On n'est pas des moutons

Author Archive

Civilisations. Pourquoi Guéant n’a pas dit que des conneries

Aboyer avec, ou aboyer contre les loups, c’est tou­jours aboyer. S’agissant de civi­li­sa­tion, il devrait y avoir mieux à faire et sur­tout à dire. Soit donc le pro­pos de Guéant, exer­çant le minis­tère de l’intérieur de qui on sait et s’exprimant ce 4 février en ces termes :

« Contrai­re­ment à ce que dit l’idéologie rela­ti­viste de gauche, pour nous, toutes les civi­li­sa­tions ne se valent pas. Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avan­cées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fra­ter­nité, nous paraissent supé­rieures à celles qui acceptent la tyran­nie, la mino­rité des femmes, la haine sociale ou eth­nique ». « En tout état de cause, nous devons pro­té­ger notre civilisation ».

Voilà donc le pro­pos qui a enflammé le lan­der­neau politico-​médiatique selon le mode de la meute, donc selon la forme aboyante. Essayons de dépa­touiller l’affaire qui, en ces enfié­vrées périodes élec­to­rales, a vite pris l’allure d’une cabale.

Pré­ci­sion préa­lable : je ne sau­rais voler au secours de Guéant. Qu’il se démerde ! Sur­tout mon pro­pos se veut, comme son auteur, réso­lu­ment de gauche. Or, en l’occurrence, je trouve que l’idéologie gau­chienne – comme on dit désor­mais sou­chienne – se met à patau­ger dans les fanges qu’elle pré­tend dénoncer.

Que le Guéant ait mitonné sa tam­bouille devant un par­terre d’extrême droite et à l’intention déli­bé­rée de l’extrême droite dans le but de la bas­se­ment mais lour­de­ment cour­ti­ser, on ne sau­rait le nier. Mais un type de droite ne dit pas for­cé­ment que des conne­ries. Et vice versa

Le vrai sujet du débat, mer­di­que­ment lancé, se pose tout de même sur le fond : ce qu’on entend au juste par « civi­li­sa­tion ». D’où cet enchaî­ne­ment pos­sible de ques­tions dans le but d’éclairer les lan­ternes et sur­tout ceux qui les tiennent :

– Qu’est-ce qu’une civilisation ?

– Les civi­li­sa­tions sont-​elle comparables ?

– Qu’est-ce qu’une valeur en civilisation ?

– De là : quid du rela­ti­visme ? De l’universalisme ? De leurs places dans l’Histoire, les socié­tés, la morale, etc. ?

Des thèses innom­brables se sont affron­tées autour de ces ques­tions et je n’aurais ni l’outrecuidance ni l’intention de ten­ter de les reprendre. Je ne livre donc que mes propres réponses, elles-​mêmes ali­men­tées à ma propre his­toire – tout étant donc rela­tif, en ce sens du moins…

Une civi­li­sa­tion, je ten­te­rais de la défi­nir ainsi… : l’ensemble des valeurs, croyances, cou­tumes, langues et mœurs aux­quelles un groupe humain se réfère de manière plus ou moins consciente, par les­quelles il s’identifie et qui en même temps le constituent.

Ces ensembles mul­tiples varient d’autant selon la situa­tion géo­gra­phique et l’Histoire (période his­to­rique et évé­ne­ments). La civi­li­sa­tion des Indiens d’Amérique pré­co­lom­bienne dif­fère de celle qui l’a sui­vie. Ces varia­tions n’ont cepen­dant pas tota­le­ment éli­miné les struc­tures basiques des socié­tés dans les­quelles on peut obser­ver des inva­riants. Des chan­ge­ments se sont ainsi pro­duits, plu­tôt qu’une évo­lu­tion, qui sup­po­se­rait une pro­gres­si­vité – voire une fina­lité impli­quant, jus­te­ment, une notion dis­cu­table de pro­grès. Ces chan­ge­ments peuvent aller jusqu’à alté­rer la civi­li­sa­tion elle-​même. Et l’on sait aujourd’hui que les civi­li­sa­tions sont mor­telles [« Nous autres, civi­li­sa­tions, nous savons main­te­nant que nous sommes mor­telles », Paul Valéry. Au pas­sage, à quoi donc ren­voie cet englo­bant « nous autres » ?] On le sait en par­ti­cu­lier depuis que le mot eth­no­cide désigne ce qui tue non pas les peuples eux-​mêmes – géno­cide – mais ce qui les carac­té­rise et les repré­sente. C’est le cas, jus­te­ment, de l’ethnocide des Amé­rin­diens ou encore des Mnong Gar au Sud Viêt Nam, ou des menaces pesant sur les Tibé­tains – sans par­ler des Ber­bères en Afrique du Nord et même des Celtes chez nous…

Ainsi dirons-​nous que les civi­li­sa­tions existent, se dif­fé­ren­cient, changent et peuvent dis­pa­raître. En quoi elles sont donc com­pa­rables, d’autant plus qu’elles seront fine­ment obser­vées et ana­ly­sées, si pos­sible en dehors de tout juge­ment de valeur.

Pour l’observateur à voca­tion scien­ti­fique les com­por­te­ments humains ne relèvent pas de valeurs trans­cen­dantes. Ils sont obser­vables, ana­ly­sables, com­pa­rables. Ainsi les civi­li­sa­tions aux­quelles ces com­por­te­ments se réfèrent peuvent être pré­sen­tées comme rela­tives – c’est ce qu’on appelle le rela­ti­visme culturel.

Le suc­cès de cette thèse, et le contre­sens qui en a découlé, tient en par­ti­cu­lier à sa réduc­tion vul­gaire et abu­sive selon laquelle « tout se vaut ». Certes, il n’y a pas lieu d’établir des hié­rar­chies de valeurs – sur­tout morales – entre les civi­li­sa­tions. Mais en même temps, peut-​on contes­ter l’universalité de cer­taines de ces valeurs ? Ainsi, quand Guéant déclare : « Celles [les civi­li­sa­tions] qui défendent l’humanité nous paraissent plus avan­cées que celles qui la nient », au nom de quoi – de quelle autre de nos valeurs « occi­den­tales » ? – pourrait-​on le déni­grer en réfu­tant son asser­tion ? Asser­tion qu’il entoure d’ailleurs d’une cer­taine rete­nue avec son « nous paraissent », tan­dis que le pro­cès d’intention peut lui être fait de décré­ter la supré­ma­tie abso­lue et défi­ni­tive d’une civi­li­sa­tion (la « nôtre ») sur toutes les autres.

Or, pré­ci­sé­ment, selon les lieux et les époques, toute civi­li­sa­tion aura vu naître en son sein ici des réa­li­sa­tions sublimes, là les mas­sacres les plus atroces … Gare aux généralisations !

Non, tout ne se vaut pas, certes ! Même si tout peut plus ou moins s’expliquer et se com­prendre. Mais en même temps, « nous autres » comme disait Valéry, nous tous ajouterai-​je, fai­sons par­tie de la même huma­nité, en sa diver­sité de civi­li­sa­tions – pri­mi­tives, sau­vages, bar­bares, déve­lop­pées, civilisées… – précisément, selon l’Histoire, l’époque, le lieu.

L’autre volet de mon pro­pos concerne les réac­tions mou­ton­nières, sinon pav­lo­viennes, déclen­chées par cette décla­ra­tion de Guéan.

Ainsi Har­lem Désir, numéro 2 du PS, y a vu « la pro­vo­ca­tion pitoyable d’un ministre réduit à rabat­teur de voix FN. Une majo­rité en per­di­tion élec­to­rale et morale ».

Sur son compte Twit­ter éga­le­ment , Cécile Duflot (EELV) parle d’un « Retour en arrière de 3 siècles. Abject » !

Dans un com­mu­ni­qué, le Mou­ve­ment des jeunes socia­listes (MJS) a « condamné les pro­pos » de M. Guéant en lui « deman­dant « ce qu’il cher­chait en s’enfermant dans son dis­cours xéno­phobe et raciste. Le ministre « se range dans la caté­go­rie de ceux qui dif­fé­ren­cient et hié­rar­chisent les hommes, per­met­tant le bas­cu­le­ment vers un véri­table racisme cultu­rel » , ont-​ils ajouté.

SOS Racisme dit « espé­rer un démenti urgent » de ces pro­pos. « Si ces der­niers, très graves, avaient été bel et bien tenus par le ministre de l’Intérieur en fonc­tion, ils mar­que­raient une nou­velle étape dans une dérive vers des extrêmes inac­cep­tables, struc­tu­rés notam­ment par des logiques d’infériorisation de l’Autre ».

Ces « EDL » – élé­ments de lan­gage – d’effarouchés, qu’ils soient de droite et sur­tout de gauche, voilà ce que je trouve lamen­table et qui me fait sor­tir de mes gonds de blo­gueur en hiber­na­tion. Je vois là une mas­ca­rade, une déro­bade – soit une occa­sion de plus de fuir ses res­pon­sa­bi­li­tés et de noyer le désar­roi poli­ti­cien. Car la vraie ques­tion, celle qui concerne au pre­mier chef le Parti socia­liste – et avant eux les com­mu­nistes, n’est-elle pas celle-​ci ? : D’où vient la désaf­fec­tion du « peuple de gauche » envers ses pôles his­to­riques, par­tis et syn­di­cats ? Ou autre­ment dit : Pour­quoi cette attrac­tion des pro­lé­taires pour le Front natio­nal ? Pro­lé­taires – j’insiste, à pro­pos de ceux qu’on n’ose même plus nom­mer, que les situa­tion­nistes ont si jus­te­ment qua­li­fiés comme « dépos­sé­dés du plein emploi de leur vie », c’est dire leur écra­sante majo­rité dans le monde !

Cette fois, c’est la cho­rale des hor­ri­fiés de gauche qui s’égosille, mar­quant ainsi la minable alter­nance de dis­cours et de poli­tiques qui meut le balan­cier entre gauche et droite – et retour. Leurs cris d’orfraie ne rameute que les bobos de très loin concer­nés – par exemple et entre autres, s’agissant de « civi­li­sa­tion » – par l’accroissement des pra­tiques musul­manes osten­sibles. Ils n’habitent pas pour la plu­part à Bar­bès ni dans le 9-​3 ou dans les quar­tiers Nord de Mar­seille. Des dés­équi­libres socio­lo­giques et cultu­rels, ils ne connaissent que le spec­tacle média­tisé. Ils ont feuilleté Bour­dieu mais n’ont pas dédai­gné les bour­si­co­tages du social-​libéralisme des années Mit­ter­rand. Ce sont des huma­nistes, certes, et je peux bien me recon­naître en eux, puisque je vis aussi à l’abri rela­tif de ces graves tour­ments de nos socié­tés désar­çon­nées. Voilà même pour­quoi je la ferme (ici) depuis plu­sieurs mois, dégoûté et impuis­sant devant l’état de dégra­da­tion de notre monde. Et devant cette course en avant et droit dans le mur de la Crois­sance comme seul hori­zon et seule Sal­va­tion crypto-​religieuse : soit du Tou­jours Plus et tou­jours du Même, dans la course per­due à l’Emploi imploré, tan­dis que pour­rit au fond de l’égoût la belle uto­pie, celle que cares­sait mon père (et bien d’autres avant lui) tout en lisant et reli­sant La Grande relève des hommes par la machine, d’un cer­tain Jacques Duboin dont on recom­mence à par­ler.. Lui qui avait écrit dans les années trente : « Le chô­meur, au lieu d’être la ran­çon de la science, devrait en être la récom­pense. » Alors pourrait-​on par­ler de civi­li­sa­tion, et parier sur son universalité.


Puisqu’il l’a dit…

Lors de l’émission « A vous de juger » en 2007, Nico­las Sar­kozy s’était engagé sur 5% de chô­meurs à la fin de son quin­quen­nat et conseillait aux Fran­çais d’en « tirer les consé­quences » s’il finis­sait à 10%. Ben voilà, y a pu qu’à…

En atten­dant, cli­quer sur l’image et jubiler.


« Travaux » d’été

D’aucuns m’ont fait remar­quer – gen­ti­ment – mon indo­lence esti­vale tran­chant sur une dolente actua­lité… En voici une expli­ca­tion gra­phique for­te­ment expri­mée. Ce beau pro­gramme ren­voie au fameux Droit à la paresse, du cama­rade Paul Lafargue et néan­moins gendre de Karl Marx.

Autre­ment dit : c’est l’été…

En atten­dant la reprise, non pré­ci­sée, on peut avec avan­tage visi­ter le blog voi­sin C’est pour voir et se réga­ler les mirettes. C’est bien aussi.


1, 2 et 3 juillet à Vitrolles (13). Le jazz rêvé de Charlie


Font­blanche à Vitrolles, comme une décou­verte a priori inat­ten­due – gaffe aux a priori ! Peut-​on en effet rêver plus idyl­lique lieu que ce parc et ses pla­tanes monu­men­taux pour écou­ter du jazz ? C’est bien dans ce joyau de ver­dure bordé de sa rivière , près d’Aix et Mar­seille, que se tien­dra le qua­tor­zième Char­lie Jazz Fes­ti­val. Trois soi­rées pour chan­ger de monde – et peut-​être un peu chan­ger le monde aussi. Même si ça ne dépend pas que de la musique, vue la caco­pho­nie ter­restre… Rai­son de plus pour en pro­fi­ter. Voici le pro­gramme, que vous pou­vez aussi télé­char­ger ici.

Vous pou­vez éga­le­ment le décou­vrir et écou­ter des extraits musi­caux à par­tir des liens ci-​dessous :

Ven­dredi 1er Juillet
19h00 - Haï­douti Orkes­tar
21h00 - MEANDRES invite Bart MARIS [Créa­tion]
< 22h15 - Charles LLOYD New Quar­tet (Retrans­mis sur France Musique)

Samedi 2 Juillet
18h00 - Rétro­vi­seur
19h30 - Haï­douti Orkes­tar
< 21h00 - Joa­chim KÜHN, Majid BEKKAS, Ramon LOPEZ (Retrans­mis sur France Musique)
22h15 - Majid BEKKAS Sex­tet « Makenba »

Dimanche 3 Juillet
18h00 - Sidony Box
19h30 - Banda du Dock
21h00 - Musica Nuda
< 22h15 - Orchestre Natio­nal de Jazz « Shut Up and Dance »

« Eco Fes­ti­val » avec res­tau­ra­tion sur place et expos pho­tos. Le par­cours d’accès est fléché.

Deux scènes à la décou­verte du jazz d’aujourd’hui – et même de demain.

Site du fes­ti­val : http://​char​lie​jazz​fes​ti​val​.com/

[Pho­tos Gérard Tissier]


Fukushima. Autres nouvelles, nouvelles inquiétudes

Restes du bâti­ment réac­teur III - 12 mai 2011

Restes du bâti­ment réac­teur IV - 12 mai 2011

Ainsi que je le pré­cise en post scrip­tum de l’article pré­cé­dent sur la nou­velle explo­sion enre­gis­trée à la cen­trale en ruines de Fuku­shima, c’est le réac­teur IV et non le III qui serait concerné. La dif­fé­rence est impor­tante puisqu’elle porte sur le char­ge­ment en MOX du réac­teur III, et le risque de rejet de plu­to­nium par­ti­cu­liè­re­ment toxique. Le pro­blème – qui remonte aux ori­gines mêmes de la catas­trophe – tient au blo­cage de l’information offi­cielle, et même aux omis­sions et men­songes éma­nant de ces sources offi­cielles, tant le gou­ver­ne­ment japo­nais que l’exploitant Tepco.

Une autre vue de l’explosion est visible ici : entre 0:16 et 0:18. (Docu­ment Tepco).

Autres nou­velles, peu rassurantes :

– 6 400 tonnes d’eau radio­ac­tive dans le sous-​sol du réac­teur III. Les employés de Tepco ont bravé la très haute conta­mi­na­tion radio­ac­tive du réac­teur III (100 milliseverts/​heure) pour explo­rer le sous-​sol du bâti­ment dans lequel ils ont confirmé la pré­sence de 6400 tonnes d’eau hau­te­ment radio­ac­tive. (51 milliseverts/​heure en sur­face du volume d’eau qui fait près de 6 mètres de profondeur).

– Pas de chance pour Areva (exit sa patronne) et pour Tepco, qui devaient com­men­cer le 15 juin les tra­vaux de décon­ta­mi­na­tion de plus de 100 000 tonnes d’eau conta­mi­née : le sys­tème ne fonc­tionne pas car Tepco vient de décou­vrir 10 fuites dans des valves et autres tuyauteries.

Le Monde du 17÷6÷11. Comme si l” « emprise » n’était déjà pas économico-​politique… Ou com­ment le spec­tacle poli­tique prend le pas sur les faits, l’opérette de salon sur le jour­na­lisme de terrain.

Soyons posi­tifs et admet­tons que le sys­tème Areva puisse décon­ta­mi­ner à 100 % plus de 100 000 tonnes d’eau, à ce jour, et une autre bor­dée de 100 000 tonnes d’ici la fin de l’année 2011 et d’autres bor­dées sub­sé­quentes de 100 000 tonnes et plus, tous les six mois, au fil des années. Que faire du concen­tré toxique généré par ce pro­ces­sus de « décon­ta­mi­na­tion » ? Selon Tepco, ce concen­tré contien­drait 100 mil­lions de bec­que­rels de sub­stances radio­ac­tives par cen­ti­mètre cube. Tepco estime que ce seront 2 000 mètres cubes de concen­tré toxique qui seront géné­rés d’ici la fin de l’année 2011. Or, Tepco ne dis­pose que d’une capa­cité de 1 200 mètres cubes sur le site de Fuku­shima. De plus, Areva a concédé qu’ils n’ont aucune expé­rience dans la ges­tion de concen­trés toxiques issues d’eau radio­ac­tives et titrant plus de 1 000 millisieverts/​heure.

– Extrême radio­ac­ti­vité dans la par­tie est de Tokyo. Suite à la pres­sion d’une asso­cia­tion de parents (Koto Asso­cia­tion to Pro­tect Chil­dren), le gou­ver­ne­ment japo­nais a enfin reconnu ses men­songes quant à la radio­ac­ti­vité de l’air ambiant aux alen­tours du centre de retrai­te­ment des boues d’épuration de Nanbu Ota-​ku, Tokyo. Depuis com­bien de semaines l’incinérateur est-​il en train de conta­mi­ner cette zone de Tokyo ? Cette asso­cia­tion de parents, aidée par un pro­fes­seur de l’Université de Kobé, a sol­li­cité les ser­vices de l’ONG fran­çaise, Asso­cia­tion pour le Contrôle de la Radio­ac­ti­vité dans l’Ouest, et a mis en valeur des taux extrê­me­ment éle­vés de radio­ac­ti­vité dans le ter­rain de sports et dans le parc pour enfants situés tous deux à moyenne proxi­mité du centre de trai­te­ment incri­miné: par exemple, le parc pour enfants est à 8 km de distance.

Le parc est encore plus conta­miné que le ter­rain de sport avec un taux de césium 137 de 3 050 becquerels/​kilo de sol et un taux de césium 134 de 2 850 becquerels/​kilo de sol. Le taux de tel­lu­rium 129 y est de 580 becquerels/​kilo de sol.

– Quelle serait la quan­tité de com­bus­tible à Fukushima-​Daichi en attente de dilu­tion dans l’atmosphère, les nappes phréa­tiques et l’océan? Selon Asso­cia­ted press, 3 400 tonnes de com­bus­tible usagé seraient accu­mu­lées dans les pis­cines de sto­ckage et 877 tonnes de fuel actif dans les coeurs des réac­teurs, ou ce qu’il en reste. A savoir en tout 4 277 tonnes de com­bus­tible. Par com­pa­rai­son, il y en avait 30 tonnes à Three Miles Island aux USA en 1979 et 180 tonnes à Tcher­no­byl en 1986.

– Deux baleines ont été décou­vertes fin avril à 650 km de Fuku­shima, avec des niveau de radia­tion de 31 et 24 bec­que­rels de césium par kilo de viande. Le Marine Bio­lo­gi­cal Labo­ra­tory, basé à Woods Hall dans le Mas­sa­chu­setts, a com­mencé à éva­luer le niveau de conta­mi­na­tion radio­ac­tive dans l’Océan Paci­fique. Et selon Arnie Gun­der­sen, le MBL a déjà déclaré que la conta­mi­na­tion radio­ac­tive dans l’Océan Paci­fique pro­ve­nant de Fuku­shima est dix fois supé­rieure à celle de la Mer Noire ayant émané de Tchernobyl.

– La cen­trale nucléaire de Fort Cal­houn, à Omaha dans le Nebraska (États-​Unis) est assié­gée (vidéo ici) par l’eau du Mis­souri qui monte et qui va encore mon­ter de quelques mètres d’ici l’été. Pas de sou­cis, l’ingénierie nucléaire a déployé tout son savoir faire pour endi­guer les risques radio­ac­tifs : des murs de sacs de sable.

La cen­trale nucléaire de Fort Cal­houn, pho­to­gra­phiée le 14 juin, mena­cée par la mon­tée régu­lière des eaux du Mis­souri. (Ph. Cryptome)

Voir d’autres photos.

Autres infor­ma­tions sui­vies : http://​www​.koko​pelli​-blog​.org/


Fukushima. Nouvelle explosion sur un réacteur

Une nou­velle explo­sion s’est pro­duite dans les ruines de la cen­trale nucléaire de Fuku­shima Daii­chi dans la nuit du 13 à 14 Juin à 00h43. Comme on peut le voir sur un enre­gis­tre­ment vidéo (ci-​dessous) de l’opérateur nucléaire Tepco, l’explosion – très impres­sion­nante – a affecté le réac­teur III, par­ti­cu­liè­re­ment dan­ge­reux car il contient du com­bus­tible MOX chargé de plu­to­nium.

Selon Green­peace, c’est un signe patent que le noyau en fusion de com­bus­tible MOX est acti­ve­ment dan­ge­reux. Vrai­sem­bla­ble­ment, il y a eu une explo­sion cau­sée par le contact des maté­riaux du cœur fondu avec de l’eau. Avec une telle explo­sion un relâ­che­ment de grandes quan­ti­tés radio­ac­tives dans l’environnement est à craindre.

Tou­jours selon Green­peace, qui a rendu publique l’information, les niveaux de radio­ac­ti­vité mesu­rés près des ruines de l’enceinte de confi­ne­ment du réac­teur I atteignent 260 sie­vert. Selon l’expert Shaun Bur­nie, de Green­peace, cela confirme que les par­ties fon­dues du cœur ont percé le fond de la cuve du réacteur.

L’événement paraît visible à par­tir de la 2e minute de l’enregistrement.

D’autre part, les Japo­nais pro­jettent de recou­vrir les ruines des réac­teurs par des sar­co­phages… en plas­tique – cela afin de limi­ter les infil­tra­tions d’eau et les rejets de matières radio­ac­tives. La maquette de ces sar­co­phages a été mon­trée ce 16 juin au JT de 20 heures sur France 2.

[Sources : Col­lec­tif anti­nu­cléaire 13, Green­peace; Tepco]

Post scrip­tum 17÷6÷11 : Il s’agirait plu­tôt du réac­teur IV. C’est ce qu’indiquent diverses sources telles que :
 – le site du jour­nal Hawaï News Daily http://​hawaii​news​daily​.com/​2​0​1​1​/​0​6​/​a​p​p​a​r​e​n​t​-​e​x​p​l​o​s​i​o​n​-​a​n​d​-​f​i​r​e​-​a​t​-​f​u​k​u​s​h​i​m​a​-4/
 – le site de l’association Koko­pelli, qui suit de très près la situa­tion à Fuku­shima : http://​www​.koko​pelli​-blog​.org/​?​p​=​916
La situa­tion reste des plus graves à Fuku­shima, mais cette pré­ci­sion exclu­rait le risque de dif­fu­sion atmo­sphé­rique du plu­to­nium contenu dans le com­bus­tible MOX qui ali­mente le réac­teur III.


Jazz chez Jean-​Pierre. Quand les « happy few » font le nombre

C’était samedi der­nier, dit de Pen­te­côte, drôle de samedi. Point de vue perso à par­tir d’emploi du temps de même. Le matin, devant la mai­rie de mon bled, on était douze, comme des apôtres, à prê­cher dans le vide (pas tout à fait) pour une France et un monde débar­rassé du péril nucléaire. Le Japon de Fuku­shima c’est loin, faut croire, et l’humour cor­ré­zien a depuis recou­vert de son écume média­tique les miasmes radio­ac­tifs que conti­nuent de cra­cher les réac­teurs japo­nais en per­di­tion. Soit.

L’après-midi, pas­sage à la fête d’Attac-13 à Vitrolles. Beau temps, endroit buco­lique (Domaine de Font­blanche, c’est là que se tient le fes­ti­val de jazz Char­lie Free). Grosse déprime : une cen­taine de per­sonnes au rendez-​vous…

Soi­rée dans la col­line du JP’estival, ren­contre d’amateurs de jazz, rock et com­pa­gnie sur les res­tanques de Jean-​Pierre T., au-​dessus de la Durance – gardons-​le ano­nyme pour ne pas flin­guer son fes­ti­val entre potes qui ne pour­rait sup­por­ter l’invasion. Voilà onze ans qu’il s’est jeté dans la petite aven­ture : se don­ner un lieu et un moyen de jouer sans pas­ser par les cir­cuits contrai­gnants. Là, c’est le cir­cuit très court, genre directo producteur-​consommateur. L’orga se fait à la bonne fran­quette, sous une bâche, deux enceintes, trois pro­jos, sur fond sonore de cra­pauds en rut, et sen­teurs de pou­let yassa côté res­tau­ra­tion. Musi­ciens variés aussi, à tout point de vue, y com­pris artis­tique. Et alors ? Per­sonne pour s’en plaindre. On est là ensemble, à pas­ser des moments cha­leu­reux « entre soi », les « happy few » comme on dit de nos jours, ces « quelques pri­vi­lé­giés » action­nés par le bouche à oreille et qui finissent par atteindre les cent cin­quante ou deux cents, en comp­tant enfants et chiens.

Rien à voir avec les mai­gre­lettes mobi­li­sa­tions du matin et de l’aprèm. Ici, pas de poli­tique, sinon celle de l’ici & main­te­nant. Demain est un autre jour – et encore, pas sûr. L’avenir n’est plus ce qu’il était. Jus­te­ment parce que Tcher­no­byl et Fuku­shima. Parce que le monde pourri. Parce que rien ne vau­drait la cha­leur des petits mondes, petits certes mais tout de même bien réels.

Excuse, Youki, le coup de flash qui t’a fait sur­sau­ter… N’empêche, t’as de l’oreille – et de la gueule ! (Ph. gp)


Mini entre­tien avec Jean-​Pierre T.

Clip audio : Le lec­teur Adobe Flash (ver­sion 9 ou plus) est néces­saire pour la lec­ture de ce clip audio. Télé­char­gez la der­nière ver­sion ici. Vous devez aussi avoir JavaS­cript activé dans votre navigateur.


Archie Shepp en « Maradona du jazz » chez des rappeurs d’Aix-en-Provence

© Ph. Gérard Tissier

C’est une belle aven­ture débu­tée à l’automne. Son point d’orgue, si on ose dire : cette prin­ta­nière soi­rée du 6 mai 2011, un samedi, dans un quar­tier d’Aix-en-Provence. Et quand on dit « quar­tier » on croit avoir assez sous-​entendu, ce qui est pire que tout.

Donc ce soir-​là, au Jas de Bouf­fan, nom du quar­tier péri-​urbain, Archie Shepp avait rendez-​vous avec une bande de jeunes – à moins que ce ne soit l’inverse -, mais aussi un public, ras­sem­blé dans la salle bon­dée du Bois de l’Aune : un tiers de spec­ta­teurs venus en voi­sins, sup­por­teurs des leurs, le reste de plus loin, connais­seurs, curieux et bour­geois ordi­naires. Tel était l’aboutissement de ce « Jazz-​lab 1 », com­mencé à l’automne avec l’intention de mêler, mixer, mélan­ger, métis­ser quelques ingré­dients de la culture d’aujourd’hui.

[…] Suite sur Citi­zen Jazz, làhttp://​www​.citi​zen​jazz​.com/​J​a​z​z​l​a​b​-​1​-​a​-​A​i​x​-​e​n​-​P​r​o​v​e​n​c​e​-​a​v​e​c​.​h​tml


J.-S. Bach, Moebius et sa bande

Mou­lin à jazz, Vitrolles, 21 mai 2011. Jean-​Charles Richard s’échauffe au saxo bary­ton avec la Suite n°1 pour vio­lon­celle de Jean-​Sébastien Bach. Ph. gp

La musique, peut-​être plus et autre­ment que les autres formes d’expression, repré­sente cet exploit de réunir le beau et l’insondable. En d’autres termes, l’harmonie et le cos­mos, l’émotion et la rai­son, l’art et l’intelligence, la poé­sie et les mathé­ma­tiques. Le petit film (dans la durée : 4 mn) visible ci-​dessous illustre à mer­veille le génie de Jean-​Sébastien Bach, musi­cien tutoyant le « divin » (les guille­mets pour déli­mi­ter le champ de la croyance – son chant aussi…). Un film à la fois péda­go­gique & magique, dans les limites de cette « magie » par­cou­rue par des four­mis sur la bande de Moe­bius (film sui­vant).

C’est à par­tir de ce ruban de Moe­bius que le cher­cheur dar­wi­nien Patrick Tort (L’effet Dar­win, Seuil) construit son concept d’« effet réver­sif » de l’évolution par lequel il explique « non théo­lo­gi­que­ment » l’émergence chez l’Homme de la liberté et de la soli­da­rité sociale. Vaste sujet…


Samedi 11 juin, « Carton rouge au nucléaire » sur toute la France

© faber

Mani­fes­ta­tions et débats sont annon­cés ce samedi 11 juin devant les mai­ries de France et de Navarre. Qu’on ne nous fasse plus prendre des cen­trales nucléaires pour des lanternes !


  • « L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances » Ber­trand Russell
  • Non à la propagande d’AREVA !

  • Commentaires récents

  • Contrat Creative Commons«  C’est pour dire  », par Gerard Pon­thieu, est mis à dis­po­si­tion selon les termes de la licence Crea­tive Com­mons : Pater­nité - Pas d’Utilisation Com­mer­ciale - Pas de Modi­fi­ca­tion
  • « La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste » Claude Lévy-​Strauss
  • – Ouah, la poilade !

  • Archives

  • Fin de bestiaire

    Mou­tons, orangs-​outangs, canards… Dans mon bes­tiaire, on devrait aussi croi­ser la cohorte des humains cré­dules cou­rant après leurs propres sor­nettes… Suf­fit de regar­der autour de soi. Et de se regarder…

  • iDream theme by Templates Next | Powered by WordPress