On n'est pas des moutons

Le Sahara, par Bernard Nantet. Un désert entre fascination et enjeux internationaux

SAHARA-Bernard NantetQuand Ber­nard Nan­tet écrit sur l’Afrique, c’est du solide. Pas de ces bou­quins vite faits au détour d’une « actu », en l’occurrence la guerre au Mali. Depuis des décen­nies, il l’aura labouré ce conti­nent infini, à tous les sens du mot, et dans tous les sens de son insa­tiable curio­sité. Archéo­logue autant que jour­na­liste – les deux métiers s’entremêlent, selon les pro­fon­deurs des couches explo­rées, selon les époques –, cet éru­dit atten­tionné pos­sède le don de ques­tion­ner les traces pour faire par­ler les hommes qui les ont lais­sées dans les temps plus ou moins loin­tains. De même que, jour­na­liste, il ques­tionne « les gens », ceux de main­te­nant pour atteindre ce qui demeure du passé. Deux méthodes qui, en fin de compte, se croisent dans le champ de l’Histoire et celui de l’actualité.

Ainsi interroge-t-il aujourd’hui le Sahara, cet autre conti­nent dans le conti­nent, ou plu­tôt cet océan de pierres, cailloux, mon­tagnes. Et de sable. Ce désert immense et inquié­tant, objet de fas­ci­na­tion, enjeu de conquêtes et de pou­voir. Ce lieu de confron­ta­tions que l’on peut dire exis­ten­tielles entre pay­sans séden­taires et nomades, lieu cepen­dant livré à tous les vents, y com­pris les plus mau­vais des enva­his­seurs, exploi­teurs, tra­fi­quants en tous genres – aujourd’hui les armes, la drogue, les expé­dients du fon­da­men­ta­lisme reli­gieux, viles mar­chan­dises suc­cé­dant au com­merce ances­tral du bétail, du sel, de l’or, des esclaves aussi, non sans for­ger une cer­taine sagesse nouée à l’infinitude des horizons.

Comme le dit d’emblée l’auteur, dans un désir de démy­thi­fier une contrée expo­sée à l’exotisme, « Tom­bouc­tou l’inaccessible a cessé d’être la Mys­té­rieuse ». Il faut désor­mais se rendre à la dure réa­lité qui rejoint l’âpreté du « monde glo­ba­lisé », assoiffé comme jamais de res­sources « vitales », dont cet ura­nium d’Arlite au Niger, qui nour­rit nos cen­trales, devient un enjeu inter­na­tio­nal et excite les terroristes.

On com­prend au fil de ces quatre cents pages très denses, à quel point le Sahara, depuis les temps immé­mo­riaux en pas­sant par sa tumul­tueuse his­toire (curieu­se­ment liée aux pre­miers navi­ga­teurs) se trouve relié à l’« autre monde », notam­ment, et pour aller vite, via l’arabisation et les colo­ni­sa­tions modernes. Sans oublier les épo­pées fameuses, dont celle de l’Aéropostale avec l’escale non moins célèbre de Cap Juby (Laté­coère, Saint-Exupéry).

On sera étonné éga­le­ment par le cha­pitre illus­trant la « fas­ci­na­tion du désert », nour­rie en effet d’exotisme (Dela­croix, Fro­men­tin ; Isa­belle Ebe­rhardt ; Paul Morand… et Albert Londres). Vint ensuite « le temps des cher­cheurs », remar­quables défri­cheurs au long cours des mis­sions scientifiques.

L’ouvrage se ter­mine par un abon­dant cha­pitre inti­tulé « L ‘« Indé­pen­dance et après », en quoi il rejoint l’actualité la plus brû­lante, qui ne se ter­mine pas, sinon sur une inter­ro­ga­tion, là où le jour­na­liste rejoint l’historien.

Pas­sion­nant, cet ouvrage est à la fois pré­cieux par la richesse de contenu et par la qua­lité de l’écriture. Sa lec­ture en est faci­li­tée par d’innombrables inter­titres et tout un appa­reillage d’édition : chro­no­lo­gie, glos­saire, carte, biblio­gra­phie et index – cer­tains édi­teurs pour­raient s’en ins­pi­rer. De même, pour d’autres rai­sons, qu’un cer­tain conseiller pré­si­den­tiel, quant à lui désor­mais bien entré dans l’Histoire.

 

Le Sahara. His­toire, guerres et conquêtes. Ber­nard Nantet.

Tal­lan­dier édi­teur. 400 p. 22,90 €


Les « sans fleurs » de Georges Moustaki

Ph. Michiel Hendryckx, Wikipedia

Ph. Michiel Hen­dry­ckx, Wikipedia

Mous­taki est mort. Je me souviens…

Bien sûr, les médias en font des méga-tonnes. Plus de qua­rante minutes ce midi au jour­nal radio (Inter) ; ce soir sur les télés, on attend le déluge. C’est que la chan­son et ses hérauts/héros comptent énor­mé­ment dans nos ima­gi­naires – pas besoin d’ajouter popu­laires, ça vaut pour tous, je crois. La bonne chan­son, cet art du rac­courci, mémo­rable parce que si bien mémo­ri­sable dans cette fusion paroles/musique. 

Donc, les chan­teurs célèbres, on les célèbre comme ces icônes que fabrique le Spec­tacle géné­ra­lisé. On les adore, on les vénère, on les panthéonise.

Mous­taki, soit, était plu­tôt un brave type, pour ce qu’on en dit. Il chan­tait faux et jouait de même de sa gratte. Mais il l’assumait. Et une dizaine de chan­sons auront pris place dans ce qu’on appelle le patri­moine culturel.

J’ai un sou­ve­nir per­son­nel de lui. Ça remonte à Sex­pol, la revue (voir ci-contre). Besoin de sous, nous déci­dons d’organiser un « gala de sou­tien ». Ce sera le lundi 9 mai 1977 au Palace, rue du fau­bourg Mont­martre à Paris. Acceptent de se pro­duire gra­tui­te­ment divers artistes géné­reux dont Cathe­rine Ribeiro + Alpes, Fran­çois Rab­bath, le contre­bas­siste, la comé­dienne Pier­rette Dupoyet, etc. Et Georges Mous­taki, arrivé comme convenu avec sa guitare.

Le gala démarre, les artistes enchaînent… Arrive le tour de Mous­taki… On attend. On va voir dans sa loge : per­sonne. Disparu.

Penauds, on annonce la défec­tion du chan­teur au mil­lier de spec­ta­teurs, qui ne le prennent pas trop mal.

Le len­de­main, pour avoir le fin mot, j’appelle le Moustaki.

Ben oui, m’explique-t-il, il n’y avait pas de fleurs dans ma loge, alors je suis parti.

Je ne sais plus ce que j’ai pu alors bafouiller avant de clore la conver­sa­tion. Quelques années plus tard, je devais le croi­ser  dans un cou­loir d’Orly. On s’est serré la main tan­dis que je lui rap­pe­lais l’affaire Sex­pol. Il a souri benoî­te­ment. On s’est plus revus.

Pour son ultime gala, cette fois c’est sûr, il ne va pas man­quer de fleurs.


Alain Mollot, l’homme de théâtre, l’ami perdu

De ces jours où tout bas­cule. Télé­phone de l’ami qui m’apprend la mort d’Alain, l’ami très cher. Je fais répé­ter. J’ai bien entendu. Larmes, visions ravi­vées, voix, sou­ve­nirs. Alain Mol­lot, homme de théâtre. Mais homme d’abord, homme debout. Jusqu’à la fin.

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Alain Mol­lot, avril 2007, à Vau­ve­nargues devant le châ­teau où repose Picasso (ph. gp)

« Je n’irai qu’une semaine à Avi­gnon » me disait-il encore au télé­phone la semaine d’avant. Il se sen­tait décli­nant, menacé, mais pas au point de s’absenter. Sa der­nière mise en scène se jouera sans lui (du 6 au 28 juillet 2013 au Théâtre des Lucioles à 17h25) mais cepen­dant toute péné­trée de sa pré­sence. La Ville est une tragi-comédie de l’auteur russe contem­po­rain Evguéni Gri­ch­ko­vets, sorte de «  Woody Allen mos­co­vite ». Avec cette ultime pièce, Alain boucle ainsi un cycle entamé il y a une qua­ran­taine d’années avec la créa­tion du Théâtre de la Jac­que­rie, cette troupe alors inclas­sable de comé­diens ren­con­trés à l’école Jacques-Lecoq, (où il ensei­gnera plus tard). Jean-Pierre Cha­brol les repère bien­tôt et ne les quit­tera plus du cœur et des yeux – jusqu’à sa mort, évi­dem­ment, lui aussi. De cette jonc­tion naî­tront Lum­pen en 78 et Tit bon­homme l’est pas très mort en 80, pièces « déjan­tées » célé­brant le théâtre cru, char­nel, comique et popu­laire – en ce sens un théâtre de l’engagement.

Dès 1985, la Jac­que­rie s’implante dans le Val-de-Marne, à Vil­le­juif. Alain aborde alors le réper­toire à tra­vers Molière, L’École des Femmes,  Gol­doni, Le Café,  Romain Rol­land, Robes­pierre, Brecht, Maître Pun­tila et son valet Matti... Il écrit son pre­mier texte, Sur le sable, qu’il monte en 1993. En 1995, retrou­vant ainsi l’improvisation comme base de créa­tion, il crée avec son com­plice Chris­tophe Mer­lant Cro­quis Mar­rants d’une vie redou­tée et Caba­ret Monstre.

Alain en 2009, à Villeneuve-les-Avignon (ph. gp)

Alain en 2009, à Villeneuve-lès-Avignon (ph. gp)

Après avoir uti­lisé la déri­sion pour dénon­cer les méfaits de la société, il res­sent le besoin de s’attaquer aux « grands sen­ti­ments ». Il monte alors un mélo­drame, Liliom, de l’auteur hon­grois Ferenc Molnár et, à par­tir de 1999, construit le pro­jet d’une épo­pée théâ­trale cen­trée sur la vie quo­ti­dienne et la cri­tique de cette société en dis­so­lu­tion dans la « moder­nité ». D’où la tri­lo­gie : Roman de familles, La four­mi­lière, sur le tra­vail, et Res Publica sur l’idée de nation et du bien commun.

Ces der­nières années, son tra­vail rend compte d’un va et vient constant entre les spec­tacles créés à par­tir de témoi­gnages et la mise en scène de grandes fables modernes. La fic­tion nour­rit le réel et le réel la fic­tion. Les lan­gages théâ­traux s’entremêlent libre­ment : jeux réa­listes, masques, marion­nettes, chansons…

Paral­lè­le­ment il revient au texte en met­tant en scène Le Man­teau, d’après Gogol, avec des comé­diens ren­con­trés à l’Institut Natio­nal de la Marion­nette à Charleville-Mézières où il a ensei­gné, et La fin d’une liai­son, adap­ta­tion du roman de Gra­ham Greene.

De 2001 à 2010, il a été à la direc­tion du Théâtre Romain-Rolland de Vil­le­juif où il a cher­ché à pro­mou­voir un « théâtre du geste et de l’image ».

Pré­sen­ta­tion de La Ville, sa der­nière mise en scène, pro­gram­mée à Avignon

Alain était l’homme des fidé­li­tés : à ses ori­gines popu­laires, à sa famille, à ses comé­diens, à ses amis, à sa femme Yola Buszko, comé­dienne qu’il ren­con­tra en Pologne, à leur fils, Max, bien sûr.

En mars, alors qu’il lut­tait contre le can­cer, nous avons passé une mati­née entière à la Grande gale­rie de l’évolution… Étrange lieu célé­brant et la vie et la mort… Pré­cieuse pré­sence de l’ami, curieux, ques­tion­nant, pré­sent. À consi­dé­rer les mys­tères de la vie, inter­ro­geant sa beauté et son hypo­thé­tique fina­lité… On parle du temps long, si imper­cep­tible au cer­veau humain, des énigmes qui demeurent, pour tou­jours affa­mer la science, ali­men­ter les ques­tions ; faire rêver les hommes dans les bras des dieux.

On a pris le temps de man­ger, là devant le trou­peau des « mer­veilles de la créa­tion » – ces créa­tures empaillées qui illu­minent les yeux des visi­teurs, dont tous ces enfants qui lèvent des regards éba­his sous le sque­lette de la baleine.

C’est là qu’il m’a dit, Alain : « Je suis en dan­ger », et que la conver­sa­tion a divergé.

 

Voir le site de La Jacquerie


Bridget Kyoto empoigne le Système technicien de Jacques Ellul

La Minute Néces­saire de Brid­get Kyoto :

Brid­get vous révèle une vieille tech­nique de grand-mère pour sor­tir de notre « sys­tème tech­ni­cien » devenu fou. Elle s’inspire, dirait-on, d’un bou­quin d’un cer­tain Jacques Ellul, mono­ma­niaque de ce qu’il dénonce, à juste titre : Le Sys­tème tech­ni­cien. L’analyse, certes, semble juste éga­le­ment. Mon scep­ti­cisme porte sur les consé­quences qu’Ellul attri­bue à une cause unique : la tech­nique. Moyen­nant quoi, il pré­tend déte­nir la clé uni­ver­selle ouvrant la solu­tion à tous les maux du monde. Je ne m’étends pas plus ici sur cette épi­neuse ques­tion. Car je sens que des com­men­taires vont bien­tôt lan­cer l’inévitable débat…


Dame de fer, dame sans cœur, par Faber

© faber

© faber

 


Cahuzac et le « pire des analphabètes », selon Brecht

J-C, peu avant sa crucifixion. [ph. DR]

J-C, peu avant sa cru­ci­fixion. [ph. DR]

Une cata infor­ma­tique s’est abat­tue sur « C’est pour dire » en même temps que la cata poli­tique qui fera du 2 avril 2013 la date réfé­rence: « Avant/après J-C bis ». Pas bien grave pour l’une (la chose a été dépan­née – merci Daniel !), déplo­rable pour l’autre et pour nous tous, en par­ti­cu­lier pour ce qui relève de la Démo­cra­tie et de la Répu­blique – avec majus­cules – ces construc­tions si belles, labo­rieuses à faire gran­dir, si fra­giles, au point qu’elles chan­cellent sous les coups d’un ignoble Mal­frat (majus­cule aussi !).  Ce qui est ici en cause, c’est la col­lu­sion intime de l’Argent, du Pou­voir et de la Peti­tesse, amal­game rui­neux pour l’Homme – construc­tion humaine – et qui ruine les hommes, le peuple, la société, la morale déjà si chan­ce­lante en ces temps désenchantés.

Tout aura été dit, depuis ce jour de l’Aveu et de la Cru­ci­fixion, de la triche, du men­songe, de l’ignominie. Rien à ajou­ter à l’immonde. Sauf ce texte res­sorti à point nommé (merci Rosa et Michel !). Un texte du dra­ma­turge alle­mand Ber­tolt Brecht (mort en 1956), bros­sant le por­trait de l’analphabète poli­tique, cet amné­sique et irres­pon­sable par lequel l’Histoire ne manque pas de bégayer.

Cahu­zac s’inscrit dans une longue lignée d’affairistes véreux, pré­cède les sui­vants, illustre les actuels. Son talent sup­plé­men­taire lui garan­tit le sta­tut d’icône moderne. Car il n’a rien inventé.

« Le pire des anal­pha­bètes, c’est l’analphabète poli­tique. Il n’écoute pas, ne parle pas, ne par­ti­cipe pas aux évé­ne­ments poli­tiques. Il ne sait pas que le coût de la vie, le prix des hari­cots et du pois­son, le prix de la farine, le loyer, le prix des sou­liers et des médi­ca­ments dépendent des déci­sions poli­tiques. L’analphabète poli­tique est si bête qu’il s’enorgueillit et gonfle la poi­trine pour dire qu’il déteste la poli­tique. Il ne sait pas, l’imbécile, que c’est son igno­rance poli­tique qui pro­duit la pros­ti­tuée, l’enfant de la rue, le voleur, le pire de tous les ban­dits et sur­tout le poli­ti­cien mal­hon­nête, men­teur et cor­rompu, qui lèche les pieds des entre­prises natio­nales et mul­ti­na­tio­nales. » [Ber­tolt Brecht, ni daté, ni sourcé]

• Voir éga­le­ment, du 17 décembre 2012 :

Le men­hir d’Obélix cachera-t-il la forêt de l’évasion fis­cale ? par Attac


Tapie, patron de « La Provence » et papa piston

Il disait n’avoir pas besoin d’acheter un jour­nal quand on pou­vait se payer un jour­na­liste… Mais il a changé d’avis, ne sachant sans doute quoi faire de tout ce pognon accu­mulé à par­tir d’affaires, disons louches… Bref, Tapie est devenu patron de La Pro­vence entre autres canards du sud-est. On se deman­dait pour­quoi, tout en ayant quelques idées. Sans peut-être avoir pensé à ces petits arran­ge­ments fami­liaux, ainsi résu­més en ce dimanche de Pâques par ces innom­brables tweets, comme celui-ci :

Ber­nard Tapie, patron de @laprovence > Laurent Tapie, res­pon­sable web de @laprovence > Sophie Tapie, invi­tée mer­credi de @laprovence.

Tout est dit sur l’air du népo­tisme. On peut regar­der de plus près ici sur laprovence.com

Posez bien vos questions, hein !

Posez bien vos ques­tions, hein !

Et vive la presse (libre, j’oubliais) !


Richard Bohringer aux politiciens : La banque est plus forte que vous !

Invité sur le pla­teau de « On n’est pas cou­ché » samedi soir, l’acteur Richard Boh­rin­ger a poussé un beau et émou­vant coup de gueule. Face à Henri Guaino, il a exprimé ses convic­tions en poin­tant du doigt les poli­ti­ciens et leur impuis­sance face aux banques et au monde de la finance.

« Pour­quoi il n’y a pas de Répu­blique ?  a-t-il lancé. Parce qu’on n’est pas répu­bli­cains !
« Le poli­tique, qu’il soit homme ou femme,…, ne sert plus à rien, c’est un pres­ta­taire de ser­vice…
« La preuve, ces putains de dettes, on n’arrive pas à les payer… tant qu’il y aura ces his­toires des dettes, qui mettent à plat les peuples… vous les poli­tiques n’arrivez pas à les faire éli­mi­ner, parce que la banque est plus forte que vous, c’est elle qui vous imprime la des­ti­née de notre peuple et non pas vous. »


Selon François Morel, tout ça remonte au paléolithique inférieur


Le Billet de Fran­cois Morel par fran­cein­ter


Souvenir du paradis (fiscal), par Faber

Chypre bis


Appel à dénoncer et boycotter la collaboration de « Marseille-Provence 2013  » avec l’État d’Israël

Le gou­ver­ne­ment israé­lien a décidé de faire de Mar­seille capi­tale euro­péenne de la culture un outil pour « modi­fier son image ». Un cer­tain nombre de citoyens, parmi les­quels des artistes, res­pon­sables de struc­tures cultu­relles ou d’édition, soli­daires du peuple pales­ti­nien, refusent de cau­tion­ner une telle opé­ra­tion de pro­pa­gande. Ils ont signé et lancé un appel de pro­tes­ta­tion contre cette manœuvre de séduction.

Voici le texte de cet appel :

 « Pas en notre nom »

Appel d’artistes, de res­pon­sables de struc­tures cultu­relles, de spec­ta­teurs, soli­daires du peuple palestinien

« A l’occasion de « Mar­seille capi­tale euro­péenne de la culture 2013 », le Consu­lat d’Israël à Mar­seille a orga­nisé la venue de nom­breux artistes pour une qua­ran­taine de rendez-vous appe­lés « Israël en scène 2013 ». Il ne s’agit pas de simples évé­ne­ments artis­tiques et cultu­rels, mais d’une véri­table opé­ra­tion de pro­pa­gande des­ti­née à « chan­ger l’image d’Israël » dans l’opinion fran­çaise, direc­te­ment orga­ni­sée par le gou­ver­ne­ment israé­lien. Les artistes ainsi ins­tru­men­ta­li­sés ne peuvent l’ignorer.

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Marseille. L’ « affaire Guetta » ou le trouble d’une gestion municipale

L’annulation à Mar­seille du concert de Guetta à 400 000 euros ne doit pas cacher le carac­tère plus que trouble de la ges­tion muni­ci­pale. C’est ce que rap­pelle le com­mu­ni­qué sui­vant du Com­mando Anti-23 juin exi­geant des expli­ca­tions sur les pra­tiques pour le moins anti-démocratiques des élus.

 

Nous avons fait réagir David Guetta : l’ampleur de notre mou­ve­ment a amené le DJ à annon­cer hier dans un com­mu­ni­qué qu’il annu­lait son concert au Parc Borély … pour en tenir un autre non sub­ven­tionné au Dôme.

Depuis plu­sieurs semaines, notre mobi­li­sa­tion excep­tion­nelle a fait beau­coup par­ler d’elle dans les médias. Il y a quelques jours, vous avez contraint le maire à répondre à vos publi­ca­tions sur Face­book et Twit­ter en s’engageant à redis­cu­ter cette sub­ven­tion. Cette déci­sion de David Guetta est une pre­mière vic­toire, mais c’est une vic­toire amère.

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Printemps précoce, météo affolée

Pas pu m'empêcher… Photo X.

Pas pu m’empêcher… Photo X.


Quand « arte » débat sur le rire : défense de rigoler

Qu’est-ce que le rire ? Vaste ques­tion… Si l’on s’en réfère à Blaise Pas­cal autant qu’à Henri Berg­son, il serait le propre de l’Homme. Cepen­dant, des études récentes ont mon­tré que cette fonc­tion avait pu être déce­lée chez cer­tains ani­maux – sous réserve tou­te­fois de véri­fi­ca­tions expé­ri­men­tales, actuel­le­ment menées par le pro­fes­seur écos­sais John Mac Hilar dans son labo­ra­toire d’Edimbourg. Il se trouve épaulé depuis plu­sieurs années par un autre émi­nent spé­cia­liste de la ques­tion, M. You­goulé M’Dialo, auteur du célèbre essai Étu­dio­lo­gie com­pa­rée du rire de brousse et de savane (éd. du Griot). Notons à son sujet que c’est la pre­mière fois qu’un auteur afri­cain publie sur cette ques­tion qui, en Europe en par­ti­cu­lier et en Occi­dent en géné­ral, ali­mente en abon­dance les rayons des biblio­thèques. Rayons sur les­quels on trouve les mul­tiples recherches menées cette fois sur le plan plus phi­lo­so­phique et socio­lo­gique par le dis­tin­gué cri­tique Jean Balibot. La chaîne Arte, tou­jours à l’avant-garde de ce genre de débats, a récem­ment réuni ces deux der­niers pro­ta­go­nistes dans un pas­sion­nant débat animé par Yolande Mirot-Desmiches. On y aborde l’éternelle ques­tion de l’origine du rire, mais cette fois les réponses appor­tées par les deux spé­cia­listes appa­raissent sans la moindre ambi­guïté. On retien­dra en par­ti­cu­lier le démon­tage en trois par­ties du méca­nisme ana­ly­tique du rire : l’antématique, la sus­ma­tique et la post­ma­tique. Abso­lu­ment éblouis­sant et défi­ni­tif, démons­tra­tion à l’appui. Enfin, nous voici éclai­rés sur cette fonc­tion essen­tielle qu’est le rire chez l’homme – sur­tout chez l’homme. Qu’on en juge, grâce à la vidéo ci-dessous :

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Le regard des Cassini sur le territoire de France, via Google

Sauf la Corse…

Sauf la Corse…

Voir la France du XVIIIe siècle sur Google Maps, assem­blée à par­tir des 182 feuillets de la carte Cas­sini (taille ini­tiale : 64 × 95 cm la feuille), c’est donc désor­mais on ne peut plus facile depuis son écran d’ordi et grâce au tra­vail de David Rum­sey sur son site. Quel docu­ment et quel éblouis­se­ment que de consi­dé­rer cette repré­sen­ta­tion par la carte qui – on le sait – n’est pas le ter­ri­toire. Mais toute car­to­gra­phie a tenté le rap­pro­che­ment avec la réa­lité, tan­dis qu’elle en reste une repré­sen­ta­tion. Idem entre le roman et la vie…

La carte de Cas­sini ou carte de l’Académie est la pre­mière carte géné­rale et par­ti­cu­lière du royaume de France. Il serait plus appro­prié de par­ler de carte des Cas­sini, car elle fut dres­sée par la famille Cas­sini, prin­ci­pa­le­ment César-François Cas­sini (Cas­sini III) et son fils Jean-Dominique Cas­sini (Cas­sini IV) au XVIIIe siècle.

Cette carte consti­tuait pour l’époque une véri­table inno­va­tion et une avan­cée tech­nique déci­sive. Elle est la pre­mière carte à s’appuyer sur une tri­an­gu­la­tion géo­dé­sique dont l’établissement prit plus de cin­quante ans. Les trois géné­ra­tions de Cas­sini se suc­cé­dèrent pour ache­ver ce tra­vail. La carte ne loca­lise pas pré­ci­sé­ment les habi­ta­tions ou les limites des marais et forêts, mais le niveau de pré­ci­sion du réseau rou­tier ancien est tel qu’en super­po­sant des pho­tos satel­lite ortho­rec­ti­fiées aux feuilles de la carte de la France on obtient de spec­ta­cu­laires résultats.

La carte n'étant toujours pas le territoire…

La carte n’étant tou­jours pas le territoire…

Le tra­vail des Cas­sini laissa même son empreinte sur le ter­rain où l’on trouve encore aujourd’hui des topo­nymes dits « Signal de Cas­sini », qui révèlent les lieux où s’effectuèrent les mesures de l’époque. Ces points de repères cor­res­pondent aux som­mets des mille tri­angles qui for­maient la trame de la carte de Cas­sini.

De nos jours, les cher­cheurs consultent fré­quem­ment les feuilles de la carte des Cas­sini, soit sa forme papier en salle de lec­ture du dépar­te­ment des cartes et plans de la Biblio­thèque natio­nale de France, soit sa forme numé­rique en ligne. Elle inté­resse tout par­ti­cu­liè­re­ment les archéo­logues, les his­to­riens, les géo­graphes, les généa­lo­gistes, les chas­seurs de tré­sors et les éco­logues qui ont besoin de faire de l’éco­lo­gie rétros­pec­tive ou de com­prendre l’histoire du pay­sage. [Wiki­pe­dia]


  • Twitter — Gazouiller

  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
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    (Claude Lévi-Strauss)
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    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances
    (Ber­trand Russel)
  • Un récent et com­pli­qué chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Les reverra-t-on un jour ? Hmmm…

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