Bien sûr, les médias en font des méga-tonnes. Plus de quarante minutes ce midi au journal radio (Inter) ; ce soir sur les télés, on attend le déluge. C’est que la chanson et ses hérauts/héros comptent énormément dans nos imaginaires – pas besoin d’ajouter populaires, ça vaut pour tous, je crois. La bonne chanson, cet art du raccourci, mémorable parce que si bien mémorisable dans cette fusion paroles/musique.
Donc, les chanteurs célèbres, on les célèbre comme ces icônes que fabrique le Spectacle généralisé. On les adore, on les vénère, on les panthéonise.
Moustaki, soit, était plutôt un brave type, pour ce qu’on en dit. Il chantait faux et jouait de même de sa gratte. Mais il l’assumait. Et une dizaine de chansons auront pris place dans ce qu’on appelle le patrimoine culturel.
J’ai un souvenir personnel de lui. Ça remonte à Sexpol, la revue (voir ci-contre). Besoin de sous, nous décidons d’organiser un « gala de soutien ». Ce sera le lundi 9 mai 1977 au Palace, rue du faubourg Montmartre à Paris. Acceptent de se produire gratuitement divers artistes généreux dont Catherine Ribeiro + Alpes, François Rabbath, le contrebassiste, la comédienne Pierrette Dupoyet, etc. Et Georges Moustaki, arrivé comme convenu avec sa guitare.
Le gala démarre, les artistes enchaînent… Arrive le tour de Moustaki… On attend. On va voir dans sa loge : personne. Disparu.
Penauds, on annonce la défection du chanteur au millier de spectateurs, qui ne le prennent pas trop mal.
Le lendemain, pour avoir le fin mot, j’appelle le Moustaki.
– Ben oui, m’explique-t-il, il n’y avait pas de fleurs dans ma loge, alors je suis parti.
Je ne sais plus ce que j’ai pu alors bafouiller avant de clore la conversation. Quelques années plus tard, je devais le croiser dans un couloir d’Orly. On s’est serré la main tandis que je lui rappelais l’affaire Sexpol. Il a souri benoîtement. On s’est plus revus.
Pour son ultime gala, cette fois c’est sûr, il ne va pas manquer de fleurs.
Une cata informatique s’est abattue sur « C’est pour dire » en même temps que la cata politique qui fera du 2 avril 2013 la date référence: « Avant/après J-C bis ». Pas bien grave pour l’une (la chose a été dépannée – merci Daniel !), déplorable pour l’autre et pour nous tous, en particulier pour ce qui relève de la Démocratie et de la République – avec majuscules – ces constructions si belles, laborieuses à faire grandir, si fragiles, au point qu’elles chancellent sous les coups d’un ignoble Malfrat (majuscule aussi !). Ce qui est ici en cause, c’est la collusion intime de l’Argent, du Pouvoir et de la Petitesse, amalgame ruineux pour l’Homme – construction humaine – et qui ruine les hommes, le peuple, la société, la morale déjà si chancelante en ces temps désenchantés.
Tout aura été dit, depuis ce jour de l’Aveu et de la Crucifixion, de la triche, du mensonge, de l’ignominie. Rien à ajouter à l’immonde. Sauf ce texte ressorti à point nommé (merci Rosa et Michel !). Un texte du dramaturge allemand Bertolt Brecht (mort en 1956), brossant le portrait de l’analphabète politique, cet amnésique et irresponsable par lequel l’Histoire ne manque pas de bégayer.
Cahuzac s’inscrit dans une longue lignée d’affairistes véreux, précède les suivants, illustre les actuels. Son talent supplémentaire lui garantit le statut d’icône moderne. Car il n’a rien inventé.
« Le pire des analphabètes, c’est l’analphabète politique. Il n’écoute pas, ne parle pas, ne participe pas aux événements politiques. Il ne sait pas que le coût de la vie, le prix des haricots et du poisson, le prix de la farine, le loyer, le prix des souliers et des médicaments dépendent des décisions politiques. L’analphabète politique est si bête qu’il s’enorgueillit et gonfle la poitrine pour dire qu’il déteste la politique. Il ne sait pas, l’imbécile, que c’est son ignorance politique qui produit la prostituée, l’enfant de la rue, le voleur, le pire de tous les bandits et surtout le politicien malhonnête, menteur et corrompu, qui lèche les pieds des entreprises nationales et multinationales. » [Bertolt Brecht, ni daté, ni sourcé]
Invité sur le plateau de « On n’est pas couché » samedi soir, l’acteur Richard Bohringer a poussé un beau et émouvant coup de gueule. Face à Henri Guaino, il a exprimé ses convictions en pointant du doigt les politiciens et leur impuissance face aux banques et au monde de la finance.
« Pourquoi il n’y a pas de République ? a-t-il lancé. Parce qu’on n’est pas républicains ! « Le politique, qu’il soit homme ou femme,…, ne sert plus à rien, c’est un prestataire de service… « La preuve, ces putains de dettes, on n’arrive pas à les payer… tant qu’il y aura ces histoires des dettes, qui mettent à plat les peuples… vous les politiques n’arrivez pas à les faire éliminer, parce que la banque est plus forte que vous, c’est elle qui vous imprime la destinée de notre peuple et non pas vous. »
L’annulation à Marseille du concert de Guetta à 400 000 euros ne doit pas cacher le caractère plus que trouble de la gestion municipale. C’est ce que rappelle le communiqué suivant du Commando Anti-23 juin exigeant des explications sur les pratiques pour le moins anti-démocratiques des élus.
Nous avons fait réagir David Guetta : l’ampleur de notre mouvement a amené le DJ à annoncer hier dans un communiqué qu’il annulait son concert au Parc Borély … pour en tenir un autre non subventionné au Dôme.
Depuis plusieurs semaines, notre mobilisation exceptionnelle a fait beaucoup parler d’elle dans les médias. Il y a quelques jours, vous avez contraint le maire à répondre à vos publications sur Facebook et Twitter en s’engageant à rediscuter cette subvention. Cette décision de David Guetta est une première victoire, mais c’est une victoire amère.
Marcela Iacub, qui se dit « Juriste et spécialiste de la philosophie des mœurs », officie dans le Libé du samedi. De fin janvier à aoüt 2012, elle a poussé le sacrifice en offrant son corps à un DSK post-Sofitel, ainsi qu’à à la science de la chose, un cran au-dessus, genre méta-sexopolitique. Il en résulte un nouvel épisode au feuilleton DSK, fort bien emballé pour une propulsion médiatico-marchande qui commence par un bouquin « vertigineux » – dixit l’interviewer, enivré – et, panurgisme aidant, devrait envahir le Spectacle : radio, télé, ciné. Sans parler des réseaux dits sociaux et même des blogs, jusqu’à celui-ci. On n’y é-chap-pe pas !
Dommage pour les frasques à l’Élysée…
Belle et Bête, ça s’intitule. Devinez qui est quoi… Elle tient donc le beau rôle, celle d’une (belle ?) charcutière de luxe, qui ne jette rien des bas morceaux de celui qu’elle nomme « le cochon ». On sait bien qu’un cochon sommeille en chaque homme. Cette cochonne-là n’a pas dû avoir à travailler beaucoup la viande pour l’attendrir. Une bonne bête, certes pas halal – et je ne me risquerai pas à une autre audace du genre, j’ai déjà donné – mais dans laquelle « tout est bon », entendez comme matière (grasse) à scandale.
Un tel coup éditorial, tout de même : chapeau ! Sens aigu du bizness, art des coups fourrés – c’est bien le mot –, relais chez les éditeurs poisseux, auprès des canards boiteux, des journaleux tordus : tout un monde, tout un im-monde, qui n’est pas donné à tout le monde. Il faut pour ça être doué, ou bien né. Les deux, c’est l’idéal.
Le Nouvel Obs a toujours manifesté quelque attirance pour la perversion. Mais, attention, la perversion propre, si on ose l’oxymore, celle qui peut s’habiller en Prada, qui s’allonge sur les divans, qui titille Œdipe et Thanatos, aime à bordurer l’inceste ou le viol en adulant le « divin marquis » ou ses épigones modernistes. Cette perversion « chic » aux bourses bien remplies – c’est encore le mot, et on pourrait aussi s’en foutre ! – n’ayant jamais connu le vide des fins de mois. Cette perversion volontiers adossée au Pouvoir, ce pouvoir qui lui est aussi nécessaire que le furent pour Sade les « bonbons à la cantharide »… Un viagra dopé, dosage FMI, testé chez Berlusconi.
Penser à inviter Clinton…
On pourrait s’en foutre, sauf que ces bandes-là (décidément), ça nous regarde. « Nous » comme citoyens d’une République si vertueuse… « Nous » qui, comme certains, ont jadis questionné la sexo-politique, du temps où un Giscard de président ne dédaignait pas le cul de la crémière, tandis qu’un sien ministre, de l’Intérieur, interdisait la Revue Sexpol (Poniatowski) ; du temps où un cardinal connaissait la mort par épectase dans les bras d’une prostituée (Daniélou) ; bien après qu’un Félix Faure eut perdu « sa connaissance » à l’Élysée même ; peu avant qu’un autre président eut mené double-vie (Mitterrand)… Ou aux temps post-soixante-huitards où d’autres pères-la-pudeur, au nom de Mao et de la Révolution, pratiquaient sans vergogne le bien machiste repos du guerrier (July, Geismar…)
Charlie a flairé la truffe.
Et Libé donne dans le panneau.
Oui, ça nous regarde d’autant que cet im-monde là se targue aussi de gouverner le monde selon de stricts principes, en appelant si facilement aux mots de rigueur, austérité, efforts, justice, morale…
Nous voilà ainsi entrés dans l’ère du cochon, après le Serpent du nouvel an chinois, le cirque du bœuf-cheval, l’annonce du futur poichon (poisson nourri au cochon). Triste ménagerie que ce monde et ses drôles de zèbres. Au secours, Ésope et La Fontaine, ils sont devenus fous !
– Un homme de 42 ans s’est suicidé par le feu devant une agence de Pôle emploi à Nantes, mercredi 13 février en milieu de journée.
– Le PDG de Renault, qui perçoit plus d’un million d’euros pas mois, veut bien en reporter 30% jusqu’à 2016. A condition que…
Je sais, le procédé pourrait être facile et même démago, celui d’amalgamer deux faits apparemment distincts. C’est qu’au contraire, j’y vois un lien, et même plusieurs.
Le lien premier, c’est l’injustice de ce monde où s’exposent dans une même et insolente outrance pauvreté et richesse. Plus précisément : extrême pauvreté et extrême richesse. Un monde, d’ailleurs, où règnent les extrémismes de toutes sortes : financiers, économiques, politiques, écologiques, religieux, moraux, artistiques… Autrement dit un monde de l’extrême violence, possiblement au bord de l’explosion, comme en une fin de civilisation.
Les autres liens, appendices du principal, tiennent aux deux faits eux-mêmes.
Comme on ne va pas manquer de le rappeler – nécessité défensive de la bonne conscience sociale – le suicide est un acte complexe aux causes multiples, touchant l’intime, et caetera. Ajoutons : aussi un acte de courage et de liberté, parfois. Au delà de l’interrogation philosophique, il s’agit de ne masquer en rien l’âpreté de notre monde et de nos sociétés « modernes », ce qui veut dire sauvages.
Comment peut-on en arriver à ce point de désespoir, exprimé dans deux courriels ? :
Mardi 12 février, 10 h 12 : « Aujourd’hui, c’est le grand jour pour moi car je vais me brûler à Pôle emploi. J’ai travaillé 720 h et la loi, c’est 610 h. Et Pôle emploi a refusé mon dossier. »
Mardi 12 février, 12 h 55 : « Je suis allé à Pôle emploi avec 5 litres d’essence pour me brûler, mais c’est fermé le 12/02/2013 ; alors ça sera demain le 13 ou le 14, car ce serait vraiment préférable au sein de Pôle emploi merci. »
Nous ne sommes pas en Grèce, ni en Tunisie et leurs multiples suicidés. C’est que le désespoir n’a pas de patrie. Il s’est mondialisé en même temps que l’insolente richesse. Celle qui s’étale en un palmarès indécent, tel celui affiché sans vergogne sur le site de l’agence Bloomberg, sous forme d’un trombinoscope des plus riches au monde, classés en milliards de dollars, et « actualisé en temps réel » – car il s’agit d’un jeu de société, un monopoly follement amusant. Les riches ne craignent rien autant que l’ennui – mais peu se suicident, a-t-on remarqué ?
Ça bouge chaque jour, c’est fou et ludique. Comme le casse-pipes à la foire du Trône.
Au moins, grâce à ce site et le temps venu, saura-t-on aisément à quelles sources aller puiser afin de rétablir quelque équilibre salutaire.
Carlos Ghosh, le pauvre, lui qui ne figure même pas dans ce glorieux palmarès ! D’autant moins que ce bon samaritain verse dans le charitable. Selon les gazettes, il pourrait reporter à 2016 le versement de 30 % de sa rémunération variable en 2012, soit environ 430 000 euros. « Cette somme ne serait versée au PDG que dans trois ans, à condition que l’accord en cours de négociation soit validé par les syndicats, puis appliqué, et que certains indicateurs, notamment les volumes de production promis par la direction, soient respectés. »
Même si ce geste se confirme, Carlos Ghosn touchera 2,2 millions d’euros, dont 1 million de rémunération variable. Et c’est sans compter sur sa rémunération chez Nissan, dont il est également PDG, qui est de près de 10 millions d’euros.
Donc, en gros, ce type palpe plus de 12 millions d’euros par an, qu’on arrondira à un million par mois ! Et il a l’outrance de donner l’aumône à ses salariés menacés de Pôle emploi comme le malheureux de Nantes !
Comment peut-on, en ce bas monde si désolé, gagner 1 000 fois plus qu’un chômeur et se regarder dans la glace – tout en se trouvant glorieux de surcroît ?
Ça me rappelle Finkielkraut, sur la radio publique, défendant le bouclier fiscal de Sarkozy et volant au secours du prélevé à 50 % (c’était avant les 75 %, encore le bon temps !): « Il donne la moitié de son manteau, tout de même ! » D’abord, il ne donne pas – n’est pas saint-Martin qui veut… Ensuite, il y a un abîme entre le fait de donner un euro quand on n’en a que deux, et celui de se faire appeler à un devoir de solidarité par une contribution d’un million d’euros sur deux millions de revenus.
Or, Ghosn, lui, consent à reporter 30% de sa maigre paie.
Le vrai problème, c’est bien les trop riches, ceux qui n’en ont jamais assez – les pauvres !
Dali à l’hôtel Meurice, 1972.. Ph. Allan Warren (GNU Free Documentation License)
Destiné à la Revue Sexpol, le propos devait tourner autour de la sexualité et de la politique. Il s’enroula évidemment autour de Dali… comme on peut le lire ci-dessous.
L’entretien ne fut finalement pas publié dans Sexpol mais parut dans plusieurs quotidiens lors de la mort de Dali, en janvier 1989. Il y a peu, j’en ai retrouvé la retranscription sur une vieille disquette. D’où l’idée de la publier ici, tandis que l’exposition Dali fait un tabac au centre Pompidou à Paris.
Ça ne se fait pas de publier sans autorisation un texte venu d’ailleurs. Si ! la preuve : ce texte d’Edgar Morin paru dans Le Monde du 2 janvier. Morin comme penseur du bien commun, se doit de circuler dans les sphères de la pensée commune, notamment les blogs. De plus, comme penseur de la complexité, il sait aussi – toujours au nom du bien commun – les exigences de la simplexité : rendre simple ladite complexité.
Donc, ci-dessous : l’article d’Edgar Morin, titré « En 2013, il faudra plus encore se méfier de la docte ignorance des experts ». Suivi de mon grain de sel.
« Hélas, nos dirigeants semblent totalement dépassés : ils sont incapables aujourd’hui de proposer un diagnostic juste de la situation et incapables, du coup, d’apporter des solutions concrètes, à la hauteur des enjeux. Tout se passe comme si une petite oligarchie intéressée seulement par son avenir à court terme avait pris les commandes. » (Manifeste Roosevelt, 2012.)
« Un diagnostic juste » suppose une pensée capable de réunir et d’organiser les informations et connaissances dont nous disposons, mais qui sont compartimentées et dispersées.
Une telle pensée doit être consciente de l’erreur de sous-estimer l’erreur dont le propre, comme a dit Descartes, est d’ignorer qu’elle est erreur. Elle doit être consciente de l’illusion de sous-estimer l’illusion. Erreur et illusion ont conduit les responsables politiques et militaires du destin de la France au désastre de 1940 ; elles ont conduit Staline à faire confiance à Hitler, qui faillit anéantir l’Union soviétique.
Tout notre passé, même récent, fourmille d’erreurs et d’illusions, l’illusion d’un progrès indéfini de la société industrielle, l’illusion de l’impossibilité de nouvelles crises économiques, l’illusion soviétique et maoïste, et aujourd’hui règne encore l’illusion d’une sortie de la crise par l’économie néolibérale, qui pourtant a produit cette crise. Règne aussi l’illusion que la seule alternative se trouve entre deux erreurs, l’erreur que la rigueur est remède à la crise, l’erreur que la croissance est remède à la rigueur.
L’erreur n’est pas seulement aveuglement sur les faits. Elle est dans une vision unilatérale et réductrice qui ne voit qu’un élément, un seul aspect d’une réalité en elle-même à la fois une et multiple, c’est-à-dire complexe.
Hélas. Notre enseignement qui nous fournit de si multiples connaissances n’enseigne en rien sur les problèmes fondamentaux de la connaissance qui sont les risques d’erreur et d’illusion, et il n’enseigne nullement les conditions d’une connaissance pertinente, qui est de pouvoir affronter la complexité des réalités.
Notre machine à fournir des connaissances, incapable de nous fournir la capacité de relier les connaissances, produit dans les esprits myopies, cécités. Paradoxalement l’amoncellement sans lien des connaissances produit une nouvelle et très docte ignorance chez les experts et spécialistes, prétendant éclairer les responsables politiques et sociaux.
Pire, cette docte ignorance est incapable de percevoir le vide effrayant de la pensée politique, et cela non seulement dans tous nos partis en France, mais en Europe et dans le monde.
Nous avons vu, notamment dans les pays du « printemps arabe », mais aussi en Espagne et aux États Unis, une jeunesse animée par les plus justes aspirations à la dignité, à la liberté, à la fraternité, disposant d’une énergie sociologique perdue par les aînés domestiqués ou résignés, nous avons vu que cette énergie disposant d’une intelligente stratégie pacifique était capable d’abattre deux dictatures. Mais nous avons vu aussi cette jeunesse se diviser, l’incapacité des partis à vocation sociale de formuler une ligne, une voie, un dessein, et nous avons vu partout de nouvelles régressions à l’intérieur même des conquêtes démocratiques
Merci à Dominique Dréan qui a repéré cette perle : Défendons les riches, taxons les pauvres, par François Morel, sur France inter le vendredi à 9 heures.
Merci de même à Frank Lovisolo qui a flairé cette énième version – feuilleton radio cette fois – des Misérables du grand Hugo. France Culture fête ainsi le cent-cinquantième anniversaire de la publication des Misérables, le grand roman de Victor Hugo. Exilé à Guernesey, il avait soixante ans lorsqu’il le termina. Dès sa parution, le 3 avril 1862, les lecteurs s’arrachent le livre.
En octobre 1862, Hugo écrit à son éditeur italien :
« Vous avez raison, Monsieur, quand vous me dites que le livre « Les Misérables » est écrit pour tous les peuples. Je ne sais s’il sera lu par tous, mais je l’ai écrit pour tous. Il s’adresse à l’Angleterre autant qu’à l’Espagne, à l’Italie autant qu’à la France, à l’Allemagne, autant qu’à l’Irlande, aux républiques qui ont des esclaves aussi bien qu’aux empires qui ont des serfs. Les problèmes sociaux dépassent les frontières. Les plaies du genre humain, ces larges plaies qui couvrent le globe, ne s’arrêtent point aux lignes bleues ou rouges tracées sur la mappemonde. Partout où l’homme ignore et désespère, partout où la femme se vend pour du pain, partout où l’enfant souffre faute d’un livre qui l’enseigne et d’un foyer qui le réchauffe, le livre « Les Misérables » frappe à la porte et dit : « Ouvrez-moi, je viens pour vous ».
À l’heure, si sombre encore, de la civilisation où nous sommes, le misérable s’appelle l’homme ; il agonise sous tous les climats, et il gémit dans toutes les langues ».
C’est curieux,comme les deux programmes vont ensemble.
Le départ en exil fiscal d’Obélix-Gérard Depardieu suscite une légitime levée de boucliers. Mais la polémique entretenue par les déclarations du Premier ministre et du ministre du Travail ne risque-t-elle pas de faire oublier les éclaircissements attendus concernant l’affaire du compte suisse du ministre du budget, Jérôme Cahuzac, révélée par Médiapart ? En tout cas la polémique ne saurait dédouaner les autorités françaises, qui n’ont guère pris d’initiatives fortes contre l’évasion fiscale. Attac propose cinq mesures clés qui permettraient à la France de rétablir sa crédibilité dans ce domaine.
Après l’affaire Woerth-Bettencourt, les soupçons qui pèsent sur le ministre du Budget Jérôme Cahuzac concernant son usage d’un compte à l’Union des Banques Suisses (UBS) entachent à nouveau la crédibilité de l’administration fiscale à son plus haut niveau. Pour montrer sa réelle détermination dans ce domaine la France doit sans délai :
– établir une liste crédible des paradis fiscaux, en lien avec les associations spécialisées ;
– exiger la communication de l’identité de tous les ressortissants français détenteurs de comptes dans les paradis fiscaux, à commencer par la Suisse : l’administration des États-Unis l’a imposé à UBS en 2010, démontrant qu’il suffit d’une volonté politique.
– donner 12 mois aux banques opérant en France pour fermer leurs filiales dans ces territoires, sous menace de retrait de la licence bancaire. Selon l’étude de référence du CCFD-Terre Solidaire, les banques françaises ont 527 filiales dans les paradis fiscaux dont 360 pour la seule BNP Paribas !
– embaucher sous 12 mois au moins 1000 agents de contrôle fiscal pour renforcer les 5000 vérificateurs actuellement en poste: chacun d’entre eux rapporte 2,3 millions d’euros par an à l’Etat grâce aux redressements fiscaux opérés, soit 40 fois le montant de son traitement !
– s’engager fortement auprès des organisations internationales (OCDE, G20…) en faveur du « reporting par pays » [1] pour les multinationales, seul outil efficace pour lutter contre l’évasion fiscale qui permet à Total ou Google de ne payer quasiment aucun impôt sur les bénéfices.
[1] Le reporting par pays oblige les multinationales à rendre transparents le volume d’activité économique réelle, les profits et les impôts qu’elles payent dans chacun des pays où elles sont implantées. Il limite fortement les possibilités d’évasion fiscale.
L” « affaire Depardieu », puisque c’en est une, suit son enflure médiatique. Ainsi dans Libé. Plus de 2.000 commentaires (dont des gratinés carrément fachoïdes) suite aux dernières déclarations de celui qui incarna Jean Valjean dans un téléfilm. Ayant tourné dans Les Misérables, il se vexe de se trouver enrôlé dans Les Minables. Dans sa lettre ouverte au premier ministre (JDD du jour) il en appelle à son passé de prolo, rappelant avoir commencé à travailler « à 14 ans comme imprimeur, comme manutentionnaire puis comme artiste dramatique ». Il précise avoir payé «en 2012 85% d’impôts sur (ses) revenus», et « 145 millions d’euros d’impôts en 45 ans, je fais travailler 80 personnes (…) Je ne suis ni à plaindre ni à vanter, mais je refuse le mot « minable »».
Il peut toujours refuser, il n’en demeure pas moins qu’un misérable, au sens de Victor Hugo n’est pas forcément un minable. Tandis qu’un minable n’est pas non plus toujours un misérable. Ça peut même être un richissime à qui l’impôt républicain (de la chose publique), au nom de plus d’équité entre les citoyens, et par la redistribution, demande une contribution. D’où les contributions directes et indirectes. D’où la progressivité de l’impôt : plus vous avez de rentrées, plus vous êtes imposé. Au maximum jusqu’à 75 %, là où feu le « bouclier fiscal » du Bienfaiteur des riches limitait la prélèvement à 50 %.
Je me souviens, à ce propos, avoir relevé la réaction indignée d’un Finkielkraut, sur la radio publique, volant au secours du prélevé : « Il donne la moitié de son manteau, tout de même ! » D’abord, il ne donne pas – n’est pas saint-Martin qui veut… Ensuite, il y a un abîme entre le fait de donner un euro quand on n’en a que deux, et celui de se faire appeler à un devoir de solidarité par une contribution d’un million d’euros sur deux millions de revenus.
Dans un cas, il vous reste un euro, dans l’autre un million !
Ainsi donc, même en ayant payé 85 % d’impôts sur le revenu (tranche qui n’existe pas…), Depardieu peut continuer à vivre sans changer son grand train de vie (quitte à vendre son hôtel de Chambon, dans le 6e arrondissement de Paris, 1 800 m², estimé à 50 millions d’euros). Ou bien, il a un tel appétit d’ogre qu’il se voit tenu de se faire inviter à des tables de dictateurs, genre Khadirov, le boucher tchétchène, à l’occasion de son mariage à Grozny ; ou bien lors d’un autre mariage, décidément, celui de la fille de Karimov, président facho de l’Ouzbékistan…
L’avidité le rendant aveugle à la détresse ravageuse, Depardieu se place en victime d’un « système » qui, selon lui, dénierait le talent. Minable argumentation ! s’agissant de solidarité et d’éthique.
S’agissant de cette décence commune chère à George Orwell et par laquelle l’écrivain saluait cette faculté du genre humain à l’entraide.
Depardieu aura sombré dans l’indécence commune, y rejoignant la cohorte des innombrables sommités du showbiz, dans les paradis fiscaux où ils jouissent à l’ombre du dieu Fric.
Qu’il eût été plus talentueux, sinon grand « notre Gégé » en s’empêchant cette bassesse. En refusant de jouer dans un tel navet, si bas dans l’affiche des nantis.
Comme des millions d’autres, je me branche chaque soir ou presque sur le journal télé, celui de France 2. Ailleurs, ça doit être pareil, toutes chaînes confondues, dans un système commun où le spectacle domine. Donc, on étend un regard voyeur sur la scène mondiale – enfin, de cette partie superficielle du monde relié au système technique médiatique. Le réseau tisse sa toile en étendant son emprise à finalité marchande ; c’est pourquoi il n’y travaille qu’en surface, ou à la crête des aspérités, surtout pas en profondeur.
Donc, hier soir, comme les autres soirs, « mon » JT présentait « sa » séquence « émotions ». Aujourd’hui, rayon pauvreté, voici Fabienne, jeune mère célibataire, caissière à 800 euros par mois, qui ne peut plus payer sa facture d’électricité. Larmes le long de la joue.
La veille, rayon « illettrisme », ces travailleurs en fait quasi analphabètes, se retrouvant en apprentissage basique, avec des mécaniques intellectuelles grippées, appelant des efforts douloureux. Cet homme est montré de près, la caméra scrute, travaille à la loupe, de son œil de rapace. Le visage se prête si bien à l’exploration, l’homme est un peu rustre, c’est un prolo « brut de décoffrage » ; pour un peu on irait avec l’endoscope, fouiller jusque dans ses tripes. Il résiste, l’homme autopsié par la caméra, il veut faire bonne figure, sourit, croit dominer le rictus. Il parle de son fiston, qu’après il pourra même aider à ses devoirs. Et soudain éclate en sanglots. Et la caméra qui insiste, le poursuit, le traque.
La Crise a ouvert tout grand le champ de la misère à ces terroristes modernes, l’œil de rapace rivé au viseur, mitraillant en silence, ne lâchant pas la proie, qu’ils tétanisent, qu’ils médusent parfois d’un regard obscène de cyclope.
Tels sont ces pornographes adeptes du gros plan, montrant des nez, des yeux, des rides comme on exhibe des bites et des chattes.
Qui isolent la partie du tout afin d’en extraire la larme intime, la perle lumineuse du monde en dérive et en spectacle.
Qui nous transforment en voyeurs, culpabilisés ou jouisseurs secrets de nos privilèges, compatissants jusqu’à la séquence suivante – une vedette, un sportif – qui fera aussitôt oublier celle-ci.
Et avant-hier, encore, c’était cet ouvrier agricole meurtri par sept années en prison sous l’accusation mensongère de viol. Pleurs rentrés.
Et ce soir, de quelles larmes la fameuse « séquence émotions » nourrira-t-elle l’interminable feuilleton de cette litanie télé/visuelle – vue à distance, de loin, hors contexte, si peu politique ?
Enfants-martyrs, ou enfants-soldats ; Noël du « sdf » ; mamie sans famille à l’hospice… La réserve sociale des démunis, des laissés pour compte est inépuisable. Elle peut même, au besoin, se grossir de la détresse animale. Attention cependant à bien en « gérer les richesses » télé/géniques. Cette économie-là aussi est délicate. Rien ne serait plus contre-productif qu’un abus dans ce domaine ; comme dans tout autre – celui du luxe, par exemple, son pendant symétrique. Ainsi, en fait-on des kilos, c’est le cas de le dire, avec un Depardieu pseudo-exilé, visant à soustraire au fisc du pays qui l’a fait roi – des riches et des cons – 1,4% de son immense fortune. Minable, va ! Oui, mais il nous emmerde, le minable, du haut de sa Tour d’Argent comme nous le montre si bien Faber et son dessin ci-contre.
L’essentiel étant, tout de même, que les injustices restent assez supportables pour qu’on supporte l’Injustice.
Il a donc suffi d’une vidéo de dix minutes pour ranimer la flamme du fanatisme islamiste. Cette actualité atterrante et celle des vingt ans passés le montrent : des trois religions révélées, l’islam est aujourd’hui la plus controversée, voire rejetée. Tandis que la judaïque et la chrétienne, tapies dans l’ombre tapageuse de leur concurrente, font en quelque sorte le dos rond – ce n’est pas leur tour. En ce sens, elles peuvent se donner à voir comme les « meilleures », alors qu’elles n’ont pas manqué d’être les pires dans leurs époques historiques flamboyantes, et qu’elles ne sont toujours pas en reste pour ce qui est de leurs dogmes, les plus rétrogrades et répressifs. *
Préalable : parler « religions » ici c’est considérer les appareils, et non pas leurs adeptes plus ou moins consentants. C’est donc parler des clergés, des dogmes et des cohortes activistes et prosélytes. On en dirait autant des idéologies, dont les pires – fascistes et nazies –, construites comme des religions, ont entaché l’Histoire selon des schémas similaires. Donc, distinguer les « humbles pécheurs » abusés par leurs « libérateurs », tout comme on ne confondra pas ces militants aux grands cœurs abusés par les Staline, Hitler et autres tyrans de tous les temps.
Parlons donc de l’islam politique, mis en exhibition dramatique sur la scène planétaire, voulant en quelque sorte se prouver aux yeux du monde. Aussi recourt-il à la violence spectaculaire, celle-là même qui le rend chaque plus haïssable et le renforce du même coup dans sa propre et vindicative désespérance. Et ainsi apparaît-il à la fois comme cause et conséquence de son propre enfermement dans ce cercle vicieux.
Que recouvre l’islamisme, sinon peut-être la souffrance de cette fraction de l’humanité qui se trouve marginalisée, par la faute de cet « Occident » corrompu et « infidèle ». C’est en tout cas le message que tente de faire passer auprès du milliard de musulmans répartis sur la planète, les plus activistes et djihadistes de leurs meneurs, trop heureux de décharger ainsi sur ce bouc émissaire leur propre part de responsabilité quant à leur mise en marge de la « modernité ». Modernité à laquelle ils aspirent cependant en partie – ou tout au moins une part importante de la jeunesse musulmane. D’où cette puissante tension interne entre intégrisme mortifère et désir d’affranchissement des contraintes obscurantistes, entre gérontocrates intégristes et jeunesses revendicatives. D’où cette violence de « cocotte minute » et ces manifestations collectives sans lesquelles les sociétés musulmanes risqueraient l’implosion. D’où, plus avant, les « printemps arabes » et leurs normalisations politiques successives.
Un nouvel épisode de poussées cléricales d’intégrisme se produit donc aujourd’hui avec la promotion d’une vidéo dénigrant l’islam diffusée sur la toile mondiale et attribuée à un auteur israélo-américain – ou à des sources indéfinies. Prétexte à ranimer – si tant est qu’elle se soit assoupie – la flamme des fanatiques toujours à l’affût.
On pourrait épiloguer sur ces conditionnements reptiliens (je parle des cerveaux, pas des personnes…) qui se déchaînent avec la plus extrême violence à la moindre provocation du genre. De tout récents ouvrages et articles ont ravivé le débat, notamment depuis la nouvelle fièvre éruptive qui a saisi les systèmes monothéistes à partir de son foyer le plus sensible, à savoir le Moyen Orient. De là et, partant, de la sous-région, depuis des siècles et des siècles, au nom de leur Dieu, juifs, chrétiens, musulmans – et leurs sous-divisions prophétiques et sectaires – ont essaimé sur l’ensemble de la planète, installé des comptoirs et des états-majors, lancé escouades et armées entières, torturé et massacré des êtres humains par millions, au mépris de la vie hic et nunc, maintenant et ici-bas sur cette Terre, elle aussi martyrisée. Et le tout au nom d’un Au-delà hypothétique, proscrivant à chacun sa libre conscience et l’art d’arranger au mieux la vie brève et, de surcroît, pour le bien de l’entière humanité.
Va pour les croyances, qu’on ne discutera pas ici… Mais qu’en est-il de ces systèmes séculiers proliférant sur les plus noirs obscurantismes ? On parle aujourd’hui de l’islam parce que les guerres religieuses l’ont replacé en leur centre ; ce qui permet aux deux autres de se revirginiser sur l’air de la modération. Parce que l’islamisme « modéré » – voir en Tunisie, Libye, Egypte ; en Iran, Iraq, Afghanistan, Pakistan, etc. – n’est jamais qu’un oxymore auquel judaïsme et christianisme adhèrent obséquieusement, par « charité bien comprise » en direction de leur propre « modération », une sorte d’investissement sur l’avenir autant que sur le passé lourd d’atrocités. Passé sur lequel il s’agit de jeter un voile noir, afin de nier l’Histoire au profit des mythologies monothéistes, les affabulations entretenues autour des messie et prophètes, dont les « biographies » incertaines, polies par le temps autant que manipulées, permettent, en effet, de jeter pour le moins des doutes non seulement sur leur réalité existentielle, mais surtout sur les interprétations dont ces figures ont pu être l’objet. Quid, en effet, d’un Mahomet tel que dépeint ici ou là, c’est selon évidemment, comme ignare, voleur, manipulateur, cupide et amateur de fillettes ? Pas plus réel que sa divinisation, ni celle de Moïse et de Jésus construits hors de leur propre réalité, selon des contes infantiles psalmodiés et faisant appel à la plus totale crédulité.
Mais, admettons que les hommes aient créé leurs dieux par nécessité, celle de combler leurs angoisses existentielles, de panser leurs misères, leurs vertiges face à l’univers et devant l’inconnu des lendemains et d’après la mort. Admettons cela et regardons l’humanité dans la perspective de son devenir et de son évolution – dans le fait de se lever sur ses deux jambes et même de se monter sur la pointe des pieds pour tenter de voir « par dessus » ce qui abaisse, s’élever dans la condition d’humains désirant, parlant, connaissant, comprenant, aimant.
Alors, ces religions d’ « amour », ont-elles apporté la paix, la vie libre et joyeuse, la justice, la connaissance ? Et la tolérance ? Ou ont-elles aliéné hommes et femmes – surtout les femmes… –, maltraité les enfants, méprisé les animaux ; inculqué la culpabilité et la soumission ; attaqué la philosophie et la science ; colonisé la culture et imprégné jusqu’au langage ; jeté des interdits sur la sexualité et les mœurs (contraception, avortement, mariage et même l’alimentation) ; commandé à la politique et aux puissants…
Torah, Bible, Évangiles, Coran – comment admettre que ces écrits, et a fortiori un seul, puisse contenir et exprimer LA vérité ? Par quels renoncements l’humain a-t-il cheminé pour finalement dissoudre sa rationalité et son jugement ? Mystère de la croyance… Soit, encore une fois, pour ce chapitre ! Mais, tout de même, la religion comme système séculier, comme ordre ecclésial, avec ses cohortes, ses palais, ses forteresses spirituelles et temporelles… Son histoire marquée en profondeur par la violence : croisades, Inquisition (je voyais l’autre soir sur Arte, Les Fantômes de Goya, de Milos Forman… ; une histoire de tout juste deux siècles !), guerres religieuses, Saint-Barthélémy, les bûchers, et aussi les colonisations, ethnocides, soutiens aux fascismes… Ça c’est pour le judéo-christianisme.
Côté islamisme, qui dit se dispenser de clergé, son emprise ne s’en trouve que plus entièrement diluée dans les sociétés, d’où l’impossible laïcisme des islamistes, se voudraient-ils « modérés ». Et que penser de cette violence endémique devenue synonyme d’islam, jusque dans nos contrées d’immigration où d’autres extrémismes en nourrissent leurs fonds de commerce nationalistes ? Sans doute un héritage du Coran lui-même et de Mahomet présenté dans son histoire comme le « Maître de la vengeance » et celui qui anéantit les mécréants… Voir sur ce chapitre les nombreuses sourates invoquant l’anéantissement des juifs, chrétiens et infidèles – tandis que, plus loin, d’autres versets promulguent une « sentence d’amitié » – contradiction ou signe opportuniste de « tolérance » ? Voir en réponse les fatwas de condamnation à mort – dont celles de Salman Rushdie par Khomeiny (avec mise à prix réactivée à la hausse des jours-ci !) et de Taslima Nasreen qui a dû s’exiler de son pays, le Bengladesh. Voir l’assassinat de Théo van Gogh à Amsterdam, poignardé puis achevé de huit balles en pleine rue ; dans un documentaire, il venait de dénoncer le traitement réservé aux femmes dans l’islam. [Le voir ci-dessous.]
Même double langage chez le dieu juif Yahvé pour justifier…l’extermination de certains peuples de Palestine (dont les Cananéens…) Cela en vertu du fait que les juifs sont le « peuple élu par Dieu », dont le premier commandement est « Tu ne tueras pas » ! Ce fantasme juif alimente en les légitimant le colonialisme et ce qui s’ensuit en Palestine et l’affrontement des théocraties. Affrontement également par affidés interposés et leurs États ou organisations terroristes : Bush contre Al Quaïda, Tsahal contre le Hezbollah, kamikazes contre population civile. Violences innommables, guerres sans fin.
Quant au film « blasphématoire » qui agite de plus belle les fanatiques islamistes, il est curieux que nos médias de masse, radios et télés en chœur, semblent en contester la légitimité du fait qu’il serait bricolé, mal ficelé, pas pro… Comme s’il s’agissait d’une question d’esthétique ! Quoi qu’il soit et quels que soient ses commanditaires, il fait bien apparaître par les répliques qu’il provoque le niveau de fanatisme imprégnant les pays musulmans. Ce qui s’était déjà produit avec les caricatures danoises de Mahomet, dont certains avaient, de même, contesté la qualité artistique ! Et Goya, au fait, lorsqu’il représentait les visages de l’Inquisition, était-ce bien esthétique ?
La question porte nullement sur la nature du « blasphème » mais sur la disproportion de la réplique engendrée, allant jusqu’à mort d’hommes – l’ambassadeur états-unien et de ses collaborateurs en Libye, victimes sacrificielles et à ce titre totalement inscrites dans un processus d’expiation religieuse !
Et plus près de nous, que dire des provocations menées à Paris devant l’ambassade américaine ? Et aussi à La Courneuve, lors de la fête de l’Huma où Caroline Fourest a été chahutée, menacée, insultée et empêchée de débattre – entre autres sur ces questions d’intégrisme qui font les choux gras du Front national !
Comme quoi, pour résumer, une insulte contre la foi – ou ce qui en tient lieu –constitue un crime plus grave que de s’en prendre à un être vivant.
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* Même si on met un peu à part le judaïsme : cette religion du particulier ethnique sans visée planétaire directe retrouve toutefois le christianisme – ne dit-on pas le judéo-christianisme ? – et l’islamisme dans cette même volonté de pénétrer jusque dans les têtes et les ventres de chacun. En ce sens, celles qui se présentent comme les « meilleures » parviennent bien à être les pires dans leurs manoeuvres permanentes d’aliénation. De même que leur « modération » demeure relative à leur stratégie hégémonique.
J’ai reçu hier de Tunis ces nouvelles atterrantes et tout à fait dignes de foi (si on ose dire…) :
[…] Mais je voulais attirer ton attention et celles des nôtres sur une situation inquiétante que j’ai apprise hier :
Une bachelière ayant réussi au Bac avec mention a été orientée vers l’Ecole Supérieure préparant aux études d’ingénieur de Montfleury. Etant de l’intérieur du pays , ses parents ont cherché désespérément un foyer pour loger leur fille. Ils ont fini par en trouver un, pas trop loin du lieu de ses études, s’appelant d’ailleurs« FLEUR(Y) » ou « Fleur ». Bref, après les avoir fait attendre des semaines pour inscrire leur fille, le directeur de ce foyer privé a fini par l’accepter en faisant payer à ces parents un semestre (ou un an ???) d’avance.Tout en étant trois par chambre.
La rentrée ayant eu lieu, la pauvre jeune fille s’est trouvée prise dans un piège islamique exigeant des étudiantes :
- le port du niqab et ou khimar qu’on leur offre,
- la prière à heure fixe (en particulier celle de l’aube = réveil à 3 h du matin),
- des cours d’enseignement coranique sur place dès le retour de ces étudiantes de leur Institut…
Comme vous vous en doutez , on est bien loin hélas des conditions nécessaires à toute prépa… Inutile de vous dire que la pauvre n’a pu s’adapter à ce genre de programme, elle a quitté ce fameux foyer abandonnant tous les frais d’inscription et les mois d’avance consentis ! Les parents cherchent encore une autre formule de logement.
Cet islamisme rampant à outrance donne froid dans le dos ! Mais où donc allons-nous ?!
A.B.
[J’ai bien sûr préservé l’anonymat de ce témoignage.]
Parue de 1975 à 1981, la Revue Sexpol (sexualité / politique), ses 39 numéros et 2000 pages ont ressuscité par la grace de la numérisation. Un DVD est désormais disponible, au prix coûtant de la numérisation, de la duplication et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette couleur et boîtier rigide ou 11 euros sans. Renseignements et commande en cliquant ici ou sur la couverture du dernier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sexpol.
Un récent et compliqué changement de serveur a causé la perte de quelques « cartons », en l’occurrence certaines images. Les reverra-t-on un jour ? Hmmm…