On n'est pas des moutons

Intelligence artificielle. Un ou deux doigts ?

Mars 2016, date à rete­nir… Alpha­Go, le pro­gramme d’intelligence arti­fi­cielle mis au point par Google, a bat­tu Lee Sedol, joueur 9e dan, alors consi­dé­ré comme un des meilleurs joueurs mon­diaux de go, en rem­por­tant suc­ces­si­ve­ment les trois pre­mières par­ties, puis la cin­quième d’un match en cinq par­ties.

Le pro­gramme s’est vu décer­ner le titre de grand maître du go le plus éle­vé qui soit, réser­vé à ceux dont les capa­ci­tés à ce jeu très ancien relèvent du « divin  », selon l’association sud-coréenne du go. Celle-ci a annon­cé la dis­tinc­tion avant la cin­quième manche dis­pu­tée mar­di par le super ordi­na­teur et le cham­pion du monde de ce jeu inven­té il y a près de 3000 ans en Chine.

Les com­bats homme-ordi­na­teur fas­cinent depuis des décen­nies. Déjà en 1959, une femme se confron­tait à une machine dans un jeu des deux doigts. On note­ra aus­si, en pas­sant, qu’entre la machine et la femme-potiche à deux doigts, se dres­sait déjà un erec­tus du modèle domi­nant.

© Docu­ment Ina, 1959

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« Pas de ça chez nous ! » Quand les bourgeois du XVIe parisien puent du bec

En sou­le­vant le cou­vercle de la sou­pière de por­ce­laine, on a décou­vert un pot de chambre et ses relents. C’était lun­di 14 mars au soir, la mai­rie de Paris orga­ni­sait une réunion publique d’information sur le centre d’hébergement d’urgence devant être ins­tal­lé d’ici l’été en lisière du bois de Bou­logne, – “à deux pas de l’hippodrome d’Auteuil, du musée Mar­mot­tan et des jar­dins du Rane­lagh”, pré­cise judi­cieu­se­ment Le Figa­ro.

Alors que les débats auraient dû se tenir pen­dant deux heures entre les habi­tants mécon­tents et les repré­sen­tants de la ville de Paris, ils ont dû être écour­tés au bout de 15 minutes pour cause de débor­de­ments. Quand la bour­geoi­sie du XVIe sort de ses gonds, elle se révèle dans sa nue cru­di­té.

C’est d’abord au pré­fet de Paris, Sophie Bro­cas, que les “révol­tés” s’en prennent. Et en termes par­ti­cu­liè­re­ment châ­tiés. Échan­tillons : “Escroc”, ”fils de pute”, “men­teur”, “col­la­bo”, “sta­li­nien”, ”ven­du”, “salo­pard”, “salope”, “Sophie Bro­cas caca ! » …

Accla­mé par la foule en furie, Claude Goas­guen, maire d’arrondissement LR et prin­ci­pal élu local oppo­sé au pro­jet, a rehaus­sé le niveau sur le mode sédi­tieux, encou­ra­geant ses par­ti­sans à “dyna­mi­ter” la pis­cine ins­tal­lée à proxi­mi­té du futur centre d’hébergement, pré­ci­sant Ne vous gênez pas, mais ne vous faites pas repé­rer ».

Pour com­men­ter pareil évé­ne­ment, France Inter a invi­té à son micro la « socio­logue des riches », Monique Pin­çon-Char­lot, qui a assis­té à cette réunion et n’en revient pas, elle qui en a pour­tant remué du beau linge. Cette fois, pour l’effet camé­léon, elle avait même revê­tu un petit man­teau de four­rure… syn­thé­tique… Voi­ci son récit, gran­diose !

Petit flo­ri­lège com­plé­men­taire ici.

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Fukushima, 11 mars 2011. Monsieur L’Homme voit du nucléaire partout

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© Faber, 2016

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« Merci Patron ! » La belle arnaque

Mer­ci Patron !, un film plus que sym­pa et qui connaît un beau suc­cès depuis sa sor­tie fin février. C’est l’éternelle his­toire des David et Goliath, des pots de terre et de fer. Trai­té ici sur le mode « sérieux décon­nant », entre Michael Moore et Jean-Yves Lafesse, par Fran­çois Ruf­fin, rédac’ chef du jour­nal amié­nois Fakir. 

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l’affiche

Joce­lyne et Serge Klur fabri­quaient des cos­tumes Ken­zo à Poix-du-Nord, près de Valen­ciennes. Depuis la délo­ca­li­sa­tion de leur usine vers la Pologne, le couple est au chô­mage et cri­blé de dettes. Fran­çois Ruf­fin va suivre ce couple et par­tir « dans une course pour­suite humo­ris­tique avec Ber­nard Arnault, l’homme le plus riche de France » dont le groupe est pro­prié­taire de l’usine. Scènes sur­réa­listes et qui­pro­quos en cas­cades, Mer­ci Patron ! se trans­forme en « film d’espionnage ».

« On ne pen­sait même pas faire un film mais avec l’histoire qui se dérou­lait sous nos yeux c’est deve­nu impos­sible de ne pas le faire ! » raconte Johan­na, de l’équipe de Fakir. Por­té par l’association Fakir, le film a séduit cri­tiques et médias. Il a même eut droit à une double page dans Le Monde qu’il qua­li­fie de « chef-d’œuvre du genre ».

Pour­tant, tout n’était pas gagné. Le film qui comp­tait sur l’aide finan­cière du Centre natio­nal du ciné­ma voit sa demande reje­tée. L’équipe décide de pas­ser outre les aides tra­di­tion­nelles et se tourne vers le finan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif. Grâce aux 21 000 € des contri­bu­teurs Ulule et une levée de fonds auprès des abon­nés de Fakir, le film ver­ra le jour. Une levée de fonds pour une levée de fronde : la bonne idée pour une belle arnaque !

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« Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

3/5/16 La sous­crip­tion est close. Grand mer­ci aux valeu­reux contri­bu­teurs qui ont per­mis la publi­ca­tion de ce modeste ouvrage. Des exem­plaires res­tent dis­po­nibles, en vente ci-contre (colonne de droite).

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Mer­ci encore !

Fran­çois et Gérard Pon­thieu

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Fukushima, cinq ans après : « Ça s’arrose » à l’Écomotive de Marseille

Cinq ans après Fuku­shi­ma, trente après Tcher­no­byl, « ça s’arrose » !… On aime­rait en rire, si ces deux anni­ver­saires n’étaient syno­nymes de drames et de dévas­ta­tions. Ce ven­dre­di 11 mars à Mar­seille (et ailleurs aus­si *), la coopé­ra­tive d’Europe Éco­lo­gie-Les Verts orga­nise une soi­rée Fuku­shi­ma (pro­gramme ci-contre) afin de rap­pe­ler que, par ses consé­quences incal­cu­lables et son éta­le­ment dans la durée, une catas­trophe nucléaire n’est com­pa­rable à aucune autre catas­trophe indus­trielle ou natu­relle.

Ven­dre­di à Mar­seille – Dans le cadre de l’appel de Bru­no Bous­sa­gol pour l’organisation de 1 000 évè­ne­ments cultu­rels en France pour com­mé­mo­rer les 5 ans de Fuku­shi­ma et les 30 ans de Tcher­no­byl, la coopé­ra­tive EELV PACA orga­nise à Mar­seille à l’Éco­mo­tive, ven­dre­di 11 mars à par­tir de 18H30, une soi­rée cultu­relle Fuku­shi­ma, à entrée libre mais limi­tée en nombre de places.

acteurs_réacteursAu pro­gramme :  18h 30  accueil musi­cal par l’orchestre du  Bam­boo Orches­tra. 19 h  lec­ture théâ­tra­li­sée d’extraits de la pièce d’Alain Per­sat « Acteurs Réac­teurs », créée en 2015 sur le thème du nucléaire. 19h 45 débat sur des solu­tions alter­na­tives aux éner­gies nucléaires et fos­siles, qui peuvent être mises en œuvre à l’échelle d’une famille ou d’une col­lec­ti­vi­té. Vers 20h 30, repas bio végé­ta­rien et local autour d’une grande table.

Pré-réser­va­tion néces­saire ici.

Un rap­pel salu­taire au moment où le risque nucléaire revient sur le devant de la scène. Notam­ment avec le pro­jet de pro­lon­ger de dix ans la durée d’exploitation des réac­teurs du parc fran­çais vieillis­sant (58 réac­teurs, plus l’EPR de Fla­man­ville en cours de construc­tion pro­blé­ma­tique). Et cela au moment où la Suisse, l’Allemagne et le Luxem­bourg demandent la fer­me­ture à court terme des cen­trales fron­ta­lières de Fes­sen­heim, Bugey et Cat­te­nom. Au moment encore où EDF se voit ployer sous la charge finan­cière cumu­lée de trois « héri­tages » : remise aux normes du parce nucléaire de l’après-Fukushima ; reprise par­tielle des acti­vi­tés d’Areva – et de sa faillite ; casse-tête des EPR en pro­jet (Grande-Bre­tagne, Chine) et en construc­tion plus que pro­blé­ma­tique (Fin­lande, France) – avec démis­sion du direc­teur finan­cier de l’électricien…

La bonne nou­velle de ce fatras, si on ose dire, c’est que « notre » élec­tri­ci­té si appa­rem­ment « com­pé­ti­tive » va aug­men­ter sale­ment dans les mois et années qui viennent (de 30 à 50 % !). Bonne nou­velle en ce sens que le coût réel du nucléaire se dévoi­le­ra dans sa réa­li­té crue face aux éner­gies alter­na­tives renou­ve­lables. Dès lors, les choix éner­gé­tiques appa­raî­tront sans doute, il faut l’espérer, plus évi­dents.

Fuku­shi­ma : 11 mars 2011, les réac­teurs 1, 2 et 3 et la pis­cine de désac­ti­va­tion du réac­teur 4 de la cen­trale nucléaire japo­naise de Fuku­shi­ma Daii­chi sont atteints par un séisme majeur puis d’un tsu­na­mi. Des incen­dies sui­vis d’explosions vont contri­buer à rui­ner défi­ni­ti­ve­ment les ins­tal­la­tions et relâ­cher des quan­ti­tés mas­sives d’effluents radio­ac­tifs gazeux et liquides.

Toute une région s’est trou­vée rui­née : popu­la­tion éva­cuée, conta­mi­na­tion des per­sonnes, des ani­maux et des plantes; agri­cul­ture et pêche rui­nées, terres conta­mi­nées par la radio­ac­ti­vi­té, rejets toxiques dans l’air et dans la mer. Les consé­quences d’une telle catas­trophe sont humai­ne­ment inac­cep­tables.

Sur les 300 000 per­sonnes de la pré­fec­ture de Fuku­shi­ma qui ont éva­cué la zone, jusqu’en août 2013, d’après les chiffres de la Croix-Rouge, approxi­ma­ti­ve­ment 1 600 morts seraient liées aux condi­tions d’évacuation, comme l’hébergement en abris d’urgence ou en loge­ment tem­po­raire, l’épuisement dû aux dépla­ce­ments, l’aggravation de mala­dies exis­tantes consé­cu­tives à la fer­me­ture d’hôpitaux, les sui­cides, etc. Un éva­lua­tion qui est com­pa­rable aux 1 599 décès direc­te­ment cau­sés par le séisme et le tsu­na­mi dans la pré­fec­ture de Fuku­shi­ma, en 2011. De nom­breuses muni­ci­pa­li­tés refusent d’indiquer la cause exacte du décès, afin de ne pas per­tur­ber les futures pro­jec­tions de demande d’indemnisation des familles pour le pre­tium dolo­ris.

Outre ces décès dans la pré­fec­ture de Fuku­shi­ma, on compte 869 décès dans la pré­fec­ture de Miya­gi et 413 dans celle d’Iwate.

En juin 2013, pour la seule pré­fec­ture de Fuku­shi­ma, 150 000 per­sonnes étaient encore « réfu­giées ». Selon la Croix-Rouge, outre leurs condi­tions de vie dif­fi­ciles, ces réfu­giés sont affec­tés par l’incertitude sur la date ou la pos­si­bi­li­té d’un retour dans leur habi­ta­tion d’origine. [Wiki­pe­dia].

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« Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl » – derniers jours pour sourscrire

Avis à la popu­la­tion, aux dis­traits, aux oublieux : la sous­crip­tion pour la publi­ca­tion d’un album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986) est tou­jours ouverte. Mais plus que pour quelques jours ! Ce pro­jet rejoint l’appel à l’organisation de 1 000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire, entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril (30 ans après Tcher­no­byl).

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Vous pou­vez par­ti­ci­per en cli­quant sur le lien d’une cagnotte élec­tro­nique sécu­ri­sée :

https://www.leetchi.com/c/30-ans-apres-tchernobyl

Vous pou­vez aus­si adres­ser un chèque ou un billet à mon adresse : Gérard Pon­thieu, 102, rue Jules-Mou­let 13006 Mar­seille.

En contri­buant pour 20 euros, vous rece­vrez l’album chez vous en avant pre­mière (nous vous deman­de­rons alors votre adresse pos­tale par cour­riel). Si vous don­nez plus, vous rece­vrez autant d’exemplaires que de tranches de 20 euros. Vous figu­re­rez aus­si dans la liste des sous­crip­teurs et serez tenus au cou­rant des étapes de fabri­ca­tion, puis de dif­fu­sion de cet album.

À par­tir du lien ci-des­sus, vous trou­ve­rez plus d’information sur cette créa­tion de qua­li­té, à tirage limi­té. Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ».

Mer­ci d’avance pour votre sou­tien !

Fran­çois et Gérard Pon­thieu

Gerard Pon­thieu

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Cologne, suite. L’écrivain algérien Kamel Daoud  « fatwatisé » par des intellectuels français

Une deuxième fat­wa vient de frap­per l’écrivain et jour­na­liste algé­rien Kamel Daoud [voir ici et ], à pro­pos de son ana­lyse des vio­lences sexuelles du Nou­vel an à Cologne. Cette nou­velle condam­na­tion émane d’une sorte de secte laïque ras­sem­blant une poi­gnée d’« intel­lec­tuels auto­pro­cla­més » à qui Le Monde a prê­té ses colonnes.

Les signa­taires du « Col­lec­tif  »Nou­red­dine Ama­ra (his­to­rien), Joel Bei­nin (his­to­rien), Hou­da Ben Hamou­da (his­to­rienne), Benoît Chal­land (socio­logue), Joce­lyne Dakh­lia (his­to­rienne), Sonia Dayan-Herz­brun (socio­logue), Muriam Haleh Davis (his­to­rienne), Giu­lia Fab­bia­no (anthro­po­logue), Dar­cie Fon­taine (his­to­rienne), David Theo Gold­berg (phi­lo­sophe), Ghas­san Hage (anthro­po­logue), Laleh Kha­li­li (anthro­po­logue), Tris­tan Leper­lier (socio­logue), Nadia Mar­zou­ki (poli­tiste), Pas­cal Méno­ret (anthro­po­logue), Sté­pha­nie Poues­sel (anthro­po­logue), Eli­za­beth Shak­man Hurd (poli­tiste), Tho­mas Serres (poli­tiste), Seif Sou­da­ni (jour­na­liste).

Dans l’édition du 12 février, sous le titre « Les fan­tasmes de Kamel Daoud », ce « col­lec­tif » lan­çait son ana­thème, excluant de son cénacle « cet huma­niste auto­pro­cla­mé ». Le mépris de l’expression dévoi­lait, dès les pre­mières lignes de la sen­tence, l’intention mal­veillante des juges. Les lignes sui­vantes confir­maient une condam­na­tion sans appel : « Tout en décla­rant vou­loir décons­truire les cari­ca­tures pro­mues par  » la droite et l’extrême droite « , l’auteur recycle les cli­chés orien­ta­listes les plus écu­lés, de l’islam reli­gion de mort cher à Ernest Renan (1823-1892) à la psy­cho­lo­gie des foules arabes de Gus­tave Le Bon (1841-1931). »

Que veulent donc dire, ces socio­lo­gi­sants ensou­ta­nés, par leur atten­du si tran­chant ? 1) Que Daoud rejoint « la droite et l’extrême droite »… 2) …puisqu’il « recycle les cli­chés orien­ta­listes les plus écu­lés, de l’islam reli­gion de mort »… 3) cli­chés anciens « chers » à Renan et Le Bon… 4)… ces vieille­ries datées (dates à l’appui) et donc obso­lètes… 5)… tan­dis que leur « socio­lo­gie » à eux, hein !

Nos inqui­si­teurs reprochent au jour­na­liste algé­rien d’essen­tia­li­ser « le monde d’Allah », qu’il rédui­rait à un espace res­treint (le sien, décrit ain­si avec condes­cen­dance : « Cer­tai­ne­ment mar­qué par son expé­rience durant la guerre civile algé­rienne (1992-1999) [C’est moi qui sou­ligne, et même deux fois, s’agissant du mot expé­rience, si déli­ca­te­ment choi­si] Daoud ne s’embarrasse pas de nuances et fait des isla­mistes les pro­mo­teurs de cette logique de mort. »), selon une « approche cultu­ra­liste ». En cela, ils rejoignent les posi­tions de l’essayiste amé­ri­ca­no-pales­ti­nien Edward Saïd pour qui l’Orient serait une fabri­ca­tion de l’Occident post-colo­nia­liste. Comme si les cultures n’existaient pas, jusqu’à leurs dif­fé­rences ; de même pour les civi­li­sa­tions, y com­pris la musul­mane, bien enten­du.

"Que se cache donc derrière le mysticisme des fascistes, ce mysticisme qui fascinait les masses ?" W. Reich

« Que se cache donc der­rière le mys­ti­cisme des fas­cistes, ce mys­ti­cisme qui fas­ci­nait les masses ? » W. Reich

À ce pro­pos, reve­nons aux com­pères Renan et Le Bon, en effet contem­po­rains et nul­le­ment arrié­rés comme le sous-entendent nos néo-aya­tol­lahs. Je garde les meilleurs sou­ve­nirs de leur fré­quen­ta­tion dans mes années « sex­po­liennes » – sexo-poli­tiques et rei­chiennes –, lorsque l’orthodoxie mar­xiste se trou­va fort ébran­lée, à par­tir de Mai 68 et bien au-delà. Pour un peu je reli­rais cette Vie de Jésus, d’Ernest Renan, dont Reich s’était notam­ment ins­pi­ré pour écrire Le Meurtre du Christ ; de même, s’agissant de Psy­cho­lo­gie des foules, de Gus­tave Le Bon, dont on retrouve de nom­breuses traces dans Psy­cho­lo­gie de masse du fas­cisme du même Wil­helm Reich. Les agres­sions de Cologne peuvent être ana­ly­sées selon les cri­tères rei­chiens du refou­le­ment sexuel et des cui­rasses carac­té­rielle et cor­po­relle pro­pices aux enrô­le­ments dans les idéo­lo­gies fas­cistes et mys­tiques. Ces cri­tères – avan­cés à sa manière par Kamel Daoud – ne sont pas uniques et ne sau­raient nier les réa­li­tés « objec­tives » des condi­tions de vie – elles se ren­forcent mutuel­le­ment. Tan­dis que les accu­sa­teurs de Daoud semblent igno­rer ces com­po­santes psy­cho-sexuelles et affec­tives.

Trai­té comme un arrié­ré, Daoud est ain­si accu­sé de psy­cho­lo­gi­ser les vio­lences sexuelles de Cologne, et d’« effa­cer les condi­tions sociales, poli­tiques et éco­no­miques qui favo­risent ces actes ». Lamen­table retour­ne­ment du pro­pos – selon une argu­men­ta­tion qui pour­rait se retour­ner avec per­ti­nence !

Enfin, le jour­na­liste algé­rien se trouve taxé d’isla­mo­pho­bie… Accu­sa­tion défi­ni­tive qui, en fait, à relire ces com­pères, se situe à l’origine de leur attaque. Ce « sport de com­bat » désor­mais à la mode, inter­dit toute cri­tique de fond et clôt tout débat d’idées.

Le « double fat­wa­ti­sé » pour­ra cepen­dant trou­ver quelque récon­fort dans des articles de sou­tien. Ain­si, celui de Michel Guer­rin dans Le Monde du 27 février. Le jour­na­liste rap­pelle que Kamel Daoud a déci­dé d’arrêter le jour­na­lisme pour se consa­crer à la lit­té­ra­ture. « Il ne change pas de posi­tion mais d’instrument. » « Ce retrait, pour­suit-il, est une défaite. Pas la sienne. Celle du débat. Il vit en Algé­rie, il est sous le coup d’une fat­wa depuis 2014, et cela donne de la chair à ses convic­tions. Du reste, sa vision de l’islam est pas­sion­nante, hors normes, car elle divise la gauche, les fémi­nistes, les intel­lec­tuels. Une grande par­tie de la socio­lo­gie est contre lui mais des intel­lec­tuels afri­cains saluent son cou­rage, Libé­ra­tion l’a défen­du, L’Obs aus­si, où Jean Daniel retrouve en lui “toutes les grandes voix fémi­nistes his­to­riques”. […] Ain­si va la confré­rie des socio­logues, qui a le nez rivé sur ses sta­tis­tiques sans prendre en compte “la chair du réel”, écrit Aude Lan­ce­lin sur le site de L’Obs, le 18 février. »

Ain­si, cette remar­quable tri­bune de la roman­cière fran­co-tuni­sienne Faw­zia Zoua­ri, dans Libé­ra­tion du 28 février, rétor­quant aux accu­sa­teurs :

« Voi­là com­ment on se fait les alliés des isla­mistes sous cou­vert de phi­lo­so­pher… Voi­là com­ment on réduit au silence l’une des voix dont le monde musul­man a le plus besoin. »

 


Faw­zia Zoua­ri : « Il faut dire qu’il y a un... par fran­cein­ter

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Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl

Nous avons – mon fils Fran­çois et moi-même – sai­si au vol cette sug­ges­tion d’un ami : mar­quer le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986) par la publi­ca­tion d’un album pho­tos et texte. D’autant que cette idée rejoint l’appel à l’organisation de 1 000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire, entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril (30 ans après Tcher­no­byl).

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Nous nous sommes donc lan­cés dans l’ouvrage, qui est prêt – du moins «sur les écrans ». Nous avons juste un peu modé­ré l’élan avant de pas­ser au papier d’édition…D’où cet appel à sou­te­nir l’initiative. D’où cette sous­crip­tion afin recueillir les fonds néces­saires à la publi­ca­tion puis la dif­fu­sion dans le cadre de cette cam­pagne anti-nucléaire.

Vous pou­vez par­ti­ci­per en cli­quant sur le lien d’une cagnotte élec­tro­nique sécu­ri­sée :

https://www.leetchi.com/c/30-ans-apres-tchernobyl

Vous pou­vez aus­si adres­ser un chèque ou un billet à mon adresse : Gérard Pon­thieu, 102, rue Jules-Mou­let 13006 Mar­seille.

En contri­buant pour 20 euros, vous rece­vrez l’album chez vous en avant pre­mière (nous vous deman­de­rons alors votre adresse pos­tale par cour­riel).

Si vous don­nez plus, vous rece­vrez autant d’exemplaires que de tranches de 20 euros. Vous figu­re­rez aus­si dans la liste des sous­crip­teurs et serez tenus au cou­rant des étapes de fabri­ca­tion, puis de dif­fu­sion de cet album.

À par­tir du lien ci-des­sus, vous trou­ve­rez plus d’information sur cette créa­tion de qua­li­té, à tirage limi­té. Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ».

Mer­ci d’avance pour votre sou­tien !

Fran­çois et Gérard Pon­thieu

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Le Bonheur selon Bouygues

C’est loin Demain ? Pour Bouygues Immo­bi­lier, c’est déjà la réa­li­té – au moins vir­tuelle. Voi­ci le « pitch » de la vidéo ci-des­sous (datée de 2014) :

Le blog Demain La Ville vous pré­sente la ville de demain. Ville durable, connec­tée et intel­li­gente, telles sont les inno­va­tions urbaines qui per­met­tront d’améliorer la qua­li­té de vie dans la ville du futur. Rendre une ville har­mo­nieuse et agréable à vivre où la qua­li­té de l’air sera pri­mor­diale avec la construc­tion de bâti­ments verts, telles seront les pré­oc­cu­pa­tions majeures de la ville de demain.

Magni­fique, n’est-ce pas ? Orwell s’en retourne dans sa tombe.

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Théâtre. Quand Kamel Daoud rejoue Camus et « la mort de l’Arabe »

Kamel Daoud, jour­na­liste et écri­vain algé­rien (né en 1970), fait beau­coup par­ler de lui par les temps qui courent. Et pour de bonne rai­sons, comme je l’ai sou­li­gné ici-même à pro­pos de ses ana­lyses et cou­ra­geuses prises de posi­tion concer­nant l’islamisme – qu’il qua­li­fie de « por­no-isla­misme » ; mais aus­si pour son livre, Meur­sault, contre-enquête [Éd. Bar­zakh, Alger, 2013 et Actes Sud 2014] , dis­tin­gué par le Prix Gon­court du pre­mier roman. C’est sur cet ouvrage que je reviens ici par le biais de l’adaptation théâ­trale qui en a été réa­li­sée par Phi­lippe Ber­ling, du Théâtre Liber­té à Tou­lon, sous le titre Meur­saults – avec un s plu­riel et énig­ma­tique – et dont cinq repré­sen­ta­tions ont été don­nées à Mar­seille*.

Le roman, et donc la pièce, s’inspirent de L’Étranger, le livre le plus lu d’Albert Camus – d’ailleurs éga­le­ment adap­té au ciné­ma [en 1967, par Luchi­no Vis­con­ti, avec Mar­cel­lo Mas­troian­ni dans le rôle-titre]. Daoud reprend la « matière » de L’Étranger et en par­ti­cu­lier l’acte cen­tral du roman, le meurtre de l’Arabe par Meur­sault. Le drame et ses consé­quences, on va les revivre dans le regard incon­so­lé de Haroun, le frère de Mous­sa, la vic­time.

Ce ren­ver­se­ment de point de vue n’exclut nul­le­ment le thème de l’absurde, cher à Camus ; mais il se trouve quand même détour­né : quand Haroun tue à son tour un Fran­çais, il intro­duit dans son geste le poi­son de la ven­geance – de fait raciale, sinon raciste – et, du coup, celui de la pré­mé­di­ta­tion. Il ne s’agit donc plus d’un meurtre « inex­pli­cable », qua­si­ment gra­tuit en quelque sorte, mais d’un assas­si­nat. La « nuance » n’est pas que juri­dique, elle rejoint davan­tage le sor­dide d’un « fait divers ». Mais Daoud n’en reste pas là, don­nant à son per­son­nage sa dimen­sion réel­le­ment tra­gique. On entre alors dans une autre fic­tion, et au cœur de la pièce.

meursaults

Ph. d.r.

La scène se situe au len­de­main de l’indépendance, dans la cour d’une mai­son sans doute aban­don­née par les anciens colons. Deux murs, deux portes, un citron­nier, un ren­fle­ment de terre dont on sau­ra qu’il s’agit d’une tombe. Elle, c’est la mère, muette, qui chan­tonne ou pousse des cris de déchi­re­ment. Lui, son seul fils désor­mais. Un dia­logue à demi-ver­bal, si on peut dire, à par­tir d’un mono­logue char­gé comme une confes­sion : confi­dences, aveux, cris de révolte irré­pres­sible. Haroun : « Un souffle rauque tra­verse ma mémoire, tan­dis que le monde se tait. » Aus­si se sai­sit-il de la parole pour ne plus la lâcher, dans une langue qui – il le sou­ligne – lui a été impo­sée, mais dont il aime se ser­vir à des­sein. C’est celle du meur­trier de son frère, celle aus­si de sa vic­time expia­trice qui gît là, sous le citron­nier char­gé de fruits. Absur­di­té encore qui oppose la vie et la mort. Des images naissent sur les murs de tor­chis blanc, fan­to­ma­tiques por­traits du frère et de la bien-aimée, écrans de la mémoire écor­chée où les appels à la vie s’abîment contre les atro­ci­tés de la guerre.

Mas­troian­ni sur le tour­nage de L’étranger
24 février 1967- 6min 53s

Scènes de tour­nage du film. Emma­nuel Robles com­mente les images. Mas­troian­ni parle du per­son­nage de Meur­sault. Vues d’Alger. Vis­con­ti tourne les scènes de la condam­na­tion de Meur­sault et explique ce qui l’a atti­ré dans le roman de Camus. Mas­troian­ni tourne l’accusé entrant dans le boxe. [© Ina, 1967]

Il y a beau­coup de Camus dans ce remue­ment, bien sûr. La propre mère de l’écrivain – presque sourde, elle, et si peu par­lante éga­le­ment ; son frère mort lui aus­si ; le père tué en 14. Plus encore quand Haroun, l’Algérien, se pré­sente comme « ni col­la­bo, ni moud­ja­hi­din ». On se sou­vient du Camus rêvant d’une sorte d’Algé­rie fran­co-algé­rienne, comme une fédé­ra­tion des cœurs pour la paix. Uto­pie ? Les idéo­lo­gies, en tout cas, n’en vou­lurent rien savoir – sur­tout pas ! –, leur oppo­sant la vio­lence, la mort.

Dans ce texte, on retrouve aus­si du Camus de Noces et des extases de Tipa­sa, son appel à la jouis­sance de la vie, dans l’urgence de l’instant, liée à la fata­li­té de la mort. Il y a même une pro­jec­tion dans l’inéluctable avec ce rejet des cœurs et de la paix, cette nos­tal­gie des (courts) len­de­mains de guerre et des pos­sibles, « quand on pou­vait s’enlacer en public, pas comme aujourd’hui. »

daoud-camus / Anna Andreotti et Ahmed Benaïssa, (Ph. d.r.)

Anna Andreot­ti et Ahmed Benaïs­sa, (Ph. d.r.)

Un fort moment de théâtre por­té par deux beaux comé­diens : Ahmed Benaïs­sa, met­teur en scène, acteur et ancien direc­teur de théâtre algé­rien ; Anna Andreot­ti, comé­dienne et chan­teuse ita­lienne. La touche de vidéo dans le décor est par­ti­cu­liè­re­ment réus­sie, tan­dis qu’une lumière moins froide aurait mieux évo­qué le soleil de « là-bas » et son impor­tance dra­ma­tur­gique, chez Camus comme chez Daoud.

Une tour­née est annon­cée dans les Centres cultu­rels fran­çais d’Algérie, juste retour aux sources, dans une his­toire tou­jours inache­vée. En fait, deux his­toires mêlées que pro­longe cette pièce dans laquelle le met­teur en scène, Phi­lippe Ber­ling, veut voir « la richesse du post colo­nia­lisme ».

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Syrie. Alep bientôt rayée de la carte, comme Homs ?

L’offensive du régime syrien et de son allié russe dans la pro­vince d’Alep a pro­vo­qué l’exode de plu­sieurs dizaines de mil­liers de Syriens vers la Tur­quie. Près de 60 000 sont mas­sés à la fron­tière turque res­tée fer­mée. Un afflux qui fait craindre une aggra­va­tion de la crise des réfu­giés, que ce soit en Tur­quie qui en accueille déjà 2,5 mil­lions, ou en Europe.

En Syrie, qui comp­tait quelque 23 mil­lions d’habitants avant le conflit, 13,5 mil­lions de per­sonnes sont affec­tées ou dépla­cées par la guerre, selon les der­niers chiffres de l’ONU. Par­mi eux, envi­ron 8 mil­lions se trouvent tou­jours en Syrie. Car tous n’ont pas quit­té le pays : en fait, la majo­ri­té des per­sonnes jetées sur les routes par la guerre sont dépla­cées à l’intérieur des fron­tières syriennes. Elles ont fui les vio­lences et les bom­bar­de­ments.

La vidéo ci-des­sous est hal­lu­ci­nante. Elle montre un champ de ruines. C’est tout ce qu’il reste de Homs, la troi­sième ville syrienne meur­trie par cinq années de conflit. Cette vidéo a été réa­li­sée par un drone russe, pro­ba­ble­ment à des fins de pro­pa­gande pour légi­ti­mer l’intervention russe en Syrie. Quelle légi­ti­mi­té pour­rait encore émer­ger de ces décombres ? Alep pour­rait subir le même sort que Homs, bien que pour le moment les affron­te­ments soient limi­tés à un quar­tier.

Peu­plée de près d’un mil­lion d’habitants, Homs a sou­vent été consi­dé­rée comme le bas­tion des rebelles dès le début du conflit, en 2011. Ce n’est que le 1er décembre 2015 qu’un accord de capi­tu­la­tion a été signé, sous l’égide de l’ONU.

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Kamel Daoud et les agressions de Cologne. Le « porno-islamisme » s’en prend à la femme autant qu’à la vie

Pour­quoi les isla­mistes détestent-ils autant les femmes ? Pour­quoi refusent-ils qu’elles prennent le volant, portent des jupes courtes, aiment libre­ment  ? Autant de ques­tions qui inter­pellent et dérangent l’islam des extrêmes et, par delà, l’islam en lui-même ain­si que les autres reli­gions mono­théistes. Le jour­na­liste-écri­vain algé­rien Kamel Daoud est l’un des tout pre­miers et trop rares intel­lec­tuels du monde musul­man à affron­ter de face ces ques­tions esqui­vées par les reli­gions – sans doute parce qu’elles leur sont consti­tu­tives. Aujourd’hui, à pro­pos des agres­sions sexuelles de femmes fin décembre à Cologne, il accuse le « por­no-isla­misme » et inter­pelle le regard de l’Occident por­té sur l’ « immi­gré », cet « autre », condam­né autant à la répro­ba­tion qu’à l’incompréhension.

Kamel Daoud, 2015 © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

Kamel Daoud, 2015 © Claude Truong-Ngoc / Wiki­me­dia Com­mons

S’inter­ro­ger vala­ble­ment sur l’islam conduit à décryp­ter les méca­nismes de haine à l’œuvre dans les dis­cours reli­gieux. Ce qui, par ces temps de fana­tisme assas­sin, ne va pas sans risques. Sur­tout si on touche aux fon­da­men­taux. Ain­si, le 3 décembre 2014 dans l’émission de Laurent Ruquier On n’est pas cou­ché sur France 2, Kamel Daoud déclare à pro­pos de son rap­port à l’islam :

« Je per­siste à le croire : si on ne tranche pas dans le monde dit arabe la ques­tion de Dieu, on ne va pas réha­bi­li­ter l’homme, on ne va pas avan­cer. La ques­tion reli­gieuse devient vitale dans le monde arabe. Il faut qu’on la tranche, il faut qu’on la réflé­chisse pour pou­voir avan­cer. »

Quelques jours plus tard, Daoud est frap­pé d’une fat­wa par un imam sala­fiste, appe­lant à son exé­cu­tion « pour apos­ta­sie et héré­sie ». Depuis, le jour­na­liste, chro­ni­queur au Quo­ti­dien d’Oran, est pla­cé sous pro­tec­tion poli­cière, avec toutes les contraintes qui s’ensuivent – Sal­man Rush­die, depuis la Grande-Bre­tagne, en sait quelque chose…

En juin der­nier, dans un entre­tien à L’Humanité (2/06/15), Kamel Daoud insis­tait sur la ques­tion de la place – si on peut dire – de la femme dans l’islam :

«Le rap­port à la femme est le nœud gor­dien, en Algé­rie et ailleurs. Nous ne pou­vons pas avan­cer sans gué­rir ce rap­port trouble à l’imaginaire, à la mater­ni­té, à l’amour, au désir, au corps et à la vie entière. Les isla­mistes sont obsé­dés par le corps des femmes, ils le voilent car il les ter­ri­fie. Pour eux, la vie est une perte de temps avant l’éternité. Or, qui repré­sente la per­pé­tua­tion de la vie ? La femme, le désir. Donc autant les tuer. J’appelle cela le por­no-isla­misme. Ils sont contre la por­no­gra­phie et com­plè­te­ment por­no­graphes dans leur tête. (…) Quand les hommes bougent, c’est une émeute. Quand les femmes sont pré­sentes, c’est une révo­lu­tion. Libé­rez la femme et vous aurez la liber­té.  »

Ces jours-ci, dans un article publié en Ita­lie dans le quo­ti­dien La Repub­bli­ca et repris par Le Monde (31/01/16), Kamel Daoud revient à nou­veau sur la ques­tion de la femme en islam, cette fois sous l’actualité brû­lante des évé­ne­ments de la saint-Syl­vestre à Cologne. Il pousse son ana­lyse sous l’angle des « jeux de fan­tasmes des Occi­den­taux », « jeu d’images que l’Occidental se fait de l’« autre », le réfu­gié-immi­gré : angé­lisme, ter­reur, réac­ti­va­tion des peurs d’invasions bar­bares anciennes et base du binôme bar­bare-civi­li­sé. Des immi­grés accueillis s’attaquent à « nos » femmes, les agressent et les violent. »

meursaultsJour­na­liste et essayiste algé­rien, chro­ni­queur au Quo­ti­dien d’Oran, Kamel Daoud est notam­ment l’auteur de Meur­sault, contre-enquête (Actes Sud, 2014), Prix Gon­court du pre­mier roman. Il s’agit d’une sorte de contre­point à L’Étranger de Camus. Phi­lippe Ber­ling en a tiré une pièce, Meur­saults, jouée jusqu’au 6 février au Théâtre des Ber­nar­dines à Mar­seille.

Daoud ne cherche pas d’excuses aux agres­seurs mais s’essaie à com­prendre, à expli­quer – ce qui ne sau­rait plaire à Valls ! Donc, il rejette cette « naï­ve­té », cet angé­lisme pro­je­té sur le migrant par le regard occi­den­tal, qui « voit, dans le réfu­gié, son sta­tut, pas sa culture […] On voit le sur­vi­vant et on oublie que le réfu­gié vient d’un piège cultu­rel que résume sur­tout son rap­port à Dieu et à la femme. »

Il pour­suit : « Le réfu­gié est-il donc « sau­vage » ? Non. Juste dif­fé­rent, et il ne suf­fit pas d’accueillir en don­nant des papiers et un foyer col­lec­tif pour s’acquitter. Il faut offrir l’asile au corps mais aus­si convaincre l’âme de chan­ger. L’Autre vient de ce vaste uni­vers dou­lou­reux et affreux que sont la misère sexuelle dans le monde ara­bo-musul­man, le rap­port malade à la femme, au corps et au désir. L’accueillir n’est pas le gué­rir. »

Daoud refor­mule sa « thèse » :

« Le rap­port à la femme est le nœud gor­dien, le second dans le monde d’Allah [après la ques­tion de Dieu, Ndlr]. La femme est niée, refu­sée, tuée, voi­lée, enfer­mée ou pos­sé­dée. Cela dénote un rap­port trouble à l’imaginaire, au désir de vivre, à la créa­tion et à la liber­té. La femme est le reflet de la vie que l’on ne veut pas admettre. Elle est l’incarnation du désir néces­saire et est donc cou­pable d’un crime affreux : la vie. » « L’islamiste n’aime pas la vie. Pour lui, il s’agit d’une perte de temps avant l’éternité, d’une ten­ta­tion, d’une fécon­da­tion inutile, d’un éloi­gne­ment de Dieu et du ciel et d’un retard sur le ren­dez-vous de l’éternité. La vie est le pro­duit d’une déso­béis­sance et cette déso­béis­sance est le pro­duit d’une femme. »

Certes, une telle ana­lyse, par sa finesse et sa per­ti­nence, ne risque pas d’être enten­due par les fronts bas de l’extrême-droite – et pas seule­ment par eux. Ni chez les fana­tiques reli­gieux, bien sûr ; peut-être pas non plus chez ceux que l’on dit « modé­rés », tant la fron­tière peut être mince des uns aux autres. Alors, à qui s’adresse Daoud ? – et avec quelles chances d’être enten­du ? – quand il parle – naï­ve­ment ? – de « convaincre l’âme de chan­ger »… et quand il sou­ligne que « le sexe est la plus grande misère dans le « monde d’Allah » ?

Et de reve­nir sur« ce por­no-isla­misme dont font dis­cours les prê­cheurs isla­mistes pour recru­ter leurs « fidèles » :

« Des­crip­tions d’un para­dis plus proche du bor­del que de la récom­pense pour gens pieux, fan­tasme des vierges pour les kami­kazes, chasse aux corps dans les espaces publics, puri­ta­nisme des dic­ta­tures, voile et bur­ka. L’islamisme est un atten­tat contre le désir. Et ce désir ira, par­fois, explo­ser en terre d’Occident, là où la liber­té est si inso­lente. Car « chez nous », il n’a d’issue qu’après la mort et le juge­ment der­nier. Un sur­sis qui fabrique du vivant un zom­bie, ou un kami­kaze qui rêve de confondre la mort et l’orgasme, ou un frus­tré qui rêve d’aller en Europe pour échap­per, dans l’errance, au piège social de sa lâche­té : je veux connaître une femme mais je refuse que ma sœur connaisse l’amour avec un homme. »

Et, pour finir : « Retour à la ques­tion de fond : Cologne est-il le signe qu’il faut fer­mer les portes ou fer­mer les yeux ? Ni l’une ni l’autre solu­tion. Fer­mer les portes condui­ra, un jour ou l’autre, à tirer par les fenêtres, et cela est un crime contre l’humanité.

« Mais fer­mer les yeux sur le long tra­vail d’accueil et d’aide, et ce que cela signi­fie comme tra­vail sur soi et sur les autres, est aus­si un angé­lisme qui va tuer. Les réfu­giés et les immi­grés ne sont pas réduc­tibles à la mino­ri­té d’une délin­quance, mais cela pose le pro­blème des « valeurs » à par­ta­ger, à impo­ser, à défendre et à faire com­prendre. Cela pose le pro­blème de la res­pon­sa­bi­li­té après l’accueil et qu’il faut assu­mer. »

Où l’on voit que la « guerre » ne sau­rait conduire à la paix dans les cœurs… Dans ce pro­ces­sus his­to­rique mil­lé­naire par­cou­ru de reli­gions et de vio­lence, de conquêtes et de domi­na­tion, de refou­le­ments sexuels, de néga­tion de la femme et de la vie, de haines et de res­sen­ti­ments remâ­chés… de quel endroit de la pla­nète pour­ra bien sur­gir la sagesse humaine ?

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Marseille. Une (autre) origine du monde

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Concep­tion : Eli­za­beth Saint-Jalmes (sculp­tures), Mathilde Mon­freux (écri­ture). Avec : Jes­sy Coste, Gaëlle Pra­nal, Vir­gi­nie Tho­mas, Mathilde Mon­freux, Blan­dine Pinon, Eli­za­beth Saint-Jalmes. Musique : Fran­çois Ros­si (bat­teur). Spec­tacle pré­sen­té par Lieux publics, centre natio­nal de créa­tion en espace public.lieux p

Aujourd’hui, « Sirènes et midi net ». Tou­jours aus­si ins­pi­ré, essen­tiel : chaque pre­mier mer­cre­di du mois, à l’heure de l’alerte géné­rale, entre ses deux salves de sirènes hur­lantes, la magie du théâtre vient secouer la ville de sa quo­ti­dien­ne­té, de sa tor­peur. Avec effet rela­tif : il faut déjà être un peu éveillé pour ain­si se « kar­ché­ri­ser » le cer­veau. Deux ou trois cents braves, seule­ment, osent s’y ris­quer (sans risques), à l’heure où la nor­ma­li­té est à son ordi­naire ouvrage.

Des formes informes, des paquets d’entrailles, de la chair, de la viande, des glandes, de la cer­velle, du mou, du dégou­li­nant. Tout ça sur la scène, tout ce tas se met à trem­bler comme de la géla­tine, puis à remuer comme des paquets de boyaux tom­bés d’on ne sait quel ventre céleste ou chao­tique. C’est l’origine du monde, mais pas à la Cour­bet, bien avant, dans le grand coït créa­teur de la matière sans nom, l’innommable mag­ma. L’origine ou bien la fin, la der­nière apo­ca­lypse, comme celle qui nous guette ; celle que nous pré­disent radios, télés, gazettes, heure par heure, jour après jour. Ça pour­rait res­sem­bler à ça, et les êtres, dès lors – nous-mêmes – pour­rions nous trans­for­mer en mons­truo­si­tés ges­ti­cu­lantes, à bout de souffle, venant mou­rir-pour­rir sur le marbre, devant l’Opéra de Mar­seille, comme sur le billot d’un bou­cher sans pitié.

Pas drôle, hein ? Tan­dis qu’un bat­teur se déchaîne sur ses fûts et cym­bales, les paquets glo­bu­leux entrent en danse dans la transe.

Il faut être là, pour ces dix minutes d’opéra sau­vage, chaque pre­mier mer­cre­di du mois, devant l’Opéra de Mar­seille. Tout de même pas dur à rete­nir ! Et à noter pour des Mar­seillais de pas­sage.

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De la mort, de la célébrité, de l’actualité et des atrocités

Un mort par jour. Rec­ti­fi­ca­tif : un mort célèbre par jour. Pré­ci­sion : un mort média­ti­que­ment célé­bré. Affi­ne­ment : un mort pré­le­vé dans la Socié­té du Spec­tacle. Déve­lop­pe­ment.

Le hasard – ici heu­reuse et infaillible coïn­ci­dence – a fait que mon ami Robert Blon­din ait, outre-Atlan­tique, cou­su au même moment quelques pro­fondes réflexions autour de la mort, de la célé­bri­té et des trom­pettes de la renom­mée fus­ti­gées par le lumi­neux Bras­sens. Double occa­sion de « mou­rir moins bête », comme le clame un grin­çant feuille­ton quo­ti­dien sur Arte, se ter­mi­nant inva­ria­ble­ment par : « …oui, mais bon, vous mour­rez quand même ! »

Résu­mons, par ordre chro­no­lo­gique de décès (liste très pro­vi­soire) : Del­pech Michel (chan­teur), Bley Paul (pia­niste de jazz), Tur­cat André (pilote d’avion), Hun­ter Long John (blues­man), Gala­bru Michel (comé­dien), Bou­lez Pierre (musi­cien), Pam­pa­ni­ni Syl­va­na (actrice ita­lienne), Armen­dros Cho­co­late (trom­pet­tiste cubain), Peu­geot Roland (indus­triel), Cour­règes André (sty­liste de mode), Reid Patrick (rug­by­man irlan­dais), Clay Otis (chan­teur de soul état­su­nien), Bowie David (chan­teur bri­tan­nique), Angé­lil René (agent artis­tique qué­bé­cois), Des­ruis­seaux Pierre (écri­vain qué­bé­cois), Tour­nier Michel (écri­vain), Alaoui Leï­la (pho­to­graphe fran­co-maro­caine), Sco­la Ettore (cinéaste), Charles-Roux Edmonde (écri­vaine, jour­na­liste)…

J’ai, exprès, mis les noms de famille en tête, comme sur les monu­ments aux morts et comme on les appelle à chaque célé­bra­tion de mas­sacres.

Ne pas man­quer non plus de citer Allen Woo­dy quand, ayant énu­mé­ré les morts suc­ces­sives de Jésus, Marx, Mao, il ajoute, gogue­nard : « …Et moi-même, je ne me sens pas très bien… »

Liste ouverte, limi­tée à la sphère cultu­reuse ou presque, fran­co-cen­trée – bien qu’il y ait là dedans des spor­tifs, un pilote, des Cana­diens, un indus­triel, un Cubain, une fran­co-Maro­caine…

Le plus mar­rant, si j’ose dire, c’est la liste com­plète éta­blie et tenue au jour le jour sur Wiki­pe­dia. Vaut le détour, c’est ici.

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Le Monde aus­si, « la » réfé­rence…

Où l’on voit que le degré de célé­bri­té relève de fac­teurs mul­tiples, sur­tout cultu­rels et mar­chands. Ce qui défi­nit bien la notion de « spec­tacle » – même si on ne l’étend pas à la cri­tique de la socié­té selon Debord Guy (mort lui aus­si – en 1994).

Où l’on voit qu’il y a un degré de plus entre popu­la­ri­té et pipo­la­ri­té, cette der­nière ten­dant à deve­nir la seule vraie échelle de « valeurs », pro­pul­sée en cela par la machine média­tique à fabri­quer de l’idole selon des recettes aus­si fluc­tuantes que les cours de la bourse. Fluc­tua­tions qui n’altèrent en rien la soli­di­té du Capi­ta­lisme, au contraire. Tout comme la célé­bra­tion des morts célèbres assurent les valeurs des célé­bri­tés (pro­vi­soi­re­ment) vivantes. Ain­si ce flux mor­bide se trouve-t-il pieu­se­ment entre­te­nu. Il fait par­tie du fond de com­merce des gazettes et autres rédac­tions nécro­lo­giques, voire nécro­phi­liques.

Ain­si Le Monde – pour ne citer que lui – ren­ferme dans son fri­go quelque 300 notices prêtes à démou­ler après réchauf­fage à l’actualité. Mais c’est sans doute l’Agence France Presse qui détient la plus gar­nie des chambres froides – modèle Run­gis (gros et demi-gros). Par­tant de là, la célé­bra­tion mor­tuaire vivra sa vie, si l’on peut dire, au gré de l’« actu », selon qu’elle sera, ce jour-là, mai­gri­chonne ou plé­tho­rique ; ou selon le degré de pipo­la­ri­té.

Ain­si un Michel Del­pech a-t-il « béné­fi­cié » de 20 minutes en ouver­ture du JT de 20 heures de France 2 ! Bou­lez un peu plus de cinq, et en fin de jour­nal. Bley ? Même pas mort, selon la même chaîne. Gala­bru, ah le bon client que voi­là ! Bien moins cepen­dant que Bowie – record abso­lu, tous sup­ports, sur plu­sieurs jours (pré­voir des « résur­rec­tions » type Michael Jack­son).

Tels sont aujourd’hui les rites modernes qui entourent la mort, cette don­née du vivant, sans laquelle la vie, en effet, serait bien fade et nos médias plus encore…

22-mort« Je vis cette fau­cheuse. Elle était dans son champ. / Elle allait à grands pas mois­son­nant et fau­chant, / Noir sque­lette lais­sant pas­ser le cré­pus­cule. / Dans l’ombre où l’on dirait que tout tremble et recule, / L’homme sui­vait des yeux les lueurs de la faux » – Vic­tor Hugo, Les Contem­pla­tions

 Où l’on voit enfin que ladite célé­bri­té recouvre la froide – c’est bien le mot – réa­li­té de la mort : « La mor­ta­li­té dans le monde cor­res­pond à 1,9 décès à chaque seconde sur Terre, soit 158 857 décès par jour, soit près de 59 mil­lions de décès chaque année. » C’est beau­coup, mais infé­rieur au nombre de nais­sances. Ce qu’on peut regret­ter en termes stric­te­ment démo­gra­phiques et en par­ti­cu­lier sous l’angle mal­thu­sien… Comp­ta­bi­li­té déve­lop­pée ici, c’est amu­sant…

« Tout ça » pour en venir à quoi ? À cette quête de l’immortalité qui semble avoir sai­si l’animal humain depuis la nuit des temps. Cette nuit qui l’effraie tant ; pour (ou contre) laquelle l’homo erec­tus s’est redres­sé, jusqu’à ten­ter de deve­nir sapiens – du moins par moments, selon les lieux et les cir­cons­tances…

Pour ce faire, il aura éri­gé des totems, bra­mé des incan­ta­tions, bri­co­lé des rites, des mythes, des cultes et par des­sus le mar­ché des reli­gions avec des dieux, des saints, des curés de tous ordres et obé­diences se dis­pu­tant leur Dieu pour­tant deve­nu unique. Il aura bran­di des textes « sacrés » aux fables infan­ti­li­santes et, aus­si, nour­ri les arts les plus sublimes, en même temps que les bûchers et innom­brables sup­plices ; puis lan­cé des hordes de guer­riers, tous bar­bares réci­proques et éga­le­ment fana­tiques, semeurs de mort, assas­sins de vie. Dans cette pro­fonde nuit auront sur­gi, sublimes éclairs iso­lés ou spo­ra­diques, les torches vacillantes et fières des Lumières.

Nous en sommes là, si incer­tains. « Tout ça » au nom de l’Amour, sans doute et avec tant de doutes quant à l’avenir de cet homo habi­lis, si doué pour la souf­france et le mas­sacre. Amen.

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  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
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    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse pos­tale !)

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Rus­sel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • « C’est pour dire » de Gérard Pon­thieu, est mis à dis­po­si­tion selon les termes de la licence Crea­tive Com­mons : Attri­bu­tion - Pas d’Utilisation Com­mer­ciale - Pas de Modi­fi­ca­tion (3.0 France). Pho­tos, des­sins et docu­ments men­tion­nés sous copy­right © sont pro­té­gés comme tels.
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  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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  • Salut cousin !

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