On n'est pas des moutons

C de coeur, C de gueule

Syrie. Guerre et paix, l’éternel conflit des hommes

La paix entre États, comme la paix civile, sont d'universels symboles de la paix du coeur. Ils en sont aussi les effets.(Chevalier-Gheerbrant, Dictionnaire des symboles)

La terrible agonie d'Alep et de sa population touche l'humanité entière. Ou, du moins, devrait-elle la toucher – ce qui changerait peut-être la face du monde. Mais son atrocité renvoie à ses causes, souvent incompréhensibles. Des parallèles sont tentées avec l'Histoire récente : certains voient en Syrie une guerre civile semblable à la guerre d'Espagne (1936-1939) qui fut le prélude au deuxième conflit mondial. Issa Goraieb, éditorialiste au quotidien francophone de Beyrouth, L'Orient-Le Jour, tentait ce rapprochement l'an dernier :

"Les avions et pilotes russes dépêchés à l’aide d’un Bachar el-Assad en mauvaise posture ne sont autres, en effet, que la légion Condor qu’offrait Hitler au dictateur Francisco Franco. À l’époque, l’Italien Mussolini se chargeait, lui, d’expédier des combattants ; c’est bien ce que font aujourd’hui en Syrie les Iraniens et leurs supplétifs du Hezbollah, qui s’apprêteraient à lancer une offensive terrestre majeure pour consolider la Syrie utile de Bachar. Quant aux brigades internationales, formées de volontaires venant de divers points de la planète pour prêter main-forte aux républicains espagnols, c’est évidemment Daech qui en décline actuellement une réédition des plus sulfureuses." [L'Orient-Le Jour, 03/10/2015]

"Sulfureuse", c'est peu dire, sinon maladroit. De son côté, Jean-Pierre Filiu, analyste de l'islam contemporain, insiste aussi sur ce parallèle historique, marquant bien une différence tranchée :  «Si la Syrie est notre guerre d’Espagne, ce n’est pas du fait d’une assimilation fallacieuse des djihadistes aux brigadistes, mais bien en raison de la non-intervention occidentale». [Mediapart, 7/08/2016] Encore fallait-il le rappeler et le souligner : s'engager pour un idéal de libération politique diffère foncièrement du renoncement dans le fanatisme et l'asservissement religieux.

Pour Ziyad Makhoul, lui aussi éditorialiste à L'Orient-Le Jour : "Ce n'est plus une tendance, ou un glissement progressif. C'est une nouvelle réalité. Le monde régresse à une vitesse insensée, que ce soit à cause des vicissitudes de la globalisation, de la tribalisation des esprits, ou de la résurrection de l'hyperreligieux. Ce monde qui est encore le nôtre s'obscurcit, se recroqueville dans ses phobies (de la lumière, de l'autre...) et se calfeutre dans une barbarie (et une revendication et une banalisation de cette barbarie) foncièrement moyenâgeuse." [15/12/16]

"Moyenâgeuse"…  passons sur cet anachronisme malheureux (l'histoire du Moyen Âge exige la nuance… historique). Mais soit, il y a de l'irrationnel dans la folie guerrière des hommes à l'humanité relative… D'où vient, en effet, cette tare frappant l'homo pourtant sapiens – ainsi le décrit-on – incapable d'instaurer la paix comme mode de relation entre ses congénères ? Cet espèce-là, bien différenciée des autres espèces animales en ce qu'elle est si capable de détruire ses semblables, et sans doute aussi de s'autodétruire. J'entendais, dans le poste ce matin, Jean-Claude Carrière s'interroger sur le sujet et précisément sur la Paix, avec majuscule 1. Car l'Histoire (grand H) et toutes les histoires, presque toutes, qui nourrissent notamment la littérature, le cinéma, les arts…, s'abreuvent à la guerre. On y voit sans doute un effet du poison violent qui tourneboule les hommes, les mâles : la testostérone. Peu les femmes-femelles qui en fabriquent bien moins, ou qui le transforment mieux, en amour par exemple – sauf exceptions, bien entendu, dans les champs de compétition de pouvoir, politique et autres. Ce qui se traduit, soit dit en passant, par des prisons peuplées d'hommes à 90 pour cent…

Le même Jean-Claude Carrière relevait aussi que l'empire romain avait établi la paix pendant plusieurs décennies sur l'ensemble de son immense domaine. "Pourquoi ? Il accueillait toutes les croyances." 2 C'est bien l'objectif de la laïcité – du moins dans le strict esprit de la loi française de 1905. On peut y voir une réplique politique et positive à la folie humaine, vers son édification et sa longue marche vers la Paix. On en est loin, pour en revenir à la guerre en Syrie. Poutine a su montrer et démontrer "qu'il en a" [de la testostérone…], en quoi il est soutenu et admiré par d'autres [qui en ont aussi !], comme Jean-Luc Mélenchon, pour ne parler que de lui.

Des nuances intéressantes, du point de vue politico-diplomatique, ont été apportées hier soir [15/12/16] sur France 2 qui consacrait une longue soirée à Vladimir Poutine "des origines à nos jours". Nuancée, donc, l'analyse de l'ancien ministre des Affaires étrangère, Hubert Védrine, faisant ressortir l'inconséquence méprisante des "Occidentaux" face à la Russie post-soviétique, en quête de reconnaissance internationale – ce que l'Europe lui a refusé ! D'où, aussi, les poussées de l'hormone en question… grande fournisseuse de guerres et de morts.


Jean-Claude Carrière : "Je voudrais bien que... par franceinter

Notes:

  1. Il vient de publier La Paix (Ed. Odile Jacob)
  2. Du même Ziyad Makhoul (L'Orient-Le Jour), cette note : " Jacques Le Goff savait que l'Occident médiéval était né sur les ruines du monde romain, qu'il y avait trouvé appui et handicap à la fois, que Rome a été sa nourriture et sa paralysie. Ce qui naîtra des ruines et des cadavres d'Alep(-Est) risque d'être infiniment moins fascinant. Terriblement plus mortel."

Solidarité. Le politicien, le patron… et le boulanger

Tel poli­ti­cien se sert dans la gamel­le com­mu­ne de « sa » vil­le, Saint-Quen­tin : Xavier Ber­trand s’octroie une aug­men­ta­tion de salai­re de 4.000 euros. Tel cow­boy d’entreprise, ayant redres­sé les comp­tes d’icelle moyen­nant l’un des plus gros plans sociaux des der­niè­res années : pré­si­dent du direc­toi­re de Peu­geot-Citroën, Car­los Tava­res, a gagné 5,24 mil­lions d’euros en 2015, soit près du dou­ble de l’année pré­cé­den­te.
Une tel­le indé­cen­ce, c’est la « nuée qui por­te l’orage » : Jau­rès, au secours ! Au secours Orwell, oppo­sant à cet­te goin­fre­rie névro­ti­que des pos­sé­dants ce qu’il appe­lait la décen­ce com­mu­ne. Au secours Mon­tai­gne qui, au XVIe siè­cle déjà, aler­tait en ces ter­mes :

« J’ai vu en mon temps cent arti­sans, cent labou­reurs, plus sages et plus heu­reux que des rec­teurs de l’université : c’est aux pre­miers que j’aimerais mieux res­sem­bler […] Il ne faut guè­re plus de fonc­tions, de règles et de lois pour vivre dans notre com­mu­nau­té [humai­ne] qu’il n’en faut eux grues et aux four­mis dans la leur. Et bien qu’elles en aient moins, nous voyons que, sans ins­truc­tion, elles s’y condui­sent très sage­ment. Si l’homme était sage, il esti­me­rait véri­ta­ble­ment cha­que cho­se selon qu’elle serait la plus uti­le et la plus appro­priée à sa vie. » [Les Essais, II, 12 Apo­lo­gie de Ray­mond Sebon, Gal­li­mard].

Illus­tra­tion en ce XXIe siè­cle, avec cet échan­tillon pré­cieux de soli­da­ri­té humai­ne. Oui, cent fois, j’aimerais mieux être ce bou­lan­ger que l’un ou l’autre de ces vam­pi­res inas­sou­vis !

A Dole, dans le Jura, un arti­san bou­lan­ger a déci­dé de céder son entre­pri­se au sans-abri qui lui a sau­vé la vie après une intoxi­ca­tion au monoxy­de de car­bo­ne fin 2015. Depuis plus de trois mois, Michel Fla­mant, bou­lan­ger de 62 ans, apprend le métier à Jérô­me, sans-abri de 37 ans.

Épilogue malheureux de l’histoire…

La bel­le his­toi­re du bou­lan­ger de Dole ne connaî­tra pas de fin heu­reu­se. « Je l’ai viré », expli­que sans amba­ges Michel Fla­mant, confir­mant une infor­ma­tion du jour­nal Le Pro­grès.

« Il a été très très mal­po­li avec une jour­na­lis­te », ajou­te le bou­lan­ger, fai­sant état de pro­pos insul­tants et miso­gy­nes.

Le bou­lan­ger a mis un ter­me au contrat après que son employé eut, au télé­pho­ne, trai­té une jour­na­lis­te de « putain ».

« Une fois qu’il a rac­cro­ché, je lui ai expli­qué que l’on ne par­le pas com­me ça à une fem­me. Il a com­men­cé à s’en pren­dre à moi, à m’insulter, alors je lui ai dit de pren­dre sa vali­se », racon­te Michel Fla­mant.

« Il était saoul com­me un cochon et il avait fumé. Il m’a expli­qué que la pres­sion des jour­na­lis­tes était trop for­te. Mais ça n’excuse pas tout, et je l’avais déjà mis en gar­de », ajou­te le bou­lan­ger.


« Zorba le Grec » ne connaît pas la crise

Alexis Zor­ba, roman du grand écri­vain cré­tois Nikos Kazant­za­kis, est un chef d’œuvre ; il en est de même du film qu’en a tiré le cinéas­te grec Michael Cacoyan­nis. Une tel­le adé­qua­tion entre un livre et un film relè­ve de la rare­té. On la doit à une conjonc­tion de talents, ceux de l’écrivain et du cinéas­te, des acteurs (Antho­ny Quinn, Alan Bates, Irè­ne Papas, Líla Kédro­va), du com­po­si­teur (Mikis Theo­do­ra­kis) et de tou­te l’équipe de réa­li­sa­tion.

Le film, qui date de 1964 (le livre de 1946) est res­sor­ti en février de cet­te année (2015) en ver­sion remas­té­ri­sée et en DVD. Cin­quan­te ans après, en plei­ne cri­se dite « grec­que » (en fait euro­péen­ne et sur­tout capi­ta­lis­ti­que, pour appe­ler un chat un chat), cet­te « résur­rec­tion » réson­ne avec for­ce. Zor­ba n’est pour­tant pas un film poli­ti­que, pas tout à fait ; c’est-à-dire qu’il l’est par sa dimen­sion phi­lo­so­phi­que et les ques­tions exis­ten­tiel­les qu’il pose : en par­ti­cu­lier cel­le de l’antagonisme pulsions/raison, incar­né par cha­cun des deux prin­ci­paux per­son­na­ges – anta­go­nis­me que la fra­ter­nel­le ami­tié des deux hom­mes va dis­si­per à la fin du film, lors de la fameu­se scè­ne de la dan­se qui réunit les deux corps – « ensem­ble » ordon­ne Zor­ba à son intel­lo de « patron ». Sur ce point, la ver­sion fil­mi­que dif­fè­re du roman, où la fin res­te bien plus pro­blé­ma­ti­que, ouver­te, incer­tai­ne – rien n’est acquis et les deux hom­mes repar­tent cha­cun vers son des­tin. Pas éton­nant, dans la mesu­re où Kazant­za­kis demeu­re­ra tou­te sa vie tra­ver­sé par cet­te lut­te inter­ne, inces­san­te, entre la chair et l’esprit – tiraille­ment que Zor­ba ne ces­se­ra de moquer dans une dia­lec­ti­que de pro­pos, de situa­tions, de sym­bo­les consti­tuant en quel­que sor­te le « sel » du roman – et du film.

Du phi­lo­so­phe fran­çais Hen­ri Berg­son, dont il fut l’élève à Paris, Kazant­za­kis retien­dra en par­ti­cu­lier l’idée de l’élan vital que, par la sui­te, il confron­te­ra au mar­xis­me et… au boud­dhis­me. Il est aus­si très influen­cé par Nietz­sche et son « sur­hom­me » dont il tire une équi­va­len­ce dans le per­son­na­ge du Christ, sujet cen­tral de La Der­niè­re ten­ta­tion, qui fait sor­tir de leurs gonds l’Église grec­que ortho­doxe, mena­çant d’excommunier l’écrivain pour blas­phè­me, tan­dis que le Vati­can ins­crit le roman à l’Index.

Mar­tin Scor­se­se a adap­té le livre dans son film de même nom sor­ti en 1988. Dès les pre­miè­res pro­jec­tions à Paris, des fon­da­men­ta­lis­tes catho­li­ques lan­cent des cock­tails Molo­tov contre deux ciné­mas pari­siens et un à Besan­çon. Le 22 octo­bre, l’Attentat du ciné­ma Saint-Michel fait 14 bles­sés.

kazantzakis-zorbaNikos Kazant­za­kis est un écri­vain des plus impor­tants de son temps. Il l’est d’autant pour moi qu’Alexis Zor­ba est le livre qui a chan­gé ma vie – j’étais ado quand je l’ai lu et, dans l’année même, je suis par­ti en stop pour la Grè­ce… et en suis reve­nu tout autre…

Quant à la Grè­ce d’aujourd’hui et à la fameu­se « cri­se » (bien réel­le, cer­tes), on pour­rait, pré­ci­sé­ment, la voir à tra­vers le pris­me « zor­bes­que » et consta­ter avec effa­re­ment qu’elle éma­ne d’un mon­de qui tend au modè­le uni­que, un nou­vel impé­ria­lis­me du Capi­tal qui n’aura de ces­se qu’en ayant anni­hi­lé tou­te autre valeur que moné­tai­re et mar­chan­de.

En quoi Zor­ba, en effet, veut ne pas connaî­tre la cri­se. En quoi, for­cé­ment, il rejoint la résis­tan­ce du peu­ple grec.


Personne n’est obligé de lire « Charlie Hebdo » !

charlie hebdo libé

[ Libé du jour 14/1/15

Charlie Hebdo reparaît. On reparle donc du blasphème, plus que de liberté, qui est centrale, essentielle, non négociable. Libre au blasphémé de le faire savoir dans son "Charia Hebdo", par exemple. Libre aussi à tout religieux de ne pas s'adonner à ce qui le chiffonne. En liberté, personne n’est obligé à quoi que ce soit, pas même de lire Charlie Hebdo si ça risque de le déranger ! Autrement dit on a le choix, librement. Tandis que les fanatiques d’Allah, les semeurs de mort à la kalachnikov n’ont laissé aucun choix, aucune liberté à leurs dix-sept victimes.

Ce ne serait pas si compliqué si une moitié de la planète ne pensait pas précisément le contraire. Et même bien plus que la moitié si aux fondamentalismes religieux on ajoute les intégrismes politiques. Il serait d’ailleurs plus simple, pour l’inventaire, de comptabiliser les exceptions. Lesquelles n’étant pas non plus exemptes de tout péché dans ce domaine si sensible aux fluctuations, aux tentations, aux faiblesses autoritaires, facilement liberticides.

charlie hebdo faber

© faber

Charlie reparaît, les regards se tournent vers lui, les consciences se soulagent… et voilà qu’on embastille un Dieudonné ! Du moins l’a-t-on « interpellé ». La question jaillit [Le Monde] : « Pourquoi Dieudonné est-il attaqué alors que “Charlie Hebdo” peut faire des “unes” sur la religion ? » Parce que sa provocation c’est de l’apologie du terrorisme. Certes… Parce que la Liberté ne serait qu’un concept, une lampe allumée au loin, un phare dans la tempête humaine. Parce que la Fraternité est une utopie et l’Égalité un leurre ? Peut-être et raison de plus pour œuvrer à la Justice, autant que faire se peut, dans la complexité du vaste monde et des esprits plus ou moins errants. Et surtout pas dans la Vérité, cette redoutable tueuse. Le dernier mot (ici) à mon vieux pote Montaigne : « Mieux vaut penser contre soi-même que consolider la matière de ses propres convictions ».


« Charlie ». Le jour d’après

par Ser­ge Gar­de, ancien jour­na­lis­te

Le cœur ser­ré, diman­che, j’ai défi­lé à Paris, pour ren­dre hom­ma­ge aux Char­lie assas­si­nés et pour défen­dre la liber­té de rire de tout, et même de leur mort.

Une lar­me dans ce tsu­na­mi de soli­da­ri­té et de pro­tes­ta­tion.

J’ai mani­fes­té pour la liber­té d’expression, la liber­té de la pres­se, et pour tou­tes ces valeurs qui fon­dent mon ADN répu­bli­cai­ne, fai­sant mien­ne l’irrévérente imper­ti­nen­ce qui carac­té­ri­se l’humour de Charb, Cabu, Wolins­ki, Hono­ré, Tignous et des autres…

Sans oublier cel­le de notre Siné per­ma­nent…

J’ai par­ti­ci­pé, avec ces qua­tre mil­lions de Char­lie, modes­te­ment mais assu­ré­ment, à créer un de ces moments de com­mu­nion qui redon­nent à ma Fran­ce ses cou­leurs arc-en-ciel : Liber­té, Soli­da­ri­té, Fra­ter­ni­té, Laï­ci­té, Tolé­ran­ce, Res­pect de la vie…

Ren­tré chez moi, j’ai consta­té le fos­sé creu­sé entre ce dont étaient por­teurs l’immense majo­ri­té des Char­lie et ce quar­te­ron de « lea­ders mon­diaux » enkys­tés en tête de la mani­fes­ta­tion. Eux, à quel­ques excep­tions près, n’étaient pas des Char­lie, mais des ser­gents recru­teurs… Ils ten­taient d’enrôler les mar­cheurs de la Répu­bli­que dans « leur » « guer­re au ter­ro­ris­me ! »

je-suis-charlie

Un fos­sé ? Un gouf­fre !

Mais de quel ter­ro­ris­me par­lent-ils ? Tra­quer mieux les fous d’un dieu (quel qu’il soit !) ou d’une théo­rie mor­ti­fè­re, oui, cent fois oui ! Mais jus­ti­fier par cet­te pseu­do guer­re (un concept créé à la Mai­son Blan­che) les cri­mes com­mis contre des civils dans des pays qui n’intéresseraient pas l’Occident s’ils ne pos­sé­daient pas d’immenses res­sour­ces éner­gé­ti­ques, non ! La pla­ce d’un Neta­nya­hu n’est-elle pas plu­tôt devant le Tri­bu­nal pénal inter­na­tio­nal pour y répon­dre des cri­mes de guer­re qu’il a com­mis ? Et déjà Valls et ses pairs envi­sa­gent, au nom de cet­te guer­re contre « LE » ter­ro­ris­me, de res­trein­dre par la loi nos liber­tés publi­ques ! Cel­les que, jus­te­ment, les 12 Char­lie assas­si­nés défen­daient !

Pas­sé cet inou­blia­ble diman­che de pure émo­tion et de soli­da­ri­té, le temps de la réflexion s’impose pour nous qui res­tons dans la cruel­le beau­té du réel.

Ser­ge Gar­de, ancien jour­na­lis­te


Sur l’idéologie du « Progrès » comme facteur de régression

Mes ami(e)s, je me suis laissé aller à ce texte fort long et peut-être ennuyeux… C’est que j’en ai « sur la patate » et que rien ne vaut un bon lâcher de pression (à part peut-être une bonne bière – pression…)

Le « nouveau capitalisme », le « capitalisme cognitif » lié à l’économie numérique et à tous les chamboulements actuels et plus encore à venir, semble postuler la pérennité dudit capitalisme, c'est-à-dire de l’accumulation des richesses par le plus petit nombre.

Tandis que les pays se déchirent, entre eux et en eux-mêmes ; que les pauvres s’entretuent comme jamais, manœuvrés comme des marionnettes rattachées à leurs dieux stupides, meurtriers et manipulateurs – autant dire automanipulées – une nouvelle oligarchie met en place son club fermé, de plus en plus restreint, englobant les nouveaux mécanismes de l’information, au sens général, prenant le contrôle absolutiste des réseaux et, par delà, des richesses qu’ils canalisent.

Google, Amazon, Facebook, Twitter, Apple et autres happy few, de plus en plus « happy » et « few », ont déjà amplement tissé le réseau d’un capitalisme totalitaire, car tout bonnement totalisant, jusqu’au « total » du tiroir-caisse, aboutissement comptable à base d’additions et de multiplications, laissant aux « autres » – les laissés pour compte – le soin de se chamailler autour des restes : divisions et soustractions.

Test de connaissances utiles et modernes

Test de connaissances utiles et modernes

Cette nouvelle domination, cependant, engendre (peut-être sans trop le savoir, ou en voulant l’ignorer, dans la griserie de la jouissance immédiate et apparemment infinie) sa propre limitation par l’excès et la cupidité sans bornes. Son ignorance de l’Histoire, variante de son ignorance princeps – la banque n’est pas une bibliothèque, on n’y trouve que des livres de comptes –, son culte de la « prospective » le frappe d’amnésie, cette perte de mémoire, porte ouverte au déni. Encore que dénier suppose le rejet d’une réalité tout de même, un tant soit peu, perçue. Et il n’est pas sûr que les scénaristes du futur capitalistique possèdent assez de culture historique et scientifique – sciences exactes et sciences humaines – pour entrevoir les limites de leur imperium.

Comme les empires anciens de Chine, de Perse, de Rome et d’autres ils sont voués à la disparition, dans un même aveuglement et sans doute dans l’incompréhension de leurs empereurs. Seuls des sages auront tenté d’apporter leurs lumières, les Confucius, Héraclite, Sénèque… et leurs paroles inécoutées.

À l’œuvre dans le pillage mortifère de la planète, les néo-capitalistes menacent les espèces vivantes, à commencer par l’humaine. Dans ce but, ils se sont approprié, non pas les savoirs ni les sciences, mais leurs applications vulgaires, immédiates, monnayables, rentables, celles qui nourrissent ce qu’on appelle le « Progrès » et qui correspond en fait à la marchandisation des techniques, ce qu’on regroupe sous le mot « technologie ».

(Lire la suite…)


Hervé Gourdel assassiné. Ce ne sont pas des hommes

Hervé GourdelHervé Gourdel. Je pars de sa bonne tête de brave homme, au regard droit. C’est par un tweet que, lundi, je découvre son enlèvement. Puis, par la vidéo qui l’exhibe flanqué de deux gardiens masqués et armés, je le vois et l’entends, désespéré, lire son message de secours, sous la contrainte.

Et ils l’ont décapité.

Les salauds.

Ils se font appeler « Soldats du Califat », se disent affiliés à « Daech » ou « État islamique ». Leur pouvoir de nuisance extrême porte atteinte à l’ensemble de l’humanité, dont ils se trouvent exclus.

Car ce ne sont pas des hommes. Ou alors d’une sous-espèce particulièrement dégradée. Ou encore en raison, si on peut dire, de la plus profonde des perversions. Et il est vrai, hélas, que l’Homme, majuscule, sait aussi atteindre cette dégradante petitesse assassine – lui, l’unique spécimen du règne animal capable d’un tel génie dans le mal. Dans le Mal, majuscule, il a su œuvrer au plus bas de la bassesse – et au nom d’idéaux déments, mêlés de pureté et de haine, impliquant les dieux ou des guides suprêmes, trouvant toujours à leur service des générations de Torquemada experts en torture, habiles à arracher les langues hérétiques – de juifs ou de musulmans, selon le balancier de l’Histoire, selon l’urgence liée au besoin d’obscurité. La liste serait inépuisable, on la limitera ici à trois évocations emblématiques :

Giordano Bruno mis au bûcher pour avoir soutenu l’infinité des mondes face au champ de l’Ignorance ;

les terribles guerres de religion entre protestants et catholiques au nom du Christ (XVIe siècle) ;

la langue arrachée, le corps torturé, démantelé et – aussi – décapité du Chevalier de la Barre, 20 ans, pour « blasphème et sacrilège ». Il n’avait pas ôté son chapeau devant une procession (Abbeville, 1765).

Il nous fallut bien du temps, du temps de luttes pour nous extraire de ces arrière-mondes. Et les chutes parsèment l’Histoire, lourde de malheurs et d’atrocités, jusqu’à la déportation esclavagiste, jusqu’aux génocides « modernes » des Arméniens, Juifs, Tutsis.

De ce temps si âpre, il ne nous en faudrait bien moins aujourd’hui pour y sombrer à nouveau.

Guide de haute montagne, Hervé Gourdel était attiré par les sommets. Sans doute avait-il de l’Humanité une idée élevée.

Il a été jeté dans les ténèbres par des fanatiques, de ces hallucinés qui renvoient à ceux qu’évoque si puissamment le Zarathoustra de Nietzsche dont voici quelques extraits :

DES HALLUCINÉS DE L’ARRIÈRE-MONDE

 Ainsi moi aussi, je jetai mon illusion par delà les hommes, pareil à tous les hallucinés de l’arrière-monde. Par delà les hommes, en vérité ?

"Hélas, mes frères, ce dieu que j’ai créé était œuvre faite de main humaine et folie humaine, comme sont tous les dieux.

Il n’était qu’homme, pauvre fragment d’un homme et d’un « moi » : il sortit de mes propres cendres et de mon propre brasier, ce fantôme, et vraiment, il ne me vint pas de l’au-delà !

[…]

Ce furent des malades et des décrépits qui méprisèrent le corps et la terre, qui inventèrent les choses célestes et les gouttes du sang rédempteur : et ces poisons doux et lugubres, c’est encore au corps et à la terre qu’ils les ont empruntés !

Ils voulaient se sauver de leur misère et les étoiles leur semblaient trop lointaines. Alors ils se mirent à soupirer : Hélas ! que n’y a-t-il des voies célestes pour que nous puissions nous glisser dans un autre Être, et dans un autre bonheur ! » — Alors ils inventèrent leurs artifices et leurs petites boissons sanglantes !

[…]

Il y eut toujours beaucoup de gens malades parmi ceux qui rêvent et qui languissent vers Dieu ; ils haïssent avec fureur celui qui cherche la connaissance, ils haïssent la plus jeune des vertus qui s’appelle : loyauté.

Ils regardent toujours en arrière vers des temps obscurs : il est vrai qu’alors la folie et la foi étaient autre chose. La fureur de la raison apparaissait à l’image de Dieu et le doute était péché.

Je connais trop bien ceux qui sont semblables à Dieu : ils veulent qu’on croie en eux et que le doute soit un péché. Je sais trop bien à quoi ils croient eux-mêmes le plus.

Ce n’est vraiment pas à des arrière-mondes et aux gouttes du sang rédempteur : mais eux aussi croient davantage au corps et c’est leur propre corps qu’ils considèrent comme la chose en soi.

Mais le corps est pour eux une chose maladive : et volontiers ils sortiraient de leur peau. C’est pourquoi ils écoutent les prédicateurs de la mort et ils prêchent eux-mêmes les arrière-mondes.

Écoutez plutôt, mes frères, la voix du corps guéri : c’est une voix plus loyale et plus pure.

Le corps sain parle avec plus de loyauté et plus de pureté, le corps complet, carré de la tête à la base : il parle du sens de la terre. —

Ainsi parlait Zarathoustra."

 

Friedrich Nietzsche

Ainsi parlait Zarathoustra
Un livre pour tous et pour personne
Traduction par Henri Albert.
Mercure de France, 1903 [sixième édition] (Œuvres complètes de Frédéric Nietzsche, vol. 9, pp. 40-45).

Lire aussi : 

À Michel Germaneau, mort au nom de l’Homme, victime du fanatisme

Journalistes-otages, héros modernes et sacralisés


Cornelius Castoriadis : « Nous devrions être les jardiniers de cette planète »

"Il faut cultiver notre jardin" dit ainsi Voltaire dans la bouche de son Candide. Célèbre injonction aux sens multiples, ouverts, à portée immédiate, au propre comme au figuré. Philosophe contemporain (mort en 1997), Cornelius Castoriadis étend la formule à une dimension planétaire qui relève de l'urgence, dépasse l'individuel et atteint ainsi à l'universel : "Nous devrions être les jardiniers de cette planète", lance-t-il au cours d'un entretien à la radio avec Daniel Mermet. L'actualité de ce propos est plus vive que jamais au regard de la dégradation écologique de notre Terre. Voici un extrait de cet entretien, ainsi que le lien qui permet d'accéder à la totalité.

C_CastoriadisCornelius Castoriadis est mort en 1997. Né en Grèce, il s'installe en 1945 à Paris où il crée la revue, aujourd'hui mythique, Socialisme ou barbarie. En 1968, avec Edgar Morin et Claude Lefort, il publie Mai 68 la Brèche. En 1975, il publie L'institution imaginaire de la société, sans doute son ouvrage le plus important. En 1978, il entreprend la série Les carrefours du labyrinthe. L'entretien avec Mermet fait suite à la publication de La montée de l'insignifiance en novembre 1996.

• Daniel Mermet – Qu’est-ce que vous pensez de cet irréductible désir qui fait que l’histoire continue ?

– Cornelius Castoriadis : Mais, de toute façon il y a un irréductible désir. […]. Si vous prenez les sociétés archaïques ou les sociétés traditionnelles, il n’y a pas un irréductible désir. On ne parle pas là du désir du point de vue psychanalytique. On parle du désir tel qu’il est transformé par la socialisation. Et ces sociétés sont des sociétés de répétition. Or dans l’époque moderne, il y a une libération dans tous les sens du terme, par rapport aux contraintes de la socialisation des individus. On dit par exemple : "Tu prendras une femme dans tel clan ou dans telle famille. Tu auras une femme dans ta vie. Si tu en as deux, ou deux hommes, ce sera en cachette, ce sera une transgression. Tu auras un statut social, ce sera ça et pas autre chose". Mais aujourd’hui on est entré dans une époque d’illimitation dans tous les domaines et c’est en ça que nous avons le désir d’infini. Or cette libération est en un sens une grande conquête. Il n’est pas question de revenir aux sociétés de répétition. Mais il faut aussi apprendre – et ça c’est un très grand thème –apprendre à s’autolimiter, individuellement et collectivement. Et la société capitaliste aujourd’hui est une société qui à mes yeux court à l’abîme à tous points de vue car c’est une société qui ne sait pas s’autolimiter. Et une société vraiment libre, une société autonome, doit savoir s’autolimiter.

D. M. – Limiter c’est interdire. Comment interdire ?

C. C. – Non, pas interdire au sens répressif. Mais savoir qu’il y a des choses qu’on ne peut pas faire ou qu’il ne faut même pas essayer de faire ou qu’il ne faut pas désirer. Par exemple l’environnement. Nous vivons sur cette planète que nous sommes en train de détruire, et quand je prononce cette phrase je songe aux merveilles, je pense à la mer Egée, je pense aux montagnes enneigées, je pense à la vue du Pacifique depuis un coin d’Australie, je pense à Bali, aux Indes, à la campagne française qu’on est en train de désertifier. Autant de merveilles en voie de démolition. Je pense que nous devrions être les jardiniers de cette planète. Il faudrait la cultiver. La cultiver comme elle est et pour elle-même. Et trouver notre vie, notre place relativement à cela. Voilà une énorme tâche. Et ça pourrait absorber une grande partie des loisirs des gens, libérés d’un travail stupide, productif, répétitif, etc. Or cela, évidemment, c’est très loin non seulement du système actuel mais de l’imagination dominante actuelle. L’imaginaire de notre époque, c’est l’imaginaire de l’expansion illimitée, c’est l’accumulation de la camelote… une télé dans chaque chambre, un micro-ordinateur dans chaque chambre, c’est ça qu’il faut détruire. Le système s’appuie sur cet imaginaire qui est là et qui fonctionne.

cornelius-castoriadis

"L’imaginaire de notre époque, c’est l’imaginaire de l’expansion illimitée, c’est l’accumulation de la camelote…"

D. M. – Ce dont vous parlez là, sans cesse, c’est de la liberté ?

C. C. – Oui.

D. M. – Derrière ça, il y a la liberté ?

C. C. – Oui.

D. M. – Difficile liberté ?

C. C. – Ah oui ! La liberté, c’est très difficile.

D. M. – Difficile démocratie ?

C. C.Démocratie difficile parce que liberté, et liberté difficile parce que démocratie, oui, absolument. Parce que c’est très facile de se laisser aller, l’homme est un animal paresseux, on l’a dit. Là encore je reviens à mes ancêtres, il y a une phrase merveilleuse de Thucydide : Il faut choisir se reposer ou être libre. Je crois que c’est Périclès qui dit ça aux Athéniens: Si vous voulez être libres, il faut travailler. Vous ne pouvez pas vous reposer. Vous ne pouvez pas vous asseoir devant la télé. Vous n’êtes pas libres quand vous êtes devant la télé. Vous croyez être libres en zappant comme un imbécile, vous n’êtes pas libres, c’est une fausse liberté. Ce n’est pas seulement l’âne de Buridan qui choisit entre deux tas de foin. La liberté, c’est l’activité. Et la liberté, c’est une activité qui en même temps s’autolimite, c’est-à-dire sait qu’elle peut tout faire mais qu’elle ne doit pas tout faire. C’est ça le grand problème, pour moi, de la démocratie et de l’individualisme.

D. M. – La liberté, c’est les limites ? Philosopher, c’est établir les limites ?

C. C. – Non, la liberté, c’est l’activité et l’activité qui sait poser ses propres limites. Philosopher, c’est la pensée. C’est la pensée qui sait reconnaître qu’il y a des choses que nous ne savons pas et que nous ne connaîtrons jamais…"

––––

LA MONTEE DE L'INSIGNIFIANCE
intégralité de l'entretien de Cornelius Castoriadis avec Daniel Mermet


Israel-Palestine. « Notre misérable État juif », par Gideon Levy

Gideon Levy, 2011 (DR)

Gideon Levy, 2011 (DR)

Article de Gideon Levy, publié dans Haaretz, le 6 juillet 2014 [1]. Traduction SF pour l’UJFP (Union juive française pour la paix), diffusé par la Ligue des Droits de l'Homme de Toulon.

Les jeunes de l’État juif attaquent des Palestiniens dans les rues de Jérusalem, exactement comme les jeunes chez les gentils attaquaient les Juifs dans les rues d’Europe. Les Israéliens de l’État juif se déchaînent sur les réseaux sociaux, répandant une haine et un désir de vengeance d’une ampleur diabolique sans précédent. Des inconnus de l’État juif sur une base purement ethnique. Ce sont les enfants de la génération nationaliste et raciste – la descendance de Netanyahou.

Depuis cinq ans maintenant ils n’ont entendu qu’incitations, propos alarmistes et suprématie sur les Arabes de la part du véritable instructeur de cette génération, le premier ministre Benjamin Netanyahou. Pas un mot d’humanité, de compassion ou de traitement égal.

  Maintenant nous savons : dans l’État juif il n’y a de compassion et de sentiments humains que pour les Juifs, des droits uniquement pour le Peuple Elu. L’État juif n’est que pour les Juifs

Ils ont grandi dans le contexte de la revendication provocante de reconnaissance d’Israël comme « État juif » et ils ont tiré les conclusions qui s’imposent. Avant même la délimitation de ce que signifie « État juif » - sera-ce un État qui met les tefilin (phylactères), embrasse les mezouzot (des rouleaux de prières enfermés dans de petites boîtes métalliques ou en bois qui sont fixées aux chambranles des portes d’entrée), sanctifie des sortilèges, ferme le jour de Shabbath et observe strictement les lois de la cashrout – les masses ont compris.

La foule a d’emblée intériorisé la véritable signification : un État juif est un État dans lequel il n’y a place que pour les Juifs. Le sort des Africains est d’être envoyé au centre de détention de Holot dans le Néguev et celui des Palestiniens est d’endurer des pogroms. C’est comme ça que ça marche dans un État juif : c’est à cette seule condition qu’il peut être juif. Dans l’État juif en cours de constitution, il n’y a même pas de place pour un Arabe qui fait de son mieux pour être un bon Arabe, comme l’écrivain Sayed Kashua. Dans un État juif, la présidente de l’Assemblée de la Knesset, Ruth Calderon (du parti Yesh Atid – inutile de préciser que c’est le « centre » de l’échiquier politique) coupe la parole au député arabe Ahmed Tibi (de la liste arabe unie Ta’al) à peine revenu, bouleversé, d’une visite à la famille de Shoafat, le jeune Arabe qui a été massacré, et le sermonne cyniquement sur le thème qu’il doit aussi faire référence aux trois jeunes Juifs massacrés (alors même qu’il venait de le faire).

Dans un État juif, la Cour Suprême autorise la démolition de la maison de la famille d’un homme suspecté de meurtre avant même qu’il ne soit condamné. Un État juif édicte des lois racistes et nationalistes. Les médias d’un État juif se complaisent sur le meurtre de trois étudiants de yeshiva et ignorent presque complètement le sort de plusieurs jeunes Palestiniens du même âge qui ont été tués par des tirs de l’armée au cours des derniers mois, généralement sans raison.

Personne n’a été puni pour ces actes – dans l’État juif il y a une loi pour les Juifs et une loi pour les Arabes, dont les vies valent peu. Pas un soupçon de respect du droit international ni des conventions internationales. Dans l’État juif, il n’y a de compassion et d’humanité que pour les Juifs, des droits pour le seul Peuple Elu. L’État juif n’est que pour les Juifs.

La nouvelle génération qui grandit sous sa coupe est dangereuse à la fois pour elle-même et pour ce qui l’entoure. Netanyahou est son ministre de l’éducation ; les médias militaristes et nationalistes font office de poème pédagogique ; le système d’éducation qui l’emmène à Auschwitz et à Hébron lui sert de guide.

Le sabra (natif d’Israël) d’aujourd’hui est une espèce nouvelle, piquante dehors comme dedans. Il n’a jamais rencontré son homologue palestinien mais il sait tout de lui – le sabra sait qu’il est un animal sauvage, qu’il a seulement l’intention de le tuer, qu’il est un monstre, un terroriste.

Il sait qu’Israël n’a pas de partenaire pour la paix, puisque c’est ce qu’il a ententu un nombre incalculable de fois de la part de Netanyahou, du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman et du ministre de l’Économie, Naftali Bennett. De la bouche de Yair Lapid il a entendu qu’il y a des « Zoabis » – en référence condescendante à la députée de la Knesset Haneen Zoabi (du parti Balad).

Etre de gauche ou désireux de justice dans l’État juif est considéré comme un délit, la société civile est tenue pour tricheuse, la vraie démocratie pour diabolique. Dans un État juif – dont rêvent non seulement la droite mais le supposé centre gauche incluant Tzipi Livni et Lapid – la démocratie est floue.

Le principal problème de l’État juif ce ne sont pas les skinheads mais les embobineurs moralisateurs, les voyous, l’extrême droite et les colons. Non pas les marginaux mais le courant principal qui est en partie nationaliste et en partie indifférent.

Dans l’État juif, il ne reste rien de l’injonction biblique selon laquelle il faut être juste avec la minorité ou avec l’étranger. Il n’y a plus de ces Juifs qui ont manifesté avec Martin Luther King ou fait de la prison avec Nelson Mandela. L’État juif, qu’Israël veut absolument faire reconnaître par les Palestiniens, doit d’abord se reconnaître lui-même. Au terme de la journée, après une semaine terrible, il semble qu’un État juif ce soit un État raciste, nationaliste, conçu uniquement pour les Juifs.

–––

[1] “Our wretched Jewish state” : http://www.haaretz.com/opinion/.pre...


Les « sans fleurs » de Georges Moustaki

Ph. Michiel Hendryckx, Wikipedia

Ph. Michiel Hen­dry­ckx, Wiki­pe­dia

Mous­ta­ki est mort. Je me sou­viens…

Bien sûr, les médias en font des méga-ton­nes. Plus de qua­ran­te minu­tes ce midi au jour­nal radio (Inter) ; ce soir sur les télés, on attend le délu­ge. C’est que la chan­son et ses hérauts/héros comp­tent énor­mé­ment dans nos ima­gi­nai­res – pas besoin d’ajouter popu­lai­res, ça vaut pour tous, je crois. La bon­ne chan­son, cet art du rac­cour­ci, mémo­ra­ble par­ce que si bien mémo­ri­sa­ble dans cet­te fusion paroles/musique. 

Donc, les chan­teurs célè­bres, on les célè­bre com­me ces icô­nes que fabri­que le Spec­ta­cle géné­ra­li­sé. On les ado­re, on les vénè­re, on les pan­théo­ni­se.

Mous­ta­ki, soit, était plu­tôt un bra­ve type, pour ce qu’on en dit. Il chan­tait faux et jouait de même de sa grat­te. Mais il l’assumait. Et une dizai­ne de chan­sons auront pris pla­ce dans ce qu’on appel­le le patri­moi­ne cultu­rel.

J’ai un sou­ve­nir per­son­nel de lui. Ça remon­te à Sex­pol, la revue (voir ci-contre). Besoin de sous, nous déci­dons d’organiser un « gala de sou­tien ». Ce sera le lun­di 9 mai 1977 au Pala­ce, rue du fau­bourg Mont­mar­tre à Paris. Accep­tent de se pro­dui­re gra­tui­te­ment divers artis­tes géné­reux dont Cathe­ri­ne Ribei­ro + Alpes, Fran­çois Rab­ba­th, le contre­bas­sis­te, la comé­dien­ne Pier­ret­te Dupoyet, etc. Et Geor­ges Mous­ta­ki, arri­vé com­me conve­nu avec sa gui­ta­re.

Le gala démar­re, les artis­tes enchaî­nent… Arri­ve le tour de Mous­ta­ki… On attend. On va voir dans sa loge : per­son­ne. Dis­pa­ru.

Penauds, on annon­ce la défec­tion du chan­teur au mil­lier de spec­ta­teurs, qui ne le pren­nent pas trop mal.

Le len­de­main, pour avoir le fin mot, j’appelle le Mous­ta­ki.

Ben oui, m’explique-t-il, il n’y avait pas de fleurs dans ma loge, alors je suis par­ti.

Je ne sais plus ce que j’ai pu alors bafouiller avant de clo­re la conver­sa­tion. Quel­ques années plus tard, je devais le croi­ser  dans un cou­loir d’Orly. On s’est ser­ré la main tan­dis que je lui rap­pe­lais l’affaire Sex­pol. Il a sou­ri benoî­te­ment. On s’est plus revus.

Pour son ulti­me gala, cet­te fois c’est sûr, il ne va pas man­quer de fleurs.


Cahuzac et le « pire des analphabètes », selon Brecht

J-C, peu avant sa crucifixion. [ph. DR]

J-C, peu avant sa crucifixion. [ph. DR]

Une cata informatique s’est abattue sur « C’est pour dire » en même temps que la cata politique qui fera du 2 avril 2013 la date référence: « Avant/après J-C bis ». Pas bien grave pour l’une (la chose a été dépannée – merci Daniel !), déplorable pour l’autre et pour nous tous, en particulier pour ce qui relève de la Démocratie et de la République – avec majuscules – ces constructions si belles, laborieuses à faire grandir, si fragiles, au point qu’elles chancellent sous les coups d’un ignoble Malfrat (majuscule aussi !).  Ce qui est ici en cause, c’est la collusion intime de l’Argent, du Pouvoir et de la Petitesse, amalgame ruineux pour l’Homme – construction humaine – et qui ruine les hommes, le peuple, la société, la morale déjà si chancelante en ces temps désenchantés.

Tout aura été dit, depuis ce jour de l’Aveu et de la Crucifixion, de la triche, du mensonge, de l’ignominie. Rien à ajouter à l’immonde. Sauf ce texte ressorti à point nommé (merci Rosa et Michel !). Un texte du dramaturge allemand Bertolt Brecht (mort en 1956), brossant le portrait de l’analphabète politique, cet amnésique et irresponsable par lequel l’Histoire ne manque pas de bégayer.

Cahuzac s’inscrit dans une longue lignée d’affairistes véreux, précède les suivants, illustre les actuels. Son talent supplémentaire lui garantit le statut d’icône moderne. Car il n’a rien inventé.

« Le pire des analphabètes, c’est l’analphabète politique. Il n’écoute pas, ne parle pas, ne participe pas aux événements politiques. Il ne sait pas que le coût de la vie, le prix des haricots et du poisson, le prix de la farine, le loyer, le prix des souliers et des médicaments dépendent des décisions politiques. L’analphabète politique est si bête qu’il s’enorgueillit et gonfle la poitrine pour dire qu’il déteste la politique. Il ne sait pas, l’imbécile, que c’est son ignorance politique qui produit la prostituée, l’enfant de la rue, le voleur, le pire de tous les bandits et surtout le politicien malhonnête, menteur et corrompu, qui lèche les pieds des entreprises nationales et multinationales. » [Bertolt Brecht, ni daté, ni sourcé]

• Voir également, du 17 décembre 2012 :

Le menhir d’Obélix cachera-t-il la forêt de l’évasion fiscale ? par Attac


Richard Bohringer aux politiciens : La banque est plus forte que vous !

Invi­té sur le pla­teau de « On n’est pas cou­ché » same­di soir, l’acteur Richard Boh­rin­ger a pous­sé un beau et émou­vant coup de gueu­le. Face à Hen­ri Guai­no, il a expri­mé ses convic­tions en poin­tant du doigt les poli­ti­ciens et leur impuis­san­ce face aux ban­ques et au mon­de de la finan­ce.

« Pour­quoi il n’y a pas de Répu­bli­que ?  a-t-il lan­cé. Par­ce qu’on n’est pas répu­bli­cains !
« Le poli­ti­que, qu’il soit hom­me ou fem­me,…, ne sert plus à rien, c’est un pres­ta­tai­re de ser­vi­ce…
« La preu­ve, ces putains de det­tes, on n’arrive pas à les payer… tant qu’il y aura ces his­toi­res des det­tes, qui met­tent à plat les peu­ples… vous les poli­ti­ques n’arrivez pas à les fai­re éli­mi­ner, par­ce que la ban­que est plus for­te que vous, c’est elle qui vous impri­me la des­ti­née de notre peu­ple et non pas vous. »



Marseille. L’ « affaire Guetta » ou le trouble d’une gestion municipale

L’annulation à Mar­seille du concert de Guet­ta à 400 000 euros ne doit pas cacher le carac­tè­re plus que trou­ble de la ges­tion muni­ci­pa­le. C’est ce que rap­pel­le le com­mu­ni­qué sui­vant du Com­man­do Anti-23 juin exi­geant des expli­ca­tions sur les pra­ti­ques pour le moins anti-démo­cra­ti­ques des élus.

 

Nous avons fait réagir David Guet­ta : l’ampleur de notre mou­ve­ment a ame­né le DJ à annon­cer hier dans un com­mu­ni­qué qu’il annu­lait son concert au Parc Boré­ly … pour en tenir un autre non sub­ven­tion­né au Dôme.

Depuis plu­sieurs semai­nes, notre mobi­li­sa­tion excep­tion­nel­le a fait beau­coup par­ler d’elle dans les médias. Il y a quel­ques jours, vous avez contraint le mai­re à répon­dre à vos publi­ca­tions sur Face­book et Twit­ter en s’engageant à redis­cu­ter cet­te sub­ven­tion. Cet­te déci­sion de David Guet­ta est une pre­miè­re vic­toi­re, mais c’est une vic­toi­re amè­re.

(Lire la sui­te…)


Dans « le cochon » DSK, tout est bon

Mar­ce­la Iacub, qui se dit « Juris­te et spé­cia­lis­te de la phi­lo­so­phie des mœurs », offi­cie dans le Libé du same­di. De fin jan­vier à aoüt 2012, elle a pous­sé le sacri­fi­ce en offrant son corps à un DSK post-Sofi­tel, ain­si qu’à à la scien­ce de la cho­se, un cran au-des­sus, gen­re méta-sexo­po­li­ti­que. Il en résul­te un nou­vel épi­so­de au feuille­ton DSK, fort bien embal­lé pour une pro­pul­sion média­ti­co-mar­chan­de qui com­men­ce par un bou­quin « ver­ti­gi­neux » – dixit  l’interviewer, enivré – et, panur­gis­me aidant, devrait enva­hir le Spec­ta­cle : radio, télé, ciné. Sans par­ler des réseaux dits sociaux et même des blogs, jusqu’à celui-ci. On n’y é-chap-pe pas !

Dom­ma­ge pour les fras­ques à l’Élysée…

Bel­le et Bête, ça s’intitule. Devi­nez qui est quoi… Elle tient donc le beau rôle, cel­le d’une (bel­le ?) char­cu­tiè­re de luxe, qui ne jet­te rien des bas mor­ceaux de celui qu’elle nom­me « le cochon ». On sait bien qu’un cochon som­meille en cha­que hom­me. Cet­te cochon­ne-là n’a pas dû avoir à tra­vailler beau­coup la vian­de pour l’attendrir. Une bon­ne bête, cer­tes pas halal – et je ne me ris­que­rai pas à une autre auda­ce du gen­re, j’ai déjà don­né – mais dans laquel­le « tout est bon », enten­dez com­me matiè­re (gras­se) à scan­da­le.

Un tel coup édi­to­rial, tout de même : cha­peau ! Sens aigu du biz­ness, art des coups four­rés – c’est bien le mot –, relais chez les édi­teurs pois­seux, auprès des canards boi­teux, des jour­na­leux tor­dus : tout un mon­de, tout un im-mon­de, qui n’est pas don­né à tout le mon­de. Il faut pour ça être doué, ou bien né. Les deux, c’est l’idéal.

Le Nou­vel Obs a tou­jours mani­fes­té quel­que atti­ran­ce pour la per­ver­sion. Mais, atten­tion, la per­ver­sion pro­pre, si on ose l’oxymore, cel­le qui peut s’habiller en Pra­da, qui s’allonge sur les divans, qui titille Œdi­pe et Tha­na­tos, aime à bor­du­rer l’inceste ou le viol en adu­lant le « divin mar­quis » ou ses épi­go­nes moder­nis­tes. Cet­te per­ver­sion « chic » aux bour­ses bien rem­plies – c’est enco­re le mot, et on pour­rait aus­si s’en fou­tre ! – n’ayant jamais connu le vide des fins de mois. Cet­te per­ver­sion volon­tiers ados­sée au Pou­voir, ce pou­voir qui lui est aus­si néces­sai­re que le furent pour Sade les « bon­bons à la can­tha­ri­de »… Un via­gra dopé, dosa­ge FMI, tes­té chez Ber­lus­co­ni.

Pen­ser à invi­ter Clin­ton…

On pour­rait s’en fou­tre, sauf que ces ban­des-là (déci­dé­ment), ça nous regar­de. « Nous » com­me citoyens d’une Répu­bli­que si ver­tueu­se… « Nous » qui, com­me cer­tains, ont jadis ques­tion­né la sexo-poli­ti­que, du temps où un Gis­card de pré­si­dent ne dédai­gnait pas le cul de la cré­miè­re, tan­dis qu’un sien minis­tre, de l’Intérieur, inter­di­sait la Revue Sex­pol (Ponia­tows­ki) ; du temps où un car­di­nal connais­sait la mort par épec­ta­se dans les bras d’une pros­ti­tuée (Danié­lou) ; bien après qu’un Félix Fau­re eut per­du « sa connais­san­ce » à l’Élysée même ; peu avant qu’un autre pré­si­dent eut mené dou­ble-vie (Mit­ter­rand)… Ou aux temps post-soixan­te-hui­tards où d’autres pères-la-pudeur, au nom de Mao et de la Révo­lu­tion, pra­ti­quaient sans ver­go­gne le bien machis­te repos du guer­rier (July, Geis­mar…, in Sex­pol n°3, « À poil les mili­tants ! »)

 

Char­lie a flai­ré la truf­fe.

 

Et Libé donne dans le panneau.

Oui, ça nous regar­de d’autant que cet im-mon­de là se tar­gue aus­si de gou­ver­ner le mon­de selon de stricts prin­ci­pes, en appe­lant si faci­le­ment aux mots de rigueur, aus­té­ri­té, efforts, jus­ti­ce, mora­le…

Nous voi­là ain­si entrés dans l’ère du cochon, après le Ser­pent  du nou­vel an chi­nois,  le cir­que du bœuf-che­val, l’annonce du futur poi­chon (pois­son nour­ri au cochon). Tris­te ména­ge­rie que ce mon­de et ses drô­les de zèbres. Au secours, Éso­pe et La Fon­tai­ne, ils sont deve­nus fous !


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­pren­dre que les cho­ses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fi­que, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croi­re les cho­ses par­ce qu’on veut qu’elles soient, et non par­ce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

  • Traduire :

  • Abonnez-vous !

    Saisissez votre @dresse pour vous abonner à « C’est pour dire » et recevoir un courriel à chaque nouvel article publié.

  • Twitter - Gazouiller

  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lip­pe Casal, 2004 - Cen­tre natio­nal des arts plas­ti­ques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­fes­te.
    (Clau­de Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­ti­que), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la gra­ce de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquet­te cou­leur et boî­tier rigi­de ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Com­me un nua­ge, album pho­tos et tex­te mar­quant le 30e anni­ver­sai­re de la catas­tro­phe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant clo­se (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en ven­te au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adres­se pos­ta­le !)

    tcherno2-2-300x211

    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tira­ge soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, pri­ses en Pro­ven­ce et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­ti­que sur le thè­me d’« après le nua­ge ». Cet­te créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thè­me du nucléai­re », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de tou­tes nos croyan­ces. (Ber­trand Rus­sel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • « C’est pour dire » de Gérard Pon­thieu, est mis à dis­po­si­tion selon les ter­mes de la licen­ce Crea­ti­ve Com­mons : Attri­bu­tion - Pas d’Utilisation Com­mer­cia­le - Pas de Modi­fi­ca­tion (3.0 Fran­ce). Pho­tos, des­sins et docu­ments men­tion­nés sous copy­right © sont pro­té­gés com­me tels.
    Licence Creative Commons

  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le mon­de chan­ge »

  • Catégories d’articles

  • Salut cousin !

    Je dou­te donc je suis - gp

  • Calendrier

    avril 2017
    lunmarmerjeuvensamdim
    « Mar  
     12
    3456789
    10111213141516
    17181920212223
    24252627282930
    Copyright © 1996-2017 C’est pour dire. Tous droits réservés – sauf selon la license Creative Commons.
    iDream theme by Templates Next | Turbiné par WordPress