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Japon. L’élection d’un gouverneur rebat les cartes du nucléaire

En provenance du Japon, la nouvelle n’a pas ému nos médias : la région où se trouve la plus puissante centrale atomique du monde, Kashiwazaki-Kariwa (sept réacteurs), va désormais être dirigée par un gouverneur antinucléaire. Ce qui rebat les cartes de l'énergie atomique – pas seulement au Japon.

Ryuichi Yoneyama, 49 ans, a en effet remporté, hier dimanche, les élections dans la préfecture de Niigata (nord-ouest du Japon). L'autorisation du gouverneur étant requise pour la remise en service des réacteurs arrêtés depuis Fukushima, cette nouvelle donne constitue un coup dur pour Tepco, l’exploitant qui espérait sauver ses finances en relançant ces sept réacteurs, les seuls lui restant après l'arrêt des deux centrales de Fukushima, suite à la catastrophe de mars 2011. Dès ce lundi, le cours de Tepco a dévissé de 8 % à la bourse de Tokyo (la plus forte chute du Nikkei : -7,89% à 385 yens).

La centrale de Kashiwasaki avait été sérieusement bousculée par un important séisme en juillet 2007 qui avait provoqué un incendie et des fuites d’eau radioactive. Depuis, alors que la centrale est toujours à l’arrêt, huit incendies se sont déclarés dans les différentes unités [Source : The Japan Times, 6/3/2009]. Pour autant, les autorités ont donné le feu vert en février 2009 pour le redémarrage (désormais compromis) de l'unité n°7.

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La centrale nucléaire de Kashiwasaki a frôlé le désastre lors du séisme du 16 juillet 2007 qui a provoqué un incendie et des fuites d'eau radioactive préfigurant la catastrophe de Fukushima moins de 4 ans plus tard. [Ph. d.r.]

L’Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) avait alors dépêché une mission dirigée par le Français Philippe Jamet, haut dirigeant de l'Autorité de sûreté nucléaire française (ASN). Le rapport publié s'était contenté de quelques recommandations anodines, assurant que les centrales japonaises pouvaient résister à tout événement sismique ou climatique. La catastrophe de Fukushima a dramatiquement rabaissé le caquet de nos arrogants experts. 1

Aujourd'hui, trois seulement des 54 réacteurs nucléaires japonais sont en service mais le gouvernement de l'ultranationaliste (et ultra pronucléaire) Shinzo Abe use de toutes les pressions pour essayer d'obtenir la redémarrage d'autres réacteurs, malgré l'opposition de la population.

Ces réouvertures sont contrecarrées par des décisions de justice ou par le veto de certains gouverneurs régionaux. Voilà pourquoi l'élection de Ryuichi Yoneyama à la tête de la région de Niigata est un coup terrible porté aux projets fous des pronucléaires (et au cours en bourse de Tepco) : ce courageux nouveau gouverneur va refuser la remise en service des sept réacteurs de Kashiwasaki.

Sous peu, les trois réacteurs japonais en service devront s'arrêter pour maintenance et, comme ce fut déjà le cas pendant près de deux ans en 2014 et 2015, le Japon fonctionnera à nouveau avec 0% de nucléaire. Si 130 millions de Japonais peuvent vivre sans nucléaire, comment prétendre encore que c'est "impossible" pour deux fois moins de Français ? 2

Notons encore que cette élection et ses conséquences constituent une mauvaise nouvelle pour les nucléaristes français – entre autres – et en particulier pour EDF et Areva qui misent sur le retour de la droite au pouvoir pour relancer leur offensive sur le marché mondial de l’énergie, y compris en France, bien entendu !

C’est vraisemblablement pour cette raison de prospective politique (pour ne pas dire de probabilité) qu’EDF s’est engagée, dans un contrat franco-chinois, à livrer à Hinkley Point, sud de l’Angleterre, d’ici à fin 2025 – sans dérapage du calendrier et des coûts – deux réacteurs nucléaires EPR de 1 650 mégawatts chacun pour un devis de près de 22 milliards d’euros. Cela, alors que les chantiers EPR en cours dérapent sur les coûts et les délais, et que les finances de l’entreprise française sont au plus bas.

Notes:

  1. On peut prendre la mesure de cette arrogance lors d’un débat télévisé de « C dans l’air » diffusé sur la Cinq en 2007, peu après le séisme qui avait secoué la centrale de Kashiwasaki. Débat auquel participait Stéphane Lhomme, de l'Observatoire du Nucléaire, préconisant la fermeture d’urgence d’au moins 20 réacteurs au Japon si l'on voulait éviter un nouveau Tchernobyl. Avertissement bien sûr non pris en compte. À peine quatre ans plus tard, c'était Fukushima.
  2. Bien sûr, c'est là qu'on ressort le contre argument de l'effet climatique (tant nié par les mêmes avant son évidence) provoqué par les énergies fossiles. Tandis que le "tout nucléaire" a freiné le développement, en France notamment, des énergies alternatives renouvelables.

Nucléaire : 4 ans après Fukushima, le Japon sonne la relance

« Le réac­teur numé­ro 1 de la cen­tra­le de Sen­dai a redé­mar­ré à 10 h 30 [3 h 30, heu­re fran­çai­se] », a annon­cé, ce mar­di 11 août, un por­te-paro­le de la com­pa­gnie japo­nai­se Kyu­shu Elec­tric Power. Ain­si, qua­tre ans et cinq mois après la catas­tro­phe de Fuku­shi­ma, en mars 2011, les auto­ri­tés japo­nai­ses pas­sent outre l’opposition de la popu­la­tion nip­po­ne, tou­jours trau­ma­ti­sée. Selon des son­da­ges, 60 % des Japo­nais demeu­rent hos­ti­les à l’énergie nucléai­re.

Souhai­tée par le gou­ver­ne­ment conser­va­teur, cet­te remi­se en ser­vi­ce d’installations nucléai­res est d’abord moti­vée par des rai­sons éco­no­mi­ques. Le Japon connaît depuis 2011 d’importants défi­cits com­mer­ciaux dus en gran­de par­tie à la fac­tu­re d’hydrocarbures pour ali­men­ter les cen­tra­les ther­mi­ques. Des argu­ments… éco­lo­gi­ques sont aus­si mis en avant, sur le regis­tre de la réduc­tion des gaz à effet de ser­re émis par les cen­tra­les au gaz, au pétro­le ou au char­bon.

Mais les Japo­nais res­tent majo­ri­tai­re­ment hos­ti­les à ce redé­mar­ra­ge – qui inter­vient en plein dans les vacan­ces d’été – et à quel­ques jours des céré­mo­nies du soixan­te-dixiè­me anni­ver­sai­re des bom­bar­de­ments d’Hiroshima et de Naka­sa­ki. Nao­to Kan, pre­mier minis­tre au moment de Fuku­shi­ma, deve­nu depuis l’un des plus viru­lents oppo­sants au nucléai­re, a qua­li­fié cet­te mise en ser­vi­ce d” »erreur ». Des mani­fes­ta­tions ont été orga­ni­sées aux por­tes de la cen­tra­le de Sen­dai et devant la rési­den­ce du pre­mier minis­tre, à Tokyo. « Les leçons de Fuku­shi­ma n’ont pas été tirées », a dénon­cé l’un des conseillers muni­ci­paux de Sat­su­ma­sen­dai. Le réac­teur de Sen­dai – situé sur la côte, au sud-ouest de Tokyo – est le pre­mier à être remis en ser­vi­ce, tan­dis qu’une ving­tai­ne se pré­pa­rent aus­si à redé­mar­rer.

Ce signal était évi­dem­ment atten­du des milieux nucléa­ris­tes de la pla­nè­te sur laquel­le quel­que 76 réac­teurs nucléai­res sont en chan­tier… Tout va bien.

• À lire, le blog fran­çais entiè­re­ment dédié à Fuku­shi­ma et ses sui­tes : http://www.fukushima-blog.com/


Fukushima, quatre ans après – le désastre sans fin

Samedi 14 mars, réaction en chaîne humaine dans la vallée du Rhône - Provence-Alpes-Côte d’Azur

Pour la transition énergétique sans nucléaire !

Programme et itinéraire :

http://chainehumaine.fr/trajet-previsionnel-de-la-chaine-humaine-du-14-mars-2015/ 

Sinistre anniversaire que ce quatrième marquant la catastrophe de Fukushima. À 14 h 46, ce vendredi 11 mars 2011, un tremblement de terre d'une magnitude 9 se produit, endommageant la centrale nucléaire de Fukushima Daini dès ce moment. À 15 h 30, une vague de 15 mètres générée par le séisme atteint la centrale de Fukushima Daiichi, construite à une hauteur de 6,5 à 10 m au-dessus du niveau de la mer. Pour Fukushima-Daini, l'exploitant Tepco avait construit un mur qui ne pouvait résister qu'à un tsunami de 5,7 mètres de haut maximum. Trois des six réacteurs se mettent à l'arrêt automatique. Tandis que les systèmes de refroidissement tombent en panne, ainsi que les groupes électrogènes de secours.

Et c'est la catastrophe majeure : fusion des réacteurs, explosions ou incendies des enceintes 1 à 4, dispersions radioactives dépassant 300 fois la norme admissible, contamination sur un rayon de plus de 80 km, déplacement de milliers de riverains, rejet d'eau fortement radioactive dans le Pacifique, situation incontrôlable de l'ensemble des installations – et nullement stabilisée aujourd’hui. Tandis que des milliers de travailleurs ont depuis été amenés sur place – dans des conditions critiques, et très critiquées – pour tenter de "colmater les brèches" d'un chantier désormais sans fin, sans horizon. Voici un instantané concernant la situation des "lquidateurs" de Fukushima, telle que rapportée par le blog Fukushima 福島第 consacré entièrement à la catastrophe nucléaire et à ses répercussions au Japon et dans le monde.

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L'étendue du sinistre

Le 19 janvier, à la centrale nucléaire n°1 de Fukushima, un travailleur est tombé du bassin et il est mort, et à la centrale nucléaire n° 2, le 20 janvier, un autre travailleur est mort également, écrasé sous une machine. En 2014, jusqu'à fin novembre, 40 travailleurs ont été blessés. Ce chiffre est trois fois plus important que l'année dernière.

Maintenant, dans la centrale nucléaire n°1, travaillent chaque jour 6.000 personnes. Il manque non seulement des forces de travail, mais aussi la qualité du travail. Un travailleur témoigne : "Il manque certes des travailleurs, mais tout aussi grave est le manque de travailleurs expérimentés. Déjà sont partis la plupart des ouvriers expérimentés qui travaillaient avant l'accident, car leur norme d'exposition était dépassée. Maintenant, la politique de Tepco est que nous finissions le travail donné  le plus rapidement possible et à moindre coût. Sa politique axée sur le seul profit engendre des accidents."

Extrait d'un article paru dans le journal Fukushima Minjū le 11 décembre 2014 :

«Je suis sans famille, donc je peux subvenir à mes besoins, mais si j'avais  de la famille, il me serait difficile de la nourrir", a déclaré un homme de 50 ans qui travaille à la centrale n°1 depuis trois ans déjà. Auparavant, il s'occupait d'enlèvement de déchets et de construction de réservoirs pour l'eau contaminée, mais maintenant il transporte l'eau contaminée qui s'est accumulée sous les bâtiments des réacteurs. Son salaire est de 200.000 yens  (1.500 euros) par mois.

"La radioactivité dans la centrale est encore si forte qu'il porte un vêtement de protection et un masque qui lui couvre toute la tête. Il est si lourdement couvert qu'il ne peut pas se déplacer facilement, c'est pourquoi un travail d'une heure et demie est sa limite mais, en raison de la longueur des procédures pour pénétrer dans l'usine et en sortir et à cause des préparatifs, il prend la route à 5 heures du matin, depuis son appartement à Iwaki, à 40 km de la centrale, et il rentre chez lui seulement dans la soirée. Il partage sa chambre avec quelques personnes. […]

"Au cours du dernier mois, il a été exposé à 1,8 millisievert de radioactivité. Il est légalement permis aux travailleurs d'être exposés à un maximum de 50 millisieverts par an, cependant de nombreuses entreprises ont leur propre norme par exemple de 20 millisieverts, donc s'il travaille et se trouve exposé à ce rythme, il devra quitter son lieu de travail au bout d'un an. «Je sens que le public a commencé  à se désintéresser de l'accident nucléaire, mais des travaux plus dangereux se multiplieront certainement dans les bâtiments des réacteurs. Je souhaite que l'on puisse connaître ce fait "."

Craintes de maladies

"Tepco a enquêté chez 4.587 travailleurs à la centrale nucléaire n°1 en août et septembre 2014. 2.003 travailleurs (43,7%) ont peur en raison du travail à la centrale, et leur plus grande crainte était l'éventualité d'une maladie due à la radioactivité. Le ministère a fait savoir que les travailleurs des centrales ont davantage de risques de cancers de la vessie, du poumon et du pharynx lorsqu'ils sont exposés à plus de 100 millisieverts.

"Cependant il est étrange que l'Autorité de régulation nucléaire prévoit d'augmenter la norme maximale d'exposition des travailleurs, en passant de  100 à 250 millisieverts. Le responsable a dit: "La norme internationale est comprise entre 250 et 500 millisieverts par an, mais plus le niveau est bas mieux c'est. S'il arrive un accident de même niveau qu'à Fukushima, les travailleurs pourront s'occuper des réparations avec une exposition maximale de 250 millisieverts."

Prolifération des déchets contaminés

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L'étendue des déchets

"Maintenant, on a commencé à démanteler les quatre réacteurs de la centrale nucléaire n°1. Tous les déchets, tels que morceaux de béton des réacteurs détruits et arbres abattus pour faire place aux réservoirs sont fortement radioactifs. On n'a pas le droit de les transporter à l'extérieur, de sorte que tous les déchets s'accumulent sur le  site. Tepco  prévoit que jusqu'à 2027 s'amasseront 560.000 tonnes de déchets contaminés. Déjà 200.000 tonnes de déchets ont commencé à arriver, qui occupent 60% de l'espace de stockage.

"Les travailleurs des centrales portent un casque, un vêtement de protection, des gants et plusieurs autres effets. On réutilise casques,masques et chaussures, mais on jette les autres articles. On les met  dans de grandes caisses et on en fait des monticules à huit endroits sur le terrain. Tepco prévoit de les brûler et d'en réduire la quantité, mais n'y parviendra pas, car le nombre de travailleurs est de plus en plus grand."


De ce bois japonais dont on fait du Bach

Une forêt, du bois, du bois taillé, une bou­le en bois. Une idée fol­le, du génie, de la volon­té et beau­coup de tra­vail en plus d’un grand sens artis­ti­que. Tant pis si de la pub vient para­si­ter la fin de cet éton­nant par­cours musi­cal.

Des Japo­nais ont ain­si construit (et fil­mé) en plei­ne forêt un xylo­pho­ne en pen­te, qu’une bou­le en bois va par­cou­rir par gra­vi­ta­tion en jouant « Jésus que ma joie demeu­re » de Jean-Sébas­tien Bach.

Une per­for­man­ce extra­or­di­nai­re lors­que l’on sait que la lon­gueur de cha­que lamel­le, taillée en V pour main­te­nir la bal­le, doit être cal­cu­lée pour jouer la bon­ne note et la bon­ne durée.


Nucléaire. La probabilité d’un accident en France serait de 50% pour le parc actuel

Sur la base du constat des acci­dents majeurs sur­ve­nus dans l’industrie nucléai­re ces tren­te der­niè­res années, on devrait sta­tis­ti­que­ment connaî­tre un acci­dent de ce type dans l’Union euro­péen­ne au cours de la vie du parc actuel, avec une pro­ba­bi­li­té de 50% de voir cet acci­dent majeur se pro­dui­re en Fran­ce. C’est en tout cas ce que démon­trent Ber­nard Lapon­che, phy­si­cien nucléai­re, expert en poli­ti­ques de l’énergie, et Ben­ja­min Des­sus, ingé­nieur et éco­no­mis­te, dans un arti­cle publié sur le site de Glo­bal Chan­ce. Cet­te asso­cia­tion regrou­pe des scien­ti­fi­ques et des experts convain­cus qu’un déve­lop­pe­ment mon­dial plus équi­li­bré peut et doit résul­ter de la pri­se de conscien­ce crois­san­te des mena­ces qui pèsent sur l’environnement glo­bal. Ce tex­te a déjà été publié dans Libé­ra­tion et dans Poli­tis. Il est assez impor­tant pour méri­ter une lar­ge dif­fu­sion.

Accident nucléaire : une certitude statistique

Le ris­que d’accident majeur dans une cen­tra­le nucléai­re a été consi­dé­ré com­me la com­bi­nai­son d’un évé­ne­ment d’une gra­vi­té extrê­me et d’une très fai­ble pro­ba­bi­li­té d’occurrence. Cer­tes, la mul­ti­pli­ca­tion de zéro par l’infini pose quel­ques pro­blè­mes mais les pro­mo­teurs du nucléai­re, met­tant en avant cet­te très fai­ble pro­ba­bi­li­té, affir­maient qu’il n’y avait aucun dan­ger. Si la gra­vi­té des consé­quen­ces d’un tel acci­dent a bien été confir­mée par Tcher­no­byl et Fuku­shi­ma, que peut-on dire aujourd’hui de la pro­ba­bi­li­té de son occur­ren­ce ?

Il y a deux métho­des pour esti­mer la pro­ba­bi­li­té d’un acci­dent : la métho­de théo­ri­que, qui consis­te à la cal­cu­ler sur la base de scé­na­rios de simu­la­tion d’accidents pre­nant en comp­te les sys­tè­mes de défen­se et les ris­ques de dys­fonc­tion­ne­ment, et la métho­de expé­ri­men­ta­le, qui consis­te à pren­dre en comp­te les acci­dents sur­ve­nus, ce que l’on fait par exem­ple pour les acci­dents de voi­tu­re. Les résul­tats de l’approche théo­ri­que, issus des tra­vaux des experts de la sûre­té nucléai­re, dis­tin­guent, pour les cen­tra­les actuel­le­ment en fonc­tion­ne­ment dans le mon­de, deux types d’accidents : « l’accident gra­ve » avec fusion du cœur du réac­teur, dont la pro­ba­bi­li­té serait de moins de un pour 100 000 « années-réac­teur » (un réac­teur fonc­tion­nant pen­dant un an) et « l’accident majeur », acci­dent gra­ve non maî­tri­sé et condui­sant à d’importants relâ­che­ments de radio­ac­ti­vi­té, dont la pro­ba­bi­li­té serait de moins de un pour un mil­lion d’années-réacteur.

(Lire la sui­te…)


Nucléaire-Fukushima. La France contaminée deux jours avant la date officielle, selon la CRIIRAD

TCHERNOBYL BIS REPETITA ? La CRIIRAD (Com­mis­sion de Recher­che et d’Information Indé­pen­dan­tes sur la Radio­ac­ti­vi­té) vient de publier la car­te qui prou­ve que la Fran­ce a été conta­mi­née dès le 22 mars 2011, dix jours après le début de la catas­tro­phe de Fuku­shi­ma et deux jours avant la date offi­ciel­le­ment avan­cée :
1/  les mas­ses d’air conta­mi­né par les rejets radio­ac­tifs de la cen­tra­le nucléai­re de FUKUSHIMA DAIICHI sont arri­vées 2 jours avant la date indi­quée par l’Institut de Radio­pro­tec­tion et de Sûre­té Nucléai­re (IRSN) ;

2/  elles ont affec­té les trois quarts de la Fran­ce (et non pas le seul som­met du Puy-de-Dôme) ;
3/ l’activité de l’iode 131 par­ti­cu­lai­re était plus de 20 fois supé­rieu­re à cel­le annon­cée pour le 24 mars.
Ni l’IRSN, ni les grands exploi­tants du nucléai­re, ne pou­vaient l’ignorer. Omis­sion invo­lon­tai­re (mais invrai­sem­bla­ble) ou déli­bé­rée… mais dans quel but ?

La CRIIRAD a sai­si le Pre­mier minis­tre et le pré­si­dent de l’Autorité de Sûre­té Nucléai­re d’une deman­de d’enquête sur la chro­no­lo­gie des faits et les dif­fé­rents niveaux de res­pon­sa­bi­li­tés.
Plus d’information : http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon_bis/sommaire.html

CRIIRAD : : asso@criirad.org
Site web : www.criirad.org


Nucléaire. Le cauchemar continue autour des quatre réacteurs de Fukushima en perdition totale

Deux mois et plus ont pas­sé. Une espè­ce de suai­re média­ti­que a com­men­cé à enve­lop­per Fuku­shi­ma, ses qua­tre réac­teurs sinis­trés, la région et tout le Japon dans son dra­me. Une cha­pe de silen­ce tend à œuvrer afin de main­te­nir dans son coma tout un modè­le de socié­té basé sur le tou­jours plus, com­me si la fin des temps humains ne s’en trou­vait pas hâtée. Un temps de cen­dres pour­tant tou­jours des plus radio­ac­ti­ves.

 

Dans la sui­te 36 de sa chro­ni­que de la catas­tro­phe nucléai­re, Domi­ni­que Leglu, direc­tri­ce de la rédac­tion du maga­zi­ne Scien­ces et ave­nir, se mon­tre car­ré­ment alar­man­te : « On s’en dou­tait depuis long­temps, mais voir la cho­se admi­se par l’opérateur Tep­co de la cen­tra­le Fuku­shi­ma fait un effet sidé­rant : le cœur fon­du du réac­teur n°1 a per­cé sa cuve en de mul­ti­ples endroits ! Ou pour le dire avec les cir­con­vo­lu­tions de l’opérateur : « des trous ont été créés par le com­bus­ti­ble  nucléai­re fon­du au fond de la cuve du réac­teur n°1 ».

 

 

« C’est, en clair, l’accident maxi­mal pour un réac­teur de ce type. L’enceinte ulti­me, autre­ment dit la cuve pres­su­ri­sée dans laquel­le est enfer­mé le com­bus­ti­ble nucléai­re, cuve cen­sée être le der­nier rem­part contre l’émission de radio­ac­ti­vi­té vers l’extérieur, est rom­pue ! »

 

Il s’avère en effet que de nom­breu­ses sou­du­res n’ont pas résis­té aux très hau­tes tem­pé­ra­tu­res dues à la fon­te du réac­teur, ain­si qu’à une cor­ro­sion inten­se cau­sée par le sel de l’eau de mer employée pour les ten­ta­ti­ves de refroi­dis­se­ment. L’inox uti­li­sé dans les cuves des réac­teurs « se retrou­ve aus­si ailleurs dans la cen­tra­le, notam­ment dans les casiers des assem­bla­ges de com­bus­ti­bles (dans les pis­ci­nes qui ont été dra­ma­ti­que­ment endom­ma­gées – en par­ti­cu­lier dans les uni­tés 3 et 4 ».

 

En fait, pour­suit Domi­ni­que Leglu, « on se deman­de si tous les réac­teurs (pas seule­ment le n°1 mais peut-être aus­si les n°2 et n°3) ne sont pas en train de « tom­ber en miet­tes » – leurs struc­tu­res métal­li­ques étant de plus en plus défaillan­tes, après que les struc­tu­res en béton ont été ébran­lées et fis­su­rées lors des explo­sions qui ont eu lieu dès les pre­miers jours de la catas­tro­phe. »

 

La jour­na­lis­te de Scien­ces et ave­nir met aus­si en dou­te la pré­ten­tion d’Areva à « décon­ta­mi­ner l’eau qui a abon­dam­ment ser­vi à refroi­dir les réac­teurs et les pis­ci­nes et ins­tal­ler un cir­cuit fer­mé pour la ré-uti­li­ser. Com­ment fai­re un cir­cuit fer­mé avec une (des) cuve(s) de réac­teur transformée(s)  en pas­soi­re ? Sur­tout, com­ment s’approcher de ces lieux extrê­me­ment radio­ac­tifs – vu la non étan­chéi­té de l’ensemble - pour éven­tuel­le­ment « rebou­cher » les trous ? Qui va s’approcher ? »

 

Et de conclu­re : « Deux mois après la catas­tro­phe, on se deman­de enco­re autre cho­se : pen­dant com­bien de mois (d’années ?) va-t-il fal­loir conti­nuer à refroi­dir les lieux, accu­mu­lant tou­jours plus d’eau conta­mi­née. Cela signi­fie-t-il qu’il va fal­loir reje­ter à nou­veau cel­le-ci « volon­tai­re­ment » dans l’océan, com­me cela a été fait pour plus de 10 000 ton­nes (eau dite alors « fai­ble­ment conta­mi­née ») il y a quel­ques semai­nes ? C’est un véri­ta­ble cau­che­mar qui conti­nue. »

 

D’autre part, selon une dépê­che de l’AFP du 29 avril, un conseiller scien­ti­fi­que du pre­mier minis­tre japo­nais, le pro­fes­seur Toshi­so Kosa­ko, a pré­sen­té sa démis­sion « en lar­mes » lors d’une confé­ren­ce de pres­se, « en rai­son de désac­cords sur la ges­tion de la cen­tra­le nucléai­re acci­den­tée de Fuku­shi­ma ». La rai­son essen­tiel­le de cet­te démis­sion est due au fait que le gou­ver­ne­ment a envi­sa­gé un relè­ve­ment du taux admis­si­ble de radio­ac­ti­vi­té dans les éco­les, sur les aires de jeux. Alors que « la limi­te était jusqu’à pré­sent de 1 mSv/an (peut-être 2,4 mSv/an) », selon une sour­ce uni­ver­si­tai­re japo­nai­se, l’intention est de la fai­re pas­ser à 20 fois plus, soit « 20 mSv/an ». Ce taux annuel de 20 mSv/an est celui admis pour les pro­fes­sion­nels du nucléai­re en Fran­ce.


Tchernobyl – Fukushima. 25 ans après, « la leçon de Tchernobyl n’a pas été apprise »

26 avril 1986, catas­tro­phe de Tcher­no­byl. Voi­là vingt-cinq ans. Une réfé­ren­ce pour la fameu­se échel­le INES, attein­te à son niveau 7, le plus éle­vé. Attein­tes humai­nes et envi­ron­ne­men­ta­les incal­cu­la­bles – des vic­ti­mes par cen­tai­nes de mil­liers, décé­dées ou mala­des ; un ter­ri­toi­re grand com­me la Suis­se ren­du invi­va­ble à jamais… Un quart de siè­cle plus tard, la cen­tra­le japo­nai­se de Fuku­shi­ma entre en « com­pé­ti­tion » en attei­gnant à son tour le niveau 7. Pour autant « on » n’ose par­ler de « catas­tro­phe ». « On » pré­fè­re euphé­mi­ser, jouer sur le temps, implo­rer le mira­cle du dieu Tech­ni­que. « On » : nucléo­cra­tes et poli­ti­ques fon­dus dans le même mou­le du ren­de­ment éco­no­mi­que, de cet­te ren­ta­bi­li­té dans laquel­le le fac­teur humain ne consti­tue qu’une varia­ble par­mi d’autres. Sauf que la « varia­ble » humai­ne pour­rait bien se rebif­fer plus sévè­re­ment qu’il y a vingt-cinq ans où l’ « excu­se sovié­ti­que » – les « Popofs » étant alors consi­dé­rés avec mépris d’un niveau tech­ni­que infé­rieur… – avait été invo­quée. La « supé­rio­ri­té occi­den­ta­le », cel­le des cen­tra­les de concep­tion états-unien­ne ins­tal­lées au Japon, com­me en Fran­ce d’ailleurs, a donc appor­té la preu­ve de ses pro­pres limi­tes, met­tant à bas le dog­me de l’énergie la plus sûre…  Peut-être mais…, nous dit  l’écrivaine bié­lo­rus­se Svet­la­na Alexievitch,  «la leçon de Tcher­no­byl n’a pas été appri­se»

La catas­tro­phe de Fuku­shi­ma aura sans dou­te – quoi qu’il en soit de ses consé­quen­ces – per­mis de bat­tre en brè­che l’omerta nucléa­ris­te. Du moins en aura-t-elle pris un sérieux coup, obli­geant à recon­si­dé­rer les fameux dog­mes tech­ni­cis­tes, mais aus­si les choix éner­gé­ti­ques fon­da­men­taux, les poli­ti­ques de déve­lop­pe­ment, et même la démo­cra­tie elle-même pri­se la main dans le sac du secret, du men­son­ge, de la for­fai­tu­re. Mais la bête se débat ! (Voir ici à ce pro­pos :Le nucléai­re est affai­re trop dan­ge­reu­se pour la lais­ser aux mains des nucléo­cra­tes !)

Même à armes inéga­les, le débat sur les choix éner­gé­ti­ques et de socié­té a été for­te­ment réac­ti­vé. De même que celui, com­bien fon­da­men­tal, sur les tra­vailleurs du nucléai­re, et tout par­ti­cu­liè­re­ment ceux de la sous-trai­tan­ce. Cet­te pra­ti­que de for­me escla­va­gis­te – cet­te mal-trai­tan­ce – s’est déve­lop­pée et accé­lé­rée depuis le début de pri­va­ti­sa­tion du sec­teur de l’électricité et la démo­li­tion des ser­vi­ces publics en géné­ral. Ain­si EDF en est-elle venue à se désen­ga­ger en quel­que sor­te de la main­te­nan­ce et indi­rec­te­ment de la sûre­té de ses ins­tal­la­tions. En recou­rant à du per­son­nel cor­véa­ble (moins cher, peu reven­di­ca­tif, peu regar­dant – par néces­si­té – sur les ris­ques sani­tai­res), l’électricien indus­triel se lave les mains de la dan­ge­ro­si­té de ses acti­vi­tés, ou tout au moins les dépla­ce-t-elle vers les entre­pri­ses pri­vées de cet­te sous-trai­tan­ce.

Les « liqui­da­teurs » de Fuku­shi­ma, pris entre héroïs­me et rési­gna­tion.

Enco­re ne s’agit-il que de gérer l’exploitation nor­ma­le des cen­tra­les et de ses réac­teurs. Tan­dis que les acci­dents et a for­tio­ri les catas­tro­phes chan­gent com­plè­te­ment la don­ne. On ne dira jamais assez l’abnégation ou l’héroïsme, voi­re les deux mêlés, de ceux que depuis Tcher­no­byl on appel­le les « liqui­da­teurs ».  Com­bien sont-ils exac­te­ment à Fuku­shi­ma ? Dans quel­les condi­tions tra­vaillent-ils ? Ris­quant leurs vies, pro­mis à la mala­die, ils sont quel­ques cen­tai­nes à batailler dans cet enfer moder­ne. Employés de l’exploitant Tokyo Elec­tric Power (Tep­co) ou de ses sous-trai­tants, ils s’activent en milieu hau­te­ment conta­mi­né par les radia­tions. Les pics de radio­ac­ti­vi­té sont tels qu’ils doi­vent être par­fois éva­cués, et que  plu­sieurs d’entre eux ces sau­ve­teurs déses­pé­rés ont dû être hos­pi­ta­li­sés – autant dire qu’ils ont peu de chan­ce de sur­vi­vre.

 » Le pro­grès trans­for­mé en cime­tiè­re »

«La leçon de Tcher­no­byl n’a pas été appri­se», s’indigne dans Libé­ra­tion [entre­tien avec Vero­ni­ka Dorman19/03/2011] l’ écri­vai­ne bié­lo­rus­se Svet­la­na Alexie­vit­ch, à qui l’on doit La Sup­pli­ca­tion, chro­ni­ques du mon­de après l’apocalypse, ouvra­ge pro­pre­ment ren­ver­sant. Voi­ci ce qu’elle décla­re à pro­pos des liqui­da­teurs japo­nais :

« Là aus­si, je vois beau­coup de res­sem­blan­ce avec ce qui s’est pas­sé chez nous. La cultu­re japo­nai­se est fon­dée sur le col­lec­tif, elle aus­si. L’individu en tant que tel n’existe pas vrai­ment, mais se recon­naît com­me une par­tie d’un tout.

[…] « Je me suis ren­due sur l’île Hok­kai­do, au Japon, dans la cen­tra­le nucléai­re de Toma­ri. Je l’avais d’abord vue le matin de la fenê­tre de mon hôtel. C’était une vision fan­tas­ti­que, un site cos­mi­que futu­ris­te au bord de l’océan. J’ai ren­con­tré des employés de la cen­tra­le, qui m’ont deman­dé de racon­ter Tcher­no­byl. Pen­dant mon récit, ils avaient des sou­ri­res polis, mani­fes­taient de la com­pas­sion. «Bien sûr, c’est ter­ri­ble pour les gens, mais c’est la fau­te au tota­li­ta­ris­me. Chez nous, cela n’arrivera jamais. Notre cen­tra­le est la plus exem­plai­re, la plus sûre, tout est par­fai­te­ment étu­dié.» Face à cet orgueil tech­no­gè­ne de l’homme, l’idée d’un pou­voir sur la natu­re, j’ai com­pris que la leçon de Tcher­no­byl n’avait pas été appri­se par l’humanité.

[…] « Nous avons atteint cet­te fron­tiè­re où, très clai­re­ment, nous ne pou­vons plus accu­ser per­son­ne, ni le sovié­tis­me ni le tota­li­ta­ris­me. L’homme doit recon­naî­tre le carac­tè­re limi­té de ses pos­si­bi­li­tés. La natu­re est plus puis­san­te, elle com­men­ce à se ven­ger dans un com­bat inégal. J’ai enten­du la même cho­se à Gre­no­ble, lors d’une ren­con­tre avec des spé­cia­lis­tes fran­çais. «Chez nous, c’est impos­si­ble. Chez vous, à l’Est, où la vie tan­gue entre le bor­del et le bara­que­ment… » Avant l’explosion à Tcher­no­byl, l’académicien Ana­to­li Alexan­drov avait décla­ré que les cen­tra­les sovié­ti­ques étaient tel­le­ment sûres que nous pou­vions les construi­re sur la pla­ce Rou­ge. Éton­nant com­me cet­te arro­gan­ce des savants ato­mis­tes a pu sur­vi­vre si long­temps.

[…] « Rien ne chan­ge. Je viens d’arriver à Minsk pour appren­dre qu’il y a deux jours, un accord a été signé pour que la Rus­sie construi­se une cen­tra­le nucléai­re en Bié­lo­rus­sie, à Ostro­vets, une zone dépeu­plée depuis un trem­ble­ment de ter­re de magni­tu­de 7, en 1909. Pen­dant que le mon­de entier est vis­sé aux écrans de télé­vi­sion pour sui­vre le désas­tre au Japon, les jour­naux de Minsk se féli­ci­tent du deal avec la Rus­sie, de la futu­re cen­tra­le qui sera «la plus sûre du mon­de». Iro­nie du sort, la Bié­lo­rus­sie, qui a le plus souf­fert de Tcher­no­byl, est en train de se lan­cer dans le nucléai­re. Mieux : le chef de l’agence fédé­ra­le Ros­sa­tom, Ser­gueï Kirien­ko, se van­te de voir la Rus­sie construi­re des cen­tra­les nucléai­res off­sho­re, pour les ven­dre à l’Indonésie, au Viet­nam. Ima­gi­nez, dans l’océan, quel­ques dizai­nes de peti­tes Hiro­shi­ma flot­tan­tes…

[…] « Nous ne savons tou­jours pas ce qui se pas­se vrai­ment sous le sar­co­pha­ge de Tcher­no­byl. Seuls 3% des élé­ments conte­nus dans le réac­teur se sont dis­sous dans l’air. 97% y sont enco­re. Désor­mais, le régi­me poli­ti­que - tota­li­ta­ris­me ou libé­ra­lis­me com­me au Japon - n’a plus gran­de impor­tan­ce. Ce qui en a, ce sont les rela­tions entre l’homme et les hau­tes tech­no­lo­gies dont dis­po­se la socié­té.

[…] « Le mon­de n’a pas tenu comp­te de la pre­miè­re leçon ato­mi­que. La recher­che sur les sour­ces d’énergie alter­na­ti­ve est enco­re l’apanage de gens qu’on ne prend pas au sérieux, alors qu’elle doit être l’affaire de tous. Le ratio­na­lis­me est dans une impas­se. D’où un sen­ti­ment sui­ci­dai­re. […] Le tsu­na­mi au Japon a trans­for­mé le pro­grès en cime­tiè­re. »

> Sur la catas­tro­phe de Tcher­no­byl et ses cau­ses, voir aus­si sur Wiki­pe­dia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Catastrophe_de_Tchernobyl


Effet Fukushima. Les gazouillis de l’anxiété nucléaire en direct sur la Toile

Des artistes multimédia italiens viennent de développer Nuclear Anxiety, une carte interactive permettant de visualiser en temps réel, à partir de comptes Twitter, l'angoisse générée sur la Toile par l'énergie nucléaire. Chaque fois qu'un gazouillis (tweet) comportant le mot "nucléaire" (en plusieurs langues) est posté, il apparaît géolocalisé. Ainsi s'exprime l'ampleur de cette peur, notamment aux Etats-Unis, où Twitter est très populaire. 

 

Autre bruit de fond issu de la Toile, listentothedeep.com a mis en écoute l'enregistrement du bruit du séisme qui s'est produit au large du Japon le 11 mars, les basses fréquences ayant été accélérées seize fois. Accessible dans la rubrique "Sound Library", puis "Earthquake". Le chant de la terre, comme Mahler lui-même ne l'avait jamais entendu…

Tout ça est gai, sympa, moderne, technique – comme notre monde.


Le nucléaire est affaire trop dangereuse pour la laisser aux mains des nucléocrates !

L’émission « Mots croi­sés » du 11 avril était en par­tie consa­crée au nucléai­re. J’y aurai sur­tout vu l’affligeant numé­ro d’un tech­no­lâ­tre dénom­mé Jean-Marc Jan­co­vi­ci, pré­sen­té com­me « 
Ingé­nieur éner­gie cli­mat, 
Pro­fes­seur à l’Ecole des Mines Paris Tech » (fer­mez le ban !) Sou­vent à l’œuvre média­ti­que en ces temps de contes­ta­tion nucléai­re, ce pré­ten­tieux est le pro­to­ty­pe même du nucléo­cra­te : mépri­sant autant que suf­fi­sant, ça va ensem­ble, il assè­ne la « scien­ce » en rame­nant la sien­ne.

Extraits :

 

Cet­te pres­ta­tion, atter­ran­te, a eu l’avantage de mon­trer in vivo com­ment le mon­de nucléai­re est deve­nu une sor­te de sec­te, anti­dé­mo­cra­ti­que ô com­bien, dont l’objet est inac­ces­si­ble à ceux qui n’en font pas par­tie. C’est ain­si qu’un spec­ta­teur lamb­da ne peut rien com­pren­dre au nucléai­re puis­que « per­son­ne ne sait ce qu’est un mil­li­sie­vert ». Ben expli­quez-nous donc ça, grand mani­tou ! «Ah non, pas pos­si­ble, ça prend au moins trois pages » L’extrait  ci-des­sus de l’émission illus­tre bien la ques­tion de fond de ce sec­teur à part,  cet­te cas­te de consan­guins refer­més sur eux-mêmes et deve­nus sourds et aveu­gles au mon­de exté­rieur. D’où leur grand dan­ger à les lais­ser agir sans contrô­le. On les a assez vus à l’œuvre à Three Mile Island, Tcher­no­byl et Fuku­shi­ma. Le nucléai­re est affai­re trop sérieu­se et sur­tout dan­ge­reu­se pour la lais­ser aux mains de tels allu­més !

L'attitude, le ton, les propos – tout oppose le scientifique au nucléocrate arrogant.

L’attitude, le ton, les pro­pos – tout oppo­se le scien­ti­fi­que au nucléo­cra­te arro­gant.

 

 

A l’opposé, cet entre­tien vidéo sur Universcience.tv du 31 mars avec Roland Des­bor­des, pré­si­dent de la Com­mis­sion de recher­che et d’information indé­pen­dan­tes sur la radio­ac­ti­vi­té (CRIIRAD). Exact contrai­re de ce pédant insup­por­ta­ble Jan­co­vi­ci, Roland Des­bor­des se veut expli­ca­tif autant que rigou­reux, déplo­rant les don­nées a-scien­ti­fi­ques four­nies par les auto­ri­tés japo­nai­ses sur les émis­sions radio­ac­ti­ves liées à l’accident de Fuku­shi­ma. Où l’on apprend éga­le­ment, sans alar­mis­me, que nous som­mes bel et bien expo­sés au nua­ge radio­ac­tif venu du Japon.

Deux concep­tions de la scien­ce, de l’information, de la démo­cra­tie. Un autre huma­nis­me aus­si.

Cli­quer sur les ima­ges pour voir les vidéos, ou sur les liens ci-des­sous :

http://www.universcience.tv/media/3000/les-emissions-radioactives-de-fukushima.html

 

http://www.youtube.com/watch?v=weRm6XKYDxo

 


Fukushima. Ou comment nos nucléocrates réarment le système – sans l’avoir désarmé

Une indus­trie, des capi­taux, une tech­no­lo­gie, un sys­tè­me et une vision du mon­de. Voi­là tout ce qu’il y a à « sau­ver » der­riè­re la catas­tro­phe de Fuku­shi­ma : rien de moins. En ter­mes plus savants, on appel­le ça un para­dig­me, un modè­le sur lequel on avait cru bon de bâtir un sys­tè­me de valeurs – comp­ta­bles, pro­duc­ti­vis­tes –, à défaut de pen­sée huma­nis­te éle­vée. Ce qui fut donc réa­li­sé et vient ain­si de se fra­cas­ser dans le chaos de la cen­tra­le nucléai­re japo­nai­se.

 

Mais cet­te catas­tro­phe, que d’aucuns s’échinent enco­re, et on peut com­pren­dre leur ardeur, à qua­li­fier d’ « acci­dent », trou­ve matiè­re à dis­si­mu­ler sa vraie réa­li­té. D’abord par l’action concer­tée de ceux qui y ont l’intérêt le plus impé­rieux, le plus vital, si on ose dire. Simul­ta­né­ment par le jeu concur­ren­tiel d’une actua­li­té – le chaos plus géné­ral du mon­de – qui sert de diver­tis­se­ment à des enjeux pour­tant autre­ment cru­ciaux pour l’avenir de l’humanité.

 

« Autre­ment cru­ciaux », à mes yeux, cela ne signi­fie nul­le­ment que je tien­drais pour « négli­gea­bles » les révol­tes qui secouent le mon­de ara­be, pas plus que cel­les qui déchi­rent ce magni­fi­que pays de Côte d’ivoire. Pour nous en tenir à ces seules convul­sions de la pla­nè­te Ter­re, on peut dire qu’elles expri­ment le sinueux che­mi­ne­ment de l’Histoire, cel­les des hom­mes s’évertuant à s’affirmer com­me tels : sen­sés, rai­son­na­bles sinon ration­nels, et si pos­si­ble poè­tes et aimants – un hori­zon enco­re bien éloi­gné, un pro­gram­me pour quel­ques siè­cles au moins…

 

Une par­tie de la cen­tra­le dévas­tée, 24 mars 2011. Ph. Tep­co.

Autre­ment cru­ciaux, en effet, me parais­sent les convul­sions de Fuku­shi­ma et ce que recou­vrent les gra­vats radio­ac­tifs, leurs éma­na­tions, suda­tions, éruc­ta­tions, écou­le­ments et autres « humeurs » d’une sor­te de « corps » inqua­li­fia­ble, dont on redou­te une ago­nie inter­mi­na­ble. Rien d’organique pour­tant là-dedans. Rien que de la tech­ni­que à hau­te dose, en hyper-dose, à satu­ra­tion. De cet­te Tech­ni­que de démiur­ges qui en ont per­du le contrô­le, pour avoir trop parié sur leur infailli­bi­li­té.

 

Dans un sens, en les consi­dé­rant sous l’angle res­treint de la folie humai­ne, les enjeux du nucléai­re rejoi­gnent ceux des conflits et guer­res en cours. Ils en dif­fé­rent pour­tant de maniè­re radi­ca­le en ce qu’ils pèsent à ter­me com­me une mena­ce sur tou­te l’espèce, pas seule­ment sur des vic­ti­mes immé­dia­tes. Car le déni oppo­sé par les nucléo­cra­tes – qui déci­dent selon les impé­ra­tifs du nucléai­re –  à la réa­li­té de catas­tro­phe en cours ren­voie à la catas­tro­phe pro­chai­ne, d’ailleurs pré­vue, com­me on va le voir ci-des­sous, par les « pro­ba­bi­lis­tes ».

(Lire la sui­te…)


Japon. L’apocalypse-bidon « vécue » en chambre par le « grand reporter » du Nouvel Obs

Grand repor­ter ou pas, « Albert-Lon­dres » ou non, Nou­vel-Obs ou Mon cul sur la com­mo­de : du pipeau ! Les faits :  le Nou­vel Obser­va­teur du 17 mars publie neuf pages de des­crip­tion apo­ca­lyp­ti­que et de témoi­gna­ges dou­lou­reux sur la catas­tro­phe japo­nai­se, signées du grand repor­ter Jean-Paul Mari. L’article a été entiè­re­ment écrit à Paris, à par­tir de témoi­gna­ges et de des­crip­tions parus ailleurs dans la pres­se sans qu’aucune sour­ce ne soit men­tion­née. C’est ce que révè­le l’hebdo Les Inrocks dans sa livrai­son du 29/3 sous le titre « Nou­vel Obs: 5 astu­ces pour écri­re un repor­ta­ge au Japon depuis Paris ».

 

 

Camil­le Pol­lo­ni décor­ti­que la manip” et pous­se même la confra­ter­ni­té jusqu’à cui­si­ner le bidon­neur. Jean-Paul Mari invo­que quel­ques expli­ca­tions « tech­ni­ques » (« C’est un pro­blè­me de temps, j’ai écrit dans l’urgence. Si j’avais une jour­née de plus pour le réécri­re, je met­trais la sour­ce de ces témoi­gna­ges. »), même pas des excu­ses (vaut mieux pas d’ailleurs), pour se plan­quer en fait der­riè­re un piteux para­vent : le Nou­vel Obser­va­teur n’a pas appo­sé la men­tion « envoyé spé­cial », il ne pré­tend donc pas que son jour­na­lis­te se trou­vait au Japon. De même est-il sti­pu­lé « récit » et non « repor­ta­ge ». Ouais… D’où vient alors cet art filou du « on s’y croi­rait » ? Du fait que rien n’est faux, tout étant pom­pé chez les « confrè­res » de Libé, du Pari­sien, du Guar­dian et autres sour­ces inter­né­tées.

 

Le tout est réus­si dans le gen­re, entre récit de fic­tion-véri­té et effets de plu­me limi­te cli­che­tons. Échan­tillon : « Le temps s’est arrê­té. Plus d’heure, plus d’avant, plus d’après. Pas enco­re l’apocalypse. Tout est sus­pen­du. Le ciel est froid, clair, enso­leillé. Dans la baie, les bateaux se balan­cent sur une mer d’hiver. Sur la côte, en face, un port de pêche, des toits bleus, des han­gars. Sur la rive pro­che, des mai­sons, des par­kings, des voi­tu­res, un poteau de signa­li­sa­tion, un nom, celui de la vil­le, moder­ne : Miya­ko. Et puis là, à quel­ques mètres du riva­ge, une ligne bour­sou­flée, com­me un bour­re­let, quel­que cho­se d’incompréhensible. On dirait un ser­pent géant, lourd, obs­cur, qui rou­le des écailles mons­trueu­ses. Une vague.

 

Allez donc voir direc­te­ment la cho­se sur le site des Inrocks, c’est une bel­le dénon­cia­tion de ce mal ram­pant qui imprè­gne le « jour­na­lis­me » moder­ne, consa­cre le jour­na­lis­te assis com­me le pro­to­ty­pe d’une fin d’un mon­de celui où la seule ligne pour un jour­na­lis­te [était] « la ligne de che­min de fer ». Paro­les fameu­ses dont Albert Lon­dres avait fait son cre­do – avec lequel, à l’occasion, il eut lui aus­si bien pris ses aises pour arran­ger les faits à sa conve­nan­ce…

 

Tiens, avec tou­tes ces pho­tos « HD », ces films en abon­dan­ce, si je m’offrais un Grand repor­ta­ge à Fuku­shi­ma même, avec sur­vol de la cen­tra­le à l’agonie, paro­les radieu­ses du pilo­te de mon héli­co­ptè­re, témoi­gna­ge « exclu­sif » d’un liqui­da­teur héroï­que, tran­che de vie des pêcheurs de Sen­daï, et cae­te­ra. J’ai déjà le titre : « J’ai sur­vé­cu à la fin du mon­de ». Est-ce là l’avenir rayon­nant du futur Nou­veau jour­na­lis­me ?


Le magma nucléaire de Fukushima, foyer de la confusion du monde

Sar­ko­zy, m’apprend la radio, serait désor­mais équi­pé d’un super-para­pluie seyant mieux, si on peut dire, à sa super fonc­tion. Un para­pluie blin­dé (en kev­lar et tout) com­me un gilet pare-bal­les et qui, non seule­ment pour­rait pro­té­ger de la pluie, mais le met­trait aus­si à l’abri du mécon­ten­te­ment à son égard des 80% de citoyens son­dés… En ces mau­vais temps de météo plus qu’incertaine, le pré­si­dent fait donc un cro­chet par le Japon, his­toi­re de tes­ter le fameux pébroc sur ses capa­ci­tés para-pluies radio­ac­ti­ves.

 

Ce n’est en tout cas pas à Fuku­shi­ma que se sera ren­du l’homme au(x) pépin(s). Mata­mo­re, cer­tes, sui­ci­dai­re, non ! Il en est de même pour le trio fran­co-nucléai­re « invi­té » là-bas, mais pas trop près non plus, pour livrer leur bot­te secrè­te aux diri­geants de la cen­tra­le et de Tep­co. Ain­si Mada­me Are­va et mes­sieurs CEA et EDF vont-ils s’efforcer d’apporter aux Nip­pons leurs vacillan­tes lumiè­res. Et ten­ter sur­tout de redo­rer leurs bla­sons res­pec­tifs et uni­fié face à l’adversité qui ter­nit sacré­ment leur ave­nir irra­dieux.

 

© Tep­co (et mer­ci pour la qua­li­té de l’image !)

Mada­me Are­va sur­tout, car, blin­dée de sa hau­te suf­fi­san­ce, elle voit s’écrouler la mon­ta­gne de men­son­ges accu­mu­lés de hau­te lut­te durant ces 25 années de com’ éhon­tée qui ont sui­vi la catas­tro­phe de Tcher­no­byl. Vrai­ment dom­ma­ge, ain­si que l’a déplo­ré la pré­si­den­te du Medef, Lau­ren­ce Pari­sot : « Tout ceci tom­be très mal, ça se pas­se à un moment où l’économie mon­dia­le com­men­çait tout jus­te à repar­tir. » [Le Mon­de, 19/3/11]. D’autant plus, en effet, que l’affolement du cli­mat venait appuyer l’idée de cet­te radieu­se éner­gie « pro­pre », sinon « ver­te » – voir le vidéo-clip d’Areva et son détour­ne­ment ci-contre =>

(Lire la sui­te…)


Quand France 2 et Pujadas passent les plats (tièdes) du nucléaire (brûlant)

Avec Mme Are­va, Fran­ce 2, 15/3/11

Tout finit par s’expliquer (quand on n’a pas com­pris tout de sui­te), et on pige ain­si pour­quoi Sar­ko­zy affec­tion­ne David Puja­das pour ses entre­tiens solen­nels… Ques­tions pro­pret­tes, yeux écar­quillés, sou­ri­re de ravi. Tout ça on l’avait remar­qué, et pas qu’avec le pré­si­dent. Confir­ma­tion en l’occurrence avec le trai­te­ment du volet nucléai­re des catas­tro­phes au Japon. C’est Samuel Gon­thier qui fait état, dans Télé­ra­ma [25/3/11] des rele­vés de comp­teur sus­pects s’agissant du nucléai­re et des invi­tés de Fran­ce 2 au jour­nal de 20 heu­res. Par­fait « relais des com­mu­ni­qués offi­ciels », la chaî­ne publi­que n’aurait invi­té « que des repré­sen­tants des auto­ri­tés com­pé­ten­tes », soit, dans l’ordre :

 

L’horizon se déga­ge…

« Natha­lie Kos­cius­ko-Mori­zet (minis­tre de la Pro­tec­tion de l’environnement nucléai­re), Clau­de Allè­gre (ancien minis­tre de la Recher­che nucléai­re), Anne Lau­ver­geon (pdg d’Areva, numé­ro un mon­dial du nucléai­re), André-Clau­de Lacos­te (pré­si­dent de l’Autorité de sûre­té nucléai­re), Jean-Marc Jan­co­vi­ci (repré­sen­tant de l’immense mas­se des éco­lo­gis­tes pro-nucléai­res), Thier­ry Char­les (de l’Institut de radio­pro­tec­tion et de sûre­té nucléai­re), Fran­çois Fillon (Pre­mier minis­tre). Dans un loua­ble sou­ci de conte­nir « l’émotion» des popu­la­tions, pas un de ces irres­pon­sa­bles éco­lo­gis­tes catas­tro­phis­tes ne fut convié en stu­dio. En revan­che, dès le lun­di 14 mars, David Puja­das prend de la hau­teur avec un grand débat: « Est-ce vrai­ment le moment de rou­vrir un débat sur le nucléai­re main­te­nant ? » Pour res­pec­ter la digni­té des Japo­nais, ne fau­drait-il pas l’organiser au mois d’août 2012, pen­dant la fina­le du 100 mètres des jeux Olym­pi­ques ? »

 

 

Man­ga japo­nais. « Dor­mez, dor­mez, petits pigeons… »


Nucléaire. Manif peu suivie à Paris…

Par Denis Guen­neau

Il fai­sait très beau cet après midi à Paris, mais peu de mani­fes­tants ont répon­du à l’appel éco­lo­gis­te uni­tai­re. Les lea­ders poli­ti­ques éco­lo­gis­tes ou d’extrême gau­che étaient là mais les trou­pes n’ont pas sui­vi alors que l’alerte est extrê­me­ment gra­ve. Pour­quoi?

Deux à trois mil­les per­son­nes seule­ment avaient répon­du à l’appel des 40 orga­ni­sa­tions. Peti­te frayeur en plus, à 15 heu­res pile, une cin­quan­tai­ne de per­son­nes seule­ment étaient devant l’Assemblée natio­na­le. Heu­reu­se­ment, deux mili­tants nous redi­ri­geaient vers la pla­ce de l’Université, où se tenait fina­le­ment le ras­sem­ble­ment.

La consi­gne natio­na­le de ne pas avoir de dra­peaux ou autres signes dis­tinc­tifs des par­tis poli­ti­ques n’a pas été res­pec­tée par tou­tes les orga­ni­sa­tions pré­sen­tes, bien que répé­tée sur pla­ce. Deux mili­tants ont été inter­pel­lés par les gen­dar­mes par­ce qu’ils vou­laient déployer une lar­ge ban­de­ro­le devant l’Assemblée.

Des moyens de com­mu­ni­ca­tion ori­gi­naux pour ce mee­ting aty­pi­que puis­que se dérou­lant le jour d’une élec­tion. Par exem­ple :

  • minu­te de silen­ce avec une sirè­ne d’alerte nucléai­re en bruit de fond, émou­vant
  • témoi­gna­ge poi­gnant d’une jeu­ne japo­nai­se dont la famil­le sur pla­ce a été vic­ti­me du tsu­na­mi
  • pré­sen­ce d’une trou­pe de clowns citoyens qui dénon­cent par l’humour en s’adressant aux pas­sants par des slo­gans absur­des pro nucléai­res

  • pré­sen­ce du  PCoF qui est un pla­giat du PCF (dra­peaux rou­ges avec fau­cille et mar­teau iden­ti­ques ) qui, lui, res­te tou­jours offi­ciel­le­ment pro nucléai­re
  • le des­sin à la craie de slo­gans sur la chaus­sée est un sup­port qui res­te après le mee­ting
  • une estra­de où se suc­cé­daient (5 mn cha­cu­ne) les por­te-paro­les natio­naux des orga­ni­sa­tions répon­dant au réseau Sor­tir du nucléai­re .

 

 


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­pren­dre que les cho­ses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fi­que, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croi­re les cho­ses par­ce qu’on veut qu’elles soient, et non par­ce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lip­pe Casal, 2004 - Cen­tre natio­nal des arts plas­ti­ques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­fes­te.
    (Clau­de Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­ti­que), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la gra­ce de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquet­te cou­leur et boî­tier rigi­de ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Com­me un nua­ge, album pho­tos et tex­te mar­quant le 30e anni­ver­sai­re de la catas­tro­phe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant clo­se (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en ven­te au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adres­se pos­ta­le !)

    tcherno2-2-300x211

    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tira­ge soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, pri­ses en Pro­ven­ce et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­ti­que sur le thè­me d’« après le nua­ge ». Cet­te créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thè­me du nucléai­re », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de tou­tes nos croyan­ces. (Ber­trand Rus­sel)

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    Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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