On n'est pas des moutons

Religions

Islamisme. Une insulte contre la foi et tout bascule dans le fanatisme (re-publication)

En juillet 2012, un extrait de 14 minutes d’une vidéo anti-islam titrée L’Innocence des musul­mans était pos­tée sur You­Tube, met­tant le feu aux poudres isla­mistes. Dès le 11 sep­tembre, des attaques furent menées, notam­ment, contre des mis­sions diplo­ma­tiques états-uniennes. Furent ain­si prises d’assaut l’ambassade des États-Unis en Égypte et le consu­lat à Ben­gha­zi (Libye) où l’on déplo­ra quatre morts, dont l’ambassadeur.

Inno­cence of Mus­lims, pro­duite en 2012, fut alors attri­buée à un cer­tain Nakou­la Bas­se­ley Nakou­la, un copte égyp­tien rési­dant en Cali­for­nie, sous le pseu­do­nyme de « Sam Bacile ». Selon lui, il s’agissait de dénon­cer les hypo­cri­sies de l’islam en met­tant en scène des pas­sages de la vie de Maho­met…

À cette occa­sion, une de plus, j’avais publié un article sur lequel je viens de retom­ber et qui me semble tou­jours assez actuel, hélas, pour le publier à nou­veau.

Hier une vidéo, aujourd’hui un habille­ment. Et tou­jours les déchaî­ne­ments fana­tiques, des affron­te­ments, des vio­lences, des morts.

Il a donc suf­fi d’une vidéo de dix minutes pour rani­mer la flamme du fana­tisme isla­miste. Cette actua­li­té atter­rante et celle des vingt ans pas­sés le montrent : des trois reli­gions révé­lées, l’islam est aujourd’hui la plus contro­ver­sée, voire reje­tée 1. Tan­dis que la judaïque et la chré­tienne, tapies dans l’ombre tapa­geuse de leur concur­rente, font en quelque sorte le dos rond – ce n’est pas leur tour. En ce sens, elles peuvent se don­ner à voir comme les « meilleures », alors qu’elles n’ont pas man­qué d’être les pires dans leurs époques his­to­riques flam­boyantes, et qu’elles ne sont tou­jours pas en reste pour ce qui est de leurs dogmes, les plus rétro­grades et répres­sifs. 2

Préa­lable : par­ler « reli­gions » ici c’est consi­dé­rer les appa­reils, et non pas leurs adeptes, ni leurs vic­times plus ou moins consen­tantes. C’est donc par­ler des cler­gés, des dogmes et des cohortes acti­vistes et pro­sé­lytes. On en dirait autant des idéo­lo­gies, dont les pires – fas­cistes et nazies –, construites comme des reli­gions, ont enta­ché l’Histoire selon des sché­mas simi­laires. Donc, dis­tin­guer les « humbles pécheurs » consen­tants, ou mys­ti­fiés par leurs « libé­ra­teurs », tout comme on ne confon­dra pas ces mili­tants aux grands cœurs abu­sés par les Sta­line, Hit­ler et autres tyrans de tous les temps.

Par­lons donc de l’islam poli­tique, mis en exhi­bi­tion dra­ma­tique sur la scène pla­né­taire, vou­lant en quelque sorte se prou­ver aux yeux du monde. Aus­si recourt-il à la vio­lence spec­ta­cu­laire, celle-là même qui le rend chaque jour plus haïs­sable et le ren­force du même coup dans sa propre et vin­di­ca­tive déses­pé­rance. Et ain­si appa­raît-il à la fois comme cause et consé­quence de son propre enfer­me­ment dans ce cercle vicieux.

Que recouvre l’islamisme, sinon peut-être la souf­france de cette frac­tion de l’humanité qui se trouve mar­gi­na­li­sée, par la faute de cet « Occi­dent » cor­rom­pu et « infi­dèle » ? C’est en tout cas le mes­sage que tente de faire pas­ser auprès du mil­liard et plus de musul­mans répar­tis sur la pla­nète, les plus acti­vistes et dji­ha­distes de leurs meneurs, trop heu­reux de déchar­ger ain­si sur ce bouc émis­saire leur propre part de res­pon­sa­bi­li­té quant à leur mise en marge de la « moder­ni­té ». Moder­ni­té à laquelle ils aspirent cepen­dant en par­tie – ou tout au moins une part impor­tante de la jeu­nesse musul­mane. D’où cette puis­sante ten­sion interne entre inté­grisme mor­ti­fère et désir d’affranchissement des contraintes obs­cu­ran­tistes, entre géron­to­crates inté­gristes et jeu­nesses reven­di­ca­tives. D’où cette pres­sion de « cocotte minute » et ces mani­fes­ta­tions col­lec­tives sans les­quelles les socié­tés musul­manes ris­que­raient l’implosion. D’où, plus avant, les « prin­temps arabes » et leurs nor­ma­li­sa­tions poli­tiques suc­ces­sives – à l’exception notable de la Tuni­sie.

Un nou­vel épi­sode de pous­sées clé­ri­cales d’intégrisme se pro­duit donc aujourd’hui avec la pro­mo­tion d’une vidéo déni­grant l’islam dif­fu­sée sur la toile mon­diale et attri­buée à un auteur israé­lo-amé­ri­cain – ou à des sources indé­fi­nies 3. Pré­texte à rani­mer – si tant est qu’elle se soit assou­pie – la flamme des fana­tiques tou­jours à l’affût.

On pour­rait épi­lo­guer sur ces condi­tion­ne­ments rep­ti­liens (je parle des cer­veaux, pas des per­sonnes…) qui se déchaînent avec la plus extrême vio­lence à la moindre pro­vo­ca­tion du genre. De tout récents ouvrages et articles ont ravi­vé le débat, notam­ment depuis la nou­velle fièvre érup­tive qui a sai­si les sys­tèmes mono­théistes à par­tir de son foyer le plus sen­sible, à savoir le Moyen Orient. De là et, par­tant, de la sous-région, depuis des siècles et des siècles, au nom de leur Dieu, juifs, chré­tiens, musul­mans – et leurs sous-divi­sions pro­phé­tiques et sec­taires – ont essai­mé sur l’ensemble de la pla­nète, ins­tal­lé des comp­toirs et des états-majors, lan­cé escouades et armées entières, tor­tu­ré et mas­sa­cré des êtres humains par mil­lions, au mépris de la vie hic et nunc, main­te­nant et ici-bas sur cette Terre, elle aus­si mar­ty­ri­sée. Et le tout au nom d’un Au-delà hypo­thé­tique, pros­cri­vant à cha­cun sa libre conscience et l’art d’arranger au mieux la vie brève et, de sur­croît, pour le bien de l’entière huma­ni­té.

Va pour les croyances, qu’on ne dis­cu­te­ra pas ici… Mais qu’en est-il de ces sys­tèmes sécu­liers pro­li­fé­rant sur les plus noirs obs­cu­ran­tismes ? On parle aujourd’hui de l’islam parce que les guerres reli­gieuses l’ont repla­cé en leur centre ; ce qui per­met aux deux autres de se revir­gi­ni­ser sur l’air de la modé­ra­tion. Parce que l’islamisme « modé­ré » – voir en Tuni­sie, Libye, Égypte ; en Iran, Iraq, Afgha­nis­tan, Pakis­tan, etc. – n’est jamais qu’un oxy­more auquel judaïsme et chris­tia­nisme adhèrent obsé­quieu­se­ment, par « cha­ri­té bien com­prise » en direc­tion de leur propre « modé­ra­tion », une sorte d’investissement sur l’avenir autant que sur le pas­sé lourd d’atrocités. Pas­sé sur lequel il s’agit de jeter un voile noir, afin de nier l’Histoire au pro­fit des mytho­lo­gies mono­théistes, les affa­bu­la­tions entre­te­nues autour des mes­sies et pro­phètes, dont les « bio­gra­phies » incer­taines, polies par le temps autant que mani­pu­lées, per­mettent, en effet, de jeter pour le moins des doutes non seule­ment sur leur réa­li­té exis­ten­tielle, mais sur­tout sur les inter­pré­ta­tions dont ces figures ont pu être l’objet. Quid, en effet, d’un Maho­met tel que dépeint ici ou là – c’est selon évi­dem­ment – comme ignare, voleur, mani­pu­la­teur, cupide et ama­teur de fillettes ? Pas plus réel que sa divi­ni­sa­tion, ni celle de Moïse et de Jésus construits hors de leur propre réa­li­té, selon des contes infan­tiles psal­mo­diés et fai­sant appel à la plus totale cré­du­li­té.

Mais, admet­tons que les hommes aient créé leurs dieux par néces­si­té, celle de com­bler leurs angoisses exis­ten­tielles, de pan­ser leurs misères, leurs ver­tiges face à l’univers et devant l’inconnu des len­de­mains et d’après la mort. Admet­tons cela et regar­dons l’humanité dans la pers­pec­tive de son deve­nir et de son évo­lu­tion – dans le fait de se lever sur ses deux jambes et même de se mon­ter sur la pointe des pieds pour ten­ter de voir « par des­sus » ce qui abaisse, s’élever dans la condi­tion d’humains dési­rant, par­lant, connais­sant, com­pre­nant, aimant.

Alors, ces reli­gions d’ « amour », ont-elles appor­té la paix, la vie libre et joyeuse, la jus­tice, la connais­sance ? Et la tolé­rance ? Ou ont-elles alié­né hommes et femmes – sur­tout les femmes… –, mal­trai­té les enfants, mépri­sé les ani­maux ; incul­qué la culpa­bi­li­té et la sou­mis­sion ; atta­qué la phi­lo­so­phie et la science ; colo­ni­sé la culture et impré­gné jusqu’au lan­gage ; jeté des inter­dits sur la sexua­li­té et les mœurs (contra­cep­tion, avor­te­ment, mariage et même l’alimentation) ; com­man­dé à la poli­tique et aux puis­sants…

Torah, Bible, Évan­giles, Coran – com­ment admettre que ces écrits, et a for­tio­ri un seul, puisse conte­nir et expri­mer LA véri­té ? Par quels renon­ce­ments l’humain a-t-il che­mi­né pour fina­le­ment dis­soudre sa ratio­na­li­té et son juge­ment ? Mys­tère de la croyance… Soit ! encore une fois pas­sons sur ce cha­pitre de l’insondable ! Mais, tout de même, la reli­gion comme sys­tème sécu­lier, comme ordre ecclé­sial, avec ses cohortes, ses palais, ses for­te­resses spi­ri­tuelles et tem­po­relles… Son his­toire mar­quée en pro­fon­deur par la vio­lence : croi­sades, Inqui­si­tion (je voyais l’autre soir sur Arte, Les Fan­tômes de Goya, de Milos For­man… ; une his­toire de tout juste deux siècles !), guerres reli­gieuses, Saint-Bar­thé­le­my, les bûchers, et aus­si les colo­ni­sa­tions, eth­no­cides, sou­tiens aux fas­cismes… Ça c’est pour le judéo-chris­tia­nisme.

Côté isla­misme, qui dit se dis­pen­ser de cler­gé, son emprise ne s’en trouve que plus entiè­re­ment diluée dans les socié­tés, d’où l’impossible laï­cisme des isla­mistes, se vou­draient-ils « modé­rés ». Et que pen­ser de cette vio­lence endé­mique deve­nue syno­nyme d’islam, jusque dans nos contrées d’immigration où d’autres extré­mismes en nour­rissent leurs fonds de com­merce natio­na­listes ? Sans doute un héri­tage du Coran lui-même et de Maho­met pré­sen­té dans son his­toire comme le « Maître de la ven­geance » et celui qui anéan­tit les mécréants… Voir sur ce cha­pitre les nom­breuses sou­rates invo­quant l’anéantissement des juifs, chré­tiens et infi­dèles – tan­dis que, plus loin, d’autres ver­sets pro­mulguent une « sen­tence d’amitié » – contra­dic­tion ou signe oppor­tu­niste de « tolé­rance » ? Voir en réponse les fat­was de condam­na­tion à mort – dont celles de Sal­man Rush­die par Kho­mei­ny (avec mise à prix rehaus­sée des jours-ci ! 4) et de Tas­li­ma Nas­reen qui a dû s’exiler de son pays, le Ben­gla­desh. Voir l’assassinat de Théo van Gogh à Amster­dam, poi­gnar­dé puis ache­vé de huit balles et égor­gé en pleine rue ; dans un docu­men­taire, il venait de dénon­cer le trai­te­ment réser­vé aux femmes dans l’islam.[Le voir ci-des­sous.] 5

Même double lan­gage chez le dieu juif Yah­vé pour jus­ti­fier…l’extermination de cer­tains peuples de Pales­tine (dont les Cana­néens…) Cela en ver­tu du fait que les juifs seraient « le peuple élu de Dieu », dont le pre­mier com­man­de­ment est « Tu ne tue­ras pas » ! Ce fan­tasme juif ali­mente en les légi­ti­mant le colo­nia­lisme et ce qui s’ensuit en Pales­tine et l’affrontement des théo­cra­ties. Affron­te­ment éga­le­ment par affi­dés inter­po­sés et leurs États ou orga­ni­sa­tions ter­ro­ristes : Bush contre Al Quaï­da, Tsa­hal contre le Hez­bol­lah, « kami­kazes » contre popu­la­tion civile. Vio­lences innom­mables, guerres sans fin.

Quant au film « blas­phé­ma­toire » qui agite de plus belle les fana­tiques isla­mistes, il est curieux que nos médias de masse, radios et télés, semblent en contes­ter la légi­ti­mi­té du fait qu’il serait bri­co­lé, mal fice­lé, « pas pro »… Comme s’il s’agissait d’une ques­tion d’esthétique ! Quoi qu’il soit et quels que soient ses com­man­di­taires, il fait bien appa­raître par les répliques qu’il pro­voque le niveau de fana­tisme impré­gnant les pays musul­mans. Ce qui s’était déjà pro­duit avec les cari­ca­tures danoises de Maho­met, dont cer­tains avaient, de même, contes­té la qua­li­té artis­tique ! Et Goya, au fait, lorsqu’il repré­sen­tait les visages de l’Inquisition, était-ce bien esthé­tique ? 6

La ques­tion ne porte aucu­ne­ment sur la nature du « sacri­lège » mais sur la dis­pro­por­tion de la réplique engen­drée, allant jusqu’à mort d’hommes – l’ambassadeur états-unien et de ses col­la­bo­ra­teurs en Libye, vic­times sacri­fi­cielles et à ce titre tota­le­ment ins­crites dans un pro­ces­sus d’expiation reli­gieuse !

Et plus près de nous, que dire des pro­vo­ca­tions menées à Paris devant l’ambassade amé­ri­caine ? Et aus­si à La Cour­neuve, lors de la fête de l’Huma où Caro­line Fou­rest a été cha­hu­tée, mena­cée, insul­tée et empê­chée de débattre – entre autres sur ces ques­tions d’intégrisme qui font les choux gras du Front natio­nal !

Comme quoi, pour résu­mer, une insulte contre la foi – ou ce qui en tient lieu –consti­tue un crime plus grave que de s’en prendre à un être vivant.

17 sep­tembre 2012

Notes:

  1. En dehors du monde musul­man, évi­dem­ment… Bien que des oppo­si­tions plus ou moins décla­rées appa­raissent ça et là dans l’islam.
  2. Même si on met un peu à part le judaïsme : cette reli­gion sans visée pla­né­taire directe retrouve tou­te­fois le chris­tia­nisme – ne dit-on pas le judéo-chris­tia­nisme ? – et l’islamisme dans cette même volon­té de péné­trer jusque dans les têtes et les ventres de cha­cun. En ce sens, celles qui se pré­sentent comme les « meilleures » par­viennent bien à être les pires dans leurs manœuvres per­ma­nentes d’aliénation. De même que leur « modé­ra­tion » demeure rela­tive à leur stra­té­gie hégé­mo­nique.
  3. Sources qui demeurent encore floues quatre ans après.
  4. 2012
  5. Dans ma ver­sion de sep­tembre 2012, j’avais man­qué, à tort, d’évoquer le cas de Ayaan Hir­si Ali, femme poli­tique et écri­vaine néer­lan­do-soma­lienne connue pour son mili­tan­tisme contre l’excision et ses prises de posi­tion sur la reli­gion musul­mane. Elle fut mena­cée de mort par Moham­med Bouye­ri, assas­sin du cinéaste Theo van Gogh, notam­ment à la suite de sa par­ti­ci­pa­tion au court-métrage du réa­li­sa­teur qui dénon­çait les vio­lences faites aux femmes dans les pays musul­mans.
  6. Le Guer­ni­ca de Picas­so n’est pas non plus une œuvre esthé­tique !

Le burkini, accessoire islamique ou glaive contre la laïcité

Dites-donc, les ami(e)s, ça fait deux bons mois que j’ai car­ré­ment déser­té la toile ! Et pas de pro­tes­ta­tions… À sup­po­ser que j’aie pu man­quer à d’aucuns, voi­ci une bonne ration qui devrait vous tenir au corps. Même s’il s’agit d’un sujet indi­geste. Comme l’est l’actu et ce monde si mal en point. Enfin, conso­la­tion : l’Euro de foot, c’est fait. Le Tour, aus­si. De même les JO. Pas­sons enfin à la poli­tique, la bonne, vraie, bien poli­ti­cienne. Voi­ci le temps béni de la mas­ca­rade (pré)électorale. Les jeux ne sont pas faits, mais si quand même, au sens des camem­berts dépas­sés…

Nous sommes début août à Mar­seille. La scène se passe juste avant l’affaire du siècle, dite du bur­ki­ni.

Un couple d’amis (Elle et Lui) et moi-même, nous remon­tons d’une jouis­sive bai­gnade pour rega­gner la Cor­niche et la voi­ture. Jetant un coup d’œil plon­geant sur la plage où nous avons nagé – qui, tenez-vous bien, s’appelle Plage du Pro­phète, tous les Mar­seillais connaissent… – , nous sur­plom­bons du regard deux nageuses côte à côte. L’une en maillot, l’autre entiè­re­ment habillée en noir, bar­bo­tant, accro­chée à une bouée.

Lui (à ma droite) :

– Ah, comme c’est beau et pai­sible ! Ces deux femmes si dif­fé­rentes et qui se baignent ensemble comme ça, sans pro­blèmes…

Je ne dis rien, trou­vant mon pote bien angé­lique dans sa vision du monde. Mais, bon…, depuis que je nage à ses côtés, on a eu connu d’autres tem­pêtes et dis­pu­tailles…

Elle (à ma gauche) :

– Ouais… Peut-être, mais moi, je ne me vois pas à la place de la femme habillée, devant sor­tir de l’eau avec le tis­su tout col­lé, sous ce soleil, avec le sel et le sable sur la peau !…

Moi (entre les deux, mais pen­chant vers Elle) :

– D’accord avec toi ! En plus, je vois tout de même chez cette femme un renon­ce­ment au bien-être, ce qui est dom­mage, mais enfin… Ce qui me contra­rie sur­tout c’est la sou­mis­sion à un ordre moral – reli­gieux en l’occurrence.

Bon. C’était midi pas­sé, il fai­sait faim (et beau), on n’allait tout de même pas se gâcher un pareil moment de vie. On monte dans l’auto et les por­tières se referment sur le débat à peine amor­cé.

burkini

Calanques de Mar­seille, juillet 2016. La mode s’empare du reli­gieux bana­li­sé, mar­chan­di­sé. Un pro­sé­ly­tisme ordi­naire… [Ph. gp]

Depuis, il y a eu ces inter­dic­tions décré­tées par des maires – de quel droit au juste, en ver­tu de quel pou­voir, dans quel but réel, à défaut d’un but avoué ? Quand j’entends des voix de droite et d’extrême droite bran­dir le mot « laï­ci­té », comme ils par­le­raient de culture ou de fra­ter­ni­té… pour un peu je sor­ti­rais mon revol­ver (hep, c’est une image, hein, une réfé­rence… cultu­relle ! 1) Car ils parlent d’une cer­taine laï­ci­té, la leur, qu’ils assor­tissent d inter­dic­tion, de rejet, d’exclusion. Une laï­ci­té cache-sexe, j’ose le dire, d’une atti­tude en gros anti-musul­mane, voire anti-arabe.

Et puis il y eut cette décla­ra­tion de Manuel Valls à pro­pos de ces maires cen­seurs : « Je sou­tiens […] ceux qui ont pris des arrê­tés, s’ils sont moti­vés par la volon­té d’encourager le vivre ensemble, sans arrière-pen­sée poli­tique. » Et c’est qu’il en connaît un rayon, le pre­mier ministre, en matière d’arrière-pensée poli­tique ! Une autre belle occa­sion de se taire. 2

Par­lons-en de l’« arrière-pen­sée poli­tique » ! Puisqu’il n’y a que ça désor­mais en poli­tique, à défaut de pen­sée réelle, pro­fonde, sin­cère, por­teuse de sens et non pas d’intentions cachées et autres coups four­rés. Tan­dis que ces mêmes poli­ti­ciens se gar­ga­risent de Démo­cra­tie et de Répu­blique, avec majus­cules. Ain­si, quoi qu’ils déclarent, ou éructent, s’est selon, et spé­cia­le­ment sur ces registres des inter­fé­rences por­tant sur les reli­gions – en fait sur le seul pro­blé­ma­tique islam –, se trouve enra­ci­né dans l’arrière-monde poli­ti­cien des fameuses « arrière-pen­sées » évo­quées par Valls. On ne sau­rait oublier que la par­tie de poker men­teur en vue de la pré­si­den­tielle de 2017 est for­te­ment enga­gée.

C’est pour­quoi, s’agissant de ces ques­tions dites du « vivre ensemble », la parole poli­tique ne par­vient plus à offrir le moindre cré­dit, à l’exception pos­sible, épou­van­table, des « vierges » de l’extrême droite, encore « jamais essayées » et, à ce titre, exer­çant leur séduc­tion auprès des élec­teurs échau­dés et revan­chards, ou incultes et incons­cients poli­ti­que­ment autant qu’historiquement. D’où les sur­en­chères ver­bales qui se suc­cèdent en cas­cades. Ce sont les mêmes qui pour­raient élire un Trump aux Etats-Unis, ou qui ont déjà voté pour un Orban en Hon­grie, un Pou­tine en Rus­sie, un Erdo­gan en Tur­quie, etc. – sans par­ler des mul­tiples offres popu­listes qui tra­versent l’Europe et tant d’autres pays. 3

La perte de cré­dit des poli­ti­ciens explique en grande par­tie la grande fatigue de la démo­cra­tie : pro­gres­sion des abs­ten­tions et des votes de refus lors des élec­tions ; sus­pi­cion crois­sante à l’égard des élites consi­dé­rées comme… éli­tistes, se regrou­pant et se repro­dui­sant dans l’entre soi des mondes de l’économie, des « déci­deurs » et des médias acca­pa­rés par les finan­ciers. Le tout, avec pour corol­laire la mon­tées des vio­lences urbaines et des inci­vismes ; les replie­ments et affron­te­ments com­mu­nau­ta­ristes ; le sen­ti­ment d’insécurité ; le rejet de l’Autre, la xéno­pho­bie, l‘antisémitisme et le racisme.

Toutes choses qu’on peut essayer de com­prendre et même d’expliquer, sans pour autant les jus­ti­fier – comme l’a hélas pré­ten­du le même Valls déjà cité ici pour la « per­ti­nence » de ses pro­pos. Com­ment vou­loir orga­ni­ser la polis – la cité – si on renonce à en com­prendre les (dys)fonctionnements ?

Ain­si quand on déplore la « bar­ba­rie » d’extrémistes reli­gieux en invo­quant l’« obs­cu­ran­tisme », on n’explique en rien la dérive vers l’extrême vio­lence des sys­tèmes reli­gieux – isla­mistes en l’occurrence 4. Se plaindre de l’obscurité par l’absence de lumière ne fait pas reve­nir la clar­té. C’est ici que je place « mon » Bos­suet, ce bigot éru­dit : « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils ché­rissent les causes » 5 … Dieu se marre, moi avec : je ris jaune tout de même. De ma fenêtre, les reli­gions sont une des causes pre­mières des affron­te­ments entre humains, notam­ment en ce qu’elles valident des croyances fra­tri­cides, ou plu­tôt homi­cides et géno­cides ; les­quelles génèrent les injus­tices et les dérè­gle­ments sociaux qui ali­mentent l’autre série des « causes pre­mières » de la vio­lence intra espèce humaine. J’ajoute, l’ayant déjà dit ici, que je consi­dère aus­si le nazisme et le sta­li­nisme sous l’angle des phé­no­mènes reli­gieux.

indigenes-republiqueDe l’autre côté, accu­ser la Répu­blique de tous les maux, jusqu’à vou­loir l’abattre, au nom d’un pas­sé colo­nial inex­piable, qui vau­drait malé­dic­tion éter­nelle aux géné­ra­tions sui­vantes, c’est dénier l’Histoire et enfer­mer l’avenir dans la revanche, la haine et le mal­heur. C’est notam­ment la posi­tion de mou­ve­ments « pyro­manes » comme Les Indi­gènes de la Répu­blique par­lant de « lutte des races sociales » tout en qua­li­fiant ses res­pon­sables de sou­chiens – néo­lo­gisme jouant per­fi­de­ment sur l’homophonie avec sous-chiens et vou­lant en même temps dési­gner les « Fran­çais de souche » chers aux Le Pen.

Ce qui m’amène à évo­quer l’affaire de Sis­co, ce vil­lage du Cap corse qui a vu s’affronter des habi­tants d’origine magh­ré­bine et des Corses… d’origine. Je n’y étais pas, certes, et ne puis que me réfé­rer à ce que j’en ai lu, et en par­ti­cu­lier au rap­port du pro­cu­reur de la Res publicæ – au nom de la Chose publique. Selon lui, donc, les pre­miers se seraient appro­prié une plage pour une fête, « en une sorte de caï­dat » ; ce qui ne fut pas pour plaire aux seconds… Tan­dis que des pho­tos étaient prises, incluant des femmes voi­lées au bain… Cas­tagnes, cinq bles­sés, police, voi­tures incen­diées. Pour résu­mer : une his­toire de ter­ri­toire, de concep­tion socié­tale, de culture.

Le mul­ti­cul­tu­ra­lisme se nour­rit aus­si de bien des naï­ve­tés. Sur­tout, il est vrai, auprès d’une cer­taine gauche d’autant plus volon­tiers accueillante que bien à l’abri des cir­cuits de migra­tion… Les Corses sont des insu­laires [Excu­sez le pléo­nasme…] et, comme tels, his­to­ri­que­ment, ont eu à connaître, à redou­ter, à com­battre les mul­tiples enva­his­seurs, des bar­bares – au sens des Grecs et des Romains : des étran­gers ; en l’occurrence, et notam­ment, ce qu’on appe­lait les Sar­ra­sins et les Otto­mans, autre­ment dit des Arabes et des Turcs. D’où les nom­breuses tours de guet, génoises et autres, qui par­sèment le lit­to­ral corse, comme à Sis­co. Des monu­ments – du latin « ce dont on se sou­vient » – attestent de ce pas­sé dans la dure­té de la pierre autant que dans les mémoires et les men­ta­li­tés – même éty­mo­lo­gie que monu­ment !

Ain­si les Corses demeurent-ils on ne peut plus sour­cilleux de leur ter­ri­toire et, par delà, de leurs par­ti­cu­la­rismes, sou­vent culti­vés à l’excès, jusqu’aux natio­na­lismes divers et ses variantes qui peuvent se tein­ter de xéno­pho­bie et de racisme [Enre­gis­tré après l’affaire de Sis­co, un témoi­gnage affli­geant de haine en atteste ici : https://www.youtube.com/watch?v=rPvKFUt0PH0 ]

En face, d’autres insu­laires, selon leur propre his­toire : « expor­tés » par l’Histoire (il ne s’agit nul­le­ment de nier la réa­li­té et les effets du colo­nia­lisme) et en par­ti­cu­lier les migra­tions éco­no­miques, ain­si deve­nus insu­laires, c’est-à-dire iso­lés de leur propre culture et sur­tout de leur reli­gion. Tan­dis que la récente mon­dia­li­sa­tion, telle une tem­pête pla­né­taire, relance avec vio­lence les « chocs des cultures » – je ne dis pas, exprès « civi­li­sa­tions » 6 Mais c’est un fait que l’intrusion mili­taire de l’Occident dans le monde musul­man, sous la hou­lette des Bush et des néo-conser­va­teurs états-uniens a consti­tué un cata­clysme géo­po­li­tique ne ces­sant de s’amplifier, abor­dant aujourd’hui le rivage corse de Sis­co et qui, si j’ose dire, s’habille désor­mais en bur­ki­ni.

Retour donc au fameux bur­ki­ni avec la posi­tion de la Ligue des Droits de l’Homme qui, dénon­çant le rac­cour­ci par lequel des maires lient le port du bur­ki­ni au ter­ro­risme, ajoute dans son com­mu­ni­qué : « Quel que soit le juge­ment que l’on porte sur le signi­fiant du port de ce vête­ment, rien n’autorise à faire de l’espace public un espace régle­men­té selon cer­tains codes et à igno­rer la liber­té de choix de cha­cun qui doit être res­pec­tée. Après le « bur­ki­ni » quel autre attri­but ves­ti­men­taire, quelle atti­tude, seront trans­for­més en objet de répro­ba­tion au gré des pré­ju­gés de tel ou tel maire ? Ces mani­fes­ta­tions d’autoritarisme […] ren­forcent le sen­ti­ment d’exclusion et contri­buent à légi­ti­mer ceux et celles qui regardent les Fran­çais musul­mans comme un corps étran­ger à la nation. »

Pour la LDDH, certes dans son rôle, il s’agit de mettre en avant et de pré­ser­ver le prin­cipe démo­cra­tique pre­mier, celui de la liber­té : d’aller et venir, de pen­ser, de prier, de dan­ser, de s’habiller, etc. dès lors qu’on n’attente à qui que ce soit et à aucune des liber­tés. C’est aus­si la posi­tion des Femen qui, tout en déplo­rant l’enfermement des femmes dans le vête­ment, entendent défendre le libre choix de cha­cun.

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Les Ira­niens sont de plus en plus nom­breux à poser avec, sur la tête, le voile de leur fian­cée, de leur épouse, de leur mère ou de leur fille ! Nom de code sur les réseaux sociaux : #menin­hi­jab

Le hic vient cepen­dant de ce que le bur­ki­ni n’est pas l’équivalent symé­tri­que­ment inver­sé du biki­ni et qu’on ne peut pas s’en sor­tir avec une for­mule comme « quel que soit le signi­fiant… » ; cette tenue exprime en effet un conte­nu reli­gieux affir­mé, reven­di­qué – ce que n’est pas le biki­ni, qui relève de la mode, ou seule­ment de la mar­chan­dise ves­ti­men­taire. Il est aus­si vrai que le bur­ki­ni a été inven­té et lan­cé par des acteurs de la mode et que son com­merce atteint aujourd’hui des som­mets et que, comme tel, son conte­nu reli­gieux semble tout rela­tif… Ain­si, bur­ki­ni et biki­ni ne pré­sen­te­raient pas qu’une proxi­mi­té lexi­cale, ils par­ta­ge­raient une fonc­tion éro­tique sem­blable par une mise en valeur du corps fémi­nin comme le font le ciné­ma et la pho­to por­no­gra­phiques, pas seule­ment par la nudi­té crue, mais aus­si par le mou­lage des formes sous des vête­ments mouillés. Le pro­blème demeure cepen­dant : il est bien celui de l’intrusion du reli­gieux dans le corps de la femme et dans sa liber­té. Par delà, il pousse le glaive des dji­ha­distes dans le corps si fra­gi­li­sé des démo­cra­ties « mécréantes », inci­tant à des affron­te­ments de type eth­niques et com­mu­nau­taires, met­tant à bas l’idéal du « vivre ensemble », pré­ludes à la guerre civile. Une telle hypo­thèse – celle de l’État isla­mique – peut sem­bler invrai­sem­blable. Elle n’est nul­le­ment écar­tée par les voix par­mi les plus éclai­rées d’intellectuels de culture musul­mane. C’est le cas des écri­vains algé­riens comme Kamel Daoud et Boua­lem San­sal ou comme le Maro­cain Tahar Ben Jel­loun.

À ce stade de l’explication (Valls n’est pas tenu de s’y ran­ger…), quelles solu­tions envi­sa­ger pour désa­mor­cer ce pré­lude à la guerre civile aux noms d’Allah et de Dieu (pour­tant unique selon les mono­théismes – le judaïsme, reli­gion du par­ti­cu­lier eth­nique, demeu­rant en l’occurrence au seuil de la polé­mique, ayant assez à faire avec l’usage public de la kip­pa… ; et le boud­dhisme tota­le­ment en dehors) ?

Pour ma part, non sans mûres réflexions, je serais ten­té d’en appe­ler à la stricte laï­ci­té « à la fran­çaise », selon la loi de 1905, comme solu­tion sus­cep­tible d’apaiser les conflits : pas de signes reli­gieux (disons osten­ta­toires) dans l’espace public. On note­ra à ce sujet que les tolé­rances actuelles des reli­gions par rap­port aux mœurs demeurent rela­tives, récentes et fra­giles – voir la réac­tion du mou­ve­ment Famille pour tous et du cler­gé catho­lique, pour ne par­ler que de la France ! Donc pré­fé­rer la Laï­ci­té pour tous afin que les vaches soient bien gar­dées… Au delà de la bou­tade, il est vrai que le risque demeure pour les femmes musul­manes de se voir exclues tota­le­ment de l’espace public, et des plages en par­ti­cu­lier. À elles alors de se rebel­ler, y com­pris et peut-être d’abord contre leurs domi­na­teurs mâles, obsé­dés sexuels tra­vaillés par un appa­reil reli­gieux datant du VIIIe siècle. À moins qu’elles ne pré­fèrent l’état de ser­vi­tude, lequel rele­vant de la sphère pri­vée, loin de tout pro­sé­ly­tisme au ser­vice d’une néga­tion de la vie et du droit à l’épanouissement de tout indi­vi­du, homme, femme, enfant.

Je recon­nais que l’injonction est facile… Elle a valu et vaut tou­jours pour les femmes qui, dans le monde, sont tout juste par­ve­nues à se libé­rer, ou même par­tiel­le­ment. C’est qu’il leur a fal­lu se battre. Tan­dis que leurs droits dure­ment acquis sont par­fois remis en cause – le plus sou­vent sous la pres­sion reli­gieuse plus ou moins directe. Elles se sont sou­le­vées dans le monde isla­mi­sé et conti­nuent de le faire, en avant-gardes mino­ri­taires, trop sou­vent au prix de leur vie. Il leur arrive même d’être sou­te­nues par des hommes. Comme actuel­le­ment en Iran, avec cette cam­pagne appuyée par des pho­tos où des hommes appa­raissent voi­lés aux côtés de femmes têtes nues. J’ai failli écrire « cha­peau ! »

––––

Com­ment ne pas appré­cier ce billet de Sophia Aram, lun­di sur France inter. Indis­pen­sable, cou­ra­geuse, pétillante Sophia – la sage ico­no­claste. Mais « gro­tesque », cette affaire ? Puisse-t-elle dire vrai !

Notes:

  1. Dans une pièce de Hanns Johst, dra­ma­turge alle­mand nazi, la cita­tion exacte : « Quand j’entends par­ler de culture... je relâche la sécu­ri­té de mon Brow­ning ! »
  2. Par­mi ces maires, celui de Vil­le­neuve-Lou­bet (06), Lion­nel Luca, favo­rable au réta­blis­se­ment de la peine de mort… convain­cu du rôle posi­tif de la colo­ni­sa­tion. Sym­pa.
  3. Et, tiens ! revoi­là le « sar­ko » tout flam­bant-flam­bard, revir­gi­ni­sé à droite toute. Deux de ses idées d’enfer : « Toute occu­pa­tion illi­cite de place sera immé­dia­te­ment empê­chée, et les zadistes seront ren­voyés chez eux. » « En cas de dégâts sur la voie publique à la suite d’une mani­fes­ta­tion à laquelle ils auraient appe­lé, les syn­di­ca­listes devront régler les dom­mages sur leurs propres deniers. »
  4. Quelle reli­gion, dans le fil de l’Histoire, pour­rait se dédoua­ner de tout extré­misme violent ?
  5. Cita­tion attri­buée à Bos­suet, évêque de Meaux (avant Copé), pré­di­ca­teur, 1627-1704.
  6. Je ne sou­haite pas ici débor­der sur la contro­verse autour du livre de Samuel Hun­ting­ton, Le Choc des civi­li­sa­tions, paru en 1997.

  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse pos­tale !)

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Rus­sel)

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    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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