On n'est pas des moutons

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Tapie, patron de « La Provence » et papa piston

Il disait n’avoir pas besoin d’acheter un jour­nal quand on pou­vait se payer un jour­na­liste… Mais il a changé d’avis, ne sachant sans doute quoi faire de tout ce pognon accu­mulé à par­tir d’affaires, disons louches… Bref, Tapie est devenu patron de La Pro­vence entre autres canards du sud-est. On se deman­dait pour­quoi, tout en ayant quelques idées. Sans peut-être avoir pensé à ces petits arran­ge­ments fami­liaux, ainsi résu­més en ce dimanche de Pâques par ces innom­brables tweets, comme celui-ci :

Ber­nard Tapie, patron de @laprovence > Laurent Tapie, res­pon­sable web de @laprovence > Sophie Tapie, invi­tée mer­credi de @laprovence.

Tout est dit sur l’air du népo­tisme. On peut regar­der de plus près ici sur laprovence.com

Posez bien vos questions, hein !

Posez bien vos ques­tions, hein !

Et vive la presse (libre, j’oubliais) !



Quand « arte » débat sur le rire : défense de rigoler

Qu’est-ce que le rire ? Vaste ques­tion… Si l’on s’en réfère à Blaise Pas­cal autant qu’à Henri Berg­son, il serait le propre de l’Homme. Cepen­dant, des études récentes ont mon­tré que cette fonc­tion avait pu être déce­lée chez cer­tains ani­maux – sous réserve tou­te­fois de véri­fi­ca­tions expé­ri­men­tales, actuel­le­ment menées par le pro­fes­seur écos­sais John Mac Hilar dans son labo­ra­toire d’Edimbourg. Il se trouve épaulé depuis plu­sieurs années par un autre émi­nent spé­cia­liste de la ques­tion, M. You­goulé M’Dialo, auteur du célèbre essai Étu­dio­lo­gie com­pa­rée du rire de brousse et de savane (éd. du Griot). Notons à son sujet que c’est la pre­mière fois qu’un auteur afri­cain publie sur cette ques­tion qui, en Europe en par­ti­cu­lier et en Occi­dent en géné­ral, ali­mente en abon­dance les rayons des biblio­thèques. Rayons sur les­quels on trouve les mul­tiples recherches menées cette fois sur le plan plus phi­lo­so­phique et socio­lo­gique par le dis­tin­gué cri­tique Jean Balibot. La chaîne Arte, tou­jours à l’avant-garde de ce genre de débats, a récem­ment réuni ces deux der­niers pro­ta­go­nistes dans un pas­sion­nant débat animé par Yolande Mirot-Desmiches. On y aborde l’éternelle ques­tion de l’origine du rire, mais cette fois les réponses appor­tées par les deux spé­cia­listes appa­raissent sans la moindre ambi­guïté. On retien­dra en par­ti­cu­lier le démon­tage en trois par­ties du méca­nisme ana­ly­tique du rire : l’antématique, la sus­ma­tique et la post­ma­tique. Abso­lu­ment éblouis­sant et défi­ni­tif, démons­tra­tion à l’appui. Enfin, nous voici éclai­rés sur cette fonc­tion essen­tielle qu’est le rire chez l’homme – sur­tout chez l’homme. Qu’on en juge, grâce à la vidéo ci-dessous :

(Lire la suite…)


Le regard des Cassini sur le territoire de France, via Google

Sauf la Corse…

Sauf la Corse…

Voir la France du XVIIIe siècle sur Google Maps, assem­blée à par­tir des 182 feuillets de la carte Cas­sini (taille ini­tiale : 64 × 95 cm la feuille), c’est donc désor­mais on ne peut plus facile depuis son écran d’ordi et grâce au tra­vail de David Rum­sey sur son site. Quel docu­ment et quel éblouis­se­ment que de consi­dé­rer cette repré­sen­ta­tion par la carte qui – on le sait – n’est pas le ter­ri­toire. Mais toute car­to­gra­phie a tenté le rap­pro­che­ment avec la réa­lité, tan­dis qu’elle en reste une repré­sen­ta­tion. Idem entre le roman et la vie…

La carte de Cas­sini ou carte de l’Académie est la pre­mière carte géné­rale et par­ti­cu­lière du royaume de France. Il serait plus appro­prié de par­ler de carte des Cas­sini, car elle fut dres­sée par la famille Cas­sini, prin­ci­pa­le­ment César-François Cas­sini (Cas­sini III) et son fils Jean-Dominique Cas­sini (Cas­sini IV) au XVIIIe siècle.

Cette carte consti­tuait pour l’époque une véri­table inno­va­tion et une avan­cée tech­nique déci­sive. Elle est la pre­mière carte à s’appuyer sur une tri­an­gu­la­tion géo­dé­sique dont l’établissement prit plus de cin­quante ans. Les trois géné­ra­tions de Cas­sini se suc­cé­dèrent pour ache­ver ce tra­vail. La carte ne loca­lise pas pré­ci­sé­ment les habi­ta­tions ou les limites des marais et forêts, mais le niveau de pré­ci­sion du réseau rou­tier ancien est tel qu’en super­po­sant des pho­tos satel­lite ortho­rec­ti­fiées aux feuilles de la carte de la France on obtient de spec­ta­cu­laires résultats.

La carte n'étant toujours pas le territoire…

La carte n’étant tou­jours pas le territoire…

Le tra­vail des Cas­sini laissa même son empreinte sur le ter­rain où l’on trouve encore aujourd’hui des topo­nymes dits « Signal de Cas­sini », qui révèlent les lieux où s’effectuèrent les mesures de l’époque. Ces points de repères cor­res­pondent aux som­mets des mille tri­angles qui for­maient la trame de la carte de Cas­sini.

De nos jours, les cher­cheurs consultent fré­quem­ment les feuilles de la carte des Cas­sini, soit sa forme papier en salle de lec­ture du dépar­te­ment des cartes et plans de la Biblio­thèque natio­nale de France, soit sa forme numé­rique en ligne. Elle inté­resse tout par­ti­cu­liè­re­ment les archéo­logues, les his­to­riens, les géo­graphes, les généa­lo­gistes, les chas­seurs de tré­sors et les éco­logues qui ont besoin de faire de l’éco­lo­gie rétros­pec­tive ou de com­prendre l’histoire du pay­sage. [Wiki­pe­dia]


Mort de Stéphane Hessel. « Du moment qu’on lutte, on projette de la lumière dans l’obscurité »

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Sté­phane Hes­sel, le 12 novembre 2002 à Aix, à la librai­rie Vents du Sud. « …Nous lais­ser aller vers l’utopie d’un monde plus har­mo­nieux – et peut-être plus juste ». Photo © gp

Né alle­mand à Ber­lin le 20 octobre 1917, Sté­phane Hes­sel arrive en France à l’âge de 8 ans. Natu­ra­lisé fran­çais en 1937, nor­ma­lien, il rejoint les forces fran­çaises libres en 1941 à Londres. Résis­tant, il est arrêté et déporté à Buchen­wald puis à Dora et ne doit la vie qu’à une sub­sti­tu­tion d’identité avec un pri­son­nier mort du typhus et à son évasion.

Il entre au Quai d’Orsay en 1945 et fait une par­tie de sa car­rière diplo­ma­tique auprès des Nations unies (dont le siège est à l’époque ins­tallé en France, à Paris au Palais de Chaillot) où il assiste comme témoin pri­vi­lé­gié à la consti­tu­tion de la charte des droits de l’homme et du citoyen. Homme de gauche et euro­péen convaincu, il est ami de Pierre Mendès-France et Michel Rocard.

Sté­phane Hes­sel est connu pour ses prises de posi­tion concer­nant notam­ment es droits de l’homme, les « sans-papiers » et le conflit israélo-palestinien ainsi que pour son mani­feste Indignez-vous ! paru en 2010, au suc­cès international.

Je l’avais ren­con­tré fin 2002 à Aix-en-Provence où il avait été invité pour une confé­rence sur la coopé­ra­tion et le déve­lop­pe­ment. Il venait aussi de publier de son der­nier livre, Dix pas dans le nou­veau siècle (Le Seuil), qui règle son compte à cette « mon­dia­li­sa­tion éco­no­mi­ciste » pré­ten­dant ordon­ner le chaos par le tout marchandise.

J’avais alors écrit, pour La Pro­vence, un article dont voici un extrait :

« Le monde va mal, c’est peu de le dire. Et voilà un sage de 85 ans qui, tout sou­rire déployé et sans nier l’évidence, vous inonde du plus bel opti­misme. […]  Résis­tance, camps de la mort – dont il réchappe par miracle : qu’il nous excuse le rac­courci sur une vie qui va ensuite tra­ver­ser le siècle au ser­vice de la diplo­ma­tie fran­çaise ; il sera ainsi ambas­sa­deur de France, jusqu’à sa « retraite » en 1982.

« Ce n’est alors qu’un autre départ vers un nou­vel enga­ge­ment auprès de mul­tiples causes et asso­cia­tions. On a du mal à le suivre entre le Haut conseil pour l’intégration, le Comité fran­çais pour la soli­da­rité inter­na­tio­nale, la Confé­rence mon­diale pour les droits de l’homme, le Haut conseil pour la coopé­ra­tion inter­na­tio­nale, l’Office franco-allemand pour la jeu­nesse, sa média­tion pour les sans-papiers de Saint-Bernard et son sou­tien à Agri­sud qui, en Afrique et en Asie, aide les pay­sans sans terre. Par­tout où sévissent l’injustice et le dénue­ment, Sté­phane Hes­sel accourt – en tout cas n’est pas loin, ou à défaut sou­tient ses innom­brables amis.

« Mais un tel opti­misme, tout de même…, l’Irak, le Moyen-Orient, la Tchét­ché­nie… « Il faut se méfier de ces notions d’optimisme et de pes­si­misme. Du moment qu’on lutte, on pro­jette de la lumière dans l’obscurité. En un siècle, voyez comme tant de pro­blèmes ont été réso­lus : le nazisme, la déco­lo­ni­sa­tion, le sta­li­nisme, l’apartheid… Et l’Europe, qui aurait cru ? La pers­pec­tive longue que mon âge me per­met de jeter aujourd’hui sur l’Histoire moderne me fait croire aux solu­tions. Et j’ai tou­jours le sen­ti­ment que le com­bat n’est jamais inutile. »

Le déve­lop­pe­ment, cepen­dant, est plus que rela­tif, voyez en Afrique sur­tout… « Oui, les écarts se sont plu­tôt accrus. On n’a pas trouvé le « truc » ; il nous faut réflé­chir pour s’y prendre autre­ment. Les ONG, au Nord comme au sud, ouvrent de réelles pers­pec­tives pour atta­quer la pau­vreté et les inéga­li­tés. Nous devons inven­ter une nou­velle coopé­ra­tion avec les plus dému­nis ; c’est déjà ce qui se passe depuis Porto Alegre et main­te­nant Flo­rence, tous ces mou­ve­ments qui obligent les gou­ver­ne­ments à prendre conscience. Il s’agit bien d’un com­bat, d’une ten­sion, comme cela s’est passé entre patrons, ouvriers, syn­di­cats sur les légis­la­tions sociales. C’est la pres­sion citoyenne qui fait émer­ger de nou­velles soli­da­ri­tés. Il y a tou­jours néces­sité d’une vision uto­pique. Quant au déve­lop­pe­ment, on doit cer­tai­ne­ment lui trou­ver un autre contenu, plus sobre, moins consom­ma­teur – et donc plus moderne. Mais tout ça n’est pas encore entré en poli­tique ! »

[…] « On aurait pu aussi enta­mer le cha­pitre « Jules et Jim »… Car Sté­phane – l’a-t-on assez dit – , est le fils de Franz et Hélène Hes­sel, la maman qui tomba amou­reuse d’un cer­tain Henri-Pierre Roché, le « Jim » du roman, puis du film de Truf­faut. Sté­phane avait trois ans, à peine quelques pas dans le siècle. »

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L’Équipe à genoux devant le client Roi

« Jour­na­lisme spor­tif » : un oxy­more. C’est-à-dire l’alliance incon­grue de deux élé­ments aussi oppo­sés que l’huile et l’eau. Sum­mum du genre atteint par L’Équipe qui, au len­de­main du match PSG-OM, n’a pas craint d’accommoder son lec­to­rat en ména­geant la chèvre PSG et le chou OM (c’est une image, hein !). Et voilà le tableau, selon l’édition, pari­sienne ou marseillaise :

Imaginons L'Huma publiant une édition de droite…

Ima­gi­nons L’Huma publiant une édi­tion de droite…

Comme le note Daniel Schnei­der­man (Arrêt sur images), les heb­dos aussi « sont cou­tu­miers des cou­ver­tures régio­na­li­sées. « Le vrai pou­voir à Mont­pel­lier », « Stras­bourg demain », « les dix qui font Le Havre », « ceux qui comptent à Vier­zon »: en cou­ver­ture du Point ou de L’Express, ça en jette au lec­to­rat local, sup­posé flatté que la presse pari­sienne, du haut de Sa Pari­sia­ni­tude, s’intéresse à lui. »

Le mérite de L’Équipe, si on peut dire, c’est de mettre car­ré­ment les pieds dans le plat de la déma­go­gie clien­té­liste ou, vul­gai­re­ment par­lant, du léchage-de-cul.

On dira qu’après tout, ce n’est jamais là que l’application à la presse spor­tive d’un bon prin­cipe de mar­chan­di­sage : plaire au client, qui est Roi.

Où l’on voit bien aussi qu’il y a lieu de dis­tin­guer entre crise des médias et crise du jour­na­lisme, et ne pas réduire la réflexion à l’opposition toile contre papier.

 

Post scrip­tum, dans la fou­lée et en ver­sion « cou­vrez ces épaules que je ne sau­rais voir » :

Oscars: Une agence de presse ira­nienne recouvre les épaules de Michelle Obama

 


Dans « le cochon » DSK, tout est bon

Mar­cela Iacub, qui se dit « Juriste et spé­cia­liste de la phi­lo­so­phie des mœurs », offi­cie dans le Libé du samedi. De fin jan­vier à aoüt 2012, elle a poussé le sacri­fice en offrant son corps à un DSK post-Sofitel, ainsi qu’à à la science de la chose, un cran au-dessus, genre méta-sexopolitique. Il en résulte un nou­vel épi­sode au feuille­ton DSK, fort bien emballé pour une pro­pul­sion médiatico-marchande qui com­mence par un bou­quin « ver­ti­gi­neux » – dixit  l’interviewer, enivré – et, panur­gisme aidant, devrait enva­hir le Spec­tacle : radio, télé, ciné. Sans par­ler des réseaux dits sociaux et même des blogs, jusqu’à celui-ci. On n’y é-chap-pe pas !

 

Dom­mage pour les frasques à l’Élysée…

Belle et Bête, ça s’intitule. Devi­nez qui est quoi… Elle tient donc le beau rôle, celle d’une (belle ?) char­cu­tière de luxe, qui ne jette rien des bas mor­ceaux de celui qu’elle nomme « le cochon ». On sait bien qu’un cochon som­meille en chaque homme. Cette cochonne-là n’a pas dû avoir à tra­vailler beau­coup la viande pour l’attendrir. Une bonne bête, certes pas halal – et je ne me ris­que­rai pas à une autre audace du genre, j’ai déjà donné – mais dans laquelle « tout est bon », enten­dez comme matière (grasse) à scandale.

 

Un tel coup édi­to­rial, tout de même : cha­peau ! Sens aigu du biz­ness, art des coups four­rés – c’est bien le mot –, relais chez les édi­teurs pois­seux, auprès des canards boi­teux, des jour­na­leux tor­dus : tout un monde, tout un im-monde, qui n’est pas donné à tout le monde. Il faut pour ça être doué, ou bien né. Les deux, c’est l’idéal.

 

Le Nou­vel Obs a tou­jours mani­festé quelque atti­rance pour la per­ver­sion. Mais, atten­tion, la per­ver­sion propre, si on ose l’oxymore, celle qui peut s’habiller en Prada, qui s’allonge sur les divans, qui titille Œdipe et Tha­na­tos, aime à bor­du­rer l’inceste ou le viol en adu­lant le « divin mar­quis » ou ses épi­gones moder­nistes. Cette per­ver­sion « chic » aux bourses bien rem­plies – c’est encore le mot, et on pour­rait aussi s’en foutre ! – n’ayant jamais connu le vide des fins de mois. Cette per­ver­sion volon­tiers ados­sée au Pou­voir, ce pou­voir qui lui est aussi néces­saire que le furent pour Sade les « bon­bons à la can­tha­ride »… Un via­gra dopé, dosage FMI, testé chez Berlusconi.

Pen­ser à invi­ter Clinton…

 

On pour­rait s’en foutre, sauf que ces bandes-là (déci­dé­ment), ça nous regarde. « Nous » comme citoyens d’une Répu­blique si ver­tueuse… « Nous » qui, comme cer­tains, ont jadis ques­tionné la sexo-politique, du temps où un Gis­card de pré­sident ne dédai­gnait pas le cul de la cré­mière, tan­dis qu’un sien ministre, de l’Intérieur, inter­di­sait la Revue Sex­pol (Ponia­towski) ; du temps où un car­di­nal connais­sait la mort par épec­tase dans les bras d’une pros­ti­tuée (Danié­lou) ; bien après qu’un Félix Faure eut perdu « sa connais­sance » à l’Élysée même ; peu avant qu’un autre pré­sident eut mené double-vie (Mit­ter­rand)… Ou aux temps post-soixante-huitards où d’autres pères-la-pudeur, au nom de Mao et de la Révo­lu­tion, pra­ti­quaient sans ver­gogne le bien machiste repos du guer­rier (July, Geis­mar…)

 

    Char­lie a flairé la truffe.

 

Et Libé donne dans le panneau.

Et Libé donne dans le panneau.

Oui, ça nous regarde d’autant que cet im-monde là se targue aussi de gou­ver­ner le monde selon de stricts prin­cipes, en appe­lant si faci­le­ment aux mots de rigueur, aus­té­rité, efforts, jus­tice, morale…

 

 

Nous voilà ainsi entrés dans l’ère du cochon, après le Ser­pent  du nou­vel an chi­nois,  le cirque du bœuf-cheval, l’annonce du futur poi­chon (pois­son nourri au cochon). Triste ména­ge­rie que ce monde et ses drôles de zèbres. Au secours, Ésope et La Fon­taine, ils sont deve­nus fous !


Chômeur — Cohn-Bendit — Depardieu — imam « modéré » — Turquie — Fazil Say — blasphème — musique

Quelques notes en pas­sant, là où ça m’a gra­touillé, face au spec­tacle du monde.

 

• Au lieu de s’immoler par le feu devant une agence de Pôle emploi à Nantes, le mal­heu­reux chô­meur de 42 ans aurait dû ten­ter le coup de la grue média­tique. Mais quand on est com­plè­te­ment vidé, à bout, les idées et les forces aussi res­tent en berne.

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Hier soir (17/2/13 ), Dany Cohn-Bendit à la télé. Il a tou­jours vécu du spec­tacle de la société qui l’a fait naître. Regard tou­jours pétillant, la langue bien pen­due, peu embar­rassé par la bien­séance : il tient son rôle, bon VRP de lui-même et de ses œuvres (un bou­quin sur les par­tis), culti­vant son image auto­sa­tis­faite. Député en fin de man­dat, ayant bien sinué entre les nuances de la ver­dure dite éco­lo­gique, il aurait pu finir séna­teur s’il n’avait pris le chou de Bruxelles – ce sera pour une autre vie. Le « liber­taire » a ainsi et dou­cet­te­ment viré « liber­ta­rien » puis « libé­ral », ainsi qu’il est d’usage chez les 68tards andro­pau­sés et autres maoïstes défro­qués. De son œil gogue­nard, il a traité Depar­dieu de « cin­glé » en rai­son de son deal avec le « dic­ta­teur Pou­tine », tan­dis qu’il affir­mait se foutre de sa planque fis­cale en Bel­gique. Pour­quoi ainsi l’exonérer de la soli­da­rité fis­cale, ce qui est bien plus grave, selon moi, que sa pan­ta­lon­nade avec l’ex du KGB ?

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• Ce gou­ver­ne­ment finit par me sor­tir de par­tout. La finance com­mande, ils obtem­pèrent, et même avec zèle. Socia­listes mon cul ! N’ont de cesse de s’aligner sur les ukases comp­tables de l’Europe. Cette Europe qui n’existe pas, sinon celle du fric et de sa mon­naie pour­rie qui ruine les pays et sur­tout les peuples. D’où les danses du ventre des Mélen­chon et Le Pen.

 

Le pire, ce n’est pas tant leur impuis­sance rela­tive – l’Europe déla­brée, la finance déchaî­née – le pire, c’est qu’ils s’aplatissent sans même rous­pé­ter, hur­ler, gueu­ler, exis­ter quoi ! Des toutous.

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Par hasard en tour­nant le bou­ton, je tombe sur une radio pri­vée ce lundi matin, pas sur les publiques que j’écoute d’habitude, et entends par­ler de Fazil Say, ce pia­niste turc, dont le pro­cès pour athéisme et blas­phème s’ouvre aujourd’hui à Istanbul.

 

Tur­quie : 163 jour­na­listes en pri­son, sans juge­ment ! Sur France Culture, l’imam Chal­ghoumi, qui se dit « modéré », trouve que « c’est mieux » en Tur­quie. Mieux qu’en Égypte ou qu’en Tuni­sie.  Dire « c’est mieux » : tout un aveu, toutes les limites de l’air de la « modération ».

 

J’ai, de loin, pré­féré les pro­pos vrai­ment laïques (ou laïcs ?) de Jean­nette Bou­grab, pour­tant de droite (ex ministre de l’affreux S).

 

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Fazil Say — Photo http://fazilsay.com/

Mieux, ça ne peut être que moins pire. J’en reviens à Fazil Say. Admi­rable pia­niste et musi­cien (de jazz éga­le­ment, ce qui ne sau­rait me déplaire), mais il ne serait pas si remar­quable sans son cou­rage dressé contre ce régime à l’islamisme dit « modéré ».

Exemples emprun­tés à Guillaume Per­rier, cor­res­pon­dant du Monde à Istambul :

 

• En avril, Fazil Say avait moqué l’appel à la prière d’un muez­zin. « Le muez­zin a ter­miné son appel en 22 secondes. Pres­tis­simo con fuoco !!! Quelle est l’urgence ? Un rendez-vous amou­reux ? Un repas au raki ? »  Il avait éga­le­ment eu l’audace de repro­duire sur les réseaux sociaux des vers du poète per­san Omar Khayyam, à qui il a dédié un concerto pour cla­ri­nette : « Vous dites que des rivières de vin coulent au para­dis. Le para­dis est-il une taverne pour vous ? Vous dites que deux vierges y attendent chaque croyant. Le para­dis est-il un bor­del pour vous ? » Il risque, en théo­rie, de neuf à dix-huit mois de pri­son pour « offense pro­pa­geant la haine et l’hostilité » et « déni­gre­ment des croyances reli­gieuses d’un groupe ».

 

• Le roman­cier et Prix Nobel Orhan Pamuk, jugé pour insulte à l’identité natio­nale turque en 2006 pour avoir déclaré : « Dans ce pays, un mil­lion d’Arméniens et 30 000 Kurdes ont été tués. »

 

Le cari­ca­tu­riste Baha­dir Baru­ter reste sous la menace d’une peine d’un an de pri­son pour un des­sin à la « une » de l’hebdomadaire sati­rique Pen­guen, en 2011, où était écrit sur le mur d’une mos­quée : « Il n’y a pas de Dieu, la reli­gion est un mensonge. »

 

• Le roman­cier franco-turc Nedim Gür­sel a lui aussi subi les foudres de la jus­tice pour Les Filles d’Allah, une bio­gra­phie roman­cée du pro­phète Maho­met. Qua­rante et un pas­sages de son livre avaient été jugés irres­pec­tueux par le pro­cu­reur d’Istanbul. Nedim Gür­sel avait fina­le­ment été acquitté en 2009.

 

• Un pro­cès a aussi visé un ouvrage du bio­lo­giste bri­tan­nique Richard Daw­kins. Des orga­ni­sa­tions isla­mistes et un auteur créa­tion­niste, Adnan Oktar, sont sou­vent à l’origine de ces plaintes.

 

« Jurer et insul­ter ne peut pas être consi­déré comme de la liberté d’expression », a estimé le vice-premier ministre Bekir Boz­dag, théo­lo­gien de for­ma­tion. Lequel a réclamé qu’une enquête soit ouverte contre l’intellectuel d’origine armé­nienne Sevan Nisa­nyan. Ce lin­guiste, volon­tiers pro­vo­ca­teur, décla­rait fin sep­tembre : « La moque­rie d’un chef arabe qui a pré­tendu il y a des siècles être entré en contact avec Dieu et a fait des béné­fices poli­tiques, finan­ciers et sexuels, n’est pas un crime de haine ; c’est la liberté de parole. »


Alerte humanitaire! Carlos Ghosn en passe de s’immoler par le feu

– Un homme de 42 ans s’est sui­cidé par le feu devant une agence de Pôle emploi à Nantes, mer­credi 13 février en milieu de journée. 

 

–  Le PDG de Renault, qui per­çoit plus d’un mil­lion d’euros pas mois, veut bien en repor­ter 30% jusqu’à 2016. A condi­tion que…

 

Je sais, le pro­cédé pour­rait être facile et même démago, celui d’amalgamer deux faits appa­rem­ment dis­tincts. C’est qu’au contraire, j’y vois un lien, et même plusieurs.

 

Le lien pre­mier, c’est l’injustice de ce monde où s’exposent dans une même et inso­lente outrance pau­vreté et richesse. Plus pré­ci­sé­ment : extrême pau­vreté et extrême richesse. Un monde, d’ailleurs, où règnent les extré­mismes de toutes sortes : finan­ciers, éco­no­miques, poli­tiques, éco­lo­giques, reli­gieux, moraux, artis­tiques… Autre­ment dit un monde de l’extrême vio­lence, pos­si­ble­ment au bord de l’explosion, comme en une fin de civilisation.

 

Les autres liens, appen­dices du prin­ci­pal, tiennent aux deux faits eux-mêmes.

 

Comme on ne va pas man­quer de le rap­pe­ler – néces­sité défen­sive de la bonne conscience sociale – le sui­cide est un acte com­plexe aux causes mul­tiples, tou­chant l’intime, et cae­tera. Ajou­tons : aussi un acte de cou­rage et de liberté, par­fois. Au delà de l’interrogation phi­lo­so­phique, il s’agit de ne mas­quer en rien l’âpreté de notre monde et de nos socié­tés « modernes », ce qui veut dire sau­vages.

 

Com­ment peut-on en arri­ver à ce point de déses­poir, exprimé dans deux courriels ? :

 

Mardi 12 février, 10 h 12 : « Aujourd’hui, c’est le grand jour pour moi car je vais me brû­ler à Pôle emploi. J’ai tra­vaillé 720 h et la loi, c’est 610 h. Et Pôle emploi a refusé mon dossier. »

 

Mardi 12 février, 12 h 55 :  « Je suis allé à Pôle emploi avec 5 litres d’essence pour me brû­ler, mais c’est fermé le 12/02/2013 ; alors ça sera demain le 13 ou le 14, car ce serait vrai­ment pré­fé­rable au sein de Pôle emploi merci. »

 

Nous ne sommes pas en Grèce, ni en Tuni­sie et leurs mul­tiples sui­ci­dés. C’est que le déses­poir n’a pas de patrie. Il s’est mon­dia­lisé en même temps que l’insolente richesse. Celle qui s’étale en un pal­ma­rès indé­cent, tel celui affi­ché sans ver­gogne sur le site de l’agence Bloom­berg, sous forme d’un trom­bi­no­scope des plus riches au monde, clas­sés en mil­liards de dol­lars, et « actua­lisé en temps réel » – car il s’agit d’un jeu de société, un mono­poly fol­le­ment amu­sant. Les riches ne craignent rien autant que l’ennui – mais peu se sui­cident, a-t-on remarqué ?

1milliardaires

Ça bouge chaque jour, c’est fou et ludique. Comme le casse-pipes à la foire du Trône.

 

Au moins, grâce à ce site et le temps venu, saura-t-on aisé­ment à quelles sources aller pui­ser afin de réta­blir quelque équi­libre salutaire.

 

Car­los Ghosh, le pauvre, lui qui ne figure même pas dans ce glo­rieux pal­ma­rès ! D’autant moins que ce bon sama­ri­tain verse dans le cha­ri­table. Selon les gazettes, il pour­rait repor­ter à 2016 le ver­se­ment de 30 % de sa rému­né­ra­tion variable en 2012, soit envi­ron 430 000 euros. « Cette somme ne serait ver­sée au PDG que dans trois ans, à condi­tion que l’accord en cours de négo­cia­tion soit validé par les syn­di­cats, puis appli­qué, et que cer­tains indi­ca­teurs, notam­ment les volumes de pro­duc­tion pro­mis par la direc­tion, soient respectés. »

 

Même si ce geste se confirme, Car­los Ghosn tou­chera 2,2 mil­lions d’euros, dont 1 mil­lion de rému­né­ra­tion variable. Et c’est sans comp­ter sur sa rému­né­ra­tion chez Nis­san, dont il est éga­le­ment PDG, qui est de près de 10 mil­lions d’euros.

 

Donc, en gros, ce type palpe plus de 12 mil­lions d’euros par an, qu’on arron­dira à un mil­lion par mois ! Et il a l’outrance de don­ner l’aumône à ses sala­riés mena­cés de Pôle emploi comme le mal­heu­reux de Nantes !

 Com­ment peut-on, en ce bas monde si désolé, gagner 1 000 fois plus qu’un chô­meur et se regar­der dans la glace – tout en se trou­vant glo­rieux de surcroît ?

Ça me rap­pelle  Fin­kiel­kraut, sur la radio publique, défen­dant le bou­clier fis­cal de Sar­kozy et volant au secours du pré­levé à 50 % (c’était avant les 75 %, encore le bon temps !): «  Il donne la moi­tié de son man­teau, tout de même !  » D’abord, il ne donne pas – n’est pas saint-​Martin qui veut… Ensuite, il y a un abîme entre le fait de don­ner un euro quand on n’en a que deux, et celui de se faire appe­ler à un devoir de soli­da­rité par une contri­bu­tion d’un mil­lion d’euros sur deux mil­lions de revenus.

Or, Ghosn, lui, consent à repor­ter 30% de sa maigre paie.

Le vrai pro­blème, c’est bien les trop riches, ceux qui n’en ont jamais assez – les pauvres !


Dali même pas mort : il parle encore

Dali_Allan_Warren

Dali à l’hôtel Meu­rice, 1972.. Ph. Allan War­ren (GNU Free Docu­men­ta­tion License)

 

Des­tiné à la Revue Sex­pol, le pro­pos devait tour­ner autour de la sexua­lité et de la poli­tique. Il s’enroula évi­dem­ment autour de Dali… comme on peut le lire ci-dessous.

 

L’entretien ne fut fina­le­ment pas publié dans Sex­pol mais parut dans plu­sieurs quo­ti­diens lors de la mort de Dali, en jan­vier 1989.  Il y a peu, j’en ai retrouvé la retrans­crip­tion sur une vieille dis­quette. D’où l’idée de la publier ici, tan­dis que l’exposition Dali fait un tabac au centre Pom­pi­dou à Paris.

 

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Trop forts, ces journalistes !

© faber

© faber

Les « épi­sodes nei­geux » se ramassent à la pelle et les jour­na­listes « de ter­rain » sont mobi­li­sés tels les agents de l’Équipement et leurs saleuses. Bra­vons les cli­chés comme les intem­pé­ries, célé­brons les mar­ron­niers qui fleu­rissent sous les blancs man­teaux à l’immaculée blan­cheur, pour la joie des petits et des grands. Tan­dis que les micro-trottoirs tur­binent à plein régime, tenus par les petites-mains gre­lot­tantes des sta­giaires à l’avenir incer­tain comme la météo. Et pleuvent en flo­cons drus les fortes décla­ra­tions des Mon­sieur et Madame Michu « qui n’avaient jamais vu ça  »

Le 20 heures de dimanche soir sur France 2 a ainsi tenu un bon quart d’heure, à l’égal de tout grand évé­ne­ment. Météo, Algé­rie, Mali, hié­rar­chie quand tu nous tiens. Il est à parier que les autres chaînes auront fait au moins aussi bien. Et que les jour­naux n’auront pas été en reste. Le plu­ra­lisme des médias, c’est fondamental.


Homélie du Mali. De la guerre et de la civilisation

Tout conflit signe une cer­taine huma­nité, celle qui se cherche en s’opposant tout en cher­chant son har­mo­nie. Mais la guerre ? La guerre, c’est la part d’inhumanité, l’échec face au conflit dans l’incapacité à le résoudre autre­ment que par la vio­lence – qui ne résout rien. Mais alors, la guerre au Mali ?

Tel est le thème de mon homé­lie domi­ni­cale, ali­men­tée par l’échange de tweets suivant :

 

– « Grac­chus Babeuf » : L’intervention au Mali pour rendre ser­vice à Areva ? Non, on a un pré­sident de Gauche qui com­bat la Finance ? C’est ça j’ai bon ? Hein ? 


– Moi : Ces amal­games, c’est d’un nul ! Presqu’aussi binaire que les fous d’Allah.

– « G-B »: Sûre­ment, mais alors pour­quoi ? Par bonté d’âme ?

– Moi : Ben quoi, t’aurais laissé faire ces « libé­ra­teurs » ? Dis voir ta recette.

 

Fin de l’échange.

 

je penseDans sa si lente évo­lu­tion, l’humanité peine à se défaire de son ani­ma­lité. C’est aussi que sa part ins­tinc­tive lui pro­cure des avan­tages réels en termes de sur­vie et de repro­duc­tion notam­ment, ce que Dar­win qua­li­fiait de carac­tères béné­fiques pour l’espèce. L’agressivité relève de ces com­por­te­ments béné­fiques, en même temps qu’elle se heurte à l’évolution sociale – la quête d’harmonie entre les indi­vi­dus et entre les groupes. C’est de cette évo­lu­tion qu’a émergé ce qu’on appelle la civi­li­sa­tion, cet effort des humains vers l’humanité en marche.

 

Évo­lu­tion lente, donc – à l’image tu temps long qui tra­verse pré­his­toire et his­toire, selon une direc­tion non linéaire, en fait sinueuse au pos­sible et par­fois même régres­sive. En quoi il s’agit bien d’une construc­tion humaine, donc hési­tante et impar­faite, non téléo­lo­gique, pour employer un gros mot qui sépare, là encore, les tenants du maté­ria­lisme de ceux du déter­mi­nisme fina­liste. Sépa­ra­tion qui culmine, en par­ti­cu­lier aux Etats-Unis de manière visible et même spec­ta­cu­laire, entre scien­ti­fiques évo­lu­tion­nistes et créa­tion­nistes. Les­quels consi­dèrent que l’origine du monde remonte à 6000 ans, puisque c’est écrit dans la Bible. Ces sor­nettes ayant aujourd’hui du mal à tenir debout – du moins dans les esprits un peu éclai­rés – leurs par­ti­sans se sont… adap­tés. Ainsi ont-ils « évo­lué » en adop­tant le concept du « des­sein intel­li­gent » (intel­li­gent design), ver­sion état­su­nienne du Grand hor­lo­ger qui, dans l’Europe du XVIIIe siècle, divi­sait déjà les tenants des Lumières.

Mais la guerre au Mali dans tout ça ?

N’est-ce pas la ques­tion : celle de la résis­tance à l’obscurantisme ? Les Maliens ne s’y trompent pas quand ils acclament l’intervention mili­taire fran­çaise. Une néo-colonisation ? Ou un rem­part contre ces fana­tiques assas­sins qui, au nom d’Allah et de la cha­ria, tient, violent, pillent ou, au « mieux », amputent, fouettent, dégradent les femmes en les ter­rant chez elles ou en les voi­lant, détruisent livres et biblio­thèques, inter­disent la musique ?

 

Que la droite umpiste, après avoir applaudi l’intervention fran­çaise, se res­sai­sisse par obli­ga­tion idéo­lo­gique et par­ti­sane, soit ! Que des gau­chistes paten­tés s’enferrent comme à l’habitude dans leur rôle de tenan­ciers de cha­pelles, bof ! Qu’un Mélen­chon pointe un doigt ven­geur de pro­phète ! Mais pas cer­tains de mes potes de gauche, d’ordinaire éclai­rés, qui s’empêcheraient sous pré­texte de non-hollandisme, non !

 

Si toute guerre est déplo­rable – voir le début de cette homé­lie –, elle l’est comme consé­quence de l’impossible har­mo­nie en ce bas monde. Et non du fait qu’il n’y aurait pas de causes justes. Tout comme le sont les trois mots emblé­ma­tiques de notre Répu­blique, et ce qui s’ensuit en termes de jus­tice et de laï­cité. D’humanité.



Petite revue (de crise) de presse

Un p’tit bon­jour de l’entre-deux… Chez le mar­chand de presse, que ne tombè-je sur cette vision dan­tesque ! Va pour ce qui est des « têtes à claques » de VSD – Copé, Trier­wei­ler, Ribéry : rien à redire. Mais Match volant au secours de l’adipeux exilé fis­cal, l” « homme blessé » quit­tant « un pays tant aimé »… C’est qu’ils nous feraient chialer !

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Heu­reu­se­ment, la crise ne les a pas tous tués, je suis tombé sur et j’ai acheté et même lu avec inté­rêt, ce hors-série de Sciences & Ave­nir : « Les ori­gines de nos CROYANCES, fêtes et super­sti­tions ». Tout à fait recom­man­dable en ces temps néo-mystifiants. Et spé­cia­le­ment si vous croyez que Dieu a créé les humains – et non l’inverse.

 

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Images et notules pour après le cataclysme

Pour fêter le sol­stice d’hiver, selon la tra­di­tion païenne, voici deux bien belles images qui nous rat­tachent à l’univers (ou même au mul­ti­vers, comme on dit désor­mais). His­toire de rela­ti­vi­ser notre humble posi­tion dans le cos­mos, et de nous pla­cer, avec Mar­cel Proust, face à la peti­tesse de notre négli­gence à vivre…

 

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Cet étrange nuage est une repré­sen­ta­tion tri­di­men­sion­nelle de la dis­tri­bu­tion à grande échelle de la matière sombre dans l’univers obser­vable, réa­li­sée d’après les don­nées du téles­cope spa­tial Hubble (NASA, 7 Jan 2007). La « carte », déter­mi­née par l’analyse des dis­tor­sions gra­vi­ta­tion­nelles de la lumière pro­ve­nant des galaxies, révèle un réseau de fila­ments dont les inter­sec­tions cor­res­pondent aux concen­tra­tions de matière “nor­male” des amas de galaxies. La concen­tra­tion de matière sombre en blocs appa­raît plus pro­non­cée en allant de droite (régions éloi­gnées dans l’espace et le temps) vers la gauche (régions plus proches et récentes). Cette zone s’étend d’il y a 3,5 mil­liards d’années (gauche) à il y a 6,5 mil­liards d’années (droite).

La matière sombre est une forme théo­rique de matière actuel­le­ment obser­vée par ses seuls effets gra­vi­ta­tion­nels, qui repré­sente selon le modèle cos­mo­lo­gique stan­dard plus de 20% de la den­sité d’énergie de l’univers. Elle fut pos­tu­lée en pre­mier lieu pour expli­quer cer­tains mou­ve­ments des galaxies et d’autres don­nées cos­mo­lo­giques, et confir­mée par des obser­va­tions de len­tille gra­vi­ta­tion­nelle de l’amas de galaxies Bul­let en août 2006.

[Source : Par­cours étranges]

 

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Cette photo bien ter­restre, elle, résulte d’une pause de huit heures, photo prise dans l’hémisphère sud par Sébas­tien Vol­mer.  L’image ne tourne donc pas autour de notre étoile polaire ; elle est cen­trée sur la constel­la­tion de la Croix du Sud, encore appe­lée « la boîte a bijoux » .

 

Enfin, pour rétor­quer, s’il en était besoin – alors, disons, plu­tôt pour ali­men­ter nos phi­lo­so­phies de la vie –, aux fêlés en tous genres shoo­tés à la sauce maya, cette autre et lit­té­raire constellation :

 

m.proust« Et si le monde allait finir… Que feriez-vous ? » Ques­tion posée à Mar­cel Proust, et réponse d’icelui parue dans L’intransigeant du 14 août 1922.

 

« Je crois que la vie nous paraî­trait brus­que­ment déli­cieuse, si nous étions mena­cés de mou­rir comme vous le dites. Son­gez, en effet, com­bien de pro­jets, de voyages, d’amours, d’études, elle – notre vie – tient en dis­so­lu­tion, invi­sibles à notre paresse qui, sûre de l’avenir, les ajourne sans cesse.

 

« Mais que tout cela risque d’être à jamais impos­sible, comme cela rede­vien­dra beau ! Ah ! si seule­ment le cata­clysme n’a pas lieu cette fois, nous ne man­que­rons pas de visi­ter les nou­velles salles du Louvre, de nous jeter au pied de Mlle X…, de visi­ter les Indes. Le cata­clysme n’a pas lieu, nous ne fai­sons rien de tout cela, car nous nous trou­vons repla­cés au sein de la vie nor­male, où la négli­gence émousse le désir.

 

« Et pour­tant nous n’aurions pas dû avoir besoin du cata­clysme pour aimer aujourd’hui la vie. Il aurait suffi de pen­ser que nous sommes des humains et que ce soir peut venir la mort. »

 

(Mar­cel Proust, Essais et articles, Après la guerre, La Pléiade, p. 645.)

 

Et bonnes fêtes à tous !


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  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
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    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)
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    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances
    (Ber­trand Russel)
  • Un récent et com­pli­qué chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Les reverra-t-on un jour ? Hmmm…

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