On n'est pas des moutons

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Élections. “On nous refait le coup de la ligne Maginot”, par Philippe Torreton

Valls était beau l’autre soir à la télé, dra­pé de soie­ries yvette-hor­né­rienne un soir de 14 juillet, il appe­lait à voter pour la droite en citant nom­mé­ment les can­di­dats. Ça y est, il peut la dire fiè­re­ment cette phrase, sans s’emmerder à trou­ver des astuces et des com­bines pour s’affirmer de gauche. Et c’est ain­si qu’au len­de­main d’un vote par­ti­cu­liè­re­ment extrême, le front répu­bli­cain nous refait son numé­ro de duet­tistes comme les der­niers cache­tons de Stan Lau­rel et Oli­ver Har­dy qui ne se par­laient plus mais ten­taient encore de faire rire à l’ancienne dans un monde pas­sé au sonore et à la cou­leur. On nous demande de voter à droite pour bar­rer la route au Front natio­nal. Cela fait plus de trente ans que l’on nous remet les mêmes cou­verts pour man­ger la même soupe à la gri­mace, ce n’est pas bon mais ça fait du bien. Mais ça fait du bien à qui ? Ça ras­sure qui ce vote répu­bli­cain ? Ça per­met quoi ? L’eau monte à chaque marée d’équinoxe élec­to­rale mais le front de mer répu­bli­cain résiste, on rebâ­ti en hâte la digue en rajou­tant un rang de par­paings et on se dit qu’on a fait le boulot.

Sauf que là, on nous demande de voter entre autres pour un Ber­trand ou un Estro­si, c’est-à-dire ce que la droite fait de pire, les Las Vegas de la droite, des prêts-à-tout… Au nom d’un soi-disant front répu­bli­cain, on nous demande d’aller voter pour des oli­brius qui ont mené une cam­pagne pra­ti­que­ment indif­fé­ren­ciable de celle du FN pour contrer jus­te­ment les can­di­dats FN. C’est absurde, c’est tris­te­ment absurde. On peut man­ger de la merde sous la menace d’une arme, mais je crois qu’il y a des limites à l’humiliation. On vou­drait ren­for­cer le vote FN que l’on ne s’y pren­drait pas autre­ment. Il faut per­mettre au peuple de gauche de voter et, pour qu’il puisse voter, il lui faut des can­di­dats. Ce n’est pas en s’asseyant à plu­sieurs sur le cou­vercle de la Cocotte-Minute en sur­chauffe que l’on fera retom­ber la pres­sion, pour moi le front répu­bli­cain c’est cela et pas autre chose. Plus de trente ans que l’on nous res­sert avec les airs finauds et graves qui vont avec le coup du « vote de colère » et du « vote mes­sage » qu’il faut savoir écou­ter, évi­dem­ment, et que l’on a bien sûr com­pris. Trente ans que tout ce beau monde y va des mêmes phrases creuses, trente ans que les citoyens qui votent FN n’ont pas com­pris que vous les aviez com­pris, mais trente ans de colère, ce n’est plus de la colère, c’est un pro­gramme, Mes­sieurs du front répu­bli­cain, c’est une adhé­sion en par­faite connais­sance de cause, on vote FN sans se cacher, sans prendre un air bou­gon, on vote FN tran­quille­ment avec les enfants juste avant d’aller voir Mamie qui nous a pré­pa­ré une blan­quette de veau. Il est curieux de deman­der le retrait de ses can­di­dats arri­vés troi­sième mais de ne pas exi­ger la réci­proque pour le camp d’en face. C’est moi qui vois le mal par­tout où se cache­rait-il par là un petit cal­cul poli­tique, comme un espoir de réci­proque si jamais on se retrouve seul face au FN au deuxième tour de l’élection pré­si­den­tielle de 2017, plus on s’affichera grand sei­gneur aujourd’hui moins il sera pos­sible à l’autre camp de ne pas appe­ler à voter « répu­bli­cain » à son tour ? L’heure est grave et on nous refait le coup de la ligne Magi­not républicaine…

Il faut entrer en résis­tance et résis­ter, c’est d’abord étu­dier pré­ci­sé­ment ce que l’on va com­battre et pour com­men­cer ce com­bat il faut admettre un résul­tat, être capable de le consta­ter, la France est majo­ri­tai­re­ment de droite et dans cette droite le FN est le par­ti phare. Ce n’est pas en s’abstenant ni en démis­sion­nant des conseils régio­naux que l’on va résis­ter, c’est en y étant pré­sent, en écou­tant les débats, en par­ti­ci­pant aux votes, en dénon­çant l’inadmissible qui ne tar­de­ra pas à poin­ter son nez, même si je pense qu’ils vont tout faire durant cette pauvre année qui nous sépare de la ker­messe pré­si­den­tielle de 2017 pour ne pas cho­quer le citoyen qui ne vote pas FN.

Ce front répu­bli­cain est un aban­don, c’est de la poli­tique de tapis vert. Pour contrer le FN, il eût été pré­fé­rable de ne pas hur­ler en sueur : « J’aime l’entreprise ! » Ou de décla­rer sans sour­ciller que les Roms n’ont pas voca­tion à s’intégrer, mais au contraire don­ner le droit de vote aux étran­gers extracom­mu­nau­taires aux élec­tions locales, au lieu d’abandonner cette pro­messe au len­de­main d’une défaite élec­to­rale affi­chant une fois de plus un score impor­tant du FN, comme un acte d’allégeance ; c’était ne pas appe­ler les pays de l’Union euro­péenne à res­treindre l’accueil des réfu­giés quelques jours après le 13 novembre, accré­di­tant du même coup les thèses du FN qui voit en chaque réfu­gié un pos­sible ter­ro­riste ; c’était ne pas mar­te­ler qu’il n’y a qu’une poli­tique pos­sible ; c’était ne pas cou­per les bud­gets de la Culture à peine arri­vé au pou­voir mais au contraire sou­te­nir les fes­ti­vals au lieu de consta­ter leurs fer­me­tures avec un air de cir­cons­tance ; c’était ne pas aban­don­ner les inter­mit­tents à la vin­dicte mépri­sante du Medef mais au contraire les défendre immé­dia­te­ment, tota­le­ment. C’était de pro­fi­ter d’un voyage au Luxem­bourg pour taper du poing sur la table en condam­nant cette poli­tique de dum­ping fis­cal que pra­tique le grand-duché. Ne pas sup­po­ser le chô­meur frau­deur et l’assuré social tri­cheur sur­tout lorsque des cen­taines de mil­liards nous échappent chaque année par l’exil et l’optimisation fis­cale de nos si chers plus riches et de nos si aimées entre­prises. C’était de ne pas appe­ler de ses vœux une jeu­nesse se rêvant mil­liar­daire, c’était oser les Scop lorsque le grand capi­tal détruit nos indus­tries ; c’était ne pas se décou­vrir à moins d’un an de la COP21 une âme d’écologiste.

Lut­ter contre le FN, c’eût été avoir de la constance et des convic­tions, avoir encore un idéal autre­ment plus moti­vant que l’équilibre des comptes public et nous y emme­ner, oser le bon­heur pour tous, c’était lais­ser le corps ensei­gnant un peu tran­quille pour une fois, l’écouter et lui don­ner de quoi ensei­gner, les profs connaissent leur métier, c’est leur pas­sion et ils en ont marre qu’on leur dise ce qu’il faut faire à coup de réformes obs­cures et indé­chif­frables dont le seul but est de trans­for­mer l’école en un tube par lequel on entre « espé­rant » pour en res­sor­tir à l’autre bout « consommateur ». 

Lut­ter contre le FN, c’était être capable d’abandonner la rigueur bud­gé­taire euro­péenne pour une autre cause que notre sécu­ri­té immé­diate, par exemple pour venir en aide à nos 5 mil­lions de pauvres, pour construire ces loge­ments qui manquent à plus d’un mil­lion et demi de per­sonnes, c’était faire en sorte que les Fran­çais ne dépensent pas plus de la moi­tié de leur paye pour se loger ; bref lut­ter contre le FN, c’était res­ter de gauche, vrai­ment, réel­le­ment, de gauche à en mou­rir, de gauche à en tenir bon sous la mitraille, c’est reve­nir au plus vite et le plus farou­che­ment pos­sible aux valeurs de la gauche pro­lé­ta­rienne, redon­ner du sens au tra­vail, à la culture du tra­vail, son hon­neur et sa gran­deur, au lieu de le détruire en fai­sant du tra­vail une tâche à accom­plir, tous les trois jours un homme ou une femme se sui­cide à cause de son tra­vail qu’il ou elle ne recon­naît plus, le peuple de gauche avec ses valeurs et son hon­neur se fait humi­lier depuis des années sur l’autel de la crois­sance, des fonds de pen­sion, du libre-échange, ce peuple d’un autre âge qui ne com­pren­drait pas l’évolution du monde et à qui on demande dimanche de voter comme un seul homme pour des can­di­dats de droite en invo­quant Jaurès.

Phi­lippe Tor­re­ton, comé­dien et auteur.
VENDREDI, 11 DÉCEMBRE, 2015 - L’HUMANITÉ

Être gouverné, c’est choisir (hommage à la Grèce)

La démo­cra­tie prend ses racines prin­ci­pales dans les réformes enga­gées autour de la cité d’Athènes dans la Grèce antique autour du ve siècle avant notre ère. Bien que la démo­cra­tie athé­nienne soit aujourd’hui consi­dé­rée comme ayant été une forme de démo­cra­tie directe, elle fai­sait coïn­ci­der deux orga­ni­sa­tions poli­tiques très différentes :

  • une Bou­lè regrou­pant envi­ron 500 citoyens tirés au sort, char­gés de recueillir les pro­po­si­tions de loi pré­sen­tées par les citoyens, puis de pré­pa­rer les pro­jets de loi ;
  • d’autre part, l’assemblée des citoyens (Ecclé­sia), exemple type de la démo­cra­tie directe.

Tous les citoyens athé­niens avaient le droit de prendre la parole et de voter à l’Ecclésia, où étaient votées les lois de la cité, mais aucun droit poli­tique ni citoyen­ne­té n’était accor­dé aux femmes, aux esclaves, aux métèques : des 250 000 habi­tants d’Athènes, seuls 40 000 envi­ron étaient citoyens et, sur ces 40 000, tous les hommes riches (tous les citoyens de la pre­mière et deuxième classes, envi­ron 5 000) et la plu­part des thètes (citoyens de la qua­trième classe, envi­ron 21 000) par­ti­ci­paient aux réunions de l’Ecclesia. Seuls les citoyens de la deuxième classe ont sou­vent envoyé une autre per­sonne aux réunions. [Wiki­pe­dia]

aris­to­cra­tie

auto­cra­tie

bureau­cra­tie

clep­to­cra­tie

δημοκρατία

géron­to­cra­tie

idéo­cra­tie

médio­cra­tie

méri­to­cra­tie

mono­cra­tie

ochlo­cra­tie

phal­lo­cra­tie

phy­sio­cra­tie

plou­to­cra­tie

social-démo­cra­tie

tech­no­cra­tie

théo­cra­tie

vagi­no­cra­tie

voyou­cra­tie

Fina­le­ment, on a l’embarras du choix…

PS : Ordre alphabétique !


L’Uruguayen José Mujica, un président vraiment pas normal

Ex-gué­rille­ro des Tupa­ma­ros dans les années 1960-1970, déte­nu en tant qu’otage par la dic­ta­ture (1973-1985)„ José Muji­ca Cor­da­no, sur­nom­mé « Pepe Muji­ca », a été élu pré­sident de l’Uruguay le 29 novembre 2009. Il tranche par son mode de vie, très éloi­gné du faste habi­tuel de la fonc­tion pré­si­den­tielle. Délais­sant le palais pré­si­den­tiel, il habite la petite ferme de son épouse, « au bout d’un che­min de terre » en dehors de Mon­te­vi­deo. Il conti­nue à y culti­ver des fleurs avec son épouse, à des fins com­mer­ciales, et donne envi­ron 90 % de son salaire pré­si­den­tiel à des orga­ni­sa­tions cari­ta­tives ou pour aider des « petits entre­pre­neurs », conser­vant pour lui-même l’équivalent du salaire moyen en Uru­guay (envi­ron 900 € par mois). Le couple pré­si­den­tiel béné­fi­cie de la pro­tec­tion de deux poli­ciers à la ferme. Le patri­moine du couple pré­si­den­tiel pro­vient pour la majeure par­tie de madame (Muji­ca n’ayant comme seul bien qu’une Coc­ci­nelle de 23 ans) et est éva­lué en 2012 à 4,2 mil­lions de pesos uru­guayens (envi­ron 170 000 euros). Lors de la vague de froid qu’a subie le pays en juin 2012, il a immé­dia­te­ment ins­crit la rési­dence pré­si­den­tielle sur la liste des refuges pour les sans-abris. Pepe Muji­ca est aus­si végé­ta­rien et athée. Vrai­ment pas normal.


Snowden : « Pas un pardon, une récompense ! »

snowden-amnestyLan­ceur d’alerte, ça devrait être une dis­ci­pline olym­pique ! En ligne directe avec la démo­cra­tie athé­nienne. Cette année, la médaille d’or revien­drait évi­dem­ment à Edward Snow­den. D’autres jeux auraient sacré un Julian Assange ou Daniel Ells­berg, l’ancien ana­lyste qui a sor­ti des docu­ments du Penta­gone en 1971. Snow­den bat cepen­dant tous les records du genre avec ses révé­la­tions, dont cette der­nière : chaque jour, la NSA col­lecte des cen­taines de mil­lions de SMS !

Edward Snow­den, on le sait, a révé­lé au monde entier le sys­tème de sur­veillance extrême exer­cé par le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain sur l’ensemble de la pla­nète et, poten­tiel­le­ment, sur cha­cun de ses habi­tants. L’ex-consultant de l’agence de ren­sei­gne­ment NSA risque trente ans de pri­son, l’infamie et l’isolement à vie si les agents amé­ri­cains l’arrêtent. Il se trouve blo­qué en Rus­sie depuis juillet 2013 avec un visa d’un an qui ne sera sans doute pas renou­ve­lé. À défaut d’avoir obte­nu l’asile au « pays des droits de l’homme » (la France 😳 *) , il sera peut-être accueilli au Bré­sil dont la pré­si­dente Dil­ma Rous­seff, très remon­tée contre ces pra­tiques d’espionnage géné­ra­li­sé, pour­rait bra­ver les menaces de rétor­sion états-uniennes.

Pourquoi pas ?

Pour­quoi pas ?

Aux Etats-Unis mêmes, des sou­tiens se font de plus en plus jour. Et Oba­ma a été ame­né, ce 17 jan­vier, à annon­cer une réforme de la NSA. Ou du moins à faire sem­blant : la col­lecte des don­nées conti­nue­ra, mais… sous super­vi­sion de la jus­tice… Là aus­si, pen­dant la crise les affaires conti­nuent. Mais c’est tout de même un signe que le plus grand lan­ceur d’alerte de l’Histoire a mar­qué des points dans son propre pays. Il n’y est plus tout à fait le paria, le « traître ». On a même vu appa­raître un  » Mer­ci Edward Snow­den  » sur les bus de Washing­ton sous la forme d’un pan­neau publi­ci­taire payé par des juristes de Part­ner­ship for Civil Jus­tice… On dis­cute désor­mais de la clé­mence qui pour­rait lui être accor­dée. Mais au prix d’un mar­chan­dage, tel celui envi­sa­gé en décembre par Rick Led­gett, chef de l’unité mise en place par la NSA pour répondre aux fuites : une amnis­tie contre un arrêt des révé­la­tions… Washing­ton a cou­pé court. Mais le New York Times s’y est mon­tré favo­rable :  » Consi­dé­rant l’énorme valeur des infor­ma­tions qu’il a révé­lées et les abus qu’il a expo­sés, M. Snow­den mérite mieux qu’une vie d’exil per­ma­nent, de peur et de fuite. Il a peut-être com­mis un crime mais il a ren­du à ce pays un grand ser­vice. «   Et ce com­men­taire d’un lec­teur : « Ce n’est pas un par­don qu’il mérite, c’est une récom­pense. Et les diri­geants qui ont affir­mé qu’ils ne nous espion­naient pas méritent d’être des­ti­tués ». L’opinion états-unienne demeure cepen­dant pour le moins par­ta­gée. Selon un son­dage ABC/ Washing­ton Post, 57 % des plus de 30 ans estiment que Snow­den devrait être pour­sui­vi. ce qui limite la pers­pec­tive d’un « pardon ».

Avaaz a lan­cé une péti­tion à envoyer à Dil­ma Rous­seff pour qu’elle décide de sou­te­nir Edward Snow­den en lui accor­dant l’asile. Plus de 800.000 signa­tures enre­gis­trées à ce jour. Le mil­lion est espé­ré. On peut signer la péti­tion ici.

[Sources : Wiki­pe­dia, Corine Lesnes (Le Monde, Washing­ton), Avaaz.]

Le , le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, annonce avoir reje­té la demande d’asile d’Edward Snow­den : « La France a reçu, comme beau­coup d’autres pays, par l’intermédiaire de son ambas­sade à Mos­cou, une demande d’asile de Edward Snow­den. Compte tenu des élé­ments d’analyse juri­dique et de la situa­tion de l’intéressé, il n’y sera pas don­né suite ». Plus pré­ci­sé­ment, ce n’est pas l’asile, au sens usuel du terme (dont l’attribution est de la com­pé­tence de l’Office fran­çais de pro­tec­tion des réfu­giés et apa­trides - OFPRA -), mais l’entrée sur le ter­ri­toire fran­çais qui lui a été refu­sée par les auto­ri­tés. [Wiki­pe­dia]


Cahuzac et le « pire des analphabètes », selon Brecht

J-C, peu avant sa crucifixion. [ph. DR]

J-C, peu avant sa cru­ci­fixion. [ph. DR]

Une cata infor­ma­tique s’est abat­tue sur « C’est pour dire » en même temps que la cata poli­tique qui fera du 2 avril 2013 la date réfé­rence: « Avant/après J-C bis ». Pas bien grave pour l’une (la chose a été dépan­née – mer­ci Daniel !), déplo­rable pour l’autre et pour nous tous, en par­ti­cu­lier pour ce qui relève de la Démo­cra­tie et de la Répu­blique – avec majus­cules – ces construc­tions si belles, labo­rieuses à faire gran­dir, si fra­giles, au point qu’elles chan­cellent sous les coups d’un ignoble Mal­frat (majus­cule aus­si !).  Ce qui est ici en cause, c’est la col­lu­sion intime de l’Argent, du Pou­voir et de la Peti­tesse, amal­game rui­neux pour l’Homme – construc­tion humaine – et qui ruine les hommes, le peuple, la socié­té, la morale déjà si chan­ce­lante en ces temps désenchantés.

Tout aura été dit, depuis ce jour de l’Aveu et de la Cru­ci­fixion, de la triche, du men­songe, de l’ignominie. Rien à ajou­ter à l’immonde. Sauf ce texte res­sor­ti à point nom­mé (mer­ci Rosa et Michel !). Un texte du dra­ma­turge alle­mand Ber­tolt Brecht (mort en 1956), bros­sant le por­trait de l’analphabète poli­tique, cet amné­sique et irres­pon­sable par lequel l’Histoire ne manque pas de bégayer.

Cahu­zac s’inscrit dans une longue lignée d’affairistes véreux, pré­cède les sui­vants, illustre les actuels. Son talent sup­plé­men­taire lui garan­tit le sta­tut d’icône moderne. Car il n’a rien inventé.

« Le pire des anal­pha­bètes, c’est l’analphabète poli­tique. Il n’écoute pas, ne parle pas, ne par­ti­cipe pas aux évé­ne­ments poli­tiques. Il ne sait pas que le coût de la vie, le prix des hari­cots et du pois­son, le prix de la farine, le loyer, le prix des sou­liers et des médi­ca­ments dépendent des déci­sions poli­tiques. L’analphabète poli­tique est si bête qu’il s’enorgueillit et gonfle la poi­trine pour dire qu’il déteste la poli­tique. Il ne sait pas, l’imbécile, que c’est son igno­rance poli­tique qui pro­duit la pros­ti­tuée, l’enfant de la rue, le voleur, le pire de tous les ban­dits et sur­tout le poli­ti­cien mal­hon­nête, men­teur et cor­rom­pu, qui lèche les pieds des entre­prises natio­nales et mul­ti­na­tio­nales. » [Ber­tolt Brecht, ni daté, ni sour­cé]

• Voir éga­le­ment, du 17 décembre 2012 :

Le men­hir d’Obélix cache­ra-t-il la forêt de l’évasion fis­cale ? par Attac


Dans « le cochon » DSK, tout est bon

Mar­ce­la Iacub, qui se dit « Juriste et spé­cia­liste de la phi­lo­so­phie des mœurs », offi­cie dans le Libé du same­di. De fin jan­vier à aoüt 2012, elle a pous­sé le sacri­fice en offrant son corps à un DSK post-Sofi­tel, ain­si qu’à à la science de la chose, un cran au-des­sus, genre méta-sexo­po­li­tique. Il en résulte un nou­vel épi­sode au feuille­ton DSK, fort bien embal­lé pour une pro­pul­sion média­ti­co-mar­chande qui com­mence par un bou­quin « ver­ti­gi­neux » – dixit  l’interviewer, enivré – et, panur­gisme aidant, devrait enva­hir le Spec­tacle : radio, télé, ciné. Sans par­ler des réseaux dits sociaux et même des blogs, jusqu’à celui-ci. On n’y é-chap-pe pas !

Dom­mage pour les frasques à l’Élysée…

Belle et Bête, ça s’intitule. Devi­nez qui est quoi… Elle tient donc le beau rôle, celle d’une (belle ?) char­cu­tière de luxe, qui ne jette rien des bas mor­ceaux de celui qu’elle nomme « le cochon ». On sait bien qu’un cochon som­meille en chaque homme. Cette cochonne-là n’a pas dû avoir à tra­vailler beau­coup la viande pour l’attendrir. Une bonne bête, certes pas halal – et je ne me ris­que­rai pas à une autre audace du genre, j’ai déjà don­né – mais dans laquelle « tout est bon », enten­dez comme matière (grasse) à scandale.

Un tel coup édi­to­rial, tout de même : cha­peau ! Sens aigu du biz­ness, art des coups four­rés – c’est bien le mot –, relais chez les édi­teurs pois­seux, auprès des canards boi­teux, des jour­na­leux tor­dus : tout un monde, tout un im-monde, qui n’est pas don­né à tout le monde. Il faut pour ça être doué, ou bien né. Les deux, c’est l’idéal.

Le Nou­vel Obs a tou­jours mani­fes­té quelque atti­rance pour la per­ver­sion. Mais, atten­tion, la per­ver­sion propre, si on ose l’oxymore, celle qui peut s’habiller en Pra­da, qui s’allonge sur les divans, qui titille Œdipe et Tha­na­tos, aime à bor­du­rer l’inceste ou le viol en adu­lant le « divin mar­quis » ou ses épi­gones moder­nistes. Cette per­ver­sion « chic » aux bourses bien rem­plies – c’est encore le mot, et on pour­rait aus­si s’en foutre ! – n’ayant jamais connu le vide des fins de mois. Cette per­ver­sion volon­tiers ados­sée au Pou­voir, ce pou­voir qui lui est aus­si néces­saire que le furent pour Sade les « bon­bons à la can­tha­ride »… Un via­gra dopé, dosage FMI, tes­té chez Berlusconi.

Pen­ser à invi­ter Clinton…

On pour­rait s’en foutre, sauf que ces bandes-là (déci­dé­ment), ça nous regarde. « Nous » comme citoyens d’une Répu­blique si ver­tueuse… « Nous » qui, comme cer­tains, ont jadis ques­tion­né la sexo-poli­tique, du temps où un Gis­card de pré­sident ne dédai­gnait pas le cul de la cré­mière, tan­dis qu’un sien ministre, de l’Intérieur, inter­di­sait la Revue Sex­pol (Ponia­tows­ki) ; du temps où un car­di­nal connais­sait la mort par épec­tase dans les bras d’une pros­ti­tuée (Danié­lou) ; bien après qu’un Félix Faure eut per­du « sa connais­sance » à l’Élysée même ; peu avant qu’un autre pré­sident eut mené double-vie (Mit­ter­rand)… Ou aux temps post-soixante-hui­tards où d’autres pères-la-pudeur, au nom de Mao et de la Révo­lu­tion, pra­ti­quaient sans ver­gogne le bien machiste repos du guer­rier (July, Geis­mar…, in Sex­pol n°3, « À poil les militants ! »)

 

Char­lie a flai­ré la truffe.

 

Et Libé donne dans le panneau.

Oui, ça nous regarde d’autant que cet im-monde là se targue aus­si de gou­ver­ner le monde selon de stricts prin­cipes, en appe­lant si faci­le­ment aux mots de rigueur, aus­té­ri­té, efforts, jus­tice, morale…

Nous voi­là ain­si entrés dans l’ère du cochon, après le Ser­pent  du nou­vel an chi­nois,  le cirque du bœuf-che­val, l’annonce du futur poi­chon (pois­son nour­ri au cochon). Triste ména­ge­rie que ce monde et ses drôles de zèbres. Au secours, Ésope et La Fon­taine, ils sont deve­nus fous !


La revue Sexpol ressuscitée en DVD !

L’association Mou­ve­ment Inter­na­tio­nal pour une Éco­lo­gie Libi­di­nale (M.I.E.L.) vient de numé­ri­ser la revue Sex­pol, sexualité/politique et met ain­si à dis­po­si­tion l’ensemble des 39 numé­ros parus de 1975 à 1980, cela dans la forme ori­gi­nale. C’est un tra­vail aus­si consi­dé­rable qu’utile, d’autant plus que, trente ans après sa dis­pa­ri­tion, Sex­pol était deve­nue introu­vable, sinon sur le mar­ché « noir » de quelques profiteurs…

L’association MIEL explique ain­si sa démarche : « L’objectif est d’une part la conser­va­tion d’un patri­moine cultu­rel : une revue de langue fran­çaise ins­crite dans l’histoire des aspi­ra­tions à la liber­té sexuelle et poli­tique, qui ont mar­qué les années 1970.

« Il s’agit d’autre part de rendre acces­sible aujourd’hui des textes tou­jours d’actualité. En effet depuis les années 1970 la situa­tion poli­ti­co-sexuelle en France (et ailleurs) n’a guère évo­lué posi­ti­ve­ment. Pire, elle a même régres­sé sur bien des aspects, tan­dis que le type de dis­cours sur la sexua­li­té qui carac­té­ri­sait Sex­pol a tota­le­ment dis­pa­ru du pay­sage médiatique. »

 

Fon­da­teur et direc­teur de Sex­pol, je me réjouis de cette ini­tia­tive due à Joce­lyn Pati­nel, ani­ma­teur du MIEL, asso­cia­tion mili­tante non lucra­tive qui ain­si, à sa manière, a repris le flam­beau d’une lutte inces­sante pour l’épanouissement du genre humain – en quoi il reste bien du travail…

J’espère aus­si que cette col­lec­tion res­sus­ci­tée en numé­rique pour­ra tou­cher d’anciens lec­teurs – la revue a tiré jusqu’à 20 000 exem­plaires – ain­si que les membres de l’équipe, une ving­taine, aujourd’hui épar­pillés, per­dus de vue, ou même disparus.

Le DVD est mis en vente à prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion (plus de 2 000 pages), de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans.

Tous les détails et le bon de com­mande à par­tir de cette page :

http://www.ecologielibidinale.org/fr/miel-revuesexpol-fr.htm

 

Une parcelle d’Histoire

 

« Sex­pol » donc,  comme sexua­li­té et poli­tique. Ques­tion­nez la toile et ce blog, à com­men­cer, et vous en appren­drez déjà pas mal sur cette revue et sa qua­ran­taine de numé­ros parus de 1975 à 80. Une aven­ture à sa façon : celle d’une (s)exploration dans le monde des vivants, enta­mée par un cer­tain Wil­helm Reich (1897-1957), méde­cin, psy­cha­na­lyste, freu­dien déviant, mar­xiste puis dis­si­dent en com­mu­nisme, scien­ti­fique un peu scien­tiste, juif et mécréant, inclas­sable et éti­que­té « fou », fina­le­ment mort dans un péni­ten­cier état­su­nien. Rac­cour­ci abu­sif pour cer­ner un vrai grand per­son­nage, y com­pris jusque dans ses enfer­re­ments et contra­dic­tions, dans ses enga­ge­ments, ses « folies » : son entière humanité.

Assez oublié depuis ce siècle amné­siant, Reich revient (de loin) comme les vagues de fond. Michel Onfray lui a offert la tri­bune de son uni­ver­si­té popu­laire de Caen et pré­pare, semble-t-il, un ouvrage sur ce « freu­diste héré­tique ». Signe des temps, ou signe avant-cou­reur d’une « résur­rec­tion » de celui qui mit les pieds dans pas mal de gamelles peu ragoû­tantes. Reich, en effet, fut par­mi les tout pre­miers des psy­cho­logues à pla­cer la ques­tion sociale dans l’origine du mal être de l’humanité, ce qui en soi, ne pou­vait que consti­tuer un casus bel­li avec Freud et les salons bour­geois de la Vienne des années 20. Tan­dis que la ques­tion sexuelle, comme l’avers de la médaille, non sépa­rable, pri­mor­diale, se trou­vait prise à bras le corps – à prendre au pied de la lettre ! et incluant tout le corps social, corps souf­frant s’il en est et s’il en était alors dans ces années fati­diques d’empestement nazi. Ter­ri­fiante peste à laquelle répon­dait en qua­si symé­trie le cho­lé­ra du sta­li­nisme, l’une et l’autre qui allèrent jusqu’à pas­ser ensemble un pacte, avant de s’affronter à la mort comme un même monstre à deux têtes. Reich eut très tôt pres­sen­ti cette simi­li­tude des extrêmes, non pas dans leurs ori­gines et dimen­sions tant his­to­riques que socio­lo­giques, mais dans leur essence même, celle de la « tota­li­té tota­li­sante », ce tota­li­ta­risme à base d’idéal divi­ni­sé et de pure­té diabolisée.

Reich creuse la ques­tion : com­ment se peut-il que l’homme (il aimait à son pro­pos par­ler d’ « ani­mal humain », ce qui n’est pas ano­din) se laisse à ce point entraî­ner vers sa propre déchéance et, dans un même élan mor­ti­fère, aller jusqu’à sa perte ? Toute l’œuvre écrite de Reich tour­ne­ra autour de ce « mys­tère », depuis Les Hommes dans l’État, jusqu’à Écoute, petit homme ! en pas­sant par le fon­da­men­tal Psy­cho­lo­gie de masse du fas­cisme.

Il n’en fal­lait pas plus pour se trou­ver reje­té, détes­té, déni­gré et, diront cer­tains, assas­si­né. Pour le moins, les fas­cistes et des psy­cha­na­lystes le dénon­cèrent comme « com­mu­niste et agent de Mos­cou », les com­mu­nistes comme « contre-révo­lu­tion­naire agent de la bour­geoi­sie » et tout le monde ou presque se devait de sus­pec­ter ce pour­fen­deur des reli­gions et de la morale répres­sive, ce pré­cur­seur de la « révo­lu­tion sexuelle ».

À l’image d’un Épi­cure quelque deux mil­lé­naires avant, Reich fut l’objet vic­ti­maire de visions réduc­trices et même de contre­sens quant à sa pen­sée, son action et son œuvre. En rai­son par­ti­cu­lière du fait qu’elles por­taient sur la sexua­li­té et la désa­lié­na­tion poli­tique. Et que, comme pour l’épicurisme, le « rei­chisme » ne pou­vait cor­res­pondre à la dépra­va­tion libi­di­neuse. Tous deux, en fait, se posaient en ques­tion­neurs de la morale poli­tique et, plus géné­ra­le­ment, en pré­cur­seurs d’un art de vivre reliant l’unique et le col­lec­tif, l’individu et la cité, dans l’harmonie posi­tive des plai­sirs comme des valeurs morales.

C’est à ce prix – celui des contre­sens – que Reich connut une cer­taine gloire avec le mou­ve­ment de Mai 68. C’est dans les restes des bar­ri­cades déblayées qu’une bande de jeunes uto­pistes, bar­dés de leurs espé­rances, ras­sem­blèrent les pépites lais­sées par les ful­gu­rances rei­chiennes. Ain­si naquit Sex­pol comme une revue anti-dog­ma­tique. C’était début 75, dans ces années désa­bu­sées impré­gnées des De Gaulle-Pom­pi­dou-Gis­card, qui menèrent au sacre de Mit­ter­rand en même temps qu’à la fin d’une « expé­rience ». Conco­mi­tance à décryp­ter, certes. On y trou­ve­ra matière, sans nulle doute, dans cette col­lec­tion numé­ri­sée, dans ce CVD et sa modeste et réelle par­celle d’Histoire.

Gérard Pon­thieu

> > > Voir aussi :

Il y a 30 ans, la revue Sexpol mariait sexualité et politique


Sarkozysme. Le putsch verbal et fascisant de Maryse Joissains, maire d’Aix-en-Provence

par Cyril Di Méo

A Aix-en-Pro­vence, les par­ti­sans de Fran­çois Hol­lande  se font trai­ter de « zou­lous », les lea­ders de droite menacent de « lever une armée » si Hol­lande est élu... .et la per­ma­nence du PS se fait défon­cer lors de défaites UMP... Tan­dis que la maire, Maryse Jois­sains, se sur­passe – elle a l’habitude de ce genre de som­mets – avec des pro­pos à tona­li­té put­schiste et  fas­ciste. Socia­liste, ancien membre des Verts d’Aix et ancien conseiller muni­ci­pal d’opposition, Cyril Di Méo adresse cette lettre ouverte à ses concitoyens :

Amis zoulous…

C’est avec joie que l’on voit un pré­sident qui a cli­vé et divi­sé la France rem­pla­cé par un pré­sident qui sou­haite ras­sem­bler les dif­fé­rents fran­çais der­rière un idéal de jus­tice sociale. N’en déplaise à cer­tains lea­ders de droite qui jugent Fran­çois Hol­lande « illé­gi­time », c’est à une nette majo­ri­té du peuple, avec 51,6 %, que Fran­çois Hol­lande a été élu pré­sident de la République.

Sur Aix, Sar­ko­zy fait 53,1 % des voix contre 46,9% pour Hol­lande. Aix reste une ville de droite. Mais c’est une forte régres­sion de la droite sar­ko­zyste. Ain­si Sar­ko­zy perd 4632 voix par rap­port à 2007 (37124 voix contre 41756 en 2007). Et le can­di­dat de gauche connait une forte pro­gres­sion pas­sant de 42,7% à 46,9% plus de 4 points sup­plé­men­taires et gagne plus de 1724 voix.

En réponse à cette pro­gres­sion des forces oppo­sées à cette droite dure, notre ville connaît aujourd’hui une dérive inquié­tante de la droite vers l’extrême droite. Maryse Jois­sains a ain­si pu envoyer quelques jours avant le scru­tin un tract hal­lu­ci­nant, en appe­lant aux élec­teurs du Front Natio­nal en ces termes : « Élec­teurs du Front natio­nal. Je par­tage une par­tie de vos  inquié­tudes et vos enga­ge­ments : l’élue que je suis l’a prou­vé. » Pous­sant la haine et la récu­pé­ra­tion du vote extrême à son comble, elle écrit  : « Élec­teurs du Front natio­nal, êtes-vous prêts à subir le vote des immi­grés, l’immigration mas­sive, la régu­la­ri­sa­tion des sans papier, la perte de notre modèle social et sur­tout le pié­ti­ne­ment de nos valeurs répu­bli­caines. Pour vous et pour nous, […] la démo­cra­tie, l’identité fran­çaise […] ont un sens. Alors, si au nom de nos dif­fé­rences réci­proques, nous ne pou­vons faire alliance, défen­dons ensemble l’Etat fran­çais contre le pire. »

Lettre hai­neuse et ordu­rière dont voi­ci l’intégralité :

http://www.rue89.com/sites/news/files/assets/document/2012/05/lettre-une-republique-en-danger.pdf?tw_p=twt

Ce ton et cette déma­go­gie se sont aus­si retrou­vés dans l’interview don­née par Madame Jois­sains à un média local où elle conteste la « légi­ti­mi­té de l’élection de Hol­lande ». Elle affirme que « Même si M. Hol­lande est pro­cla­mé pré­sident de la Répu­blique, je ne pense pas qu’il soit légi­time, parce qu’il y arrive après un com­bat anti-démo­cra­tique comme on ne l’a jamais vu dans ce pays. » Pro­pos qui on l’espère amè­ne­ra à un rap­pel à la loi et où elle traite aus­si les élec­teurs de Hol­lande de « bande de rigo­los » et de « zou­lous ». Et consi­dère ain­si que  « Fran­çois Hol­lande est un dan­ger pour la Répu­blique. Cet homme n’a jamais fait la démons­tra­tion qu’il ait fait quelque chose dans sa vie. Je ne le crois pas com­pé­tent, ni capable. En tout cas phy­si­que­ment. Il ne don­ne­ra pas l’image d’un pré­sident de la Répu­blique. J’aurais aimé d’un pré­sident qu’il ait plus de pres­tance et pas qu’il agite ses petits bras comme il le fait dans tous ses mee­tings parce que ça me paraît extrê­me­ment ridi­cule. ». C’est vrai que vu son style et sa pres­tance Maryse Jois­sains peut don­ner des leçons… 🙂

Voi­ci la vidéo qui n’est pas un gag…. hélas c’est notre dépu­tée maire

http://www.citylocalnews.com/aix/2012/05/07/maryse-joissain-francois-hollande-est-illegitime

C’est dans ce cli­mat de pro­fonde hos­ti­li­té et de ton poli­tique d’une extrême viru­lence que la vitrine de la per­ma­nence aixoise du Ps a été fra­cas­sée dimanche soir après de nom­breuses dégra­da­tions com­mises tout au long de la semaine ayant pré­cé­dé le scrutin.

http://cyril-dimeo.over-blog.com/article-l-ambiance-politique-aixoise-104748551.html

Chers amis « zou­lous » et assi­mi­lés, Aix connaît depuis 10 ans une anor­ma­li­té poli­tique en ayant à sa tête comme maire, pré­si­dente de la CPA et dépu­tée un tel per­son­nage aus­si réac­tion­naire et vul­gaire qui est une honte pour tout démo­crate et répu­bli­cain. J’espère que comme moi vous aide­rez Gaëlle Len­fant et Jean David Ciot, (au pre­mier ou au deuxième tour selon votre sen­si­bi­li­té), à mettre un terme au man­dat de Madame Joissains.

Cyril Di Méo

Blog http://cyril-dimeo.over-blog.com


Et allez !

Ne tournons pas autour du pot. Les estimations sont connues depuis peu après 18 heures. Elles se confirment avec éclat. Laissons aux télés et radios le faire-semblant de ne pas savoir. Allez, arrosons ça ! Et retroussons nos manches !


Rabais sur le Vichy !

© Alain Le Quernec

Après Pétain, ques­tion Vichy, il y eut la pas­tille blanche (dure à ava­ler) et aus­si le tis­su qui enro­ba les fesses de Bar­dot (pré­mo­ni­toire côté FN), avant d’emballer la came­lote de chez Tati. Il nous est reve­nu ces der­niers temps à la mode Sar­ko­zy avec un arrière-goût ran­ci. Comme dit Alain Le Quer­nec, l’auteur de ce tis­sage ser­ré, « Atten­tion, cette image sera démo­né­ti­sée la semaine pro­chaine ! » Pourvu !


Mari(an)ne Le Pen, selon Faber

 

Mon pote Faber fait des cau­che­mars et il des­sine même la nuit. Laisse donc la lampe allu­mée si t’as peur. Ni rêve ni cau­che­mar : regar­der en face.


« Tu m’emmerdes », le tube sans dentelle

Après cinq ans d’un trop long règne, et dix ans en chef d’orchestre de la droite, Nico­las Sar­ko­zy se pose désor­mais en chef de file de l’extrême-droite. Le col­lec­tif Le pavé a tenu lui aus­si à expri­mer son ras-le-bol. Un refrain que les âmes les plus fri­leuses trou­ve­ront peut-être tri­vial. Pour les autres, réga­lez-vous, faites tour­ner et sur­tout, déga­geons la droite(-extrême) du pouvoir.


Tu m’emmerdes par Pla­ceau­Peuple

L’auteur : Place au Peuple
Site offi­ciel de la cam­pagne du Front de gauche, www.placeaupeuple2012.fr agrège non seule­ment les pro­duc­tions des élus, des mili­tants, des sym­pa­thi­sants, mais aus­si plus lar­ge­ment des citoyen-ne-s qui tiennent des sites d’information ou des blogs.




Montauban-Toulouse et les prédictions d” « Isidore »

 Je ne sais qui est cet « Isi­dore » qui a dépo­sé hier sur ce blog un com­men­taire sur l’affaire Mon­tau­ban-Tou­louse. Mais le lien qu’il a ajou­té mène à son blog, La Gnos­tie d’Isidore, où l’on peut lire ce qui suit, daté du 23 février der­nier, sous le titre « Pré­dic­ti­vi­té ». Pro­pos que je lui emprunte sans hési­ter (et sans son avis…).

Prédictivité

Hélas, chers amis, nous aurons notre petit atten­tat, peut-être pas trop san­glant, en France, pour cor­ro­bo­rer le carac­tère sécu­ri­taire néces­saire à notre cher pays de liber­té, dont ont besoin notre indus­trie, la pro­tec­tion des riches, celle de leur moral et tout bon­ne­ment cette repous­sante morale sociale, afin de domp­ter, par la force des matraques et autres armes de conten­tion des masses telles que décrets et lois ad hocdont on nous a don­né l’habitude, dans les 45 jours qui viennent, à peu de chose près. C’est abso­lu­ment néces­saire pour éle­ver le nabot à nou­veau aux hau­teurs de sa tâche : les esprits sont beau­coup trop revêches sinon même rebelles.Les pleur­ni­cha­de­ries qu’on nous montre et qu’on vou­drait des pan­se­ments à des manques et mal­ver­sa­tions volon­taires, tournent trop à la rigo­lade ou l’odeur de vinaigre et n’y suf­fissent plus, tant elles ont le pesant de la cré­di­bi­li­té d’un cour­tier ; ses déci­sions de der­niers ins­tants se vou­draient vrai­ment convain­cantes, à la manière d’un cache-sexe sans devant ni der­rière, et d’une radi­ca­li­té qui sort après quatre métros de retard ; ses révoltes contre l’état de fait qu’on a soi-même ins­tau­ré par ses ins­ti­tu­tions sau­mâtres et qu’on a impo­sées à coups de ren­forts bleu-marine et de coques pare-balles, de casques et de gaz lacry­mo­gènes, d’interdits à la libre-cir­cu­la­tion sous des pré­textes sécu­ri­taires qui ne consistent qu’à se pro­té­ger soi de la popu­lasse qu’on abhorre lorsqu’elle vous contre­dit, sentent exces­si­ve­ment l’hilarité osten­ta­toire, s’il ne s’agissait que d’accélérer notre désap­poin­te­ment devant tant de vergogne.Il faut s’attendre donc à une gou­ver­nance par le choc socialqui se pra­tique dans l’invention d’une ter­reur dont l’objet est de vous atteindre au ventre, là où on veut vous esbaudir.Je sou­haite sim­ple­ment, devant cet inévi­table « impos­sible » que les gens res­te­ront affec­ti­ve­ment calmes et pen­se­ront et com­pren­dront qu’à nou­veau, un coup sera por­té à leur désir de mieux être et ne défailli­ront pas sous ce choc des­ti­né à détrô­ner pour que vous le cachiez comme un tré­sor qui n’a plus à être décou­vert, ce qu’ils ont de plus cher, de plus vivant, de plus radieux et de plus incer­tain : la LIBERTÉ.

Publié par , 23 février 2012


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bossuet

  • Traduire :

  • Twitter - Gazouiller

  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Marseille

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sexpol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse postale !) 

    tcherno2-2-300x211

    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl). 
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • « C’est pour dire » de Gérard Pon­thieu, est mis à dis­po­si­tion selon les termes de la licence Crea­tive Com­mons : Attri­bu­tion - Pas d’Utilisation Com­mer­ciale - Pas de Modi­fi­ca­tion (3.0 France). Pho­tos, des­sins et docu­ments men­tion­nés sous copy­right © sont pro­té­gés comme tels.
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  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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