On n'est pas des moutons

Mot-clé: presse

PIFOP-MERDIAMÉTRIE. Suivez nos résultats et prévisions

L’Équipe et nos services PIFOP-MERDIAMÉTRIE communiquent :

Match médias : 

Jean-d’Ormesson United 1Johnny-Hallyday Olympique 7

Pronostic :

Michel-Serres Arsenal 0Eddy-Mitchel St-Germain 4

 

NB : Résultats et prévisions susceptibles d’évolutions. 

• Ingénieur prévisionniste : Gian Laurens


Anémone et Le Monde, improbable rencontre

Par Daniel SchneidermannArrêt sur Images]

anemone-le monde-arret sur images

L’article du Monde

C’est un dur métier, journaliste. Il faut imaginer Sandrine Blanchard, du Monde.Elle a décroché le gros lot : une interview d’Anémone. 1 Joie de l’intervieweuse. C’est d’ailleurs sa phrase d’attaque : «Je me faisais une joie de rencontrer Anémone». L’Anémone du «Père Noël est une ordure». L’Anémone du «Grand chemin». Gonflée de joie, toute pleine de souvenirs de rigolade, Sandrine Blanchard arrive au rendez-vous. Et démarre le film-catastrophe. D’abord, le rendez-vous est fixé «dans un bar d’hôtel impersonnel, comme il y en a des centaines à Paris, coincé entre la rue de Rivoli et le Forum des Halles». C’est vrai, quoi. Elle n’aurait pas pu, Anémone, donner rendez-vous au Ritz, comme tout le monde ? C’est comme cette «maison perdue dans le Poitou», où la comédienne s’est retirée. Le Poitou ! A-t-on idée ? Saint-Trop et Saint Barth, c’est pour les chiens ?

Et tout s’enchaîne. «Les cheveux gris, courts et clairsemés, des lunettes rondes qui lui mangent un visage émacié, Anémone est plongée dans le dernier livre de Naomi Klein, Dire non ne suffit plus (Actes Sud, 224 p., 20,80 euros). Elle paraît fatiguée». C’est sûr, la lecture de Naomi Klein, ça doit fatiguer. Alors qu’il existe tant de livres rigolos, qui donnent la pêche ! «Elle nous annonce qu’elle n’a qu’une petite heure à nous consacrer, après, elle se«casse». Mais le photographe doit arriver dans une heure… Ça l’«emmerde», les photos. Elle n’est pas maquillée et ne se maquillera pas». Une seule petite heure ? Quelle mesquinerie. C’est pourtant un tel plaisir, de passer une heure au maquillage chaque matin, de revisiter Le père Noël pour la 1739e fois, de livrer pour la nième fois les mêmes anecdotes sur Lhermitte et Jugnot, et de sourire niaisement pour le nième photographe !

Bref, elle a tout faux, Anémone. Ni sympa, ni souriante, ni maquillée, ni positive. Si au moins, comme une bonne alter qui se respecte, elle était décemment révoltée, si elle militait pour les pandas ou le tri sélectif, Sandrine Blanchard pourrait lui pardonner. Mais même pas ! «Tatie Danielle de la fin du monde», elle n’a même plus le bon goût de se révolter ou de militer : «C’est frappé au coin du bon sens : on ne peut pas rêver d’une croissance infinie de la population et de la consommation individuelle sur une planète qui n’est pas en expansion. […] C’est trop tard, toutes les études convergent. Il y a cinquante ans, on aurait pu faire autrement. Maintenant, démerdez-vous. Ça va finir avec de grands bûchers. On n’arrivera plus à enterrer les gens tellement ils mourront vite.» A travers la mise en scène par Sandrine Blanchard de ses déceptions en chaîne, on lit en creux toutes les injonctions inconscientes de la Machine aux comédiens médiatisables. En attendant, on assiste à la confrontation d’un être humain authentique et d’une petite soldate, qui n’y est plus habituée. Extraordinaire duo. Je serais patron de salle, je saurais ce qui me reste à faire.

Le «Neuf -Quinze»,  billet quotidien de Daniel Schneidermann, est un régal de finesse caustique. Le fondateur d’Arrêt sur images y poursuit, avec son équipe, une salutaire réflexion critique sur les médias. On peut, et doit, si possible, s’abonner au billet (gratuit) et au site (4 euros par mois).

Merci d’avoir autorisé « C’est pour dire » à reprendre cet article.

logo Arrêt sur Images


Faber, trait international

Les habitués de C’est pour dire connaissent les talentueux dessins de mon ami André Faber. Il était déjà connu aussi des lecteurs de Courrier international mais cette fois le spécial été, supplément au numéro de la semaine, est entièrement illustré par lui et son trait inimitable. Belle et juste consécration. Alleluia !


Présidentielles. On n’a pas fini de rigoler (jaune)

J’ai même édité un timbre. Rien n’y a fait ! Un métier…

Je cède : tant de commentaires, analyses, supputations, etc. déversés depuis des mois… Et rien sur ma candidature, son échec, mon désespoir, mon dépit ! À désespérer de la merdiacratie. Ce néologisme-valise synthétise à merveille le dégoût politicien à l’encontre de la presse dans son ensemble – à l’exception toutefois du Figaro et de Valeurs actuelles. Il réunit aussi dans un même haut-le-cœur, Le Pen et Mélenchon, outrance et amertume, triste alliance de contraires.

C’est en fait sous la pression de mes innombrables fans 1 que je reprends ma plume délaissée sur ce blog depuis deux mois ! D’autres tâches m’avaient accaparé ; et puis, eh oui ! je n’ai pas réuni mes 500 signatures, pas même cinq… N’est pas Cheminade qui veut, ni Poutou, ni Arthaud, etc. Ni dieu, ni césar, ni tribun. Ainsi en étais-je resté à lInsoumis « qui ne plantait rien », en tout cas qui s’est planté, à pas grand-chose, il est vrai – à deux points de Le Pen. À quoi cela tient-il, une foirade en politique ? À un mot de trop, un dérapage verbal et fatal. Pour lui, son Alliance bolivarienne, au moment même où son camarade vénézuélien mettait Caracas à feu et à sang. Il a eu beau tenter de rattraper l’affaire avec un vague truc commercial guyano-antillais, ben non, le coup était bien parti. Pour le Marcheur, une ivresse de trop, celle du pouvoir qui monte à la tête d’un Rastignac si pressé, qui va devoir mâcher de la Rotonde comme l’autre avant lui avait dû bouffer du Fouquet’s pendant cinq ans.

À ce niveau, un trait de finesse s’impose. Dessin de Charb, Charlie Hebdo, 2016.

C’est dire si je compte m’obstiner à voter pour Elzéard Bouffier, qui plantait des arbres. 2 Rappel : mon candidat (à défaut de ma propre candidature…) est parrainé par un certain Jean Giono, un fada de Manosque, Alpes de Haute-Provence. Ce même Giono que ledit Mélenchon a insulté à la télévision, en direct, quand le comédien Philippe Torreton avait cru bon, écolo et généreux de lui offrir L’Homme qui plantait des arbres, dudit Giono : « [Un livre] fondamentalement immoral ! », avait tout aussitôt lancé Mélenchon. Quelle immoralité, bigre ? Celle de « cette histoire […] écrite pendant la guerre, et quand on lutte contre le nazisme on plante pas des arbres, on prend une arme et on va se battre ! » 3

Quoi qu’il en soit, les électeurs de Manosque, magnanimes ou indolents, n’en ont pas voulu au donneur de leçon va-t’en guerre : ils l’ont placé en tête à 22,5% des bulletins… Pour qui voteront-ils le 7 mai si leur préféré s’obstine dans le ni-ni ? Car, lorsqu’on lutte contre « le fascisme », est-il bien moral de ne pas s’engager, hein ? Or, voilà le «Tribun du peuple» soudain muet, mouché sur sa droite extrême, en appelant à la vox populi/dei de ses 450 000 aficionados.

Sans légende, et désormais légendaire.

Je rappelais en note, dans mon article précédent que, jusqu’à l’avènement d’Hitler, le Parti communiste allemand avait pour cible prioritaire le Parti social-démocrate ! Et on sait que l’Histoire peut bégayer – même si je ne saurais confondre lepenisme et nazisme. Les anathèmes simplistes et outranciers contre le Front national n’ont plus de prise ; ils sont même devenus contre-productifs en niant une réalité (certes accablante et déplorable) encore vérifiée par ces élections : le FN est confirmé comme premier parti « ouvrier » – plus précisément ceux des laissés pour compte, ceux que « les élites » ignorent ou méprisent, ceux que « le système » condamne, tout comme les « eurocrates » bruxellois et les « hordes d’immigrés ». Sous les outrances verbeuses et le rictus carnassier de la candidate, il y a « du vrai » qui atteint un citoyen sur cinq (et plus encore dans quinze jours…). Et elle tape juste, la frontiste, en filant droit à Rungis saluer comme Sarkozy « la France qui se lève tôt », à l’encontre de celle des couche-tard de la Rotonde… 4

Quant à l’effondrement de Hamon, il sonne certes le glas du PS, mais aussi d’un programme écologiste et utopiste. Dans cette France des 3540 heures, on ne doit pas oser désacraliser la valeur travail. 5 Ainsi ont voté les 387 citoyens de Fessenheim autour de leur vieille, dangereuse et nourricière centrale : les nucléaristes y font le plein, Fillon en tête, suivi de Macron, Le Pen et même Dupont-Aignant – Mélenchon et Hamon recueillant moins de 50 voix…

À propos de Dupont-Aignant, rendons lui grâce, avec ses petits 5 pour cent, de nous avoir à la fois épargnés la Le Pen en tête de gondole 6, et sauvés du spectre Fillon. Lequel,  avec « son air de curé qui a piqué dans les troncs » 7, n’était pas si loin du podium… On se console de peu. Mais on n’a pas fini de rigoler (jaune) car revoilà Sarko et sa bande d’embusqués prêts à dégainer pour le troisième tour. Le pire n’est jamais certain, dit-on par précaution.

Notes:

  1. Eh eh, le Jo !
  2. À moins, une fois de plus, d’un péril avéré…
  3. Voir mon papier sur le sujet.
  4. C’est au lendemain de ce premier tour que les producteurs de «viandes racées» lancent une saignante campagne de pub dans les médias… avec ce slogan fleurant sa terre pétainiste : «Initiez-vous aux plaisirs racés». Si la notion de race s’applique aux vaches, pourquoi plus aux hommes ?
  5. Surtout en improvisant bien laborieusement, c’est le cas de le dire, sur la question du revenu universel» !
  6. Il va se faire pardonner vite fait!
  7. Dézinguage en règle lancé sur France Inter par Charline Vanhoenacker, du « complot médiatique ».

Ciao Siné ! Il n’a pas voulu finir aux Invalides, ni au Panthéon…

siné1Siné, exit. Déjà, faut être con pour mourir, lui qui aurait préféré crever. Faut être encore plus con, dans son cas, pour caner le matin de l’Ascension. À moins qu’il ait opté in fine pour la ligne directe. Enfin, c’est son affaire. On ne sait quand auront lieu ses obsèques nationales. Plutôt que les Invalides ou le Panthéon, il s’était réservé un coin à Montmartre – à quel cimetière (celui du haut ou l’autre sous le pont Caulaincourt) ? Il y aura une fanfare au moins, comme à la Nouvelle-Orléans ? Une fanfare de jazz, espérons, lui qui en était. Oui, l’anar aimait Nina Simone, Ray Charles, Dizzy Gillespie, Count Basie, Billie Holiday… le free aussi, Coltrane, Pharoah Sanders, Archie Shepp… Il était aussi du bastringue gauchiste ; s’était fait embobiner par Castro, mais avait vite compris et en était revenu ; avait fréquenté Malcom X dont il disait qu’il n’était ni croyant ni musulman 1 ; son grand pote Cavanna, il le trouvait trop non-violent ; sauf pour ce qui était de bouffer du curé, tous cultes confondus – c’était son sport favori, à égalité avec l’anti-militarisme ; de quoi orienter toute une vie de dessineu-grande-gueule au coup de crayon assassin ; de quoi en lancer des anathèmes définitifs, et des «font chier», et des doigts d’honneur grand comme des cactus géants, de celui en bronze qui va désormais monter la garde sur ses cendres. Ciao Siné !

Notes:

  1. Dans un intéressant entretien avec Julien Le Gros dans «The Dissident» (http://the-dissident.eu/8126/sine-jattends-toujours-la-revolution/), il précisait que Malcom X a été tué alors qu’il s’apprêtait à faire son coming out sur ce point…


En langue des médias, liberté se dit laïcité

Un dimanche matin, celui d’un dimanche d’« après ». Plus tout à fait comme « avant ». Après mes ablutions, le café et toute la procédure de démarrage du lambda qui s’est couché tard pour cause de chaos mondial, j’allume mon ordi resté en mode télé de la veille. Et voilà que je tombe (France 2) sur trois lascars en cravates devisant, peinards, sur l’étymologie des prénoms musulmans en langue arabe. C’est l’émission « Islam » : fort intéressante. Je suis sur le service public de la télé. Vont suivre « La Source de vie », émission des juifs, puis « Présence protestante », puis « Le Jour du Seigneur ». Et, enfin, Nagui reprend les rênes avec « Tout le monde veut prendre sa place »… (Je n’ose voir là-dedans une hiérarchie calculée…)

Donc, pas de pain, mais du religieux et du reli-jeux… Facile ? Peut-être mais quand même un chouïa profond. Dans les deux cas, il s’agit de relier, autant que possible, selon des niveaux de croyances bien séparés de la pensée critique, en strates, en couches sédimentaires. Je veux dire qu’entre « tout ça », ça ne relie pas beaucoup… Chacun restant dans ses référents ancrés au plus profond de soi, depuis l’inculcation parentale, selon qu’on sera né à Karachi, Niamey, Los Angeles, Marseille, Paris XVIe ou Gennevilliers.

Entre-temps j’ai allumé le poste (France Culture, ma radio préférée, de loin !). Et là, dimanche oblige, vont se succéder : Chrétiens d’Orient, Service protestant, La Chronique science (trois minutes…), Talmudiques, Divers aspects de la pensée contemporaine : aujourd’hui la Grande loge de France (ça peut aussi être le Grand orient, la Libre pensée, etc., selon le tour de « garde »). Et, bien sûr, la Messe.

On est toujours sur le service public des médias d’un pays laïc et je trouve ça plutôt bien, même si, on le devine, toutes les innombrables chapelles, obédiences et autres tendances font la queue devant le bureau de la programmation de Radio France pour quémander leurs parts de prêche.

sempe-tele-laicite

– Maintenant, je voudrais vous poser la question que doivent se poser tous nos spectateurs : Comment votre concept onirique à tendance kafkaïenne coexiste-t-il avec la vision sublogique que vous vous faites de l’existence intrinsèque ? [© Sempé]

Je trouve ça plutôt bien, et qu’on nous foute la paix ! Surtout dans la mesure où – pour parler précisément de France Culture – le reste des programmes est essentiellement orienté sur la culture, au sens plein – incluant à l’occasion les religions –, et tout le champ des connaissances : philosophiques, historiques, anthropologiques, sociologiques –scientifiques en général, sans oublier l’information (les Matins avec Marc Voinchet, 6 h 309 h, sont exemplaires).

Je me dis qu’une telle radio s’inscrit dans l’« exception culturelle » française et qu’elle est précisément un produit de notre laïcité. Et je note aussi un autre effet, tout récent celui-là car lié aux attentats du 7 janvier, et en particulier le premier contre Charlie Hebdo. Il ne s’agit nullement de minimiser celui contre les juifs du magasin casher, évidemment, mais seulement d’en rester au fait de la liberté d’expression et de caricature. Je trouve, en effet, que le ton des médias a monté d’un cran dans l’expression même de cette liberté, du moins dans une certaine vigueur de langage, voire une verdeur – ce qui constitue un signe manifeste et supplémentaire de libération.

Encore un effort ! Et pourvu que ça dure.


«Charlie Hebdo». Tenter de vivre

Riss-charlie

Laurent Sourisseau, alias Riss, va reprendre les rênes de «Charlie Hebdo».

Hier soir mardi, au journal télé, apparition de Riss comme un survivant, qu’il est, de la tuerie de Charlie Hebdo. Regard terriblement marqué, lui qui a vécu l’horreur, en a réchappé sans trop savoir comment ; mais abattu quand même, marqué, touché par cette violence absolutiste qui l’a atteint et meurtri. Un regard si triste derrière des paroles empreintes de sérénité et peut-être aussi d’un grand scepticisme sur l’humanité. Le mot de Valéry, plus que jamais : « Le vent se lève, il faut tenter de vivre ».

Ce mercredi matin, sur France Culture, la hauteur de vue d’un Pierre Nora sur les événements et ses suites possibles, parlant en historien de l’émergence de la « conscience de soi »,  de la révolution de « 36 », et celle de « 68 » qui ont changé l’Histoire. Et maintenant ? Maintenant que, « dans les quartiers » le mot « raison » s’apparente à la domination – ce mot issu des Lumières, apparenté « à la classe qui sait, et qu’on récuse par définition ». Tandis qu’à cette jeunesse délaissée, sans avenir, «en face on propose une cause, une aventure, l’ivresse des armes, une camaraderie : le romantisme de la jeunesse, une fraternité et le paradis au bout après le sacrifice… » Alors, la tâche sera rude !

Il ne s’agira pas de se payer de mots en dénonçant un « apartheid territorial, social, ethnique » dans les quartiers français. Ce qui est un début. De même que débloquer 700 millions d’euros est une manière de faire face à l’urgence du danger, tandis que de traiter les causes profondes ayant conduit aux drames prendra au moins une ou deux dizaines d’années.

Sans tomber dans la démagogie, ni vouloir tout mélanger, remarquons cependant que bien des décennies d’injustice sociale, dans notre pays comme dans le monde en général, n’ont jamais conduit à décréter un état d’urgence humanitaire ! Et on relève à chaque hiver, dans les rues, à même les trottoirs et selon le froid, des dizaines de morts.

Cette année encore, dans la riche station helvète de Davos, les « grands » du monde vont deviser gravement sur l’état de l’économie mondiale et « se pencher » sur la conjoncture et ce fait révoltant révélé par un rapport de l’ONG Oxfam :

Les 85 personnes les plus riches du monde possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population, soit 3,5 milliards de personnes.

Y a-t-il violence plus révoltante et, de ce fait, plus génératrice des désordres mondiaux ? Oui, la tâche sera rude !


 

Pascal Blanchard, historien et auteur de La France arabo-orientale était mardi l’invité de Claire Servajean dans le journal de 13 heures de France Inter. Il revient sur ce terme «d’Apartheid» utilisé par Manuel Valls pour parler de la situation sociale en France. Son analyse mérite d’être (ré)entendue.


Pascal Blanchard : «Employer des mots comme apartheid…»


 

Choqués par un reportage «sur le quartier de Coulibaly» paru dans le Figaro le 15 janvier 2015, des étudiants en journalisme d’Ile-de-France ont publié une vidéo dans laquelle ils disent refuser l»idéologie et les préjugés». Les Reporters Citoyens ont choisi de réagir avec des mots. La TéléLibre, l’EMI et Altermondes, partenaires du projet de formation aux métiers du journalisme et de l’image ont décidé de publier et de soutenir leur tribune.


 Réaction de Reporters Citoyens à un reportage du Figaro


Poussée d’athéisme dans le monde arabe et dans l’islam

Depuis l’instauration du «califat islamique», les langues commencent à se délier dans le monde arabe. Les critiques ne visent plus seulement les «mauvaises interprétations de la religion», mais la religion elle-même. Dans le monde, des voix – certes rares – s’élèvent aussi parmi la diaspora musulmane pour s’opposer à l’oppression islamique.

wafa sultanC’est le cas depuis plusieurs années de Wafa Sultan, psychiatre américano-syrienne, exilée aux États-Unis, et qui s’exprime avec courage et véhémence sur les télévisions – dont Al Jazeera…  « C’est pour dire » a diffusé en 2007 deux de ses vidéos [ICI] et []. Celles-ci, rapportées à l’actualité, prennent tout leur sens, notamment quand cette femme – menacée, faut-il-le dire ? – souligne avec force combien, selon elle, il est important de faire barrage au terrorisme religieux. Les propos de Wafa Sultan, et en particulier les vidéos qui la montrent, ont été détournés par d’autres fanatiques, anti-islamiques en général et à l’occasion anti-Arabes et antisémites – autant dire d’horribles racistes, dont de bien franchouillards ! (Voir le générique de fin d’une  des deux vidéos en lien ci-dessus).

En France, des athées ont lancé un Conseil des ex-musulmans de France. Leur manifeste remonte à 2003. L’Obs a aussi publié en 2013 le texte de Sami Battikh, un jeune vidéaste libertaire d’origine musulmane. Sous le titre paradoxal Athée, voici pourquoi je défends désormais la pratique de l’islam, l’auteur expose sa motivation antiraciste et justifie ainsi sa solidarité avec les musulmans. Il  se réfère à Hannah Arendt et à sa réflexion autour de la banalité du mal et de l’acceptation passive d’une idéologie. «Un demi-siècle après la publication de Eichmann à Jérusalem, s’indigne l’auteur de l’article, notre société n’a jamais été si proche de cette époque sombre et nauséabonde.»
Les réseaux dits sociaux diffusent par ailleurs de nombreux tweets d’ex-muslims» apostats, notamment des États-Unis.
En octobre dernier, Omar Youssef Suleiman, a publié sur le site libanais indépendant Raseef22 (Trottoir22) un article évoquant les poussées de l’athéisme dans le monde arabe. Bouillonnement qu’il compare à celui qui a précédé la Révolution française…  En voici des extraits :
Dans le monde arabe, on pouvait certes critiquer les personnes chargées de la religion, mais critiquer la religion musulmane elle-même pouvait coûter la vie à celui qui s’y risquait, ou du moins le jeter en prison. Le mot d’ordre «l’islam est la solution» a été scandé durant toute l’ère moderne comme une réponse toute faite à toutes les questions en suspens et à tous les problèmes complexes du monde musulman.
 Ammar Mohammed Raseef22

Raseef22 a publié un reportage sur ce jeune Yéménite de 11 ans, Ammar Mohammed

Mais la création de l’Etat islamique par Daech et la nomination d’un “calife ayant autorité sur tous les musulmans”soulèvent de nombreuses questions. Elles mettent en doute le texte lui-même [les fondements de la religion] et pas seulement son interprétation, l’idée même d’une solution religieuse aux problèmes du monde musulman. Car, au-delà de l’aspect terroriste du mouvement Daech, sa proclamation du califat ne peut être considérée que comme la concrétisation des revendications de tous les partis et groupes islamistes, à commencer par [l’Egyptien fondateur des Frères musulmans], Hassan Al-Banna, au début du XXe siècle. Au cours de ces trois dernières années, il y a eu autant de violences confessionnelles en Syrie, en Irak et en Egypte qu’au cours des cent années précédentes dans tout le Moyen-Orient.

Cela provoque un désenchantement chez les jeunes Arabes, non seulement vis-à-vis des mouvements islamistes, mais aussi vis-à-vis de tout l’héritage religieux. Ainsi, en réaction au radicalisme religieux, une vague d’athéisme se propage désormais dans la région. L’affirmation selon laquelle «l’islam est la solution» commence à apparaître de plus en plus clairement comme une illusion. Cela ouvre le débat et permet de tirer les leçons des erreurs commises ces dernières années.

Peu à peu, les intellectuels du monde musulman s’affranchissent des phrases implicites, cessent de tourner autour du pot et de masquer leurs propos par la rhétorique propre à la langue arabe qu’avaient employée les critiques [musulmans] du XXe siècle, notamment en Egypte : du [romancier] Taha Hussein à [l’universitaire déclaré apostat] Nasr Hamed Abou Zayd.

Car la mise en doute du texte a une longue histoire dans le monde musulman. Elle s’est développée là où dominait un pouvoir religieux et en parallèle là où l’extrémisme s’amplifiait au sein de la société. [ L’écrivain arabe des VIIIe-IXe siècles] Al-Jahiz et [l’écrivain persan considéré comme le père de la littérature arabe en prose au VIIIe siècle] Ibn Al-Muqaffa avaient déjà exprimé des critiques implicites de la religion. C’est sur leur héritage que s’appuie la désacralisation actuelle des concepts religieux et des figures historiques, relayée par les réseaux sociaux, lieu de liberté pour s’exprimer et débattre.

Le bouillonnement actuel du monde arabe est à comparer à celui de la Révolution française. Celle-ci avait commencé par le rejet du statu quo. Au départ, elle était dirigée contre Marie-Antoinette et, à la fin, elle aboutit à la chute des instances religieuses et à la proclamation de la République. Ce à quoi nous assistons dans le monde musulman est un mouvement de fond pour changer de cadre intellectuel, et pas simplement de président. Et pour cela des années de lutte seront nécessaires.

Omar Youssef Suleiman
Publié le 3 octobre 2014 dans Aseef22 (extraits) Beyrouth

Aseef22 entend couvrir les informations politiques, économiques, sociales et culturelles des 22 pays arabes. Fondé en août 2013, il s’adresse aux 360 millions d’Arabes.


Ajout du 25/1/15, dans L’Obs.com, sur la difficulté d’être athée en Egypte.

«Les Egyptiens pensent toujours que les athées ont besoin d’une aide médicale»


La défaite Charlie, par André Gunthert (*) 

Aussi intéressant que sujet à polémique, le texte qui suit, à rebrousse-poil des premiers élans, ne manque pas de questionner, sinon de déranger. En particulier par son pessimisme dont chacun appréciera la distance – ou proximité – avec sa propre perception de la réalité surgie des tragiques événements de la semaine dernière. 

Plus importante mobilisation en France depuis la Libération, la marche de dimanche a-t-elle été l’«élan magnifique» d’un peuple qui redresse la tête face à la barbarie? Je voudrais le croire. Mais l’extrême confusion qui caractérise la lecture “républicaine” de l’affaire Charlie ne fait qu’accroitre ma tristesse et mon inquiétude. Je peux me tromper, mais mon sentiment est que cette apparente victoire est la signature la plus certaine de notre défaite.

Mercredi 7 janvier, j’apprends la tuerie à la rédaction de Charlie, en plein Paris. On annonce 11 morts. L’instant de sidération passé, mon cerveau associe de lui-même le souvenir de l’affaire des caricatures de Mahomet à l’attentat. Puis j’entends à la radio l’énoncé des quatre noms des dessinateurs: Cabu, Wolinski, Charb, Tignous. La tristesse et la colère m’envahissent, car je connais ces noms, je vois leurs dessins. Les victimes ne sont pas des anonymes, mais des personnalités sympathiques, bien connues du grand public, pour deux d’entre eux, depuis les années 1960.

Quatre noms qui changent tout. Je suis malheureusement incapable de me rappeler le nom des victimes anonymes de la prise d’otages de Vincennes, pourtant plus récente. L’attentat à Charlie-Hebdo est la marque d’un changement de stratégie redoutable des djihadistes. Malgré l’horreur des tueries perpétrées par Mohammed Merah (7 morts, mars 2012) ou Mehdi Nemmouche (4 morts, mai 2014), ces attentats ont été rangés dans la longue liste des crimes terroristes, sans provoquer une émotion comparable à celle d’aujourd’hui.

Depuis les réactions suscitées l’été dernier par l’exécution de James Foley, les journalistes sont devenus des cibles de choix des djihadistes. Au choix de la lisibilité symbolique des attentats, très apparent depuis le 11 septembre, se superpose une nouvelle option qui consiste à viser délibérément la presse, pour augmenter l’impact des attentats. Selon cette grille très mac-luhanienne où le média se confond avec le message, le réflexe naturel des collègues et amis des victimes étant d’accorder plus d’importance à l’événement que lorsqu’il s’agit d’anonymes, l’amplification médiatique est bien supérieure lorsque des journalistes sont touchés.

L’efficacité de cette stratégie a reçu sa confirmation le 11 janvier. Si 4 millions de Français sont descendus dans la rue, c’est à cause de la lisibilité d’un attentat visant la presse, institution phare de la démocratie, et à cause de l’énorme émotion suscitée par le meurtre de personnalités connues et aimées.

«Je suis Charlie» est la marque d’une identification d’une large part du grand public aux victimes. Il fallait, pour atteindre ce degré d’empathie, un capital de notoriété et d’affection qui ne pouvait être réuni que par les dessinateurs d’un journal satirique potache et non-violent.

Les effets de ce piège sont catastrophiques. Alors même que la société française glisse peu à peu dans l’anomie caractéristique des fins de système, exactement comme le 11 septembre a galvanisé la nation américaine, le «pays de Voltaire» ne retrouve le sens de la communauté que face à l’adversité terroriste. Comme l’écrit Daniel Schneidermann: «Elle flageolait, la France. On ne savait plus très bien pourquoi continuer à l’aimer. Depuis avant-hier, il me semble qu’on commence à re-comprendre ce qu’on a à défendre».

On ne sait pas ce qu’on a à faire ensemble, mais on sait contre qui. Le précédent rassemblement d’ampleur comparable, celui du 1er mai 2002 contre Jean-Marie Le Pen, réalisait lui aussi l’«union sacrée» contre un ennemi de la République, réunissant plus de personnes qu’aucune autre cause.

Nul hasard à ce qu’on retrouve aujourd’hui la même image à la Une des journaux, celle d’un pompiérisme exalté, qui s’appuie sur l’allégorie d’institutions pétrifiées dans un geste immobile. Soudée par la peur, le deuil et la colère, la communauté qui fait bloc contre l’ennemi est profondément régressive. Elle se berce de symboles pour faire mine de retrouver une histoire à laquelle elle a cessé depuis longtemps de croire. Dès le lendemain du 11 janvier, on a pu constater que cette mythographie républicaine signifiait d’abord le retour aux fondamentaux: retour de l’autorité,triomphe de la répression, dithyrambes des éditorialistes – jusqu’aux pitreries de Sarkozy, pas un clou n’a manqué au cercueil de l’intelligence.

Mais le pire est encore à venir. Car malgré les appels des modérés à éviter les amalgames, c’est bien la droite toute entière, calée sur les starting-blocks de l’islamophobie, qui s’est engouffrée sur le boulevard de la “guerre des civilisations” et la dénonciation de l’ennemi intérieur. Inutile d’essayer de rappeler que le djihadisme représente aussi peu l’islam que le Front national la France éternelle, la grille de lecture identitaire, celle-là même à laquelle cédaient les caricatures de Charlie, qui peignaient le terrorisme sous les couleurs de la religion, est trop simple pour manquer de convaincre les imbéciles.

Les terroristes ont-ils GAGNÉ? Si l’on parcourt la liste des motifs qui alimentent la radicalisation, dressée par Dominique Boullier, qui rejoint celle des maux de notre société, on se rend compte que rien d’essentiel ne changera, et que rien ne peut nous protéger de crimes qui résultent de nos erreurs et de nos confusions. Comme celui de la société américaine après le 11 septembre, c’est un sombre horizon que dessine l’après-Charlie. Passé le moment de communion, aucun élément concret ne permet pour l’instant de croire que ce ne sont pas les plus mauvais choix qui seront retenus.

(*) André Gunthertchercheur en histoire culturelle et études visuelles (EHESS)

(Article paru dans L’image sociale -13 janvier 2015 )



Effet Charlie ? Libé saisi par le blasphème

Sans doute contaminé par le «virus Charlie» et ses agents porteurs hébergés dans ses locaux, Libération se lâche à son tour. Sa une de demain 16 janvier annonce un défoulement blasphématoire tous azimuts. Tant qu’à blasphémer, arrosons gaiement et largement. Une bonne foi(s ) pour toutes ?  Vingt guieux que non ! le sujet étant inépuisable – ce qu’on appelle les énergies renouvelables, censées alimenter l’écologie mentale… 

charlie libé blasphemes

Libé 16/1/15


Personne n’est obligé de lire «Charlie Hebdo» !

charlie hebdo libé

[ Libé du jour 14/1/15

Charlie Hebdo reparaît. On reparle donc du blasphème, plus que de liberté, qui est centrale, essentielle, non négociable. Libre au blasphémé de le faire savoir dans son «Charia Hebdo», par exemple. Libre aussi à tout religieux de ne pas s’adonner à ce qui le chiffonne. En liberté, personne n’est obligé à quoi que ce soit, pas même de lire Charlie Hebdo si ça risque de le déranger ! Autrement dit on a le choix, librement. Tandis que les fanatiques d’Allah, les semeurs de mort à la kalachnikov n’ont laissé aucun choix, aucune liberté à leurs dix-sept victimes.

Ce ne serait pas si compliqué si une moitié de la planète ne pensait pas précisément le contraire. Et même bien plus que la moitié si aux fondamentalismes religieux on ajoute les intégrismes politiques. Il serait d’ailleurs plus simple, pour l’inventaire, de comptabiliser les exceptions. Lesquelles n’étant pas non plus exemptes de tout péché dans ce domaine si sensible aux fluctuations, aux tentations, aux faiblesses autoritaires, facilement liberticides.

charlie hebdo faber

© faber

Charlie reparaît, les regards se tournent vers lui, les consciences se soulagent… et voilà qu’on embastille un Dieudonné ! Du moins l’a-t-on « interpellé ». La question jaillit [Le Monde] : « Pourquoi Dieudonné est-il attaqué alors que “Charlie Hebdo” peut faire des “unes” sur la religion ? » Parce que sa provocation c’est de l’apologie du terrorisme. Certes… Parce que la Liberté ne serait qu’un concept, une lampe allumée au loin, un phare dans la tempête humaine. Parce que la Fraternité est une utopie et l’Égalité un leurre ? Peut-être et raison de plus pour œuvrer à la Justice, autant que faire se peut, dans la complexité du vaste monde et des esprits plus ou moins errants. Et surtout pas dans la Vérité, cette redoutable tueuse. Le dernier mot (ici) à mon vieux pote Montaigne : « Mieux vaut penser contre soi-même que consolider la matière de ses propres convictions ».


«Je suis Charlie». Les mots, les images, les symboles

charlie-photo-Martin-Argyroglo

© Martin Argyroglo

Cette photo, vite devenue emblématique, a été prise par Martin Argyroglo, un photographe indépendant. Elle a été partagée sur Twitter des milliers de fois. Le cliché a été qualifié de « plus belle photo de la manifestation », d’instantané « historique » et, comme tel, comparé au tableau d’Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple. Le peintre s’était inspiré du soulèvement populaire parisien contre Charles X, les 27, 28 et 29 juillet 1830, connues sous le nom des Trois Glorieuses.

On remarquera aussi sur cette image, au pied de Madame LaNation, une pancarte au graphisme typé souvent vu dans les manifs. Et pour cause : son auteur est un fervent pratiquant des manifs, dès lors qu’il en épouse la cause, en France et en Europe. Un reporter du Monde.fr a retrouvé ce militant.

L’homme-pancarte par lemondefr

Une autre photo tient la vedette de cette actualité, elle a été prise par un photographe de Nantes, Stéphane Mahé, venu en renfort pour l’agence britannique Reuters. Appelée«Le crayon guidant le peuple», elle immortalise Charles Bousquet, un jeune comédien de Lamalou-les-Bains (Hérault) armé d’un crayon géant et installé sur Le Triomphe de la République, place de la Nation.

Le Crayon guidant le peuple charlie

«Le Crayon guidant le peuple». © Stéphane Mahé, Reuters                                                     Le tableau d’Eugène Delacroix, 1830



  • © Ch.- M. Schulz

    « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet. » Bossuet

  • Traduire :

    • Twitter — Gazouiller

    • Énigme

      Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

      Philippe Casal, 2004 - Centre national des arts plastiques - Mucem, Marseille

    • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

      La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
      (Claude Lévi-Strauss)

    • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

      Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexualité / politique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
    • «Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl»

      Comme un nuage, album photos et texte marquant le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986). La souscription étant close (vifs remerciements à tous les contributeurs !) l'ouvrage est désormais en vente au prix de 15 euros, franco de port. Vous pouvez le commander à partir du bouton "Acheter" ci-dessous (bien préciser votre adresse postale !)

      tcherno2-2-300x211

      Il s'agit d'un album-photo de qualité, à tirage soigné et limité, 40 p. format A4 "à l'italienne". Les photos, prises en Provence et notamment à Marseille, expriment une vision artistique sur le thème d’« après le nuage ». Cette création rejoignait l’appel à l’organisation de "1.000 événements culturels sur le thème du nucléaire", entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fukushima) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl).
    • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

      L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

    • montaigne

      Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

      La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

    • « C’est pour dire » de Gérard Ponthieu, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification (3.0 France). Photos, dessins et documents mentionnés sous copyright © sont protégés comme tels.
      Licence Creative Commons

    • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

      « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    • Catégories d’articles

    • Salut cousin !

      Je doute donc je suis - gp

    • Fréquentation de « C’est pour dire »

      • 0
      • 393
      • 174
      • 2 593
      • 13 894
      • 1 624
      • 3 776
    • Calendrier

      février 2018
      lunmarmerjeuvensamdim
      « Jan  
       1234
      567891011
      12131415161718
      19202122232425
      262728 
      Copyright © 1996-2017 C’est pour dire. Tous droits réservés – sauf selon la license Creative Commons.
      iDream theme by Templates Next | Turbiné par WordPress
      Translate »