On n'est pas des moutons

Cyclisme : le dopage technologique enfin avoué

Ca y est, tout est avoué : voi­ci l’ère du dopage tech­no­lo­gique ! Les soup­çons ne man­quaient pas : ces démar­rages ful­gu­rants de cham­pions cyclistes dans des mon­tées de cols, que même une moby­lette n’aurait pas pu ; ces roues qui conti­nuent à tour­ner lors d’une chute… Et c’est tout de même moins ris­qué, à tous points de vue, que la piquouse et autres potions « magiques ». Le repor­tage ci-des­sous dévoile enfin la face cachée de ce nou­veau dopage. Tan­dis que bibi, sur son VAE (vélo à assis­tance élec­trique), ne fait pas mys­tère des limites de ses mol­lets…


Cyclisme : dopage tech­no­lo­gique, le nou­veau scan­dale

Le « pro­grès » ? La tech­no­lo­gie + la fal­si­fi­ca­tion. Qu’il s’agisse de sport ou de finance, l’époque est vrai­ment sen­sass ! À quand la raquette de ten­nis à laser et la balle-mis­sile sub­ti­le­ment télé­gui­dée ?

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Quai-ce qu’on se marre ! observe M. Lhomme

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© Faber, 2016

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Halte à la dissidence ! Halte aux attentats anti « smartphones » !

Pris sur Twit­ter en pleine crise d’anormalité, ce dis­si­dent attra­pé au col­let par la vidéo-sur­veillance, sera bien­tôt tra­duit devant le tri­bu­nal de Big Bro­ther. Nul doute que cet atten­tat à la smar­ti­tude télé­pho­nique sera puni avec la sévé­ri­té qui s’impose. Et que cette scène déplo­rable serve de leçon aux éven­tuels délin­quants, heu­reu­se­ment de plus en plus rares !

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Aujourd’hui , en France, sur un quai de gare… [Ph. d.r.]

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Nucléaire. Michel Onfray, trop bavardo-actif

onfray_le_pointMichel Onfray devrait mieux se gar­der de son enne­mi du dedans, ce dia­blo­tin qui le pousse à trop se mon­trer. Ici, la une du Point, là, en vedette chez Ruquier, en par­lotes sur les ondes, en maints endroits et sur tous les sujets ou presque, ce qui est bien périlleux. Sur­tout quand, de sur­croît, on s’aventure dans des domaines qui impliquent quelque com­pé­tence idoine. Notam­ment sur le nucléaire. C’est ain­si qu’il se prend une bonne raclée (salu­taire ?), infli­gée par Sté­phane Lhomme, direc­teur de l’Observatoire du nucléaire. Où l’on voit que la phi­lo ne déver­rouille pas for­cé­ment toutes les portes du savoir.

Michel Onfray explose 
sur le nucléaire

par Sté­phane Lhomme, direc­teur de l’Observatoire du nucléaire

On ne peut que res­ter sidé­ré par le texte de Michel Onfray, publié par Le Point 1, par lequel il démontre son igno­rance totale de la ques­tion du nucléaire... ce qui ne l’empêche pas de prendre ardem­ment posi­tion en faveur de cette éner­gie. C’est d’ailleurs pro­ba­ble­ment parce qu’il n’y connaît rien qu’il prend cette posi­tion.

Il ne s’agit pas pour nous de contes­ter le libre-arbitre de M. Onfray qui peut bien être favo­rable à l’atome (tout le monde a le droit de se trom­per), mais de rec­ti­fier les erreurs les plus impor­tantes qu’il com­met en s’exprimant sur cette ques­tion. Nous poin­tons en par­ti­cu­lier le texte « Catas­trophe de la pen­sée catas­tro­phiste », publié par Le Point le 22/03/2011, c’est à dire 10 jours après le début de la catas­trophe de Fuku­shi­ma. Voyons cela à tra­vers quelques extraits :

On se rap­proche du 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl, tan­dis qu’on vient de dépas­ser le 5e de celle de Fuku­shi­ma. Rap­pe­lons que ces acci­dents majeurs sont tou­jours en cours ; car on n’efface pas les consé­quences de tels désastres nucléaires.

Michel Onfray :  « A défaut de pétrole, et dans la pers­pec­tive de l’épuisement des éner­gies fos­siles comme le char­bon, le nucléaire offrait en pleine guerre froide une pos­si­bi­li­té d’indépendance natio­nale en matière d’énergie civile. »

Sté­phane Lhomme : Michel Onfray ignore donc que, s’il a pro­duit jusqu’à 80% de l’électricité fran­çaise, le nucléaire n’a jamais cou­vert plus de 17% de la consom­ma­tion natio­nale d’énergie : même pous­sé à son maxi­mum (jusqu’à devoir bra­der les sur­plus à l’exportation), l’atome ne repré­sente qu’une petite part de l’énergie fran­çaise, loin der­rière le pétrole et le gaz et il est donc bien inca­pable d’assurer une quel­conque « indé­pen­dance éner­gé­tique ». Ce n’est d’ailleurs même pas le cas de ces 17% puisque la tota­li­té de l’uranium (le com­bus­tible des cen­trales) est impor­tée… ce que M. Onfray recon­naît pas ailleurs :

Michel Onfray : « Revers de la médaille : l’indépendance de la France se payait tout de même d’une poli­tique afri­caine cynique et machia­vé­lienne. »

SL : On s’étonnera de la curieuse indul­gence que Onfray accorde à la « poli­tique afri­caine cynique et machia­vé­lienne » : pour le phi­lo­sophe hédo­niste, tout serait donc bon pour nour­rir nos belles cen­trales nucléaires ? Le pillage et la conta­mi­na­tion du Niger, l’assèchement des nappes phréa­tiques locales, le dépla­ce­ment de popu­la­tions ances­trales, la mili­ta­ri­sa­tion de la région : simple « revers de la médaille » ?

On s’étonnera encore plus de voir le phi­lo­sophe mêler allè­gre­ment cette pré­ten­due « indé­pen­dance » et la dite poli­tique afri­caine : s’il y a « indé­pen­dance » de la France, com­ment peut-elle pas­ser par l’Afrique ? A ce compte, la France est « indé­pen­dante » pour sa consom­ma­tion de pétrole puisqu’elle entre­tient de bonnes rela­tions avec la dic­ta­ture d’Arabie Saou­dite. Mais le fes­ti­val conti­nue :

Michel Onfray :  « On ne trouve pas d’uranium dans le Can­tal ou la Cor­rèze... »

SL : Mais si, bien sûr, il y a de l’uranium en France, y com­pris dans le Can­tal et en Cor­rèze ! Are­va (à l’époque la Coge­ma) a exploi­té dans le pays des cen­taines de mines d’uranium, ce qui fait d’ailleurs que le ter­ri­toire est encore lar­ge­ment conta­mi­né  2. Et si 100% de l’uranium est désor­mais impor­té (pillé), c’est que la popu­la­tion fran­çaise ne tolè­re­rait plus aujourd’hui cette acti­vi­té et ses nui­sances dra­ma­tiques.

Essayez donc de rou­vrir une mine d’uranium quelque part en France et vous ver­rez immé­dia­te­ment les rive­rains se mobi­li­ser avec la der­nière éner­gie, à com­men­cer par les pro­nu­cléaires (qui connaissent mieux que per­sonne, eux, les ravages qu’ils nient le reste du temps). Alors, on conti­nue tran­quille­ment de piller le Niger, où les mani­fes­ta­tions anti-Are­va sont répri­mées sans état d’âme 3, sans jamais faire la Une des médias en France, et sans émou­voir le phi­lo­sophe pro­nu­cléaire qui conti­nue à s’enfoncer :

Michel Onfray : « Le pho­to­vol­taïque, la bio­masse, l’éolien, l’hydraulique fonc­tionnent en appoint mais ne suf­fisent pas à répondre à la tota­li­té du consi­dé­rable besoin d’énergie de nos civi­li­sa­tions.  »

SL : Les éner­gies renou­ve­lables seraient donc bien sym­pa­thiques, mais tel­le­ment faibles com­pa­rées à ce cher atome. Il suf­fit pour­tant de se repor­ter aux don­nées les plus offi­cielles, par exemple l’édition 2013 (la der­nière en date) de Key World Ener­gy Sta­tis­tics (publié par l’Agence inter­na­tio­nale de l’énergie), en consul­ta­tion libre 4 : on constate alors que, en 2011 (il faut deux ans pour recueillir les don­nées exactes), les éner­gies renou­ve­lables pro­dui­saient 20,3% de l’électricité mon­diale, le nucléaire n’étant qu’à 11,7%, une part en déclin conti­nu depuis 2001 - c’est à dire bien avant Fuku­shi­ma - quand l’atome avait atteint son maxi­mum : 17%.

Or c’est pré­ci­sé­ment en 2011 qu’a com­men­cé la catas­trophe nucléaire au Japon, avec la fer­me­ture des 54 réac­teurs du pays, sui­vie de la fer­me­ture défi­ni­tive de 8 réac­teurs en Alle­magne, mais aus­si der­niè­re­ment de 5 réac­teurs aux USA (du fait du coût trop éle­vé de l’électricité nucléaire) : aujourd’hui, la part du nucléaire dans l’électricité mon­diale est pas­sée sous les 10%. Les éner­gies renou­ve­lables font donc plus du double.

La réa­li­té est encore plus édi­fiante lorsqu’on regarde l’ensemble des éner­gies et non plus la seule élec­tri­ci­té : le nucléaire couvre moins de 2% de la consom­ma­tion mon­diale d’énergie quand les renou­ve­lables (prin­ci­pa­le­ment hydro­élec­tri­ci­té et bio­masse) sont à plus de 13%. On pour­ra certes se déso­ler de ce que le trio pétrole-gaz-char­bon repré­sente 85% du total mais, s’il existe une alter­na­tive, elle vient bien des renou­ve­lables, dont la part aug­mente conti­nuel­le­ment, et cer­tai­ne­ment pas du nucléaire dont la part est infime et en déclin.

S’il est une éner­gie « d’appoint », comme dit Michel Onfray, c’est donc bien le nucléaire, qui réus­sit cepen­dant l’exploit de cau­ser des pro­blèmes gigan­tesques (catas­trophe, déchets radio­ac­tifs, pro­li­fé­ra­tion à des fins mili­taires, etc.) en échange d’une contri­bu­tion négli­geable à l’énergie mon­diale.

N.B. : il ne s’agit pas de dis­cu­ter ici des tares res­pec­tives des dif­fé­rentes éner­gies (si tant est que celles des renou­ve­lables puissent être com­pa­rées à celles, effroyables, de l’atome), il s’agit de mon­trer que le rai­son­ne­ment du phi­lo­sophe s’appuie sur des don­nées tota­le­ment fausses, et même inverses à la réa­li­té (comme si « le réel n’avait pas lieu »...), ce qui ne lui per­met évi­dem­ment pas d’aboutir à des conclu­sions lumi­neuses.

Michel Onfray : « Qui ose­rait aujourd’hui invi­ter à vivre sans élec­tri­ci­té ?  »

SL : Il est triste de voir le phi­lo­sophe se lais­ser aller à des argu­ments si écu­lés que même les com­mu­ni­cants d’EDF ou d’Areva n’y ont plus recours. Ain­si, sans nucléaire, point d’électricité ? Il suf­fit de se repor­ter au point pré­cé­dent pour consta­ter l’absurdité de cette remarque. Mais il y a pire encore :

Michel Onfray : « Avec la catas­trophe japo­naise, la ten­ta­tion est grande de renon­cer à la rai­son. Les images télé­vi­sées montrent le cata­clysme en boucle…  ». Le phi­lo­sophe stig­ma­tise les irres­pon­sables selon les­quels « Il suf­fit dès lors d’arrêter tout de suite les cen­trales et de se mettre aux éner­gies renou­ve­lables demain matin  ».

SL : Ain­si, face à l’explosion d’une cen­trale nucléaire cen­sée résis­ter à tout, les Japo­nais étant pré­sen­tés jusqu’alors comme les maîtres de la construc­tion anti­sis­mique, la « rai­son » serait de reje­ter toute mise en cause de cette façon de pro­duire de l’électricité ! Notons cepen­dant que les Japo­nais ont « cédé à l’émotion » de façon par­fai­te­ment « irra­tion­nelle » en fer­mant leurs 54 réac­teurs nucléaires (non pas en un jour mais en un an : un bon exemple pour la France et ses 58 réac­teurs).

Il est vrai que, comme Onfray, le pre­mier ministre ultra­na­tio­na­liste Shin­zo Abe choi­sit la pré­ten­due « rai­son » en exi­geant la remise en ser­vice de cer­taines cen­trales. Mais la popu­la­tion (la rai­son popu­laire ?) s’y oppose fron­ta­le­ment : peut-être ne tient-elle pas, de façon tout à fait « irra­tion­nelle », à être à nou­veau irra­diée ?

Michel Onfray :  « Or il nous faut pen­ser en dehors des émo­tions. La catas­trophe fait par­tie du monde (…) Ce qui a lieu au Japon relève d’abord de la catas­trophe natu­relle ». RAPPEL :  » Tcher­no­byl pro­cède (…) de l’impéritie indus­trielle et bureau­cra­tique sovié­tique, en aucun cas du nucléaire civil en tant que tel. » (Féé­ries ana­to­miques, 2003)

SL : Cet argu­men­taire est vieux comme le nucléaire, usé jusqu’à la corde, et pour tout dire pro­fon­dé­ment ridi­cule : « Tcher­no­byl c’est la faute aux Sovié­tiques, Fuku­shi­ma, c’est la faute au tsu­na­mi ». Le nucléaire et ses pro­mo­teurs n’y sont jamais pour rien ! Tou­te­fois, pro­ba­ble­ment conscient de la fai­blesse du rai­son­ne­ment, Onfray invente le concept de catas­trophe « natu­relle »… mais quand même un peu à cause des hommes :

Michel Onfray :  « Les Japo­nais ont fait prendre des risques consi­dé­rables à l’humanité et à la pla­nète. (…) Si l’on bâtit 17 cen­trales nucléaires, pour un total de 55 réac­teurs, dans un pays quo­ti­dien­ne­ment sujet aux secousses sis­miques, il faut bien que cette catas­trophe natu­relle inévi­table soit ampli­fiée par la catas­trophe cultu­relle évi­table qu’est la mul­ti­pli­ca­tion de ces bombes ato­miques japo­naises poten­tielles... »

SL : Voi­là qui fait pen­ser à Sar­ko­zy assu­rant qu’une catas­trophe nucléaire ne pou­vait se pro­duire à la cen­trale de Fes­sen­heim, l’Alsace étant à l’abri des tsu­na­mis. Or il existe de mul­tiples causes pos­sibles pour abou­tir à une catas­trophe nucléaire, qu’il s’agisse de fac­teurs natu­rels (séismes, tsu­na­mis, inon­da­tions, etc.) ou humains (erreur de concep­tion, de main­te­nance, d’exploitation, etc.).

Il est en réa­li­té par­fai­te­ment injus­ti­fié d’attribuer tous les torts aux seuls Japo­nais, l’Agence inter­na­tio­nale pour l’énergie ato­mique (AIEA) ayant régu­liè­re­ment vali­dé les mesures de sûre­té face à tous les risques, y com­pris celui du tsu­na­mi. Ce fut d’ailleurs le cas après un violent séisme qui, en juillet 2007, avait pré­fi­gu­ré Fuku­shi­ma en met­tant à mal la plus grande cen­trale nucléaire du monde, celle de Kashi­wa­sa­ki : c’est hélas un haut diri­geant de l’Autorité de sûre­té fran­çaise qui avait alors diri­gé une mis­sion de l’AIEA et décré­té que les cen­trales japo­naises pou­vaient conti­nuer à fonc­tion­ner sans risque 5

Il tout aus­si vain d’attribuer Fuku­shi­ma à la Nature : ce sont bien des humains qui ont fait tous les cal­culs et sont arri­vés à la conclu­sion que les cen­trales résis­te­raient à un séisme et/ou un tsu­na­mi. Les humains sont faillibles par essence, ils se mettent tou­jours en dan­ger quoi qu’ils fassent. Ce n’est certes pas une rai­son pour ne rien faire, mais c’est assu­ré­ment une bonne rai­son pour se pas­ser des cen­trales nucléaires (et des bombes ato­miques) qui repré­sentent un dan­ger ultime. Or Onfray entonne le doux refrain susur­ré depuis 40 ans par la CGT-éner­gie :

Michel Onfray : « Ici, comme ailleurs, il est temps que, comme avec la diplo­ma­tie et la poli­tique étran­gère qui échappent au pou­voir du peuple, les élites rendent des comptes aux citoyens. Le nucléaire ne doit pas être remis en ques­tion dans son être mais dans son fonc­tion­ne­ment : il doit ces­ser d’être un reli­quat monar­chique pour deve­nir une affaire répu­bli­caine. »

SL : Il suf­fi­rait donc que les citoyens et les sala­riés de l’atome s’emparent de l’industrie nucléaire, et celle-ci devien­drait mira­cu­leu­se­ment « sûre ». C’est à nou­veau oublier que l’être humain est par nature faillible, mais c’est aus­si oublier que la popu­la­tion n’a en grande majo­ri­té aucune inten­tion de se trans­for­mer en exploi­tant nucléaire ! Les mal­heu­reux qui n’ont pas accès à l’électricité sont sou­vent ins­tru­men­ta­li­sés par les ato­mistes, les­quels accusent les anti­nu­cléaires de vou­loir main­te­nir des mil­liards de gens dans la misère. Mais les pauvres aus­si savent se ren­sei­gner et s’organiser et, s’ils veulent bien l’électricité, ils rejettent celle issue de l’atome : il n’y a qu’à voir les mani­fes­ta­tions anti­nu­cléaires ultra-mas­sives en Inde, tant contre un pro­jet de cen­trale russe que contre celui du fran­çais Are­va 6.

Conclu­sion :

Michel Onfray : « L’énergie nucléaire n’a jamais cau­sé aucun mort : Hiro­shi­ma et Naga­sa­ki, puis Tcher­no­byl pro­cèdent du délire mili­taire amé­ri­cain, puis de l’impéritie indus­trielle et bureau­cra­tique sovié­tique, en aucun cas du nucléaire civil en tant que tel. » (Fée­ries ana­to­miques, 2003)

SL : On retrouve ici exac­te­ment le même genre d’arguments que ceux de la tris­te­ment célèbre Natio­nal Rifle Asso­cia­tion (le puis­sant lob­by des armes à feu aux USA) qui assure que pis­to­lets et fusils ne tuent per­sonne, la faute étant exclu­si­ve­ment celle des gens qui appuient sur les gâchettes. C’est d’ailleurs for­mel­le­ment exact, for­mel­le­ment mais stu­pi­de­ment car c’est de ain­si que se mul­ti­plient les crimes de masse jusque dans les écoles amé­ri­caines. Pour reve­nir à nos mou­tons, on pour­ra accor­der à Michel Onfray, s’il y tient vrai­ment, que le nucléaire n’a tué per­sonne : ce sont donc les gens qui exploitent le nucléaire qui tuent. Nous voi­là bien avan­cés.

Mais notre pro­pos n’est pas de riva­li­ser avec Michel Onfray : si jamais il lit cette modeste mise au point, peut-être accep­te­ra-t-il de se ren­sei­gner un peu sur l’atome et sa part dans l’électricité mon­diale, l’uranium et ses mines en France et au Niger, les cen­trales et leur pré­ten­due « accep­ta­tion » par la popu­la­tion qui n’a pas for­cé­ment la chance de fré­quen­ter l’Université popu­laire de Caen mais qui par­vient néan­moins à s’informer et à pen­ser col­lec­ti­ve­ment.

Sté­phane Lhomme 
Obser­va­toire du nucléaire
http://www.observatoire-du-nucleaire.org
28 août 2014

(Et grand mer­ci à l’auteur !)
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Enfin de la pub, de la vraie, sur les radios du service public !

hara_kiri_pubSur l’autel de (feue) la gauche, ce gou­ver­ne­ment ne recule devant aucun sacri­fice. Ce matin au réveil, j’apprends dans le poste qu’un décret paru aujourd’hui même au Jour­nal offi­ciel auto­rise la publi­ci­té sur les ondes de Radio France !

Le tout-pognon aura encore sévi, empor­tant sur son pas­sage les restes d’éthique auquel on croyait encore pou­voir s’accrocher. Tu croyais, naïf, que les radios du ser­vice public te met­taient à l’abri des saillies de « pub qui rend con – qui nous prend pour des cons »… Macache ! Finies les débi­li­tés limi­tées aux seules « oui qui ? Kiwi ! » et autres « Mat­mut » à en dégueu­ler. On est pas­sé au tout-Macron, mon vieux ! Tu savais pas ? Vive le tout-libé­ral, l’indécence com­mune et la vul­ga­ri­té mar­chande ! Les enzymes glou­tons sont de retour, et les bagnoles à tout-va, les chaus­sée-au-moine, les jus­tin-bri­doux, les mars-et-ça-repart – autant dire que le bon­heur nous revient en splen­deur, avec ses trou­vailles enchan­te­resses, la vie facile, enfin !

Manque tout de même à ce gou­ver­ne­ment qui, lui aus­si, nous prend pour des cons, un ministre à la hau­teur. Je ne vois que Ségué­la. Un Ségué­la, sinon rien ! Et au com­plet, avec sa rolex et sa conne­rie.

Nous res­te­ra à fer­mer le poste. On mour­ra moins con (« oui mais, on mour­ra quand même ! »).

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Solidarité. Le politicien, le patron… et le boulanger

Tel poli­ti­cien se sert dans la gamelle com­mune de « sa » ville, Saint-Quen­tin : Xavier Ber­trand s’octroie une aug­men­ta­tion de salaire de 4.000 euros. Tel cow­boy d’entreprise, ayant redres­sé les comptes d’icelle moyen­nant l’un des plus gros plans sociaux des der­nières années : pré­sident du direc­toire de Peu­geot-Citroën, Car­los Tavares, a gagné 5,24 mil­lions d’euros en 2015, soit près du double de l’année pré­cé­dente.
Une telle indé­cence, c’est la « nuée qui porte l’orage » : Jau­rès, au secours ! Au secours Orwell, oppo­sant à cette goin­fre­rie névro­tique des pos­sé­dants ce qu’il appe­lait la décence com­mune. Au secours Mon­taigne qui, au XVIe siècle déjà, aler­tait en ces termes :

« J’ai vu en mon temps cent arti­sans, cent labou­reurs, plus sages et plus heu­reux que des rec­teurs de l’université : c’est aux pre­miers que j’aimerais mieux res­sem­bler […] Il ne faut guère plus de fonc­tions, de règles et de lois pour vivre dans notre com­mu­nau­té [humaine] qu’il n’en faut eux grues et aux four­mis dans la leur. Et bien qu’elles en aient moins, nous voyons que, sans ins­truc­tion, elles s’y conduisent très sage­ment. Si l’homme était sage, il esti­me­rait véri­ta­ble­ment chaque chose selon qu’elle serait la plus utile et la plus appro­priée à sa vie. » [Les Essais, II, 12 Apo­lo­gie de Ray­mond Sebon, Gal­li­mard].

Illus­tra­tion en ce XXIe siècle, avec cet échan­tillon pré­cieux de soli­da­ri­té humaine. Oui, cent fois, j’aimerais mieux être ce bou­lan­ger que l’un ou l’autre de ces vam­pires inas­sou­vis !

A Dole, dans le Jura, un arti­san bou­lan­ger a déci­dé de céder son entre­prise au sans-abri qui lui a sau­vé la vie après une intoxi­ca­tion au monoxyde de car­bone fin 2015. Depuis plus de trois mois, Michel Fla­mant, bou­lan­ger de 62 ans, apprend le métier à Jérôme, sans-abri de 37 ans.

Épilogue malheureux de l’histoire…

La belle his­toire du bou­lan­ger de Dole ne connaî­tra pas de fin heu­reuse. « Je l’ai viré », explique sans ambages Michel Fla­mant, confir­mant une infor­ma­tion du jour­nal Le Pro­grès.

« Il a été très très mal­po­li avec une jour­na­liste », ajoute le bou­lan­ger, fai­sant état de pro­pos insul­tants et miso­gynes.

Le bou­lan­ger a mis un terme au contrat après que son employé eut, au télé­phone, trai­té une jour­na­liste de « putain ».

« Une fois qu’il a rac­cro­ché, je lui ai expli­qué que l’on ne parle pas comme ça à une femme. Il a com­men­cé à s’en prendre à moi, à m’insulter, alors je lui ai dit de prendre sa valise », raconte Michel Fla­mant.

« Il était saoul comme un cochon et il avait fumé. Il m’a expli­qué que la pres­sion des jour­na­listes était trop forte. Mais ça n’excuse pas tout, et je l’avais déjà mis en garde », ajoute le bou­lan­ger.

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Intelligence artificielle. Un ou deux doigts ?

Mars 2016, date à rete­nir… Alpha­Go, le pro­gramme d’intelligence arti­fi­cielle mis au point par Google, a bat­tu Lee Sedol, joueur 9e dan, alors consi­dé­ré comme un des meilleurs joueurs mon­diaux de go, en rem­por­tant suc­ces­si­ve­ment les trois pre­mières par­ties, puis la cin­quième d’un match en cinq par­ties.

Le pro­gramme s’est vu décer­ner le titre de grand maître du go le plus éle­vé qui soit, réser­vé à ceux dont les capa­ci­tés à ce jeu très ancien relèvent du « divin  », selon l’association sud-coréenne du go. Celle-ci a annon­cé la dis­tinc­tion avant la cin­quième manche dis­pu­tée mar­di par le super ordi­na­teur et le cham­pion du monde de ce jeu inven­té il y a près de 3000 ans en Chine.

Les com­bats homme-ordi­na­teur fas­cinent depuis des décen­nies. Déjà en 1959, une femme se confron­tait à une machine dans un jeu des deux doigts. On note­ra aus­si, en pas­sant, qu’entre la machine et la femme-potiche à deux doigts, se dres­sait déjà un erec­tus du modèle domi­nant.

© Docu­ment Ina, 1959

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« Pas de ça chez nous ! » Quand les bourgeois du XVIe parisien puent du bec

En sou­le­vant le cou­vercle de la sou­pière de por­ce­laine, on a décou­vert un pot de chambre et ses relents. C’était lun­di 14 mars au soir, la mai­rie de Paris orga­ni­sait une réunion publique d’information sur le centre d’hébergement d’urgence devant être ins­tal­lé d’ici l’été en lisière du bois de Bou­logne, – “à deux pas de l’hippodrome d’Auteuil, du musée Mar­mot­tan et des jar­dins du Rane­lagh”, pré­cise judi­cieu­se­ment Le Figa­ro.

Alors que les débats auraient dû se tenir pen­dant deux heures entre les habi­tants mécon­tents et les repré­sen­tants de la ville de Paris, ils ont dû être écour­tés au bout de 15 minutes pour cause de débor­de­ments. Quand la bour­geoi­sie du XVIe sort de ses gonds, elle se révèle dans sa nue cru­di­té.

C’est d’abord au pré­fet de Paris, Sophie Bro­cas, que les “révol­tés” s’en prennent. Et en termes par­ti­cu­liè­re­ment châ­tiés. Échan­tillons : “Escroc”, ”fils de pute”, “men­teur”, “col­la­bo”, “sta­li­nien”, ”ven­du”, “salo­pard”, “salope”, “Sophie Bro­cas caca ! » …

Accla­mé par la foule en furie, Claude Goas­guen, maire d’arrondissement LR et prin­ci­pal élu local oppo­sé au pro­jet, a rehaus­sé le niveau sur le mode sédi­tieux, encou­ra­geant ses par­ti­sans à “dyna­mi­ter” la pis­cine ins­tal­lée à proxi­mi­té du futur centre d’hébergement, pré­ci­sant Ne vous gênez pas, mais ne vous faites pas repé­rer ».

Pour com­men­ter pareil évé­ne­ment, France Inter a invi­té à son micro la « socio­logue des riches », Monique Pin­çon-Char­lot, qui a assis­té à cette réunion et n’en revient pas, elle qui en a pour­tant remué du beau linge. Cette fois, pour l’effet camé­léon, elle avait même revê­tu un petit man­teau de four­rure… syn­thé­tique… Voi­ci son récit, gran­diose !

Petit flo­ri­lège com­plé­men­taire ici.

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Fukushima, 11 mars 2011. Monsieur L’Homme voit du nucléaire partout

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© Faber, 2016

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« Merci Patron ! » La belle arnaque

Mer­ci Patron !, un film plus que sym­pa et qui connaît un beau suc­cès depuis sa sor­tie fin février. C’est l’éternelle his­toire des David et Goliath, des pots de terre et de fer. Trai­té ici sur le mode « sérieux décon­nant », entre Michael Moore et Jean-Yves Lafesse, par Fran­çois Ruf­fin, rédac’ chef du jour­nal amié­nois Fakir. 

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Joce­lyne et Serge Klur fabri­quaient des cos­tumes Ken­zo à Poix-du-Nord, près de Valen­ciennes. Depuis la délo­ca­li­sa­tion de leur usine vers la Pologne, le couple est au chô­mage et cri­blé de dettes. Fran­çois Ruf­fin va suivre ce couple et par­tir « dans une course pour­suite humo­ris­tique avec Ber­nard Arnault, l’homme le plus riche de France » dont le groupe est pro­prié­taire de l’usine. Scènes sur­réa­listes et qui­pro­quos en cas­cades, Mer­ci Patron ! se trans­forme en « film d’espionnage ».

« On ne pen­sait même pas faire un film mais avec l’histoire qui se dérou­lait sous nos yeux c’est deve­nu impos­sible de ne pas le faire ! » raconte Johan­na, de l’équipe de Fakir. Por­té par l’association Fakir, le film a séduit cri­tiques et médias. Il a même eut droit à une double page dans Le Monde qu’il qua­li­fie de « chef-d’œuvre du genre ».

Pour­tant, tout n’était pas gagné. Le film qui comp­tait sur l’aide finan­cière du Centre natio­nal du ciné­ma voit sa demande reje­tée. L’équipe décide de pas­ser outre les aides tra­di­tion­nelles et se tourne vers le finan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif. Grâce aux 21 000 € des contri­bu­teurs Ulule et une levée de fonds auprès des abon­nés de Fakir, le film ver­ra le jour. Une levée de fonds pour une levée de fronde : la bonne idée pour une belle arnaque !

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« Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

3/5/16 La sous­crip­tion est close. Grand mer­ci aux valeu­reux contri­bu­teurs qui ont per­mis la publi­ca­tion de ce modeste ouvrage. Des exem­plaires res­tent dis­po­nibles, en vente ci-contre (colonne de droite).

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Mer­ci encore !

Fran­çois et Gérard Pon­thieu

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Fukushima, cinq ans après : « Ça s’arrose » à l’Écomotive de Marseille

Cinq ans après Fuku­shi­ma, trente après Tcher­no­byl, « ça s’arrose » !… On aime­rait en rire, si ces deux anni­ver­saires n’étaient syno­nymes de drames et de dévas­ta­tions. Ce ven­dre­di 11 mars à Mar­seille (et ailleurs aus­si *), la coopé­ra­tive d’Europe Éco­lo­gie-Les Verts orga­nise une soi­rée Fuku­shi­ma (pro­gramme ci-contre) afin de rap­pe­ler que, par ses consé­quences incal­cu­lables et son éta­le­ment dans la durée, une catas­trophe nucléaire n’est com­pa­rable à aucune autre catas­trophe indus­trielle ou natu­relle.

Ven­dre­di à Mar­seille – Dans le cadre de l’appel de Bru­no Bous­sa­gol pour l’organisation de 1 000 évè­ne­ments cultu­rels en France pour com­mé­mo­rer les 5 ans de Fuku­shi­ma et les 30 ans de Tcher­no­byl, la coopé­ra­tive EELV PACA orga­nise à Mar­seille à l’Éco­mo­tive, ven­dre­di 11 mars à par­tir de 18H30, une soi­rée cultu­relle Fuku­shi­ma, à entrée libre mais limi­tée en nombre de places.

acteurs_réacteursAu pro­gramme :  18h 30  accueil musi­cal par l’orchestre du  Bam­boo Orches­tra. 19 h  lec­ture théâ­tra­li­sée d’extraits de la pièce d’Alain Per­sat « Acteurs Réac­teurs », créée en 2015 sur le thème du nucléaire. 19h 45 débat sur des solu­tions alter­na­tives aux éner­gies nucléaires et fos­siles, qui peuvent être mises en œuvre à l’échelle d’une famille ou d’une col­lec­ti­vi­té. Vers 20h 30, repas bio végé­ta­rien et local autour d’une grande table.

Pré-réser­va­tion néces­saire ici.

Un rap­pel salu­taire au moment où le risque nucléaire revient sur le devant de la scène. Notam­ment avec le pro­jet de pro­lon­ger de dix ans la durée d’exploitation des réac­teurs du parc fran­çais vieillis­sant (58 réac­teurs, plus l’EPR de Fla­man­ville en cours de construc­tion pro­blé­ma­tique). Et cela au moment où la Suisse, l’Allemagne et le Luxem­bourg demandent la fer­me­ture à court terme des cen­trales fron­ta­lières de Fes­sen­heim, Bugey et Cat­te­nom. Au moment encore où EDF se voit ployer sous la charge finan­cière cumu­lée de trois « héri­tages » : remise aux normes du parce nucléaire de l’après-Fukushima ; reprise par­tielle des acti­vi­tés d’Areva – et de sa faillite ; casse-tête des EPR en pro­jet (Grande-Bre­tagne, Chine) et en construc­tion plus que pro­blé­ma­tique (Fin­lande, France) – avec démis­sion du direc­teur finan­cier de l’électricien…

La bonne nou­velle de ce fatras, si on ose dire, c’est que « notre » élec­tri­ci­té si appa­rem­ment « com­pé­ti­tive » va aug­men­ter sale­ment dans les mois et années qui viennent (de 30 à 50 % !). Bonne nou­velle en ce sens que le coût réel du nucléaire se dévoi­le­ra dans sa réa­li­té crue face aux éner­gies alter­na­tives renou­ve­lables. Dès lors, les choix éner­gé­tiques appa­raî­tront sans doute, il faut l’espérer, plus évi­dents.

Fuku­shi­ma : 11 mars 2011, les réac­teurs 1, 2 et 3 et la pis­cine de désac­ti­va­tion du réac­teur 4 de la cen­trale nucléaire japo­naise de Fuku­shi­ma Daii­chi sont atteints par un séisme majeur puis d’un tsu­na­mi. Des incen­dies sui­vis d’explosions vont contri­buer à rui­ner défi­ni­ti­ve­ment les ins­tal­la­tions et relâ­cher des quan­ti­tés mas­sives d’effluents radio­ac­tifs gazeux et liquides.

Toute une région s’est trou­vée rui­née : popu­la­tion éva­cuée, conta­mi­na­tion des per­sonnes, des ani­maux et des plantes; agri­cul­ture et pêche rui­nées, terres conta­mi­nées par la radio­ac­ti­vi­té, rejets toxiques dans l’air et dans la mer. Les consé­quences d’une telle catas­trophe sont humai­ne­ment inac­cep­tables.

Sur les 300 000 per­sonnes de la pré­fec­ture de Fuku­shi­ma qui ont éva­cué la zone, jusqu’en août 2013, d’après les chiffres de la Croix-Rouge, approxi­ma­ti­ve­ment 1 600 morts seraient liées aux condi­tions d’évacuation, comme l’hébergement en abris d’urgence ou en loge­ment tem­po­raire, l’épuisement dû aux dépla­ce­ments, l’aggravation de mala­dies exis­tantes consé­cu­tives à la fer­me­ture d’hôpitaux, les sui­cides, etc. Un éva­lua­tion qui est com­pa­rable aux 1 599 décès direc­te­ment cau­sés par le séisme et le tsu­na­mi dans la pré­fec­ture de Fuku­shi­ma, en 2011. De nom­breuses muni­ci­pa­li­tés refusent d’indiquer la cause exacte du décès, afin de ne pas per­tur­ber les futures pro­jec­tions de demande d’indemnisation des familles pour le pre­tium dolo­ris.

Outre ces décès dans la pré­fec­ture de Fuku­shi­ma, on compte 869 décès dans la pré­fec­ture de Miya­gi et 413 dans celle d’Iwate.

En juin 2013, pour la seule pré­fec­ture de Fuku­shi­ma, 150 000 per­sonnes étaient encore « réfu­giées ». Selon la Croix-Rouge, outre leurs condi­tions de vie dif­fi­ciles, ces réfu­giés sont affec­tés par l’incertitude sur la date ou la pos­si­bi­li­té d’un retour dans leur habi­ta­tion d’origine. [Wiki­pe­dia].

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« Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl » – derniers jours pour sourscrire

Avis à la popu­la­tion, aux dis­traits, aux oublieux : la sous­crip­tion pour la publi­ca­tion d’un album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986) est tou­jours ouverte. Mais plus que pour quelques jours ! Ce pro­jet rejoint l’appel à l’organisation de 1 000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire, entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril (30 ans après Tcher­no­byl).

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Vous pou­vez par­ti­ci­per en cli­quant sur le lien d’une cagnotte élec­tro­nique sécu­ri­sée :

https://www.leetchi.com/c/30-ans-apres-tchernobyl

Vous pou­vez aus­si adres­ser un chèque ou un billet à mon adresse : Gérard Pon­thieu, 102, rue Jules-Mou­let 13006 Mar­seille.

En contri­buant pour 20 euros, vous rece­vrez l’album chez vous en avant pre­mière (nous vous deman­de­rons alors votre adresse pos­tale par cour­riel). Si vous don­nez plus, vous rece­vrez autant d’exemplaires que de tranches de 20 euros. Vous figu­re­rez aus­si dans la liste des sous­crip­teurs et serez tenus au cou­rant des étapes de fabri­ca­tion, puis de dif­fu­sion de cet album.

À par­tir du lien ci-des­sus, vous trou­ve­rez plus d’information sur cette créa­tion de qua­li­té, à tirage limi­té. Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ».

Mer­ci d’avance pour votre sou­tien !

Fran­çois et Gérard Pon­thieu

Gerard Pon­thieu

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Cologne, suite. L’écrivain algérien Kamel Daoud  « fatwatisé » par des intellectuels français

Une deuxième fat­wa vient de frap­per l’écrivain et jour­na­liste algé­rien Kamel Daoud [voir ici et ], à pro­pos de son ana­lyse des vio­lences sexuelles du Nou­vel an à Cologne. Cette nou­velle condam­na­tion émane d’une sorte de secte laïque ras­sem­blant une poi­gnée d’« intel­lec­tuels auto­pro­cla­més » à qui Le Monde a prê­té ses colonnes.

Les signa­taires du « Col­lec­tif  »Nou­red­dine Ama­ra (his­to­rien), Joel Bei­nin (his­to­rien), Hou­da Ben Hamou­da (his­to­rienne), Benoît Chal­land (socio­logue), Joce­lyne Dakh­lia (his­to­rienne), Sonia Dayan-Herz­brun (socio­logue), Muriam Haleh Davis (his­to­rienne), Giu­lia Fab­bia­no (anthro­po­logue), Dar­cie Fon­taine (his­to­rienne), David Theo Gold­berg (phi­lo­sophe), Ghas­san Hage (anthro­po­logue), Laleh Kha­li­li (anthro­po­logue), Tris­tan Leper­lier (socio­logue), Nadia Mar­zou­ki (poli­tiste), Pas­cal Méno­ret (anthro­po­logue), Sté­pha­nie Poues­sel (anthro­po­logue), Eli­za­beth Shak­man Hurd (poli­tiste), Tho­mas Serres (poli­tiste), Seif Sou­da­ni (jour­na­liste).

Dans l’édition du 12 février, sous le titre « Les fan­tasmes de Kamel Daoud », ce « col­lec­tif » lan­çait son ana­thème, excluant de son cénacle « cet huma­niste auto­pro­cla­mé ». Le mépris de l’expression dévoi­lait, dès les pre­mières lignes de la sen­tence, l’intention mal­veillante des juges. Les lignes sui­vantes confir­maient une condam­na­tion sans appel : « Tout en décla­rant vou­loir décons­truire les cari­ca­tures pro­mues par  » la droite et l’extrême droite « , l’auteur recycle les cli­chés orien­ta­listes les plus écu­lés, de l’islam reli­gion de mort cher à Ernest Renan (1823-1892) à la psy­cho­lo­gie des foules arabes de Gus­tave Le Bon (1841-1931). »

Que veulent donc dire, ces socio­lo­gi­sants ensou­ta­nés, par leur atten­du si tran­chant ? 1) Que Daoud rejoint « la droite et l’extrême droite »… 2) …puisqu’il « recycle les cli­chés orien­ta­listes les plus écu­lés, de l’islam reli­gion de mort »… 3) cli­chés anciens « chers » à Renan et Le Bon… 4)… ces vieille­ries datées (dates à l’appui) et donc obso­lètes… 5)… tan­dis que leur « socio­lo­gie » à eux, hein !

Nos inqui­si­teurs reprochent au jour­na­liste algé­rien d’essen­tia­li­ser « le monde d’Allah », qu’il rédui­rait à un espace res­treint (le sien, décrit ain­si avec condes­cen­dance : « Cer­tai­ne­ment mar­qué par son expé­rience durant la guerre civile algé­rienne (1992-1999) [C’est moi qui sou­ligne, et même deux fois, s’agissant du mot expé­rience, si déli­ca­te­ment choi­si] Daoud ne s’embarrasse pas de nuances et fait des isla­mistes les pro­mo­teurs de cette logique de mort. »), selon une « approche cultu­ra­liste ». En cela, ils rejoignent les posi­tions de l’essayiste amé­ri­ca­no-pales­ti­nien Edward Saïd pour qui l’Orient serait une fabri­ca­tion de l’Occident post-colo­nia­liste. Comme si les cultures n’existaient pas, jusqu’à leurs dif­fé­rences ; de même pour les civi­li­sa­tions, y com­pris la musul­mane, bien enten­du.

"Que se cache donc derrière le mysticisme des fascistes, ce mysticisme qui fascinait les masses ?" W. Reich

« Que se cache donc der­rière le mys­ti­cisme des fas­cistes, ce mys­ti­cisme qui fas­ci­nait les masses ? » W. Reich

À ce pro­pos, reve­nons aux com­pères Renan et Le Bon, en effet contem­po­rains et nul­le­ment arrié­rés comme le sous-entendent nos néo-aya­tol­lahs. Je garde les meilleurs sou­ve­nirs de leur fré­quen­ta­tion dans mes années « sex­po­liennes » – sexo-poli­tiques et rei­chiennes –, lorsque l’orthodoxie mar­xiste se trou­va fort ébran­lée, à par­tir de Mai 68 et bien au-delà. Pour un peu je reli­rais cette Vie de Jésus, d’Ernest Renan, dont Reich s’était notam­ment ins­pi­ré pour écrire Le Meurtre du Christ ; de même, s’agissant de Psy­cho­lo­gie des foules, de Gus­tave Le Bon, dont on retrouve de nom­breuses traces dans Psy­cho­lo­gie de masse du fas­cisme du même Wil­helm Reich. Les agres­sions de Cologne peuvent être ana­ly­sées selon les cri­tères rei­chiens du refou­le­ment sexuel et des cui­rasses carac­té­rielle et cor­po­relle pro­pices aux enrô­le­ments dans les idéo­lo­gies fas­cistes et mys­tiques. Ces cri­tères – avan­cés à sa manière par Kamel Daoud – ne sont pas uniques et ne sau­raient nier les réa­li­tés « objec­tives » des condi­tions de vie – elles se ren­forcent mutuel­le­ment. Tan­dis que les accu­sa­teurs de Daoud semblent igno­rer ces com­po­santes psy­cho-sexuelles et affec­tives.

Trai­té comme un arrié­ré, Daoud est ain­si accu­sé de psy­cho­lo­gi­ser les vio­lences sexuelles de Cologne, et d’« effa­cer les condi­tions sociales, poli­tiques et éco­no­miques qui favo­risent ces actes ». Lamen­table retour­ne­ment du pro­pos – selon une argu­men­ta­tion qui pour­rait se retour­ner avec per­ti­nence !

Enfin, le jour­na­liste algé­rien se trouve taxé d’isla­mo­pho­bie… Accu­sa­tion défi­ni­tive qui, en fait, à relire ces com­pères, se situe à l’origine de leur attaque. Ce « sport de com­bat » désor­mais à la mode, inter­dit toute cri­tique de fond et clôt tout débat d’idées.

Le « double fat­wa­ti­sé » pour­ra cepen­dant trou­ver quelque récon­fort dans des articles de sou­tien. Ain­si, celui de Michel Guer­rin dans Le Monde du 27 février. Le jour­na­liste rap­pelle que Kamel Daoud a déci­dé d’arrêter le jour­na­lisme pour se consa­crer à la lit­té­ra­ture. « Il ne change pas de posi­tion mais d’instrument. » « Ce retrait, pour­suit-il, est une défaite. Pas la sienne. Celle du débat. Il vit en Algé­rie, il est sous le coup d’une fat­wa depuis 2014, et cela donne de la chair à ses convic­tions. Du reste, sa vision de l’islam est pas­sion­nante, hors normes, car elle divise la gauche, les fémi­nistes, les intel­lec­tuels. Une grande par­tie de la socio­lo­gie est contre lui mais des intel­lec­tuels afri­cains saluent son cou­rage, Libé­ra­tion l’a défen­du, L’Obs aus­si, où Jean Daniel retrouve en lui “toutes les grandes voix fémi­nistes his­to­riques”. […] Ain­si va la confré­rie des socio­logues, qui a le nez rivé sur ses sta­tis­tiques sans prendre en compte “la chair du réel”, écrit Aude Lan­ce­lin sur le site de L’Obs, le 18 février. »

Ain­si, cette remar­quable tri­bune de la roman­cière fran­co-tuni­sienne Faw­zia Zoua­ri, dans Libé­ra­tion du 28 février, rétor­quant aux accu­sa­teurs :

« Voi­là com­ment on se fait les alliés des isla­mistes sous cou­vert de phi­lo­so­pher… Voi­là com­ment on réduit au silence l’une des voix dont le monde musul­man a le plus besoin. »

 


Faw­zia Zoua­ri : « Il faut dire qu’il y a un... par fran­cein­ter

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Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl

Nous avons – mon fils Fran­çois et moi-même – sai­si au vol cette sug­ges­tion d’un ami : mar­quer le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986) par la publi­ca­tion d’un album pho­tos et texte. D’autant que cette idée rejoint l’appel à l’organisation de 1 000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire, entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril (30 ans après Tcher­no­byl).

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Nous nous sommes donc lan­cés dans l’ouvrage, qui est prêt – du moins «sur les écrans ». Nous avons juste un peu modé­ré l’élan avant de pas­ser au papier d’édition…D’où cet appel à sou­te­nir l’initiative. D’où cette sous­crip­tion afin recueillir les fonds néces­saires à la publi­ca­tion puis la dif­fu­sion dans le cadre de cette cam­pagne anti-nucléaire.

Vous pou­vez par­ti­ci­per en cli­quant sur le lien d’une cagnotte élec­tro­nique sécu­ri­sée :

https://www.leetchi.com/c/30-ans-apres-tchernobyl

Vous pou­vez aus­si adres­ser un chèque ou un billet à mon adresse : Gérard Pon­thieu, 102, rue Jules-Mou­let 13006 Mar­seille.

En contri­buant pour 20 euros, vous rece­vrez l’album chez vous en avant pre­mière (nous vous deman­de­rons alors votre adresse pos­tale par cour­riel).

Si vous don­nez plus, vous rece­vrez autant d’exemplaires que de tranches de 20 euros. Vous figu­re­rez aus­si dans la liste des sous­crip­teurs et serez tenus au cou­rant des étapes de fabri­ca­tion, puis de dif­fu­sion de cet album.

À par­tir du lien ci-des­sus, vous trou­ve­rez plus d’information sur cette créa­tion de qua­li­té, à tirage limi­té. Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ».

Mer­ci d’avance pour votre sou­tien !

Fran­çois et Gérard Pon­thieu

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  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse pos­tale !)

    tcherno2-2-300x211

    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Rus­sel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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