On n'est pas des moutons

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Nucléaire. La probabilité d’un accident en France serait de 50% pour le parc actuel

Sur la base du constat des acci­dents majeurs sur­ve­nus dans l’industrie nucléaire ces trente der­nières années, on devrait sta­tis­ti­que­ment connaître un acci­dent de ce type dans l’Union euro­péenne au cours de la vie du parc actuel, avec une pro­ba­bi­lité de 50% de voir cet acci­dent majeur se pro­duire en France. C’est en tout cas ce que démontrent Ber­nard Laponche, phy­si­cien nucléaire, expert en poli­tiques de l’énergie, et Ben­ja­min Des­sus, ingé­nieur et éco­no­miste, dans un article publié sur le site de Glo­bal Chance. Cette asso­cia­tion regroupe des scien­ti­fiques et des experts convain­cus qu’un déve­lop­pe­ment mon­dial plus équi­li­bré peut et doit résul­ter de la prise de conscience crois­sante des menaces qui pèsent sur l’environnement glo­bal. Ce texte a déjà été publié dans Libé­ra­tion et dans Poli­tis. Il est assez impor­tant pour méri­ter une large diffusion.

Acci­dent nucléaire : une cer­ti­tude statistique

Le risque d’accident majeur dans une cen­trale nucléaire a été consi­déré comme la com­bi­nai­son d’un évé­ne­ment d’une gra­vité extrême et d’une très faible pro­ba­bi­lité d’occurrence. Certes, la mul­ti­pli­ca­tion de zéro par l’infini pose quelques pro­blèmes mais les pro­mo­teurs du nucléaire, met­tant en avant cette très faible pro­ba­bi­lité, affir­maient qu’il n’y avait aucun dan­ger. Si la gra­vité des consé­quences d’un tel acci­dent a bien été confir­mée par Tcher­no­byl et Fuku­shima, que peut-on dire aujourd’hui de la pro­ba­bi­lité de son occurrence ?

Il y a deux méthodes pour esti­mer la pro­ba­bi­lité d’un acci­dent : la méthode théo­rique, qui consiste à la cal­cu­ler sur la base de scé­na­rios de simu­la­tion d’accidents pre­nant en compte les sys­tèmes de défense et les risques de dys­fonc­tion­ne­ment, et la méthode expé­ri­men­tale, qui consiste à prendre en compte les acci­dents sur­ve­nus, ce que l’on fait par exemple pour les acci­dents de voi­ture. Les résul­tats de l’approche théo­rique, issus des tra­vaux des experts de la sûreté nucléaire, dis­tinguent, pour les cen­trales actuel­le­ment en fonc­tion­ne­ment dans le monde, deux types d’accidents : « l’accident grave » avec fusion du cœur du réac­teur, dont la pro­ba­bi­lité serait de moins de un pour 100 000 « années-réacteur » (un réac­teur fonc­tion­nant pen­dant un an) et « l’accident majeur », acci­dent grave non maî­trisé et condui­sant à d’importants relâ­che­ments de radio­ac­ti­vité, dont la pro­ba­bi­lité serait de moins de un pour un mil­lion d’années-réacteur.

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Nucléaire-Fukushima. La France contaminée deux jours avant la date officielle, selon la CRIIRAD

TCHERNOBYL BIS REPETITA ? La CRIIRAD (Com­mis­sion de Recherche et d’Information Indé­pen­dantes sur la Radio­ac­ti­vité) vient de publier la carte qui prouve que la France a été conta­mi­née dès le 22 mars 2011, dix jours après le début de la catas­trophe de Fuku­shima et deux jours avant la date offi­ciel­le­ment avan­cée :
1/  les masses d’air conta­miné par les rejets radio­ac­tifs de la cen­trale nucléaire de FUKUSHIMA DAIICHI sont arri­vées 2 jours avant la date indi­quée par l’Institut de Radio­pro­tec­tion et de Sûreté Nucléaire (IRSN) ;

 

2/  elles ont affecté les trois quarts de la France (et non pas le seul som­met du Puy-de-Dôme) ;
3/ l’activité de l’iode 131 par­ti­cu­laire était plus de 20 fois supé­rieure à celle annon­cée pour le 24 mars.
Ni l’IRSN, ni les grands exploi­tants du nucléaire, ne pou­vaient l’ignorer. Omis­sion invo­lon­taire (mais invrai­sem­blable) ou déli­bé­rée… mais dans quel but ?

 

La CRIIRAD a saisi le Pre­mier ministre et le pré­sident de l’Autorité de Sûreté Nucléaire d’une demande d’enquête sur la chro­no­lo­gie des faits et les dif­fé­rents niveaux de res­pon­sa­bi­li­tés.
Plus d’information : http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon_bis/sommaire.html

CRIIRAD : : asso@criirad.org
Site web : www.criirad.org


Nucléaire. Le cauchemar continue autour des quatre réacteurs de Fukushima en perdition totale

Deux mois et plus ont passé. Une espèce de suaire média­tique a com­mencé à enve­lop­per Fuku­shima, ses quatre réac­teurs sinis­trés, la région et tout le Japon dans son drame. Une chape de silence tend à œuvrer afin de main­te­nir dans son coma tout un modèle de société basé sur le tou­jours plus, comme si la fin des temps humains ne s’en trou­vait pas hâtée. Un temps de cendres pour­tant tou­jours des plus radioactives.

 

Dans la suite 36 de sa chro­nique de la catas­trophe nucléaire, Domi­nique Leglu, direc­trice de la rédac­tion du maga­zine Sciences et ave­nir, se montre car­ré­ment alar­mante : « On s’en dou­tait depuis long­temps, mais voir la chose admise par l’opérateur Tepco de la cen­trale Fuku­shima fait un effet sidé­rant : le cœur fondu du réac­teur n°1 a percé sa cuve en de mul­tiples endroits ! Ou pour le dire avec les cir­con­vo­lu­tions de l’opérateur : « des trous ont été créés par le com­bus­tible  nucléaire fondu au fond de la cuve du réac­teur n°1 ».

 

 

« C’est, en clair, l’accident maxi­mal pour un réac­teur de ce type. L’enceinte ultime, autre­ment dit la cuve pres­su­ri­sée dans laquelle est enfermé le com­bus­tible nucléaire, cuve cen­sée être le der­nier rem­part contre l’émission de radio­ac­ti­vité vers l’extérieur, est rompue ! »

 

Il s’avère en effet que de nom­breuses sou­dures n’ont pas résisté aux très hautes tem­pé­ra­tures dues à la fonte du réac­teur, ainsi qu’à une cor­ro­sion intense cau­sée par le sel de l’eau de mer employée pour les ten­ta­tives de refroi­dis­se­ment. L’inox uti­lisé dans les cuves des réac­teurs « se retrouve aussi ailleurs dans la cen­trale, notam­ment dans les casiers des assem­blages de com­bus­tibles (dans les pis­cines qui ont été dra­ma­ti­que­ment endom­ma­gées – en par­ti­cu­lier dans les uni­tés 3 et 4 ».

 

En fait, pour­suit Domi­nique Leglu, « on se demande si tous les réac­teurs (pas seule­ment le n°1 mais peut-être aussi les n°2 et n°3) ne sont pas en train de « tom­ber en miettes » – leurs struc­tures métal­liques étant de plus en plus défaillantes, après que les struc­tures en béton ont été ébran­lées et fis­su­rées lors des explo­sions qui ont eu lieu dès les pre­miers jours de la catastrophe. »

 

La jour­na­liste de Sciences et ave­nir met aussi en doute la pré­ten­tion d’Areva à « décon­ta­mi­ner l’eau qui a abon­dam­ment servi à refroi­dir les réac­teurs et les pis­cines et ins­tal­ler un cir­cuit fermé pour la ré-utiliser. Com­ment faire un cir­cuit fermé avec une (des) cuve(s) de réac­teur transformée(s)  en pas­soire ? Sur­tout, com­ment s’approcher de ces lieux extrê­me­ment radio­ac­tifs – vu la non étan­chéité de l’ensemble — pour éven­tuel­le­ment « rebou­cher » les trous ? Qui va s’approcher ? »

 

Et de conclure : « Deux mois après la catas­trophe, on se demande encore autre chose : pen­dant com­bien de mois (d’années ?) va-t-il fal­loir conti­nuer à refroi­dir les lieux, accu­mu­lant tou­jours plus d’eau conta­mi­née. Cela signifie-t-il qu’il va fal­loir reje­ter à nou­veau celle-ci « volon­tai­re­ment » dans l’océan, comme cela a été fait pour plus de 10 000 tonnes (eau dite alors « fai­ble­ment conta­mi­née ») il y a quelques semaines ? C’est un véri­table cau­che­mar qui continue. »

 

D’autre part, selon une dépêche de l’AFP du 29 avril, un conseiller scien­ti­fique du pre­mier ministre japo­nais, le pro­fes­seur Toshiso Kosako, a pré­senté sa démis­sion « en larmes » lors d’une confé­rence de presse, « en rai­son de désac­cords sur la ges­tion de la cen­trale nucléaire acci­den­tée de Fuku­shima ». La rai­son essen­tielle de cette démis­sion est due au fait que le gou­ver­ne­ment a envi­sagé un relè­ve­ment du taux admis­sible de radio­ac­ti­vité dans les écoles, sur les aires de jeux. Alors que « la limite était jusqu’à pré­sent de 1 mSv/an (peut-être 2,4 mSv/an) », selon une source uni­ver­si­taire japo­naise, l’intention est de la faire pas­ser à 20 fois plus, soit « 20 mSv/an ». Ce taux annuel de 20 mSv/an est celui admis pour les pro­fes­sion­nels du nucléaire en France.


Tchernobyl – Fukushima. 25 ans après, « la leçon de Tchernobyl n’a pas été apprise »

Cli­quer sur l’image pour lire mon article d’il y a cinq ans (déjà…)

26 avril 1986, catas­trophe de Tcher­no­byl. Voilà vingt-cinq ans. Une réfé­rence pour la fameuse échelle INES, atteinte à son niveau 7, le plus élevé. Atteintes humaines et envi­ron­ne­men­tales incal­cu­lables – des vic­times par cen­taines de mil­liers, décé­dées ou malades ; un ter­ri­toire grand comme la Suisse rendu invi­vable à jamais… Un quart de siècle plus tard, la cen­trale japo­naise de Fuku­shima entre en « com­pé­ti­tion » en attei­gnant à son tour le niveau 7. Pour autant « on » n’ose par­ler de « catas­trophe ». « On » pré­fère euphé­mi­ser, jouer sur le temps, implo­rer le miracle du dieu Tech­nique. « On » : nucléo­crates et poli­tiques fon­dus dans le même moule du ren­de­ment éco­no­mique, de cette ren­ta­bi­lité dans laquelle le fac­teur humain ne consti­tue qu’une variable parmi d’autres. Sauf que la « variable » humaine pour­rait bien se rebif­fer plus sévè­re­ment qu’il y a vingt-cinq ans où l’ « excuse sovié­tique » – les « Popofs » étant alors consi­dé­rés avec mépris d’un niveau tech­nique infé­rieur… – avait été invo­quée. La « supé­rio­rité occi­den­tale », celle des cen­trales de concep­tion états-unienne ins­tal­lées au Japon, comme en France d’ailleurs, a donc apporté la preuve de ses propres limites, met­tant à bas le dogme de l’énergie la plus sûre…  Peut-être mais…, nous dit  l’écrivaine bié­lo­russe Svet­lana Alexievitch,  «la leçon de Tcher­no­byl n’a pas été apprise»

 

La catas­trophe de Fuku­shima aura sans doute – quoi qu’il en soit de ses consé­quences – per­mis de battre en brèche l’omerta nucléa­riste. Du moins en aura-t-elle pris un sérieux coup, obli­geant à recon­si­dé­rer les fameux dogmes tech­ni­cistes, mais aussi les choix éner­gé­tiques fon­da­men­taux, les poli­tiques de déve­lop­pe­ment, et même la démo­cra­tie elle-même prise la main dans le sac du secret, du men­songe, de la for­fai­ture. Mais la bête se débat ! (Voir ici à ce pro­pos :Le nucléaire est affaire trop dan­ge­reuse pour la lais­ser aux mains des nucléo­crates !)

 

Même à armes inégales, le débat sur les choix éner­gé­tiques et de société a été for­te­ment réac­tivé. De même que celui, com­bien fon­da­men­tal, sur les tra­vailleurs du nucléaire, et tout par­ti­cu­liè­re­ment ceux de la sous-traitance. Cette pra­tique de forme escla­va­giste – cette mal-traitance – s’est déve­lop­pée et accé­lé­rée depuis le début de pri­va­ti­sa­tion du sec­teur de l’électricité et la démo­li­tion des ser­vices publics en géné­ral. Ainsi EDF en est-elle venue à se désen­ga­ger en quelque sorte de la main­te­nance et indi­rec­te­ment de la sûreté de ses ins­tal­la­tions. En recou­rant à du per­son­nel cor­véable (moins cher, peu reven­di­ca­tif, peu regar­dant – par néces­sité – sur les risques sani­taires), l’électricien indus­triel se lave les mains de la dan­ge­ro­sité de ses acti­vi­tés, ou tout au moins les déplace-t-elle vers les entre­prises pri­vées de cette sous-traitance.

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Effet Fukushima. Les gazouillis de l’anxiété nucléaire en direct sur la Toile

Des artistes mul­ti­mé­dia ita­liens viennent de déve­lop­per Nuclear Anxiety, une carte inter­ac­tive per­met­tant de visua­li­ser en temps réel, à par­tir de comptes Twit­ter, l’angoisse géné­rée sur la Toile par l’énergie nucléaire. Chaque fois qu’un gazouillis (tweet) com­por­tant le mot « nucléaire » (en plu­sieurs langues) est posté, il appa­raît géo­lo­ca­lisé. Ainsi s’exprime l’ampleur de cette peur, notam­ment aux Etats-Unis, où Twit­ter est très popu­laire. 

 

Autre bruit de fond issu de la Toile, listentothedeep.com a mis en écoute l’enregistrement du bruit du séisme qui s’est pro­duit au large du Japon le 11 mars, les basses fré­quences ayant été accé­lé­rées seize fois. Acces­sible dans la rubrique « Sound Library », puis « Ear­th­quake ». Le chant de la terre, comme Mah­ler lui-même ne l’avait jamais entendu…

Tout ça est gai, sympa, moderne, tech­nique – comme notre monde.


Le nucléaire est affaire trop dangereuse pour la laisser aux mains des nucléocrates !

L’émission « Mots croi­sés » du 11 avril était en par­tie consa­crée au nucléaire. J’y aurai sur­tout vu l’affligeant numéro d’un tech­no­lâtre dénommé Jean-Marc Jan­co­vici, pré­senté comme « 
Ingé­nieur éner­gie cli­mat, 
Pro­fes­seur à l’Ecole des Mines Paris Tech » (fer­mez le ban !) Sou­vent à l’œuvre média­tique en ces temps de contes­ta­tion nucléaire, ce pré­ten­tieux est le pro­to­type même du nucléo­crate : mépri­sant autant que suf­fi­sant, ça va ensemble, il assène la « science » en rame­nant la sienne.

Extraits :

 

Cette pres­ta­tion, atter­rante, a eu l’avantage de mon­trer in vivo com­ment le monde nucléaire est devenu une sorte de secte, anti­dé­mo­cra­tique ô com­bien, dont l’objet est inac­ces­sible à ceux qui n’en font pas par­tie. C’est ainsi qu’un spec­ta­teur lambda ne peut rien com­prendre au nucléaire puisque « per­sonne ne sait ce qu’est un mil­li­sie­vert ». Ben expliquez-nous donc ça, grand mani­tou ! «Ah non, pas pos­sible, ça prend au moins trois pages » L’extrait  ci-dessus de l’émission illustre bien la ques­tion de fond de ce sec­teur à part,  cette caste de consan­guins refer­més sur eux-mêmes et deve­nus sourds et aveugles au monde exté­rieur. D’où leur grand dan­ger à les lais­ser agir sans contrôle. On les a assez vus à l’œuvre à Three Mile Island, Tcher­no­byl et Fuku­shima. Le nucléaire est affaire trop sérieuse et sur­tout dan­ge­reuse pour la lais­ser aux mains de tels allumés !

L'attitude, le ton, les propos – tout oppose le scientifique au nucléocrate arrogant.

L’attitude, le ton, les pro­pos – tout oppose le scien­ti­fique au nucléo­crate arrogant.

 

 

A l’opposé, cet entre­tien vidéo sur Universcience.tv du 31 mars avec Roland Des­bordes, pré­sident de la Com­mis­sion de recherche et d’information indé­pen­dantes sur la radio­ac­ti­vité (CRIIRAD). Exact contraire de ce pédant insup­por­table Jan­co­vici, Roland Des­bordes se veut expli­ca­tif autant que rigou­reux, déplo­rant les don­nées a-scientifiques four­nies par les auto­ri­tés japo­naises sur les émis­sions radio­ac­tives liées à l’accident de Fuku­shima. Où l’on apprend éga­le­ment, sans alar­misme, que nous sommes bel et bien expo­sés au nuage radio­ac­tif venu du Japon.

Deux concep­tions de la science, de l’information, de la démo­cra­tie. Un autre huma­nisme aussi.

Cli­quer sur les images pour voir les vidéos, ou sur les liens ci-dessous :

http://www.universcience.tv/media/3000/les-emissions-radioactives-de-fukushima.html

 

http://www.youtube.com/watch?v=weRm6XKYDxo

 


Fukushima. Ou comment nos nucléocrates réarment le système – sans l’avoir désarmé

Une indus­trie, des capi­taux, une tech­no­lo­gie, un sys­tème et une vision du monde. Voilà tout ce qu’il y a à « sau­ver » der­rière la catas­trophe de Fuku­shima : rien de moins. En termes plus savants, on appelle ça un para­digme, un modèle sur lequel on avait cru bon de bâtir un sys­tème de valeurs – comp­tables, pro­duc­ti­vistes –, à défaut de pen­sée huma­niste éle­vée. Ce qui fut donc réa­lisé et vient ainsi de se fra­cas­ser dans le chaos de la cen­trale nucléaire japonaise.

 

Mais cette catas­trophe, que d’aucuns s’échinent encore, et on peut com­prendre leur ardeur, à qua­li­fier d’ « acci­dent », trouve matière à dis­si­mu­ler sa vraie réa­lité. D’abord par l’action concer­tée de ceux qui y ont l’intérêt le plus impé­rieux, le plus vital, si on ose dire. Simul­ta­né­ment par le jeu concur­ren­tiel d’une actua­lité – le chaos plus géné­ral du monde – qui sert de diver­tis­se­ment à des enjeux pour­tant autre­ment cru­ciaux pour l’avenir de l’humanité.

 

« Autre­ment cru­ciaux », à mes yeux, cela ne signi­fie nul­le­ment que je tien­drais pour « négli­geables » les révoltes qui secouent le monde arabe, pas plus que celles qui déchirent ce magni­fique pays de Côte d’ivoire. Pour nous en tenir à ces seules convul­sions de la pla­nète Terre, on peut dire qu’elles expriment le sinueux che­mi­ne­ment de l’Histoire, celles des hommes s’évertuant à s’affirmer comme tels : sen­sés, rai­son­nables sinon ration­nels, et si pos­sible poètes et aimants – un hori­zon encore bien éloi­gné, un pro­gramme pour quelques siècles au moins…

 

Une par­tie de la cen­trale dévas­tée, 24 mars 2011. Ph. Tepco.

Autre­ment cru­ciaux, en effet, me paraissent les convul­sions de Fuku­shima et ce que recouvrent les gra­vats radio­ac­tifs, leurs éma­na­tions, suda­tions, éruc­ta­tions, écou­le­ments et autres « humeurs » d’une sorte de « corps » inqua­li­fiable, dont on redoute une ago­nie inter­mi­nable. Rien d’organique pour­tant là-dedans. Rien que de la tech­nique à haute dose, en hyper-dose, à satu­ra­tion. De cette Tech­nique de démiurges qui en ont perdu le contrôle, pour avoir trop parié sur leur infaillibilité.

 

Dans un sens, en les consi­dé­rant sous l’angle res­treint de la folie humaine, les enjeux du nucléaire rejoignent ceux des conflits et guerres en cours. Ils en dif­fé­rent pour­tant de manière radi­cale en ce qu’ils pèsent à terme comme une menace sur toute l’espèce, pas seule­ment sur des vic­times immé­diates. Car le déni opposé par les nucléo­crates – qui décident selon les impé­ra­tifs du nucléaire –  à la réa­lité de catas­trophe en cours ren­voie à la catas­trophe pro­chaine, d’ailleurs pré­vue, comme on va le voir ci-dessous, par les « probabilistes ».

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Japon. L’apocalypse-bidon « vécue » en chambre par le « grand reporter » du Nouvel Obs

Grand repor­ter ou pas, « Albert-Londres » ou non, Nouvel-Obs ou Mon cul sur la com­mode : du pipeau ! Les faits :  le Nou­vel Obser­va­teur du 17 mars publie neuf pages de des­crip­tion apo­ca­lyp­tique et de témoi­gnages dou­lou­reux sur la catas­trophe japo­naise, signées du grand repor­ter Jean-Paul Mari. L’article a été entiè­re­ment écrit à Paris, à par­tir de témoi­gnages et de des­crip­tions parus ailleurs dans la presse sans qu’aucune source ne soit men­tion­née. C’est ce que révèle l’hebdo Les Inrocks dans sa livrai­son du 29/3 sous le titre « Nou­vel Obs: 5 astuces pour écrire un repor­tage au Japon depuis Paris ».

 

 

Camille Pol­loni décor­tique la manip” et pousse même la confra­ter­nité jusqu’à cui­si­ner le bidon­neur. Jean-Paul Mari invoque quelques expli­ca­tions « tech­niques » («  C’est un pro­blème de temps, j’ai écrit dans l’urgence. Si j’avais une jour­née de plus pour le réécrire, je met­trais la source de ces témoi­gnages. »»), même pas des excuses (vaut mieux pas d’ailleurs), pour se plan­quer en fait der­rière un piteux paravent : le Nou­vel Obser­va­teur n’a pas apposé la men­tion « envoyé spé­cial », il ne pré­tend donc pas que son jour­na­liste se trou­vait au Japon. De même est-il sti­pulé « récit » et non « repor­tage ». Ouais… D’où vient alors cet art filou du « on s’y croi­rait » ? Du fait que rien n’est faux, tout étant pompé chez les « confrères » de Libé, du Pari­sien, du Guar­dian et autres sources internétées.

 

Le tout est réussi dans le genre, entre récit de fiction-vérité et effets de plume limite cli­che­tons. Échan­tillon : «  Le temps s’est arrêté. Plus d’heure, plus d’avant, plus d’après. Pas encore l’apocalypse. Tout est sus­pendu. Le ciel est froid, clair, enso­leillé. Dans la baie, les bateaux se balancent sur une mer d’hiver. Sur la côte, en face, un port de pêche, des toits bleus, des han­gars. Sur la rive proche, des mai­sons, des par­kings, des voi­tures, un poteau de signa­li­sa­tion, un nom, celui de la ville, moderne : Miyako. Et puis là, à quelques mètres du rivage, une ligne bour­sou­flée, comme un bour­re­let, quelque chose d’incompréhensible. On dirait un ser­pent géant, lourd, obs­cur, qui roule des écailles mons­trueuses. Une vague.

 

Allez donc voir direc­te­ment la chose sur le site des Inrocks, c’est une belle dénon­cia­tion de ce mal ram­pant qui imprègne le « jour­na­lisme » moderne, consacre le jour­na­liste assis comme le pro­to­type d’une fin d’un monde celui où la seule ligne pour un jour­na­liste [était] « la ligne de che­min de fer ». Paroles fameuses dont Albert Londres avait fait son credo – avec lequel, à l’occasion, il eut lui aussi bien pris ses aises pour arran­ger les faits à sa convenance…

 

Tiens, avec toutes ces pho­tos « HD », ces films en abon­dance, si je m’offrais un Grand repor­tage à Fuku­shima même, avec sur­vol de la cen­trale à l’agonie, paroles radieuses du pilote de mon héli­co­ptère, témoi­gnage « exclu­sif » d’un liqui­da­teur héroïque, tranche de vie des pêcheurs de Sen­daï, et cae­tera. J’ai déjà le titre : « J’ai sur­vécu à la fin du monde ». Est-ce là l’avenir rayon­nant du futur Nou­veau journalisme ?


Le magma nucléaire de Fukushima, foyer de la confusion du monde

Sar­kozy, m’apprend la radio, serait désor­mais équipé d’un super-parapluie seyant mieux, si on peut dire, à sa super fonc­tion. Un para­pluie blindé (en kev­lar et tout) comme un gilet pare-balles et qui, non seule­ment pour­rait pro­té­ger de la pluie, mais le met­trait aussi à l’abri du mécon­ten­te­ment à son égard des 80% de citoyens son­dés… En ces mau­vais temps de météo plus qu’incertaine, le pré­sident fait donc un cro­chet par le Japon, his­toire de tes­ter le fameux pébroc sur ses capa­ci­tés para-pluies radioactives.

 

Ce n’est en tout cas pas à Fuku­shima que se sera rendu l’homme au(x) pépin(s). Mata­more, certes, sui­ci­daire, non ! Il en est de même pour le trio franco-nucléaire « invité » là-bas, mais pas trop près non plus, pour livrer leur botte secrète aux diri­geants de la cen­trale et de Tepco. Ainsi Madame Areva et mes­sieurs CEA et EDF vont-ils s’efforcer d’apporter aux Nip­pons leurs vacillantes lumières. Et ten­ter sur­tout de redo­rer leurs bla­sons res­pec­tifs et uni­fié face à l’adversité qui ter­nit sacré­ment leur ave­nir irradieux.

 

© Tepco (et merci pour la qua­lité de l’image !)

Madame Areva sur­tout, car, blin­dée de sa haute suf­fi­sance, elle voit s’écrouler la mon­tagne de men­songes accu­mu­lés de haute lutte durant ces 25 années de com’ éhon­tée qui ont suivi la catas­trophe de Tcher­no­byl. Vrai­ment dom­mage, ainsi que l’a déploré la pré­si­dente du Medef, Lau­rence Pari­sot : « Tout ceci tombe très mal, ça se passe à un moment où l’économie mon­diale com­men­çait tout juste à repar­tir. » [Le Monde, 19/3/11]. D’autant plus, en effet, que l’affolement du cli­mat venait appuyer l’idée de cette radieuse éner­gie « propre », sinon « verte » – voir le vidéo-clip d’Areva et son détour­ne­ment ci-contre =>

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Quand France 2 et Pujadas passent les plats (tièdes) du nucléaire (brûlant)

Avec Mme Areva, France 2, 15/3/11

Tout finit par s’expliquer (quand on n’a pas com­pris tout de suite), et on pige ainsi pour­quoi Sar­kozy affec­tionne David Puja­das pour ses entre­tiens solen­nels… Ques­tions pro­prettes, yeux écar­quillés, sou­rire de ravi. Tout ça on l’avait remar­qué, et pas qu’avec le pré­sident. Confir­ma­tion en l’occurrence avec le trai­te­ment du volet nucléaire des catas­trophes au Japon. C’est Samuel Gon­thier qui fait état, dans Télé­rama [25/3/11] des rele­vés de comp­teur sus­pects s’agissant du nucléaire et des invi­tés de France 2 au jour­nal de 20 heures. Par­fait « relais des com­mu­ni­qués offi­ciels », la chaîne publique n’aurait invité « que des repré­sen­tants des auto­ri­tés com­pé­tentes », soit, dans l’ordre :

 

L’horizon se dégage…

« Natha­lie Kosciusko-Morizet (ministre de la Pro­tec­tion de l’environnement nucléaire), Claude Allègre (ancien ministre de la Recherche nucléaire), Anne Lau­ver­geon (pdg d’Areva, numéro un mon­dial du nucléaire), André-Claude Lacoste (pré­sident de l’Autorité de sûreté nucléaire), Jean-Marc Jan­co­vici (repré­sen­tant de l’immense masse des éco­lo­gistes pro-nucléaires), Thierry Charles (de l’Institut de radio­pro­tec­tion et de sûreté nucléaire), Fran­çois Fillon (Pre­mier ministre). Dans un louable souci de conte­nir « l’émotion» des popu­la­tions, pas un de ces irres­pon­sables éco­lo­gistes catas­tro­phistes ne fut convié en stu­dio. En revanche, dès le lundi 14 mars, David Puja­das prend de la hau­teur avec un grand débat: « Est-ce vrai­ment le moment de rou­vrir un débat sur le nucléaire main­te­nant ? » Pour res­pec­ter la dignité des Japo­nais, ne faudrait-il pas l’organiser au mois d’août 2012, pen­dant la finale du 100 mètres des jeux Olympiques ? »

 

 

Manga japo­nais. « Dor­mez, dor­mez, petits pigeons… »


Nucléaire. Manif peu suivie à Paris…

Par Denis Guenneau

Il fai­sait très beau cet après midi à Paris, mais peu de mani­fes­tants ont répondu à l’appel éco­lo­giste uni­taire. Les lea­ders poli­tiques éco­lo­gistes ou d’extrême gauche étaient là mais les troupes n’ont pas suivi alors que l’alerte est extrê­me­ment grave. Pourquoi?

Deux à trois milles per­sonnes seule­ment avaient répondu à l’appel des 40 orga­ni­sa­tions. Petite frayeur en plus, à 15 heures pile, une cin­quan­taine de per­sonnes seule­ment étaient devant l’Assemblée natio­nale. Heu­reu­se­ment, deux mili­tants nous redi­ri­geaient vers la place de l’Université, où se tenait fina­le­ment le rassemblement.

La consigne natio­nale de ne pas avoir de dra­peaux ou autres signes dis­tinc­tifs des par­tis poli­tiques n’a pas été res­pec­tée par toutes les orga­ni­sa­tions pré­sentes, bien que répé­tée sur place. Deux mili­tants ont été inter­pel­lés par les gen­darmes parce qu’ils vou­laient déployer une large ban­de­role devant l’Assemblée.

Des moyens de com­mu­ni­ca­tion ori­gi­naux pour ce mee­ting aty­pique puisque se dérou­lant le jour d’une élec­tion. Par exemple :

  • minute de silence avec une sirène d’alerte nucléaire en bruit de fond, émouvant
  • témoi­gnage poi­gnant d’une jeune japo­naise dont la famille sur place a été vic­time du tsunami
  • pré­sence d’une troupe de clowns citoyens qui dénoncent par l’humour en s’adressant aux pas­sants par des slo­gans absurdes pro nucléaires

  • pré­sence du  PCoF qui est un pla­giat du PCF (dra­peaux rouges avec fau­cille et mar­teau iden­tiques ) qui, lui, reste tou­jours offi­ciel­le­ment pro nucléaire
  • le des­sin à la craie de slo­gans sur la chaus­sée est un sup­port qui reste après le meeting
  • une estrade où se suc­cé­daient (5 mn cha­cune) les porte-paroles natio­naux des orga­ni­sa­tions répon­dant au réseau Sor­tir du nucléaire .

 

 


Du Titanic à Fukushima. Navigation à vue sur l’océan de la Technique sacralisée

Le texte qui suit (merci à Fran­çois qui me l’a trans­mis) est extrait du livre « Tita­nic, au-delà d’une malé­dic­tion » de Djana et Michel Pas­cal (Ed. Anne Car­rière Docu­ment, 2004). On le voit, il s’agit du Tita­nic dont on sait le des­tin, le mythe et sa « réin­car­na­tion » dans le spec­tacle hol­ly­woo­dien. Mais son actua­lité rejoint, un siècle après (1912), la tra­gé­die japo­naise, en ce sens qu’il super­pose dans une mytho­lo­gie moderne et tech­nique le plus grand, luxueux, et sur­tout « insub­mer­sible » paque­bot de l’époque, à la cen­trale nucléaire de Fuku­shima, au Japon. Celle-ci ne pou­vait évi­dem­ment figu­rer au pan­théon des Mer­veilles du monde d’alors, pas plus que l’A-380 ou les ver­ti­gi­neuses tours comme celle de Dubaï – et autres phal­liques chefs d’œuvre de l’ingéniosité humaine. Avant la série d’accidents sur ses réac­teurs, elle y aurait figuré d’office, dans le même lot des 435 réac­teurs nucléaires recen­sés dans le monde, implan­tés au nom de la sûreté maxi­male. Tout comme le Tita­nic avait navi­gué sur l’océan de l’infaillibilité, tout comme Tcher­no­byl avait été le jouet d’apprentis-sorciers.

Voilà qui don­nera du grain à moudre aux par­ti­sans de Jacques Ellul – dont mon ami Joël Decar­sin, avec ardeur – qui voyait la source des maux de la moder­nité dans la sacra­lité trans­fé­rée à la Technique.

 

La dixième et ultime Mer­veille du monde, ici mesu­rée à l’aune de ses concurrentes…

 

« …sur l’affiche de pro­mo­tion, on « pose » donc le Tita­nic à côté d’une cathé­drale, mais pas n’importe laquelle : on choi­sit l’une des plus hautes jamais bâties par l’homme, celle de Cologne. On fait la même chose avec la pyra­mide de Gizeh qui parait plu­tôt ridi­cule. Com­pa­rer le Tita­nic aux plus hautes construc­tions sacrées de l’homme, c’est induire, dans l’inconscient col­lec­tif, le concept que ce navire porte en lui une dimen­sion sacrée, éter­nelle, immor­telle. C’est aussi rap­pro­cher les ouvriers des chan­tiers navals des bâtis­seurs de cathé­drales d’hier. Bien évi­dem­ment, ces hommes sont tout autant res­pec­tables, la ques­tion n’est pas là. Construire un paque­bot demande un immense savoir-faire, une expé­rience, du talent. Mais les cathé­drales et les pyra­mides recèlent une dimen­sion spi­ri­tuelle suprême, un laby­rinthe de mes­sages sur le sens de la vie, de la mort. Les paque­bots, eux, sont avant tout des gale­ries mar­chandes, des hôtels de luxe, de magni­fiques lieux de consom­ma­tion. Confondre pro­fane et sacré, comme le fait Ismay (un des publi­ci­taires de l’époque, de la White Star Line), tout mélan­ger, réduire le sens fon­da­men­tal, abo­lir les repères, tel est le nou­vel évan­gile de ce début de siècle.

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Comment le nucléaire marque le clivage entre productivisme et humanisme

Quand il se fait pré­di­ca­teur de l’Apocalypse, ce n’est pas ce que j’aime le plus chez Paul Viri­lio, ce pen­seur de la tech­no­lo­gie alliée à la vitesse. C’est sans doute à cause du ton, par trop péremp­toire. Pour­tant, lorsqu’il pré­dit que tout ce qui peut arri­ver finit par arri­ver il est impa­rable et nous plonge le nez dans l’actualité la plus « radieuse ». Ainsi, je résume en sub­stance, en inven­tant le che­min de fer, l’homme a inventé le déraille­ment. De même pour l’auto et les pla­tanes, l’avion et les crashes, les cen­trales nucléaires et Fuku­shima ou Tchernobyl.

 

Merci donc, Paul V. d’avoir fait de ces évi­dences l’un des pivots de nos moder­ni­tés infernales.

 

S’agissant du nucléaire, nous nous voyons pro­je­tés dans un autre registre que celui de l’accident, même le moins banal. Ainsi devons-nous nous attendre, hélas, aux 600 ou même 800 cadavres qu’il fau­dra dénom­brer du crash « annoncé » d’un A-380 – l’appareil pro­ba­ble­ment vanté dans les pros­pec­tus comme « le plus sûr du monde ». On sait : il en fut de même du Concorde, …jusqu’à son der­nier vol. On repar­lera une autre fois de l’épopée fatale du Tita­nic.

 

Mais le nucléaire… Ici, nous chan­geons tota­le­ment de registre puisque, même en ayant déjà décrété les actuelles ins­tal­la­tions comme les « plus sûres du monde », cette prétention-slogan se fra­casse contre la ter­rible « loi » de Paul V. Et aujourd’hui, la ter­ri­fiante et déso­lante actua­lité oblige les tech­no­crates – au sens strict : « qui gou­verne par la tech­nique » – à ajou­ter une couche sup­plé­men­taire à ladite sûreté prise en défaillance. Madame Areva s’est ainsi dépê­chée, au troi­sième jour de l’Apocalypse japo­naise, de pro­mou­voir le super-modèle déjà en maga­sin sous l’appellation magique de « EPR ». Si les Japo­nais, eut-elle l’outrecuidance d’énoncer en sub­stance, avaient été équi­pés de cen­trales EPR, ils n’en seraient pas là !

 

Madame Areva, dans la caté­go­rie géné­rique des tech­no­crates, fait par­tie de la sous-espèce dite des « nucléo­crates » – ceux qui gou­vernent par le nucléaire. Il s’agit de têtes d’œuf, donc « bien faites et bien pleines » des dogmes de l’infaillibilité de la chose ato­mique. Tel­le­ment bour­rées de ladite chose qu’il n’y a plus, dans ces cer­veaux ainsi satu­rés, la moindre place pour quelques réflexions et connais­sances qui limi­te­raient leurs orgueilleuses pré­ten­tions et les ouvri­raient, sinon vers une franche huma­nité, du moins vers un sens authen­tique du bien commun.

Madame Areva : « Nous, les ensei­gne­ments on les a déjà tirés dans tous nos « desi­gns » (sic)

 

Pas­sa­gè­re­ment secoués par la catas­trophe de Tcher­no­byl, ils ne man­quèrent pas de se rem­plu­mer lors de ce der­nier quart de siècle, qui vit aussi l’émergence d’une relève de géné­ra­tion toute neuve, pim­pante, sûre d’elle et conquérante…

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Nucléaire-Fukushima. « Nous voulons avoir le choix ! »

Plus de 40 orga­ni­sa­tions viennent d’adresser un appel solen­nel au gou­ver­ne­ment fran­çais suite à la catas­trophe nucléaire de Fuku­shima. Ils appellent éga­le­ment à des ras­sem­ble­ments ce dimanche 20 mars  à 15 h à Paris devant l’Assemblée natio­nale, et dans toute la France, en sou­tien au peuple japo­nais. Voici le texte de cet appel :

Nucléaire : nous vou­lons avoir le choix ! 

Nous, asso­cia­tions, syn­di­cats et par­tis poli­tiques, adres­sons solen­nel­le­ment ces demandes com­munes au gou­ver­ne­ment français :

Nous vou­lons:

* L’arrêt de tous les pro­jets élec­tro­nu­cléaires en cours (EPR de Fla­man­ville, ligne THT Cotentin-Maine, EPR de Penly, ITER, Bure et pro­jets de centres de sto­ckage des déchets nucléaires issus de la filière élec­tro­nu­cléaire) tant que les citoyens n’auront pas été en mesure de se pro­non­cer démo­cra­ti­que­ment sur notre poli­tique éner­gé­tique et sur le recours à l’énergie nucléaire, y com­pris si néces­saire par un référendum

* Le renon­ce­ment à la pro­lon­ga­tion de l’exploitation des réac­teurs ayant atteint ou dépassé les 30 ans de fonctionnement

* L’arrêt com­plet de tous les pro­jets por­tés à l’étranger par l’industrie nucléaire française

Parce que la situa­tion au Japon exige de ne pas se taire sur le drame que ce pays subit et sur la menace per­ma­nente que l’industrie nucléaire fait peser sur les peuples, au Japon comme en France :

Nous appe­lons tou-te-s les citoyen-nes à mani­fes­ter leur soli­da­rité avec le peuple japo­nais et à se réap­pro­prier la ques­tion du recours au nucléaire et de la poli­tique éner­gé­tique, en orga­ni­sant des ras­sem­ble­ments dans toutes les villes de France ce dimanche 20 mars 2011 à 15h.

Nous appe­lons éga­le­ment tous les citoyen-nes, asso­cia­tions, par­tis poli­tiques, syn­di­cats, artistes et per­son­na­li­tés à rejoindre un GRAND RASSEMBLEMENT à Paris ce même jour, dimanche 20 mars 2011, à 15 h devant l’Assemblée Nationale.

Liste des 41 pre­mières orga­ni­sa­tions natio­nales signataires :

Adé­qua­tions, Agir pour l’environnement, Alliance Éco­lo­giste Indé­pen­dante, Asso­cia­tion des com­mu­nistes uni­taires, Asso­cia­tion pour le Contrat Mon­dial de l’Eau, Attac, Bâtir Sain, Bizi, CAP 21, CNIID, Confé­dé­ra­tion pay­sanne, Eco­lo­gie et Démo­cra­tie, Eco­lo­gis­tas en Accion, Espoirs pour les jeunes, Europe Éco­lo­gie Les Verts, Europe soli­daire sans fron­tières, Fédé­ra­tion pour une Alter­na­tive Sociale et Eco­lo­gique, Fédé­ra­tion Nature et Pro­grès, Fédé­ra­tion Sud Étu­diant, Fédé­ra­tion Sud Rail, France Liber­tés, Fra­ter­nité Citoyenne, Gauche Uni­taire, Géné­ra­tions Futures, Ima­gine 2012, L’école éman­ci­pée, Les Alter­na­tifs, Les Amis de la Terre, Mou­ve­ment des Objec­teurs de Crois­sance, Mou­ve­ment Citer­rien, Nou­veau Parti Anti­ca­pi­ta­liste, Parti Com­mu­niste des Ouvriers de France, Parti de Gauche, Parti Pour La Décrois­sance, Réseau Action Cli­mat, Réseau Sor­tir du nucléaire, Résis­tance à l’Agression Publi­ci­taire, Union syn­di­cale Soli­daires, Uto­pia, Votre Santé, Women in Europe for a Com­mon Future.

 



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  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
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