On n'est pas des moutons

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Jerry Lewis, génial garçon de courses

Sans blague, il est mort le blagueur excité, excentré, extravagant. Exit Jerry Lewis, à Las Vegas ce 20 août à l’âge de 91 ans, une belle durée qui lui aura permis d’apparaître dans des dizaines films. Du quantitatif qui, forcément, a inclus pas mal de nanars, selon la loi du bizness. Passons et retenons le meilleur, comme le fait sur son blog mon ami Daniel Chaize pour marquer les 90 ans du comédien à la voix de canard :

« Tous les films de Jerry Lewis sont des films sociaux. La course exténuante autour du grand magasin pour promener les chiens dans Un chef de rayon explosif (1963) est à la hauteur de On achève bien les chevaux de Sydney Pollack (1969). Et la salle des dactylos écrasées d’un bruit abrutissant autant que leur alignement en rangées pour un travail « taylorisé », dans Le Zinzin d’Hollywood, fait penser aux Temps modernes de Chaplin. » [Lire son article ici].

De mon côté, je ne me lasse pas d’un extrait de film qui, selon moi, relève du génie d’acteur. Ça s’appelle «The Chairman of the Board» [extrait de The Errand Boy, de 1961]. On y voit un garçon d’étage d’une grosse boîte qui se prend pour le président du conseil d’administration. Le tout sur « Blues in Hoss », une musique de Count Basie. Un hommage on ne peut plus éloquent, servi par lui-même. Du grand art.


Cinéma. «Toni Erdmann», subversif Père Ubu

S’il n’y avait qu’un film à voir ces temps-ci, ce serait bien ce «Toni Erdmann» (d’autant que je n’en ai pas vu d’autre…) Un film comme aucun autre. Certes, sa facture formelle est plutôt classique : pas besoin de faire des numéros de claquettes quand le fond l’emporte d’une manière aussi magistrale. Au départ, l’histoire ordinaire d’un père et d’une fille que la vie « moderne » a éloignés, jusqu’à les rendre étrangers l’un à l’autre. Histoire banale, sauf que les personnages ne le sont pas, banals.

Le père, d’abord et surtout, constatant l’abîme qui menace sa fille, prise dans l’absurde tourbillon du monde mortifère du bizness, du coaching – tout ce blabla secrété par le règne de la marchandise mondialisée. Son instrument d’action, à l’efficacité imparable – c’est le sujet du film – ce sera la distance critique portée par l’humour et, plus encore, par la dérision, planètes devenues inatteignables à cette jeune femme froide, réfrigérée, frigide. Comment peut-elle encore être sa fille, celle-là qui surgit entre deux avions, pressée, absente, l’oreille collée au portable, habillée en croque-mort, en noir et blanc, à la vie grise, vide de sens et de sourires ?

De ce naufrage annoncé va surgir, en sauveteur loufoque, ce Toni Erdmann à l’humour déjanté, lourdingue, qui fout la honte à cette jeune femme formatée, taillée (dans son tailleur strict) pour la compétition entre tueurs affairistes – bref, le spectacle de l’« actu ». Il débarque donc dans son univers de morgue, armé d’une perruque, de fausses dents et jusqu’à un coussin-péteur – une panoplie de Père Ubu pour un combat contre l’absurdité. « Je voulais savoir si tu avais le temps de vivre un peu » lui dit-il, tandis qu’elle n’entend pas, devenue sourde à la vie vivante, abstraite comme de l’art « contemporain », marchandise elle-même, au service du monde marchand, de la finance qui tue le travail et les hommes.

Mais rien n’est dit explicitement de tout ça : pas de discours ni démonstrations ; tout surgit ici dans la lumière de l’écran, des personnages, des situations – Éros contre Thanatos, dans l’ordinaire menacé des vies déréglées, menacée comme l’humanité tout entière, par ce réchauffement qui refroidit : en fait un refroidissement généralisé, une glaciation des relations entre les êtres en représentation : le monde remplacé par son spectacle.

Un grand film subversif, oui, qui fait tomber les masques, dénonce les jeux de surface minables, rappelle à l’impérieuse et profonde urgence de vivre.

Mais attention ! danger : si jamais votre destin vous a conduit à œuvrer dans ce monde du coaching, du management, de la lutte des requins contre les sardines…

…n’allez surtout pas à la rencontre de ce Toni Erdmann ! Vous pourriez ne pas vous en remettre.


♦ Film allemand de Maren Ade avec Peter Simonischek, Sandra Hüller (2 h 42). Sur le Web : www.hautetcourt.com/film/fiche/302/toni-erdmann

L’Autrichien Peter Simonischek (ex-prothésiste dentaire, trop beau pour être vrai) et l’Allemande Sandra Hüller y sont géniaux.


« En ces temps troublés ». Quand le maire d’Argenteuil se fait programmateur-censeur de cinéma

Comme ça, à lui tout seul, d’un trait de plume municipal, Georges Mothron, maire Les Républicains d’Argenteuil, décide si ses concitoyens peuvent ou non aller voir un film au cinéma – et même deux.

Voici l’affaire, résumée par Le Figaro [30/04/2016:

« Le cinéma Le Figuier blanc a dû annuler il y a quelques jours la projection de deux films en raison d’une demande expresse du maire de la ville du Val-d’Oise, qui craignait que leurs sujets «mettent le feu aux poudres» dans la commune.

 G. Mothron dans ses œuvres

Maire-argenteuil Georges Mothron• Pour «changer l’image de la ville» […] le boulevard Lénine et l’avenue Marcel Cachin sont rebaptisés respectivement boulevard du général Leclerc et avenue Maurice Utrillo.
• Le 6 août 2007, un arrêté municipal interdisant la mendicité dans le centre-ville d’Argenteuil est associé à la consigne aux agents de la voirie de diffuser du malodore, un répulsif nauséabond, dans les lieux fréquentés par les sans-abris. La campagne de presse nationale qui s’ensuit et des controverses sur la rénovation urbaine en cours lui coûtent la mairie qui revient au socialiste Philippe Doucet aux élections 2008. Lors des élections municipales de 2014, il reprend la mairie d’Argenteuil face au maire sortant. [Wikipédia]

« […] La salle, associée à un centre culturel, a eu la curieuse surprise de recevoir la semaine dernière un courrier […] dans lequel l’élu demandait la déprogrammation de deux films : La Sociologue et l’ourson, d’Étienne Chaillou et Mathias Thery, et 3000 nuits, de Mari Masri.

« Le premier, sorti le 6 avril, est un documentaire qui revient sur les débats autour du mariage homosexuel en suivant la sociologue Irène Théry et en mettant en scène, sur un mode pédagogique et ludique, des peluches et des jouets pour évoquer certaines questions et reconstituer des moments familiaux. Le second, diffusé depuis l’an dernier dans plusieurs festivals, raconte l’histoire de Layal, une jeune Palestienne incarcérée dans une prison israélienne, où elle donne naissance à un garçon.

« Des thèmes qui pour le maire de la commune sont sujets à la polémique, d’où leur interdiction. Dans les colonnes du Parisien, il explique que sa décision est «motivée par le fait qu’en ces temps troublés, des sujets tels que ceux-là peuvent rapidement mettre le feu aux poudres dans une ville comme Argenteuil». « Dans un souci d’apaisement […]la ville a préféré jouer la sécurité en ne diffusant pas ces films, évitant ainsi des réactions éventuellement véhémentes de certains», ajoute-t-il. Mais l’exigence de l’édile a surtout provoqué une volée de bois vers à l’encontre de la mairie d’Argenteuil. »

L’association Argenteuil Solidarité Palestine (ASP), qui programmait 3000 nuits a dénoncé « la censure du maire qui, en octobre dernier, avait déjà interdit une exposition sur l’immigration.»

L’Association pour la défense du cinéma indépendant (ADCI) d’Argenteuil, dénonce « un refus idéologique de réflexion sur des questions qui se posent dans le contexte actuel ».

De son côté, la Scam, Société civile des auteurs multimédia, publie un communiqué sur cet acte de censure. Extraits :

« Les 102.000 habitants d’Argenteuil seraient-ils plus décérébrés, osons le dire, plus cons que la moyenne ?
« Certainement pas, mais c’est ainsi que le maire, Georges Mothron, considère les habitants en les jugeant incapables de regarder sereinement un documentaire de société où les personnages principaux sont des peluches. Un documentaire qui fait réfléchir sur pourquoi la société française s’est déchirée sur le mariage pour tous.
« Si le film sort en DVD, Georges Mothron le fera-t-il saisir dans les rayonnages ? Quand le film sera diffusé à la télévision, Georges Mothron fera-t-il couper les antennes du diffuseur sur sa ville ?
« En ces temps troublés », Georges Mothron a peur que le film « mette le feu aux poudres ». […]
« En ces temps troublés », nous avons bien besoin de films qui nous ouvrent au monde, qui apportent de la pensée dans les réflexes pavloviens de repli sur soi de telle ou telle communauté.
« La Scam soutient la manifestation organisée le 7 mai à 15 heures devant la mairie d’Argenteuil pour exiger la reprogrammation des films et rappeler au maire, Georges Mothron, que le suffrage universel ne lui confie pas pour autant un droit à décider ce que ses concitoyens peuvent choisir d’aller voir au cinéma. »

Pour ma part, me référant à la loi sur le non-cumul des mandats, je rappelle à ce maire qu’il ne peut ni ne doit cumuler sa fonction de magistrat municipal avec celles de programmateur-censeur de cinéma et de directeur des consciences. Non mais.


«Merci Patron !» La belle arnaque

Merci Patron !, un film plus que sympa et qui connaît un beau succès depuis sa sortie fin février. C’est l’éternelle histoire des David et Goliath, des pots de terre et de fer. Traité ici sur le mode « sérieux déconnant », entre Michael Moore et Jean-Yves Lafesse, par François Ruffin, rédac’ chef du journal amiénois Fakir. 

merci-patron!

l’affiche

Jocelyne et Serge Klur fabriquaient des costumes Kenzo à Poix-du-Nord, près de Valenciennes. Depuis la délocalisation de leur usine vers la Pologne, le couple est au chômage et criblé de dettes. François Ruffin va suivre ce couple et partir « dans une course poursuite humoristique avec Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France » dont le groupe est propriétaire de l’usine. Scènes surréalistes et quiproquos en cascades, Merci Patron ! se transforme en « film d’espionnage ».

« On ne pensait même pas faire un film mais avec l’histoire qui se déroulait sous nos yeux c’est devenu impossible de ne pas le faire ! » raconte Johanna, de l’équipe de Fakir. Porté par l’association Fakir, le film a séduit critiques et médias. Il a même eut droit à une double page dans Le Monde qu’il qualifie de « chef-d’œuvre du genre ».

Pourtant, tout n’était pas gagné. Le film qui comptait sur l’aide financière du Centre national du cinéma voit sa demande rejetée. L’équipe décide de passer outre les aides traditionnelles et se tourne vers le financement participatif. Grâce aux 21 000 € des contributeurs Ulule et une levée de fonds auprès des abonnés de Fakir, le film verra le jour. Une levée de fonds pour une levée de fronde : la bonne idée pour une belle arnaque !


Poussée d’intolérance au Maroc. «Much Loved» interdit, comédienne agressée

Much Loved, du cinéaste marocain Nabil Ayouch, est un film remarquable dont j’aurais dû parler ici depuis que je l’ai vu il y a deux mois et qui, heureusement, est toujours à l’affiche dans les bonnes salles. Je me décide aujourd’hui pour une raison plus que cinématographique : le film est interdit au Maroc, ce qui n’est pas surprenant, mais, surtout, l’actrice qui tient le rôle principal, Loubna Abidar – superbe –, a été violemment agressée le 5 novembre. Elle raconte cela dans une tribune adressée au Monde [12/11/15 ], expliquant aussi pourquoi elle se voit contrainte de quitter son pays.

Maroc Loubna Abidar agressée

Loubna Abidar violemment agressée à Casablanca [Ph. dr]

Une fois de plus, c’est la place des femmes dans la société qui se trouve au centre d’une actualité permanente et à peu près générale dans le monde, même si, bien sûr, les situations sont variables, et donc leur degré de gravité. N’empêche, cela vaut dans nos sociétés dites évoluées. Que l’on songe aux différences de salaires entre hommes et femmes, à fonctions égales ; qu’il s’agisse de l’attribution des postes de responsabilité, du harcèlement sexuel, du machisme « ordinaire ». On n’entrera même pas ici sur le lamentable débat autour des notions de genre.

Much Loved qui, comme son titre ne l’indique pas, est un film sur la condition féminine dans un des pays arabes les plus rétrogrades sur la question – et sur tant d’autres, hélas – tandis que cette royauté d’un autre âge voudrait se draper dans une prétendue modernité.

Dans son texte, la comédienne donne à voir le propos du film, en même temps qu’elle exprime une détresse personnelle, une implacable dénonciation d’un régime d’oppression et l’intolérance d’une société.

Après des petits rôles au théâtre et dans des films commerciaux, j’ai obtenu le premier rôle dans le long-métrage Much Loved, de Nabil Ayouch. C’était le plus beau jour de ma vie, car j’allais pouvoir travailler avec un réalisateur talentueux et internationalement reconnu, et parce que j’allais donner la parole à toutes celles avec lesquelles j’avais grandi : ces petites filles des quartiers qui n’apprennent ni à lire ni à écrire, mais auxquelles on dit sans cesse qu’un jour elles rencontreront un homme riche qui les emmènera loin… Dès 1415 ans, elles sortent tous les soirs dans le but de le trouver. Un jour, elles réalisent qu’elles sont devenues des prostituées.

« Dans ce film, j’ai mis toute mon âme et toute ma force de travail, portée par Nabil Ayouch et mes partenaires de jeu. Le film a été sélectionné à Cannes. J’y étais, c’était magique. Mais dès le lendemain de sa présentation, un mouvement de haine a démarré au Maroc. Un ministre qui n’avait pas vu le film a décidé de l’interdire avant même que la production ne demande l’autorisation de le diffuser. Much Loved dérangeait, parce qu’il parlait de la prostitution, officiellement interdite au Maroc, parce qu’il donnait la parole à ces femmes qui ne l’ont jamais. Les autorités ont déclaré que le film donnait une image dégradante de la femme marocaine, alors que ses héroïnes débordent de vie, de combativité, d’amitié l’une pour l’autre, de rage d’exister.

« Et une campagne de détestation s’est répandue sur les réseaux sociaux et dans la population. Personne n’avait encore vu le film au Maroc, et il était déjà devenu le sujet numéro un de toutes les discussions. La violence augmentait de jour en jour, à l’encontre de Nabil « le juif » (sa mère est une juive tunisienne) et à mon encontre. Je dérangeais à mon tour, parce que j’avais le premier rôle, parce que j’en étais fière, et parce que je prenais position ouvertement contre l’hypocrisie par des déclarations nombreuses.

Cachée sous une burqa

« Des messages de soutien et d’amour, j’en ai reçu des dizaines. Dans les pays d’Europe où le film est sorti et a connu un bel accueil (j’ai notamment obtenu le Prix de la meilleure actrice dans les deux festivals majeurs de films francophones, Angoulême en France et Namur en Belgique). Mais surtout, et c’était le plus important pour moi, au Maroc. Par des gens éclairés car ils sont nombreux. Et aussi par des prostituées qui ont enfin osé parler à visage découvert pour dire qu’elles se reconnaissaient dans le film.

« Mais rien n’a calmé la haine contre moi. Sur Facebook et Twitter, mon nom est associé à celui de « sale pute » des milliers de fois par jour. Quand une fille se comporte mal, on lui dit « tu finiras comme Abidar ». Tous les jours, je lis que je suis la honte des femmes marocaines. Chaque semaine, je reçois des menaces de mort. J’ai encore des amis et des proches pour me soutenir, mais beaucoup se sont détournés de moi. Pendant des semaines, je ne suis pas sortie de chez moi, ou alors uniquement pour des courses rapides, cachée sous une burqa (quel paradoxe, me sentir protégée grâce à une burqa…).

« Ces derniers jours, le temps passant, la tension me semblait retombée. Alors jeudi 5 novembre, le soir, je suis allée à Casablanca à visage découvert. J’y ai été agressée par trois jeunes hommes. J’étais dans la rue, ils étaient dans leur voiture, ils m’ont vue et reconnue, ils étaient saouls, ils m’ont fait monter dans leur véhicule, ils ont roulé pendant de très longues minutes et pendant ce temps ils m’ont frappée sur le corps et au visage tout en m’insultant. J’ai eu de la chance, ce n’était « que » des jeunes enivrés qui voulaient s’amuser… D’autres auraient pu me tuer. La nuit a été terrible. Les médecins à qui je me suis adressée pour les secours et les policiers au commissariat se sont ri de moi, sous mes yeux. Je me suis sentie incroyablement seule… Un chirurgien esthétique a quand même accepté de sauver mon visage. Ma hantise était justement d’avoir été défigurée, de garder les traces de cette agression sur mon visage, de ne plus pouvoir faire mon métier…

« Nabil Ayouch était là tout le temps pour me soutenir. J’ai fait des déclarations de colère que je regrette. Je ne savais plus où j’étais. Alors j’ai décidé de quitter le Maroc. C’est mon pays, je l’aime, j’y ai ma vie et ma fille, j’ai foi en ses forces vives, mais je ne veux plus vivre dans la peur. On s’attaque à moi pour un rôle que j’ai joué dans un film que les gens n’ont même pas vu. Une campagne de dénigrement légitimée par une interdiction de diffusion du film, alimentée par les conservateurs, nourrie par les réseaux sociaux si présents aujourd’hui… et qui continue de tourner en rond et dans la violence. Au fond, on m’insulte parce que je suis une femme libre. Et il y a une partie de la population, au Maroc, que les femmes libres dérangent, que les homosexuels dérangent, que les désirs de changement dérangent. Ce sont eux que je veux dénoncer aujourd’hui, et pas seulement les trois jeunes qui m’ont agressée… »

Loubna Abidar

La bande-annonce de Much Loved.

PS. Des copies du film ont été mises en circulation au Maroc, dans lesquelles des scènes pornographiques ont été ajoutées pour en dénoncer l’immoralité !


Y a du monde chez Mon oncle

safe_imageCliquer sur l’image, et hop, des Hulot partout !

© Fray Mollo


Alain Resnais, ciné-graphiste

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Couverture du livre de Jean-Luc Douin (Ed. de la Martinière)

Tout a été dit sur Alain Resnais, depuis sa mort, samedi. Un grand parmi les grands du cinéma, en effet. Ces images ci-dessous – affiches de quelques-uns de sa cinquantaine de films – pour souligner le sens graphique d’un artiste du cinémato-graphe. Car l’adepte de l’image en mouvement en était un aussi de l’image fixe (projetée 24 fois par seconde, au nom de l’illusion de la réalité) et singulièrement de l’image dessinée. Alain Resnais fut un artiste de la forme, un formaliste pour qui la forme, précisément, est constitutive du fond ; elle se doit aussi d’apparaître comme telle, selon cette distanciation brechtienne assumant l’artifice de l’art, l’art comme interprétation délibérée et visible d’une réalité. La bande dessinée illustre – c’est bien le mot – tout à fait cette démarche; tout comme l’ont également prôné et pratiqué des écrivains comme Alain Robbe-Grillet, Marguerite Duras, Claude Simon, Georges Perec et tout le courant du Nouveau roman. De lui, je retiens notamment ce mot : «Les hommes se ressemblent par ce qu’ils montrent et diffèrent par ce qu’ils cachent».

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Les affiches d’Enki Bilal (entretien dans Le Figaro) pour Mon oncle d’Amérique et La Vie est un roman.

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Pour saluer Diderot, à l’occasion de ses 300 ans

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Denis Diderot par Louis-Michel van Lo, 1767 (Musée du Louvre)

Débarquant de la  gare de Lyon à Paris, suivez-moi, j’emprunte sans tarder le boulevard Diderot, puis celui de la Bastille, pour traverser le Pont d’Austerlitz. Là, je salue Lamarck, sur son socle haut perché, à l’entrée du Jardin des Plantes et, parcourant l’allée Buffon, me voici à la Grande galerie de l’Évolution.Vous en connaissez beaucoup, vous, des endroits de la planète où, en un demi-kilomètre, vous aurez parcouru autant de pages d’histoire ? 

Salut Diderot, salut Denis !

Je m’étais promis d’écrire ce modeste hommage à l’occasion du trois centième anniversaire de sa naissance. Il est né à Langres le 5 octobre 1713 (je sais, on est en décembre… et à la veille de 2014 !).

J’allais embarquer vers la coutellerie familiale, mais tout ça se trouve à portée de clics, en maints endroits de la vaste toile et en particulier sur Wikipédia, fille techniquement magnifiée de sa déjà grandiose ancêtre, L’Encyclopédie. Si loin de l’ordinateur, Diderot n’en fut pas moins le grand ordonnateur, coordinateur et co-auteur, avec d’Alembert et plus de cent cinquante autres contributeurs, érudits et pionniers.  L’Encyclopédie fut l’objet d’un combat politique contre des adversaires et censeurs farouches ; ainsi la condamnation de l’ouvrage en 1759 par le pape Clément XIII qui le met à l’Index, et « enjoint aux catholiques, sous peine d’excommunication, de brûler les exemplaires en leur possession ». Ce fut enfin une aventure économique qui mobilisa un millier d’ouvriers pendant vingt-quatre ans !

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Page de titre du premier tome, 1751

Une œuvre monumentale, au plein sens, un pas décisif mené contre l’obscurantisme dominant dans ce siècle qu’on appellerait « des Lumières ». Une oeuvre qui continue à nous éclairer, depuis plus de deux cent cinquante ans, non pas tant directement par ses contenus désormais en partie dépassés, que par la démarche et l’esprit qui l ont nourrie.

L’Encyclopédie, donc, comme pivot de cette première rencontre, due à l’école de la République, son héritière directe !

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Anna Karina dans le film de Rivette (1967)

Deuxième rencontre, littéraire et filmique, quand Jacques Rivette adapte La Religieuse en 1967. Sous la pression d’Alain Peyrefitte, ministre de l’Information de de Gaulle, et sur décision de son secrétaire d’État Yvon Bourges*, le film est interdit aux moins de dix-huit ans, à la distribution et à l’exportation. Autant dire condamné. André Malraux, cependant, alors ministre de la culture, soutient la présentation du film à Cannes… Ramdam général de la réaction bigote. Le film sort à Paris dans cinq salles et enregistre 165 000 entrées en cinq semaines, tandis que le roman de Diderot bénéficie de ce succès et est réédité plusieurs fois. J’en profite aussi, découvrant une œuvre bouleversante, nullement sulfureuse comme les ligues cathos avaient voulu le faire croire, mais assurément contre le système d’enfermement dans les couvents. La Religieuse est une ode à la liberté de choisir son destin. Une nouvelle adaptation – très réussie – est sortie en 2013 (film de Guillaume Nicloux avec Pauline Étienne).

Troisième rencontre, littéraire et théâtrale, avec la version de Jacques le fataliste et son maître, donnée par Milan Kundera (sous le titre Jacques et son maître), pièce montée notamment au Colibri à Avignon, dans une remarquable mise en scène dont j’ai oublié l’auteur [Je l’avais vue avec mon pote metteur en scène Alain Mollot, mort depuis.]

Quatrième étape et on en restera là, car elle dure toujours : c’est la parution des Œuvres de Diderot à la Pléïade, cette collection sur papier bible, qui se prêterait à la dévotion si on n’y prenait garde… S’y trouvent rassemblés des textes magnifiques à haute portée philosophique, dont les seuls énoncés sont déjà gages de promesses inépuisables – sélection pêle-mêle : Les Bijoux indiscrets, Supplément au voyage de Bougainville, Le Neveu de Rameau, Le Rêve de D’Alembert, Entretien d’un philosophe avec la maréchale de ***,  De la suffisance de la religion naturelle, La Promenade du sceptique, Paradoxe sur le comédien, Regrets sur ma vieille robe de chambre…

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Mathématicien, philosophe, Jean Le Rond d’Alembert (17171783), son grand complice de

Au sens originel de l’expression « libertin d’esprit », Diderot peut  en effet être considéré comme un libertin ; c’est-à-dire un libre penseur qui remet en cause les dogmes établis et s’affranchit en particulier de la métaphysique et de l’éthique religieuse. Diderot professe un matérialisme assuré et un athéisme serein, qui lui vaudront tout de même d’être emprisonné trois mois au donjon de Vincennes en 1749 suite à la publication de la Lettre sur les aveugles. Invoquant la connaissance, il revient sur le sujet dans Le Rêve de d’Alembert : « Croyez-vous qu’on puisse prendre parti sur l’intelligence suprême, sans savoir à quoi s’en tenir sur l’éternité de la matière et ses propriétés […] ? » Mais pour autant, amoureux de la science, il redoute le scientisme et un rationalisme qui assécherait les passions et la part de spiritualité chez l’homme.

Autant de questionnements qui nourrissent des dialogues les plus subtils, dans une dialectique où il ne craint pas, comme dans Le Neveu de Rameau en particulier, de s’interpeller, de se mettre en contradiction avec lui-même ou du moins de se pousser dans ses ultimes retranchements, d’exposer jusqu’au paradoxe ses creux et ses bosses à la crudité… des lumières.

–––   

* Des habitants de Bourges ont proposé de débaptiser leur ville pour l’appeler « Diderot » ou « Rivette » !

> > > Écouter «Les Murs indiscrets» sur le blog de Frank Lovisolo-Guichard. Lire au même endroit la Lettre sur les aveugles à ceux qui voient. Quant aux sourds, ben…


«A Touch of Sin». Quand la Chine explosera

Chine. A Touch of Sin Un grand film : A Touch of Sin, du Chinois Jia Zhanh-Ke – va falloir apprendre le mandarin, au moins comme l’anglais, à l’à-peu-près. Où l’on comprend que la Chine aussi est mal barrée, tout comme le monde, et accessoirement la France. Pris qu’ils sont dans la frénésie productiviste et consommatoire, les Chinois n’ont mis que quelques décennies à sauter dans le précipice du « Progrès ». Mao se déplace en Falcon pour effectuer, mieux et plus vite, le Grand bond en avant dans le capitalisme de choc. La Chine perd son âme dans la religion du rendement, du cynisme, de la corruption. Donc de la violence de plus en plus sauvage. C’est le sujet du film.

Quatre tableaux comme les quatre saisons d’un nouveau climat, terrifiant. La Chine, désormais, produit aussi des tomates hors-sol, calibrées et insipides ; sa campagne va s’agglutiner aux monstruosités urbaines (j’apprends par Télérama que six périphériques entourent Pékin, qui grossit chaque année de 250.000 voitures !) ; sa jeunesse « fout le camp », absorbée par les modes et les codes occidentaux ; le béton bouffe la terre, les paysages, les hommes, avilis par le pognon et la sexualité marchande. De même, les animaux souffrent, sont exploités, torturés – cette scène terrible du cheval fourbu et battu sauvagement, qui fait penser à Nietzsche et au Cheval de Turin [Pourquoi Nietzsche aujourd’hui ?].

Les ultimes et dérisoires résistants apparaissent sur une estrade de comédiens-forains jouant dans la rue une scène d’opéra traditionnel. Évidemment, si le seul traitement possible de cette gangrène est la révolte individuelle à coups de fusil, de pistolet, de couteau, de suicide… on ne donne pas cher de l’avenir du monde dit civilisé. Ce Soupçon de péché bute sur un réalisme nourri de pessimisme. Le Titanic d’aujourd’hui est un de ces porte-conteneurs géants [Voir mon reportage de 2006 à bord du « Debussy » : Sale temps, mondialisation : Et vogue le cargo] que n’effarouchent plus les icebergs (ils auront tous fondu !) et qui, à chacune de leurs escales débarquent l’imparable camelote d’un monde en train de crever la gueule ouverte. Alors, l’espoir…

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Un goût de Tarantino made in China, le message politique en plus. Le film n’est toujours pas sorti en Chine… Les DVD y circulent pourtant et la popularité du réalisateur y est très forte.


Cinéma. «Another Year», une cosmogonie de l’ordinaire

Le titre, «Another Year» me semblait s’imposer pour un 31 décembre : Une autre année, et aussi une année autre. Comme un bilan, un constat, et aussi une espérance : ça ne pourra qu’aller mieux… Hmm, pas sûr… Ce film de Mike Leigh est rien moins que magnifique. Je le dis d’abord à ceux qui risqueraient de le rater, même si le succès semble l’installer pour un moment… Quoique, justement, les choses allant comme elles vont, si vite ou si lentement ; dans l’allégresse ou la détresse, selon… Deux heures et quelques sur le temps. Celui qui passe, celui qu’il fait, dehors et dedans, dans le monde et en soi.

Un film sur le quotidien autant qu’une cosmogonie de l’ordinaire, la vie — l’amour — la mort ; l’air — l’eau — la terre ; la ville et son béton, les averses, le coin de potager et ses tomates de fin d’été ; les saisons justement, les années qui passent. Et s’égrènent secondes et années, et fanent les fleurs, et repoussent d’autres graines : une mort, une naissance ; un fils rebelle, un père naufragé ; une femme éperdue devant les rides de son miroir, terrible face à face – philosopher : apprendre à mourir, jusqu’au suicide mou au goût acre d’alcool et de tabac ; croire chercher l’autre en se fuyant soi-même ; accuser, juger pour ne se voir point.


Another Year — Bande annonce Vost FR par _Caprice_

(Lire la suite…)


Pétition en faveur du cinéaste iranien Jafar Panahi

En réaction à la condamnation à la prison du cinéaste iranien Jafar Panahi, un collectif s’est constitué autour de professionnels du cinéma et de la culture afin d’organiser protestation et solidarité. Une pétition peut être signée en ligne par tous ceux qui se sentent concernés par cette nouvelle atteinte portée aux droits de l’homme par le régime iranien.

«Nous apprenons avec colère et inquiétude le jugement du Tribunal de la République Islamique à Téhéran, condamnant très lourdement le cinéaste iranien Jafar Panahi. La sentence : six ans de prison ferme, vingt ans d’interdiction d’écrire et de réaliser des films, de donner des interviews aux médias, de quitter le territoire et d’entrer en relation avec des organisations culturelles étrangères.

Jafar Panahi, condamné à six ans de prison, vingt ans d’interdiction d’écrire et de réaliser des films, de donner des interviews aux médias, de quitter le territoire et d’entrer en relation avec des organisations culturelles étrangères.

«Un autre cinéaste, Mohammad Rassoulov, a également été condamné à six ans de prison. Jafar Panahi et Mohammad Rassoulov vont rejoindre les nombreux prisonniers qui croupissent en prison en Iran, dans un état de détresse totale. Certains font la grève de la faim, d’autres sont gravement malades.

«Que reproche le pouvoir iranien à Jafar Panahi ? D’avoir conspiré contre son pays et mené une campagne hostile au régime iranien. La vérité est que Jafar Panahi est innocent et que son seul crime est de vouloir continuer d’exercer librement son métier de cinéaste en Iran. Depuis plusieurs mois le pouvoir iranien a mis en place contre lui une véritable machine de guerre visant à le détruire, à l’enfermer en le contraignant à se taire.

«Jafar Panahi est cinéaste et ses films ont été montrés dans le monde entier. Invité par les plus grands festivals de cinéma (Cannes, Venise, Berlin), il est aujourd’hui empêché de poursuivre son œuvre de cinéaste. La lourde condamnation qui le frappe le prive de liberté, l’empêche physiquement et moralement d’exercer son travail de cinéaste. Il doit désormais se taire, s’interdire tout contact avec ses collègues cinéastes en Iran et dans le monde entier.

«A travers cette condamnation qui frappe Jafar Panahi, c’est tout le cinéma iranien qui est manifestement visé.

«Cette condamnation nous révolte et nous scandalise. Aussi, appelons-nous cinéastes, acteurs et actrices, scénaristes et producteurs, tous les professionnels du cinéma ainsi que tous les hommes et femmes épris de liberté et pour qui les droits de l’homme sont une chose fondamentale, à se joindre à nous pour exiger la levée de cette condamnation.»

Rejoignez l’appel aux côtés de : le Festival de Cannes, la SACD, la Cinémathèque française, l’ARP, la Cinémathèque suisse, le Festival international du film de Locarno, le Forum des images, Positif, la SRF, lesCahiers du cinéma, Citéphilo (Lille), France culture, la Mostra Internazionale d’Arte Cinematogafica di Venezia, Culturesfrance, la Quinzaine des Réalisateurs, Sarajevo Film Festival, Cinéma Gindou, Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir, Centre Culturel Pouya.


Tchad, Cinéma. Mahamat Saleh Haroun a gagné la bataille du Normandie

par Bernard Nantet

Prix spécial du Jury 2010 à Cannes pour son film Un homme qui crie, le cinéaste tchadien Mahamat Saleh Haroun, dit MSH, va pouvoir réaliser son rêve : faire revivre le Normandie, ce cinéma de Ndjamena en partie détruit pendant les guerres civiles qui ont déchiré son pays.

Dès 1979, la guerre civile a fait de la capitale tchadienne un champ clos où les factions se sont affrontées autour de quelques façades de bâtiments en dur, en particulier les cinémas. Comme tous les cinémas en Afrique, le Normandie, seule salle couverte du pays, avait nourri pendant des années l’imaginaire des jeunes Tchadiens. Passer derrière sa façade à l’architecture néo art déco, c’était plonger dans un monde bien plus exotique et onirique que subir dans le bois sacré l’initiation traditionnelle que François Tombalbaye, le premier président, avait remise au goût du jour.

Passer derrière la façade… © Ph. Bernard Nantet

Pour les enfants soldats des maîtres de la guerre se battre autour du Normandie revenait à entrer dans la fiction pour en faire une réalité mortelle… souvent aux dépends des civils. C’est ainsi que touché à la jambe par une balle perdue, le jeune Mahamat Saleh Haround, guère plus âgé qu’eux ne dut son salut qu’à la fuite en brouette poussée par son père, puis en pirogue au Cameroun voisin.

Petits boulots en Libye puis retournements de la situation politique avec un père devenu ambassadeur. Arrivée à Paris en 1982, découverte du monde, du journalisme et des faiseurs de rêves Chaplin, Bresson, Wenders, les grands frères Sembène Ousmane et Souleymane Cissé. Mais les plaies des guerres tchadiennes n’arrivent pas à se refermer et ses films (Bye, Bye Africa, 1999 ; Abouna notre père, 2002Darrat, saison sèche, 2006), dont le dernier Un Homme qui crie, 2010) sont des constats amers de la trahison des adultes, car «en Afrique, dit-il, tout adulte est le père ou l’oncle de quelqu’un». Et pour MSH, c’est «cette Afrique [des adultes]  qui a inventé les enfants de la rue et les enfants-solats […] Aujourd’hui, il y a des Africains qui jouent le rôle des colons. Ce que je montre ici relève d’une responsabilité tchao-tchadienne» (Le Monde].

Redonner sa place au rêve : grâce à son prix Mahamat Saleh Haround a poussé le gouvernement à créer un centre de formation des jeunes à l’audiovisuel. Et le Normandie, remis de ses blessures projettera son film en avant-première en attendant la résurrection du Rio, un autre éclopé de l’époque où des kalachnikov avaient remplacé les projecteurs dans ces salles qui n’avaient rien d’un Cinema Paradisio


Chabrol dernière

Claude Chabrol mort, qu’ajouter de plus qui n’aurait été déversé dans le flot médiatique ? Rien, ou presque. Juste se dire qu’il aura bien vécu, ainsi qu’il le donnait à voir. «Bon vivant», l’expression qui revient le plus pour saluer ce cinéaste prolixe (60 films, plus ou moins réussis), inventif (Nouvelle vague), corrosif (un bourgeois d’origine pour dézinguer la bourgeoisie, il sait de quoi il parle), sympathique sans la grosse tête – d’où cette photo-clin d’oeil qui me semble assez le résumer.

Hier soir France 2 – plus prompte à modifier ses programmes que lors de la mort d’Alain Corneau, soit – a diffusé L’Ivresse du pouvoir, parodie autour de l’affaire Elf. Un film plutôt embrouillé, des traits forcés. Mais, par delà, un goût ironique et actuel, un parfum genre l’Oréal-Bettencourt-Woerth et le système Sarkozy.


Alain Corneau, le musicien à la caméra

Alain Corneau au Festival du Film Français de Yokohama, le 19 juin 2005. Ph. Wikipedia

Mes papiers «jazz» seront désormais plus au chaud sur le site de Citizen Jazz.  Je continuerai à les signaler sur C’est pour dire, comme c’est le cas avec cet hommage au cinéaste Alain Corneau, qui vient de mourir.

Alain Corneau, le musicien à la caméra


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet. » Bossuet

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    • Énigme

      Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

      Philippe Casal, 2004 - Centre national des arts plastiques - Mucem, Marseille

    • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

      La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
      (Claude Lévi-Strauss)

    • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

      Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexualité / politique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
    • «Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl»

      Comme un nuage, album photos et texte marquant le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986). La souscription étant close (vifs remerciements à tous les contributeurs !) l'ouvrage est désormais en vente au prix de 15 euros, franco de port. Vous pouvez le commander à partir du bouton "Acheter" ci-dessous (bien préciser votre adresse postale !)

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      Il s'agit d'un album-photo de qualité, à tirage soigné et limité, 40 p. format A4 "à l'italienne". Les photos, prises en Provence et notamment à Marseille, expriment une vision artistique sur le thème d’« après le nuage ». Cette création rejoignait l’appel à l’organisation de "1.000 événements culturels sur le thème du nucléaire", entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fukushima) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl).
    • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

      L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

    • montaigne

      Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

      La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

    • « C’est pour dire » de Gérard Ponthieu, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification (3.0 France). Photos, dessins et documents mentionnés sous copyright © sont protégés comme tels.
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    • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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