On n'est pas des moutons

Notules & Griffures

Rabais sur le Vichy !

© Alain Le Quernec

Après Pétain, ques­tion Vichy, il y eut la pas­tille blanche (dure à ava­ler) et aussi le tissu qui enroba les fesses de Bar­dot (pré­mo­ni­toire côté FN), avant d’emballer la came­lote de chez Tati. Il nous est revenu ces der­niers temps à la mode Sar­kozy avec un arrière-​goût ranci. Comme dit Alain Le Quer­nec, l’auteur de ce tis­sage serré, « Atten­tion, cette image sera démo­né­ti­sée la semaine pro­chaine ! » Pourvu !



Un florilège des errances sarkoziennes

Signant Super­yoyo sur Ago­ra­vox, un blo­gueur a com­pilé un « best of » des errances sar­ko­ziennes depuis son élec­tion jusqu’à fin 2011 – soit quatre ans et demi de décla­ra­tions, de déci­sions, de situa­tions graves ou pitoyables. Un éprou­vant bilan qui exige tout de même de ses lec­teurs, avouons-​le, une cer­taine dose de sado-​masochisme.

Un avant-​goût ci-​dessous. Le reste sur Agoravox.

6 mai 2007 : le Fouquet’s

7 mai 2007 : les vacances sur le yacht de Bolloré.

28 juin 2007 : Patrick DEVEDJIAN traite Anne-​Marie COMPARINI (modem) de salope.

4 août 2007 : en vacances à Wol­fe­boro dans une villa qui se loue habi­tuel­le­ment 30.000 dol­lars par semaine.

21 août 2007 : La loi TEPA. 15 mil­liards d’euros par an. Grâce à cette mesure, un mil­lier de contri­buables parmi les plus for­tu­nés vont tou­cher en moyenne un chèque de 260.000 euros.

22 sep­tembre 2007 : Fran­çois FILLON estime être « à la tête d’un état en situa­tion de faillite financière ».

29 octobre 2007 : aug­men­ta­tion de son salaire de 172%.

6 novembre 2007 : « des­cends un peu le dire » au Guilvinec.

10 décembre 2007 : récep­tion de Mouam­mar KADHAFI

20 décembre 2007 : Jean-​Marie BIGARD chez le Pape.

20 décembre 2007 : « Dans la trans­mis­sion des valeurs et dans l’apprentissage de la dif­fé­rence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais rem­pla­cer le curé ou le pasteur »

8 jan­vier 2008 : « Qu’est ce que vous atten­dez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ? ».

23 jan­vier 2008 : Chris­tian ESTROSI loue un jet privé pour 136 000 euros pour ne pas lou­per un pot à l’Elysée.

4 février 2008 : Nico­las SARKOZY pro­met de sau­ver l’usine Arce­lor­Mit­tal de Gan­drange. L’usine fer­mera un an plus tard

13 février 2008 : Nico­las SARKOZY veut que tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d’un des enfants fran­çais vic­times de la Shoah. Simone VEIL, ancienne dépor­tée, déclare que son « sang s’est glacé » en enten­dant cette proposition.

20 février 2008 : Chris­tine OCKRENT, com­pagne d’un ministre, est nom­mée direc­trice géné­rale de France Monde (France24, TV5 monde, RFI).

23 février 2008 : « Alors casse-​toi pauvre con ».

5 juillet 2008 : « Désor­mais quand il y a une grève en France, per­sonne ne s’en aperçoit ».

3 sep­tembre 2009 : Nico­las SARKOZY, en visite à l’usine Fau­re­cia, fait sa décla­ra­tion télé­vi­sée entou­rés de per­sonnes choi­sies pour leur petite taille.

5 sep­tembre 2009 : « Il en faut tou­jours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beau­coup qu’il y a des pro­blèmes » (Brice HORTEFEUX).

23 sep­tembre 2009 : « Les para­dis fis­caux, le secret ban­caire, c’est fini. »

13 octobre « Ce qui compte en France pour réus­sir, ce n’est plus d’être bien né, c’est tra­vailler dur, et avoir fait la preuve, par ses études, par son tra­vail, de sa valeur » (à l’époque son fils était pres­senti pour prendre la pré­si­dence de l’EPAD.

9 novembre 2009 : Sur sa page face­book, Nico­las SARKOZY raconte com­ment il s’est retrouvé à Ber­lin le 9 novembre 1989 pour la chute du mur. Mais les indices mon­trant un men­songe s’accumulent.

25 jan­vier 2010 : « dans les semaines et les mois qui viennent, vous ver­rez recu­ler le chô­mage dans notre pays ».

6 mars 2010 : « L’environnement, ça com­mence à bien faire ».

22 mars 2010 : Alain JOYANDET en Mar­ti­nique en un jet privé: 116.500 euros.

16 juin 2010 : On apprend que l’état à rem­boursé 12000 euros dépen­sés par Chris­tian BLANC pour l’achat de cigares.

21 juin 2010 : Début de l’affaire WOERTH-​BETTENCOURT et ses mul­tiples rebondissements

28 juillet 2010 : Sur­en­chère sécu­ri­taire. Nico­las SARKOZY parle des « com­por­te­ments de cer­tains roms ».il veut déchoir de la natio­na­lité fran­çaise les assas­sins de forces de l’ordre. Brice HORTEFEUX veut étendre cette déchéance aux cas de poly­ga­mie. Chris­tian ESTROSI pro­pose de punir les maires laxiste. Le pape en per­sonne inter­vient pour défendre les roms.

9 février 2011 : Boris BOILLON, proche de Nico­las SARKOZY, ambas­sa­deur de France en Tuni­sie, en maillot de bain sur Internet.

8 mai 2011 : Laurent WAUQUIEZ s’en prend aux béné­fi­ciaires du RSA et à l’assistanat « can­cer de la société française ».

25 juillet 2011 : La cour des comptes révèle que l’avion de Nico­las SARKOZY est équipé de deux fours, mon­tant : 75000 euros.

28 juillet 2011 : Des pho­tos montrent Brice HORTEFEUX et Jean-​François COPE en com­pa­gnie de Ziad­TAK­KIE­DINE, un homme d’affaires dont le nom a sou­vent été mêlé à des scan­dales politico-​financiers.

L’intégrale est à lire sur Agoravox


Sarkozy. De « La France forte » à la France libre

Ça, c’est de mon pote Faber

Le reste pro­vient de la paro­die déchaî­née sur le net.

C’est beau et salutaire

le génie populaire

!

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Ma pré­fé­rée, signée Pea­chy Carnehan

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La plus radi­cale (et confiante)


« Toutes les civilisations se valent (surtout la nôtre) »

Extrait du Lotus bleu de Hergé

« Si l’on fait, pour la beauté du geste, l’hypothèse que la bonne foi n’était pas tota­le­ment absente du concert de pro­tes­ta­tions qui a suivi la petite phrase de Claude Guéant, la polé­mique est révé­la­trice d’un pro­fond malaise. Il paraît aussi dif­fi­cile de sous­crire sans états d’âme à la for­mule du Ministre de l’Intérieur, que d’adhérer aux ripostes qu’elle a sus­ci­tées. D’un côté, nous nous sen­tons tenus de pro­fes­ser un uni­ver­sa­lisme accueillant à la diver­sité des cultures. Nous refu­sons que la com­pa­rai­son débouche sur la déva­lua­tion, que la dif­fé­rence recon­nue signi­fie qu’une civi­li­sa­tion soit intrin­sè­que­ment « supé­rieure » à une autre : cela revien­drait peu ou prou à repro­duire le schéma typique des Lumières fran­çaises – la civi­li­sa­tion, c’est nous, les autres sont des bar­bares, des sau­vages qui attendent d’être civi­li­sés. Mais d’un autre côté, nous voyons mal com­ment évi­ter de pen­ser que nos ins­ti­tu­tions et nos valeurs sont tout de même pré­fé­rables, que les droits de l’homme valent mieux que le racisme et l’intolérance, que l’égalité des sexes est mora­le­ment supé­rieure à un sys­tème patriar­cal, et le suf­frage uni­ver­sel plus digne de l’homme que la tyrannie. »

On pour­sui­vra la lec­ture de ce texte pro­met­teur sur le blog de son auteur, réfu­gié comme la concierge de l’esprit au Pied de l’escalier. Une bonne et char­pen­tée réflexion pour ne pas res­ter en rade dans la confu­sion géné­rée par la trop fameuse sor­tie de Guéant, elle-​même fai­san­dée par les réac­tions pav­lo­viennes de la gauche trop peu pensante.

Merci à tous pour les enri­chis­sants com­men­taires appor­tés à mon pré­cé­dent papier. On n’est pas trop de beau­coup pour affron­ter la com­plexité du monde et des affaires humaines !

Et merci à Daniel D. pour avoir signalé ce bon endroit : http://​les​ca​lier​.word​press​.com/​2​0​1​2​/​0​2​/​1​1​/​t​o​u​t​e​s​-​l​e​s​-​c​i​v​i​l​i​s​a​t​i​o​n​s​-​s​e​-​v​a​l​e​n​t​-​s​u​r​t​o​u​t​-​l​a​-​n​o​t​re/


Manhattan-​Concombre. Il y a légume et légume

Libé­ra­tion, mer­credi 1÷06÷11

Leçon de français: le concombre est un gros légume et « DSK » une grosse légume. Bizar­re­rie et sens de la nuance : les deux se disent, c’est du bon fran­çais bien de chez nous. Le ou la, légume est du genre mixte, bisexué, y com­pris pour le phal­lique concombre.

Fran­çais cor­rect, soit, mais poli­ti­que­ment ? Le cucur­bi­ta­cée espa­gnol, rap­pe­lons les faits, s’est bien vite retrouvé menotté devant toutes les télés d’Allemagne et d’ailleurs, sans même avoir été « pré­sumé ». Et per­sonne pour cla­mer la fameuse pré­su­mée inno­cence de ce pauvre légume si inof­fen­sif d’allure. Per­sonne pour pré­tendre que « ça ne lui res­semble pas ». C’est vrai, quoi, a-​t-​il une tête de tueur ? De vio­leur peut-​être mais de tueur ! Car cette fois, si aucune domes­tique n’a été trous­sée (par lui), il y a bien eu morts d’hommes (une quin­zaine !) L’accusation était autre­ment plus grave alors ?

En fait, une fois de plus, nous nous trou­vons bien devant un cas d’injustice fla­grante autant que révol­tante. Pour ce qui est des légumes,en par­ti­cu­lier, il y a bien deux poids deux mesures selon qu’on en est « un » ou « une ». À Man­hat­tan, on sait que la grosse légume a les moyens, et même au delà. Qu’avec ce qu’il faut d’avocats, même sans concombre, on en fera des salades. Le petit légume à tête de femme de ménage, lui, n’aura qu’à bien s’accrocher. Mais à quoi ?


DSK. Drôle d’affaire, drôle de monde

L’Affaire. Évi­tons la satu­ra­tion, soit. Tout de même quelques grains de sel…

D’un côté cette Amé­rique puri­taine, rigo­riste, impla­cable : riches ou pauvres égaux devant la jus­tice… Jusqu’à un cer­tain point, faut rien exa­gé­rer, et vive le libé­ra­lisme le plus sau­vage ! Devenu la vic­time, l’inculpé peut à nou­veau faire valoir sa « valeur ». 100 mil­lions de dol­lars par ci, 500 par là ; un appar­te­ment de cir­cons­tances en plein Man­hat­tan – res­ter dans la Cité des hommes –, amé­nagé en consé­quence, selon la requête de cette jus­tice rede­ve­nue du jour au len­de­main si com­pré­hen­sive, humaine. Ouf, vive l’Amérique !

De l’autre, donc, cette Amé­rique autre et tout à fait elle-​même – « In Dol’ we trust » –, pour qui la femme de ménage reprend sa place « nor­male », c’est-à-dire tout en bas de cette ver­ti­gi­neuse échelle qui gratte-​le-​ciel des possédants.

Selon que vous serez riche ou misé­rable – La Fon­taine, avec ses pots de fer et de terre, veille au grain de l’injustice fon­cière d’une société fon­ciè­re­ment inégalitaire.

Côté hexa­gone res­treint (média­tique), la parole domi­nante acca­pa­rée par le clan. L’émission de Puja­das en a fourni la cari­ca­ture hier soir (19÷5÷11) jusqu’à l’indécence : ce milieu auto­risé s’est auto­risé une fois de plus. Ils volent tous au secours de l’ami, ce qui serait louable en luci­dité, donc en décence. Ce fut l’inverse. Jusqu’à voir un Badin­ter se décon­si­dé­rer (à mes yeux tout au moins, par un tel manque de recul) dans son pos­tu­lat d’innocence de l’Ami, défini au pas­sage par l’affreux F-​O Gis­bert comme celui qui aide­rait même l’assassin en y allant de la pelle pour dis­si­mu­ler le cadavre…

Tan­dis que Manuel Valls, l’œil noir, mitraillait à tout va sur l’air de l’indignation (va-​t-​il prendre le relais de son ami poli­tique ?). Tan­dis que le débat s’engouffrait dans le « tout le monde savait-​personne n’a rien dit »… Ce qui reve­nait à vali­der la vrai­sem­blance de l’affaire et des chefs d’accusation.

Le fait que DSK soit consi­déré un dérangé sexuel notoire a jusqu’à pré­sent amusé la gale­rie, ali­menté les vannes les plus gra­ve­leuses, forcé ses nom­breuses vic­times au silence hon­teux. Et cela conti­nue aujourd’hui sous un registre à peine feutré :

Jean-​François Kahn, sur France Culture :
« Je suis cer­tain, enfin pra­ti­que­ment cer­tain, qu’il n’y a pas eu une ten­ta­tive vio­lente de viol, je ne crois pas, ça, je connais le per­son­nage, je ne le pense pas. Qu’il y ait eu une impru­dence on peut pas le… (rire gour­mand), j’sais pas com­ment dire, un trous­sage […] un trous­sage, euh, de domes­tique, enfin, j’veux dire, ce qui est pas bien. Mais, voilà, c’est une impres­sion. » [Pro­pos regret­tés ensuite par l’auteur].
Jack Lang, sur France 2:
« Ne pas libé­rer, alors qu’il n’y a pas mort d’homme, ne pas libé­rer quelqu’un qui verse une cau­tion impor­tante, ça ne se fait pra­ti­que­ment jamais. »
En effet, pour une brou­tille pareille !
► Pour BHL, DSK n’est pas un jus­ti­ciable comme un autre :
« J’en veux, ce matin, au juge amé­ri­cain qui, en le livrant à la foule des chas­seurs d’images qui atten­daient devant le com­mis­sa­riat de Har­lem, a fait sem­blant de pen­ser qu’il était un jus­ti­ciable comme un autre. »

Et puis il y a ce « dîner en ville » chez Ardis­son, qui fai­sait même rire la pre­mière inté­res­sée, Tris­tane Banon – qui fait à nou­veau par­ler d’elle et pour­rait être citée à témoi­gner au pro­cès de New York –se pré­sen­tant alors, à la télé en 2007, comme une des proies de DSK :


Une drôle d’affaire, vrai­ment, à l’image même de notre monde à la dérive : un drôle de monde. Quoi qu’il en sera de ses abou­tis­se­ments, elle aura tout de même per­mis de recen­trer un peu, espé­rons, les enjeux poli­tiques actuels au PS sur le fond. PS comme parti socia­liste ? Comme poli­tique sociale ?


Histoire de basse-​cour

L’hypocrite: « Allez savoir ce qui, aujourd’hui, m’a fait pen­ser à La Fon­taine »… Mais c’est une fable…

La Per­drix et les Coqs

La Fontaine, Livre X - Fable 7

Photo gp 2011

Parmi de cer­tains coqs inci­vils, peu galants,
Tou­jours en noise, et tur­bu­lents,
Une per­drix était nour­rie.
Son sexe et l’hospitalité,
De la part de ces coqs, peuple à l’amour porté,
Lui fai­saient espé­rer beau­coup d’hon­nê­teté:
Ils feraient les hon­neurs de la ména­ge­rie.
Ce peuple cepen­dant, fort sou­vent en furie,
Pour la dame étran­gère ayant peu de res­pect,
Lui don­nait fort sou­vent d’horribles coups de bec.
D’abord elle en fut affli­gée ;
Mais, sitôt qu’elle eût vu cette troupe enra­gée
S’entre-battre elle même et se per­cer les flancs ;
Elle se consola. « Ce sont leurs moeurs, dit-​elle ;
Ne les accu­sons point, plai­gnons plu­tôt ces gens :
Jupi­ter sur un seul modèle
N’a pas formé tous les esprits ;
Il est des natu­rels de coqs et de per­drix.
S’il dépen­dait de moi, je pas­se­rais ma vie
En plus hon­nête com­pa­gnie.
Le maître de ces lieux en ordonne autre­ment ;
Il nous prend avec des ton­nelles,
Nous loge avec des coqs, et nous coupe les ailes :
C’est de l’homme qu’il faut se plaindre seulement. »

– – –

Parmi de cer­tains coqs : parmi cer­tains coqs. Il n’est plus pos­sible aujourd’hui d’employer le « de » devant un adjec­tif indéfini.

Inci­vils : qui manquent de courtoisie.

Noise : bagarre, que­relle. Ne s’emploie plus guère que dans les expres­sions « cher­cher noise à quelqu’un » ou « cher­cher des noises à quelqu ’un ».

Hon­nê­teté : res­pect, avantages.

Ton­nelles: Les chas­seurs rou­laient devant eux de grands ton­neaux munis de filets dans les­quels venaient se prendre les perdrix.

[Notes de http://​www​.lafon​taine​.net ]


« Fête du travail », et quoi encore ?

Déjà, fêter le tra­vail c’est plus que dis­cu­table. Oui, on pour­rait en effet dis­cu­ter du tra­vail en ques­tion : quel tra­vail ? Quelle créa­ti­vité ? Quel épa­nouis­se­ment ? Quelle libé­ra­tion ? Ou, dans l’autre sens : Quel non-​travail ? (sans-​emplois, exclus en tous genres). Quel abru­tis­se­ment, quel épui­se­ment phy­sique, quelle exploi­ta­tion, quelle alié­na­tion ? Voir Orange et mou­rir… Ou plu­tôt relire l’irremplaçable Droit à la paresse (télé­char­geable), de Paul Lafargue, (1883) – et par ailleurs gendre de Marx… Sous le titre « Un dogme désas­treux », son pam­phlet démarre ainsi, je m’en régale toujours :

« Une étrange folie pos­sède les classes ouvrières des nations où règne la civi­li­sa­tion capi­ta­liste. Cette folie trame à sa suite des misères indi­vi­duelles et sociales qui, depuis deux siècles, tor­turent la triste huma­nité. Cette folie est l’amour du tra­vail, la pas­sion mori­bonde du tra­vail, pous­sée jusqu’à l’épuise­ment des forces vitales de l’individu et de sa pro­gé­ni­ture. Au lieu de réagir contre cette aber­ra­tion men­tale, les prêtres, les éco­no­mistes, les mora­listes, ont sacro-​sanctifié le tra­vail. Hommes aveugles et bor­nés, ils ont voulu être plus sages que leur Dieu ; hommes faibles et mépri­sables, ils ont voulu réha­bi­li­ter ce que leur Dieu avait mau­dit. Moi, qui ne pro­fesse d’être chré­tien, éco­nome et moral, j’en appelle de leur juge­ment à celui de leur Dieu ; des pré­di­ca­tions de leur morale reli­gieuse, éco­no­mique, libre-​penseuse, aux épou­van­tables consé­quences du tra­vail dans la société capitaliste. »

Pétain a le dessous…

Bon, ne gâchons pas tota­le­ment la « fête »… Mais tout de même, tom­ber un dimanche cette année, c’est une pro­vo­ca­tion ! Ce « joli mai » s’annonce donc pourri. Déjà qu’avril a affolé les météos : la grêle a ravagé le vignoble de Sau­ternes, t’as qu’à voir !, ainsi que les pom­miers en flo­rai­son dans la val­lée du Rhône et les Alpes de Haute-​Provence. Les fraises aussi en ont pris un coup. Même le muguet a subi les affres du réchauf­fe­ment ! Les muguet­tistes s’en sont plaint ; ils ont dû plan­quer les clo­chettes pré­ma­tu­rées dans des fri­gos. Au fait, saluons au pas­sage, le grand homme par qui cette aimable tra­di­tion a pu être réac­ti­vée et en somme natu­ra­li­sée : Pétain lui-​même, le jour de sa fête, la saint-​Philippe, en 1941. On a vu à quel point ça nous a porté bon­heur. Bref, à y regar­der de plus près„ ce muguet est tout de même bien chargé : sym­bo­lique du renou­veau prin­ta­nier, tra­di­tion plus ou moins odo­rante remon­tant à Charles IX, super­sti­tion des temps rep­ti­liens, fas­cisme pétai­niste, capi­tu­la­tion de l’églan­tine rouge qui annon­çait le Temps des cerises… Ainsi se forgent les cultures. En offrande ici : mon muguet vir­tuel qui se fait luti­ner par une anar­chiste coc­ci­nelle… Ren­ver­sant, non ? [ Cli­quer des­sus gen­ti­ment].

Clip audio : Le lec­teur Adobe Flash (ver­sion 9 ou plus) est néces­saire pour la lec­ture de ce clip audio. Télé­char­gez la der­nière ver­sion ici. Vous devez aussi avoir JavaS­cript activé dans votre navigateur.

Le Temps des cerises, Jean-​Baptiste Clé­ment - Marc Oge­ret


Alors, les yeux de Liz : violets, émeraude, bleus ?

Post scrip­tum. Ah ben, à en croire Libé du jour, ils ne sont pas rouges non plus…

Dans le même « JT » de 20 heures, hier, Liz Tay­lor a été célé­brée pour la beauté de ses yeux suc­ces­si­ve­ment qua­li­fiés vio­lets, éme­raude, puis bleus. Éblouis, sub­ju­gués, aveu­glés nos égre­neurs de nou­velles ! Une photo en noir et blanc s’impose donc pour tran­cher ce si déli­cat et fon­da­men­tal point d’actualité et même d’Histoire. Celle d’Hollywood comme temple de la mytho­lo­gie spec­ta­cu­laire, celle qui brouille la hié­rar­chie des valeurs en s’imposant comme valeur pre­mière : la vedette, la star, l’idole, l’Argent-roi, le sen­ti­men­ta­lisme exhibé, l’exhibition « sacra­li­sée », la beauté inju­riant la misère – bref, toute l’injustice du monde, la magni­fi­cence outran­cière du pipole qui gou­verne ce monde. Une étoile s’éteint, l’univers vacille.


  • Mai 2012, en rouge et bleu…

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  • Non à la propagande d’AREVA !

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  • Fin de bestiaire

    Mou­tons, orangs-​outangs, canards… Dans mon bes­tiaire, on devrait aussi croi­ser la cohorte des humains cré­dules cou­rant après leurs propres sor­nettes… Suf­fit de regar­der autour de soi. Et de se regarder…

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