PSG-OM, n’a pas craint d’accommoder son lec­to­rat en ména­geant la chèvre PSG et le chou OM (c’est une image, hein !). Et voilà le tableau, selon l’édition, pari­sienne ou marseillaise :

Imaginons L'Huma publiant une édition de droite…

Ima­gi­nons L’Huma publiant une édi­tion de droite…

Comme le note Daniel Schnei­der­man (Arrêt sur images), les heb­dos aussi « sont cou­tu­miers des cou­ver­tures régio­na­li­sées. « Le vrai pou­voir à Mont­pel­lier », « Stras­bourg demain », « les dix qui font Le Havre », « ceux qui comptent à Vier­zon »: en cou­ver­ture du Point ou de L’Express, ça en jette au lec­to­rat local, sup­posé flatté que la presse pari­sienne, du haut de Sa Pari­sia­ni­tude, s’intéresse à lui. »

Le mérite de L’Équipe, si on peut dire, c’est de mettre car­ré­ment les pieds dans le plat de la déma­go­gie clien­té­liste ou, vul­gai­re­ment par­lant, du léchage-de-cul.

On dira qu’après tout, ce n’est jamais là que l’application à la presse spor­tive d’un bon prin­cipe de mar­chan­di­sage : plaire au client, qui est Roi.

Où l’on voit bien aussi qu’il y a lieu de dis­tin­guer entre crise des médias et crise du jour­na­lisme, et ne pas réduire la réflexion à l’opposition toile contre papier.

 

Post scrip­tum, dans la fou­lée et en ver­sion « cou­vrez ces épaules que je ne sau­rais voir » :

Oscars: Une agence de presse ira­nienne recouvre les épaules de Michelle Obama

 


Dans « le cochon » DSK, tout est bon

Mar­cela Iacub, qui se dit « Juriste et spé­cia­liste de la phi­lo­so­phie des mœurs », offi­cie dans le Libé du samedi. De fin jan­vier à aoüt 2012, elle a poussé le sacri­fice en offrant son corps à un DSK post-Sofitel, ainsi qu’à à la science de la chose, un cran au-dessus, genre méta-sexopolitique. Il en résulte un nou­vel épi­sode au feuille­ton DSK, fort bien emballé pour une pro­pul­sion médiatico-marchande qui com­mence par un bou­quin « ver­ti­gi­neux » – dixit  l’interviewer, enivré – et, panur­gisme aidant, devrait enva­hir le Spec­tacle : radio, télé, ciné. Sans par­ler des réseaux dits sociaux et même des blogs, jusqu’à celui-ci. On n’y é-chap-pe pas !

 

Dom­mage pour les frasques à l’Élysée…

Belle et Bête, ça s’intitule. Devi­nez qui est quoi… Elle tient donc le beau rôle, celle d’une (belle ?) char­cu­tière de luxe, qui ne jette rien des bas mor­ceaux de celui qu’elle nomme « le cochon ». On sait bien qu’un cochon som­meille en chaque homme. Cette cochonne-là n’a pas dû avoir à tra­vailler beau­coup la viande pour l’attendrir. Une bonne bête, certes pas halal – et je ne me ris­que­rai pas à une autre audace du genre, j’ai déjà donné – mais dans laquelle « tout est bon », enten­dez comme matière (grasse) à scandale.

 

Un tel coup édi­to­rial, tout de même : cha­peau ! Sens aigu du biz­ness, art des coups four­rés – c’est bien le mot –, relais chez les édi­teurs pois­seux, auprès des canards boi­teux, des jour­na­leux tor­dus : tout un monde, tout un im-monde, qui n’est pas donné à tout le monde. Il faut pour ça être doué, ou bien né. Les deux, c’est l’idéal.

 

Le Nou­vel Obs a tou­jours mani­festé quelque atti­rance pour la per­ver­sion. Mais, atten­tion, la per­ver­sion propre, si on ose l’oxymore, celle qui peut s’habiller en Prada, qui s’allonge sur les divans, qui titille Œdipe et Tha­na­tos, aime à bor­du­rer l’inceste ou le viol en adu­lant le « divin mar­quis » ou ses épi­gones moder­nistes. Cette per­ver­sion « chic » aux bourses bien rem­plies – c’est encore le mot, et on pour­rait aussi s’en foutre ! – n’ayant jamais connu le vide des fins de mois. Cette per­ver­sion volon­tiers ados­sée au Pou­voir, ce pou­voir qui lui est aussi néces­saire que le furent pour Sade les « bon­bons à la can­tha­ride »… Un via­gra dopé, dosage FMI, testé chez Berlusconi.

Pen­ser à invi­ter Clinton…

 

On pour­rait s’en foutre, sauf que ces bandes-là (déci­dé­ment), ça nous regarde. « Nous » comme citoyens d’une Répu­blique si ver­tueuse… « Nous » qui, comme cer­tains, ont jadis ques­tionné la sexo-politique, du temps où un Gis­card de pré­sident ne dédai­gnait pas le cul de la cré­mière, tan­dis qu’un sien ministre, de l’Intérieur, inter­di­sait la Revue Sex­pol (Ponia­towski) ; du temps où un car­di­nal connais­sait la mort par épec­tase dans les bras d’une pros­ti­tuée (Danié­lou) ; bien après qu’un Félix Faure eut perdu « sa connais­sance » à l’Élysée même ; peu avant qu’un autre pré­sident eut mené double-vie (Mit­ter­rand)… Ou aux temps post-soixante-huitards où d’autres pères-la-pudeur, au nom de Mao et de la Révo­lu­tion, pra­ti­quaient sans ver­gogne le bien machiste repos du guer­rier (July, Geis­mar…)

 

    Char­lie a flairé la truffe.

 

Et Libé donne dans le panneau.

Et Libé donne dans le panneau.

Oui, ça nous regarde d’autant que cet im-monde là se targue aussi de gou­ver­ner le monde selon de stricts prin­cipes, en appe­lant si faci­le­ment aux mots de rigueur, aus­té­rité, efforts, jus­tice, morale…

 

 

Nous voilà ainsi entrés dans l’ère du cochon, après le Ser­pent  du nou­vel an chi­nois,  le cirque du bœuf-cheval, l’annonce du futur poi­chon (pois­son nourri au cochon). Triste ména­ge­rie que ce monde et ses drôles de zèbres. Au secours, Ésope et La Fon­taine, ils sont deve­nus fous !


Des cathédrales au nucléaire. « Cette Ascension sans fin qu’on appelle aussi le Progrès… »

Entre­tien avec John Mac­Gre­gor, cher­cheur au MIT

 

John Mac­Gre­gor, vieux com­plice américano-canado-écossais, cher­cheur au MIT (Mas­sa­chu­setts Ins­ti­tute of Tech­no­logy — Cam­bridge, Etats-Unis), socio­logue des médias et astro­phy­si­cien, le type qui lit à la fois dans les gazettes & dans les étoiles… Tout comme il goûte le pure-malt & le mon­tra­chet (ou le sau­ternes, mais pas en même temps). Un éner­gu­mène dans son genre, qui a bien labouré notre hexa­gone et en remon­tre­rait à plus d’un Gau­lois. Il passe quelques jours à la Jaz­zine où il dérouille le piano à coups de Scria­bine et d’Oscar Peter­son, se goin­frant aussi de notre télé­vi­sion et de nos canards. Bref, de quoi cau­ser – et on ne s’en prive pas !

 

• Comme nul n’est pro­phète en son pays, je prends tou­jours un malin plai­sir à écou­ter tes ruades et coups de coeur concer­nant la France. Ton prisme, cette fois, passe par la chaîne de télé Arte et le quo­ti­dien Le Monde, que nous avons regar­dés ensemble. Et tu en pro­fites pour effec­tuer un grand écart entre deux époques, deux lieux, deux rap­ports au monde : les cathé­drales et les cen­trales nucléaires… Des expli­ca­tions s’imposent.

John Mac­Gre­gor : Je n’aurais pu faire les mêmes obser­va­tions aux États-Unis ! En tout cas pas à par­tir de la télé. Sous ses cou­verts multi-ethniques, l’empire état­su­nien est tota­le­ment eth­no­cen­tré sur lui-même, si je peux me per­mettre ce pléo­nasme… J’ai été sub­ju­gué par Arte, chaîne inima­gi­nable outre-Atlantique : ce mélange osé de cultures, alle­mande et fran­çaise, et aussi, il est vrai, cette pro­pen­sion à atteindre le fameux « point God­win » avec ses sujets très récur­rents autour du nazisme, de l’Occupation, de la ques­tion juive. Deux soi­rées m’ont par­ti­cu­liè­re­ment étonné par le pont qu’elles ont per­mis entre deux stades de nos civi­li­sa­tions au sens large. Je veux par­ler de la soi­rée du samedi 23 (avril) avec ce film excep­tion­nel, « Les Cathé­drales dévoi­lées »*. J’y ai appris plein de choses sur la construc­tion, les maté­riaux, l’architecture et les pro­blèmes ren­con­trés il y a huit siècles pour édi­fier de tels chefs d’œuvre ! Et trois jours après, à la même heure, la même chaîne dif­fu­sait « Tcher­no­byl fore­ver »** ques­tion­nant de manière pro­fonde l’avenir du nucléaire à tra­vers ses enjeux post-catastrophes. Huit siècles, dira-t-on un peu vite, de « civi­li­sa­tion » ; à condi­tion tou­te­fois d’exclure toute vision de conti­nuité, voire d’évolutionnisme.

 

« Comme la défaite d’une idée de la Beauté…

 

… au pro­fit, si on ose dire, de la Dis­grâce absolue »

• Certes, ces siècles ont été des plus chao­tiques. Mais il s’agit tout de même de « notre » civi­li­sa­tion, enfin celle dont nous sommes les héritiers…

– Oui ! Il y eut bien les cathé­drales et, plus ou moins en même temps, les guerres de reli­gion, la « sainte inqui­si­tion », toutes sortes de mas­sacres pré­cé­dant les guerres tech­niques, je veux dire à tech­ni­cité spé­ci­fique, celles des armes effi­caces jus­ti­fiant ce que par la suite et bien­tôt on nom­mera le pro­grès. Car les guerres ont pré­cédé les « paci­fi­ca­tions » – par défi­ni­tion, on ne peut faire la paix qu’après la guerre. De même qu’on impose l’atome « civil » après avoir décidé d’abord de sa ver­sion mili­taire : la bombe a pré­cédé et annoncé les cen­trales, aux États-Unis d’abord, puis notam­ment en France quand De Gaulle a opté pour l’arme ato­mique comme gage d’indépendance. De Gaulle voyait dans la bombe ato­mique un ins­tru­ment de dis­sua­sion au ser­vice de la paix. C’était juste à une époque où seuls quelques rares pays – quatre ou cinq –  pos­sé­daient de tels arme­ments. Depuis, la matière nucléaire s’est presque bana­li­sée, à l’image de l’industrie  nucléaire civile. Elle est deve­nue un objet de dis­sé­mi­na­tion et repré­sente ainsi un dan­ger phé­no­mé­nal dans ce champ nou­veau qu’est aujourd’hui le « grand ter­ro­risme » par lequel la notion de guerre s’est ainsi dépla­cée. La guerre, rap­pe­lons les fon­da­men­taux, consti­tue à l’origine le moyen d’instaurer des domi­na­tions d’un groupe sur un autre et de faire main basse sur les biens de l’« ennemi » en annexant son ter­ri­toire, sa main d’œuvre, sa force de pro­duc­tion, de repro­duc­tion aussi et bien sûr de consom­ma­tion – en un mot ses richesses, ou ce qu’on appelle l’économie. L’économie, du grec oikos, la « mai­son » dont on a fait une science d’allure paci­fique, alors qu’elle pour­suit cette guerre ances­trale de domi­na­tion ou, éga­le­ment, de riva­li­tés – affron­te­ments dans le but de s’approprier la rive de l’autre, l’ennemi. La « science de la mai­son », c’est la manière pro­prette de pro­lon­ger les guerres – on parle bien, d’ailleurs et sans se gêner, de guerre éco­no­mique.

 

• Mieux vaut quand même ces guerres éco­no­miques que les ter­ribles massacres…

– Mieux vaut aussi un match de foot qu’une émeute… Mais on peut aussi avoir les deux… ce qui qui se pro­duit par­fois d’ailleurs. Je pour­suis mon idée : ce que j’appelle le grand ter­ro­risme a changé la donne en ce sens notam­ment que son but guer­rier n’est plus de domi­ner sur le plan éco­no­mique, mais d’affaiblir l’ennemi au point même de l’anéantir par la vio­lence – but suprême ! – selon des moyens incon­nus jusque là, alliant à la fois tech­no­lo­gie de base et fana­tisme politico-religieux. Les atten­tats du 11 sep­tembre en sont la « quin­tes­sence »… Les reli­gions ont toutes, peu ou prou dans l’Histoire, été ten­tées par ce genre d’extrémisme, ce néga­tion­nisme niant l’altérité consi­dé­rée comme héré­tique. En ce moment, ce sont les isla­mistes qui portent ce fana­tisme à son plus haut point, consé­quence d’une déses­pé­rance economico-politique et expres­sion de la mar­ty­ro­lo­gie reli­gieuse qui glo­ri­fie les attentats-suicides contre les­quels il n’est guère vrai­ment de parades. Telle est la nou­velle guerre aujourd’hui, qui pour­rait trans­po­ser dans la « rou­tine » ter­ro­riste les bombes d’Hiroshima et Nagasaki.

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Japon. L’apocalypse-bidon « vécue » en chambre par le « grand reporter » du Nouvel Obs

Grand repor­ter ou pas, « Albert-Londres » ou non, Nouvel-Obs ou Mon cul sur la com­mode : du pipeau ! Les faits :  le Nou­vel Obser­va­teur du 17 mars publie neuf pages de des­crip­tion apo­ca­lyp­tique et de témoi­gnages dou­lou­reux sur la catas­trophe japo­naise, signées du grand repor­ter Jean-Paul Mari. L’article a été entiè­re­ment écrit à Paris, à par­tir de témoi­gnages et de des­crip­tions parus ailleurs dans la presse sans qu’aucune source ne soit men­tion­née. C’est ce que révèle l’hebdo Les Inrocks dans sa livrai­son du 29/3 sous le titre « Nou­vel Obs: 5 astuces pour écrire un repor­tage au Japon depuis Paris ».

 

 

Camille Pol­loni décor­tique la manip” et pousse même la confra­ter­nité jusqu’à cui­si­ner le bidon­neur. Jean-Paul Mari invoque quelques expli­ca­tions « tech­niques » («  C’est un pro­blème de temps, j’ai écrit dans l’urgence. Si j’avais une jour­née de plus pour le réécrire, je met­trais la source de ces témoi­gnages. »»), même pas des excuses (vaut mieux pas d’ailleurs), pour se plan­quer en fait der­rière un piteux paravent : le Nou­vel Obser­va­teur n’a pas apposé la men­tion « envoyé spé­cial », il ne pré­tend donc pas que son jour­na­liste se trou­vait au Japon. De même est-il sti­pulé « récit » et non « repor­tage ». Ouais… D’où vient alors cet art filou du « on s’y croi­rait » ? Du fait que rien n’est faux, tout étant pompé chez les « confrères » de Libé, du Pari­sien, du Guar­dian et autres sources internétées.

 

Le tout est réussi dans le genre, entre récit de fiction-vérité et effets de plume limite cli­che­tons. Échan­tillon : «  Le temps s’est arrêté. Plus d’heure, plus d’avant, plus d’après. Pas encore l’apocalypse. Tout est sus­pendu. Le ciel est froid, clair, enso­leillé. Dans la baie, les bateaux se balancent sur une mer d’hiver. Sur la côte, en face, un port de pêche, des toits bleus, des han­gars. Sur la rive proche, des mai­sons, des par­kings, des voi­tures, un poteau de signa­li­sa­tion, un nom, celui de la ville, moderne : Miyako. Et puis là, à quelques mètres du rivage, une ligne bour­sou­flée, comme un bour­re­let, quelque chose d’incompréhensible. On dirait un ser­pent géant, lourd, obs­cur, qui roule des écailles mons­trueuses. Une vague.

 

Allez donc voir direc­te­ment la chose sur le site des Inrocks, c’est une belle dénon­cia­tion de ce mal ram­pant qui imprègne le « jour­na­lisme » moderne, consacre le jour­na­liste assis comme le pro­to­type d’une fin d’un monde celui où la seule ligne pour un jour­na­liste [était] « la ligne de che­min de fer ». Paroles fameuses dont Albert Londres avait fait son credo – avec lequel, à l’occasion, il eut lui aussi bien pris ses aises pour arran­ger les faits à sa convenance…

 

Tiens, avec toutes ces pho­tos « HD », ces films en abon­dance, si je m’offrais un Grand repor­tage à Fuku­shima même, avec sur­vol de la cen­trale à l’agonie, paroles radieuses du pilote de mon héli­co­ptère, témoi­gnage « exclu­sif » d’un liqui­da­teur héroïque, tranche de vie des pêcheurs de Sen­daï, et cae­tera. J’ai déjà le titre : « J’ai sur­vécu à la fin du monde ». Est-ce là l’avenir rayon­nant du futur Nou­veau journalisme ?


Le Monde et WikiLeaks. Info ou bruits de chiottes ?

Comme d’autres quo­ti­diens occi­den­taux, Le Monde fait ses gorges chaudes des « révé­la­tions » de Wiki­Leaks… Bof, ce n’est même pas du « gorge pro­fonde » de l’époque Water­gate. Jusqu’à main­te­nant, on n’apprend rien de ces perles « secrètes », sinon des can­ca­nages entre langues de putes et autres petits-grands rap­por­teurs diplo­ma­tiques. Et que je te dégoise sur l’un-l’autre et réci­pro­que­ment. Rien qu’on ne sache d’instinct, qui ne soit lisible dans les actes et sur les tronches mêmes de ces diri­geants somme toute maîtres ès faux-culs, un savoir-faire sans lequel on ne sau­rait péné­trer les arcanes du pouvoir.

Que Le Monde s’en amuse avec sérieux, voilà qui dit bien le rape­tis­se­ment du jour­na­lisme jadis « de réfé­rence ».  Qu’il en fasse son feuille­ton de l’hiver, serait-ce pour diver­tir et repo­ser ses lec­teurs des  affaires en rafales qui secouent la société fran­çaise – pour ne par­ler que de celle-là ? Quant à rap­por­ter sous cou­vert d’information des ragots de cou­loirs – même d’ambassades –, n’est-ce pas les confondre avec des bruits de chiottes ?


L’honneur des journalistes. Ce « deuil des convictions » porté à la boutonnière

L’ordre napo­léo­nien de la Légion d’honneur reste tou­jours… à l’honneur. Il peut s’avérer riche d’enseignements d’aller consul­ter les listes pério­diques des pro­mus. Et, par exemple, se ras­su­rer en consta­tant qu’on ne fait pas par­tie du lot. Ou en se délec­tant de ce mot de Jules Renard dans son Jour­nal : « En France, le deuil des convic­tions se porte en rouge et à la bou­ton­nière. » Liste copieuse à l’appui, Acri­med a reco­pié les noms de la caté­go­rie « Légion d’honneur et Ordre du Mérite pour jour­na­listes et diri­geants de médias », et cela de 2005 à cette année, der­nier cru du 14-juillet. On com­prend  mieux, « en direct », tout l’intérêt des monarques à s’allier les médias et leurs ser­vants. Ainsi gros­sit, en ses vagues suc­ces­sives, l’obèse répu­blique des élites et des émules, des copains et des coquins.

Ouvrez le ban ! :

I. Légion d’honneur

- Décret du 2 avril 2010 :
Au grade de com­man­deur
– Phil­lipe Labro, offi­cier du 8 jan­vier 2002, écri­vain, jour­na­liste
Au grade d’officier
– Anne-Marie Cou­derc, che­va­lier du 26 sep­tembre 2000, ex-directrice géné­rale du groupe Hachette Fili­pac­chi, aujourd’hui direc­trice délé­guée de Lagar­dère Active.
– Jean Ama­dou, chan­son­nier, pro­duc­teur, ani­ma­teur d’émissions.
– Mireille Dumas, pro­duc­trice et pré­sen­ta­trice.
– Denise Fabre, ancienne pré­sen­ta­trice d’émissions télé­vi­sées.
– Odile Got­lieb, Che­va­lier du 28 octobre 2001, édi­trice, pré­si­dente des Édi­tions Odile Jacob.
Au grade de che­va­lier
– Domi­nique Durand, jour­na­liste, rédac­teur en chef de revues scien­ti­fiques, pré­sident de l’Association fran­çaise Buchenwald-Dora et Kom­man­dos.
- Décret du 31 décembre 2009 :
Au grade de com­man­deur
– Edmonde Charles-Roux, Offi­cier du 1er avril 2003, écri­vaine, pré­si­dente de l’Académie Gon­court, ancienne jour­na­liste à Elle, ancienne rédac­trice en chef de l’édition fran­çaise de Vogue.
– Jean-Claude Narcy, Offi­cier du 9 juillet 2002, jour­na­liste, ancien pré­sen­ta­teur du jour­nal télé­visé.
Au grade d’officier
– Jean-Luc Hees, Che­va­lier du 29 novembre 2001, pré­sident du groupe Radio-France.
Au grade de che­va­lier
– Axel Duroux, jour­na­liste, ex-président du direc­toire du groupe RTL entre 2005 et 2009, direc­teur géné­ral de TF1 (2009)
– Régis Fau­con, ancien jour­na­liste à FR3, TF1, aujourd’hui jour­na­liste indé­pen­dant.
– Alexan­dra d’Arnoux, jour­na­liste.
– Danièla Lum­broso, pro­duc­trice de télé­vi­sion, jour­na­liste et pré­sen­ta­trice.
– Syl­vie Ody, jour­na­liste.
– Thé­rèse Torre, pro­duc­trice d’émissions télé­vi­sées.
– Jean-Pierre Vignolle, direc­teur géné­ral de l’Agence France-Presse.
- Décret du 14 juillet 2009 :
Au grade de che­va­lier
– Denise Ammoun, jour­na­liste, écri­vaine (Égypte).
– Jean Ayzac, jour­na­liste, ancien vice-président d’un conseil géné­ral.
– Gene­viève Bri­sac, édi­trice, écri­vaine.
– Alain Elkann, jour­na­liste, conseiller spé­cial du ministre ita­lien de la Culture.
– Charles Ender­lin, jour­na­liste, chef du bureau d’une chaîne de télé­vi­sion à Jéru­sa­lem.
– Marie-Claire de La Gran­dière, jour­na­liste, direc­trice de la rédac­tion d’un maga­zine et écri­vaine.
– Patrick Fores­tier, jour­na­liste, écri­vain
– Rug­gero De Pas, jour­na­liste, pré­sident du centre d’accueil de la presse étran­gère à Paris.
– Didier Pillet, jour­na­liste
Au grade d’officier
– Antoine Sfeir, écri­vain, jour­na­liste, direc­teur des Cahiers de l’Orient.
– Phi­lippe Tes­son, jour­na­liste.
– Phi­lippe Vas­seur, « ancien ministre, pré­sident d’une fédé­ra­tion d’entreprises », dixit le décret. Mais M. Vas­seur est un ancien jour­na­liste éco­no­mique de TF1, des Echos, du Figaro, pré­sident de l’Ecole Supé­rieure de Jour­na­lisme de Lille depuis sep­tembre 2008.
- Décret du 10 avril 2009 :
Au grade de che­va­lier
– Emile Picy, jour­na­liste par­le­men­taire.
– Henri Pigeat, pré­sident du conseil d’administration du Centre de for­ma­tion des jour­na­listes.
– Hélène Piro­non, jour­na­liste.
– Emma­nuel Hoog, ex-président-directeur-général de l’Institut Natio­nal de l’Audiovisuel, pré­sident de l’agence France-Presse.
– Didier Quillot, pré­sident de Lagar­dère Active.
- Décret du 31 décembre 2008 :
Au grade de che­va­lier
– Marie Holz­man, écri­vaine, jour­na­liste, pré­si­dente de l’association Soli­da­rité Chine.
– Caro­line Sinz-Deleau, jour­na­liste, grand repor­ter au ser­vice « Enquêtes et repor­tages » de France 3.
Au grade d’officier
– Didier Fran­çois, sous-directeur de l’édition, de la pro­duc­tion et de l’information à la Direc­tion des Jour­naux offi­ciels.
– Marie-Claude Bros­sol­let, Che­va­lier du 16 novembre 1998, président-directeur géné­ral des édi­tions Belin.
- Décret du 13 juillet 2008 :
Au grade de com­man­deur
– Joseph Crampes, dit Jacques Chan­cel, jour­na­liste, écri­vain, admi­nis­tra­teur du groupe Canal+.
Au grade de che­va­lier
– Ruth Elkrief, jour­na­liste, pré­sen­ta­trice.
– Michèle Leloup, jour­na­liste spé­cia­li­sée « Archi­tec­ture » à L’Express.
– Phi­lippe Rein­hard, jour­na­liste (Le Télé­gramme de Brest, L’Éclair des Pyré­nées…), écri­vain.
– Héloise Lefevre d’Ormesson, écri­vain, édi­trice (édi­tions Héloise d’Ormesson).
- Décret du 21 mars 2008 :
Au grade de com­man­deur
– Jean-René Four­tou, Offi­cier du 14 avril 1997, pré­sident du conseil de sur­veillance du groupe Vivendi.
– Patrick Le Lay, Offi­cier du 27 février 2003, ancien pré­sident du conseil d’administration de TF1.
– Eliane Vic­tor, Offi­cier du 28 mars 1991, écri­vaine, ancienne jour­na­liste à Elle, pro­duc­trice de l’émission « Quo­ti­dien­ne­ment vôtre » sur TF1.
Au grade d’officier
– Rémy Saut­ter, Che­va­lier du 9 mars 1993, président-directeur-général du groupe RTL.
– Hervé Cha­ba­lier, Che­va­lier du 20 juin 1996, ani­ma­teur, jour­na­liste, pro­duc­teur.
– Eve Rug­gieri, Che­va­lier du 25 octobre 1990, pro­duc­trice, pré­sen­ta­trice.
– John Vino­cur, édi­to­ria­liste de l’International Herald Tri­bune.
– Robert Menard, jour­na­liste, ex-secrétaire géné­ral de Repor­ters Sans Fron­tières.
Au grade de che­va­lier
– Yves Mes­sa­ro­vitch, ancien jour­na­liste rédac­teur en chef au Figaro, ancien direc­teur du groupe Expan­sion, ancien jour­na­liste à L’Express.
- Décret du 30 jan­vier 2008 :
Au grade de che­va­lier
– Jean Guillard, jour­na­liste hono­raire.
– Carole Bel­le­mare, jour­na­liste, chef de ser­vice dans un quo­ti­dien (Le figaro éco­no­mie).
– Chan­tal Doumic-Nerot, ancienne jour­na­liste
– Marie-Louise Schaef­fer, jour­na­liste, grand repor­ter
Au grade d’officier
– Arlette de Beu­ve­rand de la Loyère, direc­trice de rédac­tion dans un groupe de presse.
Au grade de che­va­lier
– Cathe­rine Cey­lac, pro­duc­trice et ani­ma­trice de télé­vi­sion sur France 2.
– Isa­belle Dor, jour­na­liste.
– Patri­cia Mar­tin, jour­na­liste, ani­ma­trice d’émissions radio­pho­niques sur France Inter.
- Décret du 13 juillet 2007 :
Au grade de Com­man­deur
– Jean Lacou­ture, jour­na­liste, écri­vain. Offi­cier du 8 février 1993.
Au grade de che­va­lier
– Patrick Buis­son, ancien jour­na­liste, direc­teur géné­ral de la chaine His­toire.
– Fran­çois Gault, jour­na­liste, cor­res­pon­dant per­ma­nent de Radio France en Pologne.
– Elise Lucet, jour­na­liste, pré­sen­ta­trice du jour­nal de 13h (France 2).
– Eric Revel, jour­na­liste éco­no­mique.
– Daniel Ron­deau, écri­vain, jour­na­liste.
- Décret du 6 avril 2007 :
Au grade de che­va­lier
– Véro­nique Saint Olive, née Mis­soffe, jour­na­liste (France 2). A l’époque, Arrêt sur images était revenu sur sa nomi­na­tion.
– Henri Tincq, jour­na­liste spé­cia­lisé dans les affaires reli­gieuses à La Croix, puis au Monde.
– Patrick Lamm, jour­na­liste éco­no­mique, rédac­teur en chef (Les Echos).
– Chris­tian Brin­court, jour­na­liste, grand repor­ter à Paris Match.
– Phi­lippe Goul­liaud, jour­na­liste poli­tique au Figaro.
– Jean-Paul Pigasse, jour­na­liste.
- Décret du 31 décembre 2006 :
Au grade de che­va­lier
– Isa­belle Dath, jour­na­liste à RTL.
– Anita Haus­ser, écri­vaine, jour­na­liste, ancienne chef du ser­vice poli­tique de LCI, rédac­trice en chef adjointe du ser­vice poli­tique du quo­ti­dien Le Soir.
– Armelle Héliot, jour­na­liste, grand repor­ter puis rédac­trice en chef du ser­vice culture du Figaro.
– Syl­vie Pierre-Brossolette, jour­na­liste, rédac­trice en chef du ser­vice de poli­tique inté­rieure de l’hebdomadaire Le Point.
– Randa Takied­dine, jour­na­liste, chef du bureau de Dar Al Hayat à Paris.
– Gérard Klein, comé­dien, ani­ma­teur d’émissions télé­vi­sées.
– Eli­sa­beth Ker­var­rec, jour­na­liste pour « Fran­çais du Monde » et secré­taire géné­rale de l’Association Démo­cra­tique des Fran­çais à l’Etranger.
– Fran­çois Lubrina, méde­cin vété­ri­naire, jour­na­liste (Canada).
Au grade d’officier
– Thierry Des­jar­dins, Che­va­lier du 19 août 1997, jour­na­liste au Figaro.
– Jean-Pierre Elkab­bach, Che­va­lier du 10 décembre 1998, jour­na­liste à Europe 1.
- Décret du 13 juillet 2006 :
Au grade d’officier
– Alain Duples­sis de Pou­zil­hac, pré­sident du direc­toire de la chaîne d’information France 24, PDG de la Société de l’Audiovisuel Exté­rieur de la France (SAEF).
– Marianne Berard-Quelin, présidente-directrice-générale de la Société Géné­rale de Presse.
Au grade de che­va­lier
– Jean-Jacques Bour­din, journaliste-rédacteur en chef de RMC info, ani­ma­teur.
– Ladis­las de Hoyos, ancien jour­na­liste pour TF1 puis France 2 et France Inter.
– Patrick Fau­con­nier, grand repor­ter, fon­da­teur du maga­zine Chal­lenges, jour­na­liste au Nou­vel Obser­va­teur.
– Henri Lau­ret, jour­na­liste, chro­ni­queur et édi­to­ria­liste à France Info, direc­teur géné­ral et codi­rec­teur de la rédac­tion de France Soir.
– Fré­dé­ric Fer­ney, écri­vain, jour­na­liste et cri­tique au Point.
– Renaud Le Van Kim, pro­duc­teur de télé­vi­sion, patron de KM pro­duc­tions et conseiller à TF1.
– William Ley­mer­gie, pro­duc­teur, pré­sen­ta­teur.
– Jacques Lou­vet, pré­sident de la Fédé­ra­tion natio­nale de la presse spé­cia­li­sée.
– Pierre Fulla, jour­na­liste spor­tif.
- Décret du 31 décembre 2005 :
Au grade d’officier
– Jean-Pierre Caillard, Che­va­lier du 17 sep­tembre 1994, ancien jour­na­liste et direc­teur de la publi­ca­tion du quo­ti­dien La Mon­tagne, président-directeur géné­ral de la chaîne de télé­vi­sion Cler­mont Pre­mière, Pré­sident du grou­pe­ment des grands régio­naux.
– Michèle Cotta, Che­va­lier du 10 juin 1996, jour­na­liste, ancienne pré­si­dente de Radio-France, ancienne direc­trice de l’information à TF1.
– Robert Namias, Che­va­lier du 19 novembre 1997, jour­na­liste, ancien repor­ter à RTL, ancien chro­ni­queur à Europe 1, ancien direc­teur de la rédac­tion de TF1, édi­to­ria­liste sur la chaîne d’information I-télé.
Au grade de che­va­lier
– Fran­çoise Laborde, jour­na­liste, ancienne rédac­trice en chef adjointe de TF1, ancienne pré­sen­ta­trice des JT du week-end sur France 2, nom­mée au Conseil Supé­rieur de l’Audiovisuel par Nico­las Sar­kozy en jan­vier 2009.
– Vic­tor Malka, ani­ma­teur sur France Culture.
– Jean-Manuel Bour­gois, direc­teur géné­ral d’une mai­son d’édition.
– Isa­belle Gal­li­mard, présidente-directrice géné­rale de la mai­son d’édition Gal­li­mard.
– Antoine Schwarz, pré­sident de la chaîne radio­pho­nique RFI.
– Marc Tes­sier, ancien pré­sident de France Télé­vi­sion (1999–2005).
- Décret du 14 juillet 2005 :
Au grade de Com­man­deur
– Pierre Weill, ancien PDG de la Sofres, pré­sident de Weill Conseil et du comité stra­té­gique de TNS Sofres.
Au grade d’officier
– Michel Bou­ti­nard Rouelle, admi­nis­tra­teur d’Havas, ancien pré­sident d’Havas Media Com­mu­ni­ca­tion et ancien PDG d’Avenir Havas Media SA.
– Albert Mal­let, ancien pré­sident de Radio Sha­lom.
– Jean-François Revel, écri­vain, membre de l’Académie fran­çaise, édi­to­ria­liste au Point.
Au grade de che­va­lier
– Daniel Bou­det, pré­sident de la mis­sion sur la télé­vi­sion numé­rique ter­restre.
– Louis-François Caillaud, direc­teur dépar­te­men­tal de La Nou­velle Répu­blique.
– Ber­nard Lecomte, direc­teur de col­lec­tion aux édi­tions Jean-Claude Lat­tès, ancien jour­na­liste (La Croix, L’Express…), écri­vain.
– Oli­vier Poivre, dit Poivre d’Arvor, écri­vain
– Viviane Rebes­chini, rédac­trice en chef
– Domi­nique War­lu­zel, avo­cat, concep­teur et pro­duc­teur de maga­zines télé.
– Henri Made­lin, ancien rédac­teur en chef de la revue Etudes.
– Daniel Bila­lian, jour­na­liste, direc­teur des sports de France Télé­vi­sions.
– Laure Adler, ancienne direc­trice de France Culture, écri­vain.
– Jean-Jacques Gabut, ancien direc­teur au groupe Le Pro­grès.
– Ber­trand Méheut, PDG de Canal Plus.
– Richard Ducous­set, vice-président d’Albin Michel, gérant de Canal Plus Edi­tions et des édi­tions Filipacchi-Albin Michel.
– Nico­las Duha­mel, direc­teur géné­ral délé­gué de La Poste, ancien direc­teur géné­ral adjoint d’Havas, ancien direc­teur géné­ral de l’Office d’annonces (ODA).
– Ber­trand Fabre, direc­teur de la rédac­tion du Moni­teur des tra­vaux publics et du bâti­ment, direc­teur des rédac­tions du groupe Le Moni­teur.
– Fabrice Larue, pré­sident de la Finan­cière Fabrice Larue, pré­sident de Datem (ex-Presse Infor­ma­tique), ancien PDG du Groupe Des­fos­sés Inter­na­tio­nal SA.

II. Ordre Natio­nal du Mérite

- Décret du 15 mai 2010 :
Au grade d’officier
– Gabriel Milési, gérant de société, jour­na­liste éco­no­mique. Che­va­lier du 10 mars 1988.
– Fabienne Servan-Schreiber (épouse Weber), présidente-directrice géné­rale d’une société de pro­duc­tion audio­vi­suelle. Che­va­lier du 31 mars 2000.
Au grade de che­va­lier
– Béa­trice Garette (née Dabet), direc­trice géné­rale de (Sipa-presse).
– Sofia Ben­gana, direc­trice géné­rale de presse numé­rique dans une société (Groupe Le Figaro)
– Henri Néron, jour­na­liste (Guyane).
– Jacques Jublin, rédac­teur en chef d’I-télé.
– Frédérick-Louis Bou­lay, jour­na­liste, direc­teur des pro­grammes de TV5.
– Charles-Henry Dubail, direc­teur de publi­ca­tion.
– Pas­cale Marie (épouse Boun­four), direc­trice d’un syn­di­cat de presse.
– Cathe­rine Nayl (épouse Per­rot), jour­na­liste, direc­trice de la rédac­tion de TF1.
– Noël Quidu-Tronscorff, grand repor­ter, pho­to­graphe.
– Chris­tine Kelly (née Tigif­fon), jour­na­liste, membre du CSA.
- Décret du 13 novembre 2009 :
Au grade de com­man­deur
– Jacques Oure­vitch, Offi­cier du 13 avril 1988, ancien jour­na­liste à Europe 1.
Au grade d’officier
– Patrick Poivre d’Arvor, Che­va­lier du 17 jan­vier 2001, écri­vain, jour­na­liste, pré­sen­ta­teur.
– Robert Wer­ner, jour­na­liste, ancien rédac­teur en chef de l’Unité Patri­moine à TF1, ancien chro­ni­queur sur Radio France.
Au grade de che­va­lier
– Jean-Pierre Caf­fin, direc­teur géné­ral du groupe Prisma-Presse.
– Eva Bet­tan, jour­na­liste.
– Syl­vie Blum, pro­duc­trice audio­vi­suel et médias, INA.
– Maryse Bru­gière, direc­trice de pro­grammes du Conseil Supé­rieur de l’Audiovisuel.
– Alfred Hidalgo, jour­na­liste, édi­teur, direc­teur du « dépar­te­ment chan­son » chez Fayard.
– Yves Calvi, jour­na­liste, ani­ma­teur et pré­sen­ta­teur.
– Pierre Lepape, jour­na­liste et cri­tique lit­té­raire.
- Décret du 15 mai 2009 :
Au grade de com­man­deur
– Sophie Andrieu, édi­trice. Offi­cier du 30 juin 1995.
– André Tubeuf, pro­duc­teur d’émissions radio­pho­niques.
Au grade de che­va­lier
– Yan­nick Durand de Pré­mo­rel, direc­teur délé­gué d’un groupe de presse, audi­teur à l’Institut des hautes études de défense natio­nale.
– Nilou­far Soyeux du Cas­tel, direc­trice d’un groupe de com­mu­ni­ca­tion.
Au grade d’officier
– Monique Garnier-Lançon, jour­na­liste
– Oli­vier Pognon, jour­na­liste par­le­men­taire. Che­va­lier du 19 juin 2001.
– Paul Wer­mus, jour­na­liste. Che­va­lier du 21 novembre 1995.
– Fran­çoise Attaix, épouse Van­dame, jour­na­liste.
– Caro­line Dequet, direc­trice géné­rale d’une chaîne de télé­vi­sion.
– Cen­drine Domin­guez, jour­na­liste.
– Ber­nard Gick, concepteur-réalisateur d’émissions radio­pho­niques.
– Oli­vier de Lagarde, jour­na­liste.
– Marie-Thérèse Litz­ler, direc­trice régio­nale d’une chaîne de télé­vi­sion.
– Syl­vie Mali­gorne, jour­na­liste.
– Jean Ribet , jour­na­liste.
– Phi­lippe Rous­seau, rédac­teur en chef de quo­ti­diens.
– Daniel Schick, chro­ni­queur, pro­duc­teur et ani­ma­teur de radio et télé­vi­sion.
- Décret du 14 novembre 2008 :
A la dignité de Grand Offi­cier
– Claude Lanz­mann, jour­na­liste, cinéaste.
Au grade de Com­man­deur
– Pierre Dumayet , jour­na­liste. Offi­cier du 21 octobre 1993.
Au grade de che­va­lier
– Andrée Ampi­gny, comé­dienne, jour­na­liste, auteur. conseillère muni­ci­pale du Dia­mant ( Mar­ti­nique ).
– Gene­viève de Cazaux, jour­na­liste, grand repor­ter.
– Jean-Michel Danet, admi­nis­tra­teur natio­nal, direc­teur d’une revue.
– Edouard Maret, jour­na­liste.
– Jean Claude Pons, jour­na­liste en Poly­né­sie fran­çaise.
– Béa­trice Tau­pin, jour­na­liste spé­cia­li­sée en éco­no­mie.
– Marie-Hélène Loaëc, rédac­trice en chef d’un heb­do­ma­daire spé­cia­lisé
- Décret du 16 mai 2008 :
Au grade d’officier
– Fran­çois Biessy, jour­na­liste repor­ter d’images. Che­va­lier du 23 avril 1988.
Au grade de che­va­lier
– Ghis­laine Chenu, jour­na­liste et pro­duc­trice d’Envoyé Spé­cial sur France 2.
– Valé­rie Expert, rédac­trice en chef d’une chaîne de télé­vi­sion.
– Phil­lipe Levrier, pré­sident d’un grou­pe­ment audio­vi­suel.
– Maryse Bur­got, jour­na­liste (France 2).
– Gérard Ernault, direc­teur de rédac­tion de France Foot­ball.
– Chris­tophe Hon­de­latte, jour­na­liste (France 2, RTL).
– Hugues Huet, grand repor­ter.
– Xavier Lam­bert, direc­teur de RFO.
– Marie-Christine Meyer, direc­trice adjointe de France Inter.
– Fré­dé­ric Mou­nier, jour­na­liste (La Croix).
– Domi­nique Qui­nio, direc­trice de La Croix.
– Natha­lie de Senneville-Leenhardt, rédac­trice en chef de Réforme.
– Cyril Viguier, pro­duc­teur de télé­vi­sion.
– Marthe Vial­le­font (née Por­ta­lier), ancienne ani­ma­trice, jour­na­liste (L’Auvergnat de Paris).
– Syl­vie Le Cal­vez (née Fou­cher), jour­na­liste (Ouest-France), pré­si­dente d’un col­lec­tif de pro­tec­tion de la nature.
– Jean-Paul Cha­pel, jour­na­liste (France 2).
– Cathe­rine Cha­ti­gnoux, jour­na­liste (Les Echos).
– Béa­trice Had­jaje, jour­na­liste au ser­vice « étran­ger » de RTL.
- Décret du 30 jan­vier 2008 :
Au grade de com­man­deur
– Claude Imbert, direc­teur d’un heb­do­ma­daire.
Au grade de che­va­lier
– Manuel Bur­rus, écri­vain, jour­na­liste, cri­tique lit­té­raire.
– Constance Ponia­towski, jour­na­liste, membre de l’Observatoire de la parité.
– Hoda Bara­kat, jour­na­liste, écri­vaine.
– Michel Camino, secré­taire géné­ral d’une société de presse.
– Claude Hem­mer, direc­teur de sta­tions radio­pho­niques.
– Mar­tine Vas­let, épouse Paris, direc­trice des res­sources humaines de RFI.
– Anne Wicker (née Schmitt), jour­na­liste, direc­trice de la rédac­tion d’un maga­zine.
- Décret du 7 mai 2007 :
Au grade d’Officier
– Jean-Charles Blon­del, jour­na­liste, écri­vain. Che­va­lier du 21 décembre 1998.
– Jacques Pes­sis, jour­na­liste, écri­vain, pro­duc­teur et réa­li­sa­teur. Che­va­lier du 8 novembre 1995.
– Raoul Tour­rette, ancien jour­na­liste, membre actif d’associations et confé­ren­cier.
Au grade de Che­va­lier
– Mat­thieu Aron, rédac­teur en chef dans une sta­tion radio­pho­nique.
– Marie-Pierre Bou­li­gaud, direc­trice géné­rale et rédac­trice en chef d’un heb­do­ma­daire.
– Patrice Costa, jour­na­liste et consul­tant sur l’environnement.
– Patrick Charles, jour­na­liste.
– Odile Meu­vret, ancienne jour­na­liste.
– Pas­cal Pin­ning, rédac­teur en chef, res­pon­sable du ser­vice évé­ne­ments d’une chaîne de télé­vi­sion.
–Fre­de­ric Richard, ani­ma­teur d’émissions télé­vi­sées.
– Gene­viève Galey, jour­na­liste, rédac­trice en chef d’un jour­nal télé­visé.
- Décret du 14 novembre 2006 :
Au grade d’Officier
– Claude Dufresne, jour­na­liste, écri­vain
– Cathe­rine Nay, jour­na­liste, direc­trice adjointe de la rédac­tion d’une chaîne radio­pho­nique
– Alexandre Adler, jour­na­liste, uni­ver­si­taire
Au grade de che­va­lier
– Fran­çoise Nys­sen, édi­trice
– Fran­çois Bachy, jour­na­liste, Direc­teur adjoint de l’information, en charge du pôle poli­tique sur TF1.
– Guy Del­court, édi­teur.
– Pierre Louty ( Pierre, Léo­nard ), édi­teur, écri­vain.
– Moha­med Meb­toul, réa­li­sa­teur de télé­vi­sion.
– Fre­de­ric Morel, direc­teur géné­ral d’une mai­son d’édition.
– Didier Pillet, jour­na­liste.
– Chris­tian Vion, direc­teur géné­ral d’une chaîne télé­vi­sée.
- Décret du 15 mai 2006 :
Au grade de com­man­deur
– Phi­lippe Labro, Offi­cier du 18 novembre 1992, jour­na­liste, écri­vain.
– André Brin­court, jour­na­liste, écri­vain.
Au grade de che­va­lier
– Thierry d’Athis, ancien jour­na­liste et vice-président d’une asso­cia­tion pro­fes­sion­nelle de jour­na­listes de l’aéronautique et de l’espace.
– Jacques Esnous, direc­teur de l’information d’une chaîne radio­pho­nique.
– Jean louis Beau­car­not, jour­na­liste, écri­vain.
– Oli­vier Bétourné, édi­teur.
– Patrice Cave­lier, secré­taire géné­ral à la pré­si­dence d’une chaîne radio­pho­nique.
– Domi­nique Jameux, pro­duc­teur d’émissions radio­pho­niques.
– Jean-Luc Mano, jour­na­liste, écri­vain.
– Denis Maraval-Hutin, édi­teur.
– Muriel Rosé, direc­trice des uni­tés maga­zines et docu­men­taires d’une chaîne de télé­vi­sion.
– Pierre Taille­fer, direc­teur de l’information d’une agence de presse.
- Décret du 14 novembre 2005 :
Au grade de Com­man­deur
– Jean Narcy, jour­na­liste, pré­sen­ta­teur de télé­vi­sion. Offi­cier du 18 décembre 1997.
Au grade de Che­va­lier
– Jean-Yves Vif, jour­na­liste
– Pas­cale Kufus, jour­na­liste ( Alle­magne )
– Pierre Com­bes­cot, écri­vain, jour­na­liste
– Gilles Cos­taz, jour­na­liste, écri­vain, auteur
– Denise Epote, jour­na­liste, res­pon­sable d’une chaîne télé­vi­sée
– Rémi Le Goff, jour­na­liste, grand repor­ter en Nouvelle-Calédonie

C’est long, hein ? Bien plus que la liste des « refuz­niks », que voici. Gloire à eux !

Refus de la décoration

liste publiée par Wiki­pe­dia

* Le curé d’Ars, saint Jean-Marie Vian­ney, reçut la croix de che­va­lier de la Légion d’honneur en 1855, à son insu : la demande en avait été faite par le sous-préfet de Tré­voux et le pré­fet de l’Ain. Il la refusa au motif que la croix ne rap­por­te­rait pas d’argent pour les pauvres. Mal­gré ce refus, la chan­cel­le­rie de la Légion d’honneur lui envoya la croix sans deman­der l’argent. En défi­ni­tive, il ne la porta jamais mais elle fut posée sur son cer­cueil.
* Jean Vic­tor Marie Moreau se moquait de l’institution de la Légion d’honneur. Quelqu’un lui disait qu’on avait des­sein de don­ner la croix, non-seulement à ceux qui se seraient dis­tin­gués par la gloire des armes, encore à ceux qui se seraient fait remar­quer par leur mérite et par leur savoir. Il s’écria : « Eh bien ! Je vais deman­der la croix de com­man­deur de l’ordre pour mon cui­si­nier, car il a un mérite supé­rieur dans l’art de la cui­sine. » (O’Meara.)
* Les col­la­bo­ra­teurs du Canard enchaîné se sont donné depuis tou­jours comme règle de refu­ser les déco­ra­tions, au pre­mier rang des­quelles la Légion d’honneur (Pierre Scize, jour­na­liste, fut ren­voyé du jour­nal en 1933 pour l’avoir accep­tée bien qu’elle lui fut décer­née à titre mili­taire.)
* Ils refu­sèrent la déco­ra­tion : le dra­ma­turge Népo­mu­cène Lemer­cier refu­sant de prê­ter ser­ment à l’Empereur et à sa dynas­tie, La Fayette, le poète Jean-François Ducis (qui pré­fé­rait « por­ter des haillons que des chaînes », Mgr Mau­rice de Bro­glie, Gérard de Ner­val, Nadar, George Sand (qui écri­vit au ministre qui lui pro­po­sait la croix : « Ne faites pas cela cher ami, je ne veux pas avoir l’air d’une vieille can­ti­nière ! »), Honoré Dau­mier (qui déclara : « Je prie le gou­ver­ne­ment de me lais­ser tran­quille ! »), Émile Lit­tré, Gus­tave Cour­bet, Guy de Mau­pas­sant, Mau­rice Ravel (qui refuse immé­dia­te­ment cette dis­tinc­tion, sans don­ner de jus­ti­fi­ca­tion), Pierre et Marie Curie (Pierre, à qui l’on pro­po­sait la croix, rétor­qua sim­ple­ment : « Je n’en vois pas la néces­sité »), Claude Monet, Georges Ber­na­nos, Eugène Le Roy, Jean-Paul Sartre, Simone de Beau­voir, Albert Camus, Antoine Pinay, Bri­gitte Bar­dot (qui est déco­rée en 1985 mais refuse d’aller la cher­cher), Cathe­rine Deneuve, Clau­dia Car­di­nale.
* Hec­tor Ber­lioz, auquel l’État désar­genté vou­lait payer une messe de Requiem avec le ruban rouge au lieu de ver­ser les 3 000 francs pro­mis, s’écria : « Je me fous de votre croix. Donnez-moi mon argent ! ».
* Des poètes anar­chistes comme Jacques Pré­vert, Georges Bras­sens qui en fit une chan­son ou Léo Ferré, qui a bro­cardé « ce ruban mal­heu­reux et rouge comme la honte ».
* Gene­viève de Fon­te­nay, la pré­si­dente du Comité Miss France qu’un séna­teur de Savoie vou­lait pro­po­ser, l’a aussi refu­sée pour des rai­sons inverses : « C’est vrai­ment désa­cra­li­ser le ruban que de le dis­tri­buer à n’importe qui… comme des médailles en cho­co­lat. »
* Dis­tin­gué fin décembre 1997, l’écrivain Ber­nard Cla­vel a fait savoir qu’il refu­sait de rece­voir la Légion d’honneur, pré­fé­rant res­ter « dans le clan de ceux qui l’ont refu­sée ». Il a ajouté que son oncle Charles Cla­vel l’avait reçue parce qu’il avait abon­dam­ment versé son sang pour son pays dans une ter­rible guerre : « Je pense qu’il se retour­ne­rait dans sa tombe en me voyant por­ter le même ruban que lui. » C’est éga­le­ment le cas de Phi­lippe Séguin, dont le père est mort sans la rece­voir.
* En 1949, le minis­tère de l’Éducation natio­nale pro­pose la déco­ra­tion à Mar­cel Aymé. La réponse don­née par l’écrivain est res­tée célèbre. Il ter­mine son article par ces mots : « […] pour ne plus me trou­ver dans le cas d’avoir à refu­ser d’aussi dési­rables faveurs, ce qui me cause néces­sai­re­ment une grande peine, je les prie­rais qu’ils vou­lussent bien, leur Légion d’honneur, se la car­rer dans le train, comme aussi leurs plai­sirs ély­séens. »
* Le sculp­teur résis­tant René Iché, décoré comme che­va­lier pour 1914–1918, refusa la pro­mo­tion d’officier en 1947 esti­mant que cette déco­ra­tion per­dait tout sens s’il la rece­vait en tant qu’artiste ou en tant que résis­tant pion­nier de 1940.
* Cer­taines per­sonnes choi­sissent d’accepter la déco­ra­tion mais refusent de la por­ter, par exemple Jean d’Ormesson, de l’Académie fran­çaise qui décla­rait : « Les hon­neurs, je les méprise, mais je ne déteste pas for­cé­ment ce que je méprise ».
* Erik Satie écrit à pro­pos du refus de la déco­ra­tion par Mau­rice Ravel : « Ravel refuse la Légion d’honneur, mais toute sa musique l’accepte. »
* De même, lorsque Ara­gon la refuse, Jacques Pré­vert, fei­gnant la sévé­rité, lui dit : « C’est très bien de la refu­ser, mais encore faudrait-il ne pas l’avoir méri­tée. »
* Edmond Maire la refusa en décla­rant : « Ce n’est pas à l’État de déci­der ce qui est hono­rable ou pas. »
* Le 16 octobre 2006, le pré­sident de l’organisation d’Éducation supé­rieure turque et ancien rec­teur de l’université Gala­ta­sa­ray, prof. Erdo­gan Teziç, a rendu la Légion d’honneur qu’il avait reçue le 17 sep­tembre 2004 pour pro­tes­ter contre l’adoption de la loi par l’Assemblée natio­nale fran­çaise visant à péna­li­ser la néga­tion du géno­cide armé­nien.
* Le 2 jan­vier 2009, Michèle Audin, mathé­ma­ti­cienne, fille du mathé­ma­ti­cien Mau­rice Audin (1932–1957), refuse le grade de che­va­lier de la Légion d’honneur au motif de l’absence de réponse du pré­sident Sar­kozy à la lettre ouverte envoyée par sa mère deman­dant que soit éclairci le mys­tère de la dis­pa­ri­tion de son mari en Algé­rie et que la France assume sa res­pon­sa­bi­lité.
* Le 5 jan­vier 2009, les jour­na­listes poli­tiques Fran­çoise Fres­soz (Le Monde) et Marie-Eve Malouines (France Info) ont annoncé refu­ser la déco­ra­tion : « Rien, dans mon par­cours pro­fes­sion­nel, ne jus­ti­fie pareille dis­tinc­tion. Je pense en outre que, pour exer­cer libre­ment sa fonc­tion, un jour­na­liste poli­tique doit res­ter à l’écart des hon­neurs. Pour ces rai­sons, je me vois dans l’obligation de refu­ser cette distinction[27]. »
* Jean Kreit­mann, écri­vain évan­gé­liste suisse refusa le titre de che­va­lier de la Légion d’honneur sous la pré­si­dence de Fran­çois Mit­ter­rand.
* Jean Guillou, orga­niste, l’a refusé en juillet 2010 par­lant de la légion d’honneur comme un acces­soire honorifique.


La fin du Monde c’est aussi la fin d’un monde et d’une information plutôt indépendante

Je lis Le Monde depuis que j’ai voulu faire jour­na­liste, dès l’année où j’ai pré­paré le concours à l’École de jour­na­lisme de Lille. Je ne vous dis pas le nombre de lustres, ni le nombre de numé­ros parus depuis. Fau­drait être rude­ment con pour m’apercevoir aujourd’hui de mon erreur… Le Monde reste à mes yeux un bon canard. Le prin­ci­pal du bou­lot étant, il est vrai, celui que je pro­duis à sa lec­ture cri­tique, comme en toutes choses – autant que pos­sible. « Ils » devraient me payer pour ça, et notam­ment pour les « pan­toufles » que j’ai pu leur infli­ger sur ce blog il y a quelques années, dénon­çant leurs tra­vers occa­sion­nels – pas si rares à vrai dire. Je ne revien­drai pas non plus ici sur mes déboires avec leur suc­cur­sale élec­tro­nique qui héber­geait « C’est pour dire », un peu comme la corde sou­tient le pendu… Vive l’indépendance, ô com­bien !

Ne manque plus que la cas­quette Ricard. Ph. gp

Mon pro­pos du jour concerne l’avenir de ce jour­nal dit « de réfé­rence » (en réfé­rence à lui-même, certes) et, par­tant, de ce que j’en per­çois. Car il se trouve que ce jour-même donc, ma char­mante fac­trice au nom d’Aurore m’apporte sa livrai­son mati­nale, plus char­gée que d’ordinaire : tout un assor­ti­ment, un peu à la manière dont jadis les ven­deurs du Tour de France recy­claient à tour de bras les inven­dus de la presse : « Je ne vous en mets pas trois, pas sept, mais dix ainsi qu’un onzième ! ». Le tout pour trois fois rien et, en prime, la cas­quette de l’Équipe ou de chez Ricard. Voilà que me tom­baient des­sus, dans la même bras­sée : Le Monde et son Monde des Livres, mais aussi Le Monde Maga­zine, mais encore cette hor­reur de « M », comme sor­tie de la morgue. A quoi j’ajoute, livrés par une autre malle pos­tale : Télé­rama, Cour­rier inter­na­tio­nal, Le Men­suel, puis la pub pour « les grands clas­siques de la lit­té­ra­ture liber­tine »… N’en jetez plus!

Et ma cas­quette, alors ? La voilà, disons, four­nie par le directeur-cycliste de la gazette en débine finan­cière. Quand on titre un édito « A nos lec­teurs », ce n’est pas bon signe. Ça sent son pré­sident de la Répu­blique sor­tant son « allo­cu­tion télé­vi­sée », sa Mar­seillaise et son ser­rage de cein­ture repeint en « soli­da­rité nationale ».

Et qu’annonce donc le PDG Fot­to­rino à la une et à la vingt de sa feuille quo­ti­dienne? Que celle-ci va perdre son indé­pen­dance. Rien de moins. Aussi ne l’apprend-on pas en pre­mière page, où l’article se trouve, comme par hasard, coupé après ce passage :

« Les efforts de notre col­lec­ti­vité n’ont pas été vains. Mais ils doivent se pour­suivre à des fins de bonne ges­tion. L’indépendance d’un groupe de presse est aussi fonc­tion de ses résul­tats : c’est en gagnant de l’argent — pour le réin­ves­tir dans son coeur d’activité — que Le Monde garan­tira sa véri­table indépendance. »

C’est beau comme du Sarko dans le texte. Aussi faut-il s’attendre au pire. Allons-y, page 20, tout en pas de page, fin de colonne, sous le tapis :

« Quel est l’enjeu de cette reca­pi­ta­li­sa­tion ? A l’évidence, une page de l’histoire du quo­ti­dien va se tour­ner. Depuis 1951, l’indépendance du jour­nal a pro­cédé du contrôle de sa gérance et de sa ligne édi­to­riale par la rédac­tion. Demain, quel que soit le can­di­dat dési­gné, la Société des rédac­teurs du Monde et, plus lar­ge­ment, les socié­tés de per­son­nels per­dront ce contrôle majo­ri­taire au pro­fit du nou­vel entrant. Pareil bou­le­ver­se­ment ne peut se déci­der à la légère. C’est pour­quoi plu­sieurs cri­tères devront entrer en ligne de compte pour éclai­rer le choix. »

Le reste relève du bla­bla de pédégé, nor­mal, tenu de ras­su­rer ses troupes au len­de­main d’un Water­loo jour­na­lis­tique. Car il s’agit bien d’une défaite de plus dans l’océan de l’information emporté par le tsu­nami du tout mar­chan­disé néo­li­bé­ral. A cet égard, les diri­geants, action­naires, jour­na­listes du Monde ne sont vic­times que ce au devant de quoi ils ont couru ! Cela date, en par­ti­cu­lier, de la fin du « beuve-mérysme » – cette aus­té­rité morale, finan­cière, pro­tes­tante pour tout dire du patron his­to­rique, Hubert Beuve-Méy –, elle-même datée par le démé­na­ge­ment du siège tout aussi his­to­rique, rue des Ita­liens à Paris. Cet acte phy­sique et sym­bo­lique a ainsi mar­qué le début d’une ère disons ges­tion­naire, sinon affai­riste, culmi­nant dans les années 90 avec le trio Colom­bani, Ple­nel et Minc et leur fameux « péri­mètre indus­triel », pour qui le modèle idéal était le New York Times. Une telle ambi­tion ne pou­vait alors habi­ter que dans des immeubles en rap­port – mais non de rap­port… – expri­mant un goût de luxe fri­sant l’ostentation. Ce fut donc la course en avant où, sous pré­texte d’investissements, se mit en place une logique de ren­ta­bi­lité et de vente, au mépris de la ligne édi­to­riale et de règles déontologiques.

Voilà pour­quoi, en allant vite évi­dem­ment, comme tout abonné, je dois aujourd’hui me taper une tonne de « pro­duits déri­vés » et chers (1,40 euro le numéro, 32 euros par mois, 368 par an !) pour épon­ger la méga­lo­ma­nie des citi­zens Colom­bani et autres ; voilà pour­quoi je dois me far­cir (enfin, dans la che­mi­née) de ces dis­pen­dieux sup­plé­ments au luxe outra­geant (montres, bijoux, par­fums, frime bling-bling) ; et pour­quoi Télé­rama, vache à lait du groupe, s’est trouvé gagé pour per­mettre au Monde de contrac­ter un prêt ban­caire de 25 mil­lions d’euros auprès de la BNP, laquelle exi­geant en contre­par­tie la fameuse reca­pi­ta­li­sa­tion !

Alors, qu’on ne nous parle plus d’indépendance ! Celle ne serait de toutes façons, au delà de ses moi­rages de ver­nis, ni d’abord éco­no­mique, ni éco­lo­gique (voir le gâchis de papier de luxe pour pro­duits de luxe et de merde), ni sur­tout éthique. Autre­ment dit aucu­ne­ment journalistique.

D’où la poi­lade qui me secoue devant ces lignes de Fot­to­rino : « […] obte­nir la garan­tie que le nou­vel action­naire n’interviendra ni de près ni de loin dans les conte­nus de nos titres, dans une période où l’échéance pré­si­den­tielle de 2012 occupe déjà les esprits. La valeur de nos conte­nus, leur cré­di­bi­lité, est direc­te­ment fonc­tion de la liberté lais­sée aux rédac­tions pour tra­vailler, en dehors de tout soup­çon d’influence. » [Le Monde, 4/6/10]. Amen.


Censure. Les ciseaux d’Anastasie travaillent dans les têtes

Aussi vieille que les médias… Ici, vue par « L’Éclipse », 19 juillet 1874

Le Monde a publié jeudi [6/5/10] une tri­bune du jour­na­liste et polé­miste André Ber­coff, inti­tu­lée « La France à la niche — Halte au maso­chisme ! » Les pre­mières lignes indiquent bien le pro­pos et sa tona­lité : « Aujourd’hui, notre pays est occupé dou­ce­ment, gen­ti­ment, insi­dieu­se­ment, par le camp du Bien. La police de la pen­sée cor­recte triomphe sur tous les étals médiatico-politiques. »

Je me retrouve aussi assez bien dans la suite : «Semble enfin accom­plie la cas­tra­tion de ce peuple fran­çais qui, jadis, pre­nait des bas­tilles et, il y a encore quelques décen­nies, fai­sait mine de défi­ler pour chan­ger la vie. L’alibi de la crise a bien tra­vaillé : tous à la niche. Et à la cen­sure. » Et vous allez voir, à pro­pos de cen­sure, l’écho que ce qui vient sus­cite chez l’auteur de ce blog  cen­suré par Le Monde… :

« Désor­mais, il est inter­dit de ne pas inter­dire. Ne fumez plus : can­cer du pou­mon. Ne buvez plus : cir­rhose du foie. Ne bai­sez plus : sida et autres mala­dies sexuel­le­ment trans­mis­sibles (MST). Ne man­gez plus : pes­ti­cides et OGM. Ne sor­tez plus : atten­tats. Ne par­lez plus des juifs : vous serez condamné pour anti­sé­mi­tisme. Ne cari­ca­tu­rez plus Maho­met : vous serez incen­dié avant d’être égorgé. N’osez plus une plai­san­te­rie sur les gays : l’homophobie vous guette. Ne racon­tez pas une his­toire sur les Blacks : vous serez vitu­péré raciste à part entière. En revanche, vous pou­vez vous en don­ner à coeur joie sur la pédo­phi­lie de l’Eglise. Plus besoin de pro­cu­reur : les ciseaux tra­vaillent dans les têtes. »

Et c’est là que je veux en venir, car à ce niveau de l’article, Le Monde place ce qu’on appelle un exergue, censé mettre en valeur un pas­sage fort de l’article  – le voici :

Ainsi, d’un côté, le Monde papier, sup­porte la dénon­cia­tion d’un fait déplo­rable (faire des juifs un sujet tabou), et de l’autre, lemonde.fr, cen­sure un blog (C’est pour dire) à par­tir d’un simple com­men­taire par­lant de « lobby juif » ! D’un côté un Ber­coff qui s’insurge, de l’autre un blog qu’on exé­cute. Je ne dis pas qu’il y ait eu concer­ta­tion entre les deux sup­ports, mais le fait  – qui cor­ro­bore  la dénon­cia­tion de Ber­coff – est sur­tout qu’un sys­tème auto­ma­tique d’alerte à par­tir de deux mots « inter­dits », lobby-juif, entraîne une cen­sure non moins auto­ma­tique, aveugle – orwel­lienne pour tout dire. Anas­ta­sie, cette garce cas­tra­trice à l’éternelle jeunesse…


La môme aux grandes cannes sur la Cane-Canebière

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Voyez un peu, braves gens, sur Qui je tombe hier soir en remon­tant la Cane­bière : la reine de la savane afri­caine, en majesté, comme là-bas ou presque, la tête dans l’acacia (pla­ta­nisé…), les pieds, ô gra­ci­lité des jambes de girafe, sur le pavé déser­tique ou quasi à cette heure frisquette.

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Et, sur­tout, appro­chons, voyons, tou­chons cette robe toute mou­che­tée, tache­tée, bou­qui­née de mille livres, des « poches » de toutes caté­go­ries, à la tex­ture de soie ver­nis­sée. Vision étrange, belle, émou­vante dans sa ver­ti­gi­neuse immobilité.

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444.1264189061.JPGAinsi, ren­dons grâce au génie de la Nature qui a su pla­cer sa plus belle pin-up en plein centre de Mar­seille ! Et cha­peau l’artiste ! (que je ne connais pas).

Ajout du 3/3/10

Venant bou­cher un coin de ma vaste igno­rance, France Culture et sa Fabrique de l’histoire ont super­be­ment raconté hier l’aventure de Zarafa, la  » Pre­mière girafe de France  » – autre­ment balan­cée que sa pen­dante pré­si­den­tielle. Il faut dire que Zarafa n’a pas reçu le coup de foudre sar­ko­zyen :elle avait été offerte au roi de France, Charles X, par le pacha d’Égypte. Lequel avait fait cap­tu­rer deux girafes au Nord-Soudan. On leur fit des­cendre le Nil. À Alexan­drie, on décida, pour ne pas faire de jaloux, d’en offrir une à cha­cune des deux prin­ci­pales puis­sances colo­niales en Afrique : l’Angleterre et la France.

La girafe fran­çaise embar­qua pour Mar­seille, où elle débar­qua  à l’automne de 1826, puis prise en charge par Étienne Geof­froy Saint-Hilaire, natu­ra­liste savant du Jar­din des Plantes, qui eut la mis­sion de la rame­ner, au pas, dans ce sanc­tuaire pari­sien de la Science. Son voyage eut un reten­tis­se­ment consi­dé­rable à l’époque : elle était atten­due par­tout par des foules immenses.

La girafe anglaise, quant à elle, hiverna à Malte, sup­porta mal le voyage par Gibral­tar et l’océan, et mou­rut à Londres dans les bras du roi George.

Quant à la girafe fran­çaise, le délire col­lec­tif fut atteint à Lyon où cent mille badauds accla­mèrent l’étrange vedette sur la place Bel­le­cour. Charles X, à qui elle était per­son­nel­le­ment offerte, se plai­gnit d’être pour ainsi dire le der­nier des Fran­çais à la voir. C’était la pre­mière girafe à visi­ter l’Europe du Nord. Elle vécut tran­quille­ment dix-sept années à Paris, mou­rut, fut natu­ra­li­sée, et se fit oublier, pour res­sur­gir de temps à autres, sous forme de légendes sou­vent invrai­sem­blables. Elle est main­te­nant au Muséum de La Rochelle [photo RF / O. Chaumelle].zarafa.1267626282.jpg

Il y  eut à l’époque une mode fré­né­tique de la girafe, dont l’image fut décli­née sur toutes sortes de sup­ports, depuis des enseignes d’auberges jusqu’à des objets les plus hété­ro­clites. Objet de fan­tasmes, elle fut  » récu­pé­rée  » tour à tour par les hommes de science, les jour­na­listes, les artistes, le clergé, les mar­chands, les poli­ti­ciens… Pen­dant vingt ans — et pour la pos­té­rité — la fièvre  » gira­fique  » a sacré reine de France l’orpheline du Soudan.

Je trouve ainsi, par déduc­tion, l’explication de la pré­sence à Mar­seille, sur la Cane­bière de cette réplique loin­taine et artis­te­ment sty­li­sée de Zarafa, ce que le quo­ti­dien local, La Pro­vence, a été infoutu de m’apprendre. Le jour­nal s’est en effet limité à annon­cer « Les bou­qui­nades » : « Faire décou­vrir le plai­sir des livres et de la lec­ture, sous la bien­veillance de Zarafa II, cette drôle de girafe de plus de 6 mètres de haut et habillée de 3 000 livres, ima­gi­née par l’artiste Jean-Michel Rubio. »


La Tunisie sous le règne de la répression

Si C’est pour dire était une agence de presse, il lui fau­drait, à fil continu, tis­ser le tableau dépri­mant de la clau­di­cante marche du monde. C’est pour (tout) dire par­le­rait sou­vent de la situa­tion au Magh­reb et en par­ti­cu­lier de la presse et des jour­na­listes. Par exemple, aujourd’hui, il serait en par­ti­cu­lier ques­tion de la Tuni­sie. Comme le fait de manière aussi régu­lière qu’acharnée le Comité pour le Res­pect des Liber­tés et des Droits de l’Homme en Tuni­sie (C.R.L.D.H. Tuni­sie), qui émet le mes­sage d’alerte que voici :

Mes­sage d’alerte

Une nou­velle agres­sion grave a été per­pé­trée samedi 28 novembre 2009 à Bizerte (Nord de la Tuni­sie) par la police poli­tique tuni­sienne à l’encontre d’un groupe de mili­tants asso­cia­tifs et de défen­seurs des droits humains, pour la plu­part membres  de la LTDH (Ligue tuni­sienne des droits de l’homme) et se récla­mant de plu­sieurs com­po­santes asso­cia­tives autonomes.

Ce groupe était com­posé notam­ment de Lotfi Hajji, ancien pré­sident du pre­mier syn­di­cat des jour­na­listes, Ahmed Galaï, membre du comité direc­teur de la LTDH, Tarek Souissi, mili­tant asso­cia­tif de la LTDH et du Conseil Natio­nal pour les Liber­tés en Tuni­sie (CNLT ) et cinq autres mili­tants et mili­tantes actifs et connus à Bizerte. Les membres de ce groupe avaient décidé de rendre visite, à l’occasion de l’Aïd, à M. Ali Ben Salem, membre fon­da­teur de la sec­tion de Bizerte de la LTDH, membre du CNLT et de l’ALTT (asso­cia­tion de lutte contre la tor­ture en Tuni­sie) et pré­sident de l’amicale des anciens résis­tants. Cette figure emblé­ma­tique du mou­ve­ment démo­cra­tique tuni­sien est consi­déré, à juste titre, comme le doyen des dis­si­dents tuni­siens. Son domi­cile – qui héberge au niveau de son pre­mier étage la sec­tion de la LTDH à Bizerte – fait l’objet depuis deux ans d’un véri­table état de siège poli­cier, les agents de la police poli­tique en inter­di­sant l’accès à toute per­sonne étran­gère à la famille de M. Ali Ben Salem.

Ce samedi 28 novembre, le groupe qui avait l’intention de lui rendre visite en a été empê­ché par une dou­zaine d’agents de la police poli­tique très agres­sifs qui leur en ont inter­dit l’accès. Très vite les poli­ciers sont pas­sés des menaces aux voies de fait, moles­tant les membres du groupe et se déchai­nant contre les voi­tures de Lotfi Hajji et de Tarek Souissi.

Bilan de cette expé­di­tion puni­tive : outres les injures et les humi­lia­tions, trois membres du groupe vio­lem­ment agres­sés et souf­frant de mul­tiples contu­sions (Lotfi Hajji, Ahmed Galaï et Tarek Souissi) et deux voi­tures sérieu­se­ment endommagées.

Alors que [le jour­na­liste] Taou­fik Ben Brik a fait l’objet d’une véri­table pro­vo­ca­tion et qu’il a été condamné le 26 novembre, de façon scan­da­leuse, à six mois de pri­son ferme dont trois mois pour vio­lence d’une pré­ten­due vic­time qui ne s’est même pas pré­sen­tée à l’audience et deux mois pour atteinte au bien d’autrui (la voi­ture de cette dame dont le véhi­cule n’a fait l’objet d’aucun constat contra­dic­toire) ; les poli­ciers tabassent, une fois de plus en toute impu­nité, des citoyens et s’en prennent à leurs véhicules.

Deux rap­pels :

Les proches et les avo­cats de Taou­fik Ben Brik sont tou­jours sans nou­velles de lui et deux avo­cats se sont vus signi­fier qu’il aurait été trans­féré de la pri­son de la Mor­na­ghia vers une des­ti­na­tion incon­nue, ce qui sus­cite l’inquiétude et l’angoisse légi­times de sa famille et de tous ses amis.‬

• ‪Ali Ben Salem avait été agressé il y a deux ans par des agents de la police poli­tique mal­gré son âge – près de 75 ans – et  son état de santé. A la suite de cette agres­sion une plainte a été dépo­sée auprès du Comité contre la tor­ture des Nations Unies et cette pro­cé­dure a abouti à une mise en demeure du gou­ver­ne­ment tuni­sien qui a été sommé de faire état des résul­tats de l’enquête concer­nant cette agression.‬

Le CRLDHT dénonce avec vigueur l’attitude pro­vo­ca­trice et déli­bé­ré­ment vio­lente des agents de la police poli­tique tuni­sienne char­gés de l’exécution le 28 novembre 2009 de l’expédition puni­tive contre un groupe de démo­crates de Bizerte. Dans le cli­mat de cris­pa­tion exa­cer­bée et de dur­cis­se­ment de l’Etat-policier en Tuni­sie, cette nou­velle mani­fes­ta­tion de l’intolérance et de l’arbitraire de la police tuni­sienne appelle un ren­for­ce­ment de la soli­da­rité natio­nale et inter­na­tio­nale contre les agis­se­ments répres­sifs de l’Etat-RCD.

اللجنة من أجل احترام الحريات وحقوق الإنسان في تونس‬

membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme

21ter rue Vol­taire – FR-75011 PARIS  - Tel/Fax : 00.33.(0)1.43.72.97.34

contact@crldht.orgwww.crldht.org


Presse pipole et crash aérien. Le Monde, nouveau « tabloïd de référence »

Le crash du vol AF 447 a pro­vo­qué une 229e vic­time :  Le Monde. En effet, le pay­sage média­tique fran­çais pro­fite d’une catas­trophe pour en pro­vo­quer une autre : le lan­ce­ment d’un nou­veau « tabloïd de réfé­rence ». Il s’appelle aussi Le Monde, bien qu’il n’ait que peu à voir avec son illustre pré­dé­ces­seur fondé à la Libération.

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C’est donc un double deuil qui frappe nos des­tins de lec­teurs, « bri­sés dans la nuit jour­na­lis­tique » et au-dessus d’on ne sait trop quels impé­ra­tifs d’une presse en per­di­tion. Comme si une catas­trophe ne suf­fi­sait pas. On pour­rait y ajou­ter le ving­tième anni­ver­saire du mas­sacre de Tian’anmen et la déprime de ce 4 juin serait totale !

Mor­ceau choisi à la une : « Pen­dant quelques heures, ils n’ont été que des numé­ros, clas­sés selon les cri­tères géné­raux des com­pa­gnies aériennes. Deux cent vingt-huit dis­pa­rus dans l’accident du vol AF 447 qui assu­rait, dans la nuit du lundi 1er juin au mardi 2, le tra­jet Rio de Janeiro — Paris : des­tins bri­sés au-dessus de l’Atlantique. Le Monde s’efforce de leur don­ner un visage. »

Au secours Beuve-Méry, ils sont deve­nus pipole ! Vois aussi ce coin de page :

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Il est vrai, comme aime à dire Mme Michu, que nous vivons dans un drôle de Monde. Car dans cette affaire les médias se sur­passent sur le registre de l’indécence spec­ta­cu­laire. Radios, télés, canards dégou­linent à plein tube pour ali­men­ter ce qui res­tera comme un sujet d’étude autour de la ques­tion : pour­quoi tant de raf­fut sur ce fait divers ? Et aussi : pour­quoi tant de pon­tifes reli­gieux et poli­tiques tout à coup oecu­mé­ni­sés ? Et enfin : et dieu dans tout ça ?


Mort de la Scop du Courrier picard

Le Cour­rier picard vit ses der­niers jours en tant que Scop, société coopé­ra­tive ouvrière de pro­duc­tion. Ainsi en ont décidé lundi 87.4% des 167 salariés-sociétaires, soit 146 qui ont voté contre la reca­pi­ta­li­sa­tion de la Scop et pour la recherche de repreneurs.

La Voix du Nord a aus­si­tôt fait savoir qu’elle était prête à accroître sa par­ti­ci­pa­tion dans le capi­tal du Cour­rier, deve­nant ainsi, selon le com­mu­ni­qué de sa direc­tion, « un par­te­naire assez natu­rel à la reprise ». Arguant de son propre endet­te­ment, le quo­ti­dien lil­lois annonce tou­te­fois la cou­leur : une telle reprise ne sau­rait se réa­li­ser sans que le Cour­rier se réor­ga­nise et réduise « signi­fi­ca­ti­ve­ment ses coûts de production ».

Le groupe Her­sant figure aussi parmi les repre­neurs possibles.

Le quo­ti­dien d’Amiens, avec sa cen­taine de jour­na­listes, demeu­rait la der­nière Scop de presse, après celle de L’Yonne répu­bli­caine,  quo­ti­dien d’Auxerre repris l’an der­nier par La Mon­tagne (Clermont-Ferrand).


Deux « affaires d’Etat » clouent le bec du Monde.fr et de Libération.fr

Ben mince alors ! Voilà deux infos qui dis­pa­raissent, pas­sées à la trappe on ne sait com­ment, à la mode ex-soviétique et selon des cou­tumes fina­le­ment tou­jours en vigueur. La der­nière, de ce matin, concerne la visite que Sar­kozy devait rendre aux Ren­contres euro­péennes des jeunes appren­tis. Une par­tie de ces effron­tés – on se demande ce qu’on leur apprend ! – ont sif­flé le pré­sident à l’annonce de son nom. Du coup, dis­cours et visite annu­lés. Pas grave. Ce qui l’est plus, c’est la dis­pa­ri­tion du docu­ment vidéo cor­res­pon­dant sur le site du Monde.fr. « Contenu effacé » annonce l’écran noir. Voyez vous-même.

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Deuxième affaire de mise à la trappe, sur libération.fr cette fois. Là c’est un article qui a dis­paru. Il concerne l’envoi d’un mail à «rachida-la-grosse-pute(@)wanadoo.com». L’appel du papier – qui reste réper­to­rié par Google – pro­voque cette réaction :

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Le plus simple et utile à l’information des citoyens de libre juge­ment est encore de redon­ner vie à l’article de Libé, afin que l’on com­prenne bien cette autre « affaire d’État » :

Une insulte à Dati qui coûte cher

Au départ, ça res­semble à un mail lour­dingue, envoyé par un post-ado en pleine rébel­lion poli­tique. Le genre de mes­sage qu’on ima­gine finir dans une pou­belle, plu­tôt que devant un juge. Le 31 juillet, Damien, tech­ni­cien infor­ma­tique de 24 ans habi­tant la ban­lieue pari­sienne, pro­fite de sa pause de midi, au bou­lot, pour créer une adresse mail bidon : «rachida-la-grosse-pute(@) wanadoo.com». Puis il rédige le mes­sage sui­vant : «Naze, naze, naze, le peuple aura votre peau» qu’il envoie sur la page web en accès libre de la mai­rie du VIIe arron­dis­se­ment de Paris, dont la garde des Sceaux est la maire. Le des­ti­na­taire du mail est le direc­teur de cabi­net de Rachida Dati. Quand on l’interroge sur le contenu plus qu’hasardeux du mail, Damien recon­naît qu’il ne cher­chait pas à argu­men­ter. «J’ai fait ça avant de par­tir déjeu­ner, après avoir vu un jour­nal d’info qui m’avait fait enra­ger, sans trop réfléchir.»

Per­qui­si­tions

L’anecdote aurait pu s’arrêter là. Mais une semaine plus tard, un chargé de mis­sion de la maire du VIIe juge utile de contac­ter les ser­vices de police. Une enquête est ouverte. «Je n’avais même pas cher­ché à dis­si­mu­ler mon adresse IP car je me fichais qu’ils sachent que cela venait de moi», explique l’outrageur en herbe. Ni une ni deux, les enquê­teurs débarquent sur les lieux du for­fait, l’entreprise à Sur­esnes (Hauts-de-Seine) où Damien est employé. Quelques audi­tions du per­son­nel plus tard, son ordi­na­teur est fouillé, la trace de son envoi retrou­vée. Le jeune homme avoue et est placé en garde à vue. Sur ce coup-là, Damien affirme avoir été bluffé : «Ils étaient sept ou huit, arri­vés dans l’entreprise comme une force de frappe. Je ne pen­sais pas qu’autant de moyens pou­vaient être déployés pour ce simple mail.» D’autant que la police pour­suit ses inves­ti­ga­tions. Quelques heures plus tard, nou­velle per­qui­si­tion au domi­cile du jeune homme. Une mobi­li­sa­tion hors pair qui per­met­tra de retrou­ver un autre mes­sage d’insulte, à base de «j’encule l’UMP Sarko Deved­jian Dati et tous les PD d’extrême droite que vous êtes». Une lit­té­ra­ture pas fran­che­ment ragoû­tante, conte­nue en un para­graphe, bourré de fautes d’orthographe, où l’auteur donne même sa loca­li­sa­tion et son âge. Cette fois encore, Damien avoue être l’auteur du mes­sage, ajou­tant qu’il ne l’a jamais dif­fusé. Pour cela, il ne sera donc pas poursuivi.

«J’assume»

Damien, qui n’a aucun anté­cé­dent judi­ciaire, a perdu son emploi pour «faute lourde». Et le 15 août, à peine quinze jours après les faits, il a reçu une convo­ca­tion devant le tri­bu­nal de grande ins­tance de Paris. Jeudi, le jeune inso­lent com­pa­raî­tra en cor­rec­tion­nelle pour outrage à Rachida Dati per­sonne dépo­si­taire de l’autorité publique. Un délit pas­sible de six mois d’emprisonnement et 7500 euros d’amende.

Ce qui a poussé Damien à écrire ce mail? Quand on lui pose la ques­tion, le jeune homme a la voix posée, le verbe déter­miné. «Je savais bien que ça allait finir comme ça. J’assume. Depuis quelque temps déjà, j’envoyais des com­men­taires sur les sites des dif­fé­rents organes du pou­voir, comme l’UMP. Pour tes­ter la limite de la liberté d’expression à l’ère du sar­ko­zysme. C’est Dati qui a craqué.»

Quant aux rai­sons qui ont poussé le cabi­net de la maire du VIIe arron­dis­se­ment de Paris à se mettre en branle pour cette affaire de mes­sage élec­tro­nique, leur réponse est claire : «Ce mail est une insulte à l’égard de Mme Dati et de toutes les femmes. En tant qu’élue, elle ne vou­lait pas lais­ser pas­ser cela et a donc tenu à ce que l’on dépose plainte.»

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»> Va-t-on craindre ici la cen­sure en annon­çant que le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Saint-Pierre de la Réunion a, ce ven­dredi, jugé irre­ce­vables les pour­suites enga­gées pour dif­fa­ma­tion par Rachida Dati contre un avo­cat du bar­reau de Saint-Pierre ?

Le 15 mai, lors d’une audience du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Saint-Pierre, rap­pelle l’AFP, le bâton­nier Georges-André Hoa­rau qui défen­dait un jus­ti­ciable pour­suivi pour des escro­que­ries aux pres­ta­tions sociales, avait déclaré : « Un pro­cès qui n’aura jamais lieu, c’est celui de notre grand chef à tous, Mme Rachida Dati, qui uti­lise un faux MBA (mas­ter of busi­ness admi­nis­tra­tion). » Il fai­sait allu­sion à des infor­ma­tions de L’Express affir­mant que la ministre avait pré­senté un dos­sier pour inté­grer l’Ecole natio­nale de la magis­tra­ture men­tion­nant « l’obtention d’un MBA euro­péen du groupe HEC-ISA », diplôme qu’elle n’a pas obtenu.

La ministre de la jus­tice avait alors porté plainte, sans se consti­tuer par­tie civile.

Le 25 sep­tembre, les avo­cats du pré­venu avaient plaidé « le prin­cipe essen­tiel de la liberté d’expression ». Le pro­cu­reur de la Répu­blique avait, lui, estimé que « la liberté d’expression a une limite, c’est la pré­somp­tion d’innocence », requé­rant contre l’avocat 5 000 euros d’amende.


Siné Hebdo va « chier dans la colle »

20080827sinehebdo.1219866710.jpgViré de Char­lie Hebdo sous pré­texte d” « anti­sé­mi­tisme », Siné lance Siné Hebdo, à paraître chaque mer­credi dès le 10 septembre.

Ligne édi­to­riale on ne sau­rait moins langue de bois  : « […] un canard qui ne res­pec­tera rien, n’aura aucun tabou, qui chiera tran­quille­ment dans la colle des bégo­nias sans se sou­cier des foudres et des ini­mi­tiés de tous les emmerdeurs !

« Comp­tez sur moi, vous n’avez pas misé sur un bour­rin… Vous n’allez pas être déçus ! Siné Hebdo va débou­ler et ça va décoif­fer ! Atten­tion les yeux ! »


La Montagne pourrait accoucher d’une… L’Yonne (républicaine)

Voilà un « beau petit canard » en passe de se faire bouf­fer. Selon les impla­cables lois du dar­wi­nisme finan­cier, L’Yonne répu­bli­caine, quo­ti­dien d’Auxerre, va sans doute tom­ber dans l’escarcelle auver­gnate de La Mon­tagne et son groupe. « Éco­no­mies d’échelle » et autre sainte-Synergie auront eu rai­son de la der­nière coopé­ra­tive ouvrière de la presse fran­çaise. Der­nière indé­pen­dante en tout cas, puisque la Scop du Cour­rier picard (Amiens) est depuis long­temps tom­bée dans les mailles du Cré­dit agri­cole. Ainsi va le par­tage hexa­go­nal de la presse fran­çaise bien­tôt réduite à quatre ou cinq zones pro­prié­taires (voir ci-dessous la carte publiée par Le Monde en 2006, déjà lar­ge­ment dépas­sée !). On en fait davan­tage (dans les médias !) sur les menaces concer­nant la faune et la flore. Ici, il ne s’agit « que » de la bio-diversité jour­na­lis­tique, juste un pan de ce qu’on appelle encore la démocratie.

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© Le Monde

Le spec­tacle, une fois de plus, fausse les per­cep­tions. Et tourne ce show-biz qui emballe les gogos dans de ter­ribles ques­tion­ne­ments : TF1 va donc rou­ler en Fer­rari (ah ah !) plu­tôt qu’en char PPDA, est-ce grave doc­teur ? J’entendais une jour­na­liste sur France inter deman­der ingé­nu­ment au même Poivre si son départ mena­ce­rait l’indépendance de TF1… Et l’intéressé, sans cil­ler et grand sei­gneur : « J’espère que non ! ». Ben non alors !

L’Yonne répu­bli­caine, donc. Dans les 40.000 exem­plaires dif­fu­sés sur son dépar­te­ment. Impri­me­rie, locaux en pro­priété coopé­ra­tive, selon l’utopie du XIXe siècle, tou­jours vivante, sinon vivace. Mais.

Mais – on en revient tou­jours là – l’orchestre a fini par vieillir. Par­lons plu­tôt de fan­fare – j’aime bien les fan­fares, à la racine du jazz –, comme une réma­nence anar­chiste. En cela désuète et condam­née, en tant que tâche dans la moder­nité triom­phante (de quel triomphe au fait ?). Bref, phil­har­mo­nique ou fan­fare, la ques­tion du chef finit tou­jours par sur­gir. Ça défrise les convic­tions uto­piennes, c’est ainsi. Dans une Scop – un homme, une voix – on choi­sit un pré­sident. Ça donne ce que ça donne, comme en musique. Et à Auxerre, ça a donné pas mal de couacs.

A com­men­cer par le plus reten­tis­sant : l’achat il y a trois ans d’une rota­tive neuve-pimpante… à Sin­ga­pour. Ben oui, plus mieux-moins cher. Ici, je passe le relais à un jour­na­liste mai­son, qui raconte : « On aurait voulu cou­ler l’YR on ne s’y serait pas mieux pris. […] La roto est mon­tée depuis peu, mais par connec­tée et il reste des tra­vaux que nous ne pou­vons pas finan­cer. Il faut ima­gi­ner le coût de cette immo­bi­li­sa­tion. On a mis la char­rue devant les bœufs ; c’est-à-dire qu’on a acheté sans avoir pro­grammé le finan­ce­ment de manière pré­cise. Nos fonds propres y sont pas­sés puis, prêts relais ban­caires aidant, les frais finan­ciers nous plombent dans un contexte géné­ral dégradé (baisse des ventes, mais moins forte qu’ailleurs dans la PQR, et tas­se­ment de la pub. Sans cela l’exploitation du jour­nal est en gros à l’équilibre. Nos actifs sont éva­lués à 18 mil­lions d’euros. La Mon­tagne Centre Presse va donc faire une bonne affaire sur­tout qu’elle va pou­voir pro­fi­ter de la baisse des charges suite à l’exécution du Plan de sau­ve­garde de l’emploi (PSE) por­tant sur 25 per­sonnes, qu’actuellement le jour­nal ne peut pas financer. »

L’affaire va se déci­der dans les semaines qui viennent selon cette alter­na­tive : « Ou bien on vend et l’emploi est garanti par les diri­geants de La Mon­tagne, ou bien on dépose le bilan et Her­sant, le groupe Ebra, etc. nous attendent à la barre. »

Pro­blème de « chef d’orchestre », certes, mais aussi d’instrumentistes, ainsi que le déplore notre musi­cien infor­ma­teur : « Force est de consta­ter que notre équipe jour­na­lis­tique s’est consi­dé­ra­ble­ment affai­blie au fil des ans. Des bons sont par­tis et on a fait de la « dépré­ca­ri­sa­tion » […] Ce qui ne garan­tit ni la com­pé­tence ni la capa­cité d’adaptation.
« Sauf à réin­ves­tir dans l’humain et le pro­fes­sion­na­lisme, je ne vois pas com­ment les choses pour­raient chan­ger. Par ailleurs, La Mon­tagne met­tra la prio­rité – comme tous les patrons – sur la créa­tion d’un centre de pro­fit en ren­ta­bi­li­sant au maxi­mum la rota­tive flam­bant neuve, qua­si­ment, (qui nous a coûté 10 mil­lions d’euros) par des tours machines. Ça devrait cra­cher du cash… C’est ce que nous vou­lions. Mais ce ne sera pas nous qui empo­che­rons les bénéfs. » Et les lec­teurs moins encore, qui devront s’accomoder du moins-disant journalistique.

De même qu’on ne sau­rait faire meilleure école avec moins d’enseignants, on n’imagine pas une infor­ma­tion de qua­lité avec moins de jour­na­listes. Mais cer­tains le prétendent.


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    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
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    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances
    (Ber­trand Russel)
  • Un récent et com­pli­qué chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Les reverra-t-on un jour ? Hmmm…

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