On n'est pas des moutons

Mot-clé: Japon

Un peu d’air, de senteurs, de hauteur…

La BBC a deman­dé au réa­li­sa­teur de docu­men­taires Jack Johns­ton d’aller fil­mer le prin­temps au Japon avec son drone. Et qui dit prin­temps au Japon, dit ceri­siers en fleurs. Pour­vu qu’on aille vers le Temps des cerises ! [Pas­sez en plein écran : on s’y croirait !]


Japon. L’élection d’un gouverneur rebat les cartes du nucléaire

En pro­ve­nance du Japon, la nou­velle n’a pas ému nos médias : la région où se trouve la plus puis­sante cen­trale ato­mique du monde, Kashi­wa­za­ki-Kari­wa (sept réac­teurs), va désor­mais être diri­gée par un gou­ver­neur anti­nu­cléaire. Ce qui rebat les cartes de l’énergie ato­mique – pas seule­ment au Japon.

Ryui­chi Yoneya­ma, 49 ans, a en effet rem­por­té, hier dimanche, les élec­tions dans la pré­fec­ture de Nii­ga­ta (nord-ouest du Japon). L’autorisation du gou­ver­neur étant requise pour la remise en ser­vice des réac­teurs arrê­tés depuis Fuku­shi­ma, cette nou­velle donne consti­tue un coup dur pour Tep­co, l’exploitant qui espé­rait sau­ver ses finances en relan­çant ces sept réac­teurs, les seuls lui res­tant après l’arrêt des deux cen­trales de Fuku­shi­ma, suite à la catas­trophe de mars 2011. Dès ce lun­di, le cours de Tep­co a dévis­sé de 8 % à la bourse de Tokyo (la plus forte chute du Nik­kei : -7,89% à 385 yens).

La cen­trale de Kashi­wa­sa­ki avait été sérieu­se­ment bous­cu­lée par un impor­tant séisme en juillet 2007 qui avait pro­vo­qué un incen­die et des fuites d’eau radio­ac­tive. Depuis, alors que la cen­trale est tou­jours à l’arrêt, huit incen­dies se sont décla­rés dans les dif­fé­rentes uni­tés [Source : The Japan Times, 6/3/2009]. Pour autant, les auto­ri­tés ont don­né le feu vert en février 2009 pour le redé­mar­rage (désor­mais com­pro­mis) de l’unité n°7.

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La cen­trale nucléaire de Kashi­wa­sa­ki a frô­lé le désastre lors du séisme du 16 juillet 2007 qui a pro­vo­qué un incen­die et des fuites d’eau radio­ac­tive pré­fi­gu­rant la catas­trophe de Fuku­shi­ma moins de 4 ans plus tard. [Ph. d.r.]

L’Agence inter­na­tio­nale pour l’énergie ato­mique (AIEA) avait alors dépê­ché une mis­sion diri­gée par le Fran­çais Phi­lippe Jamet, haut diri­geant de l’Auto­ri­té de sûre­té nucléaire fran­çaise (ASN). Le rap­port publié s’était conten­té de quelques recom­man­da­tions ano­dines, assu­rant que les cen­trales japo­naises pou­vaient résis­ter à tout évé­ne­ment sis­mique ou cli­ma­tique. La catas­trophe de Fuku­shi­ma a dra­ma­ti­que­ment rabais­sé le caquet de nos arro­gants experts. 1

Aujourd’hui, trois seule­ment des 54 réac­teurs nucléaires japo­nais sont en ser­vice mais le gou­ver­ne­ment de l’ultranationaliste (et ultra pro­nu­cléaire) Shin­zo Abe use de toutes les pres­sions pour essayer d’obtenir la redé­mar­rage d’autres réac­teurs, mal­gré l’opposition de la population.

Ces réou­ver­tures sont contre­car­rées par des déci­sions de jus­tice ou par le veto de cer­tains gou­ver­neurs régio­naux. Voi­là pour­quoi l’élection de Ryui­chi Yoneya­ma à la tête de la région de Nii­ga­ta est un coup ter­rible por­té aux pro­jets fous des pro­nu­cléaires (et au cours en bourse de Tep­co) : ce cou­ra­geux nou­veau gou­ver­neur va refu­ser la remise en ser­vice des sept réac­teurs de Kashiwasaki.

Sous peu, les trois réac­teurs japo­nais en ser­vice devront s’arrêter pour main­te­nance et, comme ce fut déjà le cas pen­dant près de deux ans en 2014 et 2015, le Japon fonc­tion­ne­ra à nou­veau avec 0% de nucléaire. Si 130 mil­lions de Japo­nais peuvent vivre sans nucléaire, com­ment pré­tendre encore que c’est « impos­sible » pour deux fois moins de Fran­çais ? 2

Notons encore que cette élec­tion et ses consé­quences consti­tuent une mau­vaise nou­velle pour les nucléa­ristes fran­çais – entre autres – et en par­ti­cu­lier pour EDF et Are­va qui misent sur le retour de la droite au pou­voir pour relan­cer leur offen­sive sur le mar­ché mon­dial de l’énergie, y com­pris en France, bien entendu !

C’est vrai­sem­bla­ble­ment pour cette rai­son de pros­pec­tive poli­tique (pour ne pas dire de pro­ba­bi­li­té) qu’EDF s’est enga­gée, dans un contrat fran­co-chi­nois, à livrer à Hink­ley Point, sud de l’Angleterre, d’ici à fin 2025 – sans déra­page du calen­drier et des coûts – deux réac­teurs nucléaires EPR de 1 650 méga­watts cha­cun pour un devis de près de 22 mil­liards d’euros. Cela, alors que les chan­tiers EPR en cours dérapent sur les coûts et les délais, et que les finances de l’entreprise fran­çaise sont au plus bas.

Notes:

  1. On peut prendre la mesure de cette arro­gance lors d’un débat télé­vi­sé de « C dans l’air » dif­fu­sé sur la Cinq en 2007, peu après le séisme qui avait secoué la cen­trale de Kashi­wa­sa­ki. Débat auquel par­ti­ci­pait Sté­phane Lhomme, de l’Obser­va­toire du Nucléaire, pré­co­ni­sant la fer­me­ture d’urgence d’au moins 20 réac­teurs au Japon si l’on vou­lait évi­ter un nou­veau Tcher­no­byl. Aver­tis­se­ment bien sûr non pris en compte. À peine quatre ans plus tard, c’était Fuku­shi­ma.
  2. Bien sûr, c’est là qu’on res­sort le contre argu­ment de l’effet cli­ma­tique (tant nié par les mêmes avant son évi­dence) pro­vo­qué par les éner­gies fos­siles. Tan­dis que le « tout nucléaire » a frei­né le déve­lop­pe­ment, en France notam­ment, des éner­gies alter­na­tives renou­ve­lables.

Nucléaire : 4 ans après Fukushima, le Japon sonne la relance

« Le réac­teur numé­ro 1 de la cen­trale de Sen­dai a redé­mar­ré à 10 h 30 [3 h 30, heure fran­çaise] », a annon­cé, ce mar­di 11 août, un porte-parole de la com­pa­gnie japo­naise Kyu­shu Elec­tric Power. Ain­si, quatre ans et cinq mois après la catas­trophe de Fuku­shi­ma, en mars 2011, les auto­ri­tés japo­naises passent outre l’opposition de la popu­la­tion nip­pone, tou­jours trau­ma­ti­sée. Selon des son­dages, 60 % des Japo­nais demeurent hos­tiles à l’énergie nucléaire.

Souhai­tée par le gou­ver­ne­ment conser­va­teur, cette remise en ser­vice d’installations nucléaires est d’abord moti­vée par des rai­sons éco­no­miques. Le Japon connaît depuis 2011 d’importants défi­cits com­mer­ciaux dus en grande par­tie à la fac­ture d’hydrocarbures pour ali­men­ter les cen­trales ther­miques. Des argu­ments… éco­lo­giques sont aus­si mis en avant, sur le registre de la réduc­tion des gaz à effet de serre émis par les cen­trales au gaz, au pétrole ou au charbon.

Mais les Japo­nais res­tent majo­ri­tai­re­ment hos­tiles à ce redé­mar­rage – qui inter­vient en plein dans les vacances d’été – et à quelques jours des céré­mo­nies du soixante-dixième anni­ver­saire des bom­bar­de­ments d’Hiroshima et de Naka­sa­ki. Nao­to Kan, pre­mier ministre au moment de Fuku­shi­ma, deve­nu depuis l’un des plus viru­lents oppo­sants au nucléaire, a qua­li­fié cette mise en ser­vice d” »erreur ». Des mani­fes­ta­tions ont été orga­ni­sées aux portes de la cen­trale de Sen­dai et devant la rési­dence du pre­mier ministre, à Tokyo. « Les leçons de Fuku­shi­ma n’ont pas été tirées », a dénon­cé l’un des conseillers muni­ci­paux de Sat­su­ma­sen­dai. Le réac­teur de Sen­dai – situé sur la côte, au sud-ouest de Tokyo – est le pre­mier à être remis en ser­vice, tan­dis qu’une ving­taine se pré­parent aus­si à redémarrer.

Ce signal était évi­dem­ment atten­du des milieux nucléa­ristes de la pla­nète sur laquelle quelque 76 réac­teurs nucléaires sont en chan­tier… Tout va bien.

• À lire, le blog fran­çais entiè­re­ment dédié à Fuku­shi­ma et ses suites : http://www.fukushima-blog.com/


Fukushima, quatre ans après – le désastre sans fin

Same­di 14 mars, réac­tion en chaîne humaine dans la val­lée du Rhône - Pro­vence-Alpes-Côte d’Azur

Pour la tran­si­tion éner­gé­tique sans nucléaire !

Pro­gramme et itinéraire :

http://chainehumaine.fr/trajet-previsionnel-de-la-chaine-humaine-du-14-mars-2015/ 

Sinistre anni­ver­saire que ce qua­trième mar­quant la catas­trophe de Fuku­shi­ma. À 14 h 46, ce ven­dre­di 11 mars 2011, un trem­ble­ment de terre d’une magni­tude 9 se pro­duit, endom­ma­geant la cen­trale nucléaire de Fuku­shi­ma Dai­ni dès ce moment. À 15 h 30, une vague de 15 mètres géné­rée par le séisme atteint la cen­trale de Fuku­shi­ma Daii­chi, construite à une hau­teur de 6,5 à 10 m au-des­sus du niveau de la mer. Pour Fuku­shi­ma-Dai­ni, l’exploitant Tep­co avait construit un mur qui ne pou­vait résis­ter qu’à un tsu­na­mi de 5,7 mètres de haut maxi­mum. Trois des six réac­teurs se mettent à l’arrêt auto­ma­tique. Tan­dis que les sys­tèmes de refroi­dis­se­ment tombent en panne, ain­si que les groupes élec­tro­gènes de secours.

Et c’est la catas­trophe majeure : fusion des réac­teurs, explo­sions ou incen­dies des enceintes 1 à 4, dis­per­sions radio­ac­tives dépas­sant 300 fois la norme admis­sible, conta­mi­na­tion sur un rayon de plus de 80 km, dépla­ce­ment de mil­liers de rive­rains, rejet d’eau for­te­ment radio­ac­tive dans le Paci­fique, situa­tion incon­trô­lable de l’ensemble des ins­tal­la­tions – et nul­le­ment sta­bi­li­sée aujourd’hui. Tan­dis que des mil­liers de tra­vailleurs ont depuis été ame­nés sur place – dans des condi­tions cri­tiques, et très cri­ti­quées – pour ten­ter de « col­ma­ter les brèches » d’un chan­tier désor­mais sans fin, sans hori­zon. Voi­ci un ins­tan­ta­né concer­nant la situa­tion des « lqui­da­teurs » de Fuku­shi­ma, telle que rap­por­tée par le blog Fuku­shi­ma 福島第 consa­cré entiè­re­ment à la catas­trophe nucléaire et à ses réper­cus­sions au Japon et dans le monde.

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L’étendue du sinistre

Le 19 jan­vier, à la cen­trale nucléaire n°1 de Fuku­shi­ma, un tra­vailleur est tom­bé du bas­sin et il est mort, et à la cen­trale nucléaire n° 2, le 20 jan­vier, un autre tra­vailleur est mort éga­le­ment, écra­sé sous une machine. En 2014, jusqu’à fin novembre, 40 tra­vailleurs ont été bles­sés. Ce chiffre est trois fois plus impor­tant que l’année dernière.

Main­te­nant, dans la cen­trale nucléaire n°1, tra­vaillent chaque jour 6.000 per­sonnes. Il manque non seule­ment des forces de tra­vail, mais aus­si la qua­li­té du tra­vail. Un tra­vailleur témoigne :  « Il manque certes des tra­vailleurs, mais tout aus­si grave est le manque de tra­vailleurs expé­ri­men­tés. Déjà sont par­tis la plu­part des ouvriers expé­ri­men­tés qui tra­vaillaient avant l’accident, car leur norme d’exposition était dépas­sée. Main­te­nant, la poli­tique de Tep­co est que nous finis­sions le tra­vail don­né  le plus rapi­de­ment pos­sible et à moindre coût. Sa poli­tique axée sur le seul pro­fit engendre des accidents. »

Extrait d’un article paru dans le jour­nal Fuku­shi­ma Min­jū le 11 décembre 2014 :

«Je suis sans famille, donc je peux sub­ve­nir à mes besoins, mais si j’avais  de la famille, il me serait dif­fi­cile de la nour­rir », a décla­ré un homme de 50 ans qui tra­vaille à la cen­trale n°1 depuis trois ans déjà. Aupa­ra­vant, il s’occupait d’enlèvement de déchets et de construc­tion de réser­voirs pour l’eau conta­mi­née, mais main­te­nant il trans­porte l’eau conta­mi­née qui s’est accu­mu­lée sous les bâti­ments des réac­teurs. Son salaire est de 200.000 yens  (1.500 euros) par mois.

« La radio­ac­ti­vi­té dans la cen­trale est encore si forte qu’il porte un vête­ment de pro­tec­tion et un masque qui lui couvre toute la tête. Il est si lour­de­ment cou­vert qu’il ne peut pas se dépla­cer faci­le­ment, c’est pour­quoi un tra­vail d’une heure et demie est sa limite mais, en rai­son de la lon­gueur des pro­cé­dures pour péné­trer dans l’usine et en sor­tir et à cause des pré­pa­ra­tifs, il prend la route à 5 heures du matin, depuis son appar­te­ment à Iwa­ki, à 40 km de la cen­trale, et il rentre chez lui seule­ment dans la soi­rée. Il par­tage sa chambre avec quelques personnes. […]

« Au cours du der­nier mois, il a été expo­sé à 1,8 mil­li­sie­vert de radio­ac­ti­vi­té. Il est léga­le­ment per­mis aux tra­vailleurs d’être expo­sés à un maxi­mum de 50 mil­li­sie­verts par an, cepen­dant de nom­breuses entre­prises ont leur propre norme par exemple de 20 mil­li­sie­verts, donc s’il tra­vaille et se trouve expo­sé à ce rythme, il devra quit­ter son lieu de tra­vail au bout d’un an. «Je sens que le public a com­men­cé  à se dés­in­té­res­ser de l’accident nucléaire, mais des tra­vaux plus dan­ge­reux se mul­ti­plie­ront cer­tai­ne­ment dans les bâti­ments des réac­teurs. Je sou­haite que l’on puisse connaître ce fait « . »

Craintes de maladies

« Tep­co a enquê­té chez 4.587 tra­vailleurs à la cen­trale nucléaire n°1 en août et sep­tembre 2014. 2.003 tra­vailleurs (43,7%) ont peur en rai­son du tra­vail à la cen­trale, et leur plus grande crainte était l’éventualité d’une mala­die due à la radio­ac­ti­vi­té. Le minis­tère a fait savoir que les tra­vailleurs des cen­trales ont davan­tage de risques de can­cers de la ves­sie, du pou­mon et du pha­rynx lorsqu’ils sont expo­sés à plus de 100 millisieverts.

« Cepen­dant il est étrange que l’Autorité de régu­la­tion nucléaire pré­voit d’aug­men­ter la norme maxi­male d’exposition des tra­vailleurs, en pas­sant de  100 à 250 mil­li­sie­verts. Le res­pon­sable a dit:  « La norme inter­na­tio­nale est com­prise entre 250 et 500 mil­li­sie­verts par an, mais plus le niveau est bas mieux c’est. S’il arrive un acci­dent de même niveau qu’à Fuku­shi­ma, les tra­vailleurs pour­ront s’occuper des répa­ra­tions avec une expo­si­tion maxi­male de 250 millisieverts. »

Prolifération des déchets contaminés

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L’étendue des déchets

« Main­te­nant, on a com­men­cé à déman­te­ler les quatre réac­teurs de la cen­trale nucléaire n°1. Tous les déchets, tels que mor­ceaux de béton des réac­teurs détruits et arbres abat­tus pour faire place aux réser­voirs sont for­te­ment radio­ac­tifs. On n’a pas le droit de les trans­por­ter à l’extérieur, de sorte que tous les déchets s’accumulent sur le  site. Tep­co  pré­voit que jusqu’à 2027 s’amasseront 560.000 tonnes de déchets conta­mi­nés. Déjà 200.000 tonnes de déchets ont com­men­cé à arri­ver, qui occupent 60% de l’espace de stockage.

« Les tra­vailleurs des cen­trales portent un casque, un vête­ment de pro­tec­tion, des gants et plu­sieurs autres effets. On réuti­lise casques,masques et chaus­sures, mais on jette les autres articles. On les met  dans de grandes caisses et on en fait des mon­ti­cules à huit endroits sur le ter­rain. Tep­co pré­voit de les brû­ler et d’en réduire la quan­ti­té, mais n’y par­vien­dra pas, car le nombre de tra­vailleurs est de plus en plus grand. »


De ce bois japonais dont on fait du Bach

Une forêt, du bois, du bois taillé, une boule en bois. Une idée folle, du génie, de la volon­té et beau­coup de tra­vail en plus d’un grand sens artis­tique. Tant pis si de la pub vient para­si­ter la fin de cet éton­nant par­cours musical.

Des Japo­nais ont ain­si construit (et fil­mé) en pleine forêt un xylo­phone en pente, qu’une boule en bois va par­cou­rir par gra­vi­ta­tion en jouant « Jésus que ma joie demeure » de Jean-Sébas­tien Bach.

Une per­for­mance extra­or­di­naire lorsque l’on sait que la lon­gueur de chaque lamelle, taillée en V pour main­te­nir la balle, doit être cal­cu­lée pour jouer la bonne note et la bonne durée.


Nucléaire. La probabilité d’un accident en France serait de 50% pour le parc actuel

Sur la base du constat des acci­dents majeurs sur­ve­nus dans l’industrie nucléaire ces trente der­nières années, on devrait sta­tis­ti­que­ment connaître un acci­dent de ce type dans l’Union euro­péenne au cours de la vie du parc actuel, avec une pro­ba­bi­li­té de 50% de voir cet acci­dent majeur se pro­duire en France. C’est en tout cas ce que démontrent Ber­nard Laponche, phy­si­cien nucléaire, expert en poli­tiques de l’énergie, et Ben­ja­min Des­sus, ingé­nieur et éco­no­miste, dans un article publié sur le site de Glo­bal Chance. Cette asso­cia­tion regroupe des scien­ti­fiques et des experts convain­cus qu’un déve­lop­pe­ment mon­dial plus équi­li­bré peut et doit résul­ter de la prise de conscience crois­sante des menaces qui pèsent sur l’environnement glo­bal. Ce texte a déjà été publié dans Libé­ra­tion et dans Poli­tis. Il est assez impor­tant pour méri­ter une large diffusion.

Accident nucléaire : une certitude statistique

Le risque d’accident majeur dans une cen­trale nucléaire a été consi­dé­ré comme la com­bi­nai­son d’un évé­ne­ment d’une gra­vi­té extrême et d’une très faible pro­ba­bi­li­té d’occurrence. Certes, la mul­ti­pli­ca­tion de zéro par l’infini pose quelques pro­blèmes mais les pro­mo­teurs du nucléaire, met­tant en avant cette très faible pro­ba­bi­li­té, affir­maient qu’il n’y avait aucun dan­ger. Si la gra­vi­té des consé­quences d’un tel acci­dent a bien été confir­mée par Tcher­no­byl et Fuku­shi­ma, que peut-on dire aujourd’hui de la pro­ba­bi­li­té de son occurrence ?

Il y a deux méthodes pour esti­mer la pro­ba­bi­li­té d’un acci­dent : la méthode théo­rique, qui consiste à la cal­cu­ler sur la base de scé­na­rios de simu­la­tion d’accidents pre­nant en compte les sys­tèmes de défense et les risques de dys­fonc­tion­ne­ment, et la méthode expé­ri­men­tale, qui consiste à prendre en compte les acci­dents sur­ve­nus, ce que l’on fait par exemple pour les acci­dents de voi­ture. Les résul­tats de l’approche théo­rique, issus des tra­vaux des experts de la sûre­té nucléaire, dis­tinguent, pour les cen­trales actuel­le­ment en fonc­tion­ne­ment dans le monde, deux types d’accidents : « l’accident grave » avec fusion du cœur du réac­teur, dont la pro­ba­bi­li­té serait de moins de un pour 100 000 « années-réac­teur » (un réac­teur fonc­tion­nant pen­dant un an) et « l’accident majeur », acci­dent grave non maî­tri­sé et condui­sant à d’importants relâ­che­ments de radio­ac­ti­vi­té, dont la pro­ba­bi­li­té serait de moins de un pour un mil­lion d’années-réacteur.

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Nucléaire-Fukushima. La France contaminée deux jours avant la date officielle, selon la CRIIRAD

TCHERNOBYL BIS REPETITA ? La CRIIRAD (Com­mis­sion de Recherche et d’Information Indé­pen­dantes sur la Radio­ac­ti­vi­té) vient de publier la carte qui prouve que la France a été conta­mi­née dès le 22 mars 2011, dix jours après le début de la catas­trophe de Fuku­shi­ma et deux jours avant la date offi­ciel­le­ment avancée :
1/  les masses d’air conta­mi­né par les rejets radio­ac­tifs de la cen­trale nucléaire de FUKUSHIMA DAIICHI sont arri­vées 2 jours avant la date indi­quée par l’Institut de Radio­pro­tec­tion et de Sûre­té Nucléaire (IRSN) ;

2/  elles ont affec­té les trois quarts de la France (et non pas le seul som­met du Puy-de-Dôme) ;
3/ l’activité de l’iode 131 par­ti­cu­laire était plus de 20 fois supé­rieure à celle annon­cée pour le 24 mars.
Ni l’IRSN, ni les grands exploi­tants du nucléaire, ne pou­vaient l’ignorer. Omis­sion invo­lon­taire (mais invrai­sem­blable) ou déli­bé­rée… mais dans quel but ?

La CRIIRAD a sai­si le Pre­mier ministre et le pré­sident de l’Autorité de Sûre­té Nucléaire d’une demande d’enquête sur la chro­no­lo­gie des faits et les dif­fé­rents niveaux de responsabilités.
Plus d’information : http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon_bis/sommaire.html

CRIIRAD : : asso@criirad.org
Site web : www.criirad.org


Nucléaire. Le cauchemar continue autour des quatre réacteurs de Fukushima en perdition totale

Deux mois et plus ont pas­sé. Une espèce de suaire média­tique a com­men­cé à enve­lop­per Fuku­shi­ma, ses quatre réac­teurs sinis­trés, la région et tout le Japon dans son drame. Une chape de silence tend à œuvrer afin de main­te­nir dans son coma tout un modèle de socié­té basé sur le tou­jours plus, comme si la fin des temps humains ne s’en trou­vait pas hâtée. Un temps de cendres pour­tant tou­jours des plus radioactives.

 

Dans la suite 36 de sa chro­nique de la catas­trophe nucléaire, Domi­nique Leglu, direc­trice de la rédac­tion du maga­zine Sciences et ave­nir, se montre car­ré­ment alar­mante : « On s’en dou­tait depuis long­temps, mais voir la chose admise par l’opérateur Tep­co de la cen­trale Fuku­shi­ma fait un effet sidé­rant : le cœur fon­du du réac­teur n°1 a per­cé sa cuve en de mul­tiples endroits ! Ou pour le dire avec les cir­con­vo­lu­tions de l’opérateur : « des trous ont été créés par le com­bus­tible  nucléaire fon­du au fond de la cuve du réac­teur n°1 ».

 

 

« C’est, en clair, l’accident maxi­mal pour un réac­teur de ce type. L’enceinte ultime, autre­ment dit la cuve pres­su­ri­sée dans laquelle est enfer­mé le com­bus­tible nucléaire, cuve cen­sée être le der­nier rem­part contre l’émission de radio­ac­ti­vi­té vers l’extérieur, est rompue ! »

 

Il s’avère en effet que de nom­breuses sou­dures n’ont pas résis­té aux très hautes tem­pé­ra­tures dues à la fonte du réac­teur, ain­si qu’à une cor­ro­sion intense cau­sée par le sel de l’eau de mer employée pour les ten­ta­tives de refroi­dis­se­ment. L’inox uti­li­sé dans les cuves des réac­teurs « se retrouve aus­si ailleurs dans la cen­trale, notam­ment dans les casiers des assem­blages de com­bus­tibles (dans les pis­cines qui ont été dra­ma­ti­que­ment endom­ma­gées – en par­ti­cu­lier dans les uni­tés 3 et 4 ».

 

En fait, pour­suit Domi­nique Leglu, « on se demande si tous les réac­teurs (pas seule­ment le n°1 mais peut-être aus­si les n°2 et n°3) ne sont pas en train de « tom­ber en miettes » – leurs struc­tures métal­liques étant de plus en plus défaillantes, après que les struc­tures en béton ont été ébran­lées et fis­su­rées lors des explo­sions qui ont eu lieu dès les pre­miers jours de la catastrophe. »

 

La jour­na­liste de Sciences et ave­nir met aus­si en doute la pré­ten­tion d’Areva à « décon­ta­mi­ner l’eau qui a abon­dam­ment ser­vi à refroi­dir les réac­teurs et les pis­cines et ins­tal­ler un cir­cuit fer­mé pour la ré-uti­li­ser. Com­ment faire un cir­cuit fer­mé avec une (des) cuve(s) de réac­teur transformée(s)  en pas­soire ? Sur­tout, com­ment s’approcher de ces lieux extrê­me­ment radio­ac­tifs – vu la non étan­chéi­té de l’ensemble - pour éven­tuel­le­ment « rebou­cher » les trous ? Qui va s’approcher ? »

 

Et de conclure : « Deux mois après la catas­trophe, on se demande encore autre chose : pen­dant com­bien de mois (d’années ?) va-t-il fal­loir conti­nuer à refroi­dir les lieux, accu­mu­lant tou­jours plus d’eau conta­mi­née. Cela signi­fie-t-il qu’il va fal­loir reje­ter à nou­veau celle-ci « volon­tai­re­ment » dans l’océan, comme cela a été fait pour plus de 10 000 tonnes (eau dite alors « fai­ble­ment conta­mi­née ») il y a quelques semaines ? C’est un véri­table cau­che­mar qui continue. »

 

D’autre part, selon une dépêche de l’AFP du 29 avril, un conseiller scien­ti­fique du pre­mier ministre japo­nais, le pro­fes­seur Toshi­so Kosa­ko, a pré­sen­té sa démis­sion « en larmes » lors d’une confé­rence de presse, « en rai­son de désac­cords sur la ges­tion de la cen­trale nucléaire acci­den­tée de Fuku­shi­ma ». La rai­son essen­tielle de cette démis­sion est due au fait que le gou­ver­ne­ment a envi­sa­gé un relè­ve­ment du taux admis­sible de radio­ac­ti­vi­té dans les écoles, sur les aires de jeux. Alors que « la limite était jusqu’à pré­sent de 1 mSv/an (peut-être 2,4 mSv/an) », selon une source uni­ver­si­taire japo­naise, l’intention est de la faire pas­ser à 20 fois plus, soit « 20 mSv/an ». Ce taux annuel de 20 mSv/an est celui admis pour les pro­fes­sion­nels du nucléaire en France.


Tchernobyl – Fukushima. 25 ans après, « la leçon de Tchernobyl n’a pas été apprise »

26 avril 1986, catas­trophe de Tcher­no­byl. Voi­là vingt-cinq ans. Une réfé­rence pour la fameuse échelle INES, atteinte à son niveau 7, le plus éle­vé. Atteintes humaines et envi­ron­ne­men­tales incal­cu­lables – des vic­times par cen­taines de mil­liers, décé­dées ou malades ; un ter­ri­toire grand comme la Suisse ren­du invi­vable à jamais… Un quart de siècle plus tard, la cen­trale japo­naise de Fuku­shi­ma entre en « com­pé­ti­tion » en attei­gnant à son tour le niveau 7. Pour autant « on » n’ose par­ler de « catas­trophe ». « On » pré­fère euphé­mi­ser, jouer sur le temps, implo­rer le miracle du dieu Tech­nique. « On » : nucléo­crates et poli­tiques fon­dus dans le même moule du ren­de­ment éco­no­mique, de cette ren­ta­bi­li­té dans laquelle le fac­teur humain ne consti­tue qu’une variable par­mi d’autres. Sauf que la « variable » humaine pour­rait bien se rebif­fer plus sévè­re­ment qu’il y a vingt-cinq ans où l’ « excuse sovié­tique » – les « Popofs » étant alors consi­dé­rés avec mépris d’un niveau tech­nique infé­rieur… – avait été invo­quée. La « supé­rio­ri­té occi­den­tale », celle des cen­trales de concep­tion états-unienne ins­tal­lées au Japon, comme en France d’ailleurs, a donc appor­té la preuve de ses propres limites, met­tant à bas le dogme de l’énergie la plus sûre…  Peut-être mais…, nous dit  l’écrivaine bié­lo­russe Svet­la­na Alexievitch,  «la leçon de Tcher­no­byl n’a pas été apprise»

La catas­trophe de Fuku­shi­ma aura sans doute – quoi qu’il en soit de ses consé­quences – per­mis de battre en brèche l’omerta nucléa­riste. Du moins en aura-t-elle pris un sérieux coup, obli­geant à recon­si­dé­rer les fameux dogmes tech­ni­cistes, mais aus­si les choix éner­gé­tiques fon­da­men­taux, les poli­tiques de déve­lop­pe­ment, et même la démo­cra­tie elle-même prise la main dans le sac du secret, du men­songe, de la for­fai­ture. Mais la bête se débat ! (Voir ici à ce pro­pos :Le nucléaire est affaire trop dan­ge­reuse pour la lais­ser aux mains des nucléo­crates !)

Même à armes inégales, le débat sur les choix éner­gé­tiques et de socié­té a été for­te­ment réac­ti­vé. De même que celui, com­bien fon­da­men­tal, sur les tra­vailleurs du nucléaire, et tout par­ti­cu­liè­re­ment ceux de la sous-trai­tance. Cette pra­tique de forme escla­va­giste – cette mal-trai­tance – s’est déve­lop­pée et accé­lé­rée depuis le début de pri­va­ti­sa­tion du sec­teur de l’électricité et la démo­li­tion des ser­vices publics en géné­ral. Ain­si EDF en est-elle venue à se désen­ga­ger en quelque sorte de la main­te­nance et indi­rec­te­ment de la sûre­té de ses ins­tal­la­tions. En recou­rant à du per­son­nel cor­véable (moins cher, peu reven­di­ca­tif, peu regar­dant – par néces­si­té – sur les risques sani­taires), l’électricien indus­triel se lave les mains de la dan­ge­ro­si­té de ses acti­vi­tés, ou tout au moins les déplace-t-elle vers les entre­prises pri­vées de cette sous-traitance.

Les « liqui­da­teurs » de Fuku­shi­ma, pris entre héroïsme et résignation.

Encore ne s’agit-il que de gérer l’exploitation nor­male des cen­trales et de ses réac­teurs. Tan­dis que les acci­dents et a for­tio­ri les catas­trophes changent com­plè­te­ment la donne. On ne dira jamais assez l’abnégation ou l’héroïsme, voire les deux mêlés, de ceux que depuis Tcher­no­byl on appelle les « liqui­da­teurs ».  Com­bien sont-ils exac­te­ment à Fuku­shi­ma ? Dans quelles condi­tions tra­vaillent-ils ? Ris­quant leurs vies, pro­mis à la mala­die, ils sont quelques cen­taines à batailler dans cet enfer moderne. Employés de l’exploitant Tokyo Elec­tric Power (Tep­co) ou de ses sous-trai­tants, ils s’activent en milieu hau­te­ment conta­mi­né par les radia­tions. Les pics de radio­ac­ti­vi­té sont tels qu’ils doivent être par­fois éva­cués, et que  plu­sieurs d’entre eux ces sau­ve­teurs déses­pé­rés ont dû être hos­pi­ta­li­sés – autant dire qu’ils ont peu de chance de survivre.

 » Le pro­grès trans­for­mé en cimetière »

«La leçon de Tcher­no­byl n’a pas été apprise», s’indigne dans Libé­ra­tion [entre­tien avec Vero­ni­ka Dorman19/03/2011] l’ écri­vaine bié­lo­russe Svet­la­na Alexie­vitch, à qui l’on doit La Sup­pli­ca­tion, chro­niques du monde après l’apocalypse, ouvrage pro­pre­ment ren­ver­sant. Voi­ci ce qu’elle déclare à pro­pos des liqui­da­teurs japonais :

« Là aus­si, je vois beau­coup de res­sem­blance avec ce qui s’est pas­sé chez nous. La culture japo­naise est fon­dée sur le col­lec­tif, elle aus­si. L’individu en tant que tel n’existe pas vrai­ment, mais se recon­naît comme une par­tie d’un tout.

[…] « Je me suis ren­due sur l’île Hok­kai­do, au Japon, dans la cen­trale nucléaire de Toma­ri. Je l’avais d’abord vue le matin de la fenêtre de mon hôtel. C’était une vision fan­tas­tique, un site cos­mique futu­riste au bord de l’océan. J’ai ren­con­tré des employés de la cen­trale, qui m’ont deman­dé de racon­ter Tcher­no­byl. Pen­dant mon récit, ils avaient des sou­rires polis, mani­fes­taient de la com­pas­sion. «Bien sûr, c’est ter­rible pour les gens, mais c’est la faute au tota­li­ta­risme. Chez nous, cela n’arrivera jamais. Notre cen­trale est la plus exem­plaire, la plus sûre, tout est par­fai­te­ment étu­dié.» Face à cet orgueil tech­no­gène de l’homme, l’idée d’un pou­voir sur la nature, j’ai com­pris que la leçon de Tcher­no­byl n’avait pas été apprise par l’humanité.

[…] « Nous avons atteint cette fron­tière où, très clai­re­ment, nous ne pou­vons plus accu­ser per­sonne, ni le sovié­tisme ni le tota­li­ta­risme. L’homme doit recon­naître le carac­tère limi­té de ses pos­si­bi­li­tés. La nature est plus puis­sante, elle com­mence à se ven­ger dans un com­bat inégal. J’ai enten­du la même chose à Gre­noble, lors d’une ren­contre avec des spé­cia­listes fran­çais. «Chez nous, c’est impos­sible. Chez vous, à l’Est, où la vie tangue entre le bor­del et le bara­que­ment… » Avant l’explosion à Tcher­no­byl, l’académicien Ana­to­li Alexan­drov avait décla­ré que les cen­trales sovié­tiques étaient tel­le­ment sûres que nous pou­vions les construire sur la place Rouge. Éton­nant comme cette arro­gance des savants ato­mistes a pu sur­vivre si longtemps.

[…] « Rien ne change. Je viens d’arriver à Minsk pour apprendre qu’il y a deux jours, un accord a été signé pour que la Rus­sie construise une cen­trale nucléaire en Bié­lo­rus­sie, à Ostro­vets, une zone dépeu­plée depuis un trem­ble­ment de terre de magni­tude 7, en 1909. Pen­dant que le monde entier est vis­sé aux écrans de télé­vi­sion pour suivre le désastre au Japon, les jour­naux de Minsk se féli­citent du deal avec la Rus­sie, de la future cen­trale qui sera «la plus sûre du monde». Iro­nie du sort, la Bié­lo­rus­sie, qui a le plus souf­fert de Tcher­no­byl, est en train de se lan­cer dans le nucléaire. Mieux : le chef de l’agence fédé­rale Ros­sa­tom, Ser­gueï Kirien­ko, se vante de voir la Rus­sie construire des cen­trales nucléaires off­shore, pour les vendre à l’Indonésie, au Viet­nam. Ima­gi­nez, dans l’océan, quelques dizaines de petites Hiro­shi­ma flottantes…

[…] « Nous ne savons tou­jours pas ce qui se passe vrai­ment sous le sar­co­phage de Tcher­no­byl. Seuls 3% des élé­ments conte­nus dans le réac­teur se sont dis­sous dans l’air. 97% y sont encore. Désor­mais, le régime poli­tique - tota­li­ta­risme ou libé­ra­lisme comme au Japon - n’a plus grande impor­tance. Ce qui en a, ce sont les rela­tions entre l’homme et les hautes tech­no­lo­gies dont dis­pose la société.

[…] « Le monde n’a pas tenu compte de la pre­mière leçon ato­mique. La recherche sur les sources d’énergie alter­na­tive est encore l’apanage de gens qu’on ne prend pas au sérieux, alors qu’elle doit être l’affaire de tous. Le ratio­na­lisme est dans une impasse. D’où un sen­ti­ment sui­ci­daire. […] Le tsu­na­mi au Japon a trans­for­mé le pro­grès en cime­tière. »

> Sur la catas­trophe de Tcher­no­byl et ses causes, voir aus­si sur Wiki­pe­dia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Catastrophe_de_Tchernobyl


Effet Fukushima. Les gazouillis de l’anxiété nucléaire en direct sur la Toile

Des artistes mul­ti­mé­dia ita­liens viennent de déve­lop­per Nuclear Anxie­ty, une carte inter­ac­tive per­met­tant de visua­li­ser en temps réel, à par­tir de comptes Twit­ter, l’angoisse géné­rée sur la Toile par l’énergie nucléaire. Chaque fois qu’un gazouillis (tweet) com­por­tant le mot « nucléaire » (en plu­sieurs langues) est pos­té, il appa­raît géo­lo­ca­li­sé. Ain­si s’exprime l’ampleur de cette peur, notam­ment aux Etats-Unis, où Twit­ter est très popu­laire. 

 

Autre bruit de fond issu de la Toile, listentothedeep.com a mis en écoute l’enregistrement du bruit du séisme qui s’est pro­duit au large du Japon le 11 mars, les basses fré­quences ayant été accé­lé­rées seize fois. Acces­sible dans la rubrique « Sound Libra­ry », puis « Ear­th­quake ». Le chant de la terre, comme Mah­ler lui-même ne l’avait jamais entendu…

Tout ça est gai, sym­pa, moderne, tech­nique – comme notre monde.


Le nucléaire est affaire trop dangereuse pour la laisser aux mains des nucléocrates !

L’émission « Mots croi­sés » du 11 avril était en par­tie consa­crée au nucléaire. J’y aurai sur­tout vu l’affligeant numé­ro d’un tech­no­lâtre dénom­mé Jean-Marc Jan­co­vi­ci, pré­sen­té comme « 
Ingé­nieur éner­gie cli­mat, 
Pro­fes­seur à l’Ecole des Mines Paris Tech » (fer­mez le ban !) Sou­vent à l’œuvre média­tique en ces temps de contes­ta­tion nucléaire, ce pré­ten­tieux est le pro­to­type même du nucléo­crate : mépri­sant autant que suf­fi­sant, ça va ensemble, il assène la « science » en rame­nant la sienne.

Extraits :

 

Cette pres­ta­tion, atter­rante, a eu l’avantage de mon­trer in vivo com­ment le monde nucléaire est deve­nu une sorte de secte, anti­dé­mo­cra­tique ô com­bien, dont l’objet est inac­ces­sible à ceux qui n’en font pas par­tie. C’est ain­si qu’un spec­ta­teur lamb­da ne peut rien com­prendre au nucléaire puisque « per­sonne ne sait ce qu’est un mil­li­sie­vert ». Ben expli­quez-nous donc ça, grand mani­tou ! «Ah non, pas pos­sible, ça prend au moins trois pages » L’extrait  ci-des­sus de l’émission illustre bien la ques­tion de fond de ce sec­teur à part,  cette caste de consan­guins refer­més sur eux-mêmes et deve­nus sourds et aveugles au monde exté­rieur. D’où leur grand dan­ger à les lais­ser agir sans contrôle. On les a assez vus à l’œuvre à Three Mile Island, Tcher­no­byl et Fuku­shi­ma. Le nucléaire est affaire trop sérieuse et sur­tout dan­ge­reuse pour la lais­ser aux mains de tels allumés !

L'attitude, le ton, les propos – tout oppose le scientifique au nucléocrate arrogant.

L’attitude, le ton, les pro­pos – tout oppose le scien­ti­fique au nucléo­crate arrogant.

 

 

A l’opposé, cet entre­tien vidéo sur Universcience.tv du 31 mars avec Roland Des­bordes, pré­sident de la Com­mis­sion de recherche et d’information indé­pen­dantes sur la radio­ac­ti­vi­té (CRIIRAD). Exact contraire de ce pédant insup­por­table Jan­co­vi­ci, Roland Des­bordes se veut expli­ca­tif autant que rigou­reux, déplo­rant les don­nées a-scien­ti­fiques four­nies par les auto­ri­tés japo­naises sur les émis­sions radio­ac­tives liées à l’accident de Fuku­shi­ma. Où l’on apprend éga­le­ment, sans alar­misme, que nous sommes bel et bien expo­sés au nuage radio­ac­tif venu du Japon.

Deux concep­tions de la science, de l’information, de la démo­cra­tie. Un autre huma­nisme aussi.

Cli­quer sur les images pour voir les vidéos, ou sur les liens ci-dessous :

http://www.universcience.tv/media/3000/les-emissions-radioactives-de-fukushima.html

 

http://www.youtube.com/watch?v=weRm6XKYDxo

 


Fukushima. Ou comment nos nucléocrates réarment le système – sans l’avoir désarmé

Une indus­trie, des capi­taux, une tech­no­lo­gie, un sys­tème et une vision du monde. Voi­là tout ce qu’il y a à « sau­ver » der­rière la catas­trophe de Fuku­shi­ma : rien de moins. En termes plus savants, on appelle ça un para­digme, un modèle sur lequel on avait cru bon de bâtir un sys­tème de valeurs – comp­tables, pro­duc­ti­vistes –, à défaut de pen­sée huma­niste éle­vée. Ce qui fut donc réa­li­sé et vient ain­si de se fra­cas­ser dans le chaos de la cen­trale nucléaire japonaise.

 

Mais cette catas­trophe, que d’aucuns s’échinent encore, et on peut com­prendre leur ardeur, à qua­li­fier d’ « acci­dent », trouve matière à dis­si­mu­ler sa vraie réa­li­té. D’abord par l’action concer­tée de ceux qui y ont l’intérêt le plus impé­rieux, le plus vital, si on ose dire. Simul­ta­né­ment par le jeu concur­ren­tiel d’une actua­li­té – le chaos plus géné­ral du monde – qui sert de diver­tis­se­ment à des enjeux pour­tant autre­ment cru­ciaux pour l’avenir de l’humanité.

 

« Autre­ment cru­ciaux », à mes yeux, cela ne signi­fie nul­le­ment que je tien­drais pour « négli­geables » les révoltes qui secouent le monde arabe, pas plus que celles qui déchirent ce magni­fique pays de Côte d’ivoire. Pour nous en tenir à ces seules convul­sions de la pla­nète Terre, on peut dire qu’elles expriment le sinueux che­mi­ne­ment de l’Histoire, celles des hommes s’évertuant à s’affirmer comme tels : sen­sés, rai­son­nables sinon ration­nels, et si pos­sible poètes et aimants – un hori­zon encore bien éloi­gné, un pro­gramme pour quelques siècles au moins…

 

Une par­tie de la cen­trale dévas­tée, 24 mars 2011. Ph. Tepco.

Autre­ment cru­ciaux, en effet, me paraissent les convul­sions de Fuku­shi­ma et ce que recouvrent les gra­vats radio­ac­tifs, leurs éma­na­tions, suda­tions, éruc­ta­tions, écou­le­ments et autres « humeurs » d’une sorte de « corps » inqua­li­fiable, dont on redoute une ago­nie inter­mi­nable. Rien d’organique pour­tant là-dedans. Rien que de la tech­nique à haute dose, en hyper-dose, à satu­ra­tion. De cette Tech­nique de démiurges qui en ont per­du le contrôle, pour avoir trop parié sur leur infaillibilité.

 

Dans un sens, en les consi­dé­rant sous l’angle res­treint de la folie humaine, les enjeux du nucléaire rejoignent ceux des conflits et guerres en cours. Ils en dif­fé­rent pour­tant de manière radi­cale en ce qu’ils pèsent à terme comme une menace sur toute l’espèce, pas seule­ment sur des vic­times immé­diates. Car le déni oppo­sé par les nucléo­crates – qui décident selon les impé­ra­tifs du nucléaire –  à la réa­li­té de catas­trophe en cours ren­voie à la catas­trophe pro­chaine, d’ailleurs pré­vue, comme on va le voir ci-des­sous, par les « probabilistes ».

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Japon. L’apocalypse-bidon « vécue » en chambre par le « grand reporter » du Nouvel Obs

Grand repor­ter ou pas, « Albert-Londres » ou non, Nou­vel-Obs ou Mon cul sur la com­mode : du pipeau ! Les faits :  le Nou­vel Obser­va­teur du 17 mars publie neuf pages de des­crip­tion apo­ca­lyp­tique et de témoi­gnages dou­lou­reux sur la catas­trophe japo­naise, signées du grand repor­ter Jean-Paul Mari. L’article a été entiè­re­ment écrit à Paris, à par­tir de témoi­gnages et de des­crip­tions parus ailleurs dans la presse sans qu’aucune source ne soit men­tion­née. C’est ce que révèle l’hebdo Les Inrocks dans sa livrai­son du 29/3 sous le titre « Nou­vel Obs: 5 astuces pour écrire un repor­tage au Japon depuis Paris ».

 

 

Camille Pol­lo­ni décor­tique la manip” et pousse même la confra­ter­ni­té jusqu’à cui­si­ner le bidon­neur. Jean-Paul Mari invoque quelques expli­ca­tions « tech­niques » (« C’est un pro­blème de temps, j’ai écrit dans l’urgence. Si j’avais une jour­née de plus pour le réécrire, je met­trais la source de ces témoi­gnages. »), même pas des excuses (vaut mieux pas d’ailleurs), pour se plan­quer en fait der­rière un piteux paravent : le Nou­vel Obser­va­teur n’a pas appo­sé la men­tion « envoyé spé­cial », il ne pré­tend donc pas que son jour­na­liste se trou­vait au Japon. De même est-il sti­pu­lé « récit » et non « repor­tage ». Ouais… D’où vient alors cet art filou du « on s’y croi­rait » ? Du fait que rien n’est faux, tout étant pom­pé chez les « confrères » de Libé, du Pari­sien, du Guar­dian et autres sources internétées.

 

Le tout est réus­si dans le genre, entre récit de fic­tion-véri­té et effets de plume limite cli­che­tons. Échan­tillon : « Le temps s’est arrê­té. Plus d’heure, plus d’avant, plus d’après. Pas encore l’apocalypse. Tout est sus­pen­du. Le ciel est froid, clair, enso­leillé. Dans la baie, les bateaux se balancent sur une mer d’hiver. Sur la côte, en face, un port de pêche, des toits bleus, des han­gars. Sur la rive proche, des mai­sons, des par­kings, des voi­tures, un poteau de signa­li­sa­tion, un nom, celui de la ville, moderne : Miya­ko. Et puis là, à quelques mètres du rivage, une ligne bour­sou­flée, comme un bour­re­let, quelque chose d’incompréhensible. On dirait un ser­pent géant, lourd, obs­cur, qui roule des écailles mons­trueuses. Une vague.

 

Allez donc voir direc­te­ment la chose sur le site des Inrocks, c’est une belle dénon­cia­tion de ce mal ram­pant qui imprègne le « jour­na­lisme » moderne, consacre le jour­na­liste assis comme le pro­to­type d’une fin d’un monde celui où la seule ligne pour un jour­na­liste [était] « la ligne de che­min de fer ». Paroles fameuses dont Albert Londres avait fait son cre­do – avec lequel, à l’occasion, il eut lui aus­si bien pris ses aises pour arran­ger les faits à sa convenance…

 

Tiens, avec toutes ces pho­tos « HD », ces films en abon­dance, si je m’offrais un Grand repor­tage à Fuku­shi­ma même, avec sur­vol de la cen­trale à l’agonie, paroles radieuses du pilote de mon héli­co­ptère, témoi­gnage « exclu­sif » d’un liqui­da­teur héroïque, tranche de vie des pêcheurs de Sen­daï, et cae­te­ra. J’ai déjà le titre : « J’ai sur­vé­cu à la fin du monde ». Est-ce là l’avenir rayon­nant du futur Nou­veau journalisme ?


Le magma nucléaire de Fukushima, foyer de la confusion du monde

Sar­ko­zy, m’apprend la radio, serait désor­mais équi­pé d’un super-para­pluie seyant mieux, si on peut dire, à sa super fonc­tion. Un para­pluie blin­dé (en kev­lar et tout) comme un gilet pare-balles et qui, non seule­ment pour­rait pro­té­ger de la pluie, mais le met­trait aus­si à l’abri du mécon­ten­te­ment à son égard des 80% de citoyens son­dés… En ces mau­vais temps de météo plus qu’incertaine, le pré­sident fait donc un cro­chet par le Japon, his­toire de tes­ter le fameux pébroc sur ses capa­ci­tés para-pluies radioactives.

 

Ce n’est en tout cas pas à Fuku­shi­ma que se sera ren­du l’homme au(x) pépin(s). Mata­more, certes, sui­ci­daire, non ! Il en est de même pour le trio fran­co-nucléaire « invi­té » là-bas, mais pas trop près non plus, pour livrer leur botte secrète aux diri­geants de la cen­trale et de Tep­co. Ain­si Madame Are­va et mes­sieurs CEA et EDF vont-ils s’efforcer d’apporter aux Nip­pons leurs vacillantes lumières. Et ten­ter sur­tout de redo­rer leurs bla­sons res­pec­tifs et uni­fié face à l’adversité qui ter­nit sacré­ment leur ave­nir irradieux.

 

© Tep­co (et mer­ci pour la qua­li­té de l’image !)

Madame Are­va sur­tout, car, blin­dée de sa haute suf­fi­sance, elle voit s’écrouler la mon­tagne de men­songes accu­mu­lés de haute lutte durant ces 25 années de com’ éhon­tée qui ont sui­vi la catas­trophe de Tcher­no­byl. Vrai­ment dom­mage, ain­si que l’a déplo­ré la pré­si­dente du Medef, Lau­rence Pari­sot : « Tout ceci tombe très mal, ça se passe à un moment où l’économie mon­diale com­men­çait tout juste à repar­tir. » [Le Monde, 19/3/11]. D’autant plus, en effet, que l’affolement du cli­mat venait appuyer l’idée de cette radieuse éner­gie « propre », sinon « verte » – voir le vidéo-clip d’Areva et son détour­ne­ment ci-contre =>

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Quand France 2 et Pujadas passent les plats (tièdes) du nucléaire (brûlant)

Avec Mme Are­va, France 2, 15/3/11

Tout finit par s’expliquer (quand on n’a pas com­pris tout de suite), et on pige ain­si pour­quoi Sar­ko­zy affec­tionne David Puja­das pour ses entre­tiens solen­nels… Ques­tions pro­prettes, yeux écar­quillés, sou­rire de ravi. Tout ça on l’avait remar­qué, et pas qu’avec le pré­sident. Confir­ma­tion en l’occurrence avec le trai­te­ment du volet nucléaire des catas­trophes au Japon. C’est Samuel Gon­thier qui fait état, dans Télé­ra­ma [25/3/11] des rele­vés de comp­teur sus­pects s’agissant du nucléaire et des invi­tés de France 2 au jour­nal de 20 heures. Par­fait « relais des com­mu­ni­qués offi­ciels », la chaîne publique n’aurait invi­té « que des repré­sen­tants des auto­ri­tés com­pé­tentes », soit, dans l’ordre :

 

L’horizon se dégage…

« Natha­lie Kos­cius­ko-Mori­zet (ministre de la Pro­tec­tion de l’environnement nucléaire), Claude Allègre (ancien ministre de la Recherche nucléaire), Anne Lau­ver­geon (pdg d’Areva, numé­ro un mon­dial du nucléaire), André-Claude Lacoste (pré­sident de l’Autorité de sûre­té nucléaire), Jean-Marc Jan­co­vi­ci (repré­sen­tant de l’immense masse des éco­lo­gistes pro-nucléaires), Thier­ry Charles (de l’Institut de radio­pro­tec­tion et de sûre­té nucléaire), Fran­çois Fillon (Pre­mier ministre). Dans un louable sou­ci de conte­nir « l’émotion» des popu­la­tions, pas un de ces irres­pon­sables éco­lo­gistes catas­tro­phistes ne fut convié en stu­dio. En revanche, dès le lun­di 14 mars, David Puja­das prend de la hau­teur avec un grand débat: « Est-ce vrai­ment le moment de rou­vrir un débat sur le nucléaire main­te­nant ? » Pour res­pec­ter la digni­té des Japo­nais, ne fau­drait-il pas l’organiser au mois d’août 2012, pen­dant la finale du 100 mètres des jeux Olympiques ? »

 

 

Man­ga japo­nais. « Dor­mez, dor­mez, petits pigeons… »


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bossuet

  • Traduire :

  • Twitter - Gazouiller

  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Marseille

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sexpol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse postale !) 

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl). 
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • « C’est pour dire » de Gérard Pon­thieu, est mis à dis­po­si­tion selon les termes de la licence Crea­tive Com­mons : Attri­bu­tion - Pas d’Utilisation Com­mer­ciale - Pas de Modi­fi­ca­tion (3.0 France). Pho­tos, des­sins et docu­ments men­tion­nés sous copy­right © sont pro­té­gés comme tels.
    Licence Creative Commons

  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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  • Salut cousin !

    Je doute donc je suis - gp

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