On n'est pas des moutons

Mot-clé: médias

L’Équipe à genoux devant le client Roi

« Jour­na­lisme spor­tif » : un oxy­more. C’est-à-dire l’alliance incon­grue de deux élé­ments aussi oppo­sés que l’huile et l’eau. Sum­mum du genre atteint par L’Équipe qui, au len­de­main du match PSG-OM, n’a pas craint d’accommoder son lec­to­rat en ména­geant la chèvre PSG et le chou OM (c’est une image, hein !). Et voilà le tableau, selon l’édition, pari­sienne ou marseillaise :

Imaginons L'Huma publiant une édition de droite…

Ima­gi­nons L’Huma publiant une édi­tion de droite…

Comme le note Daniel Schnei­der­man (Arrêt sur images), les heb­dos aussi « sont cou­tu­miers des cou­ver­tures régio­na­li­sées. « Le vrai pou­voir à Mont­pel­lier », « Stras­bourg demain », « les dix qui font Le Havre », « ceux qui comptent à Vier­zon »: en cou­ver­ture du Point ou de L’Express, ça en jette au lec­to­rat local, sup­posé flatté que la presse pari­sienne, du haut de Sa Pari­sia­ni­tude, s’intéresse à lui. »

Le mérite de L’Équipe, si on peut dire, c’est de mettre car­ré­ment les pieds dans le plat de la déma­go­gie clien­té­liste ou, vul­gai­re­ment par­lant, du léchage-de-cul.

On dira qu’après tout, ce n’est jamais là que l’application à la presse spor­tive d’un bon prin­cipe de mar­chan­di­sage : plaire au client, qui est Roi.

Où l’on voit bien aussi qu’il y a lieu de dis­tin­guer entre crise des médias et crise du jour­na­lisme, et ne pas réduire la réflexion à l’opposition toile contre papier.

 

Post scrip­tum, dans la fou­lée et en ver­sion « cou­vrez ces épaules que je ne sau­rais voir » :

Oscars: Une agence de presse ira­nienne recouvre les épaules de Michelle Obama

 


Olivier Voisin. Le photographe mort à la guerre

Photo AFP

Photo AFP

Oli­vier Voi­sin pho­to­gra­phiait la Syrie en guerre. Il en est mort, à 38 ans, atteint par des éclats d’obus. Je viens de lire son der­nier cour­riel [ci-dessous], adressé à une amie. Très beau et émou­vant témoi­gnage, parce que lucide aussi. Lui non plus n’était pas obligé d’y aller. Jus­te­ment, il y était. Pour­quoi ? Quelle néces­sité l’avait poussé là, au triste milieu de la folie humaine ? Le savait-il lui-même ? au delà d’un « des­tin », de la néces­sité de croû­ter (à pas bien cher, quand on y pense, au prix de la peau du repor­ter), puis rendu addict à l’adrénaline, cette drogue auto-produite par un corps menacé de mort.

Dans la presse, le sta­tut d’indépendant – free lance –, vue de l’extérieur, se paie de beau­coup d’illusions. On y est libre que selon la lan­gueur de la chaîne qui rat­tache au mar­ché de l’information, cyni­que­ment for­mulé par le slo­gan de Paris-Match : « le poids mots, le choc des pho­tos ». Une for­mule aujourd’hui rame­née au pas grand chose de cette infla­tion par laquelle  la nou­velle s’est réduite au potin, l’information au tout-spectacle.

Un ami pho­to­graphe d’Olivier Voi­sin, Antoine Vit­kine, rap­pelle cette réa­lité, écri­vant à son propos :

« Indé­pen­dant, il devait sans cesse four­nir des pho­tos aux agences pour pou­voir vivre de son métier. Cette pres­sion éco­no­mique le tenaillait. Il pre­nait des pho­tos magni­fiques, qui sou­vent n’intéressaient pas les agences, pas assez «news» sans doute, et qu’il ne cher­chait guère à faire connaître, happé qu’il était par les conflits qu’il cou­vrait, pen­sant déjà à son pro­chain reportage. »

Voici donc le texte du cour­riel envoyé par Oli­vier Voi­sin à une amie ita­lienne, Mimosa Mar­tini, la veille du jour où il a été blessé. Celle-ci l’a rendu public sur Face­book. Comme écrit de son côté Antoine Vit­kine, « ce texte doit être lu. Il est pas­sion­nant, bou­le­ver­sant, il lui res­semble et il témoigne de l’horreur, de l’impasse du conflit syrien. Il raconte aussi ce qu’est la vie d’un pho­to­graphe de guerre indé­pen­dant, et plus encore, il raconte l’homme qu’était Oli­vier Voisin. »

 On peut voir cer­taines de ses pho­tos sur son site web.

Syrie, 20 février 2013

Enfin j’ai réussi par pas­ser! Après m’être fait refusé le pas­sage à la fron­tière par les auto­ri­tés turques, il a fallu pas­ser la fron­tière illé­ga­le­ment de nou­veau. Un pas­sage pas très loin mais à tra­vers le no man’s land avec quelques mines à gauche et droite et le paie­ment de 3 sol­dats. Me voilà tout seul à pas­ser par le lit d’une rivière avec à peu prêt deux kilo­mètres à faire tout en se cachant pour ne pas se faire remar­quer par les mira­dores. Putain, j’ai eu la trouille de me faire pin­cer et de faire le mau­vais pas. Et puis d’un coup le copain syrien qui m’attend et que je retrouve comme une libé­ra­tion. Le sac et sur­tout les appa­reils pho­tos fai­saient à la fin 10000kg sur les épaules.

La Voi­ture est là avec les mecs de la sec­tion de com­bat que je rejoins au nord de la ville de Hamah, deux heures de route nous attendent et on arrive tous feux éteints pour ne pas se faire voir. Les mecs m’accueillent for­mi­da­ble­ment bien ! et sont impres­sion­nés par le pas­sage tout seul de la fron­tière plus tôt.

Les pre­miers tirs d’artillerie se font entendre au loin. J’apprends que les forces loya­listes tiennent plus de 25 km au nord de Hamah et que la ligne de front est repré­sen­tée plu­tôt par les démar­ca­tions entre ala­wites et sun­nites. Alors les forces d’Assad bom­bardent à l’aveugle et ils res­tent très puis­sants. Par chance les avions n’attaquent plus tant le temps est pourri!

Les condi­tions de vie ici sont plus que pré­caires. C’est un peu dure. La bonne nou­velle, je pense que je vais perdre un peu de ventre mais au retour je vais avoir besoin de 10 douches pour rede­ve­nir un peu présentable!

Aujourd’hui je suis tombé sur des familles qui viennent de Hamah et qui ont per­dues leur mai­son. Ils vivent sous terre ou dans des grottes. Ils ont tout perdu. Du coup ça rela­ti­vise de suite les condi­tions de vie que j’ai au sein de cette compagnie.

Je fais les pho­tos et je suis même pas sûr que l’afp les prennent.

Il fait très froid la nuit. Heu­reu­se­ment que je me suis acheté un col­lant de femme en Tur­quie du coup c’est pour moi un peu plus supportable.

L’artillerie tire toutes les 20 minutes à peu prêt et le sol tremble souvent.

Le pro­blème j’ai la sen­sa­tion qu’ils tirent à l’aveugle et ont quand même des canons assez puis­sants pour cou­vrir une ving­taine de kilomètres.

Il y a peu de com­bats directs. Les mecs ont besoin d’à peu prêt 20000 us $ pour tenir en muni­tions entre 2 à 4 heures de bas­ton. Du coup ils se battent peu. Ils font rien du coup la jour­née. Je me demande com­ment ils peuvent gagner cette guerre. Ca confirme ce que je sen­tais. La guerre va durer très long­temps. Alors le chef du chef vient par­fois en rajou­ter une couche, apporte un mou­ton pour man­ger, les mecs vont alors cou­per du bois dans la forêt aux alen­tours. Il apporte aussi des car­touches entières de ciga­rettes et le soir fait prier tout son monde ! Cer­tains sont très jeunes. Ils ont perdu déjà une ving­taines de leurs cama­rades, d’autres sont bles­sés mais sont quand même pré­sents et je pense sur­tout à Abou Ziad, qui a perdu un oeil et c’est lui qui confec­tionne les roquettes mai­son pour les balan­cer durant les com­bats. Il est brave et cou­ra­geux. Tou­jours devant, tou­jours le pre­mier à tout, pour aider, pour cou­per le bois, don­ner des ciga­rettes, se lever. Avec quelques mots d’arabes on essaie de se par­ler. Evi­dem­ment les dis­cus­sions tournent sou­vent sur la reli­gion mais eux ne se consi­dèrent pas sala­fistes. Entre nous si c’était le cas je serais plus vivant. J’aime être avec lui. Quand les autres me demandent des trucs –évi­dem­ment avec le maté­riel apporté– c’est tou­jours lui qui les « dis­putent » et de me foutre la paix!

(Lire la suite…)


Trop forts, ces journalistes !

© faber

© faber

Les « épi­sodes nei­geux » se ramassent à la pelle et les jour­na­listes « de ter­rain » sont mobi­li­sés tels les agents de l’Équipement et leurs saleuses. Bra­vons les cli­chés comme les intem­pé­ries, célé­brons les mar­ron­niers qui fleu­rissent sous les blancs man­teaux à l’immaculée blan­cheur, pour la joie des petits et des grands. Tan­dis que les micro-trottoirs tur­binent à plein régime, tenus par les petites-mains gre­lot­tantes des sta­giaires à l’avenir incer­tain comme la météo. Et pleuvent en flo­cons drus les fortes décla­ra­tions des Mon­sieur et Madame Michu « qui n’avaient jamais vu ça  »

Le 20 heures de dimanche soir sur France 2 a ainsi tenu un bon quart d’heure, à l’égal de tout grand évé­ne­ment. Météo, Algé­rie, Mali, hié­rar­chie quand tu nous tiens. Il est à parier que les autres chaînes auront fait au moins aussi bien. Et que les jour­naux n’auront pas été en reste. Le plu­ra­lisme des médias, c’est fondamental.


Porno-misère, autre genre télévisuel

Comme des mil­lions d’autres, je me branche chaque soir ou presque sur le jour­nal télé, celui de France 2. Ailleurs, ça doit être pareil, toutes chaînes confon­dues, dans un sys­tème com­mun où le spec­tacle domine. Donc, on étend un regard voyeur sur la scène mon­diale – enfin, de cette par­tie super­fi­cielle du monde relié au sys­tème tech­nique média­tique. Le réseau tisse sa toile en éten­dant son emprise à fina­lité mar­chande ; c’est pour­quoi il n’y tra­vaille qu’en sur­face, ou à la crête des aspé­ri­tés, sur­tout pas en profondeur.

 

Donc, hier soir, comme les autres soirs, « mon » JT pré­sen­tait « sa » séquence « émo­tions ». Aujourd’hui, rayon pau­vreté, voici Fabienne, jeune mère céli­ba­taire, cais­sière à 800 euros par mois, qui ne peut plus payer sa fac­ture d’électricité. Larmes le long de la joue.

– Salauds de riches !
– Cause tou­jours ! Des­sin de Faber ©

 

La veille, rayon « illet­trisme », ces tra­vailleurs en fait quasi anal­pha­bètes, se retrou­vant en appren­tis­sage basique, avec des méca­niques intel­lec­tuelles grip­pées, appe­lant des efforts dou­lou­reux. Cet homme est mon­tré de près, la caméra scrute, tra­vaille à la loupe, de son œil de rapace. Le visage se prête si bien à l’exploration, l’homme est un peu rustre, c’est un prolo « brut de décof­frage » ; pour un peu on irait avec l’endoscope, fouiller jusque dans ses tripes. Il résiste, l’homme autop­sié par la caméra, il veut faire bonne figure, sou­rit, croit domi­ner le ric­tus. Il parle de son fis­ton, qu’après il pourra même aider à ses devoirs. Et sou­dain éclate en san­glots. Et la caméra qui insiste, le pour­suit, le traque.

 

La Crise a ouvert tout grand le champ de la misère à ces ter­ro­ristes modernes, l’œil de rapace rivé au viseur, mitraillant en silence, ne lâchant pas la proie, qu’ils téta­nisent, qu’ils médusent par­fois d’un regard obs­cène de cyclope.

 

Tels sont ces por­no­graphes adeptes du gros plan, mon­trant des nez, des yeux, des rides comme on exhibe des bites et des chattes.

 

Qui isolent la par­tie du tout afin d’en extraire la larme intime, la perle lumi­neuse du monde en dérive et en spectacle.

 

Qui nous trans­forment en voyeurs, culpa­bi­li­sés ou jouis­seurs secrets de nos pri­vi­lèges, com­pa­tis­sants jusqu’à la séquence sui­vante – une vedette, un spor­tif – qui fera aus­si­tôt oublier celle-ci.

 

Et avant-hier, encore, c’était cet ouvrier agri­cole meur­tri par sept années en pri­son sous l’accusation men­son­gère de viol. Pleurs ren­trés.

 

Et ce soir, de quelles larmes la fameuse « séquence émo­tions » nourrira-t-elle l’interminable feuille­ton de cette lita­nie télé/visuelle – vue à dis­tance, de loin, hors contexte, si peu politique ?

 

Enfants-martyrs, ou enfants-soldats ; Noël du « sdf » ; mamie sans famille à l’hospice… La réserve sociale des dému­nis, des lais­sés pour compte est inépui­sable. Elle peut même, au besoin, se gros­sir de la détresse ani­male. Atten­tion cepen­dant à bien en « gérer les richesses » télé/géniques. Cette économie-là aussi est déli­cate. Rien ne serait plus contre-productif qu’un abus dans ce domaine ; comme dans tout autre – celui du luxe, par exemple, son pen­dant symé­trique. Ainsi, en fait-on des kilos, c’est le cas de le dire, avec un Depar­dieu pseudo-exilé, visant à sous­traire au fisc du pays qui l’a fait roi – des riches et des cons – 1,4% de son immense for­tune. Minable, va ! Oui, mais il nous emmerde, le minable, du haut de sa Tour d’Argent comme nous le montre si bien Faber et son des­sin ci-contre.

 

L’essentiel étant, tout de même, que les injus­tices res­tent assez sup­por­tables pour qu’on sup­porte l’Injustice.


De Brubeck à Niemeyer, même source même soupe

Mort de Dave Bru­beck et Oscar Nie­meyer, jazz et architecture.

 

Dave Bru­beck, 2005, Lud­wig­sha­fen. Ph. Frank C. Müller

Le pre­mier, pia­niste assez avant-gardiste, s’est sur­tout fait connaître avec Take Five, cette com­po­si­tion en cinq temps qui n’était jus­te­ment pas de lui mais de son com­parse de longue date, le sax-altiste Paul Des­mond. Radios et télés, pas man­qué, se sont fait fort de célé­brer le cher dis­paru avec ce Take Five, tube oblige.

 

Le second, aussi bré­si­lien que sta­li­nien, s’était appli­qué à béton­ner Bra­si­lia et le siège du PC fran­çais. Estam­pillé peuple autant que célé­bré par l’élite mon­diale, tout comme le géo­mètre suisse Le Cor­bu­sier, ce fut aussi un fami­lier du dic­ta­teur Cas­tro. Point à la ligne (de fuite).

 

Une fois de plus, le spec­tacle média­tique fait entendre sa même musique, celle qui par­court les rédac­tions d’une même vague confor­miste, venue de la même source, le plus sou­vent unique – celle de Wiki­pe­dia mati­née d’AFP pour le coup. De Libé à Ouest-France ou au Monde [hon­neur sauf, tou­te­fois, avec une bio par Syl­vain Siclier], les deux morts du jour sont célé­brés avec les mêmes orne­ments jour­na­lis­tiques à base de répé­ti­tions et de cli­chés invérifiés.

La soupe est ser­vie, en sachet. Même goût pour tout le monde, ingré­dients passe-partout, chi­miques et insi­pides ; ça rem­plit le vide et ne nour­rit pas, sur­tout pas l’esprit. Mais on peut som­no­ler tran­quille sans trop se deman­der qui, de Dave Bru­beck ou de Paul Des­mond, était pia­niste ou saxo­pho­niste. Qui dans le quar­tet indis­so­ciable tenait la contre­basse (Eugene Wright) et qui la bat­te­rie (Joe Morello, mort l’an dernier) ?

Tiens, qu’est-ce que je disais… Rue 89 du 6/12

 

C’est vrai qu’on peut fort bien vivre sans « tout ça », du super­flu dans ce monde à la dérive. On peut se pas­ser de culture, s’il ne s’agit que de sur­vivre. On peut ne tra­vailler qu’à engrais­ser son ego. Et vogue la galère ! À l’opposé, ce matin dans le poste, on fai­sait dire à Nie­meyer que « le seul sens de notre pas­sage sur terre, c’est la solidarité ».

 

La culture comme atten­tion à l’autre. Le reste est littérature.


L’affaire DSK remporte la palme du Spectacle mondialisé

Cli­quer sur l’image, tou­jours l’image… (lemonde.fr)

Si on en dou­tait encore, l’affaire DSK nous y replonge : notre monde est bien celui de l’empire visuel, du règne absolu – abso­lu­tiste – de l’image. L’image sacra­li­sée comme valeur de tout, du bien comme du mal, de la gloire comme de la déchéance, aux deux extré­mi­tés du visible – lequel recèle tel­le­ment d’invisible.

Et nous sommes là, bal­lot­tés dans ce champ à haute ten­sion, le juge­ment pris entre croyances, convic­tions, incré­du­lité, scep­ti­cisme, rejet… Qu’on s’en tienne à ces seules der­nières semaines : on est alors pas­sés, en termes de célé­bra­tions visuelles ultra-spectaculaires, par des phases les plus extrêmes : révoltes arabes ; drame japo­nais (séisme, tsu­nami, explo­sions à la cen­trale nucléaire de Fuku­shima) ; guerre civile en Côte d’ivoire ; cano­ni­sa­tion de pape ; mariage prin­cier ; mort de Ben Laden ; chute de Strauss-Kahn…

Étrange « film », au mon­tage sac­cadé, de ce qu’on appelle l’actualité, dont la hié­rar­chie est por­tée par le monde du Spec­tacle consi­déré comme une sorte de sur-virtualité, un état inter­mé­diaire entre une cer­taine réa­lité et ses repré­sen­ta­tions visuelles sur­tout média­tiques. Film qui rem­porte la palme uni­ver­selle, bien au-delà de Cannes au fes­ti­val plus que jamais « empailletté ».

Notre monde en devient dingue, ça on le savait, mais ses habi­tants – du moins une frange d’entre eux – s’en trouvent lit­té­ra­le­ment dro­gués, ren­dus addicts à une drogue très dure qui rend dépen­dants dea­lers et consom­ma­teurs dans un même tra­fic mon­dia­lisé. Une addic­tion si forte que le fait même de l’évoquer ou encore de l’analyser oblige à consom­mer encore et encore ces fameuses images.

C’est aussi le cas de cette ana­lyse menée ici par Chris­tian Sal­mon, grand (d)énonciateur du « sto­ry­tel­ling », lorsqu’il démonte la machine à l’ouvrage dans l’affaire DSK. Car son ana­lyse est tenue autant qu’elle tient par l’image, qu’à notre tour nous sommes menés à consom­mer, voire à savourer…


Des cathédrales au nucléaire. « Cette Ascension sans fin qu’on appelle aussi le Progrès… »

Entre­tien avec John Mac­Gre­gor, cher­cheur au MIT

 

John Mac­Gre­gor, vieux com­plice américano-canado-écossais, cher­cheur au MIT (Mas­sa­chu­setts Ins­ti­tute of Tech­no­logy — Cam­bridge, Etats-Unis), socio­logue des médias et astro­phy­si­cien, le type qui lit à la fois dans les gazettes & dans les étoiles… Tout comme il goûte le pure-malt & le mon­tra­chet (ou le sau­ternes, mais pas en même temps). Un éner­gu­mène dans son genre, qui a bien labouré notre hexa­gone et en remon­tre­rait à plus d’un Gau­lois. Il passe quelques jours à la Jaz­zine où il dérouille le piano à coups de Scria­bine et d’Oscar Peter­son, se goin­frant aussi de notre télé­vi­sion et de nos canards. Bref, de quoi cau­ser – et on ne s’en prive pas !

 

• Comme nul n’est pro­phète en son pays, je prends tou­jours un malin plai­sir à écou­ter tes ruades et coups de coeur concer­nant la France. Ton prisme, cette fois, passe par la chaîne de télé Arte et le quo­ti­dien Le Monde, que nous avons regar­dés ensemble. Et tu en pro­fites pour effec­tuer un grand écart entre deux époques, deux lieux, deux rap­ports au monde : les cathé­drales et les cen­trales nucléaires… Des expli­ca­tions s’imposent.

John Mac­Gre­gor : Je n’aurais pu faire les mêmes obser­va­tions aux États-Unis ! En tout cas pas à par­tir de la télé. Sous ses cou­verts multi-ethniques, l’empire état­su­nien est tota­le­ment eth­no­cen­tré sur lui-même, si je peux me per­mettre ce pléo­nasme… J’ai été sub­ju­gué par Arte, chaîne inima­gi­nable outre-Atlantique : ce mélange osé de cultures, alle­mande et fran­çaise, et aussi, il est vrai, cette pro­pen­sion à atteindre le fameux « point God­win » avec ses sujets très récur­rents autour du nazisme, de l’Occupation, de la ques­tion juive. Deux soi­rées m’ont par­ti­cu­liè­re­ment étonné par le pont qu’elles ont per­mis entre deux stades de nos civi­li­sa­tions au sens large. Je veux par­ler de la soi­rée du samedi 23 (avril) avec ce film excep­tion­nel, « Les Cathé­drales dévoi­lées »*. J’y ai appris plein de choses sur la construc­tion, les maté­riaux, l’architecture et les pro­blèmes ren­con­trés il y a huit siècles pour édi­fier de tels chefs d’œuvre ! Et trois jours après, à la même heure, la même chaîne dif­fu­sait « Tcher­no­byl fore­ver »** ques­tion­nant de manière pro­fonde l’avenir du nucléaire à tra­vers ses enjeux post-catastrophes. Huit siècles, dira-t-on un peu vite, de « civi­li­sa­tion » ; à condi­tion tou­te­fois d’exclure toute vision de conti­nuité, voire d’évolutionnisme.

 

« Comme la défaite d’une idée de la Beauté…

 

… au pro­fit, si on ose dire, de la Dis­grâce absolue »

• Certes, ces siècles ont été des plus chao­tiques. Mais il s’agit tout de même de « notre » civi­li­sa­tion, enfin celle dont nous sommes les héritiers…

– Oui ! Il y eut bien les cathé­drales et, plus ou moins en même temps, les guerres de reli­gion, la « sainte inqui­si­tion », toutes sortes de mas­sacres pré­cé­dant les guerres tech­niques, je veux dire à tech­ni­cité spé­ci­fique, celles des armes effi­caces jus­ti­fiant ce que par la suite et bien­tôt on nom­mera le pro­grès. Car les guerres ont pré­cédé les « paci­fi­ca­tions » – par défi­ni­tion, on ne peut faire la paix qu’après la guerre. De même qu’on impose l’atome « civil » après avoir décidé d’abord de sa ver­sion mili­taire : la bombe a pré­cédé et annoncé les cen­trales, aux États-Unis d’abord, puis notam­ment en France quand De Gaulle a opté pour l’arme ato­mique comme gage d’indépendance. De Gaulle voyait dans la bombe ato­mique un ins­tru­ment de dis­sua­sion au ser­vice de la paix. C’était juste à une époque où seuls quelques rares pays – quatre ou cinq –  pos­sé­daient de tels arme­ments. Depuis, la matière nucléaire s’est presque bana­li­sée, à l’image de l’industrie  nucléaire civile. Elle est deve­nue un objet de dis­sé­mi­na­tion et repré­sente ainsi un dan­ger phé­no­mé­nal dans ce champ nou­veau qu’est aujourd’hui le « grand ter­ro­risme » par lequel la notion de guerre s’est ainsi dépla­cée. La guerre, rap­pe­lons les fon­da­men­taux, consti­tue à l’origine le moyen d’instaurer des domi­na­tions d’un groupe sur un autre et de faire main basse sur les biens de l’« ennemi » en annexant son ter­ri­toire, sa main d’œuvre, sa force de pro­duc­tion, de repro­duc­tion aussi et bien sûr de consom­ma­tion – en un mot ses richesses, ou ce qu’on appelle l’économie. L’économie, du grec oikos, la « mai­son » dont on a fait une science d’allure paci­fique, alors qu’elle pour­suit cette guerre ances­trale de domi­na­tion ou, éga­le­ment, de riva­li­tés – affron­te­ments dans le but de s’approprier la rive de l’autre, l’ennemi. La « science de la mai­son », c’est la manière pro­prette de pro­lon­ger les guerres – on parle bien, d’ailleurs et sans se gêner, de guerre éco­no­mique.

 

• Mieux vaut quand même ces guerres éco­no­miques que les ter­ribles massacres…

– Mieux vaut aussi un match de foot qu’une émeute… Mais on peut aussi avoir les deux… ce qui qui se pro­duit par­fois d’ailleurs. Je pour­suis mon idée : ce que j’appelle le grand ter­ro­risme a changé la donne en ce sens notam­ment que son but guer­rier n’est plus de domi­ner sur le plan éco­no­mique, mais d’affaiblir l’ennemi au point même de l’anéantir par la vio­lence – but suprême ! – selon des moyens incon­nus jusque là, alliant à la fois tech­no­lo­gie de base et fana­tisme politico-religieux. Les atten­tats du 11 sep­tembre en sont la « quin­tes­sence »… Les reli­gions ont toutes, peu ou prou dans l’Histoire, été ten­tées par ce genre d’extrémisme, ce néga­tion­nisme niant l’altérité consi­dé­rée comme héré­tique. En ce moment, ce sont les isla­mistes qui portent ce fana­tisme à son plus haut point, consé­quence d’une déses­pé­rance economico-politique et expres­sion de la mar­ty­ro­lo­gie reli­gieuse qui glo­ri­fie les attentats-suicides contre les­quels il n’est guère vrai­ment de parades. Telle est la nou­velle guerre aujourd’hui, qui pour­rait trans­po­ser dans la « rou­tine » ter­ro­riste les bombes d’Hiroshima et Nagasaki.

(Lire la suite…)


Internet et Cie. Du bon usage du nazisme, du professeur Kuing Yamang et de la falsification

Cli­quer sur l’image ou aller là : http://www.facebook.com/pages/On-sait-ce-que-lon-veut-quon-sache/143363392375566

Voilà que refleu­rissent les détour­ne­ments, à la manière des situa­tion­nistes dans les années 60, notam­ment à par­tir de films sud-coréens de kung-fu. Celui ci nous est venu par Domi­nique Dréan (merci !) via un de ses com­men­taires. Il s’agit d’un pas­sage de « La Chute » (Der Unter­gang), un film alle­mand d’Oliver Hir­sch­bie­gel (2004). On y voit Hit­ler dans son piteux déclin, en proie à l’hystérie. Les sous-titres se situent, c’est le cas de le dire, dans la tra­di­tion anar­chiste, pro­je­tant une repré­sen­ta­tion néo-spartakiste du mou­ve­ment de libé­ra­tion du peuple…

Pour un peu on y croi­rait… Mais aujourd’hui…, c’est l’espérance qui manque le plus. Quand bien même le poli­tique en por­te­rait de manière cré­dible, il lui fau­drait encore vaincre le contre-mouvement de repli indi­vi­duel et, par delà, recréer les liens dis­ten­dus, sinon rom­pus, entre le moi-je et le nous socié­tal – ce qu’un bon mien copain dénomme « l’articulation du je-nous »… dont l’arthrose fait pour le moins boi­ter nos sociétés.

Autre remarque de fond. Il s’agit du recours au nazisme comme « argu­ment » de com­pa­rai­son. Cette fai­blesse par l’outrance mani­chéenne ten­drait à assi­mi­ler le sar­ko­zysme au nazisme, ce qui est déli­rant. Une occa­sion de plus pour évo­quer ce qu’on appelle la « loi de God­win », du nom de son inven­teur, Mike God­win, cher­cheur à l’Université Yale aux Etats-Unis. L’énoncé : « Plus une dis­cus­sion en ligne dure long­temps, plus la pro­ba­bi­lité d’y trou­ver une com­pa­rai­son impli­quant les nazis ou Adolf Hit­ler s’approche de 1.» De même, dans un débat, atteindre le point God­win revient à signi­fier à son inter­lo­cu­teur qu’il vient de se dis­cré­di­ter en véri­fiant la loi de God­win. Et par exten­sion, du fait de la poly­sé­mie du mot « point », des « points God­win » peuvent être attri­bués à l’unité.

Cette « loi » s’appuie donc sur l’hypothèse selon laquelle une dis­cus­sion qui dure peut ame­ner à rem­pla­cer des argu­ments par des ana­lo­gies extrêmes. L’exemple le plus cou­rant consiste à com­pa­rer le thème de la dis­cus­sion avec une opi­nion nazie ou à trai­ter son inter­lo­cu­teur de nazi et de fas­cistefacho »). Si le sujet de la dis­cus­sion était très éloi­gné d’un quel­conque débat idéo­lo­gique, une com­pa­rai­son de ce genre est consi­dé­rée comme un signe d’échec de la dis­cus­sion. On estime alors qu’il est temps de clore le débat, dont il ne sor­tira plus rien de per­ti­nent : on dit que l’on a atteint le « point God­win » de la dis­cus­sion. [Voir de mul­tiples pro­lon­ge­ments sur le sujet sur inter­net, et notam­ment là, avec four­ni­tures d’exemples hexa­go­naux fameux].

Néan­moins, pour en reve­nir à la vidéo du départ, c’est à voir là, et ça per­met de se réga­ler du talent de comé­dien de Bruno Ganz et cet extrait d’un film remarquable.

Autre exemple du même genre qui, celui-là, galope à bride abat­tue sur la toile. Domi­nique, le même, me l’a aussi envoyé, comme avant lui plu­sieurs autres inter­nautes. Ça en devient un hoax, c’est-à-dire une fausse info – sou­vent accom­pa­gnée d’un cer­ti­fi­cat d’authenticité genre « VÉRIDIQUE ! », en capi­tales et en gras. (Voir le site hoax­bus­ter, qui traque ce genre de « nouvelles »).

Cli­quer sur l’image ou aller là : http://www.youtube.com/watch?v=DMKb9A6Kouk

En l’occurrence, il s’agit d’une émis­sion de télé chi­noise dans laquelle le «véné­rable  pro­fes­seur  Kuing Yamang» ana­lyse doc­te­ment le déclin de la France. Le pro­pos est cin­glant, argu­menté et„ sur­tout, trouve sa por­tée du fait de son ori­gine, l’empire du Milieu…

Voici com­ment Chris­tophe S.-B. pré­sente l’affaire : « En effet, j’ai vu cette vidéo cou­rant juin. Il s’agit d’un canu­lar à la manière des situa­tion­nistes (fin des années 50 début des années 70). Je pense à un film situa­tion­niste de 1973 moquant le régime maoïste inti­tulé «  La dia­lec­tique peut-elle cas­ser des briques  », oeuvre de René Vie­net - qui reprend des films de Kung Fu en VO , et sous-titre les dia­logues par des dis­cus­sions sur la lutte des classes, et la guerre entre le pro­lé­ta­riat et les bureau­crates. Ce genre de détour­ne­ment de l’image ne date donc pas d’hier.

« L’auteur de ce petit pétard se veut mettre en scène un sup­posé pro­fes­seur chi­nois dénommé Kuing Yamang (Koui­gna­mann, le gâteau bre­ton ). Le pro­blème ne tient pas seule­ment au contenu des sous-titres bidon­nés qui portent des juge­ments à l’emporte-pièce sur les Fran­çais mais sur­tout à la per­son­na­lité bien réelle qui s’exprime qui n’est autre que l’ancien ambas­sa­deur de Chine en France et ex-porte parole du minis­tère chi­nois des affaires étran­gères, Wu Jian­min, actuel­le­ment membre Bureau inter­na­tio­nal des expo­si­tions (BIE) pour Shan­ghai Expo 2010. Les sous-titres sont faux et les deux hommes parlent de l’Exposition Uni­ver­selle de Shanghai.

[…] « L’auteur  du  canu­lard  est  un  mili­tant  libé­ral,  bre­ton  « bre­ton­nant »  bien  de  chez  nous (de Lorient),  Yann  Cahe­rec. Pour  faire  par­ler  de  lui,  il  a  plu­tôt  reussi  son coup. »

L’auteur de cette vidéo paro­dique l’avoue lui-même sur la page You­tube de la vidéo. Il ne fal­lait donc pas aller bien loin pour véri­fier, mais c’était tout de même trop pour quelques blo­gueurs qui sont tom­bés dans le pan­neau. Et ainsi de détailler :

Fdesouche.com la publie comme authen­tique, avant que ses com­men­ta­teurs ne lui fassent part de la super­che­rie. Il essaie depuis de faire pas­ser son erreur pour une plaisanterie.

Novopress.info de même, allant jusqu’à qua­li­fier la vidéo de “reten­tis­sante” et d’en citer cer­tains pas­sages, avant de se raviser.

L’Observatoire des Sub­ven­tions publie éga­le­ment cette vidéo tru­quée. La encore la vérité est réta­blie dans les com­men­taires, par­fois peu amènes envers le site.

Sur ExpressionLibre.net, tou­jours pas de démenti si ce n’est dans les commentaires.

Et la rédac­tion belge de 7sur7.be, qui à défaut d’appliquer la déon­to­lo­gie, y pense sin­cè­re­ment: « Cette vidéo est à prendre avec des pin­cettes: per­sonne ne par­lant man­da­rin à la rédac­tion, nous ne pou­vons assu­rer nos lec­teurs de la véra­cité des sous-titres. Le “pro­fes­seur Yamang” n’est pas sérieu­se­ment réfé­rencé sur le Net. Cepen­dant, la teneur des pro­pos étant de nature à inter­pel­ler et à faire réflé­chir, nous avons décidé de main­te­nir l’article en ligne. »

Enfin, et entre autres sans doute, sur BFM TV, Oli­vier Maze­rolle, un vieux de la vieille, gobe l’affaire et la fait gober à Cécicle Duflot (Les Verts), tan­dis qu’une image de Sar­kozy est intro­duite parmi les autres de manière sub­li­mi­nale. De quoi gloser !

Le mot de la fin à l’auteur du détour­ne­ment vidéo, qui répond à un com­men­ta­teur lui repro­chant que sa blague soit prise au sérieux par plu­sieurs per­sonnes: « Les gens sont cré­dules, ils n’ont qu’à véri­fier les sources ou réflé­chir un peu au lieu de croire bête­ment toutes les conne­ries qu’on leur balance. Je n’ai pas fait cette vidéo pour par­ler de la Chine, ce n’est pas le sujet, mais pour expo­ser une cer­taine vision de notre société. Lis ou relis les Lettres per­sanes de Mon­tes­quieu : J’aime bien cette idée de faire par­ler des gens assez exté­rieurs au problème. »

Belle et « véri­dique » leçon média­tique, pas vrai ?


Mort d’un spéléo. Ces hommes au cœur des ténèbres

Le spé­léo­logue dis­paru en Ardèche retrouvé mort. Le corps d’Eric Esta­blie, dis­paru dimanche 3 octobre dans les gorges de l’Ardèche, a été retrouvé sans vie par les deux plon­geurs bri­tan­niques par­tis lundi à sa recherche, a annoncé le sous-préfet. (AFP)

Je cherche à savoir pour­quoi cette nou­velle m’a bou­le­versé… Comme si cet homme – inconnu à mes yeux – m’était devenu fami­lier, proche. Comme si ses vrais proches, famille, amis, en lut­tant pour le sau­ver, cher­chaient aussi à sau­ver quelque chose de l’humanité, donc de moi.

Et les 33 mineurs chi­liens ? Bien sûr… Je suis des­cendu deux fois dans la mine, en France bien avant qu’elles ferment, dans le Nord et en Lor­raine. Expé­riences mar­quantes, inou­bliables. Mais il me semble que les Chi­liens demeurent plus pro­té­gés que ne l’était ce spé­léo­logue. Peut-être à cause de la dif­fé­rence entre deux formes de mise en spec­tacle média­tique; l’une quasi holy­woo­dienne, l’autre plus en rete­nue, comme voi­lée ; l’une débor­dant d’images de toutes sortes, l’autre en quête, jus­te­ment, de l’invisible. Peut-être aussi en rai­son des chances de suc­cès des sau­ve­tages res­pec­tifs. Les faits, jusqu’à aujourd’hui hélas, ont confirmé cette crainte.

Mais d’autres « rai­sons » me taraudent. Oui, pas vrai­ment des rai­sons, mais quoi ? Le fait, pro­ba­ble­ment, de consi­dé­rer comme une quête mys­té­rieuse le geste de s’enfoncer, volon­tai­re­ment, dans les entrailles de la Terre. Pour quoi faire ? A quoi bon ? Jus­te­ment, pour « rien », comme ça, gra­tui­te­ment… En appa­rence. En fait, que cherchait-il, Éric Esta­blie, au fond des gouffres noirs du monde sou­ter­rain ? A défier le sort par la ten­ta­tion, si cou­rue de nos jours, de l’exploit ? Ou bien à étan­cher sa soif de connais­sance ?  A s’adonner à un « sport de l’extrême » où à ques­tion­ner les ori­gines de la planète ?

Parce qu’il s’enfonçait dans l’obscurité, comme le font évi­dem­ment tous les spé­léos – même éclai­rés de leurs modestes lampes –, on ne sau­rait voir l’explorateur des pro­fon­deurs comme ces alpi­nistes dont le désir d’élévation pour­rait ne pas sem­bler por­ter aussi « haut » le degré de gra­tuité. Un spé­léo, en ce sens, n’est pas un alpi­niste en creux. L’homme qui plonge – Éric Esta­blie était aussi sca­phan­drier –, qui s’enfonce dans les abysses, c’est celui qui remonte vers ses ori­gines, vers le cœur de ses ténèbres, comme aurait dit Joseph Conrad. On pour­rait tou­te­fois rap­pro­cher le spé­léo de l’astronaute bra­vant l’infini de l’univers…

Mais dans tous les cas, on reste loin de nos mineurs du Chili, dont la des­ti­née de tra­vailleur de force ne doit rien à la gra­tuité. Seraient-ils, on le pré­tend, mieux payés que le reste de la classe ouvrière chi­lienne, ils n’en sont pas moins vic­times d’une exploi­ta­tion for­ce­née. Laquelle n’est nul­le­ment étran­gère à l’accident qui les a emmu­rés et que le Spec­tacle va trans­for­mer en icônes héroïques.

Enfin, « ne les oublions pas », ces deux jour­na­listes de France 3, Hervé Ghes­quière et Sté­phane Tapo­nier, et leurs trois accom­pa­gna­teurs afghans. Ils étaient par­tis eux-aussi en éclai­reurs et les voici pri­son­niers de l’obscurantisme et du fana­tisme isla­miste, ces pro­fon­deurs autre­ment insondables.


Les médias italiens se baîllonnent contre la «loi-baîllon», cadeau à la maffia et au système Berlusconi

Tan­dis que la droite fran­çaise – plus pré­ci­sé­ment l’UMP, on le com­prend –, lâche sa meute contre les jour­na­listes des «pires moments de l’Histoire»: tan­dis que les fameux «élé­ments de lan­gage» clai­ronnent du «fas­cisme» ou du «trots­kisme» à tout va… Eh bien, l’ensemble des médias ita­liens font aujourd’hui entendre un bruyant silence. Cela pour pro­tes­ter contre une «loi-baîllon» qui doit en faire rêver plus d’un dans la France du «woerthgate».

Radios, télé­vi­sions, sites et jour­naux de la pénin­sule se sont mis en grève de l’information. Ils ont décrété une «jour­née de silence» afin de pro­tes­ter contre la trop ber­lus­co­nienne «loi-bâillon» pré­voyant d’interdire la retrans­crip­tion des écoutes télé­pho­niques dans la presse… Un rêve de loi que doivent aussi cares­ser, de ce côté-ci des Alpes, un régi­ment de poli­ti­ciens plus qu’écornés par l’affaire Woerth-Bettencourt

Pour aler­ter sur les dan­gers de ce pro­jet, La Repub­blica a pris l’habitude de signa­ler par des post-it les articles qui ne pour­raient plus paraître après appro­ba­tion de la loi.

Dans son édito titré «Le Sens du silence», La Repub­blica sou­ligne que «cela peut sem­bler contra­dic­toire [de se taire] face à une loi qui entrave la liberté d’information, mais en réa­lité c’est un geste de res­pon­sa­bi­lité pour atti­rer l’attention des citoyens sur une mesure qui porte atteinte à la pro­tec­tion du droit, à la lutte contre la cri­mi­na­lité et la libre cir­cu­la­tion de l’information.»
Les quo­ti­diens Il Cor­riere della Sera, La Stampa, Il Sole — 24 Ore et même La Gaz­zetta dello Sport se sont joints au mouvement.
Déjà adop­tée par le sénat, cette «loi-bâillon» sera exa­mi­née par l’assemblée fin juillet. Elle inquiète aussi vive­ment les magis­trats car elle limite leur capa­cité à ins­truire des dos­siers sen­sibles. Dans L’Espresso, Roberto Saviano la qua­li­fie de «cadeau à la mafia».

D’Inter à Europe 1. Le pied de nez de Demorand à Val

Et vlan ! pour Val et Hees : Demo­rand passe sur Europe 1. Comme au foot, le jeu des trans­ferts a com­mencé dans les radios. Si la gué-guerre des radios a frappé plus tôt cette année, c’est qu’une vraie guerre l’avait amor­cée à France Inter. Mais en l’occurrence le fric n’aurait pas été déter­mi­nant – si l’on en croit la direc­tion d’Europe 1: « Il gagnera le même salaire qu’à Inter. » (Com­bien au fait ?)

C’est le cli­mat délé­tère régnant dans la sta­tion publique qui aurait décidé Demo­rand à quit­ter le navire. Il n’a pas appré­cié de s’être vu traité de « traître » sur une machine à café de la Mai­son ronde. Rap­pe­lons que Nico­las Demo­rand, Ber­nard Guetta, Tho­mas Legrand et Phi­lippe Lefé­bure, au « Grand Jour­nal » de Canal+, avaient désa­voué en chœur Didier Porte au len­de­main de sa chro­nique jugée offen­sante pour Sar­kozy. Lâchage que des jour­na­listes d’Inter n’avaient pas vrai­ment appré­cié. A son tour , la Société des jour­na­listes (SDJ) de France Inter estime aujourd’hui que Demo­rand a « trahi le camp qui l’a fait roi sans som­ma­tion et sans en avoir informé ceux qui lui fai­saient aveu­glé­ment confiance ».

Coup dur sup­plé­men­taire pour Val de plus en plus contesté.

Rai­son de plus pour signer la péti­tion


France Inter. Une ambiance de merde ne peut produire de la bonne radio

« Quel bor­del ! ». Fran­çois Morel, ce matin sur Inter

« Ambiance de merde à France Inter ». C’est le thème de la chro­nique de Fran­çois Morel sur ladite radio ce matin. Fini de rire, dit-il. L’écouter ou la réécou­ter, c’est de la den­telle fine et solide. Sur­vi­vant (pro­vi­soire ?) de l’actuel vent de purge qui secoue la radio publique, Morel com­pare Hees à Dome­nech, en dépit du fait que le Pdg de Radio France s’en défen­dait crâ­ne­ment la veille. Morel tape juste en ce sens qu’on ne peut bien jouer au foot dans une ambiance de merde – preuve par le Mon­dial. Ce qui vaut pour toute autre acti­vité, comme de faire vivre une radio, ou un jour­nal pour de la bonne info, une bou­lan­ge­rie pour du bon pain. Ou un gou­ver­ne­ment pour de la bonne jus­tice sociale, entre autres.

Mais si on peut envi­sa­ger de chan­ger de gou­ver­ne­ment  ou de régime (ne pas être impa­tient), c’est plus ris­qué pour son bou­lan­ger et quasi impos­sible pour sa radio. Ainsi hier, que c’était grève, fal­lait boire la tasse puba­gère et limite putas­sière de ce qui se pro­mène sur les ondes libé­rales et com­mer­ciales, ça va ensemble. Y avait même pas France Culture pour com­pen­ser, c’est dire le désert.

Que les diri­geants actuels de la radio publique, Hees et Val, s’en prennent à l’humour et à la satire au nom de la qua­lité de l’info (deux domaines sépa­rés), c’est vrai­ment le signe. Signe d’un des­po­tisme chopé comme une sale grippe, par conta­gion de pen­sée, si on ose dire, ou plu­tôt inté­gré, comme natu­ra­lisé par conni­vence et par sou­mis­sion plus géné­rale avec les puis­sants du moment. Non pas que ceux-ci donnent néces­sai­re­ment leurs ordres, non, pas la peine, ça se fait tout seul, par impré­gna­tion lente, sur­tout s’agissant d’esprits doués pour ça : l’art de bais­ser la tête dès le matin, pour n’avoir pas à se voir dans la glace.


Entre voile et burqa. Guillon et Porte éjectés de France Inter

Et voilà le tra­vail : à peine parti une dou­zaine de jours et vlan ! on retrouve un pays la tête dans le cul : un ministre et sa madame bar­bo­tant dans la rata­touille du fric – ce qui est assez banal en ces temps de petits arran­ge­ments par­ti­cu­liers, voyez Bou­tin, Estrosi, Amara, etc. (sans remon­ter à Gay­mard ni à Sar­kozy et leurs magouilles immo­bi­lières à Neuilly) – ; une équipe de foot en déban­dade mon­diale ; la garden-party du 14-juillet sup­pri­mée. Et en plus une radio publique en manque d’humour et sur­tout d’humoristes.

Autant de petits faits diver­sifs (le mot vient de sor­tir, pas la chose) qui, en effet, font bien diver­sion. Cha­cun à son niveau, ils recouvrent d’un voile, ou plu­tôt d’une gaze quasi lai­teuse le spec­tacle d’une cer­taine déca­dence. Ils la laissent entre­voir sans qu’elle se montre tota­le­ment ; à peine la révèlent-ils qu’aussitôt ils la masquent. C’est plus sub­til que la bur­qua… dont a parlé l’humoriste en ultime fac­tion ce matin sur France Inter.

La der­nière de Sté­phane Guillon (vidéo en cli­quant sur l’image)

Der­nier indice en date, donc, l’éjection de Guillon et Porte de France Inter. Rien de plus pré­vi­sible, car rele­vant presque d’une loi du genre : la satire n’ayant de cesse de mordre les mol­lets de ses proies, les­quelles ne trou­vant rien de mieux que de ripos­ter selon leurs moyens, en l’occurrence ceux des puis­sants. Ça finit donc en pot de terre contre pot de fer, en mar­tyre contre bour­reau. Tra­duc­tion dans le texte : le PDG de Radio France, Jean-Luc Hees, pro­clame que « l’humour ne doit pas être confis­qué par de petits tyrans ». Parole de grand sage, évi­dem­ment, mais cepen­dant com­mandé par plus grand que lui, humo­riste suprême adoubé par la moi­tié des élec­teurs de 2007.

Hees se jus­ti­fie [Le Monde 23/6/10] en invo­quant le jour­na­lisme et ses convic­tions qui ne sont « que jour­na­lis­tiques ». Ou bien il conteste l’humour de Guillon et Porte selon des cri­tères pré­ten­du­ment qua­li­ta­tifs, alors qu’il s’agit de satire, même mati­née d’humour évi­dem­ment. Le jour­na­lisme n’a rien à voir là-dedans ; il s’agit bien d’une ques­tion poli­tique, celle qui oppose le pou­voir à ses contes­ta­taires – ce qui se nomme aussi polé­mique et qui, en géné­ral, reflète la santé d’une démo­cra­tie. On notera en pas­sant que, l’Histoire se répé­tant par­fois, même en bégayant, le Roi n’aura pas eu néces­sai­re­ment à inter­ve­nir direc­te­ment : il y a les mar­quis pour cela, excel­lents pour leur zèle dans les basses oeuvres. Il en était ainsi des tar­tuffes pour Molière sous Louis XIV. Ou encore pour Vol­taire sous le feu des monarques.

Hees ne jure que par son indé­pen­dance, comme si d’avoir été fait roi­te­let n’obligeait pas, par essence – l’essence même du pou­voir. Val aussi se trouve lié au même des­tin, l’échelon en des­sous, celui du val-et ;-) en peine de prou­ver exis­tence, lui le hobe­reau venu de Char­lie Hebdo. Un vrai labeur. Il est prêt pour ça à de grandes mesures : sup­pres­sion annon­cée d’émissions comme «Esprit cri­tique» (Vincent Josse) et «Et pour­tant elle tourne», (Jean-Marc Four), peut-être aussi d’ « Allo la pla­nète », et du « 7–9 du week-end ». Val, en ce sens, serait davan­tage le Dome­nech que Hees se défend d’être. Quoi qu’il en soit l’équipe France Inter va prendre un coup au moral. Et le pro­chain match n’est qu’en 2012.


Allègre s’estime diffamé par Politis, qu’il attaque en justice

L’ancien ministre Claude Allègre s’estime dif­famé par une tri­bune parue dans Poli­tis le 18 juin 2009. Le texte por­tait les signa­tures de huit per­son­na­li­tés du monde uni­ver­si­taire, scien­ti­fique ou asso­cia­tif. L’hebdo lance une péti­tion de sou­tien.

Les auteurs de la tri­bune qui dérange Allègre, ainsi que le direc­teur de la publi­ca­tion, ont été mis en exa­men pour « dif­fa­ma­tion publique envers un fonc­tion­naire public ». Ledit fonc­tion­naire n’est autre que Claude Allègre, dont Patrick Piro brosse le por­trait dans le numéro en cours.

«Nous n’aimons guère l’adjectif « contro­versé », écrit Denis Sief­fert, le rédac­teur en chef, Mais s’il s’applique à quelqu’un, c’est bien à Claude Allègre. L’homme est de nou­veau, aujourd’hui, au cœur d’une contro­verse qu’il a lui-même pro­vo­quée en contes­tant vio­lem­ment les tra­vaux des cli­ma­to­logues qui nous mettent en garde contre les consé­quences de cer­taines acti­vi­tés humaines sur l’avenir de la pla­nète. Il est entré dans ce débat comme tou­jours, sans être trop regar­dant sur les moyens ni les argu­ments. Comme un mau­vais rug­by­man dans la mêlée : en pié­ti­nant ses adver­saires. Contrai­re­ment à la pré­sen­ta­tion que l’on fait de lui dans cer­tains médias com­plai­sants, il n’est pas un « scep­tique ». Le scep­ti­cisme ne peut pas plus s’appliquer aujourd’hui aux conclu­sions des cli­ma­to­logues du monde entier qu’à la roton­dité de la terre. Ce que M. Allègre appelle impro­pre­ment scep­ti­cisme, c’est l’incrédulité de l’ignorance. Et pire encore : l’exploitation de cette incré­du­lité par quelqu’un qui sait.

«Mais, en juin 2009, lorsqu’est paru sous le titre « Claude Allègre : ques­tion d’éthique » le texte de Poli­tis, l’important per­son­nage avait une autre actua­lité. On par­lait de lui comme minis­trable dans le gou­ver­ne­ment Fillon. Il s’apprêtait à deve­nir dans le domaine des sciences et de l’éducation ce qu’Éric Bes­son, ancien socia­liste comme lui, est à la soli­da­rité et aux droits de l’homme. Aurions-nous, mal­en­con­treu­se­ment, inter­féré dans ce calen­drier ? Serait-ce la cause de la colère de Claude Allègre à notre égard ? Quoi qu’il en soit, nous vou­lons dire ici que, ce texte, nous sommes fiers de l’avoir publié et nous l’assumons plei­ne­ment aux côtés de nos sept amis – sept, hélas, et non pas huit, puisque Jean-Yves Bar­rère, emporté par la mala­die, nous a quit­tés depuis. Ce texte, il peut se lire comme un bilan cri­tique de toute une car­rière. Mais aussi comme pré­mo­ni­toire de la polé­mique sur le cli­mat. Preuve de sa double actualité.»

»> Voir aussi : Allègre, GIEC, curés pédo­philes. Science et reli­gion dans le plus obs­cur climat


Société folle. 10 mai : à bas l’esclavage, vive l’Ego !

Le moi de mai, c’est fou, com­mence tou­jours par un 1er. Puis voilà le 9, férié éga­le­ment, mar­quant la « vic­toire » de 45 – guille­mets pour dire que rien n’est jamais acquis, la preuve, voici le 10, aujourd’hui, censé com­mé­mo­rer l’abolition de l’esclavage. J’entendais ce matin sur France Culture les pas­sion­nants pro­pos de Fran­çoise Ver­gès, pré­si­dente du Comité pour la mémoire de l’esclavage, rap­pe­lant en pas­sant que la Mai­son Blanche – oui, celle de Washing­ton, haut lieu et sym­bole de la démo­cra­tie état­su­nienne – avait été construite par des esclaves noirs. Ce qu’on appelle un effet de contraste…

Elle s’en balance en se vau­trant dans le « tout à l’égo »

Tant de peuples sur Terre res­tent à libé­rer de leurs innom­brables chaînes… L’Histoire est encom­brée des luttes de libé­ra­tion, dont cer­taines sont pour­tant à peine esquis­sées, comme celles des Noirs d’Afrique et de leurs dépor­ta­tions mas­sives. Et que dire de cette moi­tié de l’humanité que consti­tue le « conti­nent noir », celui des femmes qui, y com­pris dans nos pays si avan­cés, sont encore et tou­jours mal­trai­tés, sous consi­dé­rées, sous payées, sur­ex­ploi­tées, déva­luées… Ou alors, par contre effet, ce qui peut par­fois s’avérer bien alié­nant, sur­éva­luées, sur­dé­ter­mi­nées dans leur propre genre : la Femme, majus­cule, encen­sée, mythi­fiée, déifiée…

Réflexions ins­pi­rées par l’annonce reçue ce jour, 10 mai-pour l’abolition de l’esclavage, du lan­ce­ment de EGO Maga­zine… « Le seul maga­zine éli­tiste et gla­mour 100% évé­ne­men­tiel » J’adore ! Dire que des attaché(e)s de presse se croient malin(e)s en m’envoyant de telles insa­ni­tés. Enfin, merci tout de même, d’alimenter ma chau­dière à indignation.

« Ego », au moins voilà bien un titre qui colle à son temps, ce temps qui ne sépare plus, dans sa fange super­fé­ta­toire, « égo » de son épi­thète « sur­di­men­sionné ». C’est le couple du siècle nais­sant (et de l’autre aussi, et peut-être même des temps plus anciens…) Voici les temps du « tout à l’égo » comme aime à déplo­rer Régis Debray.

Ne bou­dons pas notre plai­sir moqueur à par­cou­rir le « com­mu­ni­qué de presse » (en gras, sou­li­gné par mes soins…) :

« Le seul maga­zine éli­tiste et gla­mour 100% évé­ne­men­tiel.  Maga­zine évé­ne­men­tiel de luxe tri­mes­triel, EGO Maga­zine Paris cible le haut de gamme avec un contenu sélec­tif et pro­pose un pano­rama des plus beaux évé­ne­ments. Le maga­zine offre une ligne édi­to­riale inédite et inno­vante, liée à une mise en page artis­tique per­pé­tuel­le­ment renou­ve­lée. Le pre­mier maga­zine de luxe qui accom­pagne les marques à tra­vers leurs évé­ne­ments afin de véhi­cu­ler leur noto­riété. EGO Maga­zine Paris couvre en images l’ensemble des évé­ne­ments de réfé­rence en y asso­ciant iden­tité et qua­lité, avec une sélec­tion des plus beaux repor­tages pho­tos de la capi­tale (ver­nis­sages, inau­gu­ra­tions, lan­ce­ments de pro­duits, galas, évé­ne­ments spor­tifs, expo­si­tions, défi­lés, ral­lyes, dîners cari­ta­tifs et soi­rées pri­vées). Le contenu rédac­tion­nel assure une com­mu­ni­ca­tion dyna­mique liée à l’image de ses par­te­naires évé­ne­men­tiels, annon­ceurs et spon­sors. »

120 000 lec­teurs sont atten­dus pour ce grand rendez-vous de presse et se société, « un lec­to­rat mixe et haut de gamme, de 25 à 55 ans, cultivé, épi­cu­rien et dyna­mique »…

« Au som­maire du n°1 : Le Gala de la Truffe à la bou­tique Lan­cel, la pré­sen­ta­tion de la nou­velle col­lec­tion Kate Moss pour Long­champ au Ritz Club, le lan­ce­ment de l’Audi A8 à L’Olympia, la céré­mo­nie des Césars, le Gala de l’association Vie Espoir au Châ­teau de Ver­sailles, la 14è édi­tion du Pavillon des arts et du design au jar­din des Tui­le­ries, la soi­rée Coca-Cola au 1515, les inter­views de Bar Refaeli, Chris­tophe Decha­vanne, Jean Dujar­din, Vincent Elbaz,… »

La une (ci-dessus) est évi­dem­ment à la hau­teur, annon­cia­trice de la pro­fon­deur du contenu. On en doute d’autant moins que son direc­teur (un homme) n’est autre qu’un cer­tain Chris­tophe… Marx. Même Dar­win n’avait pas prévu ce genre d’évolution.


  • Twitter — Gazouiller

  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • iceberg

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)
  • Archives

  • Catégories

  • ouah__la_poilade_-_
    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances
    (Ber­trand Russel)
  • Un récent et com­pli­qué chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Les reverra-t-on un jour ? Hmmm…

    1emmen
  • Copyright © 1996-2010 C’est pour dire. All rights reserved.
    iDream theme by Templates Next | Powered by WordPress