On n'est pas des moutons

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Japon. L’élection d’un gouverneur rebat les cartes du nucléaire

En provenance du Japon, la nouvelle n’a pas ému nos médias : la région où se trouve la plus puissante centrale atomique du monde, Kashiwazaki-Kariwa (sept réacteurs), va désormais être dirigée par un gouverneur antinucléaire. Ce qui rebat les cartes de l'énergie atomique – pas seulement au Japon.

Ryuichi Yoneyama, 49 ans, a en effet remporté, hier dimanche, les élections dans la préfecture de Niigata (nord-ouest du Japon). L'autorisation du gouverneur étant requise pour la remise en service des réacteurs arrêtés depuis Fukushima, cette nouvelle donne constitue un coup dur pour Tepco, l’exploitant qui espérait sauver ses finances en relançant ces sept réacteurs, les seuls lui restant après l'arrêt des deux centrales de Fukushima, suite à la catastrophe de mars 2011. Dès ce lundi, le cours de Tepco a dévissé de 8 % à la bourse de Tokyo (la plus forte chute du Nikkei : -7,89% à 385 yens).

La centrale de Kashiwasaki avait été sérieusement bousculée par un important séisme en juillet 2007 qui avait provoqué un incendie et des fuites d’eau radioactive. Depuis, alors que la centrale est toujours à l’arrêt, huit incendies se sont déclarés dans les différentes unités [Source : The Japan Times, 6/3/2009]. Pour autant, les autorités ont donné le feu vert en février 2009 pour le redémarrage (désormais compromis) de l'unité n°7.

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La centrale nucléaire de Kashiwasaki a frôlé le désastre lors du séisme du 16 juillet 2007 qui a provoqué un incendie et des fuites d'eau radioactive préfigurant la catastrophe de Fukushima moins de 4 ans plus tard. [Ph. d.r.]

L’Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) avait alors dépêché une mission dirigée par le Français Philippe Jamet, haut dirigeant de l'Autorité de sûreté nucléaire française (ASN). Le rapport publié s'était contenté de quelques recommandations anodines, assurant que les centrales japonaises pouvaient résister à tout événement sismique ou climatique. La catastrophe de Fukushima a dramatiquement rabaissé le caquet de nos arrogants experts. 1

Aujourd'hui, trois seulement des 54 réacteurs nucléaires japonais sont en service mais le gouvernement de l'ultranationaliste (et ultra pronucléaire) Shinzo Abe use de toutes les pressions pour essayer d'obtenir la redémarrage d'autres réacteurs, malgré l'opposition de la population.

Ces réouvertures sont contrecarrées par des décisions de justice ou par le veto de certains gouverneurs régionaux. Voilà pourquoi l'élection de Ryuichi Yoneyama à la tête de la région de Niigata est un coup terrible porté aux projets fous des pronucléaires (et au cours en bourse de Tepco) : ce courageux nouveau gouverneur va refuser la remise en service des sept réacteurs de Kashiwasaki.

Sous peu, les trois réacteurs japonais en service devront s'arrêter pour maintenance et, comme ce fut déjà le cas pendant près de deux ans en 2014 et 2015, le Japon fonctionnera à nouveau avec 0% de nucléaire. Si 130 millions de Japonais peuvent vivre sans nucléaire, comment prétendre encore que c'est "impossible" pour deux fois moins de Français ? 2

Notons encore que cette élection et ses conséquences constituent une mauvaise nouvelle pour les nucléaristes français – entre autres – et en particulier pour EDF et Areva qui misent sur le retour de la droite au pouvoir pour relancer leur offensive sur le marché mondial de l’énergie, y compris en France, bien entendu !

C’est vraisemblablement pour cette raison de prospective politique (pour ne pas dire de probabilité) qu’EDF s’est engagée, dans un contrat franco-chinois, à livrer à Hinkley Point, sud de l’Angleterre, d’ici à fin 2025 – sans dérapage du calendrier et des coûts – deux réacteurs nucléaires EPR de 1 650 mégawatts chacun pour un devis de près de 22 milliards d’euros. Cela, alors que les chantiers EPR en cours dérapent sur les coûts et les délais, et que les finances de l’entreprise française sont au plus bas.

Notes:

  1. On peut prendre la mesure de cette arrogance lors d’un débat télévisé de « C dans l’air » diffusé sur la Cinq en 2007, peu après le séisme qui avait secoué la centrale de Kashiwasaki. Débat auquel participait Stéphane Lhomme, de l'Observatoire du Nucléaire, préconisant la fermeture d’urgence d’au moins 20 réacteurs au Japon si l'on voulait éviter un nouveau Tchernobyl. Avertissement bien sûr non pris en compte. À peine quatre ans plus tard, c'était Fukushima.
  2. Bien sûr, c'est là qu'on ressort le contre argument de l'effet climatique (tant nié par les mêmes avant son évidence) provoqué par les énergies fossiles. Tandis que le "tout nucléaire" a freiné le développement, en France notamment, des énergies alternatives renouvelables.

Le Japon tremble, les Japonais plus encore, hantés par le spectre de Fukushima

L’insoutenable légèreté de la décision atomique

par Céci­le Asa­nu­ma-Bri­ce, cher­cheu­re en socio­lo­gie urbai­ne rat­ta­chée au cen­tre de recher­che de la Mai­son Fran­co Japo­nai­se de Tokyo.

A Kuma­mo­to (pré­fec­tu­re au sud du Japon), secoué par des séis­mes impor­tants depuis le 14 avril, le gou­ver­ne­ment japo­nais joue un bras de fer bien ris­qué avec les élé­ments natu­rels et ceux qui le sont moins. Le choix de main­te­nir en acti­vi­té la cen­tra­le nucléai­re de Sen­dai à 140 km de là, génè­re la colè­re des Japo­nais. Cet­te cen­tra­le, com­po­sée de deux réac­teurs, est la seule à avoir été redé­mar­rée sur le ter­ri­toi­re japo­nais en août 2015, depuis le séis­me accom­pa­gné d’un tsu­na­mi qui avait engen­dré la fon­te des cœurs de trois des six réac­teurs de la cen­tra­le nucléai­re de Fuku­shi­ma Daii­chi en mars 2011.

La cen­tra­le de Sen­dai, bien que construi­te en 1984, aurait été remi­se aux nor­mes après le dra­me nucléai­re du Toho­ku [région du tsu­na­mi de 2011, Ndlr]. Cet­te fois-ci l’enjeu pour le gou­ver­ne­ment japo­nais serait de mon­trer que les nou­vel­les nor­mes sont via­bles et per­met­tent de résis­ter aux plus forts séis­mes, redon­nant un élan à la poli­ti­que de redé­mar­ra­ge des cen­tra­les nucléai­res qui ren­con­tre de for­tes oppo­si­tions dans le pays.

Lire la sui­te sur le blog Fuku­shi­ma, entiè­re­ment dédié à la catas­tro­phe de 2011. 


Nucléaire. Michel Onfray, trop bavardo-actif

onfray_le_pointMichel Onfray devrait mieux se garder de son ennemi du dedans, ce diablotin qui le pousse à trop se montrer. Ici, la une du Point, là, en vedette chez Ruquier, en parlotes sur les ondes, en maints endroits et sur tous les sujets ou presque, ce qui est bien périlleux. Surtout quand, de surcroît, on s'aventure dans des domaines qui impliquent quelque compétence idoine. Notamment sur le nucléaire. C’est ainsi qu'il se prend une bonne raclée (salutaire ?), infligée par Stéphane Lhomme, directeur de l’Observatoire du nucléaire. Où l'on voit que la philo ne déverrouille pas forcément toutes les portes du savoir.

Michel Onfray explose 
sur le nucléaire

par Stéphane Lhomme, directeur de l'Observatoire du nucléaire

On ne peut que rester sidéré par le texte de Michel Onfray, publié par Le Point 1, par lequel il démontre son ignorance totale de la question du nucléaire... ce qui ne l’empêche pas de prendre ardemment position en faveur de cette énergie. C’est d’ailleurs probablement parce qu’il n’y connaît rien qu’il prend cette position.

Il ne s’agit pas pour nous de contester le libre-arbitre de M. Onfray qui peut bien être favorable à l’atome (tout le monde a le droit de se tromper), mais de rectifier les erreurs les plus importantes qu’il commet en s’exprimant sur cette question. Nous pointons en particulier le texte "Catastrophe de la pensée catastrophiste", publié par Le Point le 22/03/2011, c’est à dire 10 jours après le début de la catastrophe de Fukushima. Voyons cela à travers quelques extraits :

On se rapproche du 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, tandis qu'on vient de dépasser le 5e de celle de Fukushima. Rappelons que ces accidents majeurs sont toujours en cours ; car on n'efface pas les conséquences de tels désastres nucléaires.

Michel Onfray : "A défaut de pétrole, et dans la perspective de l’épuisement des énergies fossiles comme le charbon, le nucléaire offrait en pleine guerre froide une possibilité d’indépendance nationale en matière d’énergie civile."

Stéphane Lhomme : Michel Onfray ignore donc que, s’il a produit jusqu’à 80% de l’électricité française, le nucléaire n’a jamais couvert plus de 17% de la consommation nationale d’énergie : même poussé à son maximum (jusqu’à devoir brader les surplus à l’exportation), l’atome ne représente qu’une petite part de l’énergie française, loin derrière le pétrole et le gaz et il est donc bien incapable d’assurer une quelconque "indépendance énergétique". Ce n’est d’ailleurs même pas le cas de ces 17% puisque la totalité de l’uranium (le combustible des centrales) est importée… ce que M. Onfray reconnaît pas ailleurs :

Michel Onfray : "Revers de la médaille : l’indépendance de la France se payait tout de même d’une politique africaine cynique et machiavélienne."

SL : On s’étonnera de la curieuse indulgence que Onfray accorde à la "politique africaine cynique et machiavélienne" : pour le philosophe hédoniste, tout serait donc bon pour nourrir nos belles centrales nucléaires ? Le pillage et la contamination du Niger, l’assèchement des nappes phréatiques locales, le déplacement de populations ancestrales, la militarisation de la région : simple "revers de la médaille" ?

On s’étonnera encore plus de voir le philosophe mêler allègrement cette prétendue "indépendance" et la dite politique africaine : s’il y a "indépendance" de la France, comment peut-elle passer par l’Afrique ? A ce compte, la France est "indépendante" pour sa consommation de pétrole puisqu’elle entretient de bonnes relations avec la dictature d’Arabie Saoudite. Mais le festival continue :

Michel Onfray : "On ne trouve pas d’uranium dans le Cantal ou la Corrèze..."

SL : Mais si, bien sûr, il y a de l’uranium en France, y compris dans le Cantal et en Corrèze ! Areva (à l’époque la Cogema) a exploité dans le pays des centaines de mines d’uranium, ce qui fait d’ailleurs que le territoire est encore largement contaminé  2. Et si 100% de l’uranium est désormais importé (pillé), c’est que la population française ne tolèrerait plus aujourd’hui cette activité et ses nuisances dramatiques.

Essayez donc de rouvrir une mine d’uranium quelque part en France et vous verrez immédiatement les riverains se mobiliser avec la dernière énergie, à commencer par les pronucléaires (qui connaissent mieux que personne, eux, les ravages qu’ils nient le reste du temps). Alors, on continue tranquillement de piller le Niger, où les manifestations anti-Areva sont réprimées sans état d’âme 3, sans jamais faire la Une des médias en France, et sans émouvoir le philosophe pronucléaire qui continue à s’enfoncer :

Michel Onfray : "Le photovoltaïque, la biomasse, l’éolien, l’hydraulique fonctionnent en appoint mais ne suffisent pas à répondre à la totalité du considérable besoin d’énergie de nos civilisations."

SL : Les énergies renouvelables seraient donc bien sympathiques, mais tellement faibles comparées à ce cher atome. Il suffit pourtant de se reporter aux données les plus officielles, par exemple l’édition 2013 (la dernière en date) de Key World Energy Statistics (publié par l’Agence internationale de l’énergie), en consultation libre 4 : on constate alors que, en 2011 (il faut deux ans pour recueillir les données exactes), les énergies renouvelables produisaient 20,3% de l’électricité mondiale, le nucléaire n’étant qu’à 11,7%, une part en déclin continu depuis 2001 - c’est à dire bien avant Fukushima - quand l’atome avait atteint son maximum : 17%.

Or c’est précisément en 2011 qu’a commencé la catastrophe nucléaire au Japon, avec la fermeture des 54 réacteurs du pays, suivie de la fermeture définitive de 8 réacteurs en Allemagne, mais aussi dernièrement de 5 réacteurs aux USA (du fait du coût trop élevé de l’électricité nucléaire) : aujourd’hui, la part du nucléaire dans l’électricité mondiale est passée sous les 10%. Les énergies renouvelables font donc plus du double.

La réalité est encore plus édifiante lorsqu’on regarde l’ensemble des énergies et non plus la seule électricité : le nucléaire couvre moins de 2% de la consommation mondiale d’énergie quand les renouvelables (principalement hydroélectricité et biomasse) sont à plus de 13%. On pourra certes se désoler de ce que le trio pétrole-gaz-charbon représente 85% du total mais, s’il existe une alternative, elle vient bien des renouvelables, dont la part augmente continuellement, et certainement pas du nucléaire dont la part est infime et en déclin.

S’il est une énergie "d’appoint", comme dit Michel Onfray, c’est donc bien le nucléaire, qui réussit cependant l’exploit de causer des problèmes gigantesques (catastrophe, déchets radioactifs, prolifération à des fins militaires, etc.) en échange d’une contribution négligeable à l’énergie mondiale.

N.B. : il ne s’agit pas de discuter ici des tares respectives des différentes énergies (si tant est que celles des renouvelables puissent être comparées à celles, effroyables, de l’atome), il s’agit de montrer que le raisonnement du philosophe s’appuie sur des données totalement fausses, et même inverses à la réalité (comme si "le réel n’avait pas lieu"...), ce qui ne lui permet évidemment pas d’aboutir à des conclusions lumineuses.

Michel Onfray : "Qui oserait aujourd’hui inviter à vivre sans électricité ?"

SL : Il est triste de voir le philosophe se laisser aller à des arguments si éculés que même les communicants d’EDF ou d’Areva n’y ont plus recours. Ainsi, sans nucléaire, point d’électricité ? Il suffit de se reporter au point précédent pour constater l’absurdité de cette remarque. Mais il y a pire encore :

Michel Onfray : "Avec la catastrophe japonaise, la tentation est grande de renoncer à la raison. Les images télévisées montrent le cataclysme en boucle…". Le philosophe stigmatise les irresponsables selon lesquels "Il suffit dès lors d’arrêter tout de suite les centrales et de se mettre aux énergies renouvelables demain matin".

SL : Ainsi, face à l’explosion d’une centrale nucléaire censée résister à tout, les Japonais étant présentés jusqu’alors comme les maîtres de la construction antisismique, la "raison" serait de rejeter toute mise en cause de cette façon de produire de l’électricité ! Notons cependant que les Japonais ont "cédé à l’émotion" de façon parfaitement "irrationnelle" en fermant leurs 54 réacteurs nucléaires (non pas en un jour mais en un an : un bon exemple pour la France et ses 58 réacteurs).

Il est vrai que, comme Onfray, le premier ministre ultranationaliste Shinzo Abe choisit la prétendue "raison" en exigeant la remise en service de certaines centrales. Mais la population (la raison populaire ?) s’y oppose frontalement : peut-être ne tient-elle pas, de façon tout à fait "irrationnelle", à être à nouveau irradiée ?

Michel Onfray : "Or il nous faut penser en dehors des émotions. La catastrophe fait partie du monde (…) Ce qui a lieu au Japon relève d’abord de la catastrophe naturelle". RAPPEL : " Tchernobyl procède (…) de l’impéritie industrielle et bureaucratique soviétique, en aucun cas du nucléaire civil en tant que tel." (Fééries anatomiques, 2003)

SL : Cet argumentaire est vieux comme le nucléaire, usé jusqu’à la corde, et pour tout dire profondément ridicule : "Tchernobyl c’est la faute aux Soviétiques, Fukushima, c’est la faute au tsunami". Le nucléaire et ses promoteurs n’y sont jamais pour rien ! Toutefois, probablement conscient de la faiblesse du raisonnement, Onfray invente le concept de catastrophe "naturelle"… mais quand même un peu à cause des hommes :

Michel Onfray : "Les Japonais ont fait prendre des risques considérables à l’humanité et à la planète. (…) Si l’on bâtit 17 centrales nucléaires, pour un total de 55 réacteurs, dans un pays quotidiennement sujet aux secousses sismiques, il faut bien que cette catastrophe naturelle inévitable soit amplifiée par la catastrophe culturelle évitable qu’est la multiplication de ces bombes atomiques japonaises potentielles..."

SL : Voilà qui fait penser à Sarkozy assurant qu’une catastrophe nucléaire ne pouvait se produire à la centrale de Fessenheim, l’Alsace étant à l’abri des tsunamis. Or il existe de multiples causes possibles pour aboutir à une catastrophe nucléaire, qu’il s’agisse de facteurs naturels (séismes, tsunamis, inondations, etc.) ou humains (erreur de conception, de maintenance, d’exploitation, etc.).

Il est en réalité parfaitement injustifié d’attribuer tous les torts aux seuls Japonais, l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) ayant régulièrement validé les mesures de sûreté face à tous les risques, y compris celui du tsunami. Ce fut d’ailleurs le cas après un violent séisme qui, en juillet 2007, avait préfiguré Fukushima en mettant à mal la plus grande centrale nucléaire du monde, celle de Kashiwasaki : c’est hélas un haut dirigeant de l’Autorité de sûreté française qui avait alors dirigé une mission de l’AIEA et décrété que les centrales japonaises pouvaient continuer à fonctionner sans risque 5

Il tout aussi vain d’attribuer Fukushima à la Nature : ce sont bien des humains qui ont fait tous les calculs et sont arrivés à la conclusion que les centrales résisteraient à un séisme et/ou un tsunami. Les humains sont faillibles par essence, ils se mettent toujours en danger quoi qu’ils fassent. Ce n’est certes pas une raison pour ne rien faire, mais c’est assurément une bonne raison pour se passer des centrales nucléaires (et des bombes atomiques) qui représentent un danger ultime. Or Onfray entonne le doux refrain susurré depuis 40 ans par la CGT-énergie :

Michel Onfray : "Ici, comme ailleurs, il est temps que, comme avec la diplomatie et la politique étrangère qui échappent au pouvoir du peuple, les élites rendent des comptes aux citoyens. Le nucléaire ne doit pas être remis en question dans son être mais dans son fonctionnement : il doit cesser d’être un reliquat monarchique pour devenir une affaire républicaine."

SL : Il suffirait donc que les citoyens et les salariés de l’atome s’emparent de l’industrie nucléaire, et celle-ci deviendrait miraculeusement "sûre". C’est à nouveau oublier que l’être humain est par nature faillible, mais c’est aussi oublier que la population n’a en grande majorité aucune intention de se transformer en exploitant nucléaire ! Les malheureux qui n’ont pas accès à l’électricité sont souvent instrumentalisés par les atomistes, lesquels accusent les antinucléaires de vouloir maintenir des milliards de gens dans la misère. Mais les pauvres aussi savent se renseigner et s’organiser et, s’ils veulent bien l’électricité, ils rejettent celle issue de l’atome : il n’y a qu’à voir les manifestations antinucléaires ultra-massives en Inde, tant contre un projet de centrale russe que contre celui du français Areva 6.

Conclusion :

Michel Onfray : "L’énergie nucléaire n’a jamais causé aucun mort : Hiroshima et Nagasaki, puis Tchernobyl procèdent du délire militaire américain, puis de l’impéritie industrielle et bureaucratique soviétique, en aucun cas du nucléaire civil en tant que tel." (Féeries anatomiques, 2003)

SL : On retrouve ici exactement le même genre d’arguments que ceux de la tristement célèbre National Rifle Association (le puissant lobby des armes à feu aux USA) qui assure que pistolets et fusils ne tuent personne, la faute étant exclusivement celle des gens qui appuient sur les gâchettes. C’est d’ailleurs formellement exact, formellement mais stupidement car c’est de ainsi que se multiplient les crimes de masse jusque dans les écoles américaines. Pour revenir à nos moutons, on pourra accorder à Michel Onfray, s’il y tient vraiment, que le nucléaire n’a tué personne : ce sont donc les gens qui exploitent le nucléaire qui tuent. Nous voilà bien avancés.

Mais notre propos n’est pas de rivaliser avec Michel Onfray : si jamais il lit cette modeste mise au point, peut-être acceptera-t-il de se renseigner un peu sur l’atome et sa part dans l’électricité mondiale, l’uranium et ses mines en France et au Niger, les centrales et leur prétendue "acceptation" par la population qui n’a pas forcément la chance de fréquenter l’Université populaire de Caen mais qui parvient néanmoins à s’informer et à penser collectivement.

Stéphane Lhomme 
Observatoire du nucléaire
http://www.observatoire-du-nucleaire.org
28 août 2014

(Et grand merci à l'auteur !)

Fukushima, cinq ans après : « Ça s’arrose » à l’Écomotive de Marseille

Cinq ans après Fukushima, trente après Tchernobyl, « ça s’arrose » !… On aimerait en rire, si ces deux anniversaires n’étaient synonymes de drames et de dévastations. Ce vendredi 11 mars à Marseille (et ailleurs aussi *), la coopérative d’Europe Écologie-Les Verts organise une soirée Fukushima (programme ci-contre) afin de rappeler que, par ses conséquences incalculables et son étalement dans la durée, une catastrophe nucléaire n’est comparable à aucune autre catastrophe industrielle ou naturelle.

Vendredi à Marseille – Dans le cadre de l'appel de Bruno Boussagol pour l'organisation de 1 000 évènements culturels en France pour commémorer les 5 ans de Fukushima et les 30 ans de Tchernobyl, la coopérative EELV PACA organise à Marseille à l'Écomotive, vendredi 11 mars à partir de 18H30, une soirée culturelle Fukushima, à entrée libre mais limitée en nombre de places.

acteurs_réacteursAu programme :  18h 30  accueil musical par l'orchestre du  Bamboo Orchestra. 19 h  lecture théâtralisée d'extraits de la pièce d'Alain Persat "Acteurs Réacteurs", créée en 2015 sur le thème du nucléaire. 19h 45 débat sur des solutions alternatives aux énergies nucléaires et fossiles, qui peuvent être mises en œuvre à l'échelle d'une famille ou d'une collectivité. Vers 20h 30, repas bio végétarien et local autour d'une grande table.

Pré-réservation nécessaire ici.

Un rappel salutaire au moment où le risque nucléaire revient sur le devant de la scène. Notamment avec le projet de prolonger de dix ans la durée d’exploitation des réacteurs du parc français vieillissant (58 réacteurs, plus l’EPR de Flamanville en cours de construction problématique). Et cela au moment où la Suisse, l’Allemagne et le Luxembourg demandent la fermeture à court terme des centrales frontalières de Fessenheim, Bugey et Cattenom. Au moment encore où EDF se voit ployer sous la charge financière cumulée de trois « héritages » : remise aux normes du parce nucléaire de l’après-Fukushima ; reprise partielle des activités d’Areva – et de sa faillite ; casse-tête des EPR en projet (Grande-Bretagne, Chine) et en construction plus que problématique (Finlande, France) – avec démission du directeur financier de l'électricien…

La bonne nouvelle de ce fatras, si on ose dire, c’est que « notre » électricité si apparemment "compétitive" va augmenter salement dans les mois et années qui viennent (de 30 à 50 % !). Bonne nouvelle en ce sens que le coût réel du nucléaire se dévoilera dans sa réalité crue face aux énergies alternatives renouvelables. Dès lors, les choix énergétiques apparaîtront sans doute, il faut l’espérer, plus évidents.

Fukushima : 11 mars 2011, les réacteurs 1, 2 et 3 et la piscine de désactivation du réacteur 4 de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima Daiichi sont atteints par un séisme majeur puis d’un tsunami. Des incendies suivis d’explosions vont contribuer à ruiner définitivement les installations et relâcher des quantités massives d’effluents radioactifs gazeux et liquides.

Toute une région s’est trouvée ruinée : population évacuée, contamination des personnes, des animaux et des plantes; agriculture et pêche ruinées, terres contaminées par la radioactivité, rejets toxiques dans l’air et dans la mer. Les conséquences d’une telle catastrophe sont humainement inacceptables.

Sur les 300 000 personnes de la préfecture de Fukushima qui ont évacué la zone, jusqu'en août 2013, d'après les chiffres de la Croix-Rouge, approximativement 1 600 morts seraient liées aux conditions d'évacuation, comme l'hébergement en abris d'urgence ou en logement temporaire, l'épuisement dû aux déplacements, l'aggravation de maladies existantes consécutives à la fermeture d'hôpitaux, les suicides, etc. Un évaluation qui est comparable aux 1 599 décès directement causés par le séisme et le tsunami dans la préfecture de Fukushima, en 2011. De nombreuses municipalités refusent d'indiquer la cause exacte du décès, afin de ne pas perturber les futures projections de demande d'indemnisation des familles pour le pretium doloris.

Outre ces décès dans la préfecture de Fukushima, on compte 869 décès dans la préfecture de Miyagi et 413 dans celle d'Iwate.

En juin 2013, pour la seule préfecture de Fukushima, 150 000 personnes étaient encore « réfugiées ». Selon la Croix-Rouge, outre leurs conditions de vie difficiles, ces réfugiés sont affectés par l'incertitude sur la date ou la possibilité d'un retour dans leur habitation d'origine. [Wikipedia].


Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl

Nous avons – mon fils Fran­çois et moi-même – sai­si au vol cet­te sug­ges­tion d’un ami : mar­quer le 30e anni­ver­sai­re de la catas­tro­phe de Tcher­no­byl (26 avril 1986) par la publi­ca­tion d’un album pho­tos et tex­te. D’autant que cet­te idée rejoint l’appel à l’organisation de 1 000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thè­me du nucléai­re, entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril (30 ans après Tcher­no­byl).

tcherno2

Nous nous som­mes donc lan­cés dans l’ouvrage, qui est prêt – du moins «sur les écrans ». Nous avons jus­te un peu modé­ré l’élan avant de pas­ser au papier d’édition…D’où cet appel à sou­te­nir l’initiative. D’où cet­te sous­crip­tion afin recueillir les fonds néces­sai­res à la publi­ca­tion puis la dif­fu­sion dans le cadre de cet­te cam­pa­gne anti-nucléai­re.

Vous pou­vez par­ti­ci­per en cli­quant sur le lien d’une cagnot­te élec­tro­ni­que sécu­ri­sée :

https://www.leetchi.com/c/30-ans-apres-tchernobyl

Vous pou­vez aus­si adres­ser un chè­que ou un billet à mon adres­se : Gérard Pon­thieu, 102, rue Jules-Mou­let 13006 Mar­seille.

En contri­buant pour 20 euros, vous rece­vrez l’album chez vous en avant pre­miè­re (nous vous deman­de­rons alors votre adres­se pos­ta­le par cour­riel).

Si vous don­nez plus, vous rece­vrez autant d’exemplaires que de tran­ches de 20 euros. Vous figu­re­rez aus­si dans la lis­te des sous­crip­teurs et serez tenus au cou­rant des éta­pes de fabri­ca­tion, puis de dif­fu­sion de cet album.

À par­tir du lien ci-des­sus, vous trou­ve­rez plus d’information sur cet­te créa­tion de qua­li­té, à tira­ge limi­té. Les pho­tos, pri­ses en Pro­ven­ce et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­ti­que sur le thè­me d’« après le nua­ge ».

Mer­ci d’avance pour votre sou­tien !

Fran­çois et Gérard Pon­thieu


Nucléaire : 4 ans après Fukushima, le Japon sonne la relance

« Le réac­teur numé­ro 1 de la cen­tra­le de Sen­dai a redé­mar­ré à 10 h 30 [3 h 30, heu­re fran­çai­se] », a annon­cé, ce mar­di 11 août, un por­te-paro­le de la com­pa­gnie japo­nai­se Kyu­shu Elec­tric Power. Ain­si, qua­tre ans et cinq mois après la catas­tro­phe de Fuku­shi­ma, en mars 2011, les auto­ri­tés japo­nai­ses pas­sent outre l’opposition de la popu­la­tion nip­po­ne, tou­jours trau­ma­ti­sée. Selon des son­da­ges, 60 % des Japo­nais demeu­rent hos­ti­les à l’énergie nucléai­re.

Souhai­tée par le gou­ver­ne­ment conser­va­teur, cet­te remi­se en ser­vi­ce d’installations nucléai­res est d’abord moti­vée par des rai­sons éco­no­mi­ques. Le Japon connaît depuis 2011 d’importants défi­cits com­mer­ciaux dus en gran­de par­tie à la fac­tu­re d’hydrocarbures pour ali­men­ter les cen­tra­les ther­mi­ques. Des argu­ments… éco­lo­gi­ques sont aus­si mis en avant, sur le regis­tre de la réduc­tion des gaz à effet de ser­re émis par les cen­tra­les au gaz, au pétro­le ou au char­bon.

Mais les Japo­nais res­tent majo­ri­tai­re­ment hos­ti­les à ce redé­mar­ra­ge – qui inter­vient en plein dans les vacan­ces d’été – et à quel­ques jours des céré­mo­nies du soixan­te-dixiè­me anni­ver­sai­re des bom­bar­de­ments d’Hiroshima et de Naka­sa­ki. Nao­to Kan, pre­mier minis­tre au moment de Fuku­shi­ma, deve­nu depuis l’un des plus viru­lents oppo­sants au nucléai­re, a qua­li­fié cet­te mise en ser­vi­ce d” »erreur ». Des mani­fes­ta­tions ont été orga­ni­sées aux por­tes de la cen­tra­le de Sen­dai et devant la rési­den­ce du pre­mier minis­tre, à Tokyo. « Les leçons de Fuku­shi­ma n’ont pas été tirées », a dénon­cé l’un des conseillers muni­ci­paux de Sat­su­ma­sen­dai. Le réac­teur de Sen­dai – situé sur la côte, au sud-ouest de Tokyo – est le pre­mier à être remis en ser­vi­ce, tan­dis qu’une ving­tai­ne se pré­pa­rent aus­si à redé­mar­rer.

Ce signal était évi­dem­ment atten­du des milieux nucléa­ris­tes de la pla­nè­te sur laquel­le quel­que 76 réac­teurs nucléai­res sont en chan­tier… Tout va bien.

• À lire, le blog fran­çais entiè­re­ment dédié à Fuku­shi­ma et ses sui­tes : http://www.fukushima-blog.com/


Fukushima, quatre ans après – le désastre sans fin

Samedi 14 mars, réaction en chaîne humaine dans la vallée du Rhône - Provence-Alpes-Côte d’Azur

Pour la transition énergétique sans nucléaire !

Programme et itinéraire :

http://chainehumaine.fr/trajet-previsionnel-de-la-chaine-humaine-du-14-mars-2015/ 

Sinistre anniversaire que ce quatrième marquant la catastrophe de Fukushima. À 14 h 46, ce vendredi 11 mars 2011, un tremblement de terre d'une magnitude 9 se produit, endommageant la centrale nucléaire de Fukushima Daini dès ce moment. À 15 h 30, une vague de 15 mètres générée par le séisme atteint la centrale de Fukushima Daiichi, construite à une hauteur de 6,5 à 10 m au-dessus du niveau de la mer. Pour Fukushima-Daini, l'exploitant Tepco avait construit un mur qui ne pouvait résister qu'à un tsunami de 5,7 mètres de haut maximum. Trois des six réacteurs se mettent à l'arrêt automatique. Tandis que les systèmes de refroidissement tombent en panne, ainsi que les groupes électrogènes de secours.

Et c'est la catastrophe majeure : fusion des réacteurs, explosions ou incendies des enceintes 1 à 4, dispersions radioactives dépassant 300 fois la norme admissible, contamination sur un rayon de plus de 80 km, déplacement de milliers de riverains, rejet d'eau fortement radioactive dans le Pacifique, situation incontrôlable de l'ensemble des installations – et nullement stabilisée aujourd’hui. Tandis que des milliers de travailleurs ont depuis été amenés sur place – dans des conditions critiques, et très critiquées – pour tenter de "colmater les brèches" d'un chantier désormais sans fin, sans horizon. Voici un instantané concernant la situation des "lquidateurs" de Fukushima, telle que rapportée par le blog Fukushima 福島第 consacré entièrement à la catastrophe nucléaire et à ses répercussions au Japon et dans le monde.

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L'étendue du sinistre

Le 19 janvier, à la centrale nucléaire n°1 de Fukushima, un travailleur est tombé du bassin et il est mort, et à la centrale nucléaire n° 2, le 20 janvier, un autre travailleur est mort également, écrasé sous une machine. En 2014, jusqu'à fin novembre, 40 travailleurs ont été blessés. Ce chiffre est trois fois plus important que l'année dernière.

Maintenant, dans la centrale nucléaire n°1, travaillent chaque jour 6.000 personnes. Il manque non seulement des forces de travail, mais aussi la qualité du travail. Un travailleur témoigne : "Il manque certes des travailleurs, mais tout aussi grave est le manque de travailleurs expérimentés. Déjà sont partis la plupart des ouvriers expérimentés qui travaillaient avant l'accident, car leur norme d'exposition était dépassée. Maintenant, la politique de Tepco est que nous finissions le travail donné  le plus rapidement possible et à moindre coût. Sa politique axée sur le seul profit engendre des accidents."

Extrait d'un article paru dans le journal Fukushima Minjū le 11 décembre 2014 :

«Je suis sans famille, donc je peux subvenir à mes besoins, mais si j'avais  de la famille, il me serait difficile de la nourrir", a déclaré un homme de 50 ans qui travaille à la centrale n°1 depuis trois ans déjà. Auparavant, il s'occupait d'enlèvement de déchets et de construction de réservoirs pour l'eau contaminée, mais maintenant il transporte l'eau contaminée qui s'est accumulée sous les bâtiments des réacteurs. Son salaire est de 200.000 yens  (1.500 euros) par mois.

"La radioactivité dans la centrale est encore si forte qu'il porte un vêtement de protection et un masque qui lui couvre toute la tête. Il est si lourdement couvert qu'il ne peut pas se déplacer facilement, c'est pourquoi un travail d'une heure et demie est sa limite mais, en raison de la longueur des procédures pour pénétrer dans l'usine et en sortir et à cause des préparatifs, il prend la route à 5 heures du matin, depuis son appartement à Iwaki, à 40 km de la centrale, et il rentre chez lui seulement dans la soirée. Il partage sa chambre avec quelques personnes. […]

"Au cours du dernier mois, il a été exposé à 1,8 millisievert de radioactivité. Il est légalement permis aux travailleurs d'être exposés à un maximum de 50 millisieverts par an, cependant de nombreuses entreprises ont leur propre norme par exemple de 20 millisieverts, donc s'il travaille et se trouve exposé à ce rythme, il devra quitter son lieu de travail au bout d'un an. «Je sens que le public a commencé  à se désintéresser de l'accident nucléaire, mais des travaux plus dangereux se multiplieront certainement dans les bâtiments des réacteurs. Je souhaite que l'on puisse connaître ce fait "."

Craintes de maladies

"Tepco a enquêté chez 4.587 travailleurs à la centrale nucléaire n°1 en août et septembre 2014. 2.003 travailleurs (43,7%) ont peur en raison du travail à la centrale, et leur plus grande crainte était l'éventualité d'une maladie due à la radioactivité. Le ministère a fait savoir que les travailleurs des centrales ont davantage de risques de cancers de la vessie, du poumon et du pharynx lorsqu'ils sont exposés à plus de 100 millisieverts.

"Cependant il est étrange que l'Autorité de régulation nucléaire prévoit d'augmenter la norme maximale d'exposition des travailleurs, en passant de  100 à 250 millisieverts. Le responsable a dit: "La norme internationale est comprise entre 250 et 500 millisieverts par an, mais plus le niveau est bas mieux c'est. S'il arrive un accident de même niveau qu'à Fukushima, les travailleurs pourront s'occuper des réparations avec une exposition maximale de 250 millisieverts."

Prolifération des déchets contaminés

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L'étendue des déchets

"Maintenant, on a commencé à démanteler les quatre réacteurs de la centrale nucléaire n°1. Tous les déchets, tels que morceaux de béton des réacteurs détruits et arbres abattus pour faire place aux réservoirs sont fortement radioactifs. On n'a pas le droit de les transporter à l'extérieur, de sorte que tous les déchets s'accumulent sur le  site. Tepco  prévoit que jusqu'à 2027 s'amasseront 560.000 tonnes de déchets contaminés. Déjà 200.000 tonnes de déchets ont commencé à arriver, qui occupent 60% de l'espace de stockage.

"Les travailleurs des centrales portent un casque, un vêtement de protection, des gants et plusieurs autres effets. On réutilise casques,masques et chaussures, mais on jette les autres articles. On les met  dans de grandes caisses et on en fait des monticules à huit endroits sur le terrain. Tepco prévoit de les brûler et d'en réduire la quantité, mais n'y parviendra pas, car le nombre de travailleurs est de plus en plus grand."


Fukushima. Le système de décontamination d’eau ne fonctionne plus

Le sys­tè­me de décon­ta­mi­na­tion d’eau de la cen­tra­le de Fuku­shi­ma est arrê­té depuis hier, 18 mars. Selon Tep­co, l’EDF japo­nais, une des trois lignes de décon­ta­mi­na­tion du sys­tè­me a arrê­té de fonc­tion­ner nor­ma­le­ment lun­di, ce qui a conduit la com­pa­gnie à la stop­per puis à sus­pen­dre aus­si par pré­cau­tion les deux autres. Ce sys­tè­me, bap­ti­sé ALPS, est cen­sé fonc­tion­ner depuis plu­sieurs mois, mais dans les faits il ne ces­se de ren­con­trer des pro­blè­mes divers. Cet équi­pe­ment déve­lop­pé avec le grou­pe Toshi­ba est pour­tant pré­sen­té com­me un roua­ge-clé pour résou­dre le pro­blè­me d’eau conta­mi­née dont regor­ge la cen­tra­le acci­den­tée.

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Quand c’est plein, ça débor­de. [Docu­ment Tep­co]

Plus de 435 000 m3 d’eau conta­mi­née sont actuel­le­ment sto­ckés dans plus d’un mil­lier de gigan­tes­ques réser­voirs mon­tés à la hâte. Tep­co conti­nue d’en fai­re ins­tal­ler entre vingt et qua­ran­te par mois pour ten­ter de sui­vre le ryth­me du flux conti­nu de liqui­de souillé pro­ve­nant des sous-sols du site et des arro­sa­ges per­ma­nents des réac­teurs rava­gés. La pol­lu­tion de l’océan Paci­fi­que est en pas­se de s’aggraver ; à la fois par les fui­tes d’eau détec­tées en de mul­ti­ples endroits sur les rui­nes des cen­tra­les, mais aus­si par­ce que l’eau actuel­le­ment sto­ckée fini­ra tôt ou tard dans l’océan. Et cela, même si cet­te eau aura été « décon­ta­mi­née » par le sys­tè­me ALPS – car elle contien­dra enco­re au moins du tri­tium.

Le direc­teur de la cen­tra­le, Aki­ra Ono, a recon­nu récem­ment se sen­tir dému­ni face à ces dif­fi­cul­tés, et espé­rer que les efforts menés avec les auto­ri­tés per­met­tront d’en venir à bout. 

La priè­re com­me der­nier rem­part contre la radio­ac­ti­vi­té.

[Sour­ces : AFP, Le Mon­de]

 

Pendant ce temps, à Fessenheim…

…« L’Association « Fes­sen­heim, notre Ener­gie » (ASFNE) s’insurge contre le coup de for­ce de ce jour per­pé­tré par des mili­tants de Green­pea­ce et condam­ne vive­ment cet­te action. Contrai­re­ment à ce qui est dit, il s’agit bien d’une action vio­len­te puisqu’il y a effrac­tion déli­bé­rée avec des moyens impor­tants de type ter­ro­ris­te, un véri­ta­ble choc pour le per­son­nel au tra­vail. 

« L’ASFNE esti­me qu’il est tota­le­ment dis­pro­por­tion­né de recou­rir à des métho­des de com­man­dos pour fai­re pas­ser un mes­sa­ge quel qu’il soit. Et il est inac­cep­ta­ble qu’EELV, dont deux mem­bres figu­rent au gou­ver­ne­ment, ait pu féli­ci­ter ce matin Green­pea­ce pour cet­te action illé­ga­le et anti-démo­cra­ti­que. Il est évi­dent que l’absence de réel­les sanc­tions dis­sua­si­ves, après les actions simi­lai­res pré­cé­den­tes,encou­ra­ge Green­pea­ce dans cet­te voie.
« Il faut rap­pe­ler enfin que Fes­sen­heim a été décla­rée sûre par l’Autorité de Sûre­té Nucléai­re, la seule auto­ri­té com­pé­ten­te. Des cen­tai­nes de mil­lions d’euros ont été inves­tis ces der­niè­res années pour en fai­re une des 1ère cen­tra­les de Fran­ce dont la sûre­té a été moder­ni­sée et mise aux der­niers stan­dards inter­na­tio­naux du moment. Une usi­ne ne vieillit pas com­me les humains ; quand un maté­riel nedon­ne plus satis­fac­tion, on le répa­re ou le rem­pla­ce !
« Sou­hai­tons-nous vrai­ment vivre dans notre pays ce que subis­sent les Alle­mandsaprès la déci­sion radi­ca­le de fer­me­tu­re de son parc nucléai­re, tant sur le plan duprix du kWh que vis-à-vis des for­tes attein­tes envi­ron­ne­men­ta­les ? La pol­lu­tion atmo­sphé­ri­que de ces der­niers jours, en par­tie due aux émis­sions des cen­tra­les au char­bon alle­man­des, est un exem­ple qui impac­te tous leurs voi­sins. A contra­rio, la Fran­ce fait par­tie des meilleurs pays euro­péens pour ses fai­bles émis­sions de CO2… grâ­ce à son éner­gie nucléai­re ! »

« Le dernier homme de Fukushima »

Nao­to Mat­su­mu­ra, appe­lé « le der­nier hom­me de Fuku­shi­ma », vit tou­jours à Tomio­ka, petit bourg pris en étau entre les deux cen­tra­les Daii Chi et Daii Ni. Mathieu Vidard l’a ren­con­tré lors de son pas­sa­ge à Paris et a dif­fu­sé ce mar­di (11/3/14) son témoi­gna­ge, poi­gnant et réso­lu (Fran­ce Inter, La tête au Car­ré).

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Nao­to Mat­su­mu­ra © Anto­nio Pagnot­ta - 2014
Les dates de sa tour­née euro­péen­ne : du 5 au 14 mars en Fran­ce. Du 15 au 22 mars en Alle­ma­gne et en Suis­se. Ce 11 mars, il devait pren­dre la paro­le au Par­le­ment euro­péen de Stras­bourg.

Agri­cul­teur et éle­veur, Nao­to Mas­tu­mu­ra a pris sa réso­lu­tion de res­ter sur pla­ce en soli­da­ri­té avec son bétail et les ani­maux aban­don­nés à leur sort. Il s’est alors trou­vé devant l’alternative : man­ger les pro­duits locaux – conta­mi­nés – et mou­rir à ter­me ; ou bien ne pas man­ger… et mou­rir de faim. Il a donc, depuis main­te­nant trois ans, refu­sé l’évacuation de la zone et conti­nué à culti­ver les ter­res et à pêcher dans les riviè­res radio­ac­ti­ves, se sachant gra­ve­ment conta­mi­né, notam­ment au césium, et expo­sé à de gra­ves mala­dies.

Désor­mais por­te-dra­peau de la résis­tan­ce japo­nai­se face au désas­tre nucléai­re, Nao­to Mat­su­mu­ral  a effec­tué un péri­ple de dix jours en Fran­ce pour témoi­gner des consé­quen­ces de la catas­tro­phe du 11 mars 2011, lui qui se trou­vait à une quin­zai­ne de kilo­mè­tres des réac­teurs qu’il a enten­du explo­ser.

L’agriculteur japo­nais voit d’inquiétantes simi­li­tu­des entre les scé­na­rios fran­çais et japo­nais : « Au Japon, il y a 54 réac­teurs, vous en avez 58. Le pro­chain acci­dent nucléai­re, ce sera soit au Japon, soit en Fran­ce». Selon lui, la Fran­ce pèche par excès de confian­ce dans la sûre­té de ses ins­tal­la­tions, com­me le Japon l’a fait par le biais de Tep­co, l’opérateur de la cen­tra­le de Fuku­shi­ma. « Je pen­se qu’EDF esti­me que les cen­tra­les nucléai­res fran­çai­ses béné­fi­cient d’une tech­ni­que de meilleu­re qua­li­té. Tep­co, c’était pareil. Ils nous disaient qu’il n’y avait pas de dan­ger, que c’était sûr... » Le-Dernier-homme-de-Fukushima

« Cet hom­me a un immen­se sens pay­san », esti­me Anto­nio Pagnot­ta, pho­to­re­por­ter, auteur du Der­nier hom­me de Fuku­shi­ma (Ed. Don Qui­chot­te). «En choi­sis­sant de res­ter dans sa fer­me et de conti­nuer à nour­rir ses bêtes, il ne fai­sait pas que sau­ver son bétail, il sau­vait le prin­ci­pe même de la vie dans cet­te zone.» L’homme fait preu­ve d’une « énor­me com­pas­sion pour le vivant ». Shin­toïs­te, il esti­me que cha­que être vivant est l’égal de l’autre, et nour­rit un atta­che­ment qua­si vis­cé­ral à sa ter­re. « C’est un guer­rier, il a vu les pro­blè­mes arri­ver bien en amont. Et il a com­pris que s’il avait fui ses ter­res com­me tout le mon­de, il aurait per­du son hon­neur et sa digni­té. »

A l’occasion du troi­siè­me anni­ver­sai­re de la catas­tro­phe, Nao­to Mat­su­ma­ra a accep­té l’invitation d’Antonio Pagnot­ta et de plu­sieurs mili­tants anti-nucléai­res (notam­ment Cathe­ri­ne Connan et Pier­re Fetet, res­pec­ti­ve­ment de Green­peace et auteur d’un blog sur Fuku­shi­ma) pour ce péri­ple de dix jours en Fran­ce, pas­sant par Fes­sen­heim, la doyen­ne des cen­tra­les fran­çai­ses que Fran­çois Hol­lan­de a pro­mis de fer­mer avant la fin 2016. 

Lire aus­si :

Nucléaire. La pro­ba­bi­lité d’un acci­dent en France serait de 50% pour le parc actuel

Fukushima: Les autorités instrumentalisent la culture japonaise pour maintenir la population dans l’ignorance


Nucléaire. Greenpeace face à la justice et aux dangers de Tricastin

En Fran­ce, trois ans après Fuku­shi­ma, poin­ter du doigt cer­tai­nes véri­tés sur le nucléai­re est tou­jours mal vu par les auto­ri­tés. Alors que sur le front de l’énergie, rien ne bou­ge, qu’on ne sait tou­jours pas com­ment Fran­çois Hol­lan­de va tenir sa pro­mes­se de réduc­tion de la part du nucléai­re, que les cen­tra­les nucléai­res fran­çai­ses vieillis­sent, à l’image de Tri­cas­tin, que le ris­que d’accident aug­men­te.

29 militants de Greenpeace entrés à la centrale de Tricastin le 15 juillet 2013

29 mili­tants de Green­pea­ce entrés à la cen­tra­le de Tri­cas­tin le 15 juillet 2013

La cen­tra­le de Tri­cas­tin, mise en ser­vi­ce depuis 1980 – elle a dépas­sé les 30 ans de durée de vie ini­tia­le­ment pré­vue. – est expo­sée à de grands ris­ques : sis­mi­ques, indus­triels, ter­ro­ris­tes, d’inondation. Les consé­quen­ces d’un acci­dent y seraient d’autant plus désas­treu­ses que le mis­tral pour­rait rapi­de­ment por­ter une conta­mi­na­tion radio­ac­ti­ve sur les Bou­ches du Rhô­ne et la Côte d’Azur.

De plus, Tri­cas­tin a cumu­lé de nom­breux inci­dents et cas de pol­lu­tion [voir ici], tan­dis que Green­pea­ce a démon­tré la fai­bles­se des sys­tè­mes de pro­tec­tion quand  de ses mili­tants sont par­ve­nus jusqu’aux bâti­ments des réac­teurs.

De son côté, dans son rap­port de 2013, l’Autorité de sûre­té nucléai­re a poin­té de mul­ti­ples insuf­fi­san­ces, notam­ment en matiè­re de radio­pro­tec­tion.

Clé­ment, 21 ans, est l’un des 29 mili­tants de Green­pea­ce entrés à la cen­tra­le de Tri­cas­tin le 15 juillet 2013, et convo­qués ce mar­di 14 jan­vier au Tri­bu­nal de Valen­ce. Le pro­cu­reur a requis jusqu’à six mois de pri­son avec sur­sis, ce qui est très lourd pour une tel­le action, démons­tra­ti­ve cer­tes, mais fon­ciè­re­ment paci­fis­te.

La vidéo ci-des­sous mon­tre l’engagement et la déter­mi­na­tion de ce jeu­ne mili­tant dans cet­te action aus­si édi­fian­te que spec­ta­cu­lai­re.

Le juge­ment sera ren­du le 6 mars pro­chain à Valen­ce.

> > >  Lire éga­le­ment sur « C’est pour dire » 


Fukushima. L’ex-président de l’autorité de sûreté nucléaire des États-Unis, ennemi de l’intérieur

g-jaczko-nucleaire-fukushima-usaEx-pré­si­dent de l’autorité de sûre­té nucléai­re des Etats-Unis, Gre­go­ry Jacz­ko vient de jeter un sacré pavé dans la mare nucléa­ris­te. « Ce qui s’est pas­sé à Fuku­shi­ma est tout sim­ple­ment inac­cep­ta­ble » a-t-il décla­ré dans un entre­tien évi­dem­ment repris par le réseau Sor­tir du nucléai­re. Il n’est pas le pre­mier à dénon­cer les insup­por­ta­bles consé­quen­ces de tout acci­dent nucléai­re, dont l’éventualité – sinon la pro­ba­bi­li­té – n’exclut aucu­ne ins­tal­la­tion nucléai­re dans le mon­de. La nou­veau­té, en l’occurrence, vient de l’auteur de cet­te dénon­cia­tion, à savoir l’un des haut res­pon­sa­bles de la sûre­té nucléai­re des Etats-Unis où les pro­nu­cléai­res, faut-il le sou­li­gner ? le consi­dè­rent désor­mais com­me un enne­mi.


Nucléaire. Greenpeace franchit la sécurité de Tricastin

L’époque est aux lan­ceurs d’alertes : cli­mat, fli­ca­ges numé­ri­ques, cor­rup­tions en tous gen­res. Et nucléai­re ce lun­di avec les aler­teurs de Green­pea­ce. Une fois de plus, ils ont fait leur bou­lot de démons­tra­tion par la preu­ve. EDF, l’ASN et les pou­voirs publics peu­vent bien ten­ter de mini­mi­ser l’opération de cet­te nuit à la cen­tra­le de Tri­cas­tin en pré­ten­dant que les aler­teurs  de Green­pea­ce ne sont pas par­ve­nus dans la zone ulti­me de contrô­le. Espè­rent-ils  qu’un grou­pe de ter­ro­ris­tes fas­sent « mieux » ?… Ain­si, au lieu de les féli­ci­ter pour orga­ni­ser gra­tui­te­ment et gran­deur natu­re un exer­ci­ce de cri­se, ils vont les pour­sui­vre en jus­ti­ce !

Le site de Tri­cas­tin accueille la plus impor­tan­te concen­tra­tion d’industries nucléai­res et chi­mi­ques de Fran­ce. C’est aus­si le site nucléai­re le plus éten­du de Fran­ce, devant l’usi­ne de retrai­te­ment de La Hague. Le site regrou­pe de nom­breu­ses acti­vi­tés liées à la fabri­ca­tion et l’exploitation du com­bus­ti­ble nucléai­re. Les pre­miè­res ins­tal­la­tions sont entrées en fonc­tion­ne­ment au cours des années 1960 pour enri­chir de l’uranium à des fins mili­tai­res. Actuel­le­ment, plus de 5 000 employés tra­vaillent au Tri­cas­tin dans un impor­tant réseau d’entreprises.

Les deux tiers de l’électricité pro­dui­te par les qua­tre réac­teurs de 900 MW sont consom­més sur pla­ce, notam­ment par l’usine voi­si­ne d’enrichissement Euro­dif. Il est pré­vu que le der­nier tiers ali­men­te­ra l’expérimentation d’ITER, quand ce réac­teur à fusion nucléai­re sera opé­ra­tion­nel – s’il le devient – dans quin­ze ou vingt ans, à Cada­ra­che (Bou­ches-du-Rhô­ne).

En exploi­ta­tion à par­tir de 1960, la cen­tra­le de Tri­cas­tin est pres­que aus­si vieille que cel­le de Fes­sen­heim – que Fran­çois Hol­lan­de s’est enga­gé à fer­mer. Ce que lui rap­pel­le Green­pea­ce en actua­li­sant cet­te pro­mes­se et en l’étendant aux ins­tal­la­tions de Tri­cas­tin, éga­le­ment situées sur une zone sis­mi­que. Par leurs pro­jec­tions d’images sur les murailles de béton, en par­ti­cu­lier la repré­sen­ta­tion appuyée d’une fis­su­re, l’ONG éco­lo­gis­te appuie aus­si sur une réa­li­té : à savoir que la plu­part des encein­tes de confi­ne­ment des réac­teurs – même épais­ses d’un mètre de béton – sont plus ou moins fis­su­rées et non étan­ches !

Les popu­la­tions voi­si­nes se sont le plus sou­vent, et dans l’ensemble, habi­tuées et rési­gnées face aux dan­gers qui les mena­cent au quo­ti­dien. Com­me dans d’autres ins­tal­la­tions nucléai­res, mais à Tri­cas­tin plus par­ti­cu­liè­re­ment, des inci­dents se sont suc­cé­dés ces der­niè­res années. L’Auto­ri­té de sûre­té se veut tou­jours ras­su­ran­te en clas­sant ces inci­dents dans le bas de l’échelle des ris­ques.

N’oublions pas non plus qu’EDF finan­ce les col­lec­ti­vi­tés loca­les à hau­teur de 14 mil­lions d’euros par an au titre de la taxe pro­fes­sion­nel­le. Là plus qu’ailleurs c’est l’économie qui com­man­de. Jusqu’à ce qu’un acci­dent gra­ve pré­sen­te sa fac­tu­re. Mais les acci­dents, on le sait, ça n’arrive qu’ailleurs : Three Miles Island (USA), Tcher­no­byl, Fuku­shi­ma

 

Lire aus­si :

TRICASTIN. Et Mme Areva but l’eau du lac…

 


Fukushima : 4 mois de catastrophe

Par GreenPeace France

Quatre mois se sont écoulés depuis le tremblement de terre et le tsunami qui ont dévasté le Japon. À 14 h 46 (heure locale), le 11 mars, un séisme de magnitude 9 se produit à une centaine  de kilomètres au large de Miyagi, dans le nord-est de l’archipel. La secousse est suivie d’un tsunami, des vagues de quatorze mètres de haut ravagent le littoral. Samedi 12 mars, a lieu la première explosion dans la centrale nucléaire de Fukushima n°1, à 220 km au nord-est de Tokyo. La première étape d’une catastrophe qui n’est toujours pas terminée.

Photo xtcbz (Flickr)

 

L’état des réacteurs difficile à connaître : l’information se dégrade

Il est de plus en plus difficile de faire un état des lieux de l’état précis de chaque réacteur. Les sources d’informations se font de plus en plus rares… A ce jour, le combustible de trois des cœurs des réacteurs a fondu, au moins partiellement. Dans le réacteur n°1, la fusion du cœur est totale et le corium (magma résultant de la fusion des éléments du cœur d’un réacteur nucléaire, constitué du combustible nucléaire, des éléments de l’assemblage combustible et des divers éléments du cœur avec lesquels il rentre en contact.) se répand dans la partie basse de la cuve du réacteur, et ce depuis les premiers jours qui ont suivis le séisme.
Pour la piscine du réacteur n°2, Tepco a mis en place, début juin, un système de refroidissement. La mise en place de ce système est prévue pour les piscines des réacteurs n°1, 3 et 4. Mais, pour la piscine n°4, un consolidation de son soutènement avec des piliers en acier est nécessaire au préalable.

La dernière mise à jour de l’Agence Internationale à l’Énergie Atomique sur le sujet date du … 2 juin.
Les dernières informations fournies par l’opérateur de la centrale, Tepco, manquent elles aussi de précisions les dernières mises à jour portant sur l’évacuation des eaux de refroidissement contaminées, l’état des réacteurs n’étant pas modifié, par exemple, pour l’unité 1 depuis le 7 avril !

La note « finale » d’information publiée par l’IRSN date quant à elle, du 8 juin. Une note d’information a néanmoins été mise en ligne le 8 juillet, dans laquelle l’Institut, reprenant les éléments fournis par Tepco, évoque une « stabilisation de la situation des réacteurs »… Alors que l’Autorité de Sûreté Nucléaire française elle même introduit son communiqué de presse en déclarant : « L’injection d’eau douce dans les réacteurs 1 à 3 et les piscines d’entreposage du combustible 1 à 4 se poursuit en circuit ouvert. La sûreté ne peut être considérée comme stabilisée tant que cette situation persiste. ». Les deux instances expertes en France ne semblent donc pas totalement en phase dans leurs analyses…

Ce communiqué de presse n°31 de l’ASN relève également que : « L’injection d’eau douce dans les réacteurs 1 à 3 et les piscines d’entreposage du combustible 1 à 4 se poursuit en circuit ouvert. La sûreté ne peut être considérée comme stabilisée tant que cette situation persiste. Les dernières analyses japonaises montrent que le combustible des réacteurs 1 à 3 a fondu rapidement après le début de l’accident. Le combustible fondu peut se retrouver en fond de cuve, ce qui risque d’entrainer leur percement. »

Une contamination très étendue …. qui va durer

Les dernières mesures effectuées dans la ville de Fukushima, située à soixante kilomètres de la centrale, sont franchement inquiétantes.

Les mesures de terrain et analyses de sol effectuées par le laboratoire de la CRIIRAD indiquent que les retombées de césium 134 et 137 radioactif sont de plusieurs centaines de milliers de Bq/m2 : 490 000 Bq/m2 sur la pelouse de l’école primaire Moriai ; plus de 700 000 Bq/m2 dans le quartier Watari. Cette irradiation ne diminuera que très lentement. Elle est due en effet principalement au césium 137 et au césium 134 dont les périodes physiques sont longues (30 ans et 2 ans respectivement). Cela signifie que la radioactivité du césium 137 sera divisée par 2 dans 30 ans. On peut estimer que dans les douze mois à venir, la radioactivité du césium 134 ne sera abaissée que de 30 % et celle du césium 137 de 3%.

Pour la première fois une très forte contamination au césium a été décelée dans de la viande de bœuf qui viendrait de la préfecture de Fukushima au Japon. Une alerte qui confirme que les zones les plus contaminées ne sont pas nécessairement dans la zone interdite des 20 km autour de la centrale accidentée. Cette contamination alimentaire vient s’ajouter à l’irradiation externe reçue par les habitants

La population est trop exposée aux radiations !

En l’état actuel des choses, les habitants de la ville de Fukushima pourraient subir dans les douze mois à venir une irradiation externe de plusieurs milliSieverts alors que la dose au-delà de laquelle le risque de cancer mortel est jugé inacceptable par la CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique) est de 1 milliSievert par an.

À la demande de citoyens japonais, l’ACRO (Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest) a analysé les urines des enfants de Fukushima et les résultats sont sans ambiguïté : toutes les urines contiennent du césium 134 et césium 137 à des concentrations allant de 0,4 à 1,3 becquerel par litre.

Cela signifie que ces enfants, âgés de 6 à 16 ans, sont tous contaminés en césium 134 et césium 137 et qu’ils l’ont probablement aussi été par d’autres éléments radioactifs à vie courte, comme l’iode 131 (ces derniers éléments disparaissent plus vite et ne sont donc déjà plus détectables).

Les mesures prises par les pouvoirs publics ne sont pas à la hauteur

Les autorités japonaises ont décidé, fin juin, d’équiper 40 000 enfants de la région de Fukushima de dosimètres individuels. Ces dosimètres sont chargés de mesurer la dose de radioactivité reçue par les enfants durant leur journée d’école. Pas de prévenir ces doses, pas de les éviter…seulement de les mesurer. Le rayon de 20 kilomètres d’évacuation totale n’a toujours pas été modifié. Dans les 10 kilomètres suivants, la population est censée à la fois « rester confinée » et vivre normalement, envoyant les enfants à l’école, munis d’un dérisoire masque de papier et de leur dosimètre.

Il faudrait évacuer les populations sur un périmètre beaucoup plus large que la zone rouge actuelle qui est de 20 km. L’ensemble des aliments doivent être contrôlés et les mesures de radioactivité bien plus fréquentes. L’élargissement de la zone est essentiel, et l’évacuation des enfants et des femmes enceintes notamment est plus que nécessaire !


Fukushima: Les autorités instrumentalisent la culture japonaise pour maintenir la population dans l’ignorance

Par Michè­le Riva­si, dépu­tée euro­péen­ne Euro­pe Eco­lo­gie-les Verts, fon­da­tri­ce de la CRIIRA

michele-rivasi-japon

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17 juin 2011 – De retour du Japon, Michè­le Riva­si a pu consta­ter l’impact de la catas­tro­phe nucléai­re de Fuku­shi­ma sur le quo­ti­dien et la men­ta­li­té des Japo­nais. Invi­tée par le puis­sant Sei­kat­su Club, union des consom­ma­teurs for­te de 22 mil­lions de mem­bres, et les Verts japo­nais elle est notam­ment allée à la ren­con­tre des famil­les de pay­sans affec­tés par la catastrophe.Elle revient effa­rée et révol­tée par ce qu’elle a pu consta­ter dans les ter­ri­toi­res conta­mi­nés où la popu­la­tion conti­nue de vivre expo­sée à des for­tes doses d’irradiation. Trois mois après la catas­tro­phe, le cau­che­mar ne fait mal­heu­reu­se­ment que com­men­cer.

« Je res­te de plus en plus convain­cue que là où com­men­ce le nucléai­re s’arrête la démo­cra­tie. Quand les auto­ri­tés ne font pas de la dés­in­for­ma­tion, elles pêchent tout sim­ple­ment par man­que d’information: aucu­ne pré­cau­tion n’est pri­se pour pro­té­ger la san­té des popu­la­tions vivant en zone conta­mi­née qui conti­nuent de consom­mer les ali­ments conta­mi­nés, au péril de leur san­té et de leur vie. J’ai appris que lors de la catas­tro­phe, la dis­tri­bu­tion de pas­tilles d’iodure de potas­sium n’avait même pas été effec­tuée: on peut donc s’attendre à une for­te haus­se du nom­bre de can­cers, sur­tout chez les enfants.

« Qui plus est, aucu­ne solu­tion n’est appor­tée aux réfu­giés de la radio­ac­ti­vi­té, ces popu­la­tions exclues du péri­mè­tre des 20 kilo­mè­tres entou­rant la cen­tra­le. La plu­part d’entre eux trou­vent refu­ge auprès de pro­ches, dans le péri­mè­tre de la zone d’évacuation volon­tai­re. Aucu­ne indem­ni­té n’ayant enco­re été ver­sée et aucun relo­ge­ment n’ayant été effec­tué, les fem­mes et les enfants sont envoyés ailleurs pen­dant que les hom­mes conti­nuent d’exercer leurs acti­vi­tés agri­co­les dans des zones conta­mi­nées. Les vil­la­geois n’arrivent pas à croi­re que la natu­re qui fleu­rit et bour­geon­ne est une natu­re mor­te: ils ten­tent d’éviter ain­si ce que l’on appel­le com­mu­né­ment le ‘stress radio­lo­gi­que’ qui peut mener à des trou­bles psy­cho­lo­gi­ques sérieux.

« Cet état de fait est faci­li­té par la cultu­re japo­nai­se, une cultu­re de sou­mis­sion qui pous­se les gens à conte­nir leurs émo­tions: ils s’interdisent d’exprimer leur désar­roi publi­que­ment, ter­ras­sés par la fata­li­té. Leur colè­re inter­ne se mani­fes­te sous la for­me d’une rési­gna­tion tota­le. En consé­quen­ce, les auto­ri­tés pro­fi­tent de cet­te fai­bles­se cultu­rel­le pour impo­ser une omer­ta inquié­tan­te faci­li­tée par l’absence de contre-pou­voirs.

« Heu­reu­se­ment, des grou­pes aidés par la CRIIRAD vien­nent d’être créés et visent à contrô­ler le niveau de radio­ac­ti­vi­té de ali­ments consom­més: c’est un pre­mier pas salu­tai­re dans la lut­te contre la dés­in­for­ma­tion. Pour­tant la catas­tro­phe res­te per­ma­nen­te: l’irradiation res­te tel­le­ment for­te que les tra­vaux dans la cen­tra­le pei­nent à évo­luer et le ris­que d’explosion par hydro­gè­ne dans les réac­teurs endom­ma­gés res­te impor­tant. Le pire peut tou­jours sub­ve­nir. »

Site de Michè­le Riva­si : http://www.michele-rivasi.eu/


Fukushima. Autres nouvelles, nouvelles inquiétudes

Restes du bâtiment réacteur III - 12 mai 2011

Restes du bâtiment réacteur IV - 12 mai 2011

Ainsi que je le précise en post scriptum de l'article précédent sur la nouvelle explosion enregistrée à la centrale en ruines de Fukushima, c'est le réacteur IV et non le III qui serait concerné. La différence est importante puisqu'elle porte sur le chargement en MOX du réacteur III, et le risque de rejet de plutonium particulièrement toxique. Le problème – qui remonte aux origines mêmes de la catastrophe – tient au blocage de l'information officielle, et même aux omissions et mensonges émanant de ces sources officielles, tant le gouvernement japonais que l'exploitant Tepco.

Une autre vue de l’explosion est visible ici : entre 0:16 et 0:18. (Document Tepco).

Autres nouvelles, peu rassurantes :

– 6 400 tonnes d’eau radioactive dans le sous-sol du réacteur III. Les employés de Tepco ont bravé la très haute contamination radioactive du réacteur III (100 milliseverts/heure) pour explorer le sous-sol du bâtiment dans lequel ils ont confirmé la présence de 6400 tonnes d’eau hautement radioactive. (51 milliseverts/heure en surface du volume d’eau qui fait près de 6 mètres de profondeur).

– Pas de chance pour Areva (exit sa patronne) et pour Tepco, qui devaient commencer le 15 juin les travaux de décontamination de plus de 100 000 tonnes d’eau contaminée : le système ne fonctionne pas car Tepco vient de découvrir 10 fuites dans des valves et autres tuyauteries.

Le Monde du 17/6/11. Comme si l' "emprise" n'était déjà pas économico-politique… Ou comment le spectacle politique prend le pas sur les faits, l'opérette de salon sur le journalisme de terrain.

Soyons positifs et admettons que le système Areva puisse décontaminer à 100 % plus de 100 000 tonnes d’eau, à ce jour, et une autre bordée de 100 000 tonnes d’ici la fin de l’année 2011 et d’autres bordées subséquentes de 100 000 tonnes et plus, tous les six mois, au fil des années. Que faire du concentré toxique généré par ce processus de « décontamination » ? Selon Tepco, ce concentré contiendrait 100 millions de becquerels de substances radioactives par centimètre cube. Tepco estime que ce seront 2 000 mètres cubes de concentré toxique qui seront générés d’ici la fin de l’année 2011. Or, Tepco ne dispose que d’une capacité de 1 200 mètres cubes sur le site de Fukushima. De plus, Areva a concédé qu’ils n’ont aucune expérience dans la gestion de concentrés toxiques issues d’eau radioactives et titrant plus de 1 000 millisieverts/heure.

– Extrême radioactivité dans la partie est de Tokyo. Suite à la pression d’une association de parents (Koto Association to Protect Children), le gouvernement japonais a enfin reconnu ses mensonges quant à la radioactivité de l’air ambiant aux alentours du centre de retraitement des boues d’épuration de Nanbu Ota-ku, Tokyo. Depuis combien de semaines l’incinérateur est-il en train de contaminer cette zone de Tokyo ? Cette association de parents, aidée par un professeur de l’Université de Kobé, a sollicité les services de l’ONG française, Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest, et a mis en valeur des taux extrêmement élevés de radioactivité dans le terrain de sports et dans le parc pour enfants situés tous deux à moyenne proximité du centre de traitement incriminé: par exemple, le parc pour enfants est à 8 km de distance.

Le parc est encore plus contaminé que le terrain de sport avec un taux de césium 137 de 3 050 becquerels/kilo de sol et un taux de césium 134 de 2 850 becquerels/kilo de sol. Le taux de tellurium 129 y est de 580 becquerels/kilo de sol.

– Quelle serait la quantité de combustible à Fukushima-Daichi en attente de dilution dans l’atmosphère, les nappes phréatiques et l’océan? Selon Associated press, 3 400 tonnes de combustible usagé seraient accumulées dans les piscines de stockage et 877 tonnes de fuel actif dans les coeurs des réacteurs, ou ce qu’il en reste. A savoir en tout 4 277 tonnes de combustible. Par comparaison, il y en avait 30 tonnes à Three Miles Island aux USA en 1979 et 180 tonnes à Tchernobyl en 1986.

– Deux baleines ont été découvertes fin avril à 650 km de Fukushima, avec des niveau de radiation de 31 et 24 becquerels de césium par kilo de viande. Le Marine Biological Laboratory, basé à Woods Hall dans le Massachusetts, a commencé à évaluer le niveau de contamination radioactive dans l’Océan Pacifique. Et selon Arnie Gundersen, le MBL a déjà déclaré que la contamination radioactive dans l’Océan Pacifique provenant de Fukushima est dix fois supérieure à celle de la Mer Noire ayant émané de Tchernobyl.

– La centrale nucléaire de Fort Calhoun, à Omaha dans le Nebraska (États-Unis) est assiégée (vidéo ici) par l’eau du Missouri qui monte et qui va encore monter de quelques mètres d’ici l’été. Pas de soucis, l’ingénierie nucléaire a déployé tout son savoir faire pour endiguer les risques radioactifs : des murs de sacs de sable.

La centrale nucléaire de Fort Calhoun, photographiée le 14 juin, menacée par la montée régulière des eaux du Missouri. (Ph. Cryptome)

Voir d'autres photos.

 

 

 

Autres informations suivies : http://www.kokopelli-blog.org/


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    « Il fau­drait com­pren­dre que les cho­ses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fi­que, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croi­re les cho­ses par­ce qu’on veut qu’elles soient, et non par­ce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lip­pe Casal, 2004 - Cen­tre natio­nal des arts plas­ti­ques - Mucem, Mar­seille

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  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

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  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Com­me un nua­ge, album pho­tos et tex­te mar­quant le 30e anni­ver­sai­re de la catas­tro­phe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant clo­se (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en ven­te au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adres­se pos­ta­le !)

    tcherno2-2-300x211

    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tira­ge soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, pri­ses en Pro­ven­ce et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­ti­que sur le thè­me d’« après le nua­ge ». Cet­te créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thè­me du nucléai­re », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
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    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de tou­tes nos croyan­ces. (Ber­trand Rus­sel)

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