On n'est pas des moutons

Mot-clé: religion

Islamisme. Une insulte contre la foi et tout bascule dans le fanatisme (re-publication)

En juillet 2012, un extrait de 14 minutes d’une vidéo anti-islam titrée L’Innocence des musulmans était postée sur YouTube, mettant le feu aux poudres islamistes. Dès le 11 septembre, des attaques furent menées, notamment, contre des missions diplomatiques états-uniennes. Furent ainsi prises d’assaut l’ambassade des États-Unis en Égypte et le consulat à Benghazi (Libye) où l’on déplora quatre morts, dont l’ambassadeur.

Innocence of Muslims, produite en 2012, fut alors attribuée à un certain Nakoula Basseley Nakoula, un copte égyptien résidant en Californie, sous le pseudonyme de « Sam Bacile ». Selon lui, il s’agissait de dénoncer les hypocrisies de l’islam en mettant en scène des passages de la vie de Mahomet…

À cette occasion, une de plus, j’avais publié un article sur lequel je viens de retomber et qui me semble toujours assez actuel, hélas, pour le publier à nouveau.

Hier une vidéo, aujourd’hui un habillement. Et toujours les déchaînements fanatiques, des affrontements, des violences, des morts.

Il a donc suffi d’une vidéo de dix minutes pour ranimer la flamme du fanatisme islamiste. Cette actualité atterrante et celle des vingt ans passés le montrent : des trois religions révélées, l’islam est aujourd’hui la plus controversée, voire rejetée 1. Tandis que la judaïque et la chrétienne, tapies dans l’ombre tapageuse de leur concurrente, font en quelque sorte le dos rond – ce n’est pas leur tour. En ce sens, elles peuvent se donner à voir comme les « meilleures », alors qu’elles n’ont pas manqué d’être les pires dans leurs époques historiques flamboyantes, et qu’elles ne sont toujours pas en reste pour ce qui est de leurs dogmes, les plus rétrogrades et répressifs. 2

Préalable : parler « religions » ici c’est considérer les appareils, et non pas leurs adeptes, ni leurs victimes plus ou moins consentantes. C’est donc parler des clergés, des dogmes et des cohortes activistes et prosélytes. On en dirait autant des idéologies, dont les pires – fascistes et nazies –, construites comme des religions, ont entaché l’Histoire selon des schémas similaires. Donc, distinguer les « humbles pécheurs » consentants, ou mystifiés par leurs « libérateurs », tout comme on ne confondra pas ces militants aux grands cœurs abusés par les Staline, Hitler et autres tyrans de tous les temps.

Parlons donc de l’islam politique, mis en exhibition dramatique sur la scène planétaire, voulant en quelque sorte se prouver aux yeux du monde. Aussi recourt-il à la violence spectaculaire, celle-là même qui le rend chaque jour plus haïssable et le renforce du même coup dans sa propre et vindicative désespérance. Et ainsi apparaît-il à la fois comme cause et conséquence de son propre enfermement dans ce cercle vicieux.

Que recouvre l’islamisme, sinon peut-être la souffrance de cette fraction de l’humanité qui se trouve marginalisée, par la faute de cet « Occident » corrompu et « infidèle » ? C’est en tout cas le message que tente de faire passer auprès du milliard et plus de musulmans répartis sur la planète, les plus activistes et djihadistes de leurs meneurs, trop heureux de décharger ainsi sur ce bouc émissaire leur propre part de responsabilité quant à leur mise en marge de la « modernité ». Modernité à laquelle ils aspirent cependant en partie – ou tout au moins une part importante de la jeunesse musulmane. D’où cette puissante tension interne entre intégrisme mortifère et désir d’affranchissement des contraintes obscurantistes, entre gérontocrates intégristes et jeunesses revendicatives. D’où cette pression de « cocotte minute » et ces manifestations collectives sans lesquelles les sociétés musulmanes risqueraient l’implosion. D’où, plus avant, les « printemps arabes » et leurs normalisations politiques successives – à l’exception notable de la Tunisie.

Un nouvel épisode de poussées cléricales d’intégrisme se produit donc aujourd’hui avec la promotion d’une vidéo dénigrant l’islam diffusée sur la toile mondiale et attribuée à un auteur israélo-américain – ou à des sources indéfinies 3. Prétexte à ranimer – si tant est qu’elle se soit assoupie – la flamme des fanatiques toujours à l’affût.

On pourrait épiloguer sur ces conditionnements reptiliens (je parle des cerveaux, pas des personnes…) qui se déchaînent avec la plus extrême violence à la moindre provocation du genre. De tout récents ouvrages et articles ont ravivé le débat, notamment depuis la nouvelle fièvre éruptive qui a saisi les systèmes monothéistes à partir de son foyer le plus sensible, à savoir le Moyen Orient. De là et, partant, de la sous-région, depuis des siècles et des siècles, au nom de leur Dieu, juifs, chrétiens, musulmans – et leurs sous-divisions prophétiques et sectaires – ont essaimé sur l’ensemble de la planète, installé des comptoirs et des états-majors, lancé escouades et armées entières, torturé et massacré des êtres humains par millions, au mépris de la vie hic et nunc, maintenant et ici-bas sur cette Terre, elle aussi martyrisée. Et le tout au nom d’un Au-delà hypothétique, proscrivant à chacun sa libre conscience et l’art d’arranger au mieux la vie brève et, de surcroît, pour le bien de l’entière humanité.

Va pour les croyances, qu’on ne discutera pas ici… Mais qu’en est-il de ces systèmes séculiers proliférant sur les plus noirs obscurantismes ? On parle aujourd’hui de l’islam parce que les guerres religieuses l’ont replacé en leur centre ; ce qui permet aux deux autres de se revirginiser sur l’air de la modération. Parce que l’islamisme « modéré » – voir en Tunisie, Libye, Égypte ; en Iran, Iraq, Afghanistan, Pakistan, etc. – n’est jamais qu’un oxymore auquel judaïsme et christianisme adhèrent obséquieusement, par « charité bien comprise » en direction de leur propre « modération », une sorte d’investissement sur l’avenir autant que sur le passé lourd d’atrocités. Passé sur lequel il s’agit de jeter un voile noir, afin de nier l’Histoire au profit des mythologies monothéistes, les affabulations entretenues autour des messies et prophètes, dont les « biographies » incertaines, polies par le temps autant que manipulées, permettent, en effet, de jeter pour le moins des doutes non seulement sur leur réalité existentielle, mais surtout sur les interprétations dont ces figures ont pu être l’objet. Quid, en effet, d’un Mahomet tel que dépeint ici ou là – c’est selon évidemment – comme ignare, voleur, manipulateur, cupide et amateur de fillettes ? Pas plus réel que sa divinisation, ni celle de Moïse et de Jésus construits hors de leur propre réalité, selon des contes infantiles psalmodiés et faisant appel à la plus totale crédulité.

Mais, admettons que les hommes aient créé leurs dieux par nécessité, celle de combler leurs angoisses existentielles, de panser leurs misères, leurs vertiges face à l’univers et devant l’inconnu des lendemains et d’après la mort. Admettons cela et regardons l’humanité dans la perspective de son devenir et de son évolution – dans le fait de se lever sur ses deux jambes et même de se monter sur la pointe des pieds pour tenter de voir « par dessus » ce qui abaisse, s’élever dans la condition d’humains désirant, parlant, connaissant, comprenant, aimant.

Alors, ces religions d’ « amour », ont-elles apporté la paix, la vie libre et joyeuse, la justice, la connaissance ? Et la tolérance ? Ou ont-elles aliéné hommes et femmes – surtout les femmes… –, maltraité les enfants, méprisé les animaux ; inculqué la culpabilité et la soumission ; attaqué la philosophie et la science ; colonisé la culture et imprégné jusqu’au langage ; jeté des interdits sur la sexualité et les mœurs (contraception, avortement, mariage et même l’alimentation) ; commandé à la politique et aux puissants…

Torah, Bible, Évangiles, Coran – comment admettre que ces écrits, et a fortiori un seul, puisse contenir et exprimer LA vérité ? Par quels renoncements l’humain a-t-il cheminé pour finalement dissoudre sa rationalité et son jugement ? Mystère de la croyance… Soit ! encore une fois passons sur ce chapitre de l’insondable ! Mais, tout de même, la religion comme système séculier, comme ordre ecclésial, avec ses cohortes, ses palais, ses forteresses spirituelles et temporelles… Son histoire marquée en profondeur par la violence : croisades, Inquisition (je voyais l’autre soir sur Arte, Les Fantômes de Goya, de Milos Forman… ; une histoire de tout juste deux siècles !), guerres religieuses, Saint-Barthélemy, les bûchers, et aussi les colonisations, ethnocides, soutiens aux fascismes… Ça c’est pour le judéo-christianisme.

Côté islamisme, qui dit se dispenser de clergé, son emprise ne s’en trouve que plus entièrement diluée dans les sociétés, d’où l’impossible laïcisme des islamistes, se voudraient-ils « modérés ». Et que penser de cette violence endémique devenue synonyme d’islam, jusque dans nos contrées d’immigration où d’autres extrémismes en nourrissent leurs fonds de commerce nationalistes ? Sans doute un héritage du Coran lui-même et de Mahomet présenté dans son histoire comme le « Maître de la vengeance » et celui qui anéantit les mécréants… Voir sur ce chapitre les nombreuses sourates invoquant l’anéantissement des juifs, chrétiens et infidèles – tandis que, plus loin, d’autres versets promulguent une « sentence d’amitié » – contradiction ou signe opportuniste de « tolérance » ? Voir en réponse les fatwas de condamnation à mort – dont celles de Salman Rushdie par Khomeiny (avec mise à prix rehaussée des jours-ci ! 4) et de Taslima Nasreen qui a dû s’exiler de son pays, le Bengladesh. Voir l’assassinat de Théo van Gogh à Amsterdam, poignardé puis achevé de huit balles et égorgé en pleine rue ; dans un documentaire, il venait de dénoncer le traitement réservé aux femmes dans l’islam.[Le voir ci-dessous.] 5

Même double langage chez le dieu juif Yahvé pour justifier…l’extermination de certains peuples de Palestine (dont les Cananéens…) Cela en vertu du fait que les juifs seraient «le peuple élu de Dieu», dont le premier commandement est « Tu ne tueras pas » ! Ce fantasme juif alimente en les légitimant le colonialisme et ce qui s’ensuit en Palestine et l’affrontement des théocraties. Affrontement également par affidés interposés et leurs États ou organisations terroristes : Bush contre Al Quaïda, Tsahal contre le Hezbollah, «kamikazes» contre population civile. Violences innommables, guerres sans fin.

Quant au film « blasphématoire » qui agite de plus belle les fanatiques islamistes, il est curieux que nos médias de masse, radios et télés, semblent en contester la légitimité du fait qu’il serait bricolé, mal ficelé, « pas pro »… Comme s’il s’agissait d’une question d’esthétique ! Quoi qu’il soit et quels que soient ses commanditaires, il fait bien apparaître par les répliques qu’il provoque le niveau de fanatisme imprégnant les pays musulmans. Ce qui s’était déjà produit avec les caricatures danoises de Mahomet, dont certains avaient, de même, contesté la qualité artistique ! Et Goya, au fait, lorsqu’il représentait les visages de l’Inquisition, était-ce bien esthétique ? 6

La question ne porte aucunement sur la nature du « sacrilège » mais sur la disproportion de la réplique engendrée, allant jusqu’à mort d’hommes – l’ambassadeur états-unien et de ses collaborateurs en Libye, victimes sacrificielles et à ce titre totalement inscrites dans un processus d’expiation religieuse !

Et plus près de nous, que dire des provocations menées à Paris devant l’ambassade américaine ? Et aussi à La Courneuve, lors de la fête de l’Huma où Caroline Fourest a été chahutée, menacée, insultée et empêchée de débattre – entre autres sur ces questions d’intégrisme qui font les choux gras du Front national !

Comme quoi, pour résumer, une insulte contre la foi – ou ce qui en tient lieu –constitue un crime plus grave que de s’en prendre à un être vivant.

17 septembre 2012

Notes:

  1. En dehors du monde musulman, évidemment… Bien que des oppositions plus ou moins déclarées apparaissent ça et là dans l’islam.
  2. Même si on met un peu à part le judaïsme : cette religion sans visée planétaire directe retrouve toutefois le christianisme – ne dit-on pas le judéo-christianisme ? – et l’islamisme dans cette même volonté de pénétrer jusque dans les têtes et les ventres de chacun. En ce sens, celles qui se présentent comme les « meilleures » parviennent bien à être les pires dans leurs manœuvres permanentes d’aliénation. De même que leur « modération » demeure relative à leur stratégie hégémonique.
  3. Sources qui demeurent encore floues quatre ans après.
  4. 2012
  5. Dans ma version de septembre 2012, j’avais manqué, à tort, d’évoquer le cas de Ayaan Hirsi Ali, femme politique et écrivaine néerlando-somalienne connue pour son militantisme contre l’excision et ses prises de position sur la religion musulmane. Elle fut menacée de mort par Mohammed Bouyeri, assassin du cinéaste Theo van Gogh, notamment à la suite de sa participation au court-métrage du réalisateur qui dénonçait les violences faites aux femmes dans les pays musulmans.
  6. Le Guernica de Picasso n’est pas non plus une œuvre esthétique !

Kamel Daoud et les agressions de Cologne. Le «porno-islamisme» s’en prend à la femme autant qu’à la vie

Pourquoi les islamistes détestent-ils autant les femmes ? Pourquoi refusent-ils qu’elles prennent le volant, portent des jupes courtes, aiment librement  ? Autant de questions qui interpellent et dérangent l’islam des extrêmes et, par delà, l’islam en lui-même ainsi que les autres religions monothéistes. Le journaliste-écrivain algérien Kamel Daoud est l’un des tout premiers et trop rares intellectuels du monde musulman à affronter de face ces questions esquivées par les religions – sans doute parce qu’elles leur sont constitutives. Aujourd’hui, à propos des agressions sexuelles de femmes fin décembre à Cologne, il accuse le «porno-islamisme» et interpelle le regard de l’Occident porté sur l’ « immigré », cet « autre », condamné autant à la réprobation qu’à l’incompréhension.

Kamel Daoud, 2015 © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

Kamel Daoud, 2015 © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

S’interroger valablement sur l’islam conduit à décrypter les mécanismes de haine à l’œuvre dans les discours religieux. Ce qui, par ces temps de fanatisme assassin, ne va pas sans risques. Surtout si on touche aux fondamentaux. Ainsi, le 3 décembre 2014 dans l’émission de Laurent Ruquier On n’est pas couché sur France 2, Kamel Daoud déclare à propos de son rapport à l’islam :

« Je persiste à le croire : si on ne tranche pas dans le monde dit arabe la question de Dieu, on ne va pas réhabiliter l’homme, on ne va pas avancer. La question religieuse devient vitale dans le monde arabe. Il faut qu’on la tranche, il faut qu’on la réfléchisse pour pouvoir avancer. »

Quelques jours plus tard, Daoud est frappé d’une fatwa par un imam salafiste, appelant à son exécution « pour apostasie et hérésie ». Depuis, le journaliste, chroniqueur au Quotidien d’Oran, est placé sous protection policière, avec toutes les contraintes qui s’ensuivent – Salman Rushdie, depuis la Grande-Bretagne, en sait quelque chose…

En juin dernier, dans un entretien à L’Humanité (2/06/15), Kamel Daoud insistait sur la question de la place – si on peut dire – de la femme dans l’islam :

«Le rapport à la femme est le nœud gordien, en Algérie et ailleurs. Nous ne pouvons pas avancer sans guérir ce rapport trouble à l’imaginaire, à la maternité, à l’amour, au désir, au corps et à la vie entière. Les islamistes sont obsédés par le corps des femmes, ils le voilent car il les terrifie. Pour eux, la vie est une perte de temps avant l’éternité. Or, qui représente la perpétuation de la vie ? La femme, le désir. Donc autant les tuer. J’appelle cela le porno-islamisme. Ils sont contre la pornographie et complètement pornographes dans leur tête. (…) Quand les hommes bougent, c’est une émeute. Quand les femmes sont présentes, c’est une révolution. Libérez la femme et vous aurez la liberté.  »

Ces jours-ci, dans un article publié en Italie dans le quotidien La Repubblica et repris par Le Monde (31/01/16), Kamel Daoud revient à nouveau sur la question de la femme en islam, cette fois sous l’actualité brûlante des événements de la saint-Sylvestre à Cologne. Il pousse son analyse sous l’angle des « jeux de fantasmes des Occidentaux », « jeu d’images que l’Occidental se fait de l’« autre », le réfugié-immigré : angélisme, terreur, réactivation des peurs d’invasions barbares anciennes et base du binôme barbare-civilisé. Des immigrés accueillis s’attaquent à « nos » femmes, les agressent et les violent. »

meursaultsJournaliste et essayiste algérien, chroniqueur au Quotidien d’Oran, Kamel Daoud est notamment l’auteur de Meursault, contre-enquête (Actes Sud, 2014), Prix Goncourt du premier roman. Il s’agit d’une sorte de contrepoint à L’Étranger de Camus. Philippe Berling en a tiré une pièce, Meursaults, jouée jusqu’au 6 février au Théâtre des Bernardines à Marseille.

Daoud ne cherche pas d’excuses aux agresseurs mais s’essaie à comprendre, à expliquer – ce qui ne saurait plaire à Valls ! Donc, il rejette cette « naïveté », cet angélisme projeté sur le migrant par le regard occidental, qui « voit, dans le réfugié, son statut, pas sa culture […] On voit le survivant et on oublie que le réfugié vient d’un piège culturel que résume surtout son rapport à Dieu et à la femme. »

Il poursuit : « Le réfugié est-il donc « sauvage » ? Non. Juste différent, et il ne suffit pas d’accueillir en donnant des papiers et un foyer collectif pour s’acquitter. Il faut offrir l’asile au corps mais aussi convaincre l’âme de changer. L’Autre vient de ce vaste univers douloureux et affreux que sont la misère sexuelle dans le monde arabo-musulman, le rapport malade à la femme, au corps et au désir. L’accueillir n’est pas le guérir. »

Daoud reformule sa « thèse » :

« Le rapport à la femme est le nœud gordien, le second dans le monde d’Allah [après la question de Dieu, Ndlr]. La femme est niée, refusée, tuée, voilée, enfermée ou possédée. Cela dénote un rapport trouble à l’imaginaire, au désir de vivre, à la création et à la liberté. La femme est le reflet de la vie que l’on ne veut pas admettre. Elle est l’incarnation du désir nécessaire et est donc coupable d’un crime affreux : la vie. » « L’islamiste n’aime pas la vie. Pour lui, il s’agit d’une perte de temps avant l’éternité, d’une tentation, d’une fécondation inutile, d’un éloignement de Dieu et du ciel et d’un retard sur le rendez-vous de l’éternité. La vie est le produit d’une désobéissance et cette désobéissance est le produit d’une femme. »

Certes, une telle analyse, par sa finesse et sa pertinence, ne risque pas d’être entendue par les fronts bas de l’extrême-droite – et pas seulement par eux. Ni chez les fanatiques religieux, bien sûr ; peut-être pas non plus chez ceux que l’on dit « modérés », tant la frontière peut être mince des uns aux autres. Alors, à qui s’adresse Daoud ? – et avec quelles chances d’être entendu ? – quand il parle – naïvement ? – de « convaincre l’âme de changer »… et quand il souligne que « le sexe est la plus grande misère dans le « monde d’Allah » ?

Et de revenir sur« ce porno-islamisme dont font discours les prêcheurs islamistes pour recruter leurs « fidèles » :

« Descriptions d’un paradis plus proche du bordel que de la récompense pour gens pieux, fantasme des vierges pour les kamikazes, chasse aux corps dans les espaces publics, puritanisme des dictatures, voile et burka. L’islamisme est un attentat contre le désir. Et ce désir ira, parfois, exploser en terre d’Occident, là où la liberté est si insolente. Car « chez nous », il n’a d’issue qu’après la mort et le jugement dernier. Un sursis qui fabrique du vivant un zombie, ou un kamikaze qui rêve de confondre la mort et l’orgasme, ou un frustré qui rêve d’aller en Europe pour échapper, dans l’errance, au piège social de sa lâcheté : je veux connaître une femme mais je refuse que ma sœur connaisse l’amour avec un homme. »

Et, pour finir : « Retour à la question de fond : Cologne est-il le signe qu’il faut fermer les portes ou fermer les yeux ? Ni l’une ni l’autre solution. Fermer les portes conduira, un jour ou l’autre, à tirer par les fenêtres, et cela est un crime contre l’humanité.

« Mais fermer les yeux sur le long travail d’accueil et d’aide, et ce que cela signifie comme travail sur soi et sur les autres, est aussi un angélisme qui va tuer. Les réfugiés et les immigrés ne sont pas réductibles à la minorité d’une délinquance, mais cela pose le problème des « valeurs » à partager, à imposer, à défendre et à faire comprendre. Cela pose le problème de la responsabilité après l’accueil et qu’il faut assumer. »

Où l’on voit que la «guerre» ne saurait conduire à la paix dans les cœurs… Dans ce processus historique millénaire parcouru de religions et de violence, de conquêtes et de domination, de refoulements sexuels, de négation de la femme et de la vie, de haines et de ressentiments remâchés… de quel endroit de la planète pourra bien surgir la sagesse humaine ?


Le futur « transhumaniste », selon le neurobiologiste Jean-Didier Vincent

ECRIVAINS JEAN DIDIER VINCENT ET GENEVIEVE FERRONE CHEZ GRASSETProfesseur à l’Institut universitaire de France et à la Faculté de médecine de Paris-Sud, directeur de l’Institut de neurobiologie Alfred-Fessard du CNRS, un des pionniers de la neuroendocrinologie, Jean-Didier Vincent est aussi un aventurier intellectuel et, comme tel, un passeur entre des domaines ouverts à la vie au plein sens. C’est dire qu’il ne saurait se limiter au seul domaine du cerveau, dont il est pourtant un grand spécialiste. Ses livres récents donnent une idée de son activité de transfert des connaissances : Casanova ou la contagion du plaisir, Celui qui parlait presque, La Chair et le diable, La Vie est une fable, Faust : une Histoire naturelle (tous chez Odile Jacob), Si j’avais défendu Ève (Plon). Un éclectisme à l’image de sa curiosité insatiable et de son humour à l’occasion provocateur.

Paul Veyne se demandait si les Grecs avaient cru à leurs mythes 1. Pour les chrétiens, pas de doute, le Christ a bel et bien ressuscité. Pâques en est la célébration religieuse la plus fervente, sourcée à une mythologie païenne datant de la plus haute antiquité. Il s’agissait de célébrer le retour du printemps, le cycle du vivant pour lesquels l’œuf représente le symbole de la vie. De même en est-il du lièvre (chocolaté désormais, comme l’œuf…), symbole antique de la fécondité – le con féminin (cunnus en latin), faut-il le rappeler, dérivant de l’analogie formelle avec le museau du lapin (conejo en castillan, conill en catalan et en occitan , coniglio, en italien, etc.) Dans le christianisme, ils symbolisent la résurrection du Jésus-Christ et sa sortie du tombeau, comme le poussin sort de la coquille avec sa pure naïveté questionnante et éternelle : quid de la poule ou de l’œuf ?

Je m’égare ? Non pas. Puisqu’il est question d’immortalité, question existentielle s’il en est et autour de laquelle se sont greffées les croyances religieuses puis leurs dogmes plus ou moins néfastes. De nos jours, ce sont les hallucinés coraniques qui détiennent les records les plus atroces. La compétition a toujours été vive dans ces domaines propices aux plus sinistres et mortifères obscurantismes, sans exclure les religions séculières telles que peuvent être considérés le nazisme et le stalinisme.

Je m’égare encore ? Non, car il s’agit cette fois de l’immortalité ici-bas, celle qui touche une autre forme de croyance, liée à la toute-puissance (notion divine) de la Science et de ses dérivés dits technologiques.

J’ai trop tardé à vous présenter le neurobiologiste Jean-Didier Vincent [voir ci-contre également], co-auteur avec Geneviève Ferone, en 2011, de l’ouvrage Bienvenue en Transhumanie. Sur l’homme de demain (éd. Grasset) 2. Livre passionnant autour de perspectives inouïes et terrifiantes, ainsi qu’on pourra le comprendre dans le passionnant entretien que Jean-Didier Vincent a donné au Figaro Magazine, en autorisant sa reprise sur « C’est pour dire ». En le remerciant vivement ainsi que l’intervieweur, Patrice De Méritens.

 

« L’espèce humaine ne peut durer que si elle demeure mortelle »

  • Qu’est-ce qui vous a pris d’écrire une nouvelle Apocalypse ?

Jean-Didier Vincent — Je n’ai rien fait d’autre qu’un voyage dans le futur de l’homme, et si j’ai effectivement pensé à l’Apocalypse, ce ne sera pas pour autant un texte sacré. J’ai eu envie de voir ce qu’il y avait dans le ventre de ces gens qu’on appelle les « transhumanistes ». Ce sont des idéologues qui visent au dépassement de l’espèce humaine, qu’ils considèrent comme imparfaite, par une cyberhumanité. Leur rêve est celui de l’immortalité pour une créature, produit du génie de l’homme. Le monde actuel est entré dans une zone de fortes turbulences, nous détenons une puissance de feu capable de transformer la Terre en confettis radioactifs, l’homme est en passe de bricoler son ADN, mais comme nous ne pouvons remonter la grande horloge biologique du vivant, la tentation est grande du passage en force technologique.

Avant l’avènement du posthumain, nous voici donc arrivés dans une phase de transition, celle du transhumanisme. Elle répond en quelque sorte aux préoccupations apocalyptiques anciennes où l’homme, dépassant la créature réagissant aux misères qui lui sont infligées par son créateur, ne compte plus que sur lui-même et sur les technologies qu’il a su développer pour faire face à la grande crise qui frappe l’ensemble de la biosphère. Les transhumanistes ne sont pas une secte, mais un groupe de pression qui utilise pour ses desseins le concept de convergence des nouvelles technologies : les NBIC : nanotechnologies (N), biotechnologies (B), informatique (I) et sciences cognitives ©. En faisant converger sur des projets communs les moyens théoriques et techniques de ces quatre champs disciplinaires, on espère obtenir des résultats supérieurs à la somme de ceux obtenus par chacun d’eux isolément. On peut aussi s’attendre à l’émergence d’observations inattendues. Pour vous faire appréhender ce qu’est la convergence, j’utiliserai cette métaphore peut-être un peu violente : vous faites collaborer un forgeron avec un menuisier et ils vous construisent une croix pour crucifier le Christ…

  • Où sont les transhumanistes et comment travaillent-ils ?

– Leur mouvement est fortement implanté aux Etats-Unis, il a essaimé en Europe, notamment au Royaume-Uni et en Allemagne. Nous n’en avons qu’un faible contingent en France. Leur « pape » est un Suédois, professeur à Oxford, Nick Bostrom. Il est loin de m’avoir fasciné. En revanche, j’ai rencontré dans la Silicon Valley (que j’appelle la « vallée de la poudre »), pas mal de beaux esprits ainsi qu’une collection d’originaux. Leur projet d’ « humains augmentés » remet en cause la définition traditionnelle de la médecine fondée depuis Francis Bacon sur la réparation du corps et le soulagement de la souffrance. Le transhumanisme aspire non seulement à empêcher l’homme d’être malade, mais à le rendre « incassable ». Ainsi, par exemple, l’informatique associée à la biologie moléculaire aboutit à la bio-informatique, qui permet de décrypter les génomes et les lois de la vie avec une acuité, une pertinence, et une efficacité prodigieuses – l’exponentiel étant le mot clé ! Les sciences cognitives, quant à elles, permettent de modifier le cerveau, avec notamment les implants. La seule barrière de communication entre le cerveau et la machine demeure nos sens, avec leurs organes récepteurs qui servent d’intermédiaires. Si ces derniers sont absents par la naissance ou par la maladie, ils peuvent être remplacés par des appareils électroniques implantés directement au contact des voies sensorielles à l’intérieur du cerveau. Voici venu le temps des cyborgs ! Cet ensemble va donner des pouvoirs dont le premier bénéficiaire est d’ores et déjà l’armée américaine, avec la Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency), principale source de subventions de ces recherches.

Émanation de la recherche militaire états-unienne, ce robot bestial, hollywoodien et terrifiant.

Ainsi se dessine le projet d’un nouvel humain, pas tout à fait encore homo novus, mais sapiens sapiens augmenté, non plus dans le cadre de la natura naturans de Descartes, mais dans celui du per artem artefact. L’augmentation des capacités permettant en toute logique l’augmentation de la vie dans ses fonctions et sa durée.

  • Vous avez parlé d’immortalité pour une créature, produit du génie de l’homme…

– Ce qui ne signifie nullement l’immortalité de l’homme lui-même. « La vie c’est la mort, la mort c’est la vie », disait Claude Bernard – et il n’y a pas de processus de vivant sans processus de mort associé. Grâce à la biologie moléculaire, aux nanotechnologies, aux neurotechnologies, la durée de la vie sera prolongée. Sans être du domaine quantique (une réalité abstraite), la nouvelle matière intermédiaire inaccessible au visible, créée par les nanotechnologies, permettra d’intervenir sur la santé en touchant des cibles à l’intérieur du corps. On pourra entrer dans la cellule malade et, par exemple pour les cancers, appliquer des thérapeutiques auxquelles on ne pouvait pas soupçonner d’avoir un jour accès. Certains produits commencent déjà à bénéficier de ces découvertes. Sous forme nanométrique, au milliardième de mètre, la matière prend des propriétés extraordinaires. C’est ainsi que l’or, métal impassible, change de couleur sous forme de nanoparticules. Quand il rougit, il devient toxique et attaque l’oxygène. C’est surtout à partir du carbone que l’on obtient des matières exceptionnelles, par exemple pour des fils destinés aux ascenseurs spatiaux, dont la résistance sera 1 000 fois supérieure à celle d’un métal de même dimension. Mêlez à cette révolution technologique les progrès de la biotechnologie, et nous deviendrons de nouveaux humains. Le clonage permettra le triage d’embryons, l’élimination comme l’ajout de certains gènes ; on fera même des Frankenstein réussis – des chimères, au strict sens du mot.

  • Avec quelles conséquences ?

– Sans même évoquer les questions d’éthique, auxquelles il serait bon de réfléchir en amont, les conséquences sur le plan social risquent d’être particulièrement destructrices. Le sexe n’ayant plus d’importance, que restera-t-il de nos amours ? Complètement séparés de la reproduction, que vont devenir le désir, l’érotisme — la culture elle-même qui est toujours, peu ou prou, sexuelle ? Il faudra enterrer solennellement le Dr Freud ! Épicure dit que l’âme est le cri de la chair, mais justement, il faut que la chair souffre, qu’elle jouisse, qu’elle éprouve de l’affect, qui est le fondement de l’humain. Nous sommes des êtres duels. Le jour où l’on parviendra à provoquer le plaisir par la libération d’ocytocine dans le cerveau, autrement dit provoquer un orgasme artificiel avec une puce implantée dans la région ad hoc du cerveau, qu’adviendra-t-il d’une société devenue exclusivement onaniste ? Où sera le souci de la descendance ? Quelle sera cette société sans amour, douée de raison et de multiples qualités sélectionnées pour construire les humains ?

  • Une société efficace… c’est presque tentant ! Quand y sera-t-on ?

– On ne le sait heureusement pas. Dans la perspective d’une humanité augmentée, « mort à la mort » n’en demeure pas moins un programme de recherche réalisable. Il suffira de neutraliser les ensembles génétiques qui causent notre perte, et le suicide ou l’accident sera le seul moyen de remplir les cimetières. Nous serons donc cassable mais non mortels, tout comme ces services de vaisselle hérités des grands-parents qui finissent par être détruits avant d’être usés. Clonage et « amortalité » seront réservés aux puissants, la reproduction demeurant la spécialité des humbles. Mais si la possibilité de ne pas mourir est offerte à tous, pauvres et riches, alors, selon la loi de l’offre et la demande, le coût de la mort deviendra exorbitant : offrez la vie éternelle, la mort deviendra précieuse. Au cours de mon voyage en transhumanie, j’ai rencontré un prophète et grand mathématicien nommé Eliezer Yudkowsky, qui ne désespère pas de créer des algorithmes grâce auxquels on pourra introduire dans les cerveaux de la pensée nouvelle et des capacités de conceptualisation, pour l’heure inimaginables. Penser l’impensable ! Mais que sera l’impensable dès lors que nous n’aurons plus l’angoisse de la mort et de l’au-delà, sur quoi se construit la métaphysique ? Frustrés à l’origine, frustrés à l’arrivée ! Nous serons conçus par l’opération du Saint-Esprit (si ce n’est qu’il n’y a plus d’esprit), sans plus avoir à s’en soucier puisque nous serons immortels. C’est trop beau pour être vrai, et proprement inconcevable.

  • Oui, si l’on s’en tient à l’imbrication de la vie et de la mort selon Claude Bernard, mais ce principe ne risque-t-il pas un jour d’être techniquement obsolète ?

– Est-ce fantasmer de penser que l’espèce humaine ne peut durer que si elle demeure mortelle ? La mort supprimée reviendrait à sa négation. Sans même évoquer les problèmes matériels que poserait l’immortalité : asphyxie numérique, survie alimentaire, anémie spirituelle en cas de numerus clausus – sans compter l’ennui ! –, j’oppose à la mort une virtuelle immortalité, celle de la « communion des saints » : vous n’êtes immortel que dans la mesure de l’amour du prochain que vous avez semé autour de vous, lequel vous gardera dans la mémoire du vivant. Que signifie la longévité des patriarches ? Mathusalem, un peu plus de 900 ans, Enoch un peu moins de 400 ans, ou bien encore Abraham, 175 ans, alors qu’il y eut peut-être cinquante Mathusalem, trente Enoch, dix Abraham qui se succédèrent. Ce qui apparaît comme un mythe relève de la communion des saints : Abraham, passé dans un autre Abraham, etc. C’est ainsi que l’humanité évolue, conservant ses propres traces dans l’inconscient collectif, pour reprendre une expression qui sent un peu la psychanalyse. J’espère bien qu’un peu de moi survivra dans d’autres qui m’auront entendu, que j’aurai aimés et qui m’auront aimé.

Augmentons donc la vie de l’homme, supprimons tous ses handicaps, notamment ceux de la vieillesse odieuse, souvent reléguée dans les hospices, cela ne peut qu’améliorer la bonté de l’homme. Vaincre cette forme de pré-mort est la vraie victoire. Mais si nous n’aspirons qu’à la valeur existentielle d’une vaisselle de famille, cette immortalité-là ne me séduit guère. Sans compter que le transhumanisme est une idéologie porteuse d’espérances douteuses…

  • Que voulez-vous dire ?

– En matière militaire, un seul soldat serait capable de détruire une population ennemie. Question d’équipement : avec sa smartdust (poussière communicante électronique), son exosquelette, son corps autoréparable, des nanobots (robots nanométriques) capables d’envahir l’adversaire sans qu’il s’en rende compte, des drones et des chars d’assaut pilotés par la pensée… La quatrième technologie, celle du cerveau, traite de l’interface cerveau-machine : si vous perdez un bras, il sera remplacé par un exobras mécanique autorégulé. Pour vous en servir, vos ordres seront envoyés à partir des données enregistrées par des électrodes dans votre cerveau et transmis par voie de communication d’ordinateurs.

  • Une part de cette science demeure donc hautement positive. L’homme ne risque-t-il pas d’être dépassé par sa création ?

C’est pourquoi il est essentiel que des progrès non technologiques s’accomplissent parallèlement dans l’humain. L’homme est de tous les animaux celui qui ne peut pas vivre seul. Il a besoin de l’homme, c’est inscrit dans sa physiologie. L’autre lui est nécessaire pour apprendre à parler, communiquer, vivre. Il est en même temps unique : pas un individu ne ressemble intégralement à un autre. Mais le transhumanisme risque de nous induire en tentation d’une plus grande uniformité, qui nous ferait régresser au monde des abeilles. Quelques individus aux super capacités pourraient prendre le pouvoir, comme dans les fictions d’Orwell et plus exactement d’Huxley, qui a parfaitement pressenti le phénomène dans Le Meilleur des mondes. D’où le souci de l’entraide : l’attention à l’autre, telle est la morale des anarchistes. D’où, également, la nécessité de retrouver une organisation de société fonctionnant plutôt sur le mode local, utilisant les grandes technologies de la communication pour établir des liens entre les groupes, tout en permettant d’intégrer les individus. Dès lors que nous ne réinventerons pas l’économie – non plus que ce dont nous sommes morts, c’est-à-dire la dangereuse virtualité du capital, qui permet de faire n’importe quoi –, nous reviendrons au contact du réel pour reconstruire des sociétés fondées sur la communion entre les humains.

  • On voit resurgir ici le philosophe anarchiste. Vous avez pointé le bout de l’oreille en évoquant la morale…

– Que voulez-vous, je ne peux m’empêcher de prêcher l’amour entre les hommes. Je suis un athée absolu en même temps qu’un chrétien irrécupérable. Cette religion qui tourne radicalement le dos au Dieu de l’Ancien Testament est fondée sur l’incarnation. Dieu est homme. C’est nous. Avec ce message essentiel : aimez-vous les uns les autres, qui est aussi celui des anarchistes. Pas les poseurs de bombes, comme les terroristes russes avec leur goût du néant, mais des penseurs comme Kropotkine, ou Élisée Reclus, l’anarchie pour eux étant la forme supérieure de l’ordre, qui s’établit dès l’instant où l’amour règne dans un groupe humain. 3

  • Pour autant, vous nous parlez ici d’une société virtuelle…

Mais c’est la société actuelle qui est virtuelle, on le voit chaque jour avec la crise financière ! La société future reposera quant à elle sur la technologie, inscrite dans une matérialité. Si l’on suit le principe qui veut que l’on ne connaisse que ce que l’on a fabriqué, l’Apocalypse n’est pas promesse de malheur, mais d’une nouvelle Jérusalem. Le mot, qui signifie « révélation », dévoile à la fois la méchanceté du monde et les risques qu’il court. Les transhumanistes sont donc à prendre comme des sortes d’éclaireurs, dont on appréciera les idées avec circonspection. Il ne faut pas les laisser sur le côté, ne serait-ce que pour ne pas les laisser faire n’importe quoi. Parmi eux, on trouve une collection incalculable d’imbéciles, et quelques génies illuminés. Ils ne peuvent être nuisibles que dans la mesure où ils sont un groupe de pression. A contrôler ! Sachant que les pires transhumanistes sont malheureusement les militaires – et certains médecins qui, quelquefois, ne valent pas plus cher.

–––

1. Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ? Essai sur l’imagination constituante. Paul Veyne, 1992. Points Essais, 168 p., 6.10

2. Bienvenue en Transhumanie. Sur l’homme de demain, par Geneviève Ferone et Jean-Didier Vincent, Grasset, 288 p., 17,50 €. Geneviève Ferone, directrice du développement durable du Groupe Veolia Environnement, est l’auteur chez Grasset de 2030. Le krach écologique (2008).

3.  L’Entraide, un facteur de l’évolution, est un essai de l’écrivain anarchiste russe Pierre Kropotkine paru durant son exil à Londres en 1902. Déterminant dans la théorie anarchiste, le concept d’entraide l’est aussi pour Charles Darwin qui le développe, non pas dans L’ Origine des espèces (1859), mais dans La Descendance de l’Homme (1871), ouvrage dans lequel il s’attarde sur la notion d’altruisme chez l’humain et aussi dans le monde animal, le rattachant à sa théorie de l’évolution. Ce livre s’inscrit en faux contre la notion de «darwinisme social» qui lui sera postérieure, contresens délibéré inventé par les tenants du libéralisme. [Note de GP]


Église. Le lapsus du p’tit Nicolas

Quand le corps et l’inconscient parlent plus fort que le p’tit Nicolas, fringant séminariste… On en apprend de belles, sur le site des Inrocks, à propos de  la vie sexuelle des prêtres, telle qu’exposée dans l’émission de télé dominicale le Jour du seigneurconsacrée à l’Assemblée plénière des évêques de France. Ou comment un lapsus a ruiné la prestation – mais pas la carrière, au contraire ! – du jeune séminariste. 

Merci au cafteur, l’ami Bernard Langlois !


À Brescia (Italie). Un pèlerin de 20 ans tué par la croix papale

Merci au «frère Jef», d’une obédience concurrente, d’avoir relayé ce cas de décanonisation datant  de ce 25 avril 2014, l’avant-veille de l’apopthéose papiste au Vatican. Un pèlerin de 20 ans a été tué par la statue (600 kg) de Jean-Paul II qui s’est effondrée. Le drame a eu lieu à Brescia, en Italie apostolique et romaine > cf commentaire dans Valls, ou la laïcité au bout du canon


Pour saluer Diderot, à l’occasion de ses 300 ans

denis-diderot-louvre

Denis Diderot par Louis-Michel van Lo, 1767 (Musée du Louvre)

Débarquant de la  gare de Lyon à Paris, suivez-moi, j’emprunte sans tarder le boulevard Diderot, puis celui de la Bastille, pour traverser le Pont d’Austerlitz. Là, je salue Lamarck, sur son socle haut perché, à l’entrée du Jardin des Plantes et, parcourant l’allée Buffon, me voici à la Grande galerie de l’Évolution.Vous en connaissez beaucoup, vous, des endroits de la planète où, en un demi-kilomètre, vous aurez parcouru autant de pages d’histoire ? 

Salut Diderot, salut Denis !

Je m’étais promis d’écrire ce modeste hommage à l’occasion du trois centième anniversaire de sa naissance. Il est né à Langres le 5 octobre 1713 (je sais, on est en décembre… et à la veille de 2014 !).

J’allais embarquer vers la coutellerie familiale, mais tout ça se trouve à portée de clics, en maints endroits de la vaste toile et en particulier sur Wikipédia, fille techniquement magnifiée de sa déjà grandiose ancêtre, L’Encyclopédie. Si loin de l’ordinateur, Diderot n’en fut pas moins le grand ordonnateur, coordinateur et co-auteur, avec d’Alembert et plus de cent cinquante autres contributeurs, érudits et pionniers.  L’Encyclopédie fut l’objet d’un combat politique contre des adversaires et censeurs farouches ; ainsi la condamnation de l’ouvrage en 1759 par le pape Clément XIII qui le met à l’Index, et « enjoint aux catholiques, sous peine d’excommunication, de brûler les exemplaires en leur possession ». Ce fut enfin une aventure économique qui mobilisa un millier d’ouvriers pendant vingt-quatre ans !

encyclopedie-de-dAlembert-Diderot

Page de titre du premier tome, 1751

Une œuvre monumentale, au plein sens, un pas décisif mené contre l’obscurantisme dominant dans ce siècle qu’on appellerait « des Lumières ». Une oeuvre qui continue à nous éclairer, depuis plus de deux cent cinquante ans, non pas tant directement par ses contenus désormais en partie dépassés, que par la démarche et l’esprit qui l ont nourrie.

L’Encyclopédie, donc, comme pivot de cette première rencontre, due à l’école de la République, son héritière directe !

anna-karina-religieuse-rivette

Anna Karina dans le film de Rivette (1967)

Deuxième rencontre, littéraire et filmique, quand Jacques Rivette adapte La Religieuse en 1967. Sous la pression d’Alain Peyrefitte, ministre de l’Information de de Gaulle, et sur décision de son secrétaire d’État Yvon Bourges*, le film est interdit aux moins de dix-huit ans, à la distribution et à l’exportation. Autant dire condamné. André Malraux, cependant, alors ministre de la culture, soutient la présentation du film à Cannes… Ramdam général de la réaction bigote. Le film sort à Paris dans cinq salles et enregistre 165 000 entrées en cinq semaines, tandis que le roman de Diderot bénéficie de ce succès et est réédité plusieurs fois. J’en profite aussi, découvrant une œuvre bouleversante, nullement sulfureuse comme les ligues cathos avaient voulu le faire croire, mais assurément contre le système d’enfermement dans les couvents. La Religieuse est une ode à la liberté de choisir son destin. Une nouvelle adaptation – très réussie – est sortie en 2013 (film de Guillaume Nicloux avec Pauline Étienne).

Troisième rencontre, littéraire et théâtrale, avec la version de Jacques le fataliste et son maître, donnée par Milan Kundera (sous le titre Jacques et son maître), pièce montée notamment au Colibri à Avignon, dans une remarquable mise en scène dont j’ai oublié l’auteur [Je l’avais vue avec mon pote metteur en scène Alain Mollot, mort depuis.]

Quatrième étape et on en restera là, car elle dure toujours : c’est la parution des Œuvres de Diderot à la Pléïade, cette collection sur papier bible, qui se prêterait à la dévotion si on n’y prenait garde… S’y trouvent rassemblés des textes magnifiques à haute portée philosophique, dont les seuls énoncés sont déjà gages de promesses inépuisables – sélection pêle-mêle : Les Bijoux indiscrets, Supplément au voyage de Bougainville, Le Neveu de Rameau, Le Rêve de D’Alembert, Entretien d’un philosophe avec la maréchale de ***,  De la suffisance de la religion naturelle, La Promenade du sceptique, Paradoxe sur le comédien, Regrets sur ma vieille robe de chambre…

jean-le-rond-encyclopédie

Mathématicien, philosophe, Jean Le Rond d’Alembert (17171783), son grand complice de

Au sens originel de l’expression « libertin d’esprit », Diderot peut  en effet être considéré comme un libertin ; c’est-à-dire un libre penseur qui remet en cause les dogmes établis et s’affranchit en particulier de la métaphysique et de l’éthique religieuse. Diderot professe un matérialisme assuré et un athéisme serein, qui lui vaudront tout de même d’être emprisonné trois mois au donjon de Vincennes en 1749 suite à la publication de la Lettre sur les aveugles. Invoquant la connaissance, il revient sur le sujet dans Le Rêve de d’Alembert : « Croyez-vous qu’on puisse prendre parti sur l’intelligence suprême, sans savoir à quoi s’en tenir sur l’éternité de la matière et ses propriétés […] ? » Mais pour autant, amoureux de la science, il redoute le scientisme et un rationalisme qui assécherait les passions et la part de spiritualité chez l’homme.

Autant de questionnements qui nourrissent des dialogues les plus subtils, dans une dialectique où il ne craint pas, comme dans Le Neveu de Rameau en particulier, de s’interpeller, de se mettre en contradiction avec lui-même ou du moins de se pousser dans ses ultimes retranchements, d’exposer jusqu’au paradoxe ses creux et ses bosses à la crudité… des lumières.

–––   

* Des habitants de Bourges ont proposé de débaptiser leur ville pour l’appeler « Diderot » ou « Rivette » !

> > > Écouter «Les Murs indiscrets» sur le blog de Frank Lovisolo-Guichard. Lire au même endroit la Lettre sur les aveugles à ceux qui voient. Quant aux sourds, ben…



Amputé après la chute d’un crucifix, un Américain porte plainte

« NEWBURGH, N.Y.

« Un homme qui avait dû être amputé d’une jambe après la chute d’un crucifix de 273 kg a porté plainte contre l’église. Le procès doit avoir lieu en janvier 2013, a annoncé Me Kevin Kitson, son avocat.

 

« La victime, David Jimenez, avait prié devant le crucifix placé à l’extérieur de l’église Saint-Patrick à Newburgh, dans l’État de New York, car un cancer des ovaires avait été diagnostiqué à son épouse. Après la guérison de cette dernière, David Jimenez avait voulu montrer sa gratitude en nettoyant la croix. En mai 2010, le crucifix s’était écrasé sur sa jambe droite, qui avait ensuite dû être coupée, a raconté Me Kitson.

 

« David Jimenez demande trois millions de dollars à l’église, qui affirme ne pas être responsable. »

 

Cette dépêche d’Associated Press, reprise sans commentaires par La Presse de Montréal du 7 novembre 2012, laisse en effet sans voix. Je n’y aurais rien ajouté non plus si ça ne me gratouillait pas autant…

 

Comme la foudre qui s’abat sur un clocher, ça ne laisse d’interpeller, non ? Et cette histoire de la vieille tante du copain : partie vaillante en train pour un pèlerinage à Lourdes, la voilà qui revient sur une civière. Son pied avait roulé sur un cierge. L’anti-miracle, ça arrive aussi.

 

Doublée des meilleures intentions et de l'esprit… pratique, cette pieuse image datant de feu "Hara Kiri", paix à son âme, m'a été adressée par frère Daniel, un saint homme et ami de longue date.

Doublée des meilleures intentions et de l’esprit… pratique, cette pieuse image datant de feu «Hara Kiri», paix à son âme, m’a été adressée par frère Daniel, un saint homme et ami de longue date.

J’en profite pour passer au rayon Sciences. J’écoutais hier avec grand intérêt les propos radio (France inter) d’Etienne Klein, physicien, philosophie des sciences. « Penser l’origine » (du monde, ajouterait Gustave Courbet, qui voyait « la chose » à courte distance cosmique, quoique…), une sorte d’impasse dont on ne peut même pas imaginer le bout. Penser la fin, c’est imaginer le non-être, en définir les contours et les propriétés, qu’il ne saurait avoir… car ce ne serait alors plus le néant. Une aporie, comme on dit en haute sphère.

 

On ne peut voir le bout du tunnel et il en va de même de l’entrée. Klein remet « en cause » le fameux big bang, non pas comme hypothèse, mais en tant que « point zéro ». Qu’y avait-il donc avant l’instant dit « zéro » ? Quid de la matière et de l’énergie « noires » – invisibles et pourtant probables ? Et si la théorie de la relativité générale demeure valable, elle ne s’appliquerait qu’à la seule énergie de la gravitation, et pas aux trois autres connues : électromagnétique, nucléaire faible, nucléaire forte. La question de l’origine est donc, par excellence, ce qu’on appelle une question ouverte. Grande ouverte sur l’in-connaissance. Une ivresse. Comme celle de la foi des croyants ?

Toujours est-il que les sciences m’enivrent. À la nôtre !


Rome et Roms. Sarkozy ou l’art de bien cirer les mules du pape

Ce président-là, qui estime plus un curé qu’un instituteur, est donc allé cirer les mules du pape – pour ne pas dire plus vulgaire. Aller à Rome régler une (sale) histoire de Roms et pour se faire pardonner  les offenses portées à cette France catho, bien pensante d’ordinaire et cependant aujourd’hui taraudée dans son sarkozysme, y a-t-il plus vulgaire en politique ?

Eh bien oui, il y a  ! Ainsi lors de l’échange des cadeaux (ça se fait) : si on en croit le correspondant à Rome de France Inter [8/10/10], Eric Valmyre, Sarkozy l’intello a offert au pape une édition d’époque du Génie du christianisme et des Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand. Ça le reposera des missels. En retour, veinard, il a reçu du pape une faïence et une gravure représentant la place Saint-Pierre. Ravi, le « chanoine d’honneur », ainsi baptisé en 2007 à Saint-Jean de Latran…, en a profité pour demander une petite rallonge, un pourliche, une aumône : un chapelet supplémentaire pour sa nièce… Oh que c’est touchant ! Et carrément vulgos. Comme d’avoir amené des invités supplémentaires à la visite de Lascaux. Ah ! ces petits coups de piston et grands coups de canif dans la fonction présidentielle. On ne le refera pas. Dans un sens c’est aussi bien ainsi. Tant qu’à devoir le garder, que ce soit dans son entièreté.

PS. Et il l’a eu, son chapelet en rab’, ainsi qu’en atteste l’agence AP : « Le secrétaire personnel du pape, Mgr Georg Gänswein, s’est chargé d’aller en chercher un et de l’apporter à Nicolas Sarkozy. »


Simplicité et émotion. Elisabeth et Benoît se sont dit «oui» hier à Glasgow

Après la messe, les «just married» regagnant leur papamobile pour une destination secrète. Ph. ♋ x.

C’est en Écosse, à Glasgow, qu’Elisabeth et Benoît se sont dit « oui » hier soir. Ils n’ont pourtant pas radiné: 70 000 invités à la cérémonie, empreinte de simplicité et d’émotion, doublée d’une messe rassemblant les parents et amis de chaque famille, les Deux et les Seize. Si le couple se multiplie, il aura trente-deux descendants – ce qui est considérable, surtout à cet âge. S’il se divise, cela ira de 2 : 16 = 0,125 (pas viable) à 16 : 2 = 8 (encore trop). Parions plutôt sur l’avenir radieux de ce couple uni sous les meilleurs hospices [je sais, c’est exprès !].

Retransmise en direct sur TF1, la cérémonie a bien sûr été commentée par Boris Zitrone (l’arrière petit-fils), lequel, citant les Évangiles en latin, anglais, allemand et russe (sous-titré en VF), a rappelé qu’il ne suffisait pas de faire des enfants, encore fallait-il les mettre à l’abri des curés pédophiles. Et à ce propos, il a repris les toutes fraîches paroles prononcées à Westminster par Benoît Seize, très au fait des actualités : « L’Eglise n’a pas été assez vigilante ». Certes, a sèchement ponctué le commentateur vedette de la chaîne qui, ensuite, dans ce style inimitable, c’est-à-dire suavement ampoulé, s’est complu à souligner les tenues des « just married » : « Pour l’élue, casaque et toque de soie d’un délicat vert vieil-anglican ; mocassins sombres. Pour Lui, par dessus le kilt rallongé, casaque et toque d’un blanc légèrement beurre-frais tranchant sur le rouge « grand fou, va ! » de ses babouches ».

En somme, une cérémonie d’un goût exquis, rassemblant sur moins d’un mètre carré et tout juste en un feuillet dactylo une dose concentrée d’anti-royalisme et d’anti-cléricalisme bien primaires. Ouah, que ça fait du bien !


Algérie. Une douzaine d’emprisonnements pour non observance du ramadan

Pour n’avoir pas observé le jeûne pendant le ramadan, Hocine Hocini, 47 ans, et Salem Fellak, 34 ans, deux ouvriers algériens, originaires d’Ain El Hammam, près de Tizi-Ouzou en Kabylie, ont été jetés en prison ! Selon El Watan du 9 septembre, une dizaine d’autres cas semblables se sont également produits en Kabylie.

Surpris en train de boire de l’eau par des policiers qui ont immédiatement procédé à leur arrestation, auditionnés ensuite par le parquet, ces deux Algériens, dont l’un est de confession chrétienne, incarnent à présent le combat contre la violation des libertés fondamentales en Algérie.

Une chaîne de soutien internationale s’est mobilisée contre leur procès annoncé pour le 8 novembre. Sur Internet, ACOR SOS Racisme, une ONG suisse, vient de lancer un appel de mobilisation, relayé dans de nombreux pays et organisations internationales.

L’Algérie a pourtant ratifié les traités internationaux relatifs aux droits de l’homme et notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques…

L’intolérance, particulièrement en matière religieuse, demeure une calamité mondiale. Tandis que la tolérance politique, paradoxalement, comme aux Etats-Unis, conduit au délire spectaculaire le pasteur Terry Jones et son groupe intégriste de « brûleurs de Coran », en Floride. Ce fléau est aussi vieux que le monde des croyances exacerbées. On ne citera ici que pour mémoire, la combien emblématique affaire du chevalier de la Barre, ce jeune homme mort dans les plus atroces tortures. Il n’avait pas ôté son chapeau au passage d’une procession religieuse. Ça s’est passé à Abbeville, en 1766 [affaire évoquée ici].

L’an dernier, au Maroc, six jeunes avaient aussi été poursuivis pour refus de pratiquer le ramadan. Et n’oublions pas, bien sûr, la condamnation à mort par lapidation qui pèse toujours sur l’Iranienne Sakineh Mohammadi Ashtiani, accusée d’adultère.

Dessin de Zino, El Watan, Alger

Le quotidien d’Alger, El Watan, entre autres médias, fait grand bruit de ces affaires. Hassan Moali s’indigne en ces termes : « Ces policiers, à qui, on s’en doute, on a mis la puce à l’oreille, n’ont strictement aucun droit de punir un non- jeûneur. L’islam qui est une religion de tolérance, abstraction faite des comportements odieux de certains zélés, professe avec force «qu’en religion, il n’y a point de contrainte» (La Ikraha Fi Eddine). Un fidèle ou un infidèle n’a de compte à rendre qu’à Dieu et non à un flic ou un autre bras armé de l’État à qui l’on demande de jouer au redresseur des torts. A tort… »

De nombreuses réactions sont publiées sur le site du journal, telles celle-ci, signée « Bled miki » : « Je soutiens tous les non jeûneurs, car moi même je n’ai jamais jeûné de ma vie, je ne suis pratiquant d’aucune religion, j’en ai pas besoin de religion pour être quelqu’un de bien, je considère que je suis meilleur dans la bonté que 95% des musulmans pratiquants, je le vois autour de moi, dans mon travail, y a qu’en mois de ramadan qu’ils arrêtent de mentir et de voler. Je ne suis pas contre aucune religion mais j’ai horreur des hypocrites.

« En tout j’en suis convaincu d’une chose, si vraiment le bon dieu existe donc il devrait être infiniment plus intelligent que nous, j’en suis convaincu que la majorité des gens qui se disent musulmans ne goûteront pas à son paradis tellement ils sont hypocrites, intolérants, méchants..car ils ne font le ramadan et la prière que pour l’image ou juste parce que on leur a promis le paradis ou parce qu’ils ont peur de l’enfer.

« Moi j’ai la conscience tranquille j’aime tous les êtres humains sans distinction aucune.

« J’en ai plus que marre de cette intolérance, j’aspire à vivre chez moi en Kabylie où l’amour régnera en roi ou le respect sera de mise, où on respecte la liberté individuelle et toutes croyances.

« Laisser nous vivre comme on veut chez nous. »


Onfray, Freud et les freudistes. Le crépuscule d’un débat religieux

Des fantasmes comme chacun…

Je le dis tout net,  je n’ai pas lu Le crépuscule d’une idole, l’affabulation freudienne de Michel Onfray, et n’aurai sans doute pas le temps, ni peut-être le désir de le faire avant que ne s’épuise la polémique galopante. J’ai tout de même envie d’en parler à plusieurs titres qui n’ont rien à voir avec tous ces patentés du grain de sel, dès lors qu’ils se disent psy-quelque chose, ou architectes, ou philosophes, écrivains, etc. Je m’en mêle seulement au titre du regardeur. De ce qui « me regarde ». Ou si on veut en tant que ce « voyeur du monde » qui pourrait définir le journaliste attentif, laborieux laboureur, interrogateur éventuel des inconscients individuels et collectifs forgeant ce qu’on nomme l’actualité, les événements…

Je m’interroge donc en particulier sur la polémique elle-même, sa durée, son ampleur, sa forme prenant le pas sur le fond, sa violence assassine – avec préméditation bien mûrie, rancie, vacharde. Je vois un type, heureusement costaud en apparence, jeté à terre, piétiné, insulté, crucifié, si j’ose dire. Et j’ose, vu que je voudrais ici causer de religion, d’hérésie, d’inquisition – toutes ces joyeusetés généralement accolées. Je me vois témoin assigné d’un procès en sorcellerie, c’est-à-dire non pas une simple cabale, une ordinaire bataille d’Hernani entre esthètes vindicatifs… Non, il s’agit bien d’un procès, qui plus est du type stalinien, ou inquisitoire, ce qui est tout comme, et par lequel un coupable destiné au bûcher – c’est décidé dès l’instruction – se trouve illico jeté aux flammes.

Autant de faits insupportables, relevant en fait du lynchage, qui m’amènent à tendre une main secourable – si tant est qu’elle soit utile à l’intéressé. Disons que ce geste m’est d’abord nécessaire, à moi-même, du double point de vue, intellectuel et moral.

De quel crime Onfray se trouve-t-il accusé et sous quels chefs d’inculpation ? – il ne s’agit déjà plus d’une « mise en examen ». Parce qu’il s’attaque à ce qui peut, après tout, être considéré sous l’angle du dogme religieux, sinon de la secte la plus fermée… Qu’on en discute ! Mais quoi ?, causer avec un « fou raisonnant », un « révisionniste », un « néo-paganiste antijudéochrétien », un « masturbateur », un « cancre », un « personnage douteux » « projetant sur l’objet haï (Freud) ses propres obsessions — les juifs, le sexe pervers, les complots » ?

Ces qualificatifs sont pour le moins inquiétants, émanant tous de freudiens – non, plutôt de freudistes, c’est-à-dire militants d’une cause menacée dans ses fondements.

Que Michel Onfray s’attaque aux religions en professant son athéisme, voilà qui peut pour le moins le rendre suspect ; mais après tout, les iconoclastes sont tolérés dans la maison du seigneur… Mais ici, ne s’agit-il pas, de s’en prendre à une science – quelle science, au fait ? quelle méthodologie scientifique ? – de mettre en cause des Évangiles et leur Messie. On peut bien dire du Christ – et on ne s’en est pas gêné, y compris pour le récupérer de manière schismatique –, que c’était un anarchiste aimant les femmes, et pourvu de multiples autres qualités bien humaines et bien ordinairement névrotiques… Mais envisager que Freud pût être un affreux réac, voire un collabo !…

Or, il semble admis par les freudistes que toutes ces « tares » du Père fondateur étaient avérées depuis belle lurette… Dès lors pourquoi en faire un casus belli et refuser le débat sur le fond de la psychanalyse ? Pourquoi ainsi pratiquer le déni historique et ne pas discuter sur l’hypothèse d’Onfray selon laquelle (Nietzsche n’est pas loin) toute doctrine ou théorie exprime la biographie même de son auteur. En un sens cela revient aussi à considérer tout bonnement que chacun – chaque être dans sa vérité – se trouve résulter de sa propre histoire vécue. Affirmation aussi banale que géniale – et dont on ne saurait dénier à Freud le mérite d’avoir su en explorer toute la complexité, en particulier dans le domaine de l’inconscient.

Sexpol spécial Wilhelm Reich, décembre 1977

S’il est une critique que l’on se devrait de porter à l’encontre du freudisme d’aujourd’hui c’est encore et toujours celle de son absence d’implication sociale. Cette même critique de gauche qui avait provoqué des scissions dans le mouvement psychanalytique, dès sa naissance, à partir d’analyses sociales – celles qui donneront naissance au freudo-marxisme, avec l’école de Francfort, et plus encore avec un Wilhelm Reich s’opposant, entre autres, au concept de « pulsion de mort » –  enfoncé par les freudistes de choc, sous l’accusation de « folie » – ce qui nous ramène à notre actualité.

Il m’est arrivé ici (ou pas loin) de reprocher à Onfray ce que j’ai appelé son côté « prêchi-prêcha » et parfois empêcher de réfléchir en paix, un peu le comble pour un accoucheur philosophique. Mais je lui accorde aussi bien des mérites, comme de secouer les torpeurs basiques dans lesquelles nos sociétés et nos êtres s’engloutissent. Ce qui s’avère hautement salutaire et donc si nécessaire dans nos sociétés de croyances néo-obscurantistes. Sa « très grande faute », à Michel Onfray, aurait peut-être été ici, sur ce terrain freudien, d’opposer à la psychanalyse des arguments objectivables, de type scientifique, qui pourrait prétendre remettre en cause tout effet de la cure analytique. Disons que personne n’en connaît tous les « mécanismes », éminemment subjectifs – même si une certaine méthodologie prétend tenir lieu de discipline. N’en va-t-il pas de même, par exemple, de l’homéopathie ? Elle apaise ou guérit certains maux, c’est un fait – effet placebo ou pas. Comme pour l’analyse, non ?

L’autre « faute » d’Onfray, tiendrait peut-être aussi de son approche des médias et des journalistes. Certes, ils semblent le chouchouter – c’est un bon « client » qui « passe bien » et « fait de l’audience », puisque polémique. Mais en même temps, les journalistes montrent vite leurs limites de « touche à tout » de l’écume événementielle. Ils doivent en ce domaine de la psyché, marcher sur des œufs… sans trop y entraver grand chose – pas davantage que leurs propres névroses, après tout. Donc, ils comptent les points et ne sont pas fâchés de voir cet Onfray mordre la poussière. Lui que, Le Monde 2 [2/4/2005] avait amené à déclarer à propos de journalistes justement :

• Pourquoi, selon vous, la bataille des idées est-elle à ce point aseptisée, normalisée ?

– Michel Onfray : « Je vais vous dire des choses désagréables. Il faudrait psychanalyser le métier de journaliste. C’est quand même une profession remplie de minables. Il y a des gens qui font bien leur boulot et qui considèrent qu’ils sont des passeurs… » Et caetera ici.


Et interdire le voile épais… de la connerie?

Dessin de Faber ©

Burqa, niqab, certes… Mais imaginons le tollé si on avait interdit la soutane en son temps glorieux ?! On s’en foutait plus ou moins, ou on bouffait du curé, faute de grives. Du coup l’espèce des corbeaux a dépéri et s’est même éteinte d’elle-même, sauf dans ses sauteries privées genre « chez Mgr Lefebvre ». Pourtant un pandore d’époque aurait pu tout autant verbaliser pour cause de sécurité routière: va conduire en robe longue qui te pendouille jusqu’aux pédales de la deudeuche ! Sans blague ! Il est vrai que conduire sa bagnole ou son 4x4 avec un masque aussi fermé que le niqab c’est comme piloter un vieux char d’assaut derrière la fente du blindage. Donc il y a des limites à ne pas dépasser les bornes. Quant à interdire… Et j’y pense, pendant qu’on y est, si on interdisait la connerie ? C’est pas dangereux et intégriste à la fois, ça, le voile épais de la connerie ?



Allègre, GIEC, curés pédophiles. Science et religion dans le plus obscur climat

Malaise dans nos civilisations. Civilisées, le sont-elles, d’ailleurs, autant qu’elles le proclament ? Où que l’on tourne le regard, le doute nous saisit. Quels repères, quels sens trouver qui indiquent direction, espoir. « Le monde est pourri, la vie est belle », j’aime bien cette parole de Claire, une copine, qui ajoutait aussi, d’une conviction entière, « On fait ce qu’on peut ». Ça ressemble à du banal. Ce n’en est pas, non. Qui, en effet, peut prétendre ici-bas accomplir tout son possible ? Vraiment tout le possible… C’était ma minute philo qui m’entraîne dans la pataugeoire que nous appelons aussi « actualité », là où tout le possible n’est jamais épuisé. J’en prends deux bouts, les deux extrémités d’un bâton bien merdique :

– D’un côté des curés pervers, passant à l’acte sur des enfants qu’ils ont mission de guider… ; dans cette lignée, un appareil, celui du pouvoir religieux ecclésiastique et sa cohorte économique et hiérarchique, sous-papes et pape, l’État vaticanesque, ses succursales mondialisées propageant la « bonne parole » – tu parles, oui !

– De l’autre, une tentative de politisation de la science par le truchement de deux illusionnistes médiatisés, Vincent Courtillot et surtout Claude Allègre cumulant, lui, la fonction complémentaire d’escamoteur et chantre du libéralisme « décomplexé ».

Il s’agit bien d’un seul et même tenant, celui de la dissimulation, de la falsification, formes visibles de cet obscurantisme revenant à l’offensive sauvage dans nos temps en perte de lumières.

Les religions – depuis le temps ! – ont imprégné toutes les strates de nos sociétés, conditionnant jusqu’à nos inconscients, notre langage, nos comportements. Comme les systèmes totalitaires, elles ont aussi sécrété leurs ordres policiers, déployé des agents d’inquisition, enfoncé « leur main noire jusque dans le ventre des hommes » – Panaït Istrati en 1927 à propos du stalinisme. Plus encore, elles ont acquis cette sorte de statut reconnu d’agent culturel, patenté, celui du medium selon la terminologie de Régis Debray qui s’interroge sur leur sens profond et les questionnements que l’animal humain y place dans la durée de son histoire.

Partout dans le monde déboussolé, les religions se sont inscrites comme des manifestations « naturelles » de données éminemment culturelles : les croyances et les superstitions. Darwin, pour commencer, puis ses continuateurs dont les plus actuels – entre autres, Patrick Tort en France et Richard Dawkins en Grande-Bretagne – ont intégré les comportements religieux dans les processus de l’évolution naturelle. Je passe ici sur leur argumentation, forcément complexe, pour plutôt faire ressortir les difficultés énormes que semble affronter le genre humain dans son immense majorité à poursuivre son évolution en direction d’une rationalité affirmée, et pour autant non dénuée de spiritualité – au contraire !

Certes, il faudrait ici en appeler aux plus amples développements ; ce n’est pas le lieu et je n’en ai pas non plus la prétention. Je ne fais donc que frôler cette problématique à l’occasion des affaires de pédophilie ecclésiastique qu’on peut considérer sous deux angles.

Le premier ne serait qu’anecdotique s’il ne touchait à une criminalité et à ses victimes ; il montre que les curés, condamnés à la névrose et au refoulement sexuel au nom du dogme le plus absurde selon lequel l’amour « normal », sexualité comprise, contreviendrait au « dévouement au Seigneur »… Faut-il avoir parcouru toute une chaîne de pathologies multiples pour accoucher d’une telle hérésie. Hérésie elle-même fondatrice du code général de définitions et dénonciations de toutes les autres, au nom du Dieu, bien sûr, et plus encore du Dogme canonique. Ainsi boucle-t-on des systèmes totalitaires, en religion comme en politique, ou plus généralement en idéologie. Si on admet que les curés ne sauraient être moins névrosés que le reste de la population – c’est l’argument qui sert de défense à l’Église –, outre que cela donne matière à objection, rapport au fameux « vœu de chasteté », il ne faut pas oublier que ces « serviteurs » sont censés se présenter en parangon de Vertu, et se prétendent tels ! On a donc beau et faux jeu que de minimiser leurs crimes au prétexte qu’ils ne seraient pas moindres de ceux des autres bergers de la société, comme les instituteurs de la laïque, suivez mon regard. L’argument me renvoie à celui par lequel on oppose le régime castriste de Cuba à une pseudo démocratie capitaliste. Il s’agit bien de dictatures, mais l’un prétend avoir mené son peuple au Paradis socialiste. Ce qui n’excuse nullement l’autre !

Second angle : Ces « anicroches » correspondraient en somme à d’ordinaires anomalies concernant des brebis égarées. Il suffit de les remettre dans le droit chemin et tout ira bien et même mieux qu’avant. Un petit coup de « plaider coupable », quelques contritions – vous savez ces séances publiques, bien médiatisées, de pardonnage impudique et en larmes de crocodiles, même les politicards en raffolent, les patrons brigands encore plus, du moment que ça fait passer les pilules du lendemain… Moyennant quoi tout repart comme avant et, pour ce qui est des systèmes d’aliénation religieuse, tout rentre dans l’ordre ecclésial et surtout séculier. Amen !

Deuxième bout du même bâton, donc. Il touche à la démarche rationnelle, à la science, à la tentative de l’homo sapiens, s’étant mis debout, de voir au delà de la seule chandelle qu’il porte. La pensée construite – c’est-à-dire argumentée et contrée avant validation et poursuite vers l’étape suivante – spécifique de l’animal humain [je tiens cette judicieuse expression de Wilhelm Reich], vaut par sa capacité à éclairer son devenir ; elle implique une idée de mieux-être, d’avancée dans une humanité en marche et soucieuse de n’abandonner rien de ce qui est humain et de ce qui y contribue. Sa rupture d’avec l’irrationalité religieuse repose sur l’ancrage précisément terrestre et non céleste, temporel et non éternel, réel et non contingent.

Elle s’écarte aussi de la foi, soit en l’excluant comme hypothèse non rationnelle, soit en la reléguant au monde de l’intime. Savoir et croire, ça fait deux. Deux états qui se confrontent aussi au quotidien, notamment dans le champ de la (difficile) communication entre personnes, notamment aussi dans l’établissement de ce qu’on appelle réalité ou vérité. Entre parenthèses, le métier de journaliste se trouve précisément à la croisée de ces états selon lesquels se constituent, pour tout un chacun, son propre rapport au monde.

La Science, quant à elle et moins que toute activité humaine, ne saurait s’exclure de la séparation de ces états. Elle part de là et c’est de là aussi que surgit un clivage, voire un schiste : unifier savoir et croyance par élimination « naturelle » de la dernière ; ou bien séparer les deux domaines, considérer qu’ils peuvent fonctionner séparément, voire collaborer.

Que le doute se saisisse du monde scientifique, ou l’interpelle comme on dit, je n’y vois qu’avantage et nécessité. Trop de « certitudes » ou de « vérité » ne peut que nuire à l’établissement des données de la complexité. Mais un soupçon même de croyance, n’entache-t-elle pas l’ensemble de la démarche scientifique – point d’interrogation.

Pour en revenir aux deux « contrevenants » s’opposant au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), je rangerais Courtillot dans la première catégorie – celle des semeurs de doute quant à la Vérité climatique, sous réserve de validité de l’argumentation, bien sûr –, et Allègre dans la seconde, évidemment, celui des manipulateurs délibérés dont les visées peuvent, pour le moins, être suspectées d’intentions « impures » quant à la démarche scientifique. Les 400 climatologues qui lui volent dans les plumes [Le Monde, 2/4/10] semblent posséder de solides arguments. Je dis « semblent » car ils en préparent une présentation prochaine. Mais indépendamment, il y a le personnage même d’Allègre, fortement émetteur d’antipathie – tant de suffisance ubuesque ! tant d’arrivisme politique ! Il y a aussi et surtout son attitude de faussaire l’ayant amené à falsifier des données scientifiques et des courbes – ce qu’il a reconnu en « raison » d’« un choix éditorial ». Et ce qui l’exclut du champ scientifique. De même lorsqu’il conclut son débat avec un écologiste [Yannick Jadot, France Inter, 31/03/10] par, en substance, « De toutes façons, la Nature répare toujours les dégâts des hommes »… – ce qui était déjà, dans les même termes, le credo libéral d’un Madelin, ou des néo-conservateurs états-uniens. Dès lors, il ne reste plus qu’à tirer l’échelle sous ce Nostradamus à la manque et à le renvoyer à ses prédictions volcaniques et autres délires sur l’amiante.



  • © Ch.- M. Schulz

    « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet. » Bossuet

  • Traduire :

    • Twitter — Gazouiller

    • Énigme

      Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

      Philippe Casal, 2004 - Centre national des arts plastiques - Mucem, Marseille

    • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

      La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
      (Claude Lévi-Strauss)

    • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

      Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexualité / politique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
    • «Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl»

      Comme un nuage, album photos et texte marquant le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986). La souscription étant close (vifs remerciements à tous les contributeurs !) l'ouvrage est désormais en vente au prix de 15 euros, franco de port. Vous pouvez le commander à partir du bouton "Acheter" ci-dessous (bien préciser votre adresse postale !)

      tcherno2-2-300x211

      Il s'agit d'un album-photo de qualité, à tirage soigné et limité, 40 p. format A4 "à l'italienne". Les photos, prises en Provence et notamment à Marseille, expriment une vision artistique sur le thème d’« après le nuage ». Cette création rejoignait l’appel à l’organisation de "1.000 événements culturels sur le thème du nucléaire", entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fukushima) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl).
    • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

      L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

    • montaigne

      Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

      La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

    • « C’est pour dire » de Gérard Ponthieu, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification (3.0 France). Photos, dessins et documents mentionnés sous copyright © sont protégés comme tels.
      Licence Creative Commons

    • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

      « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    • Catégories d’articles

    • Salut cousin !

      Je doute donc je suis - gp

    • Fréquentation de « C’est pour dire »

      • 0
      • 393
      • 174
      • 2 593
      • 13 894
      • 1 624
      • 3 776
    • Calendrier

      février 2018
      lunmarmerjeuvensamdim
      « Jan  
       1234
      567891011
      12131415161718
      19202122232425
      262728 
      Copyright © 1996-2017 C’est pour dire. Tous droits réservés – sauf selon la license Creative Commons.
      iDream theme by Templates Next | Turbiné par WordPress
      Translate »