On n'est pas des moutons

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Syrie. Guerre et paix, l’éternel conflit des hommes

La paix entre États, com­me la paix civi­le, sont d’universels sym­bo­les de la paix du coeur. Ils en sont aus­si les effets.(Che­va­lier-Gheer­brant, Dic­tion­nai­re des sym­bo­les)

La ter­ri­ble ago­nie d’Alep et de sa popu­la­tion tou­che l’humanité entiè­re. Ou, du moins, devrait-elle la tou­cher – ce qui chan­ge­rait peut-être la face du mon­de. Mais son atro­ci­té ren­voie à ses cau­ses, sou­vent incom­pré­hen­si­bles. Des paral­lè­les sont ten­tées avec l’Histoire récen­te : cer­tains voient en Syrie une guer­re civi­le sem­bla­ble à la guer­re d’Espagne (1936-1939) qui fut le pré­lu­de au deuxiè­me conflit mon­dial. Issa Goraieb, édi­to­ria­lis­te au quo­ti­dien fran­co­pho­ne de Bey­rou­th, L’Orient-Le Jour, ten­tait ce rap­pro­che­ment l’an der­nier :

« Les avions et pilo­tes rus­ses dépê­chés à l’aide d’un Bachar el-Assad en mau­vai­se pos­tu­re ne sont autres, en effet, que la légion Condor qu’offrait Hit­ler au dic­ta­teur Fran­cis­co Fran­co. À l’époque, l’Italien Mus­so­li­ni se char­geait, lui, d’expédier des com­bat­tants ; c’est bien ce que font aujourd’hui en Syrie les Ira­niens et leurs sup­plé­tifs du Hez­bol­lah, qui s’apprêteraient à lan­cer une offen­si­ve ter­res­tre majeu­re pour conso­li­der la Syrie uti­le de Bachar. Quant aux bri­ga­des inter­na­tio­na­les, for­mées de volon­tai­res venant de divers points de la pla­nè­te pour prê­ter main-for­te aux répu­bli­cains espa­gnols, c’est évi­dem­ment Dae­ch qui en décli­ne actuel­le­ment une réédi­tion des plus sul­fu­reu­ses. » [L’Orient-Le Jour, 03/10/2015]

« Sul­fu­reu­se », c’est peu dire, sinon mal­adroit. De son côté, Jean-Pier­re Filiu, ana­lys­te de l’islam contem­po­rain, insis­te aus­si sur ce paral­lè­le his­to­ri­que, mar­quant bien une dif­fé­ren­ce tran­chée :  «Si la Syrie est notre guer­re d’Espagne, ce n’est pas du fait d’une assi­mi­la­tion fal­la­cieu­se des dji­ha­dis­tes aux bri­ga­dis­tes, mais bien en rai­son de la non-inter­ven­tion occi­den­ta­le». [Media­part, 7/08/2016] Enco­re fal­lait-il le rap­pe­ler et le sou­li­gner : s’engager pour un idéal de libé­ra­tion poli­ti­que dif­fè­re fon­ciè­re­ment du renon­ce­ment dans le fana­tis­me et l’asservissement reli­gieux.

Pour Ziyad Makhoul, lui aus­si édi­to­ria­lis­te à L’Orient-Le Jour : « Ce n’est plus une ten­dan­ce, ou un glis­se­ment pro­gres­sif. C’est une nou­vel­le réa­li­té. Le mon­de régres­se à une vites­se insen­sée, que ce soit à cau­se des vicis­si­tu­des de la glo­ba­li­sa­tion, de la tri­ba­li­sa­tion des esprits, ou de la résur­rec­tion de l’hyperreligieux. Ce mon­de qui est enco­re le nôtre s’obscurcit, se recro­que­ville dans ses pho­bies (de la lumiè­re, de l’autre...) et se cal­feu­tre dans une bar­ba­rie (et une reven­di­ca­tion et une bana­li­sa­tion de cet­te bar­ba­rie) fon­ciè­re­ment moyen­âgeu­se. » [15/12/16]

« Moyen­âgeu­se »…  pas­sons sur cet ana­chro­nis­me mal­heu­reux (l’histoire du Moyen Âge exi­ge la nuan­ce… his­to­ri­que). Mais soit, il y a de l’irrationnel dans la folie guer­riè­re des hom­mes à l’humanité rela­ti­ve… D’où vient, en effet, cet­te tare frap­pant l’homo pour­tant sapiens – ain­si le décrit-on – inca­pa­ble d’instaurer la paix com­me mode de rela­tion entre ses congé­nè­res ? Cet espè­ce-là, bien dif­fé­ren­ciée des autres espè­ces ani­ma­les en ce qu’elle est si capa­ble de détrui­re ses sem­bla­bles, et sans dou­te aus­si de s’autodétruire. J’entendais, dans le pos­te ce matin, Jean-Clau­de Car­riè­re s’interroger sur le sujet et pré­ci­sé­ment sur la Paix, avec majus­cu­le 1. Car l’Histoire (grand H) et tou­tes les his­toi­res, pres­que tou­tes, qui nour­ris­sent notam­ment la lit­té­ra­tu­re, le ciné­ma, les arts…, s’abreuvent à la guer­re. On y voit sans dou­te un effet du poi­son vio­lent qui tour­ne­bou­le les hom­mes, les mâles : la tes­to­sté­ro­ne. Peu les fem­mes-femel­les qui en fabri­quent bien moins, ou qui le trans­for­ment mieux, en amour par exem­ple – sauf excep­tions, bien enten­du, dans les champs de com­pé­ti­tion de pou­voir, poli­ti­que et autres. Ce qui se tra­duit, soit dit en pas­sant, par des pri­sons peu­plées d’hommes à 90 pour cent…

Le même Jean-Clau­de Car­riè­re rele­vait aus­si que l’empi­re romain avait éta­bli la paix pen­dant plu­sieurs décen­nies sur l’ensemble de son immen­se domai­ne. « Pour­quoi ? Il accueillait tou­tes les croyan­ces.  » 2 C’est bien l’objectif de la laï­ci­té – du moins dans le strict esprit de la loi fran­çai­se de 1905. On peut y voir une répli­que poli­ti­que et posi­ti­ve à la folie humai­ne, vers son édi­fi­ca­tion et sa lon­gue mar­che vers la Paix. On en est loin, pour en reve­nir à la guer­re en Syrie. Pou­ti­ne a su mon­trer et démon­trer « qu’il en a » [de la tes­to­sté­ro­ne…], en quoi il est sou­te­nu et admi­ré par d’autres [qui en ont aus­si !], com­me Jean-Luc Mélen­chon, pour ne par­ler que de lui.

Des nuan­ces inté­res­san­tes, du point de vue poli­ti­co-diplo­ma­ti­que, ont été appor­tées hier soir [15/12/16] sur Fran­ce 2 qui consa­crait une lon­gue soi­rée à Vla­di­mir Pou­ti­ne « des ori­gi­nes à nos jours ». Nuan­cée, donc, l’analyse de l’ancien minis­tre des Affai­res étran­gè­re, Hubert Védri­ne, fai­sant res­sor­tir l’inconséquence mépri­san­te des « Occi­den­taux » face à la Rus­sie post-sovié­ti­que, en quê­te de recon­nais­san­ce inter­na­tio­na­le – ce que l’Europe lui a refu­sé ! D’où, aus­si, les pous­sées de l’hormone en ques­tion… gran­de four­nis­seu­se de guer­res et de morts.


Jean-Clau­de Car­riè­re : « Je vou­drais bien que... par fran­cein­ter

Notes:

  1. Il vient de publier La Paix (Ed. Odi­le Jacob)
  2. Du même Ziyad Makhoul (L’Orient-Le Jour), cet­te note :  » Jac­ques Le Goff savait que l’Occident médié­val était né sur les rui­nes du mon­de romain, qu’il y avait trou­vé appui et han­di­cap à la fois, que Rome a été sa nour­ri­tu­re et sa para­ly­sie. Ce qui naî­tra des rui­nes et des cada­vres d’Alep(-Est) ris­que d’être infi­ni­ment moins fas­ci­nant. Ter­ri­ble­ment plus mor­tel. »

Islamisme. Une insulte contre la foi et tout bascule dans le fanatisme (re-publication)

En juillet 2012, un extrait de 14 minu­tes d’une vidéo anti-islam titrée L’Innocence des musul­mans était pos­tée sur You­Tu­be, met­tant le feu aux pou­dres isla­mis­tes. Dès le 11 sep­tem­bre, des atta­ques furent menées, notam­ment, contre des mis­sions diplo­ma­ti­ques états-unien­nes. Furent ain­si pri­ses d’assaut l’ambassade des États-Unis en Égyp­te et le consu­lat à Ben­gha­zi (Libye) où l’on déplo­ra qua­tre morts, dont l’ambassadeur.

Inno­cen­ce of Mus­lims, pro­dui­te en 2012, fut alors attri­buée à un cer­tain Nakou­la Bas­se­ley Nakou­la, un cop­te égyp­tien rési­dant en Cali­for­nie, sous le pseu­do­ny­me de « Sam Baci­le ». Selon lui, il s’agissait de dénon­cer les hypo­cri­sies de l’islam en met­tant en scè­ne des pas­sa­ges de la vie de Maho­met…

À cet­te occa­sion, une de plus, j’avais publié un arti­cle sur lequel je viens de retom­ber et qui me sem­ble tou­jours assez actuel, hélas, pour le publier à nou­veau.

Hier une vidéo, aujourd’hui un habille­ment. Et tou­jours les déchaî­ne­ments fana­ti­ques, des affron­te­ments, des vio­len­ces, des morts.

Il a donc suf­fi d’une vidéo de dix minu­tes pour rani­mer la flam­me du fana­tis­me isla­mis­te. Cet­te actua­li­té atter­ran­te et cel­le des vingt ans pas­sés le mon­trent : des trois reli­gions révé­lées, l’islam est aujourd’hui la plus contro­ver­sée, voi­re reje­tée 1. Tan­dis que la judaï­que et la chré­tien­ne, tapies dans l’ombre tapa­geu­se de leur concur­ren­te, font en quel­que sor­te le dos rond – ce n’est pas leur tour. En ce sens, elles peu­vent se don­ner à voir com­me les « meilleu­res », alors qu’elles n’ont pas man­qué d’être les pires dans leurs épo­ques his­to­ri­ques flam­boyan­tes, et qu’elles ne sont tou­jours pas en res­te pour ce qui est de leurs dog­mes, les plus rétro­gra­des et répres­sifs. 2

Préa­la­ble : par­ler « reli­gions » ici c’est consi­dé­rer les appa­reils, et non pas leurs adep­tes, ni leurs vic­ti­mes plus ou moins consen­tan­tes. C’est donc par­ler des cler­gés, des dog­mes et des cohor­tes acti­vis­tes et pro­sé­ly­tes. On en dirait autant des idéo­lo­gies, dont les pires – fas­cis­tes et nazies –, construi­tes com­me des reli­gions, ont enta­ché l’Histoire selon des sché­mas simi­lai­res. Donc, dis­tin­guer les « hum­bles pécheurs » consen­tants, ou mys­ti­fiés par leurs « libé­ra­teurs », tout com­me on ne confon­dra pas ces mili­tants aux grands cœurs abu­sés par les Sta­li­ne, Hit­ler et autres tyrans de tous les temps.

Par­lons donc de l’islam poli­ti­que, mis en exhi­bi­tion dra­ma­ti­que sur la scè­ne pla­né­tai­re, vou­lant en quel­que sor­te se prou­ver aux yeux du mon­de. Aus­si recourt-il à la vio­len­ce spec­ta­cu­lai­re, cel­le-là même qui le rend cha­que jour plus haïs­sa­ble et le ren­for­ce du même coup dans sa pro­pre et vin­di­ca­ti­ve déses­pé­ran­ce. Et ain­si appa­raît-il à la fois com­me cau­se et consé­quen­ce de son pro­pre enfer­me­ment dans ce cer­cle vicieux.

Que recou­vre l’islamisme, sinon peut-être la souf­fran­ce de cet­te frac­tion de l’humanité qui se trou­ve mar­gi­na­li­sée, par la fau­te de cet « Occi­dent » cor­rom­pu et « infi­dè­le » ? C’est en tout cas le mes­sa­ge que ten­te de fai­re pas­ser auprès du mil­liard et plus de musul­mans répar­tis sur la pla­nè­te, les plus acti­vis­tes et dji­ha­dis­tes de leurs meneurs, trop heu­reux de déchar­ger ain­si sur ce bouc émis­sai­re leur pro­pre part de res­pon­sa­bi­li­té quant à leur mise en mar­ge de la « moder­ni­té ». Moder­ni­té à laquel­le ils aspi­rent cepen­dant en par­tie – ou tout au moins une part impor­tan­te de la jeu­nes­se musul­ma­ne. D’où cet­te puis­san­te ten­sion inter­ne entre inté­gris­me mor­ti­fè­re et désir d’affranchissement des contrain­tes obs­cu­ran­tis­tes, entre géron­to­cra­tes inté­gris­tes et jeu­nes­ses reven­di­ca­ti­ves. D’où cet­te pres­sion de « cocot­te minu­te » et ces mani­fes­ta­tions col­lec­ti­ves sans les­quel­les les socié­tés musul­ma­nes ris­que­raient l’implosion. D’où, plus avant, les « prin­temps ara­bes » et leurs nor­ma­li­sa­tions poli­ti­ques suc­ces­si­ves – à l’exception nota­ble de la Tuni­sie.

Un nou­vel épi­so­de de pous­sées clé­ri­ca­les d’intégrisme se pro­duit donc aujourd’hui avec la pro­mo­tion d’une vidéo déni­grant l’islam dif­fu­sée sur la toi­le mon­dia­le et attri­buée à un auteur israé­lo-amé­ri­cain – ou à des sour­ces indé­fi­nies 3. Pré­tex­te à rani­mer – si tant est qu’elle se soit assou­pie – la flam­me des fana­ti­ques tou­jours à l’affût.

On pour­rait épi­lo­guer sur ces condi­tion­ne­ments rep­ti­liens (je par­le des cer­veaux, pas des per­son­nes…) qui se déchaî­nent avec la plus extrê­me vio­len­ce à la moin­dre pro­vo­ca­tion du gen­re. De tout récents ouvra­ges et arti­cles ont ravi­vé le débat, notam­ment depuis la nou­vel­le fiè­vre érup­ti­ve qui a sai­si les sys­tè­mes mono­théis­tes à par­tir de son foyer le plus sen­si­ble, à savoir le Moyen Orient. De là et, par­tant, de la sous-région, depuis des siè­cles et des siè­cles, au nom de leur Dieu, juifs, chré­tiens, musul­mans – et leurs sous-divi­sions pro­phé­ti­ques et sec­tai­res – ont essai­mé sur l’ensemble de la pla­nè­te, ins­tal­lé des comp­toirs et des états-majors, lan­cé escoua­des et armées entiè­res, tor­tu­ré et mas­sa­cré des êtres humains par mil­lions, au mépris de la vie hic et nunc, main­te­nant et ici-bas sur cet­te Ter­re, elle aus­si mar­ty­ri­sée. Et le tout au nom d’un Au-delà hypo­thé­ti­que, pros­cri­vant à cha­cun sa libre conscien­ce et l’art d’arranger au mieux la vie brè­ve et, de sur­croît, pour le bien de l’entière huma­ni­té.

Va pour les croyan­ces, qu’on ne dis­cu­te­ra pas ici… Mais qu’en est-il de ces sys­tè­mes sécu­liers pro­li­fé­rant sur les plus noirs obs­cu­ran­tis­mes ? On par­le aujourd’hui de l’islam par­ce que les guer­res reli­gieu­ses l’ont repla­cé en leur cen­tre ; ce qui per­met aux deux autres de se revir­gi­ni­ser sur l’air de la modé­ra­tion. Par­ce que l’islamisme « modé­ré » – voir en Tuni­sie, Libye, Égyp­te ; en Iran, Iraq, Afgha­nis­tan, Pakis­tan, etc. – n’est jamais qu’un oxy­mo­re auquel judaïs­me et chris­tia­nis­me adhè­rent obsé­quieu­se­ment, par « cha­ri­té bien com­pri­se » en direc­tion de leur pro­pre « modé­ra­tion », une sor­te d’investissement sur l’avenir autant que sur le pas­sé lourd d’atrocités. Pas­sé sur lequel il s’agit de jeter un voi­le noir, afin de nier l’Histoire au pro­fit des mytho­lo­gies mono­théis­tes, les affa­bu­la­tions entre­te­nues autour des mes­sies et pro­phè­tes, dont les « bio­gra­phies » incer­tai­nes, polies par le temps autant que mani­pu­lées, per­met­tent, en effet, de jeter pour le moins des dou­tes non seule­ment sur leur réa­li­té exis­ten­tiel­le, mais sur­tout sur les inter­pré­ta­tions dont ces figu­res ont pu être l’objet. Quid, en effet, d’un Maho­met tel que dépeint ici ou là – c’est selon évi­dem­ment – com­me igna­re, voleur, mani­pu­la­teur, cupi­de et ama­teur de fillet­tes ? Pas plus réel que sa divi­ni­sa­tion, ni cel­le de Moï­se et de Jésus construits hors de leur pro­pre réa­li­té, selon des contes infan­ti­les psal­mo­diés et fai­sant appel à la plus tota­le cré­du­li­té.

Mais, admet­tons que les hom­mes aient créé leurs dieux par néces­si­té, cel­le de com­bler leurs angois­ses exis­ten­tiel­les, de pan­ser leurs misè­res, leurs ver­ti­ges face à l’univers et devant l’inconnu des len­de­mains et d’après la mort. Admet­tons cela et regar­dons l’humanité dans la pers­pec­ti­ve de son deve­nir et de son évo­lu­tion – dans le fait de se lever sur ses deux jam­bes et même de se mon­ter sur la poin­te des pieds pour ten­ter de voir « par des­sus » ce qui abais­se, s’élever dans la condi­tion d’humains dési­rant, par­lant, connais­sant, com­pre­nant, aimant.

Alors, ces reli­gions d’ « amour », ont-elles appor­té la paix, la vie libre et joyeu­se, la jus­ti­ce, la connais­san­ce ? Et la tolé­ran­ce ? Ou ont-elles alié­né hom­mes et fem­mes – sur­tout les fem­mes… –, mal­trai­té les enfants, mépri­sé les ani­maux ; incul­qué la culpa­bi­li­té et la sou­mis­sion ; atta­qué la phi­lo­so­phie et la scien­ce ; colo­ni­sé la cultu­re et impré­gné jusqu’au lan­ga­ge ; jeté des inter­dits sur la sexua­li­té et les mœurs (contra­cep­tion, avor­te­ment, maria­ge et même l’alimentation) ; com­man­dé à la poli­ti­que et aux puis­sants…

Torah, Bible, Évan­gi­les, Coran – com­ment admet­tre que ces écrits, et a for­tio­ri un seul, puis­se conte­nir et expri­mer LA véri­té ? Par quels renon­ce­ments l’humain a-t-il che­mi­né pour fina­le­ment dis­sou­dre sa ratio­na­li­té et son juge­ment ? Mys­tè­re de la croyan­ce… Soit ! enco­re une fois pas­sons sur ce cha­pi­tre de l’insondable ! Mais, tout de même, la reli­gion com­me sys­tè­me sécu­lier, com­me ordre ecclé­sial, avec ses cohor­tes, ses palais, ses for­te­res­ses spi­ri­tuel­les et tem­po­rel­les… Son his­toi­re mar­quée en pro­fon­deur par la vio­len­ce : croi­sa­des, Inqui­si­tion (je voyais l’autre soir sur Arte, Les Fan­tô­mes de Goya, de Milos For­man… ; une his­toi­re de tout jus­te deux siè­cles !), guer­res reli­gieu­ses, Saint-Bar­thé­le­my, les bûchers, et aus­si les colo­ni­sa­tions, eth­no­ci­des, sou­tiens aux fas­cis­mes… Ça c’est pour le judéo-chris­tia­nis­me.

Côté isla­mis­me, qui dit se dis­pen­ser de cler­gé, son empri­se ne s’en trou­ve que plus entiè­re­ment diluée dans les socié­tés, d’où l’impossible laï­cis­me des isla­mis­tes, se vou­draient-ils « modé­rés ». Et que pen­ser de cet­te vio­len­ce endé­mi­que deve­nue syno­ny­me d’islam, jus­que dans nos contrées d’immigration où d’autres extré­mis­mes en nour­ris­sent leurs fonds de com­mer­ce natio­na­lis­tes ? Sans dou­te un héri­ta­ge du Coran lui-même et de Maho­met pré­sen­té dans son his­toi­re com­me le « Maî­tre de la ven­gean­ce » et celui qui anéan­tit les mécréants… Voir sur ce cha­pi­tre les nom­breu­ses sou­ra­tes invo­quant l’anéantissement des juifs, chré­tiens et infi­dè­les – tan­dis que, plus loin, d’autres ver­sets pro­mul­guent une « sen­ten­ce d’amitié » – contra­dic­tion ou signe oppor­tu­nis­te de « tolé­ran­ce » ? Voir en répon­se les fat­was de condam­na­tion à mort – dont cel­les de Sal­man Rush­die par Kho­mei­ny (avec mise à prix rehaus­sée des jours-ci ! 4) et de Tas­li­ma Nas­reen qui a dû s’exiler de son pays, le Ben­gla­de­sh. Voir l’assassinat de Théo van Gogh à Amster­dam, poi­gnar­dé puis ache­vé de huit bal­les et égor­gé en plei­ne rue ; dans un docu­men­tai­re, il venait de dénon­cer le trai­te­ment réser­vé aux fem­mes dans l’islam.[Le voir ci-des­sous.] 5

Même dou­ble lan­ga­ge chez le dieu juif Yah­vé pour jus­ti­fier…l’extermination de cer­tains peu­ples de Pales­ti­ne (dont les Cana­néens…) Cela en ver­tu du fait que les juifs seraient « le peu­ple élu de Dieu », dont le pre­mier com­man­de­ment est « Tu ne tue­ras pas » ! Ce fan­tas­me juif ali­men­te en les légi­ti­mant le colo­nia­lis­me et ce qui s’ensuit en Pales­ti­ne et l’affrontement des théo­cra­ties. Affron­te­ment éga­le­ment par affi­dés inter­po­sés et leurs États ou orga­ni­sa­tions ter­ro­ris­tes : Bush contre Al Quaï­da, Tsa­hal contre le Hez­bol­lah, « kami­ka­zes » contre popu­la­tion civi­le. Vio­len­ces innom­ma­bles, guer­res sans fin.

Quant au film « blas­phé­ma­toi­re » qui agi­te de plus bel­le les fana­ti­ques isla­mis­tes, il est curieux que nos médias de mas­se, radios et télés, sem­blent en contes­ter la légi­ti­mi­té du fait qu’il serait bri­co­lé, mal fice­lé, « pas pro »… Com­me s’il s’agissait d’une ques­tion d’esthétique ! Quoi qu’il soit et quels que soient ses com­man­di­tai­res, il fait bien appa­raî­tre par les répli­ques qu’il pro­vo­que le niveau de fana­tis­me impré­gnant les pays musul­mans. Ce qui s’était déjà pro­duit avec les cari­ca­tu­res danoi­ses de Maho­met, dont cer­tains avaient, de même, contes­té la qua­li­té artis­ti­que ! Et Goya, au fait, lorsqu’il repré­sen­tait les visa­ges de l’Inquisition, était-ce bien esthé­ti­que ? 6

La ques­tion ne por­te aucu­ne­ment sur la natu­re du « sacri­lè­ge » mais sur la dis­pro­por­tion de la répli­que engen­drée, allant jusqu’à mort d’hommes – l’ambassadeur états-unien et de ses col­la­bo­ra­teurs en Libye, vic­ti­mes sacri­fi­ciel­les et à ce titre tota­le­ment ins­cri­tes dans un pro­ces­sus d’expiation reli­gieu­se !

Et plus près de nous, que dire des pro­vo­ca­tions menées à Paris devant l’ambassade amé­ri­cai­ne ? Et aus­si à La Cour­neu­ve, lors de la fête de l’Huma où Caro­li­ne Fou­rest a été cha­hu­tée, mena­cée, insul­tée et empê­chée de débat­tre – entre autres sur ces ques­tions d’intégrisme qui font les choux gras du Front natio­nal !

Com­me quoi, pour résu­mer, une insul­te contre la foi – ou ce qui en tient lieu –consti­tue un cri­me plus gra­ve que de s’en pren­dre à un être vivant.

17 sep­tem­bre 2012

Notes:

  1. En dehors du mon­de musul­man, évi­dem­ment… Bien que des oppo­si­tions plus ou moins décla­rées appa­rais­sent ça et là dans l’islam.
  2. Même si on met un peu à part le judaïs­me : cet­te reli­gion sans visée pla­né­tai­re direc­te retrou­ve tou­te­fois le chris­tia­nis­me – ne dit-on pas le judéo-chris­tia­nis­me ? – et l’islamisme dans cet­te même volon­té de péné­trer jus­que dans les têtes et les ven­tres de cha­cun. En ce sens, cel­les qui se pré­sen­tent com­me les « meilleu­res » par­vien­nent bien à être les pires dans leurs manœu­vres per­ma­nen­tes d’aliénation. De même que leur « modé­ra­tion » demeu­re rela­ti­ve à leur stra­té­gie hégé­mo­ni­que.
  3. Sour­ces qui demeu­rent enco­re floues qua­tre ans après.
  4. 2012
  5. Dans ma ver­sion de sep­tem­bre 2012, j’avais man­qué, à tort, d’évoquer le cas de Ayaan Hir­si Ali, fem­me poli­ti­que et écri­vai­ne néer­lan­do-soma­lien­ne connue pour son mili­tan­tis­me contre l’excision et ses pri­ses de posi­tion sur la reli­gion musul­ma­ne. Elle fut mena­cée de mort par Moham­med Bouye­ri, assas­sin du cinéas­te Theo van Gogh, notam­ment à la sui­te de sa par­ti­ci­pa­tion au court-métra­ge du réa­li­sa­teur qui dénon­çait les vio­len­ces fai­tes aux fem­mes dans les pays musul­mans.
  6. Le Guer­ni­ca de Picas­so n’est pas non plus une œuvre esthé­ti­que !

Le burkini, accessoire islamique ou glaive contre la laïcité

Dites-donc, les ami(e)s, ça fait deux bons mois que j’ai car­ré­ment déser­té la toi­le ! Et pas de pro­tes­ta­tions… À sup­po­ser que j’aie pu man­quer à d’aucuns, voi­ci une bon­ne ration qui devrait vous tenir au corps. Même s’il s’agit d’un sujet indi­ges­te. Com­me l’est l’actu et ce mon­de si mal en point. Enfin, conso­la­tion : l’Euro de foot, c’est fait. Le Tour, aus­si. De même les JO. Pas­sons enfin à la poli­ti­que, la bon­ne, vraie, bien poli­ti­cien­ne. Voi­ci le temps béni de la mas­ca­ra­de (pré)électorale. Les jeux ne sont pas faits, mais si quand même, au sens des camem­berts dépas­sés…

Nous som­mes début août à Mar­seille. La scè­ne se pas­se jus­te avant l’affaire du siè­cle, dite du bur­ki­ni.

Un cou­ple d’amis (Elle et Lui) et moi-même, nous remon­tons d’une jouis­si­ve bai­gna­de pour rega­gner la Cor­ni­che et la voi­tu­re. Jetant un coup d’œil plon­geant sur la pla­ge où nous avons nagé – qui, tenez-vous bien, s’appelle Pla­ge du Pro­phè­te, tous les Mar­seillais connais­sent… – , nous sur­plom­bons du regard deux nageu­ses côte à côte. L’une en maillot, l’autre entiè­re­ment habillée en noir, bar­bo­tant, accro­chée à une bouée.

Lui (à ma droi­te) :

– Ah, com­me c’est beau et pai­si­ble ! Ces deux fem­mes si dif­fé­ren­tes et qui se bai­gnent ensem­ble com­me ça, sans pro­blè­mes…

Je ne dis rien, trou­vant mon pote bien angé­li­que dans sa vision du mon­de. Mais, bon…, depuis que je nage à ses côtés, on a eu connu d’autres tem­pê­tes et dis­pu­tailles…

Elle (à ma gau­che) :

– Ouais… Peut-être, mais moi, je ne me vois pas à la pla­ce de la fem­me habillée, devant sor­tir de l’eau avec le tis­su tout col­lé, sous ce soleil, avec le sel et le sable sur la peau !…

Moi (entre les deux, mais pen­chant vers Elle) :

– D’accord avec toi ! En plus, je vois tout de même chez cet­te fem­me un renon­ce­ment au bien-être, ce qui est dom­ma­ge, mais enfin… Ce qui me contra­rie sur­tout c’est la sou­mis­sion à un ordre moral – reli­gieux en l’occurrence.

Bon. C’était midi pas­sé, il fai­sait faim (et beau), on n’allait tout de même pas se gâcher un pareil moment de vie. On mon­te dans l’auto et les por­tiè­res se refer­ment sur le débat à pei­ne amor­cé.

burkini

Calan­ques de Mar­seille, juillet 2016. La mode s’empare du reli­gieux bana­li­sé, mar­chan­di­sé. Un pro­sé­ly­tis­me ordi­nai­re… [Ph. gp]

Depuis, il y a eu ces inter­dic­tions décré­tées par des mai­res – de quel droit au jus­te, en ver­tu de quel pou­voir, dans quel but réel, à défaut d’un but avoué ? Quand j’entends des voix de droi­te et d’extrême droi­te bran­dir le mot « laï­ci­té », com­me ils par­le­raient de cultu­re ou de fra­ter­ni­té… pour un peu je sor­ti­rais mon revol­ver (hep, c’est une ima­ge, hein, une réfé­ren­ce… cultu­rel­le ! 1) Car ils par­lent d’une cer­tai­ne laï­ci­té, la leur, qu’ils assor­tis­sent d inter­dic­tion, de rejet, d’exclusion. Une laï­ci­té cache-sexe, j’ose le dire, d’une atti­tu­de en gros anti-musul­ma­ne, voi­re anti-ara­be.

Et puis il y eut cet­te décla­ra­tion de Manuel Valls à pro­pos de ces mai­res cen­seurs : « Je sou­tiens […] ceux qui ont pris des arrê­tés, s’ils sont moti­vés par la volon­té d’encourager le vivre ensem­ble, sans arriè­re-pen­sée poli­ti­que. » Et c’est qu’il en connaît un rayon, le pre­mier minis­tre, en matiè­re d’arrière-pensée poli­ti­que ! Une autre bel­le occa­sion de se tai­re. 2

Par­lons-en de l’« arriè­re-pen­sée poli­ti­que » ! Puisqu’il n’y a que ça désor­mais en poli­ti­que, à défaut de pen­sée réel­le, pro­fon­de, sin­cè­re, por­teu­se de sens et non pas d’intentions cachées et autres coups four­rés. Tan­dis que ces mêmes poli­ti­ciens se gar­ga­ri­sent de Démo­cra­tie et de Répu­bli­que, avec majus­cu­les. Ain­si, quoi qu’ils décla­rent, ou éruc­tent, s’est selon, et spé­cia­le­ment sur ces regis­tres des inter­fé­ren­ces por­tant sur les reli­gions – en fait sur le seul pro­blé­ma­ti­que islam –, se trou­ve enra­ci­né dans l’arrière-monde poli­ti­cien des fameu­ses « arriè­re-pen­sées » évo­quées par Valls. On ne sau­rait oublier que la par­tie de poker men­teur en vue de la pré­si­den­tiel­le de 2017 est for­te­ment enga­gée.

C’est pour­quoi, s’agissant de ces ques­tions dites du « vivre ensem­ble », la paro­le poli­ti­que ne par­vient plus à offrir le moin­dre cré­dit, à l’exception pos­si­ble, épou­van­ta­ble, des « vier­ges » de l’extrême droi­te, enco­re « jamais essayées » et, à ce titre, exer­çant leur séduc­tion auprès des élec­teurs échau­dés et revan­chards, ou incul­tes et incons­cients poli­ti­que­ment autant qu’historiquement. D’où les sur­en­chè­res ver­ba­les qui se suc­cè­dent en cas­ca­des. Ce sont les mêmes qui pour­raient éli­re un Trump aux Etats-Unis, ou qui ont déjà voté pour un Orban en Hon­grie, un Pou­ti­ne en Rus­sie, un Erdo­gan en Tur­quie, etc. – sans par­ler des mul­ti­ples offres popu­lis­tes qui tra­ver­sent l’Europe et tant d’autres pays. 3

La per­te de cré­dit des poli­ti­ciens expli­que en gran­de par­tie la gran­de fati­gue de la démo­cra­tie : pro­gres­sion des abs­ten­tions et des votes de refus lors des élec­tions ; sus­pi­cion crois­san­te à l’égard des éli­tes consi­dé­rées com­me… éli­tis­tes, se regrou­pant et se repro­dui­sant dans l’entre soi des mon­des de l’économie, des « déci­deurs » et des médias acca­pa­rés par les finan­ciers. Le tout, avec pour corol­lai­re la mon­tées des vio­len­ces urbai­nes et des inci­vis­mes ; les replie­ments et affron­te­ments com­mu­nau­ta­ris­tes ; le sen­ti­ment d’insécurité ; le rejet de l’Autre, la xéno­pho­bie, l‘antisémitisme et le racis­me.

Tou­tes cho­ses qu’on peut essayer de com­pren­dre et même d’expliquer, sans pour autant les jus­ti­fier – com­me l’a hélas pré­ten­du le même Valls déjà cité ici pour la « per­ti­nen­ce » de ses pro­pos. Com­ment vou­loir orga­ni­ser la polis – la cité – si on renon­ce à en com­pren­dre les (dys)fonctionnements ?

Ain­si quand on déplo­re la « bar­ba­rie » d’extrémistes reli­gieux en invo­quant l’« obs­cu­ran­tis­me », on n’explique en rien la déri­ve vers l’extrême vio­len­ce des sys­tè­mes reli­gieux – isla­mis­tes en l’occurrence 4. Se plain­dre de l’obscurité par l’absence de lumiè­re ne fait pas reve­nir la clar­té. C’est ici que je pla­ce « mon » Bos­suet, ce bigot éru­dit : « Dieu se rit des hom­mes qui déplo­rent les effets dont ils ché­ris­sent les cau­ses » 5 … Dieu se mar­re, moi avec : je ris jau­ne tout de même. De ma fenê­tre, les reli­gions sont une des cau­ses pre­miè­res des affron­te­ments entre humains, notam­ment en ce qu’elles vali­dent des croyan­ces fra­tri­ci­des, ou plu­tôt homi­ci­des et géno­ci­des ; les­quel­les génè­rent les injus­ti­ces et les dérè­gle­ments sociaux qui ali­men­tent l’autre série des « cau­ses pre­miè­res » de la vio­len­ce intra espè­ce humai­ne. J’ajoute, l’ayant déjà dit ici, que je consi­dè­re aus­si le nazis­me et le sta­li­nis­me sous l’angle des phé­no­mè­nes reli­gieux.

indigenes-republiqueDe l’autre côté, accu­ser la Répu­bli­que de tous les maux, jusqu’à vou­loir l’abattre, au nom d’un pas­sé colo­nial inex­pia­ble, qui vau­drait malé­dic­tion éter­nel­le aux géné­ra­tions sui­van­tes, c’est dénier l’Histoire et enfer­mer l’avenir dans la revan­che, la hai­ne et le mal­heur. C’est notam­ment la posi­tion de mou­ve­ments « pyro­ma­nes » com­me Les Indi­gè­nes de la Répu­bli­que par­lant de « lut­te des races socia­les » tout en qua­li­fiant ses res­pon­sa­bles de sou­chiens – néo­lo­gis­me jouant per­fi­de­ment sur l’homophonie avec sous-chiens et vou­lant en même temps dési­gner les « Fran­çais de sou­che » chers aux Le Pen.

Ce qui m’amène à évo­quer l’affaire de Sis­co, ce vil­la­ge du Cap cor­se qui a vu s’affronter des habi­tants d’origine magh­ré­bi­ne et des Cor­ses… d’origine. Je n’y étais pas, cer­tes, et ne puis que me réfé­rer à ce que j’en ai lu, et en par­ti­cu­lier au rap­port du pro­cu­reur de la Res publicæ – au nom de la Cho­se publi­que. Selon lui, donc, les pre­miers se seraient appro­prié une pla­ge pour une fête, « en une sor­te de caï­dat » ; ce qui ne fut pas pour plai­re aux seconds… Tan­dis que des pho­tos étaient pri­ses, incluant des fem­mes voi­lées au bain… Cas­ta­gnes, cinq bles­sés, poli­ce, voi­tu­res incen­diées. Pour résu­mer : une his­toi­re de ter­ri­toi­re, de concep­tion socié­ta­le, de cultu­re.

Le mul­ti­cul­tu­ra­lis­me se nour­rit aus­si de bien des naï­ve­tés. Sur­tout, il est vrai, auprès d’une cer­tai­ne gau­che d’autant plus volon­tiers accueillan­te que bien à l’abri des cir­cuits de migra­tion… Les Cor­ses sont des insu­lai­res [Excu­sez le pléo­nas­me…] et, com­me tels, his­to­ri­que­ment, ont eu à connaî­tre, à redou­ter, à com­bat­tre les mul­ti­ples enva­his­seurs, des bar­ba­res – au sens des Grecs et des Romains : des étran­gers ; en l’occurrence, et notam­ment, ce qu’on appe­lait les Sar­ra­sins et les Otto­mans, autre­ment dit des Ara­bes et des Turcs. D’où les nom­breu­ses tours de guet, génoi­ses et autres, qui par­sè­ment le lit­to­ral cor­se, com­me à Sis­co. Des monu­ments – du latin « ce dont on se sou­vient » – attes­tent de ce pas­sé dans la dure­té de la pier­re autant que dans les mémoi­res et les men­ta­li­tés – même éty­mo­lo­gie que monu­ment !

Ain­si les Cor­ses demeu­rent-ils on ne peut plus sour­cilleux de leur ter­ri­toi­re et, par delà, de leurs par­ti­cu­la­ris­mes, sou­vent culti­vés à l’excès, jusqu’aux natio­na­lis­mes divers et ses varian­tes qui peu­vent se tein­ter de xéno­pho­bie et de racis­me [Enre­gis­tré après l’affaire de Sis­co, un témoi­gna­ge affli­geant de hai­ne en attes­te ici : https://www.youtube.com/watch?v=rPvKFUt0PH0 ]

En face, d’autres insu­lai­res, selon leur pro­pre his­toi­re : « expor­tés » par l’Histoire (il ne s’agit nul­le­ment de nier la réa­li­té et les effets du colo­nia­lis­me) et en par­ti­cu­lier les migra­tions éco­no­mi­ques, ain­si deve­nus insu­lai­res, c’est-à-dire iso­lés de leur pro­pre cultu­re et sur­tout de leur reli­gion. Tan­dis que la récen­te mon­dia­li­sa­tion, tel­le une tem­pê­te pla­né­tai­re, relan­ce avec vio­len­ce les « chocs des cultu­res » – je ne dis pas, exprès « civi­li­sa­tions » 6 Mais c’est un fait que l’intrusion mili­tai­re de l’Occident dans le mon­de musul­man, sous la hou­let­te des Bush et des néo-conser­va­teurs états-uniens a consti­tué un cata­clys­me géo­po­li­ti­que ne ces­sant de s’amplifier, abor­dant aujourd’hui le riva­ge cor­se de Sis­co et qui, si j’ose dire, s’habille désor­mais en bur­ki­ni.

Retour donc au fameux bur­ki­ni avec la posi­tion de la Ligue des Droits de l’Homme qui, dénon­çant le rac­cour­ci par lequel des mai­res lient le port du bur­ki­ni au ter­ro­ris­me, ajou­te dans son com­mu­ni­qué : « Quel que soit le juge­ment que l’on por­te sur le signi­fiant du port de ce vête­ment, rien n’autorise à fai­re de l’espace public un espa­ce régle­men­té selon cer­tains codes et à igno­rer la liber­té de choix de cha­cun qui doit être res­pec­tée. Après le « bur­ki­ni » quel autre attri­but ves­ti­men­tai­re, quel­le atti­tu­de, seront trans­for­més en objet de répro­ba­tion au gré des pré­ju­gés de tel ou tel mai­re ? Ces mani­fes­ta­tions d’autoritarisme […] ren­for­cent le sen­ti­ment d’exclusion et contri­buent à légi­ti­mer ceux et cel­les qui regar­dent les Fran­çais musul­mans com­me un corps étran­ger à la nation. »

Pour la LDDH, cer­tes dans son rôle, il s’agit de met­tre en avant et de pré­ser­ver le prin­ci­pe démo­cra­ti­que pre­mier, celui de la liber­té : d’aller et venir, de pen­ser, de prier, de dan­ser, de s’habiller, etc. dès lors qu’on n’attente à qui que ce soit et à aucu­ne des liber­tés. C’est aus­si la posi­tion des Femen qui, tout en déplo­rant l’enfermement des fem­mes dans le vête­ment, enten­dent défen­dre le libre choix de cha­cun.

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Les Ira­niens sont de plus en plus nom­breux à poser avec, sur la tête, le voi­le de leur fian­cée, de leur épou­se, de leur mère ou de leur fille ! Nom de code sur les réseaux sociaux : #menin­hi­jab

Le hic vient cepen­dant de ce que le bur­ki­ni n’est pas l’équivalent symé­tri­que­ment inver­sé du biki­ni et qu’on ne peut pas s’en sor­tir avec une for­mu­le com­me « quel que soit le signi­fiant… » ; cet­te tenue expri­me en effet un conte­nu reli­gieux affir­mé, reven­di­qué – ce que n’est pas le biki­ni, qui relè­ve de la mode, ou seule­ment de la mar­chan­di­se ves­ti­men­tai­re. Il est aus­si vrai que le bur­ki­ni a été inven­té et lan­cé par des acteurs de la mode et que son com­mer­ce atteint aujourd’hui des som­mets et que, com­me tel, son conte­nu reli­gieux sem­ble tout rela­tif… Ain­si, bur­ki­ni et biki­ni ne pré­sen­te­raient pas qu’une proxi­mi­té lexi­ca­le, ils par­ta­ge­raient une fonc­tion éro­ti­que sem­bla­ble par une mise en valeur du corps fémi­nin com­me le font le ciné­ma et la pho­to por­no­gra­phi­ques, pas seule­ment par la nudi­té crue, mais aus­si par le mou­la­ge des for­mes sous des vête­ments mouillés. Le pro­blè­me demeu­re cepen­dant : il est bien celui de l’intrusion du reli­gieux dans le corps de la fem­me et dans sa liber­té. Par delà, il pous­se le glai­ve des dji­ha­dis­tes dans le corps si fra­gi­li­sé des démo­cra­ties « mécréan­tes », inci­tant à des affron­te­ments de type eth­ni­ques et com­mu­nau­tai­res, met­tant à bas l’idéal du « vivre ensem­ble », pré­lu­des à la guer­re civi­le. Une tel­le hypo­thè­se – cel­le de l’État isla­mi­que – peut sem­bler invrai­sem­bla­ble. Elle n’est nul­le­ment écar­tée par les voix par­mi les plus éclai­rées d’intellectuels de cultu­re musul­ma­ne. C’est le cas des écri­vains algé­riens com­me Kamel Daoud et Boua­lem San­sal ou com­me le Maro­cain Tahar Ben Jel­loun.

À ce sta­de de l’explication (Valls n’est pas tenu de s’y ran­ger…), quel­les solu­tions envi­sa­ger pour désa­mor­cer ce pré­lu­de à la guer­re civi­le aux noms d’Allah et de Dieu (pour­tant uni­que selon les mono­théis­mes – le judaïs­me, reli­gion du par­ti­cu­lier eth­ni­que, demeu­rant en l’occurrence au seuil de la polé­mi­que, ayant assez à fai­re avec l’usage public de la kip­pa… ; et le boud­dhis­me tota­le­ment en dehors) ?

Pour ma part, non sans mûres réflexions, je serais ten­té d’en appe­ler à la stric­te laï­ci­té « à la fran­çai­se », selon la loi de 1905, com­me solu­tion sus­cep­ti­ble d’apaiser les conflits : pas de signes reli­gieux (disons osten­ta­toi­res) dans l’espace public. On note­ra à ce sujet que les tolé­ran­ces actuel­les des reli­gions par rap­port aux mœurs demeu­rent rela­ti­ves, récen­tes et fra­gi­les – voir la réac­tion du mou­ve­ment Famil­le pour tous et du cler­gé catho­li­que, pour ne par­ler que de la Fran­ce ! Donc pré­fé­rer la Laï­ci­té pour tous afin que les vaches soient bien gar­dées… Au delà de la bou­ta­de, il est vrai que le ris­que demeu­re pour les fem­mes musul­ma­nes de se voir exclues tota­le­ment de l’espace public, et des pla­ges en par­ti­cu­lier. À elles alors de se rebel­ler, y com­pris et peut-être d’abord contre leurs domi­na­teurs mâles, obsé­dés sexuels tra­vaillés par un appa­reil reli­gieux datant du VIIIe siè­cle. À moins qu’elles ne pré­fè­rent l’état de ser­vi­tu­de, lequel rele­vant de la sphè­re pri­vée, loin de tout pro­sé­ly­tis­me au ser­vi­ce d’une néga­tion de la vie et du droit à l’épanouissement de tout indi­vi­du, hom­me, fem­me, enfant.

Je recon­nais que l’injonction est faci­le… Elle a valu et vaut tou­jours pour les fem­mes qui, dans le mon­de, sont tout jus­te par­ve­nues à se libé­rer, ou même par­tiel­le­ment. C’est qu’il leur a fal­lu se bat­tre. Tan­dis que leurs droits dure­ment acquis sont par­fois remis en cau­se – le plus sou­vent sous la pres­sion reli­gieu­se plus ou moins direc­te. Elles se sont sou­le­vées dans le mon­de isla­mi­sé et conti­nuent de le fai­re, en avant-gar­des mino­ri­tai­res, trop sou­vent au prix de leur vie. Il leur arri­ve même d’être sou­te­nues par des hom­mes. Com­me actuel­le­ment en Iran, avec cet­te cam­pa­gne appuyée par des pho­tos où des hom­mes appa­rais­sent voi­lés aux côtés de fem­mes têtes nues. J’ai failli écri­re « cha­peau ! »

––––

Com­ment ne pas appré­cier ce billet de Sophia Aram, lun­di sur Fran­ce inter. Indis­pen­sa­ble, cou­ra­geu­se, pétillan­te Sophia – la sage ico­no­clas­te. Mais « gro­tes­que », cet­te affai­re ? Puis­se-t-elle dire vrai !

Notes:

  1. Dans une piè­ce de Hanns Johst, dra­ma­tur­ge alle­mand nazi, la cita­tion exac­te : « Quand j’entends par­ler de cultu­re... je relâ­che la sécu­ri­té de mon Brow­ning ! »
  2. Par­mi ces mai­res, celui de Vil­le­neu­ve-Lou­bet (06), Lion­nel Luca, favo­ra­ble au réta­blis­se­ment de la pei­ne de mort… convain­cu du rôle posi­tif de la colo­ni­sa­tion. Sym­pa.
  3. Et, tiens ! revoi­là le « sar­ko » tout flam­bant-flam­bard, revir­gi­ni­sé à droi­te tou­te. Deux de ses idées d’enfer : « Tou­te occu­pa­tion illi­ci­te de pla­ce sera immé­dia­te­ment empê­chée, et les zadis­tes seront ren­voyés chez eux. » « En cas de dégâts sur la voie publi­que à la sui­te d’une mani­fes­ta­tion à laquel­le ils auraient appe­lé, les syn­di­ca­lis­tes devront régler les dom­ma­ges sur leurs pro­pres deniers. »
  4. Quel­le reli­gion, dans le fil de l’Histoire, pour­rait se dédoua­ner de tout extré­mis­me vio­lent ?
  5. Cita­tion attri­buée à Bos­suet, évê­que de Meaux (avant Copé), pré­di­ca­teur, 1627-1704.
  6. Je ne sou­hai­te pas ici débor­der sur la contro­ver­se autour du livre de Samuel Hun­ting­ton, Le Choc des civi­li­sa­tions, paru en 1997.

Cologne, suite. L’écrivain algérien Kamel Daoud  « fatwatisé » par des intellectuels français

Une deuxiè­me fat­wa vient de frap­per l’écrivain et jour­na­lis­te algé­rien Kamel Daoud [voir ici et ], à pro­pos de son ana­ly­se des vio­len­ces sexuel­les du Nou­vel an à Colo­gne. Cet­te nou­vel­le condam­na­tion éma­ne d’une sor­te de sec­te laï­que ras­sem­blant une poi­gnée d’« intel­lec­tuels auto­pro­cla­més » à qui Le Mon­de a prê­té ses colon­nes.

Les signa­tai­res du « Col­lec­tif  »Nou­red­di­ne Ama­ra (his­to­rien), Joel Bei­nin (his­to­rien), Hou­da Ben Hamou­da (his­to­rien­ne), Benoît Chal­land (socio­lo­gue), Joce­ly­ne Dakh­lia (his­to­rien­ne), Sonia Dayan-Herz­brun (socio­lo­gue), Muriam Haleh Davis (his­to­rien­ne), Giu­lia Fab­bia­no (anthro­po­lo­gue), Dar­cie Fon­tai­ne (his­to­rien­ne), David Theo Gold­berg (phi­lo­so­phe), Ghas­san Hage (anthro­po­lo­gue), Laleh Kha­li­li (anthro­po­lo­gue), Tris­tan Leper­lier (socio­lo­gue), Nadia Mar­zou­ki (poli­tis­te), Pas­cal Méno­ret (anthro­po­lo­gue), Sté­pha­nie Poues­sel (anthro­po­lo­gue), Eli­za­be­th Shak­man Hurd (poli­tis­te), Tho­mas Ser­res (poli­tis­te), Seif Sou­da­ni (jour­na­lis­te).

Dans l’édition du 12 février, sous le titre « Les fan­tas­mes de Kamel Daoud », ce « col­lec­tif » lan­çait son ana­thè­me, excluant de son céna­cle « cet huma­nis­te auto­pro­cla­mé ». Le mépris de l’expression dévoi­lait, dès les pre­miè­res lignes de la sen­ten­ce, l’intention mal­veillan­te des juges. Les lignes sui­van­tes confir­maient une condam­na­tion sans appel : « Tout en décla­rant vou­loir décons­trui­re les cari­ca­tu­res pro­mues par  » la droi­te et l’extrême droi­te « , l’auteur recy­cle les cli­chés orien­ta­lis­tes les plus écu­lés, de l’islam reli­gion de mort cher à Ernest Renan (1823-1892) à la psy­cho­lo­gie des fou­les ara­bes de Gus­ta­ve Le Bon (1841-1931). »

Que veu­lent donc dire, ces socio­lo­gi­sants ensou­ta­nés, par leur atten­du si tran­chant ? 1) Que Daoud rejoint « la droi­te et l’extrême droi­te »… 2) …puisqu’il « recy­cle les cli­chés orien­ta­lis­tes les plus écu­lés, de l’islam reli­gion de mort »… 3) cli­chés anciens « chers » à Renan et Le Bon… 4)… ces vieille­ries datées (dates à l’appui) et donc obso­lè­tes… 5)… tan­dis que leur « socio­lo­gie » à eux, hein !

Nos inqui­si­teurs repro­chent au jour­na­lis­te algé­rien d’essen­tia­li­ser « le mon­de d’Allah », qu’il rédui­rait à un espa­ce res­treint (le sien, décrit ain­si avec condes­cen­dan­ce : « Cer­tai­ne­ment mar­qué par son expé­rien­ce durant la guer­re civi­le algé­rien­ne (1992-1999) [C’est moi qui sou­li­gne, et même deux fois, s’agissant du mot expé­rien­ce, si déli­ca­te­ment choi­si] Daoud ne s’embarrasse pas de nuan­ces et fait des isla­mis­tes les pro­mo­teurs de cet­te logi­que de mort. »), selon une « appro­che cultu­ra­lis­te ». En cela, ils rejoi­gnent les posi­tions de l’essayiste amé­ri­ca­no-pales­ti­nien Edward Saïd pour qui l’Orient serait une fabri­ca­tion de l’Occident post-colo­nia­lis­te. Com­me si les cultu­res n’existaient pas, jusqu’à leurs dif­fé­ren­ces ; de même pour les civi­li­sa­tions, y com­pris la musul­ma­ne, bien enten­du.

"Que se cache donc derrière le mysticisme des fascistes, ce mysticisme qui fascinait les masses ?" W. Reich

« Que se cache donc der­riè­re le mys­ti­cis­me des fas­cis­tes, ce mys­ti­cis­me qui fas­ci­nait les mas­ses ? » W. Rei­ch

À ce pro­pos, reve­nons aux com­pè­res Renan et Le Bon, en effet contem­po­rains et nul­le­ment arrié­rés com­me le sous-enten­dent nos néo-aya­tol­lahs. Je gar­de les meilleurs sou­ve­nirs de leur fré­quen­ta­tion dans mes années « sex­po­lien­nes » – sexo-poli­ti­ques et rei­chien­nes –, lors­que l’orthodoxie mar­xis­te se trou­va fort ébran­lée, à par­tir de Mai 68 et bien au-delà. Pour un peu je reli­rais cet­te Vie de Jésus, d’Ernest Renan, dont Rei­ch s’était notam­ment ins­pi­ré pour écri­re Le Meur­tre du Christ ; de même, s’agissant de Psy­cho­lo­gie des fou­les, de Gus­ta­ve Le Bon, dont on retrou­ve de nom­breu­ses tra­ces dans Psy­cho­lo­gie de mas­se du fas­cisme du même Wil­helm Rei­ch. Les agres­sions de Colo­gne peu­vent être ana­ly­sées selon les cri­tè­res rei­chiens du refou­le­ment sexuel et des cui­ras­ses carac­té­riel­le et cor­po­rel­le pro­pi­ces aux enrô­le­ments dans les idéo­lo­gies fas­cis­tes et mys­ti­ques. Ces cri­tè­res – avan­cés à sa maniè­re par Kamel Daoud – ne sont pas uni­ques et ne sau­raient nier les réa­li­tés « objec­ti­ves » des condi­tions de vie – elles se ren­for­cent mutuel­le­ment. Tan­dis que les accu­sa­teurs de Daoud sem­blent igno­rer ces com­po­san­tes psy­cho-sexuel­les et affec­ti­ves.

Trai­té com­me un arrié­ré, Daoud est ain­si accu­sé de psy­cho­lo­gi­ser les vio­len­ces sexuel­les de Colo­gne, et d’« effa­cer les condi­tions socia­les, poli­ti­ques et éco­no­mi­ques qui favo­ri­sent ces actes ». Lamen­ta­ble retour­ne­ment du pro­pos – selon une argu­men­ta­tion qui pour­rait se retour­ner avec per­ti­nen­ce !

Enfin, le jour­na­lis­te algé­rien se trou­ve taxé d’isla­mo­pho­bie… Accu­sa­tion défi­ni­ti­ve qui, en fait, à reli­re ces com­pè­res, se situe à l’origine de leur atta­que. Ce « sport de com­bat » désor­mais à la mode, inter­dit tou­te cri­ti­que de fond et clôt tout débat d’idées.

Le « dou­ble fat­wa­ti­sé » pour­ra cepen­dant trou­ver quel­que récon­fort dans des arti­cles de sou­tien. Ain­si, celui de Michel Guer­rin dans Le Mon­de du 27 février. Le jour­na­lis­te rap­pel­le que Kamel Daoud a déci­dé d’arrêter le jour­na­lis­me pour se consa­crer à la lit­té­ra­tu­re. « Il ne chan­ge pas de posi­tion mais d’instrument. » « Ce retrait, pour­suit-il, est une défai­te. Pas la sien­ne. Cel­le du débat. Il vit en Algé­rie, il est sous le coup d’une fat­wa depuis 2014, et cela don­ne de la chair à ses convic­tions. Du res­te, sa vision de l’islam est pas­sion­nan­te, hors nor­mes, car elle divi­se la gau­che, les fémi­nis­tes, les intel­lec­tuels. Une gran­de par­tie de la socio­lo­gie est contre lui mais des intel­lec­tuels afri­cains saluent son cou­ra­ge, Libé­ra­tion l’a défen­du, L’Obs aus­si, où Jean Daniel retrou­ve en lui “tou­tes les gran­des voix fémi­nis­tes his­to­ri­ques”. […] Ain­si va la confré­rie des socio­lo­gues, qui a le nez rivé sur ses sta­tis­ti­ques sans pren­dre en comp­te “la chair du réel”, écrit Aude Lan­ce­lin sur le site de L’Obs, le 18 février. »

Ain­si, cet­te remar­qua­ble tri­bu­ne de la roman­ciè­re fran­co-tuni­sien­ne Faw­zia Zoua­ri, dans Libé­ra­tion du 28 février, rétor­quant aux accu­sa­teurs :

« Voi­là com­ment on se fait les alliés des isla­mis­tes sous cou­vert de phi­lo­so­pher… Voi­là com­ment on réduit au silen­ce l’une des voix dont le mon­de musul­man a le plus besoin. »

 


Faw­zia Zoua­ri : « Il faut dire qu’il y a un... par fran­cein­ter


Kamel Daoud et les agressions de Cologne. Le « porno-islamisme » s’en prend à la femme autant qu’à la vie

Pour­quoi les isla­mis­tes détes­tent-ils autant les fem­mes ? Pour­quoi refu­sent-ils qu’elles pren­nent le volant, por­tent des jupes cour­tes, aiment libre­ment  ? Autant de ques­tions qui inter­pel­lent et déran­gent l’islam des extrê­mes et, par delà, l’islam en lui-même ain­si que les autres reli­gions mono­théis­tes. Le jour­na­lis­te-écri­vain algé­rien Kamel Daoud est l’un des tout pre­miers et trop rares intel­lec­tuels du mon­de musul­man à affron­ter de face ces ques­tions esqui­vées par les reli­gions – sans dou­te par­ce qu’elles leur sont consti­tu­ti­ves. Aujourd’hui, à pro­pos des agres­sions sexuel­les de fem­mes fin décem­bre à Colo­gne, il accu­se le « por­no-isla­mis­me » et inter­pel­le le regard de l’Occident por­té sur l’ « immi­gré », cet « autre », condam­né autant à la répro­ba­tion qu’à l’incompréhension.

Kamel Daoud, 2015 © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

Kamel Daoud, 2015 © Clau­de Truong-Ngoc / Wiki­me­dia Com­mons

S’inter­ro­ger vala­ble­ment sur l’islam conduit à décryp­ter les méca­nis­mes de hai­ne à l’œuvre dans les dis­cours reli­gieux. Ce qui, par ces temps de fana­tis­me assas­sin, ne va pas sans ris­ques. Sur­tout si on tou­che aux fon­da­men­taux. Ain­si, le 3 décem­bre 2014 dans l’émission de Lau­rent Ruquier On n’est pas cou­ché sur Fran­ce 2, Kamel Daoud décla­re à pro­pos de son rap­port à l’islam :

« Je per­sis­te à le croi­re : si on ne tran­che pas dans le mon­de dit ara­be la ques­tion de Dieu, on ne va pas réha­bi­li­ter l’homme, on ne va pas avan­cer. La ques­tion reli­gieu­se devient vita­le dans le mon­de ara­be. Il faut qu’on la tran­che, il faut qu’on la réflé­chis­se pour pou­voir avan­cer. »

Quel­ques jours plus tard, Daoud est frap­pé d’une fat­wa par un imam sala­fis­te, appe­lant à son exé­cu­tion « pour apos­ta­sie et héré­sie ». Depuis, le jour­na­lis­te, chro­ni­queur au Quo­ti­dien d’Oran, est pla­cé sous pro­tec­tion poli­ciè­re, avec tou­tes les contrain­tes qui s’ensuivent – Sal­man Rush­die, depuis la Gran­de-Bre­ta­gne, en sait quel­que cho­se…

En juin der­nier, dans un entre­tien à L’Humanité (2/06/15), Kamel Daoud insis­tait sur la ques­tion de la pla­ce – si on peut dire – de la fem­me dans l’islam :

«Le rap­port à la fem­me est le nœud gor­dien, en Algé­rie et ailleurs. Nous ne pou­vons pas avan­cer sans gué­rir ce rap­port trou­ble à l’imaginaire, à la mater­ni­té, à l’amour, au désir, au corps et à la vie entiè­re. Les isla­mis­tes sont obsé­dés par le corps des fem­mes, ils le voi­lent car il les ter­ri­fie. Pour eux, la vie est une per­te de temps avant l’éternité. Or, qui repré­sen­te la per­pé­tua­tion de la vie ? La fem­me, le désir. Donc autant les tuer. J’appelle cela le por­no-isla­mis­me. Ils sont contre la por­no­gra­phie et com­plè­te­ment por­no­gra­phes dans leur tête. (…) Quand les hom­mes bou­gent, c’est une émeu­te. Quand les fem­mes sont pré­sen­tes, c’est une révo­lu­tion. Libé­rez la fem­me et vous aurez la liber­té.  »

Ces jours-ci, dans un arti­cle publié en Ita­lie dans le quo­ti­dien La Repub­bli­ca et repris par Le Mon­de (31/01/16), Kamel Daoud revient à nou­veau sur la ques­tion de la fem­me en islam, cet­te fois sous l’actualité brû­lan­te des évé­ne­ments de la saint-Syl­ves­tre à Colo­gne. Il pous­se son ana­ly­se sous l’angle des « jeux de fan­tas­mes des Occi­den­taux », « jeu d’images que l’Occidental se fait de l’« autre », le réfu­gié-immi­gré : angé­lis­me, ter­reur, réac­ti­va­tion des peurs d’invasions bar­ba­res ancien­nes et base du binô­me bar­ba­re-civi­li­sé. Des immi­grés accueillis s’attaquent à « nos » fem­mes, les agres­sent et les vio­lent. »

meursaultsJour­na­lis­te et essayis­te algé­rien, chro­ni­queur au Quo­ti­dien d’Oran, Kamel Daoud est notam­ment l’auteur de Meur­sault, contre-enquê­te (Actes Sud, 2014), Prix Gon­court du pre­mier roman. Il s’agit d’une sor­te de contre­point à L’Étranger de Camus. Phi­lip­pe Ber­ling en a tiré une piè­ce, Meur­saults, jouée jusqu’au 6 février au Théâ­tre des Ber­nar­di­nes à Mar­seille.

Daoud ne cher­che pas d’excuses aux agres­seurs mais s’essaie à com­pren­dre, à expli­quer – ce qui ne sau­rait plai­re à Valls ! Donc, il rejet­te cet­te « naï­ve­té », cet angé­lis­me pro­je­té sur le migrant par le regard occi­den­tal, qui « voit, dans le réfu­gié, son sta­tut, pas sa cultu­re […] On voit le sur­vi­vant et on oublie que le réfu­gié vient d’un piè­ge cultu­rel que résu­me sur­tout son rap­port à Dieu et à la fem­me. »

Il pour­suit : « Le réfu­gié est-il donc « sau­va­ge » ? Non. Jus­te dif­fé­rent, et il ne suf­fit pas d’accueillir en don­nant des papiers et un foyer col­lec­tif pour s’acquitter. Il faut offrir l’asile au corps mais aus­si convain­cre l’âme de chan­ger. L’Autre vient de ce vas­te uni­vers dou­lou­reux et affreux que sont la misè­re sexuel­le dans le mon­de ara­bo-musul­man, le rap­port mala­de à la fem­me, au corps et au désir. L’accueillir n’est pas le gué­rir. »

Daoud refor­mu­le sa « thè­se » :

« Le rap­port à la fem­me est le nœud gor­dien, le second dans le mon­de d’Allah [après la ques­tion de Dieu, Ndlr]. La fem­me est niée, refu­sée, tuée, voi­lée, enfer­mée ou pos­sé­dée. Cela déno­te un rap­port trou­ble à l’imaginaire, au désir de vivre, à la créa­tion et à la liber­té. La fem­me est le reflet de la vie que l’on ne veut pas admet­tre. Elle est l’incarnation du désir néces­sai­re et est donc cou­pa­ble d’un cri­me affreux : la vie. » « L’islamiste n’aime pas la vie. Pour lui, il s’agit d’une per­te de temps avant l’éternité, d’une ten­ta­tion, d’une fécon­da­tion inuti­le, d’un éloi­gne­ment de Dieu et du ciel et d’un retard sur le ren­dez-vous de l’éternité. La vie est le pro­duit d’une déso­béis­san­ce et cet­te déso­béis­san­ce est le pro­duit d’une fem­me. »

Cer­tes, une tel­le ana­ly­se, par sa fines­se et sa per­ti­nen­ce, ne ris­que pas d’être enten­due par les fronts bas de l’extrême-droite – et pas seule­ment par eux. Ni chez les fana­ti­ques reli­gieux, bien sûr ; peut-être pas non plus chez ceux que l’on dit « modé­rés », tant la fron­tiè­re peut être min­ce des uns aux autres. Alors, à qui s’adresse Daoud ? – et avec quel­les chan­ces d’être enten­du ? – quand il par­le – naï­ve­ment ? – de « convain­cre l’âme de chan­ger »… et quand il sou­li­gne que « le sexe est la plus gran­de misè­re dans le « mon­de d’Allah » ?

Et de reve­nir sur« ce por­no-isla­mis­me dont font dis­cours les prê­cheurs isla­mis­tes pour recru­ter leurs « fidè­les » :

« Des­crip­tions d’un para­dis plus pro­che du bor­del que de la récom­pen­se pour gens pieux, fan­tas­me des vier­ges pour les kami­ka­zes, chas­se aux corps dans les espa­ces publics, puri­ta­nis­me des dic­ta­tu­res, voi­le et bur­ka. L’islamisme est un atten­tat contre le désir. Et ce désir ira, par­fois, explo­ser en ter­re d’Occident, là où la liber­té est si inso­len­te. Car « chez nous », il n’a d’issue qu’après la mort et le juge­ment der­nier. Un sur­sis qui fabri­que du vivant un zom­bie, ou un kami­ka­ze qui rêve de confon­dre la mort et l’orgasme, ou un frus­tré qui rêve d’aller en Euro­pe pour échap­per, dans l’errance, au piè­ge social de sa lâche­té : je veux connaî­tre une fem­me mais je refu­se que ma sœur connais­se l’amour avec un hom­me. »

Et, pour finir : « Retour à la ques­tion de fond : Colo­gne est-il le signe qu’il faut fer­mer les por­tes ou fer­mer les yeux ? Ni l’une ni l’autre solu­tion. Fer­mer les por­tes condui­ra, un jour ou l’autre, à tirer par les fenê­tres, et cela est un cri­me contre l’humanité.

« Mais fer­mer les yeux sur le long tra­vail d’accueil et d’aide, et ce que cela signi­fie com­me tra­vail sur soi et sur les autres, est aus­si un angé­lis­me qui va tuer. Les réfu­giés et les immi­grés ne sont pas réduc­ti­bles à la mino­ri­té d’une délin­quan­ce, mais cela pose le pro­blè­me des « valeurs » à par­ta­ger, à impo­ser, à défen­dre et à fai­re com­pren­dre. Cela pose le pro­blè­me de la res­pon­sa­bi­li­té après l’accueil et qu’il faut assu­mer. »

Où l’on voit que la « guer­re » ne sau­rait condui­re à la paix dans les cœurs… Dans ce pro­ces­sus his­to­ri­que mil­lé­nai­re par­cou­ru de reli­gions et de vio­len­ce, de conquê­tes et de domi­na­tion, de refou­le­ments sexuels, de néga­tion de la fem­me et de la vie, de hai­nes et de res­sen­ti­ments remâ­chés… de quel endroit de la pla­nè­te pour­ra bien sur­gir la sages­se humai­ne ?



Des tas d’urgences

Le hasard m’a fait tom­ber, hier, sur l’article que j’ai consa­cré au jour­na­lis­te polo­nais Richard Kapus­cinski lors de sa mort en 2007. Dans un de ses bou­quins fameux, Impe­rium – sur l’empire sovié­ti­que finis­sant, une sui­te de repor­ta­ges à sa façon –, j’y rele­vais ça :

« Trois fléaux mena­cent le mon­de. Pri­mo, la plaie du natio­na­lisme. Secun­do, la plaie du racis­me. Ter­tio, la plaie du fon­da­men­ta­lisme reli­gieux. Trois pes­tes unies par la même carac­té­ris­tique, le même com­mun déno­mi­na­teur, la plus tota­le, agres­sive et tou­te-puis­san­te irra­tio­na­lité. Impos­sible de péné­trer dans un esprit conta­miné par un de ces maux. »

Dans le der­nier numé­ro du men­suel L’Histoire (thè­me : New­ton, les Lumiè­res et la révo­lu­tion scien­ti­fi­que : excel­lent autant qu’actuel), un lec­teur revient sur le pré­cé­dent numé­ro (novem­bre) consa­cré aux com­mu­nis­tes et titré « Pour­quoi il y ont cru », sans point d’interrogation. En effet, bien des répon­ses peu­vent être avan­cées. Mais ce lec­teur conti­nue à s’interroger : « Si je ne m’étonne pas du nom­bre d’intellectuels séduits, je n’arrive tou­jours pas à com­pren­dre pour­quoi ils sont res­té com­mu­nis­tes ». Et d’égrener le cha­pe­let des hor­reurs sta­li­nien­nes qui « auraient dû leur ouvrir les yeux ». Oui, mais non ! Confè­re le troi­siè­me fléau selon Kapus­cinski : la plaie du fon­da­men­ta­lis­me reli­gieux.

Même si les cau­ses et les effets dif­fé­rent dans les nuan­ces, nazis­me, sta­li­nis­me et dji­ha­dis­me relè­vent du tronc com­mun de « la plus tota­le, agres­sive et tou­te-puis­san­te irra­tio­na­lité. » Les consé­quen­ces aus­si conver­gent dans la vio­len­ce la plus mor­ti­fè­re condui­sant les peu­ples cré­du­les aux pires hor­reurs.

Notons qu’en ces « champs d’horreur » s’illustrent bien d’autres fana­ti­ques para-reli­gieux. Ain­si les fon­da­men­ta­lis­tes du libé­ra­lis­me ultra, les ado­ra­teurs du Mar­ché et de sa Main invi­si­ble, cel­le qui agit « en dou­ce », par délé­ga­tion, sans se mon­trer au grand jour, et n’en conduit pas moins à son lot d’atrocités, dénom­mées injus­ti­ces, guer­res, misè­re.

Ain­si les néga­tion­nis­tes de la dégra­da­tion du cli­mat qui, à l’instar de leurs illus­tres pré­dé­ces­seurs face aux géno­ci­des nazis, choi­sis­sent la catas­tro­phe plu­tôt que de renon­cer à leurs cultes consom­ma­toi­res. Cultes innom­bra­bles aux­quels d’ajoutent la plus cras­se imbé­cil­li­té tel­le que mon­trée ce jeu­di soir [3/12/15] dans Envoyé spé­cial (Fran­ce 2) exhi­bant de fameux spé­ci­mens du gen­re : ceux qui, aux Etats-Unis, tra­fi­quent leurs die­sel mons­trueux pour qu’il éruc­tent les plus épais­ses fumées noi­res… (J’avais publié une vidéo sur ces éner­gu­mè­nes, mais elle a été désac­ti­vée, je ne sais pour­quoi… Des dizai­nes de vidéos para­dent sur la toi­le – taper « coal rol­ling » et déses­pé­rer du gen­re humain…)

Après eux le délu­ge. Sur le même mode, en som­me, par lequel un tiers des élec­teurs du « pays des Droits de l’Homme » – et pata­ti et pata­ta – seraient prêts à tâter du fas­cis­me pré­sen­ta­ble, jus­te « pour essayer », puis­que les autres leur parais­sent usés – ce qui n’est pas faux, cer­tes !

Mais enfin, quel­le défai­te annon­cée ! Défai­te de la pen­sée, des convic­tions, des valeurs. De sou­bre­sauts en cahots, en culbu­tes et en sur­sauts, l’Histoire n’en finit pas de bégayer, on le sait. Au bord du vide, des haut-le-cœur nous sai­sis­sent.

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Où allons-nous ? « Ça débor­de » de par­tout ; de gau­che et de droi­te„ extrê­me­ment. [Ph. d.r.]


Attentats de Paris. Que de morts, que de drames !

Même enco­re incom­plè­te, qu’elle sem­ble inter­mi­na­ble, la lis­te des vic­ti­mes des atten­tats de ce ven­dre­di noir ! Que de dra­mes sou­dain sur­gis dans les famil­les, chez les pro­ches !… Et que de souf­fran­ces sous les bles­su­res, les muti­la­tions ! Fal­lait-il y ajou­ter l’outrage infli­gé, hier à l’Assemblée natio­na­le, par les poli­ti­cards et leurs ges­ti­cu­la­tions imbé­ci­les, indé­cen­tes, outra­gean­tes, atter­ran­tes ? Cet­te lis­te des morts de ven­dre­di ne peut que leur fai­re hon­te. Une hon­te qui ne conso­le­ra de rien, ni des pei­nes, ni des dou­leurs.

attentats-Paris

Mar­seille , lun­di midi. [Ph. gp]

Guillau­me Bar­reau Decherf, 43 ans, était jour­na­lis­te aux Inrocks. Pas­sion­né de Hard Rock, il était diplô­mé de l’école de jour­na­lis­me ESJ Lil­le. Il avait débu­té à Libé­ra­tion et tra­vaillé pour le maga­zi­neRol­ling Sto­ne. Il avait récem­ment écrit au sujet du nou­vel album du grou­pe Eagles of Dea­th Metal, qui se pro­dui­sait au Bata­clan le soir du mas­sa­cre.. Père de deux filles, il est né à Bar-le-Duc (Meu­se) et a gran­di dans l’Essonne, com­me le rap­por­te lEst Répu­bli­cain. Ses confrè­res et anciens cama­ra­des de l’Ecole de jour­na­lis­me ESJ de Lil­le se sou­vien­nent de sa dou­ceur sous une allu­re de «métal­leux», de sa pas­sion pour la musi­que et de son sens de la for­mu­le qui fai­sait sou­vent mou­che. Il a per­du la vie au Bata­clan.

Maca­théo Ludo­vic Boum­bas, 40 ans, dit «Ludo», 40 ans, est mort à La Bel­le Equi­pe, bis­trot du XIe arron­dis­se­ment où il fêtait l’anniversaire d’une amie. «Il a vou­lu pro­té­ger une amie, Chloé, en se met­tant sur elle. Il s’est pris une rafa­le», a dit son frè­re à l’AFP. D’origine congo­lai­se, Ludo était ingé­nieur chez le trans­por­teur FedEx.

Alban Denuit, 32 ans, ori­gi­nai­re du Lot-et-Garon­ne, à Mar­man­de, ce plas­ti­cien était expo­sé à la gale­rie bor­de­lai­se Epo­ny­me. Diplô­mé de l’École natio­na­le des Beaux-Arts de Paris, il ensei­gnait à l’université Bor­deaux 3. Selon Sud Ouest, il avait obte­nu l’été der­nier son doc­to­rat d’arts plas­ti­ques avec féli­ci­ta­tions du jury. Il est décé­dé au Bata­clan.

Romain Didier, 32 ans, était ori­gi­nai­re du Ber­ry. Il vivait non loin du lieu du dra­me, com­me le rap­por­te le Jour­nal du Cen­tre. A Paris, il avait sui­vi des cours d’art dra­ma­ti­que à l’école Jean Péri­mo­ny et avait occu­pé entre 2009 et 2013 le pos­te de mana­ger du Lit­tle Tem­ple Bar, un bar du VIe arron­dis­se­ment de Paris. Il a été tué rue de Cha­ron­ne, dans le XIe arron­dis­se­ment de Paris, alors qu’il était avec son amie, Lamia Mon­de­guer, elle aus­si décé­dée.

Lamia Mon­de­guer, 30 ans, a été tuée rue de Cha­ron­ne alors qu’elle se trou­vait avec son com­pa­gnon, Romain Didier. La jeu­ne fem­me, diplô­mée de l’université Paris VII et de l’Ecole supé­rieu­re d’études ciné­ma­to­gra­phi­ques tra­vaillait pour l’agence artis­ti­que Noma Talents.

Cédric Mau­duit, 41 ans, était ori­gi­nai­re de Lion-sur-Mer (Cal­va­dos). Il tra­vaillait au Conseil dépar­te­men­tal du Cal­va­dos, où il était direc­teur de la Moder­ni­sa­tion du dépar­te­ment, com­me le rap­por­te le site inter­net du dépar­te­ment. Il assis­tait au concert avec 5 amis, dont une autre vic­ti­me, David Per­chi­rin. Son frè­re a lan­cé un appel sur les réseaux sociaux pour fai­re venir les Rol­ling Sto­nes ou David Bowie, des artis­tes qu’il admi­rait, à son enter­re­ment.

Romain Feuilla­de, 31 ans, était sur la ter­ras­se de La Bel­le équi­pe lorsqu’il est tom­bé sous les bal­les des assaillants. Le jeu­ne hom­me, marié, était ori­gi­nai­re de Gil­ly-sur-Isè­re (Savoie) et s’était ins­tal­lé à Paris pour deve­nir comé­dien. Il tenait un res­tau­rant dans le XIe arron­dis­se­ment, Les Cent kilos, avec un asso­cié. «C’était un gar­çon d’une pro­fon­de gen­tilles­se, doté d’un puis­sant sens de l’humour. Sou­riant, géné­reux, hum­ble, bien­veillant. Un exem­ple d’homme, le meilleur. Un ami dévoué», a témoi­gné l’un de ses amis dans Libé­ra­tion

Véro­ni­que Geof­froy de Bour­gies, 54 ans, était une ex-man­ne­quin et ancien­ne jour­na­lis­te duFiga­ro Mada­me et Vogue Hom­me. Elle avait fon­dé jemesensbien.fr, un blog sur lequel elle pos­tait quo­ti­dien­ne­ment des billets “bon­ne humeur”. Elle avait adop­té il y a deux ans une peti­te fille, Mélis­sa et un petit gar­çon, Die­go. Amou­reu­se de Mada­gas­car, elle y avait créé en 2004 une asso­cia­tion, Zaza­ke­ly Sam­ba­tra (“enfants heu­reux”) . Elle a été abat­tue à la ter­ras­se de La Bel­le équi­pe. Son mari, pho­to­gra­phe, était en dépla­ce­ment à Shan­ghaï pen­dant les atten­tats.

Mathieu Hoche, 38 ans, était tech­ni­cien cadreur pour la chaî­ne Fran­ce 24. “Il était jeu­ne, il avait un enfant de 6 ans”, a twit­té sa col­lè­gue Rose­ly­ne Feb­vre sur Twit­ter. «Un gar­çon ado­ra­ble, dis­cret, bos­seur, pro­fes­sion­nel», évo­que le direc­teur de la chaî­ne Marc Sai­ka­li.

Tho­mas Ayad, 34 ans, ori­gi­nai­re d’Amiens, était pro­duc­teur pour la mai­son de dis­que Mer­cu­ry Records, un label qui dépend du grou­pe Uni­ver­sal et s’occupait notam­ment du mar­ke­ting d’Eagles of Dea­th Metal. Tué au Bata­clan, il assis­tait au concert avec deux col­lè­gues. Lucian Grain­ge, PDG d’Universal Music Group, a ren­du hom­ma­ge à Tho­mas Ayad dans une let­tre publiée par le Los Ange­les Times. Pas­sion­né de hockey sur gazon, son ancien club a orga­ni­sé un ras­sem­ble­ment d’hommage diman­che. «Il est mort pres­que tout de sui­te, au Bata­clan, alors qu’il était en train de par­ler avec un gar­çon de Nous Pro­duc­tions (le tour­neur du concert, ndlr), qui lui a été bles­sé. (...) Franc, hon­nê­te, c’était un ami fidè­le, on pou­vait comp­ter sur lui», a racon­té à Libé­ra­tion l’un de ses amis.

Marie Mos­ser, 24 ans, ori­gi­nai­re de Nan­cy et ancien­ne employée de la mai­son de dis­que Mer­cu­ry Records, elle col­la­bo­rait avec le site inter­net Cele­bri­ties in Paris, qui a confir­mé son décès. Cet­te spé­cia­lis­te en Com­mu­ni­ca­tion et mar­ke­ting digi­tal est l’une des vic­ti­me de l’attentat du Bata­clan.

Quen­tin Bou­len­ger, 29 ans, était ori­gi­nai­re de Reims et habi­tait dans le 17e arron­dis­se­ment de Paris, selon l’Union. Il est décé­dé au Bata­clan. Diplô­mé de l’école de com­mer­ce Audien­cia de Nan­tes (Loi­re-Atlan­ti­que), ce jeu­ne marié s’était ins­tal­lé dans le XVIIe arron­dis­se­ment de Paris et tra­vaillait com­me res­pon­sa­ble digi­tal inter­na­tio­nal au sein du grou­pe de cos­mé­ti­ques L’Oréal.

Valen­tin Ribet, 26 ans, était avo­cat d’affaires au bar­reau de Paris depuis l’année der­niè­re. Il tra­vaillait au cabi­net Hogan Lovells, qui a confir­mé sa dis­pa­ri­tion. Le jeu­ne hom­me avait étu­dié à Lon­don School of Eco­no­mics, après avoir obte­nu son diplô­me à la Sor­bon­ne. Il est décé­dé au Bata­clan, où il était avec son amie Eva, bles­sée, opé­rée et dont les jours ne sont plus en dan­ger.

Dja­mi­la Houd, 41 ans, et ori­gi­nai­re de Dreux, a été tuée sur la ter­ras­se de La Bel­le Équi­pe, rue de Cha­ron­ne. Fille de Har­kis, issue «d’une des gran­des famil­les drouai­ses», com­me le rap­por­te l’Écho Répu­bli­cain, Pro­prié­tai­re de la bras­se­rie pari­sien­ne le Café des anges, à Bas­tille, Dja­mi­la Houd vivait à Paris.

Fabri­ce Dubois, 46 ans, marié et père de deux enfants âgés de 11 et 13 ans, était rédac­teur concep­teur chez Publi­cis Conseil. Il habi­tait à Médan, dans les Yve­li­nes. Il est décé­dé au Bata­clan. Sa sœur a confir­mé sa mort à Paris Mat­ch.

Fran­çois-Xavier Pré­vost, 29 ans, ori­gi­nai­re de Lam­ber­sart, dans le Nord-Pas-de-Calais, était pas­sion­né de ten­nis. Il tra­vaillait dans la publi­ci­té à Lil­le, com­me le rap­por­te l’AFP. Selon La Voix du Nord, il assis­tait au concert du Bata­clan avec deux amis. «We miss you FX», une page Face­book dédiée au jeu­ne hom­me a été créée par ses pro­ches. «L’amour de ma vie, à jamais», a écrit sa com­pa­gne sur la page Face­book créée pour lui ren­dre hom­ma­ge.

Mathias Dymars­ki, 22 ans et Marie Lau­sch, 23 ans, sont tous les deux décé­dés lors de l’attentat du Bata­clan. Ces Mosel­lans étaient ensem­ble depuis 5 ans, et avaient emmé­na­gé en sep­tem­bre der­nier dans un appar­te­ment pari­sien, selon Le Répu­bli­cain Lor­rain. La jeu­ne fem­me, diplô­mée de l’école de com­mer­ce de Reims, venait de ter­mi­ner une mis­sion pour un grou­pe de cos­mé­ti­ques. Mathias, ingé­nieur tra­vaux, allait fêter ses 23 ans le 6 décem­bre pro­chain.

Pier­re Inno­cen­ti, 40 ans, que tout le mon­de appe­lait “Pier­ro”, avait repris le res­tau­rant ita­lien fami­lial Livio, une ins­ti­tu­tion à Neuilly-sur-Sei­ne. Il avait pos­té sur sa page Face­book, quel­ques minu­tes avant le début du concert, une pho­to de l’affiche du grou­pe de rock. «Pier­re était un énor­me bos­seur, mais c’était aus­si un bon vivant, il aimait fai­re la fête. C’était aus­si un hom­me de valeurs», racon­te Ara­sh Deram­bar­sh, un ami de Pier­re Inno­cen­ti et élu de Cour­be­voie.

Sté­pha­ne Alber­ti­ni, cou­sin de Pier­re Inno­cen­ti, était le copro­prié­tai­re du res­tau­rant Livio.

Mat­thieu Giroud, 39 ans, était ori­gi­nai­re de Jar­rie, dans la région de Gre­no­ble. Géo­gra­phe, spé­cia­lis­te de la gen­tri­fi­ca­tion, il était maî­tre de confé­ren­ce à l’Université Blai­se Pas­cal de Cler­mont-Fer­rand entre 2008 et 2012, avant de rejoin­dre le CNRS et l’Université Paris Est Mar­ne la Val­lée. Il était le père d’un petit gar­çon de 3 ans et sa com­pa­gne, Auré­lie, est encein­te d’une peti­te fille. Qua­li­fié par un mem­bre de sa famil­le d” «impi­toya­ble­ment paci­fis­te», Mat­thieu Giroud «aimait le rock, le whis­ky japo­nais, le foot, les BD et regar­der des séries avec son Auré­lie. Plus que tout il aimait ses amis - nom­breux. Ses amis de Jar­rie et ses amis de Paris. Ses amis vivant en pro­vin­ce et ses amis vivant à l’étranger», a écrit sur Face­book Fabien­ne Sil­ves­tre-Ber­ton­ci­ni, sa bel­le soeur. Mat­thieu Giroud est décé­dé au Bata­clan.

Auré­lie de Per­et­ti, 33 ans, info­gra­phis­te de for­ma­tion, recon­ver­tie dans la res­tau­ra­tion, était ori­gi­nai­re de Saint-Tro­pez. Elle était venue à Paris avec son amie Élo­die Pier­rat pour assis­ter au concert du Bata­clan, où elle est décé­dée. Élo­die Pier­rat demeu­re en soins inten­sifs.

Quen­tin Mou­rier, 29 ans, tué au Bata­clan, était archi­tec­te aux Ver­gers Urbains. Il est décrit com­me quelqu’un «plein de res­sour­ces, d’énergie, d’initiatives, d’engagement» sur le site inter­net de cet­te asso­cia­tion qui mili­te pour la végé­ta­li­sa­tion. Il habi­tait dans la capi­ta­le mais était ori­gi­nai­re de Rouf­fa­ch (Haut-Rhin), selon les Der­niè­res Nou­vel­les d’Alsace. Il avait étu­dié à l’Ecole natio­na­le supé­rieu­re d’architecture de Ver­sailles.

Élo­die Breuil, 23 ans, était étu­dian­te en desi­gn à l’école de Condé, dans le XVè­me arron­dis­se­ment de la capi­ta­le. Elle est décé­dée au Bata­clan alors qu’elle assis­tait au concert avec un grou­pe d’amis. Elle avait par­ti­ci­pé à la mar­che de la Répu­bli­que en jan­vier der­nier, avec sa mère. «Tout ce que vous pou­vez fai­re, c’est infor­mer le mon­de entier de ces hor­ri­bles cho­ses que nous nous infli­geons les uns aux autres», a décla­ré son frè­re Alexis à un jour­na­lis­te de Time, alors qu’on venait de lui confir­mer le décès de la jeu­ne fille aux yeux bleus.

Fan­ny Minot, 29 ans, était mon­teu­se pour Le Sup­plé­ment de Canal +. «Une fan de rock», selon l’une de ses col­lè­gues contac­tée par l’AFP.

Nico­las Clas­seau, 40 ans, était le direc­teur de l’IUT Mar­ne la val­lée. Il assis­tait au concert avec sa com­pa­gne, tou­jours hos­pi­ta­li­sée. Gui­ta­ris­te ama­teur, le qua­dra­gé­nai­re vivait à Bagno­let (Sei­ne-Saint-Denis) avec ses trois enfants, de 15, 11 et 6 ans.

Nick Alexan­der, 36 ans, bri­tan­ni­que de Col­ches­ter, ven­dait des pro­duits à l’effigie du grou­pe Eagles of Dea­th Metal lorsqu’il a été tué au Bata­clan. «Nick est mort en fai­sant le tra­vail qu’il aimait et nous som­mes récon­for­tés de voir à quel point il était aimé par ses amis à tra­vers le mon­de», a écrit sa famil­le dans un com­mu­ni­qué. «Dors bien, mon doux prin­ce, Nick Alexan­der... #fuck­ter­ro­rism #iwillal­way­slo­veyou #Bata­clan», a publié sur Twit­ter sa com­pa­gne Poli­na Buck­ley, avec une pho­to d’eux deux.

Hali­ma Ben Kha­li­fa Saa­di, 35 ans, était ori­gi­nai­re de Men­zel Bour­gui­ba (Tuni­sie), près de Bizer­te. Cet­te jeu­ne fem­me à la cri­niè­re de lion­ne était mariée à un Séné­ga­lais, Ada­ma Ndiaye, et vivait à Dakar. Sa famil­le est ins­tal­lée au Creu­sot (Saô­ne-et-Loi­re), où son père est arri­vé en 1970 pour tra­vailler dans le bâti­ment. Mère de deux jeu­nes gar­çons, elle était à Paris, au res­tau­rant «La Bel­le équi­pe», pour fêter l’anniversaire d’une amie.

Hod­da Ben Kha­li­fa Saa­di, 34 ans, était à Paris avec sa sœur aînée Hali­ma pour fêter un anni­ver­sai­re.

Maxi­me Bouf­fard, 26 ans, ori­gi­nai­re du Coux (Dor­do­gne), est mort au Bata­clan. Titu­lai­re d’un BTS en audio­vi­suel à Biar­ritz (Pyré­nées-Atlan­ti­ques), il habi­tait depuis qua­tre ans à Paris, où il réa­li­sait des clips vidéo -récem­ment pour le grou­pe Le Der­nier Métro - et des films publi­ci­tai­res. «C’était un ama­teur de rug­by, de vin et de bon­ne bouf­fe. C’était un pilier dans sa famil­le et dans son grou­pe d’amis», a racon­té un ami à l’AFP. Fan de rock, il avait par­ta­gé sur son pro­fil Face­book en juillet une cri­ti­que élo­gieu­se du nou­vel album d’Eagles Of Dea­th Metal.

Nico­las Cati­nat, 37 ans, a été tué au Bata­clan, alors qu’il se trou­vait dans la fos­se. Habi­tant à Domont, dans le Val-d’Oise, il a cher­ché à pro­té­ger ses amis en se pla­çant en bou­clier humain.

Pré­ci­lia Cor­reia, 35 ans, Por­tu­gai­se, était employée par la mai­son de dis­ques Mer­cu­ry Music. Elle est mor­te au Bata­clan. «Pour ceux qui se rap­pel­lent de moi après le pri­mai­re, j’aimais plus fai­re mes devoirs cela ne m’a pas empê­cher de res­ter à l’école jusqu’à plus de 25 ans...», racon­te sur son pro­fil Copains d’Avant cet­te jeu­ne fem­me bru­ne qui a étu­dié les lan­gues étran­gè­res et la pho­to­gra­phie.

Asta Dia­ki­te, cou­si­ne du joueur de l’équipe de Fran­ce de foot­ball Las­sa­na Diar­ra, qui était en train de jouer sur la pelou­se du Sta­de de Fran­ce lors­que les explo­sions ont eu lieu. La jeu­ne fem­me, décri­te com­me une musul­ma­ne pra­ti­quan­te, est mor­te dans la fusilla­de de la rue Bichat, où elle était sor­tie fai­re des cour­ses. «Elle a don­né sa vie pour sau­ver cel­le de son neveu qui était avec elle», a écrit sur Face­book sa cou­si­ne. «Elle a été pour moi un repè­re, un sou­tien, une gran­de soeur», a témoi­gné le joueur de l’OM dans un mes­sa­ge pos­té sur les réseaux sociaux.

Manuel Cola­co Dias, 63 ans, un Por­tu­gais fan de foot qui vivait depuis 45 ans à Paris, a péri alors qu’il se trou­vait à l’extérieur du Sta­de de Fran­ce.

Elsa Del­pla­ce, 35 ans, était venue au concert des Eagles of Dea­th Metal avec sa mère et son fils de 5 ans, qui les aurait vu mou­rir mais qui a sur­vé­cu. La jeu­ne fem­me était for­ma­tri­ce dans un cen­tre de for­ma­tion d’apprentis pari­sien. La grand-mère, Patri­cia San Mar­tin, 61 ans, était fonc­tion­nai­re à la mai­rie de Sevran et niè­ce d’un ambas­sa­deur chi­lien.

Elif Dogan, 26 ans, Bel­ge d’origine tur­que, tra­vaillait dans une socié­té d’informatique en Bel­gi­que. Ins­tal­lée à Paris depuis qua­tre mois, tout près du Bata­clan, elle est décé­dée dans la sal­le de spec­ta­cles sous les bal­les des ter­ro­ris­tes, com­me son com­pa­gnon Mil­ko Jozic. «On se disait que notre fille vivait dans un endroit sûr. On crai­gnait des actions en Tur­quie et c’est dans une des plus gran­des métro­po­les du mon­de qu’on l’a per­due», a déplo­ré son père Kemal Dogan, retour­né vivre en Tur­quie il y a quel­ques mois.

Romain Dunet, 25 ans, un grand fan de musi­que, de uku­le­le et de chant, est mort au Bata­clan. Ensei­gnant d’anglais dans un ensem­ble sco­lai­re pari­sien, il était éga­le­ment mem­bre d’un grou­pe de musi­que. Ses pro­ches ont ouvert une page d’hommage sur Face­book, «pour témoi­gner de son intel­li­gen­ce et de sa gen­tilles­se, de son enga­ge­ment dans ses pas­sions et de son dévoue­ment pour ses élè­ves».

Tho­mas Duper­ron, 30 ans, un Pari­sien ori­gi­nai­re d’Alençon s’occupait de la com­mu­ni­ca­tion de la sal­le de concert pari­sien­ne La Maro­qui­ne­rie. Spec­ta­teur du Bata­clan, il est mort diman­che à l’hôpital de Per­cy-Cla­mart où il avait été trans­por­té. «Nos pen­sées vont à sa famil­le, à ses pro­ches ain­si qu’aux équi­pes de La Maro­qui­ne­rie», a pos­té sur son site inter­net l’Ecole d’art et de cultu­re (EAC), dont il était sor­ti diplô­mé en 2010.

Gre­go­ry Fos­se, 28 ans, habi­tant de Gam­bais (Yve­li­nes). Gré­go­ry était pro­gram­ma­teur musi­cal pour la chaî­ne D17. Un hom­ma­ge lui sera ren­du lun­di, à l’initiative du conseil muni­ci­pal de la com­mu­ne de Gam­bais.

Juan Alber­to Gonzà­les Gar­ri­do, 29 ans, ingé­nieur espa­gnol , tra­vaillait pour EDF. Ori­gi­nai­re de Gre­na­de, en Anda­lou­sie, il vivait à Paris avec son épou­se Ange­li­na Rei­na, 33 ans. Pré­sen­te à ses côtés au Bata­clan ven­dre­di soir, cet­te der­niè­re a vu son époux tom­ber au sol avant de per­dre sa tra­ce, selon le quo­ti­dien El Pais.

Cédric Gomet, 30 ans, ori­gi­nai­re de Fou­che­rans dans le Jura et rési­dant à Paris, tra­vaillait pour TVMon­de. Il se trou­vait au Bata­clan avec l’un de ses amis, Cédric, lui-même bles­sé par bal­les à la jam­be au cours de l’assaut.

Nohe­mi Gon­za­lez, 23 ans, de natio­na­li­té mexi­cai­ne et amé­ri­cai­ne, se trou­vait à la ter­ras­se du Petit Cam­bod­ge en com­pa­gnie d’une amie. Étu­dian­te en troi­siè­me année à l’université d’État de Long Bea­ch en Cali­for­nie, elle se trou­vait à Paris dans le cadre d’un semes­tre d’échange uni­ver­si­tai­re à l’école de desi­gn Stra­te de Sèvres. Décri­te par son petit ami com­me «la plus dou­ce des jeu­nes fem­mes», elle devait ren­trer aux États-Unis le mois pro­chain.

Raphael H, 28 ans, est né à Gar­mi­sch-Par­ten­kir­chen en Baviè­re. Archi­tec­te, il avait été embau­ché dans le cabi­net de Ren­zo Pia­no à Paris. Ven­dre­di soir, il était allé dîner au Petit Cam­bod­ge avec deux col­lè­gues, un Irlan­dais et un Mexi­cain. Ils ont aus­si été bles­sés lors de l’attaque.

Thier­ry Har­douin, 36 ans, sous-bri­ga­dier au dépôt de Bobi­gny, devait pas­ser la soi­rée à Paris au res­tau­rant la Bel­le Équi­pe, rue de Cha­ron­ne, pour célé­brer l’anniversaire de sa com­pa­gne. «Bon vivant», «hom­me joyeux et pro­fes­sion­nel», «Thier­ry avait affai­re au quo­ti­dien à des gens dan­ge­reux. On savait qu’il fal­lait tou­jours res­ter sur le qui-vive» confie un de ses pro­ches au quo­ti­dien Le Pari­sien. Thier­ry Har­douin était père de deux enfants.

Pier­re-Antoi­ne Hen­ry, 36 ans, ingé­nieur de pro­fes­sion, était ori­gi­nai­re de la région pari­sien­ne, com­me le rap­por­te Ouest Fran­ce. Il tra­vaillait dans les sys­tè­mes de com­mu­ni­ca­tion. Pier­re-Antoi­ne est décé­dé dans la sal­le du Bata­clan. «Le pre­mier mot qui me vient à l’esprit quand je pen­se pen­se à lui, c’est sa gen­tilles­se», a inidi­qué à l’AFP l’un de ses pro­ches.

Marion Lief­frig-Petard, était étu­dian­te en 1e année du mas­ter fran­co-ita­lien de musi­co­lo­gie de la Sor­bon­ne. Musi­cien­ne, pas­sion­née par les voya­ges musi­caux en Médi­ter­ra­née, elle venait de ren­trer d’une année d’Erasmus à Bar­ce­lo­ne et s’apprêtait à effec­tuer sa deuxiè­me année de Mas­ter à Paler­me. Elle fait par­tie des vic­ti­mes. Bar­thé­lé­my Jobert, Pré­si­dent de Paris-Sor­bon­ne lui a ren­du hom­ma­ge.

Anna Lief­frig-Petard, 27 ans, gra­phis­te. Elle a été tuée alors qu’elle dînait à la ter­ras­se du Petit Cam­bod­ge avec sa soeur Marion, décé­dée éga­le­ment, a indi­qué à l’AFP le mai­re de Chailles (Loir-et-Cher), Yves Cros­nier-Cour­tin, où leurs parents tien­nent une bou­che­rie. «Elle était venue retrou­ver sa soeur ce week-end-là et elles avaient envoyé un mes­sa­ge à leurs parents pour leur dire que la vie était bel­le, qu’elles étaient conten­tes de se retrou­ver».

Suzon Gar­ri­gues, 21 ans, était étu­dian­te en troi­siè­me année de Licen­ce de let­tres moder­nes appli­quées à la Sor­bon­ne, a elle aus­si dis­pa­ru au Bata­clan. Bar­thé­lé­my Jobert, Pré­si­dent de Paris-Sor­bon­ne lui a éga­le­ment ren­du hom­ma­ge: «Elle lais­se à ses cama­ra­des le sou­ve­nir de la plus géné­reu­se, la plus altruis­te, la plus drô­le des amies, et aus­si d’une incon­di­tion­nel­le et fidè­le admi­ra­tri­ce de Zola».

Moha­med Ami­ne Ibnol­mo­ba­rak, Maro­cain, 28 ans, archi­tec­te enca­drant à l’Ecole natio­na­le supé­rieu­re d’architecture Paris-Mala­quais, ce pas­sion­né de nata­tion était «enga­gé, intel­lec­tuel, créa­tif», selon l’un de ses anciens pro­fes­seurs inter­ro­gé par Libé­ra­tion. Il a été tué alors qu’il se trou­vait au bar Le Carillon avec sa fem­me, qu’il avait épou­sée cet été. Cet­te der­niè­re, gra­ve­ment bles­sée, «a subi trois opé­ra­tions chi­rur­gi­ca­les» mais «ses jours ne seraient plus en dan­ger», a confié un pro­che à l’AFP.

Mil­ko Jozik, 47 ans, de natio­na­li­té bel­ge. Cet ingé­nieur sou­riant, père d’une jeu­ne fem­me de 22 ans, habi­tait avec sa nou­vel­le com­pa­gne Elif Dogan, éga­le­ment de natio­na­li­té bel­ge, elle aus­si décé­dée, dans la rue du Bata­clan où ils s’étaient ins­tal­lés il y a qua­tre mois. «Je me dis sim­ple­ment que le mon­de est com­plè­te­ment pour­ri. C’est sur­tout pour ma fille que c’est dur, on se sent pau­mées», a confié son ex-épou­se au quo­ti­dien bel­ge La Der­niè­re Heu­re.

Hya­cin­the Koma, 37 ans, ser­veur au res­tau­rant Les Chics Types, dans le 19e arron­dis­se­ment, il par­ti­ci­pait à une soi­rée d’anniversaire au res­tau­rant La Bel­le Équi­pe rue de Cha­ron­ne. «Il avait beau­coup d’amis», selon sa peti­te sœur Amy. L’un d’entre eux a lan­cé une cagnot­te sur le site Leet­chi pour aider sa famil­le à finan­cer les obsè­ques.

Guillau­me Le Dramp, 33 ans, figu­re du quar­tier, buvait un ver­re en ter­ras­se au bar La Bel­le Equi­pe quand il a été tué. Ori­gi­nai­re de Cher­bourg, il avait fait ses étu­des à Caen avant d’aller à Par­me (Ita­lie) puis à Paris, où il tra­vaillait dans un res­tau­rant der­riè­re la pla­ce des Vos­ges. Décrit com­me «char­meur, cha­leu­reux, un vrai gen­til, avec un humour dévas­ta­teur» par l’un de ses pro­ches à l’AFP, il était ten­té de retour­ner vivre en Ita­lie et pré­pa­rait le concours de pro­fes­seur des éco­les.

Chris­to­phe Lel­lou­che, 33 ans, tué au Bata­clan. Il était sup­por­ter de l’OM, gui­ta­ris­te et com­po­si­teur du grou­pe Oli­ver et fan de Metal­li­ca, selon un de ses amis inter­ro­gé par Libé­ra­tion.

Yan­ni­ck Min­viel­le, 39 ans, tra­vaillait dans la publi­ci­té et chan­tait dans un grou­pe de rock. Il est mort au Bata­clan.

Jus­ti­ne Mou­lin, 20 ans, une pari­sien­ne ori­gi­nai­re d’Asnières (Hauts-de-Sei­ne), était étu­dian­te en Mas­ter à SKEMA Busi­ness School, qui lui a ren­du hom­ma­ge sur son site inter­net.

Vic­tor Muñoz, 25 ans, est mort à La Bel­le Équi­pe, rue de Cha­ron­ne. Il était le fils d’un élu du XIe arron­dis­se­ment. Il venait d’être diplô­mé de l’ESG Mana­ge­ment School, une éco­le supé­rieu­re de com­mer­ce à Paris.

Ber­trand Navar­ret, 37 ans. Selon la Dépê­che du midi, il avait gran­di à Tar­bes, où son père est notai­re, et vivait à Cap­bre­ton, sur la côte lan­dai­se. Il était par­ti à Paris pour pas­ser quel­ques jours dans la capi­ta­le et assis­ter au concert au Bata­clan.

David Per­chi­rin. Après avoir été jour­na­lis­te, il était deve­nu récem­ment pro­fes­seur des éco­les et ensei­gnait depuis sep­tem­bre 2014 en Sei­ne-Saint-Denis. Ce qua­ran­te­nai­re est mort au Bata­clan aux côtés de son ami Cédric Mau­duit, ren­con­tré à Scien­ces Po Ren­nes. «Bons vivants, débor­dants d’énergie, enthou­sias­tes indé­fec­ti­bles, le ciment de leur ami­tié a tou­jours été leur pas­sion du rock’n roll», selon l’hommage ren­du par l’association des anciens élè­ves de l’établissement.

Manu Per­ez, âgé d’une tren­tai­ne d’années, direc­teur artis­ti­que chez Poly­dor. Ce père de famil­le a pos­té sur Face­book quel­ques minu­tes avant sa mort une vidéo pri­se dans la fos­se du Bata­clan, inti­tu­lée «Il y a ceux qui y sont et qui ne sont pas». Sa mémoi­re a été saluée sur Twit­ter par plu­sieurs artis­tes dont il s’était occu­pé.

Caro­li­ne Pre­nat, 24 ans,ori­gi­nai­re de Lyon, était gra­phis­te. Elle était diplô­mée de l’École de Condé de Nan­cy et avait étu­dié à l’École d’arts appli­qués de Bel­le­cour, selon Lyon Capi­ta­le. Elle est décé­dée lors de la tue­rie du Bata­clan.

Armel­le Pumir-Anti­ce­vic, 46 ans, est mor­te au Bata­clan, où elle se trou­vait avec son mari, Jose­ph. «Armel­le m’a dit: «Viens, on court». On n’était pas loin de la por­te de sor­tie. Armel­le était der­riè­re moi, on a fon­cé. Elle est tom­bée. J’ai cru qu’elle avait tré­bu­ché sur un cada­vre. Je l’ai ramas­sée, je la por­tais. Mais en arri­vant près de la por­te, un flic m’a tiré par le bras, j’ai dû la lâcher. Putain. Je n’ai jamais revu Armel­le», avait-il racon­té diman­che à Libé­ra­tion. Chef de fabri­ca­tion, mère de famil­le, cet­te Pari­sien­ne était aus­si atta­chée aux Pyré­nées-Orien­ta­les, où elle pos­sé­dait une mai­son.

Mat­thieu de Ror­thais, 32 ans, est mort dans l’attaque du Bata­clan. Son père et sa soeur lui ont ren­du hom­ma­ge sur Face­book, cet­te der­niè­re saluant la mémoi­re de son grand frè­re, «la plus bel­le étoi­le du ciel».

Raphaël Ruiz, 37 ans, mort au Bata­clan. Il était «pas­sion­né de musi­que, de ciné­ma, de BD et de tant d’autres cho­ses» selon l’association des anciens de Scien­ces Po Gre­no­ble. «C’était un ami hors pair, un hom­me atta­chant et pas­sion­nant, et un grand éclat de rire avec les enfants». Il tra­vaillait depuis 10 ans chez Ubi­qus, où il était «una­ni­me­ment appré­cié pour son pro­fes­sion­na­lis­me, son dévoue­ment et son immen­se gen­tilles­se».

Made­lei­ne Sadin, 30 ans,qui vivait à Paris, est mor­te au Bata­clan. Décri­te com­me «vivan­te, aiman­te et curieu­se» par ses pro­ches à l’AFP, elle était pro­fes­seur de Fran­çais dans un col­lè­ge de l’Essonne. Son cou­sin, Simon Cas­te­ran, jour­na­lis­te tou­lou­sain, a publié, sur son bloglessermonsdulundi.com, une let­tre adres­sée à Dae­ch et titrée «Oui, je suis un per­vers et un ido­lâ­tre».

Khei­red­di­ne Sah­bi, 29 ans, sur­nom­mé «Didi­ne», ce vio­lo­nis­te de natio­na­li­té algé­rien­ne ren­trait chez lui ven­dre­di après une soi­rée avec des amis lorsqu’il a été tué. Après des étu­des de scien­ces, il s’était tour­né vers la musi­que et étu­diait depuis un an à Paris. Il était étu­diant en mas­ter d’ethnomusicologie à la Sor­bon­ne. Bar­thé­lé­my Jobert, Pré­si­dent de Paris-Sor­bon­ne, lui a ren­du hom­ma­ge. «Il habi­tait un quar­tier péri­phé­ri­que d’Alger, où la situa­tion était très ten­due» et «avait sur­vé­cu à dix ans de ter­ro­ris­me», à témoi­gné à l’AFP un de ses cou­sins. Son corps devrait être rapa­trié en Algé­rie.

Lola Sali­nes, 29 ans, était édi­tri­ce chez Gründ, char­gé des ouvra­ges Jeu­nes­se. Cet­te pas­sion­née de rock et de metal a notam­ment édi­té l’Encyclo des Filles, paru en 2013, un manuel de réfé­ren­ce pour les ado­les­cen­tes. Pas­sion­née de rol­ler der­by, la jeu­ne fem­me fai­sait par­tie du club la Bou­che­rie de Paris, l’équipe de la capi­ta­le. Elle por­tait sur les pis­tes le nom de «Josie Ozz­bour­ne». Son père, Geor­ges, l’a cher­chée tou­te la nuit de ven­dre­di à same­di, pour fina­le­ment annon­cer son décès same­di matin, sur Twit­ter.

Hugo Sar­ra­de, 23 ans, débu­tait son week end à Paris par ce concert au Bata­clan, avant de rejoin­dre son père en région pari­sien­ne. Étu­diant en intel­li­gen­ce arti­fi­ciel­le à Mont­pel­lier, Hugo était per­sua­dé que «l’obscurantisme est notre pire enne­mi», selon son père, inter­ro­gé par le quo­ti­dienMidi Libre.

Vale­ria Sole­sin, 28 ans, est mor­te au Bata­clan, après avoir été pri­se en ota­ge avec son fian­cé et deux pro­ches. Cet­te Ita­lien­ne ori­gi­nai­re de Veni­se, doc­to­ran­te en démo­gra­phie, vivait depuis qua­tre ans à Paris. «Elle nous man­que­ra et je pen­se, au vu de son par­cours, qu’elle man­que­ra aus­si à l’Italie», a décla­ré sa mère aux médias ita­liens. «Elle était le visa­ge sou­riant et le cer­veau brillant de la jeu­ne com­mu­nau­té ita­lien­ne à Paris», a témoi­gné un pro­che à l’AFP.

Aria­ne Theiller, 24 ans, était au Bata­clan avec des amis lorsqu’elle a été abat­tue. Ori­gi­nai­re du Nord, elle s’était ins­tal­lée à Paris. Après des étu­des de Let­tres à Orléans et à Stras­bourg, elle avait effec­tué un sta­ge chez Urban Comics. Elle était assis­tan­te de rédac­tion chez Rus­ti­ca depuis le mois de juin der­nier. Ses col­lè­gues lui ont ren­du hom­ma­ge sur Face­book: «Pour sa dis­cré­tion, sa dou­ceur sans miè­vre­rie et la gen­tilles­se natu­rel­le qui éma­nait d’elle, nous l’avions tout de sui­te adop­tée, com­me une des nôtres, une enfant de notre clan. Chè­re Aria­ne, au minois can­di­de, tu avais amé­na­gé ton bureau pour regar­der en face les autres et l’avenir qui pour toi s’annonçait radieux. Mais le livre que tu rêvais d’écrire s’est refer­mé trop vite».

Éric Tho­mé, pho­to­gra­phe et gra­phis­te pari­sien, âgé d’une qua­ran­tai­ne d’années, pas­sion­né de musi­que, est mort au Bata­clan.

Luis Feli­pe Zscho­che Val­le, 33 ans, Chi­lien, habi­tait depuis huit ans avec sa fem­me à Paris, où il tra­vaillait com­me musi­cien, selon les auto­ri­tés chi­lien­nes.

Oli­vier Ver­na­dal, 44 ans, natif du Puy-de-Dôme, était contrô­leur des impôts à Paris. Il vivait à deux pas de la sal­le de concert du Bata­clan, a confié son père au quo­ti­dien La Mon­ta­gne. Il est l’une des vic­ti­mes de la tue­rie du Bata­clan.

Ciprian Cal­ciu, 31 ans et Lacra­mioa­ra Pop, 29 ans, un cou­ple de Rou­mains et parents d’un enfant âgé de 18 mois. Ils ont tous les deux été tués au cours de la tue­rie du bar La Bel­le Équi­pe, selon Reu­ters.

Michel­li Gil Jai­mez, 27 ans, Mexi­cai­ne ori­gi­nai­re de la vil­le de Vera­cruz, elle rési­dait à Paris, selonEl Pais. La jeu­ne fem­me, qui s’était fian­cée le 26 octo­bre avec son petit ami, étu­diait sur le cam­pus pari­sien de l’EM Lyon. Elle est l’une des vic­ti­mes de la fusilla­de du bar La Bel­le Équi­pe. «Je t’aime mon amour. Repo­se en paix», a publié sur Face­book son com­pa­gnon ita­lien, Filo. La famil­le de Michel­li est arri­vée à Paris afin de s’occuper du rapa­trie­ment de sa dépouille. «Michel­li était une jeu­ne fille char­man­te, c’était une jeu­ne fille très heu­reu­se, socia­ble, tra­vailleu­se et douée», a confié son cou­sin Félix José Gil Her­re­ra aux médias mexi­cains.

Maud Ser­rault, 37 ans, ancien­ne étu­dian­te du Cel­sa à Neuilly-sur-Sei­ne, était direc­tri­ce du Mar­ke­ting et du e-com­mer­ce de la chaî­ne hôte­liè­re Best Wes­tern Fran­ce depuis près de trois ans. Elle s’était mariée récem­ment, com­me l’a confié sa cou­si­ne Caro­li­ne Pal­lut à Reu­ters. Elle est décé­dée au cours de la tue­rie du Bata­clan.

Sébas­tien Proi­sy, 38 ans, né à Valen­cien­nes (Nord), habi­tait à Noi­sy-le-Grand, en Sei­ne-Saint-Denis, auprès de sa maman. Ce Fran­co Bul­ga­re était «un étu­diant brillant, bour­sier, plein de méri­te et pas­sion­né de géo­po­li­ti­que», racon­te Vivia­ne, l’une de ses meilleu­res amies, ren­con­trée sur les bancs de l’université Pan­théon-Assas. «Il avait un sens de l’humour de mala­de men­tal». Après avoir tra­vaillé à la Com­mis­sion euro­péen­ne, Sébas­tien Proi­sy a créé sa pro­pre start up, «qui mar­chait bien». Il dînait au Petit Cam­bod­ge, avec un col­lè­gue et un client, au moment de la fusilla­de. L’un d’entre eux a éga­le­ment été bles­sé lors de l’attaque.

Natha­lie Jar­din, 31 ans, ori­gi­nai­re de Marcq-en-Barœul, et régis­seu­se lumiè­re au Bata­clan depuis 2011, tra­vaillait ven­dre­di 13 novem­bre der­nier à la sal­le de concert. Elle était char­gée d’accueillir les mem­bres du grou­pe cali­for­nien Eagles of Dea­th Metal, selon La Voix du Nord. Son père, Patri­ck Jar­din, était sans nou­vel­le de sa fille depuis ven­dre­di et avait inter­pel­lé le Pre­mier minis­tre Manuel Valls, lors­que celui-ci a salué les for­ces de poli­ce Gare du Nord, diman­che 15 novem­bre der­nier, à Paris. Le décès de la jeu­ne fem­me a été confir­mé diman­che 15 novem­bre, deux jours après l’attentat.

Richard Ram­mant, 53 ans, ori­gi­nai­re du Lot, mais rési­dant à Paris, il était le père de deux filles. Ce pas­sion­né de musi­que et de moto était béné­vo­le au Cahors Blues Fes­ti­val, com­me le rap­por­te La Dépê­che. Il assis­tait au concert du Bata­clan avec sa fem­me, Marie Do, bles­sée aux jam­bes, mais qui a sur­vé­cu. Son club de bikers prô­ne «le res­pect, la fra­ter­ni­té et la soli­da­ri­té com­me un mode de vie», selon son site inter­net.

Lucie Die­tri­ch, une gra­phis­te, diplô­mée en 2013 de l’école mul­ti­mé­dia IESA, à Paris, a été tuée au cours de la fusilla­de de la rue de la Fon­tai­ne au Roi. La jeu­ne fem­me habi­tait à une rue du lieu du dra­me, a écrit sur Ins­ta­gram Emma­nuel Die­tri­ch, son grand frè­re, en com­men­tai­re d’une pho­to de famil­le. En mémoi­re de sa sœur cadet­te, il a créé une mon­tre, repro­dui­te 13 fois, pour cha­cun des mem­bres de la famil­le Die­tri­ch. Marc-Fran­çois Mignot-Mahon, le pré­si­dent de Stu­dia­lis, un réseau d’écoles auquel appar­tient l’IESA, lui a ren­du hom­ma­ge dans un com­mu­ni­qué.

Thi­bault Rous­se Lacor­dai­re, 37 ans, habi­tant de Neuilly-sur-Sei­ne, était Pari­sien de nais­san­ce, selon Jérô­me Bru­cker, un ami d’enfance. Il est l’une des vic­ti­mes de la fusilla­de du Bata­clan. «Une gen­tilles­se sans pareil» le qua­li­fiait un de ses pro­ches.

Gil­les Leclerc, 32 ans, est mort au Bata­clan, a annon­cé sa tan­te lun­di en début de soi­rée, après trois jours d’incertitudes. Le jeu­ne hom­me, fleu­ris­te dans la bou­ti­que de sa mère, à Saint-Leu-la-Forêt (Val-d’Oise), au nord de Paris. Quel­ques minu­tes avant le concert, le jeu­ne hom­me bar­bu, fan de rock, de tatoua­ges et des Etats-Unis, avait publié un sel­fie sur les réseaux sociaux: il y appa­rais­sait, avec sa com­pa­gne, Marian­ne, une biè­re à la main, devant la scè­ne, depuis la fos­se qui com­men­çait à se rem­plir. Lors­que les pre­miers tirs ont fusé, il a pro­je­té son amie par ter­re qui, en ram­pant, est par­ve­nue à s’enfuir.

Antoi­ne Mary, 34 ans, déve­lop­peur infor­ma­ti­que. Déve­lop­peur pour des sites inter­net, ce jeu­ne hom­me ori­gi­nai­re de Caen (Cal­va­dos) était sor­ti au Bata­clan en com­pa­gnie de son ami Ferey, réa­li­sa­teur, mon­teur et pho­to­gra­phe, lui aus­si décé­dé. «Aujourd’hui nous pleu­rons l’un des nôtres. Ton esprit libre, ta bel­le humeur. Antoi­ne, nous ne t’oublierons pas», a twee­té pour annon­cer son décès l’agence de publi­ci­té Mil­ky, où il avait tra­vaillé avant de se met­tre à son comp­te.

Ger­main Ferey, 36 ans. Ori­gi­nai­re de Vien­ne-en-Bes­sin (Cal­va­dos), il avait bifur­qué tar­di­ve­ment vers l’Ecole supé­rieu­re de réa­li­sa­tion audio­vi­suel­le (ESRA), après des étu­des de Let­tres étran­gè­res et d’administration éco­no­mi­que et socia­le et même un emploi dans le milieu ban­cai­re. A son comp­te depuis 2011 après avoir tra­vaillé dans des entre­pri­ses de post-pro­duc­tion audio­vi­suel­le, il était réa­li­sa­teur et mon­teur, et aus­si pho­to­gra­phe, ins­tal­lé à Paris. Il est mort au Bata­clan, où il s’était ren­du avec son ami Antoi­ne Mary, une autre vic­ti­me. «On a du mal à ima­gi­ner que ce soit pos­si­ble», a confié au quo­ti­dien Ouest Fran­ce Rémi Fran­çoi­se, le mai­re de Vien­ne-en-Bes­sin, où rési­dent tou­jours ses parents.

Jean-Jac­ques Amiot, 68 ans, était au Bata­clan lorsqu’il s’est fait tuer. Fan de rock, fami­lier des sal­les de concert, ce Pari­sien père de deux filles et deux fois grand-père était à la tête d’une entre­pri­se de séri­gra­phie et tra­vaillait régu­liè­re­ment pour les artis­tes, les musi­ciens, ou les des­si­na­teurs. «C’était un hom­me doux», a rap­pe­lé son frè­re dans Le Télé­gram­me.

Bap­tis­te Che­vreau, 24 ans, est tom­bé sous les bal­les au Bata­clan. Jeu­ne gui­ta­ris­te, pas­sion­né de musi­que, il était le petit-fils de la chan­teu­se Anne Syl­ves­tre. Après une enfan­ce pas­sée à Ton­ner­re (Yon­ne), il s’était ins­tal­lé à Paris il y a cinq ans.

Marion Jouan­neau, 24 ans. «C’était une jeu­ne fem­me très, très dou­ce», dit d’elle une pro­che. Son com­pa­gnon, un kiné­si­thé­ra­peu­te qui a réus­si à échap­per au mas­sa­cre, a mul­ti­plié les avis de recher­che pen­dant le week-end, pos­tant et repos­tant sur les réseaux sociaux un sou­riant por­trait d’une jeu­ne fem­me aux che­veux blonds cen­drés. Il a fini par annon­cer sur Twit­ter lun­di: «Marion est mor­te». Ils habi­taient Char­tres (Eure-et-Loir).

Vin­cent Detoc, 38 ans, est mort au Bata­clan. Cet archi­tec­te, père de deux enfants de 7 et 9 ans, était un fan de musi­que, gui­ta­ris­te ama­teur.

Chris­to­phe Foul­tier, 39 ans, est mort au Bata­clan. Ce direc­teur artis­ti­que, père de deux enfants, pas­sion­né de rock, est décrit com­me «sim­ple, hon­nê­te et sin­cè­re» par ses amis sur Face­book.

Raphaël Hilz, 28 ans. Né en Baviè­re, en Alle­ma­gne, il était archi­tec­te et avait été embau­ché dans le cabi­net de Ren­zo Pia­no à Paris. Ven­dre­di soir, il était allé dîner au Petit Cam­bod­ge avec deux col­lè­gues, bles­sés lors de l’attaque.

Stel­la Ver­ry, 37 ans, dînait au Petit Cam­bod­ge, rue Bichat, lors­que les bal­les ont fusé. Méde­cin géné­ra­lis­te, elle avait récem­ment ouvert un cabi­net dans le XIXe arron­dis­se­ment de Paris, tout en étant méde­cin régu­la­teur du Samu.

Chloé Bois­si­not, 25 ans, ori­gi­nai­re de Châ­teau-Lar­cher dans la Vien­ne selon La Nou­vel­le Répu­bli­que. Elle et son petit ami Nico­las, bles­sé, étaient en train de dîner au res­tau­rant Le Petit Cam­bod­ge lors­que les assaillants ont ouvert le feu.

Emma­nuel Bon­net, 47 ans, habi­tant de la Cha­pel­le-en-Ser­val (Oise). Ce père de famil­le était ven­dre­di au Bata­clan avec l’un de ses enfants. «Le fils a réus­si à quit­ter la sal­le, il ne trou­vait pas son père mais était per­sua­dé qu’il s’était lui aus­si échap­pé», a racon­té le mai­re de la com­mu­ne Daniel Dray au Cour­rier Picard. Employé de la RATP, il avait par­ta­gé la veille du concert sur sa page Face­book un lien du grou­pe «Les athées en action» citant Jac­ques Pré­vert avec une pho­to du poè­te: «La théo­lo­gie c’est sim­ple com­me dieu et dieu font trois.»

Anne Cor­net, 29 ans. Ori­gi­nai­re de Houd­lé­mont (Meur­the-et-Mosel­le), la jeu­ne fem­me a été tuée au Bata­clan avec son mari Pier­re-Yves Guyo­mard, avec lequel elle rési­dait à Saint-Ger­main-en-Laye (Yve­li­nes), selon Le Répu­bli­cain Lor­rain.

Mayeul Gau­bert, 30 ans, juris­te. Ori­gi­nai­re de Saô­ne-et-Loi­re, il tra­vaillait depuis cinq ans pour l’organisme de for­ma­tion conti­nue Cegos, où il était décrit com­me «drô­le, dis­cret, effi­ca­ce, très pro­fes­sion­nel». Il est mort des sui­tes de ses bles­su­res au Bata­clan. Sa page Face­book affi­chait en por­trait «Je suis Char­lie».

Pier­re-Yves Guyo­mard, ingé­nieur du son et pro­fes­seur en sono­ri­sa­tion à l’Institut supé­rieur des tech­ni­ques du son (ISTS) à Paris. Il a été tué au Bata­clan avec sa fem­me Anne Cor­net. «Il était l’un des meilleurs ensei­gnants que j’ai jamais eus et il avait beau­coup à par­ta­ger avec ses étu­diants et à leur don­ner», a écrit sur Face­book un de ses étu­diants.

Oli­vier Hau­du­coeur, 44 ans, ban­quier. Diplô­mé de l’Ecole natio­na­le supé­rieu­re d’Ingénieurs de Caen, il tra­vaillait depuis 2006 au sein du grou­pe BNP Pari­bas. Ce cou­reur ama­teur était depuis un an employé de la socié­té fran­çai­se de loca­tion auto­mo­bi­le lon­gue durée Arval, filia­le du grou­pe ban­cai­re. Il est mort au Bata­clan.

Renaud Le Guen, 29 ans, a été tué au Bata­clan où il se trou­vait avec sa com­pa­gne, res­ca­pée. «Renaud était quelqu’un de très culti­vé et doux. Tout le mon­de l’aimait. C’était un mec bien», a témoi­gné au quo­ti­dien Libé­ra­tion cel­le qu’il devait épou­ser l’année pro­chai­ne et qu’il avait ren­con­trée à 17 ans. «Il aimait le jazz, le rock, la pho­to, être avec sa famil­le et ses amis», a-t-elle racon­té. Il tra­vaillait dans un gara­ge pour poids lourds près de la gare d’Evry-Courcouronnes (Esson­ne) et habi­tait à Savi­gny-sur-Orge, où il avait gran­di.

Char­lot­te Meaud, 30 ans, est mor­te avec sa soeur jumel­le, Emi­lie, sur la ter­ras­se du café Le Carillon. Cet­te char­gée de déve­lop­pe­ment de start-up, pas­sion­née de musi­que et de sport, habi­tait dans le XXe arron­dis­se­ment de Paris et a gran­di à Aixe-sur-Vien­ne (Hau­te-Vien­ne) et fait ses étu­des à Lyon et à Stras­bourg.

Emi­lie Meaud, 30 ans, tuée avec sa soeur jumel­le Char­lot­te sur la ter­ras­se du Carillon, était archi­tec­te à Paris. Ori­gi­nai­re de Hau­te-Vien­ne, elle aimait le rock et les films d’Eric Roh­mer.

Céci­le Mis­se, 32 ans, a été tuée au Bata­clan, aux côtés de son com­pa­gnon, Luis Feli­pe Zscho­che Val­le, un musi­cien chi­lien. La jeu­ne fem­me, ins­tal­lée à Paris depuis 2006, était char­gée de pro­duc­tion au théâ­tre Jean-Vilar de Sur­es­nes, dans l’ouest pari­sien. Elle avait gran­di à Gap (Hau­tes-Alpes).

Hélè­ne Muyal-Lei­ris, 35 ans, tuée au Bata­clan. Mère d’un petit gar­çon de 17 mois à pei­ne, elle était maquilleu­se-coif­feu­se à Paris et tra­vaillait dans la mode ou sur des tour­na­ges. «Vous n’aurez pas ma hai­ne», a écrit lun­di sur Face­book son mari Antoi­ne Lei­ris, qui avait mul­ti­plié les avis de recher­che pen­dant le week-end. «Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aus­si bel­le que lorsqu’elle est par­tie ce ven­dre­di soir, aus­si bel­le que lors­que j’en suis tom­bé éper­du­ment amou­reux il y a plus de 12 ans.»

«Bien sûr je suis dévas­té par le cha­grin», a recon­nu le jour­na­lis­te de Fran­ce Bleu, pas­sion­né de ciné­ma, pour­sui­vant: «Nous som­mes deux, mon fils et moi, mais nous som­mes plus forts que tou­tes les armées du mon­de. (...) Nous allons jouer com­me tous les jours et tou­te sa vie ce petit gar­çon vous fera l’affront d’être heu­reux et libre»; a-t-il lan­cé aux assas­sins d’Hélène.

Eric Tho­mé, pho­to­gra­phe et gra­phis­te pari­sien, âgé d’une qua­ran­tai­ne d’années. Ce pas­sion­né de musi­que, titu­lai­re d’un BTS en com­mu­ni­ca­tion visuel­le, avait expo­sé des pho­tos en juillet aux Ren­con­tres de la pho­to­gra­phie d’Arles. Selon l’un de ses amis, qui a pos­té un mes­sa­ge sur Face­book, il allait bien­tôt être père.

Fabian Ste­ch, 51 ans, tué au Bata­clan était cri­ti­que d’art et aus­si ensei­gnant d’allemand dans un lycée pri­vé de Dijon. Né à Ber­lin, il était ins­tal­lé en Fran­ce depuis 1994 où il était marié à une avo­ca­te dijon­nai­se et père de deux enfants.

Clai­re Sce­sa-Camax, 35 ans, ori­gi­nai­re d’Avignon, était gra­phis­te à Paris depuis 2009, selon leDau­phi­né Libé­ré. Mère de deux enfants, la jeu­ne fem­me tra­vaillait en free-lan­ce pour le caba­ret pari­sen Cra­zy Hor­se. Elle était au Bata­clan avec son mari, qui a sur­vé­cu. L’Ecole pro­fes­sion­nel­le supé­rieu­re d’arts gra­phi­ques de la Vil­le de Paris (Epsaa), où la jeu­ne fem­me avait étu­dié, lui a ren­du hom­ma­ge sur Face­book: «Elle aimait le rock. Elle assis­tait au concert des Eagles Of Dea­th Metal au Bata­clan. Elle nous a quit­tés, par­mi tant d’autres.Nous la pleu­rons. Clai­re était une de nos ancien­nes étu­dian­tes, pro­mo 2003 en arts gra­phi­ques. Le meilleur hom­ma­ge que l’on puis­se lui ren­dre est en ima­ges, à tra­vers ses créa­tions».

Julien Galis­son, 32 ans, qui a gran­di à Orvault, en Loi­re-Atlan­ti­que, habi­tait à Nan­tes. Il est l’une des vic­ti­mes de l’attaque du Bata­clan. Jose­ph Par­paillon, le mai­re d’Orvault, lui a ren­du hom­ma­ge lun­di 16 novem­bre der­nier, com­me le rap­por­te Ouest Fran­ce.

Sven Ale­jan­dro Sil­va Per­ugi­ni, 29 ans, et véné­zué­lien, vivait en Espa­gne. Il est décé­dé au Bata­clan. « Nous nous sou­ve­nons de son sou­ri­re, de ses plai­san­te­ries, de son opti­mis­me et de son cha­ris­me», a écrit sa mère, Gio­va­ni­na Per­ugi­ni, sur son comp­te Face­book, ce mar­di 17 novem­bre.

D’après Le Figa­ro. Lis­te incom­plè­te et hélas pro­vi­soi­re.

 


Attentats de Paris. La mort contre l’Art de vivre

attentats_parisLes atrocités de ces jours funestes, comme à chacun sans doute, m’inspirent des flots de réflexions, entraînent mes pensées vers les profondeurs. L’une d’elles tourne autour d’une expression forte remontée avec les événements : l’art de vivre.

Les ter­ro­ris­tes, à tra­vers leur rage mor­ti­fè­re, ont vou­lu s’en pren­dre à notre mode de vie, à ce que nous vivons au quo­ti­dien. La mor­bi­di­té assas­si­ne, com­me sou­vent par les dra­mes et la mort, vient nous rap­pe­ler que la vie est en effet un art, ou qu’elle devrait l’être en tout cas, autant que pos­si­ble. Cet­te véri­té pro­fon­de, essen­tiel­le, exis­ten­tiel­le nous échap­pe pour­tant trop sou­vent. Com­me si elle s’usait « quand on ne s’en sert pas » – com­me bien d’autres cho­ses ! Com­me si le fait de vivre s’écornait bête­ment au fil des jours, gan­gre­né par la bana­li­té. Or, il s’agit d’un art qui, com­me tel, deman­de atten­tion de cha­que jour, de cha­que ins­tant. Cet art, le plus vieux sans dou­te, est pour­tant le plus gal­vau­dé et aus­si, l’actualité nous le mon­tre, hélas, le plus mena­cé. Un art aus­si vieux que l’homo sapiens. – caté­go­rie abu­si­ve s’agissant de ces « fous d’Allah » qui n’ont que la mort pour hori­zon indé­pas­sa­ble.

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© André Faber 2015

Au bis­trot, à une ter­ras­se ; au ciné, au théâ­tre ou à un concert ; flâ­ner dans les rues ou dans une expo ; dans un sta­de ou à la mes­se… Fai­re la cour, et l’amour, avec qui et com­me on veut. Man­ger un steak-fri­tes, un cous­cous, une sau­cis­se ou une sala­de (bio ou non). Boi­re un rou­ge, blanc ou rosé ; un whis­ky (même à la can­nel­le, ou au coca) ; ou un thé (à la men­the ou autre). Lire un jour­nal ou un autre ; un polar, un roman coquin ou non, un essai, un pam­phlet ; rire d’une bla­gue, d’un des­sin, d’une cari­ca­tu­re. Savou­rer la vie, l’honorer dans cha­que ins­tant, sans gran­di­lo­quen­ce, voi­là l’art de vivre – du moins « à la fran­çai­se », qui n’est heu­reu­se­ment pas le seul ! Car il se décli­ne par­tout où la vie lut­te pour elle-même et non pour son contrai­re, la mort.

L’idée est si ancien­ne ! Elle remon­te notam­ment (sans par­ler ici de la Chi­ne anti­que) aux civi­li­sa­tions égyp­tien­ne et sumé­rien­ne – là où, pré­ci­sé­ment, les « cho­ses » se tor­dent et se nouent de nos jours ; c’est-à-dire tout autour de cet­te Méso­po­ta­mie qui a vu naî­tre l’écriture et, par delà, la pen­sée éla­bo­rée. Plus tard, vin­rent les phi­lo­so­phes grecs et latins, dont la moder­ni­té demeu­re éblouis­san­te. Ils inven­tè­rent lit­té­ra­le­ment – à la let­tre – l’amour de la sages­se, après les­quels nous cour­rons tou­jours aujourd’hui, en nous essouf­flant ! Pytha­go­re, Socra­te et leurs foi­son­nan­tes lignées de pen­seurs et de viveurs. Ceux qui en effet, pré­ci­sé­ment, posè­rent la phi­lo­so­phie com­me un art de vivre, conden­sé plus tard par le fameux car­pe diem emprun­té au poè­te latin Hora­ce. Oui, urgen­ce quo­ti­dien­ne : « cueillir le jour » sans dila­pi­der son temps.

On est évi­dem­ment là aux anti­po­des de Dae­sh et de ses arriè­re-mon­des !

J’y oppo­se­rai enco­re ce cher vieux Mon­tai­gne et la jeu­nes­se de sa pen­sée ; ain­si, par exem­ple, quand au fil de ses Essais il pas­se à deux états phi­lo­so­phi­ques suc­ces­sifs : l’un sur le thè­me « Vivre c’est appren­dre à mou­rir » –  dan­ge­reux slo­gan trop actuel… ; l’autre, plus heu­reu­se­ment tour­né vers la vie : « La mort est bien le bout, non pas le but de la vie ; la vie doit être pour elle-même son but, son des­sein. »

Autre réflexion, abor­dée ici dans un com­men­tai­re récent :

« Je vou­lais « seule­ment » dire qu’il n’y a pas de « pul­sion de mort » inhé­rente à la natu­re humai­ne, et cela il me sem­ble que Wil­helm Rei­ch l’a mon­tré magni­fi­que­ment, et que cet­te démons­tra­tion, par exem­ples cli­niques, est au cœur de son ensei­gne­ment, et de tout ce qu’il a appor­té ensui­te au Mon­de. Pour moi cela n’a rien à voir avec une croyan­ce ou non, Wil­helm Rei­ch a rai­son ou il a tort. La « pes­te émo­tion­nelle » dont il par­le, équi­va­lente à peu de cho­se près au res­sen­ti­ment mis au jour et génia­le­ment ana­lysé par Nietz­sche, ne tou­che pas l’ensemble de l’humanité. […] » (Gérard Bérilley, 14/11/15)

C’est là un des grands points de cli­va­ge dans le mou­ve­ment psy­cha­na­ly­ti­que, celui autour de la freu­dien­ne « pul­sion de mort » que Rei­ch, en effet, fut par­mi les pre­miers à reje­ter. Appli­quée à l’actualité, son objec­tion pour­rait s’exprimer ain­si : tout mor­ti­fè­res qu’ils soient, ces dji­ha­dis­tes ne sont nul­le­ment mus par une hypo­thé­ti­que « pul­sion de mort » ; c’est leur inca­pa­ci­té à vivre qui les mène vers la mort ; c’est-à-dire leur impuis­san­ce à l’abandon au flux du vivant.

On dira que cela ne chan­ge en rien l’atrocité de leurs actes. Cer­tes. Mais une tel­le ana­ly­se (ici som­mai­re­ment résu­mée) évi­te l’impasse de la fata­li­té devant la Mort pul­sion­nel­le, condui­sant à des ana­ly­ses autre­ment com­pré­hen­si­ves de la réa­li­té. Notam­ment s’agissant de la hai­ne de la fem­me, créa­tu­re impu­re, qu’on ne rêve donc qu’en vier­ge fan­tas­ma­ti­que et « para­di­sia­que ».

Cet­te obses­sion de la « pure­té » se retrou­ve dans les idéo­lo­gies fas­cis­tes et en par­ti­cu­liè­re dans le nazis­me et sa « pure­té racia­le ». Dans Psy­cho­lo­gie de mas­se du fas­cis­me, notam­ment, Rei­ch avait ana­ly­sé les com­por­te­ments anti-vie, rigi­di­fiés sous la cui­ras­se carac­té­riel­le et cel­le des corps frus­trés. Une sem­bla­ble ana­ly­se auprès des dji­ha­dis­tes met­trait au jour, à n’en pas dou­ter, les com­por­te­ments sexuels de vio­leurs et d’impuissants orgas­ti­ques. Les fem­mes vic­ti­mes de ces phal­lo­pa­thes « pei­ne à jouir » – sauf à la secous­se des kala­ch’– auront peut-être un jour à témoi­gner dans ce sens.

Com­pren­dre, cer­tes, se pose com­me une néces­si­té qui évi­te les géné­ra­li­sa­tions, sim­pli­fi­ca­tions, amal­ga­mes de tou­tes sor­tes. Expli­quer ne four­nit aucu­ne solu­tion clé en main.


Attentats de Paris. Ni prier, ni plier

attentats_paris« Pray for Paris ». De gran­des âmes, sans dou­te, appel­lent à « prier pour Paris ». Est-ce bien le moment ? Que cha­cun prie ou non selon ses (in)croyances, pour­vu que ce soit dans l’intimité de ses convic­tions. Or, l’injonction se veut publi­que ; elle s’exprime, dans la lan­gue de Sha­kes­pea­re – éma­nant donc du mon­de anglo-saxon qui igno­re la laï­ci­té –, selon le mode gra­phi­que et récu­pé­ra­teur, du « Je suis Char­lie » des atten­tats de jan­vier. La manœu­vre empes­te plu­tôt de ces « bon­nes inten­tions » dont l’enfer est pavé. Plu­tôt que solu­tion, l’incantation reli­gieu­se ne relè­ve-t-elle pas pré­ci­sé­ment du pro­blè­me ? Celui qui jus­te­ment jet­te une gran­de par­tie du mon­de dans les illu­sions de l’au-delà – ce qui s’appelle l’obscurantisme, au nom duquel agis­sent les assas­sins hal­lu­ci­nés.

Appe­ler à « prier » ren­voie, en symé­trie, dans les arriè­re-mon­des de ces « fous de Dieu » qui par­sè­ment l’Histoire de leur démen­ce de san­gui­nai­res. Plus que jamais nous avons besoin d’allumer les lumiè­res, avec et sans majus­cu­le, cel­les qui ont besoin du grand air frais de la vie pour nous don­ner à res­pi­rer la liber­té et ce qui s’ensuit : éga­li­té, fra­ter­ni­té, laï­ci­té et joyeu­se­té par consé­quent et de maniè­re indis­so­cia­ble.

Ni prier, ni plier. Il nous faut être debout et, au nom de l’humanité, nous éle­ver et nous main­te­nir au-des­sus de la sau­va­ge­rie. L’élévation, bien sûr, ne sau­rait exclu­re le recueille­ment et la spi­ri­tua­li­té, for­mes laï­ques de la priè­re.

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Lun­di 16 novem­bre sous l’ombrière du Vieux port à Mar­seille. Recueille­ment lors de la minu­te de silen­ce en mémoi­re des vic­ti­mes des atten­tats de Paris. [Ph. gp]


Un vendredi de noir malheur

Leur vrai dieu, c’est la mort. Ils l’aiment, la servent, la sèment. Venus des arrière-mondes, leurs incursions dans celui des vivants n’a d’autre but que de tuer, détruire, semer la désolation, la souffrance, le malheur partout. Humains ils ne sont pas. Ou inachevés ; infirmes de la pensée, indignes d’être, en dehors de l’humanité. Détruire Palmyre ne leur suffit pas ; la pierre ne saigne pas, ne hurle pas, ne souffre pas. Ils veulent la grande jouissance du mal absolu, du désastre, de la haine qui tue.

Je souffre du grand malheur de ce vendredi noir. Le noir de l’obscurité morbide. « Nous » qui aspirons aux lumières, multiples, multicolores, joyeuses et jouissives ; « nous » dont l’Histoire – bien convulsive – se veut une lutte pour la vie ; la vie vivante, celle qui agrandit le monde. Et le voilà, ce monde, qui se rabougrit sous la terreur assassine ; mais aussi sous l’avidité des possédants, insatiables prédateurs, méprisants de l’Autre, vils profiteurs, en fin de compte aussi mortifères que les terroristes. Ce monde des murs et des barbelés, ce monde de la séparation et de l’injustice galopante, cause du grand dérèglement. Dénoncer ceux-là ne saurait pour autant absoudre la sauvagerie nihiliste. Mais que faire face à une telle négation de la vie ? Quelle espérance nourrir ?


« C’est l’école qui créé l’islamisme ! » Entretien avec Hamid Zanaz, écrivain algérien

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Cré­dit pho­to : Hamid Zanaz

Algé­rien, Hamid Zanaz vit en Fran­ce depuis une ving­tai­ne d’années. Il n’est retour­né en Algé­rie que tout récem­ment. Écri­vain, tra­duc­teur et jour­na­lis­te, il publie abon­dam­ment dans des médias ara­bes, tuni­siens, algé­riens et liba­nais prin­ci­pa­le­ment. Pour lui, il n’y a rien à rete­nir de la reli­gion du pro­phè­te, islam et isla­mis­me sont syno­ny­mes. Para­doxe : malgré les inter­dic­tions et la répres­sion, il se sent plus libre d’écrire dans cer­tains médias ara­bo­pho­nes qu’en Fran­ce… Ce détrac­teur réso­lu de l’islam expli­que pour­quoi et nous livre son regard sur le mon­de ara­be et l’Algérie. Pes­si­mis­te, iro­ni­que et bon-vivant, il pour­suit son œuvre-com­bat. Son der­nier ouvra­ge est titré Isla­mis­me: com­ment l’Occident creu­se sa tom­be.

Inter­view  par Mireille Val­let­te, du site suis­se LesObservateurs.ch [avec les vifs remer­cie­ments de C’est pour dire].

• Vous ne vou­lez plus publier d’ouvrages en fran­çais. Pour­quoi ?

– Hamid Zanaz : Ce que je publie dans cer­tains pays ara­bes, jamais je ne pour­rais l’écrire en Fran­ce. Même si en prin­ci­pe tout est inter­dit là-bas, le débat a lieu. Je viens de tra­dui­re du fran­çais en ara­be un livre sur l’origine du mon­de qui est une vraie gifle à la reli­gion. Ici, on a peur d’être trai­té de racis­te. Dans les pays musul­mans, je peux être trai­té de mécréant, jamais de racis­te.

• D’autres exem­ples de ce que vous pou­vez dire là-bas ?

– Je peux écri­re qu’il n’y a pas de dif­fé­ren­ce entre islam et isla­mis­me, ou que le public de Dieu­don­né est for­mé à 80% de racaille isla­mi­que. Pas en Fran­ce ou alors seule­ment dans des sites au public limi­té, et au ris­que d’ennuis judi­cai­res… Valls, lorsqu’il par­le des dji­ha­dis­tes, il fait atten­tion à ne pas dire qu’ils sont musul­mans. C’est ridi­cu­le ! Je publie en ce moment une série d’articles dans un quo­ti­dien liba­nais ara­bo­pho­ne. Ce sont des inter­views de fem­mes ara­bes rebel­les, dont Wafa Sul­tan et des fem­mes enco­re plus radi­ca­les. J’en ferai un livre en ara­be inti­tu­lé « Ma voix n’est pas une hon­te », en réfé­ren­ce à Maho­met dans l’un de ses Hadiths.

• Pour vous, la pau­vre­té en est-elle le ter­reau de l’intégrisme ?

– Contrai­re­ment à ce que veu­lent croi­re les Occi­den­taux, ce n’est pas la misè­re et la dis­cri­mi­na­tion qui ont créé l’islamisme, c’est l’école ! C’est la pos­si­bi­li­té de lire. Avant, les reli­gieux trans­met­taient un islam popu­lai­re, c’est-à-dire mal com­pris. Les gens étaient incons­ciem­ment tra­vaillés par la moder­ni­té, ils y adhé­raient peu à peu. Lors­que l’enseignement a été ara­bi­sé en Algé­rie, les gens et les imams ont pu connaî­tre l’islam savant, « le vrai islam ». Et quand ils l’ont connu, ils sont natu­rel­le­ment deve­nus inté­gris­tes et ils ont com­men­cé à récla­mer l’application de cet islam, la cha­ria. Mais en fait, une bon­ne par­tie de la popu­la­tion lit peu, elle dépend sou­vent de quelqu’un qui cite ce qu’il y a dans les tex­tes. En Algé­rie, c’est sur­tout l’Etat qui isla­mi­se, c’est l’offre qui crée la deman­de. Je regar­de par­fois des émis­sions sur des TV algé­rien­nes. L’autre jour, je tom­be sur des ques­tions-répon­ses avec un type connu, auto­pro­cla­mé spé­cia­lis­te de l’islam. Une fem­me dit : j’ai des pro­blè­mes avec mon mari, il fait ceci et cela qui n’est pas jus­te.Et lui répond : pour plai­re à Allah, tu dois sui­vre tout ce que dit ton mari.

• Pen­sez-vous que la jeu­nes­se du mon­de ara­be repré­sen­te un espoir ?

– Non, la jeu­nes­se du mon­de ara­be ne chan­ge pas, mis à part une mino­ri­té. L’école fabri­que des inté­gris­tes jour et nuit. J’ai été prof de phi­lo au lycée. Lors­que tu trai­tes de l’Etat par exem­ple, le pro­gram­me t’oblige à fai­re la lis­te des méfaits et des avan­ta­ges du capi­ta­lis­me et du socia­lis­me, puis à fai­re la syn­thè­se et à don­ner la solu­tion : c’est l’Etat isla­mi­que. Les jeu­nes ne sont pas fana­ti­sés par inter­net, ils sont d’abord isla­mi­sés dans les mos­quées et les ins­ti­tu­tions de l’Etat. L’Internet, c’est le pas­sa­ge à la pra­ti­que.

• Mais les pré­cep­tes, par exem­ple rela­tifs à la sexua­li­té, sont extra­or­di­nai­re­ment sévè­res. La popu­la­tion réus­sit-elle à les res­pec­ter ?

– Non, même s’ils sont pro­gram­més par le logi­ciel isla­mi­que, les gens ne peu­vent pas résis­ter, la vie est plus for­te. C’est une vas­te hypo­cri­sie. Quand je suis arri­vé en Algé­rie, je suis allé dans un bar où il y avait des fem­mes et des hom­mes, où l’on buvait de l’alcool. Mais c’est deve­nu pres­que clan­des­tin, ces lieux fer­ment petit à petit… sou­vent sous la pres­sion des habi­tants du quar­tier.

• Com­ment est-ce que le pou­voir se main­tient ?

– Dans ce pays, il y a deux opiums, la reli­gion et l’argent. L’Algérie ne se déve­lop­pe pas, mais pour gar­der le pou­voir, les auto­ri­tés ont créé une sor­te d’Etat-providence. Ils achè­tent la paix socia­le et rap­pel­lent constam­ment qu’ils ont stop­pé le ter­ro­ris­me des années 90. Pour l’instant, ça mar­che. Mais il n’y a pas de pou­voir fort, les Algé­riens se sont tou­jours rebel­lés. En résu­mé, c’est le bor­del !

• Et à votre avis, ce régi­me peut tenir jusqu’à quand?

Jusqu’à la fami­ne… jusqu’à ce que la man­ne pétro­liè­re soit épui­sée ou concur­ren­cée par d’autres for­mes d’énergie. Le pro­blè­me de l’islam va se régler quand il n’y aura plus de pétro­le. Fran­che­ment, qui écou­te­rait l’Arabie saou­di­te ou le Qatar s’ils n’en ’avaient pas?

• En Algé­rie, avez-vous res­sen­ti l’explosion démo­gra­phi­que ?

– Les bâti­ments enva­his­sent tout, on ne ces­se de construi­re. Si ça conti­nue com­me ça, dans 50 ans, il n’y aura plus d’espace non-bâti. Il n’y a pas de tra­vail. La pol­lu­tion est ter­ri­ble, les auto­rou­tes déla­brées… C’est le chaos par­tout. Mais j’y ai fait un beau séjour, il y a la famil­le, la mer…

• Que pen­sez-vous du cas tuni­sien ?

– J’ai tou­jours aimé ce pays, c’est une excep­tion dans le mon­de ara­be. C’est dû à l’apport de Bour­gui­ba, il avait vrai­ment com­pris le dan­ger de l’islam, entre autres dans l’enseignement. L’éducation a bien fonc­tion­né, elle a pro­duit une éli­te laï­que très bien for­mée et sa résis­tan­ce à la pres­sion reli­gieu­se est extra­or­di­nai­re ! Je les admi­re ! Ces Tuni­siens défen­dent la laï­ci­té plus et mieux que les Fran­çais et dans un cli­mat hos­ti­le.


« Il est grand le bonheur des musulmans »

Illus­tra­tion affli­gean­te du condi­tion­ne­ment reli­gieux infli­gé à des enfants…

Faut-il com­men­ter ?


Le martyre du Yémen, dans l’indifférence absolue

J’ai été sai­si d’une ter­ri­ble tris­tes­se, hier soir, à la lec­tu­re de l’édito du Mon­de, qui com­men­ce ain­si à la une, avec ce titre que je fais mien :

Le martyre du Yémen, dans l’indifférence absolue

Il devait y avoir une trê­ve huma­ni­tai­re le 17  juillet. Elle n’a pas eu lieu, en dépit des appels, de plus en plus pres­sants, de l’ONU et de la Croix-Rou­ge inter­na­tio­na­le. Voi­là qua­tre mois déjà que le Yémen, pour­tant habi­tué à la guer­re, vit à l’heure des bom­bar­de­ments urbains et d’une cri­se huma­ni­tai­re cha­que jour plus dra­ma­ti­que. Enco­re quel­ques mois de com­bats, et le pays res­sem­ble­ra à la Syrie, une mosaï­que de chefs de guer­re locaux, s’affrontant à l’arme lour­de au beau milieu d’une popu­la­tion trau­ma­ti­sée.

Le Yémen, l’Arabie heu­reu­se de l’Antiquité, est, une fois de plus, en voie de dis­lo­ca­tion – reflet et théâ­tre, par­mi d’autres, des conflits qui divi­sent le Moyen-Orient d’aujourd’hui.

Que sera devenue cette fillette "à la pomme", en Eve innocente souriant à l'étranger ?

Que sera deve­nue cet­te fillet­te « à la pom­me », en Eve inno­cen­te sou­riant à l’étranger ? © gp

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Tris­tes­se mêlée d’autant de nos­tal­gie remon­tant à un repor­ta­ge qui m’avait ame­né dans cet étran­ge et fas­ci­nant pays, il y a exac­te­ment dix ans. J’ai alors fouillé dans mes archi­ves, hier, pour retrou­ver de mes visions d’alors, pour croi­ser à nou­veau ces regards – ici des fem­mes sous la bur­qa, là des enfants trou­blants d’innocence, ici enco­re des hom­mes empreints de cet­te viri­li­té ances­tra­le, peut-être en par­tie cau­se du désas­tre actuel. Et, revoyant ces pho­tos, ima­gi­nant les dra­mes et les vio­len­ces subis, j’éprouvais une gran­de com­pas­sion à l’égard de ce peu­ple, lui aus­si mar­ty­ri­sé – c’est bien le mot.

L’article du Mon­de pour­sui­vait :

Est-ce la com­plexi­té des lignes de frac­tu­re de ce pays – régio­na­les, reli­gieu­ses, poli­ti­ques –, l’éloignement ou un sen­ti­ment de déses­poir, l’épuisement de nos capa­ci­tés d’indignation  ? Tou­jours est-il que le cal­vai­re vécu par le Yémen ne fait ni la  »  une   » des jour­naux ni ne mobi­li­se qui que ce soit en Euro­pe ou aux Etats-Unis. Pour­tant, en qua­tre mois, la guer­re y a fait près de 3  000  morts et 10  000 bles­sés, selon les ONG huma­ni­tai­res. Elle a mis 1  mil­lion de réfu­giés inté­rieurs sur les rou­tes. Elle pri­ve 80  % de la popu­la­tion – 25  mil­lions d’habitants, par­mi les plus pau­vres du mon­de – d’un nom­bre crois­sant de pro­duits de pre­miè­re néces­si­té  : eau pota­ble et médi­ca­ments, notam­ment.

Que fai­re, dès lors ? En par­ler, relayer cet­te injus­te « loi » des médias, reflet et cau­se de l’indifférence à l’Autre, sur­tout loin­tain – et le loin­tain est par­fois bien pro­che. Et qu’y pou­vons nous, d’ailleurs ? Quel­le action pos­si­ble face aux sou­bre­sauts de ce mon­de en désar­roi indi­ci­ble ?

Le Mon­de enco­re :

Enfin, à Sanaa, la capi­ta­le, et ailleurs, les bom­bar­de­ments, par­ti­cu­liè­re­ment ceux de l’aviation saou­dien­ne, ont détruit une par­tie d’un héri­ta­ge archi­tec­tu­ral clas­sé au Patri­moi­ne mon­dial de l’humanité par l’Unesco. Là enco­re sans cho­quer outre mesu­re la  » com­mu­nau­té inter­na­tio­na­le « .

L'œuvre des bombes, juin 2015 [dr]

L’œuvre des bom­bes, juin 2015 [dr]

C’était mon deuxiè­me voya­ge au Yémen. Lors du pre­mier, en 1973, je m’étais arrê­té à Aden, qui était alors la capi­ta­le. Capi­ta­le bien fic­ti­ve, à la légi­ti­mi­té de tout temps contes­tée par les tri­bus du Nord du pays. Aden, vil­le colo­nia­le sous pro­tec­to­rat bri­tan­ni­que jusqu’en 1967.

Ça remon­trait trop loin dans l’Histoire et son extrê­me com­plexi­té, nouée ici pré­ci­sé­ment, dans ce détroit de Bab-el-Man­deb infes­té de pira­tes – enco­re de nos jours d’ailleurs – com­man­dant la rou­te du pétro­le moyen-orien­tal et la rou­te des Indes, vers Zan­zi­bar et Bom­bay, si pré­cieu­se à l’empire bri­tan­ni­que. Il y a tant à dire sur ce port ins­tal­lé au fond d’un cra­tè­re de vol­can (éteint !), où a séjour­né Rim­baud, et aus­si Paul Nizan (Aden Ara­bie) et Pier­re Benoit. D’Aden, cepen­dant, je n’ai pas retrou­vé mes pho­tos ; ni même mes notes et arti­cles. Je gar­de des impres­sions très for­tes d’une vil­le sou­dai­ne­ment aban­don­née par ses colo­ni­sa­teurs ; d’un pou­voir, vague­ment com­mu­nis­te et pas drô­le du tout ; d’un séjour for­cé au Cres­cent, pala­ce décré­pi où une sui­te déli­ran­te m’avait été allouée d’office – et fac­tu­rée !

Mais Sanaa, quel­le mer­veille ! J’y éprou­vais un choc émo­tion­nel et esthé­ti­que com­pa­ra­ble à ma pre­miè­re vision de Veni­se. Sanaa, Veni­se des sables, dirais-je…Et voi­là que cet­te per­le de l’Arabie heu­reu­se, com­me dit le Mon­de, est aujourd’hui bom­bar­dée, voi­là qu’on y mas­sa­cre des vies humai­nes et avec elles, la Beau­té – cet­te Beau­té qui, pour­tant, attes­te de l’Humanité.

D’où mes pho­tos en abon­dan­ce, com­me (vai­ne) invo­ca­tion, implo­ra­tion : que la démen­ce mor­ti­fè­re épar­gne ces regards et ces habi­tats subli­mes. [Cli­quer sur une ima­ge, puis fai­re défi­ler les pho­tos].

 

Cet arti­cle relè­ve d’abord de l’affectif, lié aux sou­ve­nirs directs, à la ren­con­tre. Les tou­ris­tes aus­si connais­sent cet atta­che­ment lié au voya­ge et au chan­ge­ment de vision sur le mon­de. Tout le contrai­re de l’enfermement dans l’obscurantisme le plus noir et le plus mor­ti­fè­re. Les nazis n’ont pas été sur­pas­sés dans leur déli­re exter­mi­na­teur du gen­re humain ; tan­dis qu’ils col­lec­tion­naient les chefs d’œuvre de l’Art (non « dégé­né­ré » tou­te­fois) et que leurs « digni­tai­res » se délec­taient de Bee­tho­ven et plus enco­re de Wag­ner. Mais les tali­bans afghans détrui­sant – aus­si, en plus des vies humai­nes – les Boud­dhas de Bâmiyân ; les fana­ti­ques de Dae­ch atta­quant à la mas­se les sculp­tu­res des musées de Mos­soul ; leurs homo­lo­gues en sau­va­ge­rie agis­sant de même au Mali, en Libye, en Tuni­sie et en Syrie… Et désor­mais au Yémen, sans qu’on écar­te, hélas, les expor­ta­tions dans les pays du Dia­ble occi­den­tal, cible ouver­te aux ter­ro­ris­me le plus aveu­gle.

Pour ten­ter de com­pren­dre l’incompréhensible – en tout cas l’injustifiable au regard de l’humaine rai­son rai­son­nan­te –, voyons la fin de cet arti­cle du Mon­de, on ne peut plus clai­re­ment alar­mant :

Qui se bat contre qui  ? A très gros traits, il y a, d’un côté, l’ancien pré­si­dent Ali Abdal­lah Saleh, appuyé par une par­tie de l’armée et par les mili­ces hou­this­tes, qui, par­ties du nord du Yémen, ont défer­lé sur le Sud et sa capi­ta­le régio­na­le, le port d’Aden. Ils sont aujourd’hui sur la défen­si­ve. Car, de l’autre côté, l’Arabie saou­di­te et neuf autres pays ara­bes sont à l’offensive pour res­tau­rer Abd Rab­bo Man­sour Hadi, le der­nier des pré­si­dents en pla­ce, et les for­ces qui lui sont res­tées loya­les.

Les hou­this­tes sont pré­sen­tés com­me l’instrument de l’Iran au Yémen. La Répu­bli­que isla­mi­que est soup­çon­née de vou­loir un point d’appui dans le gol­fe d’Aden, qui contrô­le l’accès, en mer Rou­ge, du détroit de Bab-el-Man­deb, point de pas­sa­ge-clé pour le pétro­le de la région. Au nom de la lut­te contre les vel­léi­tés de domi­na­tion régio­na­le de l’Iran, l’Arabie saou­di­te est entrée en guer­re au Yémen en mars  2015, entraî­nant d’autres pays ara­bes dans l’aventure.

Les hou­this­tes sont accu­sés de mas­sa­cres divers, bom­bar­dant à l’aveugle, notam­ment les alen­tours d’Aden. L’aviation saou­dien­ne bom­bar­de, elle, de maniè­re tout aus­si indis­cri­mi­née : hôpi­taux, cen­tra­les élec­tri­ques, réser­voirs d’eau – plus de la moi­tié des vic­ti­mes sont des civils. A quoi il faut ajou­ter des atta­ques dues à l’Al-Qaida loca­le et des atten­tats impu­tés à une bran­che yémé­ni­te de l’Etat isla­mi­que, sans trop savoir qui est der­riè­re l’une et l’autre de ces filia­les dji­ha­dis­tes. De peur de mécon­ten­ter un peu plus Riyad, désta­bi­li­sé par l’accord sur le nucléai­re ira­nien, les Etats-Unis ont pris le par­ti de la coa­li­tion ara­be.

Au milieu, les Yémé­ni­tes meu­rent, dans une assour­dis­san­te indif­fé­ren­ce.

© Le Mon­de © Pho­tos Gérard Pon­thieu 

Lire aus­si:

A Djibouti, chez les Marines

De Djibouti aux Pyramides et là, comme une merveille, Sanaa au cœur du Yémen


On ne peut interdire la connerie du maire de Venelles !

Être trai­té pour un can­cer de la bou­che n’empêche donc pas de dire des conne­ries. Cela y contri­bue­rait-il même ? Stu­pi­des ques­tions pour pro­pos débi­les tenus par « mon » mai­re : Robert Char­don, ci-devant UMP (en pas­se d’exclusion selon NKM – on ver­ra) ou futur FN (non : trop à droi­te pour Mari­ne Le Pen !).

Robert Chardon, croisé de Venelles.

Robert Char­don, croi­sé de Venel­les.

Voilà en tout cas une pub pas bien relui­san­te pour ma peti­te com­mu­ne de Venel­les (8.000 habi­tants). Tou­te la Fran­ce infor­mée connaît désor­mais l’indécente pro­po­si­tion fai­te à Sar­ko­zy (cepen­dant ouvert à tout) de ce pre­mier magis­trat à la gran­de fibre répu­bli­cai­ne : inter­di­re l’islam en Fran­ce. Il y va de l’avenir de la Fran­ce et plus enco­re de la foi judéo-chré­tien­ne.

Dans son élan vers les plus hau­tes pen­sées, ce va-t-en-guer­re (de reli­gion) avan­ce en effet d’audacieuses pro­po­si­tions :

« Je sup­pri­me la loi de 1905 et pro­cla­me que la Répu­bli­que favo­ri­se la pra­ti­que de la foi chré­tien­ne », expli­que l’élu qui se com­pa­re à Louis XIV, qui avait révo­qué l’édit de Nan­tes en 1685.

« Il faut un plan Mar­shall pour le Magh­reb. Il faut aus­si une inter­ven­tion mili­tai­re en Libye. Il faut éga­le­ment met­tre fin au dan­ger que repré­sen­tent les boat peo­ple » [sur Euro­pe 1].

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.

Robert Char­don relaie aus­si des mes­sa­ges anti-islam com­me « Pro­té­gez-vous, adop­tez un cochon !  » (sur son comp­te Face­book).

Le plus comi­que, si on peut dire, c’est que Venel­les, à dix kilo­mè­tres d’Aix-en-Provence, est pro­ba­ble­ment l’une des com­mu­nes les moins « isla­mi­sées » de la région, voi­re de Fran­ce ! Pas un « Ara­be », pas un « Noir » à l’horizon : rien que des Blancs, bour­geois, judéo-chré­tiens – tout ce qu’il y a de plus pro­pres, nor­maux et vac­ci­nés, dont 56 % ont voté l’an der­nier pour ce saint-hom­me et ses fan­tas­mes de croi­sé.

Inter­di­re le culte de l’islam, ça peut même se conce­voir – la preu­ve. Mais inter­di­re la conne­rie – là, on est désar­mé.


Tunisie. « Charlie » et la suite

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L’actua­li­sa­tion du slo­gan « Char­lie » résu­me tout, hélas. Tout, c’est-à-dire, en réfé­ren­ce aux atten­tats de jan­vier à Paris, une même ana­lo­gie dans l’horreur fana­ti­que et mor­ti­fè­re ; un même but des­truc­teur qui s’en prend à l’Histoire – cel­le de la Tuni­sie, à tra­vers le musée du Bar­do –; à l’Occident, dési­gné com­me Satan à tra­vers ses tou­ris­tes « dépra­vés »; et à la Démo­cra­tie, assi­mi­lée à la déchéan­ce laï­que – donc anti-cora­ni­que. En pri­me, si on ose dire, cet odieux atten­tat – 22 morts, une cin­quan­tai­ne de bles­sés – rui­ne pour long­temps la chan­ce­lan­te éco­no­mie tuni­sien­ne en gran­de par­tie basée sur le tou­ris­me.

L’« État isla­mi­que » vient ain­si de fai­re son entrée fra­cas­san­te dans cet­te Tuni­sie qui, depuis qua­tre ans, par­ve­nait tant bien que mal à sau­ve­gar­der sa révo­lu­tion et ses fra­gi­les acquis. Ain­si contraint à décré­ter l’« état de guer­re », le gou­ver­ne­ment tuni­sien tom­be dans l’engrenage répres­sif qui s’attaque aux effets et non aux cau­ses. Des cau­ses d’ailleurs si pro­fon­des qu’elles outre­pas­sent les capa­ci­tés réac­ti­ves d’un petit État et même – c’est tout dire – cel­les de la « com­mu­nau­té inter­na­tio­na­le ». Ladi­te « com­mu­nau­té » qui, par ses mem­bres voyous, ses machi­nes de guer­re, son éco­no­mie de la Finan­ce et du tout-Mar­chan­di­se, a lar­ge­ment contri­bué à allu­mer la mèche ram­pan­te du fas­cis­me isla­mis­te.

Les repor­ta­ges d’Envoyé spé­cial (Fran­ce 2), notam­ment les pas­sa­ges tour­nés à Sidi Bou­zid d’où était par­tie la révo­lu­tion avec le sui­ci­de de Moha­med Boua­zi­zi, mon­trent un tel cli­va­ge hai­neux entre sala­fis­tes et démo­cra­tes qu’on peut crain­dre le pire à court ter­me. Et com­ment ne pas voir la mena­ce de ce cli­va­ge géné­ral dans notre mon­de en désar­roi ? N’en ver­ra-t-on pas les effets « col­la­té­raux » dès diman­che pro­chain dans les urnes bien de chez nous ?

 

• D’autres articles en tapant « Tunisie » dans la case de Recherche


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­pren­dre que les cho­ses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fi­que, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croi­re les cho­ses par­ce qu’on veut qu’elles soient, et non par­ce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lip­pe Casal, 2004 - Cen­tre natio­nal des arts plas­ti­ques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­fes­te.
    (Clau­de Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­ti­que), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la gra­ce de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquet­te cou­leur et boî­tier rigi­de ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Com­me un nua­ge, album pho­tos et tex­te mar­quant le 30e anni­ver­sai­re de la catas­tro­phe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant clo­se (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en ven­te au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adres­se pos­ta­le !)

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tira­ge soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, pri­ses en Pro­ven­ce et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­ti­que sur le thè­me d’« après le nua­ge ». Cet­te créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thè­me du nucléai­re », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de tou­tes nos croyan­ces. (Ber­trand Rus­sel)

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