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Attentat de Barcelone : Kamel Daoud s’insurge contre le laxisme européen

Écrivain et jour­nal­iste algérien, Kamel Daoud s’est imposé, par­mi d’autres trop rares dans le monde musul­man, par son indépen­dance de juge­ment, la finesse de ses analy­ses et de son écri­t­ure. Tan­dis que nos médias se lamentent sans fin sur les abom­i­na­tions de Daesh, Kamel Daoud pointe ses réflex­ions sur leurs caus­es plutôt que sur leurs seuls effets. On ne saurait certes dénier les dimen­sions dra­ma­tiques des atten­tats. Mais leur mise en spec­ta­cle médi­a­tique, l’étalage des témoignages mul­ti­ples, les déc­la­ra­tions out­rées ou va-t’en guerre, les recueille­ments et les prières publics, tout cela ne sert-il pas la stratégie pub­lic­i­taire de ter­reur visée par l’État islamique ? En dénonçant l’Arabie saou­dite comme « un Daesh qui a réus­si », Kamel Daoud va pré­cisé­ment à con­tre­courant du dolorisme ambiant qui masque une géopoli­tique – celle de ce qu’on appelle l’Occident – schiz­o­phrène, absurde, meur­trière et sans fin. [GP]

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L’Arabie saou­dite est un Daesh qui a réus­si”

Par Kamel Daoud

Une pen­sée pour Barcelone. Mais après la com­pas­sion il est temps de s’interroger : Dans sa lutte con­tre le ter­ror­isme, l’Occident mène la guerre con­tre l’un tout en ser­rant la main de l’autre. Mécanique du déni, et de son prix. On veut sauver la fameuse alliance stratégique avec l’Ara­bie saou­dite tout en oubliant que ce roy­aume repose sur une autre alliance, avec un clergé religieux qui pro­duit, rend légitime, répand, prêche et défend le wah­habisme, islamisme ultra-puri­tain dont se nour­rit Daesh.

Le wah­habisme, rad­i­cal­isme mes­sian­ique né au XVIIIe siè­cle, a l’idée de restau­r­er un cal­i­fat fan­tas­mé autour d’un désert, un livre sacré et deux lieux saints, la Mecque et Médine. C’est un puri­tanisme né dans le mas­sacre et le sang, qui se traduit aujourd’hui par un lien sur­réal­iste à la femme, une inter­dic­tion pour les non-musul­mans d’entrer dans le ter­ri­toire sacré, une loi religieuse rig­oriste, et puis aus­si un rap­port mal­adif à l’image et à la représen­ta­tion et donc l’art, ain­si que le corps, la nudité et la lib­erté. L’Arabie saou­dite est un Daesh qui a réus­si.

Le déni de l’Occident face à ce pays est frap­pant : on salue cette théocratie comme un allié et on fait mine de ne pas voir qu’elle est le prin­ci­pal mécène idéologique de la cul­ture islamiste. Les nou­velles généra­tions extrémistes du monde dit « arabe » ne sont pas nées dji­hadistes. Elles ont été biberon­nées par la Fat­wa Val­ley, espèce de Vat­i­can islamiste avec une vaste indus­trie pro­duisant théolo­giens, lois religieuses, livres et poli­tiques édi­to­ri­ales et médi­a­tiques agres­sives.

Vifs remer­ciements à Omar Louzi, directeur du site Amazigh24, et à Kamel Daoud, qui ont volon­tiers autorisé la dif­fu­sion de cet arti­cle sur « C’est pour dire ».

Amazigh24.ma dont le siège est à Rabat se présente comme un site d’information général­iste, con­cer­nant le monde amazigh (relatif au peu­ple berbère et à sa langue) : Maroc, Algérie, Tunisie, Egypte, Libye, Niger, Mali, Iles Canaries, Mau­ri­tanie, … et la dias­po­ra amazigh en Amérique du Nord et en Europe… Un site par­tic­i­patif, indépen­dant, qui donne la parole à tous les Amazighs dans le monde… quels que soient leurs domaines d’activité : affaires, poli­tique, cul­ture. Le site se veut pro­gres­siste, human­iste, ouvert et tolérant.

On pour­rait con­tre­car­rer : Mais l’Arabie saou­dite n’est-elle pas elle-même une cible poten­tielle de Daesh ? Si, mais insis­ter sur ce point serait nég­liger le poids des liens entre la famille rég­nante et le clergé religieux qui assure sa sta­bil­ité — et aus­si, de plus en plus, sa pré­car­ité. Le piège est total pour cette famille royale frag­ilisée par des règles de suc­ces­sion accen­tu­ant le renou­velle­ment et qui se rac­croche donc à une alliance ances­trale entre roi et prêcheur. Le clergé saou­di­en pro­duit l’islamisme qui men­ace le pays mais qui assure aus­si la légitim­ité du régime.

 

Il faut vivre dans le monde musul­man pour com­pren­dre l’immense pou­voir de trans­for­ma­tion des chaines TV religieuses sur la société par le biais de ses mail­lons faibles : les ménages, les femmes, les milieux ruraux. La cul­ture islamiste est aujourd’hui général­isée dans beau­coup de pays — Algérie, Maroc, Tunisie, Libye, Egypte, Mali, Mau­ri­tanie. On y retrou­ve des mil­liers de jour­naux et des chaines de télévi­sion islamistes (comme Echourouk et Iqra), ain­si que des clergés qui imposent leur vision unique du monde, de la tra­di­tion et des vête­ments à la fois dans l’espace pub­lic, sur les textes de lois et sur les rites d’une société qu’ils con­sid­èrent comme con­t­a­m­inée.

Il faut lire cer­tains jour­naux islamistes et leurs réac­tions aux attaques de Paris. On y par­le de l’Occident comme site de « pays imp­ies » ; les atten­tats sont la con­séquence d’attaques con­tre l’Islam ; les musul­mans et les arabes sont devenus les enne­mis des laïcs et des juifs. On y joue sur l’affect de la ques­tion pales­tini­enne, le viol de l’Irak et le sou­venir du trau­ma colo­nial pour emballer les mass­es avec un dis­cours mes­sian­ique. Alors que ce dis­cours impose son sig­nifi­ant aux espaces soci­aux, en haut, les pou­voirs poli­tiques présen­tent leurs con­doléances à la France et dénon­cent un crime con­tre l’humanité. Une sit­u­a­tion de schiz­o­phrénie totale, par­al­lèle au déni de l’Occident face à l’Arabie Saou­dite.

Ceci laisse scep­tique sur les déc­la­ra­tions toni­tru­antes des démoc­ra­ties occi­den­tales quant à la néces­sité de lut­ter con­tre le ter­ror­isme. Cette soi-dis­ant guerre est myope car elle s’attaque à l’effet plutôt qu’à la cause. Daesh étant une cul­ture avant d’être une mil­ice, com­ment empêch­er les généra­tions futures de bas­culer dans le dji­hadisme alors qu’on n’a pas épuisé l’effet de la Fat­wa Val­ley, de ses clergés, de sa cul­ture et de son immense indus­trie édi­to­ri­ale ?

Guérir le mal serait donc sim­ple ? A peine. Le Daesh blanc de l’Arabie Saou­dite reste un allié de l’Occident dans le jeu des échiquiers au Moyen-Ori­ent. On le préfère à l’Iran, ce Daesh gris. Ceci est un piège, et il aboutit par le déni à un équili­bre illu­soire : On dénonce le dji­hadisme comme le mal du siè­cle mais on ne s’attarde pas sur ce qui l’a créé et le sou­tient. Cela per­met de sauver la face, mais pas les vies.

Daesh a une mère : l’invasion de l’Irak. Mais il a aus­si un père : l’Arabie saou­dite et son indus­trie idéologique. Si l’intervention occi­den­tale a don­né des raisons aux dés­espérés dans le monde arabe, le roy­aume saou­di­en leur a don­né croy­ances et con­vic­tions. Si on ne com­prend pas cela, on perd la guerre même si on gagne des batailles. On tuera des dji­hadistes mais ils renaîtront dans de prochaines généra­tions, et nour­ris des mêmes livres.

Kamel Daoud


Maître Eolas. La République à 35 euros (l’Anarchie n’est pas en prime…)

Infor­mé par un ami 1 d’un bil­let de blog au titre alléchant : « La République vaut-elle plus que 35 euros ? », je tombe sur le fameux blog de « Maître Éolas », Jour­nal d’un avo­cat — Instan­ta­nés de la jus­tice et du droit.

La République. Ange-Louis Janet (1815–1872) © Musée Car­navalet

LEolas en ques­tion sem­ble être désor­mais le plus con­nu des avo­cats anonymes… Ne voulant pas mêler lib­erté de juge­ment et affaires pro­fes­sion­nelles, il s’abrite der­rière ce pseu­do­nyme, lequel nous dit Wikipé­dia, vient du mot gaélique irlandais eolas qui sig­ni­fie « con­nais­sance, infor­ma­tion. » Que voilà une bonne référence ! Aus­si n’est-il pas éton­nant que cet homme de droit s’en prenne si sou­vent à la presse, grande pécher­esse dans son pro­pre domaine. D’où cet exer­gue, qui rejoint mon cre­do : « Qui aime bien châtie bien. Et la presse, je l’aime très fort. » Pour le coup, Eolas s’en prend à un édi­to de L’Opinion. 2

Voici les faits, remon­tant à 2016, tels que repris de la plume (alerte et à l’occasion cinglante) d’Eolas :

« Sébastien X. est l’heureux pro­prié­taire d’un lot dans le Lot, sur lequel se trou­ve une mai­son d’habitation et un garage. On y accède par un por­tail don­nant sur la voie publique, par lequel une auto­mo­bile peut pass­er afin de rejoin­dre le garage. Le trot­toir devant cet accès est abais­sé, for­mant ce que l’on appelle une entrée car­ross­able et plus couram­ment un bateau.

« Un jour, mû par la flemme ou peut-être parce qu’il ne comp­tait pas rester longtemps chez lui, peu importe, Sébastien X. a garé sa voiture devant l’accès à sa pro­priété, au niveau du bateau. “Que dia­ble, a-t-il dû se dire, je ne gêne pas puisque seul moi ai voca­tion à utilis­er cet accès. Or en me garant ain­si, je man­i­feste de façon uni­voque que je n’ai nulle inten­tion d’user de ce dit pas­sage”. Oui, Sébastien X. s’exprime dans un lan­gage soutenu, ai-je décidé.

« Fatal­i­tas. Un agent de police pas­sant par là voit la chose, et la voit d’un mau­vais œil ; sans désem­par­er, il dresse procès-ver­bal d’une con­tra­ven­tion de 4e classe prévue par l’article R.417–10 du code de la route : sta­tion­nement gênant la cir­cu­la­tion. Sébastien X., fort mar­ri, décide de con­tester l’amende qui le frappe, fort injuste­ment selon lui. »

Il s’ensuit que le Sébastien X. dépose une requête, à laque­lle le juge de prox­im­ité de Cahors fait droit et le relaxe, au motif “qu’il n’est pas con­testé que l’entrée car­ross­able devant laque­lle était sta­tion­né le véhicule de M. X. est celle de l’immeuble lui appar­tenant qui con­stitue son domi­cile et dessert son garage, et que le sta­tion­nement de ce véhicule, sur le bord droit de la chaussée, ne gêne pas le pas­sage des pié­tons, le trot­toir étant lais­sé libre, mais, le cas échéant, seule­ment celui des véhicules entrant ou sor­tant de l’immeuble riverain par son entrée car­ross­able, c’est à dire unique­ment les véhicules autorisés à emprunter ce pas­sage par le prévenu ou lui appar­tenant”.

Mais voilà-t-il pas que le représen­tant du min­istère pub­lic, « fin juriste » selon Eolas, dépose un pour­voi en cas­sa­tion. Et la cour, en effet, a cassé. Led­it juge­ment s’est trou­vé annulé.

Alors, se demande goulu­ment l’avocat : « Pourquoi la cour de cas­sa­tion a-t-elle mis à l’amende ce juge­ment ? Pour deux séries de motif dont cha­cun à lui seul jus­ti­fi­ait la cas­sa­tion. »

À par­tir de là, puisque je ne vais pas recopi­er la longue autant qu’argumentée et pas­sion­nante plaidoirie de l’avocat, je vous invite à la lire directe­ment ici.

Pour ma part, non juriste, je m’en tiendrai à quelques réflex­ions sur ce qu’on appelle « l’État de droit » et qui pose des ques­tions essen­tielles, non seule­ment sur la République et la démoc­ra­tie mais plus générale­ment sur l’état de la société, donc sur les com­porte­ments indi­vid­u­al­istes ou com­mu­nau­taristes.

L’usage de l’automobile et, en général, de tous les engins à moteur, dévoile le reflet hideux des com­porte­ments humains – à l’humanité rel­a­tive, spé­ciale­ment dans les villes, en dehors de toute urban­ité… C’est en quoi cet arti­cle de Maître Eolas revêt son impor­tance poli­tique, voire idéologique et philosophique. Il pose en effet – depuis son titre, « La République vaut-elle plus que 35 euros ? » –  la ques­tion du bien com­mun, cen­sé être cod­i­fié et con­forté par la Loi. Cette Loi (avec majus­cule) si sou­vent bafouée, par des hors-la-loi dont notre société a bien du mal à endiguer les flots : manque de pris­ons, qui débor­dent, de juges, de policiers. On manque plus encore, avant tout, d’esprit civique – ce que George Orwell, sous l’expression décence com­mune, définis­sait comme « ce sens com­mun qui nous aver­tit qu’il y a des choses qui ne se font pas ».

Non, ça ne se fait pas, enfin ça ne devrait pas se faire de :

– Se foutre du code de la route, spé­ciale­ment des lim­i­ta­tions de vitesse et met­tre ain­si des vies en dan­ger ; causer un bou­can infer­nal avec son engin à moteur ; jeter les ordures n’importe où ; incendi­er poubelles et voitures ; insul­ter quiconque par des pro­pos agres­sifs et racistes 3 ; bar­rer des rues pour empêch­er l’accès de la police dans des « ter­ri­toires per­dus de la République » 4 Liste non exhaus­tive !

Mais ça ne devrait se faire non plus que :

– Près de la moitié des richess­es mon­di­ales soit entre les mains des 1 % les plus rich­es, tan­dis que 99 % de la pop­u­la­tion mon­di­ale se parta­gent l’autre moitié, tan­dis que 7 per­son­nes sur 10 vivent dans un pays où les iné­gal­ités se sont creusées ces 30 dernières années. (Rap­port Oxfam, 2014).

– … Et que les rich­es con­tin­u­ent à s’enrichir et les pau­vres à s’appauvrir…

L’État de droit, certes, implique la pri­mauté du droit sur le pou­voir poli­tique, de sorte que gou­ver­nants et gou­vernés, doivent obéir à la loi, tous étant ain­si égaux en droit. En droit. Pour le reste : on comptera sur les tal­ents, la chance, et surtout la « bonne for­tune »… Rien à voir avec le degré de démoc­ra­tie d’un régime ! Où serait alors le « monde com­mun » entre les nou­velles élites de l’industrie, du com­merce, de la banque, des arts, du sport et de la poli­tique ? – cette nou­velle aris­to­cratie, à l’hérédité finan­cière et aux revenus éhon­tés, injurieux.

État de droit, ou État de tra­vers ? Par delà le désor­dre économique fac­teur de mis­ère 5, c’est l’ordre sym­bol­ique du monde – celui de la jus­tice et du bien-être par le « pro­grès » tant van­té – qui se trou­ve grave­ment atteint et accentue le ressen­ti­ment général et la malveil­lance des lais­sés pour compte. Tan­dis que les dém­a­gogues de tous poils se ren­gor­gent sous de grandes envolées égal­i­taristes, accu­sant l’État et ses « élites », dénonçant les démons, les com­plots, le « sys­tème ». Ce qui revient à désen­gager le citoyen de sa pro­pre respon­s­abil­ité – ce qui, il est vrai, pos­tule sa lib­erté.

À ce stade, on ne peut ignor­er l’autre respon­s­abil­ité, celle des gou­verne­ments, dont elle ques­tionne leur forme et leur légitim­ité. Cette notion de l’État de droit, si elle fonde la République en tant que démoc­ra­tie théorique, se voit con­fron­tée à l’État tout court. Cer­tains courants anar­chistes y ont vu et con­tin­u­ent à y voir le mal absolu. D’autres, plus philosophiques que dog­ma­tiques, ont su pos­er les principes de fond. Ain­si Proud­hon quand il écrit : « La lib­erté est anar­chie, parce qu’elle n’admet pas le gou­verne­ment de la volon­té, mais seule­ment l’autorité de la loi, c’est-à-dire de la néces­sité », ou encore « L’anarchie c’est l’ordre sans le pou­voir ». Ou Élisée Reclus : « L’anarchie est la plus haute expres­sion de l’ordre. »

Au fond, on n’est pas loin de l’affaire du sta­tion­nement illé­gal si fine­ment analysé par Maitre Eolas. Par­tant d’une amende à 35 euros, dénon­cée par un jour­nal­iste sur­feur et dém­a­gogue 6, on en arrive à embrass­er la com­plex­ité d’un tout his­torique et philosophique, dont les fon­da­tions datent de l’Antiquité grecque et romaine, tan­dis que l’édifice entier demeure sous échafaudages, plus ou moins (in)stable, selon le rap­port incer­tain entre bâtis­seurs et démolis­seurs – ce qui con­stitue l’Histoire.

Notes:

  1. Mer­ci Daniel !
  2. Média économique d’inspiration libérale, pro-busi­ness, européenne.
  3. Roulant à vélo dans les quartiers Nord de Mar­seille, je me suis fait traiter de « sale pédé » et men­ac­er de cas­sage de gueule par un Noir haineux [c’est un fait] en bag­nole, vocif­érant parce qu’empêché de me pass­er dessus dans une rue étroite !
  4. Je par­le de ce que je con­nais : à Mar­seille, quartiers Nord encore, cité de la Castel­lane pour être pré­cis : des guet­teurs au ser­vice de trafi­quants de drogue sont postés en per­ma­nence et une rue (au moins) est obstruée par des blocs de pierre et des char­i­ots de super­marché. Lire sur ces ques­tions La Fab­rique du mon­stre, une enquête à Mar­seille de Philippe Pujol, sur ce qu’il appelle « les mal­façons de la République française » (Ed. Les Arênes)
  5. Voir L’économie, cette mytholo­gie déguisée en « sci­ence »
  6. Le titre de son arti­cle taclé par Eolas : « Sta­tion­nement inter­dit » ou Kaf­ka au volant. La chute du papi­er est évidem­ment du même ton­neau libéral­iste : « Il y a, finale­ment, plutôt de quoi en pleur­er de rage. Que dis­ait Pom­pi­dou, déjà ? Ah oui : « Arrêtez donc d’emmerder les Français ! »

    Et vive l’anarchie ! – au mau­vais sens du mot, évidem­ment.


« Ça sent le bouchon »

« Ça sent le bou­chon » a osé la jour­nal­iste sur France Inter ce matin pour lancer le mar­ronnier esti­val. Et d’enfiler les clichés sur les dan­gers de la déshy­drata­tion, les red­outa­bles micro-trot­toirs (sur autoroutes…) et, donc, les puis­santes pen­sées des cheva­liers à qua­tre roues. Il est revenu, l’heureux temps des bou­chons, ces « hiron­delles » qui annon­cent l’été canic­u­laire. Ce rit­uel jour­nal­is­tique est aus­si vieux que les hordes auto­mo­biles. C’est aus­si un mar­queur de société. Ain­si cette archive de l’Ina datée du 1er juil­let… 1968, sobre­ment inti­t­ulée « Arrivée des touristes sur la Nationale 7 : traf­ic auto­mo­bile et plages de la région », extraite de Provence Actu­al­ités, Office nation­al de radiod­if­fu­sion télévi­sion française,  Mar­seille. Où la niais­erie du pro­pos atteste bien que la révo­lu­tion de Mai-68 a vécu.


Grand jour : le solstice d’hiver et les dix ans de « C’est pour dire »

C’est pareil chaque année mais pas tou­jours le même jour (le 21 ou le 22)  et jamais à la même heure. Ain­si, pour 2014, ça se passe aujourd’hui dimanche 21, à 23 h 03 mn 01 s. À par­tir de cet instant le jour aura atteint sa plus courte durée. Il ne pour­ra plus que ral­longer… C’est ce qu’on appelle le sol­stice d’hiver. Et vive la renais­sance du Soleil Invain­cu (Sol Invic­tus) ! – qui, rap­pelons-le, exprime le sens païen de Noël.

Pour le reste, rien ne change et tout change. Ou tout change pour que rien ne change. Déjà l’an dernier, je devi­sais sur l’événement. L’an prochain itou, du moins je l’espère… Sans jur­er de rien, vu que, selon ce cher Mon­taigne “Tous les jours vont à la mort, le der­nier y arrive”.

le-numéro-dix-avec-le-ruban-signifie-le-dixième-anniversaire-40234269Un événe­ment astral qui est passé inaperçu ; pour­tant, il ne s’est pro­duit qu’une fois en une décen­nie ! Le 13 décem­bre 2004, en effet, parais­sait sur lemonde.fr le pre­mier arti­cle de « C’est pour dire », d’emblée avec un dessin du grand Faber. Le pro­pos se voulait alors tourné vers une approche cri­tique des pra­tiques jour­nal­is­tiques ; il s’est élar­gi, comme on sait, car à force de taper sur le même clou…

Le comp­teur de « C’est pour dire » totalise 1 392 arti­cles, et encore, sans celui-là ! On par­lait jadis des pisse-copie. L’expression est passée de mode, alors que la chose a atteint un niveau d’énurésie jamais égalé dans l’ère post-guten­bergi­en­ne. Est-ce grave, doc­teur ? Ou bien salu­taire ?  Je pencherais plutôt pour un signe de san­té.

Plus de mille autres arti­cles alors ? Hum !… Le ren­dez-vous de 2024 n’est pas garan­ti (voir le même Michel de Mon­taigne).


Le journalisme est (parfois) un sport de combat

Ouais, les reporters de guerre, les pho­tographes en gilets pare-balles, ils paient comme on dit un lourd trib­ut à l’information. Certes. Mais il est d’autres ter­rains (presque) aus­si dan­gereux, ain­si qu’en témoignent ces deux vidéos d’archives jour­nal­is­ti­co-pugilis­tiques…

6 mars 1959 – Au cours de la retrans­mis­sion du com­bat de catch opposant lHomme masqué” [alias Gil Voiney] à Roger Dela­porte, un match com­men­té avec verve par Roger Coud­erc, le jour­nal­iste est pris à par­ti par Roger Dela­porte, à la descente du ring.

Emis­sion : Catch — 
Office nation­al de radiod­if­fu­sion télévi­sion française — réal­isa­teur
 Pierre Badel — com­men­ta­teur
 Roger Coud­erc — Doc­u­ment Ina

 

5 mars 1976 – Sur le plateau de l’émission “Apos­tro­phes”, Mohamed Ali s’emporte con­tre l’ancien secré­taire de Sartre, Jean Cau, invité de l’émission, qui n’en mène pas large. “S’il y’a quelqu’un que je n’aime pas, c’est vous (il le pointe du doigt). Oh je vois quelque chose que je n’aime pas du tout… je sais que vous êtes suff­isam­ment malin pour ne pas taper sur Mohamed Ali” ! Voilà un boxeur qui ne man­quait ni de punch ni de flair.

Emis­sion : Apos­tro­phes — 
Antenne 2 — réal­isa­teur
 Jean Cazenave — pro­duc­teur
 Bernard Piv­ot - Doc­u­ment Ina


Le progrès d’avant-hier : la voiture électrique (1942)

Ce film archivé par l’INA date du 26 avril 1968. Mais la nou­veauté qu’il mon­tre date de 1942. Il s’agit de “l’Œuf élec­trique” mis au point par Paul Arzens, l’ingénieur de la SNCF, “père” des loco­motri­ces élec­triques “BB”. Out­re quelques pro­pos du même Arzens, ces “Actu­al­ités” inter­ro­gent aus­si le préfet de police Mau­rice Gri­maud qui, dans le mois suiv­ant du Joli Mai, va con­naître une célébrité à laque­lle il est loin de s’attendre ici. Quoi qu’il en soit, les deux vision­naires nous prédis­ent l’avenir radieux du “tout élec­trique” – et branché au nucléaire pour quelques ray­on­nantes décen­nies.

En plus de la musi­quette bien datée qui accom­pa­gne gaiement ce petit film, on décou­vre que la presse pré-soix­ante-huitarde a déjà pris goût au red­outable micro-trot­toir, ce degré zéro du jour­nal­isme, désor­mais tri­om­phant dans nos médias.

Comme dis­ait Alexan­dre Vialat­te, pris dans un embouteil­lage : “On n’arrête pas le pro­grès, il s’arrête tout seul”.

  • Emis­sion “Panora­ma”,
    Office nation­al de radiod­if­fu­sion télévi­sion française (ORTF)
    Jour­nal­istes : Michel Le Paire ; Bernard Corre ;
    Par­tic­i­pants : Paul Arzens ; Mau­rice Gri­maud.

Doc­u­ment Insti­tut nation­al de l’audiovisuel


« 31 juillet 1914, Jaurès est arrivé tard à L’Humanité… » 3/4 – Croqué par Jules Renard

jean-jauresIls étaient con­tem­po­rains, se ren­con­traient et s’appréciaient, fréquen­tant ces mêmes « salons », lieux de dis­pu­ta­tion intel­lectuelle à l’image des salons des Lumières, qui précédèrent la Révo­lu­tion. Voici le por­trait que Jules Renard brosse de Jean Jau­rès dans son Jour­nal (22 décem­bre 1902)

« Jau­rès. L’air, un peu, d’un ours aimable. Le cou court, juste de quoi met­tre une petite cra­vate de col­légien de province. Des yeux mobiles. Beau­coup de pères de famille de quar­ante-cinq ans lui ressem­blent, vous savez, ces papas aux­quels leur grande fille dit famil­ière­ment : « Bou­tonne ta redin­gote, papa. Papa, tu devrais remon­ter un peu tes bretelles, je t’assure. »

Arrive, en petit cha­peau mel­on, le col du pardessus relevé.

Une affec­ta­tion de sim­plic­ité, une sim­plic­ité de citoyen qui com­mence bien son dis­cours par « Citoyens et citoyennes », mais qui s’oublie quelque­fois, dans le feu de la parole, jusqu’à dire : « Messieurs ».

Des gestes courts — Jau­rès n’a pas les bras longs –, mais très utiles. Le doigt sou­vent en l’air mon­tre l’idéal. Les poings pleins d’idées vont se cho­quer quelque­fois, le bras tout entier écarte des choses, ou décrit la parabole du bal­ai. Jau­rès marche par­fois une main dans la poche, tire un mou­choir et s’en essuie les lèvres.

jules-renard-jean-jaurès

Jules Renard (1864 — 1910). Il faudrait lui dire : « Au fond, vous n’êtes pas un vrai social­iste ; vous êtes l’homme de génie du social­isme. »

(Je ne l’ai enten­du qu’une fois. Ceci n’est donc qu’une note.)

Le début lent, des mots séparés par de grands vides. On a peur : n’est-ce que cela ? Tout à coup, une grande vague sonore et gon­flée, qui men­ace avant de retomber douce­ment. Il a une dizaine de vagues de cette ampleur. C’est le plus beau. C’est très beau.

Ce n’est pas la tirade comme l’est une stro­phe de cinq ou six beaux vers dits par un grand acteur. Il y a cette dif­férence qu’on n’est pas sûr que Jau­rès les sache, et qu’on a peur que le dernier n’arrive pas. Le mot « sus­pendu » a toute sa force à son pro­pos. On l’est vrai­ment, avec la crainte de la chute où Jau­rès… nous ferait mal.

Entre ces grandes vagues, des pré­pa­ra­tions, des zones où le pub­lic se repose, où le voisin peut regarder le voisin, dont un mon­sieur peut prof­iter pour se rap­pel­er un ren­dez-vous et pour sor­tir.

Il par­le deux heures, et boit une goutte d’eau.

Quelque­fois — rarement — la péri­ode est man­quée, s’arrête court, et les applaud­isse­ments s’éteignent tout de suite, comme ceux d’une claque.

Il cite le grand nom de Bossuet. Je le soupçonne, quel que soit son sujet, de tou­jours trou­ver le moyen de citer ce grand nom.

Ce qu’il dit ne m’intéresse pas tou­jours. Il dit de belles choses, et il a rai­son de les dire, mais peut-être que je les con­nais, ou que je ne suis plus assez peu­ple, mais, soudain, une belle for­mule comme celle-ci :

– Quand nous exposons notre doc­trine, on objecte qu’elle n’est pas pra­tique : on ne dit plus qu’elle n’est pas juste.

Ou, encore :

– Le pro­lé­tarien n’oubliera pas l’humanité, car le pro­lé­tarien la porte en lui-même. Il ne pos­sède rien, que son titre d’homme. Avec lui et en lui, c’est le titre d’homme qui tri­om­phera.

Une voix qui va jusqu’aux dernières oreilles, mais qui reste agréable, une voix claire, très éten­due, un peu aiguë, une voix, non de ton­nerre, mais de feux de salve.

Une gueule, mais le coup de gueule reste dis­tin­gué.

Le seul don qui soit envi­able. Sans fatigue, il se sert de tous les mots lourds qui sont comme les moel­lons de sa phrase, et qui écorcheraient, tombant d’une plume, les doigts et le papi­er de l’écrivain.

Quelque­fois, un mot mal employé dit le con­traire de ce qu’il veut dire, mais le mou­ve­ment — le fameux mou­ve­ment cher aux hommes de théâtre — laisse le mot impro­pre et emporte le sens avec lui.

Très peu de ses phras­es pour­raient être écrites telles quelles ; mais, si l’oeil est un tain, l’oreille est un enton­noir.

Une idée large, et indis­cutable, le sou­tient : c’est comme l’épine dor­sale de son dis­cours. Exem­ple : le pro­grès de la jus­tice dans l’humanité n’est pas le résul­tat de forces aveu­gles, mais d’un effort con­scient, d’une idée tou­jours plus haute, vers un idéal tou­jours plus élevé. »

»> La suite 4/4 ci-dessous 


« 31 juillet 1914, Jaurès est arrivé tard à L’Humanité… » 4/4 – Son fameux discours sur le courage (Albi, 1903)

jean-jaurèsC’est un dis­cours pronon­cé en 1903 devant les élèves du lycée d ‘Albi dans lequel il a fait ses débuts comme enseignant, 32 ans plus tôt, après avoir obtenu l’agrégation de philoso­phie. Jau­rès brosse à cette occa­sion un pre­mier bilan de sa vie, évoque « l’insensible fuite des jours… », une réflex­ion sur le temps qui passe ; la con­fi­ance dans l’avenir, dans la mémoire, mais aus­si sa fidél­ité à son passé, son angoisse devant les risques de guerre, la mon­tée des périls (un de ses pre­miers grands dis­cours sur ce thème), sa défense non pas de l’utopie de la paix mais du réal­isme de la paix.

Jau­rès priv­ilégie l’action et la volon­té des hommes et vante le courage dont il fait un des ressorts de son dis­cours et de sa vie. Jau­rès expose sa philoso­phie per­son­nelle, faite de lucid­ité et de dés­in­téresse­ment ; c’est dans cet éloge du courage qu’il prononce sa for­mule célèbre : « Le courage, c’est d’aller à l’idéal et de com­pren­dre le réel ».

Extraits sur le thème du courage.

[…]

L’humanité est mau­dite, si pour faire preuve de courage elle est con­damnée à tuer éter­nelle­ment.

■ Le courage, c’est de ne pas livr­er sa volon­té au hasard des impres­sions et des forces ; c’est de garder dans les las­si­tudes inévita­bles l’habitude du tra­vail et de l’action.

■ Le courage dans le désor­dre infi­ni de la vie qui nous sol­licite de toutes parts, c’est de choisir un méti­er et de le bien faire, quel qu’il soit ; c’est de ne pas se rebuter du détail minu­tieux ou monot­o­ne ; c’est de devenir, autant qu’on le peut, un tech­ni­cien accom­pli ; c’est d’accepter et de com­pren­dre cette loi de la spé­cial­i­sa­tion du tra­vail qui est la con­di­tion de l’action utile, et cepen­dant de ménag­er à son regard, à son esprit, quelques échap­pées vers le vaste monde et des per­spec­tives plus éten­dues.

La cause des Arméniens

« Voilà dix-huit ans que l’Europe avait inséré dans le traité de Berlin (13 juil­let 1878) l’engagement solen­nel de pro­téger la sécu­rité, la vie, l’honneur des Arméniens […] que l’Europe devrait deman­der des conptes annuels et exercer un con­trôle annuel sur les réformes et sur les garanties intro­duites par le sul­tan dans ses rela­tions avec ses sujets d’Asie Mineure. Où sont ces comptes? sont ces con­trôles?

[…] Devant tout ce sang ver­sé, devant ces abom­i­na­tions et ces sauvageries, devant cette vio­la­tion de la parole de la France et du droit humain, pas un cri n’est sor­ti de vos bouch­es, pas une parole n’est sor­tie de vos con­sciences, et vous avez assisté, muets et, par con­séquent, com­plices, à l’extermination com­plète … »

Jean Jau­rès, dis­cours du 3 novem­bre 1896 à la Cham­bre.

Ces paroles ren­dent assour­dis­sant la parole feu­trée de nos actuels “social­istes” à pro­pos du mar­tyre des Pales­tiniens.

■ Le courage, c’est d’être tout ensem­ble, et quel que soit le méti­er, un prati­cien et un philosophe.

■ Le courage, c’est de com­pren­dre sa pro­pre vie, de la pré­cis­er, de l’approfondir, de l’établir et de la coor­don­ner cepen­dant à la vie générale.

■ Le courage, c’est de sur­veiller exacte­ment sa machine à fil­er ou à tiss­er pour qu’aucun fil ne se casse, et de pré­par­er cepen­dant un ordre social plus vaste et plus frater­nel où la machine sera la ser­vante com­mune des tra­vailleurs libérés.

■ Le courage, c’est d’accepter les con­di­tions nou­velles que la vie fait à la sci­ence et à l’art, d’accueillir, d’explorer la com­plex­ité presque infinie des faits et des détails, et cepen­dant d’éclairer cette réal­ité énorme et con­fuse par des idées générales, de l’organiser et de la soulever par la beauté sacrée des formes et des rythmes.

■ Le courage, c’est de domin­er ses pro­pres fautes, d’en souf­frir mais de ne pas être acca­blé et de con­tin­uer son chemin.

■ Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tran­quille ; c’est d’aller à l’idéal et de com­pren­dre le réel ; c’est d’agir et de se don­ner aux grandes caus­es sans savoir quelle récom­pense réserve à notre effort l’univers pro­fond, ni s’il lui réserve une récom­pense.

■ Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du men­songe tri­om­phant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaud­isse­ments imbé­ciles et aux huées fana­tiques. »

Jean JAURÈS, Extrait du Dis­cours à la Jeunesse, Albi 1903

L’intégralité du dis­cours ici.

jean-jaurès

Jean Jau­rès © Archives nationales


Dieudonné vs Patrick Cohen. Quand fascisme et journalisme voguent sur le même bateau

Dieudon­né est un facho. Un facho qui s’affiche sans ver­gogne et comme il y en a de plus en plus. Ses pro­pos anti­sémites sur le jour­nal­iste de France Inter, Patrick Cohen, sont acca­blants et sans appel : « Tu vois, lui, si le vent tourne, je ne suis pas sûr qu’il ait le temps de faire sa valise. Moi, tu vois, quand je l’entends par­ler, Patrick Cohen, j’me dis, tu vois, les cham­bres à gaz… Dom­mage. »

Mais en cher­chant à dépass­er l’indignation sans frais, on peut tout de même se deman­der pourquoi ce Dieudon­né s’en prend-il ain­si à ce Cohen-là, à ce Patrick de la radio publique.

Alain Pontvert, un lecteur du Monde (20/12/2013), déplace quelque peu l’angle de vision dans ces ter­mes :

« Patrick Cohen un jour­nal­iste irréprochable et exempt de tout esprit par­ti­san ou com­mu­nau­tariste ??? C’est une blague ??? Lisez Schnei­der­mann puisque l’article ne le met même pas en lien : les gens que le “ser­vice pub­lic” vu par Patrick Cohen ne doit pas inviter car “ils ont con­trevenu à un dogme” (lequel?) ».

Voilà ce que racon­te Daniel Schnei­der­mann dans Libéra­tion (17/03/13) : « Cela se passe au micro de l’émission C’est à vous (France 5). Chroniqueur de cette émis­sion, Patrick Cohen reçoit son col­lègue Frédéric Tad­deï, ani­ma­teur de Ce soir ou jamais, qui vient d’être trans­férée de France 3 à France 2. Et Cohen ne va pas le rater, Tad­deï. A présent qu’il est passé sur France 2, chaîne ami­ral, Tad­deï con­tin­uera-t-il d’inviter les mau­dits, comme il le fai­sait à l’abri de la (rel­a­tive) con­fi­den­tial­ité de France 3 ? «Vous invitez des gens que l’on n’entend pas ailleurs, mais aus­si des gens que les autres médias n’ont pas for­cé­ment envie d’entendre, que vous êtes le seul à inviter.» Et Cohen cite qua­tre noms : Tariq Ramadan, Dieudon­né, Alain Soral et Marc-Edouard Nabe. Un théolo­gien, un humoriste, un pub­li­ciste inclass­able, un écrivain : voici la liste des pro­scrits, des inter­dits, des ban­nis, dressée pour la pre­mière fois, tran­quille­ment, sur un plateau de télé con­vivial et sym­pa­thique. Instant de vérité. »

Le débat s’engage alors, ain­si que pour­suit Schnei­der­mann :

« Cohen : «Moi, j’ai pas envie d’inviter Tariq Ramadan.» Tad­deï : «Libre à vous. Pour moi, y a pas de liste noire, des gens que je refuse a pri­ori d’inviter parce que je ne les aime pas. Le ser­vice pub­lic, c’est pas à moi.» «On a une respon­s­abil­ité. Par exem­ple de ne pas propager les thès­es com­plo­tistes, de ne pas don­ner la parole à des cerveaux malades. S’il y a des gens qui pensent que les cham­bres à gaz n’ont pas existé.» […] «Si je dis “j’ai des doutes sur le fait que Lee Har­vey Oswald ait été le seul tireur de l’assassinat de Kennedy à Dal­las”, vous m’arrêtez ?»«Évidem­ment pas.»«Quelle dif­férence ? Tout ce qui n’est pas défendu est autorisé. Je m’interdis de cen­sur­er qui que ce soit, à par­tir du moment où il respecte la loi.»

Voyons même la vidéo de l’émission en ques­tion :

  (Lire la suite…)


Document. Dumayet et Desgraupes, Pierre-s angulaires du scoop rimbaldien

Ce 25 novem­bre 1954, sur­gis­sant de la brume arden­naise, chaussés de leurs bottes de caoutchouc, affrontant brave­ment la gadoue, Pierre Dumayet et Pierre Des­grau­pes ont fleuré miam-miam le scoop d’enfer.

Clope au bec, gabar­dine de flic, les Roux-Com­baluzi­er du jour­nal­isme let­tré, allure madrée et fière d’épagneul picard en approche du gibier, sont venus (exprès de Paris, avec toute une équipe tech­nique) inter­view­er Mon­sieur Frico­tot, con­tem­po­rain d’Arthur Rim­baud.  Le paysan, en cas­quette, un peu endi­manché dirait-on, a été posé au pied de sa char­rue, bâton à la main. Par la gauche, Madame Frico­tot vient se ranger dans le champ, façon Angelus de Mil­let. « Bon­jour Madame ». Mais c’est à Mon­sieur qu’on cause. Ça tourne. On branche le micro. Les ques­tions fusent (ils s’y met­tent à deux). Quant aux répons­es, elles valent leurs 2 min 42 s de jour­nal­isme à haute inten­sité doc­u­men­taire…

« Bon, ben, j’crois qu’on vous a demandé à peu près tout… Au revoir Mon­sieur, R’voir madame… »

––

Archive de l’Ina.

MOTS CLÉS de l’Ina : jour­nal­iste paysan Rim­baud Arthur vie rurale champ boue botte Témoignage


Adresse aux jeunes peut-être futurs journalistes et autres rêveurs romanesques

Jeunes peut-être futurs jour­nal­istes, pos­tu­lants ou appren­tis des si nom­breux lieux de for­ma­tion, rêveurs romanesques qui s’identifient à la pim­pante grande reporter et redresseuse de torts des films hol­ly­woo­d­i­ens et des séries télé, …

… il est encore temps de bien ques­tion­ner votre voca­tion et pour cela, …

…plus encore, de vous imprégn­er de la réal­ité d’aujourd’hui du méti­er d’informer.

Ce n’est pas l’ancien de la pro­fes­sion qui lance sa prophétie de vieux schnok,

c’est que les con­di­tions d’exercice dudit méti­er ont telle­ment changé, à l’image de la planète mon­di­al­isée et de l’information dématéri­al­isée.

Et si en prime vous fan­tas­mez sur les héros “des grands con­flits qui font les grands reporters”,

lisez en pri­or­ité le témoignage d’une jeune et courageuse pigiste ital­i­enne, Francesca Bor­ri, que sa présence sur le front de la guerre civile en Syrie a lit­térale­ment trans­for­mée – tout autant d’ailleurs que l’indifférence plus ou moins chargée de mépris opposée par ses con­frères. Et aus­si par le pub­lic.

Son arti­cle a été pub­lié le 1er juil­let 2013, sur le site de la ‘Colum­bia Jour­nal­ism Review’, Il est repris sur le site du Nou­v­el Obs sous le titre

« Lettre d’une pigiste perdue dans l’enfer syrien ».

Là non plus, on ne pour­ra pas dire « je ne savais pas ».

 

• Voir aus­si :

BONNE NOUVELLE. Les journaux sont foutus, vive les journalistes !


BONNE NOUVELLE. Les journaux sont foutus, vive les journalistes !

par John Mac­Gre­gor, chercheur au départe­ment Soci­olo­gie des médias du MIT

Cet arti­cle a été pub­lié à l’origine sur CINQsurCINQ.net, mon site pro­fes­sion­nel désor­mais fer­mé pour cause de retraite. Il a ensuite été mis en ligne le le 07/12/2004 sur ce blog, c’est pour dire.com. Je lui redonne ici une nou­velle actu­al­ité, un peu à la manière dont les médias audio-visuels, à la faveur de l’été, pra­tiquent la red­if­fu­sion. 

En presque dix ans, l’analyse a gardé de sa per­ti­nence et d’une cer­taine justesse d’anticipation. Ain­si en ce qui con­cerne l’apparition sur inter­net de plusieurs sites d’information dont, jusqu’à présent, seul Medi­a­part sem­ble avoir trou­vé le mod­èle jour­nal­is­tique et économique.

Cette décen­nie aura vu la dégra­da­tion générale de l’économie de la presse d’information et, par­al­lèle­ment, l’accélération de la dématéri­al­i­sa­tion des sup­ports au prof­it d’internet et des out­ils “nomades”. Par­mi ceux-ci, les smart­phones ont pris la pre­mière place non seule­ment en tant que sup­port d’information, mais dans le proces­sus même de pro­duc­tion d’information.. Les “réseaux soci­aux”  sont ain­si devenus des médias à part entière – moins le pro­fes­sion­nal­isme des jour­nal­istes (notion d’ailleurs toute rel­a­tive, on le sait, et l’article ci-dessous évoque large­ment cet aspect). Face­book et Twit­ter notam­ment devan­cent désor­mais les médias tra­di­tion­nels dans la “course” aux nou­velles; bien plus, ils les squeezent lit­térale­ment dans le rôle dévolu à l’information dans les proces­sus his­toriques (révo­lu­tions arabes, révoltes turque et brésili­enne en par­ti­c­uli­er).

C’est peut-être sur le plan tech­nique que l’article de “Mac­Gre­gor” se trou­ve le plus dépassé, quoique de manière très rel­a­tive : ain­si le sup­port en plas­tique élec­tron­ique n’a pas été général­isé, étant pour le moment sup­plan­té par les tablettes ; ain­si, les cen­tres d’impression délo­cal­isés des jour­naux n’ont-ils pas vu le jour : la pres­sion énergé­tique n’étant sans doute pas encore assez con­va­in­cante et les camions con­tin­u­ent à rouler à tout va ; surtout, le proces­sus accéléré de la dématéri­al­i­sa­tion par le numérique est en passe de faire sauter cette étape et avec elle une par­tie impor­tante de l’économie du papi­er d’impression.

Pour le reste, c’est-à-dire l’essentiel, on ne peut que con­stater amère­ment – aux excep­tions près, certes nota­bles mais minori­taires – un affaib­lisse­ment du jour­nal­isme act­if – pos­i­tive­ment cri­tique – au détri­ment d’une indus­trie du retraite­ment d’informations de sec­on­des mains (“experts”, agents de com’, lob­by­istes, et jusqu’aux réseaux soci­aux !) On voit ain­si prospér­er dans les médias de masse cette “infor­ma­tion blanche” que déplore Mac­Gre­gor, et qui s’autoalimente à l’intérieur d’un sys­tème clos. Une « infor­ma­tion » qui se nie, autant dire une dés­in­for­ma­tion à base de mimétisme, voire de con­san­guinité menaçant l’espèce jour­nal­is­tique par excès de clichés, « mar­ronniers », micro-trot­toirs, pipoli­sa­tion, général­i­sa­tions, approx­i­ma­tions, incul­ture, tics et fautes de langue, non recoupe­ments, non con­tex­tu­al­i­sa­tion… 

Le bon côté de ce triste con­stat, c’est, comme se plaisent à dire les man­ageurs, qu’il y a “des marges de pro­gres­sion”.

Lire l’article


L’Équipe à genoux devant le client Roi

« Jour­nal­isme sportif » : un oxy­more. C’est-à-dire l’alliance incon­grue de deux élé­ments aus­si opposés que l’huile et l’eau. Sum­mum du genre atteint par L’Équipe qui, au lende­main du match PSG-OM, n’a pas craint d’accommoder son lec­torat en ménageant la chèvre PSG et le chou OM (c’est une image, hein !). Et voilà le tableau, selon l’édition, parisi­enne ou mar­seil­laise :

Imaginons L'Huma publiant une édition de droite…

Imag­i­nons L’Huma pub­liant une édi­tion de droite…

Comme le note Daniel Schnei­der­man (Arrêt sur images), les heb­dos aus­si « sont cou­tu­miers des cou­ver­tures région­al­isées. “Le vrai pou­voir à Mont­pel­li­er”, “Stras­bourg demain”, “les dix qui font Le Havre”, “ceux qui comptent à Vier­zon”: en cou­ver­ture du Point ou de L’Express, ça en jette au lec­torat local, sup­posé flat­té que la presse parisi­enne, du haut de Sa Parisian­i­tude, s’intéresse à lui. »

Le mérite de L’Équipe, si on peut dire, c’est de met­tre car­ré­ment les pieds dans le plat de la dém­a­gogie clien­téliste ou, vul­gaire­ment par­lant, du léchage-de-cul.

On dira qu’après tout, ce n’est jamais là que l’application à la presse sportive d’un bon principe de marchan­dis­age : plaire au client, qui est Roi.

Où l’on voit bien aus­si qu’il y a lieu de dis­tinguer entre crise des médias et crise du jour­nal­isme, et ne pas réduire la réflex­ion à l’opposition toile con­tre papi­er.

 

Post scrip­tum, dans la foulée et en ver­sion “cou­vrez ces épaules que je ne saurais voir” :

Oscars: Une agence de presse iranienne recouvre les épaules de Michelle Obama

 


Olivier Voisin. Le photographe mort à la guerre

Photo AFP

Pho­to AFP

Olivi­er Voisin pho­tographi­ait la Syrie en guerre. Il en est mort, à 38 ans, atteint par des éclats d’obus. Je viens de lire son dernier cour­riel [ci-dessous], adressé à une amie. Très beau et émou­vant témoignage, parce que lucide aus­si. Lui non plus n’était pas obligé d’y aller. Juste­ment, il y était. Pourquoi ? Quelle néces­sité l’avait poussé là, au triste milieu de la folie humaine ? Le savait-il lui-même ? au delà d’un « des­tin », de la néces­sité de croûter (à pas bien cher, quand on y pense, au prix de la peau du reporter), puis ren­du addict à l’adrénaline, cette drogue auto-pro­duite par un corps men­acé de mort.

Dans la presse, le statut d’indépendant – free lance –, vue de l’extérieur, se paie de beau­coup d’illusions. On y est libre que selon la langueur de la chaîne qui rat­tache au marché de l’information, cynique­ment for­mulé par le slo­gan de Paris-Match : “le poids mots, le choc des pho­tos”. Une for­mule aujourd’hui ramenée au pas grand chose de cette infla­tion par laque­lle  la nou­velle s’est réduite au potin, l’information au tout-spec­ta­cle.

Un ami pho­tographe d’Olivier Voisin, Antoine Vitkine, rap­pelle cette réal­ité, écrivant à son pro­pos :

« Indépen­dant, il devait sans cesse fournir des pho­tos aux agences pour pou­voir vivre de son méti­er. Cette pres­sion économique le tenail­lait. Il pre­nait des pho­tos mag­nifiques, qui sou­vent n’intéressaient pas les agences, pas assez «news» sans doute, et qu’il ne cher­chait guère à faire con­naître, hap­pé qu’il était par les con­flits qu’il cou­vrait, pen­sant déjà à son prochain reportage. »

Voici donc le texte du cour­riel envoyé par Olivi­er Voisin à une amie ital­i­enne, Mimosa Mar­ti­ni, la veille du jour où il a été blessé. Celle-ci l’a ren­du pub­lic sur Face­book. Comme écrit de son côté Antoine Vitkine, « ce texte doit être lu. Il est pas­sion­nant, boulever­sant, il lui ressem­ble et il témoigne de l’horreur, de l’impasse du con­flit syrien. Il racon­te aus­si ce qu’est la vie d’un pho­tographe de guerre indépen­dant, et plus encore, il racon­te l’homme qu’était Olivi­er Voisin. »

 On peut voir cer­taines de ses pho­tos sur son site web.

Syrie, 20 févri­er 2013

Enfin j’ai réus­si par pass­er! Après m’être fait refusé le pas­sage à la fron­tière par les autorités turques, il a fal­lu pass­er la fron­tière illé­gale­ment de nou­veau. Un pas­sage pas très loin mais à tra­vers le no man’s land avec quelques mines à gauche et droite et le paiement de 3 sol­dats. Me voilà tout seul à pass­er par le lit d’une riv­ière avec à peu prêt deux kilo­mètres à faire tout en se cachant pour ne pas se faire remar­quer par les miradores. Putain, j’ai eu la trouille de me faire pin­cer et de faire le mau­vais pas. Et puis d’un coup le copain syrien qui m’attend et que je retrou­ve comme une libéra­tion. Le sac et surtout les appareils pho­tos fai­saient à la fin 10000kg sur les épaules.

La Voiture est là avec les mecs de la sec­tion de com­bat que je rejoins au nord de la ville de Hamah, deux heures de route nous atten­dent et on arrive tous feux éteints pour ne pas se faire voir. Les mecs m’accueillent for­mi­da­ble­ment bien ! et sont impres­sion­nés par le pas­sage tout seul de la fron­tière plus tôt.

Les pre­miers tirs d’artillerie se font enten­dre au loin. J’apprends que les forces loy­al­istes tien­nent plus de 25 km au nord de Hamah et que la ligne de front est représen­tée plutôt par les démar­ca­tions entre alaw­ites et sun­nites. Alors les forces d’Assad bom­bar­dent à l’aveugle et ils restent très puis­sants. Par chance les avions n’attaquent plus tant le temps est pour­ri!

Les con­di­tions de vie ici sont plus que pré­caires. C’est un peu dure. La bonne nou­velle, je pense que je vais per­dre un peu de ven­tre mais au retour je vais avoir besoin de 10 douch­es pour rede­venir un peu présentable!

Aujourd’hui je suis tombé sur des familles qui vien­nent de Hamah et qui ont per­dues leur mai­son. Ils vivent sous terre ou dans des grottes. Ils ont tout per­du. Du coup ça rel­a­tivise de suite les con­di­tions de vie que j’ai au sein de cette com­pag­nie.

Je fais les pho­tos et je suis même pas sûr que l’afp les pren­nent.

Il fait très froid la nuit. Heureuse­ment que je me suis acheté un col­lant de femme en Turquie du coup c’est pour moi un peu plus sup­port­able.

L’artillerie tire toutes les 20 min­utes à peu prêt et le sol trem­ble sou­vent.

Le prob­lème j’ai la sen­sa­tion qu’ils tirent à l’aveugle et ont quand même des canons assez puis­sants pour cou­vrir une ving­taine de kilo­mètres.

Il y a peu de com­bats directs. Les mecs ont besoin d’à peu prêt 20000 us $ pour tenir en muni­tions entre 2 à 4 heures de bas­ton. Du coup ils se bat­tent peu. Ils font rien du coup la journée. Je me demande com­ment ils peu­vent gag­n­er cette guerre. Ca con­firme ce que je sen­tais. La guerre va dur­er très longtemps. Alors le chef du chef vient par­fois en rajouter une couche, apporte un mou­ton pour manger, les mecs vont alors couper du bois dans la forêt aux alen­tours. Il apporte aus­si des car­touch­es entières de cig­a­rettes et le soir fait prier tout son monde ! Cer­tains sont très jeunes. Ils ont per­du déjà une ving­taines de leurs cama­rades, d’autres sont blessés mais sont quand même présents et je pense surtout à Abou Ziad, qui a per­du un oeil et c’est lui qui con­fec­tionne les roquettes mai­son pour les bal­ancer durant les com­bats. Il est brave et courageux. Tou­jours devant, tou­jours le pre­mier à tout, pour aider, pour couper le bois, don­ner des cig­a­rettes, se lever. Avec quelques mots d’arabes on essaie de se par­ler. Evidem­ment les dis­cus­sions tour­nent sou­vent sur la reli­gion mais eux ne se con­sid­èrent pas salafistes. Entre nous si c’était le cas je serais plus vivant. J’aime être avec lui. Quand les autres me deman­dent des trucs -évidem­ment avec le matériel apporté- c’est tou­jours lui qui les “dis­putent” et de me foutre la paix!

(Lire la suite…)


Trop forts, ces journalistes !

© faber

© faber

Les « épisodes neigeux » se ramassent à la pelle et les jour­nal­istes « de ter­rain » sont mobil­isés tels les agents de l’Équipement et leurs saleuses. Bravons les clichés comme les intem­péries, célébrons les mar­ronniers qui fleuris­sent sous les blancs man­teaux à l’immaculée blancheur, pour la joie des petits et des grands. Tan­dis que les micro-trot­toirs tur­binent à plein régime, tenus par les petites-mains grelot­tantes des sta­giaires à l’avenir incer­tain comme la météo. Et pleu­vent en flo­cons drus les fortes déc­la­ra­tions des Mon­sieur et Madame Michu « qui n’avaient jamais vu ça  »

Le 20 heures de dimanche soir sur France 2 a ain­si tenu un bon quart d’heure, à l’égal de tout grand événe­ment. Météo, Algérie, Mali, hiérar­chie quand tu nous tiens. Il est à pari­er que les autres chaînes auront fait au moins aus­si bien. Et que les jour­naux n’auront pas été en reste. Le plu­ral­isme des médias, c’est fon­da­men­tal.


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet. » Bossuet

  • Traduire :

  • Twitter — Gazouiller

  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Philippe Casal, 2004 - Centre national des arts plastiques - Mucem, Marseille

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexualité / politique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl”

    Comme un nuage, album photos et texte marquant le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986). La souscription étant close (vifs remerciements à tous les contributeurs !) l'ouvrage est désormais en vente au prix de 15 euros, franco de port. Vous pouvez le commander à partir du bouton "Acheter" ci-dessous (bien préciser votre adresse postale !)

    tcherno2-2-300x211

    Il s'agit d'un album-photo de qualité, à tirage soigné et limité, 40 p. format A4 "à l'italienne". Les photos, prises en Provence et notamment à Marseille, expriment une vision artistique sur le thème d’« après le nuage ». Cette création rejoignait l’appel à l’organisation de "1.000 événements culturels sur le thème du nucléaire", entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fukushima) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • « C’est pour dire » de Gérard Ponthieu, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification (3.0 France). Photos, dessins et documents mentionnés sous copyright © sont protégés comme tels.
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  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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  • Salut cousin !

    Je doute donc je suis - gp

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