On n'est pas des moutons

Mot-clé: religion


Amputé après la chute d’un crucifix, un Américain porte plainte

« NEWBURGH, N.Y.

« Un homme qui avait dû être amputé d’une jambe après la chute d’un cru­ci­fix de 273 kg a porté plainte contre l’église. Le pro­cès doit avoir lieu en jan­vier 2013, a annoncé Me Kevin Kit­son, son avocat.

 

« La vic­time, David Jime­nez, avait prié devant le cru­ci­fix placé à l’extérieur de l’église Saint-Patrick à New­burgh, dans l’État de New York, car un can­cer des ovaires avait été diag­nos­ti­qué à son épouse. Après la gué­ri­son de cette der­nière, David Jime­nez avait voulu mon­trer sa gra­ti­tude en net­toyant la croix. En mai 2010, le cru­ci­fix s’était écrasé sur sa jambe droite, qui avait ensuite dû être cou­pée, a raconté Me Kitson.

 

« David Jime­nez demande trois mil­lions de dol­lars à l’église, qui affirme ne pas être responsable. »

 

Cette dépêche d’Asso­cia­ted Press, reprise sans com­men­taires par La Presse de Mont­réal du 7 novembre 2012, laisse en effet sans voix. Je n’y aurais rien ajouté non plus si ça ne me gra­touillait pas autant…

 

Comme la foudre qui s’abat sur un clo­cher, ça ne laisse d’interpeller, non ? Et cette his­toire de la vieille tante du copain : par­tie vaillante en train pour un pèle­ri­nage à Lourdes, la voilà qui revient sur une civière. Son pied avait roulé sur un cierge. L’anti-miracle, ça arrive aussi.

 

Doublée des meilleures intentions et de l'esprit… pratique, cette pieuse image datant de feu "Hara Kiri", paix à son âme, m'a été adressée par frère Daniel, un saint homme et ami de longue date.

Dou­blée des meilleures inten­tions et de l’esprit… pra­tique, cette pieuse image datant de feu « Hara Kiri », paix à son âme, m’a été adres­sée par frère Daniel, un saint homme et ami de longue date.

J’en pro­fite pour pas­ser au rayon Sciences. J’écoutais hier avec grand inté­rêt les pro­pos radio (France inter) d’Etienne Klein, phy­si­cien, phi­lo­so­phie des sciences. « Pen­ser l’origine » (du monde, ajou­te­rait Gus­tave Cour­bet, qui voyait « la chose » à courte dis­tance cos­mique, quoique…), une sorte d’impasse dont on ne peut même pas ima­gi­ner le bout. Pen­ser la fin, c’est ima­gi­ner le non-être, en défi­nir les contours et les pro­prié­tés, qu’il ne sau­rait avoir… car ce ne serait alors plus le néant. Une apo­rie, comme on dit en haute sphère.

 

On ne peut voir le bout du tun­nel et il en va de même de l’entrée. Klein remet « en cause » le fameux big bang, non pas comme hypo­thèse, mais en tant que « point zéro ». Qu’y avait-il donc avant l’instant dit « zéro » ? Quid de la matière et de l’énergie « noires » – invi­sibles et pour­tant pro­bables ? Et si la théo­rie de la rela­ti­vité géné­rale demeure valable, elle ne s’appliquerait qu’à la seule éner­gie de la gra­vi­ta­tion, et pas aux trois autres connues : élec­tro­ma­gné­tique, nucléaire faible, nucléaire forte. La ques­tion de l’origine est donc, par excel­lence, ce qu’on appelle une ques­tion ouverte. Grande ouverte sur l’in-connaissance. Une ivresse. Comme celle de la foi des croyants ?

Tou­jours est-il que les sciences m’enivrent. À la nôtre !


Rome et Roms. Sarkozy ou l’art de bien cirer les mules du pape

Ce président-là, qui estime plus un curé qu’un ins­ti­tu­teur, est donc allé cirer les mules du pape – pour ne pas dire plus vul­gaire. Aller à Rome régler une (sale) his­toire de Roms et pour se faire par­don­ner  les offenses por­tées à cette France catho, bien pen­sante d’ordinaire et cepen­dant aujourd’hui tarau­dée dans son sar­ko­zysme, y a-t-il plus vul­gaire en politique ?

Eh bien oui, il y a  ! Ainsi lors de l’échange des cadeaux (ça se fait) : si on en croit le cor­res­pon­dant à Rome de France Inter [8/10/10], Eric Val­myre, Sar­kozy l’intello a offert au pape une édi­tion d’époque du Génie du chris­tia­nisme et des Mémoires d’outre-tombe de Cha­teau­briand. Ça le repo­sera des mis­sels. En retour, vei­nard, il a reçu du pape une faïence et une gra­vure repré­sen­tant la place Saint-Pierre. Ravi, le « cha­noine d’honneur », ainsi bap­tisé en 2007 à Saint-Jean de Latran…, en a pro­fité pour deman­der une petite ral­longe, un pour­liche, une aumône : un cha­pe­let sup­plé­men­taire pour sa nièce… Oh que c’est tou­chant ! Et car­ré­ment vul­gos. Comme d’avoir amené des invi­tés sup­plé­men­taires à la visite de Las­caux. Ah ! ces petits coups de pis­ton et grands coups de canif dans la fonc­tion pré­si­den­tielle. On ne le refera pas. Dans un sens c’est aussi bien ainsi. Tant qu’à devoir le gar­der, que ce soit dans son entièreté.

PS. Et il l’a eu, son cha­pe­let en rab’, ainsi qu’en atteste l’agence AP : « Le secré­taire per­son­nel du pape, Mgr Georg Gäns­wein, s’est chargé d’aller en cher­cher un et de l’apporter à Nico­las Sar­kozy. »


Simplicité et émotion. Elisabeth et Benoît se sont dit « oui » hier à Glasgow

Après la messe, les « just mar­ried » rega­gnant leur papa­mo­bile pour une des­ti­na­tion secrète. Ph. ♋ x.

C’est en Écosse, à Glas­gow, qu’Eli­sa­beth et Benoît se sont dit « oui » hier soir. Ils n’ont pour­tant pas radiné: 70 000 invi­tés à la céré­mo­nie, empreinte de sim­pli­cité et d’émotion, dou­blée d’une messe ras­sem­blant les parents et amis de chaque famille, les Deux et les Seize. Si le couple se mul­ti­plie, il aura trente-deux des­cen­dants – ce qui est consi­dé­rable, sur­tout à cet âge. S’il se divise, cela ira de 2 : 16 = 0,125 (pas viable) à 16 : 2 = 8 (encore trop). Parions plu­tôt sur l’avenir radieux de ce couple uni sous les meilleurs hos­pices [je sais, c’est exprès !].

Retrans­mise en direct sur TF1, la céré­mo­nie a bien sûr été com­men­tée par Boris Zitrone (l’arrière petit-fils), lequel, citant les Évan­giles en latin, anglais, alle­mand et russe (sous-titré en VF), a rap­pelé qu’il ne suf­fi­sait pas de faire des enfants, encore fallait-il les mettre à l’abri des curés pédo­philes. Et à ce pro­pos, il a repris les toutes fraîches paroles pro­non­cées à West­mins­ter par Benoît Seize, très au fait des actua­li­tés : « L’Eglise n’a pas été assez vigi­lante ». Certes, a sèche­ment ponc­tué le com­men­ta­teur vedette de la chaîne qui, ensuite, dans ce style inimi­table, c’est-à-dire sua­ve­ment ampoulé, s’est com­plu à sou­li­gner les tenues des « just mar­ried » : « Pour l’élue, casaque et toque de soie d’un déli­cat vert vieil-anglican ; mocas­sins sombres. Pour Lui, par des­sus le kilt ral­longé, casaque et toque d’un blanc légè­re­ment beurre-frais tran­chant sur le rouge « grand fou, va ! » de ses babouches ».

En somme, une céré­mo­nie d’un goût exquis, ras­sem­blant sur moins d’un mètre carré et tout juste en un feuillet dac­tylo une dose concen­trée d’anti-royalisme et d’anti-cléricalisme bien pri­maires. Ouah, que ça fait du bien !


Algérie. Une douzaine d’emprisonnements pour non observance du ramadan

Pour n’avoir pas observé le jeûne pen­dant le rama­dan, Hocine Hocini, 47 ans, et Salem Fel­lak, 34 ans, deux ouvriers algé­riens, ori­gi­naires d’Ain El Ham­mam, près de Tizi-Ouzou en Kaby­lie, ont été jetés en pri­son ! Selon El Watan du 9 sep­tembre, une dizaine d’autres cas sem­blables se sont éga­le­ment pro­duits en Kabylie.

Sur­pris en train de boire de l’eau par des poli­ciers qui ont immé­dia­te­ment pro­cédé à leur arres­ta­tion, audi­tion­nés ensuite par le par­quet, ces deux Algé­riens, dont l’un est de confes­sion chré­tienne, incarnent à pré­sent le com­bat contre la vio­la­tion des liber­tés fon­da­men­tales en Algérie.

Une chaîne de sou­tien inter­na­tio­nale s’est mobi­li­sée contre leur pro­cès annoncé pour le 8 novembre. Sur Inter­net, ACOR SOS Racisme, une ONG suisse, vient de lan­cer un appel de mobi­li­sa­tion, relayé dans de nom­breux pays et orga­ni­sa­tions internationales.

L’Algérie a pour­tant rati­fié les trai­tés inter­na­tio­naux rela­tifs aux droits de l’homme et notam­ment le Pacte inter­na­tio­nal rela­tif aux droits civils et politiques…

L’intolérance, par­ti­cu­liè­re­ment en matière reli­gieuse, demeure une cala­mité mon­diale. Tan­dis que la tolé­rance poli­tique, para­doxa­le­ment, comme aux Etats-Unis, conduit au délire spec­ta­cu­laire le pas­teur Terry Jones et son groupe inté­griste de « brû­leurs de Coran », en Flo­ride. Ce fléau est aussi vieux que le monde des croyances exa­cer­bées. On ne citera ici que pour mémoire, la com­bien emblé­ma­tique affaire du che­va­lier de la Barre, ce jeune homme mort dans les plus atroces tor­tures. Il n’avait pas ôté son cha­peau au pas­sage d’une pro­ces­sion reli­gieuse. Ça s’est passé à Abbe­ville, en 1766 [affaire évo­quée ici].

L’an der­nier, au Maroc, six jeunes avaient aussi été pour­sui­vis pour refus de pra­ti­quer le rama­dan. Et n’oublions pas, bien sûr, la condam­na­tion à mort par lapi­da­tion qui pèse tou­jours sur l’Iranienne Saki­neh Moham­madi Ash­tiani, accu­sée d’adultère.

Des­sin de Zino, El Watan, Alger

Le quo­ti­dien d’Alger, El Watan, entre autres médias, fait grand bruit de ces affaires. Has­san Moali s’indigne en ces termes : « Ces poli­ciers, à qui, on s’en doute, on a mis la puce à l’oreille, n’ont stric­te­ment aucun droit de punir un non– jeû­neur. L’islam qui est une reli­gion de tolé­rance, abs­trac­tion faite des com­por­te­ments odieux de cer­tains zélés, pro­fesse avec force «qu’en reli­gion, il n’y a point de contrainte» (La Ikraha Fi Eddine). Un fidèle ou un infi­dèle n’a de compte à rendre qu’à Dieu et non à un flic ou un autre bras armé de l’État à qui l’on demande de jouer au redres­seur des torts. A tort… »

De nom­breuses réac­tions sont publiées sur le site du jour­nal, telles celle-ci, signée « Bled miki » : « Je sou­tiens tous les non jeû­neurs, car moi même je n’ai jamais jeûné de ma vie, je ne suis pra­ti­quant d’aucune reli­gion, j’en ai pas besoin de reli­gion pour être quelqu’un de bien, je consi­dère que je suis meilleur dans la bonté que 95% des musul­mans pra­ti­quants, je le vois autour de moi, dans mon tra­vail, y a qu’en mois de rama­dan qu’ils arrêtent de men­tir et de voler. Je ne suis pas contre aucune reli­gion mais j’ai hor­reur des hypocrites.

« En tout j’en suis convaincu d’une chose, si vrai­ment le bon dieu existe donc il devrait être infi­ni­ment plus intel­li­gent que nous, j’en suis convaincu que la majo­rité des gens qui se disent musul­mans ne goû­te­ront pas à son para­dis tel­le­ment ils sont hypo­crites, into­lé­rants, méchants..car ils ne font le rama­dan et la prière que pour l’image ou juste parce que on leur a pro­mis le para­dis ou parce qu’ils ont peur de l’enfer.

« Moi j’ai la conscience tran­quille j’aime tous les êtres humains sans dis­tinc­tion aucune.

« J’en ai plus que marre de cette into­lé­rance, j’aspire à vivre chez moi en Kaby­lie où l’amour régnera en roi ou le res­pect sera de mise, où on res­pecte la liberté indi­vi­duelle et toutes croyances.

« Lais­ser nous vivre comme on veut chez nous. »


Onfray, Freud et les freudistes. Le crépuscule d’un débat religieux

Des fan­tasmes comme chacun…

Je le dis tout net,  je n’ai pas lu Le cré­pus­cule d’une idole, l’affabulation freu­dienne de Michel Onfray, et n’aurai sans doute pas le temps, ni peut-être le désir de le faire avant que ne s’épuise la polé­mique galo­pante. J’ai tout de même envie d’en par­ler à plu­sieurs titres qui n’ont rien à voir avec tous ces paten­tés du grain de sel, dès lors qu’ils se disent psy-quelque chose, ou archi­tectes, ou phi­lo­sophes, écri­vains, etc. Je m’en mêle seule­ment au titre du regar­deur. De ce qui « me regarde ». Ou si on veut en tant que ce « voyeur du monde » qui pour­rait défi­nir le jour­na­liste atten­tif, labo­rieux labou­reur, inter­ro­ga­teur éven­tuel des incons­cients indi­vi­duels et col­lec­tifs for­geant ce qu’on nomme l’actualité, les évé­ne­ments…

Je m’interroge donc en par­ti­cu­lier sur la polé­mique elle-même, sa durée, son ampleur, sa forme pre­nant le pas sur le fond, sa vio­lence assas­sine – avec pré­mé­di­ta­tion bien mûrie, ran­cie, vacharde. Je vois un type, heu­reu­se­ment cos­taud en appa­rence, jeté à terre, pié­tiné, insulté, cru­ci­fié, si j’ose dire. Et j’ose, vu que je vou­drais ici cau­ser de reli­gion, d’hérésie, d’inquisition – toutes ces joyeu­se­tés géné­ra­le­ment acco­lées. Je me vois témoin assi­gné d’un pro­cès en sor­cel­le­rie, c’est-à-dire non pas une simple cabale, une ordi­naire bataille d’Hernani entre esthètes vin­di­ca­tifs… Non, il s’agit bien d’un pro­cès, qui plus est du type sta­li­nien, ou inqui­si­toire, ce qui est tout comme, et par lequel un cou­pable des­tiné au bûcher – c’est décidé dès l’instruction – se trouve illico jeté aux flammes.

Autant de faits insup­por­tables, rele­vant en fait du lyn­chage, qui m’amènent à tendre une main secou­rable – si tant est qu’elle soit utile à l’intéressé. Disons que ce geste m’est d’abord néces­saire, à moi-même, du double point de vue, intel­lec­tuel et moral.

De quel crime Onfray se trouve-t-il accusé et sous quels chefs d’inculpation ? – il ne s’agit déjà plus d’une « mise en exa­men ». Parce qu’il s’attaque à ce qui peut, après tout, être consi­déré sous l’angle du dogme reli­gieux, sinon de la secte la plus fer­mée… Qu’on en dis­cute ! Mais quoi ?, cau­ser avec un « fou rai­son­nant », un « révi­sion­niste », un « néo-paganiste anti­ju­déo­chré­tien », un « mas­tur­ba­teur », un « cancre », un « per­son­nage dou­teux » « pro­je­tant sur l’objet haï (Freud) ses propres obses­sions — les juifs, le sexe per­vers, les com­plots » ?

Ces qua­li­fi­ca­tifs sont pour le moins inquié­tants, éma­nant tous de freu­diens – non, plu­tôt de freu­distes, c’est-à-dire mili­tants d’une cause mena­cée dans ses fondements.

Que Michel Onfray s’attaque aux reli­gions en pro­fes­sant son athéisme, voilà qui peut pour le moins le rendre sus­pect ; mais après tout, les ico­no­clastes sont tolé­rés dans la mai­son du sei­gneur… Mais ici, ne s’agit-il pas, de s’en prendre à une science – quelle science, au fait ? quelle métho­do­lo­gie scien­ti­fique ? – de mettre en cause des Évan­giles et leur Mes­sie. On peut bien dire du Christ – et on ne s’en est pas gêné, y com­pris pour le récu­pé­rer de manière schis­ma­tique –, que c’était un anar­chiste aimant les femmes, et pourvu de mul­tiples autres qua­li­tés bien humaines et bien ordi­nai­re­ment névro­tiques… Mais envi­sa­ger que Freud pût être un affreux réac, voire un collabo !…

Or, il semble admis par les freu­distes que toutes ces « tares » du Père fon­da­teur étaient avé­rées depuis belle lurette… Dès lors pour­quoi en faire un casus belli et refu­ser le débat sur le fond de la psy­cha­na­lyse ? Pour­quoi ainsi pra­ti­quer le déni his­to­rique et ne pas dis­cu­ter sur l’hypothèse d’Onfray selon laquelle (Nietzsche n’est pas loin) toute doc­trine ou théo­rie exprime la bio­gra­phie même de son auteur. En un sens cela revient aussi à consi­dé­rer tout bon­ne­ment que cha­cun – chaque être dans sa vérité – se trouve résul­ter de sa propre his­toire vécue. Affir­ma­tion aussi banale que géniale – et dont on ne sau­rait dénier à Freud le mérite d’avoir su en explo­rer toute la com­plexité, en par­ti­cu­lier dans le domaine de l’inconscient.

Sex­pol spé­cial Wil­helm Reich, décembre 1977

S’il est une cri­tique que l’on se devrait de por­ter à l’encontre du freu­disme d’aujourd’hui c’est encore et tou­jours celle de son absence d’implication sociale. Cette même cri­tique de gauche qui avait pro­vo­qué des scis­sions dans le mou­ve­ment psy­cha­na­ly­tique, dès sa nais­sance, à par­tir d’analyses sociales – celles qui don­ne­ront nais­sance au freudo-marxisme, avec l’école de Franc­fort, et plus encore avec un Wil­helm Reich s’opposant, entre autres, au concept de « pul­sion de mort » –  enfoncé par les freu­distes de choc, sous l’accusation de « folie » – ce qui nous ramène à notre actualité.

Il m’est arrivé ici (ou pas loin) de repro­cher à Onfray ce que j’ai appelé son côté « prêchi-prêcha » et par­fois empê­cher de réflé­chir en paix, un peu le comble pour un accou­cheur phi­lo­so­phique. Mais je lui accorde aussi bien des mérites, comme de secouer les tor­peurs basiques dans les­quelles nos socié­tés et nos êtres s’engloutissent. Ce qui s’avère hau­te­ment salu­taire et donc si néces­saire dans nos socié­tés de croyances néo-obscurantistes. Sa « très grande faute », à Michel Onfray, aurait peut-être été ici, sur ce ter­rain freu­dien, d’oppo­ser à la psy­cha­na­lyse des argu­ments objec­ti­vables, de type scien­ti­fique, qui pour­rait pré­tendre remettre en cause tout effet de la cure ana­ly­tique. Disons que per­sonne n’en connaît tous les « méca­nismes », émi­nem­ment sub­jec­tifs – même si une cer­taine métho­do­lo­gie pré­tend tenir lieu de dis­ci­pline. N’en va-t-il pas de même, par exemple, de l’homéopathie ? Elle apaise ou gué­rit cer­tains maux, c’est un fait – effet pla­cebo ou pas. Comme pour l’analyse, non ?

L’autre « faute » d’Onfray, tien­drait peut-être aussi de son approche des médias et des jour­na­listes. Certes, ils semblent le chou­chou­ter – c’est un bon « client » qui « passe bien » et « fait de l’audience », puisque polé­mique. Mais en même temps, les jour­na­listes montrent vite leurs limites de « touche à tout » de l’écume évé­ne­men­tielle. Ils doivent en ce domaine de la psy­ché, mar­cher sur des œufs… sans trop y entra­ver grand chose – pas davan­tage que leurs propres névroses, après tout. Donc, ils comptent les points et ne sont pas fâchés de voir cet Onfray mordre la pous­sière. Lui que, Le Monde 2 [2/4/2005] avait amené à décla­rer à pro­pos de jour­na­listes justement :

• Pour­quoi, selon vous, la bataille des idées est-elle à ce point asep­ti­sée, normalisée ?

– Michel Onfray : « Je vais vous dire des choses désa­gréables. Il fau­drait psy­cha­na­ly­ser le métier de jour­na­liste. C’est quand même une pro­fes­sion rem­plie de minables. Il y a des gens qui font bien leur bou­lot et qui consi­dèrent qu’ils sont des pas­seurs… » Et cae­tera ici.


Et interdire le voile épais… de la connerie?

Des­sin de Faber ©

Burqa, niqab, certes… Mais ima­gi­nons le tollé si on avait inter­dit la sou­tane en son temps glo­rieux ?! On s’en fou­tait plus ou moins, ou on bouf­fait du curé, faute de grives. Du coup l’espèce des cor­beaux a dépéri et s’est même éteinte d’elle-même, sauf dans ses sau­te­ries pri­vées genre « chez Mgr Lefebvre ». Pour­tant un pan­dore d’époque aurait pu tout autant ver­ba­li­ser pour cause de sécu­rité rou­tière: va conduire en robe longue qui te pen­douille jusqu’aux pédales de la deu­deuche ! Sans blague ! Il est vrai que conduire sa bagnole ou son 4x4 avec un masque aussi fermé que le niqab c’est comme pilo­ter un vieux char d’assaut der­rière la fente du blin­dage. Donc il y a des limites à ne pas dépas­ser les bornes. Quant à inter­dire… Et j’y pense, pen­dant qu’on y est, si on inter­di­sait la conne­rie ? C’est pas dan­ge­reux et inté­griste à la fois, ça, le voile épais de la connerie ?



Allègre, GIEC, curés pédophiles. Science et religion dans le plus obscur climat

Malaise dans nos civi­li­sa­tions. Civi­li­sées, le sont-elles, d’ailleurs, autant qu’elles le pro­clament ? Où que l’on tourne le regard, le doute nous sai­sit. Quels repères, quels sens trou­ver qui indiquent direc­tion, espoir. « Le monde est pourri, la vie est belle », j’aime bien cette parole de Claire, une copine, qui ajou­tait aussi, d’une convic­tion entière, « On fait ce qu’on peut ». Ça res­semble à du banal. Ce n’en est pas, non. Qui, en effet, peut pré­tendre ici-bas accom­plir tout son pos­sible ? Vrai­ment tout le pos­sible… C’était ma minute philo qui m’entraîne dans la patau­geoire que nous appe­lons aussi « actua­lité », là où tout le pos­sible n’est jamais épuisé. J’en prends deux bouts, les deux extré­mi­tés d’un bâton bien merdique :

– D’un côté des curés per­vers, pas­sant à l’acte sur des enfants qu’ils ont mis­sion de gui­der… ; dans cette lignée, un appa­reil, celui du pou­voir reli­gieux ecclé­sias­tique et sa cohorte éco­no­mique et hié­rar­chique, sous-papes et pape, l’État vati­ca­nesque, ses suc­cur­sales mon­dia­li­sées pro­pa­geant la « bonne parole » – tu parles, oui !

– De l’autre, une ten­ta­tive de poli­ti­sa­tion de la science par le tru­che­ment de deux illu­sion­nistes média­ti­sés, Vincent Cour­tillot et sur­tout Claude Allègre cumu­lant, lui, la fonc­tion com­plé­men­taire d’escamoteur et chantre du libé­ra­lisme « décomplexé ».

Il s’agit bien d’un seul et même tenant, celui de la dis­si­mu­la­tion, de la fal­si­fi­ca­tion, formes visibles de cet obs­cu­ran­tisme reve­nant à l’offensive sau­vage dans nos temps en perte de lumières.

Les reli­gions – depuis le temps ! – ont impré­gné toutes les strates de nos socié­tés, condi­tion­nant jusqu’à nos incons­cients, notre lan­gage, nos com­por­te­ments. Comme les sys­tèmes tota­li­taires, elles ont aussi sécrété leurs ordres poli­ciers, déployé des agents d’inquisition, enfoncé « leur main noire jusque dans le ventre des hommes » – Panaït Istrati en 1927 à pro­pos du sta­li­nisme. Plus encore, elles ont acquis cette sorte de sta­tut reconnu d’agent cultu­rel, patenté, celui du medium selon la ter­mi­no­lo­gie de Régis Debray qui s’interroge sur leur sens pro­fond et les ques­tion­ne­ments que l’animal humain y place dans la durée de son histoire.

Par­tout dans le monde débous­solé, les reli­gions se sont ins­crites comme des mani­fes­ta­tions « natu­relles » de don­nées émi­nem­ment cultu­relles : les croyances et les super­sti­tions. Dar­win, pour com­men­cer, puis ses conti­nua­teurs dont les plus actuels – entre autres, Patrick Tort en France et Richard Daw­kins en Grande-Bretagne – ont inté­gré les com­por­te­ments reli­gieux dans les pro­ces­sus de l’évolution natu­relle. Je passe ici sur leur argu­men­ta­tion, for­cé­ment com­plexe, pour plu­tôt faire res­sor­tir les dif­fi­cul­tés énormes que semble affron­ter le genre humain dans son immense majo­rité à pour­suivre son évo­lu­tion en direc­tion d’une ratio­na­lité affir­mée, et pour autant non dénuée de spi­ri­tua­lité – au contraire !

Certes, il fau­drait ici en appe­ler aux plus amples déve­lop­pe­ments ; ce n’est pas le lieu et je n’en ai pas non plus la pré­ten­tion. Je ne fais donc que frô­ler cette pro­blé­ma­tique à l’occasion des affaires de pédo­phi­lie ecclé­sias­tique qu’on peut consi­dé­rer sous deux angles.

Le pre­mier ne serait qu’anecdotique s’il ne tou­chait à une cri­mi­na­lité et à ses vic­times ; il montre que les curés, condam­nés à la névrose et au refou­le­ment sexuel au nom du dogme le plus absurde selon lequel l’amour « nor­mal », sexua­lité com­prise, contre­vien­drait au « dévoue­ment au Sei­gneur »… Faut-il avoir par­couru toute une chaîne de patho­lo­gies mul­tiples pour accou­cher d’une telle héré­sie. Héré­sie elle-même fon­da­trice du code géné­ral de défi­ni­tions et dénon­cia­tions de toutes les autres, au nom du Dieu, bien sûr, et plus encore du Dogme cano­nique. Ainsi boucle-t-on des sys­tèmes tota­li­taires, en reli­gion comme en poli­tique, ou plus géné­ra­le­ment en idéo­lo­gie. Si on admet que les curés ne sau­raient être moins névro­sés que le reste de la popu­la­tion – c’est l’argument qui sert de défense à l’Église –, outre que cela donne matière à objec­tion, rap­port au fameux « vœu de chas­teté », il ne faut pas oublier que ces « ser­vi­teurs » sont cen­sés se pré­sen­ter en paran­gon de Vertu, et se pré­tendent tels ! On a donc beau et faux jeu que de mini­mi­ser leurs crimes au pré­texte qu’ils ne seraient pas moindres de ceux des autres ber­gers de la société, comme les ins­ti­tu­teurs de la laïque, sui­vez mon regard. L’argument me ren­voie à celui par lequel on oppose le régime cas­triste de Cuba à une pseudo démo­cra­tie capi­ta­liste. Il s’agit bien de dic­ta­tures, mais l’un pré­tend avoir mené son peuple au Para­dis socia­liste. Ce qui n’excuse nul­le­ment l’autre !

Second angle : Ces « ani­croches » cor­res­pon­draient en somme à d’ordinaires ano­ma­lies concer­nant des bre­bis éga­rées. Il suf­fit de les remettre dans le droit che­min et tout ira bien et même mieux qu’avant. Un petit coup de « plai­der cou­pable », quelques contri­tions – vous savez ces séances publiques, bien média­ti­sées, de par­don­nage impu­dique et en larmes de cro­co­diles, même les poli­ti­cards en raf­folent, les patrons bri­gands encore plus, du moment que ça fait pas­ser les pilules du len­de­main… Moyen­nant quoi tout repart comme avant et, pour ce qui est des sys­tèmes d’aliénation reli­gieuse, tout rentre dans l’ordre ecclé­sial et sur­tout sécu­lier. Amen !

Deuxième bout du même bâton, donc. Il touche à la démarche ration­nelle, à la science, à la ten­ta­tive de l’homo sapiens, s’étant mis debout, de voir au delà de la seule chan­delle qu’il porte. La pen­sée construite – c’est-à-dire argu­men­tée et contrée avant vali­da­tion et pour­suite vers l’étape sui­vante – spé­ci­fique de l’ani­mal humain [je tiens cette judi­cieuse expres­sion de Wil­helm Reich], vaut par sa capa­cité à éclai­rer son deve­nir ; elle implique une idée de mieux-être, d’avancée dans une huma­nité en marche et sou­cieuse de n’abandonner rien de ce qui est humain et de ce qui y contri­bue. Sa rup­ture d’avec l’irrationalité reli­gieuse repose sur l’ancrage pré­ci­sé­ment ter­restre et non céleste, tem­po­rel et non éter­nel, réel et non contingent.

Elle s’écarte aussi de la foi, soit en l’excluant comme hypo­thèse non ration­nelle, soit en la relé­guant au monde de l’intime. Savoir et croire, ça fait deux. Deux états qui se confrontent aussi au quo­ti­dien, notam­ment dans le champ de la (dif­fi­cile) com­mu­ni­ca­tion entre per­sonnes, notam­ment aussi dans l’établissement de ce qu’on appelle réa­lité ou vérité. Entre paren­thèses, le métier de jour­na­liste se trouve pré­ci­sé­ment à la croi­sée de ces états selon les­quels se consti­tuent, pour tout un cha­cun, son propre rap­port au monde.

La Science, quant à elle et moins que toute acti­vité humaine, ne sau­rait s’exclure de la sépa­ra­tion de ces états. Elle part de là et c’est de là aussi que sur­git un cli­vage, voire un schiste : uni­fier savoir et croyance par éli­mi­na­tion « natu­relle » de la der­nière ; ou bien sépa­rer les deux domaines, consi­dé­rer qu’ils peuvent fonc­tion­ner sépa­ré­ment, voire col­la­bo­rer.

Que le doute se sai­sisse du monde scien­ti­fique, ou l’interpelle comme on dit, je n’y vois qu’avantage et néces­sité. Trop de « cer­ti­tudes » ou de « vérité » ne peut que nuire à l’établissement des don­nées de la com­plexité. Mais un soup­çon même de croyance, n’entache-t-elle pas l’ensemble de la démarche scien­ti­fique – point d’interrogation.

Pour en reve­nir aux deux « contre­ve­nants » s’opposant au Groupe d’experts inter­gou­ver­ne­men­tal sur l’évolution du cli­mat (GIEC), je ran­ge­rais Cour­tillot dans la pre­mière caté­go­rie – celle des semeurs de doute quant à la Vérité cli­ma­tique, sous réserve de vali­dité de l’argumentation, bien sûr –, et Allègre dans la seconde, évi­dem­ment, celui des mani­pu­la­teurs déli­bé­rés dont les visées peuvent, pour le moins, être sus­pec­tées d’intentions « impures » quant à la démarche scien­ti­fique. Les 400 cli­ma­to­logues qui lui volent dans les plumes [Le Monde, 2/4/10] semblent pos­sé­der de solides argu­ments. Je dis « semblent » car ils en pré­parent une pré­sen­ta­tion pro­chaine. Mais indé­pen­dam­ment, il y a le per­son­nage même d’Allègre, for­te­ment émet­teur d’antipathie – tant de suf­fi­sance ubuesque ! tant d’arrivisme poli­tique ! Il y a aussi et sur­tout son atti­tude de faus­saire l’ayant amené à fal­si­fier des don­nées scien­ti­fiques et des courbes – ce qu’il a reconnu en « rai­son » d’« un choix édi­to­rial ». Et ce qui l’exclut du champ scien­ti­fique. De même lorsqu’il conclut son débat avec un éco­lo­giste [Yan­nick Jadot, France Inter, 31/03/10] par, en sub­stance, « De toutes façons, la Nature répare tou­jours les dégâts des hommes »… – ce qui était déjà, dans les même termes, le credo libé­ral d’un Made­lin, ou des néo-conservateurs états-uniens. Dès lors, il ne reste plus qu’à tirer l’échelle sous ce Nostra­da­mus à la manque et à le ren­voyer à ses pré­dic­tions vol­ca­niques et autres délires sur l’amiante.



Maroc. Six jeunes poursuivis pour refus de pratiquer le ramadan

Dépêche de l’AFP datée du 16/9/09 et de Rabat : « Six jeunes Maro­cains vont être tra­duits en jus­tice pour “ten­ta­tive d’incitation à la rup­ture du jeûne en public”, durant le rama­dan. Dimanche après-midi 13 sep­tembre, ils ont tenté d’organiser un ras­sem­ble­ment à Moham­me­dia (80 km au sud de Rabat) pour pro­tes­ter contre une “loi qui punit la non-observation du jeûne pen­dant le rama­dan au Maroc” […].

« C’est la pre­mière fois au Maroc qu’un groupe de “non jeû­neurs” s’affiche en public pour récla­mer le droit de ne pas pra­ti­quer le rama­dan. Cette pro­tes­ta­tion a été ini­tiée par le Mou­ve­ment alter­na­tif pour la défense des liber­tés indi­vi­duelles, une asso­cia­tion incon­nue jusqu’à pré­sent, selon les auto­ri­tés du royaume. Le Conseil des oulé­mas (théo­lo­giens) de Moham­me­dia a pour sa part dénoncé cette action qua­li­fiant ses auteurs d” “agitateurs”. »

[Heu­reu­se­ment, soit dit en pas­sant, qu’existe encore une agence comme l’AFP pour rela­ter de tels faits – même s’ils n’ont été que peu repris par la presse. Cette paren­thèse pour signa­ler que l’Agence France Presse se voit mena­cée dans sa mis­sion d’agence mon­diale et géné­ra­liste par un pro­jet gou­ver­ne­men­tal de nou­veau statut.]

Cette his­toire de Rabat est ter­ri­fiante : car elle relève de la ter­reur impo­sée par la domi­na­tion reli­gieuse sur les esprits et les corps. Plus de la moi­tié de l’humanité crou­pit sous cette chape. L’estimation est sans doute bien trop basse : les trois quarts, ou sept huitièmes ?

Peu ou prou, nous fai­sons par­tie des pri­vi­lé­giés. Mais la conquête vers la liberté n’a pas été menée sans peine. Elle n’est d’ailleurs ni entiè­re­ment ache­vée, ni à jamais à l’abri de tout retour en arrière. C’est ainsi que les prê­cheurs de la « fin de l’Histoire » vou­draient bien jeter aux oubliettes cer­taines pages du passé.

Reve­nons seule­ment deux siècles et demi en arrière :

chlabarre.1253381790.jpg

1er juillet 1766, à Abbe­ville, un jeune homme de 19 ans, le che­va­lier de La Barre, est déca­pité pour avoir man­qué de res­pect envers la reli­gion. En appli­ca­tion de la Loi, la jus­tice l’avait condamné à avoir les os broyés jusqu’à ce qu’il avoue son crime, la langue arra­chée, la tête cou­pée, le cadavre brûlé et les cendres jetées au vent.

Les trois prin­ci­paux « atten­dus » du juge­ment disaient qu’il avait été « atteint et convaincu d’avoir passé à vingt-cinq pas d’une pro­ces­sion sans ôter son cha­peau qu’il avait sur sa tête, sans se mettre à genoux, d’avoir chanté une chan­son impie, d’avoir rendu le res­pect à des livres infâmes au nombre des­quels se trou­vait le dic­tion­naire phi­lo­so­phique du sieur Voltaire ».

Avant même son exé­cu­tion, La Barre avait trouvé son pre­mier défen­seur en la per­sonne de Vol­taire, dénon­çant ce crime de « la bar­ba­rie sacerdotale ».

Après la Révo­lu­tion, la Conven­tion natio­nale du 25 bru­maire an II, réha­bi­li­tait sa mémoire, en tant que « vic­time de la superstition ».

A la fin du XIXe siècle, et au début du XXe, avec le com­bat pour l’école publique et la laï­cité des ins­ti­tu­tions, qui abou­tit en 1905 à la Loi de sépa­ra­tion de l’Église et de l’État, le che­va­lier de La Barre est devenu le sym­bole du com­bat contre le clé­ri­ca­lisme. » [Sources mul­tiples, tant cette affaire a fait l’objet de nom­breux ouvrages. Voir aussi, entre autres innom­brables sites, celui du Groupe La Barre .]

On ose croire que les six jeunes Maro­cains n’auront pas la langue arra­chée – ce qui consti­tue un pro­grès rela­tif mais non négli­geable. Ils n’en seront pas moins châ­tiés d’une manière ou d’une autre, pour s’être levés debout, au nom de la liberté de conscience. Un monu­ment sera peut-être érigé en leur mémoire. Dans deux siècles et demi ?

»> Photo de la plaque en bronze illus­trant le sup­plice du che­va­lier de La Barre. Monu­ment érigé en 1907 à Abbeville.


J + 3 dans les médias. Accalmie locale et passagère

Ah ? Ça se res­sai­sit un peu dans les rédac­tions… Comme une remon­tée de quelques ver­tus car­di­nales (!) du jour­na­lisme. Tout étant rela­tif, la hié­rar­chie des infor­ma­tions devrait reflé­ter celle des évé­ne­ments. Mais il n’y pas d’Évangile en la matière et les rédac­tions errent bien sou­vent comme autant de trou­peaux éga­rés. Par­fois c’est l’affolement et Panurge pousse la meute dans le pré­ci­pice. [Voir notre « GPP » ci-dessus].

En vrac, pour ce que j’ai constaté et sans m’infliger de péni­tences exa­gé­rées : Hier le JT de la nuit France 3 a pris un bon recul avec un sujet inté­res­sant, construit, hon­nê­te­ment cri­tique. Sur Inter, le 7–9 semble mieux tenir la barre.

Quelques exemples louables de « redres­se­ment » avec des unes de quo­ti­diens en ce mardi d’après tsu­nami pon­ti­fi­cal – sans pré­sa­ger des répliques prochaines.

Alsace_couv_1 H_republique_centre_1 Libe

Et men­tion spé­ciale au « Cour­rier picard«  [cli­quer pour agrandir] : 1cpicard_1


  • Twitter — Gazouiller

  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • iceberg

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)
  • Archives

  • Catégories

  • ouah__la_poilade_-_
    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances
    (Ber­trand Russel)
  • Un récent et com­pli­qué chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Les reverra-t-on un jour ? Hmmm…

    1emmen
  • Copyright © 1996-2010 C’est pour dire. All rights reserved.
    iDream theme by Templates Next | Powered by WordPress